.
Salut les gens ! J'espère que vous allez bien !
On se retrouve aujourd'hui pour le deuxième chapitre de cette fanfiction ! J'espère qu'il vous plaira ! :D
N'hésitez pas à me laisser une reviews, pour me donner votre avis sur ce chapitre ! :)
Bref !
.
.
Bonne lecture !
.
.
.
.
Chapitre 2 : L'enfant révolté.
.
.
.
PDV Externe
.
La nuit se passa sans encombre, même si les membres de la famille Sommet eurent du mal à s'endormir. Le docteur Frédérique et ses hommes se rapprochaient d'eux, ils le savaient, et la peur et l'angoisse se faisaient sentir en eux.
Pourtant, les adultes firent comme si de rien n'était, pour ne pas inquiéter les plus jeunes. C'était important, de faire en sorte que Timothée et Gabriel se sentent en sécurité.
Il était environ neuf heures, quand Mathieu alla réveiller ses fils ce matin-là. Il entra dans la chambre à petits pas, et s'installa au bord du lit de Gabriel. Il passa sa main sur sa joue et embrassa son front.
« Debout, mon ange. »
Ledit ange s'étira, et s'enroula un peu plus dans la couverture. Son père se leva de son lit, et alla se pencher au-dessus de Timothée. Il lui embrassa la joue et dit :
« C'est l'heure de se réveiller, petit loup. »
Le garçon papillonna des yeux et regarda autours de lui, tandis que Mathieu ouvrait les volets, faisant entrer les rayons du soleil dans la chambre. Les deux enfants râlèrent et se plaignirent, mais finirent malgré tout par se lever. Ils avaient bientôt cour avec Prof, il ne fallait pas traîner. Même s'ils n'étaient pas à l'école, les règles restaient les mêmes.
Mathieu se rendit dans son bureau et s'y enferma pour travailler, alors que les deux enfants se rendirent à la cuisine. La Fille y était, ainsi que le Panda et le Patron. Le Prof et le Geek dormaient encore, ils s'étaient tous les deux endormit tard la veille : l'un à cause de ses expériences, l'autre à cause de ses jeux vidéo. Le Hippie quant à lui, était au salon en train de regarder un documentaire.
.
PDV Fille
.
J'étais levé depuis déjà sept heures du matin. Je n'avais pas très bien dormis, et pour cause, j'avais très peur. Cette nuit avait été très mouvementée pour moi, et les souvenirs de mon séjour passé à l'asile m'étaient revenus en tête.
Mais je ne me laissais pas abattre pour autant, il fallait que je reste forte, digne, et que je contrôle mes sentiments comme les autres, pour ne pas effrayer les enfants.
C'est pour cela, que tout sourire et comme si de rien n'était, j'accueillis les deux petits dans la cuisine.
« Bonjour les garçons, bien dormis ? »
Le Patron continua à boire son café, l'air impassible, alors que le Panda qui faisait la vaisselle les salua à son tour. Gabriel et Timothée nous répondirent par un furtif hochement de tête, encore endormis, alors que je leur préparais leur petit déjeuner.
Le matin, Gabriel ne mangeait généralement pas, ou du moins il n'aimait pas ça. Je le forçais quand même à avaler quelque chose, c'était selon moi nécessaire pour sa croissance. Je leur fis à tous les deux une tartine de confiture et un bol de chocolat chaud.
J'étais pour les garçons, la seule présence féminine de leur entourage, et après la mort tragique d'Amaya, j'avais en quelque sorte pris la place d'une mère pour eux. Enfin, pas tout à fait, mais j'étais ce qui s'en rapprochait le plus. Ce n'était pas moi qui l'avais voulu, mais ça ne me dérangeait pas. Même si je n'aimais pas les gamins, les deux enfants que je considérais comme mes neveux m'étaient très chers.
Gabriel et Timothée mangèrent leur petit déjeuner en silence, s'éveillant correctement par la même occasion. Le Patron de son côté, avait fini son café et s'était à présent levé pour regarder par la fenêtre, en s'allumant une clope. Il observait attentivement les alentours de la maison.
« On pourra sortir, aujourd'hui ? » lui demanda Gabriel au bout d'un instant.
Le criminel se tourna vers lui, l'air sévère, et secoua la tête en répondant :
« Non. C'est trop risqué. Demain peut-être. »
Gabriel croisa les bras en grognant.
« C'est vraiment pas juste.
-C'est comme ça et c'est tout. Pas besoin de te plaindre, c'est les mêmes règles pour tout le monde. » répondit le Patron en soufflant la fumé de sa cigarette.
Je soupirais.
« Patron, ne fume pas quand les enfants sont là. »
Evidemment, le concerné ne fit pas attention à ce que je disais et continua, malgré l'air agacé du Panda. Ce dernier ébouriffa les cheveux des enfants.
« Si vous voulez on fera quelques jeux de société pour passer le temps, hein ? »
Gabriel ne répondit pas et souffla bruyamment, montrant son mécontentement. Je pouvais comprendre qu'il soit déçu, ou énervé, mais il ne savait pas le danger que nous courions tous, et ne pensait qu'à sa petite personne : nous aussi, étions coincé ici. Personne à part lui ne se plaignait. Tout le monde prenait son mal en patience.
« De toute façon, vous irez apprendre vos leçons avec Prof dès qu'il sera réveillé. » dis-je.
Gabriel se leva brusquement de sa chaise, et donna un coup de pied rageur dans la table, comme à son habitude, avant de s'exclamer :
« De toute façon vous me faites tous chier ! »
Le Patron fila vers lui comme une flèche, et lui attrapa fermement le bras.
« Tu parles encore une fois comme ça et je t'en fou une, compris ?! Et tu te calmes immédiatement, gamin. » gronda-t-il.
Ça, c'était l'effet Patron. Gabriel fut calmé d'un coup, et baissa la tête pour regarder ses pieds. Quand le petit avait des excès de colère et qu'il devenait indiscipliné, si son père n'était pas dans les parages, le Patron était toujours le premier à le remettre en place. Pareille s'il faisait des crises : si Mathieu n'arrivait pas à le gérer, c'était lui qui s'en chargeait.
« Et répond moi, quand je te parles ! Tu vas te calmer ?!
-Oui… »
Le Patron ne savait pas vraiment s'y faire avec les enfants, mais s'il n'était pas là, ça serait compliqué. Aucuns des deux petits ne souhaitaient se faire punir par lui.
Le criminel lâcha le bras de Gabriel, qui partit dans sa chambre. Mathieu travaillait beaucoup la journée, pour subvenir à nos besoins, pour cause, il était souvent enfermé dans son bureau. Les petits, et surtout Gabriel, lui en voulaient. Mais c'était pour notre bien.
Je lâchais un petit soupire, et dis à l'intention de Tim :
« Tu peux monter dans ta chambre, mon grand. Et préparez-vous, je vais aller réveiller Prof. D'accord ? »
Le petit hocha la tête et disparu dans la cage d'escalier, alors que je me retrouvais seule avec le Panda et Patron. Ce dernier soupira et écrasa sa clope dans le cendrier posé sur la table.
« Ce gamin me tuera. »
Maître Panda acquiesça d'un petit hochement de tête, et ajouta :
« Il file un mauvais coton. »
Je voulais défendre Gabriel, mais ils avaient raison : il devenait de plus en plus effronté, et était de plus en plus intenable. Ce gamin ne respectait aucunes des limites qu'on lui imposait.
.
PDV Prof
.
La Fille m'avait réveillé ce matin pour que je fasse cour aux enfants. J'avais dormi plus longtemps qu'à l'accoutumé, pas à cause d'une expérience que j'avais du finir la veille, mais à cause du stress et de la peur. Comme certainement tous les autres, j'avais eu beaucoup de mal à dormir depuis que nous avions appris que l'asile avait retrouvé notre trace.
Il était désormais treize heures trente, et cela faisait environ trente minutes que je faisais cour à Tim et Gab. Les deux petits étaient distraits, ce qui m'agaçait, mais je ne pouvais pas leur en vouloir si leur attention n'était pas totale : ils étaient des enfants.
« Donc, Tim, tu peux me dire comment on fait pour calculer le volume d'un cube ?
-Euh… »
Le petit me regarda comme si je venais d'une autre planète et que nous ne venions absolument pas de voir cette formule cinq minutes plus tôt. Je soupirais faiblement.
« Et toi, Gab ?
-Non. »
Je soufflais et passais mes mains dans mes cheveux. J'étais scientifique, pas instituteur, et m'occuper de ces deux sales mômes, aussi chers étaient-ils à mes yeux, m'irritait légèrement. J'avais accepté de leur faire leurs leçons pour rendre service à leur père, et parce qu'il ne fallait pas négliger leur apprentissage.
« Pour la dernière fois, pour calculer le volume d'un cube il faut faire le côté au cube ! Soit le côté fois le côté fois le côté ! Par exemple, si j'ai un cube dont le coté fait trois centimètre, vous me ferez trois…
-On s'en fiche de ça, Prof ! Tu ne veux pas plutôt nous dire pourquoi vous avez si peur des types de l'asile ? » me coupa Gabriel.
Mon coeur rata un battement alors que je déglutis bruyamment. Je ne m'attendais pas à cette question, et n'avais aucune envie d'y répondre. Tout ça devait rester secret, loin des petits. Ils devaient rester innocent, ne pas savoir ce qu'il s'était passé et ce qu'il pouvait se reproduire.
« C'est compliqué, et ça ne vous regarde pas.
-Pourquoi ?! C'est injuste ! On déménage depuis toujours et on doit fuir des types pour des raisons qu'on ne connait même pas !
-Le docteur Frédérique veut "guérir" ton père, c'est une raison bien suffisante. Tu ne sais pas tout ce qu'il s'est passé, Gabriel, et mieux vaut que tu ne le saches jamais. »
Timothée était très intéressé par notre conversation, et lui aussi était intrigué en imaginant ce qu'il avait pu nous arriver cinq ans plus tôt, à l'asile. Mais il baissa la tête, déçu, en comprenant que je ne divulguerais rien de ce qu'il s'était passé, mais n'insista pas pour autant.
J'allais retourner à mon cour, avant d'entendre Gabriel souffler à son frère :
« Il serait tant qu'il guérisse papa, ça nous débarrasserait d'eux. »
Tim lui lança un regard noir en lui donnant un coup de coude, mais moi, je préférais ne pas faire attention à ce qu'il venait de dire : ça me faisait beaucoup de peine et m'énervait, mais je savais qu'il ne le pensait pas, qu'il était juste de mauvaise humeur.
Je retournais donc mon attention sur la leçon que j'essayais en vain d'inculquer aux petits, dans l'espoir qu'ils la retiendraient enfin.
.
PDV Externe
.
Il était à présent seize heures trente, la journée de cour était finie pour le Prof et les deux enfants.
Le scientifique avait passé, selon lui, un après-midi lamentable : il aimait bien s'occuper des deux petits, mais passer la journée à leur inculquer leur leçon alors qu'ils ne l'écoutaient même pas l'avait agacé, sans compter l'humeur massacrante de Gabriel.
C'est pour cela que le Prof était retourné dans son labo, s'y enfermant à double tours, pour reprendre ses expériences, alors que les petits allaient manger leur goûter.
Assis sur le canapé du salon, devant la télévision, Tim profitait de ce moment de détente selon lui bien mérité. Gabriel de son côté, était adossé contre le mur et regardait par la fenêtre.
Geek arriva, avec un plateau repas sur lequel étaient posés deux verres de lait et une assiette de cookies. Malgré le fait qu'il soit la personnalité enfantine de Mathieu, il aimait prendre soin des deux plus jeunes qu'il considérait comme ses petits frères. Quand il était avec eux, il devenait plus responsable, plus mature.
Le gameur posa le plateau sur la table basse du salon, devant le regard enjoué de Timothée.
« Je me suis dit que vous auriez peut-être faim !
-Merci Geek ! »
Le petit garçon aux cheveux bruns se jeta sur les cookies, devant son frère qui n'avait visiblement aucune envie de sucrerie.
« Gab, tu ne manges pas ? » demanda le gameur.
Le concerné secoua la tête.
« Non, je n'ai pas envie. »
Geek haussa les épaules : il n'allait pas forcer le gamin à manger s'il n'en avait pas envie. Il laissa donc les deux enfants pour retourner à ses occupations.
.
PDV Timothée
.
J'étais étonné de voir Gabriel refuser des cookies, mais je n'allais pas me plaindre : ça en faisait plus pour moi. Alors que je continuais à m'empiffrer, mon frère, les yeux toujours rivés sur la fenêtre en train de regarder dehors soupira.
« Je veux sortir.
-Moi aussi j'aimerais bien, mais on ne peut pas. »
Gab tourna la tête vers moi, en fronçant les sourcils. Il était toujours énervé, ça se voyait, et je le comprenais : il avait toutes les raisons du monde d'être en colère. Mais ce que je ne supportais pas, c'était qu'il fasse passer sa colère sur nous alors que nous n'y étions pour rien.
« C'est injuste, de devoir rester enfermer pour une chose dont on ne connais même pas les raisons ! » souffla-t-il.
Il retourna son attention sur ce qu'il se passait dehors en murmurant :
« Si seulement je pouvais sortir, juste une heure ou deux… »
J'allais retourner mon attention sur la télévision quand mon frère se tourna brusquement vers moi, le regard pétillant et un sourire malicieux aux lèvres.
« On peut toujours sortir dehors, toi et moi… Personne ne s'en rendra compte. »
J'écarquillais les yeux sous l'effet de la surprise. Mon frère comptait vraiment sortir en douce et désobéir à papa ?
« Quoi ? Mais on n'a pas le droit ! »
Il grogna devant ma réaction et se dirigea vers l'entrée. Je me levais du canapé et le suivais, en chuchotant pour que personne ne nous entende :
« T'es fou ?! On va se faire tuer !
-Mais non, personne ne le remarquera ! »
Il enfila son gilet bleu, et moi, indécis, je le regardais faire. J'aurais adoré aller avec lui, mais j'avais trop peur de me faire attraper par les types de l'asile dont notre père et les autres avaient si peur, mais pire encore, je ne voulais pas me faire gronder, et ne souhaitais pas décevoir papa.
« Tu n'es pas obligé de venir si tu ne veux pas. »
En disant ça, il avait posé sa main sur la poignée de la porte. Moi, j'attrapais la manche de son gilet et murmurais, essayant de le retenir :
« N'y va pas ! »
Il se détacha brusquement de mon emprise et me repoussa. Il tourna un regard sévère vers moi, et m'attrapa par le col de mon t-shirt.
« Je peux te faire confiance ?
-Quoi ?
-Je te demande si je peux te faire confiance ! »
Je baissais les yeux, réfléchissant à la question. Je ne voulais pas que mon frère aille là-bas, mais je n'allais pas l'en empêcher et encore moins rapporter.
« Oui…
-Alors ne dit rien. »
Il disparut dehors en fermant la porte, et résigné, je restais là planté comme un imbécile à me demander si j'avais bien fait de promettre ça. Sans y réfléchir plus longtemps, je retournais au salon. Ça ne devait pas être si grave, si Gabriel sortait un peu.
.
PDV Mathieu
.
Je venais de sortit de mon bureau. J'avais travaillé tout l'après-midi et ressentais le besoin de faire une pause. Depuis que j'avais arrêté les vidéos cinq mois plus tôt, il avait fallu que je trouve un autre métier. Je travaillais donc pour une entreprise de meuble en tant que relation avec le client. Quand il y avait un problème ou qu'une personne désirait avoir des informations, c'était moi qu'on appelait.
C'était assez énervant comme métier, mais c'était ce dont j'avais besoin, et avec neuf bouches à nourrir, je ne pouvais pas refuser. J'interdisais à toutes mes personnalités de travailler : c'était trop dangereux, on pouvait les reconnaître, se rendre compte de nos ressemblances, et ça serait louche de voir six sosies de moi dans la ville.
Seul le Patron, était autorisé à travailler. Je lui faisais confiance, il savait se défendre et était très discret.
J'avais toujours eu du mal à subvenir à nos besoins, depuis qu'Amaya était morte : avant avec deux salaires, plus l'argent que nous ramenait le Patron, nous arrivions à nous en sortir, mais désormais c'était plus compliqué.
Je secouais la tête pour chasser ces idées. Il fallait que je pense à autre chose, que je me repose.
Je me rendis à la cuisine et me préparais un café. Je pris ensuite le mug, et me rendis au salon. Je bus une gorgée du liquide amer qui me brula la gorge, avant de soupirer d'aise. Ça faisait du bien, de souffler un peu.
Je m'installais dans le fauteuil du salon, et jetais un coup d'œil sur la télévision où passait Scooby-Doo. Je regardais ensuite mes fils. Enfin, mon fils. Gabriel n'était pas là. Sans m'en soucier plus que ça, je demandais distraitement :
« Où est ton frère ? »
Timothée baissa la tête et murmura, l'air dépité :
« Je ne sais pas… »
Je soupirais. Ces deux-là avait encore dû se disputer, vu la tête de mon gamin. Je posais ma tasse sur la table et m'étirais avant de me lever.
« Il ne doit pas être bien loin ! »
Je souriais à mon garçon, mais celui-ci détourna le regard. Il se comportait de façon très étrange, ce qui ne me rassurait pas. Je sortis de la pièce et me rendis à l'étage, ayant un mauvais pressentiment. Où était encore passé ce sale môme ?
Je toquais à la porte de leur chambre.
« Gabriel ? »
J'entrais dans la pièce, mais rien. Mon fils n'était pas là. La panique commençait doucement à me gagner, mais je faisais de mon mieux pour rester tranquille. Il était forcément dans les parages. Je commençais à chercher dans toute la maison, bien vite rejoint par mes autres personnalités. Mais rien, il n'était toujours pas là, même pas caché dans le plus petit recoin dans notre putain de baraque.
« Mais bordel, il est où ?! » m'exclamais-je.
« Je m'inquiète… » murmura le Hippie, blanc comme un linge à cause du stress.
J'avais bien une idée d'où il pouvait-être, mais je ne voulais pas l'accepter, je ne voulais pas croire que mon fils m'ait désobéi. Ce fut le Patron, qui exprima mes pensées à haute voix.
« Si tu veux mon avis gamin, il est parti. »
Sans plus attendre, je me précipitais au salon. Timothée, l'air coupable, baissa la tête en me voyant. Je me précipitais vers lui et le saisissais par les épaules pour le secouer dans tous les sens.
« Où est ton frère ?! Si tu le sais, tu ferais mieux de me répondre immédiatement ! » m'exclamais-je, les sourcils froncés et la voix rendue rauque par la colère et la peur.
« D-Dehors ! » bégaya-t-il.
« Et tu ne pouvais pas le dire plus tôt ?! Est-ce que tu sais seulement le danger qu'il court ?! »
J'étais furieux contre mes gamins, mais plus que tout, j'étais mort de peur et d'inquiétude. Je me sentis aussi trahi, et con d'avoir accordé une telle confiance à des gamins de dix ans : j'aurais dû me douter qu'ils désobéiraient.
« Patron ! Viens ! » gueulais-je à l'intention de ma personnalité sombre.
Le criminel ne tarda pas à arriver, et sans prendre de veste, nous nous précipitâmes dehors. On partit en courant dans les rues de Nantes les moins fréquentées, de peur de se faire voir par nos ennemis.
« Tu as une idée d'où il peut être ?!
-Les gosses de son âge aiment aller au parc, non ? »
Le Patron avait raison, tant qu'à faire, autant aller dans les endroits qu'aimaient les gosses. Je priais pour trouver Gabriel rapidement, le trouver avant eux…
Alors que nous avancions dans les rues de Nantes, le Patron me poussa soudainement derrière une poubelle et se cacha avec moi. Deux hommes habillés de blanc étaient là, deux hommes de l'asile. Ils ne nous avaient pas vu, heureusement pour nous, et continuèrent leur route.
Nous arrivâmes au parc, toujours rien, pas une trace de mon fils. On chercha encore longtemps dans les rues de Nantes, la peur au ventre, les larmes aux yeux et la panique qui nous faisait tourner la tête, sans pour autant rien trouver.
Nous passions régulièrement devant des employés de l'asile, et je vis avec effroi qu'ils étaient beaucoup plus nombreux que ce que j'avais pu imaginer. Je commençais à désespérer, et pensais au fond de moi qu'ils avaient surement déjà attrapé Gabriel. Alors que dans ma tête des scénarios, tous aussi horribles les uns que les autres tournaient en boucle, le Patron me saisit le bras.
« Là ! »
Mon fils, adossé contre le mur d'une ruelle, s'amusait à faire rebondir une balle sur le mur d'en face. Je fus saisi d'une rage folle et d'un immense soulagement à la fois. Il jouait tranquillement, alors qu'on le cherchait depuis déjà plus d'une heure ! Je me précipitais vers lui.
« Gabriel ! »
Il se tourna vers moi, et son visage se décomposa en nous voyant. Je lui saisis fermement le bras, et criait comme je ne l'avais jamais fait.
« ON PEUT SAVOIR CE QU'IL T'A PRIT ? C'EST DANGEUREUX DE SORTIR, JE TE L'AI INTERDIT ! »
Mon fils était pâle comme un linge en me voyant dans cet état, mais je m'en fichais. Il avait bien mérité qu'on l'engueule. Le Patron me saisit malgré tout l'épaule en murmurant :
« Doucement gamin, on va nous entendre. »
Il avait raison, alors je me ressaisis rapidement, et dis à mon fils sur un ton froid et ferme :
« Tu vas voir une fois qu'on sera à la maison… »
Gabriel avait peur, il tremblait d'appréhension en imaginant sa punition, mais essaya de faire comme si de rien n'était. Il me toisa d'un regard provocateur et lança :
« Essaye un peu de faire quoi que ce soit. »
Il savait que je ne lui ferais rien. Que je n'oserais pas. Que j'étais trop faible pour le gronder, trop faible pour l'engueuler ou le punir. Il le savait, et il en profitait. Mais ce n'était pas le cas du Patron, et mon fils semblait l'avoir oublié, car à la seconde même où il prononça cette phrase, le criminel le saisit et l'attira contre lui, pour lui claquer durement les fesses.
Une, deux, trois claques fortes, puissantes, et certainement douloureuse. Moi, je ne fis rien. Ça me faisait mal, je voulais intervenir, mais il fallait que mon fils comprenne, qu'on le punisse pour qu'il arrête. Avec la peur qu'il nous avait fait, et la gravité de sa désobéissance, c'était nécessaire. De toute manière, si le Patron ne le punissait pas, personne ne le ferait.
Gabriel pleurait silencieusement et le Patron lui saisit ensuite le t-shirt pour lui dire, calmement mais avec un ton ferme :
« Maintenant, on va rentrer à la maison, et tu vas te comporter correctement. Compris ?! Et si tu recommence ça un jour, je t'assure que ça va barder. »
Mon fils hocha la tête et prit ma main. C'était les seuls moments où il faisait ça : on le grondait, et il venait se réfugier chez moi. Je n'ai jamais compris pourquoi. Etait-ce parce qu'il souhaitait que je le défende, ou parce qu'il souhaitait par ce geste affectueux s'excuser ? Peu importe.
Je serais sa main dans la mienne, et marchait à pas rapide avec lui et le Patron dans les rues de notre ville, souhaitant rentrer au plus vite. Nous continuions notre bout de chemin quand quelqu'un nous interpella :
« Hey, vous ! »
Nous nous retournâmes d'un même mouvement : à l'autre bout de la rue, deux types en chemise blanche nous observait. Deux types de l'asile. Mon sang ne fit qu'un tour, et je me figeais. Je serrais instinctivement mon petit contre moi.
« Vous êtes recherchez, alors vous allez nous suivre ! »
Le Patron grogna et sortit rapidement un flingue de sa poche. Sans attendre plus longtemps, il tira. Les deux types hurlèrent et se jetèrent à terre, craignant pour leur vie. Je ne suis pas sûr, mais je crois que l'un deux avait été touché à l'épaule.
Le patron avait tiré pour faire diversion, j'en étais certain, sinon ils les auraient tués sur le champ. Rapidement, le criminel me bouscula pour me faire sortir de ma torpeur et cria :
« Cour ! »
Sans plus attendre, je portais Gabriel contre moi et courais à toutes vitesse, suivant ma personnalité sombre. J'avais peur, j'étais paniqué, mais plus que ça, je craignais pour la vie de mon gamin. S'ils arrivaient à nous rattraper, que lui arriverait-il ? Mon petit tremblait et pleurait, il était traumatisé.
Nous n'avons eu aucun mal à semer ces hommes, et nous sommes arrivés rapidement à la maison. On entra en catastrophe, et je posais précipitamment mon fils à terre pour fermer la porte à clé. Gabriel c'était calmé, mais la peur se lisait encore sur son visage.
Mes personnalités et mon autre fils arrivèrent, l'air soulagé.
« Vous êtes enfin là !
-On s'est fait un sang d'encre !
-Vous allez bien ?! »
Aucun de nous ne répondit, et je me redressais, m'exclamant haut et fort :
« Préparez vos affaires, n'emmenez que le strique nécessaire ! On partira demain au plus tard ! »
Tous me regardèrent, dépité, comprenant que la situation était grave. La peur se lisait sur leurs visages, et aucun d'eux ne parla pendant plusieurs minutes. Mes deux garçons, eux, me regardaient avec incompréhension :
« Pourquoi ? » demanda Timothée.
« Ils nous ont pas suivi ! » ajouta Gabriel qui s'était calmé.
Je soupirais faiblement et passais une main dans mes cheveux. Je faisais ça pour leur bien, ils comprendront quand ils seront grands.
« C'est comme ça. Mieux vaut ne pas prendre de risque. Allez dans votre chambre et prenez quelques jouets, je vais préparer vos sacs. »
Ils hochèrent la tête et obéir. Je ne grondai pas Gabriel ce soir, il avait, selon moi, eut une journée bien assez mouvementée. Il avait l'air d'avoir compris la leçon. Je passai la soirée avec mes deux petits. J'avais eu si peur pour eux. Si le docteur Frédérique m'attrapait, qui sait ce qu'il ferait à mes gamins...
Le Patron expliqua aux autres ce qu'il s'était passé, et tout le monde prépara son sac.
La peur nous oppressait tous, et nous craignions pour nos vies. Sauf les enfants, qui ne comprenaient pas l'étendue du danger. On se coucha tôt ce soir-là, il fallait être en forme le lendemain.
.
Voilà, c'était le chapitre deux de cette fiction, j'espère qu'il vous a plu !
N'hésitez pas à me laisser une reviews pour me donner votre avis ! :D
Enfin voilà, merci d'avoir lu ce chapitre, j'espère que cette fanfic vous plaira :) On se retrouve samedi prochain pour le chapitre trois ! :D
Amour et licorne *-*
.
