Titre : Alpha Potentiel
Résumé : Pour avoir lâchement désobéi à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM
Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)
Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !
Note de l'auteur : Je suis censée répondre à tout le monde puis poster… Mais je viens de voir à la télévision qu'une nouvelle précipitation de neige arrivait et celles d'hier nous ont valu une coupure de courant de plusieurs heures donc, je continue de répondre mais je poste en le faisant… ça en ravira certaines, j'en suis sûre ! loll Bonne lecture à vous et je vous dis à dans un mois, le 22 janvier ! Bonnes fêtes à tous !
Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : T.B.C, 15 musique de l'OST 2 de Full Metal Alchemist Brotherhood.
Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois, toujours en début de mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !
Nombre de chapitre : Toujours chapitre 20 ! Je me permets un peu de repos ^^
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Chapitre 15 : Gringotts, travail et découvertes
Harry se réveilla, comme chaque matin depuis cinq jours, dans les bras rassurants de Draco. Il perçut vaguement les ténèbres de l'aube et gémit en gigotant un peu afin de trouver une position plus commode. Par automatisme, le bras autour de sa taille se desserra le temps qu'il soit confortable puis se resserra avec possessivité. Un vague sourire aux lèvres, Harry posa sa main sur celle, blanche et grande, installée sur son ventre nu.
En trois nuits, ils avaient avancé. Un peu. Et ça avait été…
« Explosif, délicieux, j'en veux encore, encore, encore ! »
S'il avait été un peu honteux, au début, de son soudain désir pour le corps de Draco, il était à présent totalement calme face à cet état de fait. Il ne pouvait rien y faire de toute façon, il devait l'assumer. Même si cela était encore parfois difficile de faire face à Ron lorsque celui-ci assistait à un échange amoureux. Draco s'obstinait à le toucher et à l'embrasser devant le roux, tentant sans doute de détendre Harry face à ses proches. Et si au début, il en avait rougi, à présent, il l'acceptait. Il n'initiait pas encore le mouvement, mais il se sentait capable de le faire.
« Surtout que… Nos expériences matinales sont bien pires que quelques baisers… »
A cette pensée, il tourna la tête pour regarder Draco. Ce dernier dormait profondément, à sa grande peine. Il avait parfois envie de le réveiller afin d'obtenir plus vite ce qu'il voulait. Ses mains et sa bouche sur lui ! Les trois matins précédents ne cessaient de le faire rougir quand il y repensait. Non pas à cause des actes commis, mais à cause de son propre comportement. Il était une chienne. Du moins, c'est ainsi que Harry se définissait, lorsqu'il repensait à ses propres gestes, à ses suppliques, quelques heures après. Il se comportait envers Draco comme une chienne en chaleur et le blond semblait adorer ça.
« Sans doute la répercussion de la domination… »
Il avait honte d'agir ainsi. Il n'avait jamais été si avide avec Ginny. Mais c'était différent. Ginny s'attendait à ce qu'il prenne les choses en main, même si elle le faisait plus souvent, car elle se désespérait de le voir agir. Draco, lui, n'attendait pas qu'il agisse. Insidieusement, comme un serpent, il obligeait son désir à devenir si intense que Harry se mettait à le supplier pour qu'il le touche. Et dans ces moments-là, il ne se contrôlait plus du tout. Draco le dominait entièrement, menait la danse sans toutefois le laisser être passif et il adorait cette façon de faire.
Pour autant, ils n'avaient pas encore vraiment couché ensemble. C'était toujours de l'expérimentation. Mais Harry savait que ça arriverait bientôt. Il ne pourrait pas éternellement repousser ça. Et la façon dont, la veille, il avait frotté ses fesses contre l'érection de Draco démontrait parfaitement qu'ils en étaient de plus en plus proches. Harry ne pensait pas avoir un jour le désir réel que Draco le prenne. Et pourtant, plus les matins sexes se déroulaient et plus il en avait l'envie irrépressible.
« Comme une chienne ! », pensa-t-il avec culpabilité.
Car comment interpréter autrement son propre comportement ?
« Arrête de penser autant de si bon matin ! », fit soudain la voix de Draco à son oreille, déclenchant aussitôt un grand frisson le long de sa colonne vertébrale.
Harry sentit tout son corps s'éveiller alors que Draco bougeait contre lui et il rougit. Vraiment, suffisait-il que le blond parle ainsi, de cette voix rauque encore endormie, pour qu'il se sente excité ? Cela voulait-il dire qu'ils étaient condamnés à se toucher le matin uniquement ? Non. Draco était capable de l'exciter à bien d'autres moments. Simplement, à ces instants-là, ils n'étaient pas seuls ou alors trop fatigués !
« Bonjour, dit-il d'une voix un peu suppliante, à son avis.
-Bonjour, répondit Draco en laissant sa main caresser son ventre, souriant en le voyant s'alanguir sous son toucher. Tu es réveillé depuis longtemps ?
-Mhmm, non… Une dizaine de minutes… »
Draco poussa un soupir, continuant sa caresse lente sur la peau dénudée. Ils dormaient toujours nu. Le lycanthrope avait en horreur de sentir un tissu les séparer. La seule fois où Harry avait mis un pyjama, il s'était réveillé nu le lendemain, son vêtement de nuit déchiqueté au pied du lit. Quand il avait interrogé Draco, ce dernier avait haussé les épaules. Il ne se souvenait pas d'avoir détruit le pauvre pyjama, mais vu qu'un morceau de tissu était encore accroché à l'un de ses ongles incroyablement longs, il en était le responsable tout désigné ! Hermione avait éclaté de rire lorsqu'elle avait entendu Harry râler à ce propos.
« Les loups aiment les contacts de la chair, Harry, avait-elle dit, faisant rougir le concerné. Surtout la nuit ! »
Draco avait simplement ri de son commentaire alors que Ron s'enterrait dans sa tartine, tentant de ne pas imaginer le sous-entendu de sa meilleure amie. Cette dernière avait d'ailleurs eu pitié du rouquin et avait appris à un Harry mortifié qu'il existait un sort pour empêcher les autres occupants de la maison de profiter des cris matinaux d'un couple occupé.
« Moi, ça ne me dérange pas, avait-elle dit d'un air professoral. Mais je crois que Ron va finir par aller vivre avec Fenrir si ça continue ! »
L'alpha se moquait d'eux chaque matin. Car il leur rendait visite tous les jours, pendant le petit déjeuner, pour distribuer le programme de la journée de Draco. A l'étonnement du trio, eux aussi commençaient à se mêler au travail des habitants. Hermione avait été désignée pour aller aider Guilbert dans l'enseignement, la jeune fille en profitant pour s'enrichir sur les sujets qu'elle ne connaissait pas. Bien qu'il ignore pourquoi, Ron avait été affecté à un travail purement féminin, de son point de vue. Il devait travailler au seul petit restaurant présent dans le village.
« C'est une vraie torture ! s'était plaint le rouquin. Tous ses plats délicieux et je ne peux pas les manger ! Je dois juste les distribuer ! »
Harry, lui, était devenu le secrétaire personnel de Chyreer. Il devait l'accompagner partout et l'aider au maximum. Et Merlin savait que le second de Greyback avait beaucoup de choses à faire ! Il courait d'un bout à l'autre du village, afin de régler des conflits, réclamer un impôt non payé, s'assurer en compagnie de son alpha que les gardes étaient établies et respectées… Fin de journée, Harry avait juste la force de se laver, manger et se coucher. Ce qui expliquait d'ailleurs largement qu'ils n'explorent leur désir que le matin.
Tremblant comme une feuille contre Draco, Harry laissait ses mains parcourir les muscles fermes d'un torse imberbe qu'il adorait sentir la nuit. Ses initiatives étaient encore faibles comparées à celles du lycanthrope, mais il s'émerveillait chaque matin d'oser aller plus loin.
« Tu as bien dormi ? demanda Draco à son oreille, ses gestes se faisant de plus en plus charnels.
-Ou… oui, très bi…bien, haleta Harry contre lui. Oh, pitié, Draco…
-Mhmm ? répondit le blond amusé, feintant de ne pas comprendre sa supplique.
-Touche-moi plus », répondit un Harry agacé.
Draco sourit à sa demande et s'exécuta. Qui était-il pour le lui refuser ? Ses mains cessèrent de passer avec langueur sur son torse. Il s'en servit plutôt pour prendre appui sur le lit et se décaler légèrement. Harry protesta en le sentant s'éloigner mais il soupira quand Draco l'obligea à bouger à son tour. Subitement, il se retrouva assis sur les hanches de Draco, dominant ce dernier pour la première fois.
« Et si tu prenais ce qui te fait envie, Harry ? demanda Draco d'une voix presque hypnotique, ses yeux prédateurs plongés dans les siens. Si tu me montrais ce que tu veux ? »
En réponse, Harry gémit. Draco n'avait jamais fait ça. Mais la position lui permettait surtout de sentir l'érection du blond entre ses fesses et cela l'excita bien plus que sa posture dominante. Sous lui, le loup-garou geignit en le sentant bouger afin que le sexe frotte contre son intimité.
« Tu as envie de ça, Harry ? demanda-t-il avec langueur.
-Oui, couina le brun, continuant ses mouvements.
-Alors continue », ordonna Draco.
Et Harry obéit, bougeant ses hanches dans un mouvement de frottement qui leur arrachait des plaintes de désir. Les mains de Harry, jusqu'alors immobiles sur le torse de Draco, se mirent en mouvement. Tandis que la droite caressait la peau blanche, la gauche alla se saisir d'une des mains de Draco posées sur ses hanches pour l'obliger à venir s'occuper de son érection délaissée.
« S'il te plaît, gémit-il en enroulant les doigts pâles autour de son propre sexe.
-Tout ce que tu veux, Harry », ronronna Draco.
Et il bougea sa main de haut en bas, au rythme des déhanchés presque brutaux de Harry. Il le voulait vraiment. Enfoncer son sexe dans l'entrée chaude qu'il sentait contre son érection. Mais pas ainsi. Pas au réveil. Il voulait posséder Harry à un autre moment que pendant ces matins explorateurs.
« Bientôt, pensa-t-il en regardant son amant au-dessus de lui et son expression extatique. Bientôt, nous nous unirons à nouveau. Très bientôt ! »
Comme chaque matin, cela fut rapide. Non pas qu'ils soient précoces, mais ils n'avaient pas la patience de faire durer les choses. Draco savait que ce serait différent lorsqu'ils se décideraient à aller jusqu'au bout. Il se faisait fort de prolonger leurs étreintes à chaque fois. Mais pas ce matin. Dans leurs actes, ce jour-là, il y avait une certaine tension qu'ils savaient présente à cause de leur activité de la journée. Ils avaient enfin décidé d'aller chez Gringotts.
Cela faisait des jours qu'ils en parlaient, qu'ils planifiaient. Le moment était enfin venu d'aller chercher la coupe d'Helga Poufsouffle. Même si cela ne les rassurait guère.
« Oh, Draco, gémit Harry en se cambrant sur lui, se frottant davantage. J'ai tellement envie… »
Sous lui, le concerné se mordit la lèvre. Et lui donc ! Combien avait-il envie d'aller jusqu'au bout ?
« Bientôt, haleta-t-il. Très bientôt, Harry… »
L'intéressé gémit et le regarda ensuite avec désir. Leurs mouvements se firent à nouveau presque brutaux puis, sauvagement, Harry se tendit et jouit dans la main d'un Draco plongé dans l'extase également. Avec gêne, le brun savoura la sensation du sperme de Draco coulant entre ses fesses. Ça n'était pas censé le satisfaire ! Il aurait dû en être dégoûté, mais au contraire, il aimait ça. Et il pouvait sentir de part le lien que Draco en était heureux également. C'était un signe très net d'appartenance. Même s'il se lavait, Harry portait l'odeur de Draco sur lui, à cause de ça, toute la journée. Cela lui avait d'ailleurs valu quelques remarques salaces de Greyback et de Gabriel.
Le jeune homme leur rendait visite très souvent. Harry savait que Draco lui avait fait une remarque car le plus jeune ne touchait plus du tout Draco, s'en tenant éloigné respectueusement. Ce qui rendait l'entente avec Harry bien plus facile, d'ailleurs.
Le corps las, Harry se laissa tomber sur le torse de Draco. Ce dernier ne protesta même pas, l'enlaçant au contraire. Ils soupirèrent tous les deux de satisfaction. La journée pouvait être aussi éprouvante qu'elle le voulait, tant qu'ils avaient eu du plaisir ensemble, ils étaient prêts à l'affronter. Même si celle-ci promettait d'être plus épuisante que les autres.
« Nous devrions aller nous laver, murmura Draco contre le crâne de Harry. Il va être l'heure. »
Harry soupira. Il préférait de loin rester lover contre Draco. Pourtant, il se redressa, frémissant en regardant leurs torses tâchés.
« D'accord », dit-il.
Il ne s'était jamais autant réjoui d'être à nouveau dans son lit de sa vie !
« Tant que la journée passe et que ce soir, nous sommes de nouveau tous les deux là, avec Ron et Hermione dormant paisiblement, je serais satisfait ! »
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Ils avaient décidé d'aller à la banque sorcière au matin. De cette façon, avait remarquablement dit Hermione, il y aurait moins de monde. Moins de monde pour s'étonner du passage de Bellatrix Lestrange. Et peut-être, moins de possibilité pour croiser un mangemort quelconque. Ils avaient donc quitté le village, Draco déguisé en sa tante, Harry et Hermione sous la cape d'invisibilité et Ron travesti en un habitant innocent du village qui avait consenti à donner ses cheveux. Il devait se faire passer pour un sorcier inconnu et étranger et rester en dehors de la banque afin de les avertir d'un quelconque danger à l'aide d'un sort débusqué par Hermione. Ce dernier ferait briller la petite perle qu'Hermione portait autour du poignet, attachée à un fil noir.
Autant Harry savait qu'il s'agissait de Draco, autant il était stupéfié de voir combien ce dernier jouait parfaitement la comédie. Son visage reflétait le dégoût habituel de la femme et ce fut sans difficulté qu'il trompa Tom, le tenancier du Chaudron Baveur. Il fut si infect avec lui que même Harry eut envie de frapper son compagnon.
« Tu étais obligé de le malmener ? demanda Harry en soufflant à Draco.
-Non, mais ça fait plus vrai », répondit un Draco moqueur.
Ils traversèrent la rue d'un pas nerveux, bien que Draco ait juste l'air d'être un conquérant. Il gravit les marches menant aux portes mais le pas rapide se fit hésitant en avisant la sécurité installée à l'entrée. Un « maintenant » fut soufflé, plusieurs sorts fusèrent et ils passèrent les barrières sans trop de difficulté.
« Et même trop de facilité, pensa Harry. Enfin, le plus compliqué reste à faire… »
Dès que Draco posa un pied dans la banque, les personnes présentes semblèrent se figer et l'atmosphère s'alourdit considérablement. Haussant un sourcil méprisant, la fausse Bellatrix siffla d'un air agacé.
« Pitié, enlevez le balais que vous avez dans le cul, ça me fera des vacances ! »
Et sur ces mots très pertinents, elle s'approcha d'un comptoir avec rapidité.
« J'aimerais accéder à mon coffre, dit-elle en regardant le gobelin de haut. Maintenant. »
Le gobelin plissa les yeux d'un air menaçant. Manifestement, il n'aimait pas Bellatrix. Draco fronça aussitôt les sourcils en le voyant faire.
« Je n'aime pas ton expression, petit rat. Est-ce que le petit rat désire souffrir ? »
Il sortit sa baguette d'un air menaçant, l'élevant au-dessus du gobelin qui recula.
« Non… je… Gorulf ! Conduis madame Lestrange à son coffre ! »
Un autre gobelin arriva en trottinant. A son expression, lui non plus ne paraissait pas ravi d'être désigné pour acheminer l'horrible femme jusqu'à son coffre. Pourtant, il s'inclina face à elle et l'invita à se diriger vers la porte. En bon acteur, Draco continua pourtant à regarder l'autre gobelin avec dégoût.
« Sale engeance, dit-elle, méprisante. N'oubliez pas les Tintamars !
-Non, madame, je les ai », répondit le gobelin en brandissant un sac cliquetant étrangement.
Hochant la tête, la fausse Bellatrix tourna les talons, gardant sa baguette serrée dans sa main, arme menaçante. Harry et Hermione lui emboîtèrent le pas avec rapidité. Gorulf courait devant eux d'un air empressé.
« Il joue vraiment bien son rôle, dit Hermione. Si je ne savais pas la vérité, je croirais que nous pistons la vraie ! »
Harry hocha la tête. Oui, Draco l'imitait parfaitement. Il s'était entraîné durant les deux soirées précédentes, faisant parfois rire le trio dans une imitation brillante, mais ridicule. Combien de fois Draco avait-il passé du temps avec son horrible tante, avant d'être envoyé au village de Greyback ? C'était une question que Harry mourait d'envie de lui poser !
« Pressons ! dit soudain Draco en passant la porte menant au wagonnet. Je suis pressée ! »
Le gobelin s'inclina à nouveau en lui désignant un des transports métalliques. Ce fut avec une délicatesse étrange et un temps extrêmement long que Draco s'installa, en se plaignant du manque de confort des wagons à grand renfort de mépris et d'hostilité pour ces « inférieurs » qui avaient main basse sur leur argent. Harry, installé dans le wagonnet depuis un moment, voyait parfaitement le gobelin serrer les dents, tentant de ne pas l'enchanter.
Le voyage fut pénible. Harry aimait en règle générale les déplacements en wagonnet mais celui-ci fut une horreur. Il n'avait jamais été aussi vite ni aussi loin dans la banque et le vent rendait le maintien de la cape d'invisibilité sur Hermione et lui difficile. Sans compter Draco qui, dans une imitation très proche de Bellatrix, ne cessait de menacer le gobelin de multiples tortures s'il ne se dépêchait pas.
« Vous êtes des choses si inutiles ! dit-il alors qu'il descendait lentement du wagonnet, permettant ainsi à Harry et Hermione de le faire. Les Tintamars, stupide créature ! Sortez-les donc ! Je n'ai nulle envie de me faire attaquer ! »
L'air haineux, le gobelin sortit les deux objets de son sac et Harry se permit un instant de les observer avant de s'en désintéresser. Il savait combien ils seraient utiles étant donné ce qui gardait le coffre de Bellatrix Lestrange. Hermione et lui avaient été proprement choqués d'apprendre qu'un dragon était retenu prisonnier et dressé à surveiller les plus grosses fortunes d'Angleterre. Le coffre des Malfoy étant conjoint à celui des Lestrange, Draco le savait pertinemment et il les avait prévenus de l'importance des Tintamars lorsqu'ils avaient préparé leur visite à Gringotts.
« Un vrai dragon ? s'était exclamée Hermione, stupéfaite. Mais… alors nous ne pourrons pas…
-Bien sûr que si, avait répondu Draco avec indifférence. Les gobelins ne sont pas stupides, ils l'y ont installé pour contrer les voleurs, par pour empêcher les clients d'accéder à leur coffre. Ils ont leur propre technique pour cela. Ne t'en fais donc pas. Nous y aurons accès sans problème… »
Et Draco n'avait pas menti. Ils marchèrent un peu avant de l'apercevoir, mais manifestement, le dragon, lui, les avait entendus. A la vue de ses yeux presque éteints, Harry sentit un fort sentiment de pitié. Qu'importe que l'animal massif soit dangereux, il ne méritait pas ça.
« Personne ne le mérite ! »
Au bruit qu'émirent les Tintamars, l'énorme lézard poussa un son coléreux et recula prudemment, comme inquiété. Harry aperçut la lueur de haine et de crainte mélangée dans son regard mais aussi les cicatrices horribles sur son museau. Etrangement, elles lui rappelèrent un peu celles présentent sur le torse pâle de son loup-garou et il frissonna, détournant les yeux pour regarder le dos de la fausse Bellatrix. Il sentait que Draco s'était tendu face à son chagrin et avait conscience qu'il luttait contre l'envie de s'approcher de lui mais Draco maintint son rôle en place.
« Et bien, ouvre-le donc, ce coffre, stupide gobelin ! », dit-il, bien plus cinglant qu'avant.
Gorulf souffla mais s'exécuta. Une simple apposition de la main suffit pour que l'immense porte du coffre s'ouvre brutalement. Harry retint une exclamation en découvrant les nombreux trésors présents à l'intérieur. Ils n'y arriveraient jamais ! Il y avait bien trop de coupes en or ! Alors même qu'il pensait cela, Hermione sortit sa baguette et stupéfixa le gobelin. Ce dernier tomba mollement au sol et la jeune fille se précipita sur l'un des Tintamars qu'elle enclencha, tenant le dragon éloigné.
« Allez-y, dit-elle à Draco et Harry. Cherchez-la. Je m'occupe de tenir le dragon éloigné. »
Draco, une expression bien plus neutre et douce sur le visage, hocha la tête. D'un signe, il indiqua à Harry de le suivre, ce qu'il fit avec une pointe d'angoisse tout en tenant la cape d'invisibilité repliée contre lui.
« Ne touche à rien, dit Draco devant lui. Seul le propriétaire légitime peut s'emparer d'un objet lui appartenant. Si tu le fais, tu seras brûlé et en plus, les objets vont se multiplier… »
Harry écarquilla les yeux, s'assurant par de multiples regards angoissés qu'il ne risquait pas d'entrer en contact avec l'un des objets. Posté près des nombreux trésors en or, Draco renifla. Il secoua un peu la tête en plaquant une main sur son nez.
« Il y a beaucoup d'objets maléfiques ici, dit-il en regardant Harry, l'air nauséeux. Mais je crois que je pourrais la trouver en me transformant. »
Harry grimaça.
« Je ne crois pas que j'ai envie de voir Bellatrix Lestrange nue, dit-il.
-C'est justement le problème, expliqua Draco. Si je me transforme, le polynectar va être annulé. »
Harry resta un instant immobile puis approuva.
« Nous avions prévu une fiole supplémentaire, non ? dit-il en le regardant. Vas-y. »
Draco souffla puis s'exécuta. Etrangement, Harry fut presque soulagé de voir Draco prendre sa forme de loup. Avoir une conversation civilisée avec Bellatrix Lestrange, la voir le regarder avec amour était réellement… perturbant. L'immense loup blanc le soulagea par son apparition. Délicat, l'animal ne touchait aucun objet. Il leva le museau en l'air et renifla à de nombreuses reprises, marchant dans les allées avec prudence. Jusqu'à s'arrêter devant un amas d'objets divers. Il renifla encore, leva la tête puis émit un son proche du grognement dégoûté. Enfin, sous l'œil presque gourmand de son compagnon, il reprit sa forme humaine, le loup laissant place à un jeune homme nu athlétique et tout autant magnifique.
« Elle est là, dit-il en se tournant vers Harry, surprenant son air contemplatif. Ce n'est guère le moment, Harry ! »
Le concerné rougit, gigotant. Qu'y pouvait-il ? Draco était vraiment magnifique, comparé à lui en tout cas. Il savait qu'il n'était pas repoussant, mais à côté de Draco, en tout cas, il manquait cruellement de beauté et le voir là, entouré d'or, lui parut être quelque chose de trop beau pour lui. Il se reprit rapidement pourtant.
« Tes… tes vêtements, dit-il en s'abaissant pour ramasser la robe de sorcier violette traînant au sol. Remets-les. Je vais chercher la seconde fiole. »
Il balança presque la robe et sortit rapidement du coffre, soupirant en regardant une Hermione imperturbable fixée sur le dragon.
« Alors ? demanda-t-elle.
-Trouvée, dit-il. Il me faut la seconde fiole. »
Profitant de sa main libre, Hermione la sortit de sa poche et lui tendit. Harry grimaça. Il détestait cette potion et elle avait une couleur immonde, maintenant qu'elle avait un cheveu de Lestrange dedans. Soupirant, il fit demi-tour, non sans avoir regardé Hermione tripoter la petite bille qu'elle portait au poignet, informant sûrement Ron de l'avancée des choses grâce à un code de couleur.
Revenant à l'intérieur, il constata que Draco n'avait pas bougé. Tout juste avait-il repassé la robe et il fut plus à l'aise en le voyant vêtu.
« Tout va bien ? demanda Draco en l'entendant arriver.
-Oui, personne ne vient et le dragon est très calme. »
Draco hocha la tête.
« Comment va-t-on la prendre ? demanda Harry en regardant la coupe. Si on ne peut pas la toucher ni la faire venir…
-Je sais, répondit Draco. Laisse-moi réfléchir une seconde. »
Le blond continuait de fixer la coupe et Harry leva les yeux vers elle. Elle était simple, jolie… Difficile de croire que cet objet contenait un morceau de l'âme de Voldemort. Soupirant, Harry regarda les autres objets. Des pièces, des livres, même des peaux de bêtes. L'une d'elle lui fit penser au pelage de Gabriel et il détourna les yeux avec horreur, serrant la cape de son père contre lui. Draco se retourna, l'air interrogateur mais Harry éluda la question d'un simple hochement de tête.
« J'ai peut-être une idée, lui dit Draco. Mais il me faut une canne à pêche et j'aurais besoin que tu me fasses léviter jusqu'à elle.
-Une… canne à pêche ? demanda Harry, surpris. Comment tu connais ça ? »
Draco haussa un sourcil.
« On pêche au village, lui répondit-il simplement. J'y suis allé, une fois. Mais je ne suis pas capable de rester silencieux sans bouger alors Greyback m'a enlevé de la liste de cette horrible corvée ! »
Harry eut presque envie de rire. Draco Malfoy en train de pêcher était tout bonnement… irréaliste.
« Je vais voir si Hermione a une idée.
-Ok », répondit Draco en continuant de se concentrer sur la coupe.
Toujours hilare, Harry se dépêcha de sortir. Il en profita pour poser la cape sur les épaules d'Hermione.
« Elle va me gêner, dit-il en fourrant la fiole de polynectar dans sa poche. Dis, tu connais un sort pour métamorphoser une canne à pêche…
-Une… canne à pêche ? demanda Hermione, stupéfaite.
-On ne peut pas toucher la coupe sans se brûler et sans qu'elle se démultiplie selon Draco. Donc, il a besoin d'une canne à pêche. Ne me demande pas.
-Non, je vois très bien ce qu'il a l'intention de faire, dit Hermione. C'est une excellente idée ! Tiens, occupe-toi du dragon, je reviens ! »
Sans s'attarder, Hermione se baissa pour ramasser le second Tintamar et rentra dans le coffre, sous l'œil agacé de Harry. Il avait parfois l'impression d'être attardé mental avec ces deux-là ! Jamais il ne s'était imaginé qu'Hermione et Draco seraient autant sur la même longueur d'onde. Il en était presque jaloux, à sa grande honte.
« Ce n'est pas Hermione que j'aime, avait simplement dit Draco, un soir avant, lorsqu'il avait réalisé le sentiment de jalousie de Harry après que ce dernier ait assisté à un long débat des deux nouveaux amis.
-Pourtant… tu as dit… enfin, tu sais ? »
Draco avait haussé un sourcil interrogateur.
« Non, je ne sais pas, dit-il. Qu'ai-je dit ? »
Harry avait rougi, mal à l'aise.
« Lorsque nous avons réalisé que nous étions liés, dit-il. Tu as dit que tu aurais préféré l'être avec elle. »
Draco avait simplement grimacé en réponse et avait passé un bras autour de ses épaules.
« Et bien, j'étais loin d'admettre mes sentiments pour toi, à ce moment-là, lui dit-il. Le fait est qu'Hermione est jolie et brillante. Et qu'elle connaît parfaitement ma race. A ce moment-là, j'aurais aimé que tu en saches autant qu'elle. Mais il n'empêche que je n'ai pour elle que de l'amitié. Et puis… ne suis-je pas censé être celui qui est jaloux et possessif ici ? Tu sais très bien que je n'appartiens qu'à toi dorénavant, alors cesse ta jalousie ridicule. »
Harry n'avait rien répondu d'autre, sans doute trop touché encore par la remarque de Draco, mais il ne pouvait s'empêcher d'être jaloux quand ils les voyaient si proches et si symbiotiques.
« Et bien, nous avons notre propre symbiose, pensa-t-il en faisant sonner le Tintamar, regardant le dragon avec une pointe de chagrin. Et comme il l'a dit, je n'ai aucune raison d'être jaloux. Il m'appartient ! »
Un peu honteux de ses pensées, il jeta un regard en arrière. Il ne voyait rien si ce n'est des colonnes d'or mais il devina qu'Hermione devait être en train d'aider Draco. Quelques minutes plus tard, il les vit revenir, Draco tenant à la main une canne à pêche. Il déroulait le fil au fur et à mesure qu'il avançait vers la sortie, Hermione le précédant avec un sourire ravi.
« Je suis certaine que cette monstrueuse femme n'y avait même pas pensé ! s'exclamait la jeune fille, amusée. Un objet aussi moldu ! Aussi inutile selon elle ! Ah, j'ai presque envie d'aller me moquer d'elle ! »
Draco souriait d'un air amusé alors qu'il sortait du coffre. Jetant un regard victorieux vers Harry, il se mit à rembobiner le fil de pêche. Il y eut un bruit monumental venant de l'intérieur du coffre, des sons de chutes, d'objets qui se percutent puis, presque brutalement, la coupe sortit du coffre, pendant lamentablement au bout de la canne de Draco.
« Quel joli poisson, n'est-ce pas ? » demanda le lycanthrope en souriant.
Harry se retint de rire. C'était une excellente idée et il ne doutait pas que Bellatrix n'y avait même jamais songé ! Victorieux, ils s'empressèrent de déposer la coupe dans le petit sac à dos qu'Hermione portait.
« Bois le polynectar Draco, lui dit Hermione. Nous allons… Oh, un message de Ron ! »
Elle releva son poignet, regardant la bille. Presque aussitôt, elle sortit sa baguette et tapota la bille, celle-ci changeant de couleur.
« Je lui ai dit la bonne nouvelle, dit-elle. Il nous félicite… »
Draco haussa un sourcil face à ses mots.
« Combien de temps avez-vous passé, exactement, à élaborer ce code de couleur, Weasley et toi ?
-Pas si longtemps », répondit Hermione évasivement.
Harry se retint difficilement de lui faire remarquer qu'ils y avaient pratiquement passé deux jours, essentiellement pour que Ron retiennent les codes.
« Bon, Draco, reprends le polynectar et on y va. Ah… il vaut mieux réveiller le gobelin. N'oublie pas l'excuse que nous avons élaborée… »
Draco hocha la tête en réponse et se tourna vers Harry. Ce dernier poussa un soupir agacé et lui tendit la fiole.
« Heureusement que ça ne dure qu'une heure, dit-il en regardant son amant avaler l'infecte mixture.
-Viens sous la cape, Harry », lui dit Hermione, impatiente.
Levant les yeux au ciel, il s'empressa de rejoindre sa meilleure amie, préférant de toute façon ne pas regarder Draco se métamorphoser peu à peu en son horrible tante. En deux temps, trois mouvements, ils étaient dissimulés alors qu'une Bellatrix Lestrange plus vraie que nature replaçait sa robe de sorcier en place. Quand Draco jugea qu'il était présentable, tout en s'occupant de faire résonner l'un des Tintamars, il sortit sa baguette, réanima le gobelin et cacha l'item magique dans sa poche afin qu'il ne soit pas trahi.
Gorulf se réveilla d'un sursaut, ouvrit les yeux et se redressa d'un mouvement brutal, inquiet. Il tourna la tête dans tous les sens et regarda finalement Bellatrix d'un air à la fois furieux et outré.
« Vous n'avez pas le droit, éructa-t-il, en rage. Vous n'aviez pas…
-Quoi ? Que dis-tu, Vermine ? cria Draco d'une voix si aiguë que Harry et Hermione furent tentés de se boucher les oreilles. Qu'oses-tu me reprocher, petite chose ? Que n'ai-je pas le droit de faire exactement ? »
L'expression du visage de la fausse Bellatrix arracha un frisson aux deux Gryffondor. C'était une expression démentielle, vacillant entre le mépris et la moquerie avec une lueur de mort dans le regard. Fasciné autant que terrifié, Harry regardait Draco jouer son rôle avec une perfection presque gênante.
« Que veut le cloporte ? poursuivait Draco en s'approchant vivement du gobelin, l'attrapant par le bras pour le bousculer vers le dragon. Veut-il que je cesse le bruit des Tintamars et que je regarde ce qu'il va se passer ? Le veut-il ? Ou va-t-il simplement se taire et me reconduire en surface gentiment ? »
Gorulf la regardait avec terreur et fureur mêlée. Mais la comédie parfaite de Draco associée à la réputation de Bellatrix suffirent à le convaincre. Serrant les dents, il détourna le regard avec frustration et tourna les talons pour se diriger vers le wagonnet resté un peu plus loin.
« C'est bien ce qu'il me semblait », se moqua Draco avec supériorité.
Ils marchèrent jusqu'au wagonnet en silence. Ce dernier était pourtant brisé par le son des Tintamars que Draco activait avec une motivation pouvant paraître étrange mais qui n'avait que pour but de dissimuler le son des pas des deux Gryffondor derrière lui. Quand vint le moment de monter dans leur moyen de transport, comme à l'aller, Draco feinta d'avoir quelques difficultés, permettant ainsi à Hermione et Harry d'y grimper rapidement. Quand ils furent installés, Draco s'assit à son tour et cessa le bruit des Tintamars.
« Et bien, cafard, qu'attends-tu ? »
Grommelant, Gorulf actionna le wagonnet avec amertume. Il ne cessa de décocher un grand nombre de regards assassins à un Draco royalement indifférent. La tête haute, il observait le spectacle des tunnels défilants devant ses yeux, ignorant l'air revêche de son guide. Très rapidement, ils revinrent à la surface et après une comédie de Draco, se retrouvèrent dans le hall.
« Vous devriez revoir votre personnel, persifla Draco au gobelin qui leur avait assigné le pauvre Gorulf. Manifestement, il y a du… nettoyage à faire ici également. »
Puis, sur ces mots menaçants, Draco sortit d'un pas royal. Un sortilège aux gardes à la sortie et ils se retrouvèrent dans la rue principale, hébétés d'être sortis avec tant de facilité. Ron, appuyé contre un mur, toujours déguisé en l'un des villageois, s'approcha d'eux d'un pas hésitant.
« Alors ? demanda-t-il.
-Alors quoi ? claironna presque Draco. T'ai-je demandé de m'adresser la parole ? »
Puis, sans plus faire attention à lui, il tourna les talons, prenant la direction du Chaudron Baveur. Sous la cape, Harry et Hermione échangèrent un regard amusé face à l'air agacé de leur ami sous polynectar. Ron commença pourtant à suivre la fausse Bellatrix quand, brutalement, cette dernière s'arrêta. Harry ne comprit pas tout de suite quel était le problème car la vue était bloquée par un passant qui s'était également arrêté, son visage tournant respectivement de Draco à quelque chose qu'il ne pouvait pas voir. Hermione et lui se décalèrent et toute l'horreur de la situation leur sauta aux yeux en quelques secondes.
Face à Draco, une Bellatrix à l'air étonné se tenait. Les deux femmes se fixaient avec le même air stupéfait, leurs yeux voyageant sur le visage de l'autre. Jusqu'à ce que la compréhension s'impose aux deux esprits. Draco n'hésita pas un instant et fit un pas sur le côté à l'instinct, ce qui empêcha le sortilège lancé par Bellatrix de le toucher. Quelques secondes plus tard et sa baguette était sortie également, les deux femmes se lançant des sorts. Une différence certaine les démarquait pourtant. Outre l'habillement et l'expression faciale – l'une était en rage, l'autre juste concentrée – il était clair que l'une des deux ne se souciait pas du tout des personnes l'entourant alors que la seconde tentait de ménager les badauds s'enfuyant à toutes jambes. Et plus important encore aux yeux de Harry, Draco se débrouillait toujours pour faire écran entre la vraie Bellatrix et Hermione et lui. Même si le lycanthrope ne les voyait pas, il bougeait toujours de façon à les protéger de son corps des sortilèges lancés par l'autre folle.
« On doit l'aider ! intervint Hermione en attrapant sa propre baguette.
-Non, s'exclama Harry. On doit surtout s'enfuir ! »
Sans hésiter, Harry enleva la cape et courut jusqu'à Draco, ignorant l'exclamation de surprise et puis le regard excité de la vraie Bellatrix.
« On doit se diriger vers le Chaudron Baveur d'une façon ou d'une autre, dit-il au lycanthrope. Une fois dans les rues moldues, on pourra plus facilement la semer.
-Elle ne se contiendra pas parce que nous serons dans des rues moldues, fit remarquer Draco. Au contraire !
-Alors transplanons ! s'exclama Hermione en lançant une série de sorts sur une Bellatrix pas inquiétée pour un sou.
-Séparons-nous, intervint Ron en se plaçant à leurs côtés. On transplane à plusieurs endroits puis on se retrouve où vous savez ! »
Etrangement, personne ne pensa à contrer cet ordre, au contraire. Presque sans attendre, Hermione disparut, suivie de Ron. Harry, lui, lança un dernier sort puis tenta de se concentrer sur un endroit. Mais il n'avait pas imaginé un seul lieu que Draco l'attrapait par le bras pour le plaquer contre lui.
« Accroche-toi ! » ordonna-t-il.
Puis, quand Draco le sentit serrer sa taille, il transplana brutalement. Harry n'eut pas le temps de comprendre ce qu'il se passait. Il sentit ses pieds se poser une dizaine de fois sur le sol avant qu'ils n'apparaissent à Bristol, dans une ruelle qu'Harry connaissait très bien pour l'avoir visitée deux jours plus tôt, lorsqu'ils étaient allés voir Remus en compagnie de Draco. Il resta un instant déstabilisé avant de se sentir entraîner jusqu'au fond de la ruelle. Puis, brutalement, la fausse Bellatrix laissa place à un loup énorme et aux poils blancs.
Quelques secondes plus tard, Draco réapparut, nu. Harry rougit et se retourna, fixant la rue animée d'où personne ne faisait attention à eux, heureusement.
« Habille-toi, vite ! dit Harry, inquiet à l'idée qu'on les voie.
-C'est fait », répliqua Draco.
Se retournant, Harry fut surpris de trouver Draco en jeans et chemise violette, métamorphose parfaite de la robe qu'il portait avant.
« Je n'ai pas le temps de changer la couleur de la chemise, dit le lycanthrope en lui attrapant la main. Viens, partons vite d'ici. Des mangemorts vont peut-être venir. Viens ! »
Sans attendre davantage, Draco traversa la ruelle presque en courant. Ils débouchèrent sur l'allée principale avec brusquerie et quelques passants leur lancèrent un regard sceptique. Draco ne portait pas de manteau alors qu'il faisait horriblement froid. Harry, quant à lui, n'était pas des mieux habillé et ils se tenaient par la main, ce qui augmentait la confusion.
Pourtant, ils firent abstraction des regards et se dirigèrent rapidement vers le seul endroit qu'ils connaissaient : Le Chat qui bout.
oOo
L'heure indiquée par Remus sous-entendait de venir en soirée et Harry n'aimait pas ça. Ses soirées étaient depuis quelques temps consacrées à Draco car il n'avait pas la possibilité d'en profiter à un autre moment de la journée depuis que Ron, Hermione et lui avaient été désignés membre honoraire du village. Non pas qu'il ne veuille pas voir Remus… Mais il craignait un peu la confrontation.
D'après Ron, l'ancien professeur était bouleversé que Harry soit lié à Draco. Non pas à cause de son passé de pseudo mangemort… Non, à cause de sa lycanthropie, cette maladie – selon lui – qu'il n'acceptait pas en lui. Bien entendu, Remus ne pouvait rien faire pour séparer les deux liés mais Harry ne voulait pas perdre un proche à cause de son lien.
« Techniquement, j'ai perdu Ginny de part ce lien… Je ne veux pas perdre Remus ! »
Non pas qu'il tienne encore à la rouquine ! Il avait, depuis leur confrontation, totalement abandonné tout sentiment d'amour pour elle. A la place, il avait réalisé combien il aimait Draco et appréciait chaque jour le lycanthrope un peu plus. Il découvrait qu'il aimait le regarder dormir, sans doute parce que Draco perdait cette assurance presque arrogante qu'il arborait en journée pour ressembler à un enfant innocent. Le blond se cramponnait à lui, comme s'il était un simple doudou en peluche qu'il craignait qu'on lui vole pendant la nuit.
Avec le temps, il apprécia aussi son sourire. Un sourire sincère et non plus entaché de supériorité, bien que ce dernier apparaisse encore de temps en temps. Pourtant, le petit air mesquin que Draco affichait lui plaisait tout autant. Et il y avait aussi son envie de tendresse constante, la façon incroyable qu'avait le lycanthrope de lui transmettre un sentiment de réconfort, de protection dont Harry ne se lassait pas, surtout alors qu'ils préparaient l'attaque de Gringotts.
L'angoisse de Harry était totale lorsqu'ils apparurent à Bristol, dans une ruelle, pour rejoindre Remus au Chat qui bout. Et pour ne pas aider, Draco était en mode protection forte depuis le matin. Il suintait une domination presque écrasante que Greyback avait expliquée par un simple : « Rendez-vous avec un loup-garou sauvage ! ».
Face à son air interrogateur, Hermione lui avait expliqué que les loups-garous isolés, dits sauvages, étaient synonymes de menace pour un alpha car il risquait soit de lui voler sa meute, soit de se montrer irrespectueux envers l'alpha en ne tenant pas sa place qui était, en toute logique, inférieure, de part sa solitude.
En tant qu'Alpha, Draco voyait en Remus une menace dangereuse. Et il l'était d'autant plus qu'il était un proche de Harry et pouvait insuffler le doute en son compagnon, alors que les choses allaient justement bien mieux entre eux ! Crispé à côté de lui, Draco avait enroulé un bras possessif autour de sa taille dès qu'ils étaient apparus dans la ruelle. Et durant tout le trajet jusqu'au café, il le maintint en place avec un air si mauvais que toute personne marchant dans la rue s'éloigna d'eux d'un air inquiet.
Quand finalement ils arrivèrent face au café, Draco enleva son bras pour lui ouvrir la porte, ce qui fit sourire un Harry presque amusé de l'inquiétude palpable de son lié. Le brun repéra Remus dès son entrée. L'homme était assis dans un coin isolé d'un petit café à moitié rempli. La salle était sombre, intimiste et il jugea le choix de l'endroit parfait. Alors qu'ils s'approchaient de la table, Remus se leva et leur désigna un petit escalier en bois donnant sur un petit balcon à l'étage. De là où ils étaient, Harry et Draco aperçurent des fauteuils. Ils suivirent l'ancien professeur jusque-là et, découvrant la petite passerelle déserte, investirent les canapés entourant la seule table.
L'obscurité, les meubles en bois sombre, les fauteuils à carreaux noirs et bruns, tout assombrissait l'espace mais rien ne valait le regard que posa Remus sur eux. Harry frissonna et il recula par automatisme dans les bras d'un Draco fusillant des yeux l'autre lycanthrope. Pendant une longue minute, aucun mot ne fut prononcé. Puis une serveuse grimpa jusqu'à eux et leur demanda ce qu'ils désiraient boire.
« Thé, répondit Remus. Vert.
-A la menthe, dit Draco avec distraction.
-Pareil », répliqua un Harry clairement inquiet.
Puis, de nouveau, ce fut le silence. Harry tournait la tête dans tous les sens. Vers Draco assis à côté de lui, l'air si mauvais qu'il en eut presque peur. Le bras de son compagnon enserrait sa taille avec rudesse, lui faisant presque mal. A Remus qui fixait Draco avec un regard méfiant, presque hésitant mais clairement provocateur. La serveuse revint, posa les différentes tasses puis partit avec célérité : elle n'était manifestement pas rassurée.
La situation continua ainsi pendant un long moment, si long qu'Harry se demanda s'ils comptaient parler avant la fermeture du café. Finalement, Draco gagna. Harry avait senti l'ambiance devenir de plus en plus froide et inquiétante, jusqu'à ce que Remus détourne les yeux. Alors, il sentit la satisfaction dans le lien. Draco se détendit largement et son bras fut plus tendre, sa main allant s'égarer sur le ventre d'Harry.
« Un alpha, donc, dit Remus en relevant les yeux après avoir pris sa tasse de thé dans ses mains. J'aurais dû m'en douter, venant de toi…
-Potentiel seulement, répondit Draco en imitant leur ancien professeur. Je ne serai alpha que lors de mon anniversaire futur…
-Oui, l'année obligatoire pour définir le loup comme un adulte. Si tu avais été mordu plus tôt, tu le serais déjà… Qui t'a mordu ? »
La tension avait refait son apparition. Remus n'avait pas demandé clairement, mais il soupçonnait fortement Greyback d'en être le responsable. Draco le détrompa aussitôt.
« Un enfant innocent, répondit-il après avoir bu un peu du liquide bouillant. Il était entré dans la maison sous sa forme lycanthrope et s'est blessé. Un bout de verre était enfoncé dans sa patte. J'ai voulu l'enlever. La douleur lui a fait perdre conscience de ses actes et par instinct protecteur, il m'a mordu. La transformation a été immédiate chez moi. »
Remus hocha la tête d'un air pensif et chagriné à la fois.
« J'imagine que ça n'a pas été facile…
-En vérité, si, dit Draco. Et bien, j'ai été renié par ma famille originelle mais j'ai été accueilli dans une autre. »
Remus fronça le nez en l'entendant.
« Le village, dit-il simplement.
-Tu le connais ? s'étonna Harry.
-Bien sûr, répliqua Remus. Greyback m'a souvent demandé de les rejoindre là… Mais je préférais mourir que d'y mettre un doigt de pied ! »
Harry grimaça en l'entendant. La froideur dans la voix de Remus était revenue et Draco s'était tendu à nouveau. Il y eut un autre silence très prolongé.
« Tu y es aussi, n'est-ce pas ? demanda Remus en regardant Harry, le bras de Draco se resserrant à nouveau avec rage.
-Oui, répondit Harry. Nous y sommes bien !, s'écria-t-il en constatant l'air contraint de Remus. Personne ne se doute que nous y sommes ! Ron, Hermione et moi avons notre propre maison en dehors du village, nous sommes intégrés et…
-Intégrés ? demanda Remus en plissant les yeux. Dans un village de monstres…
-Ils n'en sont pas ! s'exclama Harry, stupéfait. Aucun lycanthrope n'est monstrueux, Remus ! Je sais et je comprends qu'étant donné le passé commun que tu as avec Greyback, ton éducation ou que sais-je encore, tu n'apprécies pas ta condition et ne supportes pas Greyback, mais vous n'êtes pas des monstres. Qu'est-ce qui te permets de dire ça ? Parce qu'une fois par mois, tu te transformes en loup et que cette nuit-là, tu es dangereux ? Ce n'est qu'une nuit, Remus. Et les loups en meute sont moins dangereux que…
-Pour peu que l'alpha les guidant soit quelqu'un de bien, l'interrompit Remus. Ce qui ne me semble pas le cas avec Fenrir Greyback ! »
Harry resta un instant coi devant la rage de son ancien professeur. Manifestement, Remus n'était pas prêt de pardonner à l'alpha et Harry réalisa qu'il ne pourrait rien faire. La haine qui émanait de son regard était trop intense. Si solution il y avait, il n'était pas celui qui devait parler de ça avec Remus. C'était Greyback lui-même qui devrait le faire.
« Ecoute, je ne veux pas parler de ça, lui dit Harry. Je suis bien là. En sécurité.
-Avec un alpha qui a promis fidélité à Tu-Sais-Qui ? se moqua Remus.
-Avec un compagnon qui me protège de tout, rétorqua Harry. Qu'importe Greyback et son serment, Draco ne laissera rien de dangereux m'atteindre et je le sais !
-Tu fais confiance à quelqu'un qui a initié l'attaque de Poudlard ?
-Il n'avait pas le choix ! s'énerva presque Harry. Sa mère était en danger et son père en prison. Remus, aucun enfant ne résisterait à un chantage pareil ! J'en suis certain et je sais que tu peux le comprendre ! Le seul enfoiré qui a tué Dumbledore est Severus. Et je ne dis pas que Draco n'a pas eu tort en ne demandant pas d'aide mais personne ne peut réellement lui en vouloir d'avoir tenté de protéger sa famille ! »
Remus ne trouva manifestement rien à répliquer. L'air stupéfait, il regardait Harry d'un air légèrement ahuri.
« Alors… tu l'aimes ? » demanda Remus, la voix presque hachée.
Harry perçut alors plusieurs choses en même temps. La rougeur sur ses joues mais également le puissant sentiment d'amour émanant de la personne assise à côté de lui, la tendresse du bras autour de sa taille et la caresse si douce sur son ventre. Draco souriait sans doute à côté de lui mais il ne pouvait pas le voir car il n'osait subitement pas le regarder, trop gêné pour le faire.
« J'ai besoin d'une réponse, Harry », insista Remus.
Le concerné ouvrit la bouche puis la referma, consterné. Il se sentait brutalement bloqué et eut conscience du chagrin qu'il faisait ressentir à Draco et il tourna rapidement la tête vers lui, horrifié.
« Je ne veux pas te le dire parce que quelqu'un me le demande ! s'exclama-t-il. Pas comme ça ! »
Draco hocha simplement la tête en réponse et il fit un geste pour se lever mais Harry le retint fermement.
« Mais je t'aime vraiment, lui dit-il en le regardant dans les yeux. Je… je t'aime réellement… de tout mon cœur. »
Pendant un instant, il n'y eut pas le moindre son. Puis Draco se rassit brutalement à côté de Harry, ne le quittant pas des yeux alors que les mots entraient dans sa tête, l'immergeaient et le remplissaient. Il eut un sourire, un sourire rayonnant qui donna un frisson à Harry.
« Je ne te l'ai jamais dit… je voulais te le dire pour une occasion plus… spéciale.
-C'est une occasion spéciale, lui répondit Draco. Le simple fait que tu le dises rend l'occasion spéciale… Redis-le. »
Harry resta un instant silencieux puis ouvrit la bouche. Puis la referma. A la place, il se colla à lui et leva le visage jusqu'à son oreille où il chuchota :
« Je t'aime. »
Draco frissonna et l'enlaça en réponse, son visage allant automatiquement se réfugier contre sa gorge.
« Merci, murmura Draco. Tu n'imagines pas combien j'avais besoin d'entendre ça. »
Et pour cause, il en avait besoin. Pas seulement à cause du lien qu'il avait besoin de sentir sécurisé. Mais surtout à cause de la frayeur qui le saisissait parfois, à l'idée que Harry ne veuille plus de lui brutalement, comme sa mère. C'était une blessure trop fraîche encore, combinée à celle faite par Harry, peu de temps après l'établissement du lien.
« Désolé de ne pas l'avoir dit avant, lui répondit Harry. J'avais… j'avais besoin de…
-Je le sais, répondit Draco. A notre rythme, tu te souviens…
-Sauf que je le sais depuis si longtemps… J'en ai l'impression, en tout cas. Et ça a été égoïste de ma part de ne pas te le dire… Surtout… Surtout que je sais combien tu avais besoin de l'entendre. »
Draco ne répondit rien. Que dire à cela ?
« Je t'aime, lui chuchota-t-il, Harry frissonnant en l'entendant.
-Je sais », répondit le brun en souriant.
Ils restèrent dans cette position un long moment. C'était agréable. Si Draco était soulagé d'apprendre que son lié ne le repousserait plus, Harry, lui, se gorgeait de cette sensation de soulagement que ressentait le blond mais aussi de la pointe d'appartenance. C'était si rassurant de savoir que quoi qu'il arrive, Draco ne lui ferait jamais de mal. Il ne le pourrait jamais ! Il n'avait pas conscience que cet aspect l'effrayait autant avant d'apprendre que cela n'avait plus à l'angoisser. Il n'était jamais serein lorsqu'il était avec Ginny. Et probablement ne l'aurait-il pas été si Draco n'avait pas été un loup-garou. Mais c'était justement parce qu'il était un loup-garou qu'il l'aimait autant. Etait-ce lâche ? Cruel ? Stupide ? Il ne le pensait pas vraiment. C'était simplement une partie de Draco qui rendait leur relation possible et ils en étaient tous les deux conscients.
« Hum ».
Ils sursautèrent tous les deux et se tournèrent vers un Remus à l'air à la fois amusé et rassuré. Harry rougit alors que Draco le fusillait du regard.
« Je sais, Draco. Ça ne se fait pas d'interrompre un moment entre un loup et son lié et encore moins quand il s'agit d'un alpha mais nous n'avons pas énormément de temps. Enfin, maintenant, au moins, je sais que je peux être rassuré concernant votre relation. C'est ce qui m'inquiétait le plus…
-Le lien ne s'établit que par amour, dit Draco en le regardant. En tant que professeur et loup-garou, vous devriez le savoir mieux que personne…
-L'amour peut s'inventer, dit sérieusement Remus en regardant tour à tour Harry puis Draco. J'étais venu ici pour te demander comment, alors que tu haïssais Draco l'année dernière, tu pouvais à présent être lié à lui. Mais… je crois que j'ai eu ce que je voulais sans que tu ne racontes quoi que ce soit. »
Le visage toujours rouge, Harry hocha la tête, les yeux fixés sur sa tasse déjà refroidie.
« Je ne suis pas rassuré pour autant de te savoir auprès de Greyback. Mais bon… Au moins, Draco sera là. Ainsi que Ron et Hermione… Mais Harry, quoi qu'il arrive, ne lui fais pas confiance. Qu'importe qu'il se montre au village sous un aspect appréciateur, il n'en est pas moins le servant de Tu-Sais-Qui. Et pour être lié à l'un d'eux, tu devrais déjà savoir qu'un serment fait par un lycanthrope a force de loi pour notre espèce. Quoi qu'il arrive, ne l'oublie pas. »
Harry ne put qu' acquiescer de la tête en réponse.
oOo
Comme ce jour-là, ils entrèrent dans le café avec le corps tendu par l'angoisse. Ils montèrent sur le petit balcon sans regarder autour d'eux et s'installèrent dans un coin où ils pouvaient voir la porte.
« On attend ici, lui chuchota Draco en serrant Harry contre lui. On commande un verre et si dans dix minutes personne n'a franchi la porte en nous recherchant, on transplane au village. Ça te va ? »
Harry approuva, crispant sa main sur le genou de Draco. Comme ce jour-là, une serveuse vint leur demander ce qu'ils désiraient et ils commandèrent un thé à la menthe. Ils réglèrent la consommation immédiatement puis se concentrèrent sur la porte dans un long silence angoissé. Aucun des deux ne parlait, trop concentré. Parfois, Harry frissonnait et se serrait contre Draco, angoissé. Hermione et Ron allaient-ils bien ? Etaient-ils rentrés au village sans inquiétude ? Et si oui, avaient-ils été suivis ?
Les dix minutes passèrent dans une angoisse inquiétante jusqu'à ce qu'enfin, ils soupirent tous les deux de soulagement. Soit les mangemorts n'avaient pas trouvé le café, soit ils n'avaient pas été suivis jusqu'à Bristol.
« Va aux toilettes, lui chuchota Draco. Je te rejoins. On rentre. »
Harry hocha la tête et quitta le petit fauteuil rapidement. Il descendit au rez-de-chaussée et traversa la salle jusqu'aux toilettes, ignorant les regards vides des poivrots habituels ou les yeux gourmands d'une fille occupée à discuter avec son petit ami. Il poussa la porte des toilettes et alla rapidement jusqu'à une cabine qu'il ouvrit. Il attendit avant d'y entrer et soupira de soulagement lorsque Draco arriva, quelques minutes plus tard.
« Rien ? demanda-t-il.
-Juste une idiote qui a voulu m'aborder mais je l'ai envoyée promener », dit Draco en s'approchant de lui.
Il le poussa brutalement vers la cabine à la porte ouverte, Harry poussant un petit cri surpris lorsqu'ils se retrouvèrent seuls, enfermés dans le petit espace.
« J'ai toujours rêvé de te coincer quelque part, lui chuchota Draco en lui souriant d'un air presque pervers.
-Crétin, lui répondit Harry. On y va ? »
Draco se contenta de l'enlacer en réponse et Harry s'accrocha à lui en pensant au village. Aussitôt, dans un pop, ils disparurent des toilettes pour réapparaître aux portes du village. Derrière celles-ci, un Ron et une Hermione terrifiés attendaient. Quand ils les virent, ils accoururent vers eux rapidement.
« Est-ce que tout va bien ? demanda Hermione.
-Oui, très, répondit Harry. Tu as tout ?
-Tout, oui, répondit Hermione. Cape d'invisibilité également. Tu devrais faire plus attention à tes affaires, Harry. »
Le concerné grimaça en récupérant son bien.
« Et la coupe ? »
Hermione leva les yeux au ciel et enleva le sac à dos qu'elle ouvrit pour dévoiler la coupe de Poufsouffle. Harry la regarda un long moment et soupira ensuite de soulagement.
« Et ça nous fait trois de ces horreurs, dit Ron d'un air sombre. Il faut vraiment qu'on trouve un moyen de les détruire… »
Les autres répondirent par un simple hochement de tête. Ils se mirent à avancer le long de l'allée centrale menant à la maison du trio lorsque Greyback apparut brutalement à côté d'eux.
« Ah, Draco, tu es revenu de ton excursion mystérieuse, dit-il, moqueur. J'ai besoin de te parler. Tu viens. »
Ce n'était pas une demande. L'alpha tourna les talons et se dirigea sans attendre vers sa propre maison.
« Je vous rejoins plus tard, dit Draco en caressant vaguement la main de Harry de la sienne. A tout à l'heure. »
Sans attendre, il suivit Greyback jusqu'à la maison principale.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il.
-Le maître est dans un état… inénarrable, lui dit Greyback. Harry Potter est apparu sur le Chemin de Traverse et, manifestement, un objet a été volé dans le coffre-fort des Lestrange. Un objet auquel le maître semblait beaucoup tenir. »
Draco eut un simple mouvement de la tête, préférant pourtant garder le silence. Pendant un long moment, les deux lycanthropes se jaugèrent.
« Je ne sais pas ce qu'est cet objet ni ce que vous comptez en faire, Draco… Mais qu'une chose soit bien claire entre nous : si cette chose menace le village d'une quelconque façon…
-Ce n'est pas le cas, interrompit Draco. Nous allons le détruire. Bientôt. »
Greyback accueillit cette réponse avec un air soucieux.
« Bon, dit-il. Je suis obligé de te faire confiance sur ce coup-là, j'ai l'impression.
-En effet. »
Ils se regardèrent un long moment, jusqu'à ce que Greyback soupire.
« Tu n'es plus un enfant, lui dit-il. Si le rite de passage doit obligatoirement être passé dans quelques mois, j'ai pourtant l'impression que tu es déjà un alpha… »
Draco gigota sur place en l'entendant. C'était flatteur pour lui mais il savait aussi que d'un point de vue hiérarchique, c'était dangereux. Greyback pouvait le renvoyer du village à tout moment, juste pour cela.
« Tant que tu ne me défies pas, tu sais que je ne te chasserai pas, lui dit l'homme en comprenant ses pensées.
-Je n'en ai pas l'intention, en vérité, lui dit Draco.
-Parce que tu as Potter. Votre relation suffit à calmer l'alpha en toi. Tu es entièrement tourné vers ça. Mais un jour, peut-être, ça ne te suffira plus. Enfin, de toute façon, je ne crois pas que ça arrivera avant ta majorité, nous sommes donc encore tranquille jusque-là. Bref ! Je ne t'ai pas amené ici juste pour te parler de ça. J'ai une bonne nouvelle pour toi.
-Une bonne nouvelle ? demanda Draco.
-Je t'ai trouvé un travail dans le Londres moldu. Dans une pâtisserie. Comme c'est un travail payant, 50 % de ton salaire reviendra à la communauté. Mais les 50 % restants te seront donnés. Ça te va ? »
Draco eut un large sourire.
« Et mes sessions avec Joshua ? demanda-t-il quand même.
-Le week-end, répondit Greyback. Tu n'as plus grand-chose à apprendre, de toute façon. Quant à tes cours de combat, ils auront également lieu le week-end. »
Draco hocha la tête, satisfait. Travailler et être payé étaient une demande qu'il avait faite depuis sa première relation avec Harry. Il avait besoin de s'occuper et surtout, il voulait avoir de l'argent afin de pouvoir remplumer un peu son compagnon, que ce soit en vêtement ou physiquement. Non pas qu'il n'ait plus le moindre sous ! Ses parents lui avaient ouvert son propre compte chez Gringotts et il était régulièrement rempli depuis sa naissance. Mais se rendre à la banque sorcière n'était pas vraiment une bonne idée, qu'importe que ce compte lui appartienne. Connaissant sa mère, elle était capable de piéger l'entrée de son coffre pour qu'il y soit enfermé jusqu'à sa mort !
« Tu commences demain mais tu dois t'y rendre… Tu devais t'y rendre il y a une demi-heure ! Avec la réunion de Tu-Sais-Qui, je n'ai pas pu t'avertir. Vas-y vite et dis que le messager s'est égaré. Le patron est un bon ami, il te pardonnera ! »
Draco hocha la tête mais ne se dirigea pas vers la sortie, au grand étonnement de Greyback.
« Où tu vas gamin ?
-Enfiler de vrais vêtements, dit-il. Je ne sais pas combien de temps cette robe va tenir ainsi mais je préfère ne pas prendre de risque. »
Face à la justesse de ses mots, Greyback ne put que sourire.
oOo
Draco arriva comme à son habitude dans une ruelle sombre et isolée. A part des poubelles et des rats, personne ne pouvait le voir apparaître brutalement, vêtu d'un jeans seyant et d'une chemise blanche sur laquelle il avait passé une veste assortie à son pantalon bleu foncé. Il passa une main nerveuse dans ses cheveux, soupira et se dirigea vers la sortie de la ruelle.
Comme indiqué par Greyback, il était à seulement deux pas de la pâtisserie. Le Grelot d'Argent était tenu par un moldu dont le frère vivait au village et avait pour habitude d'engager un vendeur pour la période du mois de décembre. L'approche des fêtes rendait le travail long et fastidieux et le pauvre homme ne pouvait pas assurer à la fois la vente et la fabrication. Bien entendu, il occupait une grande partie de ses soirées à cuisiner et il avait à sa disposition deux pâtissiers et un vendeur mais la frénésie de Noël venait toujours tout compliquer. C'est pourquoi chaque année, il proposait à l'alpha de son frère de placer l'un de ses hommes à la vente.
Quand Draco poussa la porte du Grelot d'Argent, il entendit l'un de ses appareils tinter agréablement à son oreille et l'odeur délicieuse de gâteaux et autres mets sucrés envahirent ses narines. Il perçut plus facilement l'odeur des pâtes d'amandes mais également de bonbons aux agrumes qui lui firent penser à Harry. Il n'avait pas eu le temps d'aller prévenir son compagnon qu'il partait et il espérait que ce dernier ne lui en voudrait pas trop.
« Bienvenu, dit une voix féminine qui le sortit de ses pensées. Que puis-je vous servir ? »
La jeune femme derrière le comptoir était assez jolie. Ce fut la première chose que Draco pensa d'elle. Petite, les cheveux coupés au carré, de grands yeux marron, elle souriait avec sympathie et le joli petit uniforme (une robe courte avec un jupon bouffant, le tout au couleur de la boutique : blanc, rose et bleu) qu'elle portait mettait ses atouts en valeur. Si Draco n'avait pas été lié, nul doute qu'il l'aurait séduite. A la place, il s'inclina poliment et dit avec le plus de sympathie.
« Je suis envoyé par Fenrir Greyback. On m'a dit de m'adresser à un certain Mathias ? »
La jeune femme resta un instant saisie puis sembla comprendre.
« Oh, dit-elle. Vous êtes notre aide pour décembre ! Mais vous êtes en retard !
-Malheureusement, Greyback a été retenu entre le moment où on lui a dit que le poste était libre et que je devais me présenter et maintenant. Il vous présente ses excuses pour le retard. »
La jeune femme hocha de la tête.
« Et bien, je me prénomme Catherine. Je suis la petite sœur de Mathias. Venez, passez derrière le comptoir. »
Draco s'exécuta rapidement. Il longea le large présentoir, non sans jeter un œil aux mets succulents s'y trouvant. Puis, Catherine souleva une petite planchette de bois clair qui lui donna accès à l'arrière du comptoir. L'odeur des pâtisseries sembla en être renforcée.
« Mathias est dans la cuisine, dit-elle en désignant une porte blanche aux moulures roses et bleues. Il vous mettra au parfum et vous donnera votre uniforme. »
Draco hocha la tête et la remercia. Il se dirigea vers la porte, frappa, attendit quelques secondes puis entra. Il ne s'attendait pas à une telle frénésie de l'autre côté. Il y avait là deux hommes et une femme qui s'échinaient au travail avec une concentration intense. Draco les regarda courir d'un bout à l'autre, avec une logique présente mais qui lui échappa pendant quelques minutes avant que l'homme le plus âgé, barbu, les cheveux sombres et les yeux marron, ne se tourne vers lui d'un air sévère.
« Vous êtes ?
-Draco, répondit le susnommé. Je suis envoyé par Greyback.
-Et vous êtes en retard, dit-il d'une voix bourrue. Je suppose que ce foutu loup-garou en est responsable alors je ne vous en tiendrais pas rigueur. Quel âge ?
-Dix-sept ans, répondit automatiquement Draco.
-T'en es un aussi ? »
Manifestement, son jeune âge avait persuadé Mathias de le tutoyer. Draco se contenta d'hocher la tête, comprenant parfaitement la question.
« Alpha potentiel, lié récemment », dit-il.
Mathias haussa un sourcil en l'entendant.
« Si jeune ? dit-il. Bah, ça ne me regarde pas après tout. Tu as déjà travaillé ?
-Non, jamais », avoua Draco.
A ces mots, Mathias grimaça.
« Alors tu vas devoir suivre une petite formation. Il y a des uniformes dans le vestiaire là-bas. Trouves-en un à ta taille puis retourne près de Catherine. Elle te formera. Demain, tu devras être opérationnel alors sois attentif. »
Draco hocha de la tête en réponse. Quelque chose lui disait qu'il ne verrait pas Harry avant un petit moment…
oOo
La nuit était noire lorsqu'Harry se réveilla avec l'étrange sensation d'être dérangé par quelque chose. Il ouvrit les yeux, l'esprit engourdi, et tenta de regarder autour de lui mais il ne distinguait rien. La chambre était plongée dans les ténèbres et il était seul dans son lit. Habillé et seul. Cette constatation lui arracha un soupir déçu. Il avait oublié que Draco n'était pas rentré et n'était plus réapparu devant lui depuis leur retour de Gringotts. Et c'était justement ça qui l'avait réveillé. L'absence de son compagnon le dérangeait. Il s'était habitué à sentir ses bras possessifs autour de lui, son souffle contre sa peau nue. Et ça, bien entendu, ça ne lui plaisait pas du tout.
Gigotant dans son lit, Harry tenta de trouver une position confortable, mais soudainement, son lit deux personnes lui sembla horriblement large et il cessa de bouger, se pétrifiant. C'était ridicule. Il n'allait tout de même pas paniquer sous prétexte que son compagnon ne dormait pas avec lui, pour une fois ? Il avait passé des dizaines et des dizaines de nuits seul, autrefois et dormir avec Draco ne lui avait jamais effleuré l'esprit avant qu'il ne se saoule avec le concerné ! C'était ridicule !
De frustration, il se mit sur le côté, attrapa le second oreiller et s'enroula autour, comme il le faisait parfois avec Draco. C'était plus confortable ainsi. Bien qu'il manquait la paire de bras autour de son corps, les jambes entremêlées aux siennes…
« Mince, ça suffit ! Je peux très bien dormir sans lui, bon sang ! Tout ça est de la faute de Greyback, de toute façon. Il est venu le rappeler, soi-disant qu'ils devaient discuter de quelque chose… Ils pouvaient discuter en notre présence, non ? Et quel genre de discussion prend toute la journée ? »
Vraiment ridicule ! Agacé, Harry donna quelques coups à l'oreiller remplaçant. Il était froid. Draco n'était jamais froid, lui ! Un bruit au rez-de-chaussée attira son attention. Il était certain d'avoir entendu une porte claquer. Hors, tout le monde dormait.
« Quelqu'un serait rentré ici ? Quelqu'un se serait glissé dans notre maison ? »
Inquiet, Harry cessa de torturer le coussin innocent pour se redresser dans son lit. Qui que ce soit, il allait trouver à qui parler. Il était si en colère d'être ridicule qu'il se sentait prêt à tuer n'importe quoi ! Le seul problème était justement qu'il ne voyait rien. Les rideaux fermés et la présence de nuages persistants coupait toute luminosité nocturne. Un peu inquiet, Harry tâtonna à la recherche de sa baguette magique. Il soupira en mettant la main dessus, d'autant plus qu'il était certain d'avoir entendu le palier grincer. Au moment même où il ramenait son bras vers lui, la porte de sa chambre s'ouvrit lentement puis se referma. Le couloir étant aussi sombre que sa chambre, Harry ne vit personne rentrer mais il entendit la respiration rauque, sentit la fraîcheur d'un corps venant de l'extérieur mais aussi une odeur de menthe fort connue.
« Draco ? » appela-t-il.
Aucune réponse ne lui fut donnée mais brutalement, quelqu'un se laissa tomber auprès de lui. Des mains touchèrent son corps et au grognement agacé qu'il entendit, il reconnut son compagnon.
« Draco qu'est-ce que tu fais là ? »
Encore une fois, il n'eut aucune réponse. A la place, il sentit les mains se faire impatientes et afin de ne pas se retrouver avec d'autres vêtements déchirés, Harry obéit et aida le lycanthrope à le dévêtir. Du reste, il constata avec effarement que Draco était nu également. Le concerné avait-il commis la stupide imprudence de traverser le village complètement nu ?
« Draco où sont tes vêtem… »
Sa question fut coupée par son propre gémissement. Le blond venait de lui écarter ses cuisses nouvellement dévêtues pour se coucher sur lui, son visage s'enfouissant contre sa gorge qu'il lécha agréablement.
« Est-ce que tu… es somnambule d'une façon… ou d'une autre ? »
Les mots sortaient difficilement. Son compagnon était manifestement très envieux de toucher et il ne se gênait pas pour en donner et en réclamer d'un son sensuel proche du grognement. Incapable d'y résister, Harry laissa ses mains parcourir le dos encore frais de Draco. Il était trempé. Cela répondit donc à sa question : Oui, Draco avait traversé le village actuellement copieusement arrosé complètement nu. Et probablement l'avait-il fait en dormant ! Draco avait-il perçu sa contrariété à ne pas pouvoir dormir en sa compagnie ? Et y avait-il réagi en le rejoignant sans même prendre la peine de s'habiller ni de simplement se réveiller ?
Ses questions sans réponses s'éloignèrent lorsqu'un mouvement de hanches termina d'exciter définitivement Harry. Tremblant sous le lycanthrope, le brun haleta. Le corps de Draco, bien que frais à cause de la pluie et du vent extérieur, était chaud contre lui et tellement agréable. Il passa ses bras autour de lui et caressa son dos de bas en haut pour enfin descendre vers ses fesses. Dans l'obscurité, il perçut le membre canin qui avait fait irruption dans le bas du dos de son compagnon et le frôla. Il était certain que les oreilles de Draco n'étaient plus humaines et il perçut également les dents proéminentes du blond lorsqu'elles frôlèrent sa gorge, lui arrachant un petit couinement de surprise.
Lâchant un peu la peau de son compagnon, Harry tâtonna après sa baguette qu'il avait abandonnée dans le lit. Quand il l'eut trouvée, il marmonna un lumos qui éclaira la chambre d'une lumière tamisée. Bien que faible, la soudaine illumination fit grogner Draco. Harry leva alors son regard vers lui et écarquilla les yeux . Le blond était en effet trempé mais ce n'était pas ce qui l'avait surpris. Ses yeux étaient plus lupins qu'humains et ses pupilles totalement dilatées. Manifestement, ce n'était pas Draco qu'il avait dans ses bras mais le loup. Il resta un instant interdit, se demandant si la pleine lune était pour bientôt avant de réaliser que c'était impossible. Elle ne datait pas d'assez longtemps !
Contre lui, Draco grogna et replongea contre sa gorge, continuant les mouvements lents de son corps sur le sien. Harry poussa un petit gémissement en le sentant faire. Il savait qu'il aurait dû être gêné par le fait que la personne au-dessus de lui n'était pas humaine mais cela ne le dérangeait pas. Au-dessus de lui, le loup le regardait avec envie et Harry frissonna face à son regard. Passant une main dans ses cheveux puis sur ses oreilles, Harry se suréleva pour aller embrasser tendrement son compagnon. Presque aussitôt, un baiser aussi passionné que brûlant lui fut rendu et Harry trembla contre lui.
« Tu m'as manqué, chuchota-t-il ensuite contre ses lèvres. Où étais-tu ? »
Le loup pencha la tête sur le côté à sa question. Il ouvrit la bouche mais seul un grognement rauque s'en échappa et Harry frissonna en l'entendant.
« Ne disparais plus sans me prévenir, dit-il après s'être remis de son émotion. Je me suis inquiété. »
Le loup se contenta d'enfouir son visage dans sa gorge et passa un coup de langue réconfortant. Harry pencha la tête sur le côté et il sourit alors que ses mains caressaient de long en large son dos, apaisant doucement son compagnon.
« On dort ? demanda-t-il. Ou tu veux faire autre chose ? »
Il se mordit la lèvre presque aussitôt. Sa phrase était tout sauf innocente et il sentit le loup grogner d'envie contre lui.
« Pas sans que tu ne sois réellement réveillé, Draco, lui dit-il. J'ai besoin que tu m'exprimes oralement ce que tu désires… »
Il y eut un long moment de silence et d'immobilité pendant lequel Harry se demanda si le loup allait accéder à sa demande. Jusqu'à ce que brutalement, le corps contre lui trembla puis recula. Les yeux que Harry rencontra étaient humains et un peu endormis.
« Harry ? demanda Draco, étonné. Mais qu'est-ce que…
-Il semblerait que ton loup se soit décidé à agir, lui répondit le brun. Il t'a fait traverser le village nu, sous la pluie et en pleine nuit pour me rejoindre. »
Draco resta un instant coi face à ses paroles puis il leva les yeux au ciel.
« Cabot obstiné, dit-il en se recouchant contre Harry.
-Moi, je suis plutôt content, répondit simplement le brun, souriant. Tu me manquais… »
Draco trembla contre lui.
« Désolé, dit-il. Je suis rentré tard. Trop que pour venir te déranger.
-C'était ton absence qui me dérangeait, lui répondit Harry. Où étais-tu ?
-A Londres. Greyback m'a trouvé un travail payant pour le mois de décembre. C'est moi qui lui avais demandé… J'ai été faire ma formation, on va dire. Je commence demain. »
Harry resserra son étreinte autour de la taille du blond.
« Et tu vas toujours rentrer aussi tard ?
-Non, répondit Draco en souriant. C'était juste cette fois. J'avais besoin d'une sérieuse formation !
-Tu travailles dans quoi ? »
Draco grimaça tout en s'écartant suffisamment pour le voir. Il leva la main pour caresser son visage avec douceur, allant embrasser sa joue, son nez puis ses lèvres.
« Une pâtisserie, dit-il. En tant que vendeur. »
Harry écarquilla les yeux en l'entendant puis sourit.
« Oui, tu avais sûrement besoin d'une sacrée formation, alors, dit-il, moqueur. Surtout en amabilité !
-Hé ! se plaignit Draco. Je suis aimable quand je veux ! Non, en fait, ce qui m'a posé le plus de difficulté est de connaître tous les noms et prix des pâtisseries. Et leur emplacement dans le comptoir… Et l'argent moldu, aussi. »
Harry sourit en l'entendant.
« Je suppose que tu dois te lever tôt, alors, demain ?
-Oui, assez, lui répondit Draco. Pourquoi ? »
Harry rougit un peu, hésitant à avouer qu'il n'avait vraiment plus envie de dormir.
« Oh, et bien… euh… »
Le sourire légèrement pervers de Draco ne le trompa pas : le blond avait parfaitement compris pourquoi il avait posé cette question.
« Tu le sais, pourquoi ! s'énerva Harry, gêné.
-Oui, je sais, répondit Draco. Mais le dire ne te tuera pas. »
Harry rougit, mal à l'aise. Il hésita un petit instant puis dit d'une voix basse :
« J'ai… j'ai envie… que tu me touches. »
Draco eut un sourire en réponse.
« Comment ? demanda-t-il. Il faut être précis, Harry. Techniquement, je te touche déjà. »
Le brun écarquilla les yeux, sembla ensuite en colère puis se résigna. Quand Draco avait une idée en tête, il ne pouvait rien y faire.
« Je… j'aimerais que tu me caresses. Partout. »
Aussitôt, Draco s'exécuta, mais encore une fois, pas de la façon dont Harry le désirait. Il se redressa sur le matelas, s'agenouillant entre les cuisses écartées d'Harry. Ses mains se mirent à passer sur sa peau avec douceur sans toutefois se faire sensuelles.
« Ainsi ? demanda Draco.
-Non, répondit Harry. Plus… avec plus de… enfin…
-Sensualité ? demanda Draco en s'appliquant.
-Oui, répondit Harry, alangui sur le lit.
-Quoi d'autre ? » demanda Draco.
La question laissa Harry un petit instant pantelant. Une idée saugrenue venait de lui traverser l'esprit et il rougit en la réalisant. Son excitation s'accrut brutalement et il fut tenté de replier les jambes pour cacher son érection soudainement proéminente.
« Ah, dit Draco, intéressé. Qu'est-ce qui vient de te faire tant envie, Harry ? »
Le brun rougit et secoua la tête de gauche à droite en l'entendant.
« Rien, dit-il. Rien du tout…
-Menteur, lui répondit Draco. Dis-le-moi Harry… et je le ferai. »
A ces mots, la respiration d'Harry se bloqua dans sa gorge. Draco le ferait-il réellement ? Cette idée lui arracha une plainte envieuse. C'était quelque chose qui lui trottait dans la tête depuis si longtemps… Depuis le lendemain de la pleine lune, en fait, mais il avait été si gêné à l'idée d'être touché ainsi par Draco… Mais l'exploration régulière à laquelle ils s'adonnaient depuis quelques jours avait rendu cette possibilité de plus en plus attrayante et excitante. Si bien que, rougissant, Harry murmura :
« J'aimerais… j'aimerais que tu me suces. »
Draco haussa un sourcil et Harry comprit qu'il allait l'obliger à être plus précis. Il prit une inspiration, ferma les yeux un instant puis le regarda à nouveau pour dire :
« Que tu suces… enfin…
-Oui ? encouragea Draco. Dis-le, Harry… »
Le brun frissonna. Comment faisait donc le lycanthrope pour donner à son prénom une connotation si perverse ?
« Ma… ma bite », dit-il, d'une petite voix.
Le sourire de Draco fut immense et Harry plaqua ses mains sur son visage, mortifié de l'avoir dit. Ses mains furent pourtant écartées et une bouche vint ravir la sienne avec amour.
« Tout ce que tu veux, Harry, lui dit Draco en le regardant dans les yeux, une lueur d'excitation bien présente dans ses prunelles. Mais… tu sais… que j'aimerais aussi que tu me le fasses, n'est-ce pas ? »
Harry rougit et baissa les yeux. L'érection de Draco frottait contre son ventre et l'excitait en même temps. Il se mordit la lèvre et, le feu aux joues, hocha la tête.
« D'accord, dit-il en levant les yeux vers le blond. Mais… Toi d'abord. »
Draco sourit et secoua négativement la tête.
« Non, Harry, dit-il. En même temps. »
Soudainement, Draco s'écarta et le tira afin qu'Harry soit au centre du lit, sans oreiller pour surélever sa tête. Le brun était encore en mode pause face à la phrase de Draco. Il ne se reprit que lorsqu'il eut conscience de ce que Draco était en train de faire. Le blond l'avait renversé légèrement sur le côté et s'était couché dans une position similaire. L'une de ses jambes était face au visage d'Harry alors que l'autre passait au-dessus de lui. Le blond était occupé à lui lécher le ventre tendrement, une main caressant sa peau alors que l'autre s'était aventurée sur ses fesses. Harry gémit en le sentant faire et ferma un instant les yeux, jusqu'à ce que Draco le rappelle à l'ordre.
« Je veux que ce soit réciproque, Harry », lui dit-il.
Rouge pivoine, le brun releva les yeux. L'érection de Draco était tout près de son visage et il la regarda un instant avant de s'en rapprocher. C'était à la fois si excitant et terrifiant que Harry ne savait pas vraiment où il se situait mais il eut soudain l'envie d'essayer. De voir si cela plairait à Draco. Ne serait-ce qu'un petit coup de langue…
Timidement, il rapprocha son visage, sortit sa langue et la fit passer tout le long de la verge de Draco. Ce dernier poussa aussitôt un son langoureux et plaintif et, presque aussitôt, eut un mouvement similaire sur le sexe tendu d'Harry. Un gémissement échappa à ce dernier qui comprit enfin ce que Draco voulait dire par « réciproque ». Donnant un autre coup de langue, Harry en reçut un presque aussitôt. Alors, sans plus aucune retenue, il se mit à lécher le sexe face à son visage, gémissant face à la simultanéité des gestes réalisés par son amant.
Rapidement, les coups de langue ne lui suffirent plus mais il savait qu'il n'obtiendrait ce qu'il voulait que s'il le faisait. Alors, le cœur battant la chamade, il approcha sa bouche de la pointe du sexe de Draco. D'abord hésitant, il finit par prendre la verge en main afin de s'aider puis, très lentement, il ouvrit la bouche pour y glisser le gland rougi. Contre lui, Draco émit un son proche du cri et il s'empressa de lui faire subir la même chose. La sensation empêcha un instant Harry de bouger puis il se rappela de ce qu'il voulait et se mit alors à lécher la peau qu'il pouvait atteindre.
Rapidement, il perdit toute inhibition. Ce que lui faisait Draco et la concentration qu'il devait garder l'empêchèrent d'être gêné et ce fut sans réellement s'en rendre compte qu'il se mit à sucer l'érection devant son visage, l'avalant de plus en plus. Draco avait cessé de l'imiter, manifestement incapable de garder la symétrie des gestes. Bien qu'il continuât de respecter l'avancée d'Harry, sa langue et sa bouche bougeaient de façon différente mais réellement délicieuse. Sans s'en rendre compte, Harry se mit à reproduire ses gestes, le suçant au même rythme, ses mains caressant son pubis et ses testicules. Ils gémissaient discrètement, la bouche trop occupée pour émettre des sons audibles. Heureusement car ils avaient oublié d'insonoriser la chambre.
Sans se contrôler, Harry se mit à bouger des hanches contre le visage de Draco. Ce dernier ne se gênait pas non plus, bien qu'il bougeât avec lenteur et douceur. Perdu dans son plaisir, Harry mit un peu de temps avant de se rendre compte qu'un doigt s'était immiscé dans son intimité et allait et venait en douceur. Il poussa un son guttural, non pas de dégoût mais d'excitation. C'était grisant. Excitant. Tant d'avoir le sexe de Draco en bouche, de se faire sucer ou de sentir ce doigt qui bougeait en lui. Bientôt, il sentit un second doigt le pénétrer et il poussa un petit son de plaisir à son entrée. La réciproque n'était plus de mise, apparemment. Car Harry savait pertinemment qu'il se retrouverait avec un alpha fou furieux s'il osait ne serait-ce que pointer son index contre son intimité. Mais il ne s'en plaignait pas, savourant au contraire la sensation qui, si elle était dérangeante au début, devint rapidement grisante et agréable. Le sexe de Draco dans sa bouche était gros et envahissant mais Harry ne s'en plaignait pas. C'était bon aussi. Si bon de le sentir bouger dans sa bouche et trembler contre lui, à cause de lui…
Par ailleurs, il n'était pas dans un meilleur état. Il gémissait son plaisir, bougeant des hanches un peu plus fort. Contre lui, Draco s'appliquait à le distraire avec sa bouche, afin que ses doigts ne le dérangent pas outre mesure. Jamais le lycanthrope n'aurait pensé en venir à ces activités avec Harry, le matin même. Le Gryffondor ne lui avait pas paru prêt pour ce genre d'exploration, mais c'était le brun lui-même qui avait réclamé une fellation et initié le mouvement, à la grande satisfaction de Draco. Et plus agréable encore, Harry n'avait pas protesté face à l'invasion de ses doigts en lui. Et c'était ce point-là qui l'intéressait plus que tout ! Quoi que… si Harry prenait toujours tant de plaisir à le sucer, il n'aurait rien contre une expérience quotidienne.
L'idée d'avoir Harry à genoux à ses pieds, occupé à le sucer pour le satisfaire le fit grogner d'appréciation et il enfonça ses doigts avec un peu plus de rudesse. Au petit cri que poussa Harry, il comprit qu'il venait de trouver le point essentiel. Avec sadisme, il entreprit de le torturer copieusement. Draco sut exactement quand Harry allait jouir. Il enfonça un peu plus le sexe de son amant dans sa bouche et avala sans se plaindre le sperme qui l'envahit. Il avait un goût d'agrumes qui l'enchanta et l'empêcha d'être dégoûté. Contre lui, Harry haletait, frissonnant. Il avait relâché le sexe de Draco ce qui arracha une petite moue au lycanthrope. Tout doucement, le blond se redressa dans le lit tout en passant une main sur le corps frémissant et relâché. Assis à côté du visage d'Harry, il passa une main câline dans ses cheveux.
« Harry, dit-il d'une voix impatiente. Ne m'oublie pas, d'accord ? »
Le brun ouvrit deux yeux encore brillants de l'orgasme qu'il venait de vivre. Il regarda le visage de Draco, sourit face à ses oreilles lycanthropes puis se redressa. Il s'assit d'abord, allant l'embrasser puis le poussa pour que Draco s'installe contre les oreillers. Enfin, il regarda l'érection tendue et se pencha sur elle. La position et la soumission de Harry, sa bouche rougie appliquée sur son sexe et les petits gémissements de plaisir qu'il poussait en le suçant amenèrent Draco à la jouissance bien plus vite qu'il ne le pensait. Il ne s'attendait pas pour autant à ce que Harry avale mais sourit en constatant que le Gryffondor le faisait, non sans grimacer. Haletant, Draco caressa les cheveux d'Harry dans un mouvement purement reconnaissant.
« Tu es doué, dit-il, faisant rougir aussitôt son amant. Quand tu veux… »
Harry dissimula son regard embarrassé dans le ventre de Draco, ses bras enlaçant sa taille pour mieux se cacher. Riant, le blond continua son mouvement tendre dans les cheveux démesurément ébouriffés.
« Est-ce que ce que je t'ai fait t'a plu ? » demanda Draco.
Il pouvait sentir l'embarras d'Harry mais il avait besoin de savoir. Oh, il ne s'inquiétait pas de savoir si la fellation lui avait plu : il le savait. Non, c'était surtout son initiative anale qui l'inquiétait.
« Harry ? » demanda-t-il.
Avec lenteur, le jeune homme releva la tête, son menton posé sur le ventre de Draco. Ses joues étaient d'un beau rouge incandescent et Draco passa un index taquin dessus. Avec défi, Harry attrapa le doigt moqueur dans sa bouche et se mit à le sucer avec lenteur, Draco déglutissant face au mouvement évocateur.
« Oui, répondit finalement Harry après l'avoir relâché. J'ai tout aimé. »
Et Draco eut un large sourire satisfait.
A suivre…
