Désolée d'avoir un peu traîné pour ce chapitre, je me suis empêtrée dans des détails techniques et j'en oublie un peu mon récit. Bref. Le troisième chapitre est enfin là. Bonne lecture à vous! :)

floelfe57 : D'abord, merci beaucoup pour ta review! \O La réponse maintenant : Non, je ne compte pas les faire apparaître car cette fic se situe dans la chronologie des "Chroniques de l'Assassin" d'Albafica des Poissons (Ici si ça t'intéresse : s/9743462/1/Les-chroniques-de-l-Assassin) . Cette année-là, Deathmask et Aphrodite ne sont pas encore arrivés et je pense qu'il en est de même pour les autres, vu qu'ils n'ont pas encore été évoqués dedans. Voilà. ^^


Chapitre 3

Mercredi 16 Juillet, à Houston ,

Jeudi 17 Juillet, à Athènes.

Le Sanctuaire s'éveilla paresseusement ce jour-là, malgré la ronde habituelle des domestiques vaquant à leurs occupations journalières. La plupart des Chevaliers profitèrent autant que possible de ce jour de repos gracieusement offert pour flâner un peu plus longtemps au pays des rêves pour les plus jeunes ou prolonger encore les activités de la nuit pour certains des plus âgés. Les jeunes se réveillèrent les premiers et se réunirent entre amis pour passer ensemble la journée. Les apprentis Gold ne firent pas exception et bien qu'ils eurent une courte nuit, Saga et Kanon furent les premiers debout. Après de rapides préparatifs, ils montèrent comme des fous à la Maison du Sagittaire. Pendant que Kanon allait tirer Aiolos du lit, Saga monta à la Maison suivante chercher Shura. Il le réveilla le plus doucement possible, puis l'aida à s'habiller. "Je ne peux pas partir comme ça! Je dois prévenir mon maître!", dit-t-il un peu, inquiet de sa réaction. "Ne t'en fais pas, on le dira à l'intendant, il lui transmettra", le rassura Saga. "D'accord", dit Shura en hochant de la tête. "Alors allons-y!", dit l'aîné des Gémeaux en le soulevant dans ses bras. "Je peux marcher tout seul, tu sais", protesta-t-il. "Je sais, mais ça ira plus vite comme ça". Le futur Capricorne se serra bien pour ne pas être trop lourd dans les bras de son ami et ils traversèrent tranquillement le couloir pour ne pas réveiller Orreaga, dont la chambre était toute proche. Shura était un peu frustré de ne pas avoir vu son maître avant de partir, mais ça il n'allait pas le dire à Saga. Il ne voulait pas passer pour un bébé. Et puis c'était leur petit secret à eux, son maître et lui, et parfois l'ange aussi. Quand il était là. Ce n'était pas comme se faire porter pour se dépêcher. Tant pis, il se rattraperait plus tard. Avant de quitter les appartements privés, Shura demanda à l'intendant de prévenir son maître que Saga l'avait emmené avec lui chez Aiolos.

Ce n'est qu'arrivé chez l'apprenti Sagittaire qu'il le reposa au sol. Ils prirent leur petit-déjeuner tous ensemble joyeusement, ravis de pouvoir faire ce que bon leur semblait toute la journée. Avant de partir pour leur repaire, ils demandèrent en cuisine un panier pour le déjeuner et décidèrent de laisser les tout-petits entre eux. Dans leur cachette ils laissèrent à l'ombre leur panier et décidèrent d'aller jouer près du ruisseau. Ils allaient profiter pleinement de ce quartier libre.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, Orreaga s'étira doucement comme un chat contre son compagnon encore endormi, passant doucement la main sur son flanc, laissant son esprit vagabonder encore un moment dans les brumes du sommeil. Il était si bien là, serré contre Anaël, le nez dans ses cheveux à se griser de son odeur. C'était un matin paisible, où pour une fois il n'avait pas d'obligations, où il n'avait qu'à traîner au lit. C'était un parfait début de journée. Enfin, presque. Quelque chose semblait déplacé. Il manquait quelque chose, mais quoi? La réponse mit un moment avant de lui apparaître. Il se releva, regarda partout dans sa chambre, surtout son lit, chercha sous le drap à l'opposé du coin où ils dormaient. "¿ Shura ?", murmura-t-il. Pas de réponse, pas de présence de Cosmos endormi. Oui, c'était ça qui manquait! Shura n'était pas là! Pas l'ombre d'un petit cabri qui sautait sur le lit pour le réveiller, ni même roulé en boule contre lui après avoir perdu contre l'ennui dans l'attente de son réveil. C'était pour le moins inhabituel et il se sentait un peu ... contrarié. Si il devait être honnête avec lui-même, il devait avouer que ça lui manquait. Énormément.

Il n'y paraissait guère, mais Orreaga avait ses petites habitudes et le "bonjour" de son disciple en faisait partie. Et tant pis si il passait pour un papa trop poule et que ce n'était pas un comportement digne d'un Chevalier. C'était son cabri. Mince, quoi!

Assis dans le lit, les bras appuyés sur ses genoux, il se demandait si il allait profiter du sommeil de son amant pour vérifier si Shura n'aurait pas oublié de se lever ce matin. Orreaga sursauta quand il sentit le bras d'Anaël entourer sa taille, sa main caresser sa peau. "Buon giorno, mio amore"(1), marmonna-t-il. Il ouvrit un œil bleu ciel, puis sourit en croisant ceux, marrons, d'Orreaga qui lui rendit un sourire un peu chagrin. "Déjà levé?", lui demanda-t-il. "Tu as l'air contrarié mio Capretto (2), qu'est-ce qu'il y a?

_ . (3) On est tout seuls ce matin, pas de Shura pour nous tirer du lit". Cela fit sourire Anaël. "Et alors? Il dort peut-être encore? On va pouvoir en profiter", dit-il en embrassant la taille du Capricorne, remontant vers la cicatrice qui lui barrait le flanc droit, ce qui frémir Orreaga et le détendit un peu. "Sí, pero …" (4)

Une légère morsure au creux du cou et un baiser le firent grogner et soupirer d'aise. "Mais ton chevreau te manque, mon vieux bouc", persifla l'ange blond. Anaël se serra dans les bras de son Capricorne et éclata de rire, faisant se renfrogner davantage son compagnon. "Oui et alors? Ça n'a rien d'amusant, cangrejo insolente! (5)", dit-il en se jetant le Cancer hilare pour le plaquer sur le matelas. "Oh! Et que vas-tu faire contre cette insolence? Me punir?", le provoqua-t-il. "Hm. Peut-être bien", dit-il en se penchant vers ses lèvres. "J'aimerais voir ça", murmura Anaël en l'attirant contre lui.

Ce n'est que plus tard, une fois levés - pendant le petit-déjeuner - qu'ils apprirent qu'un des jumeaux étaient venu de bonne heure chercher l'apprenti du Capricorne et l'avait conduit chez Aiolos. Cela ne fit augmenter encore plus la frustration du bougon Orreaga et l'hilarité d'Anaël. Ce n'était pas juste. On lui avait enlevé son cabri de bon matin alors qu'il était dans les bras de Morphée. Traîtrise. Les Gémeaux (tous les deux, dans le doute...) paieraient en temps voulu pour ce kidnapping.

Un kidnapping, rien que ça. Anaël leva les yeux au ciel. Parfois son compagnon exagérait pour des petites choses. Vraiment.


Pendant que son maître se rongeait les sangs sur sa déception et fomentait un mauvais tour à jouer aux jumeaux, Shura s'amusait avec les autres, sans se soucier de rien à part de partir à l'heure pour voir le décollage de la fusée. Épuisés et affamés par leurs jeux d'eaux et leurs poursuites à travers les bois, ils finirent par s'écrouler sur le sol de leur petite cabane et entamèrent le contenu du panier, puis allèrent se sécher au soleil.

Et enfin l'heure de rentrer arriva. Ils se mirent en route, tout excités par la proximité de l'événement auquel ils allaient assister. Marchant d'un bon pas, ils suivirent un sentier jusqu'à l'entrée soigneusement dissimulée dans la roche d'un passage secret. Avant d'entrer, ils ramassèrent plusieurs grosses branches qu'ils embrasèrent de leurs Cosmos. Saga passa en premier, suivi d'Aiolos et de Shura, à qui on avait confié le panier. Kanon fermait la marche, chacun d'eux portant une torche.

De couloirs en escaliers ils finirent par arriver à la sortie. Saga ouvrit la porte et ils se retrouvèrent tous à l'intérieur d'une pièce sombre et poussiéreuse. Ça ne ressemblait pas à chez Aiolos, ni à chez lui, pensa Shura en regardant partout. "On est où?", demanda-t-il. "Chez nous", répondirent en chœur les jumeaux. "Dans une chambre d'apprentis inoccupée. Venez", dit Kanon, tandis que son frère allait vers la porte et l'ouvrait, soufflant sa torche. Une fois sorti de la pièce, les autres firent de même et tout le monde se dirigea vers l'entrée principale. C'est là qu'ils trouvèrent Alexis qui revenait. "Vous voilà! On se demandait si il fallait aller vous chercher. Nous allons bientôt partir, allez vous débarbouiller et vous changer". Ils étaient tout couverts de terre et d'herbes. Le ton d'Alexis les fit rougir. "On se retrouve devant le rempart sud. Personne ne part avant les autres, on y va tous ensemble, понял?"(6) Les enfants répondirent tous d'une même voix. "Très bien! Shura, Aiolos, suivez-moi!", dit-il en partant sans les attendre. Tous les deux se retournèrent pour lancer un joyeux "À toute l'heure!" à Saga et Kanon, qui les saluèrent de la main, avant de se précipiter à la suite du Verseau qui était bien difficile à suivre, même si ils ne risquaient pas de le perdre dans les escaliers des 12 Maisons.

Shura laissa Aiolos à la Maison du Sagittaire – lui rendant son panier au passage – et continua jusqu'à celle du Capricorne. Il entra tout d'abord timidement dans les appartements, cherchant son maître un peu partout avant de le trouver dans son bureau. Il se précipita vers lui et le serra fort dans ses bras. Tout le discours qu'avait forgé Orreaga pour son retour s'envola dès que l'enfant l'étreignit et qu'il le souleva dans ses bras, se voyant gratifier d'un tendre baiser en supplément. "¿Qué es ese niño todo fangoso? En el cuarto de baño y rápidamente!" (7) Shura éclata de rire sous les chatouillis et se laissa conduire sans protester. Pendant qu'Orreaga le décrassait dans un bain bien chaud, Shura lui raconta son après-midi. L'enthousiasme du petit Capricorne excusa définitivement son absence. Le maître était content de retrouver son élève et c'était tout ce qui comptait. Dans un coin de la salle de bain, Anaël observait avec amusement et un certain attendrissement son compagnon et son disciple.


Propres et habillés de frais ils allèrent retrouver les autres, rejoints par Shion qui descendait du Palais avec le petit Mû et Alexis avec Camus. "Les petits ont l'air bien agités? Qu'est-ce que vous leur avez dit?", demanda Orreaga tout en descendant les marches, tenant la main de Shura. "Qu'on allait voir à la télé des bonhommes qui vont sur la Lune voir le lapin qui vit là-bas et ramener de la cannelle de la Lune"(8), dit Shion du ton le plus sérieux du monde, pendant les autres se retenaient de rire. Mû se mit à bouder. Il avait bien compris que les grands étaient en train de se moquer, mais il ne comprenait pas pourquoi. Pourquoi c'était si drôle d'aller dire bonjour au Lapin de la Lune? Non, mais vraiment! Pour la peine il ne dirait plus un mot, na! Mû passa l'info à Camus par télépathie et tous les deux poursuivirent leur conversation par transmission de pensées. C'était bien pratique de pouvoir faire ça pensait le mini Verseau. Il fallait juste à penser très fort à quelque chose. Il en avait de la chance Mû, il aurait aimé pouvoir faire ça lui aussi, c'était moins fatiguant que de remuer les lèvres.

Ce silence soudain étonna les "grands". "Voilà, autre chose maintenant", dit Anaël en haussant un sourcil. "C'est pas joli-joli comme attitude ça, mes petits messieurs". Les enfants gonflèrent leurs joues en signe de mécontentement. Ah mais, ils allaient les laisser tranquilles, oui ou non? Ils s'en fichaient bien d'être pas jolis. "Ne faites pas attention à eux", dit Shion d'un ton snob. "Nous ne parlons pas aux enfants qui ne veulent pas nous parler", ajouta-t-il faussement vexé. Les petits eurent une expression embêtée, comme hésitant à s'entêter ou à céder, ce qui leur faisait une drôle de tête et suscitait le rire discret de tout le monde, même Shura se cachait dans sa main. Ils avaient l'air trop bêtes. Camus était sur le point de céder, Mû se voyait bien perdurer. "Ça s'obstine, on dirait, de ce côté", fit remarquer, avec un brin de malice dans les yeux, Orreaga. "Je me demande comment vous allez faire pour dire bonjour à monsieur Lapin si vous n'avez plus de langue?", dit-il en leur faisant un clin d'œil. Les minis Chevaliers étaient outrés. C'était pas juste. C'était ... c'était de la triche ça! C'était comme écrit en gros sur leurs visages. Les rires fusèrent de plus belle. Les petites terreurs.

Après avoir récupéré Aiolos et son petit frère glué à lui au Sagittaire, les escaliers du Zodiaque d'Or défilèrent vite, toutes les Maisons étant vides soit à cause de l'absence chronique d'un gardien, soit parce que son propriétaire était en route vers le village. En traversant celle des Gémeaux, Alexis espéra que les deux frères avaient écouté ce qu'il avait dit et les attendaient à l'endroit convenu. Ce qu'ils avaient fait, d'ailleurs ils mourraient d'ennui depuis un bon moment, adossés au mur du rempart. Quand enfin ils les virent arriver, ils poussèrent un long soupir de soulagement et allèrent à leur rencontre. Ils trouvèrent, à leur grand étonnement, un groupe bien gai. "Enfin! On se demandait quand vous arriveriez!", dit Kanon. "Qu'est-ce qui vous arrive?", demanda Saga à sa suite. "Rien, les garçons. Juste Mû et Camus qui font leurs têtes de mule", leur répondit Shion en s'approchant de Saga. "Tiens, prends-le un peu, s'il te plaît. Il se fait lourd", dit-il en déposant le petit paquet de laine dans les bras de l'apprenti Gémeau. Mû protesta un peu. Il voulait rester dans les bras de Papy Shion, lui! Il serait gentil, promis. Allez! Saga le rappela gentiment à l'ordre et Mû se cala contre lui, un peu contrarié. Flûte, à la fin.

Saga et son frère se regardèrent brièvement d'un œil perplexe. Depuis quand Mû ou n'importe quel mini Chevalier était-il trop lourd pour leur maître? Ils se souvenaient encore parfaitement de sa façon de traîner par le fond de culotte les jeunes rebelles (eux-mêmes en avaient parfois été). Et là, ce petit agneau était trop lourd et il avait du mal à reprendre son souffle? Ce n'était assurément pas normal, ni habituel. Leur maître leur cachait-il des choses? Soupirants, ils décidèrent d'une commune pensée de mettre ça de côté pour l'instant et de suivre le mouvement. Shion et les autres passèrent près d'eux et se dirigèrent vers la porte que les gardes déverrouillèrent après les avoir salués respectueusement, puis – sur l'insistance de Shion, il fallait tout faire comme d'habitude, pas question d'abuser du caractère exceptionnel du jour – vérifièrent les papiers de tout le monde et les laissèrent passer. Les autres étaient déjà sortis un peu plus tôt.

La marche vers le village se fit a contrario en grand silence, chacun essayant de contenir son excitation et de rester vigilant – au cas où – tandis qu'ils traversaient les rues presque désertes du village. Néanmoins il y avait quelques personnes dans les rues encore et tous vinrent saluer le Grand Pope qu'ils n'avaient pas vu depuis un moment. Shion, prit le temps de leur parler et les bénit un à un, au grand dam des plus jeunes qui craignaient de tout rater à force de parlotte. Alexis partit en avant prévenir Stephanos et son frère Adrianos de l'arrivée du Grand Pope.

Une fois la foule des badauds éparpillée, ils virent qu'ils s'approchaient enfin du café. Stephanos et Adrianos étaient là sur le seuil pour les accueillir. "Bonsoir, votre Excellence, Chevaliers. Bonsoir, apprentis", dirent-ils chacun leur tour et chacun les salua en retour. "Bienvenue dans mon humble établissement, c'est un honneur pour moi de vous recevoir, Grand Pope, ainsi que vos Chevaliers. Suivez-moi, je vous en prie", dit Adrianos, la voix emplie d'une certaine fierté, en les invitant à entrer. "C'est moi qui te remercie, Adrianos, de nous accueillir chez toi", répondit Shion en se laissant guider jusqu'aux places que les deux frères avaient préparées pour eux. Alexis les attendait là en compagnie de quelques Silver qui étaient venus un peu plus tôt, et ils se levèrent tous lorsqu'ils virent le Grand Pope arriver, suivi de leurs camarades Gold.

Pendant que Shion et les autres Chevaliers discutaient avec Adrianos dans leur coin, Stephanos prit en charge la petite bande d'apprentis et alla les placer avec les autres jeunes, petits-enfants, petits-neveux ou enfants d'amis et de fidèles clients venus voir le spectacle. Ils étaient tous assis par terre et malgré la légère gêne admirative du début ils finirent par sympathiser assez vite avec les futurs Chevaliers. C'était toujours impressionnant de rencontrer des personnes de légende pour eux et dur d'imaginer que des bébés comme Mû ou Camus étaient promis à en devenir aussi. Il y avait encore pas mal de temps avant que ça ne commence, les conversations allèrent bon train.


(1) "Bonjour, mon amour" en italien.

(2) "mon cabri" en italien.

(3) "Oui" et (4) "Oui, mais..." en espagnol.

(5) "Crabe insolent" en espagnol.

(6) Prononcé "ponyal?", signifie "c'est compris?" en russe.

(7) "Qu'est-ce que c'est cet enfant tout crotté? À la salle de bain et vite!" en espagnol.

(8) La Lune est parfois appelée "Lune-cannelier" en Chine.