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Salut les gens ! J'espère que vous allez bien !
On se retrouve pour le chapitre cinq, Nous sommes déjà à la moitié de cette fanfiction ! J'espère que le quatre vous a plu et que celui-là vous plaira aussi ! :)

Pour ceux qui ont fêté, vous avez passé un joyeux Noël ? Le père Noël vous a gâté ? Moi oui, et je ne peux pas résister à l'envie de vous parler de mes cadeaux xD
J'ai eu une baguette magique (celle de Sirius Black), un death note, deux figurines pop (Bourriquet et Gandalf), un collier des reliques de la mort et un retourneur de temps, un jeu DS (Professeur Layton et l'appel du spectre), Un sweat (Harry Potter) et trois t-shirt (Le seigneur des anneaux, L'attaque des Titans, et death note).

Et le moment tant attendu, la vidéo de Mathieu !

J'ai personnellement beaucoup apprécié le teaser de son court métrage, et très très hâte de voir ce que ça va donner :3 (Oui, parce que pour ceux qui le savent pas encore, ce sera surement pas en rapport avec slg, désolé les gens)

Enfin Bref !

N'hésitez pas à me laisser une reviews, pour me donner votre avis sur ce chapitre ! :)

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Bonne lecture !

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Chapitre 5 : Retour à l'asile.

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PDV Mathieu

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Le noir. Le froid. Le contact avec le sol glacé, ferme. Je suis tout engourdi, je ne sais pas ce qu'il se passe, j'ai limpression de dormir. Mes pensées sont flou, embuées. Je ne sens presque plus mes membres, j'ai du mal à les bouger. Pourtant, je reprends petit à petit possession de mon corps. Je bouge ma main, mon bras, puis mes jambes. Et enfin jouvre les yeux.

Une pièce, blanche, avec un lavabo, des toilettes et un lit, blanc eux aussi. Pas de fenêtre non plus. Pas de liaison vers le monde extérieur. Je connaissais cet endroit, je le connaissais même trop bien. Je connaissais chaque recoin de cette pièce, j'y avais déjà passé tellement de temps.

J'étais de retour à l'asile. Dans ma cellule, plus précisément.

Cet endroit me rappelait tellement de mauvais souvenirs, tellement de chose dont je cauchemardais encore aujourd'hui. Comment en étais-je arrivé là ?! Que s'était-il passé ?!

Une douleur aiguë me prit la tête, et je lâchais un gémissement de douleur en me tenant les tempes, alors que des flashs me revenaient à l'esprit. Moi, la maison abandonnée dans les bois, les cris, mes pleurs, mes personnalités, une dispute, mes fils, et... le docteur Frédérique ? Non, ce n'était pas possible, ça ne pouvait pas être vrai. Ils avaient retrouvé notre trace, sans que je m'en rende compte, je n'avais pas su protéger ma famille.

Je pâlis, et me redressais tant bien que mal sur mes jambes nus. J'avais une blouse blanche de l'asile, comme la dernière fois. Comme il y a cinq ans. Je regardais fébrilement autour de moi. Où étaient mes garçons ? Où étaient mes fils ?

« Patient Mathieu Sommet, vous êtes enfin réveillé. »

Je tournais la tête vers cet homme. La cause de tous mes malheurs. Le docteur Frédérique. De son air narquois, comme s'il avait gagné la guerre qui nous opposait, il me toisait depuis un coin de la pièce, un mégaphone et un carnet accompagné d'un stylo à la main.

Moi, ébahi, la bouche et les yeux grands ouverts, je n'arrivais pas à parler, tout simplement car je ne pouvais pas croire que ce qui m'arrivait été réel. Je devais être en train de cauchemarder.

« J-je... Pourquoi ? O-on était caché, dans les bois... comment ? »

Il éclata d'un rire gras qui vint s'échouer dans mon oreille pour me donner un haut le coeur, il riait sans vraiment rire, il riait sans bonheur, sans joie, Il riait de vide, comme s'il était mort à l'intérieur. Mais pourquoi riait-il ? Pour me narguer ? Parce qu'il m'avait attrapé ? Parce qu'il aimait me voir souffrir ? Pour une autre raison, peut-être ?

« Comment nous vous avons retrouvé ? C'est bien simple, nous avons cherché. Nous avions perdu espoir, mais des habitants de la région ont informé la sécurité qu'une maison abandonnée semblait habité de nouveau. Le policier qui était chargé d'aller vérifier, se trouve être un de mes fervent associé. Etant au courant, il m'a donc prévenu. »

Ma tête me tournait, et ces aveux faisaient en moi l'effet d'une bombe. Je n'avais pas été assez vigilent, c'était ma faute.

« Où sont mes enfants ?!

-Oh, vous voulez parler des patients Timothée Sommet et Gabriel Sommet ? Ne vous inquiétez pas, nous allons nous occuper d'eux aussi bien que nous nous occupons de vous. »

Je tombais à genoux au milieu de cette petite pièce blanche et prenais ma tête entre mes mains. Il les avait, il avait mes deux gamins. Je fus rapidement secoué de sanglots et de spasmes alors que des larmes roulaient sur mes joues.

« J-je vous en supplie, r-relâchez-les ! Gardez m-moi, gardez mes p-personnalités, mais laissez l-les tranquille, je vous en s-supplie !

-Vous m'excuserez, patient Mathieu Sommet, mais je ne peux pas accepter votre requête. Vos enfants sont des spécimens captivants, et il sera très intéressant de voir si votre maladie est héréditaire, ou s'ils souffrent d'autre chose. De plus, avoir vécu avec vous pourrait les avoir affecté plus qu'autre chose, et nous comptons bien voir s'ils ont des séquelles psychologiques. Et puis, il ne leur arrivera rien de bien grave.

-V-vous avez aussi dit ça, la dernière fois ! Et qu'est-ce que vous avez fait ?! Hein ?! »

Il ne répondit pas et lâcha un autre rire désagréable, je pleurais de peur, de haine, de plein de sentiments destructeurs.

Je sautais sur mes jambes et me précipitais vers lui pour le frapper. Une décharge électrique m'arrêta dans ma course. Je m'écroulais à terre en criant, tout tremblant, et levais le regard vers lui. Il avait dans la main une télécommande, et sans que je lui demande, il désigna d'un mouvement de tête ma cheville avant de m'expliquer :

« Ceci est un bracelet qui, quand j'appuie sur le bouton de cette télécommande, vous envoie une décharge électrique. »

Je fronçais les sourcils et examinais ma cheville. Elle était entravée par un gros bracelet métallique peu élégant. Mais bon, ici, ce n'était pas ce qu'il y avait de plus important. J'essayais d'ouvrir ce foutu bracelet, en vain.

« Vous pouvez toujours essayer, il ne s'enlève pas si facilement. »

Je soupirais et passais mes mains sur mon visage. J'étais pris au piège, comment j'allais me sortir de là ?

« Bien, je vais devoir vous laisser, patient Mathieu Sommet. Je dois encore voir vos personnalités et vos garçons. »

Un sourire cruel s'installa sur ses lèvres à la fin de sa phrase. Son attitude me rendait fou, je rêvais de répandre ses tripes sur le sol, le voir hurler et souffrir, pour tout le mal qu'il nous avait causé à moi et à ma famille, et qu'il continuait à nous faire.

Mais pour l'instant, la peur et l'inquiétude que je ressentais étaient bien plus grandes que la haine. Il allait faire du mal à mes enfants, à la plus belle chose que j'avais, à ma raison de vivre. Il n'avait pas le droit, il ne pouvait pas.

« Je vous interdit de faire du mal aux garçons...

-Vous me l'interdisez ? Et je devrais vous craindre ? Vous êtes enfermé ici dans une cellule, vous ne pouvez rien faire contre moi.

-Vous ne pouvez pas... » soufflais-je, abattu.

« Faux. Je peux tout faire, si je le désire. »

J'étouffais un sanglot. Qu'est-ce que j'allais faire ? Comment allais-je protéger mes fils ? J'étais impuissant, pétrifié. Le docteur Frédérique m'informa :

« Nous ne commencerons pas tout de suite votre traitement contre votre schizophrénie, il faut dabord que nous fassions des expériences sur vos personnalités. »

Deux hommes habillés de blanc arrivèrent. L'un m'immobilisa, alors que l'autre me fit avaler de force trois cachets. Je savais ce que c'était. C'était des médicaments créés dans le but d'affaiblir les patients, les fatiguer.

Ils partirent tous les trois, fermant la porte à double tour, me laissant seul. Paniqué à l'idée de ce qu'il pourrait faire à mes enfants, je me jetais sur la porte et essayais de l'enfoncer. Combien de temps restais-je ainsi, pris de panique, à taper et à crier contre cette porte ? Je ne sais pas. Mais au bout d'un certain temps, un gout de bile me brula la gorge, alors que je déversais le contenue de mon estomac sur le sol. J'étais fini, il allait tuer mes enfants, leur faire du mal.

« Oh Amaya, pardonne-moi, je n'ai pas su protéger nos enfants... »

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PDV Docteur Frédérique

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Il avait continué à frapper sur cette porte en hurlant pendant plus de trente minutes, et moi j'étais resté devant sa cellule à observer son comportement. Son comportement n'avait pas changé depuis la dernière fois. Il était quelqu'un d'impulsif et violent, il était dangereux. Il devait rester enfermé, et pour toujours, pour son propre bien, et surtout pour le bien de son entourage.

Il avait arrêté de cogner contre la porte avant qu'un bruit de régurgitation ne se fasse entendre. Il venait sans doute de vomir, ce n'était pas étonnant, vu son agitation. Mais les pilules que je lui avais données ne devraient pas tarder à faire effet.

J'enclenchais mon mégaphone et dit :

« Enregistrement 89 docteur Frédérique patient Mathieu Sommet : Le patient présente des troubles du comportement violents, il semble refuser de se détacher de ses personnalités et de ses enfants. Sa schizophrénie est avancée à un point que je n'avais encore jamais vu, et je compte bien étudier son cas à ce stade de la maladie avant de commencer le moindre traitement. »

J'arrêtais l'enregistrement, avant d'en commencer un nouveau :

« Note personnelle : Ce patient est violent et instable, je préconise donc à ce qu'il ne sorte pas de sa cellule. Pour que le traitement à venir contre sa schizophrénie soit plus efficace, et pour la sécurité de ses enfants, le patient sera privé de tout contacte extérieur. Ce patient est gravement atteint, et ne devra jamais sortir de notre asile. »

J'éteignis ensuite mon mégaphone et le rangeais dans ma poche avant de dire à un de mes employés :

« Surveille cette chambre, le patient qui est dedans ne dois pas en sortir. Je vais envoyer une femme de ménage d'ici quelques instants pour nettoyer sa cellule. »

Depuis la cellule de mon patient, on pouvait entendre ses pleurs erratiques. Je laissais un sourire satisfait naître sur mes lèvres, insensible au désespoir de ce père. J'avais atteint mon but, j'allais devenir un médecin célèbre pour avoir attrapé Mathieu Sommet, et je le serais encore plus si j'arrivais à le soigner. Enfin, ce n'était pas mon but. L'important était que j'avais attrapé cet homme, j'avais gagné la guerre qui nous opposait, il était le joyau de ma collection de malade.

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PDV Timothée

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Je m'étais réveillé et m'étais retrouvé seul dans une pièce blanche. J'avais compris sans mal que j'étais dans une chambre de l'asile que mon père craignait tant. Je pleurais, j'avais peur et mon papa n'était pas là pour me consoler. Où était ma famille ? Comment j'allais sortir d'ici ? Qu'est-ce qu'il allait m'arriver ?

Maintenant que j'étais dans cette pièce froide aux murs blancs, je comprenais ce que papa redoutait tant, et pourtant j'avais le sentiment de n'avoir encore rien vu. Le cauchemar ne faisait peut-être que commencer...

Tout m'était inconnu ici, je ne connaissais rien, j'avais été séparé de ma famille, j'avais faim, peur, froid, rester là dans l'attente de ce qu'il allait m'arriver était horrible. Où était mon père ? Mon frère ? Mes oncles et mes tantes ? Leur avaient-ils fait du mal ? Etait-ce possible que... quils soient morts ? Je ne voulais même pas y penser.

La grande porte blindée qui me retenait prisonnier ici s'ouvrit, et un adulte aux cheveux grisonnants et aux lunettes rectangulaires entra dans la pièce, avant de refermer la seule issue. Nous étions tous les deux enfermés. Je savais qui il était, j'en avais déjà tant de fois entendu parler. Le docteur Frédérique. Je lâchais un petit sursaut quand il posa son regard sur moi, et reculais précipitamment pour me cacher derrière mon lit.

« Oh, n'ai pas peur. Je ne te ferais rien. Pas encore. Je veux juste discuter. »

Ses paroles ne me rassurèrent pas, et je restais caché sous le lit. Il prit une chaise aussi blanche que la pièce et s'installa dessus, avec un calepin et un mégaphone.

« Tu dois avoir faim et soif, tu n'as rien mangé et bus depuis la veille. »

Je savais donc que j'étais coincé ici depuis hier soir. Mais quelle heure était-il ? Etait-il tard ? Je n'en savais rien. Mais il était vrai que j'avais un petit creux. Mais je ne m'approchais pas. Papa m'avait toujours dit que même si cet homme devait me capturer un jour, je devrais me méfier de lui.

Le docteur parla à quelqu'un dans une oreillette, et dit :

« Apportez à manger et à boire dans la chambre 206. »

Il attendit sans un bruit pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce que quelqu'un frappe à la porte. Il ouvrit et une vielle dame lui donna un plateau repas avant de repartir. Il ne la remercia même pas et prit le plateau, avant de s'approcher de moi à grande enjambé. Il s'arrêta malgré tout plusieurs mètres avant moi, et déposa le plateau à terre, avant de reculer.

« Mange, ce serait débile pour toi de mourir de faim ici. »

Il repartit s'assoir sur sa chaise, avant de croiser les jambes, alors que je sortais de sous le lit pour examiner craintivement la nourriture. Rien de bien grandiose, une soupe, un verre deau, un morceau de pain, un yaourt, et... des pilules ? Même mon père cuisinait mieux que ça.

« Alors, tu t'appelles Gabriel ?

-N-non, Timothée...

-Bien. »

Il griffonna quelque chose sur son bloc note, alors que je mangeais mon repas. J'avais faim, je ne pouvais pas me permettre de discuter.

« Quel âge tu as ?

-Dix ans... »

Il continuait d'écrire sur son carnet, et moi je continuais à manger. Je finis vite mon repas, ayant encore faim après. Mais je n'avais pas touché les pilules, je n'étais pas assez con pour ça.

« Le repas t'a convenue ? »

Je ne répondis pas. Non, ça ne m'avait pas convenu, j'étais selon mon père "en pleine croissance" et ce n'est pas une petite soupe et un yaourt qui allait combler ma faim. Mais bon, j'avais trop peur pour dire quoi que ce soit.

Le docteur releva la tête de son carnet et me regarda à travers ses lunettes rectangulaires. Ses yeux brillaient d'une étincelle de curiosité, et j'avais l'impression d'être un monstre de foire, un phénomène, quelque chose d'étrange et d'inhumain.

« Comment tu te sens ? »

Aucun son ne sortit de ma bouche, je ne voulais pas lui parler. J'avais peur.

« Tant pis pour toi, si tu ne veux pas répondre. Je serais capable d'utiliser la force pour te faire parler, j'espère que tu en es conscient.

-Je veux mon papa. »

Il me regardait toujours, sans une once de sympathie, sans compassion, sans rien. Il était froid, il s'en fichait de ce que je ressentais.

« Non, tu ne verras pas ton papa. Dailleurs, tu ne le reverras jamais. »

Je le regardais, abattu par cette nouvelle. Il n'avait pas le droit ! Pourquoi je ne pouvais pas le revoir ? Qu'est-ce qu'il avait fait à mon père ?! Je fondis en larmes. Lui, il me regardait toujours, indifférent à mon malheur.

« Je veux mon papa ! »

Il ne répondit pas, mais je vis qu'il commençait à perdre patience.

« Je t'ai dit non. Maintenant tu vas répondre à certaines questions. »

Je continuais à pleurer bruyamment, et j'espérais certainement que mon père vienne pour me consoler. Evidemment, il ne vint pas. J'étais seul avec personne pour me protéger. Je ne savais pas me défendre et ce type devait faire deux fois ma taille, comment pourrais-je m'en sortir s'il me voulait du mal ?

« Tu as déjà entendu des voix, que seul toi peut entendre ? »

Je ne répondis pas, mais je savais que non, je n'avais jamais rien entendu de tel. Le docteur essayait visiblement de voir si je souffrais aussi de schizophrénie. Il me regardait attentivement, et moi, je n'osais pas soutenir son regard. Je baissais la tête, alors que sa voix se fit plus dure, plus ferme :

« Répond. »

Je lui tenais tête sans dire un mot et ça me faisait peur, ce n'était pas dans ma nature de ne pas répondre aux questions d'un adulte, et je ne voulais pas énerver le docteur. Pourtant, je ne pouvais pas me résoudre à donner des réponses à ses questions.

« Bon. Est-ce que tu as remarqué des choses que tu as, ou que tu fais, de différent des autres enfants de ton âge ? »

Il me fusillait du regard, et je me sentais plus vulnérable encore.

« Ecoute, je vais vite perdre patience. Ce n'est pas parce que tu es un enfant que je vais être plus patient ou moins violent avec toi. Alors répond.

-Je répondrais quand j'aurais vu mon papa.

-Comme tu voudras. »

Il se leva de sa chaise, et posa son calepin dessus après l'avoir refermé. Il était calme, ne faisait pas de geste brusque, rien. Il se dirigea vers la porte et l'entrouvrit, et pendant un instant désespéré j'ai cru qu'il avait accepté ma requête et que j'allais voir mon père, mais non. A la place, il fit entrer un homme baraqué, chauve avec une grande barbe, qui me fit tout de suite peur.

« Occupe-toi de lui.

-M'occuper de lui ? Mais c'est qu'un gosse...

-Tu remets mes ordres en cause ?

-Non doc ! C'était juste une constatation... »

Il s'approcha de moi en remontant la manche de sa blouse blanche au-dessus de son avant-bras, et moi je reculais, comme pris au piège. Mon dos heurta le mur, et le grand bonhomme arriva devant moi et me saisit par le t-shirt. J'étais mort de peur, et je me tortillais dans tous les sens pour échapper à son emprise, en vain. Je voyais dans les yeux de mon bourreau qu'il ne faisait pas ça pour le plaisir, mais je ne pouvais pas m'empêcher de le détester.

Son poing s'abattit sur ma joue, et une douleur vive me traversa de toute part. Je ne m'étais jamais fait frapper, même quand je désobéissais je ne recevais pas de coups. Je lâchais un cri de douleur et un sanglot, alors que je me tenais la joue. Le grand type chauve me lâcha et je tombais par terre en un bruit sourd. Je pensais que c'était fini, j'avais eu assez mal pour l'instant, mais il m'envoya sont pied dans le ventre. J'eus un haut le coeur et je faillis vomir mon maigre repas sous le cou, alors que mon souffle se coupa. Il continua à me rouer de coups pendant un temps qui me sembla durer éternellement.

« C'est bon, tu peux arrêter. Je pense qu'il a compris. » déclara le docteur Frédérique au bout d'un moment.

Mon bourreau se redressa, et hocha la tête, acquiesçant les dires du médecin. Il partit ensuite sans un mot, me laissant seul avec le docteur. Moi j'étais recroquevillé par terre, pleurant toutes les larmes de mon corps. J'essayais de me relever, mais retombais. J'étais épuisé et couvert de bleus.

« Bien, je pense que ça ira pour aujourd'hui. »

Le docteur prit le plateau repas vide qui traînait encore par terre et fronça les sourcils, avant de le reposer sur la chaise.

« Tu n'as pas pris tes pilules ? »

Je baissais la tête et reculais craintivement. Lui, grogna et s'approcha de moi en prenant les pilules dans sa main. Il m'immobilisa de je ne sais quelle façon, et me força à avaler les cachets. Je me sentis vite mal, ou du moins plus que je ne l'étais, et ma tête me tournait. J'étais encore plus fatigué.

Le docteur Frédérique me lâcha et me dit :

« Je reviendrais demain, en espérant que tu sois plus bavard. »

Il disparut, et je me retrouvais de nouveau seul, ne sachant pas si je devais m'en réjouir ou m'en inquiéter.

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PDV Gabriel

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Je m'étais réveillé depuis déjà longtemps, très longtemps. Je m'ennuyais comme un rat mort, et je n'avais pas besoin d'être quelqu'un d'une extrême intelligence pour savoir que j'étais à l'asile. Je me souvenais de tous ce qu'ils s'étaient passés la veille dans les moindres détails. J'avais peur, j'étais terrifié et je voulais juste revoir mon père. Ça me faisait mal de l'admettre, mais il avait raison depuis le début, et je regrettais de ne pas l'avoir écouté. Je venais de me rendre compte que tous ce qu'il faisait pour nous, s'était pour nous protéger. Je m'en voulais terriblement de lui avoir mené la vie dure, et le poids de la culpabilité m'écrasait.

J'avais peur et cette pièce sans couleur me donnait mal à la tête. La blouse que je portais était ridicule, et je commençais à avoir faim.

Je savais que rien de bien ne pouvait m'arriver ici, mais j'essayais malgré tout de contrôler ma peur, je devais rester fort. Même si je ne savais pas ce qui allait se passer, même si j'ignorais si ma famille était en vie.

Perdu dans mes pensées, je ne me rendis pas compte tout de suite que quelqu'un était entré dans ma cellule. Un toussotement me fit sursauter. Je me retournais pour me retrouver face au docteur Frédérique. Papa m'avait tant de fois parlé de lui, j'avais l'impression de le connaître par coeur.

Il s'avança vers moi pour me donner un plateau repas. Je le lui prenais des mains et commençais à manger. Une soupe, un bout de pain, un yaourt et un verre deau. Je crois que je n'avais jamais mangé un repas si lamentable. En plus de ça, il y avait des pilules. Sérieusement ? Des pilules ? Waouh, meilleur repas du monde, vraiment.

Je mangeais sans crainte, j'avais faim, même si je m'étais demandé l'espace d'un instant si le repas n'était pas empoisonné. Mais je n'avais pas peur du docteur, pas encore. Il s'installa sur une chaise, et moi je ne faisais pas vraiment attention à lui.

« Comment tu te sens ? » me demanda le docteur.

« Bien.

-Je suppose que tu avais faim ?

-Oui, beaucoup. »

Il écrivait sur son calepin, et je me demandais ce qu'il me trouvait de si intéressant pour écrire autant alors que je ne disais rien de particulier.

« Tu as dix ans ?

-Oui !

-En tout cas tu es plus bavard que ton frère. »

Je me stoppais, et manquais de m'étouffer avec ma soupe que je recrachais par la suite. Je regardais cet homme, qui venait de me parler de mon frère jumeau.

« Où il est ?!

-Qui ça ?

-Mon frère !

-Comme toi, il est dans une cellule. Mais ce n'est pas important !

-Si, c'est important ! Je veux le voir !

-Tu ne veux rien du tout. Maintenant tu ferais mieux de te taire et de rester tranquille. »

Je ne bronchais pas. J'avais compris que si je voulais que tout se passe bien pour moi, il faudrait que je reste tranquille. Peut-être que si toute ma famille se comportait comme ça, il nous laisserait sortir de cet asile ? Je l'espérais. De toute manière on n'avait pas le choix, il fallait respecter les règles et ces types, sinon ils nous feraient du mal.

Mes yeux retombèrent sur le plateau repas vide devant moi, et sur les pilules présentent que je n'avais toujours pas touché.

« Pourquoi vous avez mis des pilules sur mon plateau repas ?

-Il faut que tu les prennes, c'est tout. Pas besoin de poser de questions stupides. »

Je croisais les bras, vexé. Mes questions n'étaient pas si stupides, je trouvais même quelles étaient légitimes. Pour qui ce type se prenait-il ?

« Et si je ne veux pas les prendre ? »

Le docteur releva un regard sévère vers moi, et me dit d'un ton glacial qui me fit frémir :

« Je serais forcé de m'occuper de toi, comme je l'ai fait pour ton frère. »

Je sautais sur mes pieds en grognant. Mon coeur battait la chamade et mon estomac était noué. J'étais terrifié à l'idée de savoir qu'il avait fait du mal à mon frère. Et s'il était mort ? Et mon père, mort aussi ? Comme maman ? Non, je ne pouvais pas le croire.

« Qu'est-ce que vous avez fait à mon frère ?! Et où est mon père ?!

-Ça ne te regarde pas, tu ne reverras ni ton frère, ni ton père.

-Quoi ?! Pourquoi ?! Vous n'en avez pas le droit !

-Tant que tu seras ici, tu ne verras pas ta famille. Peut-être que si les choses s'arrange pour toi et ton frère je vous laisserais sortir de cet asile. Mais votre père est fou, il y restera toute sa vie.

-Oui mon père est fou, et c'est ce qui fait tout son charme ! Pourquoi vous gâchez la vie des gens comme ça ?!

-C'est mon métier. »

Je ne voulais pas rester ici toute ma vie. Je ne voulais pas rester loin de ma famille. Et puis dabord, sous quel prétexte me gardait-il, moi et mon frère ? Nous n'étions pas malade, rien ! Je détestais cet endroit, je voulais rentrer chez moi.

« Vous n'avez pas le droit de nous garder ici, on est des êtres humains ! » m'exclamais-je en étouffant un sanglot.

L'homme en face de moi roula des yeux en soupirant, alors qu'il recommençait à écrire dans son carnet. Je me sentais seul, et négligé. Il aurait dû avoir honte de se comporter comme ça avec moi, comme avec n'importe qui d'autre.

Je reniflais, alors que mes yeux s'embuaient de larmes que je ne pouvais retenir. C'était juste un cauchemar, rien de plus, j'allais me réveiller dans les bras de ma maman et avoir cinq ans à nouveau, et rien de tout ce qu'il s'était passé de mal dans ma vie n'aura été réelle.

« Bon, arrête de pleurnicher et avale moi ces pilules.

-Non ! »

Le docteur se leva, sourcils froncés et mâchoire serrée, visiblement énervé. Il se leva de sa chaise et s'avança vers moi, l'air menaçant.

« Si tu ne veux pas, je vais te faire avaler ça moi-même. »

Je sursautais, prenant peur. J'étais affolé, et je ne voulais pas qu'il soit violent. C'était une des choses qui me faisaient le plus peur.

« Non, non ! C'est bon, j-je vais les prendre !

-Bien. »

Il retourna s'assoir et griffonna encore dans son calepin, alors que j'avalais difficilement et docilement les cachets. Je déglutissais, me sentant bizarre après avoir ingurgité ces pilules.

« Bon, je vais maintenant te poser quelques questions. Tu as déjà entendu des voix, que seul toi peux entendre ?

-Non.

-Bien. Est-ce que tu as remarqué des choses que tu as, ou que tu fais, de différent des autres enfants de ton âge ?

-Non ! Je suis normal, et si vous vous demandez si je suis schizophrène comme mon père, la réponse est non ! »

Toujours aussi calme, le docteur ferma son carnet et se leva de sa chaise. Il replaça ses lunettes sur son nez et me jeta un rapide regard, avant de tourner la tête et de se diriger vers la porte. Que faisait-il ? Il s'en allait déjà ?

« J'en ai fini avec toi pour aujourd'hui, je reviendrais demain. »

J'avais raison, il partait, il me laissait seul. J'aurais dû m'en réjouir, mais je ne voulais pas être seul, ça me faisait peur. Je préférais encore être avec lui que seul au monde, perdu dans cette salle blanche.

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PDV Docteur Frédérique

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Il était environ quatorze heures, j'avais fini de m'occuper des Sommet pour aujourd'hui. Certes, je devais encore aller rendre visite aux personnalités, mais ça serait surement rapide. Elles ne disaient généralement rien, et s'obstinaient à dire qu'elles étaient réelles ! Mais je le savais, elles n'étaient que le fruit de l'imagination d'un patient fou.

Je me rendais dans notre salle de repos, à moi et aux autres employés. Je me laissais tomber dans un fauteuil avec une tasse de café, alors qu'un de mes collègues arriva pour s'installer près de moi.

« Alors, qu'as-tu à dire des deux nouveaux venus ?

-Les gamins ?

-Ouai. »

Je pris une petite inspiration et buvais une gorgée de mon café avant de déclarer :

« Ils sont fous, aussi fou que leur père. Oh, je n'ai pas encore détecté de début de schizophrénie chez eux, mais ça peut encore arriver. »

Evidemment, j'exagérais. Ils n'étaient pas fous, ils étaient normaux et en parfaite santé pour leur âge, ils n'avaient rien à faire dans cet asile. Certes, j'avais raison en disant que leur schizophrénie pouvait encore arriver, mais rien n'était sûr.

Je mentais volontairement et en toute connaissance de cause, parce que je voulais les garder. S'ils restaient ici, dans cet asile, leur père en serait détruit, et il m'obéirait sans opposition. Et si ses deux gamins venaient à disparaître, Mathieu Sommet en mourrait. Il en mourrait de l'intérieur, mais serait forcé de rester en vie, maintenue par les soins de l'asile. Il mourrait une seconde fois, il mourrait en perdant encore des êtres chers. Et c'est ce que je voulais. J'étais en train de gagner la guerre qui nous opposait, je voulais que Mathieu Sommet souffre.

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Voilà, c'était le chapitre cinq de cette fiction, j'espère qu'il vous a plu ! ^^

N'hésitez pas à me laisser une reviews pour me donner votre avis ! :D

Dites-moi ce que vous avez eu comme cadeaux en commentaire, et dites-moi ce que vous avez pensé de la vidéo qu'à posté Mathieu, et si vous avez déjà une idée de ce que ça va donner ! ;)

Amour et licorne *-*

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