Titre : Alpha Potentiel
Résumé : Pour avoir lâchement désobéis à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM
Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)
Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !
Note de l'auteur : Et me revoilà après un loong mois d'attente (je crois ?). Je sais, je sais… Je vous ai fais miroiter une publication plus rapide et je suis désolée de se rêve qui, de toute évidence… n'était qu'une illusion. Sachez que ce n'était pas pour vous torturer ou quoi que ce soit, c'était surtout parce que mon imagination tournait à fond de balle et que j'étais donc inspirée. J'ai tapé un certain nombre de chapitre et avait l'espoir que cette frénésie créatrice ne s'arrête jamais.
Grande déception. Ma frénésie s'est barrée en me laissant vide, fatiguée et… incapable de taper une ligne. J'ai donc repris mon vieux rythme habituel.
Bref ! Voici mon chapitre préféré de l'histoire et j'espère qu'il vous plaira tout autant qu'à moi. Je ne dis pas que les autres chapitres sont moins bien, mais c'est celui que j'adore plus que tout. Pour l'instant, en tout cas !
Je n'ai pas répondu à toutes les reviews (alors que j'avais dis que je le ferais avant de poster, quoi qu'il arrive), mais je reviens d'une journée épuisante aux thermes de spa (non, ce n'est pas de la pub) et je suis donc EPUISEE (mais avec plein d'idée aquatique qui ne cadrent pas avec cette histoire… Fait chier).
Sur ce, je vous laisse découvrir ce chapitre et je vous dis, et oui… A dans un mois !
Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Gardenia (Kuroshitsuji) et l'OST de Junjou Romantica.
Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois, toujours en milieu de mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !
Nombre de chapitre :
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Chapitre 6 : Rêves et douleur
Cette musique… lui tapait sur les nerfs ! C'était la seule chose logique que Draco pensait. Il était chez son ancêtre depuis deux semaines déjà… Et depuis ce temps, il avait revisité tous les albums des chanteurs d'opéra ! Et il n'avait rien contre l'italien, vraiment… Mais Devis ne pouvait-il pas juste… changer un peu de refrain ? Levant les yeux au ciel, Draco regarda son cher ancêtre entrer dans la pièce en tournoyant avec grâce et volupté au centre de la pièce. Ses vêtements, de coupe ancienne, parcourus de nombreux rubans et de dentelle, suivirent le mouvement, donnant au mouvement plus d'ampleur.
De sa voix qu'il avait magnifique, il chantait lui aussi, ses yeux brillants de satisfaction.
« Allons, cher petit descendant, ne pourrais-tu sourire un peu ? J'ai reçu une magnifique nouvelle ! Une nouvelle incroyable ! »
Draco haussa un sourcil alors que la musique semblait augmenter de volume encore, faisant presque vibrer tous les meubles.
« Quelle nouvelle ? » cria-t-il, tentant de se faire entendre.
Pour seule réponse, Devis chanta encore plus fort, sa voix devenant presque aigue. Draco se demanda vaguement si ses tympans – forts sensibles à cause de sa lycanthropie – et les fenêtres allaient y résister. La musique devint moins forte et Devis s'avança vers lui d'un pas rapide, ses mains froides prenant les siennes. Il lui sourit, ses canines ressortant horriblement et l'entraîna au centre de la pièce dans une valse étourdissante qui, pourtant, lui arracha un rire. Presque naturellement, Draco guida le vampire, amusé de voir les meubles s'écarter naturellement de leur passage.
« Mon calice ! dit Devis, souriant avec satisfaction. Mon calice sera bientôt de retour ! D'un voyage de six mois ! Il m'avait laissé des poches de sang que je réchauffais à la poêle, mais sincèrement, je n'en pouvais plus de son absence ! Il sera de retour dans deux semaines ! Deux semaines ! »
Et sur ses mots, il augmenta la frénésie de la valse que Draco suivit avec aisance.
« Ah, oui, ton calice, dit-il. Je pensais que tu avais trouvé un moyen de couper le lien, peut-être… »
Devis sourit largement, continuant de danser.
« Ah, ça… Aussi ! » dit-il.
Draco écarquilla les yeux et stoppa sa danse. Une moue sur les lèvres, Devis cessa de danser alors que la musique s'interrompait brutalement, les plongeant dans un silence très pesant. Ils restèrent plantés, face à l'autre, le plus grand affichant une grimace inquiète. En deux semaines, Devis avait exécuté de nombreux tests sur lui… Certains avaient été douloureux… D'autres, juste un peu corrosif… Il avait quelques cicatrices de plus, à présent… des traces de brûlures se soignaient péniblement au niveau de son torse… Au niveau de son cœur.
« Tu sais que tu n'es pas obligé de le briser, n'est-ce pas ? demanda le vampire, le faisant sursauter. Tu as admis l'aimer, il y a quelques jours… Si tu le souhaites…
-Ce que je souhaite n'a pas d'importance, lui dit Draco. Harry… ne veut pas de moi. Alors ça n'a pas d'importance. »
Devis soupira. Il haussa les épaules et regarda vaguement un tableau, au-dessus de la cheminée. Il représentait Draco, avec ses oreilles blanches sur le haut de son crâne. Devis l'avait peint lui-même, une semaine auparavant, lors d'une discussion que Draco n'oublierait jamais, étant donné son importance.
« Ton âme sera à jamais mutilée, après ça, lui dit le vampire. Je doute fort que tu puisses aimer à nouveau… et quand je parle d'amour, je ne parle pas seulement de celui que tu as pour Harry, mais également de celui que tu éprouves pour tes amis, tes parents… cette capacité disparaîtra de ton âme… j'ignore encore quelle sorte de monstre cela fera de toi… enfin, si tu survis à ça… »
Draco frissonna. Ne plus jamais aimer… au fond, c'était peut-être la solution ? L'amour… c'était trop douloureux.
« J'y suis préparé, dit-il d'une voix rauque, posant naturellement une main sur sa poitrine qui l'élançait vaguement de douleur. Et je l'accepte. »
Devis tourna son regard bleu lumineux vers lui. Il souffla et hocha de la tête.
« Donne-moi une semaine pour les préparations… ensuite, je me chargerais de souiller ton âme à jamais… »
Et sur ses mots, il quitta la pièce d'un pas rapide, le laissant seul avec une souffrance et une terreur aigue.
Si seulement… si seulement tu pouvais m'accepter…
Il n'eut jamais conscience de l'avoir dit à voix haute…
oOo
Deux semaines plus tôt
La culpabilité l'étranglait. Chaque jour, c'était le même supplice. Elle était dans sa gorge, serrant sa trachée et son œsophage en même temps. Elle était dans le regard d'Hermione qui ne desserrait pas les dents. Un peu dans le regard hésitant de Ron… Et dans ceux des lycans du village. Greyback le regardait avec déception. Gabriel avec une haine qu'il ne comprenait pas. Les autres étaient mitigés. Harry était surpris de voir certains liés s'accrocher avec angoisse à leur loup, lorsqu'il les croisait. Comme s'il représentait une sorte de croque mitaine des liens… Bon dieu, il avait le droit de refuser, non ? Il n'avait pas voulu ça, c'était…
Une erreur !
Le mot lui envoya une décharge de douleur dans l'épaule et il porta la main à cette dernière. Malfoy n'était parti que depuis deux jours et ça n'avait pas cessé… Mais que pouvait-il faire d'autre ? Il n'était pas gay ! Il n'aimait pas Malfoy, qu'importe que Hermione, Chyreer, Greyback et le professeur Gilbert lui soutiennent le contraire !
« Mince, c'est mon choix ! pensa-t-il, alors qu'il se mettait au lit pour dormir. J'ai le droit de refuser ! J'ai le droit de choisir avec qui je vais rester jusqu'à la fin de ma vie ! »
Mais ça ne l'empêchait pas de culpabiliser. De revoir sans arrêt la douleur dans le regard de celui qui était son compagnon. D'entendre, avec horreur, ses propres paroles hurlées… des paroles qui lui faisaient tellement honte…
« J'ai souhaité sa mort… pire, je lui ai souhaité de se détruire volontairement… »
Harry poussa un gémissement honteux en enfouissant son visage dans son oreiller. Il n'arrêtait pas d'y repenser. A sa propre cruauté… Comment avait-il pu être si monstrueux ? D'accord, ça ne changeait rien au fait qu'il ne voulait pas de Malfoy comme compagnon, mais il aurait dû y mettre les formes, juste un peu… à la place, il l'avait envoyé à la mort, sans la moindre hésitation. Valait-il mieux que Voldemort en faisant cela ?
L'angoisse, à cette pensée, se fit écrasante. Il n'avait toujours pas réussi à mettre la main sur un autre horcruxe et le médaillon n'était toujours pas détruit… Soupirant, il tenta d'écarter ses pensées, afin de ne pas sombrer dans la même insomnie qui le hantait, depuis le début de sa recherche et depuis… qu'il avait chassé Malfoy.
Il se secoua un peu et serra la couette dans ses bras, fermant les yeux. Hermione lui avait enseigné une technique, pour dormir. Il suffisait de penser à quelque chose d'agréable. De s'imaginer dans un endroit magnifique et reposant. Il visualisa donc un champ de fleur illimité. Le soleil était présent et le réchauffait agréablement. Assis dans les herbes hautes, Harry regardait les quelques nuages floconneux au-dessus de sa tête.
« On dirait un lapin… ah, il y a un serpent, pas loin… et ça… C'est un loup, non ? »
Harry frissonna. Il avait aperçut une petite maison de style ancien, au fond du près. Stupéfait, il se leva. Il ne l'avait pourtant pas imaginé, cette sombre bicoque…
« Je ne devrais pas y aller… mais je me demande… »
D'un pas hésitant, il traversa le près, s'approchant du perron de bois. Plus il avançait, plus le jour pâlissait, le faisant hésiter. Il finit pourtant par s'en approcher. La nuit était tombée lorsqu'il atteignit la porte d'entrée
« Foutue curiosité ! »
Si ça virait au cauchemar, il ne pourrait s'en prendre qu'à lui-même. Il y avait autant de chance de croiser Voldemort qu'autre chose… Soupirant, il voulut frapper à la porte, mais sa main passa au travers. Les yeux écarquillés, il hésita un instant… puis traversa le battant de bois sombre pour se retrouver dans un couloir lugubre, mais richement décoré. Il n'y avait aucun bruit, de premier abord. Il avança donc dans le couloir où quelques portraits de personnes blondes et pâles le firent frissonner. Le manoir Malfoy ? Il l'avait imaginé plus grand, pourtant… Un bruit de pages tournant le fit sursauter. Il venait d'une pièce sur sa gauche, avec des portes à double battant. L'une d'elle était ouverte. Hésitant, il s'avança, ses pieds nus marchant sur un tapis confortable et soyeux.
La pièce était une bibliothèque. Elle contenait un nombre incalculable d'étagère, des fauteuils confortables et immenses, pourvus en nombreux coussins. Les meubles étaient noirs, les coussins bordeaux. Cela assombrissait la pièce qui n'était éclairée que par quelques candélabres et par une cheminée où craquaient quelques bûches. Hésitant, Harry avança encore. Dans un fauteuil, lui tournant le dos, se trouvait une silhouette que Harry connaissait.
Malfoy…
Le garçon était pâle et semblait épuisé. Il lisait un livre. Ou plutôt, il en tournait les pages, feintant de s'y intéresser.
« Bonjour, petit descendant ! »
Harry sursauta et se retourna. Un autre homme venait d'entrer et vu la ressemblance, Harry déduisit qu'il s'agissait de Devis Malfoy. Il était… magnifique ! Aucun autre mot ne lui vint à l'esprit en voyant l'être somptueux qui venait d'entrer, parer de vêtements digne du 17ième siècle. Un petit visage adorable, encadré de magnifiques cheveux blonds lisses et soyeux, presque brillant. Deux immenses yeux bleus scintillant, un visage pâle et immaculé… il marchait avec élégance, presque en dansant ! Et il souriait, joyeux.
« Bonsoir, répondit sombrement Draco.
-Ah, oui, c'est le soir, dit Devis, amusé. Tu as du mal à t'habituer à mon rythme de vie, à ce que je vois… »
Il s'approcha de Draco, si prêt qu'il le collait presque. Levant la main, il caressa les cernes présentes sur le visage du plus jeune.
« Je pense que ça devrait aller mieux, dans quelques jours… Enfin, quelques nuits… Tu n'as pas dormi le jour précédent, je l'ai senti… Enfin, ce n'est qu'une question de temps… Reste éveillé cette nuit et demain, tu dormiras comme un bébé… »
Tout en parlant, il ne se gêna pas pour lui arracher le livre des mains et s'installer sur ses genoux, comme un enfant. Il enfouit son visage contre son torse, souriant.
« Quel dommage que tu sois un loup-garou, dit-il. Tu aurais été un calice si agréable… »
Draco leva les yeux au ciel.
« Je ne suis pas pour l'inceste, dit-il en repoussant son ancêtre, le forçant à descendre de ses genoux.
-Certes et je suis un homme… non, un vampire fidèle ! Je doute fort qu'Alrick apprécie ma tentative de séduction, mais j'ai toujours aimé ce qui était beau… et tu es…beau ! »
Draco haussa un sourcil, tout comme Harry.
« Alrick ? dit le blond.
-Mon calice, dit Devis, souriant avec extase. Bien que… il a du s'absenter pour affaires. Il reviendra bientôt, du moins je l'espère. Les poches de sang qu'il m'a préparées sont presque toutes vides et je n'ai pas envie d'aller mordre ailleurs… enfin, quand il faut, il faut… »
Il soupira dramatiquement puis se tourna à nouveau vers Draco.
« Aujourd'hui, j'ai pensé que nous allions essayer de travailler sur ton lien avec Potter !
-Tu as trouvé ? demanda Draco, étonné.
-Pas encore, lui répondit son ancêtre. Mais expérimenter certaines choses ne serait pas un mal. J'ai lu dans un livre parlant de votre espèce que le lien était à double sens. Si ton lié souffre, s'il est heureux ou j'en passe, tu le ressens. Ainsi, essaye de te concentrer sur lui, veux-tu ? Que ressent-il, en ce moment ? »
Draco eut un air sceptique, mais il souffla en fermant les yeux, se concentrant.
« Je ne sais pas ce qu'il ressent, mais personnellement, je n'éprouve que de la perplexité », dit le blond en ouvrant les paupières.
Harry sursauta. C'était exactement ce qu'il ressentait…
« Et je suis étonné, bien que j'ignore pourquoi, dit Draco en fronçant les sourcils.
-Aha ! dit Devis, vainqueur. Ton lié doit être surpris par quelque chose en ce moment, ce qui explique ce sentiment. Comme le dit mon livre, tu es capable de ressentir ses émotions, même à distance. Ça te permet d'intervenir, s'il souffre ou s'il est en danger… Mais ça va surtout nous aider à savoir exactement où le lien est implanté dans ton âme. »
La surprise était cette fois chez les deux autres personnes.
« Où…, dit Draco, la voix rauque.
-L'âme humaine est comme le corps. Elle en a la forme, l'apparence. Pour certains humains, d'après mes recherches, elle est ponctuée de certaines caractéristiques que la rend plus grande, mais en soit, elle a l'apparence du corps humain. Ainsi, si tu te concentres sur le lien et que tu ressens le sentiment, un tiraillement ou que sais-je d'autre à un endroit déterminé, c'est là que le lien sera implanté dans ton âme. Essaye, veux-tu ? »
Mais Draco n'essaya rien. Il pointa naturellement son torse à l'endroit du cœur.
« Ici, dit-il. Lorsque… lorsque j'ai annoncé à Potter que nous étions liés… et qu'il a ressenti ce dégoût et cette haine à mon encontre… C'est là que ça a tiraillé… »
Devis haussa un sourcil.
« C'est peut-être simplement du à la douleur que tu ressentais, dit-il.
-Non, dit Draco. Il est là, je le sais… »
Harry regarda son ennemi. Il semblait… chagriné. Et sa morsure le lui indiquait très clairement, déclenchant presque une montée de larme inconsciente.
« Draco, dit Devis, attirant l'attention de ce dernier vers lui. Ça ne sera pas sans douleur… Mais je vais tenter quelque chose. Viens. »
Le plus jeune se leva et suivit son ancêtre. Harry leur emboîta aussitôt le pas, curieux. Il traversa le hall, transperça la porte que Draco avait refermée derrière lui et descendit à son tour vers le sous-sol. Là, Devis ouvrit une porte et entra dans une pièce presque entièrement dépourvue de meuble, à l'exception d'un support en pierre. A sa forme, Harry comprit qu'il était fait pour qu'un homme se couche dessus. Draco le regarda lui aussi et lança à son ancêtre un regard inquisiteur. Devis approuva et le loup-garou s'approcha, s'assit puis s'étendit.
« J'ignore si ça va marcher, mais il faut bien essayer, n'est-ce pas ? Je vais essayer d'atteindre ton âme, ton lien. Si j'y parviens, tu devrais ressentir une sorte de chatouillis interne, bien que j'ignore exactement ce que veux dire le livre par là, car… et bien, tu vas aussi souffrir, vu que je dois percer ton corps… »
Draco lui lança un regard presque inquiet, mais il hocha de la tête.
« Bon, dit Devis. Enlève ton haut, je reviens. »
Il quitta la pièce, laissant Draco seul. Ce dernier se redressa et détacha lentement chaque bouton de sa chemise, l'ôtant ensuite pour dévoiler un torse large et musclé. Harry détourna les yeux en le voyant. Il y avait quelques traces qu'il avait fait, lorsqu'ils avaient… Rougissant, Harry resta les yeux baissés jusqu'à l'entrée de Devis. Ce dernier s'approcha de Draco, une longue tige noire et luisante en main. Elle ressemblait presque à un bâton du jeu mikado. Grande d'une vingtaine de centimètres, fine… Elle semblait presque inoffensive… Mais les gants que portait Devis pour la tenir indiquaient le contraire.
D'un mouvement souple, le vampire s'assit sur les hanches de son descendant. La scène fit rougir Harry. Si Devis n'avait été si concentré et Draco si terrifié, ça aurait pu paraître… charnel.
« Mais à quoi je pense, exactement ? »
Il se concentra sur la scène se jouant sous ses yeux. Devis leva la tige d'acier au-dessus du torse de Draco.
« De l'argent, indiqua le vampire. Seul ce métal peut t'atteindre, alors…
-Fais-le juste », dit le blond, fermant les yeux.
Devis soupira. Puis, sans aucune hésitation, il enfonça la tige dans le torse de son descendant. Plusieurs choses se produisirent en même temps. Draco poussa un hurlement déchirant. Harry aussi. Il ressentit une vive douleur dans l'épaule, si intense qu'il se réveilla en sursaut, le corps tremblant. Il était dans son lit, couvert de sueur et il hurlait de toutes ses forces, si bien que Ron et Hermione, en pyjama, arrivèrent en courant, l'air inquiet. Harry cessa de hurler lorsqu'il reconnut sa chambre. C'était juste un rêve…
« Mon dieu, Harry, qu'est-ce qu'il se passe ? s'inquiéta Hermione. Je crois que tout le village a du t'entendre ! »
Haletant, Harry fut incapable de répondre. Son épaule l'élançait horriblement et il posa sa main dessus. Ses amis regardèrent son geste avec inquiétude puis écarquillèrent les yeux.
« Oh Merlin, gémit Hermione. Harry, tu saignes ! »
Baissant les yeux, le concerné regarda son épaule. A l'endroit exact de la morsure, un flot de sang s'échappait, sans que sa peau ne soit percée. Il écarquilla les yeux alors que son rêve lui revenait.
« Ce n'était pas un rêve, murmura-t-il, horrifié, sa culpabilité devenant plus écrasante encore. Merlin, ce n'était pas un rêve ! »
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Les jours passaient dans une sorte de monotonie écrasante. Il ne supportait plus la compagnie d'Hermione et de Ron. Il s'enfermait dans sa chambre, réfléchissant, tournant en rond, s'énervant. Rien n'allait. Que ce soit la recherche des horcruxes qui n'avançait pas ou sa vie en générale, d'ailleurs ! Plus rien ne tournait rond et c'était entièrement la faute de Malfoy ! Ce petit con lui pourrissait la vie en l'emmenant chaque nuit dans cette maison où il subissait…
Des tortures indescriptibles !
Harry gémit. Tant de honte que d'horreur. Combien de fois avait-il vu Devis Malfoy blessé, mutiler son descendant, cherchant à atteindre son âme pour ainsi briser le lien qui les unissait ? Et combien de fois s'était-il réveillé, hurlant de douleur, la morsure saignant abondamment… Lorsqu'ils en avaient parlé avec Greyback, ce dernier avait parut surpris.
« Tu dois avoir un certain talent avec les rêves, lui avait dit le chef de meute. Car normalement, les liés ne rêvent pas ainsi de leur compagnon… »
Un certain talent avec les rêves… il avait toujours pensé que seul son lien avec Voldemort expliquait sa capacité à visualiser le mage noir, mais il fallait croire qu'il avait un quelconque talent de vision… Trelawney en mourrait de rire, si elle l'apprenait ! Lui n'avait pas envie de rire. Chaque nuit était une torture. Il ne savait plus quoi faire. Soit il rêvait de Malfoy, soit il rêvait de Voldemort. Et quand ce n'était pas l'un ou l'autre, c'était…
Il rougit considérablement. Jamais il n'aurait cru qu'il rêverait de telles choses. Ni qu'il se réveillerait excité par ça… Mais c'était une réalité. Lorsqu'il parvenait à se rendormir et que, pour une raison ou pour une autre, il ne visualisait pas Draco ou Voldemort, il… rêvait de sexe. Très exactement, il rêvait d'avoir des relations sexuelles époustouflantes avec Draco Malfoy ! Tantôt ils s'embrassaient en se frottant l'un contre l'autre, tantôt ils étaient nus, se caressant voluptueusement, tantôt Harry le suppliait de le prendre, le suçait ou…
Mais il ne voulait pas penser ça ! Il ne voulait pas être excité par ça… mais il devait l'admettre, il se réveillait toujours de ses rêves avec… une érection plus que gênante, quand ce n'était pas carrément avec des traces suspectes qui lui faisaient honte. Il insistait à présent pour faire sa lessive lui-même, incapable d'admettre son tort à ses amis. Il ne pouvait parler de ça à personne, en plus. Hermione ne lui adressait toujours pas la parole, d'autant plus depuis qu'elle avait appris qu'Harry rêvait de ce que Draco subissait pour lui et que son ami ne faisait rien pour arrêter cette torture. Ron, quant à lui… et bien, c'était Ron. Lui parler de ses rêves érotiques lui semblait impossible, d'autant plus qu'Harry était censé être amoureux de Ginny…
Pourtant, il n'avait que très peu pensé à la jeune fille, depuis le lien. Tout juste l'avait-il évoqué pour tenter de se prouver qu'il ressentait du désir pour la jeune fille… mais rien. Il n'avait même pas bandé en repensant à l'incroyable fellation de la rouquine, quelques mois plutôt. Elle ne lui inspirait aucun désir…
Alors que Malfoy… le simple fait de le voir sans chemise le rendait nerveux. Il se sentait rougir et n'osait pas le regarder. D'autant plus qu'il y avait à présent des blessures, sur son torse, qui lui faisait mal et lui donnait envie de pleurer. Il s'en voulait tellement… mais il avait trop honte aussi que pour intervenir. Qu'était-il censé faire, exactement ? Se rendre chez Devis Malfoy et dire à son ennemi de toujours qu'il voulait qu'il cesse ? Mais ça ne changeait rien au problème… il n'aimait pas Malfoy, qu'importe le désir honteux qu'il ressentait pour lui !
« Je tourne en rond et c'est insupportable ! »
Depuis une semaine, il était figé sur cette pensée. Il ne cessait de constater qu'il ne pensait qu'à Malfoy, à peine à Voldemort et c'était insupportable. Il avait une mission et il était incapable d'y penser tant son esprit était hanté par le jeune homme blond. Le pire était sans doute qu'il n'osait plus dormir. Il ignorait qui il verrait lorsqu'il fermerait les yeux. Malfoy ou Voldemort ? Et le pire était qu'il souhaitait presque voir le blond. Ou Voldemort ? Si ce n'était pas le plus jeune qui se faisait torturer, c'était le mage noir qui dolorisait certains de ses mangemorts… Voir pire ! Dormir était devenu… pire que tout !
Pourtant, comme chaque soir, une semaine après le départ précipité de son loup-garou, Harry se résolut, vers deux heures du matin, à aller se coucher. Il n'eut pas à tourner dans tous les sens pour s'endormir. Le sommeil le happa brutalement et il se retrouva dans un petit salon chic qu'il reconnut : celui de Devis Malfoy. A sa grande stupeur, le vampire avait revêtu une sorte de large toge blanche et s'échinait à peindre un portrait de son descendant. Draco était noblement installé dans un divan, les yeux fixés sur l'âtre. Il était pâle, semblait fatigué (comme d'habitude) et s'ennuyait. Ses cheveux avaient été coiffés avec soin par Devis, car ils semblaient plus somptueux encore que d'habitude, formant une sorte de large et incroyable crinière autour de sa tête. Ses oreilles blanches étaient dressées sur sa tête, bougeant parfois nerveusement. A la grande surprise de Harry, un petit anneau de platine était accroché à l'oreille droite.
Draco était vêtu à la mode de son ancêtre, avec des vêtements tout en dentelle et ruban et cela lui donnait une classe folle. Pourtant, il avait négligé le ruban attachant la chemise, celle-ci alors largement ouverte sur un torse pâle et impressionnant. Le ruban de soie bleue qui devait fermer le vêtement était savamment enroulé autour de sa main gauche, encadrant la morsure avec finesse, la faisant ressortir avec élégance. Il était tout de blanc, de bleu et d'argent vêtu et Harry sentit son cœur battre plus vite à cette vision. Il refusa pourtant de s'interroger sur la sensation. Il ne voulait pas savoir pourquoi brutalement, il avait eu l'envie de se blottir contre cet homme majestueux afin d'y trouver un quelconque réconfort.
« Tu apprécies ta nuit de repos ? demanda Devis, s'appliquant à peindre.
-Grandement, répondit Draco. Rappelle-moi pourquoi tu désirs un portrait de moi ? »
Devis sourit avec hauteur.
« Il est normal que je désirs avoir un souvenir de mon arrière petit fils, non ?
-Tu devrais rajouter quelques arrières, répondit Draco, moqueur. Je te rappelle que tu as trois cents quatre vingt ans ! »
Devis leva les yeux au ciel en l'entendant.
« Merci de me le rappeler », lui dit-il.
Il y eut un long silence pendant lequel Devis se contenta de peindre. Harry s'approcha naturellement de la toile. L'expression du visage de Draco, figée sur la toile, lui fit presque mal. Devis l'avait représenté avec une telle souffrance, une telle mélancolie dans les traits… Celle-là même qu'il essayait de ne pas voir, chaque nuit, et qui le torturait autant que les blessures que le blond s'infligeait pour réaliser sa demande égoïste.
« Brise ce lien ! »
Harry baissa la tête puis regarda à nouveau son ennemi d'enfance.
« Des nouvelles de ton père ? demanda brusquement le vampire.
-Pourquoi veux-tu que j'en aie ? demanda Draco. Je suis banni, je te rappelle… »
La pointe de douleur n'échappa pas à Harry. Draco semblait particulièrement amer, ce soir là.
« Et alors ? demanda Devis. Ça ne m'empêche pas d'en avoir, de temps à autre… Ta mère est enceinte, tu le savais, non ?
-Oui, Greyback me l'avait dit, répondit Draco, moqueur. Ils essayent d'avoir un ultime héritier Malfoy… Quelle connerie, je te jure… »
Devis eut un ricanement presque aussi amer.
« Je sais, dit-il. Je partage ton avis… »
Draco souffla, baissant les yeux sur ses mains. L'une d'elle était décorée d'une bague en platine, sertie d'une émeraude. Il la caressa du pouce et poussa un soupir.
« Il te manque ? » demanda Devis, cessant de peindre.
Draco tourna un regard interrogateur vers son ancêtre.
« Qui, mon père ? demanda-t-il.
-Non, Potter. »
Harry sursauta en entendant son nom prononcé. En une semaine, Draco ne l'avait jamais évoqué. Il parlait du lien qu'il avait avec lui, mais jamais de lui. Il vit le regard du blond se charger d'une peine si douloureuse qu'il la ressentit aussitôt.
« Non », répondit pourtant le blond.
Il hésita, soupira puis murmura :
« Si. »
Devis eut un vague sourire, continuant à peindre avec douceur.
« Parle-moi de lui… »
Draco haussa un sourcil. Il resta silencieux un long moment, si bien qu'Harry pensa qu'il ne parlerait jamais. Puis il finit par murmurer doucement :
« Il est beau. Pas de la même beauté que la nôtre, cependant. La nôtre est noble, froide… la sienne… Je la trouve chaleureuse, agréable. Il a des cheveux noirs et des yeux verts. Son teint est brun, bien qu'il manque de soleil alors il paraît très pâle. Lorsque je l'ai revu au village, il avait l'air épuisé. Et il est terriblement mince. J'aimerais qu'il mange un peu plus… »
Il se tut un instant, ses yeux brillants étrangement alors qu'il clignait vivement des paupières.
« Il… Je l'ai rencontré à l'âge de 11 ans, chez Madame Guipure. A cette époque, j'ignorais qui il était. J'ai juste vu un petit garçon à l'air perdu et adorable et j'ai pensé que je pourrais m'en faire un ami. Ça serait agréable, d'entrer dans le train en sachant qu'il y aurait quelqu'un à retrouver, parce que Poudlard m'inquiétait et m'excitait en même temps. Mais j'ai été stupide. J'ai revêtu le masque du garçon pourri gâté et je l'ai dégoûté de moi en quelques mots… Quand je l'ai revu dans le train, je me suis enfoncé d'avantage en insultant un garçon qu'il venait de rencontrer et qu'il préférait à moi… à partir de là, il m'a détesté. Et parce que je ne supportais pas qu'il ne m'aime pas, qu'il ne veuille pas de moi, je l'ai détesté également. »
Devis sourit et Harry écarquilla les yeux. C'était la seule raison à la haine de Draco ? Il n'avait pas accepté qu'Harry ne veuille pas de son amitié ?
« Les années ont passé et on s'est livré à une guéguerre enfantine qui a continué de creuser un fossé entre nous. En toute honnêteté, je peux te jurer que ça me faisait souffrir. Chaque affrontement, chaque insulte… Je n'aimais pas de les lancer et encore moins d'en recevoir. Mais l'habitude s'est installée. Je lui en voulais de me détester et lui… et bien, je suppose qu'il m'en voulait d'être ce petit con arrogant et prétentieux que j'étais…
-Tu l'admets ? demanda Devis, surpris. Tu sais, chaque Malfoy est ainsi… C'est le masque de la famille…
-Je sais, répondit Draco. Bien que je ne le porte plus, depuis que je suis un loup-garou. Depuis que j'ai été… banni. »
Le silence régna un long moment à nouveau. Harry appréciait cela. C'était si calme, si reposant, comme rêve.
« Harry vole magnifiquement bien, dit soudainement Draco, le faisant sursauter. Bien que je l'ai toujours nié… Il est magnifique, lorsqu'il est sur un balai. Il paraît si libre, si heureux… Enfin, il paraissait… Depuis sa cinquième année, il a juste l'air… de se méfier de tout et de tout le monde. Ça doit être épuisant, d'être toujours sur la défensive. Il ne semble plus savoir se détendre… »
Il se tut à nouveau, baissant la tête pour regarder ses mains
« Il ne m'aimera jamais, dit-il d'une voix atone.
-Techniquement, il t'aime, signala Devis, qui avait cessé de peindre. Sinon…
-Je sais, répondit Draco en tournant la tête dans la direction de son ancêtre. Techniquement, il m'aime, sinon, le lien n'aurait jamais été fait… mais il ne l'admettra jamais. On peut aimer quelqu'un et le garder au fond de soi jusqu'à sa mort…
-C'était ce que tu comptais faire ? Avec Potter… Si tu n'avais pas couché avec lui…
-Je ne sais pas, répondit Draco. Probablement... »
Il eut un petit sourire résolu qui fit soupirer Devis.
« Tu en avais conscience, pourtant, n'est-ce pas ? demanda le vampire. De tes sentiments pour lui… Sinon, tu n'aurais pas aussi mal pris son rejet, en première année… Et tu n'aurais pas souffert de ses remarques blessantes, pendant vos études…
-Quelle importance ? Demanda Draco. Il ne veut pas de moi, de toute façon. Il n'a jamais voulu…
-Tu pourrais le séduire », proposa Devis.
Draco éclata de rire. Un rire presque amer.
« Même si j'essayais, il ne me verrait jamais que comme Draco Malfoy, le garçon qui n'a cessé de lui pourrir la vie. Et puis… il est amoureux de quelqu'un d'autre aussi… »
Devis eut un soupir. Il avait reposé sa palette de peinture et regardait son descendant avec une lueur de tristesse.
« L'amour, soupira-t-il. Ce n'est jamais agréable… si tu veux mon avis, nous ne devrions pas le souhaiter… J'ai connu des gens qui suppliait d'en avoir… et qui, lorsqu'ils en avaient… souffraient tellement ! »
Draco le regarda avec une expression pensive.
« Tu aimais ta femme ? demanda-t-il. Lorsque tu as été mordu…
-Un peu, répondit Devis. Je l'aimais, à ma manière. Bien moins que je n'aime Alrick, si tu veux savoir. Mais… j'aimais mon fils, surtout. »
Draco resta un instant pensif.
« Tu as été mordu quand il avait quel âge ?
-Deux ans, répondit Devis. Et dès le moment où ma soif de sang a éclaté, j'ai été renié, banni et on m'a interdit de remettre les pieds dans le manoir Malfoy. Je n'ai jamais vu mon fils grandir… je ne l'ai pas vu voler pour la première fois, faire de la magie… Je l'ai rencontré quand il avait vingt-deux ans, par hasard… Enfin, ce n'en était pas vraiment un. Je suis allé à la boutique de vêtement volontairement, sachant qu'il y était pour essayer son costume de mariage… Il était magnifique. Fier, froid, indifférent… un Malfoy dans toute sa gloire… »
Draco eut un vague sourire.
« Il a su qui j'étais dès qu'il m'a vu, poursuivit Devis. Et il m'a ignoré comme si j'étais un fantôme gênant… Il ne m'a même pas lancé un simple regard. Je n'étais… rien qu'un vampire. »
Draco frissonna. Il baissa la tête à son tour, regardant la cheminée.
« Mon père m'a pourtant dit que les membres de la famille venait te voir…
-C'est arrivé cent ans après ma transformation, lui dit Devis. Un jour que j'étais ici, à écouter Alrick jouer du violon, quelqu'un a frappé à ma porte. Surpris, je me suis levé, j'ai été ouvrir… et j'ai vu la plus pure représentation Malfoy qui soit… sur le pas de ma porte. J'ai cru un instant qu'il s'agissait d'un renié… Comme moi. Mais non, il était l'héritier en titre et il souhaitait me parler. A partir de là, j'ai un peu renoué avec ma famille. J'ai appris comment mon fils était mort en laissant deux enfants derrière lui, eux-mêmes déjà décédés et parents… Mais je n'ai jamais pu faire la connaissance du seul être humain que j'aimais plus que moi-même… »
Le silence régna à nouveau, Draco fixant son ancêtre avec un tel chagrin. Devis aussi semblait triste. Il se secoua pourtant et ôta la toge qu'il portait pour protéger ses vêtements.
« Je vais aller me faire réchauffer un peu de sang, dit-il. Tu veux quelque chose ?
-Du lait », répondit Draco.
Devis hocha de la tête et sortit. Resté seul, Draco s'avachi dans le fauteuil, regardant le plafond avec un regard presque hanté.
« J'espère que tu vas bien, murmura-t-il, faisant sursauter Harry. Que tu dors bien et que n'es pas trop en danger… Tu as toujours trop tendance à risquer ta vie et je ne peux même pas te protéger… »
Il ferma douloureusement les yeux, une main se portant à son torse.
« Je ferais de mon mieux pour le briser, je te le promets… »
Harry frissonna en l'entendant. Il se réveilla avec un étrange sentiment d'inquiétude mêlé d'envie.
oOo
Les tortures avaient cessée. Chaque nuit, lorsqu'il fermait les yeux et rejoignait Draco, il le trouvait en train de discuter paisiblement avec son ancêtre. Ils parlaient de potion, d'art, de leur famille… parfois, Devis lui racontait des anecdotes sur la famille Malfoy qui faisait rire le plus jeune. Harry s'était surpris à attendre le soir pour les rejoindre dans ses rêves et en entendre d'avantage. Draco s'était détendu à nouveau, il se montrait ouvert et heureux. Quant à Devis, il ne semblait pas si dangereux que le prétendait Ron. Harry l'avait vu regarder le portrait d'un homme aux cheveux brun clair et le caresser avec envie en murmurant le nom de son calice. Comment croire qu'un homme avec un regard si tendre envers quelqu'un d'autre pouvait être un serial killer psychopathe ? Il se rappelait pourtant parfois que Devis était dangereux quand il le voyait évoquer les blessures qu'il infligeait à son descendant sans aucune honte ni culpabilité.
« Que penses-tu de Tu-Sais-Qui ? demanda Draco, un soir.
-Quoi, le mage noir actuel ? demanda Devis. Aaah, qu'il m'aurait plu si je n'avais eu un calice… Il est venu ici, tu sais ? Pour me proposer de le rejoindre. Il avait sans doute entendu parler de mes pseudos 150 victimes, lui aussi… »
Devis ricana, amusé.
« Mais j'ai refusé son offre. Je suis immortel, c'est vrai… Mais j'ai presque quatre cents ans. Et je suis las des guerres, des ennuis, des manipulations. Vivre ici, avec Alrick, me convient parfaitement. Je ne pense pas que ça durera éternellement, cela dit. Un jour ou l'autre, comme le dit Alrick, j'aurais à nouveau la bougeotte. Mais en attendant ce moment, je profite de ma paix.
-Tu en as de la chance, lui dit Draco, ironique. Moi, j'aimerais savoir ce qu'est la paix… J'ai l'impression que mon âme s'agite continuellement…
-C'est Potter, lui dit Devis. Il te manque. Ton loup le réclame constamment… mais il ne répond pas à l'appel et ça te torture. »
Le visage de Draco s'était assombri et il souffla.
« Je suis amoureux de lui, murmura-t-il. J'en ai conscience un peu plus chaque jour… Quel genre de masochiste suis-je pour aimer passionnément un homme qui ne veut pas de moi, hein ? »
Devis eut un sourire, regardant le sang qu'il buvait dans une tasse.
« Un Malfoy ? proposa-t-il, amusé. Ne t'inquiète pas… Je travail à la cessation du lien… J'ai peut-être trouvé… nous en saurons plus demain. »
Il se leva avec noblesse, vidant sa tasse d'un trait.
« Je vais continuer mes recherches. Bonne soirée ! »
Et il quitta la pièce, laissant Draco seul. Harry resta en sa présence, bien qu'il ait la possibilité de se promener dans le manoir de Devis. Son rêve ne le limitait pas à Draco, ce qui l'étonnait. Lorsqu'il rêvait de Voldemort, il restait près du mage noir…
Pendant près d'une heure, il regarda son ennemi d'enfance lire un épais roman. Sur la couverture, il ne voyait qu'un petit symbole représentant un éventail rouge et blanc… Il se demanda vaguement de quoi parlait le livre, mais s'en désintéressa pour simplement regarder Malfoy. Il avait maigri et il semblait toujours fatigué. Il ne vivait plus que la nuit et, en près de deux semaines, son teint avait perdu de sa luminosité passée.
« Bientôt la pleine lune, murmura Draco en regardant par la fenêtre. La première depuis que je suis parti de la meute… ça va être douloureux… »
Harry écarquilla les yeux. Il n'y avait même pas pensé. Que se passerait-il lorsque la pleine lune arriverait ? Hermione avait sous-entendu quelque chose vis-à-vis du lien…Il fut sorti de ses pensées par un bruit qu'il n'imaginait pas entendre. Des sanglots… Tournant la tête vers Draco, il écarquilla les yeux. Le blond s'était replié sur lui-même. Ses oreilles blanches, ressorties, s'étaient plaquées sur l'arrière de son crâne alors qu'il pleurait, son visage enfoncé dans ses bras. Harry ouvrit la bouche, stupéfait. C'était quelque chose d'inattendu et d'angoissant. Il l'avait déjà vu pleurer, par le passé. Une fois. Et déjà à ce moment là, il avait souffert de ce spectacle. Mais c'était encore plus pénible de savoir que les larmes versées étaient là de sa faute.
« Non, de notre faute… Hermione a raison, il faut être deux pour faire l'amour… Nous avons fait ce lien à deux… Et je l'ai repoussé égoïstement, lui ai ordonné de le détruire, sans même réfléchir. Sans même hésiter. »
Il le regarda pleurer, des larmes montant aussi à ses yeux. Il n'était pas gay… il voulait d'une vie simple, avec Ginny… Mais plus les jours passaient, plus il en doutait. Il n'arrivait même plus à désirer la rouquine… alors que Draco lui donnait des frissons rien qu'en étant là… Rien qu'en apparaissant dans ses rêves. Et le simple fait de l'imaginer lui faire des choses… Mais il ne savait pas s'il voulait d'une telle vie avec lui. Il l'aimait peut-être, mais il ne savait pas quand ni comment ça avait pu arriver…
« Mais je ne veux pas qu'il souffre… »
Harry soupira et s'approcha de Draco. En presque deux semaines de rêves, il avait toujours refusé de s'en approcher. A présent, il en était si près qu'il en frissonna. Les sanglots continuaient de se faire entendre. Le blond ne disait rien, il pleurait simplement.
« Ne pleure plus, murmura Harry. S'il te plait… »
Il voulut tendre la main et le toucher, mais il le traversa, sans même le percevoir. Il n'était qu'un rêve, après tout.
oOo
Le rêve du lendemain fut… vif, coloré et étrange. Harry savait avoir rêvé de Draco, car il avait la sensation de l'avoir vu, mais il ne s'en souvenait pas. C'était la pleine lune… C'était la seule explication qu'il en avait. Fatigué, il s'était levé puis était descendu dans le salon où Ron semblait essayé de se transformer en gelée agonisante.
« Je m'ennuie ! lui dit le rouquin. Ne sommes-nous pas censé faire quelque chose ? »
Harry haussa les épaules en réponse.
« Tu sais où est Hermione ? demanda-t-il.
-Sortie, répondit Ron. Elle passe beaucoup de temps avec Greyback, pour l'instant… »
A la moue boudeuse de son ami, Harry comprit que Ron était jaloux de ce fait. Il n'insista pas et remonta s'habiller. Greyback… Il l'évitait comme la peste, depuis le jour du rejet… Hésitant, il finit pourtant par sortir de la maison. Un soleil automnal l'accueillit, l'inondant de chaleur. Il croisa quelques personnes, dont un Gabriel qui lui lança un regard amer et colérique. Mais que lui avait-il fait, à celui-là ?
« Il s'entendait bien avec Draco… Peut-être m'en veut-il du départ de son ami ? Ou peut-être… qu'ils étaient plus qu'ami ? »
Un sentiment de jalousie le fit accélérer. Non, il ne voulait pas penser ce genre de chose. Il ne voulait pas non plus ressentir de la jalousie ! Furieux contre lui-même, il courut presque jusqu'à la maison de Greyback avant de freiner en la voyant. Normalement, Draco aurait dû y habiter. La dernière fois qu'il y était allé, d'ailleurs…
« C'est bon… C'est bon, Draco… Draco, oui ! »
Il rougit et voulut faire demi tour. Mais il avait besoin de parler à Hermione, qu'importe ce que cette maison évoquait en lui. Tremblant un peu, il s'approcha de la porte pour frapper contre le battant. Un « Oui » rauque retentit et il poussa la porte pour entrer dans le salon, la scène lui rappelant immanquablement ce qu'il s'était passé, plus de deux semaines plus tôt.
« Hermione ? Demanda Harry, n'osant pas croiser le regard vide et fatigué de Greyback. Est-ce qu'on pourrait… parler ? »
Son amie était installée face au loup-garou. Vêtue d'une jupe à carreaux et d'un pull noir confortable, elle le regardait d'un air à la fois apitoyé et colérique.
« A quel sujet ? »
Harry fut surpris qu'elle demande, mais il se résolut : il savait quel sujet elle voulait qu'il aborde et c'était justement pour ça qu'il venait la voir. Mais il ne voulait pas le faire devant Greyback…
« A ton avis, dit-il, mal à l'aise.
-Tu ferais tout aussi bien d'entrer, dans ce cas, dit-elle.
-Je veux en parler avec toi. Pas… euh… enfin, juste avec toi !
-Et bien, je suis désolée, mais je pense que nous devrions avoir cette conversation avec Greyback. Alors entre ! »
Harry grogna mais obéit. Il entra une bonne fois et referma la porte derrière lui. Greyback était avachi dans le canapé alors il se dirigea tout naturellement vers le dernier fauteuil libre. En s'asseyant, il aperçut la tasse de lait posée près du lycanthrope et il se demanda vaguement si Draco en avait bu, lui aussi. Et si c'était le cas, s'il l'avait fait avec autant de sensualité que la dernière fois.
« Alors ? » demanda Hermione.
Il gigota, hésitant.
« Je ne veux toujours pas… être lié à Draco, dit-il, provoquant deux soupirs agacés. Mais… c'est fait. Je veux dire… Ce lien existe, n'est-ce pas ? Il essaye de le détruire, mais il ne fait que se torturer un peu plus chaque jour… »
Presque machinalement, Harry passa une main sur son épaule qui l'élançait doucement. Draco souffrait de son absence continuellement.
« Je rêve de lui chaque nuit, murmura-t-il. Je vois ce qu'il fait… j'entends ce qu'il dit, je ressens chacun de ses sentiments… c'est un peu gênant, je ne crois pas qu'il apprécierait que je… sois là à l'observer, mais je ne contrôle pas ça, alors… euh… »
Il rougit vaguement. Greyback s'était redressé et il pouvait sentir l'espoir qui émanait du loup-garou.
« Je ne l'aime pas… ou si c'est le cas, je n'en ai toujours pas conscience… mais je ne veux pas qu'il continue de se torturer ainsi… Je veux dire… S'il était… près de moi… est-ce qu'il…
-Incontestablement, lui dit Greyback. Même s'il ne peut te toucher, même si tu lui dis ne pas l'aimer, le simple fait d'être proche de toi et de pouvoir veiller sur toi l'apaisera un peu. Il faudra bien sur que tu ne regardes et ne touche personne… Enfin, j'entends par là que tu ne devras pas montrer d'intérêt charnel pour quelqu'un d'autre en sa présence, sinon, il risquerait de mal réagir. Mais… si tu lui dis accepter le lien, ça lui ôtera déjà une bonne épine du pied. »
Harry rougit un peu, gigotant.
« Je… je sais… que je le désir… un peu… »
Hermione eut un sourire en l'entendant, ce qui l'étonna.
« Je t'ai entendu, une nuit, lui expliqua son amie. Tu avais un rêve très… coquin, apparemment, sur Malfoy. Je me demandais juste quand tu allais enfin réaliser que tu le désirais... »
Harry eut vaguement l'impression que son visage était entré en combustion spontanée.
« Ce n'est pas pour autant que je veux… enfin que je suis prêt à…
-Un loup-garou fait tout ce qui est possible pour satisfaire et rassurer son lié, interrompit Greyback. Si tu lui dis que tu n'es pas prêt pour une vraie relation, il respectera ça. »
Harry hocha de la tête doucement. Il soupira et passa une main dans ses cheveux.
« J'ai encore besoin d'un peu de temps, cela dit, annonça-t-il. Peut-être… enfin, on pourrait y aller dans quelques jours ?
-Quand ? demanda Greyback.
-Pourquoi pas… euh… Fin de la semaine ? Demanda Harry. J'ai encore besoin de pouvoir accepter ça. Et puis… j'ai besoin d'en parler avec Ron avant… »
Hermione grimaça. Ça n'allait pas être facile. Le rouquin prenait très mal cette relation, bien qu'il tentait de l'accepter, car justement, elle n'existait pas. Ron avait eu l'impression que Harry avait trompé Ginny, même s'ils n'étaient plus ensemble. Le fait était que la jeune fille attendait toujours Harry… Ron estimait donc que le brun devait être honnête envers sa sœur, avant toute chose.
« Quand lui parleras-tu ? demanda-t-elle.
-Je ne sais pas, répondit Harry. Demain, c'est possible ? »
Hermione sourit en l'entendant et hocha de la tête.
« Même après-demain si tu veux, lui dit-elle. Tu vas avoir besoin de tout ton courage pour parler à Ron ! »
Harry se contenta de hocher de la tête, un sourire crispé aux lèvres.
oOo
On ne peut pas dire qu'il s'y attendait ! Quand il s'endormit ce jour là, Harry se retrouva, comme d'habitude, dans la maison de Devis Malfoy. Maison où de la musique italienne résonnait de partout ! Planté dans le couloir, un peu étourdi par le son, Harry regarda droit devant lui. La maison lugubre était éclairée comme jamais. Il y avait de la lumière dans chaque coin. Tous les candélabres étaient allumés et éclairaient vivement le hall d'entrée. Mais de ce qu'il pouvait en voir, c'était également le cas des autres pièces.
Harry fut surpris de voir Devis descendre de l'étage en dansant d'un pas souple et léger. Il chantait en même temps, suivant chaque parole avec précision. Sa voix était claire et magnifique, presque envoûtante. Il se dirigea vers le salon en esquissant des pas qui auraient fait pâlir la meilleure ballerine du monde. Il semblait si gracieux, si séduisant que Harry suivit automatiquement sa silhouette gracile. Quand il entra dans le salon à sa suite, ce fut avec stupéfaction qu'il retrouva les deux Malfoy occupés à valser ensemble, au centre de la pièce.
C'était quelque chose de tout à fait fascinant à regarder ! Draco, du haut de son mètre quatre vingt, guidait son ancêtre avec fermeté et grâce. Et le mignon petit Devis, de presque quatre cent ans, chantait en rythme, souriant largement, le visage transporté de joie. Autour d'eux, les meubles s'écartaient naturellement, donnant presque l'impression qu'ils accompagnaient les deux parents dans leur danse qui, bien qu'élégante, devint presque frénétique lorsque Devis annonça :
« Mon calice ! Mon calice sera bientôt de retour ! D'un voyage de six mois ! Il m'avait laissé des poches de sang que je réchauffais à la poêle, mais sincèrement, je n'en pouvais plus de son absence ! Il sera de retour dans deux semaines ! Deux semaines !
-Ah, oui, ton calice, dit Draco. Je pensais que tu avais trouvé un moyen de couper le lien, peut-être… »
Devis sourit largement, continuant de danser.
« Ah, ça… Aussi ! » dit-il.
Draco cessa aussitôt de bouger. La musique s'éteignit et Harry sentit sa respiration se couper. Le lien… Devis avait trouvé comment le briser ? Mais alors… alors tout s'arrangerait ! Harry sourit, heureux… enfin… il aurait dû l'être. Mais à la place, il se sentait… déçu.
« Tu sais que tu n'es pas obligé de le briser, n'est-ce pas ? demanda le vampire, les faisant sursauter tous les deux. Tu as admis l'aimer, il y a quelques jours… Si tu le souhaites…
-Ce que je souhaite n'a pas d'importance, lui dit Draco. Harry… ne veut pas de moi. Alors ça n'a pas d'importance. »
Harry écarquilla les yeux en l'entendant. Greyback lui avait pourtant dit qu'un lycanthrope ferait tout pour satisfaire son lié… Mais il ne s'attendait pas à ce que ce soit…
« Ton âme sera à jamais mutilée, après ça, lui dit Devis, interrompant les pensées du Survivant. Je doute fort que tu puisses aimer à nouveau… et quand je parle d'amour, je ne parle pas seulement de celui que tu as pour Harry, mais également de celui que tu éprouves pour tes amis, tes parents… cette capacité disparaîtra de ton âme… j'ignore encore quelle sorte de monstre cela fera de toi… enfin, si tu survis à ça… »
Un frisson traversa Harry. Devis était-il sérieux ? Draco…
« Ne plus jamais aimé… personne ? Jamais ? Il ne peut… »
« J'y suis préparé, dit Draco d'une voix rauque, posant naturellement une main sur sa poitrine. Et je l'accepte. »
Harry sentit son cœur s'arrêter. C'était impossible. Personne ne pouvait se résigner à une telle chose, juste pour satisfaire une demande ? Juste…
« Et bien qu'il se détruise, ça m'est égal ! Je le déteste ! Je ne veux pas, jamais, être avec lui ! »
Harry frissonna. C'était ses propres mots. Des mots que Draco avait entendus. Des mots qui le torturaient et qu'il avait pourtant acceptés… Des mots… qui étaient sans doute responsables des larmes qui avaient coulées, quelques jours plus tôt.
« Alors trouve un moyen pour briser ce lien ! Car je préférai être tué que de te laisser me toucher à nouveau ! »
Il déglutit, tout son corps frissonnant de froid. Face à lui, Draco et Devis se dévisageaient en silence. Jusqu'à ce que…
« Donne-moi une semaine pour les préparations… ensuite, je me chargerais de souiller ton âme à jamais… »
Et Devis sortit, laissant son descendant seul. Harry secoua la tête, refusant aussitôt ça.
« Ne fais pas ça ! cria-t-il. Qu'importe ce que je t'ai dit, ça n'a pas de sens ! Pourquoi te ferais-tu autant de mal ? Parce que je te l'ai ordonné ! C'est stupide, Draco ! Nature lycan ou non, c'est de la folie, ne fais pas ça ! Draco ! Pourquoi ne peux-tu pas m'entendre, non d'un chien !
-Si seulement… si seulement tu pouvais m'accepter… », murmura le blond, le visage marqué par la souffrance.
Harry sentit un sanglot lui échapper. Qu'importe qu'il ne l'aime pas, il ne pouvait pas le laisser faire une telle chose. Perdre à jamais la capacité d'aimer qui que ce soit… quoi que ce soit… Et tout ça, juste parce qu'il le lui avait demandé ?
« Je ne suis pas d'accord ! lui dit-il en s'approchant, tentant de l'attraper dans ses bras qui le traversèrent, bien entendu. Je ne suis pas d'accord, ne fais pas ça, s'il te plait. Je ne te laisserais pas faire, ne compte pas sur moi ! Je ne t'abandonnerai pas ! »
Draco ne l'entendit pas. Il regardait fixement l'âtre de la cheminée, le regard vide.
« Tu sembles paniqué, aujourd'hui, murmura-t-il, en posant une main sur son torse. J'espère que tu n'es pas en danger… »
Harry secoua la tête.
« Je vais bien, j'ai juste peur pour toi, idiot… »
Draco baissa la tête en soupirant. Il alla s'asseoir dans un fauteuil, comme à son habitude.
« Dans une semaine, Harry, murmura-t-il. Nous serons libres tous les deux… Tu n'auras plus à t'inquiéter… et moi… et bien… ça n'est pas important, n'est-ce pas ? »
Le cœur d'Harry se glaça d'avantage.
« Comment peux-tu dire ça ! Bien sûr que tu es important ! Comment peux-tu penser que tu n'es pas… »
Il se tut, se rappelant vaguement de la conversation qu'ils avaient eu, cette nuit là.
« Je suis en colère parce qu'ils m'ont définitivement effacé ! Quand je suis devenu un loup-garou, ma mère m'a rejeté, Potter ! Elle m'a traité d'abomination et elle est partie, comme ça ! Quant à mon père, il m'a dit qu'il m'aimait mais qu'il devait quand même me bannir du clan Malfoy. Mais c'est quoi, ces conneries ? Quand on aime, est-ce qu'on agit ainsi ? Est-ce qu'on se dépêche d'avoir un dernier gosse pour s'assurer que celui qui n'est pas normal ne touche jamais à l'héritage ? J'ai pensé que peut-être… Avec un peu de temps… J'ai cru que mère finirait par l'accepter ! Que son amour pour moi prendrait le dessus ! Mais non ! Elle me remplace, Potter ! Elle me rejette une bonne fois ! Et tu sais le pire, dans tout ça ? C'est que je suis content d'avoir un nouveau petit frère ou une petite sœur… Mais je ne pourrais jamais le ou la connaître ! Jamais ! Parce que je ne suis plus un Malfoy, je ne suis plus rien ! »
Harry soupira et alla s'asseoir sur l'accoudoir du fauteuil. Pourquoi pouvait-il touché les objets et pas Draco ? Les mystères oniriques, sans doute…
« Tu es important, dit-il en tendant la main, la faisant frôler les cheveux soyeux. Attends-moi je vais venir… Je m'explique avec Ron… peut-être avec Ginny, aussi… et je viendrais, d'accord ? Alors attends encore un peu… On trouvera une autre solution, c'est promis. Mais ne te mutile pas ainsi pour moi ! »
Draco ferma les yeux. Il enroula ses bras autour de lui-même, poussant un petit soupir de satisfaction.
« Tu ressens beaucoup de tendresse, maintenant… C'est agréable, tu sais ? »
Harry lui fit un sourire.
« Je sais, oui… J'en ressens aussi… »
Et il resta simplement là, à savourer les sentiments doux de Draco et à lui en envoyer autant que possible.
A suivre…
