Titre : Alpha Potentiel

Résumé : Pour avoir lâchement désobéis à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM

Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)

Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !

Note de l'auteur : A tous ceux (ou plutôt celles) qui se sont réjouies d'avoir du HPDM à se mettre sous la dent, toutes celles qui ont bavé, pleurer de joie à la vue du lemon du chapitre précédent… J'espère que vous avez toutes un bon parachute car ça va faire mal !

Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Ce chapitre a été savamment bercé par Vega4, avec la chanson Life is Beautiful (ça ne cadre pas du tout avec le contenu du chapitre, mais ça ma inspiré un peu de drame… loll) mais également, pour le passage avec Devis, par l'OST de Kuroshitsuji, La Gardenia. Cette chanson se marie très bien avec Devis, son comportement et ses manières que j'assimile assez bien à Sebastian et Ciel mélangés… oui, oui, je sais… pour ceux qui connaissent, ça fait peur quant au résultat !

Temps de parution : En variante, au pire, un mois, au mieux, deux semaines !

Nombre de chapitre : 13.. Enfin, le 13 est en cours.

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Chapitre 5 : Lien

Quand Draco se réveilla le lendemain, il était bien. Une douce sensation de chaleur brûlait dans sa poitrine et il avait l'impression de dormir sur un petit nuage cotonneux et non sur son lit. Il s'étendit paisiblement, ignorant volontairement l'étrange texture de ses draps, sous son bras gauche. Le tissu était chaud et doux… Bien plus que d'habitude, en tout cas. Toutefois, il préféra nier cet élément et se tourna sur le dos pour regarder le plafond. Comme il était bien !

Un léger sourire fendit son visage et il tourna la tête sur la droite. Pour, brutalement, avoir l'impression de chuter en enfer.

« Par tous les dieux du monde ! »

Il bondit hors de son lit à la vitesse d'un chat ébouillanté pour regarder, les yeux écarquillés, un Harry Potter nu dans ses couvertures, occupé à dormir comme un bienheureux. Stupéfait, Draco resta planté au milieu de la pièce, la respiration haletante à cause de la soudaine peur qu'il avait ressentie. Puis, presque machinalement, il laissa son regard parcourir le corps nu de son ennemi. Il était fin. Bien trop fin.

« Demain, je le gave comme une oie… »

Un frisson le parcourut lorsqu'il se rappela avoir pensé cette phrase… alors qu'il léchait le torse du Gryffondor encore assoupi. Son visage blêmit et il baissa la tête sur sa propre personne. Il était intégralement nu… et Potter aussi, s'il en jugeait aux petites fesses blanches et musclées qu'il voyait sans mal… Draco déglutit.

« Non, ça ne se peut pas, marmonna-t-il. Nus, ok… Couché ensembles, certainement pas ! Je me souviendrais d'un tel évènement… J'en suis certain ! »

Il s'approcha pourtant du Gryffondor avec méfiance, enjambant deux ou trois bouteilles vides qui le firent grimacer. Bon dieu, ils avaient bu assez que pour faire une horrible bêtise, il en était certain au vu des cadavres ! Malgré cela, il continua d'avancer jusqu'au brun assoupi et se pencha sur lui. Son odeur l'envahit aussitôt et il retint un gémissement. A sa grande honte, il sentit très bien son sexe se réveiller à son tour et il porta une main sur ce dernier, comme pour l'arrêter. Le contact fut pourtant pire et il le lâcha brutalement. Il se redressa le temps de reprendre un peu ses esprits puis se pencha à nouveau sur le brun, tentant d'ignorer son excitation et la magnifique odeur qui, en lui, faisait presque hurler le loup.

« Pitié, pitié, pitié », murmura-t-il tout en regardant partout sur le corps dévêtu.

Son cœur s'arrêta brutalement lorsqu'il la trouva. Il sentit son estomac se tordre alors que toute excitation sexuelle chutait brutalement comme une pierre au fond d'un puits. Pendant un instant, il sentit ses yeux se remplir de larmes incontrôlables, mais il les chassa violemment.

« Non, gémit-il. Non, non, non, non, pas ça ! Tout mais pas ça ! »

Il recula brutalement, manquant de tomber en marchant sur une des baskets de son amant d'une nuit. Le cœur battant la chamade, il se retrouva appuyé contre le mur de sa chambre à regarder Harry Potter paisiblement endormi.

« Oh non, pitié, dit-il. Dites-moi que c'est un cauchemar, c'est sûrement ça ! Pitié… Pitié… Pitié ! »

Sans attendre, il s'élança presque et quitta la chambre pour figer sur le pallier. D'abord, il était nu. Ensuite… Ensuite, la simple idée de laisser Harry seul, vulnérable dans son sommeil, le rendait malade.

« Oh non, gémit-il en tombant à genoux, la tête entre les mains. Non, ce n'est pas vrai, mais pourquoi ? »

Il resta ainsi prostré jusqu'à ce que l'odeur mâle de Greyback le sorte de sa catatonie.

« Ben alors, gamin, qu'est-ce que tu fiches à poil dans le couloir ? Sans mauvais jeu de mot, j'entends… »

Il souriait d'un air amusé, mais lorsque Draco redressa la tête pour croiser son regard, il perdit son air joyeux. Il grogna vaguement puis renifla.

« Merde alors », dit-il.

Sans attendre, il dépassa Draco et poussa la porte de sa chambre. Le blond réagit au quart de tour. Il bondit en avant, le bouscula et se plaça en position de défense, dos à son lit. Appuyé contre le chambranle de la porte afin de ne pas tomber, Greyback le dévisageait d'un air stupéfait.

« Bon sang… Est-ce que… Non ! »

Il semblait si surpris que ça aurait pu en être drôle. Sa bouche s'ouvrait convulsivement alors que ses yeux voyageaient du lit à Draco, ce dernier trop occupé à protéger la personne endormie pour s'étonner de son propre geste. Finalement, Greyback se reprit et soupira.

« Habilles-toi et rejoins-moi dans le couloir. On a des choses à se dire, je crois… »

Puis il quitta la chambre à reculons : tourner le dos à Draco eût été un cruel manque de jugement !

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Il avait été incapable de s'éloigner du couloir, tant que Harry dormait dans son lit, à son grand agacement. Greyback avait juste reniflé d'ennui mais il avait daigné s'installer sur le sol où ils se faisaient face, en chien de faïence.

« Tu as couché avec lui… »

Draco hocha de la tête en réponse.

« Vous êtes liés, maintenant… »

Encore une fois et avec reluctance, le blond approuva.

« Bon… Et quoi ? C'était… euh… comment dire… Je me doute que oui, sinon, le lien n'aurait pas pu se former, mais…

-On était saoul, répondit Draco, le rouge aux joues. Alors non, ça n'était pas vraiment volontaire. »

Greyback laissa échapper un juron bruyant.

« Merde, tu ne fais rien dans la dentelle, toi, dis donc ! »

Draco se contenta de fermer douloureusement les yeux, tentant de retenir les larmes qu'il avait envie de laisser échapper.

« Merlin, qu'est-ce que j'ai fait ? explosa-t-il, au bout d'un moment. C'est la pire erreur de ma vie ! »

Greyback leva un sourcil sceptique.

« Comment ça ? dit-il. Potter n'est pas vraiment laid au point de déclarer…

-Ce n'est pas ça ! s'énerva Draco en le fusillant du regard. Harry est beau, je trouve… un peu trop mince, il aurait besoin de manger plus, mais c'est un beau garçon. Ce n'est pas ça, le problème ! Le problème… Enfin, non, les ! C'est que un, je ne suis pas Gay ! Deux… Même si je l'étais – et je ne le suis pas – jamais je ne choisirais Harry comme… comme compagnon ! Bordel, Greyback, Harry et moi nous détestons depuis… Depuis notre première rencontre ! »

Il avait élevé la voix pendant un moment, mais l'avait diminuée en réalisant qu'il risquait de réveiller son lié endormi. D'une, il préférait qu'il le fasse le plus tard possible car la conversation serait dure, de deux, il voulait le laisser dormir car il en avait besoin, vu les cernes qu'il avait tous les jours. Il s'insulta mentalement pendant plus de dix minutes pour sa protection manifeste.

« Vous ne vous détestez pas tant que ça, répondit Greyback. Sans quoi, le lien n'aurait pas marché. Il faut des sentiments des deux côtés, Draco, pour que le lien se forme. S'il s'est fait, c'est que vous en avez l'un et l'autre ! »

Draco secoua la tête de gauche à droite, alors même que son cœur s'emballait. Certainement pas ! Il n'aimait pas Harry Potter ! Il l'avait toujours détesté ! Il… il ne le connaissait pas !

Cette réalisation, plus qu'autre chose, le fit gémir douloureusement.

« Bordel, faut-il que je sois sous l'effet d'un loup lié ? dit-il en posant une main sur la boule de chaleur qu'il ressentait dans sa poitrine. Une part de moi est ravie de ça… j'ai l'impression que je me réjouis tout en me maudissant…

-Normal, répondit Greyback. Tu l'aimes, même si tu l'as refusé et que tu le refuses encore. Et le loup en toi le sait. Il en est heureux, célèbre le lien qui vous unis… Mais ta partie rationnelle, elle, n'a pas oublié que tu as passé plus de six ans à te disputer avec la personne qui dort dans ta chambre… Et que lorsque celle-ci va se réveiller… »

Le sous-entendu était clair : cela allait sûrement très mal se passer ! Une sourde peur envahit peu à peu Draco.

« Et s'il me rejette ? » dit-il, angoissé.

Greyback grimaça.

« Il y a plusieurs cas de figure. Au mieux, tu souffres horriblement mais tu tentes d'accepter sa décision… Tu peux aussi vaguement tenter de le satisfaire en faisant ce qu'il t'ordonnera, genre « crève ». Au pire… »

Sa phrase en suspend donna des sueurs froides à Draco.

« Au pire ? dit-il.

-Ta domination va s'en trouver exacerbée et tu risques de devenir un compagnon despotique. D'autant plus que tu es un alpha potentiel… Ce besoin de suprématie est redoublé par ça… »

Draco grogna d'agacement. Fallait-il qu'il soit un alpha potentiel, franchement ? Il aurait préféré être un gentil petit loup servile ! Il aurait eu moins d'ennui !

« Comment Potter va-t-il le prendre, à ton avis ? » demanda Greyback.

Draco eut envie de dire qu'il n'en avait rien à foutre, que c'était le cadet de ses soucis et que Potter pouvait aller en enfer avec ses états d'âme. C'était lui qui se retrouvait dépendant à vie d'un Gryffondor suicidaire ! Pas l'inverse ! Mais il sut à l'instant qu'il ne pouvait tout bonnement plus se montrer 'méchant' avec le Gryffondor. Pas sans sentir un puissant sentiment de honte ! Il gronda d'agacement.

« Sincèrement ? Sans doute avec plus d'horreur que moi ! Bon dieu, mais qu'est-ce qui m'a pris ? Et pourquoi, par tous les dragons, m'as-tu envoyé Potter hier soir ? »

Greyback haussa un sourcil moqueur.

« Je n'avais pas prévu ça, figure toi !

-Ben j'espère bien ! répliqua Draco en se redressant vaguement pour ensuite marcher de long en large. Et comment je lui explique ça ? Dois-je réellement le lui expliquer, d'ailleurs ? Je ne peux pas le garder secret ?

-Tu peux, répondit Greyback. Mais ton comportement va relativement changer, maintenant… Et le lien va également l'affecter… À un moment où un autre, il va remarquer que quelque chose est étrange. Ne serait-ce que lorsque tu vas te mettre à le suivre pour t'assurer qu'il n'ait aucun mal ou lorsqu'il va ressentir une douleur au niveau de sa morsure parce que tu seras triste, en colère ou autre sentiment négatif… Et je ne te parle même pas des autres sensations qu'elle lui procura… »

Draco soupira. Forcément ! Cette foutue morsure était une vraie malédiction, vu qu'elle renseignait le lié sur les états d'âmes de son foutu loup-garou ! Fallait-il qu'il le morde, bon sang ? Fallait-il qu'ils couchent ensemble sous l'effet de l'alcool ?

« J'ai beau y réfléchir, je n'ai pas l'impression d'avoir le moindre sentiment amoureux pour Potter, dit-il, le regard malheureux. Quant aux siens… Ah !... Tu-Sais-Qui en train de danser dans Casse-noisette est plus probable ! »

Greyback eut un sourire moqueur à l'image évoquée, mais il reprit son sérieux en remarquant que Draco s'était crispé.

« Il est réveillé », annonça le blond, un peu plus pâle que d'habitude.

Il regarda la porte de sa chambre comme si Voldemort en personne allait en sortir.

« Tu devrais y aller, lui dit Greyback. Je pense que vous devez d'abord vous expliquer seul à seul… »

Draco regarda l'alpha avec une hésitation clairement perceptible.

« Tu devras l'affronter tôt ou tard, Draco, lui dit l'homme. Mieux vaut maintenant, crois-moi… »

Le blond hocha de la tête. Puis, avec une lenteur presque exagérée, il se leva pour s'approcher du battant de bois. Il leva la main, se racla la gorge puis frappa. Aucune réponse ne lui vint. Après un moment, il finit par entrer, sa main tremblant un peu. Il referma rapidement la porte en découvrant Harry Potter complètement nu planté au milieu de sa chambre.

« Hum, fit-il, mal à l'aise. Tu devrais… T'habiller, non ? »

À ces mots, Harry pivota pour se tourner vers lui. Il rougit (« Adorable… Hein ? Adorable ? Foutu lien ! ») et attrapa vivement un pan du drap de lit qu'il rabattit sur son corps.

« Malfoy ! » dit-il, un peu troublé.

Rapidement – trop – il reprit contenance.

« Bordel, qu'est-ce que je fous ici complètement nu ? »

Draco poussa un long soupir. Et bien, ils n'étaient pas arrivés !

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Potter s'était habillé et Draco avait insisté pour qu'ils prennent un solide petit déjeuner avant de parler de la raison de sa présence dans la chambre et de sa nudité. Pourtant, au fur et à mesure que le brun mangeait les toasts que Draco avait été chercher, il le voyait blêmir et regarder le lit sur lequel ils étaient assis, à une distance ridiculement longue, avec horreur.

Quand ils eurent fini, un long silence accueilli le début des explications.

« Je n'ai qu'une question, dit Harry. Est-ce que… par hasard… nous… tous les deux, nous… aurions… Dormi ensemble ? »

Draco prit une inspiration. Dormir ensemble. C'était une expression neutre disant juste « Dis-moi qu'on a fait que dormir, pitié ! ». Draco pouvait parfaitement percevoir l'angoisse du jeune homme devant lui. Il souffla et répondit calmement :

« Si par dormir ensemble, tu entends se saouler la gueule puis baiser comme des fous, la réponse est oui. »

Le visage de Harry sembla perdre toute couleur. Draco s'en serait amusé s'il n'avait été aussi angoissé à l'idée de lui révéler le pire. Il reprit pourtant la parole avant que la célèbre impulsivité du Gryffondor ne soit libérée.

« Et avant que tu ne t'exprimes à ce sujet, je dois te dire… que je n'avais pas prémédité ça. J'étais saoul, comme toi, et comme toi, j'ai très mal pris mon réveil à tes côtés. Je me dois toutefois de te prévenir que la nuit dernière… a sans doute changé nos vies pour toujours…

-Et comment ! explosa Harry. Bordel, je me suis fait baiser par un mangemort ! »

Draco sursauta et le regarda. Ses sentiments explosèrent brutalement en lui et il gronda.

« Mangemort ? dit-il. Je ne suis pas un mangemort ! Et je te signale que ce n'était pas de ça que je parlais, mais du fait que nous sommes à présent liés ! »

Potter se figea. Il le regarda avec scepticisme, manifestement inconscient du sens de ses paroles.

« Liés ? dit-il. En quoi une erreur monumentale pourrait-elle revêtir suffisamment d'importance pour nous lier d'une quelconque manière ? »

Draco poussa un profond soupir.

« Bon sang, je ne pensais pas dire ça un jour, mais j'aurais aimé coucher avec Granger ! Elle, au moins, elle sait de quoi je parle ! »

Il se leva du lit pour tourner en rond devant Harry, sans s'en rendre compte.

« Les loups-garous se lient à des personnes. Très exactement, ils se lient à une personne, pour l'éternité. Enfin, pour la durée de leur vie terrestre, bien qu'il y ait un mythe quelconque sur un lien spirituel… Mais bref ! Lorsqu'un loup-garou… couche… avec quelqu'un… Et qu'il… le mord…

-Tu m'as mordu ? » paniqua Harry, horrifié.

Il se leva et commença à tâter chaque partie de son corps. A sa grande gêne, Draco en ressentit un frisson d'envie. Il l'aurait bien tâté, lui aussi.

« Foutu loup-garou, reste couché dans ta niche ! »

Un petit couinement de douleur le ramena au moment présent. Harry venait de tirer sur son t-shirt pour découvrir la morsure au niveau de son épaule.

« Oh bordel, tu m'as vraiment mordu ! Est-ce que je…

-Tu ne crains rien, le coupa Draco. Tu ne te transformeras pas et n'aura… presque aucune conséquence physique…

-Presque ? insista Harry, furieux. Comment ça, presque ? »

Draco souffla.

« Les loups se lient pour la vie. Lorsqu'ils le font, c'est généralement avec… une personne qu'ils aiment profondément. Une personne qui les aime en retour. Selon Greyback, les sentiments sont essentiels, pour une union… J'en ai déjà parlé avec lui et il soutient que nous n'aurions pu nous unir sans… sans sentiment. Bref, tout ça pour dire que tu es maintenant mon… mon compagnon. »

Harry resta figé bêtement, droit comme un i. Il tirait toujours sur un morceau de son t-shirt, les yeux écarquillés bêtement.

« Com…com…Compagnon ? dit-il, la voix aigue. Tu… plaisantes, n'est-ce pas ? Malfoy, je préférerais encore crever que de devoir être ami avec toi, alors compagnon ? Rien que l'idée d'avoir couché avec toi me donne envie de vomir ! »

Les mots étaient durs. Horriblement. Greyback l'avait prévenu que le lien lui donnerait ce sentiment. Même s'il n'avait que des sentiments inconscients, vis-à-vis de Potter, le lien les faisait ressortir et Draco eut mal en l'entendant. Il tenta d'ignorer ça, mais il vit Potter grimacer et porter la main à son épaule.

« Désolé, lui dit Draco. Chaque fois que je ressens un sentiment trop fort… tu le ressens, par la morsure. C'est la seule conséquence physique que tu auras de cette morsure. Si je suis triste, en colère, blessé… tu le ressens. De même, si je suis heureux, extatique, joyeux… bref, un sentiment fort. »

Potter eut une grimace de dégoût.

« Et pour le reste ? dit-il. En quoi ça consiste ? »

Draco soupira. Potter avait au moins la décence de lui demander une explication complète, ce qui était étonnant.

« Techniquement… nous sommes dorénavant liés. Ce qui veut dire que pour le loup qui est en moi, tu es mon compagnon. Même si je ne le veux pas, je vais… me sentir obligé de prendre soin de toi, de te protéger de tout danger, allant jusqu'à ma propre autodestruction pour y parvenir. Je risque… d'être très possessif, vis-à-vis de toi…

-C'est-à-dire ? demanda Potter.

-C'est-à-dire que je refuse que quiconque te touche ! Je refuse que tu regardes une autre personne que moi, que tu embrasses ou baises avec quelqu'un d'autre que moi ! Tu es à moi ! »

Draco s'aperçut avec quelques secondes de retard de ce qu'il disait. Il recula vaguement, gêné.

« Euh… Possessif, donc, disais-je…

-Je ne serai jamais ton compagnon, le coupa Harry. Tu m'entends, Malfoy ? Hier était une erreur et je n'ai aucunement l'intention de réitérer cette… abomination ! Je ne suis pas gay ! J'aime Ginny ! Et toi, je te déteste ! »

Draco frissonna des pieds à la tête. Il avait envie de hurler à la fois de douleur et de colère. Il avait aussi envie de renverser Harry sur son lit pour lui montrer qu'il lui appartenait et qu'il apprendrait à le respecter pour cela. Mais il se contrôla, difficilement. Malgré tout, il sentit ses oreilles changer d'apparences, ses ongles s'allonger et il eut conscience de mieux percevoir les choses : ses yeux avaient changé.

« Nous sommes liés, Harry…

-Alors trouve un moyen pour briser ce lien ! répliqua Harry, cinglant. Car je préférai être tué que de te laisser me toucher à nouveau ! »

Et sur ces mots, il quitta la chambre presque en courant. Resté seul, Draco ferma douloureusement les yeux.

« Je ferais de mon mieux », répondit-il, les dents serrées.

Et il haleta de douleur face au rejet de son lié.

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Il avait toujours su que c'était une mauvaise idée ! Faire confiance à Greyback, le suivre dans ce village où vivait Malfoy… C'était sans doute la pire idée de sa vie ! Et le pire, c'était qu'à présent, il ne pouvait rien faire ! Il était juste obligé de vivre avec ça ? Hors de question ! Il préférait encore se faire tuer par Voldemort que de devenir le compagnon de cet enfoiré !

D'un pas rageur, Harry quitta la maison de Greyback, ignorant volontairement l'élancement dans son épaule. Il ne voulait pas savoir que Malfoy souffrait de ses paroles, il s'en fichait. Il voulait juste partir de là ! Il traversa le salon sans s'inquiéter de la mine sombre du maître des lieux. Greyback n'avait même pas tenté de le retenir, il s'était contenté de regarder l'étage d'un air peiné. Harry quitta la maison pour traverser le village, droit vers celle qu'il habitait avec Hermione et Ron. Il fusilla du regard les petites fées qui voulurent le fêter et s'empressa d'aller s'enfermer à l'abri. Loin de ces foutus loups-garous !

La porte claqua derrière lui, faisant sursauter Hermione qui déjeunait. Elle lui jeta un regard stupéfait.

« Harry ? dit-elle. Qu'est-ce qui se passe ? Tu as un souci ?

-Oui, j'en ai un ! cria-t-il. Je veux que nous partions d'ici tout de suite ! »

Ron, qui ne devait pas être loin, arriva avec un grand sourire aux lèvres.

« Sérieux, on se casse ? Je prépare les sacs !

-Tu ne prépares rien du tout ! cingla Hermione. Harry, qu'est-ce qu'il se passe ? »

Le survivant ne répondit pas immédiatement. La douleur dans son épaule était presque lancinante et il finit par se laisser tomber sur une chaise de la cuisine, se massant vaguement.

« Rien, je veux qu'on parte, c'est tout ! »

Mais Hermione lui lança un regard clairement reconnaissable :

« Tu me dis tout de suite ce qu'il se passe ou je te promets que tu vas le regretter ! »

Malgré lui, Harry grogna d'agacement. Et ce fut le rouge aux joues qu'il raconta, d'une toute petite voix, ce qu'il s'était passé la veille. Au fur et à mesure qu'il parlait, Ron verdissait puis pâlissait. Hermione avait vaguement rougi avant d'arborer elle aussi un visage très pâle.

« Mon dieu, murmura-t-elle. Montre ! »

A contrecoeur, Harry écarta son t-shirt pour montrer la morsure. La jeune fille s'en approcha et l'analysa sous toutes les coutures.

« C'est exactement comme le professeur Chyreer l'a dit, s'exclama-t-elle.

-Je te remercie d'accorder à mon épaule autant d'attention qu'à un sujet d'étude ! s'énerva Harry. Je te rappelle que je suis lié à Malfoy ! »

Hermione grimaça.

« Oui, ce n'est pas des plus heureux… Mais Harry, être lié à un loup-garou… enfin… je ne dis pas que c'est mal, n'est-ce pas, mais… Te rends-tu seulement compte que c'est définitif ?

-Jamais ! répondit Harry. Je lui ai dis que je préférais mourir et je le pense ! Soit il brise ce lien, soit un de nous meurt, mais je ne me laisserais plus jamais approcher par ce type ! »

Ron approuvaient vigoureusement de la tête.

« Je veux que nous partions ! répéta Harry. Je veux m'éloigner de cette erreur au plus vite !

-Harry, tu ne peux pas dire de telle chose ! s'écria Hermione. Te rends-tu seulement compte de la souffrance que tu lui fais ressentir ?

-Je m'en fous ! C'est Malfoy, Hermione ! Le type qui nous a pourri la vie pendant toute notre scolarité. L'un des éléments responsables de la mort de Dumbledore. D'accord, il était piégé, mais il l'a fait quand même. Et par-dessus tout… c'est un mec et je ne suis pas gay ! »

Hermione rougit brutalement. Elle balbutia vaguement et se détourna, gênée.

« Quoi ? demanda Harry, plissant les yeux.

-Rien, rien, répondit la brune, n'osant pas croiser ses yeux.

-Mais bordel, quoi ? » s'énerva Harry.

Hermione marmonna quelque chose puis osa enfin se tourner vers lui.

« Sans vouloir t'offenser, Harry… Tu ne serais pas son compagnon si… si tu n'aimais pas Malfoy un tout petit peu…

-Foutaise ! s'écria le Gryffondor d'un air dégoûté.

-C'est pourtant la vérité, Harry, coupa Hermione. C'est dans tous les livres ! On ne s'unit à un loup-garou que par amour… Et je ne dis pas ça que parce que seule une personne amoureuse peut accepter de passer sa vie avec un despote possessif intransigeant ! Mais parce que chaque fois qu'un loup-garou a couché avec une personne qu'il n'aimait pas car il ne la connaissait pas du tout, il ne s'est rien passé ! Mais dès le moment où il y avait une pointe d'amour, même infime, il se retrouvait lié…

-Et bien, Malfoy m'aime, tant pis pour lui ! Moi, je ne…

-Tu ne comprends pas ! coupa encore son amie. Le lien doit fonctionner dans les deux sens. Si Malfoy ne t'aimait pas, il n'y aurait pas de lien… Et si tu ne l'aimais pas, il n'y en aurait pas eu non plus… Vous vous aimez tous les deux, inconsciemment peut-être, mais…

-J'aime Ginny ! cria fortement Harry. Et je ne veux plus entendre parler de cette stupide éventualité d'amour entre Malfoy et moi ! Nous avons une mission et nous allons nous concentrer dessus et non pas sur le mode de fonctionnement de cette stupide meute ! Si tu veux en savoir plus, libre à toi de revenir après ! Mais en attendant, au diable Malfoy, Greyback et le reste ! Je veux que nous partions ! »

Hermione soupira de défaite. Elle savait qu'il était impossible de parlementer avec Harry quand il était dans cet état. C'était dans ce genre de circonstance qu'elle enviait Rogue et sa si célèbre répartie !

« Et pourtant, vous devriez rester ici, Potter », intervint une voix qui les fit sursauter.

Ils se tournèrent tous vers l'entrée où se tenait un Greyback sombre.

« Je ne dis pas ça à cause du lien entre Draco et toi, bien que je pense que tu as tout intérêt à ne pas t'éloigner, sauf si tu désirs voir un loup-garou se jeter sur toi pour ensuite te montrer qui est le maître dans votre relation… et crois-moi, il le fera. Pour l'instant, il se contrôle. Difficilement, mais il le fait, parce qu'il rejette le lien autant que toi. Mais quand il l'acceptera – et il le fera, je te l'assure – il va se montrer possessif et colérique. Et je doute que tu veuilles vivre ça… Non, si je te dis que tu dois rester ici, ce n'est pas pour Draco… Mais pour Tu-Sais-Qui…

-Vous êtes à sa solde !

-Pour mieux le détruire, coupa Greyback. Je te l'ai déjà dit et je t'ai fait un serment que je n'ai pas l'intention de renier, quand bien même je désapprouve ton comportement actuel. Draco n'a pas mérité ta colère. Tu ne le connais pas et vice versa. Quant à ma fidélité, elle va à ma meute qui, bien qu'actuellement protégée par mon allégeance au serpent, sera menacée par lui, dans un avenir encore trop proche à mon goût. C'est donc sans hésitation que je le défie. Ordonne-moi ce que tu veux, pour que je t'aide à le détruire et je ferais ce que je peux ! Mais s'il te plaît, reste ici ! C'est dans ton intérêt. Draco ne t'approchera pas. Il s'est mis en tête de détruire le lien, ce qui est totalement stupide, car c'est impossible…

-Il le fera, il a intérêt ! s'énerva Harry.

-Il ne le pourra pas, répondit gravement Greyback. Et je te supplie de ne pas l'encourager dans cette voie… Il pourrait se détruire, en le faisant…

-Et bien qu'il se détruise, ça m'est égal ! répondit Harry. Je le déteste ! Je ne veux pas, jamais, être avec lui ! »

Ce fut plus fort qu'elle : Hermione leva la main et le frappa. Harry se tut, choqué. Il tourna la tête dans sa direction, le visage marqué par la surprise.

« Qu'est-ce que tu…

-Tu n'as pas le droit de parler ainsi, lui dit-elle. Je ne serais pas heureuse, à ta place, Harry… Mais Malfoy est un être humain. Tu ne peux pas lui souhaiter ainsi de souffrir… Vous avez fait une erreur… Une grave erreur qui vous a lié ! Mais il n'en reste pas moins que Malfoy ne t'a pas violé, hier. Tu as accepté ce que vous avez fait. Il faut être deux pour faire l'amour ! »

Harry rougit vaguement. Oui, il se souvenait de son comportement de la veille… un peu trop bien, d'ailleurs ! La manière dont il avait gémi, supplié… dont il avait levé les fesses en lui demandant de venir… dont il lui avait dit qu'il aimait ça…Il secoua vivement la tête pour chasser ses horribles souvenirs de sa mémoire.

« Et alors ? dit-il. Ça ne change rien au fait que je ne veux pas de lien avec lui ! »

L'arrivée de Draco les fit sursauter tous. Harry se sentit vaguement mal à l'aise. Depuis quand était-il là, exactement ? L'avait-il entendu dire qu'il souhaitait sa mort ? Malfoy avait un visage totalement inexpressif.

« Je vais quitter le village pendant un moment, annonça-t-il.

-Quoi ? demanda Greyback, soudain plus grave.

-Il est évident que Ha… Potter ne voudra pas rester ici si j'y suis… Et j'aimerais me renseigner quant à la possibilité de briser le lien. Peut-être Devis pourra-t-il…

-Hors de question ! rugit l'Alpha. Il est hors de question que tu ailles demander à ce vampire de briser le lien qui t'unit à Potter !

-Sans vouloir t'offenser, Greyback, tu n'as pas ton avis à donner sur ce sujet, intervint Draco. Il s'agit de ma relation. De mon lien. Harry n'appartient pas à cette meute. Et tant que je suis son compagnon, je me dois de le rendre heureux… présentement, son souhait est que je brise le lien qui nous unit…

-Mais tu ne peux pas le briser ! s'exclama Greyback, furieux. Tu vas te détruire en tentant de le faire ! Et Devis Malfoy… il a toujours adoré faire des expériences… Si tu lui demandes, il va se faire une joie d'essayer et Merlin sait comment tu en sortiras…

-Cela m'est égal, répondit froidement Draco. Si Devis accepte… alors je le laisserais faire. »

Harry tenta vaguement de comprendre. Qui était Devis Malfoy, exactement ? Un vampire ? Et pourquoi Greyback semblait-il si horrifié à l'idée que Draco lui demande un tel service ? Hermione semblait aussi sceptique, mais Ron arborait une moue horrifiée également.

« Ron ? Demanda Hermione. Est-ce que tu…

-Devis Malfoy, murmura le rouquin. Je pensais qu'il était mort… C'est ce que tout le monde a toujours dit…

-Il ne l'est pas, à proprement parler, dit Greyback. Il a été transformé en vampire, ce qui le rend encore plus terrifiant, si vous voulez mon avis… »

Ron frissonna d'horreur.

« Quand j'étais petit et que je n'étais pas sage, ma mère me disait toujours qu'elle irait chercher Devis Malfoy pour me punir… »

Harry haussa un sourcil. Et après, on s'étonnait que les enfants Weasley n'apprécient pas les Malfoy…

« Pourquoi ? demanda Hermione. Qui est-il ?

-Cela n'a aucune importance ! gronda Draco. J'y vais ! »

Il quitta la maison d'un mouvement rapide.

« Et merde ! », grogna Greyback en partant à sa poursuite.

Resté seul avec ses deux amis, Harry tourna un regard interrogateur vers Ron. Ce dernier semblait presque tenté de courir après son ennemi naturel pour le retenir.

« Devis Malfoy est connu comme étant le plus sanglant du clan… il a tué plus de monde que Tu-Sais-Qui et ses mangemorts, dit-il, la voix blanche. Et pas avec de la magie, poursuivit-il. Il les tuait… avec ses mains. Lorsqu'on lui a demandé pourquoi… il paraît qu'il a répondu qu'il faisait des expériences… sur le corps humain. »

Harry frissonna. Des expériences ? Il tourna la tête vers l'extérieur. La porte était restée ouverte, mais il ne distinguait rien d'autre qu'un chemin de terre.

« Malfoy est fou d'aller lui demander une telle chose, reprit Ron. Il va accepter… et Merlin sait ce qu'il va lui faire, par curiosité… Car c'est le seul mobile qu'il ait donné au ministère : la curiosité.

-Et ce fou est resté en liberté ? Demanda Hermione, stupéfaite.

-A l'époque, les Malfoy avaient le bras long… encore bien plus long que maintenant. Devis était le seul héritier mâle, il n'avait encore fourni aucune progéniture… alors on l'a laissé en liberté… Mais vers ses vingt ans, après avoir donné naissance à l'héritier de la famille, il a été déclaré mort…

-Vingt ans ? Demanda Hermione. Attends, quel âge avait-il, lors de ses meurtres ? »

Ron la regarda d'une telle manière que la jeune fille regretta presque d'avoir posé la question.

« Douze ans, répondit le rouquin, offrant un horrible frisson aux deux autres. Il avait à peine douze ans lorsqu'il a été arrêté… et il avait tué plus de cent cinquante personnes… »

Un long silence accueillit sa réponse.

oOo

« Des foutaises ! Rien que des foutaises ! »

Draco s'était libéré de Greyback avec beaucoup de difficultés. Le loup-garou était décidé à l'empêcher de quitter le village, mais il avait résisté et, après avoir embarqué plusieurs vêtements – « je reviendrais en chercher d'autres dans quelques semaines » – il était parti pour Londres. Ensuite, avec une prudence exagérée, il s'était rendu chez son ancêtre, frappant à la porte avec hésitation.

Celle-ci s'était ouverte avec violence et Draco avait été surpris de baisser les yeux sur… le plus mignon des hommes décédés qu'il ait jamais vu ! Devis Malfoy faisait à peine un mètre soixante. Il avait de grands yeux bleus innocents, de longs cheveux blonds cascadant dans son dos et une adorable petite bouche qui, à ce moment là, dessinait une moue agacée sur son visage. Il l'avait regardé sombrement, presque comme s'il était une insulte personnelle.

« Un loup-garou ? avait-il dit d'une voix presque mélodieuse. Chez moi ! Que puis-je… Ah ! Mais tu es un Malfoy, non ? J'en perçois l'odeur, bien cachée sous celle d'un sac à puce… »

Draco avait levé aristocratiquement les yeux au ciel.

« Bien vu, dit-il. Et le Malfoy a besoin de votre aide… Puis-je ?

-Certes ! » avait répondu Devis.

Draco était entré dans l'immense maison – un peu froide et sombre, mais bon… Devis était un vampire, non ? – et s'était laissé conduire jusqu'au salon où il avait été tout bonnement questionné par son ancêtre. Ancêtre qui marchait de long en large dans le salon, pestant contre Greyback.

« Moi, un serial killer ! Moi ! Des foutaises, oui ! »

Il n'en démordait pas !

« Ce n'est pas moi qui ais tué toutes ses personnes ! Et je n'avais pas douze ans, mais seize ! Sous prétexte que je suis petit et mignon, on m'a rajeuni de 4 ans, mais j'avais seize ans, bordel ! Et je n'en ai tué que 10 ! Elles étaient en mauvaise santé de toute façon ! Piètres cobayes, si tu veux mon avis ! Et puis… J'en ai tué bien plus, depuis… Nature vampirique oblige, tu comprends ? Mais ça ne fait pas de moi un serial killer et encore moins un psychopathe ! Pour qui se prend exactement ce cabot ? N'est-ce pas lui qui mordait d'innocents petits enfants ? Moi ! Dangereux ! Foutaise ! »

Sous l'œil plus que sceptique de Draco, Devis donna un coup de pied dans un fauteuil qui valdingua un peu plus loin. Son comportement lui rappelait vaguement quelqu'un… Il sourit, amusé.

« Pourrait-on parler de mon cas ? » demanda-t-il.

Aussitôt, Devis se calma. Il tourna la tête dans sa direction, un léger sourire aux lèvres. Effrayant, d'ailleurs, le sourire…

« Ah, oui, ton cas », dit-il.

Le petit air mignon avait totalement déserté son visage. Il le fixait alors avec un air presque mesquin, voir totalement… menaçant.

« Tu t'es lié avec Potter… excellente idée, si tu veux mon avis. Les Potter sont puissants ! Pour peu que tu le laisses engrosser une quelconque idiote, tu auras un descendant des plus intéressant… Enfin, il faudrait que tu lui donnes tes gènes aussi, sinon, tu auras juste un simplet de la famille…

-Je ne veux pas rester lié à lui… »

Devis se tut pour le dévisager pendant un long moment. Il avait l'air enfantin, ce qui le rendait encore plus effrayant.

« Et tu veux que je brise le lien que tu as établi avec lui », murmura-t-il, s'approchant de Draco.

Ce fut sans aucune gêne qu'il s'assit sur ses genoux, à califourchon. Il approcha son visage froid du sien, souriant.

« J'ignore si cela est possible, dit-il. Mais tu risques d'avoir très mal, tu sais ? »

Draco frissonna. Le corps de son ancêtre était froid contre le sien et son regard hypnotisant l'effrayait. En lui, le loup reculait d'inquiétude pour aller se tapir dans un coin, tremblant.

« Je sais, répondit-il. Pour autant, je ne peux pas… rester lié à Potter.

-Ne pas pouvoir et ne pas vouloir sont deux choses différentes, cher descendant, lui dit Devis, mesquin. Mais bon… Si c'est ce que tu souhaites… nous pouvons essayer… »

Draco hocha de la tête alors que le sourire de Davis s'accentuait.

« Mais tu risques d'avoir très mal… »

Il avait dit ça d'une voix presque cajoleuse. Une voix capricieuse qui sous-entendait qu'il s'en réjouissait.

« Je sais, répondit Draco, se retenant de claquer des dents. Mais il le faut. »

Devis sourit plus largement.

« Fort bien, dit-il. Que ne ferais-je pas pour satisfaire l'un de mes héritiers… »

Il prononça ses mots lentement, semblant s'en délecter. Puis il bondit, se retrouvant noblement sur ses deux jambes, près de la porte du salon.

« J'ai quelques recherches à faire au préalable… Profites-en pour découvrir un peu ma maison… Elle est la tienne également ! »

Et il quitta la pièce dans un mouvement rapide. Resté seul, Draco soupira. Il posa une main sur son cœur. Potter semblait tendu…

« Peu importe, murmura-t-il, chassant ce sentiment. L'essentiel est que je brise ce lien, à présent… »

Et il se leva pour partir explorer, tentant d'ignorer le froid ambiant et la crainte qui le dévorait.

A suivre…

N'est-il pas adorable, ce Devis? … Ok, tout dépend du point de vue, je sais !

Sur ce, je vous dis à je ne sais pas quand ! loll Bisous !

PS : Les réponses aux Reviews vont venir dans la soirée…