Amis lecteurs, bonsoir !
Merci pour vos encouragements et les messages que j'ai eu après ma blessure, ça me touche !
Et le voilà, le tant attendu chapitre 11 ! Je vous présente à nouveaux mes excuses pour l'attente, bonne nouvelle, je vois mon médecin la semaine prochaine pour ma main, je saurais si elle va bien et pourrais avoir un plâtre moins imposant si la fracture s'est rétablie. Crois2 vos doigts pour moi, je pleurs de pouvoir faire un dessin !
Bref ce chapitre est plus long que les autres, 28 pages word, long à écrire et à corriger
J'espère qu'il vous plaira et j'ai sans doute rater des fautes donc désolée, ne m'en veuillez pas, je suis blessée lol
Attention deux scènes M/M sont présentes dans ce chapitre, fermez mes yeux si vous êtes facilement choqués ! lol
Bisous à tous, bonne st valentin et je vous retrouve le weekend prochain pour un autre chapitre. Le commencement de la seconde partie !
Bonne lecture et laissez une review !
AnneBridges
Décembre 1999
C'était finit.
Comment ? Tout c'était passé si vite…
Drago claqua violemment la porte de sa chambre derrière lui, ses larmes brisant finalement le masque qu'il avait maintenu par sa seule volonté.
Il s'effondra sur le sol, son dos appuyé contre sa porte, sa tête entre ses mains tirant sur ses cheveux, ne cherchant même pas à stopper ses larmes. Son cœur se serrant dans sa poitrine, semblant avoir oublié comment battre régulièrement, lui arrachant des gémissements de douleur. Celle-ci s'étendait à tout son corps, paralysant son être, insupportable cruauté, amère et violente, secouant ses épaules sous la force de ses sanglots maintenant seuls échos de son désespoir et de sa solitude.
Qu'avait-il fait ?
Allait-il le regretter toute sa vie ?
Les paroles de son père, en début de soirée, revenaient au devant de son esprit, il serra les dents sous la frustration qui les accompagnait. Pour une fois que Lucius parlait sagement, il fallait que ce soit ça…
« La vie n'est qu'une question de choix, quand à savoir si c'est les bons, ça, seul le temps et les regrets te le diront. »
Drago avait choisit, pour lui, pour Harry. Où était-ce Harry qui avait choisi ? Et il s'était contenté de ne rien faire, d'accepter sans rien faire ? Il avait fait ce qu'il fallait, n'est-ce pas ? C'était la seule chose à faire ? Si oui, pourquoi cela faisait-il aussi mal ?
Tout avait changé après leur retour de Guernesey, c'était différent. Leur bonheur insouciant était devenu lourd, une tension indéfinie s'était imposée entre eux. Les silences reposant s'étaient transformés en non dits. C'était un retour à une réalité que ni l'un ni l'autre n'avait été prêt à affronter. L'imperfection de leur relation, le secret qui les avait jusque là protégé du reste du monde, tout s'était effrité lentement mais si vite à la fois.
Leurs disputes s'étaient multipliées, intensifiées même. Les paroles qu'ils échangeaient étaient de plus en plus véhémentes. Elles finissaient aussi toujours par atteindre le même sujet, le secret entourant leur relation. Harry était de moins en moins patient, de plus en plus poussant. Il voulait que Drago cesse d'avoir peur de ses parents ou du regard des autres mais Drago se buttait à chaque fois. Harry ne comprenait pas. Il n'avait pas été élevé dans ce monde, il ne savait pas comment c'était.
Harry avait essayé de le convaincre d'en parler au moins à leurs amis. Mais la réaction qu'aurait Weasley avait suffit à effrayer Drago et refuser simplement. Il n'était pas prêt à tout ça. Et c'est Harry qui en souffrait le plus pendant que Drago culpabilisait.
A deux semaines du bal de Noël, Drago fut appelé par son père, c'était comme une convocation et le jeune homme s'y traîna à reculons. Un entretien qui mettrait en balance tout son avenir.
Lucius avait les mains croisées sur ses genoux attendant patiemment que Drago s'installe sur le fauteuil d'à côté. Ils étaient dans son bureau, cette pièce chargée en objet magique, en histoire des précédents chefs de famille et en une sorte de tension qui ne manquait jamais de mettre Drago mal à l'aise. A chaque fois qu'il y était, il se sentait comme un enfant à qui on allait faire un sermon.
Drago s'assit et Lucius claqua des doigts, aussitôt un petit crac sonore témoigna de l'arrivée discrète d'un Elfe de maison, quelques secondes passèrent et deux verres de whisky flottèrent jusqu'au deux Malefoy. Lucius fit sonner les deux glaçons de son verre avant de poser un regard contemplatif devant lui.
La cheminée crépitait d'un feu vif et Drago attendant que son père lance enfin la raison de leur entretien, observait les flammes danser en repensant à sa nuit de la veille.
Dans la soirée précédente, il s'était une fois de plus disputé avec Harry qui lui avait encore demandé la permission de parler à ses amis de leur relation, Drago resta borné, campé sur ses positions et la dispute dura jusqu'après dîner. Harry était monté, tonitruant, dans sa chambre et claquant violemment la porte derrière lui, Drago lui avait laissé une bonne heure pour se calmer et l'avait rejoint sans un mot.
Au final, ils s'étaient enflammés d'une passion furieuse toute la nuit. Drago avait possédé Harry et le brun l'avait laissé, l'avait invité avec un abandon total, encore et encore, l'un s'excusant silencieusement, l'autre acceptant tacitement.
Il revint au présent quand son père se racla doucement la gorge d'une façon pensive. Lucius tourna un regard sur lui puis se concentra sur son verre comme s'il était son interlocuteur.
« Tu as reçu une invitation au bal de Noël du Ministère de la magie. Ce bon à rien de Shacklebott admire, apparemment ta réinsertion dans notre société et te convie à participer à cette mascarade. » Drago fronça les sourcils confus. Il n'avait rien ouvert de ce genre. « Ne fais pas cette tête, si tu passais un peu moins de temps dans cet hôpital, je n'aurais pas à vérifier moi-même ton courrier. » Trancha son père suivant aisément les pensées de son fils. « Tu iras et tu nous représenteras, ta mère et moi, tu parleras à qui tu dois parler, de nos affaires et de notre rédemption, cela va sans dire. Tu te feras les relations nécessaires et tu te laisseras être paradé par Shacklebott et ses idiots. Ils veulent que tu sois le visage de la réinsertion, tu le seras. » Son ton était clairement sans appel et Drago savait qu'il ne devait pas s'opposer à son père dans ce genre de situation, pourtant il ne put s'en empêcher.
« Je serais sans doute de garde à Ste Mangouste, père. »
« Drago, ne commence pas. Ta mère a émit le souhait de t'y voir accompagné et je crois qu'elle a raison.»
« Bien, j'inviterais Pansy. » Plia Drago.
« Oh, non, j'ai pris contact avec un vieil associé, M. Greengrass, il avait deux filles me semblait-il, l'une de ton âge et l'autre plus jeune. Tu escorteras la plus jeune. Astoria je crois. » Edicta Lucius avec une fierté qui donnait la nausée à Drago.
« Père, je ne la connais même pas… N'est-ce pas un peu précipité ? Une sortie aussi publique sans rencontre préalable ? »
« Tu l'emmèneras dîner au premier jour des vacances. Elle est encore à Poudlard et rentre pour les fêtes, son père et moi sommes d'accord que vous devez vous rencontrez au plus tôt. »
Drago fronça un peu plus les sourcils, comprenant où voulait en venir son père. Il ne s'agissait pas d'une discussion sur une simple escorte de jeune fille à un bal, mais d'une rencontre formelle pour un futur engagement. Oh…
« Père, il est un peu tôt, pour cela, non ? Je n'ai pas vingt ans et je n'ai pas fini mon Internat non plus, j'ai très peu de temps à consacrer pour courtiser une jeune femme. »
« Nous n'en sommes pas encore là, Drago. C'est pour cela que la cadette des Greengrass sera parfaite pour toi, elle-même n'a pas encore finit ses études et d'ici quelques années, une fois que tout sera réglé, nous en reparlerons, contente toi de l'emmener dîner et de l'escorter à ce bal. »
« Père si je puis-
« Non. Non tu ne peux pas. Tu feras ce que je t'ordonnes, tu n'as pas idée de ce qu'ont souffert nos affaires ces dernières années et cela ne va pas en s'arrangeant, les Greengrass sont l'une des dernières grande fortune de ce pays et ils n'ont pas été touché par la guerre ! J'ai besoin que Damien Greengrass signe avec nos vignobles et pour cela j'ai besoin que mon fils divertisse et plaise à sa cadette ! » S'écria Lucius sans perdre son sang froid et ce masque impassible.
Drago avait bien essayé de discuter, de trouver un compromis, même s'il savait perdre son temps, quand Lucius jugeait avoir raison, ses décisions étaient sans appels.
Il passa les jours suivant à réfléchir au moyen de prévenir Harry, lui dire avant qu'il ne l'apprenne par quelqu'un d'autre, mais le sort n'était pas en sa faveur, ses gardes à Ste Mangouste se multipliaient en cette fin d'année, il était d'astreinte et de garde de nuit toute la semaine précédent les vacances et ne pu voir Harry qu'une heure seulement. Lui-même était aussi surchargé de travail à l'Académie des Aurores, des examens semestriels les assaillaient aussi tous les deux, les perdant dans les révisions.
Et quand enfin, arriva le premier jour des vacances, Drago obéissant aux exigences de son père, rencontra Astoria Greengrass.
La jeune fille, blonde aux yeux bleus avait été charmante toute la soirée. Elle avait été élevée dans le même monde aristocratique que Drago, comme lui, elle en connaissait les avantages et les revers, les traditions et les valeurs.
A sa grande surprise, il avait passé une bonne soirée avec la jeune femme, mais il avait tout de même culpabilisé, d'abord envers Harry, à qui il n'avait pas eu le temps d'expliquer ce qu'il se passait puis envers Astoria. Elle semblait l'apprécier, un peu plus même. Mais comment lui avouer qu'il n'était et ne serait jamais intéressé par elle de cette façon ?
Le lendemain, un samedi, à une semaine du bal de Noël du Ministère, Drago arriva au 12 Square Grimmaurd en fin d'après-midi, après une longue garde de jour à Ste Mangouste. Il était exténué mais la possibilité de passer une nuit avec Harry après cette semaine entière sans le voir l'avait motivé à venir directement chez son petit ami à la fin de sa garde.
Une légère bruine tombait ce soir là et un vent froid soufflait, Drago réajusta son écharpe autour de son cou, relevant le col de son manteau. Il venait de transplanner au même endroit que d'habitude, dans le square en face de chez Harry, il se réchauffa les mains en soufflant dessus avant de regarder autour de lui pour traverser la rue.
Un éclat de voix l'interpella alors qu'il sortait du Square. En face, Weasley apparaissait de nulle part entre le n°11 et 13, grommelant bruyamment tout en refermant son blouson. Drago recula d'un pas dans l'ombre, là où la nuit le dissimulait à la vue. Granger déboula derrière Weasley, son visage déformer par cet air revêche que Drago avait tant détesté à Poudlard.
« Oh ! Il m'énerve ! Incroyable ! Je te jure s'il n'était pas célibataire je jurerais qu'il s'est disputer avec son petit ami ou je ne sais pas ! Ca fait des semaines qu'il est d'une humeur exécrable ! » S'écria la petite brune en s'accrochant au bras de Weasley et partant en avant comme une furie, traînant son petit ami avec elle.
« Mmmh, vas savoir ce qui l'a mis dans un état pareil… » Soupira le rouquin plus calmement.
Drago fronça les sourcils à ce qu'il venait d'entendre, il attendit que le couple tourne au coin de la rue avant de traverser la route et monter le perron du 12 Square Grimmaurd.
Quand la porte s'ouvrit brusquement, Drago fit face à un Potter hors de lui, le souffle court, les joues rosées et les sourcils froncés. Il croisa les bras ferment sur son torse, barrant l'entrée à Drago et le toisant d'un regard noir.
« Qu'est-ce que tu fais là ?! »
« Euh… On est samedi ? » Répondit Drago confus par l'accueil pour le moins furieux d'Harry. « Tu me laisses entrer ou geler sur ton perron ? » Finit Drago voyant qu'Harry n'avait ni l'intention de dire autre chose ou de l'inviter à l'intérieur.
« Oh, geler sur le perron me parait être une bonne idée, mais je suppose qu'Astoria Greengrass se fera un plaisir de te réchauffer ?! »
Le cœur de Drago manqua un battement et soudain sa mâchoire lui sembla lourde et plusieurs fois il tenta de parler, mais ses lèvres remuaient dans le vide, le révélant incapable de dire quoi que ce soit. Il secoua vivement la tête quand Harry le toisant toujours de ce regard noir, allait fermer la porte sur lui. Il la coinça d'une main.
« Harry, att-attends… Je voulais te prévenir, mais on s'est à peine vu cette semaine. C'était juste un dîner… Mon père voulait que je l'emmène dîner… » Termina t-il lamentablement.
Harry émit un 'tsss' sonore et lâcha la porte.
« Ton père ? Ton père ? Encore ?! Et quoi d'autre, Drago ? Si Lucius te disait de te jeter du toit de Ste Mangouste, tu lui obéirais aussi ?! »
« Non, non, bien sur que non… Harry, je suis désolé… Il ne s'est rien passé avec elle… Comment tu peux croire une seconde que… C'est une femme ! Avec des seins et tout… C'est juste… Dégoûtant… » Grimaça Drago agitant les mains devant son torse, mimant une poitrine féminine, avec un trait d'humour et de dégoût dans la voix.
« Ce n'est pas drôle Drago… » Dit Harry, son visage se détendant malgré lui et l'ombre d'un sourire se dessinant sur ses lèvres.
« Et pourtant… Harry, laisse moi entrer ? » Demanda Drago, d'un murmure insistant, s'avançant d'un autre pas sur la porte.
Harry ne répondit rien pendant ce qui sembla une éternité puis il s'écarta de l'embrasure et Drago entra aussitôt. Il ferma la porte d'un coup de pied et attaqua vivement les lèvres d'Harry.
« Merlin ce que tu m'as manqué ! Toute cette… Foutue semaine n'a été… Qu'un cauchemar… » Chuchota Drago entre les baisers qu'il parsemait sur les lèvres d'Harry, sur ses joues et sur son cou.
Néanmoins, il sentait Harry tendu entre ses mains. Il était toujours en colère donc… Drago redoubla l'intensité de ses caresses, laissant ses mains parcourir les côtés d'Harry, descendre sur sa taille et sur sa chute de reins le serrant un peu plus contre lui. Son baiser s'intensifia et Harry se détendit finalement répondant à l'étreinte, presque timidement.
Drago s'écarta, ses deux mains prenant en coupe le visage de son petit ami, leurs regards se fixant l'un à l'autre.
« J'aurais dû trouver le temps de t'avertir pour ce dîner, mais ce n'était rien Harry, ça ne représentait rien. » L'assura Drago d'un ton déterminé.
Evidemment il mentait, il s'en voulait de cela, mais comment pouvait-il avouer à l'homme qu'il aimait que cette femme qui ne représentait rien pour lui, mais serait sans doute celle qu'il devrait épouser. Il ne voulait pas se disputer avec Harry, pas ce soir. Jamais.
« Qu'est-ce que tu ne dis pas Drago ? Qu'est-ce que… Dis-moi, dis-moi pourquoi ce dîner alors ? »
Drago lâcha Harry et recula d'un pas tandis que le brun s'adossait contre le mur derrière lui. Drago soupira passant une main dans ses cheveux fins. Il regarda vers le fond du couloir, comme à la recherche des bons mots, ou pour éviter les yeux trop verts de Harry.
« Nous sommes en affaire avec M. Greengrass, mon père à juger bon que je… 'divertisse' sa fille pour nous faire bien voir… M. Greengrass est un homme d'affaire, il peut être dur et difficile sur les contrats qu'il signe et son point faible sont ses deux filles… Je connais Daphné de l'école, elle était à Serpentard avec moi, une fille quasiment intouchable, mais comme je n'avais pas ce genre d'intérêts envers elle, on était plus ou moins amis… Sa petite sœur, Astoria, je ne lui ai pas beaucoup parlé à l'école, mais comme Daphné a dit du bien de moi, M. Greengrass a pensé que je pourrais être un bon exemple pour sa cadette, ou quelque chose comme ça. » Drago soupira encore, il leva les yeux vers Harry et s'adossa lui-même au mur d'en face. « Apparemment, je suis devenu un modèle de réinsertion dans ce nouveau gouvernement… Ton copain, Shacklebott veut me présenter pendant le bal de Noël, comme le visage du nouveau monde… Bla bla bla… Mon père veut utiliser ça pour relancer nos affaires… Et M. Greengrass a eut vent de ce que le Ministre pense de moi alors il… Enfin… C'est de la politique, du business… Ca ne veut rien dire, surtout pas pour moi… »
Un long silence perdura entre eux, seulement coupé par le tic tac répétitif de l'horloge au milieu du couloir. Les deux hommes se faisaient face sans se regarder, quand l'un levait les yeux vers l'autre, ce denier détournait son regard et ainsi de suite. Puis Harry souffla et gronda les dents serrées.
« Je déteste ça… Je déteste te voir être… Manipuler comme ça par ton père ! Je déteste que tu te laisses faire sans rien dire ! Je déteste ne rien pouvoir faire pour changer ça ! Je déteste quand tu n'es pas avec moi ! Je déteste être jaloux et je déteste-
Drago interrompu Harry d'un baiser, se précipitant vivement sur lui. Il ne prit ses lèvres que quelques secondes et s'écarta légèrement, juste assez pour voir ses yeux, collant presque son front au sien, tenant sa nuque d'une main, l'autre serrant sa taille.
« Et je déteste te voir comme ça… Tu es fait pour rire Harry Potter… »
Cette fois ce fut Harry qui initia leur baiser, tirant sur le nœud de cravate de Drago pour le défaire, pendant que le blond l'entraînait prudemment vers l'escalier. La cravate en soie tomba sur la rambarde de l'escalier, le t-shirt d'Harry suivit sur les marches, le pull en cachemire de Drago atterrit sur le sol en arrivant sur le palier du premier étage tout de suite suivit par la ceinture en cuir d'Harry.
Leurs gestes de plus en plus urgents et passionnés devinrent une lutte contre les couches de vêtements les habillant. Le t-shirt du brun rendit les armes dans la seconde volées de marches, la chemise de Drago fut entièrement défaite dans le couloir menant à la chambre d'Harry, un portrait tomba sur leur passage alors que Drago plaquait Harry contre un mur, se battant contre la fermeture de son jean, une applique vacilla quand Harry renversa Drago à son tour contre ce même mur qui semblait soutenir leur avancée chaotique. La ceinture de Drago fut vaincue au moment où ils entrèrent dans la chambre. Drago attrapa la taille d'Harry et le souleva contre lui, amenant ses cuisses autour de sa propre taille, se délectant de ses lèvres, de sa langue et de cette tension dure et attirante qu'il sentait contre son bas ventre. Il parcouru de deux pas la distance entre la porte et le lit et y bascula Harry, frottant leur bassin l'un contre l'autre, cherchant une friction soulageante à travers leurs pantalons.
Sous les caresses insistantes de Drago, Harry plia, se tordant de plaisir, son jean enfin au sol, jeter sans délicatesse par un Malefoy trop désireux de posséder l'homme sous lui. Harry se retrouva sur ses genoux, le dos tendus, arqué vers le matelas, s'appuyant sur ses coudes tandis que d'une main habile Drago le préparait lentement et de l'autre, il caressait son dos, passant le long de sa colonne jusqu'à la base de ses cheveux sur sa nuque, redescendant et passant sur son torse avant de venir tenir son bassin et amener ses lèvres retracer le chemin qu'avait fait sa main. Baisant chacune de ses vertèbres jusqu'à son cou, se couchant presque sur Harry pour murmurer à son oreille.
« Je pourrais jouir juste à te regarder Harry… »
« Drago… » Gémit Harry sa voix se brisant sous le plaisir donné par Drago.
« Dis-moi, Harry, dis-moi ce que tu veux, amour… » Chuchota Drago ensuite, rarement il se permettait de donner un surnom affectueux à son petit ami, les deux trouvaient ça même un peu pathétique, mais parfois, quand le sexe était aussi intense qu'à ce moment, les mots, les sentiments et le désir se mêlaient tellement qu'il ne se contrôlait plus.
Drago prit l'érection presque vibrante d'Harry dans sa main et commença un va et vient lascif, une douce torture qui arracha un long gémissement d'extase à Harry.
« Toi… Drago… Je te veux, toi… » Ce fut presque une supplique, si peu de mot qui pourtant avait le plus grand des pouvoir sur le jeune héritier Malefoy. Ne tenant plus et à gestes saccadés, Drago se défit de son boxer, dernier rempart à ce qu'il désirait tant en cet instant.
Harry. Harry, juste Harry.
Si Harry le voulait lui, Drago Malefoy, ex-mangemort, blondinet aristocrate trop gâté et brute scolaire, avec un caractère de diva, alors Harry l'aurait, car Harry méritait de voir tous ses vœux exaucés.
Quand il entra en Harry, Drago se demanda encore, presque comme à chaque fois qu'ils couchaient ensemble ce qu'il avait bien pu faire pour que l'univers lui offre ça, lui offre cet homme si parfaitement imparfait ? Cet homme dont la capacité à aimer n'égalait que la grandeur de son cœur, cette naïveté touchante qui le rendait si beau et pourtant cette colère, cette détermination et ce charisme qu'il dégageait faisant de lui cette personne admirée par tout ceux le connaissant même que de réputation.
Oh, Harry était imparfait, il était bordélique, laissant tout traîner derrière lui, il attendait beaucoup des autres parfois trop et pardonnait, peut-être et souvent trop facilement, il était têtu, aussi borné que Drago, imprudent et trop téméraire pour son propre bien, il était insistant et complètement désorganisé, mais tout ça n'était rien quand il s'abandonnait ainsi à Drago, lui offrant tout ce qu'il était, tout ce qu'il serait…
Encore et encore, Drago prit Harry, lentement, sensuellement, bougeant avec lui dans une danse lascive et enivrante. Son souffle court se perdait dans les cheveux à la base de la nuque d'Harry. Sous l'effort Drago laissa son front tomber sur l'épaule de son amant. Une main le tenant fermement contre lui par la taille et l'autre le soutenant lui, à côté de la tête d'Harry.
Ce dernier gémissait et s'arquait contre Drago, tentant de venir toujours plus prêt de lui, sa main droite vint tenir celle de Drago leurs doigts s'entremêlant, Harry serra fort jusqu'à sentir la réponse du blond. Son bras gauche vint s'accrocher à la nuque de Drago et avec un léger effort Harry, se redressa légèrement sur ses genoux, Drago suivit son mouvement et amena son amant plus prêt sans jamais cesser le va et vient de son bassin.
« Mmmh… Drago… Drago… Je vais-
« Pas maintenant… Har-Harry… Encore un- peu… » L'interrompu Drago totalement essoufflé, se perdant dans l'odeur de shampoing à la pomme d'Harry.
Harry gémit un peu plus, grondant même sous des coups de reins de plus en plus fort, Drago accéléra son rythme légèrement, le besoin de se libérer de plus en plus fort, mais pourtant, tenir Harry contre lui le satisfaisait encore plus que son orgasme imminent.
Il s'excusait de son mensonge, il s'excusait de ne pouvoir aimer Harry comme il le méritait et Harry acceptait ses excuses, car même si ce dernier ne disait rien, il savait quand Drago lui mentait, quand il lui cachait quelque chose.
Pourtant cette nuit là, l'intensité de leur étreinte était particulière. Drago savait qu'il ne pouvait pas continuer ainsi, il se doutait qu'Harry ne supporterait plus tout ça très longtemps, malgré tout, il s'accrochait, il ne pouvait simplement pas s'imaginer sans Potter.
Drago se réveilla au milieu de la nuit, la tête d'Harry posée sur son épaule et un bras possessif entourant sa taille. La lumière de la lune éclairait la pièce à travers la fenêtre d'un halo argenté, juste assez pour que Drago puisse distinguer les méplats du visage de son amant. Ce dernier dormait d'un sommeil profond et paisible, sa respiration régulière chatouillait la peau de Drago à la base de son cou, sur sa clavicule. Il passa une main tendre dans la masse de cheveux noirs d'Harry, prenant soin de ne pas déranger son sommeil, découvrant son front et passant un pouce délicat sur cette célèbre cicatrice. Il se rappelait avec une sorte d'ironie, les nombreuses fois où il s'était moqué de cette balafre, les surnoms qu'il avait donné à Harry à cause de cette blessure, jamais il n'aurait pensé alors qu'il en viendrait un jour à aimer cet homme.
Quand Drago avait compris qu'il était gay, il était encore à Poudlard, en troisième année, il se doutait bien qu'il n'était pas comme les autres garçons de son dortoir. Blaise parlait des filles des années supérieures, de leurs formes, de leurs beautés… Greg, Vince et Théo écoutaient avec une lueur dans les yeux, de l'envie ou de la curiosité, mais Drago trouvait ce genre de conversation presque dégoûtante, il y participait pour ne pas avoir l'air différent. Mais il savait que quelque chose n'allait pas. Quand il trouvait le visage d'un garçon plus beau que celui d'une fille, il se disait juste que c'était une question d'esthétisme, les jeunes filles de l'école avaient des visages ronds et infantiles alors peut-être était-ce naturel pour lui de penser comme ça.
En quatrième année, il croisa dans le parc, le frère de Weasley, sans savoir qui il était car jamais s'était-il dit ensuite, il ne pourrait trouver une quelconque beauté chez un Weasley. Mais cet homme, sa carrure imposante, ses épaules carrées, son torse puissant mais pourtant fin, cet air de mauvais garçon mal rasé et les tatouages rampant sur sa peau… Drago avait fait plus d'un rêve érotique alors et avait comprit finalement que ce n'était pas juste de l'esthétisme qui le poussait à trouver un homme plus beau qu'une femme… Non, Drago aimait les hommes, il était attiré part eux comme Blaise parlait des filles qu'il fréquentait.
Ca l'avait totalement effrayé. Il mentirait s'il disait le contraire, son père lui avait parlé de ces déviants qui mettaient en danger le monde sorcier avec leur perversion, alors il avait tenté de se changer, il avait cherché dans le livres de potions s'il existait un moyen, il était sortit avec Pansy. Blaise avait dit que c'était la fille la plus chaude de leur année alors il l'avait emmené au bal d'hiver mais malgré cela, à chaque fois que sa jeune amie avait tenté de l'embrasser ou de le toucher, Drago n'avait pu empêcher les vagues de dégoût.
En cinquième année, tout ça le perturbait tellement que sa frustration devenait de moins en gérable et il passa ses nerfs sur Potter, sur Weasley ou sur les Poufsouffles, c'était tellement plus facile d'être méchant avec les autres plutôt que d'affronter ses peurs et ses vérités. Drago ne voulait pas être gay, il ne pouvait pas l'être. Il était un Malefoy, il était le fils de Lucius Malefoy !
Puis tout changea, pour le pire. Son père fut arrêter et il reçu la Marque des Ténèbres. Il n'avait presque plus le temps de penser à son homosexualité, il craignait trop pour la vie de sa mère et la sienne pour s'en faire à propos de quelque chose d'aussi trivial.
Mais l'été avant sa septième année, Bellatrix, sa propre tante avait enlevé un couple de sorciers homosexuels, elle et d'autres Mangemorts les avaient torturés jusqu'à la mort, riant cruellement de leur cris d'agonies et Drago avait compris alors que si quelqu'un doutait de lui une seule seconde, il serait à la place de ces hommes.
Il avait alors redoublé d'effort à ses recherches d'une solution, s'enfermant des heures durant dans la vieille bibliothèque de son père, prétextant des révisions.
Un jour, Rogue l'avait trouvé dans la bibliothèque le nez plongé dans un grimoire d'anciennes potions, de la magie noire à n'en pas douter, mais Drago était sans doute prêt à tout pour que son secret ne transparaisse jamais. Son professeur l'avait regardé longuement alors, comme s'il avait pu voir à travers lui.
« Savez-vous pourquoi le polynectar ne peut fonctionner qu'une heure seulement ? »
Drago le regarda avec des yeux ronds, puis récita presque machinalement son cours de l'année passée, ce qu'il avait lu dans son livre.
« Parce que changer la physionomie d'une personne est aussi dangereuse que délicate, la peau de serpent d'arbre et le polygonum permettent la transformation mais la poudre de bicorne et le sisymbre cueilli à la pleine lune réduisent et régulent les effets pour éviter une fusion des cellules transformées, il s'agit de prendre l'apparence, c'est presque illusoire, plutôt qu'une réelle transformation. »
Rogue l'observa encore longuement avec patience et ce qui pouvait ressembler à de la fierté de voir son élève donner une réponse aussi complète. Ses mains croisées devant lui se rejoignant dans les manches de sa robes de sorcier, le professeur laissa échapper un petit soupir avant de se détourner pour rejoindre la porte de la bibliothèque, avant de sortir, et sans se retourner, sa voix grave et doucereuse parvint jusqu'à Drago.
« On ne peut changer qui on est réellement Drago, seulement paraître autrement, seulement user d'artifice temporaire. Un jour peut-être les gens de ce monde n'auront plus à se cacher derrière ces artifices, cela dépendra de notre maître. » Ajouta t-il susurrant ses derniers mots plus froidement que d'habitude.
Drago s'était longtemps demandé si Rogue avait su ce qu'il cherchait dans ces livres, il n'avait jamais eu de réponse à cette question malheureusement.
Il étudia son petit ami endormi, ses traits relaxés semblaient tout de même fatigués, plus tirés que d'habitude, Harry avait eu une dure semaine lui aussi, Drago le voyait sur son visage, sur les cernes sous ses yeux, son teint un peu trop pâle et ses joues creusées. Il remarqua alors ce qu'il n'avait pas vu plus tôt, Harry avait perdu du poids. Ses côtes lui paraissaient trop visibles, comme ses omoplates qui ressortaient saillantes dans son dos. Il posa un œil inquiet sur son petit ami, Harry avait tendance à en faire toujours trop, quitte à en oublier sa santé.
Drago se rendormit rapidement, toutes ses pensées tournées vers Harry, vers leur avenir ensemble, ses doigts dansant sur le dos de son compagnon.
Le lendemain Harry se réveilla le premier sans même que Drago ne l'entende et quand se dernier ouvrit finalement les yeux en milieu de matinée, ce fut pour trouver un lit vide et parchemin griffonner par la main brouillonne d'Harry.
'Je suis parti chez les Weasley, je reviens dans quelques heures.
Harry.'
Drago froissa le papier furieusement et le jeta à travers la chambre.
Donc Harry était toujours en colère contre lui. Ca ne le surprenait pas vraiment, mais quelque part, il avait espéré.
Après un soupir résigné, Drago roula hors du lit et s'étira longuement. Il alla dans la salle de bain et se passa de l'eau froide sur le visage pour faire fuir les dernières traces de son sommeil, il laissa ses mains ramener ses cheveux en arrière et observa son reflet fatigué dans le miroir. Il souffla encore. Sa main courue sur ses joues couvertes d'un léger chaume blond, presque invisible sur sa peau pâle. Il ouvrit le miroir et sortit rasoir et lotion de rasage. Il fronça les sourcils en remarquant la douzaine de petites fioles de potions alignées dans la petite armoire murale. Il en prit une et lut l'étiquette. Une seconde puis une autre, toutes contenaient une pimentine puissante contre les vomissements et les maux d'estomacs. Drago fronça un peu plus les sourcils et remit les potions à leur place avant de soulever le couvercle de la poubelle au pied du lavabo. Une demi douzaine de fioles semblables à celles qu'il venait de trouver, y étaient éparpillées sous des mouchoirs en papier et flacon de shampoing ou de savon.
Oh, Harry…
Il se fatiguait au point de se rendre malade, cela au moins expliquait la maigreur qu'avait remarqué Drago cette nuit. Inquiet, le jeune homme retourna à la chambre pour récupérer sa baguette et revint à la salle de bain, il défit le bouchon de liège d'une des fioles et agita sa baguette au-dessus dans un geste souple et compliqué susurrant des mots étranges dans une langue ancienne. Un sort qu'il avait apprit de Rogue autrefois, pour séparer rapidement les ingrédients d'une potion.
La potion habituellement lilas se sépara alors en plusieurs fines bandes allant du vert à l'orange et Drago pu distinguer les différents ingrédients utiliser, il n'y vu rien de notable, la potion était standard.
La pimentine était utilisée pour les rhumes ou les grippes, mais une seule prise était largement suffisante à combattre ce genre de maladies bénignes alors pourquoi Harry en avait-il autant ? Pourquoi l'avait-il seulement caché à Drago ?
Ces questions tournèrent en boucles dans sa tête, avec d'autres, tout le temps où il prit sa douche ou en rejoignant la cuisine pour son petit déjeuner, il se demandait si Harry avait perdu confiance en lui ? Lui cachait-il autre chose ?
Drago se fustigea. Que pouvait-il reprocher réellement à Harry ? Lui-même lui dissimulait la vérité, pas plus tard que la veille encore, il ne lui avait pas dit à quel point sa rencontre avec Astoria Greengrass était importante, il n'avait pas dit qu'il y avait de forte chances ou plutôt risques qu'il soit bientôt fiancé à la jeune femme. Mais il avait fait ça, il avait mentit pour protéger Harry, pour protéger leur couple déjà trop fragilisé par une situation de plus en plus difficile.
Que se passait-il dans la tête d'Harry ces derniers temps ? Il avait été tellement silencieux ces dernières semaines… Ils se disputaient. De vraies disputes, plus de simples chamailleries. Ils ne riaient plus que rarement, Harry ne lui souriait plus autant ou son sourire était alors voilé de tristesse.
Drago avait ce regard en horreur. Il détestait le voir sur le visage d'Harry et il détestait en être la cause.
Harry revint par le réseau de cheminette en début d'après-midi, son expression fermée, comme le masque impassible que Drago portait hors des murs du 12 Square Grimmaurd. Drago s'était installé à la table de la salle à manger et avait tenté sans aucun réel succès de se concentrer sur ses cours, mais son inquiétude au sujet de son petit ami n'avait eu cesse de détourner ses pensées de ses livres de potions et de sortilège de guérison.
Il releva la tête quand Harry passa l'âtre dans un jet de flammes émeraude. Leurs regards se croisèrent mais sans sourires. Il y eut un silence tendu pendant plusieurs secondes avant que Drago ne le brise.
« Tu t'es levé tôt. » Ce n'était même pas une question, habituellement Harry restait au lit jusqu'en fin de matinée le dimanche.
« Mmmh… Pas vraiment, 8h30 environ, 9h00 max, je n'ai pas fais attention. » Dit-il sans même un regard pour Drago qui l'observait attentivement, ses traits toujours aussi tirés que la veille et ses cernes encore trop visible.
« Oh… » Drago posa sa plume et se leva, attrapant sa tasse de thé. « Tu veux un thé, j'allais refaire une théiè-
« Non. Par contre je veux une explication à ça. » Interrompu Harry, il sortit un exemplaire de la Gazette du sorcier et le jeta sur la table devant Drago.
Le jeune homme déplia le journal, les sourcils froncés de confusion. C'était l'édition du dimanche, les pages mondaines. Son nom y était inscrit en caractères gras avec celui d'Astoria, en dessous une photographie les présentait en train de rire pendant le dîner qu'ils avaient partagé sur le chemin de Traverse deux jours plus tôt… Il parcourut rapidement l'article, rencontrant des mots comme rumeurs de mariage, fiançailles, alliance d'anciennes familles… Drago releva les yeux vers Harry et la colère était maintenant nettement visible.
« Ce ne sont que des rumeurs, Harry… »
« Oh, ce n'est pas ce qu'en dit ton père, page 2, une révélation exclusive. »
Drago tourna la page et trouva une interview de Lucius Malefoy faisant état de la soit disant relation qui unissait Drago et Astoria.
'Les jeunes gens sont si pressé lorsqu'ils sont amoureux, mais Drago et Astoria ont un brillant avenir devant eux et en tant que parent, nous les exhortons à la patience et la retenue, pour l'instant, évidemment.'
Le journaliste commentait l'intervention amicale de Lucius Malefoy sur une dizaine de ligne expliquant que le patriarche Malefoy avait été croisé la veille au Ministère pour des permis commerciaux et qu'il avait accepté de répondre à ses questions. Drago serra les dents et ses poings se refermèrent sur le journal. Il le rejeta sur la table et fit face à Harry.
« C'est complètement-
« NE ME MENS PAS ! » Hurla Harry sa voix se brisant sous la colère implacable de son ton. « Ne me mens pas… » Murmura t-il encore, des larmes, cette fois perlait à ses yeux.
« D'accord… » Répondit Drago contournant la table pour rejoindre Harry. Ce dernier eut un mouvement de recule, Drago hésita mais avança encore et Harry ne s'écarta pas d'avantage, le blond attrapa le visage d'Harry et le souleva vers le sien, ses pouces venant d'une caresse, essuyer les larmes de son compagnon.
« Alors dis-moi, parle-moi… » Supplia Harry rivant ses yeux à ceux de Drago.
Drago déglutit difficilement mais ne quitta pas les iris verts posés sur lui, pas une seconde il ne songea à se détourner de ce regard.
« Je trouverais un moyen- je le ferais changer d'avis… » Chuchota t-il avec toute la conviction dont il était capable.
« Alors c'est vrai ? C'est vrai et tu ne m'as rien dit ! » Gronda son amant entre ses dents serrées.
« C'est… C'est ce qu'il veut, lui. Pas ce que je veux moi, Harry la seule personne que je veux c'est toi, toi seul… »
« Mais tu épouseras Astoria Greengrass parce que c'est ce que ton père veut. Et si ce n'est pas elle, ce sera une autre ! » S'exclama Harry se dégageant des mains de Drago, passant une main furieuse dans ses cheveux, il lui tourna le dos et soupira longuement. « J'en peux plus Drago ! Je ne veux pas vivre comme ça, je ne peux pas… Je t'aime, mais je suis- je suis fatigué… » La voix d'Harry sembla s'éteindre et Drago le vit chanceler et perdre l'équilibre, il se précipita sur lui et le rattrapa avant qu'il ne tombe.
« Harry ! Harry ?! » Son cœur s'était arrêté pendant une seconde puis repartit plus vite que jamais quand les paupières de son amant papillonnèrent révélant ses yeux. « Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as mal quelque part ? Dis-moi comment tu te sens. »
« Mmmh… Ca va, je- j'ai juste un peu le tournis, c'est tout… » Dit-il se redressant plus ou moins solidement sur ses jambes et s'éloignant de Drago.
« Harry… Tu devrais monter te coucher, tu as l'air… » Il soupira et détourna les yeux. « J'ai trouvé ton stock de pimentine ce matin. Pourquoi ne m'as-tu pas dit que tu étais malade ? »
« Ce n'est rien, juste une grippe, rien de grave… »
« Rien de grave ? Tu t'es regardé ces derniers temps ? Tu as maigri, tu as toujours des cernes sous les yeux, tu es toujours fatigué peu importe le nombre d'heures que tu dors ?! Laisses-moi au moins t'ausculter, vérifier que tu n'as rien… » Termina Drago rongé par l'inquiétude.
« Fais ce que tu veux… » Répondit Harry d'un ton las, s'éloignant déjà du living room sans attendre Drago.
Drago suivit Harry dans sa chambre et le regarda se défaire silencieusement de ses vêtements, un acte qui habituellement lui aurait fait perdre son contrôle et sauter sur son petit ami sans concession, mais avec la tension persistante entre eux, Drago garda ses distances.
Quand Harry fut allongé, le jeune interne en médicomagie passa sa baguette au dessus de lui plusieurs fois dans des gestes compliqués et précis, il réalisa trois charmes de diagnostique différents et ne trouva rien à part une tension basse et une extrême fatigue. Pensif, il croisa le regard d'Harry.
« Comment tu dors ces derniers temps ? » Demanda t-il essayant de comprendre ce qui n'allait pas chez son petit ami. « Des cauchemars ou autre chose qui t'empêcherais de bien dormir ? »
« Non, je dors bien, beaucoup même, mais je ne sais pas, c'est important ? »
Drago secoua la tête essayant de ne pas alarmer Harry. Il lui dit n'avoir rien trouvé à part cette baisse de tension et s'assit à côté de lui.
« Je suis désolé, j'aurais dû te parler des plans de Lucius… C'est juste- j'espérais pouvoir le faire changer d'avis… »
« Mmmh… » Harry se cala contre son oreiller et entre mêla ses doigts à ceux de Drago, laissant sa tête se poser contre l'épaule du blond, ses yeux se fermant doucement sous la fatigue. « Ginny m'a organiser un autre rencard avec l'infirmier de son équipe de Quidditch cette fois… Je n'ai pas trouvé d'excuses pour refuser… Je déjeune avec lui demain… » Marmonna t-il dans un demi sommeil. Drago serra les dents et la main d'Harry un peu plus fort. « Ca ne veut rien dire pour moi, tu es le seul… J'aimerais juste pouvoir dire à tout le monde que tu es à moi et que je suis à toi… »
« Moi aussi… Dors, tu as besoin de te reposer. » Le sermonna Drago prenant sur lui pour ne pas laisser transparaître la jalousie dans sa voix.
Lundi soir, Drago et ses parents furent conviés à dîner chez les Greengrass, plus d'une fois le père d'Astoria admira le choix de carrière de Drago et Lucius se donna le mérite de l'y avoir encouragé.
« J'aurais finit mon internat dans deux ans et ensuite je devrais suivre une spécialisation donc encore deux années pour me former avant de briguer une titularisation. » Expliqua le jeune homme humblement quand Mme Greengrass lui demanda combien de temps lui restait-il avant son diplôme.
« Connaissez-vous la médicomage Ackles ? » L'interrogea ensuite M. Greengrass alors qu'un elfe discret resservait du vin. Drago haussa d'abord les sourcils de surprise et hocha la tête.
« Oui, elle est la chef du service des Empoisonnements par potion et plantes, elle est très compétente et j'apprends beaucoup quand je suis dans son service. » Répondit Drago, ne laissant transparaître sa curiosité quand à la tournure de cette conversation.
« C'est la jeune sœur de Mme Greengrass et cette dernière nous fait grand éloge de votre travail et votre implication auprès de vos patients. Elle pense que vous avez un grand avenir qui vous attend dans son service. Evidemment cela reste entre nous, Drago, mais elle dit que Greengrass ajoutant à la fierté pompeuse sur le visage de Lucius. Drago se contenta d'un sourire humble et prit une gorgée de son vin.
C'était donc à cela que servait ce dîner, voir si Drago était éligible à être leur gendre. Voir si sa famille soutenait son futur.
Drago croisa les regards de Daphné et Astoria de l'autre côté de la table, toutes deux avaient gardé le silence depuis le début du repas. Mais pour avoir passé du temps dans la même salle commune que Daphné, Drago savait que son petit sourire en coin était tout sauf innocent, en revanche celui que lui adressa Astoria aurait pu le rendre timide lui-même.
Il se sentait comme un meuble ancien mis aux enchères, il était paradé par son père et par sa mère même vu le plaisir qu'elle prenait à discuter avec Mme Greengrass des derniers potins de société. Quand il entendit Mme Greengrass prononcer le nom d'Harry en messe basse, Drago se fit presque un torticolis tellement il se tourna brusquement vers les deux femmes.
« C'était dans une édition spéciale de cet après-midi, le culot de ce garçon ne semble pas avoir de limites. Et se montrer aussi publiquement ! Je dois vous avouer que même s'il est le héro dont tout le monde parle, ce genre de comportement est tout bonnement inacceptable. »
« Espérons qu'il retrouve la raison, ma chère. » Continua sa mère sur le même ton répréhensible que Mme Greengrass avait utilisé. Drago connaissait ce ton, c'était ainsi qu'ils parlaient de ceux qui vivaient différemment, comme les Weasley, comme les sang-mêlés, comme les homosexuels. Le jeune homme serra les dents et tenta de ne plus écouter la conversation des deux femmes, mais M. Greengrass et son père avaient comme lui entendu leurs épouses et ce fut M. Greengrass qui prit la suite.
« Je n'ose imaginer l'exemple qu'il donne aux jeunes générations, c'est une honte et emmener cet homme au bal du Ministère en plus de cela ! Si ce n'était de l'insistance de mes filles, croyez-moi, aucun Greengrass n'y mettraient les pieds. » Dit-il fermement épargnant tout de même un regard doux vers ses filles.
Drago déglutit discrètement, son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. De quoi parlait-ils ? De qui parlaient-ils ? Pendant plusieurs secondes son esprit se ferma totalement, il essayait de régner sur la panique et la jalousie qui criaient en lui.
Il sursauta sentant une main sur son avant bras. Il se secoua mentalement et tourna un regard qu'il espérait distant vers Mme Greengrass à sa droite.
« Drago, mon cher, vous allez bien ? »
« Oui, veuillez m'excuser, j'ai eu une longue journée à l'hôpital et je dois l'avouer, je m'inquiète encore de l'état d'un patient. » Mentit-il habilement.
« Vous êtes tout pardonné mon cher, évidemment. » Précisa son hôtesse d'une voix douce et affable.
« Alors et vous Drago ? Vous représentez la jeune génération après tout, que pensez-vous du comportement de M. Potter ? »
Drago manqua de s'étouffer sur sa propre langue, mais réussit à faire passer cela pour une simple surprise à la question posée.
« Je suis désolé, encore une fois avec mon travail, je n'ai pas beaucoup de temps à accorder aux frasques de Potter… Mais depuis notre première année, il a toujours apprécié se rendre intéressant. Peut-être n'est-ce qu'une autre façon, pour lui, de faire la une de nos journaux. »
Sa réflexion eut la réaction escomptée et souleva quelques petits rires pleins de retenue autour de la table. Il croisa le regard perçant de son père qui hocha discrètement la tête comme pour le féliciter de sa réponse.
Le reste du repas se passa sans autres commentaires sur la vie d'Harry mais Drago bouillait de curiosité sur ce qui avait amené le sujet, qui était 'cet homme' dont avait parlé Mme Greengrass ? Mais surtout Drago se haïssait de ne pouvoir défendre son petit ami, d'entendre et voir le dégoût des Greengrass et de ses parents à l'encontre de l'homme qui l'aimait et il y avait participé, comment pouvait-il encore se regarder dans un miroir sans se répugner ?
Quand il rentra avec ses parents, au manoir, Drago monta rapidement à sa chambre et appela un elfe de maison lui réclamant un exemplaire de cette fameuse édition spéciale de Sorcière Hebdo.
Harry y était en première page, une ancienne photo de lui prise au cours de l'été avec pour titre 'Notre héro a-t-il trouvé l'amour ?' Drago se précipita dans les pages, les tournant violement, les arrachant presque pour finalement sentir son cœur se briser voyant une seconde photo de son petit ami et d'un inconnu.
Dans la boucle de quelques secondes que montrait l'image, Harry souriait, un sourire brillant que Drago ne voyait plus que rarement sur les lèvres du brun, puis l'autre homme, un peu plus grand que lui-même, légèrement plus âgé, les cheveux d'un roux presque bronze, se penchait pour embrasser les lèvres si familières à Drago. Le baiser ne dura pas plus de deux secondes avant que la boucle ne recommence encore et encore sous les yeux du jeune Malefoy.
Son cœur se voyait bousculé comme en pleine tempête, il se sentait perdu et avait du mal à simplement penser. Il étudia la photo tellement longtemps qu'il ne remarqua pas, lorsque enfin il retrouva ses facultés, que deux heures du matin était passé.
Il jeta le magazine dans le feu de sa cheminée personnelle et attrapa sa baguette et une cape avant de partir. Dévalant les marches sans attendre et en quelques minutes il était dehors, sa cape sur les épaules, il traversa l'allée de gravier menant jusqu'au portail et frontières des sortilèges anti-transplannage du manoir et disparu, dans un crac sonore, une fois de l'autre côté.
En arrivant devant le 12 Square Grimmaurd, Drago regarda finalement sa montre et voyant l'heure tardive, hésita une seconde avant de déverrouiller la porte.
Il entra tout de même prenant garde à ne pas faire de bruit, il laissa sa cape sur la rambarde de l'escalier avec la robe de sorcier qu'il avait porté chez les Greengrass, il défit sa cravate en montant à la chambre d'Harry. La porte grinça légèrement quand il la poussa, il distingua facilement le corps de son amant sous ses couvertures, emmitouflé comme un ours en hivernation. Drago sourit à cette vision et sentit le poids sur son cœur s'évaporer comme neige au soleil. Il se défit silencieusement de chacun de ses vêtements, ne gardant que son boxer et se glissa dans le lit, à côté d'Harry.
Il lutta un peu pour passer sous les couvertures et il passa ses bras autour de la taille de son amant, rassurant ses doutes, respirant pleinement l'odeur du shampoing d'Harry.
« Mmmh… » Gémit Harry dans son sommeil rapprochant son dos du torse de Drago, ses mains vinrent prendre celles de Drago sur sa taille et leurs doigts se mêlèrent. « T'en as mis du temps… » Marmonna Harry.
Drago pouffa de rire et resserra encore son étreinte, Harry l'avait attendu.
« Tu as vu la photo ? » Demanda son amant se tournant vers lui et clignant faiblement des paupières. Drago déglutit et hocha la tête. Harry se blottit contre lui et laissa son visage se réfugier dans le cou de Drago où ses lèvres effleurèrent doucement sa pomme d'Adam. « Je l'ai repoussé, il m'a eu par surprise… Je ne savais pas qu'il y avait un journalis-
« Chut… Je sais, rendors-toi Harry, je sais… » Le coupa Drago régnant sur sa jalousie et serrant Harry contre lui.
Le matin suivant, ni l'un ni l'autre n'avait eu envie de perdre leur temps à parler de cet article ou de cette photo, ils ne parlèrent ni de l'infirmier ni des Greengrass, se concentrant seulement l'un sur l'autre.
Ils s'étaient levés aux aurores pour profiter d'un petit déjeuner ensemble, un moment comme ils n'en n'avaient plus connu depuis longtemps. Harry lui souriait par-dessus son mug de café pendant que Drago lisait distraitement l'édition matinale de la Gazette du Sorcier. Ils restèrent là, à échanger des sourires complices, des regards coquins et des petites anecdotes simples sur leurs travails respectifs.
Drago mentionna les jumeaux qui venaient au moins deux fois par mois, pour une intoxication à telle ou telle potions, des enfants de huit ans qui seraient bientôt le cauchemar de Mme Pomfresh à Poudlard.
Harry lui parla de Carlotta sa nouvelle coéquipière à l'académie, une jeune italienne de leur âge qui était venue s'installer à Londres pour suivre son fiancé, un ancien Serdaigle de deux ans leur aîné qui travaillait lui-même au Ministère au Département des relations internationales.
Drago profita même d'Harry faisant la petite vaisselle matinale, venant se blottir dans son dos comme il avait l'habitude de le faire et laissant ses lèvres traîner dans son cou. Il sentit son amant frissonner sous son touché, se détendre contre lui et chercher une friction attirante collant ses fesses langoureusement contre le pelvis de Drago. Ce dernier gronda se sentant durcir.
« Harry… Je dois prendre ma garde dans une demie heure… » Souffla t-il à son oreille.
« Et ? » L'interrogea Harry insistant sur le mouvement de son bassin. Drago pouffa de rire et glissa ses mains sous le pull de Harry.
« Et, défais ta ceinture avant que je ne l'arrache ! » Gronda Drago d'un ton amusé.
« Mmmh, charmant ! » Plaisanta Harry ses mains défaisant déjà la boucle de sa ceinture et déboutonnant son jean.
Drago baissa urgemment le pantalon de son amant, le laissant sur ses cuisses et défit seulement sa braguette, en quelques secondes, il avait conjuré un peu de lubrifiant et pénétrait son petit ami de son index. Sous la pression Harry tomba en avant se retenant tout juste à l'évier et s'appuyant sur ses bras.
« C'est ce que tu voulais non ? » Murmura Drago rapprochant ses lèvres de la nuque de son amant.
« Pas tout à fait… Mmmh… Mais t'en n'es pas loin. » Haleta Harry accompagnant les mouvements de la main de Drago. Ce dernier pouffa encore de rire.
« Non, pas très loin… » Drago insinua un autre doigt aussi vite que possible. « Là, c'est mieux ? » Ajouta t-il sur le même ton badin.
Harry hocha la tête entre deux gémissements de plaisir, Drago passa sa main libre sur l'érection de son petit ami, le stimulant un peu plus. Quand il senti ses jambes trembler, Drago se colla un peu plus à Harry pour le soutenir, embrassant avidement son cou et le bas de sa mâchoire.
Harry se tordit le cou pour répondre à ce baiser et leurs langues se rencontrèrent dans un ballet brûlant. Se soutenant à l'évier d'un seul bras, le brun accrocha l'autre autour du cou de Drago. Ce dernier aperçut un sourire goguenard sur le visage de son petit ami. C'était comme si la tension de ces dernières semaines n'avait jamais existé, leur complicité, leur passion, leur besoin l'un de l'autre avaient balayé les disputes, les non-dits, les mensonges et la jalousie.
« Drago, maintenant, prends moi maintenant ! » Gronda Harry entre ses dents alors qu'il s'arquait contre son amant. Ce dernier l'accueilli entre ses bras naturellement comme s'il appartenait à cet endroit.
« Avec grand plaisir. » Pouffa Drago adorant chaque seconde de l'urgence et de l'insistance dans la voix d'Harry. Il conjura un peu plus de lubrifiant pour lui-même et en quelques secondes la pression sur ses reins fut finalement soulagée lorsqu'il sentit la chaleur d'Harry autour de lui.
Il bougèrent ensemble pour trouver un rythme, mais ni l'un ni l'autre ne voulait prendre son temps ce matin là. Ils avaient besoin de jouir, ils avaient besoin de se sentir un.
Drago continuait de stimuler Harry d'une main, haletant dans son cou, y léchant et suçotant la chair et la mordillant ou étouffant ses propres gémissements.
« Harry ! Hey, Harry ?! T'es là haut ? »
« Oh merde, Ron ! » S'écria Harry, mordant aussitôt sa propre main pour retenir son cri de plaisir alors qu'il jouissait dans la main de Drago.
« J'espère que ce n'est pas à lui que tu pensais à l'instant, Potter, je risquerais de le prendre très mal… » Murmura Drago amenant sa main à sa bouche pour lécher le goût d'Harry. Sans cesser ses vas et vient.
« Très drôle, dépêche- oh ! Merlin ! Juste là ! Oui… Dra-
« Chut, Potter… Il va t'entendre… » Le coupa Drago plaquant une main sur la bouche d'Harry et étouffant ses gémissements. Il accentua un peu plus ses coups de reins. Les ponctuant presque violement. De son autre main, il attrapa sa baguette dans la poche arrière de son pantalon et l'agita vers la porte de la cuisine en haut des escaliers menant au rez-de-chaussée.
« Mione ! Il est pas dans sa chambre ! Vas voir dans la cuisine, nous a peut-être pas entendu ! » Cria la voix de Weasley dans les étages supérieurs.
« Salazar, faut-il vraiment qu'ils viennent te sortir du lit ? » Plaisanta amèrement Drago se sentant finalement jouir à son tour et se relaxant une seconde contre le dos de son petit ami.
« Harry ?! Harry ?! T'es en bas ? »
Le couple se défit l'un de l'autre en entendant Hermione tenter d'ouvrir la porte de la cuisine. Harry remonta rapidement son pantalon après un petit sortilège de Drago pour le nettoyer un peu, il reprenait encore son souffle quand le blond attrapa son visage et l'embrassa longuement. Harry le repoussa et offrit un large sourire à son petit ami.
« Elle va réussir à ouvrir si je ne monte pas vite. » Dit Harry un sourcil levé vers l'escalier, replaçant ses lunettes sur son nez.
Drago passa un pouce humide près de ses lèvres comme pour enlever quelque chose et sourit à son tour.
« Je fermerais derrière moi, files vite avant que je ne sois en retard ! » Chuchota t-il un large sourire coquin sur les lèvres.
« Tu reviens ce soir ? » Lui demanda Harry sans quitter les bras de Drago. Ce dernier hocha la tête.
« J'ai promis de dîner avec Pansy et Blaise, je viendrais après. »
« Harry ! » Cria la voix alarmé de Granger faisant presque sursauté Drago, il entendit la porte être malmenée dans ses gongs.
Harry leva les yeux au ciel, il embrassa encore Drago et s'écarta grimpant les marches deux par deux sa baguette en main.
« Ca va Hermione, pas besoin de défoncer la porte ! »
Drago s'enfonça dans la cuisine juste au cas où et entendit la porte s'ouvrir et un cri d'exclamation de Granger.
« Pourquoi cette porte était ferm- Mais dans quel état es-tu- Oh Merlin ! Harry ! Dans la cuisine ! » Trop intelligente pour son propre bien et vu l'allure qu'avait Harry en montant, il était évident qu'elle avait compris ce qu'il venait de faire dans la cuisine.
« La chambre était trop loin. » Lui répondit un Harry que Drago imaginait facilement en train de hausser les épaules malgré ses joues furieusement rouges d'embarras.
Drago étouffa son rire derrière sa main. Et se figea en entendant la suite.
« C'est qui cette fois ? Le fameux infirmier que t'as présenté Ginny hier ? Comment il s'appelle déjà ? Branson ? »
« Non pas Branson, quelqu'un que tu connais pas. On y va avant d'être en retard ? »
« Harry…
« Hermione, non, s'il te plaît… »
« D'accord, je ne dis rien, mais j'espère juste que tu fais attention. » Il y eut un long silence comblé par des bruits de pas puis la voix de Weasley saluant Harry, d'autres bruits de pas, la porte d'entrée qui claque et plus rien. Drago était finalement seul dans la grande maison de ses ancêtres.
Il le savait, Harry l'avait prévenu, il était au courant. Il le savait. Ce n'était pas grave, ce n'était rien. Non, ce n'était.
Mais l'était-ce quand cet homme ne cessait de se pencher ainsi sur son petit ami pour lui murmurer des trucs à l'oreille ? N'était-ce toujours rien quand Harry lui souriait d'un sourire que Drago avait pensé réservés à lui seul ? Etait-ce rien encore quand ses mains inconnues traînaient trop longtemps sur les bras d'Harry ? Etait-ce rien quand Harry avait l'air si heureux, si calme ? Quand ses joues rosissaient légèrement sous les messes basses de ce type ? Etait-ce rien de voir cette apparente complicité ? Et comment pouvaient-ils être aussi proches alors qu'ils se connaissaient depuis moins d'une semaine ?
Drago serrait les poings et sa mâchoires si fort qu'il sentait ses dents grincer presque se déchausser sous la pression qu'il exerçait sur elles.
« Drago ? » Tonna la petite et douce voix d'Astoria à sa droite. Le jeune homme reteint sa surprise et régna difficilement sur sa jalousie et les sombres pensées qui l'accompagnaient et posa un regard patient sur la jeune femme. « Ca va ? Tu me sembles pâle. »
Drago tenta un sourire rassurant, convaincant même au regard de sa cavalière.
« Longue journée et je dois dire qu'être ici n'est pas… Je ne veux pas t'ennuyer avec cela, Astoria. » S'interrompit-il jetant un œil autour d'eux essayant de ne pas s'arrêter une nouvelle fois sur Harry de l'autre côté de l'Atrium.
Le Bal de Noël du Ministère n'avait pas fait dans la dentelle cette année, les décorations rouges, dorées, vert sapin, les couronnes de houx, les branches de guis, les guirlandes lumineuses qui flottaient haut au dessus de leurs têtes, tout étaient d'une magnifique délicatesse. De quoi retourner les esprits des Sorciers et Sorcières présents, embrumés par des alcools somptueux et délectés par des mets extraordinaire, tout autour des invités paraissait sublimé, par la magie ou juste l'esprit de Noël, Drago n'aurait su le dire, mais cette effervescence, il savait qu'il aurait pu y goûter lui aussi, s'il ne se débattait pas contre la rage de sa jalousie.
Il avait laissé sa mère lui préparer une robe élégante et cintrée aux épaules et à la taille, en gris cendré, les manches se fermant sur ses poignets délicats par deux boutons de manchette ouvragé en argent finement sculpté en étoiles, serties d'un diamant étincelant à chaque mouvement de ses mains, un héritage Black, lui avait dit sa mère alors qu'elle l'avait aidé à les passer. La horde de bouton de nacre noir fermant sa robe sur le côté droit de son torse fin l'affinant un peu plus et soulignant sa taille, le vêtement lui descendait aux genoux, s'évasant légèrement sur ses hanches et se terminait sur un liserait noir profond, un pantalon coupé sur mesure, droit et noir lui couvrait les jambes et l'ensemble faisait ressortir la pâleur de sa peau, la sublimant comme une peau d'albâtre, le blond neigeux de ses cheveux tombant autour de son visage comme une cascade de soie fut un sujet de discorde entre sa mère et lui toute la semaine écoulée. Elle les voulait court et plaqué en arrière comme il l'eut fait autrefois mais lui les préférait ainsi, ordonnés et coiffés, mais bien plus naturels. La longueur, il devait l'admettre, le gênait, il n'y était pas habitué, mais Harry lui avait avoué l'aimer ainsi, lors d'une douce soirée quelques semaines plutôt quand tout allait encore bien.
Il pouvait encore sentir la chaleur du feu dans l'âtre en face du canapé, les effluves des bûches crépitant sous les flammes, et Harry. Harry et son shampoing d'enfant, son chaume piquant et sombre de fin de journée, ses yeux vert si singulier et la lueur badine qui les éclairait.
Il était lui-même allongé de tout son long sur le canapé, ses jambes trop longues, croisées au niveau des chevilles et dépassant sur l'accoudoir et Harry affalé contre son torse, il était d'abord venu ennuyé Drago pendant une lecture, se mettant à califourchon sur ses hanches et le titillant et le déconcentrant jusqu'à ce que toute l'attention du blond soit sur lui. Il n'avait pas fallu longtemps à Drago pour oublié son ouvrage des « Maladies magiques infectieuses infantiles traitable par potion » et amené Harry à lui dans un long et tendre baiser. Puis ils restèrent ainsi et se murmurèrent des confidences sans intérêts ne voulant pas briser ce doux silence les entourant de chaleur et de tendresse. Harry dessinait des symboles hasardeux sur la tempe son compagnon, sa propre tête posées sous le menton de Drago, il regardait attentivement les méplats de ce visage à la peau laiteuse et amenait ses doigts doucement sur ses pommettes et l'arrête de son nez pour relier entre elles les quelques tâches rousseurs presque invisible de Drago. Ce dernier s'oublia à simplement passer une main dans l'épaisse chevelure noire de jais de son petit ami et s'amusait du contraste avec sa propre peau. Puis Harry vint passer ses doigts dans les mèches de Drago et constata que celles-ci étaient plus longues. Drago l'interrogea d'un regard tentant de dissimuler sa crainte qu'Harry lui trouve trop de ressemblance avec Lucius et l'abandonne alors mais Harry avait sourit et dit qu'il aimât.
Drago revint à lui sous l'insistance d'Astoria murmurant son prénom pour la énième fois, il s'excusa et se rendit compte qu'une fois encore son regard s'était posé là où se trouvait Harry, riant avec Weasley, Granger, la fille Weasley et son cavalier accroché férocement à elle et ce type, cet infirmier que Drago haïssait juste pour respirer le même air que son petit ami quand lui devait rester si loin.
Pourquoi avait-il accepté cette situation absurde déjà ?
Ah oui, Astoria…
Pauvre fille, se dit Drago se morigénant du venin de sa pensée, elle n'avait rien demandé non plus c'était leurs pères qui avaient tout manigancé et organisé. Du moins dans son cas, Lucius avait imposé le rendez-vous sans qu'il n'ait voix au chapitre. Il les avait suggéré fiancés dans la presse ou en voie de l'être, piégeant Drago dans son plan perfide pour relever le statut social de son nom. Drago lui en voulait tellement de se servir de lui ainsi, mais avait-il vraiment le choix ?
Le seul qu'il voyait c'était de dire la vérité, cette vérité le pousserait à choisir entre sa famille et Harry. Comment pouvait-on faire ce choix ? Comment pouvait-on se couper d'une personne qu'on aimât au profit d'une autre ? S'il choisissait Harry, il perdait ses parents et même si son père avait ses défauts et ses tords, Lucius avait toujours été bienveillant envers lui, du moins à mesure que leur permettait les traditions de leurs familles. Et sa mère ? Etait-il prêt à la perdre, elle entre tous ? Il avait tout risqué pour elle par le passé, sa propre vie même, il avait été prêt à tuer pour elle, pouvait-il imaginer ne serait-ce qu'un instant sa vie sans elle ? Non. Non, c'était juste impossible. Mais dans ce cas, s'il choisissait ses parents, il perdait Harry.
Il baissa les yeux sur ce confus d'Astoria, il tenta un vain sourire.
« Tu ne veux pas vraiment être là, n'est-ce pas ? Daphné m'avait prévenue… » Soupira t-elle finissant par ce murmure presque inaudible que Drago entendit même s'il ne lui était pas destiné.
« Je ne comprends pas ? De quoi t'a-t-elle prévenue ? »
« Daphné pense que ce rendez-vous a été arrangé par ton père, que tu n'es pas… Que tu ne voulais pas venir… Avec moi. » Révéla timidement la jeune femme, ses joues rosissant sous son léger maquillage.
Drago comprit alors que leurs situations étaient clairement différentes, lui était là sous couvert de son devoir d'obédience envers son père tandis que Astoria admettait être là par choix. S'il ne la détrompait pas il risquait de la blesser et de réduire à néant les espoirs de son père et créer une tension entre Lucius et lui, comme dans les affaires entre leurs deux familles. Et s'il la détrompait, elle croirait alors qu'il est intéressé par elle, et son objectif n'était pas de lui faire croire cela, ce n'était pas de la mener en bateau.
Alors qu'il s'apprêtait à parler sans vraiment savoir ce qu'il allait dire, un raclement de gorge l'interrompit et il se tourna pour trouver le Ministre Shacklebott dans son dos, lui souriant avec un regard avenant, néanmoins Drago reconnu une certaine réserve dans sa posture, bien dissimulée mais tout de même présente.
L'homme comme tous les convives portait une élégante robe de sorcier colorée, la sienne d'un bleu électrique satinée était cintrée à la taille par une ceinture de soie jaune tacheté de brun rappelant le pelage d'un léopard et remontait en écharpe sur son épaule droite, une toque assortie était posée de biais sur sa tête et sa robe descendait jusqu'à ses chevilles.
Drago lui rendit un sourire accueillant et respectueux avant de le saluer aussi poliment qu'humblement. Et ce fut entièrement hypocrite car Drago n'avait peut-être aucune forme d'inimitié envers le Ministre mais il n'avait pas non plus la moindre parcelle d'amitié pour lui. Il utilisait simplement les enseignements de sa mère sur comment se tenir en société, il était respectueux d'un de ses aînés et pairs et de la fonction qu'il occupât mais pour le reste, Shacklebott ne méritait pas plus sa considération qu'un autre politique du Magenmagot.
« Monsieur le Ministre. » Dit-il calmement en se permettant une inclinaison de la tête marquant son respect.
Drago faisait la même taille que Shacklebott mais ce dernier avait une carrure plus imposante et carrée, des années au Département des Aurores et deux guerres contre les mangemorts en étaient sans aucun doute responsables et malgré un léger embonpoint, le Ministre d'origine Jamaïcaine restait en bonne forme pour un homme approchant les soixante ans.
« Jeune Monsieur Malefoy et Mademoiselle Greengrass, n'est-ce pas ? » Répondit de la même politesse l'officielle tendant une poigne à Drago puis baisant légèrement la main d'Astoria qui lui souriait respectueusement. « Je suis heureux que vous ayez accepté l'invitation M. Malefoy. » Ajouta ensuite Shacklebott en revenant sur lui.
« M. Malefoy est mon père, Ministre Shacklebott, appelez moi Drago, je vous pries, et je remercie le Ministère de l'invitation et de la confiance qu'on a octroyé à ma famille. » Drago employa un ton tout à fait politique, une manière de parler que lui avait enseigner Lucius, en utilisant le mot famille, il insinuait que lui faire un quelconque honneur à lui revenait à le faire à sa famille aussi, c'était ce pourquoi Lucius avait tant insisté à sa présence ce soir là. Montrer l'unité des Malefoy, ce qui touchait l'un, touchait les autres. Mais seulement quand c'était bénéficiale.
« Vous avez fait un long chemin depuis votre procès et vous le méritez, je n'ai que bons échos de vous, que cela vienne du professeur McGonagall ou de vos pairs à Ste Mangouste. Les erreurs d'une jeunesse inexpérimentée ne devraient jamais influer sur l'avenir quand le repentir est sincère. »
« Augutus Melmann, 1812, 'La responsabilité des jeunes sorciers dans les actes de magie incontrôlées, première étude de l'instauration d'un âge légal d'utilisation de la magie chez les sorciers de premier cycle.' » Récita Drago presque laconiquement, reconnaissant aisément la citation du Ministre. Les deux hommes échangèrent un long regard entendu.
« J'aimerais vous présenter à quelques personnes si vous le permettez ? » Demanda ensuite Shacklebott mais son regard interrogateur se porta sur Astoria plutôt que Drago. La jeune femme rougissait apparemment facilement et semblait perdre sa voix sous la timidité, mais avec un effort elle finit par répondre clairement au Ministre comme on lui avait certainement enseigné.
« Ce ne sera assurément pas un problème, n'est-ce pas Drago ? » Affirma t-elle avec élégance et grâce et instaurant une intimité entre eux quand elle tourna vers lui ses trop grands yeux bleus maquillés.
Puis ce fut un Malstrom de rencontre et de discussion politiquement correctes, des noms que Drago connaissait pour les avoir étudiés avec son père, savoir quoi dire, à qui et qui faisait quoi. Il ne se trompa pas une seule fois mais une migraine pointait à ses tempes et la fatigue et la lassitude le gagnèrent rapidement. Pendant un moment, il fut soulagé de voir que ses rencontres empêchaient son esprit de se tourner vers Harry et de se concentrer sur sa jalousie, mais lorsque du coin de l'œil il vu l'infirmier essuyer un coin des lèvres de son petit ami d'un geste si intime, Drago dû serrer les poings et boire son verre de vin d'une traite pour ne pas perdre son sang froid et attaquer ce dragueur de bas étages. Depuis lors ses pensées fusaient vers Harry et il avait dû mal à se concentrer sur les conversations autour de lui.
C'était de sa faute se répétait-il sans cesse pour tenter de calmer ses nerfs, c'était lui qui avait autorisé cette farce, en acceptant d'escorter Astoria à ce bal, Drago n'avait rien pu faire pour empêcher Harry d'emmener cet imbécile qui le regardait comme une carpe en admiration. Ils avaient eu une de leur plus violente dispute quand Drago avait admis qu'il devait accompagner la jeune femme. Harry avait hurlé, Drago l'avait laissé faire, puis Harry avait failli lui lancer l'ultimatum que Drago redoutait tant, mais il s'était retint à la dernière seconde et avait fermé son visage et croisés ses bras sur le torse, vrillant Drago d'un regard défiant. Si un jour Potter avait posé ce regard là sur Voldemort Drago s'étonna que le serpent n'avait pas pris la fuite. Car dans ces prunelles Drago trouva de la fureur et une détermination sans faille, un confiance en lui qui frôlait l'insolence et aucune trace de peur aussi infime fut t-elle.
« Dans ce cas, moi aussi j'irais accompagné. Branson sera très bien, ils pensent déjà tous que j'irais avec lui. » Affirma Harry sans même cillé alors que Drago avait l'impression de se décomposer devant lui.
Et ce fut son tour de hurler. « Non ! C'était hors de question ! » Cela n'avait rien à voir, ce sale type voulait coucher avec Harry, Drago n'avait aucun désir pour Astoria, il répondait à un devoir familial pas à une attirance. Puis Harry hurla encore et cette fois il s'en pris directement à Astoria qu'il avait laissé en dehors jusque là. Il cria qu'elle aussi attendait plus de Drago mais ce dernier réfuta en bloc convaincu alors que la jeune femme avait aussi été contrainte que lui l'était.
Quel idiot il avait été… Evidemment Harry avait eu raison et ça rongeait Drago autant que sa jalousie.
La dispute avait continué jusqu'à ce qu'épuisé l'un et l'autre viennent à un accord. Ils seraient égaux, si l'un était accompagné, l'autre le serait aussi et la jalousie ne devrait être mentionnée. Drago avait accepté plus qu'à contre cœur, mais il reconnaissait que c'était lui qui les mettait dans cette situation.
Drago essayait de se concentrer sur sa conversation avec Agathe Bright la directrice du département de contrôle et régulation des imports-exports de nourriture et boissons magique, la personne la plus importante à qui il devait parler ce soir pour les affaires de la famille Malefoy car sans son accord, le vin familial restait bloqué en France. Pourtant, son attention ne cessait de se tourner vers Harry… Merlin, c'était bien plus difficile que ce qu'il avait pensé. C'était la première fois, depuis qu'ils étaient ensemble, que les deux hommes se retrouvaient dans un évènement aussi public, c'était la première fois qu'ils devaient s'ignorer l'un l'autre à cause des regards extérieurs.
A ses côtés, Astoria, tenant son bras répondit à une question de Agathe Bright sur les vignobles Malefoy, surprenant Drago par sa connaissance des cultures de sa famille et c'est là qu'il comprit pourquoi ses parents avaient choisi la jeune femme.
« Nous avons pu visiter le Domaine l'été dernier lors d'un voyage avec ma famille, c'est un très bel endroit et les vignobles sont tout bonnement merveilleux, j'ai pu goûter au cru de l'an dernier, je trouve dommage qu'on ne puisse le trouver en Angleterre. »
Drago ne savait pas que les Greengrass avaient séjourné dans le Domaine. Lui-même, avec l'autorisation du Ministère y avait passé deux semaines pour vérifier l'état du Domaine sous les ordres de Lucius, il s'était servit de cette autorisation pour passer du temps avec Pansy, Blaise et Theo sur les côtes Méditerranéennes mais n'avait jamais croisé les Greengrass lors de son passage dans les vignobles, même son père n'avait pas jugé bon de lui dire que la famille d'Astoria avait séjourné là-bas.
« J'ai envoyé un délégué sur votre Domaine il y a quelques semaines, j'ai son rapport sur mon bureau et la commission de révision des permis d'importation se réunira juste après les fêtes de fin d'année, je vous y retrouverais alors Monsieur Malefoy ? » C'était évidemment une question, la Directrice voulait savoir si elle aurait à faire à lui ou son père, et Drago comprit facilement le message sous-jacent, si Lucius se présentait à la place de Drago, rien ne garantissait que l'autorisation leur soit donnée. Drago avait bien comprit au cours de la soirée que la disgrâce des Malefoy tombait surtout sur Lucius, les représentants du Ministère avec qui il s'était entretenu pouvaient le pardonner, lui, à cause de sa jeunesse mais pour Lucius, il faudrait bien plus que de jolis mots.
« Evidemment, je prendrais les dispositions nécessaires avec mon emploi du temps à Ste Mangouste une fois que j'aurais reçu la convocation de la Commission. » Répondit Drago poliment inclinant respectueusement la tête.
« Ste Mangouste à l'air de vous prendre beaucoup de temps ? » Rétorqua le Ministre Shacklebott qui n'avait rien perdu de la conversation malgré qu'il fût abordé par son secrétaire au début de celle-ci. Drago allait répondre par l'affirmative mais son regard accrocha celui d'Harry qui passait derrière Shacklebott. Ce dernier suivit le regard de Drago et son visage se fendit d'un large sourire. « Ah, Harry ! » Tonna sa puissante voix grave arrêtant nette l'avancée d'Harry et Granger, Harry sourit détachant rapidement ses yeux de Drago et les posant sur le Ministre. Il s'approcha tendant une poignée de main amicale au Ministre.
« Monsieur le Ministre. » Salua t-il avec un sourire sincère mais visiblement malaisé par la proximité avec Drago peut-être.
« Pas de ça entre nous Harry, s'il te plaît. Hermione, comment vas-tu ? » Ajouta t-il serrant ensuite la main de Granger. Celle-ci lui répondit poliment, félicitant le travail de décoration fait sur l'Atrium et la splendeur de la soirée. Mais Drago ne l'écoutait pas, il était bien trop occupé à éviter le regard de son petit ami. « Ah ! Que je vous présente, voici Agathe Bright du Département de contrôle et régulation des imports-exports des denrées magique, et vous connaissez tous deux Drago Malefoy il me semble et sa cavalière Mlle Astoria Greengrass. » Introduisit le Ministre semblant se rappeler la présence des trois autres personnes à ses côtés.
Granger sourit amicalement à Mme Bright lui serrant la main poliment mais offrit un regard froid à Drago puis une poignée de main brève à Astoria. Puis Harry refit le même geste, mais opposa la froideur de ses yeux à Astoria et tendit sa main à Drago, sous le regard ébahit de Granger.
« Malefoy… Hum, ça faisait longtemps. » Dit-il se raclant la gorge avec une légère hésitation feinte. Drago alla de sa main tendue à ses yeux et y reconnu un éclat de défit amusé. Il prit alors la main de son petit ami et laissa son pouce décrire un rapide cercle sur le dos de sa main.
« Potter, nouvelles lunettes ? » Drago répondait autant à Harry qu'à ce défi muet.
Granger gronda presque et ses yeux s'exorbitèrent à la remarque de Drago. Oui, Harry avait changé de lunettes, mais Drago était déjà au courant, les binocles étaient toujours aussi rondes et larges mais la monture noire et épaisse dans cet espèce de plastique qu'affectionnaient les moldus, avait laissé place à une délicate monture élégante et plus fine en acier noir.
Harry pouffa de rire dans sa main et redressa ses lunettes sur son nez comme un réflexe. Il hocha la tête lançant un regard badin par-dessous ses cils à Drago et ignorant l'outrage de Granger.
« Ouais, quelqu'un a trouvé amusant de me voler les anciennes. » Révéla Harry sur le même ton plaisantin. L'un et l'autre savaient pertinemment qui était ce 'quelqu'un' même si Drago continuait de se défendre de l'acte.
Drago se contenta d'un hochement de tête d'une fausse froideur et détourna son regard de celui d'Harry pour s'hasarder sur Granger dont l'expression revêche frisait le ridicule.
« Comment se passe votre soirée tous les deux ? » Les interrogea ensuite Shacklebott brisant le silence qui s'installait.
« Très bien Kingsley, l'Atrium est méconnaissable, c'est incroyable ce que vous en avez fait. » Le complimenta encore une Granger toujours aussi bêcheuse. Harry lui n'avait pas décroché son regard de Drago, il semblait y chercher quelque chose comme une permission peut-être.
« Le mérite ne m'en revient pas, mais le Département des fêtes sera ravi de savoir que ça vous plaît. »
Drago sentait sur lui l'insistance des prunelles vertes de son petit ami et même en essayant de toute sa volonté, il ne pouvait l'ignorer d'avantage. Alors la nuque toujours aussi raide et le menton légèrement relevé, il se tourna à nouveau sur Harry, baissant légèrement le ton pour un peu plus de confidence sans pour autant ne plus être audible des autres personnes autour d'eux, il se lança dans une conversation polie.
« J'ai entendu dire que tu étais recrue chez les Aurores. » Pas une question, évidemment, il fallait être un véritable ermite pour ignorer que Harry Potter suivait la formation des Aurores. L'intéressé soupira imperceptiblement de soulagement et hocha la tête avec un léger sourire. C'était donc bien une permission qu'il avait attendue de Drago, une autorisation d'au moins se parler civilement devant d'autres personnes.
« Oui, et toi, interne en médicomagie, c'est Madame Pomfresh qui doit être contente. » Ajouta t-il aussi ses yeux pétillants de ravissement, dissimulé par une hésitation feinte.
« Elle m'a beaucoup aidé. La vieille matrone a passé toute l'année dernière à me sermonner, au final j'ai fini par suivre ses conseils. » S'amusa Drago au souvenir de leur infirmière scolaire.
« Ma tante travaille elle-même à Ste Mangouste et ne tarie pas d'éloge sur Drago, elle dit qu'il est de loin le meilleur interne de sa promotion. » Intervint Astoria s'accrochant possessive, au bras de son cavalier, mais gardant un sourire sincère et fier.
Le visage d'Harry se ferma aussitôt qu'il vit le geste et malgré lui, ses sourcils se froncèrent légèrement. Mais assez visible pour que Drago le remarquât. Et alors que Drago tentait de trouver une solution rapide à l'énervement de son petit ami, Granger s'intéressa à eux.
« Astoria Greengrass, n'est-ce pas ? C'est grâce à cette tante que vous connaissez Malefoy ? » Demanda t-elle se rapprochant d'eux, un air calculateur sur le visage et délaissant le Ministre qui observait la scène d'un œil patient.
Astoria se tourna vers Granger avec toute sa grâce et releva légèrement le menton.
« Non, bien sûr, Drago ne savait même pas que j'avais une tante jusqu'à il y a peu, j'ai rencontré Drago à Poudlard, évidemment, mais comme je suis moins âgée, il ne savait pas que j'existais. » Astoria laissa un petit rire cristallin s'échapper de sa gorge, elle regarda Drago une seconde semblant chercher ses mots puis reprit. « A vrai dire, il n'avait pas mon attention non plus, mais l'été dernier, lors de mon voyage en France, mes parents m'ont fait visiter les vignobles des Malefoy, j'y ai aperçu Drago, un jour, il marchait dans les vignes. J'ai su à ce moment là que c'était l'homme que j'épouserais. » Les yeux étincelants d'Astoria se posèrent à nouveau sur Drago et ce dernier fut surpris par cette révélation, si bien qu'il en resta muet, puis ce fut la stupeur qui le prit quand il se rappela à qui Astoria venait de parler.
Ses yeux gris allèrent chercher les verts d'Harry, il trouva un visage, étrangement blême, dur et froid.
« Excusez-moi… Je crois que j'ai- a-abusé du champagne. » Dit le brun, incapable de cacher les tremblements dans sa voix même avec les dents et mâchoires serrées. Il tendit son verre à Granger et avant que personne ne puisse dire quoi que ce soit, Harry s'en alla d'un pas rapide, s'urgeant en direction des toilettes les plus proches.
Drago ne croisa plus Harry de toute la soirée, il ne le vit plus avant que le brun rejoigne le Ministre Shacklebott sur la scène où il fit son discours. Drago sut alors, au teint gris de son petit ami que ce dernier avait été malade et que la colère et la frustration l'avaient totalement gagné. Potter avait raccourci son discours, il en avait coupé plus de la moitié et dès qu'il eut finit, il quitta la scène et disparu de l'Atrium.
Malgré les efforts qu'il avait fait pour ne plus penser à Harry, son esprit était entièrement tourné vers lui et Drago avait été distrait tout le reste du bal. Lorsque enfin, la soirée toucha à sa fin, Drago raccompagna Astoria sur le perron de l'hôtel particulier de ses parents en plein cœur de Londres. Il la salua poliment mais brièvement trop pressé de retrouver Harry et tenter de défaire les dégâts causés par la jeune femme. Alors qu'il se détournait, Astoria avait autre chose en tête pour leur au revoir. Elle attrapa vivement son poignet et se grandissant sur la pointe des pieds, elle déposa un tendre baiser sur les lèvres fines de Drago, ce fut plus une caresse qu'un baiser, un léger contact entre leurs lèvres. Mais Drago se figea tout de même et attrapant fermement les épaules de la jeune femme, il la repoussa doucement.
« Je suis désolé. Je- je dois y aller. » Balbutia Drago, incertain de la marche à suivre.
Si Drago avait su comment se finirait cette nuit, peut-être aurait-il fait les choses différemment ? Même de cela, il n'était pas sûr. Il ne savait pas comment faire les bons choix, on ne le lui avait jamais enseigné, on lui avait inculquer la préservation et la survie quoiqu'il lui en coûte mais pas à faire les bons choix. Il avait eu une conversation avec son père à propos des choix d'un homme peu avant le bal et malheureusement il n'était pas sûr de ce qu'il aurait dû comprendre dans les mots de son père.
Il trouva Harry qui l'attendait dans le salon du Square Grimmaurd. Assit sur le canapé face à la cheminée, le dos raide et les yeux rougies par d'anciennes larmes, Potter resta silencieux jusqu'à ce que Drago entre dans la pièce. Il ne se tourna pas quand il prit la parole, comme si il n'avait pas la force de regarder Drago ou comme s'il n'en valait plus la peine.
« Je n'arrête pas de me dire que tu vaux la peine que j'attende, que- que je ne dois pas te pousser, que tu- qu'on mérite une chance, ensemble. Je n'arrêtais pas de me dire ça, à chaque fois c'était ce que je me répétais. Je t'aime tellement que je pouvais attendre… »
« Harry… » Tenta Drago dans une supplique.
« Ne m'interromps pas ! C'est mon tour de parler ! J'ai tout passé, tout accepter, on a réussi à être ensemble ! Malgré tout ce qui nous séparait, mon passé, le tien, rien n'avait d'importance, c'était comme de te rencontrer pour la première fois sans tout ce qui nous avait opposé avant ! Mais ça n'a servit à rien, ça ne représente rien ! Tu ne me choisiras pas, jamais. » Harry s'était levé, la pâleur de son visage était effrayante, mais pas autant que la résignation qu'y lisait Drago. « J'en peux plus Drago… Je m'étais promis de- de ne jamais te le demander, de te laisser le temps de faire ton choix, mais je ne peux plus… Je ne peux pas vivre comme ça… » Harry laissa sa tête tomber mollement sur son encolure, il passa une main lasse dans ses cheveux et se redressa regardant Drago droit dans les yeux.
« Harry, s'il te plaît ne fais pas ça… » Le supplia Drago sans la moindre gêne.
« Pourquoi ?! Qu'est-ce qu'il va se passer sinon ? Tu vas jouer la marionnette de ton père pendant combien de temps ?! Jusqu'où tu vas aller ?! Et moi, j'aurais quelle place dans cette farce !? Tu crois que je vais rester sagement sur le côté et te regarder te marier avec elle pour t'accueillir dans mon lit le lendemain ?! » S'énerva Harry perdant le peu de patience et contrôle qu'il avait encore. Les sanglots présent dans sa voix brisèrent le cœur de Drago et pendant un instant il se vit remplir la distance entre eux, embrasser Harry tendrement, le prendre dans une étreinte réconfortante et rassurante, le serrer contre lui toute la nuit, lui faire l'amour et rentrer au Manoir le lendemain pour trouver son père préparant une nouvelle rencontre avec les Greengrass, et il irait dans le sens de Lucius car il ne savait pas s'opposer à son père et il craignait que sa mère le regarde différemment. Alors il trahirait à nouveau la confiance d'Harry et lui briserait le cœur, encore.
Drago comprit alors que tout ça, toute leur histoire n'avait été qu'un beau rêve mais que c'était trop beau pour être vrai. Et Harry aussi, avait comprit la même chose ce soir en voyant son petit ami au bras d'Astoria Greengrass et il avait passé le reste de la soirée à se résigner à perdre Drago.
L'héritier Malefoy laissa sa tête tomber dans ses mains, un rire amer dans la gorge. Quand il la redressa et fixa Harry, il songea à demander pardon, mais des larmes coulant sur ses propres joues le surprirent d'avantages, autant que ce qu'il dit ensuite.
« J'aimerais avoir ton courage parfois… » C'était un murmure si bas qu'il n'était pas sûr qu'Harry l'ait entendu.
« J'espère qu'un jour… Tu seras heureux Drago, tu le mérites. » Hésita Harry débordant de sincérité et de douleur.
Quand Drago fut dans la rue du Square Grimmaurd, la nuit avait tout enveloppé autour de lui, comme s'il était désormais seul dans l'univers. Le silence courait dans ses veines, faisait battre son cœur et détruisait chaque parcelle du bonheur auquel il avait goûté ces derniers mois.
C'est finit, se dit-il en levant la tête vers le ciel. Et comme un chant à sa tristesse, la neige se mit tomber sur son passage.
