Bonsoir !
J'espère que vous avez eu une bonne semaine.
J'ai eu plein de super retour sur la fic et le dernier chap que je vous ai posté et un grand merci à tous, je vous adore de me lire, de m'encourager et même parfois de me donner des idées !
Mon plâtre a finalement changé et j'ai un peu plus de liberté de mouvement, et de la rééducation pour ma main et mes doigts, le kiné m'encourage à taper au clavier pendant que le doc me dit de les laisser au repos ! Savent pas ce qui veulent ces gens !
Bref, nouveau chapitre, je vous laisse la surprise, pas de spoils. Mais je vous ai organisé pleins de trucs. J'espère que ça vous plaira autant que le reste.
Pour Mamylis, encore, et non, je ne fais pas de favoritisme, mais ça répondra à tous le monde en même temps. En fait la phrase dont tu parles « Et je ne t'ai plus écris depuis la fois où je- j'ai rompu… » en fait c'est un oubli de correction, désolée vraiment,la dernière lettre de Drago datait d'avant la rupture, mais j'ai juste très mal formulé ma phrase, à aucun moment dans une histoire vous me verrez écrire qu'une rupture se passe par courrier à moins que ce soit pour faire passer l'autre pour un gros C**, ce n'est pas le cas ici, la rupture était nécessaire pour Drago et pour Harry, ils se détruisaient l'un l'autre.
Je reviens vite avec un autre chap et des réponses à vos reviews
Bonne lecture et un ptit commentaire fait toujours plaisir.
AnneBridges.
Juillet 2007
Parler à Astoria ne fut pas une sinécure.
La jeune femme s'était bien retenue de faire une scène, mais ses trop larges yeux bleus remplis de larmes avaient réussi à déstabiliser Drago plus que ce qu'il pouvait avouer.
Elle savait qu'il était gay, il avait finit par lui dire il y a cinq ans quand elle avait voulu 's'offrir' à lui lors d'un séjour à la montagne offert par leurs parents. Drago se souvenait avec horreur des larmes qu'avait versées Astoria, il avait réellement cru qu'elle ne cesserait jamais de pleurer et il avait une peur inavouée pour les femmes qui pleuraient, c'était peut-être pire que la vision de seins nus.
Ce mardi là, Drago avait dû être confronté aux mêmes larmes qu'il avait vu sur le visage de la jolie blonde cinq auparavant et il trouvait ça toujours aussi affreux et perturbant.
Il avait eu sa réponse juste avant de quitter le loft, elle se faisait une joie de le voir pour le déjeuner et connaissait justement un petit bistrot à la Française qui venait d'ouvrir sur l'île de Wight sur le Marché de l'Impasse.
Drago quitta son laboratoire avec vingt minutes d'avance et transplanna depuis le hall de St Mangouste jusque l'île de Wight. Le temps était clair, un ciel bleu d'été et pas un souffle de vent à l'horizon dégageant la vue sur la mer jusqu'aux côtes Françaises. Du petit port de plaisance de Bembridge, Drago remonta la rue principale de la ville moldue et tourna derrière ce qui ressemblait à un hôtel, il ne connaissait pas vraiment cette ville, malgré l'importante population sorcière vivant sur l'île, Drago n'était venu que très rarement au Marché de l'Impasse, rue sorcière réservé surtout au commerces de nourriture, biscuits, friandise, fruits, légumes, herbes à thé, pâtisseries, plats sorcier et boissons, lorsqu'on aimait la nourriture de la communauté sorcière de Grande Bretagne c'était sur ce Marché qu'il fallait venir. Il avait accompagné Astoria plus d'une fois, juste assez pour se souvenir où trouver la barrière magique dissimulant le marché de l'Impasse aux moldus et savoir se repérer dans les petites venelles qui composaient l'impasse.
Au bout de la ruelle derrière l'hôtel, Drago descendit quelques marches qui donnait l'accès à ce qui semblait être aux premiers abords une bâtisse délabrée, laissé à l'abandon mais qui était en réalité un salon de thé sorcier. Quand il en passa la porte une douzaine de regards de femmes de corpulences et tailles différentes se posèrent immédiatement sur lui, des sourires se formèrent sur les plus jeunes et méfiance ou curiosité sur les autres. Il salua d'un hochement de tête la jeune femme qui faisait le service et fila droit vers la cour du petit salon et tapota de sa baguette, trois briques différents sur le mur enserrant la cour. Comme au Chaudron Baveur, les briques se mirent à s'écarter les unes des autres pour laisser assez de place à Drago pour son passage. De l'autre côté, diverses odeurs et fragrances vinrent aussitôt lui chatouiller les narines et éveiller l'intérêt de son estomac.
Mains dans les poches et tête haute, Drago fendit les foules qui s'amassaient à chaque étal, embouteillant toute la rue principale, il demandait pardon aux personnes qu'il heurtait et souriait aimablement aux vieilles dames qui lui offraient un regard amical.
Il aimait bien les personnes âgées. Depuis qu'il était à Ste Mangouste, il avait changé d'avis sur ces dernières qui l'avaient effrayé et dégoûté dans sa jeunesse, mais avant de rentrer à l'hôpital et de les avoir pour patients aimables et amusant, il n'avaient eu le déplaisir que de son horrible grand-tante Walburga et ses robes sentant les sachet d'herbes anti-mites que l'on mets dans les penderies et ses deux affreuses grand-mères qui passaient leur temps à le corriger sur son maintien, sa diction ou sa tenue, peu importe le soin qu'il prenait à bien se présenter devant l'une ou l'autre, elles trouvaient toujours quelques choses qui n'allait pas et Drago subissait ensuite leurs remontrances et commentaires de son père.
Il s'extirpa de ses pensées quand il arriva face à la devanture clinquante du fameux Bistrot à la française d'Astoria. « Le Chat noir » écrit en grandes lettres jaunes et en français. Drago fronça le nez, sa première impression du bistrot n'était pas réjouissante, mais lorsqu'un fumet délicat de foie gras lui parvint aux narines, le blond changea d'avis et ouvrit la porte qui enclencha une petite sonnette signalant son arrivée.
Il repéra aussitôt Astoria, déjà installée à une table dans le fond du bistrot au milieu d'autres couples se murmurant des conversations personnelles. Avant qu'il ne fasse un pas dans sa direction, un crac sonore l'avertit de la présence d'un Elfe de maison, il baissa les yeux sur une créature frêle mais énergique, aux yeux disproportionnés et au teint gris L'Elfe portait non pas un chiffon mais la parfaite panoplie d'un serveur de bistrot parisien, un complet noir adapté à sa taille et un long tablier couvrant ses petites jambes et un torchon blanc immaculé était plié sur l'avant bras qu'il gardait à angle droit sous son torse dans une parfaite posture.
Drago inclina la tête en signe de salutation polie et indiqua au serveur qu'il était attendu par Mademoiselle Greengrass. L'Elfe s'inclina tout aussi respectueusement et lui fit signe de le suivre jusqu'à sa table.
Ce n'était plus inhabituel de voir des Elfes libres dans le monde sorcier, depuis la fin de la guerre, leur émancipation avait fait couler beaucoup d'encre, certes les plus traditionalistes n'avaient rien changé de leurs habitudes comme ses parents, mais Drago avait remarqué une grande loyauté chez les Elfes de maisons nouvellement libérés, quasiment tous étaient restés pour servir leur maîtres d'origines, très peu avaient été tenté par le monde extérieur. A Ste Mangouste les Elfes de Maisons avaient tous été libérés trois ans après la guerre, mais aucun n'avaient émis le souhait de quitter le service de l'hôpital.
Il salua Astoria d'une bise sur la joue droite, un geste que l'on pouvait qualifier d'impersonnel sachant qu'ils étaient fiancés, mais qui étaient pour eux d'une grande affection.
A Londres, de gros nuages venaient et allaient au dessus de la ville, cachant parfois le soleil et créant de grandes ombres sur les rues. Mais pourtant rien n'atténuait la chaleur moite de l'été Londonien. Harry plissa les yeux derrière ses lunettes quand le soleil revint en force après le passage d'un énorme cumulus. C'était un peu comme si le ciel s'amusait à cache-cache.
Il mis sa main en visière au dessus de son front et chercha Ron dans la foule. Ils étaient en planque, toute son équipe attendait son signal pour pénétrer le bâtiment qu'ils surveillaient et attraper, si son info était juste, une bande de cambrioleurs qui sévissaient depuis plusieurs semaines sur le tout Londres. S'attaquant tant aux sorciers qu'aux moldus et recélant ensuite les objets volés sur un marché noir d'antiquité. Sa source lui avait indiqué une transaction qui devait se faire dans un immeuble abandonné, un ancien hôtel sur Gutter Lane à deux pas de St Paul Station.
La rue n'était pas réellement passante, mais il y avait énormément de passage sur les deux artères aux opposées de la voie. Sur Cheapside, derrière Harry, il y avait plusieurs stations de métro très fréquentées à cette heure de la journée, plus haut vers London Wall, il y avait des écoles et le musée de Londres n'était pas très loin, donc Harry apercevait des groupes entiers de touristes allant et venant à la sortie de Gutter Lane, peu de gens passaient par cette voie, mais Harry avait posté deux aurores à chaque accès de la petite rue afin d'éviter un accident avec des moldus.
Il était presque midi, Harry avait chaud et faim, ils attendaient depuis ce qui lui semblait des heures. Trois hommes étaient entrés dans le bâtiment sans en sortir mais le chef de la bande, Larkin Patrapalis ne s'était toujours pas montré. Et c'est lui qu'Harry voulait sous les verrous. L'homme d'origine grecque n'avait pas hésité à utilisé la magie pour restreindre et amnésié plusieurs de ses victimes sur son passage, un sortilège d'oubliette mal exécuté avait ainsi causé de grave lésions à un couple de sorciers âgés et à deux moldus trentenaire.
Quand Harry trouva enfin le regard de Ron, celui-ci lui rendit son expression la plus froide. Son meilleur ami ne lui avait pas adressé la parole de toute la matinée à part pour dire qu'il ferait équipe avec Carlotta lors de la descente. Harry détestait cette distance que Ron leur imposait, il avait espéré pouvoir parler à son ami, il le savait butté mais Ron pouvait se calmer et entendre raison s'il recevait les excuses et explications qu'il attendait. Harry se secoua et se concentra à nouveau su sa surveillance du bâtiment, ce n'était pas le moment d'avoir un accident stupide. Déjà qu'il avait deux ou trois heures de sommeil seulement.
Et finalement, une minute avant que midi ne sonne, Patrapalis transplanna dans la ruelle ombragée et entra d'un pas serein dans le bâtiment abandonné, quelques secondes plus tard, Harry lança son signal, des barrières anti-tansplanage furent dressé autour de l'immeuble et des repousse moldus sur toute la rue. Il déboula dans l'ancien hôtel avec son équipe et les sortilèges commencèrent à pleuvoir.
« Tu as un quoi ? » S'exclama Astoria dans un murmure retenu.
« Un fils, j'ai un fils. » Répéta Drago calmement, sirotant ensuite une gorgée de l'agréable sauvignon blanc accompagnant son entrée.
« Merlin… » Souffla t-elle sous le choc, ses yeux immenses s'étaient arrondis en deux soucoupes. Elle cligna plusieurs fois des paupières pour se remettre du choc initial et regarda intensément son assiette avant de lever ses trop grands yeux bleus vers Drago. « Bon, on peut garder ça discret jusqu'au mariage, c'est dans quelques jours, ça ne devrait pas poser problème et on avisera ensuite, tu sais ce que veux la mère ? De l'argent ou autre chose ? On pourrait tenter d'acheter son silen-
« Non, Astoria, tu ne- tu ne comprends pas, je veux reconnaître ce gosse, m'occuper de lui, le- le connaître. »
« Oh ? » Dit-elle simplement tentant de digérer la première nouvelle, la seconde venait juste rajouter à son désarroi. « Bien, alors dans ce cas, il faudrait prendre un avocat dans le droit des familles et réclamer la garde de l'enfant. La mère ne sera sans doute pas d'accord avec cela, ça pourrait faire des histoires, un scandale même. » Se navra t-elle, parlant si vite que Drago ne put même pas l'interrompre, maintenant qu'elle semblait considérer ses options, Drago en profita. Il lui attrapa tendrement la main par-dessus la table et accrocha son regard.
« Astoria, je suis gay, tu te souviens ? » Elle hocha imperceptiblement et Drago remarqua son regard aller de leurs mains jointes à ses yeux tout en se remplissant de grosses larmes. « J'ai eu cette enfant avec un autre homme. »
La main libre d'Astoria laissa tomber la fourchette qu'elle tenait dans un bruit clinquant et monta jusqu'à sa bouche pour retenir une exclamation d'horreur.
« Merlin ! Drago ! Qu- Oh, non, non, non… Drago tu ne peux pas reconnaître cet enfant, tu ne peux pas, que diront tes parents ? Que diront les miens !? Est-il au moins normal ? » Finit-elle murmurant ce dernier mot comme une infamie.
Drago lâcha sa main d'un geste sec et redressa sa posture, se tenant le dos droit et posant un regard furieux sur sa jeune fiancée dont maquillage coulait en même temps que ses larmes.
« Evidement qu'il est normal, Astoria, et très malin aussi ! » Claqua t-il d'un ton sec et froid, une colère contenue dans un masque impassible teintait ses traits fins et pinçait ses lèvres en une ligne fine.
« Drago, n-ne te fâches pas, mais- tu sais ce qu'on raconte sur ce-ces enfants. » Hoqueta Astoria désormais pleurnichant à grandes eaux.
Drago secoua la tête, oui il ne savait que trop bien de ce qu'on disait des enfants issus d'un couple de même sexe. Il avait assez entendu son père lui dire dans les moindres détails ce qu'il pensait de ses aberrations de la nature, il avait assez écouté les membres de sa famille expliquer avec force de détails ce que le ministère devrait faire de ses monstres de foire.
Quelque chose se brisa en Drago à ce moment précis, la réalisation sans doute, que jamais plus ses parents ne feraient partie de sa vie semblait finalement le frapper de plein fouet.
Il releva un regard adouci vers Astoria. Et chercha ses mots quelques secondes.
« J'ai besoin de ton aide Astoria. » Demanda t-il finalement mettant son ego au placard et usant de sincérité. « Mes parents sont déjà au courant, je les ais vu hier soir, à vrai dire, ma mère savait depuis la naissance de l'enfant, mais s'était bien gardé de nous mettre au courant, mon père ou moi. Astoria ? Je veux annuler le mariage. Je suis gay, je ne serais jamais capable de te donner ce que tu mérites et je veux connaître mon fils, tu n'as pas besoin d'être tâché par le fardeau du scandale qui suivra quand je reconnaîtrais mon fils légalement. »
« Annuler le mariage… Drago, c'est impossible, nous avons signé des contrats nuptiaux… Mon père ne sera jamais d'accord pour cela, même le tien. »
« Si ton père apprend que j'ai fais un enfant à un autre homme, je suis sûr qu'il fera tout pour annuler les contrats, mais avec ton accord et le mien, nous pouvons dissoudre les contrats et les engagements pris. Mais il faut que tu sois d'accord pour ça. » Astoria avait baissé les yeux sur son assiette encore une fois, son silence effrayait Drago, il n'avait pas songé une seconde que la jeune femme pourrait refuser. Astoria était une jeune femme de caractère, mais douce et sincère, fragile aussi mais très forte dans ses décisions. Quand Drago lui avait avoué son homosexualité, il avait cru qu'elle le jetterait en pâture aux serpents, qu'elle le maudirait et dirait toute la vérité à ses parents et aux siens, mais la jeune femme l'avait tant surpris alors. Elle avait gardé son secret et avait protégé Drago comme une véritable amie. Il avait su pouvoir compter sur elle à ce moment. Mais aujourd'hui, il doutait, et si elle avait fait ça dans l'espoir de se voir mariée à lui et tenter de le changer ?
« Astoria ? Je t'en pries, j'ai besoin de ton aide, je- je ne peux plus jouer cette comédie, j'ai trop perdu pour le bien de cette farce, je ne veux pas perdre mon fils alors que je viens juste de le rencontrer… »
« Tu feras un drôle de père Drago Malefoy. C'est ce que je me suis toujours dit… Depuis le jour où je t'ai aimé, je me suis amusé à t'imaginer dans ce rôle. Au départ, je ne te connaissais pas comme maintenant, je te voyais froid et distant comme Lucius, puis j'ai appris à te connaître et je t'imaginais attentionné et présent mais enfant toi-même, gauche et maladroit… Cet enfant ? Il devra passer avant tout le reste, tu le sais n'est-ce pas ? Si tu fais ça, si tu entres dans sa vie, la tienne ne sera plus que secondaire, elle sera dévouée à ce garçon. Tu y as songé ? Ton travail, les heures supplémentaires, les soirées passées dans ton laboratoire, tes fêtes avec tes colocataires, tes sorties, les hommes avec qui tu couches, tout ça sera terminé. » Drago fronça les sourcils, confus par les paroles et le regard scrutateur d'Astoria. Pourquoi lui disait-elle tout ça ? Il ne voyait pas en quoi sa vie serait si bousculée par l'arrivée de James ? Il savait qu'il devrait freiner sur ses sorties et ses fêtes pour passer du temps avec James, mais en quoi cela avait-il un rapport avec son travail ou avec qui il passait ses nuits.
« Je vais t'aider, Drago, parce que je t'aime et parce que j'ai vu à quel point cette situation te rendait malheureux, tu as passé ses derniers mois à te détruire à petits feux et c'est quelque chose qui ne me plaît pas. Mais prépares toi, parce que mon père refusera cette annulation, il a trop investit dans ce mariage. Et il est comme ton père, il déteste perdre. » C'était presque une menace, mais Drago savait qu'elle le mettait simplement en garde. Les larmes silencieuses d'Astoria furent balayées par un mouchoir en soie brodé à ses initiales. Elle se leva ensuite, gracieusement et dignement et s'excusa pour rejoindre les toilettes du restaurant.
Harry avait laissé à ses hommes le soins d'écroués les six sorciers qu'ils avaient attrapé. Il était directement monté à son bureau pour rédiger son rapport préliminaire, mais il peinait à se concentrer. Lors de la descente, Ron avait été légèrement blessé et malgré cela avait catégoriquement refusé l'aide d'Harry.
A chaque fois c'était la même chose, ce n'était pas la première fois qu'il s'engueulait avec Ron depuis leur début de carrière au Département des Aurores, à tel point que ça ne surprenait personne de les voir s'ignorer froidement. Mais fonctionner ainsi pendant une intervention restait risqué, très risqué même.
Harry soupira et mordit à pleine dents dans son sandwich au poulet avant de reprendre sa plume, il détestait la paperasse qui allait avec son travail, il avait l'impression de ne jamais en voir la fin et avait même prit l'habitude de terminer ses rapports à la maison après le bain de James. Mais il fallait en passer par là et pour éviter d'avoir à passer ses week-ends au bureau, il faisait en sorte de ne jamais prendre trop de retard.
En début d'après-midi, quand il eut finit son rapport, Harry appela son équipe pour voir avec ce qui avait découlé des premiers interrogatoires des suspects et des preuves qu'ils avaient ramassés sur place. La plupart avaient été transmises au Département des Mystères, des objets magiques rares et très anciens qui émoustillaient sans doute les Langues-de-plomb mais faisait frissonner Harry. Ces objets ensorcelés, il en avait l'habitude, pour en avoir croisé pleins au cours de sa carrière et de sa vie même, et il savait à quel point ils pouvaient être dangereux.
On toqua à sa porte avant qu'il ne lance un patronus d'appel, Hermione passa la tête par l'embrassure du battant et vérifia qu'Harry était seul avant d'entrer et fermer la porte derrière elle.
Gardant le menton levé et un air déterminé, sa meilleure amie s'avança jusqu'à l'une des chaises en face d'Harry et s'installa silencieusement. L'Aurore avait gardé le silence, par appréhension et crainte de ce que lui dirait ou ferait Hermione. Lui, plus que quiconque, à part Ron savait qu'il ne fallait pas se mettre Hermione Weasley, née Granger, à dos.
« Bon. Je reviens de chez Molly, je lui ai déposé Rose, Andromeda était là avec Jamie et Teddy. » Elle leva une main pour empêcher l'intervention d'Harry. Sa détermination à continuer suffit à rendre le brun muet. « Apparemment, Andromeda savait depuis longtemps que Jamie est le fils de Ma-Malefoy. Elle a dit quelque chose à propos de ses yeux. » Ajouta t-elle devant l'air stupéfait d'Harry. « Ecoutes, je me contre-fiche que James soit de Malefoy, j'adore cet enfant, c'est mon filleul, c'est un membre de ma famille comme toi et je l'aime comme je t'aime, mais si tu t'avise de me mentir encore de cette façon, Harry, je collerais ta langue à ton palais pour un an ! » Le menaça t-elle on ne peut plus sérieusement. Harry hocha la tête lentement sachant parfaitement qu'elle ne plaisantait pas. Il allait demander pardon mais elle reprit la parole. « Et je suis désolée d'être partie comme ça hier, mais Ron… Ah… Tu connais Ron… Maintenant, tu as des explications à me donner, Andromeda et Molly ont passé près d'une heure à me sermonner d'être partie sans même t'écouter, elles ne m'ont même pas laisser expliquer la raison pour laquelle j'étais partie ! » Dit-elle sur un ton d'outrage comme si c'était la faute d'Harry.
Il ne put retenir son sourire et Hermione plissa les paupières et fit une moue boudeuse.
« Harry James Potter, ce n'est absolument pas drôle ! Quand elles sont ensembles, elles sont insupportables ! »
« Désolé, Mione. Mais sache que je ne t'en veux pas d'être partie, je sais que tu l'as fait pour aller calmer Ron avant qu'il ne fasse quelque chose d'absurde. »
« Si par absurde, tu penses à 'aller casser la gueule à Malefoy', ce n'est pas passer loin, crois-moi, j'ai failli le stupéfixer pour le retenir ! » Avoua t-elle avec une sorte d'agacement tendre dans la voix.
Harry laissa tomber sa tête sur son cou et soupira longuement. Il se redressa et concentra son regard sur sa meilleure amie.
« Merci… Cette situation est assez difficile comme ça… » Harry soupira encore et passa une main nerveuse sur son visage, délogeant ses lunettes de sur son nez avant de les replacer de l'index. « Bon, alors, par quoi je commence ? Qu'est-ce que tu veux savoir ? » Demanda t-il à sa meilleure amie connaissant déjà la réponse.
« Tout. Evidemment. »
Et Harry raconta tout. Du moment où il avait trouver Drago attirant en huitième année, jusqu'à leur rupture après le bal de Noël du Ministère en 1999. Il expliqua comment ils avaient finit ensemble, comment ils avaient gardé le secret de leur relation, Harry avoua que quand il avait son coming out à ses amis, Drago et lui étaient déjà ensemble et heureux. Il raconta certains moments avec plus de détails, comme leur complicité et leur proximité, il parla aussi des sentiments qu'il avait éprouvé pour Drago.
« Tu sais, cette évidence quand tu réalises que tu aimes quelqu'un. C'était comme ça avec Drago, une évidence. Je ne sais pas si je m'exprime bien… » Ajouta t-il devant le silence bouche bée d'Hermione. Il était rare pour son amie de rester sans voix face à une information et cela déstabilisait Harry d'être confronté au regard si silencieux d'Hermione.
« Merlin Harry… Je- je ne sais même pas quoi dire… Ca a dû être si difficile pour toi de ne pouvoir en parler… » Il hocha la tête à cette supposition tout à fait vraie. Plus d'une fois il avait failli craquer et tout raconter à Hermione ou à Ginny ou même à Charlie et Ron, mais chaque fois il se rappelait de sa promesse et Harry était un homme de parole.
Il reprit ses explications au bout de quelques secondes de silence et relata sa réaction quand il apprit être enceint, les lettres retournées qu'il avait envoyé encore et encore à Drago espérant à chaque fois une réponse, n'importe laquelle, mais au moins un mot. Le désespoir dans lequel il avait passé ses quelques mois, puis quand finalement il obtint une réponse, ce fut un cauchemar devenu réalité, un enfer dont Harry, jeune papa, se serait volontiers passé.
« Mon Dieu, Harry, je suis tellement désolée. Ca a dû être horrible… » Encore une fois, il hocha la tête et une larme en profita pour tomber sur son bureau et se faire avaler par un parchemin vierge. Il essuya ses yeux et croisa le regard peiné d'Hermione. « Quel enfoiré ce Malefoy ! J'arrive pas à croire qu'il ait pu écrire quelque chose d'aussi-
« Non ! Hermione, tu ne- ce n'étais pas lui… C'est ce qu'il m'a dit hier quand il ramené Jamie à la maison ! C'était- il n'a jamais reçu mes lettres, il n'a jamais rien su de la naissance de James… Il croit que c'est son père qui a intercepté son courrier et y a répondu en copiant son écriture… Et franchement ça ne m'étonnerait même pas. »
« Et tu le crois sur parole ? Harry, il te ment sûrement ! »
« Non… Tu sais quand Ron te caches quelque chose, tu le sais toujours… Je connais Drago, j'ai appris à voir au-delà des émotions qu'il montre sur son visage, je sais qu'il ne m'a pas mentit hier… Il ne savait pas que James existait, il ne savait pas que j'avais eu son enfant. » Affirma Harry avec une conviction sans faille. D'un regard il tenta de transmettre cette conviction à son amie et il réussi sans doute car les épaules d'Hermione s'affaissèrent légèrement et elle poussa un long soupir.
« D'accord… Que vas-tu faire maintenant, alors ? Je suppose que rien n'a changé ? Malefoy va épouser Astoria Greengrass ce vendredi et quoi ? Il veut connaître James ? Parce que j'ai vu Jamie tout à l'heure et il est surexcité à l'idée de revoir Drago, il était en train de raconter toute la journée qu'il avait passé avec lui, à Teddy et recommençait avec Rose quand je suis partie… »
« Je ne sais pas… J'ai dit à Drago qu'on devrait en parler, mais je l'ai prévenu qu'il ne ferait pas à James ce qu'il m'avait fait subir… Je refuse que James soit son secret, s'il veut le connaître il devra le faire sans se cacher. Du moins devant nous… Il vaut mieux garder le public hors de cette histoire. » Harry répéta ce qu'il avait dit à Drago la veille, il n'avait pas changé d'avis sur ce point et Hermione hocha la tête confirmant qu'il avait raison de cette condition imposé à son ex. « James l'a invité à sa fête d'anniversaire, Drago a accepté, mais je veux discuter avec lui avant… Il- Il m'a invité à dîner ce soir… Je n'ai pas encore donné de réponse… Je ne sais pas… Je me suis disputé avec Luke, il est partit hier, parce que j'ai accepté que James invite Drago à la maison sans lui en parler d'abord… Et je- je l'ai giflé. » Termina t-il honteux de son comportement. « Je crois qu'il m'a quitté… Je crois que je l'ai quitté… Bon sang Mione, j'ai pas dormi de la nuit, je suis crevé et je ne sais absolument pas quoi faire… Luke pense que je me sers du retour de Drago dans ma vie pour fuir notre relation, il a dit que je cherchais une échappatoire à son emménagement chez moi ! » Accusa Harry comme si c'était une hérésie.
Hermione le considéra d'un long regard et l'avait patiemment écouter tout au long de sa tirade de doutes et de craintes, c'était pour lui comme s'il relâchait finalement une pression trop forte.
« D'abord, tu dois mettre les choses au clair avec Malefoy, accepte de le voir, le plus tôt sera le mieux, pour le bien de James. Ensuite, Harry, je suis désolée de te dire ça, mais Luke n'a pas tord, tu as une peur bleue de l'engagement… Je comprends que tu n'ais pas pensé à prendre en compte l'avis de Luke dans cette décision, faire entrer ou pas Malefoy dans la vie de James c'est quelque chose que tu dois décider seul, mais tu peux essayer de rassurer Luke, non ? Il doit avoir peur de perdre sa place auprès de toi. » Hermione aplani les plis de sa robe de sorcier en se relevant, elle alla jusqu'à la porte du bureau et se retourna sur son ami avec un sourire patient. « Et parle à Ron ! » Ordonna t-elle.
« Comment ? Il m'ignore complètement. » Contra Harry depuis son bureau.
« Je ne sais pas, comment as-tu fais les autres fois où vous, vous êtes engueulés ? » Elle eut un sourire amusé et fit un clin d'œil à Harry avant de sortir de la pièce. Il soupira et passa une main dans ses cheveux. Il attrapa une feuille de parchemin et rédigea rapidement une réponse à Drago qu'il plaça dans une enveloppe avec l'adresse de Ste Mangouste, espérant qu'il y soit aujourd'hui et mit l'enveloppe dans la corbeille à courrier sur son bureau.
Il quitta ensuite la pièce, dossier de l'affaire en cours en main et marcha droit sur le bureau de Ron de l'autre côté du couloir.
De retour à Ste Mangouste, Drago s'enferma dans son bureau, laissant son laboratoire aux soin de son interne de troisième année, il attrapa aussitôt une plume et rédigea une lettre pour Theo lui disant de lancer la procédure d'annulation du mariage, qu'ils avaient l'accord et le soutien d'Astoria. En vérifiant son courrier, il trouva la réponse de Harry à sa lettre de la veille.
C'est d'une main fébrile qu'il décacheta l'enveloppe. Harry acceptait de le voir aujourd'hui, mais avançait leur rencontre d'une heure et proposait un pub dans Soho dans la même rue que son appartement, plutôt qu'un restaurant. Drago comprenait entre les lignes que Potter refusait l'intimité éventuelle d'un dîner.
Drago renvoya rapidement son accord aux conditions de Potter et retourna travailler, imaginant diverses façons dont pourrait se passer leur Rendez-vous ? Entretien ? Rencontre ? Comment devait-il appeler ça ?
Il eut la tête ailleurs tout l'après-midi tournant et retournant les différents scénarios de sa rencontre avec son ex dans sa tête. Carlisle, son interne, fut d'une grande aide tout au long de cette journée mais avait passé énormément de temps à observer Drago curieusement, confus par le comportement de son chef, habituellement imperturbable dans son travail. Vers 16h il fut appelé au quatrième étage, au service des empoisonnements par potions et plantes, pour une consultation. Il n'était plus appelé souvent dans le service depuis qu'il s'était spécialisé dans la recherche, mais il aimait bien ces moments où il ré-endossait sa robe de médicomage et interagissait avec les patients.
Quelle ne fut pas sa surprise quand il entra dans la chambre indiquée par une infirmière du service et qu'il tomba presque nez à nez avec Granger.
Celle-ci était à demi assise sur le lit, les bras croisés, un air déterminé sur le visage et fixait Drago avec une expression qui lui parut menaçante.
« Granger ? » Salut et questionna Drago avec un léger hochement de tête. « Que puis-je pour toi ? »
« C'est Weasley, maintenant, je suis mariée, Malefoy. » Dit-elle avec ce ton péremptoire et donneuse de leçon que Drago détestait tant. Il retint un commentaire sur ses goûts et choix discutables et déposa le dossier sur la table de soin à côté du cabinet à potion.
« Je suppose que tu n'as subi aucun empoisonnement par potion ou plante ? » Elle secoua la tête. Evidement, elle était là sous un faux prétexte.
« J'ai pensé que tu ne me recevrais pas, si je m'annonçais à ton bureau. » Drago ne démenti pas, mais ne confirma pas non plu, à vrai dire, il n'avait aucune idée de ce qu'il aurait fait si elle s'était montrée à son bureau. « Je voulais te parler, de James. Et d'Harry. »
Drago garda le silence, il s'était douté à la seconde où il l'avait vu qu'elle était là pour cette raison, mais il préféra garder un visage impassible.
« Harry m'a raconté ce qu'il s'est passé entre vous, que ce soit clair Malefoy, je me fiche complètement que tu sois le père de Jamie, mais saches une chose, si tu fais souffrir cet enfant ou Harry, je te le ferais regretter toute ta vie. » Le menaça t-elle sans détour.
Il rit malgré lui d'un rire bref et amer, il passa une main dans ses cheveux, les désordonnant légèrement.
« J'ai déjà assez de regret pour toute une vie Granger, crois-moi. Maintenant si tu n'es pas en danger imminent de mort, tu m'excuseras, mais j'ai du travail qui m'attend. » Dit-il gravement se détournant déjà vers la porte.
« Quels regrets Malefoy ? » Demanda Granger avec une légère hésitation dans la voix qu'elle ne réussit pas à dissimuler. Drago se tourna vers elle et l'observa une longue seconde.
« A ton avis Granger ? Ca te ferait quel effet de savoir que tu as manqué les sept premières années de la vie de ton enfant, de savoir que des gens à qui tu ne tiens pas particulièrement, ont plus de lien avec lui que toi, son parent ? » Confia Drago calmement. Granger resta figée, sans voix, fixant Drago comme si elle le voyait pour la première fois. Drago la laissa à sa réflexion muette et quitta finalement la chambre.
« Ca reste dégoûtant, mon pote, c'est tout ce que je sais ! » S'exclama Ron avec une grimace.
« Hey ! Ce n'est pas dégoûtant c'est… Différent. Tu t'y habitueras ! » Plaisanta Harry en tapant amicalement l'épaule de son meilleur ami et posant la Guinness brune devant lui.
Ron prit une gorgée de son verre et grimaça, fronçant son nez et ses sourcils et plissant ses yeux. Harry éclata de rire. Il prit lui-même une longue gorgée de sa bière et essuya sa bouche après coup se délectant du goût prononcé de la bière brune.
« Ok, je te laisse ton horreur, je vais me chercher une Lagger. »
Harry regarda Ron zig zaguer entre les clients du Pub dans lequel ils s'étaient arrêtés. Il avait prit son courage à trois mains et confronté son meilleur ami après le départ d'Hermione. Ils s'étaient hurlés dessus, insultés et excusés mutuellement pour finir avec une tape dans le dos et un éclat de rire, oubliant les dernières 24 heures. Une fois leur journée terminée, Ron insista pour offrir une bière à Harry pour s'excuser de son comportement puéril. Des mots que lui avait sans doute dit Hermione, Harry se rappela de la remercier d'avoir préparer le terrain et calmer son mari pour lui.
« Tu sais Harry, je commence à vraiment me poser des questions sur tes goûts. La bière brune c'est une chose, mais Malefoy ! Je ne m'y fais toujours pas… » Dit Ron se rasseyant sur son haut tabouret et plaçant une lagger devant lui. « Et il vous a abandonné James et toi. » Ajouta t-il plus sérieusement.
Harry avait tout expliqué à Ron, il savait que Drago n'avait jamais su pour James, mais c'était Ron, parfois il entendait ce qu'il voulait entendre et il préférait donner le mauvais rôle à Drago. Alors Harry se contenta de secouer la tête soupirant face à l'entêtement de son meilleur ami.
« Tu sais, j'avais dit à Mione qu'il y avait un truc pas net à propos de Malefoy, comment tu le défendais tout le temps, comme lors de cette affaire d'antidote empoisonnés. Elle m'a dit que c'était parce que tu te sentais redevable envers sa mère et aussi parce que tu voulais laisser la guerre derrière toi, ce genre de truc, mais maintenant je comprends mieux. » Dit Ron un peu plus tard, avec un regard entendu. Harry fronça les sourcils.
« Non Ron, enfin oui et non… Je savais juste qu'il n'avait rien à voir dans ce trafic, pas à cause de notre relation, mais parce que Drago Malefoy n'est pas un meurtrier, même quand on était gosse, il avait beau être un enfoiré de première, il n'a jamais été le psychopathe que tu t'imagines. »
« Mouais… On verra ça samedi… Il va vraiment venir ? » Demanda Ron, bougonnant légèrement.
« Je ne sais pas, normalement, oui, en tout cas c'est ce qu'il a dit dans sa lettre, je ne l'ai pas encore donnée à Jamie, je veux mettre certaines choses au point avec Drago avant qu'il n'entre dans la vie de mon fils. » Expliqua Harry d'un ton déterminé, il avala ensuite d'une traite le dernier quart de sa bière et reposa son verre sur la table. « D'ailleurs faut que j'y aille, je suis déjà en retard. » Harry se leva et ramassa sa robe d'Aurore, il la plia sur son bras et claqua l'épaule de Ron en signe de salut. « On se voit demain. »
Il entendit tout juste Ron lui souhaiter bonne chance avant qu'il ne soit hors de portée d'oreilles et il transplanna aussitôt à l'extérieur du pub, se rendant directement dans la ruelle adjacente du Pub où il devait rencontrer Drago.
Il avait une demie heure de retard et quelque part, il espérait que Drago ne l'ait pas attendu. Cette rencontre l'angoissait, il ne savait pas vraiment à quoi s'attendre mais ces deux derniers jours n'étaient qu'une suite d'imprévus et de choc.
Il avait toujours cette colère envers Drago, tellement de choses qu'ils ne s'étaient pas dites, mais la veille, Harry n'avait eu qu'une idée en tête, Drago ou pas Drago, il voulait retrouver son fils. La peur qui lui avait enserré le cœur ne lui avait pas permis de voir clair et de penser correctement quand il avait été face à son ex, du coup, il savait que cette entrevue serait le moment venu des explications…
Il y avait sept ans et demi Drago avait choisit sa famille plutôt qu'Harry, les sentiments d'abandon et de trahison avaient presque détruit Harry, émotionnellement il n'avait été plus que l'ombre de lui-même et il n'avait gardé que du ressentiment et de la colère envers son ancien compagnon. Mais en même temps, Harry devait le reconnaître, il ne pouvait pas se mettre à la place de Drago, il devait reconnaître que le choix qui s'était offert à lui, à l'époque, était cornélien. Et James n'avait pas fait partie de ses options. Harry ne savait pas ce qu'il aurait fait à la place de Drago. Ses parents étaient morts, mais qu'aurait-il fait s'ils avaient été contre sa relation avec Drago. Comme pour les Weasley, ses amis, ceux qu'il considérait comme sa famille, avaient justement très mal réagi à sa relation passée avec Drago, ils ne la refusaient pas mais il leur faudrait du temps pour s'y habituer. Du moins, c'est ce qu'il espérait. Sa relation avec Drago était terminée, il avait fini par passer à autre chose après tant d'années à avoir souffert de cette rupture, si Drago revenait dans sa vie aujourd'hui, ce serait uniquement pour James.
Harry s'arrêta sur le trottoir en face du Pub moldu. The Ship, sur Warbour street, était déjà bondé en cette fin de journée, travailleurs et locaux buvaient déjà une pinte, la foule débordant jusque sur le trottoir et la rue adjacente. Le bourdonnement des conversations accompagna Harry pendant qu'il se frayait un chemin jusqu'à la lourde porte en bois sombre du pub. Avec le monde qu'il y avait, il ne put voir à travers les vitres s'il voyait Drago à l'intérieur, mais avec une profonde inspiration de courage, il tira la porte et entra.
Le pub était un pub traditionnel, un long bar en bois sombre avec de hauts tabourets assortis. Des tapis au sol dans les tons rouge avaient aussi été utilisés pour tapisser les quelques banquettes capitonnées qui entouraient de petites tables carrées. Au plafond deux lustres dorés éclairaient la pièce d'une lumière chaude quand la nuit tombait. Mais avec l'été et les journées plus longues, ceux-ci ne seraient pas allumés avant plusieurs heures. Le barman, un type grand, brun, aux cheveux longs et attachés en un chignon rapide, tourna un regard vers son nouveau client et hocha la tête en signe de bienvenue. Harry lui rendit un sourire hésitant et lança un regard circulaire sur la salle. Entre les jeunes hommes en costumes, les jeunes femmes en tailleurs, entre les rires, les saluts, les tapes amicales dans le dos et les passes de verres débordants, Harry aperçu la blondeur neigeuse de Drago dans le coin le plus éloigné de la foule et du bar. Entre les passages d'un homme et d'une femme, Harry pu voir que Drago tenait déjà une pinte mi-pleine d'une main, l'autre tenait son menton pendant qu'il regardait par la fenêtre à sa droite. Sa cravate était en partie défaite comme les deux premiers boutons de sa chemise, ses manches retroussées jusqu'aux coudes, le soleil passant à travers la fenêtre venait baigné sa peau laiteuse dans une lumière douce et chaude.
Harry déglutit et secoua la tête, détachant son regard de la vision qu'offrait Drago. Il se concentra sur toutes ces années sans Drago, sur la dernière soirée où ils s'étaient vus. L'attraction laissa place à la colère et Harry s'avança.
Drago était arrivé au The Ship avec presque une heure d'avance, stressé par son rendez-vous avec Harry et ce qui allait en découlé, il avait décidé de quitter plus tôt son laboratoire échouant complètement à se concentrer sur ses recherches.
Il aurait pu écrire une liste entière de questions qu'il avait à poser à son ex, comment s'était-il retrouver enceint, par exemple ? La question primordiale entre toute. Car il avait beau se repasser ses souvenirs d'avec Harry, à aucun moment Potter n'avait approché de près ou de loin une potion de fertilisation, étape essentielle à la procréation chez les couples de même sexe.
Mais à se remémorer les dernières semaines avec son ancien compagnon, il comprenait enfin l'état maladif qu'avait eu Harry, ses vomissements, sa fatigue chronique, sa perte effrayante de poids. Drago s'était traité d'imbécile d'être passé à côté de ses symptômes, lui, alors interne en médicomagie, n'avait pu remarqué les premiers signes de la grossesse de son amant. Quel crétin il faisait !
Il avait plus d'une fois, effectué des charmes de diagnostique sur Harry, mais évidemment, détecter une grosse masculine nécessitait un sortilège spécial et ce dernier n'avait rien de systématique. Il n'était d'ailleurs même pas enseigné avant la dernière année d'internat et seulement à ceux qui se spécialisaient en obstétrique magique. Pas vraiment le cas de Drago, même s'il en connaissait désormais assez sur ces rares grossesses à cause des nombreuses potions qu'elles nécessitaient.
De là où il était assit dans le pub, il pouvait voir la fenêtre de sa propre chambre, aux yeux des moldus, ce n'était qu'un mur de brique vierge dans un bâtiment à deux étages. En dessous de leur loft, il y avait une boutique de vêtements moldus tendance en activité et pour les moldus, le premier étage, le loft de Drago et ses amis, n'était que les bureaux d'une start-up inconnue. Les sortilèges repousse moldus étaient amplement suffisants à tenir leur voisinage à distance.
Contrairement à ses amis, Drago n'avait plus aucune gêne à se retrouver parmi les moldus, il avait d'ailleurs passé plus d'une soirée dans ce pub, à draguer et se trouver un homme pour la nuit. Ce n'était pas le quartier gay de Old Compton, mais Soho avait une ambiance jeune, décontractée, festive, de son âge ou moins et des clubs dans presque chaque rue. Drago sortait dès qu'il le pouvait, en moyenne quatre fois par semaine. Depuis Harry, il n'avait pas eut de relation plus longue qu'un mois, et pas un seul sorcier n'était entré dans son lit. Il avait tout fait pour rester à l'écart de tout engagement, il ne voulait plus ressentir ce qu'il avait ressentit avec Harry, la culpabilité, le désespoir, l'angoisse constante de perdre ce qu'il avait ou d'être découvert mais surtout, le désir, l'envie, le besoin, l'amour, tout ce qui lui était refusé de par sa naissance incompatible avec son homosexualité. Alors Drago allait d'homme en homme, de lit en lit sans jamais s'arrêter à retenir leurs noms, quel était l'intérêt de connaître le nom d'un amant qu'il ne verrait qu'une nuit ?
En entrant dans le pub, il salua comme un ami, le barman, Brian, sous ses longs cheveux bruns et derrière ses lunettes carrées, il était le seul homme qui entretenait une relation plus ou moins suivie avec Drago. Un moldu, bi-sexuel aussi dragueur et volatile que l'était Drago. Sa position derrière le bar, lui assurait une prise à chaque soirée. Et Drago et lui se retrouvaient régulièrement dans son appartement au dessus du bar. Ils ne connaissaient l'un de l'autre que l'essentiel, prénoms, âges et état de santé, information essentielle pour les moldus et évidemment préférences sexuelles.
Brian lui fit un clin d'œil en le voyant et Drago y répondit d'un signe de main avant d'aller s'installer au fond du bar, la foule commençait à affluer, les heures de travail touchant à leur fin.
Il s'était perdu dans ses pensées quand il sentit une délicate caresse dans son cou, d'un sursaut, il leva les yeux sur Brian.
« Je ne t'ai jamais vu aussi pensif, qu'est-ce qu'il t'arrive ? » Demanda t-il, une pinte de Guinness dans la main. Drago lui fit un faux sourire rassurant et marmonna quelque chose à propos d'une longue journée au travail. Brian déposa la bière devant lui et se pencha sur son oreille. « Je finis à 22h ce soir… » Il n'attendit pas de réponse et repartit aussitôt vers le bar. Le rendez-vous était émis, il ne restait qu'à Drago de l'accepter ou pas.
Il sirota sa bière en prenant son temps, mais l'a finit avant même l'arrivée d'Harry. Il signa à Brian pour en avoir une autre et son second verre arriva presque instantanément dans la main d'Harvey, le collègue de Brian. Drago regarda sa montre et constata le retard d'Harry. Vingt minutes, il commençait à se demander si son ex allait finir par se montrer ou lui poser simplement un lapin. Après tout, il avait mis du temps avant de répondre à sa lettre, mais d'un autre côté, c'était Harry qui avait proposé ce rendez-vous.
Ils avaient besoin de discuter, ils avaient tellement de choses à se dire… Harry devait venir. Il le devait… Se répéta t-il avec espoir.
Une dizaine de minutes plus tard, alors qu'il venait de remarquer, par habitude sans doute, ce que les moldus ignoraient totalement grâce à la magie, un hibou sortant de son bâtiment pour s'envoler vers le nord, une ombre couvrit sa table. Son cœur cogna fort contre ses côtes, anticipant de voir Harry, il leva un regard qu'il espérait accueillant, patient et amical. Mais à la place de Potter, se tenait debout un homme d'environ trente ans, délicieusement séduisant, habillé d'un jean noir parfaitement ajusté et d'un t-shirt blanc à col en v. Il avait les cheveux brun dans lesquels des reflets blonds ne se voyait que sous les reflets du soleil bas au dehors, une barbe de fin de journée sur les joues, lui donnait un air de mauvais garçon, son corps élancé et fin mais clairement musclé et entretenu se tendait vigoureusement sous ses vêtements qui ne laissaient que peu de place à l'imagination. Il avait un joli teint halé et un sourire à tomber qu'il offrit à Drago avant de lui demander d'une voix suave si la place en face de lui était prise.
Drago hésita. Harry risquait d'arriver. Peut-être. Il jeta un œil à sa montre, quarante minutes de retard, Drago venait de perdre tout espoir d'avoir finalement des réponses à ses questions mais se voyait aussi saisit d'une colère qu'il n'avait plus ressentit contre Harry depuis des années.
En face de lui, l'homme semblait avoir pris sa décision malgré que Drago ne lui ait pas répondu et s'installa sur la chaise en face de lui, posant son verre sur la table, il se pencha par-dessus celle-ci et attrapa le poignet de Drago dans un geste intime.
« Je te regarde depuis un moment, et peu importe celui qui t'a posé un lapin, il vient de faire ma soirée. »
L'arrogance du nouveau venu était sans équivoque et quelque part Drago apprécia la franchise de cet homme. Mais il n'était pas franchement d'humeur, l'absence de Potter à un rendez-vous qu'il avait organisé, mettait Drago dans un état de frustration proche du ridicule.
« Je m'appelle Jonas et toi ? » Demanda ensuite le brun, passant son pouce sur la paume de Drago et lui lançant un regard suave et brûlant. Il se lécha doucement les lèvres sans quitter les yeux gris de Drago.
« Drago. » Répondit-il finalement, succombant au regard séducteur de Jonas et oubliant le retard d'Harry, s'il ne voulait pas se montrer, c'était son problème, Drago avait remplit sa part du marché, il était là. Pas Potter.
« Original, j'aime. Tu viens souvent-
« Hum, hum !? » Le raclement de gorge ramena Drago sur terre alors qu'il s'était perdu dans les yeux noisette de l'homme face à lui, il leva les yeux sur sa gauche pour rencontrer les sourcils froncés d'Harry, ses bras croisés sur son torse dans une posture furieuse et impatiente. « Je dérange peut-être ? » Dit-il sur un ton glacial.
« Un peu, oui. » Intervint Jonas avant que Drago n'ait pu ouvrir la bouche. Il lu facilement l'étonnement se muant en colère dans les yeux d'Harry. Drago détacha sa main de l'homme face à lui et se redressa sur sa banquette.
« Non. Je t'attendais, t'es en retard. » Dit Drago en se concentrant sur Potter et ignorant l'autre homme. « John ? C'est ça ? » Ajouta t-il en se tournant vers lui, qui regardait l'échange avec curiosité et secoua la tête avec une grimace de déception. « Peu importe, désolé, mais finalement le lapin n'est pas posé, peut-être une prochaine fois ? » Termina t-il avec un haussement de sourcil bien plus arrogant que la phrase d'introduction débilitante de 'comment il s'appelle déjà ?'.
Sans doute vexé, l'homme ne perdit pas de temps à se lever, un œil noir sur Harry et un regard languissant sur Drago, puis après une seconde de réflexion, il se courba sur la table avant de partir et murmura directement dans l'oreille de Drago. « Appelle-moi quand t'en auras finit avec lui. » Il glissa une carte de visite sur la table. Le blond ne cilla même pas de tout l'échange et regarda l'homme repartir dans la foule près du bar avant de concentrer son attention sur Potter, toujours debout.
« Tu peux t'assoire, la chaise ne va pas te manger. » Dit-il d'un ton légèrement sarcastique mais sans vraiment de mordant.
« Ha, ha ! » Rit faussement Harry avant de prendre la chaise qu'avait occuper Johnny ? quelques minutes plus tôt. Il jeta un œil sur la salle et indiqua l'homme du menton. « Tu le connais ? »
« Pas encore. » Drago aurait préféré d'autres circonstances pour voir Harry, mais autant être franc.
« Oh… Et- et Astoria ? »
« Elle est au courant, évidemment, ça aurait été invivable sinon. Elle l'accepte. C'est quelqu'un de bien. » Drago eut un léger sourire pour la fiancée qu'il n'avait pas voulu et qui était devenue son amie. « Elle a accepté d'annuler le mariage et rompre nos fiançailles. » Révéla finalement Drago dans un murmure à peine audible.
Harry releva les yeux, surprise et choc se mêlant dans le vert de ses iris. Il étudia longuement le visage de Drago pour y déceler une once de mensonge, mais il n'y nota que de la sincérité et de l'honnêteté.
« T-tu annules le mariage ? » Répéta Harry, estomaqué. Drago hocha simplement la tête. « Pourquoi ? » Lâcha Harry sans pouvoir se retenir, surpris lui-même par sa question.
Drago soupira et se pencha sur la table, prenant une gorgée de sa bière, et réfléchissant à ce qu'il allait dire.
« J'ai- j'avais accepté tout ça, j'allais le faire, me marier avec elle, j'allais faire ça pour mes parents, loyauté familiale en quelques sortes. Mais… C'était… Ce n'était pas mon père qui m'a caché l'existence de James, Harry. C'éta-c'était ma mère. » Balbutia Drago toujours aussi blessé par la trahison de Narcissa.
Harry inspira bruyamment sous la surprise et lu la douleur dans le regard de Drago aussi facilement qu'il aurait pu lire un livre.
« Drago… Je suis désol-
« C'est pas de ta faute, j'aurais dû m'en douter, j'étais tellement persuadé que c'était Lucius… C'était évident. Mais c'était elle… Alors j'ai pris ma décision, la loyauté que j'avais envers eux n'était apparemment pas réciproque, alors je ne veux… Je renonce… Je ne peux plus faire semblant d'être quelqu'un que je ne suis pas, pour des gens qui me mentent et n'ont aucun scrupule à me trahir. » Termina Drago d'un ton sur de lui, malgré ses quelques hésitations. Il haussa les épaules dans un geste nonchalant et vida son verre d'un trait, tentant d'ignorer le regard scrutateur de Potter et son long silence. Drago regarda son verre vide. Il en voulait un autre. « Tu veux boire quelque chose ? » Demanda t-il finalement à Harry, brisant le long silence et levant déjà la main vers le bar, signant à Brian de lui ramener deux verres, cette fois, sans même attendre la réponse d'Harry.
« T'es qu'un pauvre con, Drago ! » Gronda Harry entre ses dents, vrillant des yeux noirs à son ex. Tout ça pour rien. Se dit Harry, la colère gonflant dans ses veines. « Je t'ai presque supplié, il y a sept ans ! Et tu t'attendais à quoi au juste ? Je ne te préviendrais pas deux fois Drago ! Mais si tu te sers de mon fils comme d'une excuse pour échapper à ce mariage, je ne te pardonnerais pas ! James n'est pas une échappatoire à ton engagement ! » S'énerva Harry, ignorant le serveur qui venait d'arriver avec deux pintes de Guinness, brune pour Harry, blonde pour Drago.
Drago croisa le regard curieux d'Harvey et l'envoya balader d'un regard noir avant de se concentrer à nouveau sur Harry.
« Je- Je ne me sers pas… Merde, Harry, c'est là toute l'opinion que tu as gardé de moi !? Ma mère savait, toutes ces années, elle savait que j'étais gay, elle savait pour nous, elle savait quand on a… Après notre rupture, elle savait pourquoi je suis parti du Manoir, elle savait pour James… J'ai toujours cru qu'elle- du moins j'ai voulu croire qu'elle ne me rejetterais pas comme ça, qu'elle ne me trahirait pas. Que j'étais plus important pour elle que les traditions ou la pureté du sang, que j'étais plus important à ses yeux qu'un scandale social ! A ton avis, qu'est-ce ça me fait, aujourd'hui de savoir que j'avais tord, tord sur toute la ligne !? Je n'ai pas besoin d'excuses pour renoncer à ce mariage… J'aurais juste voulu le faire plus tôt. » Termina t-il essoufflé.
Harry continua de le scruter de ce même regard plein de méfiance. Au bout d'un long moment, ne trouvant rien d'autre que la vérité sur le visage de son ex, Harry abdiqua et hocha la tête légèrement signifiant à Drago qu'il acceptait de le croire. Ce dernier lâcha un long soupir de soulagement et leva doucement son verre comme pour porter un toast, avant de boire une longue gorgée.
Harry posa les yeux sur son verre, et le leva à son tour, remarquant finalement que Drago lui avait commandé sa bière préférée. Il y avait des choses qu'on n'oubliait pas.
« Comme- Comment va James ? » Hésita Drago un instant après un moment de silence bercé par les conversation environnantes.
« Bien. Il est surexcité, il rallonge sa liste de cadeaux d'anniversaire deux fois par jours quand il ne la change pas totalement… »
Drago hocha la tête sans savoir quoi répondre à ça. Il n'était absolument pas habitué aux enfants en dehors de ses petits malades et ceux-ci ne demandaient qu'à rentrer chez eux.
« Harry… » Drago déglutit quand son ex leva des yeux curieux sur lui. Il ferma les paupières une seconde pour reprendre le cours de ses pensées sans être gêné par le regard trop intense de Potter. « Tu ne m'as pas… Comment c'est arrivé ? James, je veux dire ? Comment tu t'es retrouvé… Tu sais ? » Dit-il finalement ajoutant un mouvement incertain de la main dans la direction d'Harry.
« Ce n'est pas une injure Drago. » Souffla Potter, mi-amusé, mi-défiant face à l'hésitation de Drago.
« Je sais, c'est juste… Ecoute ça n'arrive pas si souvent que ça. Pas entre deux… » Drago jeta un œil autour d'eux, il y avait trop de monde, trop de moldus… Il lança un sortilège discrètement par-dessous la table afin d'assourdir quiconque tenterait d'écouter leur conversation. « Je suis médicomage et en sept ans à St Mangouste je n'ai assisté qu'une seule fois à une grosse de ce genre, je préparais leur potion et j'ai vu les complications qu'une grossesse masculine entraînait… » Drago laissa transparaître son angoisse et son inquiétude avant de s'arrêter et de reprendre plus calmement. « La plupart ne sont même pas déclarées ! Ces gens ont peur de ce qu'il pourrait leur arriver, à eux et leur enfant si quelqu'un comme- comme mon père savait ! Comment- comment tu as réussi à… Je ne t'ai jamais vu à Ste Mangouste, alors… Merde… Je ne sais même plus ce que je t'ai demandé. » Pouffa t-il amèrement contre lui-même, dans sa confusion. Il laissa sa tête tombée sur son cou et ferma les paupières pour reprendre le contrôle de son rythme cardiaque et de ses pensées. Il entendit le rire bref d'Harry et leva des yeux confus vers lui.
« Tu perds si peu souvent le contrôle… » Expliqua Harry avant de poser ses deux mains sur son verre et éviter les yeux de Drago. Il regarda par la fenêtre, une intense réflexion se lisait sur ses traits, mordillant sa lèvre inférieure, le léger froncement de sourcil et le mouvement appuyé de sa pomme d'Adam lorsqu'il déglutit et se tourna finalement vers Drago.
« Andromeda. Ta tante… Elle était infirmière quand elle était jeune. » Il lâcha un petit soupir. « Quand tu es parti, mon état a empiré. J'ai pensé que c'était juste à cause de- la rupture. Mais ma magie a commencé à avoir des ratés au début janvier, j'ai été voir un médicomage qu'Hermione connaît, il n'a rien trouvé évidemment, comme toi. Et un jour, au début de Février, j'ai perdu connaissance. En plein milieu de la cuisine. Andromeda devait passer pour me déposer Teddy, elle m'a trouvé, elle a voulut m'emmener à Ste Mangouste et je lui ai dit que ça ne servait à rien, que j'avais vu des médicomages et qu'ils n'avaient aucune idée de ce que j'avais. Alors, elle m'a regardé longuement comme si elle voyait au travers de moi, vraiment perturbant comme regard. Elle m'a demandé mes symptômes, je lui ai tout raconté, la fatigue, les nausées, la perte de poids… Ma magie… Et elle a fait ce sortilège bizarre- et mon ventre a rayonné, du bleu… Je ne suis pas un grand fan de cette couleur… » Harry, reprit son souffle puis une gorgée de bière se laissant une trace humide au dessus de la lèvre supérieure. « Tu devines le résultat. Sérieusement, quand elle m'a dit ça, que- que j'étais- en-enceint… Merlin me pardonne, mais je me suis dit qu'elle était finalement devenue sénile… Elle a mis près de trois heures à me convaincre et m'a montré quelques bouquins de la bibliothèque Black qui expliquait ce qu'il fallait faire dans ce genre de cas je te laisse imaginer les horreurs que j'ai lut… »
« Bref, Andromeda m'a conseillé d'y mettre un terme, elle m'a dit à quel point c'était dur et dangereux, je crois- non, je sais qu'elle a dit ça pour mon bien, surtout quand je lui ai dit ne pas savoir qui pouvait être le second père. Elle m'a dit que pour la réserve de magie, ce que le soutien de l'autre père devait être et tout ça… Mais tu me connais. » Harry grimaça, à moitié amusé par ses propres souvenirs. « Je peux être borné quand je veux. Je lui ai dit que j'irais jusqu'au bout, que je voulais garder le bébé. A partir de là, vu qui je suis et toutes ces conneries d'Elu, on a décidé de garder ça secret et Andromeda avait déjà assisté à deux grossesses de ce genre dans sa carrière, alors elle s'est occupée de moi, elle et Molly- Madame Weasley- et Hermione me préparait les potions… Elle se sentait coupable alors c'était facile de la faire taire quand elle commençait à me sermonner. » Harry remarqua sans doute le froncement de sourcil de Drago à cette anecdote car il s'empressa d'ajouter. « Oui ! C'était la potion de Mione. Je ne sais pas si te souviens, de cette migraine que j'avais eue… J'étais passé chez Hermione pour lui prendre une potion ? Et elle n'avait rien trouvé de mieux à faire que de mal étiqueter ses fioles, elle avait préparé une potion de fertilisation puissante pour une de ses amies, blessée pendant la guerre, mais elle avait réussit à tomber enceinte avant de prendre la potion. Hermione l'avait complètement oubliée jusqu'à ce que je leur dise que j'étais enceint et que je ne savais pas comment c'était arrivé. Je veux dire, j'ai toujours fait attention à ce que je prenais comme potion, soit tu les vérifiais, soit Hermione, avec tout les philtres d'amour ou poisons qu'on m'avait envoyé depuis la fin de la guerre… Ce ne pouvait pas être… Puis finalement, Hermione a fait le lien… » Harry s'arrêta, il se racla la gorge et passa une main nerveuse dans ses cheveux.
« Enfin, quand James est né, on l'a fait passé pour le fils de mon cousin moldu. J'ai fait profil bas pendant la grossesse, au cinquième mois, j'ai dû arrêter mon entraînement à l'académie. Kingsley a été d'une grande aide à ce moment là, il a fait en sorte que je garde mes crédits et ma place, j'étudiais la théorie à la maison en me gavant de glace au chocolat et après la naissance de Jamie j'ai passé le tests physiques de fin d'année pour passer en seconde. Version officielle, j'étais au lit avec une forme violente de Dragoncelle, comme je ne l'avais pas eue étant gosse… »
Drago se souvenait d'avoir lu quelque chose à ce sujet dans les journaux, il avait été inquiet de l'état de santé d'Harry et plus d'une fois, il avait dû se battre contre l'envie d'aller le voir et vérifier qu'il allait bien. La Dragoncelle pouvait être mortelle chez les sorciers adultes.
« Bref… J'ai accouché, si on peut appeler ça comme ça, à la maison… Andromeda et Molly s'en sont occupé, moi, j'étais juste k.o. J'ai dû tenir trois contractions avant de m'évanouir. Une césarienne plus tard et plus de sang que je ne pouvais en contenir, selon Ron, et James était là. Sérieusement, Ron m'a dit après coup que ça ressemblait à un de mes films d'horreur, dans ma chambre ! » Plaisanta Harry sur un ton plus léger.
« J'aurais dû être là… » Murmura Drago pour lui-même sa voix pesante de regrets. Harry l'entendit malgré son ton bas. Son regard se fit dur, aussi dur que ses paroles suivantes.
« Oui. Oui, tu aurais dû. » Puis il claqua la langue contre son palais sèchement. « J'ai essayé Drago, dès qu'Andromeda m'a dit… je t'ai envoyé une lettre le jour même, puis une autre la semaine suivante, elles sont revenues même pas ouvertes ! Je n'ai pas lâché, j'ai continué de t'envoyer des lettres, je suis venu au Manoir, ta mère ne m'a même pas laisser passer les grilles, elle a été polie, m'a dit que tu n'étais pas là et m'a dit qu'il valait mieux pour nous que personne ne me voit avec les Malefoy, genre ça nuirait à ma réputation. Je lui ai dit que ça m'était égal, qu'il fallait qu'on parle, toi et moi. » La voix d'Harry se brisait à mesure qu'il parlait, une grimace de colère et de souffrance transformait ses traits. Son souffle se faisait cours et Drago pouvait voir avec horreur, les larmes perler aux coins de ses yeux.
« Quand elle m'a demandé pourquoi, je lui ai menti, j'ai dit que c'était pour un projet en rapport avec la reconstruction de Poudlard. Je lui ai dit de te dire de me joindre, mais tu ne l'as jamais fait… J'ai pas baissé les bras, avant d'être assigné à résidence, je suis venu jusqu'à Ste Mangouste. Il fallait que je te le dise… C'était la chose à faire, tu devais savoir qu'on allait avoir un- un enfant. A Ste Mangouste, je suis tombé sur ton chef d'Internat… Berthram, Perthram ? Il m'a tenu la jambe pendant deux heures à me parler de trucs saoulant, pire que les types du Magenmagot et quand j'ai pu demander à une Infirmière où tu étais… Tu étais déjà parti… J'ai laissé un message, pour toi à la réception, mais pareil, pas de réponse… Jamais de réponse… » Harry passa les deux mains dans ses cheveux, poussant un long soupir rageur et frustré. En parlé, ravivait le sentiment d'impuissance et d'abandon qu'il avait éprouvé à l'époque.
Drago attrapa, sans réfléchir la main d'Harry et la serra dans la sienne, essayant de réconforter son ex. Quand ce dernier releva la tête vers lui, ses yeux étaient embués par les larmes. Il fixa leurs mains jointes comme si c'était un concept étranger à son cerveau, puis semblant reprendre conscience, Harry arracha sa main à celle de Drago et se redressa, sur la défensive avec un regard froid et distant pour Drago.
« Harry… ? »
« Non. » Interrompu Harry, secouant vivement la tête. « Non, je veux rien- savoir, c'est- c'est du passé… C'est finit. Pas besoin de revenir là-dessus. Ce qui compte maintenant c'est James. Il s'attend à te voir à sa fête d'anniversaire, il veut te connaître et même si ça ne me plaît pas… C'est à James de- de choisir. Mais j'ai des conditions, et tu t'y conformeras si tu veux le voir. » Harry imposa la conversation d'un ton dur et son hésitation nerveuse était comme une colère étouffée. Drago hocha la tête.
« Tu ne prendras aucune décision le concernant, sans m'en parler avant. Je décide quand tu le vois, où et avec qui. Si je te demande de le ramener à 17h, il sera à la maison à 17h tapante, pas 17h01 mais 17h. Si je travaille, James reste chez Andromeda ou chez les Weasley, et par-dessus tout, je t'interdis de lui mettre des idées stupides dans la tête, de parler mal des Weasley devant lui ou de n'importe lequel de mes amis. JE m'occupe de son éducation, tu me dis où tu l'emmènes et ce que vous allez faire en tout temps, je veux savoir où et avec qui est mon fils. Il est hors de question qu'il rencontre tes parents et tu ne parles de lui à personne. J'ai gardé le secret de sa filiation toutes ses années et ce n'est pas pour que tu foutes tout par terre en cinq minutes. Si les journaux s'empare de l'info je saurais que ça vient de toi. »
Le cœur de Drago s'était alourdi à mesure qu'Harry énumérait ses conditions, sa colère était palpable et le blond savait qu'il avait très peu de marge, de manœuvre pour arrondir les angles. Soit il se conformait aux désirs de Potter, soit il risquait de perdre son fils à nouveau.
« Et si tu lui fais une promesse, veille à la tenir, parce que tu n'auras pas de seconde chance. » Invectiva finalement Harry avec détermination.
Parmi les conditions, il y en avait qui serait facile à tenir, en aucun cas Drago avait l'intention de présenter le petit à ses parents évidemment, mais il devrait faire attention à ne jamais ramener l'enfant en retard et ça, ça pouvait jouer contre lui. Il contempla Potter un moment, la flamme possessive dans ses yeux, sa colère toujours aussi vibrante et saisissante que dans le passé. Il ne put s'empêcher de le trouver attirant, sexy même. Mais ce n'était pas vraiment le moment.
« Mes- » Drago se racla la gorge, quand sa voix ne put suivre sa pensée. « Mes amis, ils savent déjà. Ils étaient là quand James est venu chez nous… Je vis avec Blaise et Théo… Pansy aussi, quand elle… se dispute avec son mari… Greg était là aussi… Ils ne diront rien. Ils savent garder un secret. » S'empressa de rajouter Drago en voyant le regard dur de Potter.
Harry hocha la tête brièvement. Il se leva et posa un billet froissé de cinq livres sur la table.
« Viens pour 14h, samedi. Ne soit pas en retard. »
Sur ces mots Harry s'en alla sans un autre regard, laissant un Drago incrédule derrière lui qui observa sans le voir son ex quitter le pub. Frustration et tristesse s'abattirent sur lui et il vida son verre d'un trait avant de se lever, à la recherche de l'homme qui l'avait abordé un peu plus tôt. Drago avait besoin de décompresser après cette discussion et il ne connaissait pas de meilleur moyen pour cela que de passer la nuit avec un inconnu.
