Titre : Alpha Potentiel

Résumé : Pour avoir lâchement désobéis à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM

Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)

Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !

Note de l'auteur : Si ce n'est pas ce cher Draco et ce cher Harry qui vont enfin emprunter la route glissante et sinueuse que la majorité des lecteurs voulaient les voir reprendre ! Vi, cette route qui n'a plus été fréquentée depuis le chapitre 5 ! loll Bonne lecture à vous.

Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Me souviens pas… Me connaissant, j'ai du regarder les experts ! Là, par exemple, je regarde les Simpsons ! loll

Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois, toujours en fin de mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !

Nombre de chapitre : Chapitre 20 terminé ! Et ouais, incroyable !

Un grand merci à Tamaki pour sa correction plus que souhaitée ^^ Remerciez la donc aussi !

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Chapitre 14 : Avancées

Harry se réveilla en ayant l'impression d'être enserré dans un étau. Deux bras étaient enroulés autour de sa taille et la serraient fort. Après un petit moment de flottement, il sentit tout son corps s'éveiller au contact de la peau nue contre la sienne. Ça commença par les bras contre sa taille puis le torse contre le sien, le visage enfoui dans sa gorge, les jambes entremêlées aux siennes et enfin, tout son corps se concentra sur le sexe à moitié érigé contre le sien totalement raide.

Un léger gémissement lui échappa alors qu'il portait une main sur un des bras de Draco, tentant vaguement de l'écarter.

« Draco, murmura-t-il. Tu serres trop fort… »

Pour seule réponse, il eut droit à du silence. Draco dormait toujours et n'avait nulle conscience de la puissance de sa poigne.

« Draco », gémit Harry en gigotant encore.

Il souffla et bougea encore avant de prendre conscience que ses gestes pouvaient être interprétés comme lascifs. Il soupira et cessa tout mouvement, enfouissant ses mains dans les cheveux de son lié.

« Draco, s'il te plait… Draco. Réveille-toi ! Tu m'entends ? Draco ! »

Le concerné geint contre lui. Il bougea contre son corps et Harry couina en le sentant faire. Son excitation de la veille était totalement revenue et il ne parvenait plus à se calmer. Le corps intégralement nu de Draco le rendait fou. Les mains inactives dans son dos se mirent en mouvement et passèrent sur sa peau, l'une descendant et l'autre montant. Harry gémit en sentant une des larges paumes se perdre sur ses fesses soudainement très sensibles alors que l'autre allait masser sa nuque, endroit plus que névralgique de son corps.

« Oh Merlin, murmura Harry contre le lycanthrope, ses yeux fermement clos tandis qu'il tentait de reprendre pied. Draco… Tu es réveillé, hein ?

-Mhmm, répondit l'autre, un léger sourire aux lèvres. Comment rester endormi avec une telle vague de désir qui m'assaille… »

Harry rouvrit les yeux pour le regarder. Draco le contemplait comme s'il était son petit déjeuner et qu'il mourait de faim. Un peu inquiet, Harry eut un mouvement de recul que Draco empêcha en resserrant ses bras sur sa taille.

« Ne t'inquiète pas, lui dit-il, son visage allant se nicher contre sa gorge. Je ne te ferai rien. Je sais… »

Harry resta un instant figé avant de grogner. Merde alors, qu'était-il exactement, une foutue fille ? D'autorité, il écarta Draco et le regarda d'un air agacé.

« Bordel de Merlin, est-ce que tu crois que je suis en cristal ou quelque chose dans ce genre ? N'es-tu pas censé être une sorte de loup-garou surprotecteur et hyper dominateur ? N'es-tu pas censé vouloir me baiser une bonne fois ? »

Draco haussa un sourcil de stupeur en entendant les mots d'Harry. Ce dernier, furieux, le fixait droit dans les yeux.

« Putain si, dit-il. Tu sais que je le veux. C'est assez évident, non ? »

Il eut un mouvement de hanches qui arracha un léger son de surprise mêlée d'envie à Harry.

« Mais tu es terrifié par ça.

-Je ne suis pas terrifié ! contra Harry, choqué. J'appréhende, c'est vrai. Bon Dieu, je sais que ça ne va pas se passer sans douleur et jusqu'à preuve du contraire, je ne suis pas masochiste, ok ? Mais je t'ai dit que je voulais que nous avancions !

-Et bien dans ce cas, cesse d'avoir l'air d'un lapin tremblotant dès que je te touche ! »

Harry plissa les yeux d'un air agacé. Presque avec violence, il repoussa Draco, le couchant sur le dos avant d'enjamber sa taille, se retrouvant assis sur lui.

« Est-ce que le fait que je crains de coucher avec toi empêche les caresses ? demanda-t-il. Cela empêche-t-il les rapprochements physiques, les expériences ?

-Non », dit Draco, tentant de suivre le mode de pensée étrange de son compagnon.

Bon Dieu, qu'essayait-il de dire à la fin ?

« Alors touche-moi bordel ! s'énerva Harry en prenant ses mains, les posant sur sa peau nue. Caresse-moi ! Montre-moi ! »

Draco sentit sa respiration s'arrêter. Si ça, ce n'était pas la demande la plus chaude qu'il ait entendue de toute sa vie, il voulait bien être pendu dans l'heure. Harry le regardait avec défi et il était plus que prêt à répondre à ce défi-là ! Mais avant ça, il devait s'assurer d'une petite chose.

« Est-ce que tes paroles sont dictées par ta peur de la prochaine pleine lune ?

-Est-ce que le fait que je bande contre toi n'est pas assez persuasif ? s'écria presque Harry, vexé.

-D'accord, d'accord ! tempéra Draco, ne croyant pas en sa chance. Excuse-moi mais tu n'es clairement pas prêt pour une relation sexuelle et…

-Et je ne suis pas une putain de fille ou un objet précieux. Alors merde… touche-moi ! »

Les deux derniers mots avaient été prononcés plaintivement et Draco prit enfin le temps de constater le désir et le désespoir qui émanaient de son compagnon. Harry avait envie d'essayer. Il avait aussi envie de sentir ses mains sur lui. Partout ! Lui indiquèrent ses sens de lycanthrope ! Et quel bon Serpentard ne profiterait pas d'une invitation si… désespérée ? Presque avec respect puis avec plus de franchise quand il vit la colère scintiller à nouveau dans le regard de Harry, Draco fit voyager ses mains sur le corps chaud perché sur lui. Et seulement à ce moment-là, il remarqua que son propre sexe en érection était positionné juste contre ses fesses. Et il eut un petit mouvement de frottement qui arracha à Harry un léger glapissement alors que lui-même gémissait.

« C'est toi qui l'a demandé, dit philosophiquement Draco. Alors ne chouine pas et savoure ! »

Et il le renversa dans le lit, reprenant la position dominante que le loup réclamait au fond de lui. Harry le regarda avec ses grands yeux verts dépourvus de lunettes et Draco se mordit la lèvre. Son corps nu contre le sien était presque obsédant et il se pencha sur lui pour l'embrasser. Sa langue s'engouffra dans la bouche de son compagnon sans difficulté. Ce dernier l'avait accueillie presque avec gourmandise. Harry avait vraiment envie qu'il le touche. Alors il obéit pendant que le baiser s'intensifiait.

Il posa d'abord une main sur le torse mince – trop ! Il devait vraiment travailler là-dessus rapidement – et s'aventura jusqu'à un téton qu'il pinça légèrement. Les gestes lui rappelèrent leur nuit mais il s'en écarta. Ce serait différent. D'abord, ils n'iraient pas jusqu'au bout. Harry n'était pas prêt, même s'il estimait le contraire. Et surtout, il ne se sentait pas capable d'aller jusque-là. Il était bien trop excité et ne survivrait pas à la sensation de ses doigts allant et venant dans Harry. Non, ils allaient expérimenter, comme le voulait Harry. Et ils allaient le faire bien et intensément. Et non dans la précipitation, comme lors de leur unique nuit.

Presque avec révérence, Draco laissa les lèvres d'Harry pour descendre sur sa gorge qu'il lécha d'abord puis mordilla, tout le long de la jugulaire. Il arriva à la clavicule qu'il longea, alors que son corps s'était naturellement réfugié entre ses cuisses. Ses hanches bougeaient tout doucement, installant un mouvement de frottement entre leurs deux corps. Et rapidement, Harry se retrouva à gémir contre lui alors que sa langue allait caresser un téton dressé avec impertinence. Il le lécha, le mordit, le taquina du bout de la langue alors qu'une de ses mains glissait le long du ventre tendu d'Harry, l'autre lui permettant de rester légèrement surélevé. Il avait un peu mal à son bras mais ne s'en préoccupa pas. A la place, il continua de taquiner le torse d'Harry alors que sa main flattait son pubis, évitant l'érection qui frottait contre la sienne.

« Il faut que ce soit réciproque, Harry, dit-il contre son torse. Ne veux-tu pas me toucher, toi aussi ? »

Les paroles de Draco mirent un petit temps à percer le cerveau embrumé de désir de Harry, mais quand elles le firent, elles provoquèrent un soupir d'envie. Oui, il le voulait. Il voulait sentir la peau douce de Draco sous ses doigts, la lécher et l'embrasser. Son visage et ses mains se mirent en mouvement. Le premier se contenta de réclamer les lèvres de son loup-garou tandis que les secondes s'aventuraient dans ses cheveux, dans son dos, sur ses fesses. Draco soupira de contentement. Les doigts se faisaient tantôt caressants, tantôt insistants et les mouvements de leurs hanches accélérèrent, leur arrachant de soudains grognements de plaisir.

Rapidement, Draco eut envie d'expérimenter autre chose et il cessa de taquiner le ventre d'Harry pour saisir une de ses mains qu'il plaça entre leurs corps. Harry rougit quand il réalisa que Draco l'avait obligé à prendre son sexe en main. Il comprit ce que voulait Draco lorsque sa propre érection fut attrapée par des doigts fins. Alors, lentement, il bougea son poignet de bas en haut, faisant gémir Draco de plaisir.

« Oui, chuchota-t-il contre sa gorge. C'est ça que je veux, Harry. »

Son nom avait roulé dans la bouche de Draco comme une caresse. Mais Harry ne l'écoutait pas. Il ne pensait qu'à une chose, leurs mains branlant leurs sexes l'un contre l'autre. Il gémissait, savourant la paume et les doigts de Draco sur son érection, mais aussi la texture et la dureté du sexe de Draco dans la sienne.

Comme Draco l'avait pensé, ça ne dura pas longtemps. Ils étaient tous les deux trop impatients, trop excités par cette première expérience. Et leurs hanches bougeaient frénétiquement, accentuant le mouvement de frottement alors que leurs mains prenaient un rythme effréné. Leurs bouches s'étaient naturellement retrouvées pour un baiser passionné, sans doute un peu trop car ils s'aperçurent rapidement qu'ils léchaient autant leur menton ou leurs joues que la langue de l'autre.

Puis, brutalement, plus rien n'eut de sens. Ils gémissaient de façon incontrôlée alors que leurs corps bougeaient avec plus d'entrain, presque avec une frénésie que les grognements de Draco rendaient animale. Et soudainement, le bras libre de Harry enserra la taille de Draco. Ses jambes s'écartèrent avec plus de force, rapprochant encore le corps de Draco alors qu'il se crispait contre lui et poussait un long cri de délivrance. En le sentant venir, le lycanthrope ne put se retenir et poussa un son guttural, éjaculant dans la main qui le tenait. Et incapable de se soutenir sur une seule main, il tomba sur Harry qui n'émit aucune protestation, encore étourdi par son orgasme renversant. Rien dans sa vie n'avait été aussi exaltant. Rien n'avait de commune mesure au sentiment de plaisir qui l'avait envahi. Et il ne voulait jamais lâcher Draco. Au contraire ! Il voulait que leurs corps se fondent l'un dans l'autre.

« Oh mon Dieu », murmura-t-il contre l'épaule de Draco.

Ce dernier esquissa un sourire, la respiration rapide. Il se redressa vaguement, s'installant de façon à ne plus écraser son compagnon qui grogna de dépit en le sentant bouger.

« Je ne vais nulle part, dit-il. J'avais juste besoin de me déplacer un peu. »

Il passa une main tendre sur le front en sueur, le regardant. C'était le meilleur matin de sa vie. Bien meilleur que tous les autres. Si on lui avait dit la veille ce qui l'attendait le lendemain, il n'en aurait sûrement pas fermé l'œil de la nuit, qu'importe sa fatigue, tant l'impatience aurait été grande !

« On recommence quand tu veux l'expérimentation, dit-il à Harry, souriant. Tout à l'heure, ce soir, demain… Appelle-moi quand tu veux essayer quelque chose…

-C'est noté, répondit Harry, les yeux à moitié clos, une main passant et repassant dans le dos de son amant. J'en avais tellement envie… d'avancer… de découvrir… de toucher… »

Draco frissonna en l'entendant. La voix fatiguée de Harry respirait la sensualité et il enfouit son visage dans sa gorge pour lécher cette dernière. Au bout d'un moment, pourtant, il quitta son endroit préféré pour aller simplement l'embrasser.

« On devrait se lever, dit-il. Nous collons… Et il y a de l'agitation, en bas.

-Agitation ? demanda Harry.

-Hermione prépare le petit déjeuner. Elle parle avec… Weasley ?

-Ron ? reprit Harry en se redressant autant qu'il le pouvait avec Draco couché sur lui.

-Il est arrivé pendant qu'on… Enfin, je ne te l'ai pas dit, j'étais occupé ailleurs… »

Harry rougit mais acquiesça. Avec une grimace d'excuse, il le poussa puis se leva, ses yeux se baissant avec gêne sur son corps souillé.

« Hem…, dit-il, gêné. Je pense qu'une douche s'impose…

-Je pense, oui, confirma Draco en le regardant depuis le lit avec un sourire appréciateur. Je peux venir avec toi ? »

Le fantasme de la veille revint en Harry avec force et il hocha la tête sans toutefois oser le regarder. Sans attendre davantage, Draco se leva pour ensuite ramasser ses vêtements. Il suivit Harry avec un curieux sentiment de plénitude qu'il espérait bien garder en lui le plus longtemps possible.

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La douche commune n'avait été qu'une simple douche partagée. Draco l'avait bien entendu regardé et Harry avait également laissé traîner ses yeux gourmands le long du corps qu'il frôlait de temps en temps, par accident ou intentionnellement. Mais rien de plus. Ils avaient terminé de se laver puis s'étaient habillés dans un silence confortable. Puis, ils étaient descendus, sous l'œil ravi d'Hermione et stupéfié de Ron.

« Et bien, dit le rouquin, l'air un instant perturbé. Je vois que… ça a avancé, ici. »

Harry rougit face au commentaire de Ron mais Draco resta totalement imperturbable. Il alla s'asseoir à la table de la cuisine et remercia Hermione lorsque celle-ci lui tendit une bouteille de lait qu'il but tranquillement, en silence.

« Tu es rentré, constata bêtement Harry en regardant Ron. Est-ce que… ça c'est arrangé, chez toi ? »

Ron soupira en haussant les épaules.

« Je crois qu'on devrait manger d'abord, dit-il. J'expliquerai ensuite. »

Harry approuva. Il n'était pas spécialement pressé d'entendre ce récit. Madame et Monsieur Weasley avaient dû être effondrés d'apprendre que leur fille avait eu un comportement si peu honorable. Lui-même avait encore du mal à associer la gentille Ginny à celle qu'il avait rencontré quelques jours plus tôt.

A côté de lui, Draco soupira et plaça discrètement une main sur sa cuisse, le faisant sursauter. Le geste n'était pas ambigu. Harry percevait très aisément l'envie de consoler émanant de son compagnon et il s'y réfugia sans honte, profitant de la discrétion du lien invisible. Ce qu'il n'osait pas encore faire face à ses meilleurs amis, son esprit pouvait le faire grâce au lien. Il se lova donc spirituellement et sans honte à Draco, sentant ce dernier soupirer agréablement à côté de lui. Aucun n'avait conscience que ce qu'ils faisaient n'était pas naturel pour de jeunes liés.

Ils mangèrent tous en silence les crêpes qu'Hermione avait préparées. C'était un des rares repas qu'ils réussissaient tous, même si Ron semblait mieux se débrouiller qu'eux avec les œufs. Harry était un niveau au-dessus de part son entraînement chez les Dursley, mais il détestait cuisiner. Quant à Draco, il s'agissait de son premier petit déjeuner en leur compagnie. Il ne participait donc pas au roulement des tâches imposé par Hermione.

« Alors ? demanda Hermione lorsqu'ils eurent fini de manger, en regardant Ron.

-On débarrasserait pas avant ?

-Ron ! s'impatienta la jeune fille.

-Ok, ok, dit le roux en passant une main nerveuse dans ces cheveux. Je suppose que je n'y couperai pas… Bon… Je suis arrivé là, tout de suite après mon départ. Maman a été… stupéfiée de me revoir. Et ravie. Je crois que pendant quelques secondes, elle a pensé que nous avions changé d'avis et que nous revenions tous à la maison… Mais quand elle a vu que j'étais seul, elle a été un peu… déçue, on va dire. Ensuite, tout le monde s'est réuni à la maison. Et quand je dis tout le monde, je parle du professeur McGonagall, Hagrid, toute ma famille sans Ginny et Percy, bien entendu. Et Remus Lupin, Tonks, Kingsley, enfin, tout le monde quoi ! Et ils se sont tous mis à m'interroger pour savoir où nous en étions, où vous étiez, si vous alliez bien.

J'ai répondu le moins possible. J'ai dit que vous alliez bien et que vous étiez dans un lieu protégé que je ne pouvais nommer. Et que j'y retournerai aussi, quand j'aurai expliqué pourquoi j'étais là. Et là… J'ai tenté de faire partir tout le monde, pour qu'on reste juste en famille, mais maman n'a pas compris l'importance de la situation alors… et bien, j'ai juste expliqué ça devant tout le monde en essayant d'en dire le moins possible. J'ai dit que les sentiments d'Harry envers Ginny avaient changé. Qu'il avait voulu aller la trouver pour qu'elle cesse de l'attendre. Je leur ai dit aussi que tu avais quelqu'un d'autre, sans préciser… Mais quand j'ai dit que tu avais su que Ginny était enceinte, ils ont voulu savoir comment et… Je suis vraiment désolé Harry, je ne voulais pas le dire, mais ça m'a échappé. J'ai évoqué… Malfoy. »

Le silence accueillit cette phrase. Harry souffla, tentant de ne pas paniquer.

« Qu'est-ce que tu as dit, exactement ?

-Que c'était Malfoy qui avait senti que Ginny était enceinte. Alors là, ça a été… la folie. Ils se sont mis à me hurler des choses, des dizaines de questions… J'ai répondu à certaines. Ils m'ont demandé pourquoi Malfoy était là et comment il l'avait senti. Et j'ai juste eu besoin de leur dire que Malfoy était un loup-garou et lié à Harry et là, j'ai eu l'impression de donner un coup de pied dans une fourmilière. Maman a réalisé que Ginny était enceinte, elle a cru au début que c'était de toi mais je lui ai expliqué que ce n'était pas le cas. Que manifestement, elle avait eu des relations avec un autre homme que toi... Maman a d'abord cru à une mauvaise blague ou elle l'a espéré… Mais ensuite, elle a juste plongé dans un silence horrible pendant que papa ne cessait de dire qu'elle allait être punie jusqu'à sa mort ! Et tout le monde n'arrêtait pas de m'interroger, Remus ne cessait de dire qu'il était impossible que Malfoy soit un loup-garou et que vous soyez liés et… Bref, ça s'est fini par maman déclarant qu'elle allait à Poudlard, Papa qui tentait de l'en empêcher car nous savons tous qui a main basse sur Poudlard et… C'était un vrai bordel. »

Harry ne pouvait qu'imaginer. Il doutait fort en effet que tout le monde ait accepté la nouvelle situation sans rien dire.

« Et ? demanda Hermione. Procède dans l'ordre. Commence par ta sœur, nous parlerons du reste après.

-Pour Ginny, papa est parvenu à calmer maman. Nous avons écrit à Poudlard en exposant la situation, prétextant que l'horloge murale de la maison avait indiqué la nouvelle situation de Ginny et que, le cas étant, nous souhaitions qu'elle rentre à la maison afin de… régler le problème en famille. Ce qui est étonnant, c'est que Rogue nous ait répondu en nous renvoyant Ginny dès le lendemain. Il lui avait juste donné un mot disant que Poudlard n'était pas une maternité et qu'il donnait tout loisir à la famille Weasley de régler la situation.

« Ensuite, maman et papa ont interrogé Ginny pour savoir. Elle était bouleversée. Elle n'arrêtait pas de pleurer et de s'excuser. Elle a précisé qu'elle n'avait eu des rapports qu'avec un seul garçon. « Il ne manquerait plus que ça, qu'il y en ait eu plusieurs ! » a dit maman, furieuse. Elle voulait savoir qui était le père. Ginny a tenté de ne pas le révéler, mais papa s'est énervé alors elle a craqué. C'est un Gryffondor et on le connait très bien. Colin Crivey…

-Crivey ? s'étonna Hermione, stupéfaite. Mais il n'est pas à Poudlard, cette année ! Enfin, ça m'étonnerait vu qu'il est… comme moi.

-Ils se sont vus fin août. Colin a donné une fête pour son anniversaire, afin de célébrer ses 16 ans. Ouais, je sais… Une fête, par les temps qui courent ! Mais il vit dans un village uniquement moldu et donc, assez tranquille pour l'instant. Bref, maman avait autorisé Ginny à s'y rendre, car elle ne cessait de se plaindre de la tranquillité morbide du village… Et donc… c'est arrivé cette nuit-là. »

Le silence suivit cette révélation. Pendant un long moment, il n'y eut que le son des respirations puis Ron soupira encore.

« Maman a bien entendu contacté les Crivey. d'après ce que je sais, ils doivent se rencontrer prochainement afin d'en discuter. Ginny ne peut pas avorter. C'est contre nos lois et… Enfin, même le monde moldu ne l'autoriserait plus car le bébé est déjà trop développé. Donc… Et bien, je vais être oncle. »

Il avait dit ça d'une voix un peu amère et perdue. Hermione tendit doucement la main pour la poser sur celle du roux, compatissante. Ils n'avaient que dix-sept ans et Ginny en avait à peine seize. Cela devait être difficile à avaler, pour lui qui avait tenté de protéger sa petite sœur.

« Le pire, c'est que j'ai toujours tout fait pour empêcher Harry de la toucher et il suffit que j'aie le dos tourné pour qu'elle s'envoie en l'air avec Colin Crivey ? J'aurais encore préféré que ce soit ton enfant, Harry ! »

Ce dernier préféra ne pas répondre. Au fond de lui, il était vraiment ravi que ce ne soit pas le cas !

« Enfin, bref. J'ai fini par repartir quand j'ai vu que tout était de nouveau calme. On m'a bien entendu interroger sur ton lien avec Malfoy, en particulier Remus qui n'en revenait pas. Je lui ai dit qu'on avait rencontré Malfoy dans une forêt. Qu'il nous avait emmenés dans un endroit sécurisé et que… de fil en aiguille, vous vous étiez rapprochés. J'ai préféré éviter de dire que vous aviez couché ensemble sous le coup de l'alcool. Remus avait déjà assez de mal à l'admettre. Bref, j'ai dit que vous vous étiez liés et que c'était pour cette raison qu'Harry s'était rendu à Poudlard pour parler avec Ginny. D'ailleurs… euh… »

Ron rougit un instant puis souffla pour se donner du courage.

« Ginny t'a menti en évoquant dix amants. Elle te prie de l'excuser. Elle était en colère et jalouse. Elle a dit ça pour t'énerver. Elle m'a demandé de te le dire avant que je ne parte. En temps normal, j'aurais refusé, mais… je n'ai pas envie que ma sœur passe pour une catin… Donc… voilà. »

Harry hocha la tête. Il sentait toujours l'esprit de Draco l'entourer, comme pour le protéger. Toutefois, la protection était possessive et non réconfortante comme un peu plus tôt. Manifestement, le lycanthrope se sentait menacé par la simple évocation de Ginny. En temps normal, Harry en aurait souri. Mais il étouffait presque sous l'aura menaçante de Draco, tendu à côté de lui. C'était donc cela, la possessivité du loup-garou ? Version passive, mais oppressante malgré tout.

« Remus veut te rencontrer. Enfin, vous rencontrer. Il était vraiment bouleversé, expliqua Ron. Il te demande de le retrouver avec Malfoy au Chat qui bout, à Bristol, demain. Tiens, voilà l'adresse. »

Il tendit un petit morceau de parchemin à Harry. L'adresse y était écrite avec empressement et rage. Harry frissonna mais enfonça le papier dans sa poche.

« C'est à peu près tout, dit Ron. Je leur ai fait promettre de ne jamais évoquer Malfoy, car Vous-Savez-Qui ignorait la situation actuelle et que, pour notre sécurité, il valait mieux que ça continue. Ils ont tous juré de ne jamais vous placer dans la même phrase en dehors de la maison. »

Harry soupira. C'était sa principale crainte. Que l'un d'eux évoque leur soudaine relation et que cela parvienne aux oreilles de Voldemort. Ce dernier ne tarderait pas à comprendre que son ennemi désigné était au village et il ne doutait pas un instant qu'il l'attaquerait, qu'importe le pacte avec Greyback. Il devait bien exister d'autres clans de loups-garous. L'homme n'était pas irremplaçable, surtout que le marché passé entre lui et le mage noir était restrictif, au grand agacement de Voldemort.

« Maman a tenté de m'empêcher de revenir et elle n'a pas cessé d'essayer de me convaincre de vous ramener, mais j'ai tenu bon. Enfin voilà.

-Comment va tout le monde ? demanda Hermione. Comment ont-ils réagi à la nouvelle de la grossesse et… du lien d'Harry ?

-Pour la grossesse, ça a été le choc. Maman est bouleversée et papa est furieux. Les jumeaux ont juste plaisanté sur le fait de d'offrir des farces et attrapes à leur futur neveu ou nièce. Charlie a été assez choqué et Bill a sermonné Ginny pendant des heures entières. Fleur n'a rien dit, mais je suis certain qu'elle n'en pensait pas moins. Elle l'a regardée comme si elle n'était qu'un déchet ! Les autres membres de l'Ordre semblaient plus compatir au malheur de mes parents qu'autre chose… Enfin, soit. Pour Harry et Malfoy, là… Au début, ils ont tous crié au piège. Mais j'ai tenté de calmer le jeu. J'ai expliqué que Malfoy était contre Vous-Savez-Qui. Ils sont toujours choqués et étonnés. Le pire est Remus. Il veut vraiment cette explication avec toi, Harry.

-J'irai, répliqua ce dernier. Nous irons. »

A côté de lui, Draco était serein, malgré l'aura de possessivité qui semblait émaner de lui. Harry ne fit aucun commentaire et gigota sur sa chaise. A l'instar d'Hermione, il avait envie de tendre la main et de la poser sur celle de Draco toujours sur sa cuisse. Mais elles étaient toutes les deux sur la table et si l'une disparaissait, il savait que Ron verrait le mouvement. Et il ne savait pas encore s'il était capable d'afficher si clairement sa nouvelle attirance. Pas devant Ron, en tout cas. Il resta donc totalement immobile, un sentiment de culpabilité et de lâcheté bien ancré dans sa gorge. A côté de lui, Draco bougea sa main et caressa sa cuisse pour l'apaiser mais cela ne fit que renforcer la honte qu'il ressentait. Lui qui ne cessait de dire qu'il voulait avancer n'arrivait même pas à affronter la réaction de son meilleur ami ! Quel espèce de lâche était-il exactement ?

« Et bien, dit Hermione, interrompant les pensées de Harry. Que de nouvelles… »

Ils restèrent un long moment dans le silence puis des coups à la porte les firent sursauter. Draco siffla en levant les yeux au ciel, faisant sursauter le trio, chacun le considérant avec étonnement.

« Ne crois pas que tu n'as plus rien à apprendre parce que tu es lié, gamin, dit une voix qu'ils n'avaient jamais entendues. Je t'attends. Alors dis au revoir et rejoins-moi !

-J'arrive, répondit Draco un peu hargneusement. Je serai là dans cinq minutes. »

Le silence lui répondit. Ils n'entendirent personne s'éloigner, mais Draco semblait savoir que l'homme était parti.

« J'ai négligé mes leçons avec Joshua, précisa-t-il humblement. Je dois y aller. »

Il se leva sans hésitation, Harry le suivant du regard.

« Reviens ce soir, dit soudainement Hermione. Nous aurons des choses à t'expliquer. »

Le blond les regarda un instant avec étonnement mais il hocha la tête. Il se dirigea vers la sortie, hésita une seconde, fit demi-tour et se pencha dans le dos de Harry pour l'enlacer, lui et le dossier de sa chaise. Le brun hoqueta de surprise en le sentant faire, rougissant face à l'air surpris de Ron et attendri d'Hermione.

« A ce soir, murmura Draco contre sa gorge.

-A… à ce soir », balbutia Harry.

Puis, presque avec précipitation, Draco sortit, claquant la porte derrière lui. Le silence régna encore pendant un moment avant que Ron ne se racle la gorge.

« Alors… Vous êtes… Enfin… Tu t'es finalement décidé ? »

Les joues écarlates, Harry acquiesça de la tête.

« Je… Il faut être deux pour faire ce lien, Ron. Et même si je ne comprends pas encore comment j'ai pu… tomber amoureux de lui pendant nos années d'études, je… je sais que je l'ai aimé, à un moment ou à un autre. Car ce lien… a bel et bien été construit et… et je ne peux plus me tromper sur ce que je ressens maintenant. »

Ron resta impassible un moment et soupira à nouveau.

« Ce n'est pas vraiment quelque chose que j'ai souhaité, dit-il. J'aurais préféré te voir avec Ginny, voire avec un de mes frères si tu es gay… »

Harry secoua la tête, mal à l'aise.

« Je ne crois pas que cela soit possible, maintenant, poursuivit Ron. Mais bon… S'il n'insulte pas ma famille… Faut dire que son comportement est nettement moins insupportable qu'avant…

-Nettement ! renchérit Hermione, amusée. C'est le jour et la nuit tu veux dire ! »

Elle rit alors qu'elle se levait, s'étirant.

« Bon, débarrassez la table, bande de fainéants. Ensuite, on nettoiera un peu cette foutue bicoque ! Et enfin, on essayera d'établir un plan d'attaque pour Gringotts. La potion est prête maintenant. Nous avons même les cheveux de Bellatrix, que Greyback a apportés hier soir. »

Elle désigna une poignée de cheveux emprisonnée dans un bocal, un peu plus loin.

« Mais il lui a tondu la tête ou quoi ? demanda Ron, stupéfait.

-Je ne crois pas, dit Hermione en riant. Mais j'aurais voulu être là pour voir la tête de Bellatrix lorsque Greyback lui a arraché les cheveux, je cite, « Par accident » ! »

Elle éclata de rire sous l'œil amusé de ses deux meilleurs amis qui se joignirent rapidement à elle.

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La journée passa vite pour tous. Draco avait été sermonné pendant ce qui lui sembla être des heures en compagnie de Joshua. Il avait écouté le vieil alpha lui faire la morale sur l'irresponsabilité dont il avait fait preuve en manquant des leçons, les dents serrées. Comme s'il l'avait choisi d'en manquer ! Il subit les remontrances et savoura le début des leçons qui se passa en promenade dans le village. Puis, comme toujours début du mois, il eut droit à un peu de sport avec les élèves de l'école. Il savoura chaque échauffement et chaque combat, surtout qu'il les gagnait pratiquement tous sans difficulté. Gabriel était encore celui qui lui donnait le plus de difficulté, de part sa position proche d'alpha potentiel. Quand la journée se termina et qu'il rentra chez Greyback afin de se doucher, le matin et le reste de la journée lui semblaient presque sur deux plans différents tant ils avaient été dissociés.

« Tout se passe bien ? lui demanda son alpha lorsqu'il redescendit, changé et lavé.

-Très bien, répondit Draco avec un sourire. Je me rapproche de lui. »

L'homme approuva avec un léger sourire satisfait. On aurait pu penser qu'ils complotaient, mais ça n'était pas le cas. Ils étaient simplement heureux de constater que le danger s'était éloigné. Ils soupèrent ensemble et comme bien souvent, Greyback continua à donner d'autres explications sur la gérance de la meute à Draco, l'air de rien. Le garçon l'écoutait, ravi d'apprendre qu'ils avaient assez de viande pour manger à leur faim durant tout le mois, que les cultures avaient été si bonnes qu'ils pouvaient accueillir l'hiver avec sérénité et qu'un conseil aurait lieu prochainement pour désigner les tâches de chacun pour le mois à venir et surtout, pour la préparation de Noël.

« Il sera rapidement là… Tu as une préférence ? »

Draco y réfléchit un long moment. Il avait besoin d'argent et bien qu'il ait son coffre personnel à Gringotts, il voulait apprendre à acheter les choses avec un salaire qu'il aurait mérité. Aussi demanda-t-il :

« Un travail rémunéré, si possible ? J'aimerais faire un cadeau à Harry. Penses-tu les inclure dans la vie du village ?

-Je ne le voulais pas, mais Hermione insiste pour le faire, signala Greyback. Alors oui, ils auront prochainement un rôle. Veux-tu que ton compagnon soit assigné aux mêmes tâches que toi ? »

Draco y réfléchit sérieusement avant de répondre.

« Non, dit-il. Je préférais… Serait-il possible de l'assigner aux mêmes tâches que Chyreer ? Si je deviens Alpha, Gabriel sera mon second, mais Harry, en tant que compagnon, aura plus de poids que lui… Sur les humains en tout cas, alors… Enfin, j'aimerais qu'il apprenne le rôle d'un second, même s'il n'en sera jamais un. Peut-être Chyreer pourrait-il…

-Il le fera avec la discrétion qui lui incombe, répondit Greyback avec un léger sourire. Ton compagnon… Tu as de la chance, Draco, le sais-tu ? »

Le concerné approuva. Il ne l'ignorait pas. Qu'un loup-garou soit lié à dix-sept ans n'arrivait jamais. Il leur fallait des années pour se trouver quelqu'un, en règle générale. Sauf lorsque deux loups s'associaient, mais cela arrivait généralement plus tard quand même. Mais qu'un loup-garou s'associe à un humain avant la trentaine n'était jamais arrivé.

« Je le sais, dit-il. D'ailleurs… on m'attend. A tout à l'heure !

-C'est ça, ricana Greyback. Je suis certain de te revoir tout à l'heure ! »

Draco leva les yeux au ciel en quittant la maison, non sans avoir attrapé une cape suspendue. Le froid de l'hiver approchait de plus en plus et il n'était pas rare qu'il grelotte, lui qui avait horreur de ça ! Il avait pourtant revêtu son pantalon et son pull les plus épais… Courant presque pour traverser le village plongé dans l'obscurité, Draco aperçut la faible lumière émanant de la maison de son compagnon et se pressa dans cette direction. Vraiment, qu'il détestait le froid !

Presque brutalement, il frappa à la porte d'entrée et attendit à peine l'autorisation pour pénétrer dans la petite maison.

« Entrée brutale, fit la voix de Weasley. On t'a pourtant appris la politesse, chez toi, non ? »

Draco se retourna. Weasley était seul, à sa grande surprise.

« Hermione prend sa douche et Harry est à l'étage. Il va sûrement bientôt descendre. »

Draco hocha la tête. Gêné par sa cape, il la décrocha et l'attacha à la patère près de la porte.

« Désolé pour mon entrée, s'excusa-t-il en se dirigeant vers le canapé libre. Il faisait froid dehors. »

Ron ne prit pas la peine de répondre. Et de toute façon, que dire à ça ? Ils restèrent silencieux un instant, aucun ne sachant ce qu'ils devaient dire et chacun dérangé par l'unique présence de l'autre. Puis, satisfait qu'il n'y ait personne, Draco prit la parole.

« J'avais décidé de faire des excuses groupées car c'était le plus pratique, dit-il en plongeant son regard dans celui de son ennemi de toujours. Mais j'ai conscience que je ne verrai pas ta famille avant un bon moment et que nous allons tous les deux nous fréquenter pendant ce moment, justement. Tu es le meilleur ami de mon compagnon et il m'est donc pénible que nous ayons un passé querelleur entre nous. Ainsi, je te présente mes excuses. Pour tout ce que je t'ai dit, sur toi et ta famille, sur votre situation financière et j'en passe. En vérité, je pense que je vous ai envié, d'une certaine manière. D'abord parce que vous étiez nombreux et que je détestais ma situation d'enfant unique. Ensuite, parce qu'il émanait de vous une telle chaleur, un tel amour familial que je vous ai détesté d'avoir quelque chose que je ne ressentais qu'en de très rares instants chez moi.

J'ai conscience d'avoir été un sale gosse infect, de t'avoir pourri la vie et j'en suis profondément désolé. »

Ron resta médusé. Du début jusqu'à la fin. Bien entendu, Hermione avait évoqué ses excuses. Harry disait qu'il avait changé ! Mais ça, tout de même. Et il prévoyait de s'excuser auprès de toute sa famille ?

« Tu mets quoi dans tes bouteilles de lait, sérieux ? demanda Ron.

-Pardon ? demanda Draco, étonné.

-T'es drogué ?

-Non !

-Dans ce cas, tu n'es pas Malfoy !

-C'est bien moi, je peux te le prouver ! »

Ron eut un froncement de sourcil et Draco soupira en levant les yeux au ciel.

« En deuxième année, tu as tenté de me jeter un sortilège de crache limaces, mais il s'est retourné contre toi. Ça te suffit ? Ou je dois évoquer tous les autres moments relatant nos stupides disputes ?

-Nan, ce souvenir suffira, répondit Ron en grimaçant. Tu n'as pas choisi le meilleur…

-Tu trouves les autres plus agréables ? » demanda Draco, moqueur.

A la grimace de Ron, il comprit que non. Le silence régna encore un instant. Ils entendirent une porte claquer à l'étage et des pas dans les escaliers. Draco se tendit. Il savait qui descendait.

« J'accepte tes excuses, dit Ron rapidement, conscient que Harry arrivait. Mais je ne te promets pas d'être sympa avec toi dans l'immédiat. »

Draco approuva de la tête puis se tourna vers la porte menant aux escaliers. Quand elle s'ouvrit, il soupira d'aise. Enfin ! Il n'avait pas réalisé combien il était impatient de le revoir durant la journée. Il ne le réalisait qu'alors, regardant un Harry aux cheveux encore un peu humides entrer. Le jeune homme avait enfilé un pyjama et une robe de chambre. Draco remarqua très vite que Weasley était dans la même tenue. Soirée pyjama ? Ils auraient dû le prévenir…

« Tu es déjà là », dit Harry en se dirigeant vers lui.

Il jeta un coup d'œil mal à l'aise à Ron. Ce dernier souffla et se leva.

« Je vais dans la cuisine chercher le dessert. Ça te tente de la tarte, Malfoy ?

-Oui, beaucoup, répondit Draco.

-Bon, ben je reviens avec… Et du thé, aussi. »

Il quitta la pièce d'un pas presque rapide alors qu'Harry s'asseyait dans (sur) le canapé, l'air désolé.

« Je ne t'en veux pas, lui dit aussitôt Draco. C'est normal d'être gêné face à un ami.

-Je suis désolé quand même, répondit Harry.

-Ne le sois pas. Je ne suis pas gêné car ni Ron ni Hermione ne m'importent. Les loups savent à quoi s'en tenir. Mais si mon père devait être ici, je pense que j'aurais quelques hésitations à te toucher devant lui. En fait, je pense que je serais mortifié s'il me voyait t'embrasser. Comme ça. »

Il tira Harry en l'attrapant par le col de sa robe de chambre et posa simplement ses lèvres sur les siennes. Le brun sourit. Juste un chaste baiser mortifierait donc Draco face à Lucius ? Et bien, il pouvait le comprendre. Il s'imaginait très mal le toucher face à Ron ou encore Remus. Hermione ne le dérangeait pas, sans doute parce que son amie avait été la plus enthousiaste. Soupirant de satisfaction à être seul avec Draco et en plus de ça enlacé par ses bras, il ouvrit une bouche quémandeuse contre celle de son lié. Il sentit le sourire de Draco puis sa langue répondit enfin à la demande muette et il se perdit dans le moment, oubliant que Ron était juste à côté. Ça lui avait manqué…

« Hem, fit une voix féminine. Nous avons une discussion importante à avoir, alors… peut-être pourriez-vous garder cela pour plus tard ? »

Harry s'écarta de Draco et rougit en constatant qu'il était assis sur ses genoux et que les mains de Draco s'étaient vicieusement glissées sous sa robe de chambre et avaient commencé à soulever son haut de pyjama. Pire encore, la tarte était sur la table ainsi que le service à thé et Ron, installé dans un fauteuil. Il rougit et descendit rapidement de son perchoir pour s'asseoir calmement à côté de Draco, les yeux baissés sur ses mains. Hermione eut un sourire indulgent alors que Ron se contentait de jouer – très mal, il paraissait surtout très gêné – les indifférents.

« Ainsi, commença Hermione alors que Harry servait tout le monde en thé afin de s'occuper. Draco, nous avons longuement réfléchi et au vu de la relation que tu partages avec Harry, nous avons décidé que nous devions t'informer de la nature de notre mission. C'est pour nous très dangereux car tu es encore un peu sous la coupe de Voldie, bien que protégé par le rejet de ton père et la protection de Greyback. Il pourrait accéder aux informations que nous allons te livrer mais nous sommes décidés à prendre le risque. Car nous ne pouvons te laisser participer à notre combat en étant inconscient du danger que tu cours! »

Elle se tut, le temps de boire un peu de thé et de servir un morceau de tarte aux pommes. Draco regarda la pâtisserie en se demandant qui l'avait faite. Vu sa réussite, il douta que ce soit un membre du trio et mordit dedans avec générosité, savourant son goût frais et sucré, comme les autres. Ils restèrent silencieux le temps de manger puis Hermione reprit.

« Le professeur Dumbledore a jugé bon d'informer Harry l'année dernière de ce qu'est réellement Voldie et lui a demandé expressément de ne le dire à personne, à l'exception de Ron et moi. Mais il n'avait probablement pas imaginé que Harry se retrouverait lié à toi et nous avons donc décidé de tout te dire. Donc… »

Elle prit une inspiration et commença. Elle parla des horcruxes. De ce qu'ils étaient, du nombre qu'avait créé Voldemort et de la mission qu'ils avaient donc. Elle récapitula les tentatives de destruction, leurs conséquences. Mais aussi leur hypothèse pour trouver les autres.

« La coupe de Poufsouffle se trouve à Gringotts, dans le coffre de Bellatrix Lestrange. C'est pourquoi nous avons décidé de le cambrioler. Autant dire les choses telles qu'elles sont. »

Draco était heureux d'avoir mangé la tarte avant. Dans le cas contraire, il se serait probablement étouffé sous la surprise et le choc. Pendant tout le temps où Hermione avait parlé, il n'avait même pas imaginé l'interrompre. Et au fur et à mesure de son monologue, il avait fini par attirer Harry contre lui, le pressant contre ses côtes, un bras protecteur autour de sa taille. Voldemort était encore plus monstrueux qu'il ne le pensait. Et la mission donnée au trio lui paraissait irréalisable. Puis il prit conscience de ce que contenait la boîte sur la cheminée et la considéra avec horreur. Un morceau d'âme de Voldemort. Dans cette boîte ! Cette puanteur immonde enfermée près de son compagnon. Il grogna d'un air menaçant en la regardant.

Contre lui, Harry s'était laissé faire avec surprise puis avait simplement décidé de se blottir contre lui. Malgré les horreurs évoquées par sa meilleure amie, il se sentait plus en sécurité que jamais. C'est pourquoi il geignit en sentant Draco se tendre davantage contre lui.

« A Poudlard, dit-il. Dans la Salle sur Demande… »

Sa voix était presque inaudible alors qu'il blêmissait considérablement contre un Harry étonné.

« Je l'ai senti. J'ai voulu aller le prendre pour te l'amener mais ensuite, cette connasse de Ginny t'a lancé le sort et je… J'ai complètement oublié ! »

Le trio le regardait avec stupéfaction.

« J'ai reconnu l'odeur. C'était la même que le médaillon alors j'ai pensé que tu en aurais peut-être l'utilité… J'ignorais… Merlin, je l'ai laissé là. Je vais le chercher ! »

Il se leva si vite que Harry eut à peine le temps de réagir. Puis, comprenant ce que Draco disait, il l'attrapa avant qu'il atteigne la porte.

« Non, ne pars pas ! Tu es fou ? Ne va pas ainsi à Poudlard, pas sans plan !

-Nous n'avons pas besoin d'un plan ! répondit Draco. Je vais le chercher, je sais où il est et je peux le retrouver très facilement !

-Mais tu sembles oublier qu'il y a des mangemorts dans ce château ! s'exclama Harry, inquiet. Et que s'ils te trouvent, tu risques de passer un très mauvais moment !

-Ils ne m'ont jamais retrouvé jusqu'à présent, fit remarquer très justement Draco. Je ne crains rien !

-Ils ont forcément dû te voir, dit Harry, angoissé. Tu as démoli une porte et couru dans les couloirs sans la moindre discrétion ! Tu ne me feras pas croire qu'ils ne t'ont pas remarqué !

-Même s'ils l'ont fait, je saurai me faufiler sans problème, Harry. Je l'ai déjà fait par deux fois !

-Justement, c'est deux fois plus dangereux ! »

Le silence régna après cette réflexion, les deux liés se regardant avec un agacement manifeste. Au bout d'un moment, Draco souffla, tentant de reprendre son calme.

« Ce n'est de toute façon pas toi qui ira, dit-il, impérieux. Donc, j'irai. De tous, je serai celui qui craindra le moins ! Si je suis trouvé par un mangemort, je serai protégé de part mon statut. Tandis que l'un de vous…

-Mais…

-Il a raison, Harry, intervint Ron, les faisant tous sursauter. Malfoy est encore considéré comme un mangemort. Donc, il est protégé. Nous non.

-Mais il n'a aucune raison logique de se rendre à Poudlard.

-Je pourrais prétexter n'importe quoi, dit Draco. Ce ne sont pas les raisons qui manquent. Ecoute, je ne me ferai pas prendre, d'accord ? »

Harry ouvrit la bouche puis la referma. Et flûte, qu'il fasse ce qu'il voulait ! De toute façon, vu la lueur décidée régnant dans les yeux de Draco, il n'aurait pas le dernier mot et l'idée même de se disputer lui donnait d'avance un mal de tête incroyable.

« Très bien, très bien ! s'agaça Harry. Mais si tu n'es pas revenu dans une heure, j'y vais ! »

Draco siffla d'un air agacé.

« Si je ne suis pas revenu dans une heure, tu restes ici bien sagement et tu attends, dit-il. Je ne risque rien, tu le sais très bien ! Alors cesse ça !

-Arrêter quoi ? demanda Harry. J'ai bien le droit de m'inquiéter, non ?

-Bien sûr ! répondit Draco. Mais pas de risquer stupidement ta vie ! Alors reste ici sagement et ne bouge pas !

-Tu me prends pour qui, un enfant de cinq ans ? Je viendrai si je veux !

-Non tu ne le feras pas ! cria Draco dans un grognement presque impérieux. Tu. Restes. Ici !

-Harry, arrête ! s'écria Hermione. Tu empires les choses ! »

Le concerné ouvrit la bouche pour répliquer avant de comprendre ce qu'Hermione tentait de lui dire. Face à lui, l'air féroce de Draco ne le trompa pas : la domination commençait à se faire sentir dans son comportement trahi par son corps tendu, alerte et ses yeux furieusement posés sur lui. Pour en avoir discuté avec Hermione, un peu Draco et Guilbert, Harry savait que Draco le considérait comme un second, comme un membre de sa meute et que de ce fait, il devait se plier aux ordres que le blond lui donnait. Mais il n'était pas un loup-garou, n'avait aucune conscience de la hiérarchie, de quand s'opposer à Draco sans risque et de quand il devait impérativement se taire. Manifestement, le cas présent demandait sa soumission. Et il aggravait la situation en protestant.

« Incline-toi ! recommanda Hermione. Sinon… »

Elle n'eut pas le temps de parler et Harry ne comprit pas tout de suite avant de se retrouver brutalement plaqué contre un Draco furieux, allongé sur le canapé.

« Tu resteras ici, grogna-t-il. Est-ce clair ? »

Harry écarquilla les yeux. Bien sûr, il avait remarqué que Draco avait grandi, que son corps était plus musclé qu'avant et bien plus puissant, surtout… Mais il n'avait jamais été confronté physiquement au lycanthrope. Enfin, pas de manière agressive, en tout cas. Brutalement, il prenait conscience que s'il le souhaitait, Draco pourrait lui faire du mal très facilement.

« Sauf qu'il ne le souhaite pas », remarqua-t-il.

Draco le dominait, menaçant, mais n'esquissait pas le moindre geste pour le blesser. Il voulait juste qu'il se soumette. Ce que Harry ne voulait justement pas faire. Pas dans le cas actuel. Alors il biaisa.

« J'ai juste peur pour toi », dit-il d'une voix intimidée, conscient de la présence alerte de Ron et Hermione dans la pièce.

Il rougit un peu en pensant à leur position ambigüe. Lui couché sur le canapé, Draco le bloquant de son corps, ses mains maintenant ses poignets au-dessus de sa tête dans une posture soumise infligée.

« Je ne cours aucun risque alors que toi si, répliqua Draco, toujours furieux. Alors laisse-moi y aller seul et reste ici ! En sécurité ! »

Harry resta un instant immobile. Les yeux de Draco n'étaient plus humains depuis le début de la conversation mais il prit le risque de libérer un de ses bras, provoquant un grognement de rage. Pourtant, avant que le blond n'ait pu bouger, Harry l'enlaça pour le plaquer contre lui avec douceur.

« Alors promets, chuchota-t-il à son oreille devenue canine. Promets que tu reviendras entier et rapidement. Qu'importe que ce soit aisé de se glisser dans Poudlard, c'est un endroit dangereux. Promets ! »

Contre lui, le corps de Draco perdit son agressivité pour se faire plus doux et tendre. Harry sentit la domination se réduire et passer doucement en mode protection. Il gémit et se pressa davantage contre le corps chaud au-dessus du sien.

« C'est promis, répondit la voix bien plus humaine de Draco. Je reviendrai vite ! »

Il déposa un baiser dans son cou et, sans tenir compte du besoin de Harry, se leva brutalement. Le brun le regarda d'un air égaré mais Draco lui tourna le dos, manifestement troublé par son propre comportement. Il savait que ça finirait par arriver. Harry et lui avaient passé leur enfance à se défier, ça devait arriver et ça arriverait encore. Mais il n'avait pas imaginé sa réaction si violente. Il avait été prêt à le blesser tant il avait eu le désir de le voir plier face à lui. Sa propre violence le terrifia. Il resta un instant immobile pour retrouver son sang-froid puis sursauta lorsqu'Hermione lui tendit un petit sac.

« Mets l'objet dedans, dit-elle. Surtout, ne le touche jamais. Aie toujours une protection, d'accord ? C'est extrêmement toxique et nous ignorons ce que ces choses peuvent faire si on les touche trop. Alors mets-le là-dedans. »

Draco hocha la tête. Il jeta un coup d'œil à Harry mais préféra se transformer brutalement. Comme à chaque fois, ses vêtements tombèrent au sol. Il ouvrit la gueule et Hermione y déposa un pan du sac noir. Resserrant sa mâchoire, il se dirigea vers la porte qu'Hermione lui ouvrit. Ensuite, sans hésiter, il s'élança. Il allait devoir se retransformer une fois en dehors du village, pour transplaner et il aurait alors très froid, mais ça lui était égal. La seule chose importante était de rentrer le plus rapidement possible. L'angoisse que ressentait Harry était bien trop étouffante pour la supporter longtemps !

oOo

Poudlard était silencieux. Ce manque de bruit le rendait toujours nerveux car il était clairement anormal. Le château était toujours plein de sons, de petits bruits, de rire refoulés, de confidences murmurées… il le savait pour avoir été préfet et avoir patrouillé tout un temps dans les couloirs obscurs du château. Alors ce silence morbide lui hérissait le poil. Le cœur battant un peu plus vite, il trottinait dans les couloirs avec prudence. Le tout était d'arriver à la Salle sur Demande sans se faire repérer. Tout juste avait-il croisé un ou deux fantômes qui, soit ne l'avaient pas vu, soit avaient feint de ne pas le remarquer. Dans les deux cas, il préférait se dépêcher !

Arrivé au bon étage fut un jeu d'enfant. Les escaliers étaient de son côté et son odorat était réellement un cadeau du ciel. Par contre, il dut attendre une longue demi-heure, caché derrière une statue, qu'un professeur dont il ne connaissait pas le visage ait terminé de déambuler dans le couloir. Ensuite, il se précipita jusqu'au mur nu, passa trois fois devant et eut la satisfaction de voir la porte apparaître et s'ouvrir. Il entra rapidement et se relaxa une fois que la porte fut close.

Comme toujours, des dizaines de milliers d'objets l'entouraient et il les regarda tous avec suspicion. Qui sait ce qu'ils pouvaient tous faire ? Maintenant qu'il savait ce que l'un de ses objets renfermait, il ne pouvait s'empêcher d'être nerveux. Cela ne l'empêcha pourtant pas de courir jusqu'à l'endroit où régnait l'infecte odeur de Voldemort. Quand il vit le diadème, il sut que c'était lui. Il pouvait presque en deviner l'aura putride qui s'en dégageait. Avec beaucoup d'hésitation, il reprit forme humaine. Son regard se posa un instant sur l'armoire qu'il avait mis mise en miettes mais il s'en détourna. Il n'était pas là pour ça.

Délicatement, il ouvrit le sac et attrapa une vieille cape trainant non loin. Il s'en servit pour soulever le diadème et le laisser tomber dans le sac qu'il referma rapidement, comme si l'objet allait tenter d'en sortir, voire pire. Quand il eut terminé, il jeta la cape et se retransforma. Presque avec dégoût, il attrapa un morceau du sac dans sa gueule et retourna vers la porte. Il renifla, mais s'aperçut rapidement que la proximité du sac l'empêchait de percevoir les autres odeurs. Pestant, il hésita, réfléchit puis décida que de toute façon, il ne pouvait rien y faire. Alors qu'il s'apprêtait à demander mentalement aux portes de s'ouvrir, il eut la surprise de voir ces dernières devenir transparentes. Réellement. Les yeux écarquillés, Draco découvrit un couloir vide. Il souffla, remercia Poudlard et regarda alors l'une des portes s'ouvrir prudemment, comme consciente de l'importance du moment. Draco passa alors la tête dans le couloir et jeta un coup d'œil rapide à gauche et à droite. Rien.

Satisfait, il courut se réfugier derrière sa statue, s'immobilisant totalement. Il posa le sac et renifla, mais la puanteur était trop grande encore et il ne distinguait rien d'autre. Vraiment, quelle plaie ! Agacé, il reprit sa charge et s'empressa de rejoindre la protection d'une autre statue. En procédant de la sorte, il savait qu'il en avait pour des heures ! Et l'angoisse de son compagnon qui ne cessait de grandir, au fil du temps… Vraiment, cela allait être une plaie, cette sortie !

oOo

Trois heures que Draco était parti et ils n'avaient aucun signe leur indiquant qu'il allait bien. Harry tournait en rond, se persuadant péniblement de rester au village, sans succès. Il aurait dû l'accompagner ! Sous la cape d'invisibilité, avec la carte, il ne craignait rien ! Mais non, Monsieur le loup-garou protecteur avait voulu y aller seul ! Il avait voulu jouer les courageux protecteurs qui ne voulait pas voir son compagnon risquer un peu sa vie ! Mais bordel, il la risquait depuis toujours sa vie ! Qu'est-ce qu'il croyait, ce foutu petit fils à papa ?

Tournant en rond au milieu du salon, sous l'œil exaspéré d'Hermione et endormi de Ron, Harry commençait à devenir fou. Il voulait juste être sûr qu'il allait bien ! Si seulement il avait pu dormir, il l'aurait su. Il l'aurait accompagné dans ses rêves ! Mais voilà, ils n'avaient aucune potion de sommeil. Sans rêve, ils en avaient des tas ! Mais justement, Harry voulait rêver ! Agacé, il reprit ses allées et venues avec plus de rage.

« Harry, ça ne sert à rien, tu le sais bien.

-J'aurai dû y aller, s'énerva le brun. Merde, Hermione, il a eu de la chance deux fois mais rien ne nous assure qu'il en aura encore cette fois-ci ! De toute façon, je… »

Harry cessa sa diatribe. Il était là. Il savait qu'il était au village. Il ne se l'expliquait pas, mais il le savait. Alors, sans hésitation, il se dirigea vers la porte d'entrée qu'il ouvrit en grand, fixant la nuit devant lui. Pratiquement tout le monde au village dormait. Il n'y avait que deux ou trois lueurs de bougies venant des maisons ici ou là. Ce fut la raison pour laquelle il eut du mal à le voir arriver. Il eut tout juste le temps de s'écarter pour laisser passer l'énorme loup blanc qui entra dans la maisonnette.

Aussitôt rentrer, Draco lâcha le sac et s'en éloigna à toute vitesse, venant se coller à Harry qu'il huma avec délectation. Enfin un parfum agréable ! Cette horrible puanteur allait lui chatouiller le nez pendant des jours, il en était persuadé.

« Enfin ! dit Harry en s'agenouillant près de lui tandis que Ron refermait la porte et qu'Hermione attrapait le sac. J'ai cru que tu ne reviendrais jamais ! »

Draco grogna d'un air agacé, sa truffe s'enfouissant sans gêne dans le cou d'Harry. Près d'eux, Hermione avait ouvert le sac. Elle poussa un petit cri de surprise en voyant l'objet.

« Nom d'une chouette ! s'exclama-t-elle. C'est le… c'est le…

-Le quoi ? demanda Ron, agacé.

-Le diadème… Le diadème de Serdaigle ! Mais c'était une légende ! »

Les garçons échangèrent un regard interrogateur alors que Draco continuait de respirer tranquillement l'odeur de son lié, manifestement totalement indifférent à l'exclamation d'Hermione.

« Et alors ? demanda Ron.

-Alors cet objet est une légende ! s'énerva Hermione. Mais vous n'avez donc vraiment pas lu… Oh et puis zut, aucun de vous deux ne sait lire, de toute façon ! »

Ron eut un air outré face à cette exclamation alors que Harry haussait un sourcil sceptique. Pourquoi un tel énervement ? Les ignorant, Hermione transforma le sac en boîte. Elle prit délicatement le diadème entre le pouce et l'index et le déposa à l'intérieur de la boîte qu'elle alla ensuite disposer sur la cheminée, éloignée du médaillon au cas où.

« Sur ce, je vais dormir ! dit-elle avec agacement.

-Attends, mais c'est quoi, ce diadème ? questionna Ron, curieux.

-Tu n'as qu'à le lire dans l'Histoire de Poudlard ! répliqua Hermione. Je ne suis pas une encyclopédie ! »

Et sur ces mots, elle quitta la pièce avec force, les laissant pour le moins surpris.

« Elle a ses règles ou quoi ? demanda Ron.

-Si j'étais toi, je ne dirais pas ça devant elle, commenta Harry, ses mains occupées à caresser la fourrure de Draco.

-Mouais, dit le rouquin. Peu importe. Il est minuit, je vais aller dormir. Bonne nuit ! Faites pas autant de bruit que ce matin ! »

Sous ce commentaire pour le moins gênant, il quitta la pièce, l'air toujours un peu pensif. Le rouge aux joues, Harry attendit que la porte soit refermée pour regarder Draco.

« Bon, tu reprends forme humaine, maintenant ? »

Le loup grogna et enfonça plus vivement sa truffe dans le cou de Harry, le chatouillant légèrement.

« Draco, s'il te plait. Je veux que tu me racontes… »

Soufflant, l'animal s'éloigna légèrement. Quelques secondes plus tard, ce fut un Draco entièrement nu qui réapparut. Harry déglutit en le voyant ainsi, ses yeux ne pouvant s'empêcher de voyager sur le corps pâle. Puis, constatant qu'il frissonnait, il s'empressa d'aller chercher ses vêtements abandonnés près du canapé et de les lui tendre. En moins de deux, Draco était de nouveau vêtu et assis sur le canapé, Harry sur les genoux.

« Alors ?

-Un jeu d'enfant, répondit Draco. J'ai juste été retardé sur le retour. Cette chose sent la mort et ça a annihilé mon odorat. Or, j'en avais besoin pour m'assurer que je ne risquais pas de croiser quelqu'un… J'ai juste dû être très prudent sur le chemin du retour.

-Et c'est tout ? Aucun danger ?

-Aucun, je te l'avais dit, s'exaspéra Draco. Et même si on m'a remarqué, j'étais sous forme de loup du début à la fin ! Enfin, sauf dans la Salle sur Demande, mais il n'y avait personne là non plus donc… »

Contre lui, Harry se relaxa enfin. Il se surprit à appuyer sa tête contre son épaule et à fermer les yeux. Il n'avait même pas remarqué combien il était fatigué avant.

« Tu veux dormir ? demanda Draco en caressant son dos par-dessus la robe de chambre.

-Mhmm, répondit Harry. L'inquiétude fatigue. »

Draco eut un sourire en l'entendant. Puis, délicatement, il le souleva dans ses bras, les jambes de Harry allant mécaniquement se nouer autour de sa taille et ses bras autour de son cou.

« Bon, alors au lit, dit Draco.

-Tu restes avec moi, hein ? demanda Harry.

-Bien sûr, répondit l'autre, souriant en repensant au commentaire narquois de Greyback. Il ne peut en aller autrement… »

Et sans plus d'hésitation, il monta les escaliers menant à l'étage. Il aurait tout le temps de poser des questions sur les horcruxes demain. Comme par exemple : pourquoi ne les détruisaient-ils pas ?

A suivre…

Et voilà ! Normalement, je devrais vous dire « Rendez-vous le 26 décembre ! ». Sauf que je vais à Londres ce jour là et que je sais que publier le 25 serait géniaaaal pour Noël mais j'ai des choses de prévues. Donc, comme je n'ai pas envie d'être une sadique née, je vais simplement avancer la publication au lundi 20 décembre. Donc, on se retrouve lundi 20, premiers jours de mes vacances ! Yattaaa !

PS: Un grand merci à toi, Mlodie! J'adore tes reviews, réellement! C'est vraiment dommage que je ne puisse pas te répondre plus en détail mais sache que je savoure chaque mot ^^