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Salut les gens ! J'espère que vous allez bien !
On se retrouve aujourd'hui pour le chapitre sept ! J'espère qu'il vous plaira ^^
Sinon, comment c'est passé votre reprise des cours ? Moi ça va xD
Mathieu est très présent sur les réseaux sociaux ces dernier temps, et est en train de changer le nom de sa page Fb ! Que pensez-vous de tout ça ? Perso j'ai vraiment très hâte de voir ses prochaines publications !
N'hésitez pas à me laisser une reviews, pour me donner votre avis sur ce chapitre ! :)
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Bonne lecture !
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Chapitre 7 : La grande évasion.
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PDV docteur Frédérique
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Nous étions, moi et mes employés dans une situation plus que délicate. Cela faisait presque deux semaines que le Patron avait réussi par s'enfuir, à cause de deux employés incapables. Ces deux-là avaient été immédiatement remercié, mais ça ne réglait pas notre problème. Le Patron était introuvable malgré les nombreuses recherches que nous avions effectuées, et je craignais de le voir revenir pour libérer son créateur et les autres personnalités. Enfin, plus les jours passaient, plus mes craintes s'amenuisaient.
Mais je restais malgré tout méfiant, et je préférais intervenir rapidement. Il fallait que je fasse disparaitre les personnalités de Mathieu et ses fils. J'avais prévu ça pour les prochains jours : je n'arrivais pas à soigner Mathieu Sommet, et il était hors de question que je garde ses personnalités en vie, ou que je le relâche dans la nature avec sa maladie. J'allais donc agir, et je serais reconnu mondialement comme le meilleur médecin. J'aurais peut-être même une augmentation pour avoir réussi à faire disparaître les personnalités d'un patient ayant atteint un stade de schizophrénie encore jamais vu. Et Mathieu Sommet croupirait dans cet asile pour toujours, sans personne. Il n'aurait plus personne, plus rien, et j'aurais gagné la guerre qui nous opposait depuis plus de dix ans.
Evidemment, je n'avais averti aucun autre patient que le Patron avait réussi à s'échapper. Ça leur donnerait de l'espoir, et il n'y a rien de pire que des captifs ayant de l'espoir.
Alors, personne n'en savait rien, et mes employés avaient l'interdiction de parler de cette évasion ailleurs que dans notre salle de repos.
Mathieu Sommet ne devait pas savoir qu'une de ses personnalités avaient réussi à s'enfuir. Personne ne devait le savoir. Surtout quand on avait conscience de tous les dispositifs de sécurité que j'avais mis en œuvre pour que le Patron ne sorte jamais de cet endroit.
Nos caméras de surveillance avaient filmé le criminel en train de s'enfuir par une fenêtre ouverte, puis escalader la clôture pour disparaître dans les bois. Je ne m'étais pas imaginé que ça puisse être possible.
Ça avait été une erreur de laisser deux abrutis surveiller le Patron. Je ne ferais plus cette même erreur, en espérant que ça ne me soit pas fatal. Surtout pour la suite de mes projets.
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PDV Patron
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Je garais notre vanne près d'un sentier de terre visiblement très peu fréquenté, non loin de l'asile, et planquais le véhicule sous des branches d'arbre, de sapin et des buissons. Je ne savais pas pour combien de temps j'en avais, mais il fallait mieux que je reste discret.
Je comptais chercher les autres de cet endroit miteux. J'étais malheureusement seul, je ne connaissais personne qui aurait accepté de m'aider, et allé voir des chasseurs de primes ou n'importe qui d'autre risquait d'indiquer ma présence au docteur Frédérique. J'étais seul.
Ça faisait deux semaines que j'avais réussi à m'échapper. Durant ce laps de temps, j'avais en premier temps enlevé le bracelet électrique que j'avais à ma cheville, et l'avais jeté dans un lac. Ensuite je m'étais reposé, j'avais mangé, bu, fait de l'exercice, et fait d'autres choses pour me remettre en forme convenablement, dans le but d'être prêt pour venir chercher ma famille.
Je lançais mon sac à dos sur mon épaule en un tintement métallique. Il était rempli de flingues, de balles, de quelques couteaux, d'une pince coupe m'étale, de portables, un peu de nourriture et d'autres outilles qui pourraient éventuellement m'être utiles.
J'avançais à pas rapides dans la forêt et arrivais en moins de dix minutes devant l'asile. En faisant de mon mieux pour éviter les nombreuses caméras, je coupais un trou assez grand dans le grillage de la clôture pour pouvoir passer, et m'aventurer dans la cour de l'asile. Je me présentais près de la porte, et attrapais un employé qui passait par là. Je l'assommais et prenais ses vêtements pour passer inaperçu, avant de bâillonner, de ligoter et d'enfermer ce type dans un placard dans la buanderie, à l'abri des regards indiscrets pour je l'espérais, un petit moment. Il n'y avait pas beaucoup d'employés aujourd'hui, ou du moins, moins que d'habitude, car la plupart d'entre eux étaient en week-end.
J'avançais ensuite dans les couloirs, m'arrêtant par moment devant un plan du bâtiment. Mon but était de trouver la salle de commande automatique. Depuis cette salle, on avait toutes les infos de l'asile à disposition. Mais ce n'était pas ce qui m'intéressait. Non, dans cette salle, on y trouvait aussi un double des clés de chaque chambre, des télévisions reliées à des caméras qui surveillaient chaque patient, et des informations sur n'importe quel malade.
J'arrivais à atteindre cette salle au bout de plusieurs minutes, et ouvrais la porte grâce au trousseau de clé que j'avais pris à l'employé que j'avais assommé. Après avoir essayé plusieurs clés, j'entrais dans la pièce en refermant soigneusement la porte derrière moi.
Je cherchais les dossiers des patients pendant au moins dix bonnes minutes, avant de tomber sur ceux qui m'intéressait. Mathieu était dans la chambre 308, et les autres dans les chambres 312, 313, 314, 315 et 316. Les deux petits quant à eux étaient un étage en dessous, dans les chambres 205 et 206. Je cherchais le double des clés de chacune des chambres et m'en allait l'air de rien.
Je comptais d'abord aller chercher les personnalités, puis Mathieu, et ensuite les gamins.
J'avais peur, et j'étais angoissé à l'idée que ça ne se passe pas comme prévue. C'était une mission impossible, très risqué. Peut-être qu'on allait crever, peut-être que je me ferais prendre et on aurait alors plus aucune chance de s'en sortir. Notre vie, notre liberté, notre avenir se jouaient aujourd'hui. Si je faisais la moindre erreur, je serais fichu, et les autres aussi. Le poids de notre futur pesait sur mes épaules, et je me sentais tomber.
Mais pour l'instant, tout semblait bien se passer, et je priais pour que ça dure.
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PDV Mathieu
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Je devenais fou. Je n'en pouvais plus. Mes fils étaient certainement mort à l'heure qu'il était, et mes personnalités aussi. Enfin, je n'étais sûr de rien, car le docteur Frédérique n'était pas encore venu se vanter d'avoir assassiné ma famille auprès de moi.
Ça faisait plusieurs jours que je pleurais sans cesse, et pourtant aujourd'hui je n'arrivais plus à laisser couler mes larmes. Peut-être étais-je trop épuisé pour faire quoi que ce soit, même pour chialer.
La porte de ma chambre s'ouvrit, mais je n'y faisais plus attention. C'était devenu un rituel que le docteur Frédérique vienne me rendre visite en journée. J'étais habitué. La porte se referma, il était maintenant seul avec moi.
« Bouge gamin, on a pas le temps de traîner. »
Je connaissais par cœur cette voix rocailleuse et devenue éraillé par le tabac et l'alcool. Mais je devais rêver, ça ne pouvait pas être lui…
Je me redressais brusquement, et regardais précipitamment la personne qui m'avait parlé. C'était lui, c'était le Patron. Il était maigre, mais en meilleur état que moi. Habillé comme un employé, il ne portait pas ses lunettes de soleil et ses yeux d'un bleu glacial brillaient d'une lueur à la fois angoissé et agacé. Je devais être devenu fou, totalement fêlé.
Il grogna.
« Bouge, je te dis ! »
Je me levais et avançais rapidement vers lui, avant de perdre l'équilibre et de m'appuyer sur son épaule. Il était bel et bien là, juste devant moi.
Je reprenais doucement mes esprits.
« C-comment… Comment tu as fait ?! P-pourquoi tu es là ?! »
Il me remit correctement debout, et me donna une barre chocolatée. Je la mangeais sans me faire prier, et bus une gorgée d'eau à la gourde qu'il me tendit après. Je m'essuyais la bouche d'un revers de manche, alors que plein de questions se bousculaient dans ma tête.
« Bon écoute, on n'a pas le moment de parler. Je voulais d'abord aller chercher les autres, mais j'ai trouvé ta chambre en premier. Je crois que je me suis fait repérer, alors il va falloir agir vite. »
Il parlait vite, et je compris qu'il ne plaisantait pas et que l'heure était grave. Le stresse se faisait sentir dans sa voix. Il farfouilla dans son sac et en sortit un flingue qu'il me tendit, avec des balles et un portable. Je prenais tout sans discuter et les rangeais dans les poches de ma blouse.
« On se contactera avec le portable en cas de problème. Maintenant va chercher les gamins, moi je cherche les autres. Sort de là dès que tu le peux, on se rejoindra à la lisière de la forêt. »
Tout se passait très vite pour moi, je ne comprenais pas bien ce qu'il se passait. Je savais juste qu'il fallait que je cherche mes garçons et que je parte au plus vite. On sortit tous les deux rapidement de la chambre, avant que l'on ne se sépare, le Patron m'attrapa le bras.
« Tes gamins sont un étage en bas, dans les chambre 205 et 206. Et surtout n'hésite pas à tirer, gamin. On n'aura pas de seconde chance. »
Je hochais vivement la tête et parti en courant dans les couloirs, cherchant comment arriver aux cellules de mes gosses. Le Patron prit le chemin inverse. On devait réussir à partir de là.
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PDV docteur Frédérique
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J'étais en salle de repos quand une femme de ménage ridée aux cheveux grisonnants et aux petits yeux noir cernés entra dans la pièce. Avec une mine légèrement inquiète, elle me dit :
« Docteur, je crois avoir vu quelqu'un entrer dans la chambre d'un patient… »
Je fronçais les sourcils, et posais ma tasse de thé sur la table basse. Je me méfiais de ce que disait mon personnel, mais je n'étais pas en position de ne prêter aucune attention à ce que cette vieille femme disait. Surtout quand on savait qu'un patient c'était récemment enfuis.
« Quelle chambre ?
-Je ne sais plus très bien, monsieur, 308 ou 309… »
Je crispais ma main sur le dossier du fauteuil dans lequel je me trouvais. Cette vieille chouette était en train de me dire que quelqu'un était allé voir Mathieu Sommet ?!
« A quoi ressemblait-il ?!
-Qui ça, monsieur ?
-L'intrus ! Celui que vous avez vu entrer dans la chambre !
-Je ne sais pas, je n'ai pas bien vu, mais je crois que c'était un homme assez petit… Je crois que c'est un employé, mais je ne suis pas sur…»
Je me levais immédiatement et sortais hors de la salle de repos sans adresser un regard à la femme de ménage. Je ne voulais pas croire cette vieille folle, surtout que sa tête à son âge devait lui jouer des tours, mais je voulais être sûr. Je tapotais les poches de mon pantalon, et un tintement métallique se fit entendre. J'avais toujours mes clés, comment quelqu'un aurait-il pu ouvrir la chambre de Mathieu Sommet ? J'étais le seul à en avoir les clés, et personne n'était autorisé à aller le voir sans mon autorisation.
Je me stoppais dans ma course. Je n'étais pas le seul à avoir les clés. Il y avait un double dans la salle de commande automatique. Serait-il possible que quelqu'un les ait prises ? Quelqu'un comme le Patron ? Cette option m'effrayait.
Je me dirigeais alors vers la salle de commande automatique, aussi rapidement que je le pouvais, courant presque. Une fois arrivé, j'entrais dans la salle et cherchait le double des clés de la chambre 308 avant de remarquer avec effroi qu'elle n'y était plus. Il manquait d'ailleurs d'autres doubles de clés, ceux des chambres des personnalités de Mathieu Sommet et de ses fils. Ce que je craignais était arrivé : le Patron était de retour.
Je jetais précipitamment un œil à la vidéo surveillance de la chambre de Mathieu Sommet. Comme je m'y attendais, il n'y était plus.
J'essayais d'évaluer la situation. Il fallait que je reste calme et que j'agisse. Je prévenais les quelques employé qui était là, maudissant le fait qu'on soit un dimanche, et partais à la recherche de mes patients.
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PDV Externe
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Dans le couloir où se trouvaient les chambres 205 et 206, se trouvait un jeune employé. Il avait été engagé depuis peu, et n'hésitez pas à enfreindre certaines règles du bâtiment, comme fumer, ce qu'il était justement en train de faire.
Il était grand, blond et avait les yeux bruns ébène. Du haut de ses dix-neuf ans, il avait été engagé comme "femme" de ménage pour cet asile, et venait donc tous les dimanches quand la plupart des employés étaient de repos pour nettoyer les couloirs. Il n'apportait pas beaucoup d'importance à ce métier, étant donné qu'il en avait un autre en parallèle. Il bâclait souvent son travail, mais personne ne lui avait encore rien dit, alors ça n'avait pas beaucoup d'importance.
Il termina sa clope, et laissa négligemment son mégot par terre, près du chariot de nettoyage. Il partit ensuite aux toilettes qui se trouvaient à l'étage en dessous, sans remarquer que le reste de sa clope était mal éteinte et qu'elle était tout près des produits inflammables.
Le Patron avait réussi à trouver les chambres des autres personnalités, qui de toutes manière n'étaient pas loin de la 308. Il parvint sans mal à ouvrir les portes des chambres, et donna à chacun de ses frères et sœur une barre chocolatée. Ils étaient tous dans un sale état. Maigre, pâle, couvert de bleus et de cicatrices. Malgré ça ils semblaient tous vivant et soulagé de voir le criminel. Mais leur bonheur fut de courte durée, car bientôt des pas de course et des cris résonnèrent dans les escaliers, non loin d'eux.
« VITE ! ILS VONT S'ENFUIR, SINON ! »
C'était la voix d'un homme, surement celle d'un employé en service. Le docteur Frédérique avait visiblement appris la présence du Patron dans le bâtiment.
Toutes les personnalités furent comme pétrifiés. Le Geek commença à pleurer, la Fille et le Prof avaient les larmes aux yeux, le Panda ouvrit sa bouche, cherchant à parler alors qu'aucun son ne sortit, et le Hippie trembla de tous ses membres.
Seul le Patron garda les pieds sur terre. Il fouilla rapidement dans son sac et donna un pistolet à chacun de ses frères et sœur, avant de crier :
« MAIS COURREZ BANDE DE CON ! »
Le choc fut immédiat, et tous se mirent à courir comme des dératés avec les dernières forces qu'ils leur restaient, suivant le Patron. Celui-ci espérait de tout son cœur que Mathieu sortirait vite de là, sans rencontrer le moindre problème, mais pour l'instant il ne pouvait pas l'aider. Il devait sortir avec les autres, s'occuper d'abord d'eux. Ce serait trop risqué pour lui de rester dans cet asile, et d'essayer de retrouver son créateur. Il fallait qu'il l'abandonne et qu'il le laisse se débrouiller.
De son côté, le petit châtain avait eu beaucoup de mal à trouver l'endroit où étaient les cellules de ses fils. Mais par chance il avait finalement réussi à trouver l'escalier qui le mènerait à l'étage en dessous, là où était censé être les petits.
Il soupira de soulagement et reprit sa respiration, étant donné qu'il n'avait pas arrêté de courir. Il reprit malgré tout rapidement sa course en ignorant son poing de côté, et emprunta les escaliers. Une odeur de cramé vint lui chatouiller les narines alors qu'il arrivait en bas des marches, ce qui l'inquiéta. Il y avait un couloir à sa droite, où quelque chose était visiblement en train de bruler, et un couloir à sa gauche. Il ne savait pas lequel prendre.
Il poussa la porte du couloir de droite et sursauta, se retrouvant face à un feu. Le couloir était grand et il n'en voyait presque pas le bout. Tout ce qu'il pouvait affirmer, c'est que le feu avait pris beaucoup d'ampleur, et que les détecteur de fumé devaient bien marcher, car toute les portes des cellules s'ouvrirent automatiquement, permettant ainsi aux malades de s'enfuir, et une alarme incendie stridente se mit à résonner.
Mathieu pâlit, et se retourna brusquement, en toussant à s'en arracher les poumons en sentant la fumée. Il ne pouvait pas rester là-dedans, il allait mourir sinon. Certain malade étaient bloqués dans leurs chambres, incapable d'en sortir, bloqué par les flammes et condamné à bruler vif ou asphyxié, alors que d'autres s'enfuyaient à toutes jambe en hurlant.
Le feu prit encore plus d'ampleur, et s'approcha dangereusement, alors que Mathieu décida de s'enfuir en courant, bousculé par d'autres personnes.
Il partit en courant.
Par reflexe, par instinct de survie, parce qu'il était humain, parce qu'il avait envie de vivre. Parce qu'il était trop jeune pour mourir.
Il partit en oubliant qu'il laissait derrière lui dix ans de sa vie. Ses fils. Le dernier souvenir de sa femme. Les deux personnes qui comptaient le plus pour lui. Sa raison de vivre.
Il courait parce qu'il voulait vivre, mais loin de ses enfants, il était déjà mort.
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PDV Mathieu
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J'avais finalement emprunté le couloir de gauche, en courant comme un dératé, sans imaginer que mes garçons pouvaient pourtant être de l'autre côté. Je jetais des regards anxieux autour de moi, regardant les numéros des chambres, alors qu'autour de moi des hommes et des femmes en blouse couraient dans tous les sens en hurlant et en se bousculant au passage. Quelques employés étaient arrivés et essayaient de faire régner l'ordre, tout en évacuant autant de malade que possible.
J'étais totalement paniqué, ma tête me tournait et je désespérais de ne pas voir les chambres 205 et 206. Le feu prenait de plus en plus d'ampleur, et je cru entendre des vitres exploser.
Je me stoppais soudain, figé d'effroi, comme si j'avais finalement retrouvé le sens de la raison. Il était évident que mes garçons n'étaient pas ici ! Je cherchais au mauvais endroit, leurs chambres étaient dans le couloir où avait lieux l'incendie ! Quel con j'étais, j'avais réussi à ma convaincre qu'ils ne pouvaient pas être là-bas, et ils étaient peut-être déjà mort asphyxié ou brulé à l'heure qu'il était !
Je me retournais brusquement et commençait à courir dans le sens inverse, mon cœur cognant dans ma poitrine si fort que j'avais peur qu'il n'explose.
Le feu faisait rage, il gagnait à présent le couloir gauche. Les murs étaient noircis, des bouts de vitre trainaient par terre, et l'on ne pouvait rien apercevoir à plus de deux mètres à cause de l'épaisse fumée noir.
Je ne m'en formalisais pas, et entrais dans le couloir de droite, faisant de mon mieux pour éviter les flammes. Mes poumons me faisaient mal, comme s'ils étaient compressés, mes yeux me piquaient et ma gorge était irritée.
J'arpentais les couloirs aussi vite que possible, plaquant un morceau de tissu de ma blouse contre mon nez et ma bouche en essayant de ne pas respirer la fumée, et cherchais activement mes garçons. Chambre 202, 203, 204… Voilà ! Chambre 205 et 206 !
Les cellules s'étaient ouvertes automatiquement comme toutes les autres, et je pouvais percevoir Gabriel, tétanisé par la peur, devant l'entrée de sa chambre. Des flammes s'élevaient non loin de lui, lui bloquant le passage.
Sans y réfléchir plus longtemps, j'avançais à pas rapides, faisant de mon mieux pour enjamber les flammes sans me bruler, et attrapais mon petit. Il lâcha un cri en remarquant enfin ma présence, et s'accrocha à moi du mieux qu'il put. Le plafond au-dessus de nous s'effrita, et je serrais Gab contre moi du mieux que je le pouvais en m'éloignant aussi vite que je pus.
Mon petit avait les yeux fermé, il ne semblait pas vouloir les ouvrir et se tenait à moi comme si me lâcher signifiait mourir.
Il fallait maintenant que je cherche Timothée.
Sa chambre était juste à côté de celle de son frère, et je le vis en sortir en titubant, le regard affolé. Pourquoi ne sortait-il que maintenant ? Venait-il de se réveiller ? C'était visiblement le cas, surtout si j'en croyais ses petits yeux perdus.
Je tenais ferment Gabriel et hurlais aussi fort que je le pouvais :
« TIMOTHEE ! »
Mon gamin se retourna subitement vers moi en m'entendant. Je pense qu'il me voyait, malgré l'épaisse fumée noire. Je lui fis signe de ne pas bouger et m'avançais d'un pas mal assuré vers lui. J'arrivais à lui saisir le poignet et à l'attirer vers moi avant qu'une petite parti du plafond ne commence à s'écrouler juste à l'endroit où il était quelques secondes plus tôt.
Je portais Tim d'un bras alors que je tenais toujours Gabriel de l'autre, et me mettais à courir pour trouver une issu. Je toussais à m'en arracher les poumons, comme mes fils, et ma tête commençait à tourner. Il fallait que je sorte de là, avant que je ne m'écroule.
J'arrivais à sortir de cet incendie et à regagner un couloir sure de l'asile. Je posais mes fils à terre et reprenais ma respiration. Mes deux petits semblaient trop choqués pour dire quoi que ce soit. Je me redressais et réfléchissais à comment sortir de là, quand une voix retentit derrière nous.
« Eh, vous ! Ce n'est pas parce qu'il y a un incendie que vous pouvez vous promener comme ça dans les couloirs ! ».
C'était un employé de l'asile, grand et baraqué qui n'avait pas trop l'air de savoir ce qu'il devait faire. Il s'avança vers nous, l'air menaçant.
« Vous allez me suivre ! »
Mes deux gamins tremblaient, et je les fis instinctivement reculer en me plaçant devant eux pour les protéger. Sans plus de cérémonie, et à contrecoeur, je sortais le flingue que m'avait passé le patron de ma poche et tirais sur cet employé.
Tim et Gab avait fermé les yeux, et j'eux un haut le cœur en voyant une tâche de sang se former sur l'uniforme blanc de cet homme. Je venais de peut-être tuer un pauvre gars qui ne faisait que son travail. Il ne me voulait pas de mal, juste faire son boulot.
Mais c'était soit lui, soit moi et mes fils. Je n'avais pas eu le choix.
Je portais à nouveau mes fils, ne voulant pas les laisser marcher par leurs propres moyens, et repartais en courant avec une force, une rapidité et une endurance que je ne me connaissais pas. J'empruntais une sortie de secours et un escalier, qui me menèrent dans la cour de l'asile.
Dehors, c'était la cohue. Il y avait des malades de partout, affolés, et quelques employés qui essayaient de les calmer, et de faire régner l'ordre. D'autres étaient au téléphone, certainement en train de requérir l'aide des agents en week-end.
J'inspirais une grande bouffé d'air frais, et me cachais derrière un mur du bâtiment. Maintenant il fallait que je trouve comment sortir de là avec les petits. Je pourrais escalader la clôture, mais avec deux gamins dans les bras et tous ces gens près de moi, je ne pouvais pas le faire.
Je poussais un soupire en essayant de calmer les battements de mon cœur paniqué, quand une main se posa sur ma bouche, m'empêchant de parler. Je faillis me débattre furieusement, mais une voix rauque souffla à mon oreille :
« Doucement gamin, c'est moi. »
Je soufflais de soulagement et le Patron retira sa main de ma bouche. Sans m'adresser un regard à moi ou à mes fils, il me fit signe de le suivre, ce que je fis. Il m'entraîna derrière le bâtiment, et je demandais :
« Comment tu as su que j'étais dehors ? Les autres sont en sécurité ?
-Je t'ai attendu caché derrière un arbre. Quand je t'ai vu je suis venu. Eh oui, les autres sont en sécurité, mais ce n'est pas le moment pour parler, le temps presse. »
Il avait raison. Cet incendie nous avait permis d'avoir une diversion, mais qui savait pour encore combien de temps ? Surtout que le docteur Frédérique devait être en train de nous chercher sans relâche.
Le Patron me montra d'un signe de tête un trou fait dans le grillage. Il avança rapidement et discrètement à travers et se rendit de l'autre côté de la clôture. Je posais mes gamins à terre et les fis passer en premier, avant de les suivre.
Nous partîmes en courant à travers les herbes hautes, porté par notre envie de liberté, essayant d'oublier la douleur lancinante qui prenait part de nos membres.
Nous suivions le Patron, et mes fils courraient juste devant moi. Nous approchions de la lisière de la forêt, mais une voix derrière nous nous coupa dans notre élan.
« ATTRAPPEZ LES ! »
Je me retournais brusquement en même temps que les autres. Trois hommes de mains du docteur Frédérique étaient en train de nous poursuivre. Le docteur quant à lui, était en retrait, près de la clôture de l'asile. Il était loin, et je ne le voyais pas bien du tout, mais j'étais sûr que c'était lui.
Le Patron sortit son flingue de sa poche, et nous lança :
« Continuez de courir ! »
Je hochais la tête, et continuais à avancer avec mes gamins. Un coup de feu retentit derrière nous, et le Patron recommença lui aussi à courir. Des cris et des clameurs horrifiés se firent entendre.
« ILS SONT ARMES !
-ILS ONT TIRE SUR LARRY ! »
On atteignit la forêt, et on continua d'avancer parmi les arbres, les bussions, les racines, les feuilles mortes et les diverses plantes qu'il y avait.
Je trébuchais parfois, et les autres aussi, mais on continuait de progresser dans les bois, allant je ne sais où, mais loin de cet endroit. Au bout d'un instant, je vis apparaitre au loin un vanne, plus précisément notre vanne. Une voix féminine me parvint aux oreilles :
« Ils sont là ! Démarre ! »
Le moteur de notre véhicule s'enclencha, et une fois arrivé à sa hauteur, nous entrâmes dedans, le Patron, mes fils et moi. Toutes mes personnalités étaient là : en mauvais état mais vivantes.
Nous étions tous vivant.
Le Panda démarra, et le vanne partit. Nous étions tous dedans, sauvés pour l'instant. Loin de cet endroit, loin du docteur Frédérique, mais pour encore combien de temps ? Je poussais un soupir de soulagement, et profitais enfin du fait que je ne sois plus enfermé dans une chambre. Je laissais mes yeux dévorer le paysage plein de couleur qui m'était offert.
On était libre.
Personne ne parla durant ce trajet, ou du moins pas au début. Nous étions trop chamboulés, et tout ça c'était passé tellement vite pour nous tous que nous ne savions pas quoi dire, ou par où commencer.
Je me contentais de serrer fort mes fils contre moi.
Tous serrés les uns contre les autres dans cette grande voiture, nous repensions à ce qu'il venait de nous arriver. Combien de fois encore, aurions-nous à vivre ça ?
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PDV docteur Frédérique
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Les Sommet venaient de disparaître dans les bois. Mes employés avaient arrêté de leur courir après dès que le Patron avait tiré sur l'un d'eux. C'était la deuxième fois que je les voyais s'enfuir devant moi, impuissant.
Ils avaient profité de cet incendie et du fait que j'étais débordé pour fuir. Je les soupçonnais même d'avoir déclenché ce feu…
Toujours est-il qu'ils m'avaient échappé. Combien de temps mettrais-je pour les retrouver cette fois-ci ? Je serais bien parti immédiatement à leur poursuite, mais je devais m'occuper de mes autres malades, et tous les employés devaient être à leur poste pour rétablir l'ordre.
Je soupirais et prenais ma tête entre mes mains. J'avais étais si proche du but ! Mais je les retrouverais, même si je devais y passer ma vie.
Je les aurais.
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Voilà, c'était le chapitre sept de cette fiction, j'espère qu'il vous a plu ! ^^
N'hésitez pas à me laisser une reviews pour me donner votre avis ! :D
Je vous souhaite une bonne reprise des cours, et à la semaine prochaine :D
Amour et licorne *-*
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