OH MY GOD ! I DID IT !

Lecteurs, lectrices,

Vous avez été tellement patients avec moi, ce chapitre a été une vraie torture à écrire, parce que c'est le moment qu'on attend depuis que Drago a ouvert la porte de son appartement sur ce tout petit bout de chou qu'est Jamie ! Mais ça devait être subtil, je ne pouvais pas tout gâcher en précipitant les choses ! Et j'ai mis tellement de temps à trouver ce qu'il fallait d'équilibre… Et la vie réelle était tellement exigeante ! Déménager, travailler, et les fêtes en famille, et mes amies qui font des bébés et mon frère qui fait aussi des bébés et un frère qui fait des concerts ! Monde de fous qui va trop vite !

Bref, l'histoire,

Et j'ai écris, et j'ai effacé, et je me suis perdue, et j'ai perdu ma clé USB avec tous mes textes dessus et j'ai déprimé et j'ai retrouvé ma clé USB et j'ai écris et j'ai effacé encore et enfin… enfin !

Le chapitre 21 IL EST LA !

Bon pour vous dire la vérité, je l'ai coupé parce que sinon c'était trop long… 55 pages Word… qui finissait en un terrible cliffanhanger, pouvait pas vous faire ça ! pas après cette longue absence.

Donc je ne vous sers que 32 pages ce soir, et j'espère infiniment que ça vous plaira et que ça pardonnera ces plusieurs longs mois sans nouvelles.

Merci pour tout vos encouragements durant cette période, pour vos superbes reviews et j'espère que cette histoire va continuer de vous plaire !

Bonne lecture à tous !

AnneBridges

Fin Août – début Septembre 2007

Drago en était à sa quatrième librairie dans le centre survolté et bruyant de Londres. A la Recherche des affaires scolaire pour Jamie et Teddy, il vivait une journée si ce n'est horrible, à peine supportable. Les boutiques qu'il avait jusque là, visitées, étaient bondées, mères de familles avec ribambelles d'enfants criant et chahutant, se battant pour le dernier agenda de tel ou tel héro de dessin animé, se déchirant pour le cartable à la mode. La surconsommation du monde moldu avait toujours été quelque chose d'intriguant pour Drago, il avait mis du temps à en comprendre les arcanes, le désir d'appartenance et de conformité des moldus mais ce besoin qu'ils avaient de montrer par des colifichets leur supériorité était semblable à ce qu'il avait vécu lui-même dans le monde sorcier en un sens.

Dans son dernier courrier, Harry avait mentionné la rentrée scolaire des deux garçons et qu'il devrait acheter leurs fournitures dès son retour. Drago lui proposa un coup de main, le regrettant un peu maintenant qu'il faisait face à la cohue du centre Londonien. Il retint ses propres goûts luxueux pour quelque chose de plus classique. Il savait que ni Teddy, ni James ne sauraient apprécier la qualité d'un carnet relié d'un cuir tanné artisanalement.

Chargé d'une demi-douzaine de sacs, Drago sortit de sa dernière boutique pour se perdre dans la foule londonienne. Le bruit de la rue l'assaillant presque violemment l'obligea à prendre une seconde pour se concentrer sur sa prochaine destination. Il ne lui manquait plus qu'un seul livre en rupture de stock dans chaque librairies qu'il avait visité jusque là. Il se détourna de l'animation survolté de Carnaby Street pour remonter vers Regent Street dans l'espoir de trouver une nouvelle librairie où il pourrait trouver le fameux livre manquant à la liste de Teddy. Slalomant entre les touristes, les groupes de jeunes filles et leurs sacs aux différentes marques textiles et les bandes d'adolescents bras par-dessus l'épaule, cravates d'uniformes scolaires desserrées, Drago pensait au retour imminent d'Harry. Les lettres qu'ils avaient échangé ces derniers jours recélaientt une sorte de promesse quand à l'avenir de leur relation et il n'avait qu'une envie, pouvoir explorer cette promesse.

Tournant au coin d'une rue, le regard de Drago fut attiré malgré lui par une chevelure rousse flamboyante. S'approchant un peu plus, il reconnu sans mal Weasley, semblant confus par la cohue d'une des rues les plus passantes de Londres.

La nuit était claire et douce. Une légère brise venait de l'est pour en atténuer sa chaleur. L'été touchait bientôt à sa fin, mais à certains endroits la chaleur perdurait, même la nuit. Le hurlement lointain d'un loup se perdit en échos dans l'immense vallée sombre, les étoiles scintillaient et la lune en son croissant ascendant débutait sa garde sur les créatures nocturnes qui peuplaient cette région reculée.

Autour de lui, dans le silence bruyant de la forêt, les ombres des bois semblaient s'arrêter en émerveillement devant son campement. Il pouvait entendre les bruits sourds de sabots allant et venant autour de lui, parfois tentant la discrétion, allant lentement, pour peut-être jeter un œil aux étrangers qui venaient envahir leur territoire. Il reconnut les pas d'une famille de lapin et ceux d'un blaireau, le jappement strident d'un renard répondu aussitôt pas sa femelle. Maraudeur couinait et gémissait à côté d'Harry, sa curiosité à l'inconnu, à tout ces bruits d'animaux, était sans doute plus attrayant pour le jeune chiot que de rester allongé devant un feu de camp à ruminer l'échec de sa plus longue relation amoureuse et sa culpabilité à ce sentiment de soulagement qui l'habitait depuis sa rupture.

Non, Maraudeur avait des plaisirs simples, il voulait courir après les lapins cachés dans les buissons à leur droite, il voulait répondre aux renards et essayer d'attraper les lucioles qui voletaient entre les arbres. Et à chaque nouveau bruit, sa queue remuait d'avantage, mais il ne bougeait pas de sa place, sa tête sur la cuisse d'Harry, pendant que ce dernier, lui grattait l'arrière des oreilles d'un geste machinal.

En ombre chinoise sur la toile de leur tente, Harry pouvait voir les silhouettes de Teddy et James, s'agitant à grands gestes sur leurs lits à mimer les dragons qu'ils avaient vu dans la journée. Leurs rires ricochaient sur la toile et venaient jusqu'à Harry, comme une douce mélodie qui le faisait sourire.

Le hululement d'une chouette le fit sortir malgré lui de ses pensées distraites. Il tourna légèrement le poignet, sa baguette en main pour raviver les braises de leur feu de camp.

Ils étaient encore dans la réserve, mais après les deux premiers jours passés chez Charlie avec les autres dresseurs, Harry avait emmené les garçons pour une longue randonnée à travers l'immense vallée. C'était leur cinquième et dernier jour de camping, au matin, ils reprendraient la direction du village de dresseur, ils diraient au revoir à Charlie et rentreraient à Londres le surlendemain. Avec un passage obligatoire par Budapest pour un Portoloin international, le voyage de retour serait plus long que l'aller.

S'il était honnête envers lui-même, Harry admettrait sans doute n'avoir aucune envie de rentrer. Il ne savait pas vraiment pourquoi ou pour qui rentrer. Plus personne ne l'attendait à la maison.

Il soupira espérant voir sa solitude le fuir en même temps que ce souffle. Drago attendait James, Meda attendait Teddy. Oh, Harry, savait que ses amis l'attendaient, mais parfois l'amitié n'était pas suffisante. Parfois l'amitié était même plus douloureuse que la solitude.

Regarder le bonheur de ses amis, regarder les autres être deux, être aimer, être ce que lui n'était pas, avoir ce que lui n'avait pas, ne faisait que lui montrer avec plus d'évidence ce qui lui manquait.

Il avait vécu tout ça avant. Avant de rencontrer Luke. Quand il croyait qu'il n'aimerait plus jamais, après avoir laissé Drago partir. Il avait goûté à ce bonheur, il l'avait eu entre ses mains et l'avait laissé partir comme un idiot. Et il avait cru sincèrement que plus jamais il ne ressentirait la même chose.

Et pourtant, il rencontra Luke. Et Luke le fit rire, le fit croire, le fit aimer à nouveau. C'était une idée délicieuse et il s'était laissé y croire. Même avec des réserves, il avait prit son temps, il avait attendu près de six mois avant de présenter Luke à ses amis puis six mois de plus avaient passés avant qu'il ne le présente à James. Et encore six mois avaient passés avant qu'il ne dise la vérité sur la filiation de James. Luke savait qu'Harry avait eut le cœur brisé, il savait qu'une précédente relation avait mis Harry sur ses gardes envers les autres hommes et que sa capacité à se livrer et faire confiance avait été ébranlée par un homme dont il n'avait jamais prononcé le nom. Mais c'était évident pour tout ceux qui connaissaient Harry que cet homme mystérieux et l'autre père de James ne faisaient qu'un, pourtant ni Luke, ni ses amis n'avaient jamais pressé le sujet.

Il avait été heureux avec Luke, il s'était reconstruit auprès de lui, mais quelque part il savait qu'au final ça ne marcherait pas. Il avait fait l'autruche pendant trop d'années. Il avait mis trop de temps à accepter de vivre avec Luke. Peu importe les excuses qu'il se trouvait, les prétextes qu'il utilisait, il savait au fond de lui qu'il n'avait pas oublié Drago. Et qu'une once d'espoir subsistait en lui.

C'était cet espoir aussi infime soit-il qui l'avait retenu de s'engager pleinement dans sa relation avec Luke et il reconnaissait aujourd'hui avoir été injuste envers son petit ami. Maintenant son ex.

Il réalisa qu'il était aussi responsable de l'échec de leur relation que l'était Luke.

Il avait passé son temps à mettre de la distance entre eux, il n'avait jamais été réellement à fond dans cette relation et aujourd'hui il se cachait derrière l'erreur de Luke pour ne pas affronter ses propres erreurs.

Harry soupira et Maraudeur releva la tête, la penchant curieusement sur le côté dans une question muette. Harry esquissa un sourire et ébouriffa la tête du chiot avant de retourner à sa contemplation des étoiles au dessus de sa tête.

Drago demanda un capuccino à l'étudiante derrière le comptoir et Weasley se laissa avoir par un triple latte caramel avec crème. Il grimaça aux nombres de calories que pourrait contenir une seule gorgée de cette boisson et paya la caissière avant de se décaler au bout du comptoir pour attendre son capuccino, Weasley sur les talons.

Le rouquin avait proposé une pause après la dernière librairie où ils avaient finalement trouvé le fameux cahier de grammaire demandé sur la liste scolaire. Pour être honnête, c'était Weasley qui l'avait trouvé en premier et avait saisit le dernier exemplaire avant une mère de famille à la mine hargneuse. Drago l'aurait prit dans ses bras s'il ne s'était pas rappelé en face de qui il était.

Les deux hommes s'installèrent à une table d'angle près de la vitrine quand un autre étudiant leur servit leurs boissons. Et pendant de trop longues secondes, un silence régna entre eux.

« Harry rentre bientôt… » Hésita Weasley, visiblement conscient de la sensibilité du sujet qu'il abordait.

Drago leva les yeux de son capuccino une seconde avant de le détourner à travers la vitre, dans la rue, où un homme regardait autour de lui avec un air perdu. Drago l'observa avec attention, il devait avoir une vingtaine d'années tout juste, blond lui-même, grand aux membres élancés et une posture élégante malgré cet air hagard et fragile, et quelque chose dans son regard, interpellait Drago, l'écho d'un lointain souvenir. Il se revoyait dans ce jeune homme, plusieurs années auparavant, attendant au coin d'une rue, un thé fumant à la main et son propre café dans l'autre qu'Harry se montre enfin. Un large sourire s'étira sur les lèvres du jeune homme et il ouvrit les bras pour y accueillir une ravissante jeune femme aux cheveux longs et auburn. Drago sourit pour lui-même et baissa à nouveau son regard sur son capuccino.

« Oui… Oui, il rentre bientôt. »

Un autre silence s'installa entre eux et Weasley inspira longuement.

« Ecoutes, Malefoy, je ne suis pas ton plus grand fan, on est pas… Amis. Mais on tient tous les deux à Harry et à James. »

Le ton protecteur de Weasley interpella Drago et il comprit où voulait en venir son interlocuteur.

« Tu veux savoir si j'ai l'intention de… Quoi au juste ? De les abandonner ? De manipuler Potter ou de prendre James ? » Dit-il sur la défensive.

« Quoi ? Non, enfin… Harry vient tout juste de rompre avec Luke, et il s'est enfuit, au lieu d'affronter sa rupture, il a prit la fuite, ça ne lui ressemble pas et la seule fois où il a fait ça… D'après ce que j'ai compris c'est quand tu l'as quitté-

« Weasley-

Drago s'arrêta quand Weasley leva une main pour interrompre le blond.

« Laisse-moi finir… Je me souviens comment il était à ce moment là… On a même cru qu'on le reverrait pas, et aujourd'hui, je crois qu'il est parti à cause de toi, Malefoy, pas à cause de Luke. Enfin… Luke y est certainement pour beaucoup, mais je crois que c'est les sentiments qu'il a pour toi qui l'ont fait fuir. Harry a peur des sentiments qu'il a pour toi. Je crois qu'Harry s'est rendu compte qu'il avait toujours des sentiments pour toi quand ce que lui a fait Luke ne l'a pas blessé comme ça aurait dû. »

« Mais il ne t'a pas pardonné, il m'a dit ce qu'il s'était passé entre vous, et il n'a toujours pas pardonné que tu ne l'ais pas choisi et il ne s'est pas pardonné lui-même, de t'avoir laissé partir. Harry s'est battu pour tout dans sa vie, même pour garder James… On lui a tous dit que c'était une mauvaise idée, qu'il risquait sa vie, ma mère, mes parents, ils ne sont pas… Homophobes ou quoique ce soit, mais même eux, pensaient que Harry aurait dû mettre un terme à sa grossesse. Tu le sais sans doute mieux que moi, t'es médicomage, tu sais à quel point c'est dangereux pour un sorcier. Mais Harry, il s'est battu, contre tout le monde, il a tenu bon et James est un garçon génial et quand il est né on a tous regretté de ne pas avoir fait confiance à Harry. Tu es le seul pour qui Harry ne s'est pas battu, il a renoncé et il s'en veut plus qu'il t'en veut à toi. »

Drago prit une gorgée de son capuccino pour se laisser le temps de digérer les paroles de Weasley. Il se demanda aussi s'il n'était pas devenu fou car il était actuellement dans un Starbuck dans le centre de Londres en train d'écouter Ronald Bilius Weasley lui donner des conseils sur sa relation avec Harry Potter. Dans quel monde bizarre avait-il basculé ?

« Je ne sais pas comment… Je ne sais pas pourquoi tu fais ça, Weasley, pourquoi tu me parles d'Harry… Je ne sais pas non plus comment convaincre Harry que j'ai- » Il s'interrompit en manque de mots, il ferma les yeux et imagina le visage souriant d'Harry, arrivant vers lui des années auparavant, ses joues rosies par la morsure d'un vent frais d'automne, ses cheveux ébouriffés, ses lunettes un peu de travers et un sourire tellement éblouissant que le cœur de Drago ne savait plus sur quel rythme battre. Mais il se souvint de cette douleur et de ses regrets qui l'accablaient à chaque fois qu'il voyait Harry, se rappelant que leur relation n'était qu'une aventure, que bientôt, ce cocon, ce rêve finirait et qu'il devrait accomplir son devoir d'héritier Malefoy… « J'ai fais une erreur en quittant Potter, pas seulement pour James, mais pour moi aussi… Et j'essaye… Mais c'est à Potter de faire un choix maintenant, tout ce que je peux c'est… » Et il réalisa à ce moment qu'Andromeda avait raison. Et tout ce qu'il pu c'est de répéter les paroles de sa tante. « …Attendre, je peux juste l'attendre. » Et Weasley hocha lentement la tête comme pour confirmer la réalisation de Drago.

Deux jours plus tard Drago se précipitait vers le Ministère de la magie, quittant Ste Mangouste par le réseau de Cheminette après une longue garde dans le service de triage de l'hôpital. Il était exténué, mais une excitation vibrante le maintenait alerte. Il traversa l'Atrium à grands pas, une tasse en carton fumante d'un thé délicieux dans une main et sa sacoche de travail dans l'autre, Drago marchait avec son assurance habituelle sa robe de sorcier volant derrière lui.

Il sentit quelques regards se tourner sur son passage mais n'y porta pas vraiment d'attention alors qu'il passait les agents de sécurité pour accéder aux ascenseurs. Il sortit de la cabine au service des Transports et traversa un enfilement de couloirs jusqu'à un grand hall donnant sur un comptoir d'accueil circulaire en plein milieu du Hall. Au dessus une horloge en bronze à quatre faces affichaient l'heure et étaient visibles depuis chaque coins de la large pièce. Sur la droite de Drago, il y avait plusieurs rangées de bancs en bois vernis et un chariot à friandises qui vendait aussi thés et cafés, non loin un kiosque à journaux offrait une petite terrasse de quelques tables de jardins en fer forgé pour les voyageurs les moins pressés. Les bancs étaient occupés par des voyageurs à la mine fatiguée, des familles aux enfants surexcités pas encore en âge d'être à Poudlard.

Le Hall des Transports magiques se séparait en trois terminaux bien distincts, celui dans lequel se trouvait Drago était le hall des transports magiques courts et distribuait tout le circuit Européen. Les deux autres, l'un réservé aux trajets internes couvrant uniquement la Grande Bretagne et l'Irlande et l'autre pour les trajets longs pouvant faire voyager à travers le monde.

Drago se rapprocha des panneaux d'affichages magiques annonçant les arrivées et départs des portoloins et chercha rapidement l'annonce de l'arrivée qu'il recherchait. Suivant les indications du panneau d'affichage Drago se dépêcha jusqu'au terminal B et resta derrière le cordon de sécurité devant l'arche en pierre noire. Il eut tout juste le temps de terminer son thé et jeter la tasse vide dans une poubelle qu'une petite femme au dos voûté et aux cheveux violets, en robe d'uniforme bleu roi, arriva devant l'arche B, elle ajusta sa paire de lunettes à double foyer et regarda Drago avec une sorte grimace, puis vérifia une montre à gousset accrochée sa robe de sorcier. Elle émit un reniflement et ordonna à Drago, d'une voix métallique et laconique de se reculer. A contre cœur Drago recula d'un pas et quand la femme lui fit un second regard appuyé, Drago souffla son agacement et recula d'un autre pas. L'employée du ministère se détourna dédaigneusement de lui et leva sa baguette en un arc de cercle retraçant l'arche en pierre noire du terminal. Une voile bleu presque opaque scintillant de magie s'éleva entre les murs dissimulant son ouverture et la petite pièce qui se cachait derrière.

A de nombreuses reprises au cours de ces dernières années, Drago était venu dans ce même endroit pour accueillir Pansy le plus souvent, qui revenait de Paris ou de Rome. Il savait que l'entrée des terminaux était toujours cachée à la vue des autres voyageurs pour permettre aux arrivants ou à ceux qui partaient de bénéficier d'un peu d'intimité pour se préparer à leur voyage en Portoloin ou pour simplement reprendre leur équilibre à leur retour.

Encore quelques minutes à ressentir cette légère vibration sous sa peau, cette anticipation qui le rendait impatient et qui agitait ses doigts, serrant et desserrant compulsivement les jointures de ses phalanges le long de sa cuisse. Pour s'occuper l'esprit dans son attente interminable et se détourner de l'anxiété qui naissait doucement dans son cœur, accélérant ses battements, il se répéta son emploi du temps de la semaine, pensa aux tests qu'il avait en cours sur la nouvelle potion qu'il concevait, se remémorant ensuite les étapes de conception des potions les plus compliquées qu'il connaissait. Le tue-loup, la potion guérissant de la Dragoncelle l'anti-venin aux morsures de Chimère. Il en était à la deuxième étape de l'anti-venin quand l'employée du ministère leva à nouveau sa baguette et le rideau de magie tomba à peine que la vielle dame était déjà repartit vers un autre terminal.

Drago la suivie du regard et son attention déportée pendant ces quelques secondes suffirent à sa surprise quand il fut percuté de plein fouet avec un entrain sans pareil, il baissa tout juste les yeux qu'un second choc lui fit perdre l'équilibre. Il se rééquilibra avec peine et trouva Teddy et James enserrant tous deux sa taille. Drago se détacha d'eux avec un grand sourire incontrôlable et rencontra le même sur les visages des enfants. Il se baissa posant un genou à terre pour se mettre à leur niveau et ouvrit ses bras pour les accueillir contre lui.

« Vous m'avez manqué. » Murmura t-il entre les deux garçons.

Une seconde plus tard, Drago reconnu les jappements excités de Maraudeur et s'écartant légèrement il remarqua le chiot coincé entre son fils et lui.

« Drago ! » Crièrent-ils en même temps se jetant contre lui. Teddy enfonça sa figure sur son épaule gauche pendant que le bras de Drago l'entourait et l'amenait un peu plus contre lui.

Il accueilli les deux garçons dans ses bras et les serra du mieux qu'il pouvait. Le visage perdu entre deux masses de cheveux blonds foncés et bleu turquoise. Il laissa le sourire qui menaçait son visage étirer ses lèvres et respira profondément le parfum de pomme s'échappant de James et Teddy.

C'est un couinement de Maraudeur qui le poussa à rompre l'étreinte, le pauvre chiot avait à peine assez de place pour respirer dans l'étau des bras de James, serré dans la laine épaisse du manteau de Drago. Il ébouriffa la tête de l'animal avec un petit rire quand il se recula. Maraudeur lui répondit d'un jappement joyeux et il se tordit dans les bras de James pour essayer de lui échapper.

« Vous avez fait bon voyage ? » Demanda finalement Drago en ébouriffant tour à tour les deux garçons. Et ce fut le signal de départ d'une cacophonie de récits. Les visages encore poupins de Teddy et James se fendirent de larges sourires et leurs voix éclatèrent en même temps dans un torrent de mots.

Drago comprit quelques mots par ci par là, dragons, gigantissime si c'était un mot, loups, tente et voler…

Leurs voix auraient pu se perdre dans le brouhaha de la foule allant et venant autour d'eux, mais pas aux oreilles de Drago. C'était comme si le silence avait conquit le terminal B à la force de l'excitation des deux garçons, rien ne semblait atteindre Drago à part leur voix surexcitées.

Drago pouffa de rire devant l'énergie qu'ils diffusaient autour d'eux, une joie presque palpable qui l'envahissait et le saisissait au cœur.

« Du calme… » Finit-il par intervenir, « je ne comprends pas un mot de ce que vous dites, un seul à la fois, d'accord ? » Ajout t-il après que Teddy et James aient finit par arrêter de parler en même temps.

Un sourire incontrôlable étirait les traits de Drago, il regarda les deux garçons tour à tour et un mouvement dans sa vision périphérique attrapa son attention. Il leva les yeux sur un Harry pliant presque sous un énorme sac de camping, deux autres sacs dans chacune de ses mains, ses lunettes sur le bout de son nez et ses cheveux décoiffés, lui donnant un air de vagabond, mais un vagabond adorable. Le cœur de Drago manqua un battement au sourire tendre qu'Harry posa sur les enfants et lui. Il se releva doucement pour lui faire face, gardant une main sur l'épaule de chaque garçon.

Harry pencha la tête sur le côté dans une question muette, puis souris plus largement en abaissant ses yeux sur James et Teddy.

« Et si on rentrait, Drago peut dîner à la maison avec Andromeda et nous ? » Il releva les yeux sur Drago semblant hésité. « Enfin, si tu es libre ? »

Le blond ouvrit la bouche pour répondre, mais avant qu'il ne pu prononcer le moindre son, James et Teddy s'étaient retournés vers lui et tiraient sur ses bras, James en sautillant sur place faisant bondir le pauvre Maraudeur dans l'étau de ses bras.

« Dis oui ! Dis oui, Drago ! S'il te plait !? »

Il pouffa de rire à l'enthousiasme des deux garçons et il hocha la tête avec un sourire en les regardant avant de croiser à nouveau les yeux d'Harry et de noter son expression soulagée. Ils partagèrent un sourire timide et Drago avança une main vers Harry.

« Je- je peux t'aider ? Tu es chargé. »

Harry regarda la main de Drago puis les siennes et les sacs qu'il tenait comme s'il avait oublié qu'ils étaient là et leva les sourcils de surprise puis balbutia un 'oui, merci' en tendant un des sacs à Drago.

Ni l'un ni l'autre ne remarqua les regards des sorciers et sorcières qui s'arrêtaient sur leur passage, murmurant et pointant du doigt les deux hommes connus pour leur antipathie. Non, ils étaient concentrés l'un sur l'autre ou sur les enfants qui sautillaient devant eux, exaltés par leur voyage autant que par leurs retrouvailles avec Drago.

Ils arrivèrent rapidement au 12 Square Grimmaurd, Harry avait à peine ouvert la porte que James lâchait enfin Maraudeur qui détala en jappant dans l'escalier pour monter à l'étage, le chiot s'arrêta sur le premier palier et se tourna pour appeler Teddy et James d'un aboiement. Les deux garçons sourirent et se défirent de leurs sacs à dos et manteaux avant de partir à la poursuite du chiot dans une volée de rires, laissant Harry et Drago seuls dans l'entrée. Le silence qui suivit l'échappée des enfants déstabilisa Drago, il ne se sentit pas à sa place et pendant quelques secondes, il douta d'avoir fait le bon choix. Récupérer Harry si peu de temps après sa rupture, mais quand le brun posa sur lui un regard hésitant et timide lui rappelant le regard qu'il avait eu au matin de leur première nuit ensemble, Drago oublia ses doutes.

« Tu as passé de bonnes vacances ? » Demanda t-il et regrettant presque aussitôt sa question.

« Je n'appellerais pas vraiment ça des- vacances… » Lui répondit malgré tout Harry avec un léger sourire accompagné d'un froncement de sourcils. « Euh… C'était… Bien. Les gamins se sont amusés, Maraudeur a été difficile à tenir… J'ai dû lui conjuré une laisse, il n'aime pas les laisses ! Il a rongé toutes celles que j'ai conjurées, jour après jour, tous les matins, je me réveillais pour trouver sa laisse mâchouillée à l'extrême. Enfin… Je vais passer dans une animalerie, ils ont ces laisses en chaîne, il ne viendra pas aussi facilement à bout du métal qu'il l'a fait avec le cuir… » Harry termina sur un rire gêné, se passant une main dans les cheveux. Laissant comprendre à Drago que lui aussi était nerveux et comblait juste le silence.

« Tu devrais prévenir Andromeda, je vais nous faire du thé en attendant. » Proposa Drago après quelques secondes de pure contemplation, car un Harry nerveux paraissait toujours plus adorable aux yeux de Drago.

« Euh, oui, oui, je vais-» Harry s'interrompit et regarda Drago dans les yeux avant de prendre une profonde inspiration. « Je suis désolé… » Dit-il subitement fermant les paupières pendant une longue seconde pour les rouvrir avec une expression déterminée et sincère. « Je n'aurais pas dû partir comme ça, sans te prévenir… Je n'ose même pas imaginer ce que tu as pu penser… J'ai juste, j'ai flippé. J'ai pris la fuite parce que c'était plus facile… Et ça n'avait rien à voir avec toi. Tu as été formidable depuis… Tu es génial avec James, et avec Teddy aussi, et-

« Harry- » Intervint Drago tentant de l'interrompre. Mais le brun leva les mains dans un geste presque suppliant.

« Non, j'ai besoin, je dois m'excuser, je sais que je t'ai écris, mais… Bon sang Drago… Tu n'imagines même pas ce que m'as dit Jamie ! Et Teddy aussi ! J'ai foiré, complètement. Je voulais juste fuir mes problèmes, être égoïste et j'ai juste pensé qu'à moi. Et Merlin, pardonne moi, parce que pas un seul moment je n'ai pensé à ce que tu ressentirais en découvrant que j'étais partis avec Jamie sans te prévenir. Je deviendrais complètement dingue si toi ou quelqu'un d'autre me faisait ça, prenait Jamie sans rien me dire… Je suis désolé, Drago. Vraiment désolé et je te donne ma parole que ça ne se reproduira pas. Jamais. » Finit-il presque à bout de souffle.

Drago sourit pour lui-même en observant l'air anxieux d'Harry, ses prunelles vertes cherchant sur le visage du blond une quelconque acceptation de ses excuses.

« Tu as finis ? » Interrogea Drago, un sourcil levé, ses bras se croisant sur son torse prenant une pose nonchalante. Harry hocha à peine la tête se mordillant le coin de sa lèvre inférieure. « D'abord, oui j'étais énervé contre toi, genre 'retour à Poudlard énervé' et blessé aussi, mais en parlant avec Andromeda et en lisant ta lettre, j'ai compris, des fois on a besoin d'un peu de recul. Et je ne t'en veux pas, tu as vécu seul avec Jamie pendant des années sans avoir de compte à ne rendre à personne, la situation a changé, pour toi comme pour moi, tu dois apprendre à m'inclure dans la vie de notre fils et moi je dois apprendre à être un père… On doit tous les deux, faire quelques ajustements. »

« Tu crois qu'on peut y arriver ? »

« Tu as survécu et vaincu à un sociopathe et j'ai réussi à ne pas devenir la parfaite copie de mon père… Je crois qu'avec ça, on peut tout faire. »

Le repas se déroula dans le plus attendrissant des chaos. Teddy et James racontaient ensemble leur voyage, parlant parfois en même temps d'une façon presque incompréhensible et quand repris à l'ordre, ils parlaient chacun leur tour complétant les anecdotes de l'autre. Drago et Andromeda posèrent quelques questions quand les enfants leur en laissaient l'occasion et Harry fut silencieux une bonne partie du dîner avec un regard tendre sur les deux garçons et croisant parfois le regard de Drago avec ce même sourire qui faisait flancher le cœur de Drago.

Après leur dessert, Andromeda annonça qu'il était temps de partir, mais Teddy la supplia de le laisser rester dormir avec Jamie et devant son insistance, elle plia. Harry offrit une dernière tasse de thé à Andromeda et Drago se proposa de veiller à coucher les garçons, laissant Harry et sa tante un moment seul à seul pour se retrouver.

Teddy et James attrapèrent chacun une main de Drago et le tirèrent dans les escaliers, Maraudeur sur leurs talons.

Une fois leurs dents brossées et leurs pyjamas enfilés, les garçons sautèrent dans leurs lits et Jamie fouilla dans son sac au pied de son lit pour en tirer un ouvrage sur les Dragons qu'il tendit à Drago pour une lecture du soir.

Il eut le temps de conter deux chapitres des aventures du garçon qui trouva et apprivoisa un Dragon avant que les paupières lourdes de Teddy et James ne commencent à se fermer. Drago sourit pour lui-même en regardant les deux gamins succomber finalement au sommeil avant de border Teddy et de venir vers James pour remonter la couverture sous son menton.

« Bonne nuit, James. » Dit-il tendrement d'un murmure. Ce dernier surpris Drago en rouvrant péniblement les yeux, alors qu'il amorçait son départ.

« Drago ? » Chuchota son fils. Le blond se tourna et se pencha sur le lit de Jamie. « Tu peux encore être amoureux de papa, tu sais… Comme ça on pourra être tous les trois pour Noël… Comme une vraie famille… » Drago ne su pas quoi répondre, il resta figé quelques secondes sous le choc des paroles de son fils, puis se reprit finalement pour voir James se retourner, paupières fermement clauses.

Andromeda était rentrée chez elle peu de temps après le retour de Drago au salon, Harry leur avait servit un thé et les trois adultes avaient discuté des vacances des enfants et des expressions heureuses qu'ils arboraient.

Finalement seuls, Harry sortit une bouteille de Brandy que lui avait offert Kingsley à son anniversaire. Drago couvait son verre entre ses mains partageant un rire avec Harry qui racontait les frasques des garçons au campement de la réserve de Dragon.

L'atmosphère était douce, les lumières tamisées pour le soir, jouant leurs ombres sur les murs dans la tranquillité d'un moment presque intime entre les deux hommes. Des regards amusés et complices étaient échangés et une harmonie s'installait paisiblement, une amitié qu'ils n'avaient pas eue depuis bien longtemps faisait surface.

Drago raconta les derniers évènements de sa vie, le mariage à venir de Blaise et son ex-fiancée, Astoria, sa surprise en apprenant les sentiments cachés de son meilleur amie pour la cadette des sœurs Greengrass depuis plusieurs années. Il expliqua sa joie à les voir se marier, car Astoria méritait plus que quiconque un homme pouvant l'aimer. Et Harry écouta d'une oreille attentive et questionna Drago sur sa relation avec la jeune femme. Malheureusement, un sourire triste au coin des lèvres, l'affront qu'il avait fait à la famille Greengrass, en annulant ses fiançailles et le mariage avait terni sa réputation auprès du patriarche, très traditionaliste des Greengrass et ce dernier avait interdit à sa fille tout contact avec Drago.

« Et si encore c'était juste l'annulation du mariage… Monsieur Greengrass est… Comme mes parents sur certains aspects de la vie que doit mener un sorcier de bonne famille, et être gay et gay publiquement ne sont pas des manières en bonnes et dues formes. Astoria me pousse depuis des années à m'affirmer auprès de mes parents, des autres, elle savait depuis le départ qui j'étais et l'a toujours accepté, c'est devenue une amie très proche et je suis heureux de la voir trouver son propre bonheur. Blaise essaye de convaincre le père d'Astoria de m'inviter au mariage, il est doué en négociation, il pourrait faire acheter n'importe quoi à n'importe qui. » Plaisanta finalement Drago avec un petit rire repensant au marché noir que Blaise avait mis en place à l'école, chocolats, friandises, alcools, tout ce qu'on pouvait demander, il trouvait un moyen de l'obtenir pour le revendre au meilleur prix.

Finalement, presque deux heures après le départ d'Andromeda, quand la pendule sur la cheminée sonna ses douze coups annonçant minuit, Drago se rappela à l'heure et à son travail commençant tôt le matin suivant. Avec autant de maladresse que d'hésitation, Harry se leva à sa suite pour le raccompagner jusqu'à la porte et l'un s'avança pour une embrassade amicale tandis que l'autre gêné, tendait une main pour une poignée virile, puis inversement en voyant le geste de l'autre, ce cliché ridicule finit dans un rire étouffé derrière une quinte de toux malaisée, pour se conclure par une main dans les cheveux d'Harry les rendant plus cataclysmique que si un ouragan les avait soufflé et les mâchoires serrées de Drago et son regard fuyant.

Au moment où il ouvrit enfin la porte, le blond hésita et se tourna subitement sur Harry qui eut un tressaillement incontrôlé de surprise.

« Je me disais… On pourrait peut-être… Remettre ça… Tu sais, discuter, juste nous deux… » Sa voix s'éteignit presque dans un murmure et Drago se fustigea de son incapacité à formuler simplement ce qu'il avait dans la tête… Il voulait inviter Harry à dîner, en tête à tête. Essayer de renouer ce qu'ils avaient perdu. Mais la peur d'un rejet le glaçait sur place.

« Drago…

Mais le blond l'interrompit rapidement quand il entendit le soupir dissimulé dans la façon qu'avait eut Harry de prononcer son prénom.

« Juste- ne dis pas non. J'aimerais- je me doute que tu n'es pas prêt à replonger dans une relation ou je sais pas, avec tout ce qu'il s'est passé, je comprends, mais- on s'est dit qu'on essaierait d'être amis et on pourrait- le faire, aller dîner un soir ou déjeuner même et réapprendre- doucement… » Drago leva les yeux sur ceux ronds de surprise et de confusion de Harry, il secoua et agita la tête avant d'ajouter rapidement « Laisse tomber, c'est une mauvaise idée… »

« Oui ! Enfin non ! non- » Harry soupira et reprit une grande goulée d'air avant de se planter un regard déterminé dans celui abattu de Drago. « Non, ce n'est pas une mauvaise idée, et oui, un déjeuner, pour commencer… Ce serait bien… » Finit-il avec un léger sourire qui fit juste fondre le cœur de Drago. Avec un peu de chance, il survivrait à la soirée…

Drago se réveilla au son énervant de coups tapés furieusement contre la porte de sa chambre et la voix agaçante de Pansy, lui ordonnant de se réveiller. Il se leva, rejetant draps et couvertures avec un long grondement, puis traversa la pièce en grognant contre le bruit. Il tira le battant sur une question furieuse mais son regard noir fut simplement ignoré par la plantureuse brune qui le poussa pour se frayer un chemin dans sa chambre et faire les cents pas devant le lit de Drago, fulminant contre le blond et marmonnant la chance qu'il avait de l'avoir comme meilleure amie.

« Non mais vraiment, à quoi tu penses des fois ? Tu es Drago Malefoy ! Nom d'un Troll ! Tu devrais savoir que tes moindres faits et gestes sont surveillés par le monde sorcier ! Ils n'attendent qu'une erreur de ta part pour faire de toi un exemple ! Et toi tu fais quoi ?! Je te jure Drago, tu as vraiment eu de la chance cette fois ci ! Je n'étais pas censée être à la rédaction hier ! La moindre rumeur, le moindre doute et l'histoire explosera comme un puissant 'expulso' preuve ou pas ! Et qu'est-ce qu'il se passera à ton avis ?! Adieu le gamin, adieu Potter ! Adieu Drago ! Ils t'enverront à Azkaban en disant que tu as utilisé de la magie noir sur leur Sauveur ! »

« Mais de quoi parles-tu Pansy ?! » Intervint finalement Drago alors que la jeune femme reprenait son souffle.

« De quoi je- » S'interrompit-elle comme offusquée, elle sortit un journal de l'intérieur de sa cape de sorcier et le jeta, ouvert sur le lit de Drago. « De ça, Drago ! Je parle de ça ! »

Drago s'approcha les sourcils froncés et son regard attrapa le mouvement en boucle d'une photo sur la première page de la Gazette du sorcier. C'était lui, à genoux, dans le Terminal B des arrivées par Portoloin du Ministère de la Magie, serrant contre lui James et Teddy, et Potter arrivant dans le cadre, un petit sourire sur les lèvres malgré la fatigue tirant ses traits. Au dessus de larges lettres capitales annonçaient le sujet de l'article.

'UN ENFANT RAPPROCHE DEUX ENNEMIS D'ENFANCE, UNE TRÊVE ENTRE LE CELEBRE HARRY POTTER ET DRAGO MALEFOY'

« Merlin… » Laissa échapper Drago dans soupir surpris. Il leva un regard interrogateur vers son amie, mais celle-ci ne fit qu'insister à la lecture de l'article avec plissement des paupières et des lèvres pincées.

« Harry Potter, célèbre Aurore et grand sauveur du monde sorcier grâce à sa victoire contre Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom lors de la Terrible Bataille de Poudlard a été remarqué par vos humbles reporters de la Gazette du Sorcier, revenant de vacances semble t-il. Un teint plus halé qu'à son habitude, les traits tirés par un long voyage mais tout de même relaxé et reposé, monsieur Potter a débarqué dans le Terminal B des trajets courts par Portoloin du Ministère de la magie, hier en fin d'après-midi. On ne peut affirmer la destination de ses vacances, mais on sait qu'il était parti en compagnie de son fils né-moldu (adopté peu après la fin de la guerre) et de son filleul (fils des héros de guerre, R.J Lupin et N. Tonks, tous deux morts au combat lors de la bataille de Poudlard).

Alors que notre héro sortait de la zone d'arrivée, les deux enfants l'accompagnant se précipitaient vers nul autre que Drago Malefoy.

Aujourd'hui connu pour son travail de maitre en potion et médicomage à l'hôpital Ste Mangouste, maître Drago Malefoy était connu dans sa jeunesse pour l'inimitié existante entre Harry Potter et lui, se trouvait au Terminal B dans l'optique indubitable d'accueillir la famille Potter et le jeune Teddy Lupin.

Mais par quel coup du sort, les deux hommes ont pu enterrer leur légendaire compétitivité ? Quel est le lien entre ces deux célèbres piliers de notre communauté, qui pourtant ont passé leur jeunesse dans une rivalité qui les a tous deux conduits à l'extrême ?

Nous connaissons assez de détails de leur histoire pour savoir qu'elle est peu ordinaire. L'un, orphelin et élevé à l'écart de notre monde, manipulé par une terrible prophétie pour faire de lui le héro que nous connaissons aujourd'hui. Le second éduqué par d'anciennes traditions corrompant l'innocence d'un enfant pour le destiner à une vie de haine, mais se rebellant contre toutes attentes et gagnant le respect d'une communauté bafouée par une réhabilitation sincère. D'après plusieurs de nos sources, nous pouvons retracer l'inimitié des deux sorciers et les évènements les plus marquants qui ont conduit à la quasi-indifférence de leur relation d'adultes… »

Drago soupira, las des inepties que pouvait publier le rédacteur de la Gazette. Il passa une main fatiguée sur son visage, la laissant traîner dans ses cheveux avant de se masser la raideur grandissante dans sa nuque. C'est la gorge serrée d'anxiété qu'il survola le long et inutile paragraphe retraçant les évènements majeurs de son adolescence et des méfaits qu'il avait entreprit contre Harry. Il ne s'attarda pas non plus sur le résumé du procès auquel Harry avait témoigné 'contre toutes attentes' en sa faveur. Il survola rapidement les palabres du soit disant reporter relatant le début de leurs vies d'adultes, la froideur et la distance gardée du peu d'échange public qu'avaient eu Harry et Drago au cours de ces huit dernières années, pour enfin en revenir au sujet principal de l'article.

« Les deux garçons accompagnant le Chef Aurore Harry Potter se sont littéralement précipités dans les bras d'un Drago Malefoy souriant et accueillant, sous les yeux éberlués de nombreux témoins, dont votre reporter dévoué, nous avons assisté à une scène de réunion chaleureuse et oserait-on le dire 'Familiale'.

Essayant de comprendre comment les deux hommes en sont arrivés au point d'une tolérance distante à l'entrain d'un accueil tendre au retour de vacances de l'un d'eux, nous avons enquêté pour vous faire partager la vérité sur la nouvelle et mystérieuse amitié qui entoure deux figures opposées d'une guerre et personnalités importantes de notre communauté.

La clé se trouve en l'innocence d'un enfant.

En effet, le jeune Teddy Lupin, fils de Remus et Nymphadora Lupin et filleul de Harry Potter se trouve être aussi le cousin de Drago Malefoy.

Nous rappelons à nos chers lecteurs, que Drago Malefoy, fils de Narcissa Malefoy née Black, est aussi le neveu de Madame Andromeda Tonks née Black.

En 1972, La seconde fille de Cygnus Black et Druella Black née Rosier, Andromeda, épousa contre l'avis de sa famille, feus Ted Tonks et s'en trouva reniée par la noble et ancienne maison Black. Depuis cette date, Andromeda Tonks n'avait plus de contacts avec sa famille à l'exception de son cousin Sirius Black lorsque lui-même s'est vu renié par la maison Black.

Pourtant avec la fin de la guerre, une ère nouvelle a prit place et la gardienne du jeune orphelin Teddy Tonks, avait renoué des liens discrets avec sa jeune sœur, Narcissa Malefoy.

Désormais nous pouvons affirmer de l'implication de Drago Malefoy dans la vie de son jeune cousin et déduire qu'au travers des liens respectifs qu'ils ont avec l'enfant, Messieurs Harry Potter et Drago Malefoy entretiennent eux-mêmes une relation d'amitié.

Une source proche de Drago Malefoy nous a confié ceci :

« Drago adore son cousin, et la réconciliation de Narcissa et Andromeda a permis à Drago de connaître ce petit garçon si cher à son cœur. Quand à cette 'amitié avec Potter, Drago et lui ont grandit depuis la cours d'école, ils ont tous les deux une très belle carrière et se sont tous les deux mis au service de notre communauté. »

Nous savons combien le Chef Aurore Potter est protectif envers son fils adoptif et son filleul, les gardant toujours précautionneusement à l'écart de journalistes sans foi ni loi, aussi respectant notre héro nous ne nous attarderons pas plus avant sur les enfants et leur relation avec le controversé Drago Malefoy, mais nous nous posons tout de même la question de savoir dans quelle mesure le sorcier influence t-il des enfants si proche de Harry Potter et évidemment jusqu'où s'étend la relation entre les deux hommes ? »

« Merde… Harry va me tuer… Et merde. » Jura Drago dans un souffle abattu.

Jusqu'à la fin, l'article ne l'avait pas entièrement dépeint comme un monstre maléfique, mais le dernier adjectif pour le qualifier dansait devant ses yeux, 'controversé'. Controversé ?! Sans doute le mot le plus important de toutes ces inepties. Surtout aux vues de la question que posait le 'journaliste' au sujet de son influence sur les gamins… De quoi insinuer le doute dans les esprits les plus faibles et la méfiance chez les autres.

« Et encore, tu n'as pas entendu les théories que ce crétin de McCoy avait commencé à écrire avant que je n'intervienne. La citation c'est la mienne, j'ai veillé à ce qu'il n'y ait rien de récriminant sur toi, mais je n'ai pas pu tout empêcher… Désolée, chéri, j'ai fais ce que j'ai pu. » Expliqua Pansy s'asseyant à côté de lui sur le bord du lit, une main réconfortante sur son avant bras.

Drago lui tourna un léger sourire reconnaissant. Il savait que Pansy ne pouvait pas empêcher toutes les mauvaises publications à son sujet, mais depuis son arrivée à la rédaction de la Gazette, elle avait toujours veillé à ses meilleurs intérêts.

Le jeune homme n'était pas vraiment surpris de revoir l'historique de ses méfaits de jeunesse dans la Gazette, ce n'était pas la première fois et ce ne serait certainement pas la dernière. Mais il craignait la réaction que les derniers mots du journaliste allaient sans aucun doute susciter. Le public n'hésiterait pas une seconde à donner son opinion sur 'l'influence' de Drago sur les enfants proches du prodigieux Potter. Quelque part, il espérait qu'Harry prendrait sa défense publiquement quand les opinions se feraient entendre, mais avec une pointe de rancœur, il savait qu'Harry n'en ferait rien. L'homme ne parlait pas aux journalistes de sa vie privée, et encore moins de son filleul et de son fils.

Sa rancœur s'évapora aussitôt qu'il songea à la réaction d'Harry en découvrant l'article et sa crainte devint plus poignante. Il se leva d'un bond faisant sursauter Pansy et jeta le journal sur ses draps. Il traversa sa chambre en quelques enjambées, passant mentalement en revue son emploi du temps pour la journée.

Il était de garde à Ste Mangouste, il devait des heures au triage depuis un moment déjà et avait réussi à y échapper jusque là grâce à ses recherches, importantes pour le comité directeur, car si elles portaient leurs fruits, la réussite de Drago rejaillirait sur l'hôpital. A force de repousser les heures qu'il devait faire au triage, il avait finit par en accumuler assez pour devoir y passer un mois et son chef avait décidé de réclamer ces heures dues, une semaine auparavant. Drago serra les dents, il détestait le triage. Trop de gens, trop de bruits. Néanmoins, il avait du temps libre avant de commencer son service en début d'après-midi. Il avait prévu d'utiliser ce temps dans son laboratoire, mais finalement, prendre une heure pour visiter Harry ne bousculerait pas trop son emploi du temps. Il voulait absolument parler à Harry de l'article avant que la situation ne s'envenime.

Il attrapa des vêtements propres dans sa penderie et sans un autre regard pour sa meilleure amie, il quitta sa chambre pour se précipiter dans la salle de bain avant le réveil de Blaise.

Quand il ressortit, habillé, les cheveux encore humides, il retrouva Pansy et Blaise au comptoir de la cuisine, têtes penchées l'une vers l'autre conspirant à mi-voix. En s'approchant, il nota la Gazette ouverte sur l'article. Blaise leva un regard sérieux vers lui.

« Tu devrais parler avec Théo au sujet de tout ça. Te préparer aux retombées de l'article. »

« Je sais, je le verrais plus tard. » Répondit distraitement Drago en se servant une tasse de café.

« Non Drago, tu dois aller le voir ce matin, et par Merlin, ne vas pas au Ministère voir Potter, tu ne ferais qu'attirer l'attention. » Le patronna son ami. Drago leva un sourcil vers lui surpris par le ton inquiet dans la voix de Blaise, lui qui d'habitude était toujours placide. « Drago, depuis que le gamin est apparu chez nous, tu es devenu distrait, tu ne fais plus attention à rien, ton père a fermé ton compte fiduciaire et tu n'as rien fait pour l'arrêter, tu as perdu ta place dans presque tous les clubs de renoms de Grande Bretagne, ton droit à l'affiliation par le conseil des 28 Sacrées, sans compter les rumeurs qui courent sur toi… Tout ce pour quoi tu t'es battu ces derniers années, en acceptant les choix de tes parents, en allant dans leurs sens, en essayant de rétablir la réputation, le rang et le niveau de vie de ta famille. Tout ça n'aura servit à rien si tu continu sur ta lancée, Drago. » Termina Blaise avec un soupir las.

Drago fronça ses sourcils fins, sidéré par les propos de son ami, il n'avait pas tord, c'était vrai que sa réputation ou celle de sa famille n'avait plus la même importance qu'avant sa rencontre avec James, c'était vrai qu'il avait laissé son père reprendre son compte fiduciaire, en choisissant James, Drago quittait tout une vie à laquelle il s'était totalement voué. Mais il savait qu'il ne pouvait pas faire cohabiter les deux, sa vie dans la haute société des Sang purs de Grande Bretagne était terminée et le deuil s'était fait presque à son insu.

« Je sais Blaise, mais tout ça n'a plus d'importance pour moi-

« Justement si, Drago ! Tu ne te rends pas compte de ce que tu fais ?! Tu as bafoué publiquement tes traditions, le nom de ta famille, ton père ! Tu crois franchement que Lucius va te laisser continuer à le provoquer aussi publiquement sans rien faire ?! Tu joues un jeu dangereux Drago et tu joues contre celui qui t'as tout appris… Toi plus que quiconque sait de quoi il est capable. » S'exclama Blaise semblant à bout de patience. Pansy, à ses côtés, hochait légèrement la tête comme pour confirmer les paroles de Blaise.

Oh…

Drago se figea, comme sous le choc, car à aucuns moments ces derniers mois avait-il considéré le désir de revanche de son père. Il n'avait songé qu'aux tentatives que sa mère et lui ferait pour le ramener vers eux et encore, même là, il n'avait pas prévu une attaque aussi publique que sa mère avait tenté lors du bal du Ministère. Sans l'intervention d'Harry, il n'osait imaginer où il serait en ce moment.

Il se laissa tomber lourdement sur un des tabourets, serrant encore entre ses mains sa tasse de café. En face de Blaise et Pansy, son regard resta dans le vague, perdu dans ses propres pensées et dans la soudaine crainte de Lucius. La petite main parfaitement manucurée de Pansy le sortit de sa torpeur en se posant délicatement sur son avant bras. Il leva les yeux vers elle et la fixa sans rien dire.

« Il faut que tu sois plus prudent Drago… Afficher ouvertement une relation avec James ou avec Potter ne fera qu'attiser la colère de Lucius. » Drago commença à ouvrir la bouche pour se défendre, mais Pansy l'interrompit d'une main et reprit avec la même intonation douce. « Je sais ce que tu penses, chéri, et on ne te dit pas d'arrêter de voir ton fils, ou de fréquenter Potter, mais tu dois être prudent. »

Il y avait une sorte de supplique dans la demande de Pansy et au regard long et scrutateur qu'elle posait sur lui, il comprit son inquiétude. Il tenta un sourire rassurant puis hocha la tête.

« J'irais voir Théo avant de me rendre à Ste Mangouste. Ne m'attendez pas ce soir, ma garde finit tard. »

« Jamie ! » Cria Harry à travers la maison, il se baissa pour ramasser les figurines de dragons éparpillées sur le tapis du salon, et se retint de jeter celle du Magyar à pointes sur lequel il venait de s'empaler le talon. « James Sirius Potter ! Descends tout de suite ! » Rappela t-il encore à pleins poumons. Il pouvait entendre son fils au dessus de sa tête courant dans sa salle de jeu et sautant apparemment avec Teddy.

La pluie retenait les garçons à l'intérieur et les rendaient plus difficile à gérer que lorsqu'ils pouvaient s'amuser dans le jardin. Heureusement que le Square Grimmaurd était grand, leur permettant de dépenser leur énergie à l'étage qu'Harry avait réservé aux enfants lorsqu'il avait rénové la maison. Mieux valait qu'ils courent et sautent partout dans la salle de jeux plutôt que dans le salon où ils risquaient de casser quelque chose.

« JAMIE ! TEDDY ! » Hurla cette fois Harry perdant patience quand il manqua de tomber sur le skateboard de son filleul. Il déposa, ou plutôt lâcha les jouets qu'il venait de ramasser dans une panière qu'il gardait au rez-de-chaussée pour des jours comme celui-ci et s'arma de sa baguette pour épousseter le manteau de cheminée et les cadres et objets qu'il avait mis dessus.

Il entendit le piétinement de deux paires de pieds puis une porte claquée avant de reconnaître les ricanements hilares des garçons.

« Qu'est-ce qu'il y a papa ?! » Tonna la voix de Jamie du haut des escaliers.

« Descendez ramasser vos jouets tout de suite ! » Ordonna t-il. « Et on ne courre pas dans l'escalier ! » Ajouta t-il sachant qu'ils dévaleraient tout de même les marches comme s'il y avait un monstre à leurs trousses.

La matinée serait longue soupira t-il en se détournant. Il n'avait même pas encore prit le temps de boire un café. Il avait été réveillé par les deux garçons sautant sur son lit pour qu'il se lève leur faire un petit déjeuner. Et depuis, il n'avait pas arrêté une seconde. Cuisiner, laver, ranger.

Il activa quelques sortilèges de ménage sur le salon et la salle à manger, puis sur le couloir avant de se tourner sur Teddy et James qui soulevait le panier à jouets pour le ramener à l'étage.

« Je serais dans la cuisine, ne courrez pas dans le salon, ne sautez pas dans les escaliers et non, James, vous ne pouvez pas aller dans le grenier. » Termina t-il notant la moue déçue de son fils. Son fils avait une fascination bizarre pour le grenier et les vieilleries qu'Harry y avait entreposés, quelques une de ses vieilles affaires, des vases, de l'argenterie des vieux meubles et tableaux qui avaient appartenus aux Black. Il s'était débarrassé de tout ce qui était emprunt de magie noire, donc il n'y avait rien de dangereux là haut à part les paroles dérangeantes des vieux portraits, mais Harry n'aimait pas que les garçons y jouent, même s'ils n'obéissaient pas forcément, il répétait tout de même l'interdiction.

Il redescendit dans la cuisine et se prépara un café bien mérité, puis s'installa finalement à la table pour profiter d'un moment de calme et lire tranquillement le journal qu'il n'avait même pas eut le temps d'ouvrir.

Il recracha sa gorgée de café, la vaporisant sur la page ouverte de la Gazette trempant l'encre du titre en capitale.

'UN ENFANT RAPPROCHE DEUX ENNEMIS D'ENFANCE, UNE TRÊVE ENTRE LE CELEBRE HARRY POTTER ET DRAGO MALEFOY'

Il essuya le café sur son menton avec la manche du vieux gilet qu'il avait enfilé ce matin par dessus son vieux t-shirt Owl & Vixen et ouvrit rapidement le journal à la page indiquée pour découvrir avec appréhension l'article.

Il le termina à peine quand la cheminette s'activa pour laisser entendre la voix d'Hermione lui demandant passage. Il n'eut pas le temps de lui répondre trop abasourdi par l'article qu'elle apparaissait dans un tourbillon de flammes vertes dans le grand âtre. Il savait qu'elle était là à cause de l'article. Il le sut à son air réprobateur et le froncement entre ses sourcils montrant son agacement. Normalement, Hermione devait être au Ministère à l'heure qu'il était, lui avait encore deux jours de repos en comptant celui-là avant de reprendre son poste, et il savait que si Hermione quittait son bureau pour s'occuper des publications médiatiques faites sur lui, c'était qu'il y avait un problème.

« Il faut agir vite, le journal n'est paru qu'il y a quelques heures et le Ministère croule déjà sous les lettres de 'citoyens alarmés par la situation'. Harry ! Tu aurais dû me prévenir que vous alliez vous montrer publiquement, j'aurais pu maîtriser la couverture médiatique ! Le Bureau pour la protection des enfants magiques a déjà commencé à constituer un dossier pour une enquête préliminaire, où est ta poudre de cheminette, je dois appeler Andromeda, elle est aussi concernée, puisque le journaliste a dit que c'était de Teddy que Malefoy s'était rapproché. » Sans même reprendre son souffle, la tornade Hermione fouilla le manteau de cheminée jusqu'à trouver la poudre magique et jeta aussitôt une pincée dans l'âtre criant l'adresse d'Andromeda et plongeant sa tête dans les flammes vertes. Harry l'entendit s'entretenir avec la grand-mère de Teddy sur un ton urgent puis revenir à la cuisine quelques secondes après. « Je pense que tu vas devoir faire une interview, j'ai déjà pensé un ou deux noms de journalistes qui pourraient convenir et j'ai compilé une liste de questions imposées pour contrôler l'interview. Pour ce qui est de l'enquête du Bureau de Protection des enfants magiques, on va devoir passer par une audience avec le Magenmagot pour l'interrompre. Ils n'ont aucunes preuves ou soupçons de maltraitance pour demander une enquête préliminaire, ils n'ont pas de dossier à part que Malefoy semble avoir un contact direct avec les enfants. Mais vu le travail qu'il fait à Ste Mangouste et la réputation qu'il s'y est faite ces dernières années, la soit disant mauvaise influence suggérée par cet abruti de pigiste à la manque devrait être facilement réfutable. » Pendant qu'elle parlait sans laisser la moindre chance à Harry d'intervenir, la jeune femme avait ouvert les placards, jusqu'à trouver le service à thé qu'elle lui avait offert au noël précédent, une boîte de Darjeeling, des biscuits au beurre, de la crème et du sucre, et avait mis de l'eau à bouillir sur la cuisinière.

« Il faut aussi que tu me donnes les contacts de Malefoy, je crois que Théodore Nott le représente, je dois accorder avec lui notre ligne d'attaque pour l'audience devant le Magenmagot. Harry ? Tu m'écoutes ? » Dit-elle se tournant finalement vers lui, ses joues rosies par la nervosité ou par l'urgence.

« Euh… »

Le regard d'Hermione se fit un peu plus dur et il sentit venir le sermon quand la sonnette de l'entrée retentit à travers la maison. Sauvé par le gong, Harry indiqua les escaliers d'une main hésitante et après une sorte de grognement de sa meilleure amie, Harry s'enfuit de la cuisine, prêt à remercier quiconque venait de lui éviter une autre rente interminable d'Hermione Granger-Weasley.

Quand il arriva dans le couloir, son visiteur sonna une fois encore, et le tambourinement de petits pieds l'alerta de l'arrivée imminente de James.

« ON NE COURE PAS DANS L'ESCALIER ! » Cria t-il, aussitôt le pas de Jamie se fit plus discret et Harry ne put contenir son sourire.

Il passa à peine le pied de l'escalier menant aux étages qu'une boule d'énergie hilare butta contre l'arrière de ses jambes.

« Je peux ouvrir ! Laisse-moi ouvrir, papa, s'il te plaît ?! »

« Non, mais tu peux rester avec moi pendant que je vois qui est à la porte, ou tu peux descendre à la cuisine dire bonjour à tante Hermione. » Le regard de James s'éclaira en entendant le prénom d'Hermione, mais il tourna la tête vers la porte et hésita, se mordillant la lèvre inférieure. Harry connaissait James par cœur, et il savait que l'enfant lui cachait quelque chose à la manière qu'il avait de sautiller sur place comme s'il avait envie de faire pipi et son regard allant de la porte d'entrée à celle à l'autre bout du couloir menant à la cuisine.

« Je reste ! » Finit-il par décider alors que la sonnette retentit encore.

Harry plissa les yeux essayant de comprendre ce qui motivait la décision de son fils. Puis il se détourna en haussant les épaules et déverrouilla la porte. Mais à peine l'avait-il entre ouverte sans même lui laisser l'occasion de voir qui était de l'autre côté, qu'Harry comprit finalement l'indécision et l'excitation de Jamie quand ce dernier se fraya un chemin entre ses jambes et la porte pour l'ouvrir plus largement et se précipiter sur leur visiteur dans un cri de joie et un puissant « Drago ! »

Soudainement prit d'une panique qu'il n'avait plus connu depuis bien longtemps, Harry sentit son pouls s'accélérer et passa rapidement ses mains dans ses cheveux dans l'espoir vain de se recoiffer, puis il regarda sa tenue et soupira désespéré. Il était en pyjama, un vieux pantalon trop large qui avait sans doute l'âge de Jamie, parsemé de tâches indélébiles de trous d'usures, son vieux gilet avait été tricoté par Hermione alors qu'il en était à son septième mois de grossesse et même s'il s'était habitué aux manches trop longues et au côté droit plus court que le gauche, ou aux boutonnières décalées, il adorait ce gilet et ne s'était jamais imaginé s'en séparer, seul son t-shirt du groupe de rock sorcier New-yorkais était plus ou moins présentable, le col et les manches étaient usées et le tissus s'était légèrement distendu mais il ressemblait encore à un t-shirt.

Il prit une bouffée d'air se donnant du courage et tira un peu plus la porte pour laisser apparaître Drago Malefoy.

Et comme d'habitude, l'allure du blond lui coupa le souffle et il pouvait sentir malgré lui ses joues rosir. Drago portait un pantalon droit noir ceinturé en taille basse mettant en valeur ses hanches étroites et ses longues jambes élégantes. Une chemise gris anthracite venait couvrir son torse fin et il portait cette veste en cuir que lui avait déjà remarqué Harry et qui le rendait juste irrésistible, lui prêtant ce petit air mauvais garçon tout en gardant son élégance naturelle.

Drago avait les bras chargé d'un James rieur et bavard au possible, comme s'il n'avait pas vu Drago la veille lui racontant toutes les aventures qu'il avait vécu avec les Dragons. Par-dessus la petite épaule de leur fils Drago sourit presque timidement à Harry et ce dernier nota la nervosité dansant dans le regard gris du blond. Il fronça légèrement les sourcils, curieux de ce qui donnait ce regard incertain à Drago, puis s'écarta du chemin, l'invitant à entrer dans un geste.

« Je ne t'attendais pas ce matin. » Finit par dire Harry fermant la porte derrière Drago toujours chargé de Jamie.

« Non, je sais… Désolé de débarquer sans prévenir, j'ai juste… Tu as- hum- vu l'article ? » Hésita Drago d'un air coupable.

« Oh ?! » Réalisa Harry, il fronça les sourcils pensif, Hermione était en bas et Andromeda sans doute arrivée aussi, préparant déjà une réponse à ces inepties… Il détestait que les gens pensent avoir un droit de regard sur sa vie privée comme si c'était la leur. Et d'un coup il réalisa tout ce que lui avait dit Hermione quelques minutes plus tôt et la colère monta dans sa gorge. Le ministère voulait lui coller une enquête parce qu'il fréquentait Drago ?! Merlin comment avait-il fait pour ne pas fulminer aussitôt qu'Hermione lui avait rapporté la nouvelle ! Etait-il si distrait et fatigué ?

Drago sembla reconnaître la colère se peindre sur le visage d'Harry et il déposa rapidement Jamie au sol, lui demandant de retourner à l'étage, le temps qu'il discute avec Harry et qu'il monterait les voir Teddy, Maraudeur et lui juste après.

James sentant la tension monter dans l'entrée hésita un peu avant d'acquiescer et de remonter l'escalier au pas de course.

« Harry, je suis désolé, je n'ai pas pensé une seconde qu'on nous prendrait en photo… J'aurais dû être plus prud-

« Quoi ? De quoi tu parles ? » S'enquit vivement Harry comprenant que Drago voulait prendre le blâme pour ces gens qui pensaient que la vie privée d'Harry leur appartenait. « Tu n'as rien fait de mal Drago, j'ai dis que j'étais d'accord pour que tu viennes nous attendre au Terminal, tu n'es pas fautif pour ce qu'en a fait ce stupide journaliste ! » Harry soupira et secoua la tête. « Et franchement, ce n'est pas la première fois qu'ils essayent de s'en prendre à moi au travers des enfants… » Il pouffa un rire amère auquel répondit Drago par un sourire équivalant. « Avant que je ne rencontre Luke, j'ai eu quelques aventures, les journalistes me suivaient un peu partout dans le monde sorcier, même dans le monde moldu parfois et quand ils ont publié le troisième articles avec un homme différent à chaque fois, ils ont suggéré l'idée que je passais plus de temps dans les clubs, à boire et user de potions pour soit disant oublier le traumatisme de la guerre qu'à m'occuper de mon fils… »

« J'ai eu droit à une enquête interne au bureau des Aurores et le bureau de protection des enfants magiques à envoyer une assistance sociale pour voir comment je gérais Jamie… Je le laissais chez Andromeda la journée, avec Teddy, comme maintenant, du coup ils ont enquêté sur elle aussi… Un vrai cauchemar. »

« Un an plus tard, ils ont suggéré que mon travail était inadéquat avec ma vie de père célibataire… Une assistante sociale est revenue, et cette semaine là, les garçons restaient chez Molly parce qu'Andromeda devait se rendre à New-York pour un truc de famille… L'assistante sociale a osé interroger Molly sur ses qualifications en tant que gardienne d'enfants. Molly Weasley !? L'idiote s'est retrouvée propulsée hors de la maison pour se retrouver attaquée par les gnomes de jardin ! »

« Ils trouvent toujours quelque chose, ça fait vendre… » Termina Harry avec ce même rire amère.

Harry haussa les épaules un peu mal à l'aise de la vulnérabilité de son ton, de la faiblesse qu'il montrait devant Drago, cette impuissance à stopper les journalistes d'envahir sa vie. Il aurait voulut mettre ses mains dans ses poches, mais il n'en avait pas, alors il resserra simplement son gilet autour de lui croisant les bras comme pour se protéger du froid. Puis il baissa la tête une seconde pour admirer ses chaussons sur lesquels virevoltaient sur fond bleu ciel deux vifs d'or. Le silence entre les deux hommes commença à s'étirer et Harry releva un regard curieux sur Drago mais rougit presque aussitôt, découvrant le blond qui le détaillait de pied en cape avec quelque chose d'espiègle dans les yeux. Son sourcil droit se leva en croisant le regard d'Harry.

« Un gilet ? » Demanda t-il plus comme un constat qu'une question.

« Te moques pas, c'est Hermione qui me l'a tricoté avant la naissance de Jamie, il est douillet… » Souffla Harry avec un petit sourire au coin des lèvres.

« Je ne me moque pas. » Répondit Drago, son ton plus bas, laissant son regard traîner ouvertement sur le corps d'Harry, s'attardant sur le haut de ses hanches découvertes entre son t-shirt effiloché et son pantalon trop large. Il passa sa langue sur sa lèvre inférieure et la pinça une longue seconde entre ses dents avant de la laisser réapparaître plus rose, brillante sous la salive qu'il venait d'y passer. Harry ne manqua rien de son geste, le ressentant même jusque dans ses reins, son cœur manquant plusieurs battements et sa respiration se hacha soulevant lourdement son torse. Drago s'approcha d'un pas, arrivant dans l'espace d'Harry et ce dernier attiré comme un papillon par une flamme se tendit à sa rencontre. Il sentit les doigts de Drago, frôler sa hanche droite et retint sa respiration prit par un tourbillon d'anticipation.

« HARRY ! » Les interrompit la voix agacée d'Hermione montant de la cuisine au bout du couloir.

Harry et Drago s'écartèrent d'un sursaut et les deux pouffèrent d'un rire gêné. Harry se racla la gorge et attrapa la main de Drago dans la sienne et sans le regarder, il le tira derrière lui, le conduisant vers la cuisine.

« Hermione a un plan apparemment, c'est elle qui gère ce genre de chose pour moi, et je crois qu'elle a mentionné une rencontre avec Nott pour contrer ça ensemble. » Expliqua Harry sans certitude mais dissimulant un large sourire à Drago, simplement heureux de retrouver la main du blond dans la sienne.

Harry ne participa pas vraiment à la conversation qui suivit, dans la cuisine. Trop occupé à se perdre dans ses pensées et à s'imaginer passer ses mains dans les cheveux de Drago, les désordonner un peu, il s'égara dans les méplats du visage marmoréen de Drago, ses pommettes hautes et fières, son nez droit légèrement retroussé au bout, la ligne de ses lèvres à peine pulpées. Harry suivait les mouvements sûrs de ses mains, fines, masculines et élégantes. Il écoutait sa voix danser dans la cuisine par-dessus celle d'Hermione.

Non, vraiment Harry ne participa que très peu au plan qu'établirent Hermione et Drago, il écoutait pourtant, bien que distraitement, il savait que plusieurs fois Drago avait arrêté Hermione car ses idées lui semblaient trop irréalistes, puis au bout d'un temps, Drago se leva et prit une pincée de poudre de cheminette avant d'appeler une adresse à Westmington Park. Il plongea la tête dans l'âtre et en ressortit moins d'une minute plus tard époussetant ses genoux.

« Harry, lèves tes barrières, Théo va passer. » Dit-il se rasseyant à sa place habituelle, avec un clin d'œil discret pour Harry.

Le brun eut tout juste le temps de lever sa baguette que la cheminée s'activa et Nott apparut dans une nimbée de flammes émeraudes et le tourbillon de sa robe de sorcier pourpre, couleur des avocats au barreau du Magenmagot, une serviette à la main contenant visiblement plusieurs dossiers.

« Drago, Mrs Granger-Weasley, Mrs Tonks. » Salua humblement Nott avant de tourner un regard froid vers Potter.

« Théo… » Soupira Drago avec un soupçon de menace dans les yeux.

Nott haussa les sourcils avant de pouffer hostilement un bruit de gorge.

« Potter. »

Harry se tortilla une seconde sur son siège, embarrassé par la réaction agressive de l'ami de Drago. Pourquoi suscitait-il cette réaction ? A cause de leur passif à Poudlard ou bien était-ce quelque chose que Drago avait dit ? Sur leur relation ? Il croisa le regard de Drago qui secoua subrepticement la tête dans un geste rassurant, puis il se détourna pour se concentrer sur la suite de la conversation et les documents qu'amenait Theo avec lui.

Harry, lui, passa les minutes suivantes à essayer de comprendre ce qu'il avait bien pu faire pour offenser Theo Nott.

La conversation sembla enfin arrivée à son terme un peu plus d'une demie heure après l'arrivée de Theo. Hermione semblait satisfaite et Harry en retirait qu'ils avaient certainement trouvé un moyen efficace d'arrêter l'enquête du Bureau de protection des enfants magiques. Nott se leva et rassembla les quelques documents qu'il avait sortit tout en expliquant qu'il passerait dès ce matin au ministère pour déposer une motion de censure et une demande d'injonction pour freiner l'enquête préliminaire.

« Drago ne peut pas faire grand-chose en son nom légalement, puisqu'il n'a aucuns droits parentaux sur les enfants, mais je suis prêt à le faire en votre nom Andromeda, si vous me le permettez. » Cette dernière hocha doucement la tête. « Bien, alors je vais faire les papiers de ce pas et je vous ferais savoir dès que la motion sera déposée. Drago, je te vois au déjeuner, nous avons d'autres choses à voir ensemble. » Termina t-il avant de saluer poliment Andromeda et Hermione et de se tourner vers la cheminée.

Hermione se leva à son tour, vint embrasser la joue d'Harry puis celle d'Andromeda.

« Je retourne au ministère, je repasse ce soir Harry, je te dirais comment ça c'est passé. Malefoy. » Dit-elle avec un hochement de tête.

Les trois adultes restants gardèrent un silence circonspect pendant quelques minutes, puis Andromeda se leva pour débarrasser la table. Drago l'aida et Harry se redressa.

«Bon, beh… Je vais monter me changer. » Dit-il ne sachant pas trop quoi faire de lui-même. Drago l'arrêta.

« Attends, je t'accompa- je veux dire, je monte avec toi, j'aimerais voir James et Teddy avant de partir… » Il s'excusa auprès de sa tante et rejoignit Harry à la porte de la cuisine.

« Drago, soit un amour et dit à Teddy de se préparer, il est temps de rentrer à la maison. » Lui demanda Andromeda avant que les deux hommes ne quittent la pièce.

Harry retrouva Drago et James dans le salon une heure plus tard, les deux étaient sur le canapé lisant le nouveau livre de Jamie sur les Dragons, Maraudeur ronflait sur le tapis à leurs pieds. Teddy et Andromeda n'étaient nulle part et Harry en conclu qu'ils avaient dû partir quand il était sous la douche.

Il resta un moment à observer Drago et Jamie depuis l'entrée du salon, les deux têtes blondes blotties l'une contre l'autre son cœur manquant un battement ou deux, mais maintenant il en avait l'habitude. Ce sentiment de ravissement et de plénitude à voir son fils si heureux d'avoir ses deux parents avec lui. Mais Drago sentit visiblement son regard car il tourna la tête vers Harry, faisant une pause dans sa lecture. Il sourit à Harry et reporta son attention sur le livre de James.

Deux jours plus tard, Drago découvrait l'interview d'Harry Potter, signée par la plume de Pansy. Il avait fallu convaincre Granger bien sûr, mais Théo et lui avaient su lui faire entendre raison, ils savaient que Pansy ne publierait jamais rien qui pourrait nuire à Drago, et ce dernier était persuadé que sa meilleure amie était la plus apte à conduire une interview d'Harry Potter tout en restant professionnelle et objective.

L'article était tout ce qu'il attendait de Pansy, un portrait simple et plus vrai que ceux publiés habituellement par la Gazette sur Potter, puis l'interview elle-même, des questions pertinentes et intéressantes, demandant à Harry sa propre opinion. Il était clair aussi que les réponses d'Harry n'avaient pas subit 'd'améliorations' et sommes toutes Drago était content du résultat.

Harry y décrivait une relation amicale entre Drago et lui, et un lien familiale avec Andromeda. Quand Pansy souleva les inquiétudes du monde sorcier face à l'implication d'un homme au passé aussi tumultueux que Drago dans la vie de jeunes enfants, Harry prit la défense de Drago et rappela que sans son passé tumultueux, Harry aurait sans doute été tué pendant la guerre. Il continua ensuite en faisant un compte succinct des réussites de Drago et des découvertes qu'il avait fait ces dernières années grâce à son travail de médicomage et potionniste. « Il a consacré ces dernières années à sauver de vies, je suis heureux d'avoir quelqu'un comme lui dans mon entourage »

A ces mots, le cœur de Drago se gonfla de fierté et il les relut à nouveau pour être sûr du compliment qu'Harry lui faisait publiquement.

Ce soir là, quand il rentra, un hibou postal l'attendait sur la terrasse du loft. Envoyée par Harry, la note était brève et lui disait de remercier Pansy pour l'interview, que c'était la première fois qu'il se retrouvait face à un journaliste qui ne déformait pas ses paroles.

Pansy gloussa sous les compliments et se vanta de son professionnalisme et de son éthique journalistique tout en se vernissant les ongles d'un rouge carmin glacé. Il était tard mais ça n'empêcha pas Drago et ses trois amis de fêter leur réussite.

Drago en profita pour demander à Blaise où en était l'organisation de son mariage avec Astoria. Même s'il y avait un certain malaise à penser à Blaise et Astoria en tant que couple, Drago trouvait fabuleux la possibilité de leur union et malgré la prestance soit disant stoïque de Blaise, Drago voyait le sourire qu'il dissimulait juste à l'idée d'être uni à la femme qu'il aimait. Il voyait que Blaise était heureux même s'il n'en disait rien.

Les jours se succédèrent rapidement après cela. L'automne s'installait doucement sur la vieille Angleterre, la pluie prenait la place des journées ensoleillées d'été, un petit vent rafraichissait l'air, les feuilles des arbres commençaient à se teinter de jaunes et d'oranges. Drago était surchargé de travail et ne voyait pas James autant qu'il le voulait, mais se faisait un devoir d'un contact régulier au moins par le réseau de Cheminette.

Lors de ces discussions, James s'agenouillait devant la cheminée du salon chez Harry, les joues roses de plaisir et racontait à Drago ses journées, ce qu'il apprenait à l'école, le calcul, la lecture, l'histoire. Il décrivait à Drago ses après-midis avec Teddy et Maraudeur, les jeux qu'ils inventaient avec leurs cousins Weasley au Terrier et demandait toujours à Drago quand il allait venir le voir à la maison. Parfois, il ajoutait que son papa s'ennuyait. Drago ne savait pas trop quoi faire de l'information alors il détournait simplement l'attention de James sur un autre sujet. Puis quand le garçon en avait marre d'être immobile, Harry prenait la place de leur fils devant l'âtre et les deux hommes parlaient tour à tour de leurs quotidiens. Leur travail, le temps, les amis. Des discussions presque superficielles mais qui pour eux leur permettaient un lien et une présence dans la vie l'un de l'autre.

Les jours se transformèrent rapidement en semaines et un matin, à la fin d'une garde de nuit de dix heures à Ste Mangouste, Drago se rendit compte qu'il n'avait pas vu James depuis près de trois semaines. Dans deux jours aurait lieu le mariage de Blaise et Astoria et avec ça la fin du mois de Septembre.

Drago prit à droite dans le couloir principal menant à la salle de triage. Il continua sur quelques mètres avant d'ouvrir une porte sécurisée à l'aide de sa baguette. Il prit trois fioles de potions sur l'étagère de droite et referma la porte derrière lui quand deux infirmiers passèrent devant lui au pas de course. Une seconde plus tard une voix résonna à travers les couloirs demanda la présence de Drago au triage.

Drago soupira regardant sa montre, il ne lui restait que dix minutes sur sa garde, il était fatigué et voulait rentrer, mais apparemment ce n'était pas au programme. Il suivit la direction des infirmiers jusqu'à la salle de triage, attrapa la première infirmière qu'il croisa par le coude et lui remit les trois fioles de potions lui disant que c'était la prescription pour le patient du lit numéro 8 avant d'aller vers la petite foule d'infirmières et d'internes qui s'agitaient autour du nouveau patient.

Avant même d'entrevoir son patient, Drago sentit son cœur s'arrêter quand il croisa le regard défait de Weasley, son visage recouvert de suie et de sang, ses cheveux en bataille et ses vêtements débraillés, déchirés par endroits. Il remarqua sa main droite serrant son bras gauche et au bout de sa main vacillaient faiblement deux baguettes magiques. La sienne et celle d'Harry…

Harry…

Les yeux de Drago allèrent de Weasley au cercle que formaient les internes et infirmières autour du patient et le bruit environnant de la salle de triage sembla aspiré dans un battement de cœur. Le silence grandissant dans son esprit, les secondes s'éternisant, Drago sentait ses bras devenir trop lourds pour ses épaules, ses jambes trop raides pour bouger.

« Malefoy ! » S'écria Weasley semblant le voir pour la première fois. Drago sursauta revenant à la réalité. « Il-il a prit un s-sortilège en pleine poitrine, je-je sais pas ce que c'était, j'ai- fais quelque chose ! » Balbutia le rouquin avec un regard implorant.

Drago s'arma de tout son sang froid et durcit son regard avant de se frayer un chemin entre deux infirmières. Il rentra dans la peau d'un médicomage confirmé et demanda les diagnostiques préliminaires de ses deux internes avant d'agiter sa baguette au-dessus du corps inerte de son patient.

Juste un patient, un patient comme un autre.

Pas l'homme qu'il aimait.

Pas le père de son fils.

Juste un patient.

Un patient avec un poumon collapsé, une commotion cérébrale et un bras cassé. Drago envoya un patronus au service de Pathologie des sortilèges pour une consultation urgente, utilisant le code destiné aux Aurores blessés sur le terrain. Puis indiqua le lit numéro trois aux infirmières pour y placer Har- le patient. Il ferma le rideau derrière lui et retroussa ses manches avant d'aboyer ses ordres aux internes, demandant potions et onguents. Il s'approcha du lit et découpa doucement la robe de sorcier de l'Aurore et la chemise qu'il portait en dessous, il trouva l'impact du sortilège inconnu sous le diaphragme de son patient, une tâche noire semblait s'étendre en petits filaments comme des éclairs ou des veines, allant de tout côté sur le torse d'Har- du patient. Drago y colla la pointe de sa baguette et murmura un charme de révélation. Son cœur manqua un battement quand la lumière qui s'enroula autour de sa baguette lui indiqua la noirceur du sortilège dont souffrait Har- le blessé. Drago prit un pas de recul et réfléchit rapidement, se repassant ses cours en Pathologie des sortilèges, il savait qu'il n'avait pas beaucoup de temps pour arrêter ce sort avant qu'il n'y ait des dégâts permanent. Il plaça un sortilège de stase sur l'impact du sortilège espérant en retenir les effets en attendant l'arrivée du médicomage en Pathologie des sortilèges. Il passa un autre charme de diagnostique sur le corps de son patient et découvrit une faiblesse au niveau de ses reins et son foie. Le pouls de Drago s'accéléra. Le sortilège commençait déjà à faire des dégâts sur les organes vitaux de l'Aurore. Le temps manquait.

« Appelez le 4ème étage et dîtes leur que si je n'ai pas ma consultation dans les deux minutes qui suivent je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour ruiner leurs vies ! » S'énerva Drago contre une infirmière.

Il se pencha à nouveau sur le corps inerte et commença à chanter des incantations au dessus de ses poumons. L'interne qu'il avait envoyé pour les potions arriva et Drago les appliqua. La première devait passer en intraveineuse pour calmer les douleurs que son patient devait ressentir. La seconde devrait attendre le réveil du blessé pour réparer la double fracture de son bras après l'avoir réduite grâce à un sortilège. Il chargea l'interne de refermer les plaies sur le bras du blessé et celle sur sa tête. Il envoya le second interne pour une potion de sang, l'Aurore en avait beaucoup perdu et il fallait renouveler ses plaquettes avant qu'il n'en souffre. Il préleva une petite quantité de sang sur son avant bras gauche et le mélangea à une des fioles que lui avait ramené le premier interne. Un révélateur. Elle vira au bleue et Drago relâcha le souffle qu'il tenait dans son cœur. Rassuré, il continua ses incantations pour réparer le poumon de Harry qui gênait sa respiration et passa ensuite à sa tête, un œdème se formait et Drago utilisa un des charmes de guérison les plus délicats qu'il connaissait pour le résorber sans que cela ne laisse aucunes séquelles à Har- son patient.

Matilda Croops passa le rideau de séparation et demanda ce qui valait tout ce raffut avant de s'interrompre elle-même en reconnaissant Potter. Elle se précipita à son chevet et interrogea Drago du regard. Il lui indiqua l'impact du sortilège.

« Il est en train d'attaquer ses organes, ses reins son faibles, son foie commence à sécréter trop d'insuline… Dépêchez-vous, il ne reste plus beaucoup de temps avant qu'il n'attaque son cœur. » Dit Drago à la médicomage.

Elle apposa aussitôt sa baguette sur l'impact, confirma le diagnostique de Drago et entama une longue incantation compliquée en vieux latin. Avec l'aide de la médicomage Croops, Drago réussit à rapidement stabiliser l'état de leur patient. Il commanda deux autres potions aux internes, un tonique et une solution de régénération des tissus internes.

Quand plus d'une heure plus tard, Croops recula enfin du lit en soufflant et s'essuyant le front, elle jeta un regard satisfait sur l'Aurore.

« Bon travail Malefoy. Ce n'est pas un sortilège facile à différencier, beaucoup le confonde avec un mauvais Stupéfix. Vous devriez venir faire un tour au 4ème un de ces jours… » Elle lui offrit un petit sourire puis se tourna vers l'intraveineuse. « Il devrait se réveiller rapidement à partir de maintenant. Je le garde tout de même en observation en Pathologie des Sortilèges, aujourd'hui et cette nuit. Je vais m'occuper du transfert, appelez-moi dès qu'il sera réveillé. » Dit-elle ensuite un sourcil levé. Drago hocha la tête et commença enfin à s'occuper du bras cassé d'Harry, réduisant enfin les fractures avant de lui donner la potion réparatrice qui ressouderait ses os à son réveil. Il serra un bandage sur le bras d'Harry et le plaça délicatement dans une atèle.

Il était sortit d'affaire, son patient, son Harry… Le soulagement le submergea comme une vague et quand la dernière infirmière présente disparue de l'autre côté du rideau, Drago se laissa tomber sur un tabouret à côté du lit et laissa son front tomber sur le matelas à côté du bras bandé d'Harry. Un long soupir s'échappa de ses lèvres entre ouvertes.

« J'imaginais plutôt un diner dans ce petit restaurant italien sur Portobello, celui que je détestais, qui ressemblait plus à une cantine qu'un restaurant… Tu t'en souviens ? Avec ces boutiques de fringues bon marché… Merlin, quand tu m'as emmené dans ce restaurant la première fois, j'ai cru que tu te foutais de moi… Mais la nourriture était exquise… L'ambiance aussi… Trois semaines sans se voir et c'est comme ça que je te retrouve… Je n'imaginais pas devoir te sauver la vie… »

« Malefoy ? » Drago se redressa d'un bond et tourna la tête vers le rideau ou semblait flotter la tête de Weasley. Apparemment une infirmière s'était occupée de lui, son bras gauche était en écharpe et son visage n'était plus couvert de sang. Drago hocha la tête pour lui permettre l'entrée. « Comment il va ? »

« Mieux, il ne devrait pas tarder à se réveiller, on a pu arrêter et contrer le sortilège, j'ai résorbé son œdème à la tête et j'ai réparé son poumon… Il prendra une potion pour son bras puisque j'ai déjà réduis les fractures avec un sortilège. Il va bien… » Répéta t-il voyant l'inquiétude de Weasley dans la pâleur de ses traits. « Il va bien. » Dit-il encore sa main cherchant celle d'Harry sur le lit comme pour se rassurer lui-même.

Weasley soupira et se rapprocha du lit de Potter. Il serra son avant bras et soupira encore. Drago comprenait difficilement ce que ressentait Weasley. Il avait passé la moitié de sa vie a presque perdre son meilleur ami, Harry risquait sa vie encore et encore depuis qu'ils étaient enfants et Weasley assistait à cela quasiment impuissant. Ce n'était certainement pas la première fois qu'il se retrouvait à l'hôpital après une mission ratée. Drago voyait dans son regard fatigué toutes les fois où il s'était retrouvé dans cette même situation, à serrer le bras d'Harry après qu'on lui ait finalement dit qu'il allait vivre.

Drago se leva et passa une main sur son visage puis dans ses cheveux pour y remettre de l'ordre.

« Je- J'ai fini mon service… Je vais aller me changer et je reviens voir où en est son transfert. » Informa t-il avec une légère hésitation. Il ne voulait pas vraiment quitter le chevet d'Harry, mais il sentait que Weasley avait besoin d'un moment seul avec son meilleur ami.

Il fallut plus d'une heure à Harry pour se réveiller enfin. Il avait été monté au 4ème étage dans le service de Pathologie des sortilèges, dans une chambre privée au fond du couloir principal, Drago resta à son chevet malgré sa fatigue, il remplissait les dossiers des patients dont il s'était occupé cette nuit en attendant le réveil d'Harry. Weasley venait de sortir pour prévenir sa femme et Andromeda qui déposait James à l'école un peu plus tard dans la matinée. Il savait que sa tante ne dirait rien à James et Teddy sur la présence d'Harry à Ste Mangouste, cela ne servirait qu'à inquiéter les enfants, mais pourtant il n'arrêtait pas de penser à Jamie ce qu'il ressentirait quand il saurait que son père avait été blessé.

Ce soir, il devait fêter l'enterrement de vie de garçon de Blaise dans un club all Gentlemen du Londres sorcier. Le Wizard Gent Club, rassemblait depuis près de quatre cent ans les sorciers les plus riches et les plus distingués de la société chic de Grande Bretagne. Drago y était inscrit depuis sa naissance, comme son père et le sien avant lui. Certains pensaient même que les Malefoy en étaient membres depuis sa création mais Drago savait qu'il avait fallu quelques générations avant le premier membre Malefoy. Surtout quand sa famille était encore basée en France à la création du club. Par contre, du côté Black, Drago savait que l'ancêtre de Phineas Nigellus, était l'un des membres fondateur du Wizard Gent Club. C'est certainement à cause de ce lien de parenté que Drago avait pu garder sa place au sein du club, malgré les efforts de son père à l'en faire écarter. Il avait attendu cette soirée depuis deux semaines, sonnant la fin de ses gardes de nuit et aussi son retour en quelque sorte dans la haute du monde sorcier.

Maintenant, pourtant, il ne pensait plus qu'à son fils et à Harry. Il ne voulait pas laisser Jamie passer la nuit à se faire un sang d'encre pour son père, coincé dans un lit d'hôpital.

Il signa son dernier dossier, celui d'Harry et le posa sur la tablette d'hôpital qu'il avait emprunté à Harry. Il soupira et se pinça l'arrête nasale, jetant sa tête en arrière contre le dossier du fauteuil des visiteurs.

Quand il tourna la tête sur Harry, il sursauta, surpris de voir ses yeux ouverts. Il se redressa si vite qu'il en trébucha se rattrapant à la dernière seconde sur l'accoudoir du fauteuil. Harry, tête tournée vers Drago, l'observant patiemment pouffa de rire puis grimaça quand son rire secoua ses blessures encore en voie de guérison.

« D-Depuis quand t'es réveillé ? » Demanda Drago presque à bout de souffle en s'approchant du lit et prenant le poignet de son patient pour y mesurer le pouls. « Non, tu sais quoi, c'est pas important, gardes tes forces… Merlin… Comment tu te sens ? Mal de tête ? Nausées ? Tu dois avoir soif, attends, je vais te servir un verre d'eau… »

« D-Drago… Arrête… » L'interrompu Harry avec un sourire et tortillant sa main jusqu'à tenir celle de Drago. Il ferma les yeux une longue seconde. « Combien de temps… j-j'ai été inconscient combien de temps ? »

Drago soupira, laissant tomber sa tête en avant. Il regarda Harry par-dessous ses cils, ses yeux reflétant son inquiétude.

« Deux- trois heures, environ… Weasley va bien, une blessure légère, il est parti prévenir Andromeda, qu'elle envoi James à l'école sans t'attendre… Harry… Tu m'as… J'étais sur le point de partir, j'avais fini mon service et- » Il s'interrompit, des larmes perlant à ses yeux. Harry leva une main sur la joue de Drago, soupirant avec lui, un petit sourire au coin des lèvres. Son inquiétude s'était dissipée quand Drago avait mentionné James et la durée de son inconscience. Drago serra sa main contre celle d'Harry toujours sur sa joue. Il en attrapa le poignet et porta la paume d'Harry à ses lèvres où il déposa un baiser tendre. « Ne me refais jamais ça, Potter, c'est comprit ? Je le supporterais pas… » Lui murmura t-il comme un secret, ses larmes s'écoulant doucement sur sa peau d'albâtre.

Harry hocha à peine la tête, son regard rivé à celui de Drago. Et le blond se pencha sur lui, embrassant délicatement les lèvres d'Harry. A peine plus qu'un effleurement, trop inquiet par les blessures de l'Aurore pour appuyer d'avantage.

« Hey, Malefoy ? Andromeda arr- euh… » Weasley tenait encore la porte à demi ouverte, ses joues rosissant visiblement d'embarras, son regard allant tours à tours de Harry à Drago. « T'es réveillé Harry… » Dit-il faiblement. « Je- euh… »

Drago se recula et lâcha Harry, amusé par l'hésitation de Weasley. Harry pouffa de rire puis grimaça dans la foulée, clairement gêné par ses blessures, son poumon encore en guérison devait être douloureux et Drago revint aussitôt sur son patient baguette levée. Il lança un charme de diagnostique puis claqua sa langue contre son palais en voyant le résultat, la guérison était très lente. Il fronça les sourcils une seconde et envoya un patronus aux infirmières du service et à la Médicomage Croops, prévenant du réveil d'Harry et de son besoin d'une potion anti douleur ainsi que les soins appropriés pour le bras de Potter. Il s'en serait occupé lui-même, mais ayant finit son tour de Garde, la politique de l'hôpital empêchait le personnel soignant l'accès aux cabinets de potion.

« Ne bouge pas trop ton bras droit, il est encore cassé, j'ai mis une atèle en attendant ton réveil pour pouvoir le soigner, tu avais plusieurs blessures en arrivant, une commotion, un sortilège de paralysie modifié qui altéré le fonctionnement de tes organes vitaux, la Médicomage Croops a pu stopper son développement avant que ce ne soit trop tard, tu n'auras aucunes séquelles, mais elle veut te garder en observation pour en être sûre, et tu as eu une commotion cérébrale, j'ai résorbé l'œdème au triage, c'était mineure, heureusement. Quelques lésions et abrasions traitées assez rapidement, tu as perdu beaucoup de sang, le temps que les potions agissent et que ton corps renouvelle tes globules rouges, tu devrais ressentir des étourdissements ou au pire des nausées. Pour l'instant tu es sous tonique et anti douleur, Croops ne devrait pas tarder, pour soigner ton bras et vérifier ton état, mais d'après ce que je vois, ça à l'air… D'aller. » Termina t-il soupirant encore, sentant la fatigue qu'il avait repoussé jusque là, revenir en force.

Harry l'observa avec des yeux ronds, Weasley, de son côté avait une expression fermée, comme s'il gardait le secret sur son inquiétude, il s'était rapproché du lit d'Harry et croisa le regard de Drago, hochant imperceptiblement la tête comme dans un remerciement muet. Il posa sa main sur l'épaule de Potter et souffla.

« M'a fait une peur bleue, mon pote… Hermione arrive, elle dépose Rosie à l'école et Hugo chez mes parents…Je crois qu'elle va te passer un savon, vieux… »

« Hey, c'était pas ma faute, ce sorcier est sorti de nulle part ! Argh ! » Grimaça Potter à nouveau, se tenant le côté alors qu'il essayait de se redresser contre ses coussins. Drago tapa sur sa main et claqua sa langue contre son palais dans une réprimande.

« Je t'ai dit de ne pas bouger ! » Répéta t-il alors qu'Harry tentait toujours de s'asseoir.

« Ecoutes Malefoy, Harry. » Insista Weasley en appuyant sur l'épaule de son ami pour le rallonger contre le matelas. Les sourcils de Potter se redressèrent sur son front dans son étonnement et se froncèrent dans la résignation avant qu'il ne se laisse aller contre son oreiller.

En début d'après-midi, Drago se retrouva à nouveau seul dans la chambre de Potter, Harry se plaignant à côté de lui de la nourriture servit par l'aide soignante du service, disant que la viande avait un goût de carton et qu'il voulait un Fish & Chips. Drago refusa simplement pour retourner à sa lecture pendant que le brun bougonnait sur son lit raclant sa cuillère sur le pot en verre de son pudding.

« Dîne avec moi. » Dit-il subitement continuant de cogner violemment sa cuillère contre le pot en verre.

Drago releva la tête et cligna plusieurs fois des paupières, incertain de ce qu'il avait entendu, ou de ce que voulait dire Harry. Il tourna la tête lentement vers ce dernier, prêt à l'interroger.

« Je- je veux dire… Une fois que- Que je serais sortit- d'ici, je veux dire- de l'hôpital… Euh… » Il s'arrêta, ferma les yeux, réfléchissant et prenant une bouffée d'oxygène. Il ré-ouvrit les yeux et les fixa à ceux de Drago. « Vendredi, si tu veux bien, on pourrait aller… Dîner, juste nous deux… En tête à tête- d-dans un restaurant. Enfin, s-si t'es libre, évidemment. » Reprit Potter, continuant de balbutier, incertain et timide. « Je pourrais laisser James chez Andromeda… Euh… Il faudra que je lui demande d'abord, m-mais au pire, il pourra rester chez euh, Hermione et R-Ron et on pourrait al- aller dans ce Restaurant Français, euh… Me rappelle plus du nom, tu adores- adorais cet endroit, dans Covent Garden, avec cette énorme cheminée en pierre et les fleurs de cerisier partout, les branches qui formaient cet-

« Harry ? Tu me demandes un rendez-vous galant ? » L'interrompu Drago avant que Potter ne s'époumone, avec un sourire amusé relevant ses pommettes.

Harry sembla prendre une pause, comme pour réfléchir à ce qu'il venait de dire. Puis étudia le visage de Drago déposant enfin son pot vide de pudding sur la table devant lui avec le reste de son plateau repas.

« Oui ? » Répondit-il avec une interrogation d'incertitude.

« Je doute qu'on puisse avoir une réservation au Clos Maggiore pour ce vendredi, Harry. » Indiqua Drago.

Harry émit un petit 'oh' de déception puis poussa sur les restes de nourriture dans son assiette comme pour s'occuper l'esprit.

« Mais on pourrait aller ailleurs, manger un Fish & Chips, si tu veux. » Continua Drago se retournant sur le magasine mondain qu'il avait piqué aux infirmières en allant chercher un café, un peu plus tôt.

Harry redressa la tête et regarda longuement le profil de Drago avant de répondre.

« Tu détestes les Fish & Chips. »

« Je n'aime pas manger avec les doigts, mais j'aime le poisson et les frites au vinaigre comme n'importe quel anglais. Mais on peut aller où tu veux, ça m'est égal, tant qu'on y va ensemble. » Termina Drago serrant la main d'Harry.

« Hermione m'a parlé d'un petit resto qui vient d'ouvrir sur le chemin de Traverse ? Parait que c'est pas mal. »

« Mmm, l'irlandais ? Pansy y a manger pour l'ouverture, son mari est investisseur et a été invité… Elle le trouve très charmant elle a conseillé à Blaise d'y emmener les Greengrass. La mère d'Astoria a été complètement conquise. Madame Zabini lui a trouvé un charme pittoresque, mais avec elle, dès que ce n'est pas italien… Enfin… » Drago se tourna finalement vers Harry, il prit sa main et la tira jusqu'à ses lèvres. « Je passerais tout à l'heure pour nous réserver une table. Samedi. Vendredi, je vais au mariage de Blaise et Astoria. » Dit-il avec une lueur taquine dans les yeux et un sourire charmeur aux lèvres, avant d'embrasser affectueusement le dos de la main d'Harry. « Tu être mon 'plus un' ? » Ajouta t-il après un moment à contempler l'Aurore. Harry hocha tout juste la tête son regard encore rivé à sa main dans celle de Drago.

A 15h00, Drago se retrouva au milieu d'une foule de mère moldue, sur un trottoir étroit d'Islington attendant l'ouverture des grilles de l'école de James. Autour de lui, les chuchotements et les messes basses entre les femmes étaient presque aussi forts que le bruit des voitures dans la rue. Il se savait montrer du doigt, observé, une curiosité indiscrète alimentant les conversations. Son apparence était passé au crible, puis tendant l'oreille, Drago entendu les théories de ces mères sur sa présence devant l'école, qui venait-il chercher se demandaient-elles avides du moindre potin. Une sonnerie stridente interrompit l'intérêt qu'il suscitait chez les mères du quartier et toutes se tournèrent vers la cours de l'autre côté du portail qui les séparaient du bâtiment scolaire.

Drago entendit une clameur gonflant, une sorte de tension dans l'atmosphère puis au fond de la cours, une porte s'ouvrit s'abattant contre le mur dans un bruit sourd, puis un ras de marée d'enfants, criant, hurlant et riant s'en échappa. Courant tous dans la même direction, sac à dos sur l'épaule, manteau ouverts sur un même uniforme gris anthracite, les enfants se déversaient par la porte, droit vers le portail, et pendant une seconde, Drago se rappela de cette scène du Roi Lion qu'il avait vu des années auparavant avec Harry, de ce troupeau de Zébus en déroute fonçant droit dans le canyon où attendait innocemment ce pauvre Simba. Les enfants étaient les Zébus en déroute, Drago le lionceau apeuré.

Mais avant qu'ils n'arrivent, une femme au regard dur et à la mine fatiguée se mit vaillamment entre la marée d'enfants et le portail. Les enfants s'arrêtèrent net, comme stupéfixés sur place, et Drago leva des sourcils étonnés et il eut un soudain respect infini pour cette femme au regard dur et à la mine fatiguée. Elle attendit, tournée vers les enfants les affrontant de son regard autoritaire. Les enfants semblèrent pliés sous l'ordre muet de la surveillante et s'ordonnèrent en rang par deux. La femme se détourna une fois satisfaite et vint ouvrir le portail, restant à côté et saluant chaque enfant qui passait le portail par son prénom.

Une trentaine de gamins plus tard et autant de cris de mères ameutant par leurs prénoms celui qu'elles voulaient, faisant sursauter Drago les douze premières fois avant qu'il ne soit finalement habitué, il reconnu les cheveux en bataille, blonds foncés de James qui traînait les pieds derrière une fillette aux cheveux bouclés châtains, au large nez et à la mâchoire carrée, qui lui rappela étrangement Millicent. James regardait ses pieds, ses sourcils froncés en concentration. Ses lunettes perchées sur le bout de son petit nez, prêtes à en tomber. James releva la tête pour repousser la monture sur son nez, dans un geste qui rappela Harry à Drago. Il renifla et chercha dans la foule de parents devant lui. Son regard passa sur Drago puis continua circulairement avant de revenir rapidement dans une expression de surprise et fut suivit aussitôt par de l'incompréhension.

« Au revoir, James, à demain. » Dit la surveillante alors qu'il passait le portail. James leva la tête vers elle.

« Au revoir Madame Bonpince. » Puis il précipita son pas entre les jambes des autres parents et Drago posa un genou au sol pour l'accueillir dans ses bras. James se jeta contre lui enroulant ses bras autour de son cou et cacha son visage dans le creux de son cou avant de se reculer pour le regarder dans les yeux. « Où est papa ? » Demanda t-il essayant visiblement de comprendre l'absence d'Harry et la présence de Drago. Il dû remarquer quelque chose sur le visage de Drago, car son expression devint plus confuse et ses sourcils se froncèrent un peu plus, une inquiétude se dessinant sur ses traits enfantins. « Il devait venir me chercher, Meda a dit- il était pas là ce matin, il devait m'emmener à l'école, mais c'est Meda qui m'a- elle a dit qu'il viendrait me chercher… »

« Chut… James, calme-toi, ton papa va bien. » Dit doucement Drago serrant son fils un peu plus contre lui, le voyant se perdre dans sa confusion. James chercha dans le regard de Drago pendant quelques secondes puis hocha la tête.

« Il est où ? »

Drago ferma les paupières, prenant une seconde pour réfléchir, il avait passé les deux dernières heures avec Harry à se demander comment dire à leur fils que son père était à l'hôpital.

« James, mon grand, ton papa va bien, mais i-il a eu un accident ce matin, c'est pas grave et il m'a demandé de venir te chercher. »

Des larmes se cumulèrent rapidement dans les yeux de James, brisant le cœur de Drago, il serra aussitôt le garçon dans ses bras, passant une main réconfortante dans son dos.

« Chut, chut, c'est rien, James, il va bien, je te le promets, il va bien… » James couina contre le cou de Drago et renifla bruyamment avant de se redresser et de chercher la vérité de cette promesse dans le regard de Drago.

« Il est à l'hôpital, pas vrai ? C'est pour ça qu'il est pas là… » Drago hocha péniblement la tête, culpabilisant de voir son fils pleurer sans pouvoir rien n'y faire. « Il a eut quoi ? »

« Il s'est cassé le bras et s'est cogné la tête, c'est pour ça que les médicomages veulent qu'il reste à l'hôpital encore un peu. » Expliqua t-il essayant de minimiser au plus les blessures de Harry sans pour autant mentir à James. « On va aller le voir, d'accord ? Parce qu'il t'attend et il a très envie de te voir. Tu veux bien ? » James renifla une fois, mordilla ses lèvres puis hocha la tête. « Bien, alors on sèche ses vilaines larmes et on y va. » Termina Drago tirant un mouchoir en tissu de sa poche pour sécher les joues de son fils, il le tint ensuite devant son nez et dit « souffles » pour que le petit garçon s'y mouche. Le bruit de son nez donna un petit sourire à James et Drago lui fit écho rajoutant un petit rire. Les deux partagèrent un regard avant d'hocher la tête avec détermination.

Drago se releva, James toujours dans ses bras et le garçon enroula ses petites jambes autour de la taille de son père, resserrant le cercle de ses bras sur le cou de Drago. Il lâcha un rire franc et s'écria qu'il pouvait marcher. Drago sourit et secoua la tête.

« Nope, tu m'as trop manqué, alors je veux un méga câlin jusqu'à ce qu'on arrive à Ste Mangouste ! » Ria t-il. James s'exécuta et câlina Drago aussi fort que possible, alors que Drago descendait la rue, il contourna le petit parc de jeux devant l'école puis tourna à droite dans une ruelle. De l'autre côté se trouvait le Square Grimmaurd, mais ce n'était pas la destination de Drago et James. Regardant derrière et devant lui pour s'assurer qu'il n'y avait personne Drago redressa James un peu plus haut dans ses bras. « Allez ! Accroches-toi, P'tit Singe ! On y va ! »

Drago transplanna directement dans le carrée des arrivées par transplannage dans le fond du lobby de Ste Mangouste. Il déposa James par terre et prit sa main avant de le conduire à la chambre d'Harry au 4ème étage.

James couru jusqu'au lit d'Harry, sautant dessus avant d'enlacer son père tout en criant « papa ! » Harry l'accueilli naturellement dans ses bras, bien que grimaçant sous le choc, il était clairement heureux et rassuré de voir son fils et de pouvoir le serrer dans ses bras. Drago resta en retrait près de la porte, jusqu'à entendre les reniflements de James contre l'épaule de son père. Il remarqua des larmes similaires dans les yeux d'Harry. Puis Drago s'approcha et passa une main réconfortante sur le petit dos de James, dans une caresse circulaire. Il écouta ensuite les mots murmurés d'Harry, assurant leur fils que tout allait bien, pendant plusieurs minutes, Harry calma James, le balançant lentement dans ses bras et chuchotant doucement une berceuse à son oreille.

Drago allait pour s'asseoir sur la chaise des visiteurs, mais alors que sa main quittait le dos de James, le petit garçon le rattrapa et l'agrippa avec force. Il releva son petit nez du cou d'Harry et le regard qu'il servit à Drago fut un coupe-cœur et le blond se laissa tirer et se rapprocha des deux Potter. Il partagea un petit sourire avec Harry.

Le reste de l'après-midi passa rapidement, James raconta sa journée à l'école et bondit de plaisir en apprenant qu'il passerait la nuit avec Drago. Ils quittèrent difficilement Harry peu avant l'heure du dîner, le garçon se lova à nouveau contre Harry, lui disant qu'il ne voulait pas le laisser seul.

« T'en fais pas pour moi Champion, les infirmières me tiendront compagnie et puis il faut que tu ailles chercher Maraudeur chez Meda, il doit s'inquiéter pour toi. » James sembla tout juste se rappeler de son chien qu'il avait laissé chez Meda le matin même, il hocha la tête déterminé à retrouver son ami à poil. Il leva la tête vers Drago.

« On peut aller le chercher, pas vrai Drago ? Il peut venir chez toi aussi ? »

Drago retint un rire et confirma d'un hochement de tête secouant vivement les cheveux de son fils avant de l'aider descendre du lit. Drago se pencha ensuite sur Harry et embrassa délicatement sa joue, murmurant doucement à son oreille.

« Repose-toi, je te vois demain matin. » Il serra sa main avant de se reculer et de voir la teinte rose sur les joues d'Harry. Se tournant après un petit sourire espiègle, Drago remarqua le même rougissement sur le visage de James qui avait une expression à la fois surprise et ravie. Il passa sa main dans les mèches décoiffées du garçon avec un sourire. « Allez p'tit singe, Maraudeur nous attend ! »