Titre : Alpha Potentiel
Résumé : Pour avoir lâchement désobéi à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM
Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)
Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !
Note de l'auteur : Faut jamais demander de l'action à Umbre. Naaan, jamais. Qui a dit « il ne se passe rien » ? Tenez, c'est cadeau. Dégustez. Moi, je me marre ! A dans un mois !
Et sur ce, je publie en avance! Tant pour m'obliger à finir mes RAR que pour avoir une récompense, demain, après ma leçon d'auto-école. On se retrouve dans un mois, le 26 mars... Jour important pour moi, ou presque, mais je ne peux rien dire, c'est secret! loll
Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Alors, au début, on va dire… mince, qu'est-ce que j'ai regardé à la télé hier ? Je devrais peut-être mettre « émission regardée » à la place… Ah, vi, donc, Scream 2 jusqu'à la moitié du chapitre, OST de Naruto Shippuden avec la chanson Despair et Tragic. Et enfin, pour LA scène qui va vous donné des envies de meurtres, Dark empire, X-Ray dog. Demandez Hagane pour toute réclamation phonique ! loll
Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !
Nombre de chapitre : 24 commencé.
oOo
Chapitre 17 : Godric's Hollow
Harry fut tiré de son profond sommeil par une série de grognements et une voix forte intimant à Draco de se calmer. Il sentait le corps du blond pesant sur le sien et il eut un peu de mal à comprendre ce qu'il se passait. Ouvrant un œil flou dû à l'absence de lunettes, il regarda autour de lui mais rencontra vite un torse ferme et pâle qui le surplombait. Près du lit, il entendait Greyback parler mais sa difficulté à se réveiller l'empêcha de se concentrer sur les mots. Le grognement rauque était continuel et proche et Harry mit un petit moment pour comprendre qu'il venait de son compagnon. Levant la main, il la passa sur le torse doux et nu au-dessus de lui, attirant sur lui un regard argenté et animal.
« Draco ? marmonna-t-il, les yeux perdus. Qu'est-ce qu'il se passe ? »
Le blond ne répondit pas, se contentant de le regarder avec une intensité qui fit frissonner Harry. La seule fois où Draco l'avait dévisagé de cette façon, c'était peu de temps avant la pleine lune. Les pupilles fendues, ses oreilles plaquées contre sa tête, les dents plus longues que la normale, Draco le dévorait du regard. Harry frissonna sous tant de désir, sentant son corps y réagir.
« Potter, ce n'est pas le moment de l'encourager. Draco ne se contrôle pas du tout ! Je suis venu pour essayer de le réveiller et il m'a attaqué dès que je suis rentré dans la chambre ! »
Harry eut du mal à détacher ses yeux de Draco pour regarder Greyback, plaqué contre le mur, une trace de griffure sur l'épaule, de ce qu'il pouvait distinguer.
« Mais… la pleine lune n'est que dans quoi… ? Deux semaines ?
-Deux semaines et quatre jours, répondit Greyback. J'ignore totalement ce qu'il se passe mais il vaudrait mieux que tu sortes. »
Harry resta un instant interdit, les yeux fixés sur l'alpha. Puis il tourna la tête vers Draco, continuant inconsciemment de caresser son torse, au niveau des cicatrices sur son cœur.
« Non, ça ira, dit-il d'une voix décidée. Sortez. »
Le silence accueillit ces mots.
« Potter, je ne crois pas que vous…
-Je réalise, coupa Harry en fixant Greyback. Sortez. Je ne suis pas exhibitionniste. »
Greyback écarquilla les yeux. Puis, au bout d'une trentaine de secondes de stupéfaction, il hocha la tête et sortit, sans tourner le dos par prudence. Il referma la porte derrière lui, les laissant seuls. Aussitôt, Draco sembla se calmer légèrement, son corps prêt à l'attaque se relaxant pour se couler contre celui de Harry avec sensualité.
« Qu'est-ce qu'il t'arrive ? demanda Harry en le regardant. Draco ? Tu m'entends ? »
Le lycanthrope ne répondit pas. A la place, il enfouit son visage contre son cou, poussant un couinement envieux. Harry eut un soupir d'agrément et ferma les yeux pour savourer les coups de langue sensuels.
« Tu as du… du lubrifiant ici ? » demanda Harry en caressant son dos.
Aucune réponse à nouveau. Manifestement, Draco n'était pas très causant. Il avait des idées nettement trop orientées, au vu des caresses de ses mains légèrement griffues.
En temps normal, Harry aurait dû y être réfractaire. Ce n'était pas Draco qui le surplombait. C'était le loup, manifestement fermement décidé à le dévorer, sexuellement parlant. L'étrangeté de la chose venait de l'absence de la lune dans le ciel. A moins que Draco ne soit encore somnambule ? Mais non, il avait attaqué Greyback quand ce dernier était entré…
« Draco, gémit Harry à son oreille. S'il te plaît… »
Le lycanthrope s'écarta de lui pour le regarder, grognant sourdement, comme menaçant Harry d'oser le contrarier. Raisonnable, Harry s'alanguit contre lui, penchant la tête sur le côté pour exposer sa morsure sur son épaule, mais aussi sa gorge, se soumettant au loup. Ce dernier émit un son appréciateur et se pencha, ses dents frôlant les traces argentées. Harry inspira. Il l'avait senti venir dès le moment où il avait vu l'air dominateur et s'y était préparé mais ça ne l'empêcha pas de sursauter lorsque Draco le mordit, plantant ses dents longues à l'endroit exact de la morsure.
Plusieurs sensations se firent sentir en Harry. D'abord la douleur d'avoir la peau percée par une mâchoire aiguisée et puissante puis, brutalement, un sentiment d'appartenance, de protection et d'amour l'envahit. Il gémit, incapable de comprendre d'où venait cet amour renversant avant de réaliser que ce qu'il ressentait venait de Draco. En réponse, il tenta de se concentrer un maximum sur ses propres sentiments, conscient que le loup devait lui aussi les ressentir. Il pensa à combien il aimait se soumettre à son compagnon et ses envies, combien il avait appris à l'aimer, il ne savait trop comment et à l'accepter, entièrement. Et soudainement, les dents disparurent, les sensations extraordinaires aussi et Harry se détendit. Il rouvrit les yeux, qu'il n'avait pas conscience d'avoir fermé, pour croiser les yeux humains d'un Draco stupéfait.
« Merde… Harry… je… Je suis désolé, dit-il en regardant la blessure ensanglantée sur l'épaule de son amant.
-Pas moi, répondit le brun en l'enlaçant pour le serrer contre lui. C'était magnifique. »
Draco écarquilla les yeux en l'entendant, crispé. Pour le détendre, Harry passa une main douce dans son dos, déposant de petits baisers sur la peau qu'il pouvait atteindre dans leur position.
« Mais… euh… je t'ai…mordu…
-Et tu m'as fait ressentir quelque chose d'incroyable, répondit Harry en l'écartant pour le regarder. C'était… indescriptible. »
Draco le contempla avec stupéfaction pendant un long moment.
« Est-ce que tu as… des tendances masochistes ? »
Harry éclata de rire malgré lui.
« Mais non, idiot. La morsure était douloureuse, c'est vrai ! Mais… Je ne sais pas. J'ai soudainement ressenti… tout ce que le loup éprouvait pour moi. Tout ce que tu éprouvais. Et c'était magnifique. »
Draco se laissa tomber contre lui en soupirant.
« Moui, mordre… enfin, remordre à l'endroit du lien primal permet au loup de raffermir l'appartenance et de transmettre comme… un résumé de ce qu'il ressent pour la personne. Mais normalement, ça ne se fait pas. Enfin, si, mais ça arrive dans des moments intenses, comme le sexe ou…
-Il était très motivé à en avoir, lui, interrompit Harry en le regardant en biais.
-Motivé ? Déterminé, je dirais. Il n'arrête pas de m'envoyer des appels…
-Des appels ? demanda Harry. Comment ça ? Comment ça se passe, en fait, entre vous ?
-Très bien, merci de t'en inquiéter, se moqua Draco. Comment dire ? En temps normal, le loup reste endormi et latent en chaque humain contaminé, pendant tout le mois, sauf lorsque la lune apparaît. Là, nous entrons dans les phases lunaires. Ce qui correspond à une excitation grandissante et à un éveil sensoriel assez puissant, de jour en jour, jusqu'à nous rendre totalement loup à la pleine lune. Là, le loup s'impose un peu plus à l'humain qu'il habite, jusqu'à prendre le contrôle définitif. Mais ça, c'est pour un loup normal. Ce que je ne suis pas, vu que je suis un alpha. »
Harry hocha la tête. En effet, le loup de Draco était tout, sauf latent.
« Pour un alpha, le loup est nettement plus présent. La sensation du quart de lune pour un loup normal, on va dire. Il peut parfois intervenir, surtout pendant le sommeil. Et comme tu l'as déjà remarqué à cause de mes foutues oreilles, de cette queue qui me dérange quand je m'assieds ou parfois de mes dents, il se permet aussi d'influer sur ma physionomie lorsqu'il est… excité. Il peut aussi parfois influencer l'humain. Pour exemple, actuellement, il accroît mon envie de toi afin que je réalise l'idée qu'il me susurre à l'oreille, soit te retourner comme une crêpe sur le lit et te baiser comme un fou. »
Sans surprise, le visage d'Harry devint rouge alors qu'il écarquillait les yeux. Il ouvrit la bouche au bout de quelques secondes puis la referma. Puis, inspirant en fermant les yeux, il les rouvrit au bout d'une seconde et dit :
« Chiche ! »
Draco resta un instant pétrifié, le mot faisant son chemin dans sa conscience et manquant de lui faire perdre la raison. Il se retint difficilement de répondre au défi, au grand agacement du loup en lui.
« Pas sans préparation, répliqua Draco, la voix rauque et les yeux brutalement moins humains.
-Tu as du lubrifiant ici ? redemanda Harry, décidé.
-Euh… oui, répondit le blond, stupéfait. Tu… tu es sûr ?
-Oui, affirma Harry. J'en ai envie. Vraiment. Et j'en ai marre de retarder ça juste parce que j'ai… peur d'une douleur qui sera provisoire, je le sais. Et je sais aussi que tu ne me feras pas de mal intentionnellement. Et bordel, je t'ai déjà dit que je n'étais pas une fille ! »
Draco sourit, amusé.
« Non, tu n'en es pas une, dit-il. Je le sens très bien depuis tout à l'heure. Je peux juste soulager ça, tu sais ? Nous ne sommes pas obligés d'aller si loin…
-Tais-toi et fais ce que je te demande ! s'énerva Harry. J'ai. Envie. De. TOI ! »
Draco le fixa un long moment, déglutissant. Et lui donc, combien avait-il envie de lui ? Mais il n'était pas sûr de pouvoir se contrôler, pas avec le loup prêt à prendre le relais dès qu'il baisserait sa garde. Malgré tout, il ne put refuser à Harry ce qu'il demandait. Le Gryffondor le dévisageait, les joues en feu et le cœur battant d'appréhension. Et fait important, il tremblait. Mais pas de peur, ça non. C'était de l'excitation qui le rendait si fébrile. Son désir. Draco le percevait, le lien plus fort que jamais à cause de la morsure toute récente.
« Puisque tu le demandes avec tant de force », dit-il en souriant, séducteur.
Il se pencha sur lui pour l'embrasser et Harry leva vivement la tête pour le toucher plus rapidement. Le baiser fut langoureux mais profond. Draco ne pouvait pas nier la motivation de son amant et celle-ci le grisait encore plus que le loup. Très rapidement, profitant que les cuisses de Harry étaient déjà ouvertes et qu'il soit placé entre, il se mit à bouger du bassin, masturbant leurs sexes l'un sur l'autre. Harry geignit dans sa bouche, crispant ses mains dans son dos, ses doigts pressant sa peau avec un peu plus de force.
« Ironique, non ? chuchota Draco en descendant le long de son corps, reniflant son cou, le long de sa trachée, de son sternum pour ensuite donner un coup de langue provocateur sur un téton dressé vers lui. C'est ici, que nous avons fait l'amour pour la première fois. »
Se mordant les lèvres pour ne pas gémir, Harry hocha la tête à sa réflexion.
« Cette chambre t'excite, Harry ? demanda Draco avec moquerie. Ou est-ce le fait que Greyback et Chyreer peuvent probablement tout entendre de ce que nous faisons… ? »
Harry écarquilla les yeux sous les mots provocateurs mais il n'eut pas le temps de répondre qu'il sentit une langue taquine passer sur le bout de son érection. Un simple petit couinement lui échappa et il attrapa l'oreiller sous sa tête entre ses doigts pour le serrer.
« Avec une telle réaction, ils vont croire que la réponse est oui, Harry, se moqua Draco en reprenant ensuite sa torture, se contentant de parcourir son sexe de la pointe de sa langue.
-Tu… Draco… Ne dis… »
Harry poussa un cri, incapable de parler face aux mouvements de son amant. Ce monstre avait appris par cœur ce qu'il aimait que Draco lui fasse, dans ce genre de pratique et il s'en servait avec une habilité s'expliquant par l'entraînement régulier des jours précédents.
« Que dis-tu, Harry ? ronronna presque Draco en souriant, recommençant aussitôt.
-Connard !, répliqua Harry avant de pousser un gémissement sonore lorsque la bouche de Draco vint aspirer ses testicules pour ensuite se mettre à les sucer, alors que sa main voyageait de bas en haut sur son sexe.
-Quelle vulgarité », rétorqua Draco, reprenant ensuite sa torture langoureuse.
Harry émit une plainte, agacé. Merlin, pour quoi allait-il passer aux yeux de Greyback et Chyreer, à cause des manigances de Draco ? Ses préoccupations sociales s'envolèrent lorsqu'il sentit une langue taquine quitter ses testicules pour, très lentement, glisser jusqu'à son anus et le titiller.
« Oh, Draco… Qu'est-ce que tu… Oh, mon Dieu ! »
Draco esquissa un sourire. Il avait gardé ça pour ce moment. Il savait que cela lui plairait et au vu des petits cris que poussa son amant, il devina que Harry aimait vraiment ce qu'il faisait, malgré son embarras. Sans pudeur, Draco fit glisser sa langue dans l'anus de son amant. Il savait que sa salive aiderait. Bien sûr, il avait du lubrifiant, mais juste au cas où… c'était un produit moldu, après tout…
Avec une sorte de délectation, il repensa aux chaînes cachées dans son armoire et au petit short – spécialement adapté, avec une ouverture à l'arrière – et son excitation grandit, le rendant un peu plus vif dans son action. Mais Harry n'était pas encore prêt pour ça alors il éloigna son envie de les sortir pour se concentrer sur ses doigts qui commencèrent à envahir l'entrée étroite de son amant.
Il commença par un doigt et, comme toujours, Harry le reçut sans difficulté, bougeant même des hanches pour l'accueillir. A la dernière minute, Draco pensa à s'arrêter pour enlever sa langue et son doigt, se redressant.
« Non, supplia Harry en le regardant bouger. Ne t'arrête pas…
-Je vais juste chercher le lubrifiant, Harry, répondit Draco d'une voix apaisante. Je reviens dans trente secondes. »
Du reste, il se contenta de se redresser au-dessus de Harry qui, excité, se mit à frotter son sexe humide contre la cuisse de Draco, placée entre les siennes. Le blond faillit perdre la tête en le voyant agir de cette façon et se hâta d'ouvrir le tiroir de sa table de nuit pour en sortir le flacon de lubrifiant. Il le déboucha avec rage et appuya doucement, du liquide transparent et glissant coulant dans sa main. Tout en retournant entre les jambes écartées d'Harry, il s'en badigeonna les doigts. Puis, doucement, il renfonça son index en Harry, surpris de sentir son doigt pénétrer si facilement alors que le brun geignait d'appréciation.
Il ne fallut que quelques secondes à Draco pour oser faire entrer son majeur, toujours si étonné de l'aisance du geste. Ses doigts étaient toujours à l'étroit en Harry mais ils se faufilaient en lui avec un petit bruit que Draco jugea indécent mais délicieux. Comprenant qu'il pouvait se montrer un peu moins délicat, il en profita pour bouger ses doigts avec plus de vigueur, les écartant de façon régulière afin d'habituer son amant. Puis il rajouta le troisième et continua, encore et encore, l'oreille tendue vers les sons exquis qu'émettait Harry.
Ce dernier n'osait même pas regarder Draco. Il savait que le lycanthrope souriait, les yeux fixés sur ce que ses doigts faisaient. Etrangement, il fut plus excité encore en imaginant lui aussi les doigts de son amant bouger de bas en haut. Harry regretta presque qu'il n'y ait pas de miroir au-dessus puis la honte d'une telle pensée le percuta et disparut aussitôt sous le plaisir brutal qu'il ressentit, lorsque Draco reprit son sexe en bouche.
Baissant la tête, il regarda la bouche pâle monter et descendre, son excitation semblant l'immerger totalement et ses cris se faisant beaucoup plus sonores. Les doigts de Draco, en lui, faisaient des merveilles et Harry ressentit brutalement l'envie que ce ne soit plus des doigts. Alors, difficilement, il se mit à supplier.
« Draco, dit-il d'une voix plaintive. Je veux… toi… »
Le blond releva les yeux vers lui, sa bouche cessant son activité. Il déglutit, soudain nerveux et sortit ses doigts d'Harry. Pendant un instant, il resta là, immobile, incapable de savoir quoi faire. Harry haletait, le regardant de ses yeux brillants et légèrement flous à cause de la myopie excessive. Ses joues étaient d'un rouge foncé excitant et ses lèvres prenaient peu à peu la même teinte sous les coups de dents impatients qu'il se donnait.
« Draco », réclama-t-il en levant la main vers lui.
Le loup-garou eut l'impression gênante que sa queue lycanthrope remuait de gauche à droite au son de cet appel et c'est avec un mouvement totalement animal qu'il alla frotter sa tête contre la paume tendue, jusqu'à finir coucher contre son amant. La respiration de Harry sembla s'accélérer et il remarqua que lui aussi respirait plus vite.
Pendant un court instant, il fut tenté de demander à Harry s'il était sûr. Mais il croisa ensuite le regard déterminé de son amant et referma la bouche, s'écorchant une lèvre à cause de ses dents trop proéminentes. Dans un mouvement lent, Harry se redressa légèrement et lécha sa lèvre et son sang de la pointe de sa langue, Draco gémissant en le voyant faire. A son tour, il sortit sa langue et lapa celle de son amant pour ensuite l'attirer dans sa bouche. Ils s'embrassèrent un long moment, jusqu'à ce qu'Harry décide que c'était trop long. Alors, courageusement, il entoura la taille de Draco de ses jambes, bougeant ensuite des hanches contre lui. Presque aussitôt, le blond gémit plaintivement.
« Tu ne… me simplifies pas la tâche, hein ? grogna Draco, conscient que son esprit perdait de plus en plus de sa résistance.
-Pourquoi je le ferais ? demanda Harry. Je te veux ! »
Un petit couinement échappa alors au blond qui cessa de se contrôler. Il le voulait ? Il le voulait vraiment ? Alors foi de Draco Malfoy, il allait l'avoir.
« Ne t'avise pas de pleurnicher ou de vouloir arrêter, lui dit-il d'une voix menaçante, dominatrice. Parce que ce sera hors de question ! »
Et avant qu'Harry ait eu le temps de répondre, lentement mais fermement, il le pénétra. Contre lui, le Gryffondor poussa un petit son plaintif à la sensation du sexe épais de Draco qui s'immisçait en lui, mais il ne pensa pas une seconde à lui demander d'arrêter. A la place, il resserra l'étreinte de ses jambes et crispa ses doigts sur l'oreiller sous sa tête. Draco entra complètement. Lentement, mais complètement. Il s'arrêta une fois qu'il l'eut pénétré, le souffle précipité et le corps tremblant, incapable d'y croire. Il y était. Après trois mois de lien complet, presque quatre, il y était. Une forte émotion l'enserra mais il la réfréna. Il ne devait pas se laisser aller, pas encore. A la place, il tenta de se redresser pour regarder Harry mais ce dernier le plaqua contre lui, l'empêchant de le voir.
« Attends, geint le brun contre lui. Ne bouge pas d'un centimètre. »
Sa voix était hachée et son corps tremblait aussi. Inquiet, Draco gigota pour tenter de se dégager et, dans son mouvement, déplaça légèrement son sexe, arrachant à Harry un petit couinement.
« Harry ? demanda Draco en stoppant tout mouvement. Est-ce que…
-Je vais bien, coupa le brun. J'ai juste besoin… Une seconde, d'accord ? C'est si… Hum… »
Le son n'était pas douloureux, plutôt émotif et Draco esquissa un sourire en comprenant que la vague de sentiments qu'il avait ressentie un peu avant n'avait pas envahi que lui. Manifestement, Harry aussi était ému du moment.
Au bout de quelques secondes qui parurent interminables à Draco, Harry souffla et l'écarta de lui pour le regarder, ses mains caressant son dos et ses épaules.
« Bouge, dit-il. S'il te plaît, bouge. »
Draco hocha la tête. Puis, avec beaucoup de prévenance, il initia un premier mouvement de hanches. Harry eut un petit mouvement nerveux de la tête et il poussa un soupir alors que, tout en douceur, Draco allait et venait, les yeux fixés sur son visage, appréhendant la moindre de ses réactions. Pourtant, rapidement, la gêne éprouvée par Harry sembla se fondre en plaisir et il se mit à bouger des hanches pour accompagner Draco dans ses mouvements. Leurs corps frottaient l'un contre l'autre et, peu à peu, les sons que Harry poussait démontrèrent un plaisir réel et de plus en plus intense. Accroché à Draco par ses jambes, il gémissait en bougeant des hanches.
La sensation du sexe du lycanthrope en lui avait d'abord été douloureuse puis un peu dérangeante. Puis, au fur et à mesure, la gêne s'était métamorphosée en quelque chose d'agréable qui devint, petit à petit, délicieux. Il sentait l'érection de Draco pousser en lui, entrer et sortir pour finalement venir frapper sa prostate d'abord avec douceur puis avec une certaine dureté qu'il adora. Bien vite, se furent des cris que Harry poussa alors même qu'ils bougeaient l'un sur l'autre avec frénésie. Un peu de sueur coulait sur leur corps et ils émirent un son d'extase.
Enfin. C'était tout ce que Draco était capable de penser. Harry était à lui et l'acceptait entièrement. Il l'accompagnait dans ses mouvements, ne le rejetant pas, ne souffrant pas, criant au contraire son plaisir. Et ce simple fait aurait pu le satisfaire, mais la sensation de son sexe bougeant en Harry, de cette chaleur qui l'englobait, mais aussi de tout le corps chaud de Harry qui se contractait sous lui, entièrement à sa merci. Peu à peu, Draco perdit son contrôle pour simplement donner les coups de hanches violents qu'il désirait.
« Ha… Draco, gémit le brun, cambrant son corps sous ses allées et venues de plus en plus vives. Tu… c'est… Oui »
Draco dut se mordre la lèvre pour ne pas choquer Harry par le hurlement qu'il eut envie de pousser face à ses mots hachés. Manifestement, le brun appréciait sa violence, augmentant lui aussi ses déhanchements pour rendre l'acte plus vif. Enfouissant son visage dans le cou de Harry, Draco se mit à aspirer la peau dans sa bouche, la mordant, la léchant, la suçant de toutes ses forces, des sons de plaisir s'échappant malgré tout de sa gorge.
« Draco, geignit encore Harry. Je… je vais… je vais jouir…
-Oh, moi aussi, grogna Draco à son oreille. Moi aussi, Harry. »
Ils bougèrent encore plus vivement puis, brutalement, Harry renversa la tête en arrière, les yeux grands ouverts alors que son sperme se répandait sur leurs ventres collés. Draco n'eut le temps que de faire une allée et venue en plus avant de céder au resserrement brutal de l'anus d'Harry. Il éjacula avec satisfaction en Harry, savourant la sensation de le marquer, définitivement, une nouvelle fois.
« Oh, oui, gémit Harry en sentant la semence de son amant s'écouler en lui.
-Putain, Harry, grogna Draco en l'entendant. T'es si… ptain… »
Il ne parvenait pas à trouver ses mots. Il était extraordinaire, magnifique, excitant, bandant, sexy… et il était à lui, surtout. Réalisant cela, Draco l'enserra pour ensuite l'embrasser. Il eut conscience que son corps devait être lourd pour la physionomie plus délicate d'Harry, mais ça ne l'empêcha pas de rester à sa place, le corps tremblant d'extase entre les cuisses de son amant tout aussi fébrile.
Pendant un long moment, ils restèrent immobiles, la respiration haletante, incapable de bouger, de parler, savourant seulement le plaisir qui traversait leur corps et la chaleur qui émanait d'eux. Puis, peu à peu, la sueur de leur corps sécha, leur donnant un peu froid. Draco se décida alors à se redresser, sortant enfin son sexe du corps tremblant sous le sien. Il baissa les yeux, admirant l'anus rougi brillant de son sperme et cette image le satisfit tant qu'il eut envie de hurler, hurler comme l'aurait fait un loup et non comme un homme. Mais il contint aussi cette envie. Il n'avait pas vraiment envie de traumatiser Harry. Alors à la place, il pivota sur lui-même, cherchant la couverture qui, au cours de leurs ébats, était tombée au sol. Se penchant au bout du lit, il l'attrapa et la tira pour ensuite aller se coucher sur le lit et enfin, installer la couette sur eux.
Toujours couché sur le dos, Harry ne bougeait pas, respirant plus lentement, les yeux fixés sur le plafond.
« Est-ce que ça va, Harry ? demanda Draco en s'appuyant sur son coude, le corps tourné vers celui de son amant.
-Mhmm, répondit le concerné, comme figé.
-Tu es sûr ? »
Harry tourna la tête vers lui, les yeux un peu égarés. Puis, brutalement, il rougit en écarquillant les yeux et attrapa la couverture pour se cacher en dessous, se recroquevillant.
« Harry ? demanda Draco, stupéfait. Harry, qu'est-ce qu'il se passe ? Je… Harry ? Sors de là ! Je t'ai… Qu'est-ce qu'il y a ? »
Il avait beau tirer sur la couette, Harry la tenait fermement sur son visage, l'empêchant de le voir. Effrayé par son comportement, Draco sentit peu à peu la panique l'envahir. L'avait-il blessé sans s'en rendre compte ? Harry était-il fâché parce qu'il n'y avait pas mis assez de douceur, se laissant aller à une violence qui l'aurait traumatisé ?
« Oh non, tout sauf ça ! »
« Harry, dis-moi ce qu'il se passe ! Est-ce que je… t'ai blessé ? J'y suis allé fort, je sais et je suis désolé. Je te promets que je ne le ferai plus. Plus jamais si tu veux. Ça me va très bien de juste nous caresser avec nos mains ou notre bouche. Alors par pitié, sors de cette couverture ! Harry ! Harry, est-ce que tu vas bien ?
-Je vais bien, fit la voix étouffée de Harry. Je vais très bien.
-Alors pourquoi est-ce que tu te caches ? »
Il y eut un long silence pendant lequel Draco eut l'impression qu'il allait se mettre à pleurer d'angoisse. Puis, doucement, la couette baissa, révélant un front rouge, deux yeux brillants puis des joues incandescentes. Tout le visage d'Harry était empourpré.
« Harry ? interrogea Draco. Tu veux que je m'en aille ? Est-ce que… Je vais partir, d'accord, je…
-Non, ça va, répondit le brun, visiblement troublé. Je… je vais très bien, en fait. »
Draco haussa un sourcil interrogateur. Il n'y comprenait plus rien. S'il allait si bien, alors quel était le problème ?
« Je t'ai blessé ? demanda-t-il.
-Non, répondit Harry d'une voix basse et gênée.
-Je… est-ce que je t'ai choqué ou…
-Non, tu n'as… tu n'as rien fait, répondit Harry, baissant les yeux d'un air gêné.
-Alors qu'est-ce qu'il y a ? » redemanda Draco.
Harry ne répondit pas tout de suite, semblant rougir encore plus. Puis il leva les yeux vers lui, déglutissant.
« J'ai… J'ai adoré, dit-il, mortifié. Ce que… j'ai vraiment… vraiment adoré ça. »
Draco sentit un soulagement sans nom l'envahir. Adorer. Il avait adoré ! La satisfaction de savoir que quoi qu'il arrive, il avait satisfait son amant, fut telle qu'il eut de nouveau envie de pleurer, mais de joie cette fois.
« Et ? demanda-t-il, la voix tremblante.
-Et je… je ne m'y attendais pas, couina presque Harry. J'aime que tu me touches, que tu me lèches, que tu m'embrasses… et c'est normal parce que… et bien, mon corps est stimulé par tes attouchements. Tes doigts… c'était étrange d'aimer que tu les enfonces… mais pour… pour… euh…
-Ma queue ? » demanda Draco, sceptique.
Harry rougit de plus belle en hochant la tête.
« J'ai adoré, dit-il, comme si ça expliquait son comportement.
-Je ne comprends toujours pas où tu veux en venir », lui dit Draco.
Harry soupira et enleva la couverture de son visage, de son cou et du haut de son buste, révélant par la même occasion que tout son visage irradiait, la rougeur se propageant même jusqu'à son cou.
« Je ne pensais pas… je veux dire… J'accepte notre relation. Totalement. Malgré le fait… Que tu sois un homme, je l'accepte. Mais… j'ai toujours été persuadé que… même si j'acceptais, une relation physique avec toi n'irait jamais plus loin qu'une vague… appréciation. Mais j'ai… j'ai adoré. »
Draco haussa de nouveau un sourcil sceptique face à ses mots.
« Et en quoi… je veux dire… C'est plutôt bien, non ? »
Harry hocha la tête avec lenteur.
« Oui… mais… je… J'ai adoré ! »
Il dit ça d'une voix presque plaintive et Draco mit un certain temps avant de comprendre où exactement était le problème. Soupirant, il s'approcha de lui pour aller déposer un baiser sur son front. Il descendit lentement sur son visage, embrassant son nez, ses yeux, ses joues puis sa bouche.
« Tu n'en es pas moins homme, lui dit Draco. Le fait que tu aies adoré que je te… prenne, ne fait pas de toi quelque chose d'horrible, de monstrueux. Tu restes celui que tu es. Si le fait d'apprécier la sodomie te rend honteux, de mettre sur toi l'étiquette d'homosexuel, alors ne la mets pas. Rien ne t'oblige à te coller cette étiquette sur toi. Tu es mon compagnon. Dis-toi que tu n'as pas le choix si ça peut te soulager…
-Mais j'ai le choix, l'interrompit Harry en se redressant. J'ai le choix et je le sais. Et je sais aussi que… que même si tu me disais comme tantôt que tu ne me feras plus jamais ça, que tu partirais pour moi, le fait est que je ne le veux pas. J'ai besoin de toi. J'ai… j'ai adoré ça et j'en ai encore… envie. »
Ce dernier mot apporta une accentuation de la rougeur qui s'était légèrement calmée et Draco resta un instant pantelant avant de comprendre.
« Tu en as encore envie ? dit-il, séducteur.
-Ne te moque pas ! s'insurgea Harry.
-Je ne le fais pas, répondit Draco en se redressant aussi pour faire tomber Harry, se mettant à quatre pattes au-dessus de lui. Tu me veux encore en toi, Harry ? »
Le brun frissonna en l'entendant, rougissant.
« Tu as aimé que je te prenne, c'est ça ? Que je m'enfonce en toi ? Que je jouisse en toi ? »
A ces mots, Harry rougit encore plus, resserrant ses cuisses nerveusement.
« Ah, oui, tu as aimé ça… je me rappelle encore très bien de ce que tu as dit quand j'ai joui en toi. Tu as dit : « Oh, oui ». Juste quand je t'ai rempli…
-Arrête ! » dit plaintivement Harry en cachant son visage dans ses mains.
Draco rit en le voyant faire. Il se calma pourtant et enleva de force les mains du visage d'Harry.
« Adore ça, Harry, lui dit-il sérieusement. Tu n'en es pas moins un homme. Et qu'importe ce que tu aimes faire dans le domaine du privé, tu n'en es pas moins puissant, extraordinaire. Ce qu'il se passe entre nous, dans notre chambre, ne regarde personne d'autre que nous. Ce que tu aimes que je te fasse, ce que j'aime que tu me fasses… c'est à nous. Personne n'a besoin de savoir ou de s'en mêler et je ne te jugerai jamais sur ça. Tu aimes que je te sodomise ? Et alors ? J'aime le faire, moi aussi. J'ai adoré, moi aussi. Et je recommencerai, encore, encore et encore, tant que tu le voudras bien. Sans aucune honte, sans aucune pudeur. Parce que c'est juste toi et moi, ici. Compris ? »
Harry hocha la tête. Il était moins rouge, seules ses joues étaient encore teintées de honte.
« Tu ne me jugeras jamais ? demanda-t-il pourtant en détournant la tête.
-Jamais, répondit Draco en l'obligeant à le regarder. En fait, je suis plutôt soulagé que tu aimes ça. Ça aurait été très compliqué, sans ça… »
Harry sourit malgré lui en l'entendant dire ça. Il soupira et leva les mains pour caresser son visage, Draco tournant la tête pour embrasser son poignet, le regard provocateur.
« Désolé pour ma réaction, dit le brun, gêné. Tu as paniqué…
-Et bien, je ne m'attendais pas vraiment à une telle situation, lui dit Draco. Mais je suis content que tu l'aies initiée. Qu'on en ait parlé. Ainsi, je sais que quand tu seras avec moi, dans notre lit, tu n'éprouveras plus de gêne. Enfin, plus trop. »
Il sourit, ses doigts allant caresser les joues encore un peu rouges avec douceur.
« Mais surtout, ne change pas, dit-il. Je t'aime ainsi. Avec tes doutes, tes gênes… et ta sensualité, ta perversité inconsciente… c'était chaud, tantôt. »
Les couleurs sur les joues d'Harry revinrent et Draco rit. Il se recoucha contre lui en soupirant, riant de temps en temps.
« Ah, je suis tellement heureux, dit-il avec soulagement. Si tu savais combien je le suis. »
Harry sourit en l'entendant, levant les bras pour l'enlacer.
« Je le sais, lui dit-il. Je le suis aussi. A un point, inimaginable. »
oOo
En début d'après-midi, Greyback se risqua à venir frapper à leur porte. Ils somnolaient tous les deux mais répondirent qu'ils arrivaient. Du reste, ils descendirent – avec une certaine raideur pour Harry – un quart d'heure plus tard. Greyback fusilla Draco du regard, ce dernier haussant les épaules avec raideur.
« Désolé, dit-il. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris… J'ai juste eu… peur et… Comment dire ? J'ai eu l'impression qu'Harry était menacé. Alors j'ai attaqué. Je suis désolé, je ne comprends vraiment pas pourquoi…
-La fièvre d'hier, sans doute, dit l'alpha d'une voix rude. Je laisse passer pour cette fois. Je sais combien un loup peut être violent quand il s'agit du lien. Tant que tu ne m'attaques pas pour une autre raison, je resterai clément.
-Merci, dit Draco. Je crois que ça va aller mieux, maintenant…
-C'est ce que j'ai cru comprendre, oui, dit Greyback, moqueur. Allez, va voir Joshua. Je me suis arrangé avec lui. Hystéria t'attend demain à l'aube pour tes exercices physiques, même si tu en as techniquement fait.
-Je raccompagne Harry et je vais voir Joshua, promit Draco. Encore navré. »
Greyback haussa les épaules en grognant et en détournant la tête d'un air agacé.
« Au fait, Potter… Si vous tenez à votre intimité, une douche et une écharpe, ça ne serait pas du luxe. Votre odeur est entièrement couverte par celle de Draco ! »
Harry devint incandescent en réalisant que l'alpha avait tout entendu et il balbutia, mortifié. Draco grogna d'un air agacé, entraînant son compagnon à l'extérieur. Il ne pleuvait pas, pour une fois et ils traversèrent le village en frissonnant face à l'humidité.
« Ne fais pas attention à ce qu'il dit, lui dit Draco en l'enlaçant devant la porte de la maison des Gryffondor. Tu sens très bon. Par contre, pour l'écharpe, il a raison. »
Harry rougit et passa une main curieuse sur son cou. Il sentit juste que sa peau était légèrement entaillée et boursoufflée.
« C'est énorme, violet avec des traces de dents, expliqua Draco d'un air coupable mais amusé.
-Je vois, dit Harry, enlevant sa main. Sauvage, va !
-Si tu savais, répondit Draco en se collant à lui, le plaquant contre la porte de la maison. Je ne t'ai pas encore montré combien je le suis… »
Harry rougit et frissonna à ses mots, un sentiment d'envie lui échappant et faisant rire Draco.
« Autant que tu veux, dit-il à son oreille. Chaque fois que tu veux… »
Harry hocha la tête qu'il tourna ensuite pour embrasser Draco avec douceur, le baiser devenant rapidement un peu plus sauvage et violent.
« Y'a des enfants dans ce village ! fit une voix près d'eux, les faisant sursauter.
-Gabriel, dit Draco, menaçant, en tournant la tête.
-Quoi ? dit le petit blond. Tu l'as plaqué contre une porte et tu avais l'air sur le point de le violer…
-N'importe quoi, répliqua Draco, sans même s'écarter de Harry, ses mains toujours occupées à tripoter ses hanches.
-Je dis la vérité ! dit Gabriel. Enfin, tu as l'air d'aller bien mieux. Tu semblais si mal en point en point hier… je vois que la potion Potter a bien marché… Et même plus que bien, si j'en crois l'odeur. »
Il remua la main devant son nez, comme si l'odeur l'indisposait, provoquant une nouvelle rougeur chez Harry.
« J'ai vu Joshua ce matin… Il était furieux. Tu devrais y aller !
-J'y allais. Tu permets que je dise au revoir ?
-Oh, mais fais, fais, se moqua Gabriel. C'est pas moi qui vais me faire engueuler alors prends ton temps ! »
Et sur ces mots, il partit en riant, moqueur. Draco grogna d'un air agacé, se retournant vers Harry.
« Quel impertinent, dit-il en recommençant à l'embrasser.
-Mais il a raison, répondit Harry en l'écartant. Il y a des enfants dans ce village… Et Joshua t'attend. On se revoit ce soir. »
Draco hocha la tête, non sans passer la pointe de son nez sur celui d'Harry, échangeant un baiser esquimau.
« Passe le bonjour à Hermione et Weasley. On se revoit au soir. »
Harry acquiesça puis le laissa partir, restant un instant contre la porte à le regarder marcher vers la maison de Joshua. Il soupira et tenta de recouvrir le suçon de son cou, sans succès. Alors, se résolvant, il finit par pousser la porte d'entrée.
« Harry ! s'exclama Hermione, dès qu'il entra. Comment va… Draco ? »
Ses yeux s'étaient indubitablement posés sur son cou, ainsi que ceux de Ron, juste derrière elle. Tous deux fixaient la marque avec stupéfaction, un long silence se prolongeant jusqu'à ce que…
« Ben dis donc, il t'a pas raté ! s'exclama Ron. T'as vu comme c'est gonflé ? C'est normal que ce soit aussi… mauve ? »
Hermione éclata de rire en entendant son meilleur ami, Harry sentant ses joues chauffer, encore !
« Arrêtez, dit-il, froissé. Je sais que c'est voyant mais… voilà quoi ! »
Les deux autres continuèrent de rire alors qu'Harry levait les yeux au ciel. Il se dirigea vers la cuisine, non sans avoir jeté sa cape inutile sur une chaise.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé, hier soir ? demanda Hermione en le suivant. Est-ce que tu sais pourquoi Draco a si mal réagi ? Tout le village ne parlait que de ça, ce matin. Ils ont dit que les 'objets puants' avaient infecté Draco.
-C'est la seule explication que je vois, dit Harry en attrapant un petit pain au chocolat rescapé et mis de côté pour lui, le portant à sa bouche.
-C'est possible, supposa Hermione en lui servant une tasse de thé. Mais étrange. Nous vivions avec ces choses, nous aussi et nous n'avons pas été touchés…
-Mais Draco est un animal magique, dit Harry. Apparemment, ça aurait… un sens ? »
Hermione eut une grimace peu convaincue et haussa les épaules.
« Je vais faire des recherches, dit-elle. Mais je ne vois pas d'autres explications, de toute façon. Médicalement, il va bien, si j'en crois les traces sur ton corps… (Harry rougit, faisant rire Hermione). Donc, c'est peut-être ça. On va surveiller ça et si jamais il présente d'autres symptômes, on agira en conséquence. »
Harry approuva de la tête, continuant de déguster son petit déjeuner tardif.
« Et sinon, dit Ron, l'air de rien. C'était bon ? »
Harry faillit en recracher son thé alors qu'Hermione pouffait.
« Ron ne l'ennuie pas, veux-tu ? se moqua la jeune fille. Son visage n'a pas repris une couleur normale depuis qu'il est rentré.
-Faute à qui ? baragouina Harry en terminant sa tasse. Bon, je vais me laver ! »
Sans attendre et sous le ricanement de ses amis, il quitta la cuisine pour monter à l'étage. Il fit un léger détour par sa chambre pour prendre des vêtements propres puis alla enfin s'enfermer dans la salle de bain. Là, il se tourna vers le miroir et écarta son pull pour regarder l'énorme suçon que Draco lui avait fait. Il avait la taille d'une balle de golf et il était si gonflé qu'il en avait presque la moitié de la forme. Harry passa un doigt dessus et gémit en le sentant tirailler la peau. Autour, il y avait quelques traces de dents qui ne trompaient pas. En effet, on ne pouvait pas le rater…
Souriant pourtant, Harry finit par enlever ses lunettes pour ensuite retirer ses hauts. Il repassa la petite monture pour regarder la morsure qu'il avait, de l'autre côté, sur son épaule. Elle était elle aussi violacée et surtout, ensanglantée. Pourtant, il caressa presque amoureusement cette trace, enlevant le sang séché qui ne tenait pas. Il soupira en pensant vaguement qu'à le voir, il ressemblait en effet à un masochiste.
Amusé, il enleva ses chaussures en s'aidant de ses talons, puis ses chaussettes. Alors, il détacha son pantalon et le baissa, accompagné de son boxer. Et alors, il rougit. Jusqu'alors retenu par ses fesses serrées et son sous-vêtement, le sperme de Draco s'écoula le long de ses cuisses nues et il se sentit troublé par la sensation. Il resta un instant figé avant de souffler. Et bien, rien ne pouvait être totalement parfait, après tout.
Il haussa les épaules et se hâta d'aller dans la douche, non sans éloigner ses vêtements souillés. La sensation de l'eau chaude tombant sur ses épaules le délassa. Il en avait bien besoin. Les yeux clos, il savoura l'eau tombant sur son front avant de se rendre compte qu'il n'avait pas enlevé ses lunettes (1). Il jura et éteignit l'eau pour aller les poser sur l'évier, retournant ensuite sous sa douche. Pendant un long moment, il resta juste là, sans penser ni bouger. Puis, doucement, tous les derniers évènements l'imprégnèrent. D'abord, sa relation intense avec Draco. Leur discussion, leur amour. Puis l'horrible nuit. La fièvre, le délire de Draco, ce « Maman, Papa » dit avec tant de chagrin et de douleur. Et son nom, aussi, prononcé avec supplication, désespoir.
Et enfin, le meilleur. Le plus heureux et le plus sensationnel. Trois horcruxes détruits. Trois victoires contre Voldemort. Le médaillon, la coupe, le diadème. Il ne restait que Nagini et l'autre, celui dont il ignorait totalement la forme.
« Commençons par Nagini… On se penchera sur le dernier ensuite. Le serpent ne va pas être évident non plus. »
Il porta les mains à sa tête, passant ses doigts sur ses cheveux. Doucement, son index droit frôla sa cicatrice et il soupira. Peut-être… peut-être, s'il allait à Godric's Hollow… Peut-être que là, il y aurait un indice, sur le dernier horcruxe. Ou peut-être pas… Mais en repensant à la façon triste dont Draco avait appelé ses parents, la veille… L'envie d'aller à Godric's Hollow était revenue, latente, envahissante.
« La semaine prochaine. D'abord, je me repose un peu. Trois d'un coup, c'est bien. J'ai juste besoin… de me reposer un peu. »
Et sur cette pensée, un peu coupable, il attrapa le shampoing et se savonna les cheveux avec satisfaction.
oOo
Il lui avait fallu quatre jours pour se décider à demander à ses amis et Draco si une visite à Godric's Hollow les tentait. Sa question fut accueillie par un long silence. C'était le soir. Ils étaient rassemblés dans le salon, comme à leur habitude. Sauf qu'aucun frisson ne les parcourait quand ils regardaient la cheminée. Blotti sur le divan, contre un Draco fraîchement lavé et revenu de la pâtisserie le Grelot d'Argent, il avait osé interrompre un débat un débat entre Draco et Hermione sur la propriété des Bubobulbs fraîchement hachés en médicomagie.
Le silence se prolongea un long moment, jusqu'à ce que Draco l'enlace, son nez allant passer contre sa gorge dans un mouvement de consolation.
« Harry, commença Hermione, soucieuse. Je ne sais pas si c'est vraiment une bonne idée… Enfin…
-Je veux y aller, dit-il. Ecoute, nous savons que les horcruxes et toutes ces merdes sont liés à… à Voldie. Qu'il les a créés par rapport à des évènements essentiels de sa vie. Et ce jour où, par hasard, je l'ai détruit, est un élément important. Je ne dis pas que le dernier horcruxe y sera caché mais… Enfin, peut-être que ça m'inspirera une idée ou… Enfin… »
Il se tut. Il avait plus l'impression d'essayer de se justifier alors qu'il était intiment persuadé qu'il était capital qu'ils aillent là-bas.
« Je sais pas, intervint Ron. Ce que tu dis à du sens mais on peut très bien y aller, s'exposer et tout ça pour rien !
-Mais on peut aussi trouver quelque chose ! N'importe quoi mais quelque chose ! S'il vous plaît. »
Le silence régna encore un long moment. Draco ne disait rien, se contentant de caresser une de ses mains. Harry savait très bien pourquoi. Quoi qu'il arrive, le lycanthrope l'accompagnerait de toute façon et cela le soulagea de savoir qu'au moins une personne serait d'accord pour le suivre.
« Bon, d'accord, dit Hermione, grimaçante. Nous irons. Je n'aime pas trop l'idée, mais il est certain que ce n'est pas en restant ici, les bras croisés, que nous parviendrons à avancer. Il nous en reste deux, un qui est quasiment inaccessible et un dont nous ignorons même la forme. Alors même si ton idée me semble bancale, c'est toujours mieux que de rester ici, les bras croisés. »
Harry hochait la tête à chacun de ses mots, manifestement entièrement d'accord.
« Mais on doit se préparer, dit Hermione. Hors de question d'y aller à la va-vite ! »
Encore une fois, Harry accepta. Il aurait dit oui à n'importe quoi du moment qu'il allait là où il voulait.
« Je sens venir les ennuis », dit Ron, grimaçant.
Hermione soupira et se leva.
« Bon, je vais à Londres demain, dit-elle. Je vais faire des recherches sur Godric's Hollow à la bibliothèque…
-Quelle bibliothèque ? demanda Ron, stupéfait. Il y a une bibliothèque à Londres et tu ne l'as pas dit ?
-Une bibliothèque moldue ! dit Hermione, levant les yeux au ciel. On a encore du polynectar alors je vais me déguiser en habitante du village et y aller.
-Mais qu'est-ce que tu pourrais apprendre dans une bibliothèque moldue ? demanda courageusement Draco.
-Et bien, la typographie du village, peut-être même que je trouverai un plan, au cas où on devrait s'enfuir en courant. Ça ira plus vite ! »
Et sur ces mots, elle se dirigea vers la sortie, non sans attraper sa cape.
« Tu vas où ? demanda Ron.
-Voir Rosalia, dit-elle. J'aimerais bien un de ses cheveux…
-Bonne chance ! » répliqua Draco.
Hermione se contenta de hausser les épaules et quitta la pièce.
Le reste de la semaine, ils la passèrent à prévoir ce qu'ils allaient faire. A leur grande surprise, Hermione était parvenue à avoir un plan relativement détaillé du village et elle avait même réussi à trouver la maison d'Harry, la marquant d'une croix rouge sur une petite carte. Après quelques hésitations, Harry avait demandé si elle savait où était le cimetière et Hermione avait soupiré en l'indiquant d'une croix bleue.
« Nous atterrirons là-bas, dit Hermione. Ainsi, tu pourras… aller d'abord voir tes parents. »
Manifestement, elle avait compris que Harry ne partirait pas de Godric's Hollow sans avoir salué ses parents dignement. Quand vendredi soir arriva, ils étaient tous un peu nerveux. C'était le soir même qu'ils allaient à Godric's Hollow et, toute la journée, ils avaient accumulé les bêtises, que ce soit Ron au restaurant, Hermione à l'école, Harry en compagnie de Chyreer ou Draco au Grelot d'Argent.
Harry avait été le premier à rentrer. Là, malgré sa nervosité, il s'attela à la confection d'un frugal souper. Personne n'aurait faim, selon lui, mais il préféra tout de même préparer quelques sandwichs. Hermione rentra en deuxième. Quand elle vit son activité, elle hocha la tête et, après avoir déposé ses affaires, s'approcha pour l'aider.
« Il va peut-être neiger ce soir, dit-elle. Il fait horriblement froid et le temps est couvert. »
Harry acquiesça de la tête. Il avait passé toute la journée à l'extérieur en compagnie de Chyreer alors il savait bien qu'il faisait très froid. Un bruit de porte qui claque se fit entendre et Harry se tourna vers la porte. Ce n'était que Ron qui, blanchâtre, alla s'asseoir à la table de la cuisine. Peu de temps après, ce fut Draco qui rentra. Les sandwichs étant prêts, Harry quitta la cuisine pour aller le saluer dignement. Il écarquilla les yeux en constatant que le blond tenait dans ses mains un énorme bouquet de fleurs. De magnifiques lys blancs, accompagnés de quelques pousses de verdure savamment travaillées, le tout emballé dans un magnifique papier transparent et relié d'un ruban en soie.
« Qu'est-ce que… ? demanda Harry en regardant son compagnon.
-Pour tes parents, dit Draco, mal à l'aise. J'ai pensé que tu aimerais… les honorer… »
Pendant un long moment, Harry resta immobile avant d'aller prendre le bouquet qu'il posa doucement sur le divan. Puis il s'approcha de Draco et l'enlaça.
« Merci, dit-il en le serrant contre lui. Je… J'avais envie de faire quelque chose mais je ne savais pas…
-Je sais, répondit Draco en caressant son dos. Des fleurs, ça va, non ? Le bouquet te plaît ?
-Beaucoup, affirma Harry. C'est gentil. »
Draco se contenta de lui sourire en réponse et se pencha pour l'embrasser. Etonnement, si le stresse coupait tout appétit à Harry, ce n'était pas le cas pour l'amour et il se serait volontiers laisser aller dans le baiser si l'estomac de Draco n'avait pas grogné.
« Tu as faim ? dit-il, étonné.
-Je n'ai pas peur, lui répondit Draco en haussant les épaules. Un peu d'appréhension pour toi, rien d'autre. C'est le loup qui fait ça. Alors oui, j'ai faim. »
Il eut une grimace presque gênée avant de l'entraîner vers la cuisine.
« Et tu vas me faire le plaisir de manger aussi. Tu commences seulement à être convenable au niveau du poids, alors je ne vais pas te laisser maigrir sans rien faire.
-Ce n'est pas pour un repas, dit Harry, boudeur.
-Sait-on jamais ! » répliqua Draco.
Et sur ces mots, il l'entraîna dans la cuisine où il l'obligea à avaler deux sandwichs, lui-même en mangeant quatre assez rapidement. Quand ils furent rassasiés et que, sous l'insistance de Draco, ils eurent digéré une heure, ils se levèrent enfin, enfilant leurs capes et gants d'hiver.
« Bon, dit Hermione, la voix tendue. Rappelez-vous. On arrive dans le cimetière. Là, on va directement à la tombe des parents d'Harry qui se trouve dans la troisième allée. Ensuite, on sort et on va à Godric's Hollow. Puis, si rien ne vient au cerveau d'Harry, on rentre. C'est clair ? »
Les trois garçons approuvèrent de la tête.
« Toi, Draco, tu te transformes en loup dès qu'on arrive. Ainsi, s'il y a des mangemorts, ils te prendront peut-être pour Remus… et avec ton flair, on sera plus facilement informé du danger. »
Le blond ne prit pas la peine d'acquiescer. Sous sa cape, il était seulement vêtu d'un short. Son entraînement actuel avec Joshua portait justement sur sa capacité à garder ses vêtements lors de ses métamorphoses mais il échouait lamentablement, jusqu'à présent, à son grand agacement.
« Bien, dit Hermione en soufflant. On y va. »
Harry attrapa le bouquet abandonné sur le divan puis, après un petit décompte, ils disparurent en même temps. Le choc thermique fut brutal, en particulier pour Draco qui se métamorphosa aussitôt en loup, Hermione récupérant la cape et le short abandonnés pour les fourrer dans son sac à dos. Puis ils se tournèrent vers le cimetière. La neige avait déjà commencé à tomber dans le village, recouvrant les tombes d'une fine poudre blanche. Pendant un instant, ils observèrent le lieu désert et froid avant de se diriger lentement, Hermione en tête, Draco trottinant près de Harry, jusqu'à l'allée où était la tombe.
Harry sut instantanément laquelle était celle de ses parents. En marbre blanc, entourée de sépultures de pierre grise, elle tranchait très nettement, surtout sous la neige. Il n'eut aucun mal à lire les noms de ses parents, leur date de naissance et celle de leur mort. Et surtout, cette petite phrase, étrange, juste en dessous :
Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort.
Harry resta un instant immobile face à la pierre, incapable de bouger, de parler ou même de cligner les yeux. C'était très étrange. Il avait toujours su que ses parents étaient morts. Il en avait toujours ressenti une certaine peine… mais jamais aussi forte que devant cette tombe blanche. C'était comme si, brutalement, il prenait conscience d'un fait qu'il connaissait pourtant depuis des années : ses parents étaient là. Sous cette pierre éternelle, morts, immobiles à jamais. Et de soudaines larmes montèrent à ses yeux, incontrôlables, amères et douloureuses.
Par pudeur, Ron était resté plus loin, incapable d'assister à ça. Hermione avait voulu s'approcher mais en voyant le loup blanc la dépasser, elle s'arrêta, écoutant les sanglots de son meilleur ami. Elle finit par revenir vers Ron, détournant elle aussi la tête.
Draco s'y attendait. Depuis qu'ils avaient décidé de venir à Godric's Hollow, Harry faisait des cauchemars la nuit, où il appelait parfois ses parents ou encore son parrain. Alors il savait d'avance que ce serait pénible. Ce à quoi il n'était pas préparé, ce fut son propre chagrin. A sa façon, il partageait la douleur de son compagnon. Ce fut sans aucune difficulté et sans pudeur qu'il reprit son apparence humaine pour enlacer doucement les épaules tremblantes d'Harry. Ce dernier hoqueta en le sentant et écarquilla les yeux en le découvrant, nu devant lui.
« Tu… n'aurais pas dû, lui dit-il, se serrant pourtant contre lui avec reconnaissance.
-Peu importe, répondit Draco. Je n'allais pas te laisser seul pour ça. »
Harry ne fit que hocher la tête, son visage dissimulé contre son épaule. Draco sentait très bien les larmes sur sa peau et il eut envie de pleurer lui aussi. Ce que la guerre leur faisait, ce que les adultes leur avaient fait, personne ne pourrait jamais le réparer. Il savait qu'il aurait toujours mal en pensant au rejet de sa mère et à l'abandon de son père. Et il savait aussi que, éternellement, Harry serait inquiet de la mort d'un proche, à cause de ce qui était arrivé à ses parents, à son parrain. Ils en étaient blessés, mutilés. Et qu'importe le réconfort qu'ils trouvaient ailleurs. Ces blessures-là ne guérissaient jamais vraiment.
« Les fleurs, Harry, murmura Draco contre sa tempe. Donne-leur. »
Le brun s'écarta de lui en reniflant. Il hocha la tête puis se tourna vers la tombe près de laquelle il s'agenouilla. Alors, doucement, il déposa les fleurs achetées par Draco sur la sépulture. Il avait envie de parler. De leur dire combien il était désolé de ne pas les avoir mieux connus. Combien il aurait aimé se souvenir mieux d'eux. Les serrer dans ses bras, leur dire qu'il les aimait. Mais à la place, il se contenta de poser sa main sur la tombe, pleurant silencieusement, reconnaissant envers Draco d'être là, juste derrière lui.
Après un moment, pourtant, le blond reprit son apparence de loup pour venir simplement déposer son museau contre son épaule. Et une main douce vint caresser ses cheveux – Hermione – tandis qu'une plus large – Ron – se posait sur son épaule. Harry resta un long moment dans cette position, jusqu'à ce qu'il sente qu'il reprenait le contrôle de lui-même et que ses genoux, placés dans la neige froide, ne lui fassent mal. Alors, il se releva, essuyant son visage.
« Désolé, dit-il.
-De quoi ? demanda Hermione. Il n'y a aucune excuse à faire, Harry. »
Le brun acquiesça simplement de la tête, les yeux baissés. Il croisa un regard argenté et animal et sourit, passant une main sur la tête douce près de lui. Une langue vint lécher ses doigts avec tendresse et il hocha la tête, reconnaissant.
« On y va ? proposa-t-il. Je n'ai pas envie de rester plus longtemps. »
Hermione approuva et ils se dirigèrent vers la sortie du cimetière, un peu plus loin. A la dernière minute avant de quitter l'allée, Harry se retourna pour regarder la tombe nouvellement fleurie, un chagrin encore puissant dans le cœur.
Finalement, d'un pas lent, ils quittèrent le cimetière par la petite porte attenante à l'église, sombre bâtisse froide trônant dans la nuit. Ils passèrent à côté sans la regarder puis se dirigèrent vers des petites rues finement étudiées par Hermione et qui leur permettaient d'éviter le centre du village où la présence d'un loup serait difficilement acceptée, qu'importe que ce dernier suive docilement trois adolescents portant des capes.
Le silence régna un long moment, jusqu'à ce qu'ils aient presque quitté le village. Et là, une nouvelle épreuve se dressa devant Harry. Sans surprise, la maison était en ruine. L'aile est, en particulier, était en morceaux. Sans doute était-ce là que Voldemort avait été détruit. Le reste, recouvert par des plantes envahissantes, tenait encore, par miracle. Ils s'arrêtèrent devant la maison pendant un instant puis Harry s'en approcha avec douceur.
« Est-ce que quelque chose te vient ? » demanda Hermione.
Mais il ne répondit pas. A la place, il s'approcha de la porte. Non, rien ne lui revenait. C'était juste une maison en ruine. A quoi s'attendait-il, exactement ? A rien. Il le savait. Il avait surtout eu envie de venir pour saluer ses parents, pour voir leur tombe. Le reste n'avait pas vraiment d'importance. Pourtant, il passa une main douce sur la porte et sursauta lorsqu'un écriteau apparut brutalement.
En ce lieu, dans la nuit du 31 octobre 1981
Lily et James Potter perdirent la vie.
Leur fils, Harry, demeure le seul sorcier
Qui ait jamais survécu au sortilège de la Mort.
Cette maison, invisible aux moldus, a été laissée
Dans son état de ruine comme monument
A la mémoire des Potter
Et pour rappeler la violence
Qui a déchiré cette famille.
Et tout autour, des noms. Des noms inconnus, parfois vaguement familiers, des initiales. Et des encouragements, sans doute récemment inscrits.
Bonne chance, Harry, où que tu sois.
Si tu lis ceci, Harry, sache que nous sommes tous derrière toi !
Et bien d'autres encore. Chaque phrase apporta un sourire à Harry, ce dernier amusé des petits mots. Au moins, cela prouvait que certains continuaient de résister et d'y croire. Malgré la débâcle actuelle du monde de la magie, il n'était pas tout seul. Et cette perspective lui réchauffa le cœur.
Alors qu'il allait se retourner, pourtant, il entendit un grondement familier qui le fit sursauter. Pivotant, il avisa Draco, les poils dressés, les oreilles couchées sur son crâne, occupé à grogner d'un air menaçant vers une frêle silhouette un peu plus loin. Une vieille dame s'était approchée et s'était manifestement figée en entendant le son sourd émis par le loup.
« Qu'est-ce que tu… »
Mais Harry n'eut pas le temps de poser des questions. Draco s'était tassé sur lui-même, babines retroussées, prêt à l'attaque, fixant la vieille dame avec tant de rage qu'il eut un instant peur.
« Draco, arrête, c'est juste une vieille dame, enfin ! » s'exclama Hermione, choquée de son comportement.
Et face à eux, la vieille dame sembla stupéfaite et, brutalement, pivota, tentant de s'éloigner. Grave erreur : Draco s'élança à sa poursuite en grognant de rage, sous les cris d'effroi d'Hermione et d'Harry. Ils n'eurent pas le temps de réagir que le loup blanc, presque invisible dans la neige, avait rattrapé la vieille dame et avait pris un élan spectaculaire pour bondir sur elle, la renversant au sol.
« Draco, non ! » hurla Harry.
Mais c'était trop tard. L'énorme loup blanc était déjà occupé à déchiqueter la vieille dame qui se tortillait sous ses mâchoires puissantes, tentant de s'échapper. Pourtant, chose étrange, aucun hurlement ne s'échappait de sa bouche.
« Il faut l'arrêter ! » s'écria Ron en sortant sa baguette.
Mais aucun n'eut le temps de lancer un sort. Sous un craquement sinistre, le corps de la vieille femme sembla s'écarter puis, brutalement, exploser. Et la chose la plus horrible qu'Harry ait jamais vue se produisit devant lui : Nagini, le serpent de Voldemort, s'échappait des restes ensanglantés de la femme. Draco continuait de gronder et d'attaquer le serpent qui n'avait pas encore sa complète mobilité, mais il recula prudemment lorsque Nagini fut totalement libéré. L'immense serpent se redressa, dardant Draco d'une langue fourchue et de crocs acérés.
« Impardonnable ! sifflait le serpent. Traître à ta famille, infâme créature. Tu as trahi ! Tu t'es lié à lui. A l'ennemi de mon maître ! Impardonnable ! »
Et il attaqua, rapide, visant Draco, tentant de le mordre. Le loup sauta sur le côté, évitant la première attaque et la seconde. Il chargea à son tour, sautant pour mordre le serpent au cou mais ce dernier lui asséna un coup de queue qui le fit tomber au sol dans un cri de douleur qui percuta Harry. Aussitôt, furieux, le brun s'élança, sa baguette à la main. Mais il n'eut pas le temps d'approcher. Draco s'était relevé et lancé à l'attaque, continuant de foncer sur le reptile, décidé à le blesser d'une façon ou d'une autre. Il tournait en rond autour de lui, tentant de le perdre de part sa rapidité et sa fourrure qui, aussi blanche que la neige au sol, le rendait presque invisible.
Manifestement, il comptait sur ça car il tournait, changeait de sens, tentant de rendre le serpent confus. Malheureusement, ce dernier était vif et aux aguets. Il pivota sur lui-même et, sous le cri d'horreur de Harry, essaya de s'enrouler autour de Draco. Ce dernier, vif, parvint à s'enfuir et profita de la position du serpent pour lui mordre le bout de la queue. Nagini poussa un long sifflement rageur et attaqua à son tour, mais la rage le rendait trop incontrôlé et ce fut sans difficulté que Draco retourna la situation, attaquant encore. Ses coups de dents plongeaient le serpent dans une colère folle et Draco en profitait pour prendre plus de risques.
Jusqu'à ce que le pire arrive. Sans doute Nagini avait-il réfléchi mais dans tous les cas, il profita que Draco se rapprochait pour le mordre pour, enfin, s'enrouler autour de lui, le bloquant sur place.
« DRACO ! » hurla Harry, horrifié, en recommençant à courir.
Le loup criait et se débattait. Ce n'était pas des cris de rage ou de combat, mais bel et bien de douleur. Puis, alors qu'Harry se trouvait suffisamment proche pour lancer un sort à Nagini sans toucher Draco, le serpent leva la tête et mordit violemment Draco qui couina douloureusement.
L'horreur que ressentit Harry fut si grande qu'il cessa de réfléchir et se jeta dans la mêlée sans hésiter. Hermione cria à son tour, ainsi que Ron et sans qu'il comprenne exactement comment, ils se retrouvèrent tous à tenter de dérouler Nagini de Draco.
« Tu ne lui feras pas de mal, satané reptile ! éructa Harry en tirant de toutes ses forces.
-Harry, il faut le tuer ! cria Hermione en essayant de le desserrer. C'est le seul moyen !
-Mais si on touche Draco ? Demanda le brun, terrorisé.
-Ron, retourne au village ! cria Hermione. Va… Va chercher une dent… dépêche ! »
Le rouquin finit par lâcher Nagini et s'éloigna. Presque aussitôt, il disparut, laissant les autres lutter.
« Lâche ! ordonna Harry, sifflant sans s'en rendre compte. Lâche-le ! »
Nagini tourna sur lui-même et ouvrit la gueule, menaçant Harry. De rage, Draco se contorsionna et, malgré le sang suintant de sa blessure à la gorge, mordit violemment le serpent. Ce dernier sembla émettre un cri – aux oreilles de Harry – qui était plus un sifflement et tenta de le faire lâcher, mais la mâchoire puissante de Draco s'était plantée dans son cou et ne voulait pas lâcher, le tenant férocement dans un étau de crocs.
Au même moment, Ron réapparut dans un paf sonore, un croc de basilic en main. Il courut jusqu'à eux et, profitant que le flan de Nagini était parfaitement exposé, l'enfonça dans la peau froide et glissante. Presque aussitôt, le serpent poussa un long cri.
« Draco, lâche-le maintenant ! », cria Harry.
Et le loup obéit alors que, sur lui, le serpent desserrait sa prise pour tomber au sol, semblant convulser. Harry s'éloigna de lui, ainsi qu'Hermione et Ron, tandis que Draco rampait en couinant, incapable de se lever. En avisant cela, Harry sentit la terreur l'envahir et il s'approcha rapidement de lui pour l'aider à se mettre en sécurité.
« Non ! sifflait Nagini en se tordant au sol. Ça brûle ! Maître ! »
Harry écarquilla les yeux et se leva.
« Mais merde, crève ! dit-il. Avada Kedavra ! »
Hermione hoqueta alors qu'un rayon vert sortait de la baguette d'Harry pour percuter violemment le serpent qui, aussitôt, cessa de bouger. Dès lors, un long silence, seulement coupés par les respirations hachées des Gryffondor et les couinements de douleur de Draco, s'installa. Le temps semblait s'être arrêté quand, brutalement, une série de pop retentirent autour d'eux. Harry écarquilla les yeux et il eut à peine le temps de se tourner vers Hermione.
« Emmène le loup ailleurs ! Vite ! »
La jeune femme hocha la tête et posa une main sur le pelage ensanglanté. Elle disparut et Harry s'apprêtait à faire de même lorsqu'une violente douleur à la tête l'empêcha de bouger. Voldemort avait rejoint ses mangemorts et se dressait devant lui, son regard pourpre posé furieusement sur lui.
A suivre…(2)
(1) Riez pas, ça m'est déjà arrivé !
(2) Ben ouais, fallait bien que je vous en fasse un, hein ! niark niark niark niark
Alors, récapitulons… Nous avons un Draco au village, certes, mais gravement blessé par Nagini… Une Hermione avec lui, donc, ça, c'est ok…. Mais un Ron et un Ryry face à des mangemorts et Voldemort… Que tout cela est réjouissant. Qui se plaignait qu'il n'y avait pas d'action, déjà ? Ben fallait vous taire ! A dans un moooiiis (l'auteur part en sifflotant).
Oh ! J'oubliais :
Chapitre suivant : Instants de fête
