Titre : Alpha Potentiel

Résumé : Pour avoir lâchement désobéis à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM

Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)

Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !

Note de l'auteur : Yo mina ! Que cela faisait longtemps, n'est-ce pas ? Un mois, même plus, que j'ai postulé le précédent chapitre d'Alpha ! Et je ne parle même pas des lecteurs de Magie qui doivent se demander s'ils ne devraient pas envoyer mon profil à « perdue de vue »… (ça existe encore, ce truc ? Bref)… Mais je suis toujours en vie !

Je suis en fin de vacances (et vi, lundi, retour au bureau) et j'en profite donc pour faire mes RAR. Il me semble que je ne les avais pas faites pour tout le monde lors du dernier chapitre. Je suis désolée. Incapable de me rappeler à qui j'ai répondu ou non, je ne saurais reprendre. Mais sachez que je lis TOUTES vos reviews sans exception, que je les adore et m'en réjouis toujours autant !

Sur ce, je vous livre mon chapitre 9… Ce n'est pas mon préféré, mais il est important pour l'histoire. A bientôt, les enfants !... je vous promets de vous torturer prochainement ! loll

Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Soul eater, OST 2, Schlachtschiff (ouais, je sais… à mes souhaits)

Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois, toujours en milieu de mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !

Nombre de chapitre : 15e en cours !

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Chapitre 9 : L'heure obligatoire

« Je savais que tu finirais par revenir ! »

C'était les mots de Greyback lorsqu'il arriva au village, encadré par le trio d'or. L'alpha le regarda des pieds à la tête puis s'approcha de lui avec majesté. Sans crainte, Draco baissa la tête avec repentance. Il sentit le nez de Greyback frôler ses cheveux, sa joue puis sa gorge. Il descendit ensuite sur son torse et s'arrêta au niveau de la poitrine. Greyback grogna, d'un puissant son animal contraint.

« Ils sont venus à temps, à ce que je vois, dit-il en se redressant. Ce foutu vampire avait déjà un peu entaillé ton âme… »

Draco baissa encore la tête en réponse.

« Entaillé ? demanda Hermione, alarmée. Mais… ce n'est rien, n'est-ce pas ? »

Draco fut surpris, non pas l'inquiétude de la jeune fille, mais par celle qu'il ressentait via le lien. Il lutta pourtant pour ne pas se retourner et dévisager son lié. Mieux valait qu'il l'ignore un peu, qu'il lui laisse le temps suffisant pour accepter une relation quelconque avec lui…

« Non, sinon, il ne serait pas ici dans cet état, dit Greyback, une large main allant flatter les cheveux de Draco. Ça se soignera, mais ça va prendre un peu de temps… Tu aurais pu t'y perdre, Draco, tu en es conscient ? Cette blessure est infime, mais je suis sûr qu'elle te fait mal…

-Pas exactement, répondit le blond en relevant doucement la tête. Je me sens juste… un peu fatigué. »

Greyback hocha de la tête et l'attira avec lui vers sa maison.

« Tu vas dormir, dans ce cas, lui dit-il. Va voir ton loup, en même temps. Je pense que tu l'as ignoré pendant ton séjour chez la sangsue, n'est-ce pas ?

-Non, j'aurai eu du mal, répondit Draco. Il n'arrêtait pas de grogner et de hurler après… euh…

-Après Potter, tu peux le dire, dit Greyback, lançant un regard moqueur à un Harry à la fois étonné et gêné. A ce sujet, il faudra que je vous parle à tous les deux. Ce soir. A vingt heures. Soyez ponctuels. Sur ce, chers Gryffondor, le jour se lève. Si vous êtes fatigués, allez dormir. Quant à toi, Draco, je ne te laisse même pas le choix. Va te reposer, tu vas avoir besoin d'énergie ! »

Bien qu'étonné par sa mise en garde, Draco obéit. Une part de lui voulut se tourner vers Harry, en attente d'un mot, d'un geste… Mais il savait qu'il n'en aurait pas. Alors il persista à l'ignorer et partit trouver refuge dans la maison de son alpha. Sa maison, après tout.

Resté derrière, le trio le regarda s'éloigner en traînant légèrement les pieds, le teint pâle et l'air fatigué. Hermione poussa un soupir attristé.

« Son âme, murmura-t-elle en se tournant vers Harry d'un air menaçant. Il a réussi à mutiler son âme juste pour toi ! Est-ce que tu es seulement conscient de l'importance d'un tel acte ! »

Harry rougit vaguement de honte.

« Je sais, je sais, dit-il. Ecoute, je vais essayer… d'apaiser tout ça, d'accord ?

-Tu n'y arriveras pas en te tenant à vingt mètres de lui comme s'il avait la peste ! cingla Hermione. Le loup a besoin de toi ! Il a besoin que tu lui montres que tu lui appartiens !

-Mais je ne lui appartiens pas ! cria presque Harry, révulsé. Je… ok, je trouve que Malfoy a bien changé, qu'il est agréable à vivre. Oui, il est beau. Mais… je… je ne suis pas prêt pour une relation avec un homme et encore moins avec lui ! Et je n'appartiens à personne, c'est clair ?

-Détrompez-vous, lui dit Greyback. Vous appartenez à Draco, autant qu'il vous appartient d'ailleurs. Plus vite vous le comprendrez, mieux ça vaudra… Mais venez ce soir à vingt heures, ce…

-Fenrir ! »

Le concerné se tut et se tourna vers la personne qui l'avait appelé. Gabriel arrivait en courant, en pyjama. Il avait l'air encore un peu endormi, mais ça ne l'empêchait pas de courir à toute vitesse.

« Gabriel ? demanda l'alpha, étonné. Qu'est-ce qui te…

-Draco est rentré, n'est-ce pas ? demanda l'adolescent. Je l'ai senti ! Et ça m'a même réveillé ! Il est rentré, je ne me trompe pas ? Où est-il ?

-Du calme gamin ! cingla Fenrir, agacé par l'hyperactivité du garçon. Il est rentré et est allé se coucher… Il était… Et ! Où vas-tu ? »

Gabriel partait déjà en courant en direction de la maison, un large sourire aux lèvres.

« Voir Draco ! dit-il.

-Mais il dort ! fit remarquer Fenrir.

-Pas grave, je dormirais avec lui !

-Quoi ? s'étonna Harry, attirant l'attention de Greyback qui laissa le jeune loup rentrer dans sa maison.

-Gabriel apprécie beaucoup Draco, fit remarquer l'alpha, amusé. Je crois qu'il y a quelque chose, entre eux. Mais je n'en suis pas sûr… Gabriel est un potentiel, mais… et bien, il est moins dominant que ne l'est Draco…

-Quelque chose ? demanda Hermione. Comment ça… ?

-Ce n'est qu'une théorie, répondit Fenrir en regardant la maison. Mais il se conduit comme Chyreer se comportait avec moi lorsque j'étais encore un potentiel. Il me suivait partout, s'assurait sans arrêt que j'allais bien… Il y a des jours où je le soupçonnais d'être amoureux de moi. Mais ce n'était pas ça. Il était mon second désigné, bien que nous l'ignorions tous les deux. Nous ne l'avons compris qu'à ma majorité… »

Il regarda la maison d'un air pensif et amusé.

« Gabriel est un potentiel, mais il est moins dominant. Nous soupçonnions déjà qu'il ne devienne qu'un simple loup à sa majorité, mais nous nous demandons à présent s'il n'est pas un second pour Draco. Ça ou il en est amoureux. Je préférais que ce soit le premier cas…

-Parce qu'il n'aurait aucune chance ? demanda Hermione. Je veux dire… Draco est lié à Harry…

-Mhmm, répondit l'alpha, croisant les bras. Gabriel se verrait rejeter avec une force presque destructrice. Draco n'accepterait pas ses sentiments et ça mettrait fin à leur amitié définitivement… »

Un long silence accueillit ses mots. Greyback regardait la maison comme s'il pouvait y voir ce qu'il s'y passait. Harry, lui, avait une moue aux lèvres. Il avait envie de s'y glisser, afin de regarder. Gabriel dormait-il vraiment avec Draco ? Etait-ce normal, qu'ils le fassent ? Après tout, ils étaient liés, non ? Un loup n'était-il pas censé être fidèle ?

« Et non d'un chien, est-ce de la jalousie que je ressens ? »

Harry s'en sentit aussitôt irrité. Il ne devait pas être jaloux ! C'était Malfoy après tout…

« Je devrais en connaître un peu plus sur les loups-garous, je suppose, murmura-t-il, agacé.

-Enfin, tu le comprends ! fit remarquer Hermione, agacée. J'ai plein de choses à t'apprendre, si tu veux ! »

Harry secoua la tête.

« Je préférais que ce soit un loup, dit-il en jetant un coup d'œil à Greyback.

-Je suis trop occupé, répondit aussitôt l'alpha. Mais demande à Guilbert ou Joshua… Ils seront ravis de te renseigner. Quoi qu'il vaut mieux éviter Joshua. Il tolère Draco car il est un loup, mais il ne t'appréciera pas. Il déteste les sorciers. Guilbert sera plus indiqué. Surtout que c'est un jeune lié, il connaît parfaitement les sentiments de Draco actuellement. Je lui en toucherais deux mots, il viendra vers 16 heures si tu es intéressé ?

-Oui, ça me va, répondit Harry. Merci. »

Greyback eut un simple mouvement d'épaule puis il siffla d'un air contrarié. Posant une main sur son avant bras montrant clairement la marque des ténèbres, il souffla.

« Le travail, dit-il. Bonne journée les gosses ! »

Et sans attendre, il transplana, indifférent à sa tenue nocturne.

« Il va vraiment aller chez Voldie en pyjama ? demanda Ron, amusé.

-Apparemment, répondit Hermione, elle aussi hilare. Pyjama Party, peut-être ? »

Bien qu'ils soient conscients que Greyback allait probablement souffrir, ils ne purent s'empêcher d'éclater de rire à l'image imposée.

« Peut-être que Voldie dort avec une peluche, continua Ron, moqueur.

-Quelle forme ? Demanda Harry. Serpent ?

-Sans doute ! »

Ils rirent à nouveau. Pourtant, Harry ne pouvait s'empêcher de fixer la demeure de Greyback d'où Gabriel ne revenait pas. Ce petit blondinet surexcité dormait réellement avec Draco ! Il souffla puis bailla.

« Je vais aller me recoucher, dit-il. Et vous ?

-Moi pas, répondit Hermione. Je vais commencer à rassembler les éléments pour le polynectar. J'attendrais Draco pour la réaliser. Je sais que je sais la faire toute seule, mais à deux, c'est toujours mieux. Et puis, ça me permettra d'essayer de mieux le connaître…

-Pourquoi ? demanda Ron. On le connaît déjà !

-Vraiment ? demanda Hermione. Tu t'attendais à ce qu'il tente de détruire sa propre âme pour Harry ? On ne le connaît pas, Ron. On ne connaît que le masque des Malfoy. Je sais qu'il est différent, il suffit de voir avec quelle dévotion il couve Harry. Certes, c'est le lien qui le rend ainsi, mais je sais qu'il y a plus à découvrir chez Malfoy. Et il serait bien que tu te fasses à cette idée aussi, Ronald ! »

Le concerné eut une moue en réponse puis haussa les épaules. Il bailla à son tour.

« Ben moi, je vais me recoucher aussi ! A tout à l'heure ! »

Il partit d'un pas hésitant puis déterminé. Harry le regarda s'éloigner en soupirant.

« Il l'accepte toujours mieux que je ne le pensais, dit-il à son amie. Mais je suis certain qu'il me trouve horrible de faire ça à sa sœur…

-Je ne pense pas, répondit Hermione. Je crois que pour l'instant, il s'inquiète plus pour toi que pour les sentiments de Ginny. Après tout, tu te retrouves collé à Draco Malfoy du jour au lendemain…Et aussi différent soit-il maintenant, on ne peut pas dire que l'entente soit encore parfaite entre vous…

-Et je ne suis pas gay ! »

Hermione leva les yeux au ciel à cette phrase.

« Pitié, Harry ! Tu as couché avec lui ! Et peu importe que ce soit sous l'effet de l'alcool, tu l'as fait ! Et tu as aimé ! Et tu rêves de recommencer ! Ne le nie pas, tu as admis avoir des rêves à ce sujet ! Tu n'es peut-être pas Gay à proprement parler… ou tu peux penser ainsi si ça te soulage ! Mais tu ferais mieux d'admettre une bonne fois qu'avoir des relations sexuelle avec Draco Malfoy te plait ! Crois-moi quand je te dis que ça fera grandement évoluer les choses entre vous ! Car ton rejet vient essentiellement de là ! Tu fais simplement un stupide blocage sur ta sexualité. Je te rappelle que jusqu'à preuve du contraire, Malfoy non plus n'est pas gay ! J'ai entendu dire qu'il sortait avec Greengrass, avant les incidents de sixième année… »

Harry eut aussitôt une moue agacée sur les lèvres.

« Et en plus tu es jaloux ! se moqua Hermione. Non, vraiment, tu n'as aucune attirance pour Draco ! »

Elle secoua la tête et tourna les talons, s'éloignant pour rejoindre la maison. Harry souffla d'un air agacé mais se décida lui aussi à partir. Il jeta pourtant un autre coup d'œil vers la maison de Greyback.

« Attirance ou pas, si ce foutu Gabriel dort avec lui, comment je suis censé réagir à ça ? »

Comme aucune réponse ne lui venait, il finit par renoncer et par s'éloigner d'un pas maladroit et hésitant.

oOo

Harry fut surpris. Il dormait profondément et confortablement lorsqu'il ouvrit les yeux. Non pas dans la réalité, mais dans un autre de ses rêves étranges qu'il faisait sur son lié. Malfoy venait manifestement de se réveiller. Harry apparut dans un coin de sa chambre. Il avait l'air endormi et un peu perdu alors que son regard troublé parcourait chaque coin de la chambre. Quand il la reconnut enfin, il eut un léger sourire.

« Revenu à la maison », dit-il en se laissant retomber dans son lit.

Il y resta étendu un bon moment avant de se redresser, baillant à s'en décrocher la mâchoire. Machinalement, il attrapa sa baguette et marmonna un « tempus » qui lui indiqua aussitôt l'heure. Treize heures dix-sept. Il parut étonné mais haussa ses épaules nues pour ensuite sortir de son lit. Harry rougit brutalement en le découvrant entièrement nu.

« Et il a dormi avec Gabriel dans cette tenue ? »

Son agacement redoubla légèrement. Tant parce qu'il ressentait cette jalousie ridicule que parce que Draco avait réellement dormi avec Gabriel. Il en était certain !

Loin de s'appesantir sur l'agacement que ressentait son lié, Draco farfouilla dans une des armoires après quelques vêtements qu'il n'avait pas emmenés chez Devis. Il finit par dénicher un pantalon kaki et un t-shirt beige. Une moue sur les lèvres, il enfila le tout après avoir retrouvé un sous-vêtement abandonné.

« Faudra que j'aille rechercher mes affaires chez Devis, marmonna-t-il. Bah… Bonne occasion de le revoir ! »

Souriant avec joie, il quitta sa chambre avec des pantoufles aux pieds, l'air presque détendu. Machinalement, Harry le suivit avec attention. Draco descendit directement à la cuisine où il ouvrit le frigo pour attraper une petite bouteille de lait. Il sourit avec satisfaction, la déboucha puis la bus. Avec horreur, Harry se sentit frissonner lorsque son lié émit un gémissement de pur plaisir en buvant. C'était vraiment… très sensuel, cette manière qu'il avait de porter la bouteille à ses lèvres, presque avec dévotion. Il passait sa langue sur le goulot, comme pour récolter chaque goutte… et tout son corps était détendu, transpirant le plaisir de boire…

Harry dut se pincer violemment pour s'en remettre. C'était vraiment très très grisant. Alors même qu'il terminait la bouteille sous un soupir d'extase, un coup fut frappé à la porte. Draco sourit largement en reposant le récipient vide et répondit un « Entre ! » ravi. La porte s'ouvrit alors, laissant passer un Gabriel au sourire étincelant. Harry eut aussitôt une moue agacée.

« Réveillé, hein ? demanda Gabriel en levant les mains, révélant deux énormes sandwichs d'où émanaient une forte odeur de viande. J'ai pensé que tu aimerais manger…

-J'apprécierais, oui, répondit Draco en s'approchant de lui pour lui prendre un sandwich. Merci ! »

Gabriel hocha simplement de la tête puis alla se réfugier dans un des fauteuils de Greyback. Il déballa son repas, mordant ensuite dedans à pleine dent. Draco l'imita presque aussitôt, installer juste en face de lui.

« Et les leçons du professeur Guilbert ? demanda-t-il, lorsqu'il eut avalé sa première bouchée.

-C'est la pause de midi, dit simplement Gabriel. Alors j'ai pensé venir ici… Je te dérange ?

-Tu sais bien que non ! »

Gabriel eut un sourire ravi et ils continuèrent de manger dans un silence presque serein. Ce ne fut que lorsqu'ils eurent fini – et se furent consciencieusement relécher les doigts – qu'ils recommencèrent à parler.

« Et donc, comment était ton ancêtre ? demanda Gabriel avec curiosité.

-Intéressant, dit Draco. Un peu fou, je crois… Très curieux. Trop. Mais agréable à vivre. Il lui était égal que je sois un loup-garou… enfin, autant que peu être indifférent un vampire face à un loup-garou. Mais c'est un homme que j'apprécie beaucoup. Je pense que j'irais le revoir souvent. Je l'aimais bien. »

Gabriel sourit en l'écoutant. Avec un côté enfantin presque touchant, il releva les jambes qu'il serra contre son torse.

« Mais tu ne vas pas repartir, hein ? dit-il, inquiet.

-Non, je vais rester ici, je crois, dit Draco. Je me sens mieux ici qu'ailleurs… Aussi gentil qu'ait été Devis, je me sens mieux dans une meute… »

Gabriel sourit encore plus, satisfait de sa réponse.

« Tant mieux, dit-il. Tu me… manquais, on va dire. »

Draco parut étonné du commentaire du garçon, mais il sourit à son tour.

« Merci, dit-il. Tu m'as manqué aussi… »

Gabriel le regarda avec un étonnement ravi. D'un mouvement souple, il se leva pour rejoindre le fauteuil de Draco, s'asseyant sans hésitation sur ses genoux. Il entoura son cou de ses bras et enfouit son visage dans son cou. Draco parut stupéfait, mais il sourit et le serra contre lui en retour.

« Ne repars plus, alors, dit Gabriel, le visage enfouit dans sa gorge. D'accord ?

-D'accord », murmura Draco, son nez passant avec tendresse dans les cheveux blonds foncés du plus jeune.

Dans son coin, Harry sentit une part de lui hurler de rage à l'image que présentait le tableau des deux blonds enlacés devant lui. Mais aussi un peu de chagrin. Draco semblait tellement heureux et détendu avec Gabriel contre lui… Tout serait tellement plus simple, si les deux lycans étaient unis…

« Tu suinte la douleur, murmura soudainement Gabriel, s'écartant du blond. Pourquoi ?

-A ton avis ? » demanda Draco, un léger sourire aux lèvres.

Le plus jeune secoua la tête et se réinstalla contre lui. Il soupira d'un air ennuyé, ouvrit la bouche, la referma. Puis, au bout d'un moment, il se remit à parler.

« Si tu n'avais pas été lié, je t'aurais proposé… »

Harry écarquilla les yeux avec stupeur. L'enfoiré osait, en plus ?

« Mais je le suis, dit Draco, soudainement tendu.

-Difficile de l'ignorer, dit Gabriel. Même si vous ne vous touchez pas, tu sens l'agrume. Son odeur est sur toi, autant que la tienne est sur lui. »

Il y avait de l'amertume dans son ton et Harry fronça les sourcils en l'entendant. Draco semblait s'être figé en statue de sel et ne disait pas un mot, le visage indifférent.

« Je t'aurais proposé de te lier à moi, dit Gabriel. Bien que… je pense que tu aurais refusé.

-Je ne suis pas gay, dit Draco. Même si je désire Potter, je suis encore capable de trouver que Rosalia est bandante ! »

Gabriel pouffa en l'entendant. Harry, lui, leva les yeux au ciel. Quel homme ne désirait pas Rosalia, exactement ?

« C'est une bonne chose que tu sois lié à Potter. Ça m'évite une humiliation, dit Gabriel. Toutefois… je continue d'être attiré par toi et je ne comprends pas pourquoi… Le lien aurait dû empêcher ça… »

Draco fronça les sourcils, lui aussi. Machinalement, il passait une main dans les cheveux du plus jeune, pensif.

« Mon loup apprécie ta compagnie plus que celle des autres, murmura Draco. Mais il ne te voit pas du tout comme un compagnon… plutôt comme… »

Il se tut, semblant réfléchir. Harry pouvait presque sentir sa concentration alors qu'il semblait sonder son propre cœur.

« Un second, murmura Gabriel en relevant la tête vers lui, son nez frottant contre la mâchoire de Draco en une caresse tendre. J'en ai parlé avec le professeur Guilbert… il est d'accord avec moi. Il y a toutes les chances pour que je sois ton second. »

Draco souriait à présent. Sa joie était presque palpable et Harry se détendit légèrement, bien qu'il ressentît toujours une cruelle pointe de jalousie.

« Mon second, dit-il, affectueux. Mais comment en être sûr ?

-Nous n'en saurons rien avant ta majorité, selon Guilbert, dit Gabriel. Mais le fait que je veuille être proche de toi et que tu m'acceptes… Sais-tu qu'il serait impossible à tout autre loup d'être avec toi tel que je le suis maintenant ? En tant qu'alpha potentiel, que loup lié, un contact si rapproché te ferait normalement horreur, sauf si tu reconnais en la personne proche de toi un lien particulier…

-Je t'en reconnais donc inconsciemment un ? »

Gabriel hocha de la tête, fermant les yeux alors qu'il s'appuyait contre lui, la tête contre son épaule et le nez dans son cou.

« Je ne suis pas un alpha, dit-il, presque peiné. Mais je crois que j'apprécierais d'être ton second. »

Draco sourit en réponse.

« Je l'apprécierais aussi… »

Ry…

Harry fronça les sourcils. Qu'est-ce que c'était ?

Harry !

Il se retourna, mais il n'y avait rien. Agacé, il secoua la tête avec distraction, continuant de regarder Draco et Gabriel si proches lorsque…

« Harry, réveille-toi, merde ! »

Il ouvrit brutalement les yeux et se redressa dans un mouvement de panique dans son propre lit. Hermione n'était pas loin et le regardait, une moue agacée sur les lèvres.

« Tu crois vraiment qu'il est temps de dormir ? Je te rappelle que le professeur Guilbert doit venir bientôt !

-A seize heures, marmonna Harry. Et il n'est même pas quatorze heures… »

Hermione haussa un sourcil.

« Comment tu le sais ?

-Mpff… Rêve… Draco, marmonna-t-il en baillant.

-Je vois, dit Hermione. Tu sais qu'on pourrait apparenter cela à de l'espionnage ? »

Harry haussa les épaules en réponse.

« Mais tu ne peux pas passer ta vie à dormir, Harry ! Si tu veux voir Draco, tu n'as qu'à y aller !

-Quoi ? dit Harry, soudain bien réveillé. Mais… Non, je ne veux pas le voir, ça n'a rien à voir…

-Si tu le dis, répondit Hermione, clairement sceptique. En attendant, lève-toi ! Et que ça saute ! »

oOo

Guilbert avait été ponctuel. Il était arrivé à l'heure pile, Harry rougissant légèrement sous le regard professoral. Il était installé au salon, dans un fauteuil, Ron assis non loin. Son ami avait un peu balbutié lorsqu'il avait expliqué qu'il voulait entendre la conversation. Après tout, ça concernait Harry et il voulait aussi savoir. Hermione avait haussé les épaules et préféré aller voir Draco pour parler Polynectar. Resté seul avec le loup-garou, les deux amis gigotèrent un peu, mal à l'aise.

« Donc, dit Guilbert de sa voix un peu monotone. Que désirez-vous savoir, exactement ? »

Harry hésita un instant.

« Et bien… Tout, dit-il. Tout ce qu'il y a à savoir sur les loups-garous et leur lié… Enfin… Ce que vous pouvez m'en dire… »

Guilbert le regarda un instant puis soupira. Il regarda vaguement par la fenêtre, commençant à parler.

« Seules deux personnes amoureuses peuvent se lier. C'est un fait. Vous vous devez de l'accepter. Vous n'avez peut-être pas conscience de vos sentiments l'un pour l'autre, mais vous devez comprendre, Monsieur Potter, que sans amour des deux côtés, le lien ne se construit pas. Il a besoin de cette énergie particulière et puissante pour se former. C'est l'amour qui lui donne sa consistance et qui fait naître entre le loup et son lié un véritable pont.

-Un pont ? » demanda Harry, Ron regardant Guilbert avec intérêt.

Ce dernier fixa Harry de ses yeux noirs dissimulé derrière une paire de lunette ovale faite d'une monture argentée. Il n'était pas spécialement jeune, il devait avoir dans les trente ans, voir plus. Harry s'en étonnait d'ailleurs. Greyback l'avait qualifié de « jeune lié ». Hors, il savait que Guilbert n'était pas le plus jeune de la meute.

« Un pont, dit le loup, sans se préoccuper des pensées de Harry. C'est ainsi que je peux le mieux le qualifier. Ce lien relie le loup à son lié et inversement. Grâce à lui, les sentiments des deux personnes peuvent être transmis, mais pas seulement. Je suis un jeune lié. Ça ne fait qu'un an que je suis avec la personne que j'aime. Mais j'ai déjà pu expérimenter un peu le lien. Si je le désire, je peux transmettre à ma liée un peu de mon énergie. J'entends par là ma force, qu'elle soit physique ou magique…

-Vous pouvez faire ça ? » s'étonna Ron, stupéfait.

Guilbert hocha de la tête avec lenteur. Manifestement, il était prudent dans ce qu'il disait.

« Nous, les loups, avons été longtemps persécutés pour notre… anomalie. Beaucoup d'entre nous perdent le contrôle à la pleine lune, à l'exception des alphas. Et encore ! Ceux-ci restent maîtres d'eux-mêmes à la condition unique qu'ils aient une meute à diriger. Sans quoi, ils sombrent dans une folie destructrice et douloureuse. Un loup, alpha ou non, peut rester seul et être inoffensif, s'il a un lié. Mais par le passé, les sorciers et les rares moldus informés de notre existence ignoraient que nous n'étions plus dangereux, une fois lié. Ils continuaient donc à nous chasser et à nous persécuter… »

Il laissa planer un long silence puis reprit d'une voix chagrine.

« Certains sorciers, conscients de la dévotion que nous ressentions pour nos liés, n'hésitaient pas à se servir d'eux pour nous atteindre. De ce fait, les loups ont commencé à transmettre à leur lié leur force, via le lien. Si le loup est un simple moldu, il ne transmet que l'énergie et la puissance physique nécessaire pour que son lié puisse se sortir de l'éventuel piège dans lequel il est tombé. Si par contre, le loup est un sorcier, la magie s'ajoute. Bien entendu, nous ne vous donnons pas cela constamment, juste lorsque vous êtes en danger. Et croyez-moi, nous savons toujours lorsque notre lié est menacé… »

Harry enregistra soigneusement les paroles de Guilbert. Alors Draco pourrait le rendre plus fort, s'il en avait besoin ? C'était intéressant…

« Le lien ne s'arrête pas là. Je suis incapable de le faire, mais Joshua y parvenait, avec sa lié, avant qu'elle ne soit tuée… Il parvenait à voir par ses yeux et à faire voir par ses yeux, avec de la concentration. C'était assez impressionnant…

-Vous voulez dire que la lié de Joshua… pouvait voir par ses yeux ce qu'il voyait ? Ou qu'il soit ?

-Très exactement. D'autres loups ont été capables de bien des prouesses avec leur lié… C'est un lien réellement très intense… »

Harry hocha de la tête. C'était surtout très pratique ! S'il parvenait à s'entendre avec Draco et qu'ils s'entraînaient, cela pourrait s'avérer très utile dans la guerre ! Son cerveau tournait déjà à cent à l'heure sur le sujet, mais Guilbert l'arrêta en reprenant son explication.

« Il est rare que nous, loups-garous, trouvions l'amour… Et ce n'est jamais par hasard. Notre instinct ne nous trompe jamais. Si nous nous dirigeons vers quelqu'un en particulier, alors c'est la bonne personne pour nous. Nous avons un flair unique…

-Alors… si Draco aime mon odeur…

-Simple hasard, coupa Guilbert. Bien que le loup apprécie toujours l'odeur de son lié, ce n'est qu'un hasard si Draco raffole de votre odeur en particulier. Je suis personnellement très attiré par toutes les odeurs florales, mais ma liée sent la rosée du matin… Enfin, je trouve que son odeur y ressemble, mais si vous demandez à Greyback, il vous dira qu'elle sent l'eau… Bref. L'odeur n'est pas un facteur révélateur. Non, c'est surtout l'attention que nous portons au lié… Si nous avons tendance à vouloir le toucher, à le surveiller inconsciemment… ce que Draco a fait avec vous, pendant les six dernières années, sous couvert d'une haine qui n'était qu'illusoire. Il n'était pas un loup, cela s'est donc manifesté d'une autre façon… »

Harry frissonna. Pour être surveillé par Draco, il l'avait été. Mais le garçon se servait de chaque information pour le faire souffrir… Note, il n'avait pas été très sage non plus…

« Ne ressassez pas le passé, dit Guilbert. Vous étiez des enfants tous les deux. Vous l'êtes toujours, bien que de moins en moins… Vos agissements passés ne doivent pas vous entraver… C'est en vous attachant à ces moments sans importances que vous vous bloquer au bonheur d'être lié…

-Le bonheur d'être lié, murmura Harry. J'ai un peu de mal à le voir, en effet… »

Guilbert eut un sourire et hocha de la tête.

« C'est normal, dit-il. Vous êtes fermé à Draco. Vous lui collez de force un masque qu'il a lui-même enlevé… Cela dit, il est lui-même très fermé à votre personne…

-Fermé ? demanda Harry, repensant à la manière dont Draco s'était jeté sur lui, à son arrivée chez Devis.

-Bien qu'une part de lui souhaite être entière avec vous, il est sur la défensive. Normal, si j'en crois les rumeurs concernant les mots que vous lui avez adressé, à la découverte du lien. Il est effrayé par vous, par votre rejet… Alors, pour se protéger, il se force à rester loin de vous. Un loup-garou, jeune lié comme l'est Draco, devrait normalement ne pas vous quitter d'un millimètre. Il devrait sans arrêt réclamer votre présence, s'assurer que vous l'aimiez, que vous avez besoin de lui. Nous avons besoin de nous sentir aimer, car nous sommes une espèce rejetée par la majorité des humains… Et surtout, parce que nous dépendons bien plus de vous que l'inverse…

-Dépendez ? demanda Harry, étonné. En quoi ? »

Guilbert eut une moue hésitante puis reprit.

« Le lien nous attache à vous… de manière définitive et inextinguible. Si vous mourrez, nous n'aimerons jamais personne que vous. Nous sommes incapables de trahir notre lié, incapable de lui être infidèle, incapable de le blesser. Lorsqu'un loup aime, c'est jusqu'à sa mort. »

Harry écarquilla les yeux en l'entendant.

« Mais ce n'est pas votre cas. Vous pouvez aimer quelqu'un d'autre, nous trahir, nous blesser, nous être infidèle. C'est pourquoi un loup se montre si possessif et dominant envers son lié. Nous avons peur de vous perdre. Surtout que nous ne connaissons pas beaucoup d'amour dans notre vie, à cause de nos transformations qui sont effrayantes. Est-ce que vous comprenez ?

-Je crois, murmura Harry. Alors… sachant que je suis amoureux de Ginny…

-Vous torturez Draco à chaque fois que vous le dites, dit Guilbert avec un air un peu dégoûté sur le visage. Chaque fois que vous sous-entendez ne pas l'aimer ou que vous le déclarer de manière brutale… vous ignorez combien cela peut le faire souffrir… Le pire est qu'il ne peut même pas déclarer qu'il s'en fiche, que votre relation s'arrête là… Non, il vous est attaché jusqu'à sa mort. Et s'en est d'autant plus difficile pour lui. »

Harry hocha pensivement de la tête. Il n'osait pas imaginer dans quelle situation était Draco. En fait, il n'y parvenait même pas. Il n'était pas attaché, lui…

« Je ne sais pas trop… comment remédier à ça, dit-il. Je veux dire… je ne peux pas me forcer à l'aimer…

-Je sais, dit Guilbert. Malheureusement… »

Le silence s'installa à nouveau et se prolongea un long moment. Harry ne voyait pas quoi demander d'autre. Il avait déjà tellement à penser, avec tout ça.

« En tant qu'Alpha, Draco est-il différent, vis-à-vis du lien ? demanda-t-il après un moment.

-Il est probablement plus dominateur, dit Guilbert. Mais non, le lien nous soumet tous au même régime. »

Harry hocha de la tête. Plus dominateur… Le blond avait été remarquablement maîtrisé, pour l'instant…

« Mais ça peut encore changer… Je ferais mieux de ne pas trop le provoquer… »

oOo

Draco avait été étonné de voir Hermione Granger débarquer chez lui, vers 16 heures. Mais il l'avait laissé entrer avec complaisance, pensant qu'elle venait peut-être voir Greyback. Mais à sa grande stupéfaction, ce fut avec lui qu'elle passa l'après-midi. Ils parlèrent un peu du polynectar, commencèrent à préparer la potion, mais très vite, la conversation dévia sur Harry. Si Draco doutait un peu des raisons de sa présence, il les comprit vite avec le bavardage presque irrationnel de sa camarade d'école. La jeune fille n'hésitait pas du tout à discuter, encore et encore, de ce qu'elle savait sur Harry, sur ce qu'il aimait, ce qu'il détestait. Elle n'hésitait pas à lui donner une foule d'information, ce qui stupéfia Draco.

« Ce ne serait pas quelque chose comme une trahison, ça, Granger ? demanda-t-il, après un long moment à l'écouter raconter combien Harry était adorateur des bonbons gélatineux.

-Disons plutôt un coup de pouce, dit Hermione, amusée. Ecoute, Malfoy, on ne s'est jamais bien entendu, tous les deux. Mais je suis sûre d'une chose, c'est que maintenant que vous êtes liés, plus rien ne peut changer. Nous devons travailler dans le sens du lien et non inversement. Même Ron l'a compris et ne critique pas les choix de Harry. Si tu es prêt à faire un effort de caractère envers moi, envers Ron et Harry… alors je suis prête à t'aider pour que mon meilleur ami soit heureux, lui aussi… »

Draco resta silencieux un long moment. Puis il soupira avant de la regarder, un léger sourire aux lèvres.

« Harry a décidément de bons amis, lui dit-il. Marché conclu, Granger. Faisons de notre mieux ! »

Et il lui tendit la main. Hermione la considéra un instant, surprise. Puis elle sourit à son tour et la lui serra. Après cela, ils cessèrent définitivement de faire semblant de travailler et s'installèrent dans un canapé où ils prirent le thé en discutant simplement. Draco fut plus étonné qu'il ne le crut en découvrant en Hermione une jeune fille calme et agréable. Son odeur ne l'indisposait pas, contrairement à celle de Weasley. Il se détendit donc totalement en sa présence, l'écoutant parfois simplement ou prenant le relais, lorsqu'ils parlèrent un peu de l'école. Au bout d'un moment, pourtant, Draco se sentit gêné. Il avait eu tord et chaque minute passée avec la jeune fille le lui révélait clairement. Il l'avait méprisée, jugée, alors qu'il ne la connaissait pas. Tandis qu'il la découvrait au fil d'une conversation sans importance, il ressentit un vague remord. Gêné, il attendit qu'elle ait terminé de lui parler de sa fascination pour le monde magique avant de parler d'une voix hésitante.

« Tu sais… je suis… désolé. »

Il avait détourné le regard pour parler et ne vit donc pas le regard étonné d'Hermione.

« Désolé ? demanda-t-elle. Pourquoi ? »

Draco eut envie de gigoter. Ce qu'il ne faisait pratiquement jamais, sous ordre de son père. Un Malfoy ne gigote pas, il se tient droit et sûr de lui. Mais jamais il n'avait eu à faire des excuses si humiliantes.

« Pour tout ce que j'ai dit, finit-il par murmurer. Sur toi. Pendant nos études. Être moldu… ce n'est pas une tare. Je suis désolé pour ça. »

Il attendit quelques minutes avant de lui faire face à nouveau, gêné. Hermione le considérait avec surprise. Manifestement, elle ne s'y attendait pas. Pourtant, quand il croisa son regard, elle se reprit et lui sourit.

« Merci, dit-elle. Ça me fait plaisir que tu dises ça. Merci. »

Draco haussa simplement les épaules et se pencha sur la table pour servir un peu de thé. Pourtant, il fut interrompu dans son mouvement par la porte qui s'ouvrit. Il fut légèrement surpris de voir Greyback entrer, une valise qu'il connaissait bien sur ses épaules.

« Mais… Ce sont mes affaires ! dit-il, surpris.

-Plusieurs hiboux les portaient, en dehors du village, dit Greyback. Je suppose que nous devons ça à la sangsue… Tsss, au lieu de te demander de venir les chercher… Enfin, va donc ranger ça ! »

Draco hocha de la tête, attrapant sa malle avec satisfaction. Il sentit l'odeur de Devis sur l'objet et rit en voyant la grimace dégoûtée de l'alpha.

« A tout à l'heure, Granger », dit-il en quittant rapidement le salon.

La jeune fille se contenta d'un mouvement de la main. Elle resta un instant assise dans son fauteuil, regardant Greyback. Ce dernier était sale et semblait fatigué.

« Alors ? demanda-t-il. Comment s'est passée l'après-midi ?

-Bien, répondit-elle. Comme vous l'aviez dit, il est réellement différent de ce que je pensais… il m'a présenté ses excuses… pour son comportement passé. »

Greyback eut un grognement appréciateur alors qu'il se dirigeait vers la cuisine. Hermione le regarda avec hésitation puis demanda :

« Votre convocation de 20 heures… C'est… euh…

-Pour les forcer à se voir, dit le loup-garou. Ils n'avanceront pas s'ils ne se voient pas. Donc, je vais leur imposer un rendez-vous. Ne t'inquiète pas… Draco l'acceptera car je suis son alpha et parce qu'une part de lui sera ravi d'avoir Potter pour lui tout seul pendant une heure. Le seul problème, c'est Potter…

-Je pense qu'il acceptera aussi, dit Hermione. Avec beaucoup d'hésitation, mais il acceptera… »

Greyback hocha de la tête, tournant le dos définitivement pour entrer dans la cuisine. Hermione resta un instant seule puis, avisant l'heure, se leva pour rejoindre l'alpha dans la pièce.

« Je pense qu'il est trop tôt que pour qu'on se fasse un souper tous ensembles, n'est-ce pas ? dit-elle. Je vais retrouver les garçons. A ce soir !

-Mhmm, répondit l'homme, occupé à saler de l'eau. A ce soir, Hermione. »

La jeune fille se retourna, surprise de l'entendre prononcer son prénom. Un sourire aux lèvres, elle quitta pourtant la cuisine d'un pas qu'elle jugea elle-même un peu trop guilleret.

oOo

Harry était nerveux. A l'idée d'aller dans la maison de Greyback, d'être en présence de Draco. Que lui voulait exactement l'alpha ? Que leur voulait-il à tous les deux ? Hermione et Ron ne l'avaient pas accompagné, à la demande de la jeune fille. Ron avait paru perturbé à l'idée de rester seul avec la jeune fille mais il avait accepté de laisser Harry se débrouiller tout seul. Planté devant la porte close de la maison de l'alpha, Harry souffla. Il était un Gryffondor ! Il était courageux ! Il devait y aller !

Prenant son courage à deux mains, il frappa à la porte. Un « entrez » lui répondit et il poussa la porte. Greyback était seul dans le salon. Draco n'y était manifestement pas et Harry se demanda vaguement où il était.

« Viens t'asseoir, lui dit l'alpha. Draco va descendre dans quelques minutes, il termine de s'habiller…

-S'habiller ? demanda Harry, inquiet à l'idée d'une quelconque cérémonie.

-Il vient d'aller se laver, dit Greyback, fronçant le nez. Je déteste l'odeur de son foutu shampoing… Il me fait éternuer… »

Harry pensa en lui-même qu'il serait une bonne chose que Greyback l'utilise, éternuement ou pas. Le loup-garou était réellement répugnant. L'homme perçut très bien son regard car il sourit avec amusement.

« C'est un déguisement, dit-il en étendant les bras. En me montrant ainsi au lord, je le persuade que je suis plus un animal qu'un homme. Sa méfiance envers moi est donc moindre, bien qu'encore trop élevée à mon goût… Mais bref ! Voilà Draco ! »

Et en effet, le garçon surgit brutalement, d'un pas presque précipité. Harry hésita avant de le regarder, mais il se traita d'idiot intimidé et releva courageusement la tête… avant de rougir brutalement. Il était magnifique. Ses cheveux étaient tirés vers l'arrière, encore humide de la récente douche qu'il venait de prendre. Entièrement vêtu de noir, il semblait encore plus imposant et plus pâle que d'habitude. Ce n'était décidément pas surprenant qu'il soit un loup blanc… En parlant de loup blanc… Ses oreilles avaient de nouveau leur aspect animal et Harry sourit en repensant à ce que Guilbert lui avait dit à ce sujet.

« L'excitation empêche le lycanthrope de garder le contrôle totale sur le loup. Si les oreilles et la queue de Draco apparaissent à chaque fois que vous êtes dans les parages, c'est simplement parce qu'il est excité par votre présence. Et je ne parle pas ici d'une excitation sexuelle, bien qu'elle doit sans doute apparaître également…Mais bel et bien d'une excitation normale, à la vue d'une personne que l'on aime et que l'on est heureux de revoir… »

Harry le regarda. Comme l'avait indiqué Guilbert, Draco le fuyait, préférant regarder le sol ou le mur plutôt que lui. Il s'était assis dans un fauteuil éloigné, comme si le fait d'être proche de lui pouvait être dangereux. Il le fuyait réellement. Harry soupira puis regarda Greyback.

« Pourquoi vouliez-vous nous voir ? demanda-t-il.

-Pour vous donner mes directives, dit Greyback. Je sais que tu ne fais pas partie de ma meute, Harry, mais Draco oui. Et je ne peux pas tolérer de sentir une telle souffrance juste parce que vous êtes deux idiots entêtés. Donc… A compter d'aujourd'hui, vous allez me faire le plaisir, tous les deux, de rester proche l'un de l'autre, pendant une heure, chaque jour…

-Quoi ? demanda Draco, fixant son alpha avec un air outré. Vous n'avez aucune autorité sur Harry. Vous ne pouvez pas l'obliger à…

-Je sais, coupa Greyback. Je ne vous demande pas de coucher ensembles, que je sache. Je vous demande juste de passer du temps ensembles, dans une même pièce, seuls, pendant une heure. Rien ne vous empêche de lire, de juste vous taire en attendant que le temps passe, mais je veux que vous le fassiez !

-Mais…

-Il suffit, Draco ! cingla Greyback. C'est un ordre de ma part ! Accepte-le simplement et arrête de discuter ! »

Le blond referma la bouche, une moue boudeuse sur le visage. Manifestement, il lui en coûtait d'obéir sagement à son alpha.

« Ça me va, dit Harry, faisant sursauter son lié.

-Quoi ? s'étonna Draco, le regardant pour la première fois.

-Il a raison, répondit Harry en le regardant, Draco détournant aussitôt les yeux. Nous sommes liés… on ne peut pas juste se fuir jusqu'à notre mort, non ? Et puis… Je t'ai dit hier que je voulais apprendre à te connaître platoniquement dans un premier temps… »

Bien qu'il refusât toujours de croiser son regard, Draco semblait réellement stupéfait et Harry pouvait le sentir par le lien.

« Donc, dit-il. On dit tous les jours ? A cette heure ci ?

-Disons plutôt 20h30, dit Greyback. Ainsi, vous n'avez pas perdu de précieuses minutes en tête à tête inutilement. Sur ce, je vais voir Chyreer jusque 21h30. A tout à l'heure ! »

Et sans attendre, il se leva, partant d'un pas rapide. Resté seul avec Draco, Harry gigota, nerveux. C'était facile d'accepter tant que Greyback était là. C'était bien plus dur de rester seul avec un Draco refusant de le regarder. Ses oreilles étaient aplaties le long de son crâne, signe de crainte, selon les indications de Guilbert. Le silence s'installa et régna en maître pendant un long moment, aucun des deux ne sachant que dire. A plusieurs reprises, Harry eut l'impression que Draco allait parler, mais il refermait la bouche pour s'enfermer dans un mutisme ridicule.

Un quart d'heure s'écoula et Harry se sentait de plus en plus mal à l'aise. Qu'est-ce qui lui avait pris d'accepter ça ? C'était à la limite de la torture. Que devait-il faire ? Que devait-il dire ? Après un moment, il finit par relever les yeux. Il émanait de Draco une sorte de douleur mêlée d'angoisse qui était presque étouffante et qui était communicative.

« Et je ne suis pas un putain de trouillard ! »

Agacé, Harry se leva brutalement. Il vit Draco se tendre puis se résoudre. Mais loin de partir comme le pensait manifestement Draco, Harry s'approcha de son fauteuil, se campant juste devant. Draco tourna la tête vers lui, étonné. Il ne le regarda pourtant pas dans les yeux et Harry soupira, levant les yeux au ciel. Il tendit la main qu'il posa sans crainte sur la peau chaude du lycanthrope. Il avait la peau horriblement douce et Harry se surpris à la caresser avant de simplement bouger sa main, lorsqu'il constata que les yeux de Draco étaient enfin fixés sur son visage.

« Tu crois qu'on va apprendre à se connaître en restant silencieux ainsi ? demanda Harry. Tu crois que les choses vont s'améliorer de cette façon ? »

Draco hocha négativement de la tête.

« Alors ne reste pas stupidement silencieux ainsi ! Fais quelque chose ! »

Harry rougit lorsqu'il se rendit compte de ce qu'il demandait. Mais Guilbert l'avait prévenu… Et il en assumait les conséquences.

« Je ne suis pas prêt, dit-il pourtant. Pour qu'on soit… un couple. Mais j'accepte qu'on essaye. Alors… ne reste pas juste planté là, d'accord ? Je suis peut-être un Gryffondor, mais je suis perdu, alors… euh… »

Draco hésita un instant. Il finit pourtant par ouvrir les bras, les tendant vers lui.

« Est-ce que je peux juste… »

Il ne finit pas sa phrase, ses bras se rabaissant avec résolution, manifestement persuadé de recevoir un non. Mais Harry soupira et, bien qu'avec les joues rouges pivoines, il s'avança vers lui pour s'asseoir avec une certaine hésitation sur l'accoudoir de son fauteuil. Puis, quand il s'estima bien installé, il se pencha sur Draco pour enfouir son visage contre son cou. Il entendit Draco respirer brutalement et sourit.

« Tu peux, lui dit-il en passant un bras autour de lui. Guilbert m'a mis en garde… il m'a dit qu'être proche de moi t'était nécessaire et que, pour peu que je t'y autorise, tu me… toucherais un peu. Alors je t'y autorise. Tant que… tu ne dépasses pas certaines limites… »

Il sentit un bras s'enrouler autour de sa taille et glapit de surprise lorsqu'il se retrouva assis sur les genoux de Draco. Pourtant, il ne s'en écarta pas. Il sentait la joie brutale de Draco et sa satisfaction à le sentir contre lui. Il perçut aussi la brutale inspiration de Draco lorsque son nez vint caresser sa jugulaire. Lui-même sentait parfaitement le parfum de Draco. La menthe… Pour des loups-garous à l'odorat développé, ça devait être insupportable, en effet…

« Pour aujourd'hui, je pense que juste rester ainsi pendant toute l'heure devrait t'aller, non ? Demanda Harry, un peu gêné d'en être satisfait.

-Mhmm, répondit Draco, les yeux clos, son visage calé dans la gorge de son lié. Ce serait parfait… »

Harry sourit en l'entendant. Il rougissait et était certain que Draco faisait de même. Pourtant, il ne se serait éloigné pour rien au monde. Jamais il ne s'était senti aussi protéger de toute sa vie.

« Merci, murmura Draco contre lui. Tu n'as pas idée de combien c'est important…

-Non, c'est vrai, répondit Harry. Mais je crois… que je le comprends un peu mieux, maintenant. »

Draco sourit en réponse. Il frotta son visage contre son cou, un soupir extatique lui échappant. Il faudrait qu'il pense à remercier Greyback, d'une manière ou d'une autre. Avec un cadeau, peut-être ? Mais à pars une brosse à cheveux ou du shampoing, il ne voyait vraiment pas quoi offrir au lycanthrope…

Bah, il avait tout le temps d'y penser plus tard. Il valait mieux qu'il profite de son lié, pour le moment.

A suivre…

Sur ce… A dans un mois, sauf changement ! (Normalement, un vendredi 27 août ou samedi 28, mais vu que je suis en vacs, j'en profite et poste un jeudi… loll)