Titre : Alpha Potentiel
Résumé : Pour avoir lâchement désobéis à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM
Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)
Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !
Note de l'auteur : Non non, je ne suis pas folle. Je sais qu'il y a de cela deux semaines, je vous annonçais avec regret que mon temps de parution allait ralentir et revenir à son rythme initiale… Et je n'ai pas changé d'avis. Toutefois, je suis enfin en mesure de donner mes heures d'apparitions à la japan (pour ceux que ça intéresse… Personne, je sais, pas besoin de me le dire ! loll)
Je serais donc officiellement au Stand Maskot ce dimanche 4 juillet de 14h à 14h45 et de 16h30 à 17h15. Je ne sais pas si quelqu'un est intéressée par l'idée de me rencontrer mais perso, j'ai vraiment adoré ça les autres années où cela est arrivé, donc, si vous êtes tenté, ne vous gênez pas et passer me dire un petit coucou !
Voilà, cette simple nouvelle justifie la publication d'avance de ce chapitre. Ce qui veut dire que vous aurez le prochain fin juillet. Ben oui, tout se paye dans la vie ! loll Sur ce, à dans un mois, réellement cette fois !
Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : L'instant T, Natasha St-Pierre
Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois, toujours en milieu de mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !
Nombre de chapitre : 14e chapitre entamé !
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Chapitre 8 : Mise au point
S'habituer à vivre la nuit n'avait pas été évident. Draco avait lutté pour s'y faire. Après une semaine, il était totalement nocturne, même si le soleil lui manquait, ainsi que l'agréable parfum du jour. C'est pourquoi il se réveilla un peu plus tôt, ce jour là. Il y avait encore du soleil. L'envie de courir dans les bois le saisit et il se leva avec raideur. Pourquoi ne pas en profiter et partir courir un peu, tant qu'il avait encore son âme entière ? Il pourrait apprécier à sa juste valeur l'odeur des bois et la chasse…
Le cœur serré, il se hâta de se lever. Il n'enfila aucun vêtement, c'était inutile. Il comptait prendre sa forme de loup, de toute façon. Il descendit au rez-de-chaussée et écrivit une petite note pour son ancêtre, histoire qu'il ne s'inquiète pas. Pas que ce soit dans le style de Devis de le faire, mais il préférait être certain. Quand il fut satisfait, il transplana aussitôt, se retrouvant dans une forêt qu'il connaissait bien. La forêt interdite. Quel endroit agréable pour un homme tel que lui ! Sans hésiter, il prit son apparence animale. Sa fourrure le fit frémir de satisfaction et il s'élança en courant dans les bois, savourant l'odeur, la magie l'entourant et les bruits divers.
Après une heure de course effrénée, il s'arrêta un instant, regardant autour de lui. Il sentait d'autres créatures. A poils. Licorne ? Non, elles se seraient sauvées en le percevant. Alors quoi ? Sombrals ? Il ne les avait jamais vus… Il eut sa réponse en voyant deux énormes centaures approchés. Ils discutaient, ne l'ayant manifestement pas remarqué. Il était couché contre un arbre et les regardait passer. Après un moment, le plus massif d'entre eux s'arrêta et tourna la tête vers lui. Il écarquilla les yeux de stupeur et sembla se mettre en position de défense. Draco soupira et en réponse, il posa sa tête sur ses pattes de devant, montrant par sa nonchalance qu'il n'avait aucune envie de se battre. Les deux centaures en semblèrent particulièrement surpris.
« Tu n'es pas un loup, dit l'un d'eux.
-Bien vu, pensa Draco. Tu l'as vu dans les étoiles, peut-être ?
-Non, ça se sent ! »
Draco releva la tête. Etait-ce… ?
« Vous m'entendez ? »
Normalement, seuls les loups étaient capables de percevoir le langage mental… Et pourtant…
« A ton avis, on devine tes pensées, peut-être ? se moqua le plus jeune centaure.
-Allez savoir, avec des centaures, dit Draco, reposant sa tête sur ses pattes.
-Que fais-tu ici, loup-garou ? »
Draco releva la tête. Il bailla.
« Je savoure la nature, dit-il. Une dernière fois, tant que je le peux… »
Les deux centaures se regardèrent en même temps.
« Je ne pourrais plus le faire, bientôt…, murmura Draco. Dans quelques jours… »
Il soupira et se recoucha, fermant les yeux.
« Pourquoi ? demanda l'un des centaures.
-Parce que bientôt… je n'aurais plus de cœur », répondit le lycanthrope.
Les deux centaures échangèrent un regard surpris.
« Plus de cœur ? »
Un bruit stoppa la conversation. Draco ouvrit un œil et il fut surpris de voir Hagrid. Qu'est-ce que le demi-géant fichait là ?
« Oh, c'est vous, dit Hagrid. Je me demandais qui parlait dans la forêt… Comment allez-vous, Pants ?
-Bien, répondit le plus grand centaure. Hagrid, je pensais avoir été clair quant à votre présence ici…
-Je sais, répondit le demi-géant. Je ne devrais pas être ici, mais je voulais essayer de voir comment allait Poudlard… »
Les centaures soupirèrent, agacés.
« L'école va aussi bien qu'elle le peut avec des mangemorts à l'intérieur, Hagrid, dit Pants. A présent, partez d'ici ! La forêt n'est pas sûre et elle n'est pas à vous également !
-Je n'ai jamais dit le contraire, Pants, tu le sais… Oh… mais c'est un loup ! »
Draco souffla. Ne pouvait-il dormir en paix ? Pourtant, quelques mots dans la conversation l'avaient intéressé. Poudlard… Il avait envie d'y aller. Il releva la tête et finit par se lever, s'étendant en laissant échapper un profond bâillement.
« Si j'étais toi, je n'irais pas, lui dit l'un des centaures. Si tu te fais prendre, tu seras en danger… »
Draco se contenta de lui lancer un regard indifférent.
« Et alors ? dit-il. Ça n'a pas la moindre importance ! »
Et il partit en courant, sans même regarder Hagrid ou les centaures. Traverser la forêt fut un jeu d'enfant. Il croisa bien quelques animaux dangereux, mais il ne les regarda même pas. Lui-même fut ignoré. Quand il arriva aux abords de la forêt, il ralentit pour totalement s'arrêter. Le parc de Poudlard était là. Il était toujours aussi magnifique, bien qu'assombris par le couché de soleil. L'école ne semblait pas avoir changé. La seule chose anormale était l'absence d'élèves dans le parc. Il était encore tôt, il y aurait dû y avoir un élève quelque part…
D'un pas prudent, Draco entra sur les terres du château. Il ne se passa rien. Il ne fut pas attaqué brutalement, ni éjecté par un puissant sortilège. La magie du château le laissa entrer, tout naturellement. Trottinant, Draco regarda avec bonheur le large espace vert ainsi que l'immense château. Il ressentit un tel sentiment de joie à sa vue qu'il en fut déstabilisé. Il ne s'était jamais aperçu de combien le château lui avait manqué !
Ce fut sans aucune hésitation qu'il traversa tout le parc, bien qu'avec autant de discrétion que possible. Les centaures avaient parlé de mangemort, dans l'école, et il n'avait pas envie de se faire prendre par eux ! Il s'approcha au maximum des murs de Poudlard, avisant les portes du hall. Elles étaient ouvertes, l'invitant presque à entrer, mais Draco pensa vaguement que ce serait suicidaire d'y entrer…
« Ce n'est pas comme si je manquerais à quelqu'un, n'est-ce pas ? S'il m'arrive quelque chose, ça m'empêchera d'avoir l'âme mutilée… et puis… je suis curieux… Quel mangemort a-t-on affecté à l'école ? Pourquoi ? Et surtout… me ferais-je prendre ? »
Riant en lui-même, il passa les doubles portes. Encore une fois, il ne se passa rien. Il ne fut pas attaqué ni touché. A la place, il ressentit un grand sentiment de quiétude et de bonheur. Poudlard lui manquait bien plus qu'il ne l'imaginait…
« C'est une soirée d'adieu à tout ce que j'aime, non ? J'ai bien le droit ! »
Sans hésiter, il s'aventura le long des couloirs silencieux. Ce n'était pas normal non plus. Poudlard était normalement animé et bruyant, peu importe l'heure… Haussant ce qui lui servait d'épaule, il se dirigea tout naturellement vers les cachots. Il savait qu'il ne pourrait pas entrer dans les quartiers des Serpents, mais il voulait au moins faire le chemin ! Amusé, il descendit dans les entrailles du château, un délicieux frisson le parcourant. Il avait l'impression de rentrer à la maison… Chaque recoin lui inspirait un souvenir qu'il chérissait. C'était juste devant la classe de potion qu'il s'était amusé à fomenter les pires mauvais coups contre Harry… Et là, n'était-ce pas l'endroit où il avait embrassé Daphnée Greengrass pour la première fois ? Non pas qu'il n'ait envie de recommencer, mais cela lui rappelait de bons souvenirs. Il avait été si nerveux, ce jour là…
Souriant intérieurement, Draco continua son chemin d'un pas allègre. Du bruit le stoppa pourtant. Des personnes s'avançaient calmement dans sa direction. Nerveux, Draco regarda dans tous les coins et avisa un mur renfoncé. Il courut aussitôt s'y réfugier. A l'odeur, il reconnut les personnes avant même qu'elles n'arrivent. Blaise Zabini discutant non moins avec Neville Londubat !
« Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse, Londubat ? Je n'ai pas envie de finir comme Finch-Fletchey, ok ? C'est peut-être ton truc, les sévices corporels, mais pas moi…
-Mais certains de tes amis font partie des élèves concernés, non ? Tu n'as pas envie de…
-De quoi ? demanda Blaise en s'arrêtant, empoignant Neville. Les aider ? Londubat, ce sont des mangemorts ! Et je doute fort que se rebeller contre eux soit intelligent ! Il suffit de voir dans quel état tu es pour s'en rendre compte ! »
Draco suivait la conversation avec intérêt. Blaise n'était pas différent. Grand, la peau sombre, le regard étincelant, il dominait totalement Londubat dont le visage était marqué par les coups, mais aussi par quelques blessures encore fraîches, faites par un sortilège de lacération.
« Tu pourrais aller voir Rogue ! dit Neville, se débattant pour l'obliger à le lâcher. Seuls les Serpentard ont le droit… et je suis sûr qu'il t'écouterait ! Merde, Zabini, tu pourrais te montrer un peu solidaire, non ? On ne peut pas se battre tout seul !
-Qui a dit que je voulais me battre, de toute façon, hein ? demanda Blaise. Ecoute, Londubat… Il vaudrait mieux pour toi que tu cesses de te rebeller ! Bordel, mais regarde-toi ! »
Blaise leva une main qu'il passa doucement sur le visage marqué du Gryffondor. Lequel se recula brutalement, comme brûlé.
« Et alors ? demanda Neville. Il faut bien que quelqu'un agisse, vu que les autres sont trop lâches ! Merci pour ton avis, Zabini ! »
Et sur ces mots, il parti d'un pas furieux. Draco le regarda passer puis fixa l'un de ses meilleurs amis. Ce dernier soupira, agacé.
« Foutu Gryffondor… Pourquoi doivent-ils toujours se mêler de tout ? »
Il pivota sur lui-même, prêt à partir… et Draco jappa. Il n'avait pas pu résister. Il avait besoin de parler à Blaise. Tant qu'il pouvait encore… Son ami s'était arrêté et retourné dans sa direction. Draco s'empressa de reprendre forme humaine. Peu soucieux d'être nu – Blaise l'avait déjà vu dans cette tenue, de toute façon – il le regarda approché avec une vive satisfaction. Quand il arriva enfin prêt de sa cachette, Blaise écarquilla les yeux de stupeur.
« Mince alors, dit-il. Draco, c'est toi ? »
Le blond eut un large sourire. Finalement, se promener à Poudlard était vraiment une bonne idée !
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Il suffisait d'ouvrir la bouche et de parler. Ce n'était pas si difficile, si ? Ouvrir la bouche, laisser les sons sortir… Et lui parler. Mais il en avait été incapable ! Couché dans son lit, Harry se retourna dans l'autre sens. Trois jours déjà qu'il essayait d'avoir le courage d'avertir Ron de sa décision concernant Draco Malfoy. Hermione désapprouvait sa lâcheté, mais il ne parvenait pas à se résoudre. Comment annoncer à son ami, le frère de la fille dont il se croyait amoureux, qu'il voulait du blond à ses côtés. Platoniquement dans un premier temps… mais à ses côtés quand même !
« Il va me détester… Peut-être même qu'il va me frapper… »
Harry soupira dramatiquement. Il eut une moue et ferma les yeux.
« Allons voir Draco, ça vaut mieux ! »
Il ressentit un vague sentiment de honte à cette pensée. Il avait parfois l'impression de se servir du blond pour échapper à ses problèmes… mais bon, il avait besoin de le connaître, non ? Et quoi de mieux que de l'observer, en secret, pour se faire ? Sans plus aucun remord, il se laissa envahir par le repos.
Ce qui était étrange, avec ses rêves, c'était que quand il s'endormait, il ouvrait les yeux dans un autre endroit. Harry était toujours déstabilisé par ce fait. Mais ce jour là, il le fut encore plus. Il n'était pas chez Devis Malfoy. Il était à Poudlard… Dans la salle commune ! Entouré de Serpentard riant, entourant un Draco Malfoy nu et souriant. Le blond était installé dans un canapé de cuir noir, vêtu en tout et pour tout d'une couverture qui couvrait juste son entrejambe. Autour de lui, les septièmes années de Serpentard lui parlaient avec joie.
« On a tous entendu parler de ta soudaine adoption de Greyback, disait Théodore Nott. Je ne m'attendais pas à ce que tu nous rendes visite… Vas-tu revenir à Poudlard ?
-Je ne peux pas, dit Draco. Je dois… rester avec la meute. Ça me rend moins dangereux, avec eux…
-Est-ce que c'est douloureux ? demanda une Pansy Parkinson intéressée et le dévorant du regard. La transformation ?
-Les premières fois, disait Draco. Mais on s'habitude. Maintenant, je suis même capable de me transformer hors lune… mais c'est parce que je suis un alpha potentiel…
-M'étonne pas de toi ! dit Blaise Zabini, riant à gorge déployée. Tu es si dominateur, c'est presque évident que tu en es un ! Mais que vas-tu faire quand tu seras un loup adulte ? »
Draco haussa les épaules avec une fausse indifférence.
« Je verrais à ce moment là. Pour l'instant, j'apprends et je deviens plus fort.
-T'as bien raison, dit le jeune homme. Aaah, comme je t'envie… Tu n'imagines pas combien c'est pénible, ici…
-Pénible ? demanda Draco.
-Ecoute, mec… je sais que… enfin, je connais pas tes opinions concernant… Le Lord…. Mais sérieusement, mettre des mangemorts aussi cinglés dans une école, c'était vraiment pas une bonne idée ! »
La majorité des Serpentard approuva.
« Clair ! Ils sont barges ! dit Pansy. Je suis contente de voir certains élèves se faire martyriser un peu, mais je ne suis pas pour la torture gratuite, tu sais ? Te rends-tu compte qu'ils lancent carrément des doloris ? Je ne pensais pas le dire un jour, mais certains profs me manquent vraiment ! Même ce vieux fou de Dumbledore ! »
Il y eut un rire général dans la salle. Draco, lui, gigota, mal à l'aise.
« Ouais, enfin… euh…
-T'inquiète, va, dit Théo, souriant. On sait que tu ne l'as pas tué. C'est Rogue qui l'a fait… Tous les mangemorts en parlent et leurs fils nous le disent… Hein, Goyle ? »
Le concerné eut une simple moue en réponse.
« Vous ne le direz pas, hein ? dit soudainement Draco. Que je suis venu ici ? Personnellement, je m'en fous, mais s'il le sait, Greyback va en prendre pour son grade…
-Et tu t'inquiète de ce sac à puce ? demanda Pansy, méprisante.
-Pour la meute, répondit Draco. Greyback, je m'en fiche… »
Harry voyait bien qu'il mentait. Il le sentait également.
« Et puis… Je sais que tu ne voudrais pas qu'on me fasse du mal, hein ? »
Draco se pencha sur Pansy, caressant tendrement sa joue. La jeune fille rougit aussitôt.
« Non… en effet, dit-elle, balbutiante.
-Tu es gentille, dit Draco, continuant de la toucher avec douceur. Et tu sens bon… »
Il mentait encore. Son visage transpirait la séduction, mais Harry pouvait percevoir son dégoût de la comédie qu'il jouait. Malgré tout, ça ne l'empêcha pas d'être agacé. N'était-il pas censé vouloir lui être fidèle et bla bla bla ? Alors pourquoi pouvait-il jouer les Casanova de bas étage avec cette mocheté de Parkinson ?
« Bref, dit Draco, feintant de sortir d'une sorte de transe. A pars les mangemorts, quoi de neuf ?
-Tu nous manques, dit naturellement Théo. C'était plus drôle avec toi ici ! »
Draco sourit. Harry sentait parfaitement sa joie d'entendre de telles paroles.
« Vous me manquez aussi, dit-il. Je ne fais pas grand-chose de mes journées, actuellement… à pars lire des livres sur mon espèce… »
Les Serpentard sourirent. Près de lui, Blaise bailla.
« Y'a tant de choses à dire sur les loups-garous ?
-Plus que ne nous l'a enseigné Rogue, en tout cas, dit Draco. Un jour, si on se revoit, je… »
Il se tut. Harry le regarda, l'air interrogateur. Brutalement, Draco se releva, la couverture tombant au sol. Pansy rougit de la tête aux pieds alors que certains garçons esquissaient des sourires.
« Quelqu'un vient », dit Draco.
Et il se transforma en loup, se tapissant dans un coin. Au même moment, la porte de la salle commune s'ouvrit, laissant passer un Rogue à l'air mauvais.
« Puis-je savoir ce que vous faites encore éveillé à cette heure ? Je croyais avoir été clair en ce qui concernait les réunions nocturnes ? Dans vos lits, tout de suite ! »
Les élèves s'empressèrent d'aller se coucher. Resté seul dans la salle commune, Rogue soupira.
« Monsieur Malfoy, dit-il, faisant sursauté le concerné, une pointe d'angoisse éclosant dans le cœur de Harry. Venez ici ! »
Draco soupira, mais il sortit de sa cachette et trottina jusqu'à son ancien professeur. Ce dernier secoua la tête d'un air navré.
« Mais qu'a donc fait cet idiot de Greyback, dit-il en le regardant. Que voilà une grande perte pour notre monde… »
Draco roula des yeux, l'air furieux.
« Je plaisantais, lui dit Rogue. Vous devriez partir d'ici… un certain serpent va nous rendre visite… »
Draco lança un regard angoissé vers les dortoirs.
« Ils ne risquent rien, dit Rogue. C'est moi qu'ils viennent voir. Mais il ne vaut mieux pas qu'il vous croise ici, n'est-ce pas ? »
Draco couina et Rogue eut un sourire.
« Quittez le château prudemment. »
Draco acquiesça. Il suivit le professeur jusqu'à la porte et sortit en sa compagnie. Mais rapidement, ils se séparèrent. Harry marchait derrière Draco, le suivant. Sous sa forme de loup, il était vraiment magnifique. Tandis qu'il marchait dans le château, bien qu'angoissé, Draco transpirait également la satisfaction d'être là. Il aimait Poudlard autant que lui, manifestement. Mais il ne tarda pas à en sortir et Harry en fut soulagé. Il préférait ne pas être là quand Voldemort arriverait.
« Merlin, Voldemort à Poudlard, murmura-t-il en regardant le château. Il faut vraiment que je me bouge, avec les horcruxes ! »
Il suivit Draco jusqu'à la forêt interdite. Heureusement, le loup ne courrait pas. Sans quoi, il n'aurait eu aucune chance ! Draco dût les entendre avant lui, grâce à ses sens de lycanthrope. Ce fut sans hésitation qu'il alla se tapir sous une énorme souche d'arbre renversée. Seul ses yeux luisants étaient perceptibles de sous sa cache. Bien qu'invisible, Harry le suivit automatiquement, s'arrêtant à quelques mètres de lui. Narcissa Malfoy et Bellatrix Lestrange marchaient, côte à côte. Harry fut choqué en les voyant. Lui qui les voyait si différente dans sa tête ne put que voir les points communs. Le même visage froid et arrogant, la même lueur déterminée dans le regard, le même nez droit et fin… Bellatrix était brune et Narcissa blonde… la première paraissait folle et la seconde très incommodée, mais à part ça, elles se ressemblaient trait pour trait.
Je devrais m'estimer heureux que Draco ressemble tant à son père…
Des paroles interrompirent ses réflexions moqueuses.
« … ton mari est un idiot ! Il aurait dû le tuer, plutôt que de le laisser courir on ne sait où ! Une telle honte, une telle abomination déambulant on ne sait où dans notre monde… Quand je pense qu'il est ta chaire et ton sang, j'en ai des sueurs froides…
-Personne n'est infaillible, dit Narcissa. Lucius a conscience qu'il aurait dû régler le problème… il le fera, à la prochaine occasion… »
Harry frissonna. Comment pouvaient-elles ainsi parler d'un fils, d'un neveu ? Il jeta un regard angoissé à celui qui était son compagnon. Il avait les oreilles basses sur son crâne et un regard chargé de tristesse. Harry regretta encore une fois d'être immatériel.
« Personne, pas même lui, ne mérite d'entendre un parent dire de telles horreurs… »
Il revint au moment présent en entendant la suite.
« Lucius est trop faible, si tu veux mon avis… Il accumule les bévues… D'abord le journal, ensuite votre fils…
-Le journal était du fait de Lucius, j'admets, dit Narcissa. Quant à l'enfant, ce n'est pas de notre faute s'il est un raté. »
Harry frissonna de plus belle. Le chagrin qui submergeait Draco était étouffant.
« Tu devrais te méfier, toi aussi, lui dit Narcissa. Laisser la coupe à Gringotts n'est peut-être pas la meilleure de tes idées… »
Harry cessa de respirer. La coupe… La coupe !
« Elle ne risque rien là-bas, dit Bellatrix. Même le ministère n'a pas le droit de toucher aux objets gardés par les gobelins. La seule personne capable de cambrioler Gringotts, c'est le maître et comme il s'agit d'un objet lui appartenant, je ne vois pas pourquoi il irait se voler. Non, la coupe est parfaitement en sécurité. Navrée de te décevoir, chère sœur… »
Elles poursuivirent leur chemin, mais Harry n'écoutait plus. Il eut vaguement conscience que Draco laissait échapper des petits sons attristés… il le vit également se lever de sa cachette et partir en courant… mais il se réveilla plutôt que de le suivre.
« RON ! HERMIONE ! »
Ses cris résonnèrent dans toute la maison. Il ne fallut pas longtemps avant que ses deux meilleurs amis n'arrivent en courant, essoufflés, en pyjama. Harry avait à peine eu la force de se redresser, encore choqué d'avoir entendu de tels mots.
« Je sais ! dit-il, surexcité, ses deux amis lui lançant un regard furieux (Ron) et perplexe (Hermione). Je sais où est la coupe de Poufsouffle ! »
Aussitôt, les deux autres eurent un air intéressés. Ils entrèrent dans la chambre et s'assirent sur le grand lit double.
« Comment le sais-tu ? demanda Hermione, étonnée.
-On s'en fiche ! dit Ron. Où est-elle ?
-Non, on ne s'en fiche pas, Ron, le coupa Hermione. Et s'il s'agit d'une vision de Tu-Sais-Qui ?
-Ce n'en est pas une, coupa Harry. C'est Draco. J'étais avec lui ! Il était à Poudlard, avec des amis… Puis Rogue est venu le prévenir qu'il devait partir car Vol…die est arrivé ! Alors Draco est reparti et dans la forêt interdite, il a croisé Narcissa Malfoy et Bellatrix qui parlaient. Et cette idiote de Bellatrix a dit où était la coupe ! Elle est à Gringotts, dans le coffre des Lestrange ! »
Son air ravi disparut petit à petit en constatant l'air inquiet de ses deux meilleurs amis.
« Ben quoi ? dit-il.
-Harry, soupira Hermione, agacée. Gringotts ! Personne ne peut cambrioler un tel endroit !
-Voldie y est arrivé, lui !
-Oui, mais c'est Voldie ! répondit Hermione, levant les yeux au ciel. Comment diable veux-tu que nous y arrivions… »
Il y eut un long silence, le cerveau de Harry tournant à cent à l'heure. Il claqua des doigts, l'air victorieux.
« Polynectar ! dit-il. Je suis certain que Greyback pourrait avoir un cheveu de l'autre toquée !
-Et tu en as, du polynectar ? demanda Hermione, blasée.
-Mais bordel, je cherche une solution, moi, au moins ! s'énerva le brun en fusillant son amie des yeux. Et puis tu as déjà su en faire, ça sera un jeu d'enfant ! »
Hermione soupira de plus belle.
« Je n'ai pas la potion sur moi, Harry… Et je ne la connais pas par cœur, non, désolée ! »
Harry gronda. Bordel, pourquoi tout devait toujours être aussi dur ?
« Malfoy l'a peut-être ? proposa Ron, les faisant sursauter. Je veux dire… ce type était doué en potion, non ? Il l'a peut-être avec lui… Et puis c'est un truc tellement sournois et dégueu… ça correspond à un Serpentard, non ? »
Hermione leva les yeux au ciel. Un sourire moqueur apparut sur ses lèvres.
« Et dois-je vous rappeler que ledit Malfoy est parti se faire tuer quelque part sous la demande d'un certain Gryffondor ? »
Harry prit un faux air choqué. Il savait parfaitement ce que Hermione faisait : elle lui donnait une porte de sortie pour justifier qu'il aille chercher Draco aux yeux de Ron, sans qu'il n'ait à exprimer ses véritables envies.
« Bon, ça va, je sais, j'ai eu tord, ok ? Je vais aller le chercher…
-Vraiment ? demanda Hermione, feintant le ravissement.
-Pourquoi t'es si contente ? demanda Ron, soupçonneux.
-Oh, peut-être parce que MOI, je sais ce qu'il doit ressentir maintenant ? Ou peut-être parce que j'ai conscience que la stupide demande de Harry risquerait de lui coûter la vie, voir pire, son âme ? »
Ron marmonna, mal à l'aise.
« On y va maintenant ? demanda Hermione.
-Quoi, maintenant ? demanda Harry, stupéfait. Mais… euh…
-Ils vivent la nuit, non ? demanda son amie, implacable. Donc, c'est le bon moment ! Allons-y ! »
Et sans attendre, elle quitta la chambre. Ron et Harry échangèrent un regard et soupirèrent de concert. Cette Hermione, quand elle avait une idée…
« Dépêchez-vous de vous habiller, au lieu de vous fixer comme des merlans ! »
Ils éclatèrent de rire en l'entendant, tous deux se levant du lit.
« Ron, appela Harry, alors qu'il allait sortir. Si je vais chercher Malfoy… euh… Enfin…
-Je veux pas savoir, lui dit son ami en lui tournant le dos. Laisse-moi le temps de digérer ça, d'accord ? Ensuite, quand ça sera fait, on en reparlera. »
Harry soupira, satisfait de sa réponse.
« D'accord », dit-il.
Ron fit un mouvement pour sortir, mais il s'arrêta pour le regarder, sur le pas de la porte.
« Et mets les choses aux claires, avec ma sœur… Qu'elle ne t'attende pas pour rien. »
Bien qu'avec difficulté, Harry approuva. Encore une conversation avec un Weasley qui ne serait pas facile.
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Draco avait transplané directement chez Devis, le corps couvert de sueur. Les yeux écarquillés, il chancela vaguement sur le plancher, nu. Il haletait, encore trop bouleversé pour s'en remettre.
« Impossible… ça n'est jamais arrivé… Impossible… »
Incapable de bouger, il resta prostré sur place, le cœur battant si fort qu'il eut l'impression de l'avoir dans la tête.
« Et bien, et bien, dit une voix qui lui était inconnue. Un jeune homme nu dans l'entrée… voilà qui est étonnant… »
Draco releva vivement la tête pour croiser les deux yeux les plus étranges qu'il lui ait été donné de voir (et il vivait avec des loups-garous depuis quelques mois, c'était peu dire !). Les yeux de l'inconnu étaient un mélange étrange entre le bleu, encerclé de jaune. Grand, musclé, l'air sévère mais horriblement beau, il dominait Draco de toute sa stature. Il avait des cheveux blonds assez foncés, une mâchoire carrée et virile, un regard aiguisé… bref, il était…
« Wow », murmura Draco, incapable de se contenir.
Derrière l'armoire à glace, un rire se fit entendre. Sous l'œil étonné de Draco, Devis apparut, sautillant presque de joie. Il attrapa l'un des bras du nouveau venu, s'y suspendant sans que l'homme n'en semble affecté.
« Hello Draco, dit Devis, resplendissant. Laisse-moi te présenter mon calice : Alrick. »
Draco frissonna. Devis lui avait parlé d'Alrick des dizaines et des dizaines de fois… mais jamais il n'avait imaginé l'homme ainsi. Il le savait grand, fort, mais pas à ce point. Même lui, qui était pourtant aidé par les gènes lycanthropes, semblait ridicule à côté d'Alrick.
« Euh… bonjour, dit Draco, se relevant alors que sa queue blanche venait machinalement recouvrir ses parties intimes, ses oreilles pelucheuses fièrement dressées sur sa tête en signe d'intérêt.
-Ah, oui, je vois, dit Alrick. C'est pour ça, le « J'ai adopté un chien pendant ton absence, chéri ? »…
-Un chien ?, grogna Draco, agacé.
-Oui, ou un loup, si tu préfères, répondit Devis, nullement gêné. Drake, je t'attendais avec tant d'impatience pour te présenter Alrick ! Va t'habiller et rejoins-nous dans le salon, d'accord ? »
Draco se contenta de hocher de la tête. De toute façon, rester nu devant eux ne lui plaisait pas. Alrick fixait son torse avec une intensité qui risquait de… l'exciter.
« Bon dieu, qu'est devenu le Draco hétérosexuel ? Faut dire, ce type est vraiment une bombe ! Où donc Devis l'a-t-il dégoté ? »
Amusé de ses pensées, Draco monta jusqu'à la chambre que son ancêtre lui avait affectée. Il se saisit distraitement d'une chemise noire et d'un pantalon d'une même teinte, les enfilant à la va-vite. Un peu de conscience aristocratique s'éveilla en lui et il s'arrêta le temps de recoiffer un peu ses cheveux qu'il trouvait de plus en plus long. Puis, après avoir sauté dans de confortables pantoufles bleues, il quitta sa chambre et descendit les escaliers en courant.
La gêne fut la première chose qu'il ressentit à la vue de Devis assis sur les genoux d'Alrick, manifestement occupé à boire son sang. Les dents plantées dans sa gorge, le vampire déglutissait avec ravissement alors qu'Alrick l'enlaçait, gémissant de plaisir. Un mouvement de leurs hanches indiqua Draco sur l'état dans lequel ils se trouvaient tous les deux. Rougissant, il hésita avant d'entrer. Mais un regard de son ancêtre lui fit comprendre qu'il le pouvait. Ce fut donc avec raideur qu'il entra dans le salon pour aller s'installer dans un fauteuil, juste en face du couple grandement occupé.
De part sa présence, il avait mis un terme presque automatique aux gémissements et autres démonstrations charnelles, mais à la vue des regards, Draco sut que les deux amants n'attendraient pas longtemps avant de céder. Ils se continrent pourtant et se séparèrent après que Devis eût refermé doucement la plaie au cou de son calice.
« Alors, Draco ? demanda Devis. N'est-il par charmant… ? »
Tout en parlant, il s'était tourné dans sa direction, gardant une position pourtant très sensuelle sur les genoux de son calice. Lequel l'avait fermement enlacé à la taille et ne se gênait pas pour lécher sa gorge avec douceur, bien qu'attentif à la conversation.
« Si, si, charmant, dit Draco avec nervosité. Devis, je suis désolé de paraître brutal et de ne pas m'extasier ainsi sur ton calice, mais j'ai fait une rencontre particulière ce soir…
-Une rencontre ? Demanda le vampire, Alrick cessant ses attaques de langues pour écouter réellement. Quelle rencontre ?
-Ma mère, répondit Draco. Elle était dans la forêt interdite, en compagnie de sa sœur, Bellatrix. Elles discutaient de moi. Je ne pense pas que leur propos te surprendra et ce n'est pas eux qui m'ont choqué. Non, ce qui m'a perturbé, c'est ma mère…
-Qu'avait-elle donc ? S'impatienta Devis.
-Je… j'étais sous ma forme de loup, murmura Draco. Et j'ai… j'ai senti. »
Son ancêtre haussa un sourcil interrogateur.
« Tu as senti ? Quoi donc ?
-L'enfant, dit Draco. Ou plutôt les… Devis, je pense que ma mère est enceinte de jumeaux… Et je les ai senti… Réellement, je veux dire. »
Le vampire le considérait à la fois avec stupeur et joie.
« Des jumeaux, dit-il après un moment. Dans la famille Malfoy… ça ne s'est jamais vu, je pense… Pas depuis ma naissance, en tout cas… J'ignore si du côté des Black… Mais du mien, jamais ! Et bien ça, alors… Et tu as été capable de le sentir ? Je n'en suis pas trop surpris. Les loups-garous ont un odorat très développé. Il est vrai que c'est une capacité que j'ignorais, mais c'est tout à fait possible, je pense.
-Vraiment ? demanda Draco, stupéfait. Je n'en revenais pas. J'étais si surpris que j'ai failli lui lancer un sortilège de diagnostic… Mais elle n'en est qu'à son premier mois, alors…
-C'est d'autant plus étonnant, dit Alrick, sa voix rauque portant parfaitement bien. Sentir, à seulement un mois de gestation, qu'il s'agit de jumeaux… es-tu sûr ?
-Il y avait… deux signatures magiques, en plus de celle de ma mère, expliqua Draco.
Le silence accueillit sa révélation.
« Il faudrait demander à Greyback, dit Devis. Il saurait sûrement si… »
Le bruit de la clochette à l'entrée les fit taire. Pendant un long moment, il n'y eut plus le moindre son. Puis, brutalement, le bruit retentit à nouveau. Les trois blonds se regardèrent avec une pointe d'étonnement mêlé d'inquiétude pour Draco.
« Je vais ouvrir », dit Alrick.
Obligeant Devis à se lever, il quitta le salon. Draco tendit l'oreille. Il percevait parfaitement les sons alors que son… quoi, d'ailleurs ? Beau-père ? Pourquoi pas ! Alors que son beau-père se dirigeait vers la porte d'entrée, attrapait la poignée et l'ouvrait. Il sut qu'il parlait, mais il n'entendit rien. Dès le moment où la porte s'ouvrit, Draco le sentit. Un flot d'agrume envahit la pièce et il perdit tout contrôle. Devis hoqueta de surprise alors que brutalement, les oreilles lycanthropes, sa queue blanche mais également ses canines et ses ongles ressortaient. Il poussa une sorte de son guttural alors qu'il tentait vaguement de garder prise, mais dès le moment où Harry entra dans le salon, il en fut incapable.
Sans aucune hésitation, il se leva, courut presque jusqu'à Harry et le tira contre lui. Il entendit le glapissement de surprise du Survivant, mais il fut incapable de s'arrêter. Son visage s'enfouit tout naturellement contre sa gorge, sa langue sortit délicatement pour venir la lécher de part en part avec ravissement. Enfin ! Enfin, il était là, juste contre lui, avec lui, comme ça devait être. Il ne voulait plus jamais le lâcher, plus jamais le laisser s'éloigner ne serait-ce que de quelques millimètres. Il était à lui ! A lui seul !
Mais alors même qu'il poussait un grognement d'avertissement, ses mains passant de long en large dans le dos fin et délicat, il se rappela.
« Je ne serai jamais ton compagnon. Tu m'entends, Malfoy ? Hier était une erreur et je n'ai aucunement l'intention de réitérer cette… abomination ! Je ne suis pas gay ! J'aime Ginny ! Et toi, je te déteste ! »
Une décharge électrique n'aurait pas mieux agit. Glapissant de douleur, Draco s'écarta de lui comme si Harry avait de nouveau prononcer ses mots horribles et recula.
« Alors trouve un moyen pour briser ce lien ! Car je préférai être tué que de te laisser me toucher à nouveau ! »
Peu à peu, le contrôle qu'il avait perdu lui revint. Il eut conscience que Granger était là. Appuyée contre le chambranle de la porte, elle lui lançait un regard presque compatissant. Weasley était juste à côté d'elle et semblait vouloir vomir, une moue dégoûtée sur le visage. Quant à Potter… celui-là même dont il tentait de ne pas croiser le regard… Potter semblait surpris. Juste surpris. Draco fut lui-même étonné de ça. Comment, pas de répulsion ? Non, il y avait juste une pointe de crainte, un peu d'hésitation et de la stupeur. Draco en resta figé avant de se reprendre. Ses membres lycanthropes disparurent peu à peu et il se reconstruisit péniblement un visage de circonstance.
« Désolé, dit-il froidement en lui tournant le dos. Le loup l'a emporté… ça ne se reproduira plus. »
Sans prêter attention aux trois Gryffondor, il s'éloigna pour aller s'installer dans le fauteuil qu'il avait brutalement quitté quelques secondes plus tôt, le visage inexpressif.
« Surtout, reste fort… il vient sûrement s'enquérir de l'avancée des choses… Bon… Je vais le rassurer, le laisser parler un minimum, pour qu'il ne fasse pas plus de mal et ainsi, il repartira… »
Draco sentit une vague douleur dans la poitrine à cette pensée. Il ne voulait pas qu'Harry reparte. Il voulait que le jeune homme reste, qu'il l'accepte.
« Impossible, arrête de rêver ! Fais ce qu'il faut pour qu'il te dise le moins d'horreur possible ! »
« Malfoy, commença Harry.
-Nous avons trouvé un moyen, interrompit Draco, sans le regarder. Pour couper le lien.
-Je…
-Nous devrions faire ça fin de la semaine…
-Oui mais…
-Sans faute ! Devis m'a assuré que cela fonctionnerait. Il n'y a donc aucune inquiétude à avoir…
-Mais je ne…
-Et ainsi, tu seras libre, comme tu le souhaite, coupa encore Draco, plongeant ses yeux dans ceux de son compagnon provisoire. Dans une semaine, Potter, ce n'est pas la mort, si ? »
Harry se tut. Draco détourna vivement les yeux, incapable de le regarder plus longtemps. Dans son fauteuil, Devis semblait suivre la conversation avec tranquillité. Près de lui, Alrick avait passé un bras autour de sa taille.
« Du thé ? demanda le vampire, enchantant des fauteuils pour qu'ils s'approchent, un magnifique service apparaissant sur la table basse au centre du regroupement de canapé. Des biscuits, aussi ? »
Les trois Gryffondor s'approchèrent et Draco pesta. Mais que diable faisait cet idiot de Devis ? Ne voyait-il pas qu'il souhaitait que ces foutus Gryffondor s'en aillent ?
« Qu'il parte avant de me faire du mal… Pitié, Devis, fais-le partir ! »
Il y eut un long silence tandis que le vampire servait copieusement les invités soudain en biscuits et autres futilités. Il finit par se présenter, un léger sourire aux lèvres.
« Devis Malfoy, enchanté, dit-il en s'appuyant avec une nonchalance sensuelle contre Alrick, ce dernier enroulant un bras possessif autour de sa taille. Et voici mon calice, Alrick. »
Le susnommé eut un simple mouvement de tête pour saluer et se désintéressa ensuite des convives. Il couvait Devis des yeux. Manifestement, son compagnon à croc lui avait énormément manqué et son visage démontrait clairement son agacement à recevoir tant de visiteurs.
« Vous connaissez déjà Draco, bien entendu… Mais j'ignore vos identités, bien que je me doute, pour l'un d'entre vous… »
Il coula un petit regard moqueur vers Harry. Draco sentit sa gêne aussitôt et grogna en direction de son aïeul, malgré lui. Devis eut un sourire moqueur.
« Du calme, petit loup, dit-il avec douceur. Je ne vais rien lui faire… »
Encore une fois, l'étonnement de Harry fut présent, mais Draco n'y prêta pas la moindre attention. Il continuait de fixer Devis avec méfiance.
« Et les deux autres sont donc…
-Hermione Granger, dit la concernée. Et le rouquin renfrogné est Ron Weasley.
-Enchanté, dit Devis, amusé alors qu'il regardait Ron. Et non, je n'ai pas tué 150 personnes, vous pouvez vous détendre… »
Alrick se racla la gorge et le vampire leva les yeux au ciel.
« Bon, ok, je n'en ai pas tué 150 de mon vivant… »
Malgré lui, Draco rit. Il s'arrêta pourtant, surpris d'entendre Harry rire également. Il eut un mouvement pour le regarder mais se reprit rapidement. Croiser ses yeux risquait d'être trop dangereux pour lui. Il sentait, tout au fond de lui, le loup grogner de colère contre lui-même. Il désirait s'approcher de Harry, le toucher, le lécher… mais il ne pouvait pas, tenu d'une poigne de fer par l'humain dans lequel il était enfermé…
« Et donc, pourquoi êtes-vous là ? demanda Devis, après un autre long moment de silence.
-Nous savons pourquoi ils sont là, coupa brutalement Draco, une moue arrogante sur le visage. Ils viennent s'enquérir de l'avancée de nos tentatives. Et j'ai déjà répondu à leur question. Il n'y a donc aucune raison pour qu'il reste ici, n'est-ce pas ? Si vous partiez ? »
Devis eut un sourire amusé.
« Allons, loupiot… les empêcher de parler n'est pas vraiment une bonne solution. Je sais que tu as peur qu'il te blesse, mais crois-tu réellement que cela soit la meilleure des solutions ? »
Draco le fusilla du regard en réponse. Comment osait-il le trahir de la sorte ?
« Tu as peur de ce que Harry va dire ? demanda Hermione, étonnée. Ah, oui… Greyback m'a parlé de ça aussi… »
Elle eut un air profondément chagriné qui rendit Draco nerveux.
« Je n'ai pas besoin de l'entendre, si ? Je ne vois pas en quoi ça me concerne ! »
Il se leva brutalement et voulut quitter la pièce. Malheureusement, Harry eut un mouvement similaire, lui bloquant le passage.
« Non, ne… »
Draco ne lui laissa pas le temps de parler. Il préféra sauter par-dessus le fauteuil de Ron – qui faisait dos à la porte – et sortit précipitamment.
« Lâche, Draco ! Tu es un lâche ! Tu fuis stupidement, juste parce que tu as peur de l'entendre parler ? Tu es ridicule ! Fais demi-tour ! »
Mais il en fut incapable. Il savait qu'il ne voulait pas l'entendre parler. L'écouter, c'était prendre le risque d'être encore insulté, d'entendre une personne pour qui il avait des sentiments souhaiter sa mort… Un frisson d'angoisse le traversa la colonne vertébrale alors qu'il entrait vivement dans la bibliothèque, pièce la plus proche qu'il avait vue. Il y entra et referma la porte derrière lui, le souffle précipité.
« Ridicule !, gémit-il en soufflant. Je suis ridicule ! »
Il souffla en fermant les yeux. Peut-être l'était-il, oui… Mais il faisait déjà assez preuve de courage en acceptant de se mutiler l'âme. Qu'on ne lui en demande pas d'avantage ! Honteux et énervé contre lui-même, Draco s'avança dans les grandes étagères de bois recouvertes de livres pour s'approcher de la fenêtre. La lune déclinait doucement, s'affinant lentement dans le ciel. Il ferma les yeux, savourant presque sa lumière blafarde.
« Si tu pouvais m'aider… n'es-tu pas censée être au centre de mon univers ? Aide-moi… »
Il appuya son front contre la vitre froide, un frisson parcourant son dos. Au même moment, la porte s'ouvrit timidement puis se referma, une odeur d'agrume envahissant lentement son nez. Il poussa un profond soupir.
« Je ne veux pas te parler… va-t-en…
-Non, répondit Harry. Moi, je veux te parler…
-Et bien je ne veux pas t'entendre ! », répliqua Draco en se retournant.
Il crispa sa mâchoire lorsqu'il croisa le regard vert de son compagnon. Presque automatiquement, ses oreilles s'allongèrent et se couvrirent de fourrure, mais il se contrôla, empêchant les autres transformations.
« J'ai beaucoup réfléchi, murmura Harry en le regardant, près de la porte. Il s'est passé beaucoup de choses, pendant ces deux semaines… »
Draco détourna la tête, préférant regarder par la fenêtre. Il ferma les yeux, suppliant mentalement n'importe quel dieu de lui épargner une quelconque douleur.
« J'ai rêvé de toi toute la semaine… »
Draco sursauta et regarda à nouveau Harry, l'air stupéfait. Le survivant avait les joues légèrement rose tandis qu'il parlait.
« Des vrais rêves… enfin, je veux dire, je rêvais… la réalité. Ce que tu faisais. Chaque nuit. En compagnie de Devis…
-Quoi ? demanda Draco, ébahi.
-J'ai vu chaque nuit que tu as passée ici… J'ai vu… Ce que tu subissais, pour… pour faire ce que je t'ai demandé… »
Draco n'en revenait pas. Comment était-ce possible ? Il n'avait jamais entendu parler d'un compagnon capable de faire une telle chose !
« Mais… comment ? dit-il, cherchant une indication dans les leçons qu'il avait reçues de Joshua ou de Guilbert.
-C'est particulier, répondit Harry. Je suis simplement doué pour ça… Apparemment… Enfin, je veux dire, j'ai des rêves de Vol…Die, aussi.
-Voldie ? » demanda Draco.
Malgré lui, il rit. Si Voldemort entendait ce surnom, il en mourrait de rage !
« Ouais, c'est sorti tout seul quand j'en parlais avec Ron et Hermione, dit Harry, amusé. Bref… Apparemment, j'ai un certain talent pour les rêves lorsqu'il s'agit des personnes avec qui je suis… lié, d'une manière ou d'une autre. Et donc… J'ai rêvé de toi. Et de tout ce que tu as… fait.
-Oh, dit Draco, réfléchissant avant de finalement comprendre. Désolé… ça n'a pas dû être agréable de voir nos tentatives. Je demanderais à Devis de faire ça le jour. Comme on le fait à la cave, ça ne devrait pas…
-Non ! coupa Harry, Draco se taisant aussitôt. Tu ne comprends pas, je ne veux pas que tu fasses ça. Je ne veux pas que tu coupes le lien, je ne veux plus que tu te fasses du mal ! »
Il en resta sans voix. Quoi ? Quoi ? Il voulait qu'il cesse ? Il voulait qu'il… Quoi, d'ailleurs ? Acceptait-il le lien ? C'était impossible. Il n'y avait aucun sentiment d'amour en Harry, vis-à-vis de lui. Juste beaucoup de gêne et un peu d'inquiétude.
« Pourquoi ? demanda Draco, méfiant. Je veux dire… tu ne l'acceptes pas, que je sache. Je le sais, je le sens… Donc…
-Mais je ne le refuse pas non plus ! coupa encore Harry. Ecoute, je… »
Il soupira, se passant une main dans les cheveux.
« Je ne sais pas quoi penser de tout ça. C'est arrivé si brutalement… J'en étais à peine à accepter ta soudaine neutralité dans la guerre que, brutalement, tu devenais mon compagnon pour la vie ! Et on a passé notre vie à se haïr ! Comment voulais-tu que je réagisse à ça ? Je sais qu'il fallait que nous soyons deux pour faire ce lien, mais… mais je ne suis pas gay, je suis amoureux de Ginny et je… Je ne sais plus où j'en suis maintenant ! »
Draco haussa un sourcil surpris en l'entendant. Il émanait en effet de Harry un fort sentiment de détresse.
« Quand j'ai rêvé de toi, pendant ces deux semaines… j'ai bien vu… que tu étais différent du Draco que je connais. Tu as semblé si… ouvert, en compagnie de Devis. Tu l'étais aussi, avec Greyback et Gabriel, quand j'y repense. Même avec les élèves de Serpentard que tu as rencontré ce soir… »
Draco sursauta en l'entendant. Alors il avait vraiment rêvé de lui et visualisé chaque moment de ses nuits…
« Tu m'as parut plus… agréable, poursuivit Harry, ses yeux voyageant un peu partout sur la pièce mais n'osant pas se poser directement sur lui. Plus… bref, je ne sais pas où je me positionne face à toi, face à ce lien, mais je suis sûr d'une chose, c'est que je ne veux pas que tu te mutiles pour moi ! Je ne veux pas que tu souffres, que tu cesses d'aimer définitivement à cause de moi ! Cette simple idée m'est intolérable ! Alors ne le fais pas… Je ne dis pas que je suis prêt à avoir une relation avec toi, mais… on pourrait commencer par… apprendre à se connaître ? Platoniquement, j'entends ! Et je… Oh ! »
Draco n'y tint plus. Il était soudainement si heureux qu'il franchit les quelques mètres le séparant de Harry, l'enlaçant de toutes ses forces. Un soulagement sans nom l'avait envahi, aux mots de son lié.
« Merci, dit-il, transporté de joie. Merci, vraiment… Tu n'imagines pas combien briser le lien m'effrayait, merci ! »
Sans pouvoir s'en empêcher, il enfouit son visage contre la gorge chaude de son compagnon, flairant son odeur avec satisfaction. Contre lui, Harry était tendu mais manifestement heureux de son bonheur.
« De rien, dit-il après un moment. Euh… écoute, comme je t'ai dit, je ne sais pas comment prendre notre… relation, donc… »
Délicatement, il le repoussa, l'obligeant à s'éloigner. Draco le regarda avec envie mais se contint. Harry acceptait déjà de le tolérer auprès de lui, c'était mieux que rien.
« Je risque d'être dangereux si tu…
-Je n'aurais aucun contact avec d'autres personnes, renseigna aussitôt Harry. Je ne regarderais personne… Simplement… Je ne suis pas prêt à avoir une relation quelconque autre qu'amicale avec toi, actuellement. Je ne sais pas si je serais jamais capable de dépasser ce stade, d'ailleurs… Mais allons-y pas à pas, d'accord ? Ce sera déjà bien, non ? »
Draco sourit largement, hochant de la tête. Oui, ce serait déjà bien mieux que ce qu'il avait, en tout cas.
« J'ai dis à Ron que nous venions te chercher parce que nous avions besoin de toi pour avoir la formule du polynectar, dit soudainement Harry, le feu aux joues. Tu la connais ? »
Draco haussa un sourcil. Il avait menti à Weasley ? Pourquoi ? Ah, oui, forcément… Si le frère était informé de la pseudo acceptation de Harry, la sœur également… Harry couvrait donc ses arrières… Une légère pointe d'amertume se glissa en lui à cette pensée, mais il la chassa. Il aurait tout le temps de pleurnicher sur son sort plus tard… Quand il serait certain qu'un certain Harry Potter ne pourrait pas espionner ses sensations et ses réactions, par exemple.
« Je ne la connais pas, dit-il. Mais Devis a sûrement un livre ici qui en parle. Il a des livres sur tout… Et je pense qu'il me le prêtera. Il m'aime bien…
-Tu disposes un peu vite de mes affaires, loupiot ! »
Le concerné sursauta alors que la porte s'ouvrait brutalement, Devis entrant dans la pièce d'un pas royal.
« Mais bon… Tu es le seul descendant Malfoy à avoir passé plus d'un jour dans cette maison, donc, je peux bien faire ça… Tu vas repartir dans ce foutu village de canidé, je suppose ?
-Oui, dit Draco en souriant avec chagrin. C'est là qu'est ma place, tu sais ?
-Je sais, soupira le vampire. Mais tu vas me manquer quand même. »
Draco eut un léger sourire. Ça faisait du bien d'être accepté. Que ce soit par un membre de sa famille renié ou par un compagnon récalcitrant !
A suivre…
