Titre : Alpha Potentiel

Résumé : Pour avoir lâchement désobéis à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM

Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)

Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !

Note de l'auteur : Et me revoilà avec un chapitre en avance ! Seulement deux jours, mais c'est mieux que rien, non ?

Le saviez-vous ? J'adore prendre le train, malgré les grèves constantes. Ça permet de voir des gens et surtout, de les écouter. Mine de rien, écouter les autres parler est inspirant… Attention aux habitués de la ligne Liège-Namur de 7h21 (à Huy) et de Namur-Liège de 17h16… Je laisse mes oreilles trainer avec beaucoup d'intérêt, malgré mon air endormi et mon MP3 ! loll

Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Come on Closer, Jem

Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois, toujours en début de mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !

Nombre de chapitre : 15 toujours. Décoincée, envie d'écrire mais surtout de dormir. L'oreiller prime sur tout, navrée ! loll

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Chapitre 12 : Phases lunaires

Ils avaient pris leur petit déjeuner ensembles, discutant et riant comme de bons vieux amis. Les évènements de la veille avaient au moins eu l'effet positif de les rapprocher plus qu'ils ne le mesuraient encore, notamment avec l'abondance de tendresse qu'Harry réclamait inconsciemment à un Draco plus qu'heureux de le satisfaire. C'est ainsi que Greyback entra dans la cuisine et assista à la scène de couple la plus incroyable qu'il pensait voir. Aucun n'avait conscience de la soudaine alchimie présente entre eux et vivait avec elle comme si c'était habituel. L'alpha les regarda parler, se tendre gentiment le lait, essuyer la moustache présente au-dessus des lèvres de l'autre avec un doigt tendre ou encore passer une main réconfortante dans le dos de son voisin avec un air détaché et ravi à la fois.

« Quel magnifique petit couple de tourtereaux, se moqua l'alpha en s'avançant plus dans la pièce, faisant ainsi remarquer sa présence à Harry qui ne l'avait pas perçu. Quand vous aurez fini de roucouler, Draco, la serre trois et les pommes de terre t'attendent ! Harry… Je pense que tes amis sont impatients de te voir ! »

S'il avait rougi au début, Harry blêmit sur la fin. Il avait totalement oublié qu'il allait devoir raconter à Ron ce qu'il s'était passé la veille avec sa sœur. Il ignorait absolument comment le rouquin allait réagir face aux révélations qu'il aurait à lui faire. Comprenant son inquiétude, Draco termina son verre de lait, s'essuya la bouche et se tourna vers lui.

« Tu n'es pas obligé de tout lui dire, signala-t-il.

-Mais je vais devoir lui dire qu'elle est enceinte, murmura Harry. Et préciser avant que ce n'est pas de moi, sinon, il risque de me tuer…

-La sœur de Ron est enceinte ! s'exclama Greyback, qui avait entendu. Merde alors…

-Pas de moi ! dit aussitôt Harry.

-Je sais, j'ai entendu, je ne suis pas sourd, dit l'alpha. Et bien, la conversation risque d'être mouvementée dans la cabane d'humain. Bonne chance ! Draco, la serre ! »

Le blond leva les yeux au ciel en regardant l'alpha quitter la cuisine après avoir fini sa bouteille de lait entière. Il se tourna vers Harry dont l'angoisse le mettait mal à l'aise.

« Tu veux que je vien…

-LA SERRE ! se fit entendre la voix de Greyback depuis l'entrée.

-Oui, je sais ! cria Draco, agacé.

-Non, ça ira, dit Harry en se tournant vers lui, touché de sa sollicitude. Je n'ai pas peur pour moi, j'ai peur de la réaction de Ron. Je sais qu'il ne sera pas fâché contre moi mais contre sa sœur. Et je sais aussi qu'il va souffrir des révélations que je vais lui faire, c'est pour ça que j'ai peur. Mais ça ira. Il vaut mieux que tu ne sois pas là. Enfin… Je veux dire…

-Je sais, coupa Draco. Il vaut mieux éviter de mettre l'ennemi juré numéro un en face de Weasley quand il apprendra que sa sœur est une catin…

-Draco ! s'exclama Harry, choqué. Tu n'es pas l'ennemi numéro un. C'est juste… et bien, Ron a un peu de mal, c'est tout. Je trouve qu'il est très calme par rapport à ça. J'aurai pensé qu'il… je ne sais pas, qu'il exploserait ?

-Oui, j'admets, il est très raisonnable, même en ma présence. Bien qu'il ne m'adresse pratiquement jamais la parole. Je suppose que je devrais m'excuser auprès de lui aussi… Mais c'est à la famille Weasley entière que je devrais présenter mes excuses, pas qu'à lui… »

Harry le fixait à présent comme si Draco lui avait avoué avoir quelque part un frère jumeau maléfique et qu'il avait en vérité fréquenté ce dernier pendant six ans plutôt que celui lui faisant face. C'était probablement une explication presque plausible pour expliquer un tel revirement !

« Quoi ? demanda Draco, en voyant l'expression choquée de son lié. Qu'est-ce que j'ai dit ?

-Tu veux t'excuser auprès de la famille Weasley ? dit Harry d'une voix presque aphone. Toi !

-Hé ! Je me suis excusé auprès d'Hermione. Elle te l'a dit, non ? Je sais que j'ai agis comme un con, ok ? J'ai été un sale morveux pourri gâté et je le sais. Je n'aurai pas présenté mes excuses si je n'avais pas été lié à toi, mais ils sont tes proches et tu les aimes. J'ai donc tout intérêt à faire amende honorable. Et je ne dis pas que je ne pense pas mes excuses ! Je les pense. Je suis conscient depuis… Quoi ? Ma sixième année, je pense ? Que j'ai agi comme un sale con arrogant et riche. Mais je projetais de faire comme si de rien était et d'ignorer les personnes que j'avais insultées jusqu'à ma mort ! Mais bon, comme on est lié… »

Harry ne put s'empêcher de rire en l'entendant. Draco tentait de se justifier et il paraissait horriblement gêné, d'autant plus qu'il rougissait de plus en plus face à son regard scrutateur. Bientôt, il n'y tint plus et éclata littéralement de rire.

« Quoi ? s'étonna Draco. Ça te fait rire, maintenant ! Qu'est-ce qu'il y a de drôle là-dedans ?

-Désolé, haleta Harry, cramponné à la table de la cuisine. Désolé, tu es juste… tellement drôle !

-Qu'est-ce qu'il y a de drôle dans mon envie de m'excuser auprès des Weasley ? »

Harry fut incapable de répondre pendant cinq bonnes minutes. Quand il se calma enfin, il avait les larmes aux yeux et de la buée plein ses lunettes.

« Désolé, dit-il en les enlevant, cherchant ensuite de quoi les essuyer. Merci ! »

Draco lui avait automatiquement tendu une petite serviette et il entreprit de frotter les verres de ses lunettes avec précautions.

« Alors ? demanda Draco. Pourquoi tu riais ? »

A la question, Harry rit à nouveau et Draco soupira d'impatience. Le brun se racla la gorge et s'excusa.

« Pour rien, en vérité. Tu étais juste tellement… comment dire ? Mignon, dans tes explications. C'était vraiment… Déstabilisant, attendrissant et… hilarant aussi. Désolé d'avoir ri…

-Attendrissant ? s'étonna Draco. On ne m'avait jamais qualifié ainsi… »

Harry remit ses lunettes et releva la tête. Il sursauta en voyant l'expression presque contemplative de Draco sur sa personne.

« Qu'est-ce que tu… »

Il se tut lorsque deux lèvres vinrent s'appuyer contre les siennes. Un frisson le parcourut de la tête aux pieds et il sentit vaguement son cœur accélérer avant qu'il n'ait le courage de se rapprocher nettement de Draco, répondant à son baiser avec un peu de timidité. Embrasser Draco était devenu si agréable. Il s'accrocha à lui avec bien plus de fougue qu'il ne s'y attendait, gémissant dans la bouche experte qui parcourait la sienne avec plaisir. Au pris d'un effort visible, Draco s'écarta de lui, soupirant.

« Tu ne me facilites pas les choses, hein ? dit-il en frottant son nez contre sa gorge dégagée. Mais j'ai du travail aujourd'hui… Et puis… nous avançons lentement, n'est-ce pas ? »

Il déposa un baiser dans sa gorge et Harry se colla totalement à lui, incapable de se maîtriser. Il ne pouvait tout bonnement pas nier combien il était attiré par le corps qui l'enlaçait avec tant de force et de domination. Il avait envie de s'y abandonner, comme le matin même, mais sa crainte était toujours là. Et puis… il avait une conversation importante à avoir avec Ron… Péniblement, il s'en écarta, conscient de son désir de rester.

« On se revoit ce soir, alors ? demanda-t-il, rougissant. Pour… Le rendez-vous ?

-Mhmm, répondit Draco en allant déposer un léger baiser sur son front. Comme d'habitude. Passe une bonne journée.

-Toi aussi… »

Ce fut avec difficulté qu'Harry s'arracha à lui pour quitter la maison de Greyback. Tant parce qu'il avait envie de rester avec Draco que parce qu'il craignait la discussion avec Ron. Mais quand il fallait, il fallait !

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Il avait été accueillit par deux Gryffondor particulièrement curieux. Ron lui avait à peine laissé le temps de s'expliquer. Il l'avait assis de force dans un des fauteuils de leur salon et avait commencé par un tonitruant : « Alors ? Comment ça c'est passé ? ».

Harry avait déglutit péniblement avant de commencer à raconter. Au début, il avait une voix un peu plus franche et assurée. Après tout, le début du rendez-vous était plus ou moins normal. Jusqu'à ce qu'il en vienne aux révélations de Ginny concernant sa vie sexuelle. Afin d'amoindrir la douleur, il tenta vaguement de faire passer la pilule en atténuant le tout. Disant qu'elle n'avait avoué avoir des relations qu'avec un ou deux garçons. Ensuite, il dit juste qu'elle lui avait lancé un sort – sans préciser lequel – et que Draco était alors intervenu. Puis, il révéla le dernier point. Le plus difficile.

Ron avait changé de couleur déjà bien avant. A la mention de la sexualité de sa sœur, il avait blêmit. Lorsque Harry dit qu'elle lui avait lancé un sort, il avait serré les poings et les dents, sans plus. Mais quand la nouvelle du bébé avait été prononcée, le visage de Ron fut envahit par une fureur sans nom et il devint si blanc qu'Harry craignit qu'il n'ait un arrêt cardiaque quelconque.

« Et ensuite ? demanda Hermione, ébahie par tant de nouvelles.

-Ben… Rien. Draco et moi sommes partis. Elle pleurait. On est rentré au village et j'ai… dormi chez lui…

-On avait remarqué, dit Hermione, un petit sourire ravi aux lèvres.

-Juste dormi ! » s'exclama Harry, rougissant et étrangement excité à l'idée qu'il aurait pu se passer autre chose.

Notamment dans le canapé, si Draco n'avait pas été si mesuré… Cette simple idée le terrorisait autant qu'elle l'excitait…

« Mais à quoi je pense alors que Ron est en train de vivre un des pires moments de sa vie ? »

Il revint au moment présent, serrant les accoudoirs de son fauteuil. Ron fixait le vide d'un air à la fois bouleversé et furieux. Au bout de ce qui sembla être une éternité de silence, il releva les yeux et regarda Harry.

« Comment Malfoy a-t-il pu le sentir ? dit-il.

-La Lycanthropie, intervint Hermione. Les loups-garous sont capables de sentir ce genre de choses. Lorsqu'une femme est enceinte, je veux dire. C'est un peu de la préservation. Pour exemple, aucun loup n'a jamais attaqué une femme enceinte. Ils jugent que la nouvelle vie est trop sacrée pour ça. C'est probablement ce qui a sauvé Ginny hier, d'ailleurs…

-Sauvé ? demanda Harry, étonné.

-Es-tu stupide ? demanda la jeune fille. J'ignore quel sort Ginny t'a lancé, mais il a été assez douloureux que pour pousser Draco à intervenir. Et si elle n'avait pas été enceinte, je ne doute pas un instant qu'il l'aurait tuée. Sur le champ ! Aucun loup n'accepte que quelqu'un face souffrir son lié. Le fait qu'elle soit enceinte l'a protégée de la fureur de Draco. Elle doit probablement sa vie à son bébé… »

Le silence accueillit cette révélation. Ron en était toujours à digérer que sa sœur était enceinte tandis qu'Harry prenait la mesure du danger qu'ils avaient évité grâce à la situation de la rouquine. Si Draco l'avait tué… Ok, elle méritait une punition pour lui avoir lancé un doloris, mais de là à la tuer… Il frissonna. Il n'avait pas encore conscience de ce que c'était, que d'être lié à un loup-garou…

« L'avenir me réserve des surprises, j'en suis persuadé… »

Pour autant, il n'avait pas peur. Il se sentait rassuré de se savoir ainsi en sécurité.

« Quel genre d'enfoiré suis-je exactement pour me complaire ainsi dans la protection de Draco ? »

Mais il ne parvenait pas vraiment à s'en vouloir… Le mouvement brutal de Ron le fit sursauter. Le rouquin s'était levé et se dirigeait vers la sortie.

« Où vas-tu ? demanda aussitôt Hermione en le suivant, Harry les imitant.

-Chez moi, répondit Ron. Je dois parler avec mes parents…

-Mais…

-Non ! claqua Ron en se retournant vers eux. Je sais que ce que nous faisons est important, mais… de toute façon, on ne fait rien, pour l'instant. On reste dans ce village à tourner en rond et à regarder Harry se faire draguer par Malfoy. Alors ce n'est pas que ça ne m'intéresse pas, tes histoires de cœur, mais j'ai plus important actuellement. Je dois parler avec ma famille de ce qu'il se passe pour Ginny. C'est très grave, ok ? Alors je vais rentrer. Je reviendrai dès que nous aurons réglé ça. Je suis désolé…

-Ne t'en fais pas, l'interrompit Harry. Je comprends. Vas-y, tu as raison. »

La colère de Ron sembla se calmer un peu et il regarda Harry avec beaucoup de reconnaissance.

« Ne faites rien de dangereux, dit-il. Ou prenez Malfoy avec vous… Je ne l'aime peut-être pas, mais c'est un loup-garou et il est fort… Et il est manifestement décidé à te protéger de tout, vu que tu es son lié, alors… Enfin, soyez prudents, d'accord ? »

Harry hocha de la tête.

« Je suis désolé, Ron, lui dit-il. Pour Ginny… »

Le rouquin eut un sourire désabusé.

« T'inquiète… Elle s'est mise toute seule dans cette situation, ce n'est pas comme si c'était ton bébé… On va régler ça en famille. Dès que la situation est clarifiée, je reviendrai. A bientôt ! »

Et sans attendre ni d'autres gestes d'adieu, il disparut dans un pop significatif. Derrière Harry, Hermione poussa un long soupir.

« Je vais être toute seule, maintenant, je suppose », dit-elle, soufflant.

Harry se tourna vers elle, surpris.

« Mais de quoi tu parles ? Je suis là, non ?

-Tu es avec Draco, dit-elle.

-Et alors ? demanda Harry. Ça ne m'empêche pas de rester avec ma meilleure amie. Je ne te laisserai pas toute seule ! »

Hermione haussa vaguement les épaules en réponse. Elle eut pourtant un petit air triste qui n'échappa pas à Harry. Ce n'était pas tant d'être toute seule qui la dérangeait… C'était surtout le départ de Ron. Pas dupe, Harry sourit avant de la prendre dans ses bras, à la grande surprise d'Hermione.

« Allons, il reviendra. Ne t'inquiète pas. »

Hermione hoqueta contre lui et hocha de la tête, enfouissant son visage contre son épaule.

« Je ne m'inquiète pas ! protesta-t-elle.

-Mais oui, c'est ça ! dit Harry, amusé. Allez, viens ! Si on allait voir comment va le polynectar ? »

Hermione renifla mais se laissa guider vers leur cuisine sans résister.

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Dans la serre numéro trois, Draco était plus préoccupé par les signaux envoyés par Harry que par les pommes de terre. Il en avait à peine déterré dix alors que Gabriel avait déjà un seau plein.

« Si tu continues de bailler aux corneilles, tu vas te faire…

-Dis donc, blondinet, tu comptes bosser un jour ? »

Draco reçut un vif coup de manche de pelle sur la tête, le faisant sursauter. Revenant à la réalité, il tourna la tête vers Derrick, le fermier responsable de la serre trois.

« Désolé, dit-il. Je m'y mets !

-Tu m'as déjà dit ça, y'a un quart d'heure. Active-toi, gamin. Sinon, potentiel ou pas, je te fous une rossée ! »

Draco leva les yeux au ciel. Pour autant, il ne provoqua pas Derrick. Il n'était peut-être pas un alpha, mais il avait une carrure plus que dissuasive, même pour lui.

« J'ai essayé de te prévenir, dit Gabriel, occupé à remplir son deuxième seau.

-Ouais, merci, dit Draco en se massant le crâne. J'étais un peu… distrait…

-Jolie façon de dire que tu espionnes les sentiments de ton lié. Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu le sentais à des kilomètres, quand tu es arrivé. Tu as couché avec à nouveau ?

-Non, répondit Draco en se mettant enfin au travail. On a dormi ensemble, seulement… »

Il eut conscience qu'il arborait un sourire niais et tenta de le faire disparaître, sous le rire de Gabriel.

« C'est mignon, lui dit ce dernier, moqueur. Et c'est tout ?

-Pour l'instant, dit Draco, ravi. Mais il se rapproche de moi. Je crois qu'il est amoureux, maintenant… C'est ce qu'il a dit à son ex, en tout cas…

-Tu crois qu'il est amoureux, maintenant, parodia Gabriel. Idiot, il l'est ! Sinon, le lien…

-Je sais ! coupa Draco, agacé. Ce que je veux dire, c'est que maintenant, il en a conscience. Avant, il se contentait de nier le truc… »

Gabriel leva les yeux au ciel et Draco grogna d'un air menaçant.

« Ne te moque pas de mon lié !

-Je ne le fais pas ! contra le plus jeune. Je te jure ! »

Draco le regarda d'une façon claire : il n'en croyait pas un mot mais il allait faire semblant, histoire d'éviter une scène quelconque qui leur ferait écoper de coup de pelle de la part de Derrick. Ils travaillèrent un long moment en silence puis Gabriel se racla la gorge.

« Et maintenant, qu'est-ce que tu comptes faire ? »

Draco se tourna vers lui d'un air interrogateur. Il avait de la terre sous les ongles à force de chercher après les pommes de terre et ça le dérangeait. Mais il savait qu'il n'avait pas vraiment le choix.

« A quel sujet ? dit-il, recommençant à chercher.

-Pour Potter, bon sang ! s'impatienta Gabriel. Qu'est-ce que tu vas faire ?

-Que veux-tu que je fasse ? demanda Draco. On avance petit à petit, c'est tout… »

Gabriel soupira en l'entendant.

« C'est bientôt la pleine lune, lui dit-il. Tu sais que tu vas devenir incontrôlable… »

Draco haussa les épaules.

« N'abuse pas…

-Je n'abuse pas, Draco, fit Gabriel. La dernière fois, tu étais chez Devis. Donc, tu ne risquais rien. Mais ici, tu seras près de lui. Plus la lune va grossir, moins tu vas te maîtriser. Tu risquerais de le viol…

-Jamais ! coupa Draco, fusillant son futur second du regard. Je ne ferais jamais une telle chose à Harry !

-Toi non… Mais le loup en toi le veut et tu le sais ! Les autres ne sont peut-être pas capable d'entendre ton appel désespéré, mais moi, oui ! Et Greyback aussi. Et probablement Rosalia aussi. Tu as tellement envie de lui que tu serais capable d'aller pisser autour de sa maison chaque nuit ! »

Draco roula des yeux en l'entendant.

« Ecoute, je me contrôlerai, ok ? La masturbation, ça n'existe pas que pour les chiens !

-Les chiens ne se masturbe pas, coupa Gabriel. Ils s'envoient en l'air sans s'inquiéter de la délicatesse de leur partenaire. Et c'est très exactement ce que tu risques de faire. Tu dois coucher avec lui avant que la lune ne soit à son trois quart, c'est-à-dire dans deux jours, sinon, tu vas lui sauter dessus et tu le sais ! »

Draco souffla. Il savait que plus la lune était proche, moins il serait humain. Et malheureusement, le loup et lui s'entendaient un peu trop bien. Ils voulaient tous les deux Harry. Ils voulaient tous les deux son corps, pour des raisons différentes. Draco le voulait parce qu'il le désirait. Le loup le voulait car Harry l'avait repoussé et il voulait lui montrer qui commandait dans la relation. Les deux mélangés pouvaient donner un cocktail explosif. Greyback l'avait déjà averti du caractère dangereux de sa possessivité et de sa domination… Mais il ne pouvait rien y faire… Il ne pouvait pas forcer Harry, encore moins en deux jours !

« J'irais chez Devis s'il le faut, dit Draco.

-Je ne pense pas que ça marchera maintenant que Potter a accepté votre relation. Tu pourrais très bien transplaner à la dernière nuit avant la pleine lune. Tu sais que celle là est la pire. C'est celle où, bien qu'encore humain, nous sommes les plus bestiaux… Couche avec ! Ce soir, ce serait le mieux ! Demain, tu seras déjà un peu plus violent…

-Merde, Gabriel, je ne le ferais pas ! J'irai chez Devis. Je sais qu'il m'acceptera. Je m'enfermerai dans une cave s'il le faut, mais je ne forcerais pas Harry !

-Et tu comptes faire ça chaque pleine lune ? Enfin, chaque veille. Parce que la pleine lune en elle-même, à pars veiller sur lui, tu ne feras rien…

-S'il le faut, oui !

-Mais ça veut dire que tu ne seras pas là avec la meute, encore une fois… Tu sais que tu en as besoin. La transformation va devenir douloureuse, sinon… Et lié ou non, tu pourrais céder à la folie !

-Il m'a accepté… Je ne tomberai pas là-dedans ! dit Draco. Maintenant, ramasse tes pommes de terre et fiche moi la paix ! »

L'ordre était trop clair que pour être ignoré. Gabriel serra les dents mais reprit son travail. Silencieux, Draco marmonnait. Il savait que le danger était réel. La veille, il avait déjà un peu perdu la tête dans le canapé. Il aurait été bien plus loin si l'inquiétude pour Harry n'avait pas été la plus forte…

« Mais je me contrôle, maintenant… Tout ira bien… Je n'aurai qu'à transplaner chez Devis… Demain matin ! Tout ira bien… »

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Le soir même, il eut pourtant la preuve que le danger était bien plus réel lorsque Greyback lui demanda s'il voulait vraiment voir Harry.

« Pourquoi ? demanda-t-il.

-Tu suintes, lui répondit l'alpha d'un air bourru.

-Suinte ? » demanda Draco, perplexe.

Il se sentait léger et extatique à l'idée de voir Harry bientôt. Le Gryffondor devait arriver dans moins de quinze minutes.

« Draco, tu as vu ta tête ? Et tes ongles ? »

Le blond leva la main et baissa les yeux vers elle. Ses ongles étaient très clairement bien plus lupin qu'humain. Etonné, il se dirigea vers un miroir et aperçut les oreilles habituelles du loup. Mais en plus de cela, ses dents et ses yeux avaient également changé.

« Merde, dit-il, passant un index hésitant sur une de ses canines. Qu'est-ce que…

-La pleine lune approche, indiqua Greyback. Tu es excité par elle et tu laisses place à l'animal plutôt qu'à l'humain… ça va être de pire en pire. Et Harry amplifie le phénomène… »

Draco le regarda d'un air inquiet. Les paroles de Gabriel lui revinrent et il frémit.

« Tu crois que c'est dangereux ? demanda-t-il à son aîné.

-Et bien, ça pourrait, dit Greyback, hésitant. Ce matin, tu as été assez maîtrisé, mais la nuit, ça augmente… Sans compter que la lune est de plus en plus ronde, alors ça n'aide pas… »

Draco baissa les yeux sur ses mains, étonné. Il souffla, tentant de se calmer. Peu à peu, ses ongles se rétractèrent pour prendre une apparence plus humaine. Il sentit également une démangeaison plus que révélatrice au niveau des dents, ce qui le rassura. Les oreilles et la queue, elles, demeurèrent en place.

« C'est le mieux que je puisse faire, dit-il.

-Tes yeux n'ont pas changé, signala Greyback. Ça risque d'être limite ce soir…

-Mais… je devrais le contrôler, non ? demanda Draco, angoissé brutalement. Je veux dire… le bien être du lié est toujours ce qui prévaut, non ? »

Greyback hésita.

« Je ne sais pas, dit-il. Je n'ai jamais été lié, comme tu le sais. Tu pourrais très bien perdre la raison et te jeter sur lui… Mais je pense que ça ira, ce soir. Par contre, demain, tu oublies. »

Draco hocha de la tête alors qu'un coup à la porte faisait brutalement ressortir ses dents et ses ongles.

« Merde ! », jura-t-il, tournant le dos à l'entrée.

La porte s'ouvrit et l'odeur le plia pratiquement en deux. Bon sang… Il avait totalement sous-estimé l'effet aphrodisiaque de l'approche de la pleine lune. On lui en avait parlé, mais il ne l'avait jamais pris au sérieux, sans doute parce qu'il ne l'avait pas ressenti lors de sa pleine lune chez Devis. Maintenant, la mésentente entre Harry et lui devait être l'explication principale à cette absence d'excitation.

« Il y a un problème ? demanda Harry en voyant Draco plié en deux dans le salon.

-Mal de ventre, on va dire, dit Greyback, amusé. Dites les gosses… Et si je restais avec vous, ce soir ? »

Harry le considéra avec stupéfaction.

« Et une sacré pointe d'ennui, réalisa Draco. Bon sang, il ne sait absolument pas dans quel pétrin il risque d'être… »

Pourtant, il sentit que peu à peu, son corps était en train de se calmer. La confiance totale qu'avait Harry en lui l'aidait grandement. Il ne pouvait pas lui faire le sale coup de le blesser, juste parce qu'il avait envie de lui !

Se tournant lentement vers Harry, Draco déglutit. Ses oreilles et ses yeux demeuraient ceux du loup, mais les autres attributs avaient disparu, à sa grande satisfaction.

« Tu peux y aller, dit Draco en regardant Greyback. Tout ira bien… »

L'alpha fronça les sourcils et hésita.

« Demain…

-Je sais, répondit Draco, l'interrompant. Mais ce soir, ça va… »

Greyback soupira et finit par partir d'un pas rapide.

« Oh, Potter. Si ça dérape, hurle, j'entendrais ! »

Et il referma la porte derrière lui.

« De quoi il parle ? demanda Harry en regardant Draco, sursautant ensuite face à son regard animal.

-De rien d'important, dit Draco. La pleine lune approche et ça me rend un peu ingérable, dit-il. Tu as sans doute du le voir aujourd'hui, si tu as vu quelques loups se balader…

-Et bien, c'est vrai qu'il y a comme une sorte… d'euphorie dans l'air, mais je n'avais pas pensé à ça… Le polynectar est bientôt prêt, d'ailleurs.

-Je sais, répondit Draco. Les dernières étapes sont liées à la pleine lune. Il devrait être prêt quelques jours après. Qu'est-ce que tu comptes faire avec ça ? »

Draco se dirigea prudemment vers un fauteuil, s'asseyant dedans. Ce dernier ne permettait pas que deux personnes s'y installent et Harry le considéra un instant avec surprise. Il alla s'asseoir dans le divan proche, mais la distance qui les séparait était sans doute la plus grande qu'ils aient eue entre eux depuis le retour de Draco au village. Mal à l'aise, Harry se mit pourtant à parler.

« Je dois récupérer un objet… à Gringotts. Dans le coffre de Bellatrix Lestrange. Alors j'ai pensé…

-Prendre son apparence ? demanda Draco, stupéfait. Et comment veux-tu avoir un cheveu de cette garce, exactement ?

-Et bien… Je… je pensais demander à Greyback, dit Harry. Tu crois qu'il peut…

-Probablement, coupa Draco. C'est dangereux, mais si quelqu'un peut t'avoir un cheveu, c'est bien lui… »

Draco resta un instant silencieux avant de le regarder.

« Je veux vous accompagner, dit-il. Quand vous irez là-bas…

-Mhmm, répondit vaguement Harry, gêné. Je me doutais que tu dirais ça…

-Tu acceptes ? demanda Draco. Je veux venir ! Je…

-Je voulais te le demander, en fait, répondit Harry. Tu… enfin, tu es bien plus au fait du comportement que Bellatrix Lestrange pourrait avoir, vis-à-vis des gobelins alors… »

Il détourna les yeux, gêné.

« Tu veux que je prenne son apparence, conclut Draco, surpris. C'est ça ?

-Si tu ne veux pas, je comprendrais ! dit précipitamment Harry. Mais comme je te l'ai dit, tu la connais mieux que nous… Enfin, c'est la sœur de ta mère et…

-Et je l'ai fréquenté bien plus que vous, je sais, dit Draco. Ne panique pas, c'est d'accord. Je le ferai…

-Vraiment ? S'étonna Harry.

-Oui, répondit Draco. Ainsi, au moins, tu… »

Il se tut brutalement, se mordant la lèvre. Dire une telle chose était tellement… romantique. Il préférait encore se taire !

« Je quoi ? demanda Harry.

-Rien, répondit Draco. Hum… Donc, on fera ça après la pleine lune, c'est ça ? Quand le… polynectar sera prêt… Je demanderai à Greyback, pour le cheveu.

-Je peux le faire, tu sais, dit Harry, soucieux de l'étrange comportement distant de Draco.

-Non, je le ferai. Ah ! Comment ça s'est passé, avec Weasley ?

-Il est parti, dit Harry. Il a dit qu'il devait régler le problème de Ginny avec sa famille, alors il est rentré chez lui…

-Compréhensible, dit Draco, pensif. Ça ne doit pas être facile… Pour lui, je veux dire. C'est ça petite sœur, après tout. »

Harry haussa un sourcil. Ok, il en était sûr, quelque chose clochait avec Draco.

« Qu'est-ce qui t'arrive ? demanda-t-il, plissant les yeux.

-De quoi ? demanda Draco.

-Depuis que je suis là, tu es bizarre. D'abord, tu parles par énigme avec Greyback… Ensuite, tu t'assieds le plus loin possible de moi et enfin, pour terminer, tu me parles de Ron ? »

Draco gigota sur place. L'attraction qui émanait d'Harry lui semblait horriblement difficile à combattre. Ou plutôt non… C'était l'entêtement du loup en lui qui était dur à combattre.

« Tu n'as jamais été aussi distant, sauf quand on s'est revu chez Devis, et encore… Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai fait quelque chose ? Même le lien à l'air de me dire de partir… »

Draco le regarda avec une pointe d'angoisse. Pourquoi Harry s'était-il assis dans le canapé ? C'était principalement le pire endroit… Il pourrait si facilement l'y coucher… Et la voix de Gabriel qui ne cessait de l'inciter à agir…

« Couche avec ! Ce soir, ce serait le mieux ! Demain, tu seras déjà un peu plus violent… »

Se mordant la lèvre, Draco gémit en sentant un croc aiguisé lui percer la peau.

« Merlin, Draco ! s'exclama Harry en se levant brutalement, s'approchant de lui presque en courant.

-Non ne… »

Mais il n'eut pas le temps de parler. Harry était juste devant lui, entre ses cuisses. Il avait posé une main sur son épaule et une autre avait saisi son menton pour regarder la lèvre ensanglantée.

« Tes dents, murmura Harry. Mais qu'est-ce que tu as ? Tu es… plus loup que tu ne l'as jamais été en ma présence… »

Draco avait fermé les yeux et tentait vainement de résister, les poings serrés. Mais quand il les rouvrit et qu'il croisa les yeux inquiets d'Harry, il gémit.

« Eloigne-toi, chuchota-t-il. C'est dangereux…

-Dangereux ? demanda Harry en le regardant. Pourquoi…

-La pleine lune, murmura le blond, tentant de résister. Elle est dans trois jours… Et… le loup est de plus en plus fort…

-Mais tu es un alpha ! dit Harry en se redressant, s'éloignant doucement. Tu te contrôles, non ? »

Draco se sentit réagir à l'éloignement d'Harry et se leva à son tour avec lenteur, à sa grande horreur.

« Je le contrôle pour pratiquement tout, dit-il. Sauf pour toi. »

Harry fronça les sourcils, se figeant.

« Moi ? » dit-il.

Draco s'approcha encore de lui, une partie de lui pleinement satisfaite qu'il se soit arrêté.

« Draco, qu'est-ce que tu veux dire ? demanda le brun, inquiet. Tu vas bien ? »

En réponse, le blond lécha sa lèvre blessée. Le goût du sang le fit frémir et il laissa échapper un grognement qui n'avait rien d'humain.

« Bien, dit-il en fixant Harry avec un regard si chaud que le brun en frémit. Je vais… vraiment bien… »

Même sa voix semblait plus rauque et Harry eut l'envie brutale de se rapprocher de lui. Pourtant, il eut conscience que s'il le faisait, il risquait de le regretter amèrement. Alors il resta totalement immobile, l'impression étrange d'être face à un animal féroce bien implanté dans son cerveau.

« Draco…, dit-il. Qu'est-ce qu'il t'arrive, exactement ? »

Le blond inclina la tête sur le côté. Il continuait de le fixer comme s'il était une pièce de viande particulièrement juteuse et Harry tremblait légèrement. Pour autant, ce n'était pas de peur. C'était de l'excitation. Jamais personne ne l'avait regardé ainsi… Et surtout, ça lui rappelait cette nuit là. La seule qu'ils avaient partagée ensemble.

« Dra…

-Salut les jeunes ! »

Harry et Draco sursautèrent alors que la porte de la maison s'ouvrait, libérant un Greyback souriant.

« Draco, tu suintes à des kilomètres, dit-il en remuant la main devant son nez. Harry, je te conseille de rentrer chez toi. Je pense que tu ne reverras pas Draco avant le lendemain de la pleine lune, ça vaut mieux…

-Quoi, mais…

-Pas de mais, pars », coupa Greyback assez froidement.

Draco reprenait peu à peu le contrôle, mais il fixait alors Greyback avec une colère manifeste. Un peu gêné, Harry obéit, bien qu'il lançât un regard angoissé à Draco.

« Est-ce qu'il…

-Tu le verras demain, coupa l'alpha. En plein jour, c'est mieux. »

Harry hésita puis hocha doucement de la tête. Il regarda une dernière fois Draco qui lui tournait alors le dos. Il y avait tant de rejet en lui qu'Harry s'en sentit immédiatement blessé.

« Qu'est-ce que j'ai fait ? Pourquoi est-ce qu'il me rejette ainsi ? »

Perplexe, Harry s'apprêtait à sortir lorsqu'il entendit Greyback grogné d'un air menaçant. Il eut tout juste le temps de se retourner avant de voir que l'alpha s'était transformé et empêchait Draco de l'approcher.

« Mais je ne veux rien lui faire ! dit Draco, l'air déchiré. Il souffre à cause de moi, laisse-moi passé ! Je ne ferais rien, je le promets ! »

L'alpha grogna encore, mais il s'écarta. Il savait qu'il ne devait pas intervenir dans la relation unissant Draco et Harry, mais savait aussi que le blond s'en voudrait toute sa vie s'il laissait le loup prendre le dessus pour leur « première » fois. Prudemment, Draco s'approcha d'Harry qu'il enlaça, inquiet.

« Pardon, murmura-t-il contre lui en caressant ses cheveux. Je ne te rejette pas, Harry, mais la situation est dangereuse… Il vaut mieux pour ta sécurité qu'on ne se voit plus pendant un moment…

-Quoi ? demanda Harry, étonné. Mais… Pourquoi, je pensais…

-Ecoute ! supplia presque Draco, les dents serrées. Je t'expliquerais tout après la pleine lune, mais… Ne viens plus me voir en attendant. Désolé ! »

Il tenta de s'en éloigner mais en sentant le soudain sentiment d'inquiétude de Harry, mélangé à une pointe d'angoisse, il ne put s'empêcher de le ramener contre lui, son visage allant se perdre contre sa gorge. Sa langue sortit tout naturellement et alla lécher la peau blanche et si tentante. Harry se crispa contre lui, mais pas de crainte, de plaisir. Draco gémit en le sentant et il l'aurait probablement déshabillé avec fureur si Greyback ne s'était pas rappelé à eux en hurlant bruyamment. Ainsi rappelé à l'ordre, Draco s'écarta brutalement de son lié, la respiration haletante et le visage de nouveau marqué par la lycanthropie.

« Va-t-en, maintenant… On se revoit dès que la pleine lune sera passée, je te le promets… »

Harry ouvrit la bouche, mais il la referma en lisant l'inquiétude dans le regard animal. Résolu, il tourna les talons et referma la porte. Draco entendit longtemps ses pas s'éloigner et il fut torturé longtemps encore par la peine de son lié.

« Il comprendra, lui dit Greyback, redevenu humain.

-Et il me méprisera probablement pour ma faiblesse, murmura Draco. Je veux aller chez Devis… Je sais qu'il arrivera à me contenir.

-Comme tu préfères, répondit Greyback. Toutefois… Tout serait plus simple, si tu le…

-Quand il sera prêt, répondit Draco avec agacement. Je pars ce soir ! »

Et sans attendre, il quitta la pièce.

oOo

Hermione avait parut stupéfaite de le voir rentrer si tôt. Les yeux écarquillés, elle fixait son meilleur ami à l'air chagriné.

« Mais… Il n'est que 21 heures… Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Il ne veut pas me voir ce soir, apparemment, dit amèrement Harry. Il se passe quelque chose que tous les loups-garous semblent savoir sauf moi ! »

Agacé, il alla se jeter dans le canapé avec rage. Il était d'autant plus frustré que la sensation d'envie perdurait. Il attendait ce rendez-vous impatiemment toute la journée et voilà qu'il lui était brutalement enlevé, sans raison ! Sans aucune explication, juste des phrases mystérieuses et énervantes ! Il détestait ça. Ça lui rappelait Dumbledore et ses manières sournoises…

« Harry, dit précautionneusement Hermione. C'est bientôt la pleine lune…

-Et alors ? demanda-t-il, agacé, en se tournant vers elle. Qu'est-ce que ça peut foutre ? Il se contrôle, non ? »

Hermione rougit face à la candeur de son meilleur ami. Elle soupira et secoua la tête.

« Le professeur Guilbert a tout fait à moitié, apparemment… mais ça ne m'étonne pas, il est coincé, ça se voit… Harry, les loups liés sont différents à l'approche de la pleine lune. Ils sont plus… Excités. »

Harry haussa un sourcil. Puis, se souvenant du regard chaud de Draco sur lui, il rougit.

« Quand tu dis exciter, tu veux dire…

-Oui, Harry, répondit Hermione. Ils désirent et font l'amour avec bien plus de vigueur que n'importe quel humain. Et plus la lune est présente, plus leur fougue est grande… »

Le visage d'Harry était devenu incandescent. Il revoyait avec quelle passion les yeux de Draco s'étaient posés sur lui. La façon lente et sensuelle de sa démarche alors qu'il approchait de lui. La manière dont la langue de son lycanthrope s'était glissée sur sa gorge, désireuse, presque perverse…

« Par Merlin, dit-il. Mais pourquoi personne ne me l'a dit ? Draco devait…

-Ne pas s'y attendre, coupa Hermione. Lors de la dernière pleine lune, il était chez Devis… Et tu l'avais repoussé. Il n'a donc pratiquement pas été touché par les effets de la lune montante. Ici, c'est différent. Tu l'acceptes, même si tu n'es pas… hum… disposé à partager certaines choses avec lui. Et donc, il te désirs. Ça doit être d'autant plus fort que le loup doit vouloir… euh… bref.

-Vouloir quoi ? » demanda Harry.

Hermione rougit, ce qui stupéfia le Gryffondor.

« Et bien, il doit vouloir… Te dominer. Montrer qui commande… euh… enfin… réaffirmer sa domination sur toi, ton appartenance… Enfin, tu comprends… »

Harry resta figé un long moment avant de déglutir. Ceci expliquait pourquoi Draco s'était éloigné de lui avec inquiétude.

« Une fois encore, il me protège… »

Malgré lui, Harry sourit.

« Bref, tu ne le verras sûrement plus jusqu'au lendemain de la pleine lune, lui dit la jeune fille.

-Hum », dit Harry, une moue agacée sur les lèvres.

Hermione ne put s'empêcher de rire en la voyant.

« Tu es amoureux de lui, n'est-ce pas ? dit-elle, le faisant sursauter puis rougir.

-Je crois, oui, répondit-il.

-Il n'y a pas de mal, Harry, dit-elle. J'en suis même plutôt contente, en fait.

-Contente ? demanda-t-il.

-Comme je te l'ai dit, il n'y a pas plus éternel que l'amour d'un loup-garou… Et bien, avant de venir au village, je ne t'aurais pas félicité, mais maintenant que je les connais un peu mieux… Je suis vraiment contente pour toi… »

Harry eut un vague sourire. Il s'avachit à nouveau dans le canapé, regardant le plafond.

« C'est allé si vite, murmura-t-il.

-N'essaye pas de comprendre, lui répondit son amie. Il n'y a rien de logique, dans l'amour… Et puis… Tu l'aimais déjà avant. Tu étais juste trop bouché que pour t'en apercevoir…

-Faut-il que je sois masochiste pour tomber amoureux d'un tel crétin… »

Hermione rit en l'entendant.

« Oui, je ne te le fais pas dire… mais regarde-moi, je ne suis pas mieux, avec Ron. »

Harry tourna la tête vers elle, un léger sourire aux lèvres. Il regarda à nouveau le plafond et soupira.

« Tu crois… que je suis égoïste ? demanda-t-il.

-Egoïste ? demanda Hermione. Comment ça ? »

Harry resta longtemps silencieux avant d'oser parler.

« Si je couchais avec lui… il n'aurait pas à souffrir d'avantage. »

Hermione resta silencieuse un long moment. Elle soupira tout en regardant l'âtre.

« Tu en as envie ? demanda-t-elle.

-Oui, répondit Harry. Mais… ça m'effraie un peu. De faire ça avec un homme, je veux dire… »

Hermione sourit en l'entendant.

« Je me doute », dit-elle.

Elle resta silencieuse un moment puis murmura :

« Teste toi…

-Hein ? dit Harry, la regardant avec stupéfaction.

-Oui, tu sais… »

D'un mouvement de doigt, elle parvint à choquer Harry jusqu'à la fin de ses jours.

« Hermione ! dit-il, mortifié. Enfin, tu n'es pas sérieuse !

-Si, répondit son amie. Essaye, si c'est ça qui te fais peur !

-Mais je ne…

-Je ne te dis pas de faire ça maintenant et ici, Harry. Mais essaye. Ça te rassura peut-être ! »

Elle se leva ensuite et quitta la pièce. C'était une chose d'insinuer à Harry qu'il devait se caresser, s'en était une autre d'assumer son regard innocent perturbé.

« Vraiment, aucun homme n'est aussi innocent à son âge ! Est-il normal ? », marmonna-t-elle en montant à sa chambre.

Resté seul dans le salon, Harry se recoucha pour admirer à nouveau le plafond. L'idée d'Hermione n'était pas mauvaise, mais il n'avait pas vraiment envie d'essayer ça… Non pas que ça le dégoûtait, mais ça n'avait pas de sens, tout seul… Il rougit sur cette pensée.

« Suis-je juste complètement pervers, maintenant ? »

D'un mouvement souple, il se releva. La boîte en fer sur la cheminée attira son regard et Harry soupira. L'horcruxe était mis bien en évidence, non protégé. Ils avaient un peu hésité avant de l'y mettre, mais vu l'air rebuté de tous les loups lorsqu'ils le portaient, ils préféraient le tenir éloigné d'eux. Mais le principal problème était qu'ils ne savaient comment les détruire.

« Si nous avions au moins l'épée de Gryffondor… »

Soupirant, Harry sortit du salon pour gravir les escaliers menant à l'étage. Maintenant qu'il n'avait plus le rendez-vous avec Draco, il se sentait un peu fatigué et ennuyé. Hermione avait fui à cause de la conversation gênante et lui-même ignorait quoi faire pour occuper sa soirée.

Agacé, il trouva refuge dans sa chambre. En regardant par la fenêtre, il vit clairement la lune briller.

« Enfoirée, tout est de ta faute ! »

Il ferma les rideaux avec rage. Puis, hésitant, il se jeta dans son lit, enserrant son coussin dans ses bras. Ils n'allaient plus se revoir avant la fin de la pleine lune, soit dans trois jours…

« Ce n'est pas la mort, j'y survivrais… Bordel, je suis pire qu'une gamine ! »

Il enfonça son visage dans son oreiller, énervé. Il lui fallut un bon moment avant que sa colère ne s'efface. Et c'est sans s'en apercevoir qu'il s'endormit.

Il fut étonné d'ouvrir les yeux sur un salon qu'il connaissait bien. Rien n'avait changé dans la maison de Devis. La décoration était toujours un savant mélange entre modernité et passé. Il y avait toujours cette atmosphère un peu lourde et angoissante ponctué d'un confort chaleureux apporté par les tapis, coussins en surnombre et fauteuils confortables. Et surtout, il y avait toujours Devis, petit homme éternel exubérant et dangereusement meurtrier.

« Je ne pensais pas te revoir si vite ! Tu veux encore que je brise le lien entre Harry et toi ? Avec Alrick qui est là, ça risque d'être difficile… Il déteste que je torture les gens… »

Ledit Alrick lança à son amant un regard énervé.

« Non, ce n'est pas ça, dit Draco avec un léger sourire. Je te demande juste l'asile jusqu'à ce que la pleine lune soit passée…

-Oh ? demanda Devis. Pourquoi ? Perte de contrôle sexuelle ?

-Si tu connais la réponse, pourquoi tu poses la question ? demanda Draco, le rouge aux joues. Être proche d'Harry est dangereux. Je ne voudrais pas lui faire du mal accidentellement. Alors si tu voulais bien…

-Evidemment ! dit Devis. Dois-je t'aménager une salle particulière ? »

Draco hésita. Il poussa un soupir et hocha de la tête.

« S'il n'y avait eu ce soir, je t'aurai dit non… Mais j'ai bien mesuré le danger, après le rendez-vous de ce soir. Alors oui, j'apprécierai…

-La totale ? demanda Devis.

-Oui. »

Le vampire hocha de la tête et quitta la pièce sur un « je m'en occupe tout de suite ! ». Resté seul avec Alrick, Draco regarda ce dernier et sourit.

« Vous l'aimez beaucoup, n'est-ce pas ? dit-il. Pour supporter toutes ses idées un peu dangereuses…

-Beaucoup trop, répondit le calice. Je savais lorsque j'ai choisi d'être son calice que j'allais devoir surveiller un vrai petit démon, cependant. Alors je n'ai pas trop à me plaindre… »

Draco sourit en l'entendant. Il regarda le feu dans la cheminée, mais aussi les quelques décorations de Noël qui étaient apparues.

« Vous fêtez Noël…

-Chaque année. Devis y tient comme à la prunelle de ses yeux. »

Draco rit en l'entendant. Il imaginait sans mal son ancêtre avec un chapeau rouge et blanc. Alrick esquissa un sourire, suivant sans doute l'ordre de ses pensées.

« Pourquoi ne pas simplement coucher avec votre lié ? demanda Alrick, faisant sursauter Harry comme Draco.

-Il n'est pas prêt, dit le blond.

-Mais vous l'avez déjà fait, non ?

-Sous le coup de l'alcool, répondit Draco, un léger sourire aux lèvres. C'était… instinctif et incontrôlé de notre part. Ici… ce sera différent. Nous le voudrons tous les deux. Et je ne veux pas le forcer juste parce que mon loup veut montrer sa dominance. Ou parce que la présence de la lune me rend légèrement pervers…

-Légèrement, répéta Alrick d'un air amusé. Pourquoi ne pas le saouler à nouveau ? »

Draco le regarda d'un air surpris puis éclata de rire.

« Vous n'êtes pas avec Devis pour rien, vous ! dit-il. Ce serait lui manquer de respect, tout simplement. Et puis… J'aimerais pouvoir faire l'amour à mon lié sans me servir de l'alcool à chaque fois ! »

Le calice rit en l'entendant. Harry souriait lui aussi, amusé.

« Comme si je me serais laissé faire, dit-il en allant s'asseoir sur l'accoudoir du fauteuil de Draco, satisfait d'être proche de lui malgré son éloignement forcé.

-La pièce est prête ! dit Devis en entrant à nouveau. Pour cette nuit, ta chambre suffira. Mais demain, si tu sens que tu craques…

-J'irai dès demain, répondit Draco. Je ne craquerai peut-être pas demain, mais quand la lune sera à son trois-quarts, si. Je ne veux pas prendre de risque.

-Quel compagnon attentif, se moqua Devis, amusé.

-Fous-toi de ma gueule, vas-y, répliqua Draco, agacé. Bref ! Je vais aller dormir… Tant que je le peux encore ! »

Devis et Alrick lui souhaitèrent une bonne nuit et Draco grimpa à l'étage rapidement. Il rentra dans sa chambre, soupirant en la revoyant.

« Je ne pensais pas remettre les pieds ici si tôt », marmonna-t-il en regardant le large lit que Devis lui avait donné.

Sans autre forme de procès, il détacha lentement sa chemise qu'il jeta négligemment sur une chaise posée contre un mur. Harry le regarda faire, pensif. Il observa chaque centimètre de peau blanche qui se révélait avec une pointe d'envie et de satisfaction. Draco était vraiment incroyablement beau… Le concerné frissonna et se figea alors qu'il allait baisser son pantalon.

« Foutu rêve, dit-il. Tu es là, n'est-ce pas ? »

Harry ne répondit pas. Ça ne servait à rien, Draco ne le percevrait pas. A la place, il s'approcha de lui et tendit la main. Cette dernière le traversa aussi la recula-t-il, faisant passer sa présence fantomatique le long du ventre de Draco. Ce dernier ne bougeait pas, les yeux clos. Harry aurait pu penser qu'il savourait son contact, mais il savait qu'il ne pouvait rien sentir. Il continua de passer sa main le long du ventre qu'il ne pouvait percevoir, remontant jusqu'à son torse, descendant le long des côtes.

« J'ai envie de te toucher vraiment, murmura Harry. Je suis juste un peu effrayé à l'idée de faire ça… Mais pour la prochaine pleine lune, tu n'auras pas à t'isoler, je te le promets… »

Draco ne l'entendait pas. Il respirait calmement, mais certains attributs lycanthropes étaient ressortis, telles que ses oreilles, ses dents ou sa queue. Harry s'éloigna un peu, le regardant, immobile dans l'obscurité légère de sa chambre. Après un long moment, Draco soupira et entreprit de se déshabiller totalement. Harry suivit chaque mouvement avec envie. Peu importe son angoisse, il savait qu'il ne tiendrait plus très longtemps. Bientôt, il cèderait à son envie et à celle de Draco.

oOo

Dès le moment où Draco s'était endormi, Harry avait regagné des rêves plus normaux, plus flous. Il n'avait pas rêvé de Voldemort, ce dont il était reconnaissant au hasard. Le lendemain matin, il était en train de déjeuner lorsque Greyback leur rendit visite, à leur grande surprise. Il venait simplement dire à Harry que Draco serait chez Devis jusqu'au lendemain de la pleine lune, ce à quoi Harry répliqua qu'il le savait, vu qu'il avait rêvé de lui cette nuit. L'alpha eut un sourire moqueur en l'entendant dire ça mais ne commenta pas.

« Si vous désirez aller le voir le soir de la pleine lune, vous pouvez… ça apaisera le loup en lui et surtout, ça lui permettra de passer une meilleure nuit. Du fait de la différence d'espèce, il ne pourra rien vous faire, cette nuit là. »

Harry avait rougit sous l'insinuation mais hoché de la tête. Il avait déjà pensé à cette éventualité. Bien qu'il ait la possibilité de voir Draco dans ses rêves, il ne le revit que la veille de la pleine lune. Manifestement, le jeune homme avait dormi avant ou en même temps que lui la nuit précédente, ce qui frustrait Harry bien plus qu'il ne le pensait. Quand il le revit, pourtant, il eut un frisson d'horreur pure. Draco était attaché à un petit lit, le corps tremblant. Des chaînes entravaient ses poignets et chevilles, mais aussi sa taille. Le corps couvert de sueur, le loup-garou poussait de petits gémissements révélateurs. Harry se sentit rougir en le voyant dans un tel état. C'était d'autant plus gênant que le blond prononçait parfois son nom alors qu'il esquissait des mouvements de hanches plus qu'évocateurs. Sans compter la déformation visible de son pantalon au niveau de l'entrejambe.

Mais plus inquiétantes étaient les marques que les chaînes faisaient aux poignets et aux chevilles de Draco. Elles semblaient littéralement brûlées. Harry s'était approché du corps tendu du lycanthrope et le regardait avec horreur lorsque la porte s'ouvrit sur un Devis à l'air étrangement serein. Il transportait un seau de glaçon qu'il traîna jusqu'au lit.

« Alors ? demanda-t-il. Ça va ?

-J'ai l'air… d'aller ? demanda Draco en gémissant presque. Bon sang, c'est tellement…

-Tu suintes, dit simplement Devis en soulevant le seau de glaçon qu'il déversa sur Draco, ce dernier hoquetant de surprise. Tu sens le sexe à des kilomètres, sans vouloir paraître désagréable. Ça m'excite et Alrick se demande si je ne suis pas fou moi aussi…

-Désolé, geignit Draco. Merci pour les glaçons.

-Mhmm, répondit le vampire. Vivement demain, hein ?

-A qui le dis-tu », haleta Draco.

Devis regarda les traces laissées par les chaînes. Il tendit la main et caressa les marques avec un soupir.

« L'argent n'est sans doute pas la solution la moins douloureuse, mais au moins, il te prive de ta force lycanthrope. Tu auras des marques pendant plusieurs jours…

-Je sais, dit Draco, de la sueur coulant le long de son front malgré la fraîcheur de la glace. Mais c'est… mon choix… »

Il poussa un petit gémissement plus fort et son corps sembla être soudainement pris de convulsion. Harry rougit lorsqu'il comprit qu'il venait simplement de se laisser aller dans son pantalon.

« Quand la lune se sera couché, je t'amènerai de quoi te laver, dit Devis. Je pense que je pourrais te détacher sans trop de danger demain matin… Mais tu resteras enfermé ici ! »

Le blond approuva, le corps tremblant sous la jouissance qu'il venait de ressentir.

« Je n'ai jamais… Désiré quelqu'un ainsi, gémit-il. C'est insupportable !

-Dis-toi qu'avec un peu de chance, tu pourras assouvir ce désir à la prochaine pleine lune. Ça risque d'être très chaud, entre vous…

-Pitié, tais-toi… »

Harry écarquilla les yeux en constatant que Draco était de nouveau excité. Le simple fait de l'évoquer avait suffit. Il rougit en imaginant lui aussi la nuit que cela promettait d'être, chaque mois. Etait-ce pour cela que Remus avait tant honte d'être un loup-garou ? Etait-ce ainsi pour tous ou juste pour les liés ? L'inquiétude pour Draco s'accrut d'avantage. Le jeune homme sanglotait presque dans son désir. Inquiet, Harry s'assit près du lit alors que Devis ressortait avec un « Courage ! Je te rapporte de la glace dans une heure ! ».

Les petits cubes roulaient le long du corps vêtu de Draco alors que ce dernier gigotait dans tous les sens, se blessant d'avantage aux poignets. Harry poussa un soupir.

« Tu aurais du me dire que cela allait arriver. Si pas toi au moins quelqu'un qui était au courant. Peu importe ma stupide peur, je t'aurai donné ce que tu voulais, tu sais ? »

Il se tut, sachant pertinemment que Draco ne l'entendait pas. Il devina également que oui, Draco savait qu'Harry lui aurait cédé s'il avait été averti. Et c'était probablement une des raisons qui l'avait poussé à ne rien dire.

« Tu me protège de tout, donc… Même de toi, hein ? »

Il sourit doucement et appuya sa tête sur le lit.

« Je t'aime beaucoup trop pour mon bien et tu empires les choses à chaque fois que tu fais ce genre de chose… »

Les gémissements de Draco lui répondirent et Harry frissonna. Il resserra ses cuisses, lui-même excité par la situation. Ecarquillant les yeux, il eut un large sourire et se redressa.

« Je vais venir, Draco, dit-il, soudain décidé. Je vais t'aider ! »

Et il fit tout ce qu'il pouvait pour se réveiller. Cela lui prit du temps, pourtant. Avoir conscience de dormir et vouloir s'éveiller demandait beaucoup d'énergie et ce ne fut qu'une demi-heure plus tard qu'il y parvint. Haletant dans son lit, il fut légèrement gêné par l'érection tendant son sous-vêtement. Pourtant, il se leva avec raideur et se décida à simplement enfiler une robe de sorcier d'hiver. Ensuite, il quitta sa chambre presque en courant. Mais quand il entra dans le salon, il fut choqué d'y voir Greyback.

« Qu'est-ce que tu…

-Il m'a demandé de t'en empêcher, dit simplement l'alpha en le regardant avec ennui.

-Hein ? dit Harry, étonné.

-Draco, précisa Greyback. Il m'a demandé de t'empêcher de le rejoindre si jamais tu rêvais de lui et que tu décidais de le rejoindre. »

Harry resta un instant figé, son corps se refroidissant à ses mots.

« Quoi ? Dit-il. Mais pourquoi ?

-Parce qu'il ne veut pas que tu agisses par pitié. Il ne veut pas que tu te donnes à lui parce que tu es désolé de le voir souffrir. Et il ne veut pas non plus que votre « première fois », comme il dit, se passe dans la violence.

-Mais ça n'a pas à se passer dans la violence ! dit-il, choqué.

-Si tu y vas maintenant, ça se passera dans la violence. La lune est presque pleine et il ne se contrôlera pas. Il te prendra comme une bête, sans s'inquiéter… Et tu n'es pas encore en mesure de le supporter, crois-moi ! »

Harry resta figé un long moment. Il soupira et alla se laisser tomber dans le fauteuil face à celui de Greyback.

« Mais il souffre, dit-il. Il a terriblement mal et je…

-Tu ne feras qu'empirer les choses. Je sais ce qu'il fait actuellement. Il s'est attaché avec des chaînes en argent. Elle annihile sa force animale et l'empêche donc de se ruer hors de la maison de Devis pour te rejoindre. Mais si tu vas là-bas… il n'aura besoin que de ton parfum pour devenir complètement fou. Il arracha les chaînes, qu'importe leur qualité d'argent. Et crois-moi, rien ne l'empêchera de te posséder, pas même tes cris. Tu comptais faire quoi ? Profiter du fait qu'il est attaché pour coucher avec lui en toute sécurité ? Mais ça ne marchera pas, crois-moi. »

Harry avait blêmit en l'entendant. Il avait sous-estimé la bestialité des loups-garous.

« Ne nous prends pas pour de gentils animaux de compagnie, Harry. Nous sommes des animaux, des loups. Même si pendant 29 jours sur le mois, nous avons une apparence humaine, nous demeurons ce que nous sommes. Lupin l'a bien compris. C'est ce qui fait qu'il me hait tant… »

Harry écarquilla les yeux en l'entendant. Est-ce qu'il allait enfin savoir… ?

« Remus, murmura-t-il. Il vous hait parce que…

-Parce que je l'ai mordu, tout simplement, répondit Greyback en le fixant droit dans les yeux. Qu'importe qu'il ait été un enfant, il m'a détesté pour ça. Je n'ai pas eu le temps de le prendre sous mon aile pour lui enseigner la vie d'une meute. Ses parents sont arrivés et m'ont attaqué… Je n'ai jamais pu l'éduquer. Il a appris seul. Il a souffert seul. Les loups solitaires sont les plus difficiles… Remus n'était pas un alpha, heureusement. Mais ça n'a pas rendu les choses faciles pour lui pour autant. Il a appris seul à ne pas pouvoir se lier aux gens comme les autres. Il a du vivre avec son seul instinct pour guide. Ça n'a pas du être facile pour lui. »

Greyback eut un sourire amer.

« Et il fait encore face seul à sa bestialité actuellement. Il s'est lié à cette jeune femme, cette Tonks. Je le sais. Je continue de suivre mon louveteau, malgré lui. Je suis heureux pour lui, ne te méprends pas. Mais je sais d'avance qu'actuellement, il s'est isolé loin d'elle, tout comme Draco l'a fait de toi, parce qu'il n'accepte pas le désir bestial qu'il a pour elle à l'approche de la pleine lune. »

Harry frissonna en imaginant Remus dans la même situation que Draco. S'imposait-il réellement ça ? Il avait du mal à comprendre…

« Mais… il serait plus heureux s'il vivait avec vous, non ? Juste par haine il…

-Oui, coupa Greyback. Il me hait tellement qu'il préférait mourir plutôt que de me rejoindre. Aux yeux de Remus, je ne suis pas un loup-garou solitaire plongé dans une folie momentanée due à la solitude. Je suis le monstre qui a gâché sa vie. Je suis le monstre qui a fait de lui un animal plutôt qu'un homme. Il n'a jamais accepté le loup en lui et ne l'acceptera jamais. C'est ainsi qu'il a été éduqué. Je croyais que Draco ferait pareil, d'ailleurs. Mais Merlin soit loué, Lucius lui a inculqué le bon sens qu'il manque à sa mère. Ça l'a aidé à s'accepter. Tu l'y aides aussi, à ta façon. Lorsque tu l'as rejeté, tu l'as fait pour l'humain, non pour le loup et il l'a bien compris. Et lorsque tu l'as accepté… Tu l'as fait pour l'humain et pour le loup. Tout comme ce soir, tu t'apprêtais à faire une grave erreur pour l'homme et le loup. Pour les soulager tous les deux du désir destructeur qu'ils ressentent pour toi. Mais crois-moi, aucun des deux ne sera heureux de se satisfaire ce soir, si tu les rejoins. Ils se détesteront tous les deux de t'avoir fait du mal. Reste éveillé si cela peut t'aider à supporter ça. Je peux te tenir compagnie… »

Harry resta silencieux un long moment puis hocha négativement de la tête.

« Si Draco souffre, je préfère être près de lui. Même si c'est juste en rêve », dit-il.

Greyback eut un sourire en l'entendant. Un sourire animal. Harry frissonna en le voyant. Lui aussi était affecté par la rondeur de plus en plus forte de la lune.

« Tu es un bon compagnon, lui dit l'homme. Il a vraiment bien choisi. »

D'un mouvement lent, l'alpha se leva et se dirigea vers la sortie. Avant qu'il n'ouvre la porte, Harry se décida à demander.

« Greyback, dit-il. Pensez-vous qu'il soit possible que… Vous me rameniez un cheveu de Bellatrix Lestrange ? »

L'homme se tourna vers lui d'un air surpris puis jeta un coup d'œil vers la cuisine où il savait le polynectar occupé à bouillir lentement.

« Toute une poignée si tu veux, gamin », dit-il, un sourire presque mesquin aux lèvres.

Harry eut un sourire en l'entendant et le remercia. L'alpha se contenta de sortir. Resté seul, Harry soupira. Il regarda le plafond à nouveau et s'endormit dans son fauteuil sans s'en rendre compte, rejoignant son loup-garou torturé.

oOo

La nuit avait été horriblement longue. Plusieurs fois, Harry avait failli se réveiller pour rejoindre Draco et l'aider. Si le voir gémir et supplier avait été excitant la première heure, cela devint rapidement douloureux pour lui. Surtout sachant que Draco se retenait ainsi pour ne pas le blesser. S'il avait juste été un peu moins froussard, ils auraient juste passé une nuit torride et tout irait bien ! Draco aurait passé la journée suivante à dormir – ce qu'il fit, d'ailleurs – et la nuit tombée, il aurait rejoins la meute pour chasser. A la place, il se transforma dans une cave en poussant de petits halètements de douleur.

Cela, Harry le sut car il était juste de l'autre côté de la porte, à attendre que ce soit terminé. Et dès qu'il entendit les grognements bestiaux du loup, il regarda Devis qui sourit en déverrouillant la porte. Harry entra à pas lents dans la chambre chaude où l'odeur de sexe et de sueur planait encore un peu. Le loup était sagement couché sur le lit et leva la tête dans sa direction. Il grogna un peu et Harry se figea, incertain. Pourtant, au bout de quelques secondes, il reprit son avancée pour ensuite s'asseoir à côté de l'animal massif. Il savait que Draco le reconnaissait encore.

« Bonjour », lui dit-il, le feu aux joues.

Le loup se contenta de le regarder de ses grands yeux argentés et Harry soupira. Il tendit une main incertaine et caressa la tête pelucheuse.

« Je suis désolé, dit-il en le caressant. Je suis vraiment désolé pour ce que tu as subis les nuits avant… »

Harry sentit avec surprise des larmes envahir ses yeux et il retint péniblement un sanglot. Le loup redressa la tête et le regarda. Harry aurait pu jurer qu'il était surpris.

« Je suis désolé, répéta-t-il. Je ne voulais pas que tu souffres ainsi à cause de moi, je suis désolé… »

Le loup grogna et se releva. Avant qu'il ait pu comprendre, Harry se retrouva étendu sur le lit, un loup-garou à moitié couché sur lui. La langue épaisse passa brutalement sur son front, le faisant couiner de surprise. De part le lien, Harry sentit un fort sentiment de réconfort et il gémit en le percevant, ses mains allant s'accrocher à la fourrure blanche et épaisse.

« La prochaine fois, murmura-t-il contre le poitrail de l'animal. La prochaine fois, je te le promets… ça sera différent. »

La surprise se fit ressentir dans le lien, puis beaucoup de tendresse. Harry ferma les yeux pour la savourer.

« Tu es vraiment quelqu'un de bien, en fait, dit-il. Je regrette de ne pas l'avoir vu avant. »

Draco poussa un son étrange et frotta son museau dans ses cheveux, les ébouriffants. Harry éclata de rire en le sentant faire.

« Tu chatouilles, dit-il en s'écartant de lui pour le regarder. Tu es vraiment beau… »

Draco inclina la tête sur le côté et Harry sourit. Puis il se redressa un peu et déposa un baiser entre les yeux de Draco.

« Je sais que le loup est bien plus présent que l'homme ici. Alors… Si tu m'entends… Ne t'inquiète pas. Je suis à toi, maintenant. Je suis totalement à toi. »

Un sentiment de pure satisfaction lui répondit et Harry se retrouva de nouveau couché avec la tête massive de Draco appuyé contre sa gorge. Il savait que c'était un signe de domination et il s'y complut sans protester. Parce qu'à présent, c'était son choix.

A suivre…

Et enfin la fameuse explication concernant Remus… Tout vient à point à qui sait attendre, n'est-ce pas ? Sur ce, je vous dis rendez-vous dans un mois, dans le courant de la semaine du 15 novembre, le samedi 20 en dernière limite ! Bisous à tous et milles mercis pour vos reviews, encouragements, commentaires et j'en passe. Navrée de ne pouvoir répondre aux non-signés. Mettez donc votre adresse mail dans la case correspondante si vous désirez une réponse, je me ferais une joie de la communiquer !