Bonjour à tous et toutes !
Tout d'abord, veuillez excuser mon absence de ces dernières semaine, l'absence de nouveaux chapitres et aucunes explications de ma part. Mais la Vie Réelle est parfois juste chiante. J'ai eu très peu de temps à consacrer à cette fic, mais maintenant me revoilà et c'est ce qui compte.
Pour me faire pardonner un double chapitre, j'ai décidé de ne pas le couper pour me faire pardonner. Alors bonne lecture et laissez des commentaires, ça fait toujours plaisir !
Petit rappel, les personnages ne m'appartiennent pas, je ne fais que jouer avec et ne retire aucun bénéfice de ces écrits.
AnneBridges
Juillet 2007
Harry avait tellement été submergé et secoué par cette discussion avec Drago qu'il quitta le pub comme une furie, et sans réfléchir plus que cela, il se mit à marcher à vive allure, tournant sur St Anne puis remontant Dean street. Son pas n'avait rien de léger, au contraire, ses épaules s'étaient voûtées et mains dans les poches, il affichait un air revêche, blessé même. Ses larmes séchèrent d'elles même dans la brise créée par sa vitesse de marche.
Plus d'une fois, il entra en collision avec des épaules inconnues mais pas une seule fois se retourna t-il pour excuser son inattention. C'est seulement en fendant la foule attendant l'ouverture des portes de Sadler's well Theatre que Harry se rendit compte du chemin qu'il avait parcouru, sans doute deux kilomètres, se dit-il en regardant derrière lui, ne sachant pas vraiment comment il était arrivé jusque là. Il fit un tour sur lui-même pour se repérer, il n'était plus très loin de chez lui, à un peu moins d'un kilomètre, autant terminer à pied, se dit-il, haussant les épaules, finalement calmé.
Il n'avait pas prévu d'être aussi véhément avec Drago. Ni aussi glacial. Mais le voir se faire aussi ouvertement draguer avait déjà été difficile à digérer, mais l'entendre dire qu'Astoria savait et acceptait d'être trompée lui avait foutu une sacrée claque.
Le souvenir qu'il avait de Drago ne correspondait pas à cet inconnu. Drago avait été aimant, doux et fidèle. Mais là, le regarder se défaire de ce dragueur comme s'il n'était rien… Ca avait vraiment désarçonné Harry. L'arrogance sur le visage de Drago, lui avait rappelé celui de l'école, celui de leur jeunesse qu'il avait trouvé si insupportable. Puis il avait récupéré le visage que Harry lui connaissait et la vulnérabilité lue dans ses yeux quand Drago avait révélé à Harry que c'était Narcissa qui était à l'origine de cette débâcle avec leur fils. Harry ne savait que trop à quel point Drago devait souffrir de la trahison de sa mère. Lui, qui vouait un culte à sa mère, qui l'aimait plus que tout, à avoir même accepter la Marque des Ténèbres et l'impossible tâche de l'assassinat de Dumbledore pour sauver la vie de celle qui lui avait donné la sienne. Oui, Harry savait à quel point Drago devait ressentir cette trahison. Mais pendant un moment, il avait eu peur et redouter que Drago ne se serve de James comme d'une excuse pour échapper à son mariage. Harry ne voulait en aucun cas que son fils ne soit une excuse. Il décida de croire Drago quand il lui expliqua que ce n'était pas le cas. Il était tellement partagé. Entre sa douleur personnelle, entre la colère qu'il éprouvait encore à l'encontre de son ex et la chance que son retour était pour James. Son fils qui voulait tant connaître son autre père… Son fils !
Harry se frappa violemment le front et se maudit à haute voix, ignorant les autres piétons autour de lui. Il repéra la première venelle déserte possible, s'y enfonça et vérifia de n'être visible par personne avant de transplanner sur le perron du 12 Square Grimmaurd.
C'était l'anniversaire de Jamie.
Aujourd'hui.
Et toute cette histoire avec Drago l'avait tellement secoué qu'il devait admettre avoir oublié les plans qu'ils avaient fait pour la soirée.
Rien d'aussi extraordinaire que la fête de ce week-end, juste un dîner chez Andromeda, avec Teddy et… Luke…
Harry entra dans la maison jetant sa robe d'Aurore sur la première surface venue et monta les marches quatre à quatre jusque sa chambre. Un moulinet de baguette plus tard et le sortilège de désillusion confinant un paquet cadeau sur sa commode se désagrégea, d'un second geste, la boite carrée, au papier bordeaux pleins de petit Galois vert, rapetissait pour tenir dans la main d'Harry. Il repartit tout aussi rapidement qu'il était arrivé, mais cette fois en passant par la cheminée raccordée au réseau de cheminette dans la cuisine.
Il déboula, littéralement, dans le salon d'Andromeda, manquant de tomber à la renverse en se prenant les pieds dans le tapis épais devant le canapé. A peine reprit-il son équilibre qu'il fut percuté de plein fouet par une masse blonde qui exultait un « papa ! » enthousiaste. Puis un autre choc, sur son côté droit lui signala la présence de son filleul. Baissant les yeux sur les deux garçons et rencontrant la chevelure bleu de Teddy et le sourire éclatant de James à peine plus petit que le fils de Remus Lupin, Harry sourit à son tour, laissant s'envoler tout ses problèmes d'adulte.
Il se mit à hauteur des petits garçons. Teddy grandissait à vu d'œil, c'était effarant. Il avait fêté ses 9 ans quelques mois auparavant et dans deux ans, il entrerait à Poudlard. C'était irréel, songea Harry, de voir à quelle vitesse il poussait. Il avait l'impression d'avoir prit ce petit bout de bébé aux cheveux bleu indigo, dans ses bras, pour la première fois seulement la veille, mais c'était il y a neuf ans déjà.
« Hey ! Je suis si en retard que ça ? » Demanda Harry, passant une main dans les cheveux de Teddy, tout en rapprochant James de lui.
Les deux garçons explosèrent en même temps, comme s'ils avaient retenu toute une litanie exprès pour Harry. Parlant en même temps, Harry ne comprit que peu de chose, oui, il était en retard, le dîner était près. Meda avait fait un gigantesque gâteau. Leurs bras bougeaient autant que leurs lèvres. Et Harry ne peut retenir son rire en les voyant s'agiter devant lui. Vexés, les deux garçons firent équipe pour le renverser au sol et Harry se fit attaquer par leurs chatouilles, exultant un peu plus de rire. Il attrapa James par la taille pour le soulever sur son ventre et faire mine de lui mordre le cou. Mais Teddy vint aussitôt à la rescousse de son jeune cousin. Harry aurait pu se libérer, mais il laissa Teddy libérer James et abdiqua les rendant vainqueurs de cette bataille improvisée.
« Harry ! C'est vrai ce qu'a dit Jamie ? Hein ? C'est vrai ? On est des vrais cousins maintenant ?! » Interrogea Teddy avec ses grands yeux miel, pleins de curiosité.
Harry fronça légèrement les sourcils et se tourna vers Jamie. Ce dernier fila un coup de coude à Teddy qui se voulait discret. Puis il leva un regard d'excuse vers son père. Pris par la peur d'avoir fait une bêtise.
James savait depuis plusieurs mois pour Drago. Peu avant Noël, il avait interrogé Harry sur sa naissance, pourquoi il n'avait pas de maman comme Rose ou Victoire et Freddie ? Harry, lui avait expliqué sa naissance spéciale et quand James eut finalement comprit qu'il avait deux papas au lieu d'un papa et une maman, il questionna Harry sur son autre père. Pris de court Harry parla de Drago sans réfléchir aux conséquences. Puis à la fin de son explication, il se rappela l'âge de James et la facilité que le garçon aurait à répéter tout ça à qui voudrait l'entendre. Alors il tendit son petit doigt à son fils et lui fit promettre de garder le secret pendant encore quelques temps. James avait froncé les sourcils de confusion et d'une certaine méfiance, puis il crocheta finalement son auriculaire à celui de son père avant d'accepter la promesse. Harry, avait été surpris que James tienne s'y tienne et ne dise rien sur Drago. Il en avait grandement culpabilisé, mais à l'époque, il n'avait pas été prêt à partager l'information avec le reste de leur famille, pas plus qu'il ne l'était aujourd'hui.
Harry revint de ses pensées et se concentra sur James se mordillant la lèvre inférieure d'un air coupable. Le jeune père posa une main affectueuse sur sa tête décoiffant ses mèches déjà désordonnées.
« Oui, Teddy, vous êtes réellement cousins. » Dit-il avec un sourire rassurant pour son fils.
« Tu vois, je t'avais dit que c'était vrai. » Déclara James avec un léger ton puérilement hautain. Harry secoua la tête se désolant de cette gentille compétition qu'ils avaient tous les deux à toujours vouloir avoir raison.
« Harry, Mamie, dit que l'autre papa de Jamie est son neveu, pourquoi il est jamais venu à la maison s'il fait parti de la famille ? »
Harry tenta de cacher son malaise, mais les deux paires d'yeux curieux posées sur lui le déstabilisèrent et il balbutia un truc qui ressemblait à « C'est une longue histoire… »
« Jamie, Teddy, allez vous laver les mains et aider Meda à mettre la table, le dîner est prêt. » Annonça Luke arrivant de la cuisine un torchon dans les mains. Son regard accrocha aussitôt celui d'Harry, presque soulagé de la diversion qu'il faisait. Les garçons partirent en courant vers la salle de bain de l'étage laissant les deux hommes se fixer l'un l'autre d'un long regard.
« T'es en retard. » Finit par ajouter Luke un peu froidement.
« J'étais… Avec Ron. » Mentit Harry à la dernière seconde. Mais culpabilisant, il se reprit aussitôt. « Et je- je devais voir Dr- Malefoy, à propos de Jamie et de son anniversaire… J'étais en colère en partant et j'ai marché pour me calmer… De Soho jusqu'à l'entrée de Islington… »
Luke eut une grimace et fronça les sourcils, sans bouger de l'entrée du salon, il étudia Harry un long moment. Le silence entre eux était tellement étranger à leur relation.
« Tu vas vraiment le laisser prendre Jamie ? » Harry fut plus que surpris par la question de Luke.
« Qu-Quoi ? Non ! Non, il ne- personne ne va prendre James. Luke, c'est mon fils. Drago va juste… Lui rendre visite de temps en temps… C'est tout. »
« Tu crois ? C'est un Malefoy, ces gens ont l'habitude de prendre ce qu'ils veulent sans s'occuper des autres… Et s'il demandait la garde ? »
Harry franchit la distance les séparant et attrapa les mains de Luke dans les siennes. Plantant son regard dans le sien.
« Malefoy ne prendra pas Jamie. Il ne demandera pas sa garde. » Dit Harry avec une conviction inébranlable. Il étudia les yeux bleus de son petit ami et baissa le ton de sa voix, murmurant tout juste. « Je suis tellement désolé pour hier… La journée avait été tellement difficile et je- Ecoutes, je comprends que tu m'en veuilles de laisser Drago revenir dans la vie de James… Mais c'est son père et James veut le connaître, il s'est carrément enfuit pour le rencontrer ! »
« Je sais… Je devrais m'excuser aussi, j'ai juste… J'ai flippé et j'ai été con. » Harry pouffa de rire et attrapa d'une main le visage de Luke avant de le tirer vers lui par la taille de son autre main et, embrasser, d'un long baiser possessif, son petit ami.
« Beurk ! Papa ! C'est dégoûtant ! »
« Chut ! Jamie ! C'est ce que font les amoureux ! Mione et Ron se font toujours des bisous aussi ! » Ricana Teddy expliquant à son jeune cousin la bonne marche d'un couple.
« Oui, mais Mione et Ron se cachent dans la cuisine au moins ! Allez Papa, Luke, j'ai faim, moi ! » S'écria Jamie tirant sur la manche de Luke pour le détacher de son père et le traîner derrière lui vers la cuisine tandis que de son côté Teddy faisait pareil avec un Harry rieur. Ce dernier partagea un sourire et un clin d'œil avec Luke, se laissant entraîner à son tour.
Quand Harry entra dans la cuisine derrière, les deux garçons et Luke, il rencontra aussitôt le sourire chaleureux de Andromeda. Elle ôtait son tablier tâché de sauce tomate et le pliait pour le poser sur son plan de travail.
Teddy et James se précipitèrent sur les placards pour sortir les assiettes et les couverts, Luke s'occupait des verres en hauteur, tandis qu'Harry venait contourner la table et embrasser la joue de la maîtresse de maison. Il lui murmura des excuses pour son retard et celle-ci l'interrogea des mêmes yeux que Sirius.
« Drago. » Dit-il dans un souffle à peine audible.
Andromeda hocha imperceptiblement la tête et jeta un œil vers James et Luke. Elle serra tendrement le bras d'Harry.
« On parlera après dîner. »
Le dîner se passa dans la meilleure des ambiances, James était heureux comme tout, un sourire permanent sur les lèvres. Sa bonne humeur avait déteinte sur toute la tablée et Andromeda et Harry, partagèrent leurs souvenir de la naissance de James, de ses premières années et pour faire une bonne mesure de la première fois que Teddy avait vu James, prenant jusqu'à la couleur de cheveux du nourrisson et disant dans un zozotement infantile « tifère ». La nostalgie et les rires accompagnèrent le reste du repas, jusqu'au gâteau d'anniversaire et ses sept petites bougies bleues. James aspira une grande bouffée d'air pendant que les autres lui chantait un joyeux anniversaire et souffla de toutes ses forces éteignant les flammes en une seule fois. Ils applaudirent et James sautilla sur sa chaise réclamant ses cadeaux.
« Un seul, ce soir, champion, il faudra attendre samedi pour les autres, d'accord ? » Le prévint Harry dune voix aussi douce que ferme. Il savait qu'il avait tendance à gâter Jamie et Teddy, mais il essayait tout de même de garder des limites et de ne pas les pourrir au point d'avoir à gérer les mêmes crises que faisait son propre cousin autrefois.
James hocha la tête avec une moue légèrement boudeuse qui disparue aussitôt qu'il vu le paquet cadeau s'agrandir à côté de son père. Il déballa vivement le paquet, des étincelles d'excitation dans les yeux. C'était un simple kit de jeux des 'Farces pour sorciers facétieux' que lui avait spécialement préparer George la semaine précédente. James et Teddy se penchèrent tous les deux sur tous les objets à l'intérieur, plateau d'échecs sorcier à l'effigie des maisons de Poudlard, Jamie sortit le roi de Gryffondor pour le montrer à Harry, la pièce était un homme à tête de lion couronné. Son rire éclata dans la cuisine comme une cascade d'eau sur de la roche quand il remarqua, le roi Serpent de Serpentard. Continuant de fouiller dans la boite, Teddy sortit un jeu de carte du pouilleux mais Harry et Andromeda les rappelèrent à l'ordre alors que les deux enfants replongèrent dans la boîte, et leur demandèrent d'attendre de finir de manger leur part de gâteau avant d'aller jouer.
Un peu plus tard, dans le salon, alors que Luke avait été défié part Teddy aux échecs et ce sous le regard attentif de Jamie qui comptait bien jouer contre le vainqueur, Harry et Andromeda s'éclipsèrent dans la cuisine sous prétexte d'y faire un peu de ménage.
De quelques coups de baguette magique, la cuisine s'ordonna et la vaisselle se lava dans l'évier.
La grand-mère de Teddy invita Harry à s'asseoir après qu'elle ait préparé une tisane. La pièce bleue pastel était chaleureuse et accueillante. Une petite table carrée la complétait ou l'on pouvait s'asseoir à quatre seulement. Harry s'assit à côté d'Andromeda du côté le plus proche de la porte et Meda tournait le dos à sa cuisinière. Il servit l'infusion et après une gorgée, Andromeda lui serra la main tendrement et encourageante par-dessus la table.
« Allez, racontes moi ce qui t'as mis dans un état de nervosité pareil. » C'était surprenant la facilité qu'avait Andromeda à lire en Harry. Techniquement, ils ne se connaissaient pas depuis aussi longtemps qu'il connaissait Molly, mais ces dernières années, entre Teddy et James, Harry s'était beaucoup rapproché de la cousine de son parrain. Il lui avait même révélé que la seule fois où Sirius l'avait mentionné c'était pour dire qu'elle était sa préférée. Quand Harry se sentait seul et désorienté, Andromeda avait prit l'habitude de lui parler de Sirius, de ses jeunes années avant qu'elle ne quitte pour de bon la famille Black. Il adorait ces moments.
« C'est rien… J'ai vu Drago, pour parler, tout à l'heure… » Il soupira et se passa une main dans les cheveux. « Il- La lettre que j'ai reçu… C'était Narcissa qui l'avait écrite… » Révéla t-il. Andromeda secoua lentement la tête d'un air navré.
« Ah… Ma chère petite sœur s'est toujours révélée surprenante… oh… Pauvre Drago, il doit se sentir si trahi, si seul… » Harry haussa tout juste les épaules, pour dire vrai, il évitait de penser aux états d'âmes de son ex.
« J'ai été un peu dur avec lui, je crois… Je sais pas, c'est juste difficile d'y voir clair… Entre lui, Ron, Luke… Et vraiment, je ne sais pas, j'ai l'impression de devoir me justifier auprès de tout le monde. Juste parce que c'est Drago Malefoy, si ça avait été n'importe qui d'autre, je suis sûr que mes amis n'auraient pas réagit aussi mal. » Harry fronçait les sourcils, une légère frustration teintait sa voix. « J'ai parlé avec Ron cet après-midi, il m'a dit que j'étais dingue… Juste parce que j'ai eu une relation avec quelqu'un qu'il n'aime pas. »
« Harry, calme-toi, tu n'as de comptes à rendre à personnes, je t'assures. Tu sais, quand j'ai rencontré Ted, je savais que ma famille serait contre, que je serais reniée, mais j'ai décidé que ça n'avait pas d'importance pour moi, ce qu'ils pensaient… Mais tu as beaucoup de chance, malgré tout. Tes amis t'aiment et ils veulent ce qu'il y a de mieux pour toi. Contrairement à ma famille, personne ne te reniera à cause de cette relation avec Drago. » L'assura Andromeda en serrant encore son avant bras.
« Au fait, Hermione m'a dit que tu savais pour Drago… Comment ? » Se rappela Harry après un petit moment de silence.
« Oh, oui… C'est vrai. James a les yeux d'un Black. Sirius les tenaient de son père, Orion, Drago et moi de notre oncle Alphard, tous les Black n'avaient pas les yeux gris, certains étaient bleus comme Cissy, Regulus et sa mère. D'autres étaient noirs, comme ceux de mon père et… Elle. Mais les gris étaient les plus répandus, c'était comme une marque de fabrique. James, même si ses yeux ont tendance à tirer sur le vert selon la lumière, a les yeux d'un Black. Tante Walburga disait souvent et surtout pour trouver une excuse à la différence de Sirius que ceux qui avaient cette teinte de gris étaient ceux des Black qui étaient le plus susceptible de mal tourner !» Andromeda lâcha un petit rire entendu.
Harry avait porté un Jamie endormi à travers la cheminée et l'avait monté dans sa chambre et déposé dans son lit, lui enlevant ses baskets et le mettant lentement, sans le réveiller, en pyjama, avec un baiser sur le front, Harry quitta la chambre de son fils et redescendit directement à la cuisine où l'attendait une tasse de tisane et Luke.
Un baiser au coin des lèvres, un merci murmuré et Harry s'arma pour la longue conversation qui s'annonçait.
Luke resta muet et plus patient que ce qu'aurait pensé Harry. Il ne parla qu'en très peu de détails de la relation entre Drago et lui. Pourquoi faire ? Se dit-il, il ne voulait pas se disputer avec Luke et ne souhaitait pas non plus instiller de jalousie entre eux. Et ce n'était pas nécessaire, son histoire avec Drago était finie depuis longtemps et il préférait se concentrer sur la vie qu'il construisait avec Luke. Mais Drago revenait bel et bien dans sa vie et ça méritait une mise point de sa future implication dans celle-ci et par conséquent, dans celle de Luke.
C'est ce dont parla Harry. Il assura son petit ami que rien ne changerait entre eux ou avec James, qu'il avait bien l'intention de voir Luke emménager comme prévu la semaine suivante et surtout qu'il l'aimait et qu'il était désolé de son comportement de la veille qu'il mettait sur le compte de la frustration de cette horrible journée.
Ce n'est que deux jours plus tard, au petit déjeuner, qu'Harry se rendit compte qu'il n'avait dit à personne que Drago avait l'intention d'annuler son mariage. Peut-être qu'il n'y avait pas cru alors ou qu'il n'avait pas osé en parler de peur d'y croire ? Mais c'est quand il déplia la Gazette du sorcier sur les pages mondaines que la réalité le rattrapa. Le titre en caractère gras s'étalait sur toute la page avec une photographie d'Astoria Greengrass et Drago Malefoy partageant un thé sur une terrasse extérieure du Chemin de Traverse.
Harry s'étouffa sur sa gorgée de café en lisant : 'Malefoy/ Greengrass : Séparation !' Choqué par ce qu'il avait vu, Harry toussa plusieurs fois dans son poing essayant de se dominer. James releva la tête du jeu sur sa boîte de céréale et interrogea son père d'un regard. Mais Harry se contenta de secouer la tête et faire un geste de la main désinvolte pour rassurer son fils.
Quand il réussi à régner sur sa quinte de toux, Harry se concentra sur l'article sous la photo du couple.
« Tu es sûr, chéri ? » Demanda Pansy en étudiant les traits de Drago attentivement. Ce dernier hocha la tête, déterminé.
Il devait en finir une bonne fois pour toute. Il avait passé la matinée avec Théo et Astoria à rassembler ce qu'il leur fallait de paperasse pour annuler le mariage. La Cérémonie, en soit ne présentait aucun problème ou presque à annuler, mais leurs fiançailles, là c'était bien plus délicat.
Astoria proposa de gagner du temps, en annulant d'abord la cérémonie, les traiteurs, les décorateurs, les invités à décommander avant même de se lancer dans la vraie annulation de leur engagement. Théo apprécia sa logique et tous les trois commencèrent à envoyer des lettres à tous les services prévu pour la Cérémonie, les musiciens furent payés et remerciés comme pour les traiteurs et leurs employés de cuisine et service et ils continuèrent ainsi toute la matinée jusqu'à l'arrivée furieuse de M. Greengrass dans le bureau de Théo, demandant des explications suite à l'appel paniqué du tailleur engagé pour faire les tenues des deux familles qui ne savait pas quoi faire des costumes et robes déjà près.
La rencontre s'était mal passée, forcément. Le père de d'Astoria avait été menaçant, indigné et choqué quand Drago avait finit par lui révéler son homosexualité. Un affront fait à sa famille, avait-il hurlé. Une infamie et une trahison, avait-il dit ensuite attrapant vivement le poignet de sa fille pour l'emmener avec lui. Déclarant que sa fille n'avait rien à faire avec des gens comme lui, Astoria, désemparée et impuissante, face la colère et poigne de son père, s'était laissée entraînée à sa suite. Son ex futur beau-père le qualifia une dernière fois de malade pervers et menaça de lâcher ses avocats sur Drago et sa famille avant de disparaître dans le couloir adjacent avec sa fille. Drago fut rejoint par Théo qui le rassura d'une main apaisante sur l'épaule.
« Ca va arranger nos affaires si le père d'Astoria fait intervenir ses conseillers. » Lui dit Théo au bout de quelques longues secondes. Drago se tourna vers lui d'un mouvement vif et rencontra le sourire léger étirant les lèvres de son ami. Drago ne put retenir son rire. Le sérieux du ton de Théo ne collait absolument pas avec l'expression de son visage et l'absurdité de la dernière déclaration de M. Greengrass explosa subitement clairement dans son esprit.
« Allez ! Viens mon cher ami malade que j'offre un déjeuner à tes perversions ! » S'exclama ensuite Théo partant d'un nouveau fou rire et poussant d'une main l'épaule de Drago, droit vers la sortie de son bureau.
C'est là que Théo le convainquit d'annoncer publiquement la rupture de ses fiançailles et l'annulation du mariage. Et qui de mieux pour ce genre d'annonce que Pansy Parkinson, rédactrice assistante dans les pages mondaines de la Gazette du sorcier ?
Pansy fit un 'o' de ses lèvres quand ils déboulèrent dans son petit bureau et lui demandèrent l'interview, mais se reprit aussitôt et ses lèvres se courbèrent d'un côté dans un rictus et ses paupières se plissèrent légèrement sous son excitation palpable à l'anticipation du plus croustillant des commérages de l'année.
Le regard de Pansy alla de Théo à Drago dont le visage restait impassible. Il savait ce qu'allait dire Théo, ils en avaient bien évidemment discuter et l'idée plaisait à Drago, un moyen de se venger de ce qu'avait fait sa mère en quelque sorte, même s'il savait que cette motivation n'était pas la meilleure façon de parvenir à ses fins, surtout vis-à-vis du père surprotecteur qu'était apparemment Potter, Drago avait décider d'écouter ses plus bas instincts et c'était plaisant. Les yeux curieux de sa meilleure amie l'interrogèrent avec insistance et Drago haussa un sourcil entendu. Elle comprit aussitôt et se tourna vivement sur Théo pour confirmation.
« Vra-Vraiment ? » Elle ne cacha pas une seconde sa surprise. Théo hocha une seule fois la tête, c'était plus que suffisant.
« Et évidemment, Drago à besoin de la meilleure rédactrice des pages mondaines pour annoncer publiquement l'annulation de la cérémonie et la dissolution de ses fiançailles et quelle meilleure plume que la tienne pourrait en écrire les raisons sans en faire un scandale monstrueux ? » Théo leva un sourcil tentateur et attendit la réponse de Pansy qui peut-être pour la première fois de sa vie était muette, dans sa stupéfaction.
« Salazar ! Je vais être plus célèbre que Skeeter ! » Finit-elle par s'écrier une main sur la poitrine. « Chéri, je te soutien, peu importe ton choix, mais tu es vraiment sûr de toi ? Je veux dire, une fois que ce sera écrit, on ne pourra plus faire machine arrière ? »
Drago lui sourit tendrement et serra sa main au dessus de son bureau. Il la fixa longuement et lança un regard à Théo cherchant quelque chose pour l'assurer qu'il faisait bien. Son ami semblait plus confiant que Drago, souvent prit de doute et de panique, mais il voulait le faire. Il devait le faire. Il revint finalement au visage de Pansy et la jolie brune n'ayant rien perdu de l'échange muet de ses deux amis encouragea Drago à parler en serrant légèrement sa main.
« Oui, ma puce, on se lance. »
Dans la rédaction agitée de la Gazette du sorcier qui s'était figée pendant une longue minute quand Drago y était entré avec Théo, Pansy ouvrit à moitié sa porte sur la fourmilière de reporter et pigistes annonçant à son assistant d'une voix claire et forte afin que tout le monde l'entende, évidemment, que personne ne la dérange pendant son interview exclusive de l'héritier Malefoy à propos de son imminent mariage.
Drago savait pertinemment l'effet qu'elle venait de faire à chacun de ses collègues. Etonnement et jalousie se lisait sur chaque bouche ouverte et yeux plissés. Drago avait accepté une seule et unique interview jusqu'ici à propos de son mariage et à Pansy uniquement. Depuis la fin de la guerre, il s'était tenu à l'écart des journalistes, même Pansy, il devait l'avouer. Mais ça n'avait pas empêcher les rumeurs et les cancans de se propager, ça n'avait jamais importuné les journalistes d'écrire sur lui ou sa famille, des accusations absurdes parfois insultantes avaient souvent fait la Une de la Gazette, il fut même accusé de duperie et corruption de toutes sortes quand il fut primé pour ses recherches. Alors Drago évitait les journalistes avec grand soin.
« D'accord, c'est parti, alors. » Déclara Pansy assise sur le coin de son bureau, tout près de la chaise qu'occupait Drago. Théo s'occupait en lisant de vieux numéros du journal qu'entassait Pansy au fond de son bureau cubique. Pansy, ses longues jambes croisées, jouant à balancer son talon aiguille sur le bout de son pied agita d'un simple mouvement, sa baguette puis un calepin et une longue plume de paon, immaculée que lui avait offert Drago avec tout un set d'encrier luxueux à son anniversaire quelques mois auparavant, se levèrent dans les airs, et Pansy prit une longue seconde pour réfléchir à son premier lot de question et son introduction.
« M. Malefoy, tout d'abord, laissez-moi vous dire quel plaisir j'ai de vous recevoir ici, dans notre humble rédaction à la Gazette du sorcier. » La plume s'agitait sur le papier à mesure que la jeune femme, au ton très professionnel, parlait.
« Le plaisir est partagé Mme Parkinson. » Edicta Drago, sachant parfaitement que Pans avait gardé son nom de jeune fille pour nom de plume et n'utilisait que rarement le nom de son mari. Ils partagèrent un sourire complice et secret et Pansy replaça ses cheveux dans son dos, d'un geste souple.
« Je rappelle à nos lecteurs, que M. Drago Malefoy, unique héritier de la très ancienne et noble famille Malefoy, sera dès ce vendredi marié à Mlle Astoria Greengrass. Un mariage entre deux familles des 28 Sacrés de cette ampleur ne s'est plus vu depuis plusieurs années et évidemment la tension est à son comble à moins de deux jours de la cérémonie. » Pansy épargna un clin d'œil complice à Drago avant de reprendre. « Ces dernières années, M. Malefoy s'est démarqué à de nombreuses reprises comme un illustre membre de notre société, Guérisseur médicomage à l'hôpital Ste Mangouste et Maître de potion, il a consacré sa vie depuis sa sortie de Poudlard à aider sorciers et sorcières et a grandement contribué à nos avancées médicomagique grâce à ses recherches sur les antidotes. N'épargnant malheureusement que peu de temps pour notre curiosité, chers lecteurs, nous avons aujourd'hui la chance de recevoir Drago Malefoy, pour un tête à tête particulier concernant son imminent mariage. »
Drago retint un éclat de rire à la fin de l'éloge de sa meilleure amie. Il bougea un peu dans sa chaise pour se mettre plus à l'aise, malgré son cœur qui battait à tout rompre sous ses côtes, les brisant presque, Drago savait qu'il devait continuer. Il n'était pas vraiment convaincu que c'était la meilleure solution, se venger ainsi de ses parents était peut-être bas, mais il ne pouvait plus changer d'avis.
« M. Malefoy, nombres de nos lecteurs sont suspendus, pleins d'excitation et d'anticipation depuis l'annonce de vos fiançailles avec Mlle Greengrass, certains parlent d'une vraie romance comme on en fait plus. Votre passé tumultueux soudain un lointain souvenir grâce à l'amour indéfectible d'une jeune femme. Ce mariage est la consécration de plusieurs années d'attentes, pourquoi autant de temps entre vos fiançailles et la cérémonie ? »
Drago prit une inspiration, essayant d'atténuer la douleur dans ses joues à force de retenir son large sourire. « Tout d'abord, appelez moi Drago, Pansy. » Une autre inspiration et Drago croisa sa cheville droite sur son genoux gauche dans une posture élégante et détendue. « Officieusement, mes fiançailles avec Astoria ont été prononcées à sa sortie de Poudlard, pendant que j'étais moi-même encore interne en médicomagie, mais nous avions émis le souhait de ne pas rendre l'information publique avant la fin de mon internat, et évidemment des propres études d'Astoria, aujourd'hui chargée de liaison inter-service au Ministère de la magie. Nous étions très jeunes quand notre engagement a été décidé et nous voulions, tout deux, un peu plus de maturité avant de le rendre officiel. »
« Bien entendu. » Dit Pansy, jetant un œil à son calepin pour vérifier que sa plume sténographiait correctement les paroles de Drago et les siennes. « Mais puis-je me permettre de revenir sur vos propres mots, vous dîtes que votre 'engagement a été décidé' comme si vous n'y aviez pas prit part ? Y a-t-il quelque chose que nous ne savons pas ? » Interrogea Pansy entrant enfin dans le vif du sujet.
« Oui… » Drago hocha la tête malgré lui. « Ces fiançailles, malheureusement, ne sont pas l'histoire romantique que tout le monde s'imagine. Bien que j'aime et respecte Astoria de tout mon cœur et qu'elle a pour moi les mêmes sentiments, c'est nos parents respectifs qui ont décidé de ce mariage, comme d'une alliance entre deux entreprises. Nous avons, en tant qu'héritiers des traditions des 28 sacrées, Astoria et moi, respectés les vœux de nos familles. Nous étions à peine plus que des inconnus et nous sommes devenus de très proches amis. Son soutien et sa force gracieuse m'ont été un moteur de motivation et d'inspiration au cours de ces dernières années. » Drago serra ses mains anxieusement, Pansy allait encore parler, poser une autre question, mais Drago l'arrêta d'un froncement de sourcils. « Hier, nous avons mutuellement décidé de mettre un terme à cette comédie. Il est tant pour Astoria et moi de suivre nos propres chemins plutôt que celui décidé par un tiers. » Drago lâcha un long soupir à peine audible. Il était fier que sa voix ne se soit pas briser sous l'angoisse de sa révélation.
« Oh… Si je comprends bien ce vous dîtes, Drago, le mariage est annulé ? » Demanda la journaliste, feignant sa surprise, sachant que la plume prenait note de tout ce qu'il se passait dans le bureau. En jetant un autre coup d'œil à son calepin, elle y vu même la description de l'anxiété de Drago. Ce dernier déglutit et hocha la tête.
« Exact, et je tiens à m'excuser auprès de nos contractants et invités pour le cours délai d'annulation. »
« Je dois avouer être plus que surprise, ce n'est pas un secret, après tout que nous sommes amis depuis le jardin d'enfants, et même si en tant que journaliste dédiée à la vérité, j'ai toujours souhaité rester impartiale même lors de l'interview d'un ami, je me permets aujourd'hui ce petit écart pour nos lectrices et lecteurs, Drago, aussi loin que je me souvienne, vous avez toujours fait passer les expectations de votre famille ainsi que les traditions relatives aux 28 Sacrées avant vos désirs personnels, et je sais que Mlle Greengrass, Astoria, partage votre sens du devoir familial, alors je me pose la question, pourquoi ce revirement ? »
Pansy était excellente, comme à son habitude, maniant les mots avec une maîtrise incroyable. Drago se permit un léger sourire et se concentra sur sa réponse.
« Oui, (il laissa un petit rire s'échapper de ses lèvres, presque dérisoire) mon devoir familial… Ces derniers mois, et plus encore ces dernières semaines, j'essayais de me convaincre que je faisais la chose à faire, mais plus le mariage approchait et moins j'étais confiant. Ce qui est différent cette fois quand à ma détermination à faire mon devoir envers ma famille, est que je ne suis plus le seul concerné par ces décisions. Astoria mérite la romance qu'on nous prête et je ne suis pas celui qui peut lui offrir cela. » Drago fit une longue pause, Pansy avait comprit à son regard qu'il n'avait pas finit, il prenait juste le temps de peser ses mots.
« Il y a une chose nécessaire à un mariage au-delà du partage des même valeurs morales et politiques. C'est évidemment l'amour. Astoria et moi, avons beaucoup d'affection l'un pour l'autre, mais pas le genre de tendresse attendu par deux jeunes gens prêt au mariage. »
« Nous savons tous que c'est chose courante, parmi les 28 Sacrées d'arranger les noces entre les héritiers, et de grands couples sont nés de ses unions, vos parents en sont un exemple. »
« Mes parents ont eu une très grande chance de se trouver. Et si un amour comme le leur avait pu m'unir à Astoria, je ne serais pas ici aujourd'hui, mais auprès de ma future épouse. » Déclara Drago avec un rictus complice à Pansy.
« Permettez moi, Drago, nos lectrices et lecteurs seront, j'en suis sûre gravement peinés de cette nouvelle, et certains pourraient dire que vous êtes encore très jeune et peut-être naïf en ce qui concerne l'amour. Que leur répondez-vous ? » Insista encore Pansy très professionnelle.
Drago eut un rire bref retranscrit par la plume de sa meilleure amie.
« L'amour, le vrai, n'a pas d'âge à ce qu'on dit. Et quand à cette naïveté… » Drago posa longuement, ses paupières se fermèrent quelques secondes pour se rouvrirent avec une sorte de clarté dans les prunelles. « Il y a huit ans, avant même que je rencontre Astoria. » Drago tenta de dissimuler un tic nerveux mais il craqua tout de même sa nuque en faisant rouler son cou pour éviter le regard de Pansy. « Je suis tombé amoureux de quelqu'un. Une personne extraordinaire vraiment, qui a réussi à pardonner les exactions de mon adolescence alors que mon nom se retrouvait souvent en première page de la Gazette pour exprimer les doutes qu'avait notre société envers mon repentir. J'ai appris à aimer grâce à la présence de cette personne et j'ai goûté au bonheur, alors que je ne pensais pas le mériter. Mais j'ai renoncé à ce bonheur et à cette personne pour le devoir que j'avais envers ma famille. J'ai aimé, Pansy et je sais faire la différence entre un amour sincère et, une simple, bien que tendre, amitié. »
« C'est une révélation ! » S'exclama Pansy, feignant de se réjouir des scoops que lui donnait Drago. « Pour nos lectrices et lecteurs, peut-être pourriez-vous nous en dire plus sur cette romance, pourquoi ne pas avoir demandé à épouser cette jeune femme, par exemple, si vous l'aimiez ? »
Drago décroisa les jambes et s'enfonça dans sa chaise avec un profond soupir.
« Pour deux raisons en fait qui s'opposaient directement aux traditions de ma famille et des 28 Sacrées. Et même si pour moi ça n'avait aucune importance, j'essayais de reconstruire ma vie et ma famille après une guerre qui nous avait tous fait souffrir. Alors non, je ne pouvais pas épousé cette personne, d'abord parce que c'était un homme et enfin, il ne faisait pas parti des 28 Sacrées. » Articula Drago difficilement révélant son plus grand secret et se sentant plus vulnérable que jamais.
« Un homme ? » Interrogea Pansy. Drago ne fit qu'hocher la tête mais ce fut retranscrit par la plume qui ajouta la description de son regard lointain perdu dans les souvenirs d'un amour perdu et interdit. « Vous annoncez donc publiquement être gay ? » Continua Pansy, cherchant dans les yeux de son ami si elle dépassait les bornes de l'interview.
« Oui, Pansy, je suis gay et attristé de ne pouvoir jamais me marier avec la personne que je choisirais à cause d'anciennes traditions qui ont perdu de leur importance au cours de la dernière décennie. »
« Navez-vous pas peur des qu'en dira t-on et des rumeurs qui risqueraient sans doute d'atteindre à votre réputation ? »
« Oui, mais c'est un risque que je suis fin près à courir. J'ai vécu caché toute ma vie, cette vie qui était devenu un mensonge et un secret bien trop lourd à porter et que je ne désire plus infliger à Astoria Greengrass. »
« Et bien ! » Chantonna la voix claire de Pansy qui fixait Drago avec un sourire fier. « Tant de révélation, Drago ! »
Pansy continua de lui poser quelques questions, quand les fiançailles seront-elles annulées, ce que prévoyait Drago pour la suite de sa vie, et ce qu'il pensait de ceux qui voulaient continuer de faire perdurer les 28 Sacrées. Drago y répondit avec sincérité mais garda une certaine distance avec les réponses qui pouvait avoir un ordre politique. Il était médicomage pas homme politique et espérait juste vivre sa vie comme il l'entendait.
Les deux jours qui suivirent furent un calvaire pour Drago. L'article était paru le lendemain matin et fut accompagné par des dizaines de hiboux de différentes publications demandant des interviews ou ne serait-ce qu'une citation. Puis il avait reçu la seule et unique hurlante que Lucius Malefoy avait jamais écrite. La lettre rouge criarde, n'hurla pas la voix de son père, non, ce fut presque pire. La voix de Lucius resta calme et tellement froide, empreinte de haine, de déception et de dégoût. Tout ça sous les yeux effarés de ses deux colocataires. Humilier par les insultes de son propre père Drago s'échappa du regard de ses amis pour reprendre le contrôle de lui-même.
Plus tard, alors que Drago avait rejoint Pansy sur le chemin de Traverse pour trouver un cadeau à James, il fut assaillit par une douzaine de reporters voulant tous réagir à l'article paru le matin même dans les pages mondaine de la Gazette du sorcier. Drago trouva indécent la façon dont tous les regards le suivaient partout. Les passants s'arrêtèrent sur lui et attendaient comme les journalistes qu'il fasse une déclaration mais Drago avait tout dit dans son interview à Pansy, il n'avait pas envie de s'étaler d'avantage. On lui demanda s'il avait un petit ami, ou ce qu'avaient pensé ses parents de l'article, d'autres demandèrent si Astoria avait été au courant de ses préférences et d'autres questions plus personnelle auxquelles, il refusa de répondre avant de transplanner avec Pansy dans la rue derrière son appartement.
La tête lui tournait et il dû prendre plusieurs minutes avant de se ressaisir complètement. Puis un bruit persistant d'ailes l'interpella et quand il leva les yeux vers la terrasse en toit de son loft, Drago la vit assaillit par de nombreux hiboux de toutes races et tailles confondues. Il soupira et serrant encore le poignet de Pansy, il transplanna là où ils ne seraient pas dérangés. Au cœur du Londres moldu, où il se réfugia dans un Starbuck et malgré l'air pincé de Pansy, Drago leur choisit une table avant d'aller commander deux capuccinos et des pâtisseries.
Il n'aurait pas la moindre chance de trouver un cadeau pour James, pas sur le Chemin de Traverse en tout cas et dans aucunes autre rue sorcière, se navra t-il. Il ne savait déjà pas quoi acheter et maintenant son prospect était encore plus réduit que jamais. Il soupira entre désespoir et fatalité.
A son bureau, Harry revoyait les pièces du dossier du meurtrier qui hantait le monde sorcier. Son travail était propre, professionnel même. Il ne laissait rien au hasard, pas même le choix de ses victimes, six en trois mois. Il était méticuleux et ne laissait pas la moindre trace derrière lui. Il tuait ses victimes sans vraiment de violence, mais sans magie. Au début de l'enquête, on avait émit l'hypothèse d'un Cracmol, mais des traces de magie sur la troisième scène de crime les avaient vite éloigné de cette piste. Il avait le même mode opératoire, à chaque fois, il enlevait sa victime devant chez elle et on considérait que ces dernières survivaient trois jours avant d'être tuées. Jusque là, il semblait y avoir une certaine symétrie pour le sexe de ses victimes, alternant hommes et femmes. Selon toutes vraisemblance la prochaine victime serait un homme. Harry espérait l'empêcher. Il recherchait un indice pour lui permettre d'anticiper où il choisirait sa prochaine victime et surtout, quand. Harry était sûr que ce point n'était pas aléatoire, mais il n'arrivait pas à comprendre le calendrier du meurtrier, ça ne correspondait à rien. Même les Langues-de-plomb au Département des Mystères ne considéraient pas qu'il y ait une réelle organisation dans ce calendrier. Mais pour Harry c'était évident. Le suspect était méticuleux sur tout les autres points, qui il choisissait, le temps avant de les tuer, la manière, les traces qu'il laissait derrière lui.
On toqua à sa porte et sans relever le regard du dossier, il invita son visiteur à entrer. Quelques secondes plus tard, un exemplaire de la Gazette tomba sur son dossier. Il leva finalement les yeux pour tomber sur le regard furieux de Ron. Harry alla de l'un à l'autre avec des questions au bord des lèvres puis s'arrêta sur la page de la Gazette, où Drago souriait et se penchait vers Astoria Greengrass pour lui raconter quelque chose.
Il déglutit.
Ok. C'était ce qu'il avait espéré éviter aujourd'hui. L'article annonce de la rupture du mariage de Drago et le coming out tardif de ce dernier. Il ne voulait pas y penser, il ne voulait pas s'y intéresser, ça n'avait aucune espèce d'importance. Ca ne pouvait pas en avoir.
Il avait lu l'article deux fois d'affiler ce matin. Puis avait jeté son exemplaire au feu.
Non. La vie personnelle de Drago Malefoy ne le concernait pas.
Hermione déboula à son tour dans le bureau, essoufflée, ses cheveux s'échappant de son chignon, elle jeta un regard noir à Ron avant de s'arrêter sur Harry avec des excuses dans les yeux.
« Alors ? Tu n'as rien à dire ? » Tonna la voix grave de Ron.
Harry soupira et s'adossa contre sa chaise, d'un geste souple de sa baguette, la porte de son bureau se referma derrière Hermione. Ses deux invités surprise étaient forcément à l'étroit dans cette espace réduit. Mais Harry perdait doucement son flegme.
« A quel propos ? » Dit-il feignant l'indifférence mais sachant avec bien trop d'acuité à son goût de quoi parlait son ami, pourquoi Ron avait sa tête des mauvais jours et pourquoi Hermione avait son air 'désolée, Harry, je n'ai pas réussi à le retenir, mais je suis quand même curieuse de ce que tu vas dire'.
« A quel- Tu n'as pas lu cet article ?! » S'écria le rouquin exaspéré et pointant vulgairement le journal sur le bureau d'Harry.
Harry y jeta un coup d'œil, relisant rapidement le titre. Puis celui en dessous, un article de fond sur la carrière de Drago, son passé de Mangemort, sa rédemption exemplaire auprès du monde magique. Pas de doute Parkinson savait manipuler les mots pour rendre hommage à son meilleur ami.
« Si, je l'ai lu, mais je ne vois pas en quoi ça me concerne, Ron, on en a parlé… » Soupira Harry, fatigué de devoir remettre ça sur le tapis.
« Il parle de toi dedans ! Tu trouves ça normal, peut-être ?! Pour qui il se prend, au juste ! Saleté de furet ! » Intervint Ron, les bras croisés sur son torse, un regard défiant sur le visage.
Harry releva les yeux vers lui vivement et le fixa longuement. Oui, Drago parlait de lui. Il ne faisait que le mentionné enfin presque, mais il n'avait pas donné le nom d'Harry, si cette interview avait eu lieu quelques jours plus tôt, Ron et Hermione n'y aurait pas prêté plus d'attention que cela. Ils n'auraient pas fait le lien entre cet homme dont parlait Drago et lui-même.
Harry ôta ses lunettes et les nettoya avec la manche de sa robe d'Aurore. Il en avait marre de tout ça. De devoir se justifier, justifier la relation qu'il avait eut il y a huit ans. Composer avec la jalousie de son petit ami ou la haine viscérale de son meilleur ami pour le père de son fils.
Il se leva lentement et remit ses lunettes. Il alla jusqu'à la porte de son bureau et posa la main sur la poignée. Puis se tourna sur Ron.
« Ron, va falloir que tu te fasses à l'idée que ce qu'il s'est passé entre Drago et moi, ne regarde que Drago et moi. C'est à cause de ça que je n'ai rien dit à l'époque ! Toutes tes remarques, tes insultes ! Comment voulais-tu que j'avoue un truc pareil, il m'avait déjà fallut presque un an pour te dire que j'étais gay, tu juges, Ron et tu ne laisses aucune chance, à personne, même pas à moi ! Drago n'est plus le même qu'à l'école et merde ! Fais toi une raison, bon sang ! Oui, j'ai couché avec Malefoy, j'ai eu un gosse avec lui et j'étais am- » Harry s'interrompu de justesse, il passa une main nerveuse dans ses cheveux.
Ron était rouge de colère ou de honte, peut-être les deux même.
« C'est parce que tu n'as rien dit. N'est-ce pas Ron ? On a juste du mal à comprendre… Et Cet article, on dirait qu- Tu n'as pas peur qu'il se serve de toi pour parvenir à ses fins ? » Intervint doucement Hermione.
Harry secoua lentement la tête. Il s'était déjà excusé et expliqué sur ce point, il ne recommencerait pas. Il soupira et ses épaules s'affaissèrent. Il ouvrit la porte de son bureau.
« J'ai du travail, Ron il me faut le rapport du légiste sur la troisième victime. Je descends au Département des Mystères, laisse le dossier sur mon bureau. » Demanda t-il sans un regard. Puis il sortit de la pièce en laissant la porte ouverte et fonçant droit devant lui, vers les ascenseurs.
Drago ouvrit la porte de sa chambre, fin prêt à partir, puis hésita et retourna à l'intérieur ignorant le rire de Blaise. Il défit les boutons de sa chemise bleue pastel et la jeta sur la première surface disponible. Il ouvrit sa penderie et en sortit une noire qu'il rejeta aussitôt, puis une grise et une verte et finalement il attrapa un t-shirt blanc à col en v qu'il enfila avant de se débarrasser du pantalon noir qu'il avait choisit et fouilla son armoire à la recherche de son jean délavé qu'il mettait pour traîner dans le monde moldu.
Simple, sans prétention.
Il se regarda encore dans le miroir en pied dans le coin de sa chambre et douta, se mâchouillant la lèvre inférieure.
Personne ne le voyait jamais habillé aussi simplement, surtout dans le monde sorcier.
Harry l'avait déjà vu habillé comme ça. Harry adorait le voir habillé comme ça, il disait qu'il paraissait plus accessible ainsi. Moins snob.
Drago secoua la tête et tira sur son t-shirt pour le soulever par-dessus sa tête et le jeter sur son lit mais il se ravisa encore et remit le même t-shirt, puis ajouta par-dessus une veste en cuir noir, façon motard. Il remit ses boots et sortit de sa chambre en claquant la porte derrière lui et enfonçant sa baguette dans sa poche.
Il croisa le regard moqueur de Blaise et lui retourna un rictus mauvais. Puis il passa une main nerveuse dans ses cheveux les décoiffant complètement. Mais quelle idée stupide ! S'écria t-il pour lui-même trouvant un miroir et replaçant correctement ses mèches.
« N'oublies pas le cadeau. » Lui signala Blaise en pointant du doigt un coin du salon.
Drago sursauta et se tourna vivement sur son colocataire puis sur le coin de la pièce qu'il indiquait.
« Bien sur que non ! » Aboya t-il, offusqué qu'on le croit si nerveux que cela. Et pour dire vrai, il était plus nerveux encore que ce qu'imaginait son ami. Il avait vraiment oublié le cadeau. Mais hors de question de l'avouer.
Il traversa la pièce et s'empara vivement du présent avant de partir vers la porte, le cadeau de son fils sous le bras.
Son fils ! Salazar ! Il avait un fils !
« Hey ! Drago ? » L'interpella Blaise en se levant doucement de son assise sur le canapé et défroissant sa chemise. « Tu es sûr que Potter sera d'accord pour ce… Cadeau ? »
Drago fronça les sourcils et son regard alla encore du cadeau à Blaise et inversement. Un léger sourire apparu au coin de ses lèvres, il essaya de le maîtriser et de garder un visage impassible mais le souvenir que lui avait inspiré cette trouvaille alors qu'il désespérait de trouver un présent adéquat pour le petit James revint en force et quand il refit face à Blaise, une légère rougeur coloriait ses joues et il hocha la tête.
« Ou-oui. » Affirma t-il se raclant la gorge pour raffermir sa voix. « Je pense que ça ira. »
Blaise hocha la tête à son tour et s'approcha du comptoir de la cuisine.
« Tu ne veux vraiment pas que je t'accompagne ? » Insista t-il une dernière fois. Il avait passé ses deux derniers jours à essayer de le convaincre de le laisser venir. Mais Drago refusait à chaque fois. Il ne savait pas vraiment ce qu'il l'attendait chez Potter, une foule de Weasley en colère, un petit ami en colère et une tripotée de gens qu'ils ne connaissait pas et qui le détestait sans doute autant que les Weasley. Puis Potter. Potter en colère contre lui. Furieux même.
« Blaise… La seule raison pour laquelle tu veux venir c'est ta curiosité maladive. Alors non, tu ne viens pas, faudra te satisfaire de ce que je te raconterais. » Il accentua cela d'un levé de sourcil pointu dont il avait le secret et soupira avant de reprendre avec un léger sourire. « Ca va bien se passer. Ce n'est que l'anniversaire de mon fils de sept ans que je connaissais pas jusqu'à il y a quoi… Cinq jours, rien d'extraordinaire, une maison pleine d'adultes qui me déteste et mon ex. Rien de très différent à ce que j'ai vécu jusque là. » Affirma Drago avec un geste désinvolte de la main. « Bon j'y vais avant d'être réellement en retard. »
Il vit un sourire encourageant sur la face de son ami et il passa la porte de leur appartement sans se retourner.
Oui, il avait l'habitude des regards malveillants à son encontre. Il était un ancien Mangemort, quoiqu'il fasse à l'avenir, ça, ce ne sera jamais oublié. Pas ici, pas dans la petite communauté sorcière de Grande-Bretagne où on avait une très longue mémoire.
A Ste Mangouste, il restait encore quelques récalcitrant quand à sa licence de Guérisseur et Médicomage, certains pensaient toujours qu'il préparait un moyen efficace de débarrasser les sorciers du 'fléau des nés-moldus' -pas ses mots- avec les potions qu'il préparait dans son labo. Certains internes refusaient simplement de venir travailler avec lui, d'autres évitaient même de le regarder dans les yeux à cause d'une rumeur stupide qui courrait dans les couloirs de l'hôpital, l'affiliant à Médusa et lui octroyant le pouvoir de changer les gens en statues de sel d'un seul regard. Stupide ! Et ça se prétendait sorcier !
En arrivant dans le jardin communal en face du 12 Square Grimmaurd, la lumière du soleil était quasi aveuglante et Drago plaça rapidement une paire de lunettes de soleil sur son nez. Il prit une longue minute pour calmer ses nerfs avant de traverser la route. Il était stressé, angoissé, nerveux. Une boule se formait dans sa gorge et il se demandait, s'il arriverait à parler. La chaleur d'été, moite et indubitablement anglaise n'arrangeait rien. Il transpirait, il détestait transpirer. Il contempla l'idée d'un sortilège de rafraîchissement pour y remédier, mais il abandonna l'idée quand il entendit les rires de plusieurs enfants dans le parc derrière lui. Il jeta un œil curieux dans leur direction, des moldus qui jouaient au foot. Huit gamins de dix- douze ans à peu près, certains avait le maillot de Manchester United, Drago le reconnaissait facilement pour le voir souvent porter par des mecs au bar en bas de chez lui les soirs de match, il avait même été assez curieux pour regarder quelques matchs, mais la seule chose qu'il en avait retenu était que plusieurs joueurs étaient canons mais le jeu en lui-même n'avait pas franchement d'intérêt pour lui. Il avait pourtant appris à apprécier ces soirées matchs et la ferveur des supporters. Mais s'il aimait un sport moldu, c'était le Cricket et le Polo. Des sports élégants, trouvait-il qui lui rappelait le Quidditch. Surtout le Polo. Il avait une jument au manoir, une belle arabe à la robe noire, Tamara. Il essayait toujours de trouver un moment dans son emploi du temps pour la monter et traverser les quelques hectares du domaine avec elle. Mais il supposait que maintenant, il lui faudrait la déplacer dans une écurie moldue, pour pouvoir la voir régulièrement ou peut-être sur la propriété de Pansy ? Elle accepterait sans doute, son mari en revanche… C'était moins sûr.
En quelques enjambées, il traversa la route et passa le portillon qui apparaissait devant la maison invisible aux moldus. Il monta les quelques marches du perron et aperçu du coin de l'œil un rideau de la fenêtre du salon se soulever pour retomber rapidement. Devant la porte il soupira avant de prendre une longue inspiration et frappa deux coups au heurtoir en bronze. Il se détourna de la porte pour regarder la rue et tenter vainement d'échapper au souvenir que ce lieu lui apportait, à la tonne de regrets qui les accompagnait.
D'une oreille distraite, il reconnu facilement le loquet de la porte se déverrouiller et il se retourna tout en poussant ses lunettes sur le sommet de son crâne. Une paire rectangulaire à monture dorée, une marque luxueuse du monde moldu, la forme et la couleur atténuait le côté anguleux de son visage. Il adorait cette paire et ne sortait jamais sans quand il traversait Old Compton ou Soho. Il ne s'était pas rasé ce matin, un léger chaume doré lui parcourait les joues. C'était une habitude qu'il avait prit pendant les week-ends où il ne travaillait pas et ne voyait pas ses parents. Ca lui donnait un air moldu, trouvait-il. Et vu la façon dont il occupait ses week-ends ce n'était pas plus mal. Brian lui avait dit un soir, après une longue et éreintante séance de sport en chambre que ça lui donnait un air de mauvais garçon. Drago avait eu un rire bref et s'était tourné vers son amant avec un sourire carnassier sur les lèvres. « Mais je suis un mauvais garçon ! » Avait-il dit avant de clamer les lèvres gonflées de son amant et de laisser ses mains parcourir à nouveau les muscles tendus du barman.
Il passa une main nerveuse sur ses joues avant que la porte ne s'ouvre totalement et baissa un regard incertain sur son hôte.
Ce n'était pas Harry.
Une sorte de soulagement et d'incompréhension se mêlèrent dans son esprit. Il ne connaissait pas cet homme là.
Châtain foncé, des yeux noisettes, élancé et fin, un regard franc, un visage attrayant mais un pincement des lèvres qui était clairement un signe de dégoût envers Drago. Il le regarda des pieds à la tête, le considérant attentivement comme cherchant une menace quelque part. Ses yeux s'arrêtèrent sur le cadeau que portait désormais Drago par la poignée de la boîte que lui avait fournie le vendeur du magasin, un tissu de soie légère recouvrait le tout afin que personne ne puisse voir à l'intérieur. Drago se racla la gorge incitant l'homme à le regarder dans les yeux.
« Drago Malef-
« Je sais qui tu es. » Il se détourna aussitôt emportant avec lui sa voix sèche et froide. Drago haussa les épaules et entra à sa suite dans la maison. La température y était plus fraîche qu'à l'extérieure et Drago songea une seconde à se défaire de sa veste en cuir et l'accrocher sur la rampe d'escalier comme il avait eu l'habitude de le faire autrefois, mais se ravisa quand l'homme qui lui avait ouvert se retourna nouveau vers lui.
« Je suis Luke, le petit ami d'Harry, il est dehors avec les autres. Il y a une table là-bas pour les… cadeaux. » Drago ne manqua pas le ton douteux de ce Luke, ni son regard méfiant, mais il hocha simplement la tête.
« Bien. » Répondit-il suivant simplement Luke dans l'ancienne immense salle à manger qu'Harry avait métamorphoser en living room avec un côté salle à manger beaucoup plus réduit.
Pas grand-chose n'avait changé depuis qu'il avait quitté cette maison la dernière fois. Les murs avait gardé les couleurs qu'il avait choisit. Le canapé avait changé, lui en revanche, il reconnaissait les deux fauteuils et la table était toujours la même. Il y avait de nouvelles photos sur les murs et le tableau qu'il avait offert à Harry n'était plus là. Rien d'étonnant.
Drago profita du dos tourné de Luke pour l'étudier plus avant. Il était plus petit que lui, et plus fin même. Et Drago n'avait rien d'un body-builder. Oui, depuis sa rupture avec Harry, il avait gagné en muscles, mais ceux-ci restaient fins et élancés. Luke semblait pourtant fort, il avait des épaules bien dessinées, c'était évident à travers la ligne de sa chemise. Une coupe sorcière sans aucun doute.
Pendant une seconde Drago contempla l'idée de faire un brin de conversation mais se ravisa quand la porte vitrée donnant sur le jardin s'ouvrit et qu'il aperçut tellement de roux qu'il faillit faire un arrêt cardiaque. Il déglutit. Très difficilement.
Le murmure de plusieurs voix lui parvint, et se changea en clameur au plus il avançait, des rires se mélangeaient à des cris d'enfants. Et encore une fois Drago douta du bien fondé de sa présence ici.
Il entendit la voix de Luke appelé Harry à travers le jardin. Il arrivait lui-même à la porte. « Ton invité est là. » Et un long et très remarquable silence s'étendit dans tout le jardin ne laissant que les cris et rires d'enfants. Drago tira la porte et la lumière vive de l'été lui fit abaisser une nouvelle fois ses lunettes sur ses yeux.
Ici, tout avait changé. Evidemment. Il n'avait pas souvent vu le jardin-cour du Square Grimmaurd. Une ou deux fois à tout casser. Un terrain envahit par la mauvaise herbe, filet du diable, géranium carnivore et rosiers fanés, qui n'étaient vraiment plus qu'un amas de ronces entremêlés au lierre qui courrait sur la hauteur de quatre mètres de murs clôturant le jardin.
Maintenant, c'était un lieu totalement méconnaissable. Il ne restait du lierre que sur le mur du fond du jardin, il sortit sur une terrasse de bois où il y avait une longue table pouvant accueillir au moins dix personnes, plus une petite table de six un peu à l'écart. Harry y était assis entouré par ses amis, son sourire se fanant à l'apparition de Drago. Il se redressait. Mais un cri dans le fond du jardin, interpella tous les adultes et même lui tourna son regard.
Le fond du jardin était surélevé comparé à la terrasse et recouvert d'une pelouse verte et parfaitement taillée, un énorme chêne était planté dans le coin gauche et une balançoire pendait à une de ses branches. C'était là que jouaient apparemment les enfants, et l'un d'eux glissait rapidement sur le tronc de l'arbre. Puis une fois sur ses pieds, il se mit à courir en direction de Drago.
James.
Ses cheveux, en bataille, volaient autour de son visage rond, ses joues rouges et un large sourire venaient adoucir les battements fulgurants du cœur de Drago quand il comprit que le sourire lui était destiné.
Il mit rapidement un genou en terre en voyant l'enfant courir droit sur lui et posa la boîte à sa gauche, pour accueillir James sans gêne.
« Drago ! » Cria t-il encore en sautant les deux marches sur la terrasse puis arrivant droit dans les bras ouvert de son autre père.
Surprit par la démonstration d'affection, Drago resta figé quelques seconde avant d'entourer le garçon avec ses longs bras.
« Hey ! Bonjour James. » Dit-il doucement en sentant le shampoing à la pomme parfumant les cheveux de son fils. Le petit s'écarta, son sourire toujours aussi large. Et Drago en profita pour relever ses lunettes afin de présenter ses yeux à son fils. Son sourire s'agrandit un peu plus.
« Oncle Ron disait que tu viendrais pas. Mais Papa dit que Oncle Ron dit beaucoup de bêtises… Euh… Je devais pas dire ça… » Se reprit-il hésitant en fronçant doucement les sourcils.
Drago laissa un petit rire passer ses lèvres et fit un regard rassurant à James.
« Je ne répèterais rien, promis. » Cela suffit à réconforter le garçon et ravir son visage dans un autre sourire éblouissant.
« Viens, je vais te montrer mon fort ! » Dit-il sautillant sur place et attrapant la large main de Drago avec la sienne si petite.
« Ton fort ? » Répéta Drago levant un sourcil curieux.
« Jamie. » Tonna la voix de Potter arrivant sur leur droite les mains dans les poches d'un jean foncé. « Tu pourrais laisser Drago arriver avant de le traîner partout, non ? »
Drago se releva et croisa le regard de Potter, ils hochèrent la tête en guise de salut et Drago sentit la boule d'angoisse dans sa gorge, coincer sa voix.
« Tu n'as pas chaud ? » Demanda Harry en indiquant la veste en cuir couvrant les épaules de Drago. Lui ne portait qu'un t-shirt vert foncé qui faisait agréablement ressortir ses yeux et le bronzage encore léger de ses bras.
« Oh… Euh… Si, un peu… » Il laissa son regard passer sur le jardin, tout le monde le regardait. Les adultes un peu plus discrètement que les enfants alignés devant le chêne et s'échangeant des murmures. « Oh ! Le cadeau. Où puis-je le mettre ? Ton… Petit ami a parlé d'une table ? » Demanda Drago ignorant les nombreux regards rivés sur lui et se concentrant sur Harry. Ce dernier observa la boîte drapée de soie et leva un regard curieux vers Drago.
« Je peux l'ouvrir maintenant ?! » S'écria James en remarquant lui aussi la boîte au pieds de Drago. « C'est quoi ?! » Demanda t-il ensuite en levant des sourcils froncés vers Drago.
« James. Tu ouvriras tes cadeaux tout à l'heure. Va chercher quelque chose à boire pour Drago. Une bière ? » Demanda Harry ensuite à Drago. Il hocha la tête et regarda le blondinet partir en courant vers la table.
« C'est un chiot. Je le garderais chez moi, si tu n'en veux pas ici, mais je voulais lui offrir quelque chose de particulier… Pour me rattraper, je pense… Mon absence, tout ça. Désolé j'aurais dû te demander avant… Euh… Je peux toujours le ramener chez moi…
« Drago. C'est bon. » Harry passa une main dans ses cheveux… « James, il veut un chien depuis qu'il sait parler, mais j'ai… Les autres pensaient que c'était une mauvaise idée… » Il détourna le regard. Il mâchait visiblement l'intérieur de sa joue. « C'est quoi ? Comme race ? »
« Un berger australien. » Dit-il observant le rouge teinter doucement les joues de son ex. Il hocha doucement la tête et James arriva à ce moment là avec la bière fraîche encore en bouteille. Drago la prit de ses petites mains et remercia son fils.
« J e crois que tu devrais ouvrir ton cadeau maintenant finalement, champion. » Déclara Harry attirant sur lui le regard de Drago et celui plus excité et surpris de leur fils.
« C'est vrai ? Je peux vraiment ? » Demanda t-il cherchant le regard de son père puis celui de Drago. Ce dernier haussa les épaules avec un léger sourire, puis remit son genou en terre pour être à la même hauteur que James. Il amena la boite entre eux deux et indiqua au garçon qu'il pouvait l'ouvrir.
Harry vint s'accroupir à côté de James, faisant face à Drago et la cage enfermant le petit chien. Son regard s'illumina de curiosité et d'anticipation, comme celui de James.
L'enfant allait soulever doucement le voile de soie, puis se ravisa et tourna un regard vers son père puis vers Drago.
« Teddy peut venir voir ? » Demanda t-il incertain. Drago hocha la tête et Harry laissa un petit rire lui échapper.
« Teddy ! » Cria t-il par-dessus son épaule. Et quelques secondes plus tard, un garçon à peine plus âgé que James apparut derrière les deux Potter. Ses cheveux bleus indigo étaient tellement lumineux que Drago avait envie de remettre ses lunettes de soleil.
« Bonjour, t'es l'autre papa de Jamie ? » Demanda t-il de but en blanc.
« Et toi, tu es mon petit cousin ? » Lui répondit Drago sur le même ton franc. Teddy sourit et posa fièrement ses poings sur ses hanches, levant un peu le menton.
« Yep. Tes cheveux sont bizarre, c'est quoi comme couleur ? » Continua t-il en penchant la tête d'un côté, étudiant les mèches blondes pâles de Drago.
« Blond indéterminé. » Lâcha Harry d'un ton moqueur. Drago pouffa de rire et les deux garçons se joignirent à lui.
« Au moins je sais me servir d'un peigne, Potter. » relança Drago sans aucun venin et faisant redoubler les ricanements des deux enfants.
« C'est ça… Bon, Jamie, ouvres ton cadeau tu veux, ou je le garde pour moi. »
« Non ! » S'écria James se jetant sur la boîte et le drap qui la couvrait. Il le souleva d'un coup et un petit aboiement se perdit en écho dans le jardin.
Le chiot se tenait sur ses quatre pattes devant les barreaux de la cage, sa queue remuant derrière lui. Il bondissait et posait ses pattes avant sur les barreaux pour qu'on lui ouvre, petite boule de poil surexcitée par les bruits des enfants et les présences humaine autour de lui. Il jappait et pleurait pour qu'on lui ouvre, qu'il puisse aller courir.
« Aaaahhh ! » Cria Jamie, son regard s'illuminant comme un homme ayant trouvé le plus incroyable des trésors. « C'est pour moi !? Il est vraiment pour moi ? » Demanda t-il comme s'il n'y croyait pas, sautillant d'un pied à l'autre puis se jetant sur ses genoux et passant ses doigts à travers les barreaux de la cage, excitant un peu plus le chien. James rigolait à chaque léchouille du chiot, des étoiles plein les yeux, puis leva un regard adorateur vers Drago.
« Il te plaît ? » Demanda Drago sans plus le moindre doute. James hocha la tête et s'écarta du chiot avant de venir se blottir dans les bras de Drago en décrétant « merci, c'est le plus beau cadeau du mooonde entier ! »
« Et si on lui ouvrait ? Il a sûrement envie de se défouler. » Dit Harry ramenant l'attention de James sur le chiot.
« Je peux lui donner un nom ?! Papa, s'il te plaît ! »
« Tante Mione va hur-ler ! » Intervint finalement Teddy qui se décalait de la cage pour laisser Harry l'ouvrir.
« Tante Mione hurle tout le temps de toute façon. » Marmonna Harry aussi surexcité et impatient que les deux gosses de voir le chiot de plus prêt.
Drago ne retint pas son rire et repoussa la main d'Harry pour soulever le loquet à sa place et une tornade de poils noirs, blanc et roux fonça droit sur les genoux de James qui se renversa sous le choc en exultant de rire. Le chiot lui monta dessus sans retenue et vint lui lécher le visage, le sentir et le renifler sans cesser de remuer la queue, puis il se tourna vers Harry et lui fonça dessus et tourna en rond devant lui en jappant et montrant sa joie d'être enfin libéré. Harry tendit sa main vers lui, le chien renifla ses doigts et les léchouilla puis jappa encore avant de retourner sur James et de voir son attention détournée par Teddy.
Après plusieurs minutes de ce jeu de rencontre, Drago indiqua à James qu'il fallait donner à boire au chien et fit apparaître une petite gamelle, James et Teddy la prirent et appelèrent le chiot en le nommant 'toutou' le temps qu'ils lui trouvent un nom et coururent dans le jardin le petit chien jappant derrière eux.
Drago soupira et se releva, baissant à nouveau ses lunettes sur ses yeux. Observant avec un léger sourire, James et Teddy, remplirent la gamelle d'eau avec une cruche d'eau fraîche et la poser par terre devant le chiot qui vint laper aussitôt.
« J'ai acheté tout ce qu'il fallait, les croquettes, un panier, une laisse et un collier. Le vendeur du magasin m'a donné ça aussi, le nom de quelques vétérinaires moldus et un calendrier pour les vaccinations ? Je ne sais pas si les guérisseurs d'animaux magiques s'y connaissent en chien ordinaire. Donc, j'ai tout prit au cas où. » Expliqua Drago en sortant une liasse de prospectus de sa poche et les tendant à Harry. « Y en a un pas loin d'ici, j'ai regardé, une rue ou deux je crois. » Ajouta t-il en voyant Harry les regarder d'un air surpris. Ses sourcils se froncèrent.
« Y a un numéro de téléphone et 'appelle-moi' sur celui-là. » Dit Harry en lui tendant un des prospectus.
« Oh ?! Oui, désolé, c'est- le vendeur. » S'excusa Drago en repliant le flyer et le glissant dans sa poche arrière.
Un long silence embarrassant s'installa et Drago en profita pour ouvrir et siroter sa bière. Ils observèrent les autres gamins courir à leur tour sur le petit chien pour faire sa connaissance et il sembla à Drago qu'il venait de marquer quelques points auprès de son ex. Potter semblait déchiré entre l'envie de rejoindre les enfants pour jouer avec le chiot et sa maturité d'adulte qui devait faire bonne figure.
« Avoues qu'il te plaît et que t'as juste envie d'aller lui courir après. » Le défia Drago ne tenant plus le silence entre eux. Il pensait que Potter allait l'envoyer sur les roses mais il éclata de rire et passa une main dans ses cheveux les décoiffant un peu plus.
« T'as pas idée ! »
« Il a rendu Blaise et Théo complètement dingue ! Et on a découvert que Théo était allergique aux chiens. Il a éternué non stop depuis jeudi soir. Blaise est juste… »
« Harry ! » La voix stridente venait du coin des adultes, et Drago comprit que sa dernière heure venait de sonner. Granger était maculée contre le mur derrière elle, James soulevait le chiot dans ses bras et Rose et Teddy à ses côtés semblaient inciter Hermione à venir caresser le chien. « James Sirius Potter ! Eloigne toi de moi ! immédiatement ! » Cria la brunette sous les rires des autres adultes autour de la table. Même son mari se marrait.
Harry ne se priva et éclata en se rapprochant de la table, Drago suivit avec une distance de sécurité.
« Ce n'est qu'un bébé, Mione, relaxe. »
« C'est un chien, j'ai horreur des chiens ! » Hurla t-elle au bord de l'hystérie.
« Tu n'avais rien contre Patmol » Souligna Ginny Weasley se levant en regardant Drago et lui faisant un bref salut.
« Ce n'était pas vraiment un chien ! »
« Papa, on peut l'appeler Maraudeur ? » Dit James en se tournant vers Harry et venant contourner la table relâchant enfin Granger de sa peur hystérique. « C'est Teddy qui a trouvé et j'aime bien, je crois qu'il aime aussi. Pas vrai Maraudeur !? » Et comme pour confirmer, le chiot lâcha un petit aboiement content.
« Alors ce sera Maraudeur, mais James, ne le porte pas trop, d'accord, laisse le courir. »
James posa le chien à ses pieds et aussitôt le nouvellement nommé Maraudeur se mit à courir sous la table entre les jambes de tous les adultes soulevant un concert de petits cris surpris, sursaut et rires.
« Drago ! Viens je te montre mon fort, maintenant ! » S'écria James et cette fois personne n'eut le temps de réagir que le garçon avait déjà la main de Drago dans la sienne et le tirait vers le grand chêne.
Le fort n'était qu'une simple cabane en bois dans les branches de l'arbre, dans laquelle Drago n'avait pu passer que la tête et les épaules, appuyé sur ses coudes et en équilibre sur l'échelle qui y grimpait. James lui montrait ses trésors, son télescope qu'il avait eut l'an dernier, sa collection de dragon et de cartes de chocogrenouilles et d'autre colifichet prit ici et là, des coquillages qu'il avait ramassé sur une plage, des cailloux aux formes étranges et des plumes de hiboux. Drago se rappelait de tout ce qu'il avait lui-même collectionné enfant, tout ce qu'il avait caché dans le contre fond de son coffre à jouet. Puis James lui montra une pile de lettre et murmura que c'était les lettres que papa lui avait écrites. Le cœur de Drago se serra en les voyant. Mais il ne fit aucun geste pour les lire. Par contre il dit à James de les rendre à son père, que ce n'était pas à lui et que ce n'était pas bien de prendre les affaires d'un autre sans lui demander la permission.
Ils redescendirent de leur perchoir quand Teddy les appela pour montrer ce que faisait Maraudeur. James se laissa encore glisser le long du tronc jusque dans l'herbe et couru vers son chien et ses cousins.
La chaleur devenait trop étouffante et Drago se défit finalement de sa veste en revenant vers la table des adultes, il la battit pour se défaire des quelques feuilles de chêne qui s'étaient accroché à son col. En arrivant devant la table, il ne se rendit pas vraiment compte tout de suite que les discussions avaient cessées, c'est en levant sur eux un regard curieux qu'il comprit ce qu'il se passait. La plus part des Weasley et ceux qu'il reconnaissait comme d'anciens camarades de classe avaient tous les yeux rivés sur son avant bras gauche. Il n'y avait rien à voir, surtout à cette distance. La Marque avait commencé à disparaître aussitôt Voldemort tué, et avait totalement disparue au Noël suivant, ne laissant derrière elle qu'une trace feinte à peine visible comme la cicatrice d'une ancienne brûlure.
« Assis toi là Malefoy, on a des choses à se dire. Harry n'est pas assez bavard pour mon bien ! » S'écria celui qu'il reconnaissait comme le dernier jumeaux Weasley. John ? Non, George.
Drago fronça les sourcils, la chaise présentée était entre la sœur Weasley et le jumeau. La fille avait un air aussi curieux et machiavélique que Pansy dans ses bons jours et Drago hésita.
« George ! Gin' » Se plaignit Potter rougissant légèrement.
« Pas de ça, viens ici Drago, mon cher. » Le velours et l'autorité naturelle dans cette voix, lui serra le cœur tellement elle lui rappela celle de sa mère. Sa tante. Evidemment. Il dissimula comme il le pu son embarras à voir à quel point elle ressemblait à un mélange entre ses deux sœur. La douceur du visage de sa mère, cette douceur qu'il n'avait vu que dirigé vers lui et ses cheveux aussi noirs que ceux de son horrible tante. Mais Andromeda ne semblait avoir d'elle que la couleur de cheveux. Le sourire qu'elle offrait à Drago le rassura de sa bienvenue, au moins à ses côtés. Et c'est avec un sourire poli qu'il prit la chaise qu'elle lui indiquait.
« Andromeda. » Dit-il à la fois pour la saluer et pour montrer qu'il savait exactement qui elle était. C'était après tout la première fois qu'il la rencontrait. Elle lui prit la main et la serra doucement avant de se pencher sur lui.
« Harry m'a dit ce qu'il c'était passé, je suis navrée pour toi, mais sache que tu seras toujours le bienvenue dans ma maison. » Surprit Drago leva les yeux vers Harry en bout de table, son petit ami avait une main dans la masse brune de Potter et ce dernier lui souriait tendrement.
Drago se détourna aussitôt, déglutissant et retenant sa colère. Comment pouvait-il être jaloux ? Après toutes ces années ?
« Mère a- Je ne pensais pas qu'elle me ferait ça. » Il soupira puis offrit un regard franc à Andromeda. « Mais ça n'a pas plus d'importance désormais. Elle a fait son choix, j'ai fais le mien. » Elle étudia son visage une seconde avant de serrer à nouveau sa main et se tourner vers les enfants à l'autre bout du jardin qui épuisait le pauvre Maraudeur.
« C'est un très beau cadeau que tu leur a fait. Harry adore les chiens. » Drago hocha la tête, il savait. Harry lui avait dit plus d'une fois qu'il rêvait d'avoir un chien étant gosse et que s'il en prenait un, un jour ce serait forcément un berger Australien. Il garda ce souvenir pour lui et dissimula le sourire qui naissait sur ses lèvres.
Ce fut ensuite Bill Weasley qui lui parla et Luna Lovegood, l'aîné des Weasley resta on ne peut plus poli, parlant de ses interactions avec Blaise à Gringotts. Quand à Luna, enfin, disons que ce fut à Drago de faire un effort de politesse quand elle commença à lui parler de Joncheruines. Et oui, il remarqua les regards de ses anciens camarades de classe, tous prêts à lui sauter à la gorge au moindre mot de travers. En particulier Weasley. Surtout Weasley.
Drago ne se sentait pas franchement accueilli à bras ouvert, mais il devait reconnaître que l'effort était fait. Personne ne faisait vraiment attention à lui, il était juste poliment ignoré, même par Potter.
Harry lui, restait à son bout de table, avec son petit ami et la tendresse qui suintait entre eux était nauséeuse pour Drago. Mais il n'avait pas de raison d'être… Il ne pouvait pas être jaloux. Mais Luke semblait presque prendre un malin plaisir à démontrer devant tout le monde que Harry et lui était un couple. Ou bien était-ce dans la tête de Drago ? Sans doute, il n'avait jamais réellement supporté de voir Harry avec quelqu'un d'autre, c'était bien ce qui l'avait poussé à rester aussi loin que possible des journaux relatant les aventures de son ex après leur séparation.
« Drago ? » Il releva la tête à son prénom, Lovegood, encore. Il l'encouragea à continuer d'un sourire. « Ton mariage ? Je me demandais si tu l'avais annulé parce qu'il y avait quelqu'un d'autre dans ta vie ? » Le silence tomba sur la table et Drago se senti rougir. L'air rêveur de Lovegood était tellement plein de sincérité qu'il ne cru pas une seconde qu'il y avait une espèce de perfidie derrière cette question. Il passa une main sur ses joues et soupira. Tous les autres attendaient aussi sa réponse apparemment.
« Non. En fait, il n'y a que moi. Ca fait longtemps que je n'ai pas pensé à ça en fait… Pas le temps et à quoi bon tomber amoureux de quelqu'un quand on sait qu'on est destiné à en épouser une autre ? » Dit-il pouffant d'un ton ironique. Andromeda vint prendre encore une fois sa main en geste de réconfort.
« Je crois que tu as bien fait, se marier sans amour c'est tellement triste. Un climat idéal pour une invasion de Joncheruine, tu devrais prendre soin de toi maintenant. » Ajouta Luna d'une voix distraite, regardant autour de la tête de Drago comme si elle pouvait y voir quelque chose que personne ne pouvait imaginer.
Il hocha stupidement la tête. Et prit une gorgée de sa bière, essayant de se faire invisible. Mais apparemment, il était devenu le centre de l'attention car ce fut au tour de Granger de l'interroger.
« Quels sont tes projets maintenant ? » Il l'a regarda étonné, ne sachant pas trop quoi répondre et pourquoi cette question, ses projets n'avaient pas vraiment changé.
« Et bien, je suppose que rien n'a vraiment changé, je continue de travailler à Ste Mangouste, j'ai mes recherches et je pense que je vais reprendre un peu plus de Gardes qu'avant puisque je n'ai plus de mariage à préparer, j'aurais un peu plus de temps à consacrer aux malades. J'ai une potion qui passe en commission à partir de la semaine prochaine, si le Magengamot l'approuve, on pourra lancer les premiers tests d'ici un mois et je travaille avec un Maître de potion à Paris sur un nouvel ingrédient qui pourrait réduire les effets secondaires de la potion de Sommeil sans Rêve. J'ai de quoi m'occuper. »
« En fait, je parlais de ce que tu as déclanché avec ton interview. »
« Hermione… » Soupira Potter en levant les yeux au ciel d'un air exaspéré.
« Qu'ai-je déclanché au juste ? »
Elle échangea un regard appuyé avec Harry, une conversation muette qu'il ne comprit pas, mais visiblement, les deux amis n'étaient pas d'accord.
« Le mouvement Gay sorcier se sert de tes déclarations pour prouver que le système en place à besoin de changer, tu as soulevé la question du mariage Gay, et le fait que tu sois issu d'une des plus puissantes et anciennes familles des 28 Sacrées fait que-
« Hermione, s'il te plait, pas aujourd'hui… »
« Harry, tu n'en as peut-être rien à faire, mais c'est important, il pourrait nous aider à changer les choses, son soutien serait plus qu'important contre le conseil des 28 Sacrées. »
Oh ? Oh. Non.
Drago fronça les sourcils, il essaya de se retenir, mais non, il ne pouvait pas. C'était juste au dessus de ses forces, il éclata de rire. Et aperçu le regard entendu d'Harry avant que ses paupières ne se ferment pour retenir ses larmes de rires. Il leva une main au bout de quelques minutes et lâcha un long soupir regagnant peu à peu son contrôle.
« C'est- Désolé Granger, mais… Elle est vraiment partie en croisade contre la communauté sorcière et le conseil des 28 Sacrées pour les sorciers Gays ? » Demanda t-il, rivant ses yeux gris à ceux de son ex. Potter lui sourit avec un embarras certain dans les yeux. « Oh, Potter, loin de moi l'idée, mais… Je te l'avais dit ! Merlin ! »
« Ah, ah ! Très drôle, je savais que tu ne pourrais pas t'en empêcher ! » Rebondit Harry sur le même ton plaisantin.
« Sûr que non, et ça fait quoi, 200 Galions, c'était ça ? Si elle s'attaquait au Conseil, mais je suis bon joueur, je te fais cadeau des intérêts. » Dit-il levant un sourcil amusé.
Harry soupira et passa une main dans ses cheveux, puis jeta un regard sombre à sa meilleure amie, « Tu n'as pas pu t'en empêcher, il fallait que tu en parles devant lui… » Il secoua la tête vaincu et se redressa pour fouiller dans sa poche et en sortir une bourse pleine. Il la lança dans la direction de Drago, qui l'attrapa d'une main puis la soupesa.
« J'ai besoin de recompter ? »
« La ferme Malefoy. »
« Vous avez pariez sur moi ? » S'offusqua Hermione comprenant ce qu'il se passait entre eux. Harry eut un sourire faussement désolé et Drago haussa tout juste les épaules. La brunette pinça ses lèvres d'un air fâchée.
« C'était il y a longtemps Mione et… Je pensais vraiment pas que tu irais jusqu'à attaquer le Conseil… Vraiment… » Grimaça t-il.
« Idiot, j'attaquerais le Ministre de la magie en personne si c'était pour ce qui est juste ! » S'emporta Granger. Elle croisa les bras sous sa poitrine et se tourna avec le même air déterminé vers Drago. « Alors ? Qu'est-ce que tu en dis ? Je peux compter sur ton soutien. »
Drago la regarda avec des yeux ronds. Elle n'était franchement pas sérieuse, pas vrai ? Mais son visage décidé était clairement la preuve de son sérieux. Il secoua doucement la tête.
« Désolé, vraiment Granger, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée. » Elle fronça les sourcils et allait rétorquer mais Drago reprit la parole précipitamment. « Tu n'y es pas, ce n'est pas question de mauvaise volonté, vraiment, j'aimerais bien qu'il y ai plus de considération pour les sorciers Gay dans ce pays, mais… Moi, je suis un fils des 28 Sacrées, ma propre mère est au Conseil et ce que j'ai fais, refuser le mariage imposer par nos traditions c'est une trahison, et crois-moi, ils vont faire tout ce qu'ils peuvent pour que ça ne se reproduise pas, qu'aucun autre héritier ait l'idée de fuir les responsabilités de sa famille. Je serais une sorte de fardeau plus qu'un atout pour ton mouvement, vraiment. »
Elle resta silencieuse un long moment et Drago, remarqua Londubat hocher doucement la tête et échanger un regard avec Weasley.
« Ron et Neville ont dit la même chose… Je ne comprends vraiment rien à ses gens, comment peuvent-ils être aussi réfractaire au changement ? »
« Ca vient sans doute de la baguette qu'ils ont enfoncer dans leur-
« Ron Weasley, surveille ton langage ! » L'interrompit sa mère avec un regard noir.
Il y eut des rires le reste de l'après-midi, vers 16 h 30, un gâteau orné de sept bougies vola jusqu'à James et Harry, d'un côté et Drago de l'autre sous l'insistance du garçon, et Maraudeur sur ses genoux, Jamie souffla ses sept ans sous les applaudissements de ses amis et de sa famille. Il ouvrit ses cadeaux avec l'aide de son chiot et de Teddy, les yeux pleins d'étoiles en découvrant un nouveau balai jouet qui allait plus haut et plus vite que l'ancien, il fut ravi par les livres offert par Granger et par le kit de potion marrante préparer par George Weasley, ravi par les nouvelles figurines de Dragons qu'avait ramené Charlie de Roumanie et alors que sa multitude de cadeaux étaient ouverts, Drago s'éloigna un peu. Embarrassé, sans doute de ne pas vraiment avoir de place à lui dans cette famille.
Harry s'approcha de lui, deux verres de vin d'Elfe à la main, il en tendit un à Drago et lui sourit doucement.
« Il est content que tu sois là. Moi aussi, je suppose. »
« On ne dirait pas. » Répondit-il franchement évitant le regard d'Harry. « Tu as passé ses deux dernières heures à faire tout ton possible pour éviter de me parler. » Potter grimaça.
« Ouais… désolé… C'est pas facile pour moi non plus tu sais… Te voir ici, dans cette maison après… » Il haussa les épaules et passa une main nerveuse dans ses cheveux.
« Je sais… » Il soupira à son tour. « Il pourra venir chez moi, Samedi prochain ? Je pensais… Ma jument, je vais la déplacer de chez mes parents cette semaine, l'emmener chez Pansy, je pense, elle a une grande écurie. Je pensais emmener James avec moi, faire une ballade. Si tu es d'accord. »
« Euh… Oui, bien sûr, ça devrait lui plaire. » Harry sembla danser sur ses pieds, incertain et hésitant. « Il veut que tu restes dîné ce soir… Pour l'aider à monter son kit de potion, je suis toujours aussi nul avec ces trucs, c'est Hermione qui l'aide d'habitude… »
« Ce soir ? Oui, je peux, il faut que je préviennes Pans' elle m'attend pour sortir… »
« Tu avais déjà des plans ? Laisses c'est pas grave, on peut-
« Potter, je reste, je peux sortir n'importe quand avec Pans', elle s'en remettra et il lui reste Blaise et Théo à embêter avec ses problèmes de couple. »
Ce fut un peu plus tard que les choses commencèrent à s'envenimer, Drago avait eu des discussions polies et brèves avec presque tout les invités, des parents Weasley, qui saluèrent son courage à se dresser contre les traditions des 28 Sacrées, en passant par leur multitude d'enfants à par Weasley lui-même, il fut interroger par le jumeau et la sœur sur son ancienne relation avec Harry, les deux voulaient des commérages croustillants sur Harry, mais Drago ne révéla rien d'embarrassant et déviait habilement la conversation. Puis Charlie passa un bon quart d'heure à le jauger, l'affligeant de questions personnelles pour s'assurer que James et Harry ne couraient aucuns dangers. Il discuta avec Londubat et Lovegood, apprenant que le premier venait d'intégrer le corps enseignant de Poudlard après le départ à la retraite du professeur Chourave et que la seconde avait reprit la rédaction du Chicanneur après son père. Mais peu importe avec qui il parlait, ou la politesse qu'il démontrait, il sentait sur lui le regard sombre de Weasley et entendait ses remarques murmurés, cinglantes et insultantes, toujours prononcées sans que personne à part Drago ne puisse les entendre. Mais Drago ne voulait pas créer de scène et gardait son calme ainsi que ses distances.
Drago jouait dans l'herbe du jardin avec James et Maraudeur, il avait enlevé les charmes de 'réducto' placer sur le paquet de croquettes junior et sur le panier et les jouets qu'il avait acheté en même temps que le chiot, et lançait une balle en caoutchouc à Maraudeur qui allait la chercher sous les rires de James et revenait défier Drago de lui la prendre.
Puis Rose vint s'assoire avec eux et Drago n'y prêta pas plus d'attention que cela, il continua le même jeu, propulsant la balle avec sa baguette et la faisant rouler à chaque fois plus loin quand Maraudeur s'en approchait. La petite fille aussi rousse que tous les Weasley commença à rire sous les maladresses de Maraudeur et sans y penser plus que cela Drago passa une main dans ses boucles délicates, comme il l'avait fait avec James.
Mais son geste n'était pas passé inaperçu, la voix colérique de Ron Weasley retentit à travers le jardin, et en moins d'une seconde ce dernier arrivait baguette en main et attrapait sa fille pour la serrer contre lui et menacer Drago d'un regard dangereux.
« Je t'interdis de toucher à ma fille, espèce de-
« RON ! » S'écria Harry arrivant derrière lui au pas de course.
Drago surpris se releva lentement pas plus effrayé par Weasley qu'il ne l'avait été dans leur jeunesse, il fixa Weasley droit dans les yeux.
« Ce n'est pas parce que tu n'as plus ta Marque que j'oublies ce que tu es, tu restes un Mangemort Malefoy, Marque ou pas ! » Gronda Weasley.
« Ron ! Ca suffit ! Pas devant les enfants ! » Le pria Harry, mais le mal était fait.
« Un Mangemort ? » Tonna la petite voix de James parfaitement effrayé. Comme une bombe explosant autour de lui, Drago sentit son monde chavirer et la nausée lui monter à la peur audible dans la voix de Jamie.
« Tu fais ce que tu veux avec ton fils, Harry, je n'ai rien à dire, mais il est hors de question que ce sale Mangemort touche à ma fille ! » Relança encore Weasley, prenant apparemment un malin plaisir à dire ce mot. Il jeta un regard plein de dégoût à Drago avant de s'en aller serrant toujours sa fille contre lui. Celle-ci pleurait à s'en briser la voix.
« Papa ? Drago est un méchant ? »
Un frisson horrifié parcouru l'échine de Drago et il dégluti, il n'osait plus franchement bouger, son corps entier s'était juste figé dans la stupeur, et mieux valait qu'il reste là où il était et qu'il règne sur ses émotions car la colère le guettait et faire une scène devant James n'était pas ce qu'il voulait.
« Non ! Non, Jamie… Merlin, Drago, je suis désolé, James, tu restes ici ! »
Drago regarda Potter s'éloigner, ses dents serrées à se casser dans sa mâchoire, un couinement de Maraudeur lui fit baisser les yeux sur la petite forme de James recroquevillé sur lui-même, la tête sur les genoux. Il se baissa à sa hauteur et murmura son prénom de la voix la plus douce qu'il se connaissait. Mais James sursauta et s'éloigna de lui.
« C'est des Mangemorts qui ont tué le papa et la maman de Teddy ! C'est des méchants, tu es comme eux ! »
Son visage était tout froncé par la colère et Drago prit un pas de recule. Luke le bouscula sans mesure pour s'occuper de l'enfant et Drago le regarda le cajoler et le rassurer se sentant inutile. Il soupira et se détourna.
« Tu ferais mieux de partir Malefoy, tu en as assez fait pour aujourd'hui. » Lui conseilla un Luke venimeux serrant contre lui James.
Drago voulut rétorquer qu'il n'avait rien fait, mais James le regarda à travers ses larmes, avec une méfiance qu'il n'avait encore jamais affichée et Drago se sentit vaincu. Il secoua la tête et traversa le jardin pour entrer dans la maison sous les regards confus et perplexes des autres invités.
Il fit un accio sur sa veste en cuir et entra dans la maison, accueilli dans le living room par les cris véhéments d'Harry.
« …dis ça devant James !? Il est complètement dévasté ! Une après-midi, rien qu'une après-midi et tu ne pouvais pas tenir ta langue ?! »
« C'est un Mangemort Harry ! Un foutu Mangemort ! Et peut-être que tu as oublié ce qu'il était pendant que t'étais occupé à le sucer mais pas moi ! J'en ai rien à faire de ce qu'il a fait ces dernières années, j'oublierais jamais que c'est à cause de gens de son espèce que mon frère est mort ! » Hurla Weasley appuyant d'avantage sur ses derniers mots. « Je n'oublierais pas ce qu'il nous a fait à l'école, comment il parlait de ma famille, d'Hermione, de toi, même !»
Harry tira sur ses cheveux semblant retenir un cri de rage dans sa gorge.
« C'était une raison pour ruiné l'anniversaire de mon fils !? Tu sais quoi ? Je vais pas me battre contre toi, je ne te demande pas d'accepter Drago, pas une seule fois je t'ai demandé ça, mais je pensais que James était assez important pour toi pour te contrôler un minimum, alors fais ce que tu veux, pars si ça te chante-
« Tu le choisis lui ?! C'est une blague ? Après tout ce qu'il a fait ?! Après ce qu'il t'a fait ?! Il t'a abandonné avec James et maintenant qu'il revient tu lui manges dans la main ! Je croyais que tu avais un peu plus de fierté que ça ! »
« Je ne choisis personne, Ron ! Si, en fait, je choisis James, je choisis le gosse à qui Tu viens de briser le cœur ! Et si tu m'écoutais pour changer tu aurais compris que Drago ne m'a pas abandonné ! Je lui ai demandé de choisir ! C'est moi qui aie initié notre rupture ! Pas lui ! Je savais qu'il n'était pas prêt mais Je lui ai forcé la main égoïstement ! » Harry gronda de rage et baissa la tête une seconde avant de la relever. « J'en ai marre, Ron, tu regardes James de travers depuis que tu sais pour Drago, tu Me regardes de travers depuis que tu sais et ce que tu viens de faire ! Tu as essayé de provoquer Drago ! Devant James ! Devant tout le monde ! Pourquoi ?! »
« Parce qu'il me déteste et il voulait que James me déteste aussi. Comme ça il ne voudra plus de moi dans sa vie et tout redevient normal. » Intervint Drago faisant sursauté Harry et attirant le regard noir de Weasley, mais il en avait assez entendu. Et franchement, il voulait juste rentrer. « C'est bon Potter, sois pas si surpris, ça devait arriver. Et ça a marché Weasley, tu peux te rassurer, je doute que James veuille me revoir après ça. » Il avança jusqu'à Harry et posa une main entre ses omoplates. « Va voir James, il a besoin de toi. Merci de m'avoir donné une seconde chance Harry. » Chuchota t-il finalement seulement pour Harry. Puis il s'éloigna et traversa la maison puis sortit sans se retourner, une boule de colère dans la gorge et des larmes lui piquant les yeux. Il transplanna derrière le pub à côté de son loft et entra fendant la petite foule de touristes et d'habitués et signa à Brian de lui servir une pinte.
Il passa une main sous le t-shirt de son amant et vint lui mordiller la jonction du cou et de l'épaule, se lovant un peu plus contre lui et le poussant d'avantage contre le comptoir du pub.
Un grondement satisfait monta de la gorge qu'il traçait de ses lèvres, sa vibration se répercutant sur la langue de Drago, le faisant sourire par anticipation. L'alcool et le désir exaltaient ses sens et s'il ne se retenait pas il le prendrait juste là sur le comptoir. Brian arqua son dos, amenant son bassin contre celui de Drago.
Le bar était fermé, depuis moins de cinq minutes quand Drago lâcha sa dernière bière pour embrasser Brian qui passait dans son dos pour relever les chaises sur les tables finalement nettoyées. Il avait passé sa fin d'après-midi et sa soirée là, abandonnant totalement l'idée de rentrer chez lui et affronter les regards de ses amis ou leurs questions, il avait posé un lapin à Pansy et il savait qu'elle lui ferait payer, mais il n'était absolument pas d'humeur, il voulait juste agir comme un adolescent blessé et boire son chagrin ou son poids en alcool. Il avait manger sur place et flirté avec Brian toute la soirée histoire de ne plus penser au geste tendre que Luke avait eu sur Potter et surtout se défaire du regard troublant de son ex. Merlin ses yeux !
L ajournée n'avait pas vraiment été un total fiasco, il avait vécu pire que d'être poliment ignoré, et il n'avait pas été là-bas pour se faire aimer des invités de Potter, mais pour James, et ça avait été extraordinaire. Et tellement naturel. Le gamin était incroyable, jovial et mignon et adorable, intelligent et malin, doux et amusant. Drago avait commencé à établir un vrai lien avec son fils jusqu'à… L'intervention de Weasley.
Le regard de James continuait de le hanter, la peur et la déception qu'il y avait lu, lui avait tellement brisé le cœur. Mais comment pouvait-il en vouloir à un enfant d'avoir peur de ce qui était vrai. D'être déçu par la vérité.
Il appuya un peu plus son baiser suivant sur les lèvres de Brian et passa un genou entre ses cuisses, le glissant lentement contre son entre jambe.
Un bruit sourd couvrit le son s'échappant des lèvres de Brian et pendant un peu moins d'une seconde, Drago contempla l'idée de s'arrêter pour regarder d'où venait le bruit, mais la langue de Brian détourna son attention. Et il se concentra sur la ceinture qui fermait le jean serré de son amant. Le bruit retentit de nouveau, trois, quatre coups cette fois. On toquait clairement à la porte du Pub. Brian se libéra de la bouche de Drago juste le temps de crier par-dessus l'épaule du blond que le bar était fermé puis revint placer ses mains dans les cheveux de Drago.
Leur visiteur tardif n'avait pas l'air d'être concerné par l'écriteau indiquant la fermeture du bar et frappa encore, plus impatient et nerveux que les deux fois précédentes. Brian s'arracha à Drago, exaspéré et prit son élan pour crier sur celui qui toquait mais s'arrêta bouche ouverte et sourcils froncés forçant Drago à se retourner pour assouvir sa curiosité.
« Harry ? » Dit-il surpris et refusant de croire à ce qu'il voyait, pourtant c'était bien lui, échevelé, essoufflé, énervé, visiblement, et impatient.
« Tu le connais ? » Demanda Brian laissant ses mains glisser sur la taille de Drago. Il hocha lentement la tête continuant de se demander s'il n'était pas en train d'halluciner.
« C'est mon ex. » Brian soupira et relâcha la taille de Drago puis s'écarta de lui.
Il ricana en fouillant dans sa poche et réordonnant sa ceinture et son t-shirt puis détacha totalement l'élastique tenant ses cheveux pour les rattacher aussitôt dans un rapide chignon. « Un Ex ? Depuis quand tu as des exs, toi ? »
« C'est pas un ex, c'est… l'ex. » Répondit Drago d'un air absent, fixant Potter sans vraiment le voir. Il avait tout juste murmuré mais ce fut assez pour que Brian se retourne vivement sur lui, les yeux ronds.
« Tu veux dire ? » Drago hocha encore la tête. Harry venait de croiser les bras sur son torse, mais c'était plus un geste embarrassé que de la colère. « Merde… » Son regard alla de Drago à Harry et inversement. « En tout cas, il est canon. Je lui ouvre ? »
Drago hocha encore bêtement la tête. « Oui, et tu l'as pas vu en uniforme. »
« Ah… Drago ? Je pourrais presque t'envier… » Soupira t-il en traversant la salle jusqu'à la porte clés en main avec un long rire joyeux. Drago profita que sa haute carrure et ses larges épaules bouche la vue de Potter pour se rhabiller et remettre ses cheveux en ordre, autant qu'il pu en juger dans le miroir de l'autre côté du bar, il était présentable. Du moins aux vues de ses dernières activités.
« Bienvenu au The Ship, on est fermé mais je fais une exception pour les amis de Drago. Ils sont si rares... » Déclama d'un ton chantant Brian en faisant une courbette à Harry, lui ouvrant la porte.
Harry lui lança un regard perplexe et plissa légèrement les yeux. Mais son regard ne traîna pas d'avantage sur Brian et vint se bloquer sur celui de Drago.
« Ca fait plus de trois heures que je te cherches partout… »
« J'étais là. » Répondit Drago d'un ton se voulant indifférent, écartant les bras pour désigner le bar, il attrapa sa pinte à demi entamée au passage et prit une petite gorgée.
« Je vois ça. » Relança Harry avec un regard prononcé sur Brian qui verrouillait à nouveau la porte.
« Brian, Harry, mon ex et Harry, Brian, ami et propriétaire… »
« Ok, Drago, t'as assez bu pour ce soir, je vous laisse discuter, tiens fermes derrière toi, je montes me coucher, je suis vanné. » Brian lui lança les clés sur le comptoir et traversa la salle pour disparaître derrière une porte marquée 'employés seulement'.
Drago le suivit du regard puis laissa ses yeux fixer sur la porte de service menant à l'appartement au dessus.
« C'est James qui m'a demandé de venir te cherché… Il est désolé Drago, il a-
« Il a sept ans, il a entendu son oncle dire devant tout le monde que j'étais un monstre, il l'a cru et c'est vrai, je suis un Mangemort. Ma Marque n'est plus qu'une brûlure à peine visible mais elle est toujours là. »
« Drago… » Le blond tourna un regard noir sur Potter, il détestait déceler cette pitié dans sa voix.
« Quoi ?!Vas-y Harry, ça fait longtemps que tu ne m'as pas sermonné sur mon passé, allez fais toi plaisir, je suis sûr que ça t'a manqué de ne pas me rassurer sur les conneries que j'avais faites ! Et prends ton, ton le plus condescendant surtout. »
« Je suis pas venu pour ça ! Et arrêtes de boire, tu veux ! »
« Alors pourquoi tu es venu !? Hein ? »
« James veut te voir, c'est pour ça que je suis venu ! »
« James a eut peur de moi ! » Cria Drago sa voix se brisant sous l'émotion. « Il m'a regardé comme si j'étais… Comme si j'étais un monstre… » Ajouta t-il dans un murmure.
Harry soupira puis posa une main hésitante sur l'épaule de Drago le forçant à se tourner vers lui.
« C'est un enfant… Il a été surpris… Drago ? N'abandonnes pas maintenant, prouves à Ron qu'il a tord, s'il te plaît ou au moins fais le pour James… Il t'adore, vraiment, mais… Il a besoin que tu lui dises ce qu'il s'est passé, il a besoin que tu lui prouves que les autres se trompent à ton sujet… »
Drago se perdit dans la sincérité du regard de Potter. Baissant légèrement le menton pour être plus ou moins à sa hauteur. Il était à moitié avachit sur le bar mais même ainsi il restait plus grand qu'Harry. Ce dernier avait la bouche entre ouverte ses yeux cherchant une réponse dans ceux de Drago.
Entre deux battements de cœur, Drago se pencha et attrapa les lèvres d'Harry entre les siennes. Un baiser court mais délectable.
C'était l'alcool se dit-il. C'était forcément l'alcool. Mais lorsqu'il s'écarta et croisa le regard d'Harry, il su que ça n'avait rien à voir avec l'alcool. C'était juste l'effet que Potter avait sur lui.
Des pulsions incontrôlables, cette stupide aptitude à agir sans réfléchir comme lui le faisait si bien, c'était l'effet qu'il avait toujours sur Drago.
Harry se toucha les lèvres du bout des doigts comme pour vérifier que Drago l'avait vraiment embrassé, puis leva un regard confus sur le blond. Et Drago l'embrassa encore, sans pouvoir se contrôler.
Cette fois, il força une réponse de son ex, suçotant sa lèvre inférieure, puis avançant sa langue pour susciter une réaction. Et ce fut un gémissement à peine audible qui précéda une réponse fougueuse de Potter. Harry noua ses bras autour du cou de Drago, l'amenant plus contre lui et lui autorisa l'accès à sa bouche, leurs langues s'y rencontrant dans un ballet fiévreux.
Drago le bascula contre le bar et glissa ses mains de sa taille à ses côtes, découvrant comme pour la première fois ce corps qui lui avait tant manqué. Et leurs caresses, les mains de Potter passant sur sa nuque se nouant dans ses cheveux, les bruits venant de leurs gorges comme les vibrations langoureuse d'une basse étaient si familiers et pourtant si nouveau à la fois que ça ne faisait qu'accentuer l'excitation qu'ils ressentaient. Drago s'écarta pour reprendre son souffle, posant un regard avide sur Harry, il traça ses lèvres rougissantes d'un pouce et laissa glisser sa main dans les cheveux noirs de jais de son compagnon et tira doucement sur les mèches pour changer l'angle de sa tête. Le souffle court, Harry se laissa guider presque comme un pantin désarticulé, ses propres mains s'agrippant fermement au t-shirt de Drago. Et le blond vint tracer la longueur du cou d'Harry d'un sillon humide et brûlant. Sa langue goûtant sa peau, les embruns boisés de son parfum et salins de sa sueur. Harry soupira un long gémissement de plaisir et Drago souffla légèrement sur la peau tendre tendue sous l'oreille du brun avant d'y déposer un doux baiser et retracer ainsi la gorge et la mâchoire d'Harry. Tandis que sa main libre venait agripper sa hanche solidement et l'attirer contre lui cherchant une friction de leurs bassins.
Mais comme un électrochoc, il sentit Harry se tendre sous lui, ses mains se figer et sa tête se redresser malgré les lèvres de Drago toujours présentent sur sa gorge, puis Harry poussa, poussa le torse de Drago, rejeta Drago et déséquilibré par la surprise, Drago recula d'un pas et chancela se retenant sur un tabouret.
« Non… Je- je peux pas. On ne peut pas. J'ai- Luke, j'ai Luke. Et tu as ce type, ce barman et non, non… Merlin ! Pourquoi t'as fais-
« Quoi- quel Barman ? » Harry soupira passant ses mains dans ses cheveux nerveusement, puis il indiqua la porte au bout du bar en disant 'lui' et Drago comprit finalement la confusion d'Harry. « Brian ? Non, Brian est juste un ami, parfois un peu plus, mais jamais rien de… Sérieux… » Il soupira à son tour tentant un pas vers Potter, mais ce dernier se décala vivement tendant une main devant lui comme un geste défensif.
« Ca avait l'air sérieux tout à l'heure. » Marmonna t-il visiblement incapable de retenir sa pensée. « Et peu importe, j'ai Luke, j'aime Luke. »
Drago pouffa un ricanement amère et narquois. Considérer que Harry Potter pouvait être amoureux de cet homme avait quelque chose de risible. Pas que Luke n'était pas agréable à regarder, au contraire, il était mignon, il paraissait réfléchit et calme mais il y avait quelque chose qui ne convenait pas à Harry, l'homme avait eu l'ait effacé à côté d'Harry, trop commun, trop… Banal. Mais surtout Drago connaissait les hommes, des années à sortir dans les clubs et les bars Londoniens et affiler les conquêtes d'un soir, il savait reconnaître celui qui se mettrait à genou devant lui, il savait distinguer celui qui voulait un rapport de force, de la dominance brut ou de la soumission totale, il savait différencier d'un seul regard le passif de l'actif ou même le versatile. Et Luke, il était passif, clairement passif dans la relation qu'il entretenait avec Harry et il avait même le sentiment qu'il l'était probablement à contre cœur.
Harry n'était pas actif, il était versatile mais majoritairement passif, à l'inverse de Drago vraiment, c'était bien pour ça que leur vie sexuelle avait été aussi intense, leur parfaite harmonie de besoins et d'envies. Tous deux versatiles, mais avec des préférences marquées.
Harry avait froncé les sourcils à reniflement dédaigneux et Drago leva les siens croisant les bras sur son torse d'un air défiant.
« Luke ? Je t'en prie Potter, comme si j'allais croire une seconde que ce gringalet sait comment te faire jouir. » Murmura Drago s'approchant d'un pas et toisant Harry de toute sa hauteur, sa voix douce et langoureuse comme du miel, sur ses derniers mots.
« J'aime Luke. » Harry inspira essayant vainement de retenir l'embarras rougissant ses joues.
« Mm, mmh, et comment il te prend ? » Demanda Drago toujours sur le même ton avide. S'approchant encore et entrant dans l'espace personnel de Harry. Avançant ses lèvres à un cheveu de celles, entrouvertes en anticipation, du brun. Leurs souffles se mélangèrent doucement et Drago le fixa droit dans les yeux, Harry, lui, tentait de calmer sa respiration erratique serrant les poings sur ses côtés. Le combat intérieur qu'il livrait était on ne peut plus visible sur son visage. Drago eut un sourire carnassier et laissa une main faire le tour d'Harry, se plaquer à plat au creux de ses reins et descendre lentement jusqu'au galbe de ses fesses. Il se pencha sur son oreille. « Ca fait combien de temps, Harry ? Combien de temps qu'un homme ne t'a pas poussé contre une table et prit lentement, longtemps, durement ? » Dit-il dans un murmure si bas qu'il fut à peine audible par-dessus ses propres battements de cœur et la respiration hachée de Potter.
Les yeux de Harry roulèrent dans leurs orbites et sa bouche s'ouvrit un peu plus, laissant un gémissement muet s'échapper dans une exhalation. Drago sourit un peu plus et raffermit la prise de sa main sur ses fesses, forçant Harry contre lui.
Le brun pencha la tête et tendit le cou cherchant le contact des lèvres de Drago, mais c'était clairement instinctif, comme l'érection grandissante dans son jean. Drago s'en délecta pourtant et prit une seconde pour satisfaire ses yeux du régal brûlant qu'était alors Harry. Il se pencha et leurs lèvres se frôlèrent. Mais le contact brûlant fut apparemment une douche froide pour Potter qui repoussa à nouveau Drago avec plus de force que précédemment et prit lui-même un pas de recul.
« Non. Tu as trop bu Drago, tu es complètement bourré, je- bon sang, t'es pas croyable ! Plus de sept ans sans un mot et quand tu reviens tu crois que je vais juste te tomber dans les bras ? » Ces mots réussirent à faire blanchirent Drago, stoppant le mouvement qu'il avait eu de réfuter en bloc l'accusation sur son taux d'alcool. « J'aime Luke et notre relation n'est pas que basée sur le sexe ! » Affirma ensuite Harry, les sourcils froncés. « On a eut notre chance Drago, c'est finit maintenant, mais ne gâche pas tout avec James, décuve et viens le voir. » Termina t-il sur un ton plus doux presque murmurer.
Il considéra Drago d'un long regard, mais ce dernier n'avait pas la force de parler, trop estomaqué pour se défendre et résigné au rejet d'Harry et à cette nouvelle mention de son petit ami. Il regarda Harry quitter le bar en transplannant dans un crac sonore. Puis soupira longuement, se tournant à nouveau face au bar.
« Merde ! » Grimaça Drago donnant un coup de pied sans force dans le comptoir et buvant une longue gorgée de sa bière abandonnée.
