Titre : Alpha Potentiel

Résumé : Pour avoir lâchement désobéi à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM

Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)

Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !

Note de l'auteur : Hello tout le monde ! Tout en m'acharnant sur mes RAR (j'ignore si c'est une bonne idée de publier alors que je n'ai pas fini et que je suis crevée, mais promis, je finirai… j'espère ! loll), je me permets de poster ce chapitre plus tôt.

J'ai aujourd'hui plusieurs choses importantes à dire ! En premier lieu :

Bon anniversaire TAMAKI (ma correctrice, je vous rappelle, pour les distraits). Avec un jour de retard, mais c'est l'intention qui compte !

En second lieu : Pour ceux que ça intéresse, qui viennent ou non à la Japan Expo, je vous rappelle qu'il y a toujours mon recueil spécial Cœur de Cristal en vente et que vous pouvez réserver sur l'adresse email présente dans ma biographie ! Si vous venez à la japan le dimanche, vous aurez droit à une signature dans le recueil et un grand sourire. Si vous ne venez pas et que vous commander avant la Japan, vous aurez droit à une signature dans le recueil et une expédition ! loll Coup de pub terminé !

Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Euh… New York unité spécial et section criminelle, ça compte ? Suivi de Mentaliste et Fringe ? loll

Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois, toujours en début de mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !

Nombre de chapitre : Chapitre 22 en cours. Qui ça intéresse d'avoir juste les titres des chapitres à venir ?

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Chapitre 16 : Destructions et fièvre

Comme chaque matin depuis une semaine, Harry se réveilla, l'esprit un peu égaré. Il avait rêvé de Draco, habillé de blanc, de bleu et de rose. L'uniforme de la pâtisserie lui allait bien. Le blanc prédominait, le rose et le bleu n'étaient que sur le col et au bout des manches, de la blouse à confection chinoise… et le long du pantalon.

Trop gêné pour l'avouer, Harry n'avait jamais dit à Draco que, chaque matin après qu'il soit parti, il se forçait à se rendormir juste pour espionner son lycanthrope au travail. Les raisons étaient loin d'être glorieuses, il fallait l'avouer. Greyback avait plaisanté sur le fait que le Grelot d'Argent avait plus de clientes depuis que Draco avait été engagé et la jalousie d'Harry avait simplement fait le reste. Il savait pourtant que son amant ne ferait rien, mais voilà… il était possessif. Ça le dévorait presque de ne pas pouvoir être là et éloigner ces pestes de collégiennes qui venaient chaque matin pour lui parler ou toutes ces bonnes femmes trop vieilles que pour sortir réellement avec Draco mais qui débarquaient quand même pour baver devant le corps svelte et musclé de son compagnon !

A sa grande honte, Hermione avait découvert le petit jeu auquel s'adonnait Harry, soit dormir aussi longtemps que possible pour espionner Draco et elle l'obligeait à se réveiller vers neuf heures, c'est-à-dire lorsque les vieilles rombières venaient draguer son compagnon. Enfin, au moins, il pouvait espionner les collégiennes.

« Tu devrais avoir honte ! lui disait Hermione au petit déjeuner. Draco est sans doute celui qui devrait t'espionner car tu es celui qui peut le tromper librement et non l'inverse. C'est inadmissible, Harry !

-Je sais ! dit le concerné en tartinant copieusement de confiture une des crêpes que Draco avait préparées avant de partir. Je sais que c'est ridicule, je n'y peux rien, ok ? Il est à moi ! »

La bouche ouverte pour mordre dans une viennoiserie apportée la veille par Draco, Ron le fixait avec des yeux exorbités.

« Mec… depuis quand tu es si possessif ? demanda-t-il, stupéfait. Enfin, je veux dire… tous les gars de la tour Gryffondor bavait sur Ginny quand vous sortiez ensemble et tu t'en foutais complètement ! Et là, tu ne supportes même pas qu'une fille regarde Malfoy d'un peu trop prêt ? Tu devrais peut-être consulter quelqu'un…

-Arrêtez, je ne suis pas cinglé ! s'énerva Harry. Merde, chacun ses névroses, ok ? C'est juste que je n'aime pas que toutes ces greluches bavent sur lui alors que moi, je suis ici !

-En gros, tu veux pouvoir baver sur lui toi aussi ? demanda Ron d'un air dégoûté.

-Merde, répondit Harry en attrapant son assiette pour aller manger tout seul. A tous les deux ! »

Et sur ces mots rageurs, il alla s'isoler dans le salon, devant la cheminée.

« Je suis sûr que Malfoy serait ravi de te voir aussi dépendant de lui », lui cria pourtant Ron.

Harry rougit tout en se laissant tomber dans son fauteuil. Il savait lui aussi qu'il était ridicule. Mais Ron n'avait pas tort, il en était dépendant. Dépendant de ce sentiment de sécurité que Draco lui transmettait continuellement, dépendant de sa façon de le toucher, de l'embrasser…

Depuis que Draco avait commencé à travailler, chaque soir se voyait accompagné de sexe. Ils n'étaient toujours pas allés au bout mais Harry recevait toujours deux, voire trois doigts en lui, pour l'habituer. Et à sa grande honte, le brun s'était mis à les attendre ses doigts, à les demander désespérément… Il attendait le soir avec une impatience qu'il ne pouvait pas nier. Dès que la porte de leur chambre était close, que le sortilège était lancé, Harry avait l'impression de se métamorphoser en une sorte de chienne suppliante et Draco ne s'en plaignait pas, répondant à ses désirs sans la moindre gêne.

Le plus embarrassant pour Harry avait sans doute été la délectation avec laquelle il se mettait à sucer Draco lorsque ce dernier le lui demandait. Hermione n'avait pas tort lorsqu'elle disait que les hommes ne pensaient qu'à ça. Harry était branché sur ce domaine toute la journée pour finalement exploser le soir même, devenant quelqu'un d'autre, quelqu'un qui lui faisait honte mais dont il ne pouvait pas se passer.

« Tu ne le diras à personne, hein ?, avait-il demandé à Draco, mortifié.

-Comme si j'allais raconter à qui que ce soit combien tu es incroyable dans un lit, lui avait chuchoté Draco en le serrant contre lui, après un orgasme dévastateur. Ce qui se passe dans notre lit ne regarde que nous, Harry. Et tu n'as vraiment pas à être gêné de ton comportement. Je l'adore ! »

Bien sûr qu'il l'adorait ! Harry était entièrement soumis à ses désirs. A présent, il n'avait plus peur que Draco le prenne. Non, il était terrifié ! Plus par l'acte. Mais par la possibilité d'aimer tellement ça qu'il deviendrait une sorte de nymphomane. C'était ce qu'il était, selon lui, à bien des égards. Et il en était mortifié !

Un bruit à la porte le fit sursauter et Harry s'empressa de terminer sa crêpe. Il savait que Chyreer venait le chercher pour le travail, comme chaque matin. Quand Hermione ouvrit la porte, il ne fut pas surpris de voir le second de Greyback entrer. Chyreer était un homme grand. Il était tout en longueur et en finesse. Parfois, Harry se demandait s'il était capable de se glisser entre un mur et une affiche collée dessus ? Il lui faisait penser à un trombone qu'on aurait déroulé… Mais il ne se risquerait jamais à le lui dire.

« Je mets mes chaussures et je suis prêt », dit-il en allant reposer son assiette dans l'évier.

Chyreer n'était pas très causant mais il était une compagnie agréable. Tout entier dévoué au village, aux ordres de Greyback, il veillait jalousement sur chaque aspect de la vie en communauté. La veille, Harry l'avait accompagné, ainsi que plusieurs loups, dans la forêt afin d'aller solidifier un barrage un peu plus en hauteur. Avec les fortes pluies, la rivière pouvait très bien déborder et inonder le village, ce qui était déjà arrivé par le passé, apparemment.

« Mets plutôt des bottes, lui dit justement Chyreer. On va continuer le travail au barrage… »

Harry releva la tête qu'il hocha ensuite, se dirigeant vers les bottes prêtées par un des membres du village. Il les enfila rapidement ainsi que l'imperméable qui allait avec. Puis il lança un sort à ses lunettes, les rendant ainsi imperméables à la pluie et se tourna vers Ron et Hermione, l'air un peu penaud.

« Bon… A tout à l'heure. Et désolé pour… vous savez.

-Ne t'inquiète pas, lui dit simplement Hermione. A tout à l'heure ! »

Sans attendre, Harry sortit de la maison en compagnie de Chyreer. Comme d'habitude depuis quelques jours, il pleuvait à verse. Harry s'empressa de rabattre la capuche sur sa tête pour se protéger du mauvais temps. Il tourna la tête sur le côté et salua les cinq loups-garous qui étaient présents. Puis, sans plus traîner, ils quittèrent le village, s'enfonçant dans les bois.

oOo

Draco mentirait s'il niait aimer travailler dans la pâtisserie. Etre aimable avec les clients n'était pas toujours évident, surtout qu'il était toujours sollicité. Mais il aimait ça et pour plusieurs raisons. D'abord, il gagnait de l'argent et il en avait besoin pour plusieurs achats importants. Ensuite, cela déclenchait chez Harry une jalousie qu'il savourait avec délectation. Il le sentait, sans arrêt, comme un esprit vengeur l'entourant et menaçant les prétendantes. Et il souriait, d'autant plus satisfait que son expression joviale les encourageait alors qu'en vérité, il était aussi heureux uniquement à cause des sentiments qu'émettait son compagnon furibond.

Vers neuf heures, pourtant, l'humeur de son compagnon se transformait. Harry devait se réveiller vers cette heure-là. Draco devinait qu'il déjeunait pour ensuite rejoindre Chyreer car la jalousie, l'envie, laissaient place à la concentration et l'application. Alors, seulement, Draco était réellement présent dans la pâtisserie, s'appliquant à être commercial, conseillant les clients, souriant même quand il en avait assez.

Deux ou trois jours après qu'il ait commencé à travailler, Mathias lui avait fait part du succès flagrant qu'il rencontrait et Draco en était assez fier. Jamais le Grelot d'Argent n'avait aussi bien vendu.

« Tu attires les filles comme un aimant, avait dit Mathias, amusé. Je vais remercier ce vieux loup de t'avoir envoyé ! »

Draco avait haussé les épaules. Il se savait beau, il n'allait certainement pas nier ou rougir. A la place, il continua de se montrer serviable et souriant. Tant que le salaire suivait, le reste n'avait pas d'importance !

L'argent était pour Draco un point essentiel. Il en avait besoin pour plusieurs choses, respectables ou non. L'une d'elles était des vêtements, pour lui et pour Harry. La seconde était nettement moins avouable et il attendait la fin de la semaine avec impatience pour aller s'en acheter. Draco n'était pas prêt d'avouer qu'il désirait acheter du lubrifiant pour Harry et lui. D'abord parce qu'il ne voulait pas que leurs proches – et en particulier un certain Gabriel qui se foutait de lui quotidiennement – sachent où ils en étaient dans leur couple. Harry était déjà bien assez honteux de son comportement soumis sans qu'il n'en rajoute en plus. Ensuite parce qu'il était assez mal à l'aise à l'idée d'aller acheter ce genre de produit.

Si Draco affichait une sorte de confiance royale en ce qui concernait ses relations avec Harry, il n'en restait pas moins assez nerveux. Il se demandait encore comment ils avaient pu coucher ensemble si facilement, lorsqu'ils étaient saouls. Maintenant qu'il avait osé tâter un peu l'anus de Harry de ses doigts, il avait conscience que l'acte n'allait pas être évident. Et pour s'être – discrètement – renseigné auprès d'une Hermione rougissante, il savait que le lubrifiant aiderait considérablement.

C'est la raison pour laquelle il était si heureux d'être fin de semaine et trépignait d'impatience à l'idée d'avoir son salaire. Il savait que 50 % revenait au village et était prélevé directement par Mathias, afin que Draco ne le dépense pas par distraction. Mais peu lui importait. Du lubrifiant ne devait pas être si cher.

Durant toute la semaine, il avait mis à profit ses pauses dîners pour partir en vadrouille dans les rues de Londres, à la recherche de ce que son amie Gryffondor avait appelé un « Sex Shop ». Il l'avait trouvé deux jours avant et n'avait pas osé entrer au premier abord. C'était si embarrassant. La vitrine du magasin ne l'avait vraiment pas mis à l'aise, encore moins les regards louches des hommes y entrant ou les expressions concupiscentes et vulgaires de certaines femmes. Mais que ne ferait-il pas pour Harry ?

Soupirant dramatiquement, Draco profita de l'absence de cliente pour se relâcher un peu, nettoyant le comptoir avec application et rangeant les pâtisseries un peu mieux. Il sourit en pensant qu'il aurait peut-être encore la chance d'en ramener au village et tout particulièrement chez un Harry appréciant manifestement l'arrivée des petits gâteaux. Déjà, le blond avait constaté que l'exercice apporté par son travail au sein du village et la nourriture plus conséquente l'avaient considérablement remplumé, à sa grande satisfaction.

« Draco, tu peux venir nous aider, s'il te plaît ?

-Tout de suite ! »

Sur un petit signe de Catherine, il retourna dans la cuisine avec empressement. Mathias était occupé à ranger un énorme gâteau de mariage dans un carton, ce qui présentait manifestement quelques difficultés techniques.

« Prends le carton et ouvre-le, le plus possible. »

Obéissant, Draco tira sur chaque bout afin de permettre au gâteau d'entrer dans son réceptacle. En quelques minutes à peine, la pâtisserie était emballée correctement et transportée jusqu'à la camionnette, garée dans la rue.

« Bon, lui dit Mathias en regardant la livraison partir. Viens. »

Draco le suivit à nouveau jusqu'à l'arrière-boutique.

« Voilà ta paye de la semaine, lui dit Mathias en lui tendant une enveloppe blanche. Le reste est déjà parti pour le village. Tu as fais du bon boulot. Reviens lundi, d'accord ? »

Draco hocha la tête avec satisfaction. Normalement, il aurait dû travailler le samedi et le dimanche matin, mais étant donné son instruction toujours en cours, Greyback avait demandé à un autre membre de la meute de prendre la relève le week-end.

Satisfait d'avoir son enveloppe et conscient de la bonne conduite à tenir, il la mit dans la poche intérieure de sa veste de travail et se dirigea vers les vestiaires, ce qui se résumait à un petit placard rendu plus étroit encore par la présence gênante d'une petite armoire métallique dans laquelle étaient rangées les affaires des employés. Refermant précieusement la porte derrière lui, Draco s'empressa de rouvrir sa veste pour compter l'argent moldu à l'intérieur. Un sourire satisfait franchit ses lèvres. C'était exactement ce qu'il prévoyait ! Il avait assez pour acheter du lubrifiant en quantité raisonnable ainsi qu'un pantalon convenable à Harry. Il connaissait déjà sa taille pour l'avoir mesuré pendant que le Gryffondor dormait.

« Un jean, dit-il en se déshabillant pour repasser ses propres vêtements. Avec un sort anti-déchirure… Serré… Oh oui, serré… »

Il se secoua pour se sortir de la pente glissante sur laquelle il se dirigeait. Draco était un adolescent, presque adulte civilement, mais mentalement encore adolescent. Mais il savait que même en étant un homme d'âge mûr, jamais il ne pourrait s'arrêter d'avoir constamment envie de Harry.

« Et comment ne pas avoir envie de lui ? Lui qui est si sensuel, si avide… et si horrifié de l'être… Vivement qu'il ne le soit plus ! »

Draco sourit de ses pensées en remettant ses chaussures, après avoir remis son pantalon, sa chemise et son manteau, le tout en noir. Il rangea précieusement son uniforme dans son tiroir, glissa dans sa poche l'enveloppe qu'il avait gagnée si agréablement et sortit du vestiaire. Quand il arriva dans la boutique, quelques collégiennes étaient revenues et gloussèrent en le voyant surgir, ses cheveux blonds recoiffés dans la précipitation ou précipitamment.

« Oh, Draco ! s'exclama Catherine, attirant son attention. Tiens, emmène ça chez toi.

-Ah, merci, dit-il en prenant le sachet tendu par la jeune femme et contenant, à l'odeur, un bon nombre de pâtisseries alléchantes. A lundi !

-A lundi ! »

Non sans accorder un sourire charmeur aux jeunes filles, il sortit de la boutique, s'élançant presque dans les rues. Le Sex Shop était encore loin et il n'avait pas beaucoup de temps, même s'il savait que Harry n'était pas encore rentré de son travail avec Chyreer. Il traversa plusieurs quartiers au pas de course avant d'enfin retrouver la boutique qu'il avait trouvé quelques jours plus tôt. S'arrêtant, Draco regarda la vitrine avec gêne puis inspira un bon coup avant de s'avancer pour ensuite pousser la porte avec assurance. Il était un Malfoy, après tout.

Mais il faillit défaillir en entrant. Le magasin était bien plus grand qu'il n'y paraissait et pendant un instant, il se demanda où il pourrait trouver ce qu'il cherchait. Face aux regards des quelques clients et vendeurs, Draco s'avança dans les allées d'un pas lent, tournant la tête à droite et à gauche. Il était si occupé à regarder les étalages qu'il ne remarqua pas tout de suite le garçon en face de lui, manquant de le percuter malgré son instinct lui criant que quelqu'un lui faisait obstacle.

« Oh, pardon, dit s'excusa Draco, tentant de le contourner.

-Je peux vous aider ? » lui demanda le garçon, le faisant sursauter.

Draco se tourna vers lui, l'observant. Il avait l'air jeune. Bien trop pour travailler dans un tel endroit mais après tout, qui était-il pour juger ? Il avait de grands yeux bleus un peu innocents, des cheveux blonds flamboyants et un sourire si large que Draco se demanda si sa bouche était normale.

« Euh… et bien, je cherche… du lubrifiant, dit Draco, tentant de prendre confiance en lui.

-Oh, dit le blondinet. Oui, venez ! »

Tournant les talons, l'employé fonça à travers les étagères, Draco se hâtant de le suivre. Ils arrivèrent finalement devant un rayonnage contenant un stock de flacons en plastique qui laissa Draco un instant pantois. Tout ça ! Constatant son air égaré, le blondinet soupira.

« Vous en voulez du comment ? Qui diffuse de la chaleur ? Dilatateur ? Parfumé aux fruits ? »

Draco tourna la tête vers lui, hésitant. Puis, décidant qu'il était ridicule d'être aussi intimidé devant un gamin, il déclara :

« Il me faut un lubrifiant anal, dit-il. En fait, plusieurs. Vous avez quoi, comme choix ? »

Face à son assurance, le blondinet rougit, comprenant brutalement ce que Draco désirait.

« Euh… Ben… Les tubes de lubrifiant anal sont là, dit-il en désignant tout un pan du rayonnage. Vous… vous n'avez qu'à lire puis aller à la caisse. »

Le petit blond s'éloigna ensuite d'un pas rapide, le feu aux joues. Draco s'en désintéressa mais il eut conscience que l'employé s'était retourné pour le regarder. Non, pour le mater. Amusé, Draco se contenta pourtant d'examiner les tubes montrés. Il y en avait toute une gamme, à des prix assez bas. Il estima qu'il pouvait peut-être y consacrer la moitié de son budget. Ça lui laisserait la possibilité d'acheter un pantalon à Harry. Et puis de toute façon, il aurait une autre paye, la semaine suivante !

Il regarda à nouveau la diversité des flacons, lisant précieusement chaque étiquette et comparant les prix. Son père lui avait toujours dit que ce qui était cher était de qualité… Etait-ce le cas également, pour du lubrifiant. Jetant un œil autour de lui), Draco aperçut le petit blond qui l'observait un peu plus loin. Ce dernier tenta maladroitement de se cacher derrière un rayonnage. Draco leva les yeux au ciel, soupira en constatant qu'il ne pourrait pas demander de l'aide. Il se retourna alors vers l'armoire, recommençant à lire. A part quelques flacons, les prix étaient relativement identiques, à quelques cents près.

Une demi-heure s'écoula avant que Draco ne se décide finalement pour deux lubrifiants à l'eau « efficaces », selon l'étiquette, un autre qui devait donner une sensation de chaleur et, avec un peu d'hésitation, un quatrième qui devait exciter et dilater l'anus de la personne. Celui-là coûtait un peu plus cher mais Draco était tenté de le tester. Tous étaient soi-disant testés dermatologiquement et le loup-garou supplia Merlin et tous les Dieux du monde que Harry ne fasse aucune réaction allergique. Satisfait, Draco se dirigea vers la caisse, ignorant le blondinet qui continuait de l'observer. Passant près d'une série de vêtements, Draco se laissa un instant distraire. Il y avait une série de costumes, essentiellement pour les femmes et le blond les regarda avec un intérêt mitigé.

« Un Harry en soubrette ? imagina Draco, se sentant étrangement rougir à l'idée de soulever la jupette pour se satisfaire. Certainement pas en chat ! »

Il balaya les oreilles, la queue proposée et se figea devant un déguisement canin. Etrangement, il eut presque l'impression qu'il pourrait bander, au beau milieu du magasin, en imaginant son compagnon déguisé avec des oreilles canines aux poils noirs.

« Et ce petit short de cuir… Oh, ses fesses seraient délicieuses, ainsi… Ou encore attaché avec ses chaînes… Merde, je dois partir d'ici ! »

Tournant brutalement les talons, Draco continua son chemin vers la caisse avant de ralentir. Peut-être, juste le short… ou les chaînes… ou les deux…

oOo

La pluie était… insupportable ! Malgré les bottes, le manteau imperméable et la capuche, Harry pouvait sentir l'eau s'infiltrer par chaque interstice pour le tremper. Par les manches quand il levait les bras, par les espaces libres de la capuche à chaque mouvement de la tête… Il était trempé et c'était horrible.

Le barrage n'avait pas cédé mais un arbre mort était tombé dans la rivière et avait foncé droit dessus. Certains hommes étaient tout bonnement dans l'eau, jusqu'à la taille, pour essayer de l'extraire tandis que les autres renforçaient le barrage à grand renfort de pierres, de planches et de clous. Chyreer et Greyback étaient là également, travaillant autant que les autres. Harry avait mal partout, tremblait de tout son corps et voulait juste rentrer. La nuit tombait et Draco devait déjà être au village. Une grimace sur les lèvres, Harry continua de tenir solidement la corde qui retenait en partie l'arbre mort qui était petit à petit extrait, celle-ci glissant parfois entre ses mains.

Au bout d'un moment pourtant, il éternua une dizaine de fois d'affilée et le son, malgré la pluie, les ordres hurlés et les grognements, se répercuta dans la forêt, attirant l'attention de Chyreer sur lui. Ce dernier frappa vaguement un des loups-garous et le désigna ensuite de la main. Aussitôt, l'homme à la carrure épaisse s'approcha.

« Je prends le relais gamin. Rentre au village, t'es plus inondé que toute la forêt ! »

Harry hocha la tête en réponse et lui tendit la corde. Il se sentit un peu idiot quand il constata que l'homme parvenait à retenir l'arbre sans difficulté alors que lui peinait comme un enfant. Foutus loups-garous !

« Rentre au village, Harry, lui cria Chyreer. Draco va être furieux s'il te voit ainsi ! »

Des rires se firent entendre aux mots du second et Harry fit la moue. Il était souvent taquiné sur sa relation avec Draco et cela l'agaçait, la majorité du temps. Surtout lorsque c'était Gabriel qui s'y mettait.

Marchant rapidement dans les bois, Harry regardait le sol afin de ne pas trébucher. Il était déjà trempé, il n'allait pas en plus se blesser ! La journée avait été épuisante. Ils avaient passé la matinée et l'après-midi à dégager les berges remplies d'arbres morts ou branches tombées tout en se dirigeant vers le barrage en contrebas pour ensuite découvrir en fin de matinée la catastrophe qui menaçait. Et ils avaient passé le reste du temps à tenter d'empêcher une inondation, prenant à peine une pause pour manger un sandwich que la pluie avait rendu humide.

Pestant et marchant vite pour rentrer, Harry ne fut pourtant pas suffisamment concentré sur son chemin que pour ignorer la voix sifflante un peu plus loin. Sursautant, il tourna la tête en s'immobilisant. Il n'y avait rien. Pas de Voldemort, ni de Nagini et au son de la voix, il sut que le serpent qu'il entendait était tout sauf menaçant pour lui.

« Humidité, humidité, humidité ! Aucun endroit où se réfugier ! Maudite humidité ! »

Le reptile pestait, manifestement dérangé par le temps. Harry sourit en le constatant et il fut tenté de le chercher pour l'aider avant de décider que l'animal était assez débrouillard pour trouver et il s'éloigna d'un pas plus détendu. Il était en train d'enjamber un tronc lorsqu'il se figea.

« Serpent », pensa-t-il, absorbé par ce mot. « Serpent ».

Il ne savait pourquoi ce mot lui sembla si important mais il ne cessa d'y penser jusqu'à son retour au village. Il savait que Draco, s'il était rentré, était juste passé chez Greyback avant de rejoindre la maison qui leur avait été donnée. Le blond ne dormait pratiquement plus chez l'alpha, préférant rejoindre son compagnon qui voulait rester proche de ses amis. Peut-être même qu'il serait encore dans la salle de bain ? Soudainement pressé de rentrer, Harry balaya de sa tête le mot serpent.

oOo

Quand il déboula dans la maison, créant une petite flaque à ses pieds, Harry fut accueilli par une Hermione compatissante et un Draco à l'air contrarié. Le blond le fixa pendant un moment, siffla et, sans attendre, l'attrapa par la main pour le traîner à l'étage, sans même lui laisser le temps de saluer son amie. Il le tira jusqu'à la salle de bain, anormalement chauffée et s'y enferma en sa compagnie, l'air sombre.

« Déshabille-toi. Tout de suite ! »

Et il ne discuta même pas. Il détacha son manteau après avoir enlevé la capuche, dévoilant ses cheveux trempés puis ses vêtements qu'il ôta brutalement, jusqu'à finir nu. Et comme toujours, la respiration de Draco accéléra légèrement alors que ses oreilles s'allongeaient et que la longue queue blanche du loup se matérialisait.

« Ne souris pas, idiot, lui dit le lycanthrope, contrarié. Dans le bain ! »

Levant les yeux au ciel, Harry obéit et se dirigea vers la baignoire remplie d'une eau fumante. Il y plongea la main et la sortit rapidement puis, après un petit regard vers Draco, il se décida et y plongea la jambe droite puis la gauche. Enfin, il s'y assit avec précaution, gémissant face au contact de l'eau chaude.

« Tu aurais dû rentrer bien plus tôt ! grogna Draco en le regardant. Tes lèvres sont bleues !

-Viens les réchauffer, le provoqua Harry en le regardant avec envie.

-Ne joue pas avec moi, Harry, lui dit le blond. Je ne suis pas content !

-Moi non plus, lui répliqua le brun. S'il te plaît, Draco… J'ai vraiment envie que tu viennes ici avec moi ! »

Plissant les yeux, le lycanthrope le regarda pendant un petit moment avant de secouer la tête pour ensuite se dévêtir. Quand il fut nu, il s'approcha et poussa Harry jusqu'au centre de la baignoire, l'eau chaude suivant le mouvement et arrosant un peu le sol. Indifférent, Draco rentra dans le bain et s'assit derrière Harry, ses jambes s'enroulant autour de celles plus petites et nerveuses et ses bras allant se nicher autour des épaules de Harry. Satisfait, le brun s'appuya contre son torse en soupirant délicatement.

Malgré lui, Draco ne put s'empêcher de sourire. Il était si avide de lui, à présent… ses doigts taquinant le ventre de Harry, il caressa son cou de la pointe de son nez.

« Tu pourrais tomber malade, dit-il d'une voix caressante.

-Mais non, répondit Harry en appuyant son crâne contre l'épaule de son amant. Ils avaient besoin d'aide…

-Saint Potter », se moqua Draco en amenant un peu d'eau bouillante avec sa main pour la faire couler sur les cheveux encore froids de Harry.

Ce dernier donna un coup de coude vicieux à Draco qui grogna de mécontentement.

« Et moi alors ? demanda Harry en tournant la tête vers lui. Je ne devrais pas me plaindre de te voir roucouler avec ces filles, chaque matin ?

-Tu sais très bien que ce n'est pas le cas, lui répondit Draco en allant déposer un baiser sur le front de Harry. Je me montre souriant et poli devant elles mais elles m'indiffèrent complètement. En fait, je passe la majorité de la matinée à penser combien j'aurais aimé être dans notre lit à te câliner, comme avant.

-Han… »

Draco sourit en entendant son gémissement alors que sa main glissait sur l'aine réchauffée pour ensuite aller se saisir du sexe dressé de Harry.

« Toujours si impatient…

-Ferme-la, répondit le brun, honteux.

-J'adore ça », grogna Draco à son oreille.

Harry répondit par un son plaintif alors qu'autour d'eux, l'eau se mettait à bouger en rythme avec les mouvements de poignet experts de Draco et ceux impatients des hanches de Harry. Ce dernier ondulait contre le corps du blond, perdu dans son plaisir. Il ne fallut pas longtemps à Draco pour le faire jouir dans un petit cri satisfait, le brun tremblant entre ses bras, des petits gémissements sortant de sa bouche entrouverte.

« Serpent, dit-il en haletant. Tu te sers de ma faiblesse pour réprimer ma jalousie ! »

Draco sourit contre lui.

« Aucune jalousie n'a place entre nous, lui dit-il. Nous nous appartenons. »

Harry ne trouva rien à répondre à cela. C'était la vérité et il l'avait acceptée en même temps que son amour pour Draco et sa passion pour son amant ! Pour son corps, ses mains, sa bouche et toutes ces choses incroyables que Draco savait si bien lui faire.

« Demain, tu travailles ? demanda-t-il.

-Non, répondit Draco en se relaxant contre lui. J'ai quelques leçons avec Joshua et une séance d'exercices mais ça ne prendra pas longtemps. »

Harry sourit en l'entendant. Depuis combien de mois étaient-ils liés ? Presque quatre… Et à présent, il ne pouvait plus se passer de lui… Harry se surprenait parfois à remercier l'alcool.

« On se lave ? proposa Draco en tendant la main pour attraper le shampoing. Ainsi, on pourra enfiler des vêtements chauds et rejoindre les autres avant que Weasley ne hurle au meurtre parce qu'on a repoussé le souper d'une minute. »

Harry ne put s'empêcher de rire, malgré l'injustice des mots de Draco. Il se décolla légèrement pour se tourner vers lui, à quatre pattes entre ses cuisses, et l'embrasser avec tendresse.

« Tu ne veux pas que je m'occupe de toi ? » demanda-t-il en regardant l'entrejambe de Draco à travers l'eau claire.

En réponse, Draco se contenta d'un sourire et se hissa hors de la baignoire pour s'asseoir sur le bord, écartant les jambes pour laisser place à Harry.

« Tu sais ce que j'aime. »

Les joues rouges, Harry hocha la tête et s'approcha de lui. Il enroula docilement ses bras autour de sa taille et s'appliqua de sa bouche à le satisfaire.

oOo

La soirée se déroula dans une routine qu'ils avaient établie depuis que Draco travaillait au Grelot d'Argent. Ils descendirent de la salle de bain chaudement habillés et s'installèrent dans la cuisine où ils aidèrent Hermione à terminer le souper. Harry était le plus à l'aise dans une cuisine et Draco, souvent, finissait par s'asseoir pour les regarder travailler.

Ron rentrait peu de temps après que tout soit prêt, affamé de ne pas avoir pu toucher aux délicieux plats préparés par le petit restaurant du village et ils s'empressaient dès lors de manger, savourant à leur juste valeur les plats péniblement préparés et un peu trop souvent servis. Dans ce genre de situation, chacun regrettait de ne pas avoir un elfe de maison à disposition. Oh, Harry aurait pu appeler Kreattur qui lui était dorénavant totalement dévoué, mais il craignait que l'elfe xénophobe ne survive pas à la présence si forte des lycanthropes.

Après le souper, Harry faisait la vaisselle, le plus souvent aidé de Ron. Draco et Hermione, eux, prenaient plaisir à discuter ensemble dans le salon de choses diverses, que ce soit de la vie du village, du ressenti lycanthrope ou, parfois, quand Draco était sûr que Harry n'entendait pas ou qu'Hermione était trop curieuse, du couple de liés.

Cette fois ne fut pas différente. Profitant qu'elle entendait ses meilleurs amis se chamailler dans la cuisine, elle se pencha vers Draco, installé dans le canapé en face d'elle et murmura :

« Alors ? Tu… tu en as acheté ? »

Draco n'eut pas besoin d'explication pour comprendre ce dont elle parlait. Il jeta un œil méfiant vers la cuisine et acquiesça de la tête discrètement.

« Et qu'est-ce qu'il a dit ? demanda la jeune femme, impatiente.

-Je ne lui ai pas dit, chuchota Draco. Je ne veux pas qu'il se sente forcé d'une façon ou d'une autre. »

Hermione laissa planer un petit moment de silence avant de hocher la tête. Puis elle regarda vers la cuisine et se repencha vers Draco.

« Mais peut-être qu'il se sentirait rassuré de savoir que… et bien, que ce sera plus… facile ? »

Draco hésita une seconde, haussa les épaules et murmura :

« Je lui en parlerai peut-être cette nuit, mais… enfin, on verra. »

Et ils s'écartèrent précipitamment alors que Harry et Ron revenaient, les mains chargées d'un plateau à thé pour le premier et de dessert pour le second. Comme d'habitude, Ron se vautra dans le seul fauteuil disponible alors que Harry allait s'installer à côté de Draco, ce dernier posant une main possessive sur son genou gauche. Occupé à servir le thé ou tout simplement habitué au comportement possessif du loup, Harry n'y prêta même pas attention, bien qu'un frisson lui traversât l'échine.

Quand tout le monde eut devant lui une tasse fumante et une part de tarte à la pomme, un long silence régna, chacun occupé à savourer le nectar à la menthe – choix de Draco – ou la part de tarte. Ce fut finalement Hermione qui reprit la parole, ses yeux posés sur la cheminée.

« Mes recherches ne mènent nulle part, dit-elle d'une voix frustrée. C'est dans ce genre d'occasion que la bibliothèque de Poudlard me manque…

-Je doute que tu aies trouvé quelque chose là-dessus à Poudlard, lui répondit Ron en la regardant. Mais c'est vrai que ça commence à devenir gênant de les entreposer ici… Gabriel m'a dit que la maison sentait mauvais ! »

Le silence accueillit cette réflexion, chacun fixant les trois coffrets rangés sur le manteau de la cheminée.

« Si seulement on avait l'épée », marmonna Hermione, agacée.

Personne ne répliqua. Ils savaient malheureusement que sans cette arme, ils ne pouvaient rien faire.

« Vous êtes sûr qu'un Avada… commença Draco.

-Essaye si tu veux, mais pas quand on est là, se moqua Ron.

-Une potion suffisamment toxique alors ?

-Fais-en une, on regardera ! dit Harry en s'appuyant contre lui, après avoir fini sa tasse. Mais nous sommes loin d'avoir une réserve d'ingrédients ici. »

Draco grimaça en l'entendant et passa son bras autour de ses épaules, contemplant les objets. Appuyé contre lui, le ventre plein de tarte et de thé, Harry poussa un soupir de satisfaction à être au chaud, en sécurité et contre son amant.

« Si on avait du venin de basilic, au moins », dit soudainement Hermione.

Les yeux de Harry, qui se fermaient paisiblement, se rouvrirent brutalement sous la phrase prononcée avec regret.

« Serpent ! », se rappela-t-il.

« Mais on en a ! s'exclama-t-il en se redressant, ses amis sursautant. Il y en a dans la Chambre des Secrets ! »

Sa phrase fut accueillie par un silence pesant avant qu'Hermione ne se frappe le front d'un air presque furieux, que Ron ne laisse tomber sa tête en arrière d'un air consterné alors que Draco haussait un sourcil perplexe.

« Mais pourquoi on y a pas pensé avant ? demanda Hermione, énervée. C'était si évident !

-Evident ? demanda Ron, cédant à la colère aussi. Flagrant, tu veux dire. Que tu n'y penses pas, c'est normal, tu as été moins touchée par ça mais Harry et moi…

-J'ai dû y penser, cet après-midi, en revenant, dit le brun. Le mot serpent n'arrêtait pas de me revenir mais je ne savais pas pourquoi !

-Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ? » demanda Draco, les faisant sursauter.

De nouveau, les trois amis se turent et le regardèrent.

« Il y a un basilic mort dans la Chambre des Secrets à Poudlard ! dit simplement Ron.

-Harry l'a tué ! ajouta Hermione, presque fière.

-Et le venin de basilic détruit les horcruxes ! termina Harry. C'est pour ça que l'épée de Gryffondor fonctionne sur eux ! »

Draco resta un instant interdit avant de grogner.

« Vous êtes une équipe de bras cassés !

-Hé ! se plaignit Ron. On a tendance à croire que Poudlard est inaccessible !

-Alors qu'il est plus fréquenté qu'un bordel ! se moqua Draco, un sourire moqueur aux lèvres. Quand allons-nous chercher ça ?

-Ce soir, répondit Harry. Maintenant. On y va, toi et moi…

-Je peux y aller seul, signala Draco.

-Et tu ouvres la chambre comment, sans Fourchelang ? » se moqua Harry en levant le nez en l'air.

Le blond grimaça alors que le brun exultait : pas question de laisser Draco repartir là-bas seul, sans lui !

« J'ai ma cape, ma carte et tes sens pour me protéger, lui dit Harry face à son air contrarié. Rien ne pourra arriver, surtout une fois que nous serons dans la Chambre ! »

Draco grimaça à nouveau mais il acquiesça de la tête avec un semblant de dégoût.

« Bon, alors faisons ça ce soir, dit-il. Mais pas tout de suite. Attendons le couvre-feu. »

Les trois Gryffondor hochèrent la tête à cette réflexion, souriant de satisfaction.

« J'en reviens pas, dit Ron. Avec de la chance, ces horreurs seront détruites ce soir… »

Ils tournèrent tous la tête vers les coffrets, les contemplant d'un air presque sournois.

« On ne devrait peut-être pas le dire devant eux, souffla Hermione. Et s'ils… tentaient de s'enfuir ? »

Pendant un instant, les trois garçons la dévisagèrent avec scepticisme avant de décider que, venant d'objets maléfiques, ce ne serait même pas surprenant.

« On devrait les enfermer dans un coffre… Enfin, un coffre plus… plus… sécurisé ? proposa Ron.

-Ou simplement enchanter ceux-là ? suggéra Draco en sortant sa baguette. Si vous avez des idées, ne vous gênez pas. »

Presque en même temps, ils sortirent tous leur baguette et s'amusèrent à lancer une flopée de sorts. Quand ils eurent fini, ils contemplèrent leur œuvre avec une pointe de satisfaction et d'hilarité.

« Bonne idée le sort d'ancrage, dit Hermione en regardant Ron.

-Oui, je sais. Et celui d'enchaînement ?

-Le mien, dit Draco en levant la main, une certaine rougeur apparaissant sur ses joues pour une raison inexplicable.

-Avec ça, ils ne partiront pas, dit Harry en rangeant sa baguette, satisfait des clous par centaine qui s'étaient plantés dans le couvercle pour que ce dernier tienne bien.

-Sûr, renchérit Hermione en contemplant son sortilège de soudure. Heureusement qu'on peut tout annuler avec un finite… »

Ils la fusillèrent aussitôt du regard.

« Quoi ? dit-elle.

-Et s'ils pouvaient le lancer ? » demanda Ron.

Ils restèrent un instant silencieux avant qu'Hermione ne lève les yeux au ciel.

« N'importe quoi ! S'ils savaient faire de la magie, on le saurait ! Sur ce, je vais aller fabriquer des sacs pour y mettre les dents de basilic. Mieux vaut que vous ne teniez pas ça dans vos mains ! D'ailleurs, vous devriez mettre les gants en peau de dragon que Greyback nous a donnés ! Et habillez-vous en noir… »

Les deux garçons levèrent les yeux au ciel mais acquiescèrent. Ils se décidèrent à monter à l'étage, chacun excité par ce qu'ils allaient faire.

« Il n'en restera que deux, dit Harry en rentrant dans leur chambre, enlevant le large pull vert que Madame Weasley lui avait offert l'année précédente.

-Et tu n'as toujours aucune idée de ce que peut être le dernier ? Nagini mis à part ?

-Aucune, répondit Harry, une moue sur les lèvres. Un objet de Gryffondor, peut-être ? Mais Hermione est certaine qu'à part l'épée, il n'y en a pas d'autre. »

Draco souffla tout en enlevant son pantalon bleu pour en passer un autre de couleur noire.

« Et s'il en reste un et qu'on le tue quand même, c'est si grave ?

-Et bien, ça ne fait que repousser le problème, dit Harry en se tournant vers lui, le regardant s'habiller. Il sera encore là, même si immatériel et il suffit d'un seul serviteur pour qu'il revienne. Et même sans serviteur, il était plutôt… présent, immatériel. »

Draco grimaça en se retournant vers lui, souriant en découvrant son regard désireux. Harry rougit presque aussitôt d'avoir été surpris et se racla la gorge pour ensuite se diriger vers la sortie.

« Viens, rejoignons les autres, dit-il en attrapant un sac à dos où étaient rangées carte des maraudeurs et cape d'invisibilité.

-Une minute, dit Draco en l'attrapant. On a encore du temps avant le couvre-feu, il n'est que vingt heures...

-Mais on doit discuter de ce que nous allons faire, répondit Harry en tentant de résister.

-Oh, on sait ce qu'on va faire, déclara Draco en l'attirant contre lui avec force, ses bras l'enlaçant presque aussitôt. On va y aller, aller jusqu'à la Chambre des Secrets, arracher ses vilaines dents à ce serpent, les mettre dans un sac que Granger a préparé puis rentrer tranquillement à la maison où on va détruire ces horreurs qui empestent… et je pourrai enfin être dans le salon sans avoir envie de m'arracher le nez ! »

Harry sourit avec compassion en l'entendant, se laissant finalement faire.

« Désolé pour ça, dit-il. C'est si pénible ?

-Une vraie horreur, répondit Draco en allant respirer son odeur. Heureusement que tu es là ! Tu es mon désodorisant ! »

Harry leva les yeux au ciel en riant.

« Je ne sais pas si je dois en être flatté ou outré, dit-il en s'écartant pour le regarder, gardant pourtant ses hanches fermement appuyées contre celles de Draco. Mais je suis content de t'être utile.

-Tu l'es plus que tu ne le crois, lui dit Draco en se penchant pour l'embrasser. Bien plus ! »

Ils restèrent un instant silencieux, savourant simplement les lèvres de l'autre. Ils pouvaient sentir dans tout leur corps comme une attente langoureuse qu'ils savouraient, les yeux mi-clos, se regardant tout en frôlant la bouche de l'autre. Taquin, Draco donna un petit coup de langue sur les lèvres rougies, Harry souriant avant de lui rendre la pareille. Le brun rougit légèrement lorsque leurs langues se rencontrèrent en dehors de leurs bouches, se léchant mutuellement avec une perversité qui le laissa pantelant.

Ils se collèrent finalement l'un à l'autre, s'embrassant réellement et à pleine bouche, jusqu'à ce que Draco ne le libère pour attaquer sa gorge.

« Draco, murmura Harry. On a pas le temps pour ça… »

Le blond grogna avec agacement. Son envie de Harry semblait toujours monter plus haut, au fur et à mesure que les jours passaient. Il savait que ce n'était pas la pleine lune la responsable, ni le loup qui, depuis l'aveu amoureux de Harry, était un peu apaisé, mais bel et bien lui qui voulait enfin accéder à ce dont il rêvait : l'avoir entièrement, définitivement.

« Désolé, dit-il en s'écartant légèrement pour le regarder. Tu es simplement irrésistible. »

Harry roula des yeux, rougissant malgré tout.

« C'est toi qui l'es », avoua-t-il avec gêne.

Draco sourit puis redevint sérieux, hésitant. Il resta un instant immobile à contempler son amant avant de lui murmurer :

« J'ai de plus en plus envie de toi, Harry. »

Le concerné se crispa en rougissant furieusement, baissant les yeux. Il les releva avec difficulté, une lueur de courage brillant dans ses prunelles.

« Moi aussi, dit-il. J'ai… j'ai de plus en plus envie… d'essayer. Totalement. »

Draco déglutit en l'entendant, pensant aux tubes de lubrifiant cachés sous le lit. Il inspira pour se donner courage, se détacha de Harry et s'approcha du lit. S'agenouillant à côté, il glissa sa main en-dessous et attrapa le sac noir sous l'œil interrogateur d'Harry. Puis, délicatement, il sortit un tube du sac après s'être assis sur le couvre-lit.

« J'ai acheté ça, aujourd'hui, dit-il. En revenant du travail. C'est… c'est du lubrifiant. »

Harry rougit brutalement en l'entendant, ses yeux fixés sur le tube enfermé dans la main de son amant.

« Je ne t'oblige à rien, dit rapidement Draco. Mais… je veux que tu saches que… enfin, pour la partie… anale… ce sera plus facile. »

Le feu aux joues, Harry hocha la tête. Il ressentait une excitation latente, presque oppressive et il réalisa que s'ils ne devaient pas aller chercher les dents du basilic, il se serait déjà jeté sur Draco pour qu'ils utilisent son achat. A la place, il s'approcha, s'assit à côté de lui et prit le tube en main pour le regarder et lire ce qui était marqué.

« Je n'aurais jamais osé acheter ça, avoua-t-il.

-J'ai eu du mal, confia Draco en souriant. Mais… je préférais en avoir pour… pour coucher avec toi. Pas seulement parce que ce sera… notre première fois, si je puis dire. »

Harry tourna un regard interrogateur vers lui, découvrant le blond qui le dévorait des yeux, une lueur taquine dans son regard.

« Tu es très étroit, expliqua Draco, déclenchant un autre rougissement. Je l'ai bien senti quand j'ai enfoncé mes doigts en toi, il y a quelques jours… »

Harry eut envie de foncer se cacher sous les couvertures en repensant à cette nuit-là, où Draco avait osé le masturber de ce côté-là tout en le suçant, ce qu'il faisait dorénavant chaque nuit, à son grand plaisir.

« Euh… merci, bégaya-t-il avec gêne.

-De rien, répondit Draco en souriant, amusé de son trouble. Bon… Maintenant que nous avons eu cette conversation gênante, si nous descendions ? »

Harry hocha vivement la tête, pressé de redescendre afin de calmer ses nerfs un peu trop malmenés par son amant. Après avoir rangé le lubrifiant sous le lit, ils quittèrent la chambre, non sans que Draco n'ait pris la main de Harry dans la sienne, entremêlant leurs doigts.

oOo

Ils se glissèrent sur la propriété de Poudlard, dissimulés sous la cape sous la cape qui les protégeait un minimum de la pluie battante s'abattant également sur le château. Ils coururent jusqu'à l'entrée et se cachèrent contre le mur pendant que Harry sortait la carte pour la consulter.

« Personne dans le hall, dit-il. Mais il y a Rusard au deuxième étage qui est principalement celui qui nous intéresse.

-Et Miss Teigne ?

-Dans les donjons. Ah… Neville se balade encore dans les couloirs ! Est-ce qu'il lui arrive de rester au dortoir ?

-Quel étage ? demanda Draco.

-Septième, répondit Harry. Viens, rentrons au sec ! »

Ils se hâtèrent de passer les portes. Une fois au chaud, Draco leur lança un sortilège afin de les sécher et de dissimuler les traces d'eau qu'ils faisaient en marchant. Satisfaits d'être totalement invisibles, ils s'avancèrent dans le couloir en direction des escaliers, le cœur battant.

« Poudlard me manque, murmura Harry à un Draco aux oreilles canines dressées sur le haut de son crâne.

-Moi aussi, chuchota Draco. Être avec toi et à Poudlard devrait être fascinant… »

Ils sourirent avec amusement tout en commençant à gravir les escaliers, Harry surveillant la carte tandis que Draco tendait l'oreille.

« Ce château n'est vraiment pas protégé », marmonna Harry.

Il ralentit un peu le pas en constatant que Severus Rogue était en train de quitter le bureau directorial pour marcher dans un couloir. Il donna un petit coup de coude pour montrer à Draco qui hocha la tête.

« Continuons, lui dit le blond. Il n'est pas dérangeant pour l'instant. »

Harry approuva et reprit son chemin. Ils atteignirent le second étage bien plus vite qu'ils ne le pensaient, satisfaits de le découvrir désert sur le plan comme dans la réalité. S'avançant, ils se hatèrent jusqu'aux toilettes de Mimi Geignarde et y entrèrent avec empressement.

« Qui va là ? s'exclama la voix pleurnicharde de Mimi.

-C'est nous, répondit Harry en enlevant sa cape, les découvrant.

-Oh ! s'exclama Mimi. Je vous croyais tous les deux morts ! »

Draco et Harry échangèrent un sourire amusé en l'entendant. Nul doute qu'elle aurait aimé qu'ils le soient, pour les avoir à ses côtés.

« Pourquoi êtes-vous là ? C'est dangereux ici pour vous ? Sauf si vous voulez me rejoindre…

-Nous venons chercher quelque chose dans la chambre, dit Harry en s'approchant du lavabo. Tu garderas ça secret, n'est-ce pas ? »

Mimi sembla rosir mais elle hocha la tête, flattée d'être dans la confidence. Draco la regarda avec une pointe de dégoût et de colère. Durant sa sixième année, il n'avait trouvé que ce fantôme pour parler de ses problèmes et elle avait merveilleusement bien gardé ses secrets. Le problème était surtout ses tentatives infructueuses pour le persuader de se suicider, afin de la rejoindre. C'était quelque chose qu'il avait un peu de mal à digérer. Quel genre de directeur autorisait donc qu'un fantôme pousse des élèves au suicide ?

« C'est ouvert ! » dit Harry, attirant son attention sur le lavabo décalé et sur le tunnel descendant.

Il grimaça, comprenant maintenant pourquoi Harry lui avait demandé de porter son Eclair de feu, ingénieusement bien attaché dans son dos par Hermione.

« On y va ? demanda Harry. Mimi, si qui que ce soit vient ici et découvre l'ouverture, descends nous prévenir, d'accord ?

-D'accord, Harry. A bientôt ! »

Le garçon hocha la tête et s'approcha de l'ouverture. Rapidement, Draco le rattrapa et l'empêcha de glisser dans le tunnel.

« J'y vais d'abord, dit-il. Au cas où…

-Au cas où quoi ? demanda Harry. Le seul danger qu'il y avait a été tué il y a déjà 5 ans !

-On ne sait jamais », répliqua Draco, agacé.

Harry leva les yeux au ciel mais le laissa finalement passer. S'asseyant au bord du trou, Draco fit pivoter l'Eclair de feu pour qu'il soit placé devant lui plutôt que derrière. Puis, après une inspiration inquiète, il donna un coup de hanches qui le propulsa dans le tunnel. Il ne cria pas. C'eut été humiliant, le cas échéant. Mais il sentit un léger sentiment d'inquiétude l'étreindre alors qu'il glissait dans le long tunnel pour finalement atterrir dans un tas de squelettes de rongeurs, à sa grande horreur. Très rapidement, il se releva, s'épousseta et se tourna vers le tunnel, les bras ouverts. A peine une trentaine de secondes plus tard, Harry atterrit directement dans ses bras en riant.

« C'est marrant quand on sait qu'il n'y a rien de dangereux au bout, dit Harry en s'écartant de lui, les joues rouges d'excitation et les cheveux encore plus ébouriffés.

-Si tu le dis, répliqua Draco en le regardant. On y va ? »

Harry hocha la tête et ils s'avancèrent dans le tunnel, le brun prenant la direction des opérations pour guider son amant. Ils arrivèrent rapidement à l'éboulement et aussitôt, la voix amusée, Harry se mit à raconter ce qu'il s'était passé, cinq ans plus tôt, ignorant tantôt l'expression horrifiée de Draco, tantôt son air consterné.

« Tu es un aimant à problèmes, n'est-ce pas ? dit le blond, sidéré. A côté de toi, ma scolarité a été une vraie promenade de santé, la sixième année incluse ! »

Harry éclata de rire alors qu'ils approchaient de l'entrée de la Chambre, leurs mains jointes, comme toujours.

« Un jour, je te raconterai aussi mes autres années, lui dit-il en se postant face à la porte. On en reparlera alors ! »

Puis il tourna la tête vers les serpents protégeant la seconde porte, les fixant un très long moment. Enfin, après un temps qui parut interminable à Draco, il ouvrit la bouche et siffla quelque chose de long qui provoqua un frisson de gêne au blond. Que ce soit l'humain ou le loup, aucun n'apprécia ce son.

Devant eux, dans des sifflements désagréables, presque menaçants, les serpents glissèrent et s'éloignèrent, jusqu'à laisser la porte ouverte. Harry inspira puis s'avança, concentré. A côté de lui, Draco eut un frisson en le regardant. L'adolescent boudeur en lui devait admettre avec difficulté que Harry avait la classe. Le regard concentré et fixé sur un point, la démarche sûre, il s'avançait dans la Chambre des Secrets comme en terrain conquis. Et probablement l'était-il, mais Draco savait que, avant sa transformation, il aurait tremblé comme un bébé. A la place, il marchait à côté de Harry en regardant partout après un danger quelconque, les oreilles aux aguets, les dents férocement prêtes à mordre et les griffes plus longues que jamais.

Harry, lui, gardait son esprit concentré sur l'immense squelette qu'était le basilic. Le pas prudent pour ne pas glisser sur l'eau croupie entourant les restes, il regarda le monstre qui l'avait terrorisé en deuxième année, repensant avec nostalgie à cette époque où il était encore si innocent. Puis, avec précaution, il s'agenouilla sous la gueule proéminente.

« Il lui manque un croc, fit remarquer Draco.

-Oui, il doit être un peu plus loin, dit Harry. Je l'ai arraché de mon bras. »

Draco écarquilla les yeux en l'entendant, repensant à l'une des cicatrices demeurant sur l'un des bras de son amant.

« C'est de ça qu'elle vient ? La cicatrice sur ton bras…

-Oui, répondit Harry en passant une main douce sur la tête de l'animal. Tu sais, il n'était pas si méchant… il n'a fait qu'obéir à ce que Voldie lui disait de faire… »

Draco grimaça et s'agenouilla près de lui.

« Loin de moi l'envie de stopper ton émotion, Harry, mais nous devrions nous dépêcher. (On doit encore rentrer au village. Nous ne sommes pas en sécurité, ici. »

Harry hocha la tête, enleva le sac à dos qu'il portait et l'ouvrit. Ce dernier était doublé de plastique, si bien que le venin ne pouvait pas les atteindre s'il s'écoulait des dents acérées. Sans attendre, Harry ouvrit largement le sac sous une des dents alors que Draco levait sa baguette, lançant le sortilège d'incision. Il ne fallut pas une minute à la première dent pour tomber et en seulement un quart d'heure, ils en avaient retiré douze. Satisfaits, ils refermèrent le sac et se relevèrent.

« Greyback sera content du cadeau, dit Draco en époussetant ses vêtements humides. Ce genre de produit vaut une fortune. »

Harry hocha la tête, regardant la Chambre. A la tache au sol, il reconnut l'encre du journal et grimaça.

« Allons-nous-en, dit-il en tournant les talons. Finalement, je n'aime pas être ici. »

Draco approuva et le suivit. Ils quittèrent la chambre et la regardèrent se refermer silencieusement avant d'emprunter les tunnels vers la sortie.

« Je t'avais dit qu'il n'y avait aucun danger, se moqua finalement Harry, déclenchant un grognement de la part de son amant.

-On ne sait jamais, lui dit Draco. Et puis ne crie pas victoire trop tôt. On doit encore quitter Poudlard. »

oOo

Mais ils rentrèrent sans problème, devant juste se plaquer au mur pour laisser passer un Rusard maussade. Quand ils regagnèrent le village, ils foncèrent droit vers la maison et y entrèrent en trombe, lançant la cape d'invisibilité sur le divan pour ensuite faire un large sourire à Ron et Hermione, ceux-ci occupés à pousser la table basse et écarter les fauteuils. Par prudence, ils étendirent une bâche métamorphosée sur le sol, afin de protéger ce dernier d'éventuelles retombées toxiques. Puis, enfin, Harry enfila les gants en peau de dragon, prit une des dents et fit un signe de la tête en direction d'Hermione. Celle-ci se leva, alla prendre le coffre contenant le médaillon et le posa au sol. Ron sortit sa baguette, la pointa sur le coffre qui s'ouvrit, libéré de toutes ses contraintes.

En même temps, ils se penchèrent sur le contenu, regardant le simple médaillon. Ils restèrent un instant silencieux, jusqu'à ce que Ron soupire d'impatience. Alors, Harry leva la main au-dessus du coffre, pointant le bijou. Puis, après une hésitation inquiète, il abattit son bras.

Il y eut un sifflement aigu, un son horrible et Draco plaqua ses mains sur ses oreilles sensibles, blêmissant. Harry, Ron et Hermione firent de même mais ils perçurent moins l'horrible son émis. Quand enfin cela s'arrêta, ils enlevèrent leurs mains de leurs oreilles pour regarder le médaillon. Tordu, semblant presque brûlé, le bijou ne valait plus rien, un énorme trou fumant en son centre. Harry soupira et se rassit au sol, soulagé. Il sourit à Ron et Hermione qui échangèrent un regard ravi avant de se tourner vers Draco.

« Merlin, Draco, tu saignes ! »

Et pour cause, le lycanthrope continuait d'appuyer sur ses oreilles d'où une petite rigole de sang s'écoulait doucement entre ses doigts sous ses plaintes douloureuses.

« Merde, Malfoy ! s'exclama Ron, aussi choqué. Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Draco ne répondit pas. Il avait les larmes aux yeux et haletait alors qu'il continuait d'appuyer sur ses oreilles sensibles. Au bout d'un moment, alors qu'Harry paniquait, il sentit la douleur se calmer et enleva ses mains de ses oreilles.

« Je… je crois que ça va, dit-il d'une voix rauque et hachée.

-Tu crois que ça va ? demanda Harry, paniqué. Draco, tu as saigné des oreilles !

-Je sais, répondit le lycanthrope en regardant ses doigts teintés de rouge carmin. Mais ça va. Je n'ai plus mal. C'est passé…

-Il vaudrait mieux te faire analyser par un médicomage quand même, intervint Hermione, soucieuse. Ce n'est pas normal, une réaction pareille…

-Acquiers l'ouïe surdéveloppée d'un loup et on en reparlera, dit Draco. Pour vous, ce n'était qu'un horrible grincement. Pour moi, c'était multiplié par dix ! »

Hermione grimaça en l'entendant. Elle ouvrit la bouche mais un coup sonore résonna contre la porte. Etonnés, les quatre amis se regardèrent puis Draco sourit.

« Qu'est-ce qu'il y a, Greyback ?

-Qu'est-ce que vous fichez ? demanda l'alpha, d'une voix rude. Un bruit horrible est venu de votre maison !

-Ce n'est rien, répondit Harry. Désolé pour le dérangement. Ça va peut-être se reproduire deux fois mais ensuite, ça n'arrivera plus.

-Deux fois ! s'exclama l'alpha de l'autre côté de la porte. Bordel, j'ai eu l'impression qu'on m'enfonçait des couteaux dans les oreilles ! Faites ça vite et ensuite, ne recommencez pas !

-Promis ! dit Hermione. Draco, tu devrais partir…

-Hors de question ! répliqua le lycanthrope. Et si ces choses vous attaquent ?

-Alors on se défendra, dit Harry en l'obligeant à se lever. Mais Hermione a raison. Tu devrais retourner chez Greyback. Je viens te rechercher ensuite. Mais tu devrais t'éloigner un peu… Va voir un médecin. Il y en a un à côté de chez Hystéria.

-Je sais, déclara Draco en le regardant avec une moue contrariée. J'habite ici aussi et depuis longtemps, tu sais ? Bon… Je n'ai pas le choix, n'est-ce pas ?

-Non, pas vraiment, répondit Harry en passant une main inquiète sur son cou, essuyant le sang. Va le voir… Puis va chez Greyback. Je t'y rejoins. »

Soupirant, Draco hocha la tête. Faisant fi de la présence de Ron, il se pencha sur Harry et l'embrassa.

« A tout de suite. »

Puis, sans attendre, il quitta la maison, s'éloignant presque en courant. Ça ne l'empêcha pas d'entendre le son suivant et il en tomba au sol de douleur. Pas dans les oreilles cette fois. Ce furent ses yeux qui se mirent à saigner, les couvrant de rouge carmin alors qu'il gémissait au sol. Il entendit quelqu'un crier son nom alors qu'il se roulait en boule puis un troisième son retentit. Dès lors, un flot de sang sortit de sa bouche alors qu'il perdait connaissance.

oOo

Quand Harry était arrivé chez Greyback, il avait été accueilli par un Chyreer à l'air sombre, un Gabriel occupé à faire les cents pas au milieu du salon alors que d'autres lycanthropes rongeaient leur frein dans leur coin. Etonné, il entra et se racla la gorge.

« Bon sang ! explosa Gabriel en se jetant presque sur lui. Mais qu'est-ce que vous avez foutu, tes amis et toi ? C'était quoi cet horrible son ? Et qu'est-ce qui arrive à Draco ?

-Draco ? demanda Harry, soudain inquiet de ne pas le voir. Où est-il ?

-A l'étage, intervint Chyreer en éloignant Gabriel, remarquant des traces d'ongle implantées dans le pull noir d'Harry, traces laissées par Gabriel. Il a… mal réagi aux bruits venant de chez toi.

-Mal réagi ? Comment ça ? demanda Harry, fou d'inquiétude.

-Comme du sang coulant de ses yeux et de sa bouche ! s'écria presque Gabriel. Bordel, je n'ai jamais vu ça avant !

-Tu n'as que seize ans, grogna Chyreer, l'air contrarié face au jeune homme. Tais-toi, Gabriel. Harry, qu'était ce bruit ? »

Le brun, livide, regardait celui qui était depuis peu son mentor dans le village.

« On… Hermione, Ron et moi avons détruit les objets maléfiques qu'il y avait chez nous, dit-il. On a trouvé ce soir comment les détruire… »

Les lycanthropes présents le regardèrent avec perplexité et soulagement. Aucun d'eux n'appréciait l'odeur mauvaise émanant de la maison des Gryffondor mais ils restèrent stupéfaits de la réaction de Draco.

« Peut-être l'avaient-ils contaminé d'une façon ou d'une autre ? proposa une femme à l'air malade, un peu plus loin. Nous sommes fort sensibles à ces choses et Draco dormait là depuis des jours ! »

Cette explication sembla convenir aux membres de la meute qui se détendirent. Chyreer se tourna pourtant vers Harry.

« N'amène plus ce genre de choses ici… Merlin sait ce que ça pourrait nous faire, à nous tous, sur une période plus prolongée. »

Harry acquiesça de la tête précipitamment puis, sans attendre, se dirigea vers le couloir menant à l'étage. Il gravit les escaliers en bois presque en courant avant de se retrouver face à Greyback qui marchait dans le couloir.

« Comment va-t-il ? Demanda Harry, terrifié.

-Mieux, répondit l'alpha. Ses yeux, ses oreilles et sa trachée sont guéris. A présent, il faut juste que sa fièvre baisse.

-Mais il va bien ? Il va s'en sortir ?

-Vu la vitesse de rétablissement d'un loup-garou, demain, il n'échappera pas à sa séance de combat avec Hystéria, lui dit Greyback avec un sourire moqueur. Potter… Je sais ce qu'étaient ces objets. »

Harry resta un long moment immobile, fixant le loup-garou d'un air incertain.

« Je ne sais pas quoi exactement, reprit Greyback. Mais je sais que c'était lié à… mon maître. Ce que vous avez détruit ce soir est un morceau de lui. J'ignore comment, mais c'était un morceau de lui. »

Déglutissant, Harry garda les lèvres closes. Il ne pouvait pas parler devant Greyback. Qu'importe que l'alpha veille sur lui en l'autorisant à être au village, l'aide en ramenant des cheveux de Bellatrix, il n'oubliait pas que sur une question bien tournée de Voldemort, l'homme serait obligé de tout révéler, tenu par son serment.

« Merci, dit Greyback. Il est toujours là. Je suis toujours lié à lui… Mais moins. Merci. »

Harry resta un instant coi puis hocha la tête, incapable de sourire tant son inquiétude l'étouffait.

« Et pour Draco ? demanda-t-il.

-Incompréhensible, dit Greyback. On a tous été touché par le son… mais nous l'avons juste très fortement entendu, ça n'a fait saigner personne…

-Un loup a pensé que c'était peut-être une contamination des objets… vu que Draco est souvent en leur présence…

-Envisageable, dit Greyback. Probable, même. Si tu en trouves d'autres, ne le mets pas en présence de façon trop… répétée. »

Harry hocha de la tête.

« Mais il va bien ?

-Il ira mieux demain, biaisa Greyback. Va près de lui, maintenant. Il t'appelle sans arrêt. »

Harry acquiesça et s'empressa de dépasser l'alpha pour aller dans la chambre de Draco. Ce dernier était allongé entre ses draps, endormi mais agité. Il remuait dans tous les sens, geignant douloureusement alors que de la sueur coulait de son front. Sans attendre, il courut jusqu'au lit où il s'assit précipitamment, sa main se posant sur le front bouillant. Il grimaça puis avisa une vasque d'eau froide et un linge. Comprenant que Greyback l'avait laissé là pour lui, il attrapa le linge, le mouilla, le tordit et le posa sur le front moite. Puis il enleva ses chaussures, ses chaussettes et il se glissa sous les couvertures, tirant Draco contre lui jusqu'à l'installer entre ses jambes, sa tête contre son ventre.

Le lycanthrope émit un geignement puis sembla se calmer un peu, gigotant un peu moins en reconnaissant sans doute son compagnon.

« Harry, murmura Draco.

-Je suis là, répondit ce dernier en se penchant sur lui pour embrasser son front. Je suis là, Draco. »

Le blond souffla, comme apaisé. Harry soupira en caressant sa joue humide, regardant ses yeux étrangement cernés de noir, sa bouche noircie également, tout autant que ses oreilles.

« Je suis désolé, murmura-t-il en se penchant sur lui. Je suis vraiment désolé. »

Personne n'aurait pu prévoir que Draco serait touché par les horcruxes à force d'y être exposé mais Harry ne pouvait s'empêcher de culpabiliser. Il n'aurait jamais dû laisser ces choses près de Draco.

« Maman, marmonna le blond en enfouissant son visage contre Harry, se plaçant sur le ventre. Papa… »

Harry écarquilla les yeux en l'entendant, sentant un chagrin intense l'envahir. Jamais Draco ne lui avait semblé plus enfant et fragile que sur le moment. Il avait tendance à ne pas s'appesantir sur la perte de ses parents. Il en avait souffert et ce serait toujours le cas. Mais il les avait perdus si tôt qu'il ne ressentait qu'un vague élancement dans le cœur. Mais Draco avait vécu avec ses parents dix-sept ans. Il avait été dorloté, gâté par eux. Il s'était battu pour eux… Mais il les avait finalement perdus. Et là, sous la fièvre, l'indifférence, le silence qu'il gardait sur cette perte avait éclaté.

Pendant des heures, Harry le berça en écoutant ses sanglots suppliant, mêlés de gémissements, alors qu'il appelait tantôt son père, sa mère ou son compagnon, les implorant parfois de ne pas l'abandonner. Harry avait eu envie de pleurer en l'entendant. Puis, finalement, vers quatre heures du matin, il sentit que le corps chaud tremblait moins. Les bruits douloureux s'apaisèrent, les mots torturés aussi. Et peu à peu, sa température diminua. La noirceur de sa bouche, de ses oreilles et de ses yeux s'atténua, petit à petit. Puis, enfin, Draco ouvrit deux yeux brillants et égarés. Harry soupira en les voyant, faisant un léger sourire tremblant.

« 'Ry ? demanda Draco, la voix rauque. Tu as une tête de mort vivant… »

Malgré lui, Harry se mit à rire en l'entendant, presque hystérique. Il tira sur lui de toutes ses forces, jusqu'à ce que Draco soit assis entre ses jambes pour qu'il puisse l'enlacer et le serrer fort.

« Je suis désolé, dit-il, réellement déchiré par sa culpabilité. Draco, je suis tellement désolé…

-Pourquoi ? demanda le blond. Qu'est-ce qu'il y a…

-Tu… les horcruxes… Ils t'ont blessé… Je n'aurais pas dû te laisser si souvent être si proche d'eux. J'aurais dû les enlever dès que tu t'es plaint de leur odeur.

-Je ne comprends pas, dit Draco en le serrant. J'ai été touché par eux ? »

Harry acquiesça de la tête avec difficulté, le regardant avec inquiétude. Greyback n'avait pas menti : Draco semblait en pleine forme, malgré un petit air fatigué et des cheveux encore un peu humides à cause du linge frais que Harry avait passé sur sa tête pendant des heures et la sueur apportée par la fièvre.

« Ce n'est pas comme si c'était ta faute, dit Draco. Tu ne pouvais pas savoir que je serais touché. Je ne le savais pas non plus…

-Mais j'aurai dû les éloigner quand même ! Pardon. »

Draco secoua la tête puis, jetant le linge humide sur le sol, il se glissa dans le lit et tira Harry à lui. Il grogna face à ses vêtements et les lui enleva sans douceur, Harry l'aidant pour ne pas les retrouver déchirés. Nu, il se retrouva enlacé par le corps chaud, mais d'une chaleur naturelle, de son amant.

« Je vais bien maintenant, déclara Draco.

-Mais il y avait du sang, dit Harry. Dans tes oreilles, tes yeux… et ta bouche. »

Draco grimaça. Il se rappelait la douleur, la brûlure et le goût de son propre sang dans sa bouche mais il éloigna ses souvenirs désagréables et se concentra sur le jeune homme coupable.

« Ce n'était pas de ta faute et tu le sais. Ils m'auraient peut-être atteint, même dans une autre pièce, dit-il. Harry… Je vais bien maintenant. C'est tout ce qui importe, d'accord ? »

Le brun mit un petit moment avant de hocher la tête. Il se rapprocha pourtant de son amant et se serra contre lui, l'étreignant de toutes ses forces. Il leur fallut un long moment pour s'endormir. Harry pensa longuement à la terreur qu'il avait ressentie et au fait qu'il ne voulait plus jamais la sentir. Draco, lui, resta tendu. La douleur… la brûlure… et le hurlement plaintif de son loup… ses bras se resserrèrent autour d'Harry. Qu'importe ce que les horcruxes lui avaient fait… ça avait été dangereux. Et ça l'avait atteint jusqu'à son âme.

A suivre…

Et je vous donne rendez-vous le 26 février! Ouais, je sais... C'est loiiin! Mais vous survivrez! niark! Ah et le nom du chapitre 17, juste pour indication, c'est...: Godric's Hollow