Titre : Alpha Potentiel

Résumé : Pour avoir lâchement désobéis à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM

Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)

Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !

Note de l'auteur : Et oui, me voilà ! En l'honneur de ce 31 octobre (qui n'est pas que Halloween, c'est aussi la mort des parents d'Harry, la veille de la toussaint, dimanche, jour de pluie et de brouillard et il passe Scream 2 sur plug rtl ce soir, passionnant, hein ?... Bon, ok, je me tais !), je me pointe avec mon petit chapitre 13 qui, je l'espère va vous plaire !

Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : euh… c'est ballot, je l'ai pas écris quand j'ai commencé le chapitre alors je ne m'en souviens plus. Bah, tout le monde s'en branle de toute façon T_T

Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois, toujours en début de mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !

Nombre de chapitre : Chapitre 17 en cours. Non non, vous ne rêvez pas !

oOo

Chapitre 13 : Alrick

Harry se réveilla après avoir passé une nuit incroyablement reposante. Serré contre un corps chaud dans un lit étroit, il eut un peu de mal à se replacer jusqu'à ce qu'il voit les chaînes d'argent pendant aux montants du lit. Il sursauta et tourna vivement la tête de l'autre côté, là où il sentait la présence chaleureuse. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il reconnut le visage paisiblement endormi de Draco.

Un léger frisson le parcourut à sa vue et il gigota un peu pour se tourner vers lui totalement. Instinctivement, Draco le serra plus fort contre lui en frottant son visage contre son bras. Harry eut un sourire en le voyant faire. Le blond semblait si paisible. Il ne l'avait plus vu avec une telle expression depuis leur dernière nuit. Amusé, il passa un bras autour du corps nu, rougissant en s'en apercevant avant de se reprendre. Il regarda avec un peu de gêne vers le bas pour découvrir ses fesses dévêtues. Draco était couché sur le ventre, ce qui l'arrangeait, d'une certaine manière. Bien que… il était curieux. Il se souvenait plus ou moins de l'entièreté de son corps, dû à leur première nuit, mais cette partie là restait raisonnablement floue. Censure obligatoire de son cerveau hétérosexuel, sans doute. Pourtant, il était curieux. Comment était exactement… le sexe de Draco ?

Le simple fait de se poser la question faillit le tuer. Ça y était ! Il était vraiment pervers ! Dépravé ! Il irait en enfer !

Mortifié, il serra un peu plus Draco contre lui en fermant fortement les yeux. Dans son mouvement, il dérangea le lycanthrope qui poussa un gémissement douloureux. Inquiet, Harry se redressa mais la poigne autour de sa taille l'empêcha de se lever. Draco voulait vraiment qu'il reste auprès de lui… Rougissant encore un peu, Harry passa une main douce le long du dos nu, savourant la texture agréable de sa peau. Il regarda les épaules larges et ferme, suivi la colonne vertébrale, passant le long des vertèbres dorsales, les cervicales, jusqu'à atteindre son cou et son crâne, ses doigts plongeant dans les cheveux longs et doux.

« Si doux », murmura-t-il en se penchant pour enfouir son nez dedans.

Ils ne sentaient plus la menthe. C'était une autre odeur qu'Harry ne parvenait pas à identifier. Elle était piquante, épicée, mais discrète. Il l'apprécia autant que celle que Draco arborait généralement. Etait-ce son odeur naturelle ? Celle que les loups parvenaient à sentir sans difficulté ? Que sentait Draco ? Il aurait du demander à Greyback…

« Bonjour, dit la voix enrouée de Draco, le faisant sursauter. Qu'est-ce que… tu fais ? »

Harry se redressa, gêné. Il ne pouvait pas vraiment lui dire qu'il le reniflait, c'était humiliant.

« Rien de particulier, dit-il. Comment vas-tu ?

-Mal partout, dit Draco de sa voix rauque. Je veux du lait… »

Harry sourit en l'entendant. Puis, regardant Draco dont le visage était toujours appuyé contre son ventre, il se pencha et déposa un baiser sur son front, le faisant sursauter. Draco redressa légèrement la tête et Harry en profita pour prendre ses lèvres des siennes. Le blond poussa un gémissement satisfait et son lié sourit.

« Tu…, commença Draco avant de s'interrompre, soudainement mortifié. Tu as vu tout, n'est-ce pas ? dit-il finalement.

-Tout ? demanda Harry. Tu veux parler des autres nuits ? »

Draco hocha de la tête avec gêne.

« Oui, répondit Harry. J'en ai rêvé… »

Le silence accueillit sa déclaration et Draco détourna la tête d'un air gêné.

« Je ne veux plus jamais que ça se reproduise, dit soudainement Harry, le faisant sursauter. Je te l'ai dit la nuit dernière, non ? »

Draco le fixait avec stupeur et Harry soupira. Fallait-il qu'il le force à le dire ?

« Je crois que… je t'aime beaucoup, dit-il, son cœur accélérant alors qu'il prononçait ses mots. Tu ne crois quand même pas que je vais te laisser souffrir ainsi chaque nuit précédent la pleine lune ? La prochaine fois, nous la passerons ensembles. Et tu n'as pas ton mot à dire… »

Draco le regardait à la fois avec stupéfaction et bonheur, même si sa confession n'était pas encore parfaite… Après un moment, il se redressa dans le lit, se fichant manifestement de sa nudité. Harry rougit lorsqu'il baissa inconsciemment les yeux vers l'objet de sa curiosité matinale, les relevant précipitamment pour regarder Draco. Ce dernier souriait largement. Il l'attrapa et le tira vers lui pour le serrer contre lui. Bien que gêné, Harry répondit à son étreinte, caressant son dos nu.

« Je t'aime, murmura Draco, Harry hoquetant en l'entendant. Merci. »

Il n'y avait rien à répondre à ça et Harry en était conscient. A la place, le feu aux joues, il entreprit de serrer Draco avec tendresse, ses mains parcourant son dos avec lenteur. L'envie de les faire passer ailleurs – très exactement plus bas – l'avait saisi avec une force déconcertante et ce fut avec une petite hésitation qu'il descendit ses paumes le long du dos musclé, jusqu'à atteindre ses reins sur lesquels il figea. Il hésita encore une minute puis descendit d'un cran, Draco se tendant contre lui.

« Harry, tu… »

Mais il se tut quand les mains touchèrent pleinement ses fesses, le faisant haleter de stupeur. Le visage incandescent, Harry s'était tendu de la tête aux pieds alors qu'il pelotait son loup pour la première fois – la nuit de saoulerie mise à part.

« On avance, non ? demanda Harry, la voix enrouée. Je t'ai dit que je ne voulais plus que les nuits précédentes se reproduisent…

-Oui, mais de là à y passer directement… J'ai… un peu trop mal au corps pour ça, en tout cas, dit Draco d'une voix gênée.

-Euh… je ne pensais pas à faire ça maintenant, dit Harry, bénissant leur position qui empêchait Draco de voir combien il était mortifié. Mais… on peut… commencer à se toucher un peu plus… Juste… un peu. Comme ça. »

Il donna une caresse au postérieur qu'il touchait depuis déjà cinq minutes, ce qui provoqua chez Draco un petit halètement de plaisir qui l'étonna. Lui-même appréciait que le blond frôle cette partie de son corps, même si les rares fois où il l'avait fait, Harry s'était tendu comme une corde à linge…Mais de là à ce qu'il ait une telle réaction…A moins qu'il ne souffre ? Souffrait-il ? Soucieux, il s'écarta légèrement de lui pour le regarder, le découvrant avec un léger sourire aux lèvres et des yeux un peu plus brillants que la normale.

« Ah, si je n'étais pas si épuisé », dit-il d'une voix chaude, presque caressante.

Harry ne put que trembler face au ton employé. La voix de Draco l'avait mieux caressé que ne le faisaient ses mains hésitantes sur le corps du lycanthrope. Incapable de se contenir, il le serra contre lui alors que sa bouche allait à nouveau explorer celle du blond, ce dernier lui répondant presque aussitôt. Leur langue se chercha un instant avant de trouver enfin un rythme commun qui les fit gémir dans le baiser tandis que leur corps se pressait l'un contre l'autre. Il fallut quelques secondes à Harry pour se rendre compte qu'il se frottait contre Draco, ce dernier réagissant fortement à une telle stimulation. Lui-même n'était d'ailleurs pas en reste. Son pantalon avait beau être très large, il avait brutalement rétrécit au niveau de l'entrejambe !

Contre lui, Draco poussa un petit gémissement, incapable de se contrôler. Tout son corps lui faisait mal à cause de la nuit précédente (sans compter la douleur à ses poignets, ses chevilles et sa taille), mais il ne parvenait pas à s'arrêter. Harry gémissait contre lui, réclamant ses lèvres, frottant ses hanches contre les siennes. Et même si le jeans du Gryffondor passant contre son sexe était désagréable, le fait de le sentir excité le transportait de joie. Ses mains se glissèrent sous le t-shirt fin, caressant sa peau, passant tantôt dans son dos, tantôt sur son torse. N'y tenant plus, Draco s'écarta pour lui enlever le haut agaçant. Et Harry ne l'en empêcha pas, au contraire. Il leva les bras et éjecta le tissu dérangeant sans hésitation.

Torse nu, il regarda Draco dont le corps tremblait contre le sien et replaça ses mains contre. Il avait eu tellement envie de lui, deux nuits plus tôt. Seul Greyback et la perspective de se faire violer sans douceur l'avaient empêché de venir pour céder enfin à son désir. Mais plus rien ne l'entravait. Peu importe que Draco soit un homme, il l'aimait et il se souvenait encore assez bien de leur nuit de beuverie pour savoir que le sexe avec lui serait bon. Il n'avait pas à le craindre, le loup-garou le protégerait toujours de tout, même de lui ! Sur cette pensée, Harry tendit une main pour prendre celle de Draco. Ce dernier lui lança un regard interrogateur, étonné de son soudain calme. Mais en réponse, Harry leva le bras jusqu'à son visage pour commencer ensuite à embrasser, voir même lécher, les blessures que les chaînes avaient portées à la peau pâle et parfaite. Contre lui, Draco poussa un petit gémissement en le regardant faire. Il ne pensait pas être plus excité, mais de voir Harry lécher ses blessures avec tant de sensualité faillit le faire jouir. Il se mordit la lèvre, tentant de se retenir.

« Harry, souffla-t-il alors que le Gryffondor soulevait son autre main pour lui donner le même traitement. Tu… arrête ! »

Mais le Gryffondor ne l'écouta pas. Il le poussa sur le lit où Draco se laissa tomber sans résister. Les yeux incroyablement verts de Harry brillaient si intensément qu'il en était pétrifié. Il le regarda prendre sa cheville droite et lui donner le même traitement qu'à ses poignets. Puis la gauche. Et Draco n'avait jamais vécu une scène plus érotique que celle-là : Harry Potter lui léchant les chevilles, baisant ses pieds avec repentance était la scène la plus excitante de toute sa courte vie !

Mais le pire était à venir. Il poussa une plainte lorsqu'Harry reposa sa jambe gauche qu'il écarta pour se lover entre ses cuisses, le visage à la hauteur de sa taille. Puis, le feu aux joues, il lécha la ligne rouge qu'avait laissée la chaîne d'argent. Son menton frottait contre l'érection de Draco qui poussa aussitôt de petits gémissements d'envie. Si seulement… Si seulement il pouvait descendre un peu ! Mais Harry n'était pas prêt, Draco le savait alors il serra convulsivement les draps sous son corps pour s'empêcher d'aller appuyer sur le haut de sa tête. Quand il s'arrêta, Draco rouvrit les yeux qu'il ne se souvenait pas d'avoir fermé pour le regarder. Harry le fixait, le visage si rouge, la respiration un peu haletante. Intimidé, il jetait de petit coup d'œil à l'érection proche de son visage, comme s'il s'agissait d'un animal sauvage et qu'il ne savait pas quoi en faire. Et Draco le trouva horriblement drôle et adorable. Il se mordit la langue pour s'empêcher de rire mais un sourire se forma malgré lui, sourire qui arracha à Harry une grimace encore plus amusante.

« Désolé, dit-il en se redressant. Je ne peux pas… c'est encore… Je veux dire… »

Draco secoua la tête et l'attira jusqu'à lui. Il passa le bout de son nez le long de sa joue et embrassa cette dernière avec beaucoup de prévenance.

« Aucune excuse, dit-il. Tu es effrayé par ça, je le sais bien. Et je t'ai déjà dit que je le serais aussi, si un certain loup ne m'aidait pas à l'accepter. Va à ton rythme…

-Mais… La prochaine pleine lune…

-N'est pas avant un mois, coupa Draco. Nous verrons à ce moment là, d'accord ? Ne t'inquiète pas ! »

Harry soupira en appuyant son visage pivoine contre son épaule, le dissimulant avec honte. Il était censé être courageux. Et vraiment, il voulait faire plaisir à Draco, avancer… mais c'était si difficile. Non pas qu'il n'en ait pas envie, loin de là. Draco l'excitait plus que n'importe qui. C'était juste si... terrifiant. L'idée de ne pas être à la hauteur ou de ne pas apprécier ça le figeait. Et si ça ne se passait pas bien ? Que feraient-ils alors ? Ils étaient liés et amoureux, même si avouer ses sentiments était encore trop difficile.

« Je ne suis qu'un pleutre, geignit-il. C'est le monde à l'envers, je suis celui qui devrait assumer le mieux, je suis celui qui est dans la maison du courage !

-Il n'y a pas de courage, lorsqu'il s'agit d'amour, répondit Draco. Et ne viens pas me dire que c'est abominablement romantique parce que je n'essaye pas de l'être. Faire l'amour, être amoureux est horriblement difficile, j'en sais quelque chose. Tu as vu mon séjour chez Devis dans tes rêves, tu sais donc que j'ai des sentiments pour toi depuis un bon moment, ça ne m'a pas empêché de les nier férocement autant de temps que je le pouvais… Jusqu'à ce que nous ayons la brillante idée de boire ensemble, en vérité. Sans ça, je ne l'aurais jamais accepté, j'aurai enfoui ça quelque part et je peux te jurer que je l'aurai gardé caché du monde, même de moi, jusqu'à ma mort, quitte à mourir malheureux. Ça me semblait trop dur de faire face à ça. Mais tu y fais face. Tu as accepté que je reste près de toi. Tu acceptes que je te touche, que je t'embrasse. Tu acceptes de n'être qu'avec moi. Et c'est déjà tellement plus que ce à quoi je m'attendais…

-Mais ce n'est pas assez ! dit Harry en se redressant pour le regarder. Je voudrais te donner plus, je voudrais que nous soyons vraiment… un couple ! »

Draco sourit avec satisfaction en l'entendant et il le força à se recoucher contre lui, caressant son dos nu. Leur excitation commune était redescendue mais ils ne s'en préoccupaient pas.

« Crois-tu que c'est simple pour tous les couples ? Crois-tu que l'amour soit simple ? Non, ça ne l'est pas, Harry. Pour personne. C'est effrayant d'aimer quelqu'un. Et si la personne partait ? Si elle me trompait, si elle cessait de m'aimer, si elle mourrait ? Tout ça, ça fait peur. Et se donner à quelqu'un physiquement… la première fois, c'est toujours effrayant. C'est d'autant plus effrayant quand on aime. 'Et si ça ne lui plaisait pas ? Et s'il n'était pas satisfait de moi, de mon corps ? Suis-je assez beau pour lui ? Suis-je assez doué ? Est-ce que je lui fais mal ?'. C'est terrifiant aussi. Pour moi, en tout cas, ça l'est. J'en crève d'envie, mais ça me fait peur aussi. »

Harry se renfrogna. Pour quelqu'un qui avait peur, il était si assuré… Comment faisait-il, non d'un chien ?

« Est-ce que ta foutue assurance est une façade ? Demanda-t-il en le regardant. Tu es si … tranquille, quand il s'agit de faire quelque chose…

-C'est une façade, répondit Draco avec franchise. Mon cœur a faillit exploser dix milles fois depuis que je me suis réveillé. Que ce soit parce que tu me regardais avec tant de désir à mon réveil… Non, ne soies pas gêné ! Ou lorsque tu as léché mes blessures, toucher mes fesses… J'ai vraiment failli mourir quand tu as fait tout ça… Je n'ai jamais ressenti des sentiments si forts et pourtant… j'ai vraiment cru aimer d'autres personnes avant toi… »

Harry le regarda avec une légère moue qui arracha à Draco un léger rire. Etait-ce de la jalousie que son compagnon ressentait brutalement ? Il attira son visage à lui et l'embrassa avec amour.

« Je me suis manifestement trompé, dit-il. Car tout ce que j'ai ressenti en moins d'une heure avec toi est tellement plus fort que ce qu'ils ont fait naître en moi, eux tous réunis…

-Tu veux dire elles toutes, répondit sombrement Harry.

-Oui, elles, confirma Draco. Mais que tu sois un garçon ne me dérange pas vraiment…

-Forcément, ce n'est pas toi qui va être enculé ! dit Harry avec une moue, avant de plaquer une main sur sa bouche. Oh.. désolé…

-De quoi ? demanda Draco. Tu connais d'autres mots plus doux pour définir ça ? Sodomiser ne me paraît pas plus gracieux. Quant à culbuter, c'est le comble du vulgaire. Malheureusement, je dois dire que les personnes responsables du vocabulaire sexuelles ne sont pas très compatissantes avec les homosexuelles… »

Harry ne put s'empêcher de rire en l'entendant.

« Idiot, dit-il en se détendant contre lui, sa main suivant la ligne rouge le long de sa taille. Mais ça me fait quand même peur…

-Je sais, répondit Draco. Et c'est pour ça que je ne veux surtout pas que tu t'empresses de répondre à mes attentes, juste parce que la pleine lune approche. Ne le fais pas, ne t'imposes pas une limite de temps. Allons à notre rythme, sinon, ça se fera quand même dans la douleur et ce n'est pas ce que je veux…

-Mais ce que tu as subi…

-N'est rien de bien méchant, répondit Draco. La prochaine fois, je prendrais une potion de sommeil, comme ça, ça n'arrivera plus…

-Quoi ? demanda Harry en se redressant. Ça marcherait ?

-Je ne sais pas, répondit honnêtement Draco. Mais qui ne tente rien n'a rien, non ? Ne t'en fais pas pour ça, d'accord ? »

Harry soupira en le regardant. Il se sentait vraiment mal. Pourquoi ne pouvait-il pas simplement céder ?

« Je suis désolé, dit-il en se blottissant contre lui.

-Tu n'as aucune raison de l'être, lui répondit Draco en l'enlaçant. Tout va bien, d'accord ? »

Harry hocha de la tête. Il inspira profondément, l'odeur naturelle de Draco venant encore lui caresser les narines. Qu'était-ce ? Qu'était ce parfum ? Il était certain de l'avoir déjà senti avant…

« J'aime… C'est épicé, mais doux… Normalement, c'est un parfum fort. Je suis certain de l'avoir déjà perçu avant, mais je ne sais plus quand… »

Ça remontait à son enfance… C'était un moment agréable… Il aurait donc forcément dû s'en souvenir…

« Bah, peu importe ! »

Il referma les yeux, soupirant d'aise. Pourtant, quelque chose le dérangea à nouveau et il les rouvrit pour regarder Draco.

« La dernière fois… comme je t'avais rejeté, tu n'as pas été… excité, c'est ça ? »

Draco haussa un sourcil en l'entendant. Il soupira et rabattit un bras sur son visage, cachant ses yeux.

« La dernière fois, j'étais déjà chez Devis, dit-il d'une voix légèrement rauque. Et ce n'est pas vraiment que je n'en ai pas été affecté… Disons que ça a été différent. »

Un long silence s'installa alors qu'Harry haussait un sourcil interrogateur.

« Comment ça ? » dit-il finalement.

Draco ne répondit pas tout de suite. Harry l'entendit prendre plusieurs inspirations pour parler, mais il ne le fit qu'au bout d'un très long moment.

« La dernière fois… j'ai pleuré », avoua-t-il d'une voix gênée.

Et Harry se souvint de cette horrible nuit. Cette nuit où Draco avait éclaté en sanglot, la nuit où Devis et lui avaient longuement discuté… la nuit où il avait décidé de ne pas l'abandonner. Draco avait pleuré pendant des heures entières, lui déchirant le cœur à chaque sanglot.

« Alors… c'était à cause de la lune ? dit-il, étonné.

-En partie, répondit vaguement Draco. J'étais triste, naturellement… et disons que la lune a juste accentué… ce sentiment. Elle l'a rendu si intolérable que j'avais l'impression d'étouffer. En fait, c'était déjà ce que je ressentais avant, mais… là, c'était encore pire. Il fallait bien que j'évacue ça ! »

Il semblait presque s'en excuser et Harry frissonna en l'entendant. Il se redressa, s'asseyant sur son ventre, ce qui le fit frémir. Pourtant, le brun n'y prêta pas attention et écarta le bras du visage de Draco, le regardant. Il semblait très gêné, ce qui le fit sourire.

« Ne sois pas gêné…

-Facile à dire ! répliqua Draco d'un air agacé. Ce n'est pas toi qui as passé pratiquement une nuit entière à pleurnicher. »

Harry sourit et se pencha pour l'embrasser.

« J'ai trouvé ça… mignon…

-Ouais, c'était trop adorable, ironisa Draco. Maudit soit ta capacité à voir ce que je fais lorsque tu dors ! »

Harry ne put retenir son rire alors qu'il se callait mieux contre lui. Ils restèrent un moment silencieux, savourant juste la présence de l'autre. Jusqu'à ce qu'un choc contre la porte les fasse sursauter. Draco se redressa légèrement, dégagea la couverture qui était coincée sous leurs jambes et la rabattit sur eux.

« Oui ? »

Alrick poussa la porte avec précaution. Il leur sourit ensuite, l'air un peu fatiguée. Dans sa main, une bouteille blanche arracha une plainte d'envie à Draco. Le calice sourit plus largement et lui tendit.

« Devis a dit que je devais te l'apporter vers 9 heures. Et il est 9 heures. Tiens. »

Draco saisit la précieuse bouteille et la but intégralement en gémissant presque d'extase. Toujours appuyé contre lui, Harry sentit son corps frissonner alors qu'il buvait à grande lampée. Un peu de lait coula le long de son menton mais Draco continua, savourant le liquide frais. Quand il eut terminé et qu'il éloigna la bouteille de sa bouche, il avait un air si satisfait qu'Harry en frémit à son tour. Il se redressa un peu et donna un coup de langue le long de la traînée laiteuse sur son menton, jusqu'à sa bouche. Draco le regarda avec étonnement avant de l'embrasser en douceur, savourant le goût du lait sur sa langue.

« C'est encore meilleur ainsi, souffla-t-il en le regardant presque langoureusement, Harry devant souffler pour calmer la soudaine accélération de son cœur.

-Merci, dit-il simplement, arrachant un sourire au blond.

-Hem, intervint Alrick, amenant les regards des deux liés sur lui. La salle de bain de l'étage est disponible, si ça intéresse quelqu'un. »

Ils se regardèrent et Draco haussa les épaules, se dégageant douloureusement du lit. Sans faire attention au regard du calice et de son compagnon, il s'étendit de tout son long quand il parvint enfin à se mettre debout, poussant un grognement appréciateur.

« Je vais en profiter en premier, dit-il en regardant Harry par-dessus son épaule, la couleur du visage de ce dernier ayant encore brutalement changé. A tout à l'heure ! »

Puis il quitta sa petite chambre de torture d'un pas presque joyeux, totalement indifférent à sa nudité. Harry se mordit la lèvre en le regardant d'un air hésitant. Peut-être devait-il le suivre ? Non, non, mauvaise idée, il n'était définitivement pas prêt pour ça non plus. Il soupira, ses yeux cherchant après son t-shirt que Draco avait lancé au sol. Il soupira en allant le rechercher. Il sursauta lorsqu'Alrick se déplaça devant lui, allant simplement s'appuyer contre un mur, près de l'entrée.

« Pourquoi refusez-vous le lien ? demanda le calice, Harry se redressant aussitôt.

-Je ne le refuse plus, répondit Harry, étonnement sur la défensive.

-Mais vous ne couchez pas avec Draco, je ne me trompe pas ? »

Harry fronça les sourcils. Quel rapport ? Il était vrai qu'il n'avait eu aucune relation physique avec le lycanthrope, mais il n'était simplement pas prêt.

« Je ne suis pas encore prêt pour ça, dit-il simplement. J'accepte d'être son compagnon, j'accepte qu'il… m'aime, mais je ne suis pas prêt pour une relation physique. Ce qui est un peu contradictoire et je le sais, car je le désire énormément… Mais...Je crois que ça m'effraie un peu. Même si j'en ai l'envie. »

Il s'emmêlait et le savait, mais ne parvenait pas à s'expliquer.

« Je comprends, dit Alrick, le faisant sursauter. J'étais moi-même très hésitant, par le passé. »

Harry haussa un sourcil interrogateur. Il enfila de nouveau son t-shirt et alla s'asseoir sur le lit qu'il avait occupé toute la nuit.

« Comment ça ? dit-il. Vous voulez dire… avec Devis ? »

Le calice hocha de la tête. Harry sentit sa curiosité légendaire refaire surface. Comment résister ? Autant il lui semblait grossier d'interroger un lié quelconque d'un loup-garou, autant questionné Alrick lui paraissait horriblement simple et censé.

« Vous n'étiez pas gay ? dit-il.

-Pas du tout, répondit Alrick. Je ne ressentais aucune attirance pour les hommes. Je n'en ressens toujours pas. Mais Devis a été différent…

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Harry, voyant que l'homme lui répondait sans gêne.

-Je l'ai rencontré il y cent ans d'ici, lui dit Alrick, Harry hoquetant en l'entendant. Je venais de perdre mon travail et j'étais un peu déprimé. Je suis donc allé dans une taverne. Un bar, si vous préférez. J'avais la ferme intention de m'y saouler, morose, dans un coin… Mais quand j'y suis entré, l'atmosphère lugubre que je recherchais n'y était pas. Au contraire, tout le monde riait et s'amusait… A cause de Devis. »

Il eut un sourire presque moqueur, ironique, et Harry sentit la nostalgie qui émanait de lui.

« Il a toujours été doué pour amuser la galerie et il le faisait encore avec brio. Il racontait une anecdote sur une aventure passée qui lui était arrivée cinquante ans auparavant. Ce qui faisait rire les poivrots qui le croyaient saoul car, vu son physique, il était impossible qu'il ait vécu une telle aventure. Mais voilà, il l'affirmait, le clamait et racontait avec tant de détail que s'en était troublant. Toutefois, dans mon état, je ne me préoccupais pas vraiment de ça. J'étais surtout furieux qu'on gâche mon envie de morosité avec des pitreries sans sens. Alors je me suis attaqué à lui, déversant sur lui toute la fureur que mon licenciement avait engendrée en moi… »

Alrick se tut encore, semblant presque revoir la scène. Etonnement, Harry avait presque l'impression de la visualiser aussi. Devis, noblement vêtu, occupé à distraire la salle d'une histoire impossible, virevoltant avec grâce et parlant avec éloquence. Et Alrick, furieux, impétueux, se jetant sur lui pour évacuer sa colère qu'il ne maîtrisait pas.

« Devis était le bouc émissaire parfait, poursuivit le calice. Petit, frêle, noble d'apparence… L'homme à qui la vie réussi sans qu'il n'ait à faire le moindre effort. Je voulais lui faire payer ça. Je pensais y parvenir sans difficulté. Mais tu t'en doutes… Que peut faire un homme, face à un vampire. Il a tout de suite deviné mes intentions et il m'a évité comme si je n'étais qu'une brindille qui l'avait dérangé. De rage, j'ai tenté de le frapper. Quand mon poing l'a atteint, je me suis fais mal. Et lui me regardait de son magnifique visage indifférent… Les pochetrons autour de nous m'encourageaient au début, mais ils ont vite remarqué, dans leur ébriété, que Devis n'était pas normal. Il bougeait trop vite et ne semblait pas souffrir de mon coup de poing. Pire, il souriait, amusé… J'ai été encore plus rageur et avant que je n'ai eu le temps de comprendre, je me suis retrouvé plaqué au sol par une petite terreur qui souriait avec satisfaction. Et son sourire n'avait rien de charmant… Ses canines étaient largement sorties et j'ai tout de suite senti le danger. J'ai tenté de le déloger de là, mais… que pouvait faire un homme face à un vampire ? »

Il laissa le silence accentuer sa question et Harry gigota. Il était totalement dans le récit, captiver.

« Ensuite ? demanda-t-il. Que s'est-il passé ? »

Alrick eut une vague esquisse de sourire.

« Il m'a mordu, répondit-il. Violemment, comme tout ce qu'il fait. Il m'a mordu, sous les acclamations surprises des poivrots nous entourant. Et jamais de toute ma vie je n'ai ressenti pareil plaisir. Lui non plus. Pourtant, Devis a été un homme de plaisir. Alors quand il a relâché ma gorge et qu'il m'a regardé, il a parut stupéfait. Puis il a sourit. Il avait du sang partout autour de sa bouche et sur sa chemise blanche. Et les poivrots, en voyant ça, on paniqué. Pour autant, Devis n'a pas perdu son sourire. Il est juste devenu plus cruel lorsqu'un des hommes a parlé d'aller prévenir la police. Et c'est sans hésitation qu'il a tué toutes les personnes qui étaient présentes… »

Harry écarquilla les yeux d'horreur en l'entendant.

« Tu…Tuer ? Dit-il, horrifié. Tous ?

-Sans exception, affirma Alrick. Il leur avait révélé sa nature, il ne pouvait pas les laisser vivre. Je sais qu'il a hésité pour moi. Après les avoir tous vidés de leur sang, il s'est dirigé vers moi de son petit pas joyeux et m'a regardé. Son visage était couvert de sang et il ne cessait de passer sa main dessus pour ensuite suçoter ses doigts. Il était… terrifiant. Puis il s'est penché sur moi et a dit : « Ton sang est bon. Meilleur que celui des autres. Je vais te laisser vivre un peu. ». Je me souviens de ses mots en particulier. Parce qu'ils ont provoqué chez moi une sorte de terreur mêlée de fascination. Je n'avais jamais vu de vampire. Jamais imaginé qu'ils existaient… Mais là… J'en avais un sous les yeux !

-Vous êtes…Vous êtes un moldu ? S'étonna Harry, stupéfié.

-J'en suis un, répondit Alrick avec un sourire compatissant. J'en étais un. Mais Devis m'a pris pour calice. Sans s'inquiéter de savoir si j'étais d'accord, si j'en avais envie ou pas. Il m'a juste traîné chez lui et séquestrer pendant… plusieurs semaines avant de décider de faire de moi son calice. Parce qu'il ne pouvait plus se passer de mon sang. Qu'il voulait que je sois à lui. Et faire d'une personne son calice démontre de façon claire qu'il appartient au vampire. Je n'étais pas d'accord. Alors je n'ai été qu'une réserve de sang, pendant plusieurs années. Mais au fur et à mesure… le monstre fascinant est devenu encore plus attirant. Sa façon d'agir brutale et terrifiante s'est transformée en une négligence enfantine. Il m'est apparut… oui, comme un enfant curieux. Il avait pourtant plus de 100 ans. Mais il ne vieillissait pas et moi non plus. J'avais gagné en force, en rapidité, en pouvoir. Car en faisant de moi son calice, Devis m'avait offert des avantages qui me permettaient de me défendre. La vie horrible et pauvre que j'avais avant était soudainement palpitante, effrayante, mouvementée… Et puis… il y avait les morsures. »

Harry l'écoutait, stupéfié. Comment quelqu'un pouvait-il tomber amoureux de Devis ?

« Chaque morsure me plongeait dans une transe incroyable que les moldus d'aujourd'hui rapporteraient à la drogue. J'étais shooté à ces moments qui n'avaient lieu au début qu'une fois par semaine. Mais au fur et à mesure, Devis a constaté le plaisir que j'en ressentais, il a commencé à en ressentir aussi… Et je ne sais pas… Peut-être qu'à force de vivre avec un monstre inconscient, j'en suis devenu un ? J'ai trouvé Devis de plus en plus beau, de plus en plus drôle, sous ses airs d'enfant turbulent. J'ai été attiré par lui physiquement et chaque morsure me plongeait dans un désir que j'aurais désapprouvé dans ma vie de moldu. Mais voilà… Je n'étais plus un moldu. J'étais un calice et j'avais l'éternité, pour peu que Devis vive si longtemps. Alors… J'ai cédé. »

Les yeux d'Alrick étaient souriants. Il ne semblait pas regretter ni éprouver le moindre sentiment d'angoisse ou autre sensation négative. Il paraissait juste nostalgique.

« Un soir que Devis venait de refermer la blessure que j'avais dans la gorge, je l'ai attrapé par les cheveux et je l'ai plaqué contre le sol. Et il m'a juste laissé faire, approuvant chaque geste que je faisais, chaque caresse, chaque baiser. Il savait que j'en avais eu envie et il s'est laissé dominer sans résister. Dès lors, notre relation a pris une nouvelle tournure. Il est devenu mon amant. Et à notre façon, nous avons trouvé notre propre équilibre…

-Mais… Vous n'êtes pas amoureux ? demanda Harry, surpris.

-Si, répondit Alrick. Un amour bien à nous qui est né dans les années passées côte à côte. »

Harry hocha pensivement de la tête. Leur relation lui paraissait totalement incompréhensible, parce que totalement opposée à celle qu'il avait avec Draco.

« Mais en quoi avez-vous hésité ? demanda Harry. Vous n'avez jamais eu le choix !

-J'ai pris le choix de faire de Devis mon amant. Nous aurions pu rester simples compagnons de vie, sans jamais nous toucher ni nous aimer réellement. Et j'ai longuement hésité avant de céder à mon envie de le faire. Mais il me plaisait… Vraiment beaucoup. J'ai compris qui il était. Sous son air insensible, derrière les envies un peu folles, il y avait Devis. Et il m'a plu. Mais j'ai si longuement réfléchi à ce sujet… Des années presque. Rien n'oblige le calice d'avoir une relation avec un vampire, même si cela finit toujours par arriver car des années de vie commune rapprochent toujours… »

Un bruit dans le couloir fit sursauter Harry qui tourna la tête dans la direction du son. Il se sentit presque soulager de voir Draco apparaître, les cheveux encore humide et l'air toujours aussi fatigué. Harry se leva, faisant quelques pas dans sa direction avant qu'Alrick ne prenne la parole.

« Tu devrais aller te laver. »

Harry le regarda et hocha de la tête. Il sourit à Draco et passa à côté de lui. Le blond n'avait pas utilisé son savon et shampoing habituel, manifestement, car l'autre odeur, celle qu'il avait perçue le matin même était bien plus forte qu'avant.

« Girofle, réalisa Harry avec un sourire. Les clous de girofle ! (1) »

Il sourit d'avantage lorsque la main de Draco frôla tendrement la sienne. Rester seul avec Alrick, Draco eut un sourire avec ce dernier.

« Vous avez parlé de quoi ? demanda-t-il en allant s'asseoir près de lui.

-De ma rencontre avec Devis, répliqua le calice.

-Oh, le fameux bal où Devis s'était déguisé en fille et où tu l'as dragué ?

-Oui, celui-là même. »

Draco sourit, ignorant l'air un peu moqueur d'Alrick. (2)

oOo

Devis étant parti dormir dès l'aube, il ne leur dit pas au revoir. Non pas que ce soit son genre, d'ailleurs. Alrick avait tenu jusqu'à leur départ mais à sa tête, Harry et Draco avaient très bien compris que le calice allait également dormir tout le jour. Du reste, le lycanthrope semblait avoir beaucoup de mal à rester éveillé. Ses yeux étaient minuscules et il se manifestait à peine, répondant à Harry par des sons à peine compréhensibles. Il était d'ailleurs appuyé contre lui quant ils rentrèrent au village et durant tout le trajet menant à la maison de Greyback.

« Tu vas bien ? demanda Harry, ne pouvant s'empêcher d'être inquiet.

-Fatigué, répondit simplement Draco en s'appuyant plus fort contre lui. Pas envie de travailler…

-Travailler ? demanda Harry, étonné.

-Je n'ai pas participé à la chasse, expliqua le blond, en regardant la maison de Greyback d'un air las. Donc, il a décidé que je devais aller aider le boucher à couper la viande et à la distribuer… »

Harry fronça les sourcils en l'entendant. Il était admiratif du système mis en place par l'alpha (ou par ses prédécesseurs ?) mais il ne comprenait pas pourquoi Draco devait être puni de son absence à la chasse. Ce n'était pas comme s'il l'avait fait volontairement…

« Ne sois pas en colère contre Greyback, lui dit Draco en s'arrêtant de marcher. C'est normal qu'il me fasse faire ça. Je fais partie de la meute et j'ai donc un rôle à y jouer. En fait, j'apprécie assez qu'il m'inclue ainsi dans la meute. Et puis, il a donné une tâche à tout le monde, aujourd'hui. Pour nous empêcher de dormir…

-Mais pourquoi ? demanda Harry. Si vous êtes fatigués…

-Justement parce que nous sommes fatigués, expliqua Draco. Si nous allons dormir maintenant, nous ne ferons que ça de la journée. Et ce soir, nous ne serons pas fatigués… Le rôle de l'alpha est de s'assurer que nous gardions une bonne hygiène de vie. Et cela commence par des habitudes saines telles que dormir la nuit ! »

Harry dut presque se mordre pour ne pas rire. Imaginer Greyback veillé sur sa petite meute comme un parent consciencieux était… hilarant. Vraiment !

« Bon, dit-il, luttant pour garder son sérieux. Et donc, là, tu vas aller chez le boucher pour… travailler ?

-Merlin, pas sans un bon petit déjeuner ! dit Draco en reprenant sa marche vers la maison de Greyback. Je meurs de faim ! Et je crois que je voudrais encore du lait. La bouteille d'Alrick était trop petite, je n'en ai pas eu assez que pour me permettre de rester debout jusqu'au soir. Vivement cette nuit ! J'irais probablement dormir tôt ! »

Derrière lui, Harry eut une petite moue. Il mit un certain temps à réaliser qu'il était contrarié. Si Draco allait dormir tôt, alors ils ne se verraient pas beaucoup. Surtout si le lycanthrope travaillait toute la journée.

« Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Draco, surpris.

-Mhmm ? demanda Harry en le regardant. Rien, je réfléchissais à tout ça. J'ai faim moi aussi. Je… peux manger avec toi ? »

Draco haussa un sourcil. Harry savait que sa demande était particulière, mais il n'avait pas envie de le laisser trop tôt. Les derniers jours avaient été particulièrement intenses entre eux, que ce soit cette nuit torride pendant laquelle Harry l'avait contemplé trembler de désir pour lui ou celle de la pleine lune où il avait juste dormi, surveiller et dominer par la forme lycanthrope de son compagnon. Mais l'intensité des derniers jours ne semblait pas influencer le déroulement bien rodé de leur vie : rendez-vous en soirée et journée séparé. Harry ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi Draco prenait un soin tout particulier à l'éviter en journée.

« Bien sûr que oui, répondit Draco, un large sourire ravi sur les lèvres. Hermione est chez Greyback, de toute façon… »

Harry haussa un sourcil interrogateur et Draco désigna son nez d'un mouvement négligeant.

« Mais on est à dix mètres de la maison ! s'étonna le brun, en avançant d'un pas plus volontaire.

-Et alors ? demanda Draco. Je suis un loup. J'ai un odorat pouvant percevoir une odeur à 500 m car je suis un animal magique. »

Harry sourit. C'était étrange d'entendre Draco se caractériser d'animal magique. Il rit tout en se rapprochant de lui. Le blond traînait des pieds.

« Mais encore ? dit-il. Quelle autre particularité ?

-J'ai une vision à 250 degrés, dit Draco en baillant. Alors qu'un homme normal ne voit qu'à 180 degrés. »

Harry haussa un sourcil. Comme ça devait être étrange.

« Mais… Même sous ta forme humaine ? demanda-t-il.

-Non, sous forme humaine, ça se réduit à 200. »

C'était donc toujours supérieur aux hommes. Harry le regarda. Draco se contentait en apparence de regarder la maison qui n'était plus qu'à trois mètres. Harry le rattrapa alors définitivement en posant une main sur son bras.

« Euh… Pour le rendez-vous de ce soir, dit-il en le regardant. Tu viendrais chez nous ? Enfin, dans la maison qu'Hermione et moi occupons. Je ne veux pas la laisser toute seule, vu que Ron est parti…

-Mhmm, répondit Draco en hochant de la tête. Pas de problème. »

Ils se regardèrent un instant, hésitant. Puis Harry sourit et s'approcha de lui pour l'embrasser, à la grande surprise de Draco qui se laissa pourtant faire. Ses oreilles – canines – frémirent sur le haut de sa tête et il soupira de satisfaction. Harry rit en l'entendant.

« J'aime que tu fasses un pas dans ma direction, lui dit Draco.

-Je sais, répondit Harry. Allons manger ! »

Ils firent les derniers mètres les séparant de la maison de Greyback les mains de nouveau jointes.

oOo

Ils avaient mangé ensembles, en compagnie d'Hermione, de Greyback et de Gabriel qui avait accouru en percevant Draco dans le village. Harry avait eu du mal à réprimer une vive jalousie en voyant le jeune garçon coller de trop prêt son compagnon et son petit déjeuner, pourtant délicieux, avait eu un arrière goût d'amertume. Il se savait ridicule, Gabriel avait renoncé à Draco et ce dernier l'aimait, il le lui avait dit le matin même ! Mais voilà, il était possessif, même s'il n'était pas un loup-garou. Et même si Draco et lui ne couchaient pas ensembles (pas encore, en tout cas), le fait était qu'il était à lui et qu'il ne voulait pas que Gabriel le touche ainsi.

Pourtant, il ne dit rien. Draco dut percevoir sa colère car il lui avait lancé un regard interrogateur qu'Harry avait ignoré en détournant la tête, gêné. Il se savait ridicule et ça l'énervait d'autant plus.

De son côté, Draco planait plus sur un énorme nuage cotonneux. Il était épuisé, tant par la nuit précédant la pleine lune que par cette dernière. Et il n'avait qu'une envie, se rouler en boule dans un lit et dormir. De préférence, avec Harry. Mais il savait qu'il ne pouvait le lui demander, pas alors qu'ils avançaient enfin dans la bonne direction. Donner à Harry l'impression qu'il en profitait serait la pire chose à faire.

Il avait pourtant perçu ce fort sentiment de colère lorsque Gabriel l'avait enlacé en lui disant que la nuit avait été moins drôle sans lui. Et il l'avait regardé, interrogateur. Le regard d'Harry s'était détourné, mais il avait vu sa colère vis-à-vis de Gabriel. Alors, parce qu'il ne voulait pas énerver son compagnon, il s'éloigna vaguement de son potentiel second avec l'excuse qu'il voulait manger sans en mettre partout.

Puis le moment était venu pour lui d'abandonner une Hermione à l'air analytique et un Harry à la moue étrangement boudeuse. Draco n'avait pas pu s'empêcher de poser une main dans son dos et de poser son visage contre son épaule.

« Ce soir, donc, dit-il. Je viendrais chez vous, d'accord ? »

Harry avait acquiescé et l'avait laissé partir avec un petit son d'approbation. Quand Draco avait quitté la pièce, il avait soupiré presque dramatiquement.

« C'est si mignon, se moqua Greyback, l'air à demi-mort.

-Fermez-là, répliqua Harry, boudeur.

-C'est pour son bien, Potter, répliqua l'alpha. Je vais d'ailleurs aller m'occuper et vite avant de céder à l'appel de mon lit. Hermione. »

Il la salua d'un mouvement de la tête et quitta la pièce avec rapidité. Resté seul avec Hermione, il la regarda d'un air interrogateur.

« Est-ce que Greyback n'est pas… étrange, avec toi ?

-Etrange ? demanda Hermione. Non, je ne trouve pas, pourquoi ?

-Oh, juste une impression, répondit Harry. On rentre ? »

La jeune fille hocha de la tête et le suivit d'un pas tranquille alors qu'ils sortaient de la maison de l'alpha.

« Et donc, ta nuit ? demanda Hermione.

-Normale, répondit Harry. J'ai dormi comme un loir, avec un loup qui s'est juste couché sur moi pour bien me montrer qu'il m'était supérieur ! »

Hermione rit en l'entendant.

« Normal, dit-elle. Je crois que même si vous aviez des relations sexuelles, ça n'empêcherait rien, tu sais ? Il est un alpha potentiel, après tout. »

Harry approuva, regardant le village autour de lui. Il voyait des hommes passer. Certains avaient l'air en pleine forme tandis que d'autres traînaient la patte d'un air épuisé. Il n'était pas difficile d'identifier les loups-garous des hommes normaux.

« Et donc, dit-il. Comment ça a été, ici, hier soir ?

-Bruyant, répondit Hermione. Mais j'ai fini par m'y habituer et je me suis endormie.

-Tu n'as pas eu peur ? s'assura-t-il, culpabilisant de l'avoir laissé seule.

-Non, Greyback m'a encore assuré que rien n'arriverait avant que la lune ne se lève. Vu que j'étais seule, il y a personnellement veillé. Disons que la soirée a été un peu longue… »

Harry hocha de la tête. Ils marchèrent encore un moment en silence puis Harry murmura :

« Il faut dire ce que nous faisons à Draco, dit-il. J'aimerais lui en parler. Des objets, de… Voldie. Tout ça quoi. Tu crois que je fais bien ?

-Tu sais bien que oui, répondit son amie. Il va venir avec nous à Gringotts, non ? Il doit savoir. Et puis, il est ton compagnon. Il vaut mieux qu'il en soit informé. »

Harry hocha de la tête. Pour autant, il n'était pas rassuré à l'idée de tout avouer à Draco. Non pas qu'il n'ait pas confiance en lui. Mais le blond était encore sous la coupe de Voldemort, à sa façon. Même si le mage noir le laissait relativement en paix, ça ne voulait pas dire que Draco n'était pas encore sous son autorité. Et il savait que s'il était convoqué, pour ne pas attirer d'ennui à Greyback et au village, Draco s'y rendrait. Et si Voldemort, d'une façon ou d'une autre, lisait son esprit…Il soupira une fois de plus alors qu'ils entraient dans la maison. Le coffre, sur la cheminée, lui sauta presque aux yeux. Avec un peu de chance, bientôt, ils auraient la coupe. Mais ils ne savaient toujours pas comment les détruire.

« Il faut qu'on trouve quelque chose, dit-il à Hermione. Pour détruire ses horreurs. Il le faut, Hermione.

-Je sais, répondit la jeune femme en regardant la cheminée. J'y travail, Harry. J'y travail de toutes mes forces. »

Il hocha de la tête.

« Tu crois que Ron va bientôt rentrer ? Demanda-t-il.

-Je l'ignore, répondit Hermione. Mais j'aimerais bien. Il me manque. »

Harry sourit en l'entendant et il tendit la main pour l'attirer contre lui et la serrer.

« Il serait bien que tu agisses dans un sens pour qu'il n'ait plus envie de partir, la prochaine fois… »

En retour, il reçut un simple coup sur l'épaule.

« Et toi, quand vas-tu agir pour que Draco n'ait plus à s'enchainer à la prochaine nuit de trois quarts ? »

Il grogna fièrement, déclenchant l'hilarité de sa meilleure amie.

oOo

La soirée arriva vite. Harry avait passé la journée à discuter avec Hermione. Il avait ainsi mit à l'épreuve les connaissances de la jeune fille sur l'organisation du village et découvert qu'ils étaient nourris gratuitement au frais du village, ce qui le dérangea un peu quand Hermione le lui avoua.

« On pourrait faire quelque chose pour eux, non ? avait-il demandé, alors qu'ils se préparaient un repas rapide.

-J'ai proposé, avoua Hermione. Mais ils ont dit que le mieux que nous ayons à faire était de tuer tu-sais-qui, donc… »

Harry avait grimacé en entendant ça. Il suffisait d'un seul traitre parmi la meute et Voldemort saurait où ils étaient et quel était leur but. Merlin soit loué, ils n'avaient jamais évoqué les horcruxes.

« Alors ? Tu vas aller retrouver Draco, ce soir ? Demanda Hermione en constatant qu'il était presque 20 heures.

-Non, je lui ai demandé de venir », répliqua Harry.

Hermione haussa un sourcil sceptique en l'entendant, jetant un coup d'œil incrédule à son meilleur ami avant qu'un sourire ne fleurisse sur ses lèvres, sourire un tantinet moqueur.

« Quoi ? demanda Harry.

-Tu ne peux plus du tout te passer de lui, hein ? dit-elle.

-Quoi ? répéta Harry, les joues rougies. N'importe quoi !

-Oh pitié Harry. Tu sais très bien que Draco sera trop fatigué que pour rester éveiller toute la durée du rendez-vous. Tu l'obliges à dormir ici en lui demandant de venir. Tu l'obliges à dormir avec toi ! Et ne viens pas me faire croire que tu ne savais pas ! »

Harry referma la bouche qu'il avait ouverte dans le but de protester. Oui, il savait. Cela faisait-il de lui un connard rusé ? Peut-être, mais il l'assumait. Il voulait que Draco soit avec lui chaque seconde.

« Je suis une fille, dit-il d'un air horrifié.

-Et bien, tu n'as pas beaucoup de poitrine, mais si tu le dis, je veux bien te croire, renchérit Hermione.

-Non, mais… Je veux dire… Ne le prend pas mal, ok ? Mais je n'ai jamais compris pourquoi Lavande collait Ron comme s'il était sa vie. Ni pourquoi Ginny voulait toujours me toucher ou qu'on fasse des trucs ensembles, presque chaque putain de secondes. Je crois que c'est juste un truc de filles… Et j'entends par là certaines filles, pas toutes, hein. De rester coller à la personne avec qui elles sont. Mais en fait… Je commence à avoir exactement le même comportement ! »

Il enfouit son visage honteux dans une de ses mains, n'osant pas regarder Hermione qui resta silencieuse un long moment.

« Ce que tu viens de dire est si machiste, lui dit-elle, horrifiée. Et bien, je comprends, je pense, pourquoi tu penses que c'est un truc de fille. C'est simplement parce qu'elles étaient amoureuses. Quand un mec est amoureux, il veut juste baiser !

-Hé ! s'écria Harry en relevant la tête. C'est faux !

-Ooh, Draco, oui, c'est bon, parodia Hermione d'une voix langoureuse. Harry, ma chambre est juste à côté de la tienne et tes rêves sont vraiment bruyants, tu sais ? »

Le garçon balbutia, le visage incandescent.

« Et alors ? dit-il finalement. Je suis un garçon en bonne santé. J'ai le droit de fantasmer sur mon compagnon ! »

Hermione rit en l'entendant.

« Je ne dis pas le contraire, dit-elle. Evite juste de réduire ton comportement amoureux à un comportement de fille. Draco aussi a envie d'être prêt de toi sans arrêt !

-Et c'est pour ça qu'il passe son temps loin d'ici, fit remarquer sarcastiquement Harry.

-Non, ça, il le fait pour te rendre accroc à lui, déclara Hermione avec un air moqueur. Et ça marche ! »

Harry ouvrit la bouche et la referma, sous l'œil moqueur d'Hermione. Puis…

« Il le fait exprès ? s'écria-t-il, stupéfait.

-Oh pitié, dit Hermione. Oui, bien sûr qu'il le fait. Et bien, je pense qu'il pense qu'il t'autorise à garder une certaine distance, qu'il te permet de t'habituer à lui, qu'il ne veut pas envahir ton espace personnel. Mais je pense qu'il attend surtout que tu le supplies d'envahir ton espace personnel. Et même plus d'ailleurs… »

Harry haussa un sourcil interrogateur et Hermione leva les yeux au ciel.

« Harry, Draco passe son temps à te dévorer des yeux. Ce matin, au petit déjeuner, même s'il était épuisé, il n'a pas cessé de te regarder, de te toucher, de te frôler. Et toi, tu te tendais vers lui comme si tu en voulais plus. Ça aurait pu être indécent s'il y avait mis un peu plus d'énergie ! Saute-lui dessus une bonne fois.

-C'est plus facile à dire qu'à faire. Ce n'est pas toi qui doit… enfin..

-Quoi ? Etre baisée ? demanda Hermione. Harry tu en as envie, tu le sais bien. Tu en rêves chaque nuit ! »

Il soupira en l'entendant. Oh oui, il le voulait. Et tellement fort. Il voulut répondre, mais entendit Draco frapper à la porte. Aussitôt, il oublia la conversation pour aller simplement ouvrir, sous l'œil moqueur d'Hermione.

« Hey », dit Harry en lui ouvrant.

Il eut à peine le temps de comprendre qu'il se fit attirer dans une étreinte solide et puissante. Il haleta vaguement en reconnaissant l'odeur de menthe.

« Hey, répondit Draco, son nez passant contre son cou. Comment vas-tu ? »

Harry ne répondit pas. En vérité, il se sentait horriblement bien et relaxé. La journée semblait brutalement trouver un sens et il soupira face à son esprit si… quoi ? S'il pensait féminin, Hermione allait le tuer. Mais elle ne pouvait pas savoir ce qu'il pensait… Donc, oui, il avait vraiment l'impression d'être une stupide fille de 15 ans amoureuse et un adolescent en manque vu le déplacement nonchalant de ses mains dans le dos de Draco.

« Je vais bien, dit-il en relevant la tête vers lui. Toi, tu as l'air d'un mort. »

Draco avait le teint pâle et des cernes horribles. Harry ne l'avait jamais vu aussi fatigué et c'est d'un mouvement décidé qu'il l'attira vers l'intérieur de la maison.

« Viens t'asseoir, dit-il en refermant la porte derrière lui.

-Salut Hermione, dit poliment Draco en suivant son lié.

-Bonsoir Draco, répondit la jeune femme. Pas trop pénible cette journée boucherie ?

-Une vraie torture, répondit Draco en se laissant tomber dans le canapé, Harry s'installant près de lui. Franchement, j'espère ne plus jamais avoir ce travail ! Lane ne m'a même pas laissé en manger un peu ! »

Harry sourit en l'entendant et il frissonna lorsque Draco enroula un bras autour de sa taille pour le rapprocher de lui. Il fusilla Hermione des yeux, celle-ci arborant un air clairement amusé.

« Pas trop envie de dormir ? interrogea Hermione.

-Putain si, répondit Draco en s'effondrant contre Harry. Je n'en ai jamais tant eu envie de ma vie ! Les lendemains de pleine lune sont vraiment…les pires moments au monde ! »

Doucement, son corps glissa le long de celui d'Harry, jusqu'à ce que sa tête se retrouve sur ses cuisses. Draco ouvrit les yeux et le regarda avec hésitation. Mais le brun répondit par un sourire attendrit et passa une main dans ses cheveux.

« Tu veux dormir ? demanda-t-il.

-Hum, non, mais je veux bien rester coucher ainsi. »

Il se tourna vers lui et enfouit son visage dans le ventre d'Harry, si bien que ce dernier se demanda comment il pouvait respirer. Dans le fauteuil, Hermione sourit avec amusement.

« Vous voulez que je vous laisse ? demanda Hermione.

-Ne dis pas n'importe quoi, répondit Harry, une de ses mains jouant négligemment avec une des oreilles canines de Draco.

-Et bien, même si je sais que tu es là pour moi, pour ne pas me laisser seule, se moqua Hermione, je m'en voudrais de perturber votre… rendez-vous hebdomadaire. »

Harry leva les yeux au ciel, comprenant parfaitement les sous-entendus vaseux. Non, Harry n'avait pas donné rendez-vous à Draco chez eux pour soutenir la solitude d'Hermione, mais bel et bien parce qu'il voulait forcer Draco à dormir avec lui. Il en avait envie. Ses nuits avec le lycanthrope étaient… si agréables. Contre lui, Draco marmonna quelque chose et Harry s'aperçut que le blond s'était déjà endormi. Il sourit et continua de caresser ses oreilles.

« Tu m'aideras à lui raconter ? demanda sérieusement Harry. Pour la prophétie… et les horcruxes. »

Hermione reprit un air plus sérieux et hocha de la tête.

« Promis, dit-elle. En attendant, tu devrais le faire léviter jusqu'à l'étage. Et reste avec lui, ne redescends pas pour moi. Je sais que c'est ce que tu veux. »

Bien que gêné, Harry hocha de la tête. Il sortit sa baguette et enchanta le corps de Draco, ce dernier s'élevant naturellement. Harry le guida jusqu'à l'étage et ce fut avec plaisir qu'il l'étendit dans son lit. Quand il y fut installé, Harry le regarda un instant avec hésitation. Draco aimait dormir nu…

Inspirant, il prit son courage à deux mains et lui enleva chaussures et chaussettes. Et non, il ne profitait pas de la situation. Ou peut-être… Un peu ? Ses mains remontèrent le long de ses jambes et Draco marmonna quelque chose dans son sommeil. Un peu embarrassé, Harry arriva à la fermeture du pantalon. Il la défit lentement et tira sur le vêtement. Le corps de Draco étant totalement relâché, il eut quelques difficultés à lui extirper le vêtement mais il parvint au bout de plusieurs efforts. Et alors qu'il dénudait le bas de ses jambes, ses yeux le détaillèrent avec attention. Il rougit en pensant que ses cuisses étaient magnifiques. Fortes, musclées. Tout autant que ses jambes. Puis il releva les yeux jusqu'à son entrejambe encore cachée par le sous-vêtement.

Résolument, il préféra lui enlever son pull et sa chemise. Draco grogna un peu. Il entrouvrit un œil fatigué et Harry se pencha sur lui pour l'embrasser.

« Ce n'est rien, Draco, dit-il. Je t'aide juste à te mettre à l'aise. Dors, maintenant. »

Le blond hocha de la tête, relevant juste son corps pour l'aider à ôter ses hauts. Quand ce fut fait, il se laissa à nouveau tomber dans le lit avec mollesse, refermant les yeux.

« T'dors avec moi ? dit-il d'une voix pâteuse.

-Oui, répondit Harry. Tu le veux ?

-Mhmm, oui… Dormir est encore meilleur si tu es là. »

Harry sourit et se redressa à son tour. Il se dévêtit presque intégralement avant de s'arrêter, hésitant à enlever son sous-vêtement. Puis, décidé, il le fit glisser le long de ses jambes, tentant de nier l'excitation qu'il ressentait. Il posa ses mains sur les cuisses chaudes de Draco, celles-ci voyageant sur la peau agréable avant d'atteindre le bord du vêtement. Puis il tira dessus, le faisant glisser le long du corps de Draco. Quand il le jeta enfin au sol, il regarda Draco dans son entière nudité et déglutit. Il était magnifique. La peau pâle, le corps musclé et alangui dans ses draps lui arrachèrent une plainte d'envie. Si Draco n'avait été endormi, Harry eut conscience qu'ils auraient franchi une étape très importante.

« Hermione a raison… Je dois juste foncer, me laisser porter par ça, sans réfléchir. J'ai peur, de la douleur, mais aussi d'avoir cette première relation qui rendra notre relation totalement… définie. J'ai aussi peur d'aimer ou de détester ça. Mais tant que ça ne sera pas fait, je ne pourrais jamais savoir où je me situe par rapport à ça. Et putain, qu'est-ce que j'en ai envie… »

Le souvenir de leur nuit de beuverie était clair dans sa tête. Et plus le temps passait, plus Harry avait envie de recommencer.

« Bientôt, Draco, dit-il en montant dans le lit, son corps nu allant s'appuyer contre celui du lycanthrope. Bien plus vite que tu ne le penses. »

Avant de tirer la couverture qu'il avait eu l'intelligence de ne pas remettre sur le lit après une rapide petite sieste en début d'après-midi sur eux, Harry laissa ses mains s'égarer sur les hanches de Draco, flattant sa peau douce, savourant les caresses que Draco ne pouvait connaître dans son épuisement. Il soupira et prit le poignet du lycanthrope. Tirant fort, il l'obligea à passer son bras autour de sa taille. Draco geignit mais, brutalement, se tourna vers lui pour l'enlacer, collant son corps au sien. Harry haleta en sentant leur sexe se rencontrer. Il se mordit la lèvre. Ça ne servait à rien qu'il s'excite, Draco n'était pas en état de le soulager d'une quelconque manière. Alors, en attendant le moment où il pourrait le faire, il amena la couverture à eux. Il n'était même pas 21 heures… Il sourit en pensant qu'il ne s'était jamais couché aussi tôt de sa vie !

A suivre…

(1) Le mélange clou de girofle et agrume est très connu et est souvent pratiqué. Cela donne aux agrumes, tout particulièrement aux oranges, un parfum fort et agréable. J'ai donné cette odeur à Draco, d'abord parce que je l'apprécie (c'est toute mon enfance), ensuite, car il s'associe naturellement à l'odeur d'Harry !

(2) A votre avis… Lequel a menti ? Alrick ou Devis ?

Et voilààà ! Sur ce, je vous dis à dans un mois pile, c'est-à-dire le 30 novembre ! J'espère que vous avez aimé ce cadeau !