Titre : Alpha Potentiel

Résumé : Pour avoir lâchement désobéis à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM

Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)

Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !

Note de l'auteur : J'avance, j'avance, lentement mais sûrement dans l'écriture de ma petite histoire. J'ai décidé que si j'arrivais au chapitre 15 avant la publication du chapitre 5, je posterais à raison de deux chapitres par semaine… Mais vu que je ne suis qu'au 9 (que j'entame aujourd'hui), on en est encore loin… Sans oublier que je ne dois pas négliger MF, sinon, je risque de me faire écharper également de ce côté…

Bref ! Vous avez sûrement remarqué que je n'ai pas répondu aux reviews du chapitre 1. Je m'en excuse, le travail, la fatigue, une patronne tyrannique et cinglée m'en ont empêchée. Mais promis, ça n'arrivera plus ! Sur ce… Bonne lecture d'avance !

Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Je ne sais pas si ça intéresse quelqu'un de le savoir, mais personnellement, j'apprécie lorsqu'un auteur me dit ce qu'il écoute (si l'auteur est, comme moi, inspiré par la musique). Ainsi, ce chapitre a été savamment bercé par l'OST 2 de Naruto Shippuden, avec la chanson nommée Kokuten (c'est la 18e chanson de l'OST). Je ne sais pas si vous pouvez la trouver sur Youtube ou non… Sinon, ben… tant pis ! loll

Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois, toujours en milieu de mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !

Nombre de chapitre : Pour l'instant, y'en a 8 !

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Chapitre 2 : Soumission

Avant qu'il ait eu le temps de comprendre, Draco se retrouva étalé au sol, ficelé de la tête au pied. Il grogna douloureusement et tenta de s'asseoir, mais les cordes l'en empêchèrent.

« Merde, Potter, tu avais promis ! s'énerva Draco.

-J'ai promis qu'on ne t'attaquerait pas. Pas qu'on ne se protégerait pas. Non seulement tu es le bâtard responsable de l'attaque sur Poudlard l'année dernière, mais tu es devenu un loup-garou ?

-C'est papa Malfoy qui doit être content », ironisa Weasley.

Draco gronda douloureusement. L'attaquer directement sur sa plus grosse blessure… Voilà qui n'était pas très gentil.

« Merde, j'aurais pu vous attaquer mille fois depuis que je vous ai trouvé mais je ne l'ai pas fait ! s'énerva-t-il. Laissez-moi au moins m'asseoir dignement !

-Et tu veux peut-être qu'on te donne un petit coussin pour ton royal fessier et de la nourriture, aussi ?

-J'aurais rien contre la nourriture, dit Draco, moqueur. Mais non, ça ira pour le coussin. Allez, merde, ne soyez pas si rancunier…

-Rancunier ? s'énerva Granger. C'est le sale bâtard qui nous a fait vivre un enfer, lorsque nous étions à Poudlard, qui dit ça ? »

Draco leva les yeux au ciel.

« Je savais que je n'aurais pas du vous croire et juste me barrer ! Tout ça à cause d'une putain d'odeur ! »

Un long silence accueillit sa phrase avant que Granger ne demande :

« Une odeur ? »

Draco haussa les épaules avec indifférence. Il n'allait pas leur dire qu'il avait flairé Potter et que cela lui avait plu ! Et puis quoi ?

« Je te conseille de répondre, Malfoy, gronda Potter, soudainement très proche de lui. Sinon, tu risques d'avoir très mal ! »

Draco sentit une baguette se poser contre sa gorge. Mais pire que tout, il sentit la délicieuse fragrance de Potter. Avec un couinement honteux, il tourna la tête dans sa direction et plaqua son nez le long de l'avant bras de Potter. Granger hoqueta et Weasley cria à Harry de se méfier, mais Draco se contenta de renifler la peau chaleureuse.

« Est-ce qu'il est en train de le renifler ? demanda Weasley, stupéfait.

-On dirait bien, répondit Granger.

-Arrête ça ! » s'agaça Potter, le repoussant.

Draco grogna, agacé. Sérieux, il était mal installé et il avait froid. Le loup en lui bougonnait contre ce mauvais traitement. Il savait qu'il pouvait briser les cordes, en y mettant du sien… Mais il était menacé de deux baguettes magiques, dont une appuyée contre sa gorge.

« Ecoutez, je vous jure sur ma meute que je ne vous veux pas de mal ! Je ne savais même pas qui était dans cette tente avant que vous n'en sortiez. Je ne suis pas un mangemort, je n'ai pas la marque sur mon bras !

-C'est vrai qu'il ne l'a pas, dit Granger, d'une voix légèrement gênée. Je l'ai bien vu étant donné qu'il est… euh…

-Nu, Granger, dit Draco. Je suis intégralement nu ! Et j'ai froid ! Et je ne supporte pas le froid !

-Pauvre petit aristo, se moqua Weasley.

-Ça n'a rien à voir, gronda Draco. Depuis que je suis un loup, je ne supporte pas ça. Allez, s'il vous plait… Je ne vous attaquerai pas, je vous l'ai dit ! Je n'ai même pas ma baguette, elle est restée dans mes vêtements, sous le sapin ! Allez la chercher avec eux… Ainsi, moi, je m'habille et vous, vous êtes certains que je ne vous attaque pas ! »

Il y eut un long silence. Couché sur le sol, Draco ne voyait rien.

« Hermione, va les chercher, ordonna Potter.

-Quoi ? s'énerva Weasley. Harry, tu ne vas quand même pas le laisser libre ! C'est Draco Malfoy !

-Je sais, répondit l'autre. Mais Malfoy ou pas, on ne peut pas le laisser à poil indéfiniment ! On va lui prendre sa baguette et quand il sera habillé, on lui ligotera les mains et les pieds…

-Trop aimable », marmonna Draco.

Il souffla lorsque les cordes qui l'enserraient disparurent. Ses vêtements lui furent jetés sur la tête et Draco grogna. Vraiment, ses Gryffondor, quelle délicatesse ! Péniblement, il s'habilla, ignorant le regard méfiant des deux garçons et le rougissement gêné de Granger. Quand il fut décent, des cordes s'enroulèrent autour de ses poignets et de des chevilles.

« Et mes chaussures, j'y ai pas droit ? demanda-t-il.

-Soit content d'avoir les vêtements, répliqua Weasley. Qu'est-ce que tu fiches ici ? »

Draco souffla. Vraiment pas faciles, ceux-là.

« En toute sincérité ? dit-il. Je me promenais gaiement lorsque je suis tombé sur vous… »

En réponse, Weasley lui décocha un coup de pied dans la cuisse, le faisant gronder avec rage. Weasley ne se doutait pas de combien il pouvait être dangereux.

« Je te le déconseille, lui dit Potter, plaçant sa baguette sur son front. Réponds honnêtement…

-Mais c'est la vérité ! lui dit Draco, agacé. Je me promenais réellement sans aucune raison ! Joshua m'avait donné l'autorisation d'aller à l'extérieur du village pour me familiariser avec les hommes normaux… mais j'ai la ville en horreur, il y a beaucoup trop d'odeurs, ça finit par me rendre malade. Alors je suis venu dans les bois… Je ne pensais pas tomber sur vous ! Mais après un moment, j'ai fini par sentir des odeurs, à nouveau. Autre que celles des animaux et des bois, je veux dire… ça m'a étonné, alors je suis venu voir. Je me suis planqué dans le sapin en attendant de voir qui était là… Je n'aurais pas du m'approcher, mais sérieux, votre viande sent vraiment bon et j'ai une dale d'enfer. Je pensais faire le gentil louloup qui veut un peu de nourriture… Faut-il que vous soyez si… observateurs ! »

Il n'allait pas dire intelligent… Certes, il admettait que Granger méritait des honneurs pour l'avoir reconnu tout de suite, mais de là à la complimenter…

« Tu nous as flairer ? demanda Granger, stupéfaite.

-Oui, répondit Draco d'une voix basse. J'ai senti une odeur de terre, de fleur et d'agrume. Vos odeurs respectives. Celle aux agrumes me plaisait bien… je voulais juste voir qui s'était… Je ne pensais vraiment pas que c'était vous…

-Qui sent l'agrume, demanda Weasley, portant son bras à son nez. Je sens l'agrume ?

-Non, répondit Draco. La terre. Granger sent la fleur… »

Les deux concernés se tournèrent aussitôt vers Potter. Ce dernier regardait ses membres avec curiosité.

« Je ne sens rien, dit-il.

-C'est normal, souffla Draco. C'est votre odeur corporelle… on ne la sent généralement pas sur soi-même. Granger pourrait peut-être te sentir… Ou Weasley. Mais il faut avoir un bon nez. »

Un silence accueillit sa révélation. Weasley semblait perturbé par ses explications. Draco souffla alors qu'il portait les yeux sur la viande abandonnée près du feu. Elle saignait un peu… C'était vraiment très tentant d'y plonger les dents… Mais il avait des manières… Et il était toujours menacé par Potter.

« Depuis quand tu es un… un loup-garou ? demanda Granger, hésitante.

-Depuis fin juin, répondit honnêtement Draco. C'est un accident. Le Serpent m'a puni car je n'ai pas pu tuer Dumbledore. Il m'a envoyé surveiller les loups-garous… Il n'avait pas confiance en eux, à raison d'ailleurs. Je n'aurai pas du être mordu, Greyback avait ordonné à la meute de ne pas me toucher. Les nuits de pleine lune, je devais rester dans sa maison… aucun adulte digne de ce nom n'aurait désobéit à Greyback… mais les enfants n'ont pas encore conscience de la hiérarchie de la meute et l'un d'eux est entré dans la maison… Pour autant, il n'était pas dangereux car les enfants prennent de la potion tue-loup tant qu'ils ne sont pas capables de maîtriser le loup en eux… Mais celui qui est entré dans la maison cette nuit là s'est blessé… j'ai voulu l'aider, mais je lui ai fait mal alors il m'a mordu… »

A nouveau, les trois Gryffondor se turent. Puis, étonné, Potter dit :

« Greyback est contre Vol…

-Ne dis pas son nom ! s'exclama Draco. Il est tabou !

-Tabou ! s'exclama Weasley. C'est donc pour ça qu'ils nous ont trouvé à Londres… Je te l'avais dit, Harry, qu'il ne fallait pas dire son nom !

-Tabou ? demanda Potter, ignorant.

-Chaque fois que quelqu'un dit son nom, les mangemorts transplanent automatiquement à l'endroit où se trouve l'idiot qui l'a prononcé, expliqua Draco. Donc, si tu le dis, protection ou non, ils viendront. Et pour répondre à ta question, oui, l'alpha est contre le serpent. Au début, l'autre décharné l'a appâté avec la promesse que les loups seront enfin considérés comme des humains… mais Greyback a vite comprit que c'était un mensonge. Malheureusement, il avait juré fidélité. Et lorsqu'un alpha jure, c'est pour la vie… Il n'a donc pas le choix de le servir, bien qu'il espère sans arrêt qu'il soit détruit. J'ai entendu Greyback en parler avec Chyreer, il y a peu. Il se plaignait que Dumbledore ne lui ai pas fait confiance…

-Il s'en plaignait ? s'étonna Ron. Tu m'étonnes qu'on ne lui fait pas confiance, ce type mords des enfants !

-Il ne le fait plus, s'énerva Draco. Il l'a fait à une époque parce qu'il se sentait seul, il ne voulait pas…

-Il se sentait seul ? glapit Hermione. Et ça l'excuse ?

-Quand on connaît les loups-garous, oui ! répliqua Draco. Greyback vivait au village où il était un alpha isolé. L'alpha est le mal dominant de la meute. Lorsqu'un jeune devient alpha, il est repoussé par le supérieur en titre qui était, à l'époque, Joshua. Isolé et énervé, Greyback a quitté le village… mais un alpha ne supporte pas longtemps la solitude. Nous sommes fait pour être chef de meute, pour être entouré de personne… Alors Greyback est devenu fou de chagrin et de solitude. Il a commencé à mordre, principalement des enfants, car ils sont plus facilement contrôlables que des adultes…

-Contrôlables, dit Weasley, horrifié.

-J'entends par là que les enfants apprivoisent plus rapidement leur loup intérieur, répondit Draco. Un adulte a tendance à se braquer contre le loup et à rejeter sa nature, ce qui en fait des êtres assoiffés de sang et dangereux…

-A t'entendre, les loups-garous sont des êtres gentils et mignons, fit remarquer Weasley.

-Ils le sont, s'ils ont une meute, répondit Draco. Un alpha se tiendra calme s'il est entouré. Et sa meute lui obéit au doigt et à l'œil. Tant qu'ils ne sont pas menacés, ils sont calmes... »

Granger l'écoutait, fascinée. Il pouvait presque l'entendre prendre des notes mentalement. Quant à Weasley, il semblait sceptique. Potter, lui, continuait de le menacer, le visage inexpressif.

« Donc, dit-il d'une voix lente, Greyback est contre l'autre ?

-Oui, répondit Draco. Je peux t'assurer qu'il n'attend qu'une chose, que tu fasses quelque chose pour le détruire…

-On fait quelque chose, s'énerva Weasley.

-Ouais, du camping, répondit Draco, moqueur.

-Non, on…

-Ron ! coupa Potter, menaçant. Tais-toi. »

Weasley obéit sagement, ce qui étonna Draco. Il regarda Potter. Le survivant semblait réellement épuisé et inquiet. Il devait se sentir harcelé et dans l'insécurité. Sans compter qu'il avait ses amis sous sa responsabilité.

« Si vous venez au village, aucun mal ne vous sera fait, leur promit Draco. Le Serpent ignore où il se trouve, Greyback ne lui a pas révéler. Je peux vous jurer qu'il ne vous fera rien…

-Comme si ta promesse valait quelque chose, lui dit Ron, moqueur. Harry, on devrait lui lancer un sort d'amnésie et s'en débarrasser vite ! »

Potter sembla considérer l'option. Draco le regarda d'un air hésitant.

« Qu'est-ce qui peut nous prouver que ce n'est pas un piège ? demanda le survivant. Qu'est-ce qui peut m'assurer que tu n'essayes pas de juste nous tromper.

-Je n'ai pas la marque, dit à nouveau Draco.

-Et ça ne veut rien dire, nous le savons très bien toi et moi, lui dit Potter. Ton absence de marque ne t'a pas empêché d'attaquer Dumbledore l'année dernière. »

Draco siffla entre ses dents, agacé.

« J'aurai pu vous attaquer depuis longtemps, dit-il.

-Encore une fois ça ne prouve rien, lui dit Harry. Si ta mission est de nous amener à lui, tu as eu le comportement parfait… »

Draco soupira. Il ne savait pas quoi dire pour prouver sa bonne foi. Après un moment, il regarda Granger qui fixait la scène avec attention.

« Tu ne connais pas un sort ? lui demanda-t-il. Un sort qui fasse dire la vérité ? »

Granger sembla surprise qu'il lui pose la question. Elle sembla réfléchir un instant.

« Non, dit-elle. Il n'y a que le véritassérum qui fonctionne et nous n'en avons pas. »

Draco soupira à nouveau. C'était bien sa vaine, même le dictionnaire des sorts ambulant ne savait pas l'aider !

« Alors je ne sais pas comment vous prouver que je ne mens pas, leur dit Draco. Je pourrais demander à Greyback de venir… Mais je ne crois pas qu'il m'entende d'aussi loin… à supposer qu'il puisse percevoir ma voix sous sa forme humaine…

-Percevoir ta voix ? demanda Hermione.

-En tant que loup, je peux appeler mon alpha à distance… enfin, quand je suis sous forme de loup… Greyback est puissant… Mais le village est quand même très très loin et… Et vu l'heure, j'ai loupé la leçon de Joshua… Peut-être qu'il s'inquiète. Pas Joshua, il déteste les sorciers, qu'ils soient loups-garous ou non… mais Greyback… Oui, je pourrais l'appeler. Si vous acceptez que je me transforme et que je l'appelle. Je lui demanderai d'apporter une preuve…

-Rien ne nous prouve non plus que la supposé rébellion de Greyback soit vrai, signala Potter.

-Je sais, souffla Draco. Mais dans ce cas, on tourne indéfiniment en rond, Potter. Et manifestement, tu aimerais que je dise la vérité. Ne mens pas, c'est pour ça que tu n'as pas encore suivi le conseil de Weasley et que je ne suis pas encore amnésique et inconscient. L'idée d'être emmené dans un village protégé de l'autre te plait. Laisse-moi l'appeler. Je peux te jurer que tu ne risques rien. Je te le jure sur tout ce qui compte pour moi. Je peux te faire un serment magique, si tu veux… »

Granger et Weasley semblèrent surpris en l'entendant.

« Serment magique ? s'exclama Granger. Tu serais prêt à le faire ?

-Oui, répondit Draco.

-C'est quoi ? demanda encore Potter.

-C'est un serment inviolable… s'il ment, il mourra… sur le champ ! »

Potter le regarda aussitôt. Il hocha de la tête et après un moment, Draco dit :

« Moi, Draco Lucius Malfoy, fils de Lucius Abraxas Malfoy et de Narcissa Black Malfoy, jure, par ma magie et par ma vie, qu'il ne vous sera fait aucun mal dans l'heure qui suit. »

L'habituel rayon de magie l'entoura aussitôt, se fondant en lui. Weasley sembla être surpris.

« Pourquoi avoir précisé une limite de temps ? demanda-t-il.

-Sérieux, t'es con, Weasley ? lui demanda Draco. Je vais pas promettre qu'il ne vous sera fait aucun mal de toute votre vie, car vous aurez sûrement du mal, vu que vous vous dressez contre vous-savez-qui ! Je ne veux pas mourir à cause d'un serment mal formulé ! »

Ron approuva d'un mouvement vague.

« Bon, vous me détacher ? Je peux pas me transformer avec ça ! »

oOo

Appeler Greyback fut bien plus facile qu'il ne le pensa. Comme il l'avait supposé, ce dernier avait été inquiété par son absence à la leçon de Joshua et avait prit sa forme de loup pour le chercher. Autre avantage, il était justement dans les bois, à quelques kilomètres d'eux. Heureux de l'apprendre, Draco leva le museau en l'air et hurla vivement. Granger poussa un cri et posa ses mains sur ses oreilles. Quelques minutes plus tard, sous l'œil surpris des Gryffondor, Greyback surgit, dans sa forme animale.

A peine fut-il en vue que Draco s'aplatit docilement. Il pouvait sentir la colère émaner de son chef. Cela ne suffit pas à Greyback qui se rua sur lui. Draco poussa un couinement et tenta de lui échapper. Grave erreur. L'alpha, insulté, se jeta sur lui et le mordit vivement au cou.

« Non ! » cria Granger, horrifiée.

Draco cria à son tour de douleur alors que les crocs se plantaient dans sa gorge. Pourtant, ils ne le blessèrent pas. Greyback se contenta de l'obliger à se coucher au sol, à se soumettre. Ce que Draco n'appréciait pas. Il gronda pendant toute la manœuvre et continua, même lorsqu'il fut couché au sol de force, refusant de se soumettre totalement. Greyback resserra aussitôt ses crocs sur sa gorge. Draco couina douloureusement et se débattit alors, mais il sentit rapidement du sang s'écouler de son cou. Greyback avait percé la chair, agacé de le voir résisté.

Humilié, Draco se rendit et se plaça sur le dos, son regard défiant pourtant l'alpha. Ce dernier grogna avec agacement. Il finit par s'éloigner d'un pas assuré. Agacé, Draco se releva d'un bond. Granger hoqueta alors qu'il se précipitait vers Greyback, tout croc dehors. Ce dernier l'évita avec une aisance qui énerva Draco. Osé le blesser et le soumettre, lui !

« Il suffit, louveteau ! gronda Greyback, menaçant. Tu es encore mon inférieur, que tu le veuilles ou non, tant que tu n'es pas majeur alors reprends-toi ! »

Ils tournaient tous les deux sur place en de longs cercles. Draco pouvait entendre Granger pleurer, ce qui l'étonnait. Sans doute devait-elle avoir peur. Il n'osait pas détourner les yeux de Greyback, pourtant. Il savait qu'il ne devait pas se rebeller ainsi, mais il ne parvenait pas à se contenir.

« Il suffit, Draco, dit encore Greyback. Contiens-toi ou je devrais sérieusement te punir ! »

Draco répondit par long grognement. Aussitôt, Greyback se jeta sur lui. Draco répondit par des coups de mâchoire énervés. Malheureusement, il était encore jeune et inexpérimenté. Il se retrouva de nouveau couché au sol, les crocs de Greyback dans le cou. Il gronda encore, furieux, se débattant.

« J'ai dit, ça suffit !»

Draco cessa de bouger. Greyback attendit un instant puis ordonna.

« Retransforme toi. Maintenant ! »

Incapable de résister à l'ordre donné, Draco se retrouva nu, couché sur le sol, avec un loup menaçant au-dessus de lui, des crocs dans la gorge. Il souffla, transpirant et frissonnant.

« C'est bon, dit-il d'une voix étranglée. C'est bon, je ne le ferai plus, désolé ! »

Greyback sembla approuver et s'écarta. Respirant vite, Draco se redressa, massant son cou avec une exclamation de douleur. Presque aussitôt, Greyback reprit forme humaine, le surplombant de toute sa hauteur nue.

« Espèce de petit idiot ! rugit-il. Qui croyais-tu donc défier de la sorte, hein ? Je ne suis pas Joshua, ni Guilbert ou Hystéria et encore moins Gabriel ! Je suis ton alpha ! Tu me dois le respect, tu saisis ?

-Je sais ! s'écria Draco. Désolé, j'ai eu peur !

-Peur ! Menteur ! gronda Greyback. Je sais très bien que tu n'as plus ressenti le moindre sentiment de peur depuis que tu es un loup-garou ! N'essayes pas de me prendre pour un idiot, stupide louveteau ! Je suis ton alpha, je sais ce que tu penses et ressens. Tu seras probablement alpha à ton tour, mais tu n'es encore qu'un enfant. Ose encore une seule fois me défier et je te tuerais. Compris ? »

Draco serra les dents en réponse.

« Je t'ordonne de répondre ! cria Greyback, lui décochant un violent coup de pied.

-Compris ! répondit Draco, énervé. Je ne le ferais plus, ça va ! »

Greyback continua de le jauger, énervé. Comprenant ce qu'il attendait, Draco détourna la tête. Ses yeux se posèrent sur le trio de Gryffondor. Comme il le pensait, Granger tremblait de terreur. Potter et Weasley s'étaient rapproché d'elle et les visaient de leur baguette. Si le second tremblait de la tête aux pieds, le premier suivait attentivement l'échange.

Après un long moment, Greyback s'éloigna de lui, indifférent à sa nudité.

« Avise-toi encore de me provoquer et tu le paieras cher », dit-il en passant à côté de lui.

Draco se contenta de souffler, ses membres tremblants légèrement. Il se releva et voulut aller chercher ses vêtements, mais Greyback grogna d'un air menaçant. Draco comprit le message : si l'alpha n'était pas habillé, lui non plus. Il s'éloigna d'un pas agacé et fit ressortir sa queue pour couvrir au moins son entrejambe.

« Navré pour ce spectacle, dit Greyback aux trois adolescents lui faisant face. Si cet idiot ne s'était pas rebellé, ça n'aurait pas eu lieu. Je n'ai pas l'intention de vous attaquer. Je comprends toutefois que vous continuiez de me menacer et je ne tenterais pas de vous demander d'arrêter. »

Presque sagement, le loup-garou s'assit devant le feu. Après un moment, Potter et Weasley se détendirent alors que Granger cessait de pleurer. Elle regardait souvent Draco, précisément son cou qui saignait encore.

« Son… Son cou, dit-elle à Greyback.

-Il restera ainsi jusqu'à ce que j'estime qu'il a comprit », gronda aussitôt l'alpha.

Draco baissa encore la tête.

« Je suis désolé, dit-il.

-Je ne t'ai pas donné le droit de parler, répliqua aussitôt l'autre. Ni de t'approcher du feu. Recule ! »

Draco obéit. Il savait que Greyback avait besoin de réinstaller son autorité. Il pouvait s'estimer heureux de ne pas être entouré de loups menaçant le plaquant au sol.

« Bien, dit Greyback, lorsqu'il estima que Draco était assez loin que pour être humilié et frigorifié. Draco m'a dit que vous étiez tenté d'être amené dans le village. Sa sécurité vous plairait, manifestement, ce que je peux envisager, vu votre… campement actuel. Vos protections magiques sont remarquables, soit dit en passant. S'il n'y avait eu vos odeurs et celle de Draco, je ne vous aurais pas trouvé. »

Granger commençait à se détendre. Après un moment, pourtant, elle invoqua une couverture qu'elle tendit à l'alpha. Ce dernier la regarda avec surprise.

« Il nous a dit que vous ne supportiez pas le froid, lui dit Hermione.

-C'est vrai », répondit Greyback, prenant la couverture avec reconnaissance.

Au regard que Hermione lança dans sa direction, Draco comprit qu'elle aurait voulu lui donner une couverture également. Il tremblotait misérablement sur le sol et il détestait ça. Pourtant, d'un hochement de tête, il lui fit comprendre que ce n'était pas une bonne idée.

« Je ne sais pas quelle preuve vous donner, lui dit Greyback. Je sais que pour beaucoup de sorciers, je suis considéré comme un monstre à cause de ma passe… disons, de solitude. Mon affiliation à vous-savez-qui ne plaide également pas en ma faveur. Pourtant, si vous connaissez un peu les loups-garous, vous devez savoir que ces derniers sont fidèles, par ordre, à leur lié puis leur meute…

-Lié ? demanda Hermione.

-Leur compagnon, répondit Greyback. Je n'en ai pas. De ce fait, ma priorité est ma meute. Le serment que j'ai fait à Vous-Savez-Qui vient en second plan. »

Hermione hocha de la tête.

« Je sais pour la meute, dit-elle. Il est dit que les loups-garous leur sont plus fidèles qu'à n'importe qui au monde… Et que sa protection vaut largement que leur vie soit sacrifiée… »

Greyback hocha de la tête.

« C'est vrai, dit-il. Lorsque j'ai fait mon serment à vous-savez-qui, je n'ai impliqué que moi-même, non la meute entière. De ce fait, sa protection est toujours mon but principal. C'est ce qui énerve le lord. Il sait que je ne suis pas entièrement fidèle, vu qu'il passe après ma meute. Et c'est pourquoi il avait envoyé Draco… Malheureusement, ce dernier a… changé de camp, on va dire. »

Potter lui lança un regard. Draco tremblait toujours sur le sol, les dents serrés et le cou saignant légèrement. Il détestait être ainsi humilié devant les trois Gryffondor, mais il n'avait pas le choix.

« Dites-lui de s'approcher, s'impatienta Potter.

-Je ne peux pas, répondit Greyback. Draco est un alpha potentiel. Je dois lui montrer qui est le chef, sans quoi, il se rebellera encore contre moi. Autant ce n'est pas grave, devant vous, autant un tel comportement au village pourrait lui coûter la vie. Je suis venu seul. Si mes loups étaient là, il serait dans un état bien pire ! »

Weasley le regarda en déglutissant. Manifestement, les plaies qu'il avait au cou étaient assez impressionnantes que pour l'inquiéter.

« Quand il cessera de grincer des dents, j'envisagerai peut-être de le rapprocher du feu », se moqua Greyback.

Draco eut une moue. Forcément, son alpha sentait parfaitement sa rancœur. Il devait faire preuve d'humilité, mais le loup en lui était encore furieux. Il inspira profondément et souffla, tentant de le calmer. Pour s'aider, il ferma les yeux et tenta de visualiser la salle commune des Serpentard. Sans surprise, le loup blanc y était, marchant de long en large en grognant. Il suintait de rage. Draco s'en approcha, tentant de l'apaiser. Le loup claqua des dents et Draco le gronda.

« Ne fais pas ça ! dit-il. Nous ne sommes pas de taille maintenant, tu le sais bien ! Calme toi ! »

Il lui fallut bien plus qu'un quart d'heure pour que le loup accepte de se plier à sa volonté. Après un moment, Draco revint au moment présent. Les choses avaient évoluées. Les trois Gryffondor étaient assis, calmes. Greyback semblait content. Draco les regarda, hésitant. Il finit par se lever pour s'approcher. Aussitôt, son alpha grogna, mais Draco continua d'avancer. Il savait ce qu'il devait faire et se détestait pour ça. Ignorant l'inquiétude des trois adolescents, il s'approcha encore. Il s'arrêta à un mètre de Greyback et se mit à genoux. Voyant que l'adulte ne disait rien, il s'approcha à quatre pattes. Weasley, Potter et Granger le regardaient avec surprise. Après un moment, Draco fut aux côtés de Greyback. Il poussa un simple son suppliant et l'alpha eut un mouvement de main évocateur. Humilié mais résolu, Draco se coucha devant lui et posa sagement et doucement sa tête sur ses cuisses nues. Greyback eut un sourire satisfait.

« Et bien, dit-il. Ça ne t'a prit qu'une heure pour te décider, dit-il, passant une main griffue dans ses cheveux en bataille. N'oublie pas qui te commande, Draco. Tant que tu es un louveteau, pour ta propre sécurité. Tu seras un alpha bien assez vite… Profite de ta jeunesse. »

Draco se contenta d'hocher de la tête. Il pouvait sentir les regards des trois autres sur son corps nu. Après un moment, Greyback se pencha sur lui. Draco put sentir sa langue parcourir son cou et les blessures se refermer aussitôt. En reconnaissance, il frotta sa joue sur la cuisse de son alpha. Ce dernier sourit vaguement.

« Tu vas m'emmerder beaucoup, dans les années à venir, lui dit-il, le cajolant. Mais je suis content que tu sois là. S'il m'arrive quelque chose, tu feras un bon alpha. »

Au fond de Draco, le loup blanc releva fièrement la tête. La reconnaissance de sa force était tout ce qu'il demandait !

A suivre…