.
.
Salut les gens ! J'espère que vous allez bien !
Bonne année ! :D
Je vous souhaite plein de bonne chose, la santé, la réussite dans ce que vous entreprendrez et tout le tralala habituel ! Si 2017 n'a pas été une bonne année pour vous, gardez espoir pour 2018 ! :)
Enfin Bref !
On se retrouve aujourd'hui pour le chapitre six ! J'espère qu'il vous plaira ^^
N'hésitez pas à me laisser une reviews, pour me donner votre avis sur ce chapitre ! :)
.
.
.
Bonne lecture !
.
.
.
Chapitre 6 : La révélation.
.
.
.
.
.
PDV Externe
.
Les couloirs de l'asile étaient tous blancs, on se perdait rapidement dans ce grand bâtiment si on ne connaissait pas par coeur l'endroit. Chaque couloir, chaque partie de l'asile et chaque étage étaient spécialisés et adapté pour différentes catégories de maladie. Les différentes maladies mentales, les troubles du comportement, les anomalies caractérielles, les anomalies physiques tel que les déformations, les troubles affectifs, les troubles obsessionnels-compulsifs, la démence, les syndromes cérébral organique, les troubles schizo-affectifs, et enfin la schizophrénie. Il y avait, évidemment beaucoup d'autres maladies, mais trop nombreuses pour toutes les citer.
A l'étage réservé à la schizophrénie, il y avait plusieurs couloir, et plusieurs patient, enfin, il n'y avait pas beaucoup de patient, juste deux ou trois. Le patient schizophrène le plus atteint, et le plus grand mystère de cet asile n'était autre que Mathieu. Il était enfermé dans une chambre voisine à celle de deux autres patient, et dans le couloir opposé au sien se trouvaient cinq chambres, toute occupés par ces personnalités : le Geek, le Hippie, la Fille, le Panda et le Prof. Seul le Patron bénéficiait d'un traitement de faveur. En effet, il habitait une chambre, au même étage qu'eux, mais dans un couloir où il n'y avait personne d'autre que lui, hormis les hommes de main du docteur Frédérique. Il avait été jugé trop dangereux pour rester près des autres personnalités.
Ça faisait à présent un bon bout de temps que la famille Sommet était coincée ici, dans cet asile. Combien de temps, exactement ? Des jours, des semaines, des mois ? Ils ne savaient plus, confinés dans une pièce aux quatre murs blancs, ils avaient perdu la notion du temps.
Ils avaient subi des tortures, aussi bien physique que mentale, et certains d'entre eux luttaient pour ne pas devenir fou, si ce n'était pas encore arrivé.
.
PDV Geek
.
J'avais faim. J'avais soif. J'étais fatigué, alors que je dormais tout le temps, et pour cause je n'arrivais plus à fermer les yeux. Je ne savais pas depuis combien de temps j'étais là, je ne savais pas quelle heure il était, je ne savais pas si nous étions en pleine journée ou si au contraire, il faisait nuit. Enfin, j'arrivais généralement à me fier aux venues du docteur pour savoir cette information.
Mes journées étaient horribles, parce que je savais que le docteur Frédérique allait venir. Pour combien de temps, je ne savais pas, mais le fait qu'il allait venir était une certitude. Chaque jour il venait, quelques fois il me posait des questions, si j'avais de la chance. Sinon, il appelait ses hommes de mains, et ils me torturaient. Ça pouvait être de n'importe quelle manière, ils me tapaient, mais parfois ça allait plus loin, avec des armes blanches. Tout ça juste pour voir les conséquences et les impacts que ça aurait sur nous, mais surtout sur Mathieu. Le docteur s'attendait à voir Mathieu saigner et souffrir du même mal que nous, ses personnalités, sans comprendre que ça n'arriverait jamais. Je le savais, j'avais déjà essayé de lui dire, nous étions désormais des êtres à part entières, et même si nous étions tous lié d'une certaine manière à notre créateur, celui-ci ne ressentait pas les mêmes choses que nous au même moment.
Les souffrances que j'endurais étaient terribles, on me soignait à chaque fois, mais la douleur persistait encore longtemps après. Parfois, le sol et les murs blancs étaient couvert de mon sang, et ça me faisait malgré tout du bien de voir cette couleur rouge si vive, comparé au reste de la pièce.
Dans ma douleur, je savais que les autres vivaient la même chose que moi, ce qui d'un côté –j'en avais honte- me rassurait, et me chagrinais.
Même si je souffrais de ma situation, que je n'en pouvais plus, je ne savais pas si je devais m'estimer heureux ou non, car je savais que dès qu'ils auraient fini de me questionner et de me torturer, ça voudrait dire que le traitement contre la schizophrénie de Mathieu allait débuter, qu'ils n'auraient plus besoin de moi, ni des autres, et qu'ils risquaient de nous tuer.
Enfin, si je devais passer, fort probablement, le reste de ma vie dans cet asile, ne valait-il mieux pas mourir ?
.
PDV Gabriel
.
J'étais assis dans ma chambre, ou plutôt dans ma prison. J'avais perdu toute motivation, je ne bougeais plus, je ne voulais rien faire. De toute façon, je ne pouvais rien faire. Je ne savais pas à quoi servaient ces pilules que je prenais chaque jour, mais elles ne pouvaient pas m'être bénéfiques.
J'étais désespéré, je voulais voir mon père, mon frère, sortir de ce fichu endroit, manger à ma faim, manger des repas normaux, bouger et faire de l'exercice, voire d'autre couleurs que ce blanc qui me donnait mal à la tête. Je n'en pouvais plus, je n'arrivais plus à pleurer, j'avais déjà trop chialé. Je n'avais pas pleuré comme ça depuis que ma mère avait disparue.
L'idée de passer toute ma vie dans cet endroit ne me réjouissait pas, mais j'avais perdu espoir de sortir de là un jour.
Les yeux fixés sur le mur blanc en face de moi, comme si j'espérais le faire disparaître, j'entendis la porte s'ouvrir. C'était le docteur, évidemment. Je ne levais même pas la tête vers lui, j'étais maintenant habitué à sa présence.
« Bonjour. »
Il s'assit comme à son habitude sur une chaise, face à moi. Je ne comprenais même pas pourquoi il continuait à venir me voir, alors qu'à chaque fois il me posait les mêmes questions et que ça ne menait à rien. Je ne comprenais pas non plus pourquoi il s'obstinait à me garder.
« Comment vas-tu ? »
Je ne répondais pas, car la réponse était évidente. J'étais vidé de mon énergie, seul toute la journée, je n'avais qu'un repas par jour, je me sentais mal aussi bien physiquement que mentalement.
« Ton repas va arriver.
-Super. » dis-je ironiquement.
Il ne leva même pas la tête vers moi, ce que je disais lui apportait peu. Quelqu'un toqua à la porte, et après avoir ouvert la porte le docteur revint avec mon plateau repas. Il le posa devant moi et retourna s'assoir. Je mangeais sans me faire prier, c'était mon seul repas jusqu'au lendemain et j'étais affamé.
« Tu n'as toujours pas remarqué de changement étrange dans ton comportement, aujourd'hui ?
-Non, comme tous les jours depuis que je suis là. »
Le docteur Frédérique referma son calepin et me regarda enfin. Son regard était froid, et j'avais peur. Ce n'était pas habituel, qu'il arrête d'écrire dans son cahier. Il détourna ses yeux et sortit un mégaphone de sa poche.
« Nous allons passer aux choses sérieuses. »
Je lui lançais un regard interrogateur. Face à ma curiosité, il m'expliqua :
« J'ai des questions et je veux des réponses. »
Je compris dans son ton que je devais lui obéir, que je n'avais pas le choix. Je savais à cet instant que le docteur allait me parler de papa. Il alluma son mégaphone et dit :
« Enregistrement 96 docteur Frédérique patient Gabriel Sommet. Alors Gabriel, parle-moi de ton père. Est-il violent ?
-Non.
-Est-ce que ça lui arrive de changer brusquement de comportement, ou d'avoir des sautes d'humeurs ?
-Non, c'est quoi ces questions ?! Mon père est normal.
-Non, il n'est pas normal, sinon tu ne serais pas ici et lui non plus. »
Je serrais les dents, malgré mon envie de lui en coller une, je ne pouvais rien faire. J'étais impuissant face à ses questions et à tout ce qu'il voudrait dire.
« Et les personnalités ?
-Quoi ?
-Leur comportement ? Comment sont-ils ? Ils sont agressifs ?
-Non. Et ce serait bien que vous ne cherchiez pas tous les prétextes pour trouver quelques choses à dire contre mes oncles et ma tante. Ce sont des gens normales.
-On dit "normaux". »
Je grognais. Il ne me prenait pas au sérieux, il se fichait de ce que je disais et se contentais juste de corriger mon français. Je détestais les personnes qui me prenaient de haut.
« Ce que je dis est vrai ! Vous cherchez juste tous les prétextes pour pouvoir les garder enfermés !
-Tu es bien comme ta mère. »
Je faillis m'étouffer avec ma soupe à l'immonde couleur verdâtre. On ne parlait jamais de maman, jamais. Personne, ni mes oncles, ni ma tante, et encore moins mon père. Les rares photos de maman que je trouvais étaient tout ce qui me restait d'elle.
Pourquoi ce docteur me parlait-il d'elle, comment osait-il ?! L'avait-il vraiment connu ou me faisait-il marcher ? S'il la connaissait vraiment, comment s'étaient-ils rencontrés ? Pleins d'hypothèses et d'idées tournaient dans ma tête, et je me sentais soudainement mal.
« Qu'est-ce que vous voulez dire ?! » m'écriais-je en sautant sur mes jambes.
Cet effort soudain me fit tourner la tête et je vacillais jusqu'au mur contre lequel je pris appuis. Le docteur, avec toujours son mégaphone en main, me regarda en silence.
« Que tu es comme ta mère, elle aussi répondait ça quand je lui posais ces mêmes questions.
-Vous avez… posé ces questions à ma mère ? »
Devant mon regard effaré et incrédule, un sourire narquois s'installa sur ses lèvres. Il éteignit son mégaphone et le rangea dans sa poche.
« Dois-je comprendre que tu n'es au courant de rien ?
-De quoi devrais-je être au courant ?! »
Avec un petit rire, il replaça ses lunettes rectangulaires sur son nez et m'observa attentivement, se vantant visiblement d'une chose que j'ignorais. Mon cœur tapait dans ma poitrine.
« Ta mère est déjà venu dans mon asile, il y a cinq ans.
-Q-quoi… C'est faux, vous mentez !
-Non, non, je ne mens pas. Tu ne sais donc pas que tes parents ont déjà fait un petit séjour ici ?
-Pas maman ! Juste papa ! »
Il éclata d'un autre rire qui me fit frissonner, alors que ma respiration s'accélérait. J'entendais ce qu'il disait, mais j'avais du mal à en saisir le sens.
« Non, non, non, ta mère était aussi ici, et je lui parlais chaque jour.
-C-c'est pas vrai ! Vous... vous mentez…
-Ah bon ? Alors à ton avis, où était-elle quand ton père était ici ?
-E-en voyage en Allemagne !
-Ah bon ? Et comment est-elle morte ?
-U-un accident de voiture en rentrant de v-voyage, elle voulait a-aller sauver papa de cet endroit !
-Tu en es sur ?
-je… »
Ma bouche était sèche, ma tête douloureuse, ma gorge nouée et j'avais l'impression que chaque inspiration que je faisais m'écrasait la poitrine. Dans ma tête, des souvenirs dont j'avais ignoré l'existence pendant cinq ans jaillissaient de toute part de mon esprit.
.
.
~ Flashback ~
.
.
J'ai cinq ans. Je suis chez Alex, un ami de mon père, avec mon frère. Papa et maman ne sont pas là, les autres non plus. Ils sont partie depuis très longtemps, plusieurs mois, mais Alex ne veut rien nous dire, je crois qu'il est inquiet, et qu'il n'aime pas trop s'occuper de nous.
Il est tard, je suis au lit depuis longtemps mais du bruit m'a réveillé. Je me lève, je vais en bas, et me cache derrière la porte de la cuisine. C'est de là que vient le bruit
J'entends des pleurs, et je sais que c'est papa. Je ne l'ai jamais entendue pleurer, d'ailleurs je n'ai jamais entendue personne pleurer comme ça. Mais là il pleur et ça me fait de la peine. Les autres parles, je crois qu'ils sont tous là, en tout cas je les vois tous. Tous sauf maman.
Ils expliquent des choses de grand à Alex, mais je n'entends pas, ils chuchotent. Je n'arrive à percevoir que quelques phrases.
Alex semble inquiet, il a peur et est triste, ça s'entend dans sa voix. Il demande :
« Où vous l'avez laissé ?
-Là-bas. On ne pouvait pas la ramener. On y retournera plus tard, Mathieu ne supporte pas l'idée de ne pas… de leur laisse le cor-euh… de la laisser au docteur. »
C'est Panda qui a répondu, devant le regard assassin et à la fois abattu de papa, il a modifié sa phrase. Mais je ne sais pas pourquoi, je ne comprends pas de quoi il parle.
Sans que je m'en rende compte, Timothée me rejoint. Il vient se cacher avec moi et observe. Papa pleur toujours bruyamment, la tête entre les mains en poussant des lamentations qui n'en finissent pas.
« Pourquoi papa pleur ?
-Je ne sais pas. »
J'ai cinq ans, je ne comprends pas ce qu'il se passe, papa et maman sont parti depuis longtemps mais je suis trop petit pour m'en inquiéter, pour saisir la gravité de la situation.
On entre dans la pièce, Tim et moi. Tout le monde se tourne vers nous, même papa cesse de pleurer pendant un petit instant. Mais ça ne dure pas, et quelques secondes après notre entrée dans la pièce, il recommence à se morfondre. Le silence est brisé par ses pleurs.
Je regarde nos proches. Ils sont tous en mauvais état, très pâle et cerné. Ils sont maigres aussi, très maigres, et habillés de blouse blanche très laide. Ils ont l'air fatigué, et triste, je ne sais pas pourquoi. Je croyais que papa allait nous prendre dans ses bras, que les autres aussi, et qu'ils allaient s'excuser d'être parti et de nous avoir laissé chez Alex sans prévenir, mais ils ne le font pas. Je garde les yeux fixés sur la porte, en attendant que maman rentre. Mais elle ne vient pas, et je me sens abandonné et triste.
Je demande :
« Où vous étiez ?
-Et où est maman ? » questionne mon frère.
Lui aussi, garde ses yeux fixés sur la porte.
La fille s'approche de nous, et caresse nos cheveux avec un air désolé. Elles pleurs aussi en silence, mais ce n'est rien comparé à papa. Mais personne ne nous répond, ils nous regardent tous avec une sorte de compassion qui me met mal à l'aise, qui me met en colère aussi. Seul papa évite notre regard.
Je suis petit, j'ai cinq ans, mais je sais et je comprends que quelque chose ne va pas, qu'il s'est passé un truc grave. Et maman n'est pas là. J'ai cinq ans mais je ne suis pas bête, on me cache des choses, j'ai peur et la seule personne qui pourrait enlever ce poids qui pèse dans mon ventre c'est maman.
Je répète plus fort de ma voix fluette :
« Où est maman ?! »
Panda lâche Geek qui sanglote sur son épaule, et s'avance vers nous. Il essuie ses yeux humides d'un revers de manche et souffle bruyamment en passant sa main dans ses cheveux.
« Ecoutez, les garçons, maman et nous, on…
-Tais-toi ! »
C'est papa qui lui a coupé la parole. D'habitude, il nous dit que ça ne se fait pas, que c'est mal poli. Mais pourtant, lui, il le fait. Il regarde Panda de la même façon qu'il nous regarde quand il nous gronde, Tim et moi. Enfin, papa se lève et va s'agenouillez devant nous. Il pleur toujours, un peu moins mais toujours. Il nous serre fort contre lui, jamais il ne m'a serré comme ça contre lui. Pourtant aujourd'hui il le fait, et plus jamais il ne me prendra dans ses bras de cette façon. Tant mieux, d'ailleurs. Ce câlin est triste, et sans pouvoir l'expliquer, je me retrouve avec les larmes aux yeux.
« Vous savez mes chéris, il… il nous est arrivé quelque chose de compliqué, à moi et vos oncle et votre tante. Je… je vous expliquerais tout ça après, pour l'instant ce n'est pas important. »
Il prend une grande inspiration et s'arrête un instant. Il étouffe un autre sanglot et j'ai peur de ce qu'il va dire.
« Maman... maman n'était pas avec nous, elle… elle était en Allemagne, pour un voyage avec son travail e-et… »
Il s'arrête de nouveau, il se tait et lance un regard aux autres. Le Patron fronce les sourcils, il n'a pas ses lunettes de soleil et semble en vouloir à papa pour ce qu'il va dire. Le Panda secoue la tête d'un air désapprobateur. Alex reste silencieux, il sort de la pièce comme s'il ne voulait pas entendre, et tous le suivent. Nous sommes seuls.
Papa pleur toujours, j'ai l'impression qu'il ne peut pas s'arrêter, et il nous dit :
« E-en voulant r-rentrer d'Allemagne, e-elle… elle a-a… e-elle a f-fait un accident d-de v-voiture, e-et… »
Mon souffle se coupe, et j'ai les oreilles qui sifflent. Je crois que c'est pareil pour mon frère. Ma tête tourne et j'ai du mal à comprendre ce que papa me dit. Une douleur énorme grandit en moi, elle s'empare de tous mes membres et fini par exploser en même temps qu'un cri sort de ma bouche. Puis je me suis mis à pleurer comme jamais je n'ai pleuré, et mon frère aussi. Papa aussi a recommencer à pleurer bruyamment, et nous n'étions plus que trois masses pleines de larmes et de tristesse.
« M-maman e-est t-très bien o-où elle e-est, n-ne vous e-en faîte p-pas pour e-elle. E-elle veilleras sur v-vous d-depuis le c-ciel, et o-on la reverra u-un jour, j-je vous promets. E-elle vous a-aimait beaucoup, e-et il ne f-faut pas l-lui en vouloir, e-et ne j-jamais l'oublier. »
Je pleure, mon frère pleur et rien ne peut nous consoler. On cri, on s'accroche à notre père, et on lui donne des coups, on le tape sans faire exprès sous l'effet d'une tristesse bien trop grande pour de si petits enfants. Lui nous serre fort, il ne s'énerve pas quand on le tape de toute nos forces de petits garçons, il nous serre juste, il nous embrasse, il pleur avec nous et essaye à lui tout seul de nous donner tout le réconfort et la sensation de sécurité que nous donnaient les bras de maman et les siens réunis. Il nous donnera ce réconfort et cette sensation de sécurité tout seul par la suite, réussissant difficilement mais merveilleusement bien cette mission.
J'ai cinq ans, je suis petit et je me souviens encore de ce jour très douloureux, cinq ans après. En même temps, comment l'oublier ?
Je ne pourrais pas expliquer ce que j'ai ressenti à cet instant, les mots ne suffisent pas, et pour comprendre, il faut le vivre. J'aimais ma mère plus que tout, c'était un exemple pour moi, une présence vitale, et savoir que jamais plus je ne recevrais ses câlins, ses baisers, son attention et toutes ces choses me faisait mal à un point inimaginable. Sa disparition a causé en moi un vide que rien ne pourrait jamais remplacé.
Après avoir pleuré longtemps, très longtemps, papa nous a installés sur le canapé, emmitouflé dans une couverture avant de disparaitre dans l'entrée. Il parlait avec Alex.
Mais je suis petit, j'ai cinq ans et j'ai besoin de rester prêt de papa pour tenir le coup, pour surmonter cette épreuve effroyable. Je surprends leur conversation, je vois que c'est important alors je me cache.
« Ecoute mec, je suis désolé pour toi et ce qu'il t'arrive est horrible, mais je peux plus te fréquenter. C'est trop dangereux, je veux pas crever. »
Je ne comprends pas trop ce qu'Alex veut dire par là. Mais papa a l'air troublé, vexé et un peu triste. Enfin, il est de toute manière encore triste à cause de maman. Pourtant il ne s'énerve pas. Il est dépassé par les évènements, fatigué, abattu, et il se contente juste de dire :
« Je comprends. Mais est-ce que… est-ce qu'on peut rester chez toi pour la fin de la nuit ?
-Oui, pas de problème, mais fait en sorte de partir vite demain.
-Ouai, t'inquiète pas. Et, euh… merci pour les garçons, de t'en être occupé…
-C'est rien. »
Il termine de parler, et je sais qu'une certaine gêne c'est installé entre eux. Papa est beaucoup plus petit qu'Alex, mais il baisse quand même la tête pour ne pas le voir.
Je retourne rapidement au salon, je sais que je n'aurais pas dû surprendre cette conversation. Je m'installe à côté de Tim, il ne bouge pas. Il ne dort pas, il ne pleur plus, mais il semble incapable de faire quoi que ce soit d'autre que de fixer le mur.
Papa nous rejoint, il s'installe autre nous et nous serre fort contre lui. Il ne pleur plus mais il est amorphe et fatigué. Mon frère et moi n'avons su que le lendemain ce qui lui était arrivé. Il ne nous a pas menti, il nous a dit toute la vérité. L'asile, le docteur Frédérique, il n'a rien oublié, rien. Enfin je crois.
Nous sommes partis dès les premiers rayons du soleil. Je n'ai plus jamais revu Alex par la suite, je ne me souviens plus de son visage, ni de celui de maman. J'ai oublié pas mal de chose, j'ai cinq ans et je suis petit, mais cette journée et resté gravée dans ma tête.
J'ai cinq ans et je ne reverrais plus jamais maman.
.
.
~ Fin Flashback ~
.
.
Je n'avais pas oublié cette nuit où j'avais appris la mort de ma mère, elle était restée coincé dans un coin dans ma tête, sans que j'y repense. Pourquoi ressasser ce souvenir qui provoquait en moi tellement de douleur ?
Je respirais difficilement, comme si un poids obstruait ma poitrine, et mes yeux étaient humides. Forcément, je n'avais pas repensé à ça depuis longtemps, et aujourd'hui, tout ce que j'avais entendu cette nuit-là devenait clair.
Mon père m'avait menti. Il avait inventé une histoire de toute pièce. Quand j'avais cinq ans, maman travaillait dans une entreprise de produit pharmaceutique, et ça me paraissait normal qu'elle aille à l'étranger pour promouvoir ses produits. Papa m'avait dit qu'elle était précipitamment rentrée d'Allemagne pour aller le sauver, et que c'était comme ça qu'elle avait eu son accident, c'était vraisemblablement faux.
Je ne savais pas quoi croire, je voulais que la version de mon père soit vraie, je ne voulais pas croire qu'il ait pu se passer autre chose, mais ce que le docteur disait et ce que les souvenirs de mon enfance me rappelaient créaient le doute en moi.
Tout ce dont en quoi je croyais et toute la confiance que j'avais en mon père venaient de se briser. J'étais perdu, ma vie n'était qu'un mensonge, et l'on m'avait caché une chose que j'aurais du savoir.
« Alors, tu es sur de ce que ton père t'as dit ? »
Je relevais la tête et mon regard croisa celui du docteur que j'avais complétement oublié. Il était là, devant moi, avec un sourire mesquin, et je sentais un sentiment de rage m'envahir face à lui, ainsi qu'une peur et une curiosité brulante.
« N-non… Enfin, je ne sais p-plus ! Pourquoi mon père m'aurait-il m-menti ?!
-Je n'en sais rien, tu n'auras qu'à lui poser la question. »
Il me regarda et ajouta, avec un petit rire :
« Enfin, si tu le revois un jour. »
Je serrais les poings et les dents, ne voulant pas user le peu d'énergie que j'avais pour une bagarre inutile que je ne gagnerais pas de toute manière. Je ravalais difficilement un sanglot.
« Qu'est ce qui est arrivé à ma mère ?! »
Le docteur, avec un regard que je ne lui connaissais pas et un sourire cruel, se leva de sa chaise et commença à faire les cent pas dans la pièce. Moi j'attendais, le ventre douloureux à cause du stress et de l'appréhension.
« Eh bien, comme tu le sais, il y a cinq ans, ton père et ses personnalités ont fait un petit séjour dans notre asile. Mais contrairement à ce que ton père t'a raconté, ta mère était avec lui. Ils étaient sorti entre adulte je suppose, c'est peut-être pour ça que vous n'étiez pas avec eux mais, je le regrette d'ailleurs car j'aurais beaucoup aimé vous avoir tous en même temps. Mais bon, vous n'étiez pas là, et je n'ai jamais su par la suite chez qui vous étiez. Mais peut-être pourriez-vous me le dire ?
-Je ne dirais rien.
-Comme tu le voudras, de toute manière cette précision ne m'est d'aucune utilité désormais. Enfin bref, comme je disais, tes parents et les personnalités étaient ici. Ils sont restés ici pendant un peu plus de deux mois, avant qu'ils ne réussissent à s'enfuir. Nous avons pratiqué diverse expérience, certaines assez barbares, sur ton père et ses personnalités, afin d'évaluer à quel stade était avancé la schizophrénie de Mathieu. Ensuite, nous avons essayé de faire disparaitre ses personnalités. Mais impossible, elles résistaient ! Alors, nous avons eu l'idée d'aller voir ta mère. Oh, on était déjà allé la voir pour la questionner, comme j'ai fait avec toi et ton frère, mais je me suis dit qu'un choc émotionnel arriverait peut-être à guérir ton père. Alors nous l'avons réuni, lui, ses personnalités et ta mère dans la même pièce. Nous avons torturé Amaya, je pensais que les personnalités disparaitraient comme ça, mais ça n'a pas été le cas. C'est ce jour-là, qu'ils se sont échappés de l'asile, après que ta mère soit morte. »
Il termina son récit, mais moi je ne bougeais plus, j'étais pétrifié par ce que je viens d'entendre. J'osais à peine le croire, c'était pire que tout ce que je pouvais imaginer. Tout ce que je savais sur la mort de ma mère était un mensonge, tout ce dont en quoi j'avais cru, la seule chose à laquelle j'avais réussi à m'accrocher était montée de toutes pièces.
Maman n'avait pas fait d'accident de voiture, elle était avec papa depuis le début, et il le savait. Il m'avait menti. Ma mère avait été assassinée, et je n'en avais jamais rien su. C'était la pire trahison qu'il puisse exister, je me sentais détruit de l'intérieur, vide, comme si tout mon monde venait de s'écrouler.
Mon père était un con. Il m'avait menti, à moi et à mon frère, il nous avait caché une chose importante, une chose qui concernait ce qui était arrivé à ma mère. Je ressentais tellement de haine pour lui en cet instant, que je voulais qu'il reste à jamais dans cet asile. Evidemment, j'eu honte par la suite d'avoir pensé ça, mais il fallait me comprendre : J'étais abattu.
C'était de sa faute si j'avais appris ce qu'il s'était réellement passé de la part de l'assassin de ma mère. Comptait-il seulement nous dire la vérité un jour, ou aurait-il préféré que l'on reste dans l'ignorance ?
C'était de sa faute si maman était morte. Sa faute si elle était allé dans cet asile. S'il n'était pas malade, si ses personnalités n'existaient pas, rien de tout ça ne serait arrivé. Je lui en voulais, même si je savais que ce n'était pas sa faute, même si je savais qu'il souffrait autant que moi, je ne pouvais pas m'empêcher de lui en vouloir en cet instant.
Je pleurais sans m'en rendre compte, et mon souffle était devenu erratique. Ma mère avait été tuée, sa mort était due à un meurtre. Son assassin était face à moi.
« V-vous… vous a-avez t-tué maman…. »
Le docteur ne semblait pas sensible à ce que je ressentais. Il s'en fichait royalement et était visiblement fier de lui. Je senti une bouffé de rage monter en moi. Il m'arrivait d'être brusque et un peu brutal, mais je n'étais pas quelqu'un d'agressif ou de violent. Pourtant, à cet instant, je ne me contrôlais plus, je venais d'oublier qui j'étais, pour moi, seul comptais cet homme que je voulais voir mort.
Je lui sautais dessus, et me mettais à le frapper et à le griffer de toutes les forces qui me restaient.
« Mais arrête ça, espèce d'idiot ! » s'énerva-t-il.
Il m'attrapa par le col et me jeta à travers la pièce. Ma tête heurta un mur, et le docteur me lança un regard hostile, en se frottant les quelques griffures qu'il avait sur le visage. Il ramassa ses affaires en grognant avant d'entrouvrir la porte de ma cellule. Avant de partir, il dit :
« Si j'étais toi, je ferais attention à mon comportement. Tu n'en as peut-être plus pour longtemps, comme ton idiote de mère. »
Il partit, me laissant seul avec ma douleur, ma colère et ma peur. Tous ces sentiments destructeurs me faisaient tourner la tête. Qu'allait-il m'arriver ? Qu'allait-il arriver à mon frère ? Allait-il nous tuer comme il l'avait fait avec maman ?
.
PDV docteur Frédérique
.
Je refermais la cellule du patient en me frottant la tête où il m'avait frappé. Ce gamin était violent, enfin, ça pouvait se comprendre. Il était enfermé depuis presque trois mois et venait d'apprendre comment sa mère était morte. Enfin bon, je devais bien avouer que j'étais assez fière de moi, et puis, j'avais mis le doigt sur quelque chose. Mathieu Sommet avait menti à ses enfants, il avait voulu leur cacher la vérité.
Je lâchais un petit rire et dit à l'intention d'un de mes employés :
« Apportez un plateau repas à la chambre 206. »
C'était la chambre de Timothée Sommet. Je n'allais plus voir ce gamin depuis cinq jours, étant donné qu'il ne m'était plus d'aucunes utilités. Il ne me communiquait aucunes informations, ne répondait à aucunes de mes questions, rien. Les coups ne le faisaient pas parler, ça ne servait à rien. Alors je le laissais pourrir dans sa cellule.
Je ne savais pas encore ce que j'allais faire de lui, ni de son frère. Mais la suite s'annonçait intéressante.
.
PDV Timothée
.
J'avais mal à la tête depuis plusieurs jours. C'était peut-être à cause de ces murs blancs, ou du fait que le silence permanant seulement brisé par ma respiration lourde et haché m'assommait. A moins bien sûr, que cette migraine permanente ne soit due aux nombreux coups que je recevais depuis le début de mon séjour.
Je refusais toujours de prendre mes médicaments, de parler ou de coopérer de je ne sais quelle façon avec le docteur et ses employés. Evidemment, j'en payais le prix. Les coups fusaient, j'en recevais plein, à chaque fois qu'on me rendait visite.
Mon corps était couvert d'hématomes, j'avais un coquard à l'œil droit si j'en croyais le renflement de ma paupière, et du sang séché perlait en dessous de mon nez.
Heureusement pour moi, cela faisait environ une semaine que personne n'était venu me voir. Ni le docteur Frédérique, ni ses hommes. Je ne savais pas si oui ou non je devais m'en réjouir. S'ils ne venaient plus me parler, ou me poser des questions, ça voulait dire qu'ils n'avaient plus besoin de moi, et s'ils n'avaient plus besoin de moi, qu'allait-il m'arriver ? Me feraient-ils du mal ? Ou allaient-ils me faire pourrir ici ?
Le stress me donnait mal au ventre, et j'étais malheureusement stressé en permanence. Je pleurais aussi beaucoup, en pensant à ce que subissaient papa, mon frère et les autres. J'avais peur pour eux, et peur pour moi. Il fallait qu'on sorte de là.
.
PDV Mathieu
.
J'étais allongé dans mon lit, en train de fixer le plafond. Cela faisait plusieurs semaines que je n'arrivais plus à penser à rien. Mes pensées étaient embrouillées, dans ma tête tout se mélangeait et je n'arrivais plus à faire la différence entre le passé et le présent.
Depuis combien de temps j'étais là ? Pourquoi ce docteur retenait-il Amaya ? Que comptait-il lui faire ? J'avais tellement peur pour elle, tellement peur de ce qu'il pourrait lui faire. Et où étaient nos enfants ? Heureusement pour nous, Gab et Tim n'étaient pas avec nous mais chez Alex quand cet homme nous avez attrapé. Mais combien de temps mon ami accepterait-il de s'occuper de nos petits ? Etaient-ils encore chez lui ? La peur me rongeait les tripes. C'était la première fois que le docteur Frédérique arrivait à m'attraper depuis qu'il avait commencé à me traquer.
Un grincement de porte me fit sortir de mes pensées.
Les yeux toujours fixé au plafond, je secouais la tête. A quoi je pensais, déjà ? Quel jour étions-nous ? Je retrouvais doucement la notion du temps, en même temps que mes pensées se remettaient en place.
Amaya était morte, mes garçons normalement encore en vie, moi prisonnier pour la deuxième fois. Ce n'était pas la première fois que je me trompais d'époque et que je ressassais le passé. Je ne savais plus ce qui était vrai et ce qui était faut.
Je poussais un long soupire. Le docteur était debout au milieu de la pièce et abordait un sourire satisfait. Je me redressais immédiatement en voyant son air fier, tous mes sens en alerte. Qu'avait-il fait pour venir me voir dans cet état ?
« Bonjour, patient Mathieu Sommet. »
Je me levais de mon lit avec précipitation, titubant une fois debout, déséquilibré par ma précipitation et affaiblie par mon séjour ici.
« Je suis allé voir l'un de vos fils aujourd'hui. »
Je me figeais et tremblais de tous mes membres, à cause de la colère et de la peur. Je ne savais pas quoi faire, mon estomac me brulait douloureusement alors que plein d'hypothèse sur ce qu'il avait pu faire à mes enfant me traversait l'esprit. Qui était-il allé voir ?
Je ne lui répondis pas, je savais que je n'avais pas besoin de ça pour qu'il continue de parler.
« J'ai appris que vous avez menti à vos enfants.
-Q-quoi ? Pourquoi je leur aurais menti ?!
-Oh, je ne sais pas. Mais je connais quelqu'un qui voudrait le savoir.
-Venez en au fait, merde ! »
Il m'énervait au plus haut point, et même si la réponse était évidente, je ne savais pas de quoi il me parlait en cet instant.
« J'ai parlé avec Gabriel de votre femme, nous avons eu une discussion pour le moins intéressante.
-Vous avez parlé d'Amaya ?! Pourquoi ?! … Oh non… »
Tout me paraissait maintenant évident. J'avais menti à mes garçons pour plein de chose, pour le père Noël, la petite souris, le lapin de pâque et le St Nicolas, mais ces mensonges étaient anodins. Non, le plus gros mensonge que j'avais fait concernait la mort d'Amaya. Oui, j'avais menti à mes enfants pour les protéger. Je ne voulais pas qu'ils sachent la vérité, ça les aurait tués ! D'ailleurs, j'aurais voulu qu'ils ne la sachent jamais.
« V-vous lui avez dit…
-Oui, et j'étais d'ailleurs étonné qu'il ne sache rien. Il risque de vous en vouloir. »
J'étais vraiment mal, je ne pouvais pas m'imaginer ce que devait ressentir mon fils en cet instant. Il devait se sentir trahi, et c'était de ma faute. Je regrettais maintenant de ne pas lui avoir dit la vérité plus tôt.
Mais la haine que je ressentais envers le docteur, ce connard, écrasait ma culpabilité. Il n'avait aucun droit de dire ça à mon fils ! Il n'avait aucun droit de nous retenir ici !
« Vous êtes un fils de pute…
-Oui, oui, je sais. »
Il se fichait de ce que je disais, et si je n'étais pas si faible et que je n'avais pas eu ce putain de bracelet électrique à la cheville et je lui aurais sauté dessus pour lui arracher le visage. Il me retenait moi et ma famille, dans cet endroit affreux, et je ne savais pas ce qu'il comptait nous faire, ou ce qu'il avait déjà fait aux autres. J'étais impuissant.
« Je vous en supplie, laissez partir mes fils.
-Désolé de vous le dire, mais me supplier chaque jour ne servira à rien. Oh, à ce propos, nous allons bientôt commencer votre traitement.
-Q-quoi ? E-et mes personnalités ?!
-Si elles ne disparaissent pas avec le traitement je me verrais dans l'obligation d'agir autrement.
-Agir autrement ?
-Oui, employer les grands moyens. Votre femme devrait savoir de quoi je veux parler depuis là-haut.
-V-vous allez les tuer ?
-Enfin, ne soyez pas choqué, c'était mon but de toute manière. Enfin bon, je dois bien vous avouer qu'il risque d'arriver la même chose à vos fils. »
Je me figeais sur place, comme si ce que je venais d'entendre était irréel.
« Q-quoi ?! Mais pourquoi ?! Vous avez bien vu avec Amaya que votre putain de choc émotionnel ne marche pas ! Qu'est-ce que vous voulez de plus ?! VOUS M'AVEZ DEJA PRIS MA FEMME, MERDE ! LAISSEZ MES FILS TRANQUILLE ! »
-Vos enfants ne me servent plus à rien. Je ne vais pas les garder éternellement, ils occupent des cellules qui pourraient être réservé pour d'autres patients, de vrais malades. Evidemment je pourrais les relâcher, mais ça vous ferez trop de bien. »
Il lâcha un petit rire, affreusement désagréable.
Moi, je bouillonnais de l'intérieur, et je ne savais plus où j'en étais, je ne savais plus la différence entre le bien et le mal, et d'ailleurs je m'en foutais. Tout ce qui comptait était cet homme qui voulait du mal à mes enfants.
Je lui sautais dessus en oubliant le bracelet à ma cheville.
Pendant plusieurs secondes, je le frappais comme je n'avais jamais frappé personne, et lui se débattait en poussant de temps à autres quelques cris. Au bout de quelques secondes il parvint à trouver la télécommande relié à mon bracelet dans la poche de sa chemise et appuya sur le bouton. Je tombais à terre sous la décharge électrique.
Je ne sais pas ce qu'il s'est passé ensuite, mais j'ai dû perdre connaissance car quand je me suis réveillé j'étais seul sans une trace du docteur. Cette fois c'était la fin. La fin de mes personnalités, la fin de mes fils, ma fin. La fin de nos vies.
.
PDV Patron
.
Ma tête me tournait horriblement, et la faim et la soif provoquaient en moi de douloureuse sensation. J'étais faible, très faible, j'avais maigri et ça faisait plusieurs jours que le docteur ne m'apportais plus de plateau repas. Je l'avais entendu parler avec les deux employés qui surveillaient ma chambre, il refusait de me nourrir pour m'affaiblir plus que je ne l'étais déjà.
Il avait raison de faire ça, depuis que j'étais là, j'organisais des plans dans ma tête pour pouvoir m'enfuir au moment propice.
Evidemment, je savais que cette chance ne se présenterait qu'une fois, et que si je ne voulais pas mourir ici, il fallait que je fasse les choses biens.
« Il a été agressif aujourd'hui ? »
C'était la voix étouffé du docteur Frédérique qui me parvenait à travers les murs de ma cellule. Il parlait aux deux types qui surveillaient ma chambre.
« Non, comme depuis le début du séjour. »
Je ne m'étais montré violent à aucun moment depuis que j'étais ici, pour ne leur donner aucune raison d'augmenter les procédures de sécurité, qui étaient déjà assez présentes. Je n'étais pas assez con pour ça.
« Nous allons commencer le traitement contre la schizophrénie du patient Mathieu Sommet. Surveillez les conséquences sur cette personnalité. »
J'entendis des pas s'éloigner, certainement ceux du docteur. Les deux hommes devant ma cellule discutèrent encore un peu de ce qu'ils venaient d'entendre.
Je savais que ce que je venais d'entendre ne prévoyait rien de bon pour moi. Ni pour les autres. Pas que je craignais que le traitement fonctionne, non, nous étions devenus des personnes à part entière et ce n'était pas ça qui allait me faire disparaitre. Mais le docteur Frédérique voulait se débarrasser de nous, et je savais que rien ne l'en empêcherait.
« Je me sens mal… » lançais-je à l'intention des deux hommes de mains devant ma porte.
« Rien à foutre, reste tranquille. » me répondit l'un des deux gardes.
Il était temps que je fasse jouer mes talents d'acteur.
Je titubais au milieu de la pièce pour m'écraser contre la porte avec un grand fracas, en feignant une immense douleur dans ma poitrine. Je posais ma main sur mon cœur et laissais échapper un cri étranglé. Je me laissais tomber par terre en un bruit sourd et fis mine d'être inconscient.
J'entendis les deux hommes soupirer bruyamment à travers les murs, avant que l'un d'eux n'ouvre la porte pour se pencher vers moi. J'utilisais alors toutes les forces qui me restaient pour me relever et mettre ce type à terre. En moins de deux, il était inconscient. L'autre arriva rapidement après ça, ébahi en voyant son collègue étendu à terre, inconscient. J'assommais également cet homme-ci, avec beaucoup plus de mal que prévue. Il se débattait, il criait, et j'avais de la chance que ce couloir ne soit pas beaucoup fréquenté.
J'étais mal, psychologiquement et physiquement, mais j'avais réussi à me battre malgré tout. La torture que j'avais subit durant ces dernières semaines m'avaient fait extrêmement souffrir et j'en ressentais encore les effets. Que ce soit avec les poings ou les armes blanches, les marques sur mon corps étaient encore visibles.
Il fallait que je sorte de là, et au plus vite. Je n'aurais pas de seconde chance.
Je me précipitais dans les couloirs, en titubant légèrement, pour chercher quelconque issu avant de me faire attraper. Je n'avais pas beaucoup de temps avant que les autres employés de l'asile ne découvrent ma fuite.
Les couloirs se ressemblaient tous, et il fallait que je reste concentré pour éviter les agents qui surveillaient les environs. Je savais que je ne pourrais pas sortir de l'asile par la grande porte, il fallait que je trouve un autre moyen.
Pendant un instant j'eus l'idée de passer par les conduits d'aération, mais heureusement pour moi, je réussis sans mal à m'enfuir par une fenêtre entrouverte.
Après avoir réussi à mettre un pied par terre, je courrais comme un dératé et escaladais la clôture qui me séparait de la liberté. Je savais que je ne pouvais pas chercher les autres maintenant, ça aurait été trop risqué, surtout faible comme j'étais.
Le vent soufflait sur mon visage, me provoquant un bien fou, alors que la pluie commençait à tomber. Ça me faisait énormément de bien de voir ce paysage, les montagnes dominaient une forêt verdoyante, le ciel gris s'éclaircissait parfois à cause d'une éclaircit et jamais je n'avais été aussi heureux de voir un temps pluvieux. Toutes ces couleurs étaient magnifiques. Je n'étais plus enfermé dans une pièce aux murs blancs, sentant le renfermé et surveillé en permanence.
J'étais libre.
.
.
.
Voilà, c'était le chapitre six de cette fiction, j'espère qu'il vous a plu ! ^^
N'hésitez pas à me laisser une reviews pour me donner votre avis ! :D
Encore bonne année à vous, on se retrouve la semaine prochaine pour le chapitre sept de cette fanfiction !
Amour et licorne *-*
.
.
