Vous avez vu les nouvelles ces derniers temps? ON A ATTERRI SUR UNE COMÈTE! ON A RÉUSSI! *-* ET ON Y FAIT DES TROUS! C'est trop génial! (si, si je vous assure, c'est trop cool de faire trous dans une comète). Le prochain rendez-vous historique, c'est notre première rencontre avec Pluton via la sonde New Horizon en juillet 2015! J'ai hâte de découvrir les premières images de Pluton. :D

Que de chemin parcouru depuis le premier pas sur la Lune, hein?

Oui, bon j'arrête de vous embêter. Voici donc le cinquième chapitre de "Un Petit Pas pour un Homme, mais un Bond de Géant pour l'Humanité". Je m'excuse de vous avoir tant fait attendre et vous remercie de votre patience. Le prochain chapitre sera le dernier.

Bonne lecture! ^^


Chapitre 5

17 juillet, au soir.

Rentré au calme des murs familiers du Palais, Shion invita les Chevaliers d'Or et les apprentis à rester dîner avec lui, ce qu'ils acceptèrent avec joie – surtout les enfants qui trouvaient là une occasion de rester un peu plus longtemps debout à le repas terminé, les maîtres annoncèrent à leurs disciples qu'il était temps de rejoindre leurs lits et de laisser leur vieux Pope se reposer. Les jeunes apprentis étaient tout de même un peu déçus, mais ils souhaitèrent tous une bonne nuit au Pope avant de quitter le Palais, à Mû, Aiolos, Aiolia et Shura – qui avait voulu rester avec son ami, au grand plaisir d'Anaël qui gagnait une soirée en tête-à-tête avec son Cabri - et s'éparpillèrent après la traversée de la Maison du Verseau. Ils finiraient leurs bavardages quand ils se retrouveraient après l'entraînement du lendemain.

Sous l'œil amusé d'Alexis, le Cancer entraîna Orreaga hors des Maisons sous prétexte de raccompagner ses jeunes voisins gémellaires, consternés de servir d'excuses aux escapades de leurs aînés. Laissant les jumeaux au pas des appartements privés de leur Maison, ils se dépêchèrent de quitter les lieux, se prenant au passage un "Ne faites pas de bruit en revenant!" d'un Kanon narquois, ce qui fit éclater de rire le Crabe et rougir son compagnon qui eut soudain hâte de se retrouver dans cette cachette rien qu'à eux et ne plus en ressortir. Au moins jusqu'au matin.

Le Maître des glaces, lui, une fois le biberon donné et l'histoire racontée au petit Camus, se préparait à s'installer confortablement avec un bon bouquin – son protégé dormant comme un bienheureux – quand de petits coups à la porte du salon attirèrent son attention. Le joli visage orné d'un sourire mutin et la silhouette élancée de Leïla apparurent dans l'encadrement de la porte. Il jeta son livre sur le sofa pour accueillir son invitée.

"Tu viens de rentrer?, dit-il en la serrant contre lui et l'embrassant tendrement.

_ Oui. Je ne te dérange pas?, répondit-elle en passant les mains sur son torse.

_ Pas du tout. Et ton disciple?

_ Dans sa chambre, avec le tien.

_ Nous sommes tranquilles alors?, murmura-t-il sur ses lèvres, souriant.

_ Je crois bien", ronronna-t-elle. Elle passa ses bras autour de son cou en l'embrassant tandis qu'il la soulevait dans ses bras et l'emmena dans sa chambre.

Les Chevaliers d'Or n'avaient nulle intention d'être sages ce soir. Être sage c'était bon pour les apprentis.


Samedi 19 Juillet à Houston, dimanche 20 Juillet à Athènes1

Les jours qui les séparaient de l'alunissage passèrent comme un rêve, même si cela paraissait encore bien trop long pour les cœurs impatients des apprentis Ors qui auraient aimé que le trajet Terre-Lune soit franchi plus vite. La plaie, ces technologies primitives!

Dès que leurs maîtres les libéraient de leurs devoirs d'apprentis ou tôt dans la matinée avant l'entraînement, laissez-passer en main, ils filaient à toute allure au village pour voir les rediffusions et lire les dernières nouvelles chez Stephanos et Adrianos. Les deux vieillards les accueillaient avec joie, ravis de leurs présences - ainsi que celle de leurs aînés - leur toit et ils en profitaient pour les gâter avec des douceurs maison, ce qui enchantait nos jeunes apprentis.

Ce soir-là, les futurs Chevaliers et quelques enfants du village étaient en émoi, leurs cris de joie et d'étonnement jaillissaient des portes grandes ouvertes du café dans le sillage de la lumière qui se répandait sur le seuil de l'établissement. Sur l'écran en noir et blanc, ils voyaient défiler avec fascination le paysage lunaire survolé par les astronautes. Ils allaient entamer les manœuvres de descente et entre diverses vérifications des systèmes, ils commentaient ce qu'ils voyaient de leurs hublots aux téléspectateurs, nommant les cratères, décrivaient les teintes du désert sélénite : ici du gris ou du brun, où là du rosé ou une nuance de marron plus "tannée", là où les spectateurs ne voyaient que des nuances de noir et blanc sur le téléviseur. C'était un spectacle si saisissant de voir ces reliefs d'un autre monde, un monde qui était si familier qu'on croyait le connaître parfaitement.

SC The view of the moon that we've been having recently is really spectacular. (…) It's a view worth the price of the trip.

À 92 miles, ils passèrent au-dessus de la Mer de Smyth entourée de part et d'autre d'elle des cratères Neper et Jansky. Le terrain était dépourvu du moindre cratère, sans aucun relief, même petit, à part les bords érodés de cratères très anciens, vieux de millions, voire milliards d'années. Puis ils volèrent au-dessus de Taruntius, passant tout près de la Mer de la Fécondité. Les enfants rirent devant le poste quand un des astronautes plaisanta, ne trouva pas cette mer si "fertile" que ça et se demandait qui lui avait trouvé ce nom et qu'un autre ajoutait que cela valait mieux que "Mer des Crises".

SC Roger, 11. We're watching the DSKY now and it's still coming in beautifully on the TV.

SC Okay, there's - on the right side of the screen at the present time there's a triple crater with a small crater between the first and second, and the one at the bottom of the screen is Schubert Y. (Garble) it does have a central peak at Schubert N. There's actually several of them. You can observe those, plus the rim craters at the bottom of your screen.

CAPCOM Roger. We're seeing the central peak quite clearly now.

SC Okay, we're zooming in now on a cratercalled Schubert N. Schubert N, very conical inside wall and the bottom of it here looks flat. Look at data on the DSKY it's stabilized and is holding steady now.

CAPCOM Roger.

SC Looking out the window I can see a number of tall craters on the bottom of Shubert. We're coming up on the Bombing Sea where I'll be doing some P22 marking on crater of my choice – name of crater Camp.

Le cratère Secchi annonça la Mer de la Sérénité. Le vaisseau se rapprochait du terminateur3 lunaire. À cet endroit, les crêtes étaient éclairées par la lumière rasante du soleil, qui allongeait leurs ombres, mais de l'autre côté de cette ligne les ténèbres étaient totales. Le soleil se couchait sur Apollo 11, ils commencèrent à se préparer pour se placer sur la seconde orbite d'insertion, "la visite guidée" s'interrompit pour leur permettre de se concentrer.

C'est là que Alexis entra d'un pas pressé – comme à son habitude – dans le café, le coffre de son Armure sur le dos. Sa froide présence attira l'attention d'Adrianos qui lâcha des yeux l'écran pour l'accueillir. "Bonsoir, maître Alexis! Comment allez-vous? C'est vous qui venez cherchez les jeunes ce soir?, dit-il en lui tendant la main.

_ Oui. C'est moi qui suis de corvée ce soir", répondit le glaçon de la onzième Maison en lui serrant la main. "Où en est le programme?

_ La transmission s'est terminée il y a un instant. Vous avez raté quelque chose, c'était incroyable, ajouta le patron.

_ Parfait!, s'exclama le Verseau. Je vais donc vous délester de ces bruyants clients, dit-il un sourire malicieux au coin des lèvres.

_ Ils ne me dérangent pas vous savez. Il y a pire qu'eux", dit-il en riant. Le Chevalier des Glaces dépassa le comptoir, se glissa entre les tables et s'approcha du petit groupe assis par terre devant l'écran. "Kanon! Saga! Aiolos! Shura!", les appela-t-il, les faisant sursauter. "Pas déjà?", chouina un peu le petit Cabri. "Si. Allons, pressons". Poussant des soupirs de déception, ils se levèrent et dirent au revoir à leurs amis avant de rejoindre Alexis qui s'impatientait.

Saluant Adrianos avant de quitter le café, ils se dépêchèrent de suivre leur aîné. Shura dû courir pour le rattraper, il marchait vite. "Pourquoi tu as ton armure? Tu reviens de mission?, demanda-t-il essayant de maintenir le rythme.

_ Non, je vais partir. Je vous accompagne jusqu'à l'entrée du Domaine et j'y vais, petit curieux, dit-il en lui frottant la tête, faisant rougir le futur Capricorne, gêné.

_ Tu ne verras pas l'alunissage avec nous alors?, dit Aiolos.

_ Non, je verrai peut-être en chemin. À l'hôtel ou dans le bateau.

_ C'est dommage, ça aurait été mieux de voir ça tous ensemble", dit le futur Sagittaire, sincèrement déçu que le Verseau ne soit pas de la partie demain. Les jumeaux n'en montrèrent rien, mais eux étaient ravis. Surtout Kanon. Ils ne l'auraient pas sur le dos pendant un moment.

_ Nous y sommes", dit Alexis en voyant les remparts se profiler. Il accéléra le pas. Arrivé au seuil, il attendit qu'ils aient franchi la porte et laissa là les enfants, en leur rappelant de se hâter de rentrer chez eux et se pressa de redescendre au village. Il avait de la route à faire et le crépuscule commençait à s'assombrir.

Les enfants le regardèrent disparaître sur le sentier avant de continuer leur route vers les douze Maisons, prenant tout leur temps pour profiter du beau jour qui se teintait de nuit. Le premier quartier de lune brillait dans le ciel et Jupiter pointait la première le bout de son nez. Shura s'arrêta pour la regarder pensivement. N'entendant plus son pas, Saga fit demi-tour et posa sa main sur son épaule.

"Que fais-tu? Ne traîne pas, tu vas te perdre, dit-il, le surprenant.

_ Je regardais la lune. J'aimerais bien y aller et voir ça moi-même, dit Shura en levant la tête vers lui.

_ Je vois", dit-il en souriant. "Moi aussi.

_ Nous aimerions tous être à leur place, je crois, dit Aiolos en les rejoignant.

_ C'est clair que ça en vaut la peine un tel voyage. Mais faut pas rêver, Cabri, ils n'enverront jamais d'enfants dans une navette.

_ Mais on n'est pas des enfants! On est des Chevaliers. Je suis sûr qu'on pourrait!, protesta le convaincu Capricorne.

_ On n'est pas encore des Chevaliers, dit Aiolos, essayant de le tempérer.

_ On pourrait construire une meilleure fusée – voire un vrai vaisseau spatial. On est plus avancé qu'eux. On pourrait même se téléporter, insista-t-il.

_ Ne dis pas de bêtises, tu lis lis trop de bouquins de science-fiction. Comment on ferait pour respirer là-bas, andouille?", dit Kanon en lui donnant une pichenette sur le front. Le petit Capricorne gémit en se frottant l'endroit douloureux et jeta un regard noir et larmoyant au cadet Gemini. "Si les dieux le peuvent, on peut aussi. Mon maître a dit qu'il y avait le palais d'une déesse là-haut. Ils font comment pour respirer d'après toi? Peut-être qu'on pourrait faire pareil qu'eux3, dit-il en lui tirant la langue. Kanon lui répondit par une grimace de son crû.

"Peut-être", dit Saga qui réfléchissait à la possibilité de la chose. "Mais on en reparlera plus tard, il faut rentrer maintenant". Regardant la lune monter un peu plus sur l'horizon et les étoiles qui commençaient piqueter le voile bleuté de la nuit (2) un moment, ils reprirent enfin leur chemin vers leurs demeures où les attendaient leurs maîtres.

Plus qu'une journée à attendre.


NOTES

1) La retransmission image à la télévision commença vers 19:52 et s'est terminée à 20:52. On est en heure d'été, donc le soleil commence juste à se coucher à la fin de l'émission.

2) Le terminateur est une ligne fictive qui sépare les faces éclairées et obscurcies d'une planète ou d'un satellite. C'est lui qui dessine les phases de la Lune.