Bonsoir à toutes et tous!

Voilà un nouveau chapitre, avec des réponses à certaines de vos questions, j'espère qu'il vous plaira, il a été compliqué à écrire, entre le manque de temps (dû a de la famille en vacances) et les sujets abordés certains plus difficile que d'autres à écrire... Bref, j'en suis satisfaite.

J'ai eu toutes vos reviews et vous êtes incroyable et je suis super fan de vous! vos encouragements et vos avis sont une réelle inspiration. A tous les lecteurs de la premières heures qui continues de m'envoyer ces magnifiques reviews et à tous les nouveaux ou ceux qui laisse des reviews pour la première fois, je suis juste estomaqué que ce que j'écris vous plaise autant. Je ne pensais pas ça possible!

Je vous adore, et j'adore vos avis n'hésitez pas à en laisser! bonne lecture et au prochain chapitre!

Annebridges


Fin Août 2007 (après le bal)

Harry claqua lourdement la porte derrière lui et grimpa les marches quatre à quatre, défaisant frénétiquement sa robe comme si elle le brûlait. Il la jeta dans l'entrée de sa chambre et sa cravate, sa ceinture et sa chemise suivirent, il passa dans la salle de bain et d'un geste de sa baguette, la douche s'actionna et Harry se trouva dessous, en chaussures, pantalon et sous chemise, se concentrant à calmer sa respiration erratique, la douleur vive dans ses côtes se resserrant doucement sur ses poumons, chaque respiration devenait un véritable calvaire. Sa gorge le brûlait et un goût de cendre avait envahit sa bouche. A force de manquer d'air, ses genoux s'affaiblirent jusqu'à ne plus pouvoir le porter et il se retrouva à terre, recroquevillé, sur ses genoux, sa tête tombant entre ses épaules, front collé au carrelage de la douche, ses mains, poings serrés, tapant lentement les tuiles de carrelage italien.

Il ne pleurait pas, il n'arrivait pas à laisser de temps à ses yeux pour s'humidifier. Non, il ne pleurait pas, mais il faisait clairement une crise de panique.

Il entendit son prénom retentir à travers la maison, il ne voulait voir personne. L'eau froide coulant sur lui, n'étouffa pas les bruits de pas grimpant jusqu'à sa chambre, ni la porte de celle-ci s'ouvrir.

D'un effort surhumain, il attrapa sa baguette, tombée sur le sol de sa cabine de douche et avec une concentration qu'il n'avait pas, Harry verrouilla la porte de la salle de bain d'un sortilège. Il entendit les coups contre le battant, son prénom répété en supplique mais Harry ne pouvait pas répondre, il pouvait à peine respirer alors répondre à celui qui l'avait trahi…

Cette pensée sembla secouer un peu plus Harry et il sentit sa magie craquer sous sa peau, gonfler furieusement dans ses veines et essayer de s'échapper de lui dans un besoin destructeur.

Pour en reprendre le contrôle, Harry frappa de toutes ses forces sur le mur de carrelage face à lui, plusieurs fois, jusqu'à ce que sa peau éclate et laisse du sang s'échapper le long de son avant bras, que les carreaux soient fissurés sous les chocs violents d'Harry. Puis entendre la voix de Ron, rassurante et avec une teinte dangereuse s'opposant férocement à Luke qui martelait toujours la porte de la salle de bain aida Harry à voir à travers le brouillard qui serrait son cœur.

Ron ordonnait à Luke de sortir mais ce dernier l'ignorait et continuait d'implorer Harry à travers le battant de le laisser s'expliquer.

Expliquer quoi ?

Comme s'il pouvait y avoir une explication rationnelle à ce qu'il s'était passé ce soir.

Tout lui semblait irréel, comme d'être plongé dans un cauchemar trop réaliste où on ne serait pas conscient que ce soit un rêve.

Il se rappelait d'avoir ressentit cette vive inquiétude quand il avait vu Drago être tiré par son père, et une colère froide quand il avait remarqué la baguette de Narcissa, pointée sur le cœur de son fils.

Les mots durs mais tellement vrais de Drago.

S'être demandé s'il pourrait pardonner Drago, si Drago pourrait le pardonner. Ils étaient tous les deux tellement fautifs de ce qu'il s'était passé entre eux. Puis il avait remisé cette réflexion à plus tard quand Luke l'avait étreint par surprise.

Il avaient partagé un baiser tendre et Harry avait vu Drago, marcher droit sur eux, un regard tellement déterminé, mais il y avait vu autre chose, une violence, une haine qu'Harry n'y avait plus vu depuis leur sixième année quand Drago lui avait cassé le nez dans le train.

Il n'avait pas eu le temps de réagir, les mots, la voix, le regard de Drago l'avaient figé sur place, puis le coup était parti. Et pendant une seconde, Harry ne su pas comment réagir, défendre Luke ? Demander à Drago ce qu'il lui avait pris ? Et il y avait cette voix au fond lui qui lui criait que Drago devait avoir une raison…

Puis tout le reste alla tellement vite. Le médicomage Carver qui s'excusait, pourquoi ? Luke qui paniquait, Drago qui l'insultait et voulait apparemment laisser sa colère se déchaîner sur lui, puis finalement Drago accusa à mi-mots Luke et Luke se défendit, traita Drago de menteur. Mais non. Drago ne mentait pas. Harry le savait et il comprenait ce qu'il se passait.

Il s'en était douté, ça faisait des semaines qu'il avait ces doutes, mais il n'avait jamais voulu y croire, il n'avait jamais voulu les formuler de peur de leur donner de l'importance, de les rendre réels.

Puis Carver avoua tout et s'excusa encore et Harry se sentit comme s'il avait lui-même reçu un coup de poing et bascula en arrière rattrapé par Hermione.

Harry fut comme coupé de la réalité, son sang quittant ses extrémités pour pulser furieusement dans ses oreilles, il ferma les yeux, pour les ouvrir, ce qui lui sembla une éternité plus tard. Drago avait disparu avec Carver. Ron repoussait violemment Luke qui tentait d'agripper Harry et Hermione tirait sur le bras d'Harry pour le mener à une sortie à l'arrière de la salle.

Tout était flou autour de lui, son esprit ne traitait plus aucune information, ni les mots de Hermione, ni les paroles de Ron dans son dos, couvrant les suppliques de Luke. Il savait qu'il marchait, mais il n'était pas sûr de comment parce qu'il ne sentait pas ses jambes. Puis sa respiration se hacha et une main douce caressa son dos. Mais Harry ne comprit pas les mots accompagnant ce geste réconfortant. Il ne sait pas comment il fit pour ne pas se tuer lorsqu'il transplanna devant la porte de sa maison. Mais il se retrouva devant et le battant s'ouvrit pour lui sans qu'il ne se souvienne de l'avoir déverrouillée.

Et il était là, baignant dans sa confusion, dans une tempête d'émotions trop fortes à ressentir pour une seule personne, ses vêtements trempés, ses cheveux plaqués à son front et tempes, dégoulinant sur son visage. Le brouillard se dissipa enfin quand il entendit la voix douce et réconfortante de Hermione.

La porte s'ouvrit doucement et Harry ne bougea pas du sol de la douche.

« Oh, Harry… » Les pas précipités de sa meilleure amie claquèrent sur le carrelage comme des coups furieux de marteau. L'eau au-dessus de sa tête s'arrêta et Harry leva un regard ravagé vers Hermione. Elle le couvrit d'une épaisse serviette de bain et le tira contre elle, le berçant comme un enfant.

Pendant plusieurs minutes, Hermione le serra contre elle en murmurant des mots de réconfort, la promesse que tout irait bien, l'assurance qu'elle était là et Harry l'écouta. Sa voix rassurante atténuait sa propre douleur et le cri incessant dans son esprit.

Puis Hermione s'arrêta et seul le bruit de quelques gouttes d'eaux s'écrasant sur le carrelage depuis le pommeau de douche, emplissait la pièce. Harry renifla et passa le revers de sa main sur son visage. Il ouvrit les yeux.

« J'ai ruiné mes chaussures… » Dit-il dans un rire dérisoire qui ressemblait à s'y méprendre à un sanglot.

« On ira en acheter une autre paire. » Le rassura Hermione avec un léger sourire.

« Je ne veux pas le voir- pas- pas ce soir, je suis fatigué… » Hermione hocha la tête silencieusement et après un moment, elle se releva défroissant sa robe de bal en satin bleu nuit.

Elle lui tendit une main secourable pour l'aider à se mettre debout et avec des gestes lents et tendres, elle l'accompagna dans sa chambre. Harry sentait son corps bouger par habitude, mais c'était comme s'il ne l'habitait pas, il était absent. Il se laissa tomber au bas de son lit et attendit le dos à peine fléchit.

Hermione fouilla son armoire et en sorti un vieux t-shirt de rock et un bas de pyjama puis les déposa à côté de Harry, elle enleva ses lunettes de sur son nez et les plia soigneusement avant de les mettre sur les vêtements secs à côté. Elle sécha la tignasse dégoulinante d'Harry avec la serviette qu'elle avait drapée autour de ses épaules dans la salle de bain. Tout en gardant le soin de gestes affectueux, lents et doux, comme ceux que pourrait avoir une mère.

Puis, finalement, lui rendant ses lunettes, elle le contempla avec un petit sourire, serra son épaule et lui ordonna de se changer et de se coucher. Avant de sortir, elle ajouta que Ron et elle resteraient la nuit.

Harry voulut demander pour Rose, mais la porte s'était déjà refermée sur la silhouette gracile de sa meilleure amie. Il supposa qu'ils préviendraient Arthur et Molly en utilisant sa cheminée.

Il se changea avec la même impression de ne pas être réellement aux commandes de son corps et se glissa finalement sous ses draps.

Il ferma les yeux, laissant le sommeil venir à lui, mais ce fut l'odeur du shampoing de Luke sur l'oreiller d'à côté qui lui parvint. Harry jeta l'oreiller à l'autre bout de la chambre et se tourna dans l'autre sens, tapant son propre oreiller au passage pour l'aplanir, ou passer ses nerfs peu importe. Il inspira une longue respiration par le nez et souffla lentement par la bouche, puis se concentra à nouveau sur son sommeil.

Il ne mit que quelques secondes avant d'ouvrir les yeux, agacé de voir le sommeil le fuir. Ses prunelles se posèrent sur sa table de nuit. Malgré la pénombre et son manque de lunettes, il distingua facilement sa baguette, les silhouettes de deux cadres photos, le coffret bleu nuit où reposait encore la montre hors de prix que lui avait ramené Luke la semaine précédente. Il senti la bile lui monter dans la gorge et attrapa presque violemment ses lunettes, les glissant rapidement sur son nez, et lançant un 'lumos' sur le plafonnier de sa chambre. Il regarda autour de lui, essoufflé.

Il n'y avait pas un centimètre carré de cette chambre qui n'avait pas été envahit par la présence de Luke. Sa veste sur le fauteuil à côté de la fenêtre, sa photo sur le chevet d'Harry, ses livres empilés sur n'importe quelle surface disponible. Harry avait eu beau le réprimander quand il laissait traîner ses bouquins, mais Luke ne les rangeait pas vraiment, il les empilait, à même le sol, ou sur sa propre table de nuit. Harry avait trouvé ça attendrissant.

Maintenant, ça le rendait furieux.

Furieux de voir la profondeur de la marque laissé par Luke dans sa vie.

Il jeta ses draps sur le côté, bondit vulgairement de son lit et armé de sa baguette, il procéda à effacer toutes preuves du partage de sa chambre avec un autre.

La penderie s'ouvrit en grand, deux malles en furent éjectées s'ouvrant à leur tour en atterrissant devant son lit dans un bruit sourd. Les livres s'envolèrent tourbillonnant au dessus des malles avant de rapetisser et de se stocker au fond des malles, les vêtements s'arrachèrent aux cintres et plongèrent dans le second coffre avec chaussures, ceintures, boutons de manchettes et d'autres trucs que Luke avait mis dans leur dressing. La table de chevet de Luke se vida ensuite par-dessus les livres, des parchemins, des carnets de notes, une sacoche de travail, des plumes, des photos, tout entra dans les malles, tout ce qui était à Luke fut d'abord projeté dans les airs avant d'être enfoui dans les coffres.

Harry regard le spectacle se dérouler sous ses yeux, sa baguette suivant telle ou telle pile de choses, puis enfin quand la tempête se calma, la porte de la chambre s'ouvrit et les malles furent jetées dans le couloir, Harry attrapa le coffret avec la montre sur son chevet, et suivit les malles dans le couloir. Un autre sort les envoya, tonitruantes dans l'escalier, se cognant contre chaque marche, percutant les murs et le garde corps, encore et encore jusqu'à ce que leur chute les emmène dans le couloir d'entrée.

Le bruit avait alerté Hermione et Ron qui quittèrent la chambre d'ami et observèrent Harry avec cette inquiétude douce. Ron amorça un pas vers Harry, quand ce dernier arriva au pied de l'escalier, mais Hermione lui attrapa l'avant bras et secoua doucement la tête. Ron jeta un regard alerte vers l'entrée du salon et Harry suivit son regard, pour y voir Luke et sentir sa colère se déchaîner.

« Har… »

« Fermes-la ! Tais-toi. Je… » Harry parla d'un ton froid, sa langue claquant sèchement contre son palais, sa voix presque métallique, il regarda Luke comme si c'était un étranger, un suspect qu'il devait interroger, avec rien d'autre que de la colère et du dégoût. Il avait voulut sauver leur couple, parce qu'il avait cru en leur relation, parce qu'il l'aimait ! Mais c'était du vent… Rien n'était vrai ? Rien… Il serra son poing autour du coffret de la montre, le regarda sous des sourcils froncés et la jeta sur le torse de Luke.

« Sors de chez moi, je ne veux plus te voir ! Prends tes affaires et barres toi ! »

Harry amorça un mouvement vers l'escalier sans un regard pour Luke, mais ce dernier se jeta sur lui l'attrapant à l'épaule et le forçant à se retourner. Harry se secoua pour s'en libérer, si violemment que Luke tomba à terre.

« Ne me touches pas ! Qu'est-ce que tu crois ? Que je vais juste oublier ?! Depuis quand ?! Depuis combien de temps tu me-

Il s'interrompit, la colère déformant ses traits, il se pinça l'arrête du nez, prenant une longue inspiration pour essayer de se calmer.

« C'est… Je suis désolé Harry… J'ai… C'était une erreur, la pire, je ne voulais pas que ça se passe comme ça… Je- tu dois me croire, je t'aime, Harry… ! »

« Te croire ?! Je dois te croire ?! Pourquoi ?! Pourquoi tu as fais ça ?! » S'énerva Harry de plus belle.

Luke soupira, cherchant visiblement ses mots, osant à peine regarder Harry.

« Liam… On se connaît depuis toujours… C'était… Il a été mon premier petit ami… On s'est perdu de vue il y a plusieurs années et je t'ai rencontré et je suis tombé amoureux de toi et Malefoy est arrivé et je croyais que j'allais te perdre-

« Non ! Non, je t'interdits de dire que c'est ma faute ! TU m'as repoussé, TU m'as trompé et mentit ! »

« Je sais… Je voulais te le dire, mais je ne savais pas comment… J'ai retrouvé Liam par hasard, il y a quelques semaines, et j'étais en colère et triste, on s'était disputé, toi et moi, à cause de… Malefoy… J'avais peur que tu me quittes pour lui et j'ai fais n'importe quoi, j'avais l'impression que j'allais te perdre ! Harry je t'en prie… »

La colère d'Harry explosa dans sa gorge à la mention de Drago, la façon presque crachée, insultante même qu'avait Luke de prononcer son nom avait juste exacerbé la colère d'Harry.

« Et regardes comme tu avais raison, tu M'as perdu ! Pas à cause de Drago ! A cause de Toi ! Tu m'as trompé ! On construisait une famille ensemble et tu as jeté ça pour- pour du cul ! » La voix d'Harry se brisa légèrement et il s'interrompit pour reprendre son calme. « Je ne t'aurais pas quitté pour Drago, il le savait, je le savais, tu aurais dû le savoir… » Il laissa quelques secondes de silence passer entre eux, l'agitation était claire sur le visage de Luke. « Je veux que tu partes, maintenant. C'est finit, je ne veux plus. Te. Voir. »

Harry se détourna et remonta l'escalier, il croisa les regards de ses deux meilleurs amis, mais ne s'arrêta pas, il continua de monter mais ne retourna pas à sa chambre, il entra dans celle de Jamie, s'allongea sur les couvertures de son tout petit lit, ses pieds en dépassaient, il enleva ses lunettes, laissa un bras couvrir ses yeux ou ses larmes et plus rapidement que ce qu'il avait cru, Harry sombra dans les limbes d'un sommeil agité.

L'ironie de sa vie avait voulu qu'il se refuse à quitter son compagnon par fidélité, par loyauté, à cause de l'engagement qu'ils avaient prit l'un envers l'autre, à cause des sentiments qu'ils étaient censés avoir l'un pour l'autre et au final c'était son compagnon qui l'avait trahi…

Ca faisait deux jours depuis le bal.

Deux jours qu'il tournait en rond sans savoir quoi faire. Ses amis l'avait exhorté à la patience, alors il attendait.

Liam lui avait avoué que Luke était arrivé chez lui la nuit du bal avec ses affaires et qu'il n'était pas parti depuis. Qu'il dormait sur son canapé car Liam lui en voulait de s'être servit de lui mais qu'il ne pouvait pas se résoudre à le laisser tomber.

Drago ne comprenait pas. Pour lui, Luke était juste un enfoiré, un menteur qui avait trompé Harry, qui s'était servit de Liam et qui méritait d'être seul, mais Liam le défendait, lui trouvait des excuses, des explications. Tout le monde souffrait à cause de lui.

La veille, il était descendu voir Brian, et il lui avait parlé de la situation, de Luke et de Liam et Brian avait ri « La plus vieille histoire du monde… »

« Et surtout, Drago, chéri, ton Harry, laisse lui temps de se remettre de cette rupture avant d'essayer de lui sauter dessus. » Avait-il conseillé avant de se détourner et de longer le bar vers un autre client.

Après une longue journée à Ste Mangouste où il avait dû remplacer le médicomage de garde du service, Drago se traîna jusque chez Andromeda pour voir James.

C'est sa tante qui lui ouvrit la porte, un air pincé lui fronçait le front dans une grimace contrarié. Elle le laissa entrer et l'accompagna silencieusement au salon. Drago trouva la maison silencieuse, trop calme, il n'entendait ni les cris de Teddy et James ni les jappements de Maraudeur. Il fronça les sourcils et se tourna vers Andromeda qui lui servait une tasse de thé.

« Ils sont partis Drago. » Elle dû lire la confusion se peindre sur son visage car s'asseyant face à lui, elle prit une inspiration. « Harry a posé quelques jours au Ministère et il a emmené les enfants faire du camping, en Roumanie, pour voir la réserve de Dragons où travaille Charlie Weasley. » Elle garda quelques secondes de silence pour laisser à Drago le temps d'assimiler ce qu'elle venait d'annoncer. « Il ne va pas bien, il avait besoin de se changer les idées et Charlie et lui sont très proches… » Encore un silence, elle étudia Drago. Ce dernier avait inconsciemment commencé à serrer ses doigts autour de sa tasse à s'en faire blanchir les phalanges. « Je ne suis pas contente de lui, Drago, partir du jour au lendemain sans prévenir personne… Ca ne lui ressemble pas… En fait, la dernière fois qu'il a fait ça, si je ne m'abuse c'était après votre rupture… »

Le silence régna encore dans la maison, seulement interrompu par le tic-tac furieux de l'ancienne horloge en bronze posée sur le manteau de cheminée.

« Il m'en veut. » Et ce n'était pas une question que prononça faiblement la voix de Drago.

« Pas vraiment, tu sais, les moldus disent 'il ne faut pas tirer sur le messager' Harry sait que tu as voulu le défendre, le protéger sans doute, mais apprendre ce genre de trahison aussi publiquement… je pense que Harry s'en veut surtout à lui-même, il m'a avoué savoir depuis longtemps que quelque chose n'allait pas entre Luke et lui. Ils avaient leurs problèmes, bien avant que tu entres dans le tableau. Luke voulait des choses qu'Harry n'était pas prêt à lui donner et Harry, je crois qu'il était malgré tout resté accroché à un espoir qu'un jour peut-être quelqu'un d'autre reviendrait dans sa vie. »

Drago leva les yeux vers elle, pleins d'espoir et d'interrogations. Il ouvrit la bouche pour demander à en savoir d'avantage, mais Andromeda l'interrompu d'une main levée, un sourire entendu jouant sur ses lèvres fines.

« Il aimait Luke, réellement, mais vous deux… Tu es son grand amour, Drago, même s'il a enfouit cette vérité tout au fond de son cœur, il a inconsciemment gardé ses distances avec tous les hommes qu'il a fréquenté, même Luke. Je pense que maintenant, il a besoin de temps, pour réfléchir et pour se remettre du mal que lui a fait Luke. Un peu d'éloignement lui fera du bien, vous fera du bien, à tous les deux. »

« Et… Donc je ne peux plus voir James… Désolé Andromeda, mais je trouve ça grotesque. » Se défendit Drago se levant et faisant les cent pas dans la pièce. « Il ne pense qu'à lui, et moi dans tout ça ? Je me plie à toutes ses règles, à ses quatre volontés, je ne peux même pas dire publiquement que James est mon fils ! Par Merlin ! Il croit que je ne souffre pas moi ?! Il se pointe chez moi en pleurant, il m'avoue des trucs que je ne savais même pas à l'époque où on était ensemble ! Et il me plante comme un con et je dois attendre !? »

« Ton langage Drago, tu respecteras la politesse dans ma maison et oui, tu as en partie raison, Harry n'aurait pas dû s'enfuir comme il l'a fait et te priver de ton droit de visite, et si toi, tu ne peux pas dire que tu es le père de James, essayes et imagines ce que ressent Harry qui a porté et mit au monde James ! Lui non plus ne dit pas qu'il est son père, tu sais ce qu'en penserait le public, tu sais ce que ferait le Ministère ! Et pour le reste, oh Drago, c'était peut-être il y a longtemps, et tu étais plus jeune, mais quand tu as quitté Harry… Je ne l'ai jamais vu aussi mal, et personne ne savait ce qui n'allait pas, il n'a rien dit, il t'a regardé choisir ta famille, sans même pouvoir t'en vouloir de ce choix, il t'a regardé te fiancer sans pouvoir exprimer ses regrets ou sa tristesse, tout ça pour garder ton secret, pour garder ce semblant de lien que vous aviez. Harry fait des erreurs, comme toi, tu as pu en faire, laisses lui gérer ses sentiments, laisses le les comprendre afin que, s'il décide de revenir vers toi, ce soit pour les bonnes raisons. »

Drago cligna des yeux plusieurs fois pour en faire fuir des larmes de frustration, il s'était rassit pendant la longue tirade de sa tante, il passa ses deux mains sur son visage, le frottant vigoureusement, puis inspira.

« Je suis… Je n'aurais jamais dû le quitter… Et après c'était juste trop tard… Je l'ai tellement regretté, il m'a tellement manqué et il me manque toujours… »

Andromeda vint s'asseoir à ses côtés et posa une main réconfortante sur son épaule.

« Alors il serait tant de lui prouver que tu vaux le risque, que tu es prêt à prendre tout les risques pour lui et pour Jamie. »

« Et je fais ça en 'attendant' ? »

Elle hocha la tête avec un petit sourire.

« Oui, et peut-être qu'un dîner ne serait pas trop mal. Ils seront revenus dans dix jours, tu as le temps de prévoir quelque chose, non ? »

« Je dois 'séduire' Harry ? » Demanda t-il d'un air ahuri déclanchant un petit rire à sa tante qui hocha juste la tête. « Mais… Pourquoi ? On n'a pas besoin de ça, on est déjà sortit ensemble. » Dit-il sur un ton logique.

« Mais vous n'avez plus été ensemble depuis des années et d'après ce que m'en a dit Harry, vous avez été plutôt rapides la dernière fois… »

« En quelque sorte, oui… On s'est croisé dans un club, il m'a emmené chez lui, le lendemain, j'ai voulu partir et finalement je suis resté. Je ne pensais pas que ça prendrait cette importance à ce moment là… »

Andromeda eut un regard pensif, elle contempla Drago un moment et se servit une nouvelle tasse de thé et un scone, elle en proposa à Drago qui accepta, les scones d'Andromeda étaient certainement les meilleurs de toute l'Angleterre.

« Je peux te poser une question indiscrète ? » Demanda t-elle finalement. Drago hocha la tête. « Pourquoi as-tu voulu partir ? En douce je suppose ? »

Drago manqua de s'étouffer sur sa bouchée de scone. Même Harry n'était pas au courant que ce jour là Drago s'était originellement dirigé vers la sortie plutôt que vers le bruit qu'il faisait dans l'ancienne salle à manger de Grimmaurd.

Le jeune homme reposa le morceau de gâteau sur la table et s'installa plus confortablement, se tournant légèrement pour faire face à sa tante. Il prit le temps de réfléchir à la plus étrange matinée/ journée de sa vie. Il senti cette chaleur se propageant dans sa poitrine, de la nostalgie et de la tendresse. Un petit sourire énigmatique étira ses lèvres, il se rappelait pourquoi il était resté ce jour-là.

« Il se disputait avec son Elfe de maison. Kreattur. Ils se disputaient au sujet des travaux qu'Harry a fait au rez-de-chaussée, l'ouverture de la salle à manger. Il m'a fait rire. Il était là, sa baguette à la main, de la poussière partout sur lui, dans le t-shirt le plus laid du monde à essayer de raisonner un Elfe de maison et puis il s'est mis à bégayer, à me regarder avec ses yeux trop vert et… Merlin ! Andromeda, il était adorable… Irrésistible. J'ai cru que j'étais resté par curiosité, tu sais, juste essayer de voir à quel moment il se rappellerait qu'il me détestait, à quel moment il déciderait que je n'étais pas assez bien… Mais je crois que l'espace d'une seconde quand il m'a regardé et qu'il a juste fait preuve de son éloquence légendaire, j'ai juste… Je suis tombé amoureux, quelques secondes parce qu'il restait Potter, pour moi. Un idiot trop chanceux, un donneur de leçon. Un sexy et incroyablement beau donneur de leçon, mais je ne le connaissais pas encore et à ce moment là, j'ai voulu savoir, pour la première fois depuis le premier jour où on s'est rencontré, qui était Harry Potter. Alors je suis resté et je suis revenu encore et encore. Jusqu'à ce que je foute tout par terre. »

Le lendemain, Drago reçu une lettre de James, chaque mot écrit dans une couleur différente, il écrivait qu'ils étaient bien arrivés au campement de la réserve et qu'il avait déjà vu un dragon, puis il termina en écrivant que Drago lui manquait très fort et qu'il utiliserait la cheminée d'oncle Charlie ce soir avec papa pour lui parler. Il y avait en bas de la page un post-scriptum disant que Maraudeur s'amusait à courir après des chauves-souris. Dans le dos de la page, un dessin illustrait le post-scriptum. Un Maraudeur vert, rouge et bleu sautait joyeusement en l'air pour attraper une chauve-souris violette et au dessus une sorte de ver ailé, un dragon sûrement défilait d'un bout à l'autre de la page.

Drago sourit rêveur et d'un geste de sa baguette, il fixa le dessin à la porte du garde manger à côté des multiples notes laissées par Theo.

Cette lettre et la promesse de voir son fils dans la soirée même par cheminée interposée suffirent à remonter le moral de Drago qui partit pour l'hôpital le cœur bien plus léger qu'il ne l'avait été depuis le bal. Depuis des semaines même.

A son bureau, il composa une lettre pour James et une note pour Harry, lui souhaitant simplement de bonnes vacances. Mais avant même qu'il n'ait fermé l'enveloppe, la lettre qu'il n'attendait plus apparue sur son bureau avec une douzaine de notes inter-services. Reconnaissant facilement l'écriture de mouche de Harry, Drago se précipita pour l'ouvrir et dû prendre quelques secondes pour se calmer avant de la lire.

« Je suis un crétin.

Te connaissant, tu me diras être déjà au courant, mais il fallait que je te le dise, que je le reconnaisse moi-même.

J'avais, non j'ai peur de te faire face, ce qu'il s'est passé l'autre soir au bal, ce qu'il y a entre toi et moi, Luke… Tout ça, c'était trop, j'ai pas supporté. Andromeda m'a dit de t'attendre, de te laisser au moins le temps de dire au revoir à James et James me boude depuis que nous sommes partis.

Je suis désolé Drago, j'ai été égoïste et insensible et je m'en veux et oui, James me regarde écrire cette lettre, il est juste derrière moi, les bras croisés et surveille que je te présente mes excuses.

Lui aussi m'a disputé et Teddy aussi. Oh, ils sont contents de voir les dragons et Charlie, mais tu leur manques. A moi aussi, parfois.

Ce qu'a fait Luke… Je n'arrive pas à en parler, j'aimerais juste oublier, (Jamie ne lit plus par-dessus mon épaule). C'est finit et j'ai besoin d'un peu de temps, j'espère juste que tu n'es pas totalement furieux contre moi et que… Je sais pas, qu'on peut essayer d'être amis, ou quelque chose s'en rapprochant en attendant qu'on y voit plus clair… Je ne sais pas trop si ce que j'écris à un sens, je ne suis pas très doué avec les mots.

En espérant que tu ne me détestes pas,

Affectueusement, Harry »

Il dû relire la lettre au moins quatre fois pour être sûr qu'il n'avait pas rêvé les mots d'Harry, il était surpris, il ne s'était pas attendu à des excuses et il imaginait facilement James toisant son père du haut de son mètre trente en croisant les bras sur son torse, d'un air menaçant.

Drago esquissa un sourire à cette pensée et ressortit la lettre qu'il voulait envoyer à James. Il déchira la note qu'il avait prévue pour Harry et prit une nouvelle page de parchemin vierge et sa plume, puis réfléchit.

Il réfléchit longtemps et termina la lettre juste avant que Liam ne frappe à sa porte pour l'inviter à déjeuner. Le médicomage jeta un œil confus autour de Drago et sur les multiples parchemins froissés éparpillés dans la pièce. Les premiers essais de sa lettre.

Drago haussa les épaules et se leva, il enleva sa robe de médicomage et suivit Liam à la cafétéria de l'hôpital.

Ils étaient bien avancés dans leur repas quand Liam se racla la gorge. Drago leva les yeux vers lui et l'interrogea d'un sourcil levé. Mais Liam hésita.

« Je- Je me demandais, comment va Harry ? » Finit-il par demander s'agitant légèrement sur sa chaise. Drago fronça les sourcil puis ramena son regard sur son poisson.

« C'est toi qui veux savoir ou Luke ? Parce que si c'est Luke tu pourras lui dire qu'Harry n'a pas sauté dans mon lit la seconde où il est partit. » Gronda Drago entre ses dents contrôlant sa colère à la pensée de Luke.

« Non, Drago ! C'est moi qui voulais savoir, et Luke est partit ce matin pour Dublin, il a du travail là-bas. Je crois qu'il veut- qu'il veut voir s'il peut être transféré là-bas… » Révéla t-il les sourcils froncés.

« Bon débarras. » Marmonna Drago entre deux bouchées.

Liam lâcha un long soupir et posa sa fourchette, il s'essuya sur sa serviette et prit un moment pour étudier Drago.

« Je sais que tu n'aimes pas Luke, tu ne sais pas tout Drago, ni sur lui, ni sur ce qu'il s'est passé. Non, écoutes moi pour changer. Ce qu'a fait Luke à Harry est impardonnable et je m'en veux d'y avoir participé. Mais Luke n'est pas un monstre, il a commit une erreur, une terrible erreur, comme n'importe qui aurait pu… Luke aimait Harry, pas pour son nom ou pour sa gloire, il l'aimait. Et je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre eux et je ne pense pas que tu sois réellement un facteur à leur séparation, ou même moi, je pense qu'ils se seraient séparés même sans nous au milieu, on a juste accéléré les choses. »

Drago haussa les épaules, au fond, il savait que Liam avait raison, mais c'était plus facile de blâmer simplement Luke.

La discussion changea aussitôt que Rose l'infirmière du service de Potion s'installa à leur table avec son plateau. Elle fit un large sourire aux deux hommes et se lança dans une complainte sur son propre petit ami qui avait apparemment oublié leur anniversaire.

Quand il rentra finalement chez lui, Drago serra les dents en trouvant Blaise la tête plongée dans l'âtre apparemment en grande conversation avec quelqu'un. Theo composait un curry dans la cuisine avec Pansy qui donnait des directives sur la cuisson de sa viande, verre de vin blanc à la main. Il salua à peine ses amis en traversant la pièce jusqu'à sa chambre.

Il se débarrassa de sa cravate en la jetant sur son lit avec a serviette, sa robe de sorcier et sa ceinture atterrirent au sol et Drago se changea pour un pantalon en lin ivoire plus léger, plus large sur ses jambes tout en abandonnant sa paire de mocassin pour des pantoufles. Il changea sa chemise pour un tee-shirt noir qui épousait parfaitement son torse fin et retourna dans la pièce principal.

Blaise occupait encore la cheminée et Drago sentait la frustration le gagner. Il vint s'asseoir à un tabouret du comptoir de la cuisine à côté de Pansy et agita sa baguette pour se servir un verre de merlot. Il ne fit pas attention aux regards confus de ses deux amis se concentrant sur le regard noir qui lançait en direction de Blaise.

« Il en a encore pour longtemps ? » Demanda-t-il indiquant son ami d'un mouvement du menton.

Theo leva son sourcil plus haut et Pansy pouffa dédaigneusement et jeta un œil vers Blaise.

« Je pense qu'il a bientôt fini, ça fait un moment qu'il y est… » Elle siffla le reste de son verre de vin en une seule gorgée puis attarda à nouveau son attention sur Drago. « Tu rentres tôt, ces derniers temps on ne te voyait plus beaucoup… » La question implicite sur ce qu'il se passait dans la vie de Drago ne lui échappa pas.

Il croisa les bras sur sa poitrine et espéra ne pas rater l'appel de James, Teddy et Harry.

« Potter a emmené les garçons en Roumanie pour une dizaine de jours. James va utilisé la cheminette ce soir pour me raconter son voyage. » Expliqua t-il jetant encore un regard noir vers Blaise.

« Oh ? Tu ne nous en avais pas parlé. »

Drago haussa tout juste les épaules, il savait que ses amis s'en prendraient à Harry s'ils savaient la vérité sur ce voyage impromptu, s'ils savaient que Drago n'avait ni été consulté ou prévenu, aussi il préféra garder ces détails pour lui, il n'avait pas envie de se prendre la tête ce soir.

Mais son expression avait dû trahir quelque chose car Theo le fixa d'un air dubitatif et il s'apprêtait à parler quand Blaise trottina derrière eux, un large sourire sur le visage. Il laissa échapper un long soupir de contentement.

« Drago ! Tu rentres tôt ! Pas de James ? » Dit-il saluant son ami d'une tape amicale sur l'épaule.

« Bonsoir Blaise…

« Tu tombes bien, fallait que je te parle. Voilà, pas besoin de faire des manières, j'étais en communication avec les Greengrass. » Annonça t-il un peu trop ravi au goût de Drago. Blaise se tira un tabouret et se laissa tomber avec une aisance presque naturelle. Drago fronça les sourcils, une boule se forma dans sa gorge, sentant monter cette trop familière anxiété liée aux Greengrass. Pas Astoria, cette femme était un trésor, mais son père était presque aussi effrayant que Lucius selon Drago.

« Il y a un problème avec les remboursements des ares pour la réception ? » Demanda Drago faisant taire son angoisse d'un problème plus grave.

« Non. J'ai racheté ton contrat, j'épouserais Astoria à la fin Septembre. » Dit-il comme s'il énonçait un fait simple comme le ciel est bleu.

« Quoi ? » Les sourcils de Drago se levèrent si haut qu'ils en frôlèrent la base de ses cheveux. Son regard se fixa à celui de Blaise cherchant l'ombre d'un sourire sur son visage, puis il se tourna tour à tour sur Pansy et Theo.

Pansy mordillait sa lèvre inférieure et évitait soigneusement son regard en se concentrant sur les ongles de sa main et le vernis carmin qui les peignait. Theo guettait sa réaction avec une certaine appréhension, mais chez aucun d'eux Drago ne trouva la preuve d'une blague. Il se tourna à nouveau sur Blaise quand celui-ci reprit la parole avec un ennui feint dans son intonation.

« Je dois avouer que convaincre Monsieur Greengrass n'a pas été facile, entre le fait que je vis avec toi et qu'il te déteste cordialement… Mais sa femme n'a pas résisté à mon charme, il faut croire-

« Blaise !? » L'interrompu finalement Drago, fatigué des grands airs de son ami. « Astoria… Elle est au courant ? » Demanda t-il anxieux à l'idée de voir Astoria subir à nouveau un engagement dont elle ne voulait pas.

« Evidemment… Drago, tu me prends pour qui ? Son père lui a parlé ce soir. »

Drago eut envie d'égorger Blaise dans l'instant, ami ou pas, il refusait juste de voir Astoria souffrir encore. Il serra les dents et alors que sa main allait d'elle-même vers sa baguette, il fut stoppé par l'éclat de voix de Pansy.

« Arrêtes ton char, Zabini ! Drago, chéri, cet abruti est dingue d'Astoria depuis qu'il la vue pour la première fois, chez tes parents, à l'annonce de vos fiançailles. Il n'a jamais eu le courage de te le dire parce qu'il savait que tu romprais les fiançailles pour lui et il ne voulait pas que tu t'attires de problèmes avec tes parents et les Greengrass, et pour ce que ça vaut, je pense qu'elle aussi est amoureuse de lui. Il a passé ces dernières semaines avec elle, depuis l'annulation du mariage. »

Drago remarqua le regard noir que lança Blaise en direction de leur amie, mais Pansy haussa tout juste les épaules avant de retourner son attention à l'étude de son vernis à ongle. Drago se détourna d'elle et chercha confirmation dans le regard de Theo d'abord, puis de Blaise. Ce dernier s'était raidi et évitait les yeux du blond très soigneusement.

« Pourquoi… Tu aurais dû me le dire Blaise… » Dit finalement Drago sans la moindre colère mais tout de même confus. Savoir cela aurait épargné bien des problèmes à chacun d'entre eux.

« Tu aurais annulé les fiançailles pour moi, si tu l'avais su. Tu n'avais pas besoin de ça à l'époque. »

« Evidemment que j'aurais tout annulé ! » S'emporta Drago sans vraiment de raison, il garda le silence quelques secondes, pensant à Astoria. Sa gentillesse, le soutien qu'elle avait montré pour lui, il savait qu'elle avait des sentiments pour lui, des sentiments très forts mais elle savait aussi que Drago ne les lui aurait jamais retournés. Pourtant elle était restée à ses côtés, elle avait pris sa défense contre tous quand il essayait encore de se défaire de sa réputation d'après guerre. Elle l'avait accepté, tel qu'il était sans jamais essayer de le changer. Elle l'avait encouragé pendant son internat, pendant toute sa carrière, elle était souvent restée tard au loft pour l'aider à réviser ou à débattre sur ses recherches pour qu'il puisse finalement trouver le bon angle. Il lui devait tellement.

« Fais moi plaisir, Blaise et prends soin d'Astoria, elle le mérite. » Souffla finalement Drago en accrochant le regard de son ami qui hocha brièvement la tête.

Un flash vert émeraude les interrompit alors que Theo annonçait que le repas était prêt. Les quatre Serpentards se tournèrent d'un même mouvement vers la Cheminée et Drago reconnu la voix étouffée de Potter.

« Juste ta tête, Champion, ne plonge pas da-

« Ca va papa ! Je sais ! Tu l'as dis au moins cent fois ! » Il y eut un petit moment de silence et la voix claire de James résonna dans le salon du Loft. « Drago ?! Drago, tu m'entends ? Teddy ? Je crois qu'il m'entend pas, faut peut-être rajouter de la poudre ? »

« Non ! Teddy, Jamie ! Vous ne rajoutez pas de poudre de cheminette, compris ?! »S'écria la voix plus lointaine de Potter.

Drago se leva de son tabouret et rejoignit le salon attrapant un coussin au passage, qu'il jeta devant l'âtre, le profil de son fils dans la cheminée marmonnant quelque chose d'incompréhensible à son cousin. Drago sourit pour lui-même et se racla la gorge pour signifier sa présence.

« Drago ! » Cria James en se tournant vers lui, un large sourire étirant ses lèvres et ses yeux s'agrandissant de plaisir. « Tu m'as manqué ! A Teddy aussi ! Et Maraudeur ! Tu as reçu ma lettre ? »

En voyant le petit visage rond de son fils, le cœur de Drago s'apaisa enfin, l'angoisse et l'anxiété qui avaient envahit son esprit ces derniers jours disparu enfin, l'agitation qui avait habité tout son être se dissipa, juste à la vision de ce visage enfantin, de sa voix aigue et claire. Et son sourire réchauffa Drago de la froideur de sa solitude, comme une lumière dans les ténèbres. Quand Drago regardait James, c'était comme s'il n'était plus seul, comme s'il était chez lui, dans un foyer rempli d'amour et de rire.

Il se rendit seulement compte à quel point il s'était habitué à voir le gamin chaque jour après son travail, il remarquait seulement à quel point il s'était senti vide sans la possibilité de voir James ces derniers jours, combien il lui avait manqué, ce petit bout d'homme avait prit tellement de place dans son coeur, dans sa vie, comment une seule personne pouvait-elle aimer à ce point ? Se demanda Drago en contemplant un instant les yeux rieurs de son fils.

Il hocha la tête avant de répondre, oubliant la présence de ses trois amis. « Oui, j'ai reçu ta lettre ce matin, j'ai accroché ton dessin sur le frigo, et tu m'as manqué aussi James, terriblement. » Il soupira d'aise. « Teddy et Maraudeur aussi. » Ajouta-t-il. « Vous vous amusez bien ? »

« Oui, enfin pas au début parce que j'étais pas content avec papa, il a fallu qu'oncle Charlie le dispute pour qu'il demande pardon ! Des fois je me dis que papa est comme un enfant comme moi ! » Malgré le reproche audible dans la voix de James, Drago nota clairement l'amusement dans ses yeux.

« Ton père avait ses raisons, des fois même les grands font des choses bêtes. »

« Je sais, c'est ce qu'a dit Teddy, mais lui aussi il était en colère contre papa, on lui a pas parlé pendant toute la journée d'hier ! Je crois que même Maraudeur l'a boudé ! C'était trop marrant, papa était tout rouge à force d'appeler Maraudeur pour qu'il lui mette sa laisse, mais Maraudeur il voulait pas l'écouter. C'est Oncle Charlie qui a réussi à l'attacher. » Raconta James avec enthousiasme.

Drago n'arrêta pas le petit rire à l'idée d'un Harry frustré par un chiot boudeur. Il se pencha un peu plus sur l'âtre et demanda à James comment se passaient leurs vacances. Et James se lança dans un long récit sur les dragons qu'il avait pu apercevoir, sur le chalet qu'ils occupaient dans la réserve à côté de celui d'oncle Charlie. Il raconta la partie de cache-cache que Teddy et lui avaient fait avec d'autres enfants du camp, il parla des dragonniers et des dresseurs qu'ils avaient rencontrés. Et Drago voyait à quel point James s'amusait en Roumanie, le garçon avait le même débit enjoué que le premier jour de leur rencontre et Drago imaginait facilement les mains de son fils aller et venir dans tous les sens accompagnant le récit de ses aventures.

A un certain point, Teddy se glissa dans l'âtre poussant un peu James et raconta à son tour leur aventure de la journée près du Lac de la réserve. Ils avaient attrapés des tritons, mais Harry refusait qu'ils les gardent, dit-il avec une moue. Et Drago les écouta avec patience et amusement, il rigola avec eux et les reprit comme il avait pris l'habitude de le faire quand ils prononçaient mal un mot ou une phrase.

Derrière lui, il entendait les conversations feintes de ses amis, ces derniers s'étaient mis à table sans l'attendre, mais cela ne le dérangeait pas, il avait bien mieux à faire. Pansy l'interpella un moment pour lui dire de transmettre 'le bonjour au gamin' et James sembla sautiller sur place en répondant aussi fort qu'il le pu pour que sa voix lui parvienne « Bonsoir Madame Pansy ! ». Les joues de James semblaient avoir foncées et Drago confirma pour lui-même le béguin de son fils pour Pansy.

Compréhensible, Pansy était une femme magnifique.

La tête de Teddy disparu une minute de l'âtre et revint avec un regard triste.

« On doit aller manger, Drago. » Dit-il tristement, James fronça les sourcils et quitta l'âtre à son tour.

Malgré lui, le cœur de Drago se serra dans sa poitrine à l'idée de devoir couper la communication. Il entendit la voix de James à travers le réseau criant sur son père que ce n'était pas juste, qu'il n'avait pas eu assez de temps, qu'il avait encore pleins de choses à raconter à Drago. Et cela réconforta Drago de savoir qu'il manquait à James au point de faire une crise à son père. Harry, par contre resta ferme et ordonna à James de se calmer, il dû néanmoins promettre à James de le laisser utiliser la cheminée le lendemain.

Drago jeta un œil vers l'horloge sur le mur opposé. Cela faisait quasiment une heure qu'il parlait avec son fils. Il ne s'était pas rendu compte que le temps avait défilé si rapidement.

James réapparu dans l'âtre, son regard peiné, un froncement appuyé et une moue boudeuse. Drago lui sourit tendrement.

« On se parlera demain James, à la même heure, je serais rentré et j'attendrais devant la cheminée. D'accord ? »

James hocha la tête et renifla, retenant probablement ses larmes.

« Pourquoi papa est fâché contre toi ? Il veut pas me le dire… Je sais que Luke a fait quelque chose de pas bien, je l'ai entendu le dire à Meda l'autre jour. »

« J'ai dit quelque chose à ton papa qui l'a beaucoup blessé. C'était la vérité, mais je l'ai dit sous le coup de la colère. »

« Tu lui as demandé pardon ? » S'enquit James après un moment de réflexion. Drago hocha la tête et James soupira. « Papa est une tête de mule… » Drago sourit légèrement. « On se parlera demain ? »

« Oui, James, à demain, bon appétit. »

Drago regarda la tête de son fils disparaître de l'âtre, il soupira et ferma les paupières quelques secondes.

« Drago ? » Son cœur manqua un battement. Son souffle se coupa et il ouvrit les yeux pour découvrir la tête de Potter de sa cheminée. Ses lunettes légèrement de travers, ses cheveux complètement décoiffé et des cernes foncés sous les yeux. « Salut… »

« Salut… » Répondit Drago dans un souffle.

« Salut. »

« Déjà dit Potter… » Sourit tendrement Drago.

« Exact. » Il sourit à son tour étouffant un rire embarrassé et évita le regard de Drago. « J'ai reçu ta lettre, c'était un hibou express ? Je… Drago, je suis désolé… Je n'ai pas réfléchis, j'avais juste besoin de partir, de quitter Londres quelques jours… »

Drago sentit des larmes lui monter aux yeux, il ferma les paupières dans l'espoir de les retenir, mais il savait que c'était peine perdue. Il avait prié Harry de ne pas lui enlever James, il l'avait supplié dans sa lettre, il avait présenté ses excuses pour la façon dont s'était terminé le bal, il avait dit qu'il n'avait pas voulut blessé Harry, c'était vrai, il avait juste été aveuglé par sa colère et n'avait pas réfléchi. Et il avait supplié Harry de ne pas en faire une raison pour lui enlever le droit de voir son fils.

« Je- Ne me l'enlève pas Harry… J'ai be-besoin de lui. »Hoqueta-t-il, des larmes coulant le long de ses joues.

« Non, non, je te jure, Drago, ce n'est absolument pas mon intention. James t'aime et Merlin, Teddy t'adore aussi, ils m'ont fait la gueule pendant deux jours, Jamie ne m'a plus dit un mot depuis qu'il m'a demandé si tu venais avec nous. J'ai juste été stupide, je ne ferais pas ça, jamais. »

« Vrai ? »

« Promis. »

« Ok… Vous rentrez quand ? » Demanda Drago, impatient à l'idée de pouvoir serré son gamin contre lui.

« Dans une semaine, on doit préparer la rentrée… Les nouveaux livres à acheter et tout et un nouvel uniforme pour Jamie, il a grandit depuis le début de l'été. Je crois qu'il sera aussi grand que toi… »

« Je ne suis pas si grand… Il va à quelle école ? Je peux peut-être commencer à acheter ses livres ? »