Titre : Alpha Potentiel

Résumé : Pour avoir lâchement désobéi à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM

Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)

Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !

Note de l'auteur : Aaah, un mois que je vous laisse mariner et une part de moi est tentée de vous remettre ce chapitre en retard. Je suis épuisée à l'excès et donc un peu déprimée (fou comme la fatigue influence l'humeur). Et plus que tout, j'ai beaucoup de mal à me mettre au RAR… Pourtant, j'adore ça mais… je suis CREVEE ! Donc ! J'ai décidé de poster sans répondre. Je vais répondre ici ou là, mais certains d'entre vous n'aurons probablement pas leur réponse avant dimanche voir même le courant de la semaine ! Je n'aime pas que mes réponses soient « en décalage »… Mais bon, je vous adore, donc, je vais faire un effort.

Sur ce, je vous dis à dans un mois et une bonne lecture !

Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : euh…. Alors, y'a encore la même musique que dans le chapitre précédent et aussi Hey ! Soul Sister, Train. Mais je suis sûre que vous connaissez ^^

Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !

Nombre de chapitre : 24 en cours. L'écriture stagne car je dois me consacrer à MF pour l'instant.

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Chapitre 18 : Instants de fête

La douleur. C'était une brûlure sans fin qui se répandait dans tout son corps, dans ses os, ses chairs et même son âme. Draco pleurait de souffrance, incapable de reprendre son apparence, de comprendre ce qu'il se passait autour de lui. Il avait conscience que des mains passaient dans sa fourrure, qu'on lui parlait, qu'on tentait de le rassurer, mais il brûlait. Il brûlait de la tête aux pieds.

« … a été mordu… Nagini…

-Mais… étiez où bordel ?

-Pas le temps… y retourner… Occupez-vous…

-Bien sûr ! »

Il perçut d'autres bruits forts puis de nouvelles mains dans son pelage. Puis il entendit Greyback appeler Chyreer, lui demander d'aller chercher Stein, le médecin du village.

« Et vite ! Sinon… le perdre ! »

Des bruits, des sons de plancher qui est foulé par des pieds, la chaleur d'un feu, une lumière aveuglante apportée par les flammes. Rien n'avait de sens et l'inconscience lui sembla salutaire.

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Harry eut l'impression qu'on lui fendait le crâne en deux, de haut en bas. Il cria et tomba à genoux sous l'appel horrifié de Ron, à ses côtés, se prenant la tête entre les mains. Il gémit, tentant de faire abstraction de la douleur qu'il avait presque oubliée. Depuis qu'il était lié avec Draco, il n'avait plus jamais ou presque rêvé de Voldemort, si bien qu'il avait un peu oublié la douleur que cela procurait.

« Harry ! cria Ron, juste à côté de lui. On doit transplaner, lève-toi !

-Comme si cela était possible, se moqua une voix sifflante, près d'eux. Comme si je n'avais pas déjà pris les précautions nécessaires, stupide Weasley. »

Harry entendit un son sourd qu'il n'aima pas du tout mais, pris dans sa douleur, il ne vit rien si ce n'est un vague éclair de lumière. Sa seule consolation était qu'il n'était ni vert, ni rouge.

« Je suis très contrarié, Harry, dit Voldemort. Extrêmement, même. Non seulement tu te permets de disparaître pendant des mois, mais lorsque je te retrouve enfin, c'est pour découvrir que tu as tué mon serpent ! »

La fin de la phrase avait été prononcée avec rage et Harry sentit brutalement une douleur sans fin s'emparer de son corps. Un doloris… Ce fut ce qu'il crut pendant un instant avant de se rendre compte qu'une main griffue s'était posée sur ses cheveux et l'avait soulevé, le mettant ainsi face-à-face avec le mage noir.

« Ça te fait mal, n'est-ce pas ? demanda le mage noir en plaquant sa deuxième main sur le visage de Harry, ce dernier poussant un hurlement à son contact. Je n'ai même pas besoin de me fatiguer pour te torturer, il me suffit de te toucher… c'en est presque dérisoire ! »

Sur ses mots, il le laissa tomber au sol avec dégoût, sortant sa baguette de sa poche tout en tournant autour de lui.

« Ce vieux Dumbledore doit se retourner dans sa tombe, Harry. Après autant de temps, tu n'es toujours pas capable de me résister. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé, n'est-ce pas ? Mais il faut croire qu'il avait choisi le mauvais professeur pour t'enseigner la matière adéquate… »

Harry serra les dents à l'allusion de son échec dans l'apprentissage de l'occlumencie.

« A noter que, durant ces trois derniers mois, tu m'as été totalement inaccessible, lui dit Voldemort. Comment as-tu fait ? »

Bien entendu, Harry ne répondit pas. D'abord, parce qu'il l'ignorait. Bien sûr, il lui avait semblé lui aussi qu'il était étrange qu'il n'ait aucune nouvelle de Voldemort mais alors même que le mage noir parlait, il réalisa que Draco en était probablement le responsable. D'une manière ou d'une autre, le loup avait entravé son lien avec Voldemort…

Cette réalisation amena deux sentiments en Harry : le premier était de l'amour, inconditionnel, pour le loup-garou qui l'avait protégé. Le second fut de l'inquiétude. La proximité du mage noir était-elle responsable du manque de résistance d'Harry ou Draco allait-il si mal ?

« Je dois rentrer. Je dois parvenir à m'échapper, avec Ron. »

Combattant la douleur, Harry tourna la tête. Ron était au sol, inconscient, du sang s'écoulant de son front. Manifestement, il avait été assommé et pas en douceur. Grinçant des dents, Harry tenta de calculer combien de chance il avait de parvenir à s'approcher de son meilleur ami et de s'éloigner de la zone dangereuse avant d'être tué.

« Aucune, pensa-t-il avec amertume. Il s'est sans doute arrangé pour que je ne puisse pas transplaner. »

La mâchoire serrée, Harry tenta de réfléchir, désespéré.

« Allons, Harry, lui dit Voldemort, moqueur. Tu sais pertinemment que je ne te laisserai pas t'enfuir alors pourquoi te fatigues-tu autant à réfléchir ? »

Il aurait pu tenter de se soustraire, mais Harry savait qu'il n'y réchapperait pas. Il n'essaya donc même pas d'éviter le doloris, un hurlement sortant aussitôt de sa gorge. Il s'étala au sol, son corps convulsant nerveusement. Il n'entendait rien d'autre que ses cris, mais il savait que les mangemorts autour de lui devaient se délecter de la situation. Au bout de quelques minutes, la torture cessa, le laissant haletant.

« Vraiment lamentable, Po…

-Impedimenta ! »

Harry sursauta en reconnaissant la voix. Qu'est-ce qu'Hermione faisait là ? Pourquoi était-elle revenue ? Etait-elle folle ? Etait-elle seule ? Tournant la tête sur le côté, il avisa avec horreur que oui. La jeune femme était revenue seule et se battait contre trois mangemorts, sous l'œil indifférent de Voldemort. Saisissant l'occasion, Harry sortit sa propre baguette en se mettant à genoux.

« Enervatum ! dit-il en visant Ron. Expelliarmus ! »

Son sortilège ricocha sur le bouclier érigé de Voldemort mais Harry profita de la distraction pour rouler jusqu'à Ron qui se réveillait, perdu.

« Dépêche-toi, Ron. Lève-toi ! dit Harry en faisant de même. Nous devons fuir !

-Pas dans cette vie ! » répliqua un mangemort en les attaquant.

Au grand soulagement d'Harry, Ron réagit en premier, contre-attaquant avec une batterie de sortilèges bloquant. De son côté, Harry était satisfait de sentir que son corps reprenait le dessus, pourvu d'une vitalité étrangement grande. Il eut l'impression brusque qu'on l'avait rempli d'énergie et ce fut avec un mouvement qu'il jugea presque impossible qu'il évita le sort lancé par Voldemort vers lui, son corps se tordant vers l'arrière et bondissant avec une agilité animale. Il écarquilla les yeux presque autant que le mage noir quand il atterrit sur ses jambes, perplexe. Que lui arrivait-il ?

La réponse lui vint lorsqu'il constata l'anormale longueur de ses ongles.

« Draco ! »

Le fait, très net, qu'il n'avait plus mal à la tête et qu'il sentait une énergie illimitée parcourir ses membres, le fit frissonner. D'une façon ou d'une autre, il savait que Draco était en train de lui transmettre l'énergie nécessaire pour combattre sans difficulté.

« Mais ce n'est pas le cas de Ron et Hermione, pensa-t-il en regardant ses deux amis, qui s'étaient rapprochés de lui, peiner face aux mangemorts qui les entouraient. Il faut qu'on fuie, mais comment ? Et où ? »

Il tourna la tête vers le côté et avisa les restes de sa maison. Non, par là, ce n'était peut-être pas une bonne idée.

« Hermione, si tu as une idée, je suis preneur ! dit-il.

-Il y a une barrière anti-transplanage qui fait une vingtaine de mètres autour de ta maison, Harry ! répondit la jeune femme, concentrée. Alors on doit se débrouiller pour les distraire assez longtemps pour partir en courant vers l'endroit d'où on est venus. »

Harry mit quelques minutes avant de comprendre qu'elle parlait du cimetière.

« Les distraire », pensa-t-il.

« J'ai une idée ! cria Ron. Essayez de me couvrir ! »

Il s'inséra entre Harry et Hermione et s'agenouilla, les deux autres se plaçant de chaque côté du rouquin pour continuer à parer les sorts ou à en lancer quand ils en avaient l'occasion.

« Dépêche, Ron ! dit Hermione, nerveuse en voyant d'autres mangemorts arrivés.

-J'y suis presque… Fermez les yeux ! »

Harry et Hermione obéirent, bien qu'avec hésitation. Puis, brutalement, une intense lumière lumière franchit leurs paupières closes, leur faisant presque mal. Ils grognèrent de dépit et ouvrirent les yeux. La majorité des mangemorts se tenait la tête en gémissant douloureusement.

« On court, vite ! »

Et Ron tourna les talons, repartant vers le cimetière. Harry et Hermione le suivirent presque aussitôt.

« Mais c'était quoi ? demanda Hermione.

-Je vous raconterai à la maison, en attendant, courez ! Et putain, Harry, t'as avalé une potion de rapidité ? »

Le brun ne répondit pas. Il était en effet dix mètres devant ses amis et se forçait pourtant à ralentir afin de ne pas les distancer. Son cœur battait vite mais il se sentait capable de courir plus vite encore.

« Ron, relance le sort derrière nous ! » dit-il en entendant des voix et des pas précipités.

Et il les entendait vraiment ! Il n'aurait pas dû avoir une ouïe si développée mais par un miracle inexplicable, il parvenait très bien à les percevoir. Un autre rayon éblouissant apparut et des cris de douleur se firent entendre alors qu'Harry, Ron et Hermione continuaient de foncer.

« Maintenant ! dit Hermione. Nous sommes sortis du cercle ! Visez au moins dix lieux ! »

Les deux garçons hochèrent la tête puis, sans attendre, disparurent. Harry visita plus de quinze endroits avant de se sentir suffisamment isolé pour transplaner aux portes du village. Et encore, une fois là, il s'empressa d'aller se cacher derrière un arbre et patienta. Au bout d'une minute, ce fut Hermione, rapidement suivie de Ron, qui apparut. Les deux amis se hâtèrent eux aussi d'aller se cacher et Harry émit un sifflement pour leur signifier sa présence. Hermione répondit par un autre son aigu, puis Ron. Enfin, ils attendirent. Quand au bout de dix minutes, rien ne se produisit, ils sortirent de leurs cachettes.

« Où est Draco ? demanda Harry en regardant sa meilleure amie.

-Greyback », répondit-elle.

Sans se concerter, les trois amis s'élancèrent vers la maison de l'alpha, l'atteignant en moins d'une minute. Ils poussèrent la porte de Greyback avec violence pour tomber directement sur le visage défait de Gabriel. Ce dernier se tenait la tête entre les mains, l'air terrorisé. Il ne leva même pas la tête vers eux à leur entrée, n'agressa pas Harry. A la place, il fixait ses chaussures, les yeux rouges. Harry hésita un instant puis se précipita vers les escaliers de l'étage. Il en avait gravi la moitié lorsque Greyback surgit dans le passage, l'empêchant d'avancer.

« Ne monte pas, gamin, je préfère que tu restes en bas…

-Pourquoi ? demanda Harry, blême. Est-ce qu'il…

-Il souffre assez, répondit l'alpha. Stein et un de ses amis potionnistes sont à ses côtés. Ils tentent d'enrayer le poison mais une fièvre inattendue est venue compliquer les choses. Tu ne ferais que les gêner. Viens. »

Et il le poussa vers le bas avec autorité, l'obligeant à rejoindre le salon où Ron et Hermione s'étaient installés aux côtés de Gabriel.

« Comment va-t-il ? demanda Hermione en se levant par automatisme.

-Mal, répondit Greyback. Le poison de Nagini est une saleté très envahissante. Si Draco n'avait pas été un loup-garou, nul doute qu'il aurait été tué. »

Harry sentit ses jambes le lâcher à ses mots et il fut rattrapé vivement par Greyback.

« Ce n'est pas le moment de flancher, gamin, lui dit-il. On va avoir besoin de toi. J'ai besoin que tu fasses quelque chose de difficile…

-Quoi ? demanda aussitôt Harry.

-Assieds-toi par terre. Donnez-lui de l'espace ! »

Ron et Hermione retournèrent s'asseoir près de Gabriel. Ce dernier n'avait toujours pas bougé d'un millimètre.

« Bon… Je ne suis pas sûr de comment cela marche, Potter, mais Draco a besoin de force pour lutter contre le poison. Alors j'ai besoin que tu lui en donnes. Je n'ai jamais été lié donc, j'ignore comment ça marche, mais j'ai besoin que tu te concentres sur lui. Sur le lien qui vous unit. Et que tu lui transmettes de l'énergie. Ça marche dans un sens alors Stein pense que ça peut fonctionner dans l'autre. Tu peux essayer ?

-Je peux, oui, dit Harry. Mais je ne suis pas sûr d'y arriver.

-Qu'importe, essaye. »

Le brun hocha la tête. Il inspira un bon coup et ferma les yeux, tentant de se concentrer sur un lien quelconque. Au bout d'un moment, pourtant, il constata avec aberration qu'il ne savait vraiment pas comment procéder et que donc, rien ne lui venait.

« Euh… je ne sais vraiment pas comment faire, dit-il, gêné, en rouvrant les yeux.

-Concentre-toi sur lui ! s'énerva Greyback. Pense à lui, n'importe quoi, mais essaye !

-Mais j'essaye ! s'indigna Harry.

-Ne t'énerve pas, Harry, dit Hermione. Ferme les yeux. Respire profondément. Peut-être que si tu touchais la morsure… »

Harry rosit légèrement puis acquiesça de la tête. Il hésita une seconde avant d'ôter son pull et d'écarter son t-shirt, révélant une morsure encore fraîche et légèrement tuméfiée. Les personnes présentes écarquillèrent les yeux à la vue de la blessure.

« Il t'a remordu ? s'étonna Greyback.

-Euh… oui, la semaine dernière, répondit Harry.

-Ah, oui, se moqua l'alpha. La semaine dernière… »

Harry roula des yeux, rougissant pourtant sous la phrase moqueuse. Il inspira, remua un peu les épaules et souffla, levant la main pour la poser sur la blessure encore sensible. Il resta immobile pendant un long moment, se sentant parfaitement idiot, jusqu'à ce qu'il pense à combien c'était important. Il tenta alors de ressentir quelque chose, se concentrant sur Draco, sur combien il était important et combien il voulait qu'il s'en sorte, à n'importe quel prix.

« Prends tout ce que tu veux de moi, pensa-t-il. Tant que tu restes avec moi, ça m'est égal… Draco… »

Il mit quelques minutes avant de se rendre compte qu'il ressentait réellement quelque chose. Comme une sensation de tiraillement, au niveau du cœur. Il hoqueta en la percevant puis se concentra sur elle, tentant de la saisir, bien qu'il en soit techniquement incapable. Il entendit vaguement des voix autour de lui, mais elles venaient de loin. Seul comptait ce sentiment d'amour qu'il gardait contre lui, le nourrissant d'autant d'énergie qu'il contenait.

Puis, brutalement, une douleur à la joue l'obligea à revenir à lui, non sans un gémissement de souffrance.

« Outch », dit-il en tentant de lever la main pour se masser la joue.

Mais sa main pesait soudainement des tonnes et il fut incapable de la soulever. Ouvrant les yeux, il s'aperçut qu'un milliard de petits points blancs dansait devant lui et il préféra relever les yeux.

« Mais… Qu'est-ce qu'il m'arrive ? balbutia-t-il.

-Il arrive que je t'ai demandé de donner de l'énergie à Draco, pas de te tuer pour lui ! répliqua Greyback, sa voix grondante semblant heurter chaque partie de sa boîte crânienne.

-Pas si fort, gémit Harry en crispant les paupières.

-Je pense que ça fait bien une heure que tu te concentres, lui dit Hermione, Harry ouvrant les yeux sous la surprise.

-Une heure ? dit-il. Mais… non, j'ai fermé les yeux il y a seulement… quoi ? Trois minutes ?

-Faux, Potter, cela fait une heure ! répliqua Greyback. J'ai vraiment négligé votre éducation, à Draco et toi… Je vais arranger ça à partir de la semaine prochaine. En attendant, je vais t'emmener à l'étage. Stein est descendu pendant ton petit sacrifice. Draco a une forte fièvre et le poison mettra un jour à être éjecter de son organisme, mais sa nature de lycanthrope, ton énergie et l'antipoison brillant de son ami vont le sauver. De justesse, cette fois ! Il risque d'être fatigué. Alors il va falloir arrêter de te jeter sur lui !

-De quoi je me mêle ? grogna Harry, agacé des remarques salaces de l'alpha.

-Des bruits que vous faites dans ma maison, répliqua l'alpha. Allez, on monte ! Dis bonsoir.

-Bonsoir, répondit Harry en se sentant brutalement soulevé dans les bras de Greyback.

-Repose-toi Harry, dit Hermione. Tu es presque bleu tant tu es pâle ! »

Harry se contenta de sourire courageusement alors qu'il était transporté à l'étage, incapable de distinguer quoi que ce soit.

« Vous m'amenez dans la chambre de Draco ? demanda-t-il, par prudence.

-Bien sûr que oui, répondit Greyback. Ta présence va le calmer. Il délire encore… il t'appelle tout le temps. »

Harry grimaça. Il sut tout de suite quand il entra dans la chambre de Draco. D'abord, à cause de l'odeur régnante. Une odeur de menthe atténuée par une autre, au clou de girofle. Et le plus important, la chaleur d'une présence, la respiration haletante, la chaleur de la pièce… Il sursauta en sentant un matelas chaud dans son dos.

« Reste avec lui et dors. Tu es vidé et il a besoin de toi. Demain, il est encore dispensé de cours et dimanche aussi, s'il le faut. Mais lundi soir, il aura rattrapage, s'il va mieux. Enfin, je lui en parlerai. Bonne nuit, Potter. »

Et l'alpha quitta la pièce. Resté seul avec Draco, Harry se tourna sur le côté, ouvrant les yeux. Il ne distingua pourtant qu'une série de points blancs et finit les refermer. Il enleva ses lunettes et tâtonna jusqu'à la table de nuit où il les posa maladroitement. Enfin, il chercha après Draco. Il sursauta quand ses mains rencontrèrent de la fourrure. Greyback avait omis de lui dire que son amant n'avait pas repris sa forme originelle. Haussant les épaules, Harry profita de sa taille plus petite pour s'enrouler autour du corps du loup. Il passa un bras autour de son cou, enfouissant son visage dans sa fourrure douce et il releva ses jambes, ces dernières s'appuyant contre ses pattes arrière.

Il s'endormit très rapidement, bercé par la chaleur de la fourrure contre son visage et de la respiration du loup soufflant contre sa gorge, épuisé par son don d'énergie. Il fut tiré de son sommeil quelques heures plus tard, lorsque des mains se mirent en mouvement sur lui, tirant sur ses vêtements avec un grognement agacé. Il ouvrit un œil vitreux mais les soudaines ténèbres de la chambre l'empêchèrent de distinguer quoi que ce soit. Toutefois, les sons contrariés le renseignèrent sur la personne occupée à le dévêtir.

« Attends, dit-il, pâteux. Je vais… enlever. Déchire pas ! »

Les sons un peu furieux se calmèrent alors que, les bras un peu raides, Harry commençait à se déshabiller. Il avait complètement oublié de se dévêtir la veille et n'avait bien entendu pas demandé à Greyback de l'aider à le faire.

« Tu vas mieux ? » demanda Harry en tirant sur son jean pour l'enlever.

Aucune réponse ne lui fut donnée. Juste un simple grognement lui indiquant que, comme souvent, Draco n'était pas conscient de ce qu'il se passait.

« Je vais prendre ça pour un oui, se résolut-il en envoyant balader son sous-vêtement. Voilà, je suis nu ! Content ? »

Draco répondit en le faisant basculer sur le lit, l'étalant brutalement sur le ventre. Harry haleta en le sentant se coucher sur lui, son visage allant se blottir contre sa nuque.

« Ce n'est pas confortable », protesta-t-il.

Mais le loup se contenta de grogner, l'obligeant à rester couché dans cette position. Abandonnant, Harry s'arrangea pour positionner sa tête convenablement et écarta un peu les jambes pour que Draco ne pèse pas de tout son poids dessus, ce qui eut le chic de le faire rougir en sentant la soudaine excitation de son compagnon contre ses fesses.

« Tu… tu dois te reposer, dit-il, la voix rauque. Greyback a dit que tu en avais besoin. A cause de ton empoisonnement… »

Un son contrarié lui répondit et Harry se sentit trembler à son audition. Il était difficile pour lui de ne pas réagir à la domination de Draco mais surtout, au mouvement de balancier de ses hanches contre ses fesses. Il ferma les yeux, inspira et expira pour tenter de garder le contrôle de lui-même.

« Je ne veux pas que tu souffres, dit-il. S'il te plaît, ne me tente pas plus… Ou… si tu veux… je peux… te sucer. »

Le corps de Draco cessa tout mouvement et Harry retint sa respiration, attendant la décision du lycanthrope. Ce dernier donna un soudain coup de langue dans son cou, le faisant haleter. Puis, doucement, le corps de Draco se retira. Harry releva la tête mais ne distingua rien. Ce fut quand il tendit la main sur le côté qu'il perçut le corps de son compagnon, assis à côté de lui. Alors, lentement, il se redressa pour marcher à quatre pattes. Les cuisses de Draco étaient écartées et ce fut avec une certaine impatience qu'Harry s'étendit entre elles, son visage à hauteur de son entrejambe.

« Ne bouge pas trop, lui dit Harry. Ce n'est pas bon pour toi. »

Puis il tendit la main et se saisit de l'érection tendue pour ensuite se mettre à lécher lentement la peau chaude qu'il ne pouvait pourtant pas distinguer. Au gémissement d'agrément que poussa le loup-garou, il esquissa un léger sourire. Ce genre d'activité l'aurait répugné, autrefois. Mais il y prenait désormais du plaisir. Beaucoup de plaisir…

« Il le mérite bien, de toute façon… C'est pour nous protéger qu'il a été empoisonné. »

Sur cette pensée, ce fut sans pudeur qu'il se mit à le sucer, gémissant à son tour de ravissement face aux petits grognements de son compagnon. Malgré la demande de Harry, il bougeait des hanches, accompagnant les mouvements de tête du brun. Ce dernier essaya bien de le bloquer en posant ses mains sur ses hanches mais rien n'y fit. Alors il se résolut simplement à augmenter le rythme, arrachant cette fois des cris d'extase à son amant. Il ne lui fallut pas longtemps pour le faire jouir et ce fut sans plus aucune répugnance qu'il avala, satisfait de sa prestation. Il se redressa alors que Draco haletait, le corps tremblant de plaisir. Un bras s'enroula brutalement autour de son cou et il se retrouva plaqué contre lui, sa bouche se faisant dévorer par celle de son amant. Harry gémit, haletant sous l'ardeur de la langue qui caressait la sienne.

« Mhmm… Draco, du calme… »

Mais le lycanthrope le renversa sur le lit, leurs corps nus se retrouvant collés l'un à l'autre. Harry avait écarté les cuisses avec passivité mais ne pouvait s'empêcher de gémir sous l'assaut décidé de son amant.

« Non, geignit Harry sous les lèvres parcourant son visage. J'ai… j'ai fait ça pour que tu te calmes, pas pour que tu sois encore plus excité… Draco… »

Le lycanthrope continua d'embrasser son visage puis descendit le long de son cou. Il le lécha sensuellement puis, soudainement, s'arrêta au niveau de la morsure. Harry sentit sa respiration se couper en comprenant : il allait encore le mordre. C'était cela, la raison de sa soudaine agitation. Il se crispa un peu, dans l'expectative, puis sentit brutalement les crocs se planter dans son épaule, le faisant haleter. Il renversa la tête en arrière, grisé par la soudaine sensation. Elle était encore plus forte que la dernière fois. A l'amour de Draco se mêlait sa reconnaissance, son soulagement de le savoir là, en sécurité. Mais aussi un grand sentiment d'appartenance. Il ferma les yeux pour savourer ça, le corps tendu du plaisir ressenti.

« Oh, que je t'aime, murmura-t-il en enfouissant ses mains dans les cheveux de Draco. Ne fais plus jamais des choses aussi dangereuses ! Même si c'est pour me protéger… Je ne veux pas te perdre, d'accord ? »

Le loup-garou ne répondit pas, sa langue allant lécher le sang qui coulait de la blessure. Puis il enfouit son visage dans son cou et sembla être totalement serein. Harry sourit contre lui, l'enlaçant avec tendresse.

« Je vais prendre ça pour un oui, même si je sais que ce n'est pas le cas, dit-il. Dors, maintenant, mon cher amour… Nous en reparlerons demain, crois-moi. »

Le loup grogna en réponse puis, lentement, sous les caresses tendres prodiguées par Harry, il sombra dans le sommeil. Harry mit plus de temps. Son corps était encore excité et il lui était pénible de l'ignorer alors que le responsable dormait sur lui. Quand finalement, il parvint à se calmer, il sombra à son tour, sans même s'en rendre compte.

oOo

Sans surprise, Harry se réveilla le premier, avec l'impression persistante qu'il avait dormi très longtemps. Les paupières lourdes, il ouvrit deux yeux un peu perdus qu'il referma aussitôt face à la luminosité vraiment trop forte dans la chambre. Pourtant, les rideaux étaient fermés, ce qui était étonnant quand on voyait le flot de lumière pénétrant par la fenêtre. Les sourcils froncés, il se tourna sur le côté et enfouit paresseusement son visage contre une peau chaude. Il prit rapidement conscience que, comme chaque matin, Draco et lui étaient tellement emmêlés que chaque partie de leur corps touchait celui de l'autre et il sourit. Il faisait froid dans la chambre, celle-ci n'ayant aucun chauffage et Harry adorait se blottir contre la bouillote qu'était son compagnon pour chercher un peu de chaleur.

Pourtant, très rapidement, il perdit son sourire en se rappelant des évènements de la veille. Draco avait failli mourir… Il avait combattu Nagini avec une motivation presque morbide et ce foutu reptile l'avait mordu, l'empoisonnant gravement… Soupirant avec tristesse, Harry ouvrit courageusement les yeux pour observer son amant. Leurs jambes étaient entremêlées et Draco le serrait contre lui d'un bras fermement noué autour de sa taille. Il dormait profondément, manifestement peu pressé d'émerger du sommeil. Harry regarda son visage détendu et serein pendant un long moment avant de laisser ses yeux glisser sur son corps. D'abord le torse pâle aux cicatrices qui le remplissaient de honte, de part sa culpabilité. Puis, le pansement presque chirurgical qui était collé à ses côtes, là où l'immonde serpent l'avait mordu.

Le visage penché sur la blessure, Harry n'en sentit pas moins son amant s'éveiller. Il releva la tête pour le regarder ouvrir deux yeux un peu fatigués et brillants encore un peu d'une fièvre persistante.

« Mhmm… Ry ? »

Le concerné sourit face au surnom et se pencha sur lui pour frotter son nez contre le sien en un petit bonjour tout en tendresse.

« Bonjour, Draco, répondit Harry en allant embrasser sa joue, dans un souci de préserver la sensibilité de son amant en l'embrassant dès le réveil avec leur haleine de la veille.

-Bonjour, répondit Draco en déposant à son tour un baiser sur la joue de son compagnon. L'est quelle heure ? »

Harry haussa les épaules. Il gigota un peu pour se défaire de l'étreinte de son amant et attrapa ses lunettes. Puis il regarda au sol où il trouva ses vêtements qu'il avait péniblement enlevé la veille.

« Mince, elle est par terre, dit-il en se levant, ignorant le regard fasciné de Draco sur son corps. Alors, donc… Tempus ! »

Des chiffres dorés apparurent et Harry écarquilla les yeux en les voyant.

« Alors ? demanda Draco, le dévorant du regard, ses yeux suivant la chute de reins parfaite, les fesses si délicieuses qu'il ne se lassait pas de toucher et ses cuisses entre lesquelles il adorait se glisser.

-Euh… il est quatorze heures vingt-quatre… »

Harry se retourna pour surprendre le regard stupéfait de Draco.

« Merde, c'est une blague ! dit-il en se redressant vivement, retombant presque aussitôt dans le lit. Nom d'un chien, je suis bien trop fatigué…

-Tu n'as aucune raison de quitter ton lit de toute façon, dit Harry. Tes leçons sont repoussées. Greyback te donne ton week-end pour te reposer. Je suis juste surpris de constater qu'il est si tard, c'est tout… »

Harry retourna dans le lit sans hésiter, allant se recoucher contre Draco.

« Tu dois juste te reposer, dit-il en caressant ses cheveux.

-Et me laver, dit Draco. Et manger… Je meurs de faim. »

Harry sourit en l'entendant et alla embrasser son front qu'il caressa ensuite tendrement du bout des doigts, ceux-ci glissant sur le visage lisse de Draco.

« C'est une bonne nouvelle, ça, dit-il. Tant que tu as de l'appétit, tu vas bien.

-C'est une phrase de Weasley, ça, hein ? »

Harry répondit par un simple sourire.

« Je vais te préparer un bain, dit-il en caressant ses cheveux puis ses oreilles qui demeuraient humaines, pour une fois. Ensuite, de quoi manger…

-Viens te laver avec moi, réclama Draco en enroulant ses bras autour de sa taille.

-Tu dois te reposer, contrecarra Harry.

-Et ? Se laver dans de l'eau bien chaude, avec mon amant contre moi, est reposant !

-Mais tu sais très bien que ça risque de dégénérer en autre chose qu'un simple bain, lui signala Harry.

-Tu me choques ! répliqua le blond. Jamais je n'ai eu ce genre d'idée, Harry, je te le promets ! Sur mon honneur !

-Ton honneur frotte contre ma cuisse, répondit Harry en riant. Tu n'es pas très crédible. »

Draco grimaça.

« Tu gambades nu dans notre chambre, te loves contre moi avec sensualité… comment veux-tu que je ne sois pas excité ? »

Harry grimaça en l'entendant puis se redressa.

« Bon, un bain sage, dit-il. Ensuite, déjeuner… Et enfin… repos… sexe… repos… Un peu de tout, ça te va ? »

Draco hocha la tête et se leva, absolument indifférent à l'érection qui frottait contre son ventre. Harry le regarda avec envie mais se secoua : Greyback avait dit repos, pas de sexe… Certes, ils avaient dormi si longtemps que Draco devait être en pleine forme… mais il avait tout de même failli mourir, la veille. Une moue sur les lèvres en repensant à ce très mauvais souvenir, Harry rattrapa son amant qu'il enlaça par derrière, le serrant fort contre lui.

« Harry ? demanda Draco, surpris.

-Ne me fais plus jamais peur comme ça, lui dit Harry. Qu'importe que ce soit pour me protéger ou parce que Nagini était dangereux et qu'il allait tout raconter à Voldie… Je ne veux plus jamais que tu te mettes en danger ainsi ! Je suis amoureux de toi, maintenant. A cause de toi ! Parce que tu as tout fait pour que ça arrive. Alors si tu veux veiller sur moi, arrange-toi juste pour rester en vie, à mes côtés. C'est la seule chose que je souhaite et c'est la seule mission que tu dois remplir. »

Draco ne répondit pas. Il se contenta de poser ses mains sur celles qui reposaient sur son ventre et les pressa avec tendresse, un sourire aux lèvres.

oOo

Ils s'étaient lavés, presque sagement. Leurs mains s'étaient un peu égarées et ils avaient profité de l'évacuation d'eau pour effacer toutes les preuves. Puis ils étaient descendus au rez-de-chaussée désert où Harry avait préparé un petit déjeuner copieux et tardif. Ils étaient vêtus d'un pyjama chacun. Toutefois, le brun n'ayant aucun vêtement chez Greyback se retrouvait affublé d'un pyjama trop grand. Etrangement, cela avait semblé plaire à Draco qui n'avait cessé de le tripoter pendant tout le temps où il prépara du pain perdu, rendant l'activité difficile.

Finalement, ils étaient remontés à l'étage avec un plateau chargé de victuailles et avaient mangé tout en discutant un peu de la veille – Draco avait blanchi en apprenant que Voldemort en personne avait été présent – et beaucoup d'eux. Depuis qu'ils étaient ensemble, ils se taquinaient avec beaucoup plus de douceur, parfois avec perversité et ce petit jeu leur plaisait énormément à tous les deux. Ils y jouèrent jusqu'à ce que Draco baille profondément et se love dans les coussins confortables.

« Je crois… que je vais dormir encore un peu. Tu restes ici. »

Ça n'était pas une question et Harry aurait pu mal le prendre, mais à la place, il sourit et caressa les cheveux doux et longs.

« Avec plaisir, dit-il. Si ça peut satisfaire sa majesté. »

Draco marmonna quelque chose, mais il était manifestement trop épuisé pour répliquer. Harry le laissa donc s'endormir et ce fut presque sans surprise qu'il se laissa aller au sommeil, lui aussi. Il n'était pas fatigué, mais de sentir la chaleur de Draco, de le voir si relaxé lui donna envie de faire la même chose et il ferma les yeux sans même le remarquer. Il fut secoué un peu plus tard par une main plus petite sur son épaule et il ouvrit deux yeux un peu fatigués. Ses lunettes étaient encore sur son nez – et entières, miraculeusement – et il distingua Hermione sans difficulté.

« Harry… Je suis désolée de te réveiller, mais il est déjà dix-huit heures et Ron et moi commencions à nous inquiéter.

-Mhm… Désolé, dit-il en soulevant un peu ses lunettes pour se frotter les yeux. Dix-huit heures, tu dis ? Mince alors, on a passé la journée à dormir… »

Hermione eut un sourire compatissant.

« On est tous en bas… Avec Fenrir aussi. Vous descendez ?

-Oui, je le réveille et on arrive, répondit Harry en regardant Draco toujours profondément endormi.

-D'accord, à tout de suite. »

Hermione quitta la chambre sur la pointe des pieds, sans doute peu désireuse de réveiller un loup-garou en colère d'avoir une autre personne présente dans sa chambre. Il se pencha sur son amant, caressant ses cheveux.

« Draco ? appela-t-il. Il faut te réveiller, il est tard. Draco. »

Il se mit à le secouer et le blond poussa un grognement agacé. Pourtant, il ouvrit deux yeux qui étaient plus animaux qu'humains. Ses oreilles se métamorphosèrent et ses dents s'allongèrent, sous l'œil étonné d'Harry.

« D'accord… Draco ne veut pas émerger alors c'est toi qui vient ? Mais j'ai besoin de Draco alors réveille-le. Allez ! »

Il le secoua encore et le loup émit un autre grognement agacé. Il se redressa, s'étendit étrangement, sa longue queue blanche apparaissant derrière son dos.

« S'il te plaît, s'impatienta Harry. Je ne plaisante pas quand je dis que je veux voir Draco ! »

Mais le loup se contenta de le regarder d'un air peu content. Il se mit à quatre pattes et s'approcha de lui pour enfouir son visage contre sa gorge avec mollesse. Harry leva les yeux au ciel. Il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre.

« Greyback nous attend au rez-de-chaussée, dit-il. Allez, Draco… Réveille-toi. C'est ton alpha, tu es censé lui obéir, non ? »

En réponse, le loup grogna un peu à nouveau mais il daigna s'écarter de lui. Il était vêtu, pour une fois, ainsi que Harry, ce qui était étrange. Le loup regarda le pyjama d'Harry d'un air embêté et le brun comprit pourquoi il était là.

« Ce soir, répondit-il en allant caresser son visage puis ses oreilles. On aura tout le temps de faire tout ce que tu veux, ce soir… Mais là, maintenant, Greyback nous attend. Allez, sois gentil, s'il te plaît… »

Il eut conscience que sa promesse fonctionnait lorsqu'il constata que le corps de Draco reprenait forme humaine, à l'exception de ses oreilles.

« Désolé, dit Draco. Je faisais un rêve intéressant, je suppose qu'il a eu envie de le poursuivre dans la réalité… »

Harry eut un léger rire. Un rêve intéressant ? Il fut curieux un instant d'interroger Draco, mais face à son regard hésitant, il comprit que ce n'était pas une bonne idée, dans l'immédiat.

« On en reparlera ce soir, dit le brun. Descendons, d'accord ? J'ai des questions à poser à Ron… »

Le blond hocha la tête et se leva avec docilité, s'étirant en poussant un petit gémissement douloureux.

« Trop dormi, dit-il. J'en ai mal partout…

-On va sans doute avoir quelques difficultés à s'endormir cette nuit, dit Harry avec une petite moue embêtée.

-Ce n'est pas vraiment un mal, lui fut-il répondu, avec un petit sourire coquin.

-Obsédé, répliqua Harry en souriant pourtant. En bas, maintenant ! »

Il chassa la main qui s'était égarée sur ses fesses, reprit le plateau de couverts sales posé au sol dans la chambre et entraîna Draco au rez-de-chaussée, non sans subir un certain nombre de caresses intéressées. Quand ils arrivèrent enfin dans le salon, ils constatèrent qu'Hermione et Ron étaient confortablement assis dans le canapé, une tasse de thé devant eux. Gabriel était également là et ses yeux semblèrent scanner Draco de bas en haut. Constatant sans doute qu'il se portait comme un charme, il se détendit dans le fauteuil qu'il occupait. Greyback était appuyé contre la cheminée et il leur fit un simple signe de tête en guise de salutation. Harry lui répondit par un sourire et s'empressa d'aller déposer le plateau sale. Il lança quelques sorts et la vaisselle se fit laver copieusement, sécher et ranger en moins d'une minute. Bénissant presque la magie pour ce miracle, il rejoignit tout le monde au salon.

Sans surprise, Draco avait pris possession du dernier fauteuil libre. Il tendit une main autoritaire à Harry qui roula des yeux mais le rejoignit, se retrouvant assis sur ses genoux. Gabriel leva les yeux au ciel, de même que Ron et Greyback, alors qu'Hermione esquissait un léger sourire amusé.

« Bon, maintenant que nous sommes tous là… Nom d'un chien galeux, Draco, qu'est-ce qui t'as pris d'attaquer Nagini ? As-tu seulement conscience qu'à présent, le Lord est d'une humeur massacrante ! Bien sûr, il pense Potter responsable et tu as de la chance que cette chose immonde ait semblé se désagréger petit à petit, sinon, il aurait probablement remarqué les traces de crocs sur son corps ! »

Draco grimaça à cette phrase. Il n'y avait même pas pensé.

« Ce qui m'a pris ? dit-il. Je ne sais pas… Sans doute le fait que cette chose était hostile envers mon compagnon ? Sans doute le fait qu'elle prévoyait de le tuer ? Puis qu'ensuite, quand elle a compris qui j'étais, elle a menacé d'aller tout raconter à Voldie, ce qui non seulement mettait en danger Harry, mais aussi toute la meute ! Pas besoin de t'expliquer que mon lien révélé, Voldie n'aurait pas tardé à comprendre que Harry était au village ! »

Greyback grogna d'un air menaçant. Il n'appréciait manifestement pas le ton de Draco.

« Ecoute, je sais que ça peut paraître fou, mais je n'avais pas le choix, dit le blond. Tu n'es pas lié, mais tu dois comprendre que je ne pouvais simplement pas laisser ce serpent vicieux s'en prendre à Harry !

-Je sais, répliqua l'alpha, agacé. Je ne suis pas lié, mais je sais comment ça marche, ne sois pas impertinent avec moi, Draco. Simplement, en deux semaines, c'est la seconde fois que nous sommes obligés de nous occuper de toi. Tu pourrais protéger ton compagnon en essayant de ne pas te faire tuer ?

-Pour la première semaine, ce n'était pas vraiment sa faute, intervint Harry. Ecoutez, ça va se calmer maintenant… Ron, Hermione et moi avons fait… le principal. Il reste encore une petite chose puis… euh… et bien, je suppose qu'après, on pourra s'en prendre directement à Voldie… »

Le silence accueillit cette réflexion. Presque sans réfléchir, Draco resserra son bras autour de la taille de Harry, allant enfouir son visage contre sa gorge. Aucun n'avait jamais pensé à ce qu'ils feraient une fois les horcruxes détruits.

« Il va falloir s'entraîner, souffla soudainement Hermione. Nous ne sommes pas prêts… Ce qu'il s'est passé hier soir le prouve, on était totalement désarçonnés…

-D'un autre côté, on ne s'y attendait pas vraiment, dit Ron en grimaçant. Mais c'est vrai, faut qu'on révise un peu des sorts. »

Le fait que Ron lui-même propose d'étudier aurait pu paraître drôle si la situation n'avait pas été aussi grave.

« Il ne nous reste qu'un objet à détruire, dit Harry en regardant Greyback. Mais je ne sais pas du tout ce que c'est… Est-ce que… après la nouvelle année, ça vous dérangerait si Ron, Hermione et moi cessions nos activités au village ? Il faudrait vraiment qu'on s'exerce.

-Non, pas vraiment, répondit Greyback. Tant que vous ne tuez personne…

-Bien entendu, répliqua Harry rapidement. On fera ça à l'extérieur du village, histoire de ne pas toucher quelqu'un accidentellement… »

Il y eut un autre silence pendant lequel Harry eut l'impression qu'Hermione était déjà en train d'établir la liste de sorts à lancer, que Ron avait envie de se pendre, que Gabriel s'interrogeait manifestement sur beaucoup de choses et que Draco semblait déterminer à lui manger le cou.

« Arrête, souffla-t-il à son amant, agacé.

-J'ai faim ! dit soudainement Ron, faisant sursauter tout le monde. On mange ici ? »

Il interrogea Greyback du regard et, soupirant, ce dernier hocha la tête.

« Si vous voulez, mais je cuisine pas ! »

Harry leva les yeux au ciel face aux regards posés sur lui : ça allait encore être pour sa pomme !

oOo

Ce n'était pas pour rien si Harry avait proposé l'entraînement pour l'année suivante. Noël approchait et, déjà, le village se parait de ses décorations pour cette occasion. Les quelques sapins présents dans le village avaient été décorés de guirlandes lumineuses fonctionnant par magie. Les maisons aussi s'étaient remplies de sapin et de décorations de Noël. On pouvait voir les rares enfants présents dans le village courir avec des bonnets rouge et blanc, rire en faisant des bonhommes de neige ou des batailles…

Et Harry, en tant qu'assistant de Chyreer, se retrouvait à aider à la tâche de la préparation de Noël. D'abord, il avait fallu s'assurer que le budget du village permettait l'organisation de la fête annuelle. Ensuite, il avait fallu monter un immense chapiteau, suffisamment grand pour contenir tous les habitants du village. Puis ils avaient dû louer des tables et des bancs que les villageois avaient aidé à installer et orner de nappes rouge et blanche et d'autres décorations. Un immense sapin avait été mis tout au bout et décoré. Et au centre, un feu, protégé, était régulièrement alimenté pour réchauffer les habitants qui seraient présents.

Parfois, alors qu'il aidait à préparer la salle, Harry voyait passer un de ses deux meilleurs amis, que ce soit Hermione qui venait soutenir l'équipe pour la décoration à coup de sortilèges efficaces ou Ron qui poussait de lourds chariots de nourriture sur lesquels était posé un sort de conservation puissant.

Les jours passaient horriblement vite et Harry se retrouva déguisé, à déambuler dans Londres en compagnie d'Hermione et de Ron. Il n'avait pas voulu que Draco vienne avec eux et, de toute façon, ce dernier travaillait toujours au Grelot d'Argent jusqu'à la fin du mois de décembre.

« Je devrais envoyer quelque chose à tes frères, dit Harry en regardant une vitrine exposant des écharpes et des bonnets. Sans eux, nous serions morts ! »

Ron haussa les épaules.

« Sans eux, sans eux… Si je n'avais pas écouté, nous le serions ! »

Hermione leva les yeux au ciel en réponse. Ron leur avait expliqué, le dimanche de repos de Draco, que Fred et Georges avaient discuté près de lui d'un sortilège éblouissant qu'ils tentaient d'incorporer à l'une de leur blague. Sauf que la lumière était si vive qu'ils ne parvenaient jamais à le lancer convenablement, s'aveuglant mutuellement à tour de rôle.

« Des lunettes de soleil, peut-être ? proposa Hermione, passant une main rêveuse dans ses cheveux blonds magnifiques.

-Arrête de tripoter tes cheveux ! dit Ron. Tout le monde nous regarde !

-Non, Ronald, répliqua Hermione en levant le menton, dans une parfaite imitation de Rosalia. Tout le monde me regarde ! Pour une fois ! »

Harry s'empêcha de rire en se mordant la lèvre. Hermione avait emprunté un cheveu à la magnifique lycanthrope et flânait dans les rues de Londres sous des regards admirateurs alors que Ron et lui avaient simplement emprunté un cheveu à Gabriel – pour Ron – et à Chyreer – pour Harry. Ce dernier découvrait un corps plus tonique que le sien malgré un âge plus avancé et s'amusait parfois à étendre les jambes pour faire de plus grands pas. Il savait qu'il était petit mais il n'avait pas pris conscience du handicap que cela représentait avant d'avoir expérimenté des jambes plus grandes. Il les savourait à présent avec un émerveillement d'enfant.

« Harry, arrête de faire des grands pas ! C'est agaçant ! se plaignit Ron, largement plus petit avec la silhouette d'adolescent de Gabriel.

-Pour une fois que les rôles sont inversés, laisse-moi savourer ! » lui répondit Harry en riant.

Et sous le regard amusé d'Hermione et Ron, il exécuta une série de pas ridicules qui pouvait presque passer pour une danse. Les trois amis rirent avec soulagement, savourant la liberté donnée par l'anonymat. Ils formaient un tableau presque atypique dans ses rues de Londres où les passants se pressaient, l'air renfrogné. Parfois, ils croisaient quelques adolescents rieurs qui les dévisageaient – en particulier Hermione pour sa soudaine beauté ou Harry pour l'étrange comportement d'un adulte à l'air si responsable – et, parfois, les apostrophaient avec des petites plaisanteries auxquelles ils répondaient vaguement.

« Bon, si on faisait des achats ? demanda Hermione en tâtant la poche contenant son portefeuille. Je sais déjà quoi vous acheter, il ne me reste qu'un cadeau pour Greyback…

-Tu vas lui faire un cadeau ? s'étonna Ron.

-Bien entendu ! répondit Hermione. Il nous a accueillis ! C'est la moindre des choses ! »

Les deux garçons hochèrent pensivement la tête à cette phrase.

« Je propose qu'on se sépare, dit Hermione. On aura qu'à se retrouver ici, disons… dans deux heures ? Ce n'est pas difficile de retrouver une librairie, surtout qu'on est pas loin du… enfin, du vous savez quoi. N'oubliez pas de boire du polynectar de façon régulière. A dans deux heures ! »

Et sans même attendre, elle s'éloigna d'un pas pressé mais élégant. Les deux garçons la regardèrent s'éloigner d'un air surpris.

« Tu crois que c'est raisonnable de la laisser parader dans les rues toute seule ? demanda Ron, inquiet. Je veux dire… avec un physique comme celui de Rosalia… »

Harry haussa les épaules.

« Elle saura se défendre, ne t'inquiète pas. On ferait mieux de se dépêcher. J'ai des idées pour Hermione et toi, mais alors pour Draco… »

Ron grimaça en l'entendant.

« Achète-moi des bouchons, dit-il. Pour les oreilles ! Sérieux, mec, les sorts de silence, c'est pas fait pour les chiens ! Si je me réveille encore une fois en t'entendant gémir en pleine nuit, je crois que je vais te tuer ! Je suis certain que Voldie ne m'en voudra pas et qu'il comprendra ! »

Harry leva les yeux au ciel, non sans rougir de honte.

« Ok, j'en prends note, dit-il. A dans deux heures, Ron ! »

Et il préféra s'éloigner rapidement lui aussi, de crainte que son meilleur ami n'évoque encore les sons nocturnes qu'il avait tendance à pousser, à cause d'un Draco vraiment trop performant ! Il déambula longtemps dans les rues, regardant les vitrines des magasins, soufflant alors qu'il cherchait quoi prendre à son amant. Les cadeaux d'Hermione et de Ron furent vite achetés et il balançait les sachets les contenant d'un air distrait. De temps en temps, il portait à ses lèvres une petite gourde accrochée à sa ceinture et placée sous un sort de « Ne me vois pas ». Il se décida finalement à rentrer dans un magasin de vêtements, ses yeux se posant sur tout et n'importe quoi.

Flânant dans les rayons, Harry observait les nombreux vêtements pour hommes l'entourant. Quelle tenue plairait le plus à Draco ? Un pull épais à col roulé ? Un pantalon ? Et si oui, en quelle matière ? Le blond portait souvent des jeans, serrés et de belle facture… mais les jeans présents dans la boutique semblaient tout, sauf beau… Pas assez pour Draco, en tout cas ! Et plus important, il n'y connaissait rien en vêtement… Enfin, pas assez pour en offrir, en tout cas.

Une écharpe et des gants ? Trop banal ! Un pyjama ? Draco n'en portait pas… alors quoi ? Le Kama Sutra, peut-être ? Bien entendu, il rougit en y pensant, puis soupira en continuant de déambuler dans les rayons. Des sous-vêtements ? Bien qu'il ait vu largement le bas-ventre de Draco, Harry était bien incapable de dire quelle taille il devait prendre… ni même quelle taille il devait prendre pour lui-même ! Alors pour un autre ?

Du savon et du shampoing ? Bien trop impersonnel pour un cadeau de Noël ! Mais il n'avait pas non plus envie de lui acheter quelque chose de trop personnel, pour la simple et bonne raison qu'il estimait la relation trop jeune, bien qu'intense. S'il lui offrait trop vite quelque chose de trop personnel, qu'est-ce qu'il lui donnerait, dans quelques années ?

Pendant quelques minutes, Harry s'arrêta sur cette pensée. Dans quelques années… Dire que quelques mois auparavant, il souhaitait que Draco meure en découvrant ce qu'ils avaient fait sous le coup de l'alcool… à présent, il n'imaginait tout simplement pas ne pas le voir, ne serait-ce qu'un seul jour ! Soupirant, Harry continua de déambuler. Il avait déjà les cadeaux d'Hermione et de Ron, mais il connaissait ses deux meilleurs amis depuis des années alors leur dégotter quelque chose, que ce soit pour Noël ou pour leur anniversaire, était si évident qu'il n'y réfléchissait même pas. Mais pour ce qui était de Draco… La seule idée de cadeau qu'il aurait eu, durant leurs années à Poudlard, aurait été une bouteille de poison. Mais là ? Peut-être des douceurs ? Du chocolat ?

Harry s'arrêta un long moment sur cette idée. Pourquoi pas du chocolat ? N'y avait-il pas des sortes de jeu, avec du chocolat… des jeux sexuels ? Harry sentit son cœur s'accélérer. Il ne pensait donc réellement qu'à cela ? Il savait que oui… C'était la vérité, il était obsédé par ce que Draco et lui faisaient, pratiquement chaque soir ! Ils étaient tous les deux assoiffés de contacts charnels et, depuis qu'Harry avait enfin osé accepter que Draco le pénètre, il se surprenait lui-même à en vouloir toujours plus. Si son amant, fatigué du travail, n'orientait pas leurs caresses platoniques du soir vers le sexe, alors c'était Harry qui se débrouillait pour aller plus loin, non sans une timidité maladroite qui rendait son loup-garou complètement fou.

Ils étaient accros l'un à l'autre, accros au moindre contact, au sexe en général et à la sodomie en particulier. Harry devait l'admettre. Même s'il en gardait une certaine honte, un vague esprit d'hétérosexuel persistant malgré son plaisir à être pris par Draco. Il aimait vraiment ça ! Et nul doute qu'un cadeau, d'ordre sexuel, lui ferait plaisir, Harry ne savait vraiment pas où trouver cela ni que prendre.

« Il est allé dans un sex-shop, pour moi… Je devrais probablement faire de même… »

Regardant autour de lui, Harry décida finalement de sortir du magasin de vêtements. Ça ne servait à rien d'insister, il ne savait vraiment pas quoi acheter pour son amant dans une telle boutique. Elle n'était pas assez luxueuse pour Draco et il n'avait pas assez d'argent de toute façon pour lui prendre une tenue qui lui plairait réellement.

« Peut-être, dans quelques années… En attendant, l'idée du cadeau sexuel est bien meilleur… Voire du chocolat ! »

Il sortit du magasin et regarda autour de lui. Mais… où se trouvait exactement un sex-shop ?

oOo

Ils se retrouvèrent, comme prévu, juste devant la librairie où ils s'étaient séparés. Hermione affichait toujours un petit air supérieur satisfait et Harry ignorait totalement si c'était simplement l'expression naturelle de Rosalia où si elle le faisait exprès. Ron, lui, semblait avoir du mal à porter ses sacs.

« Quand on prend l'apparence de quelqu'un, pourquoi on ne prend pas aussi sa force démesurée ? demanda-t-il en tirant ses cadeaux.

-Mais qu'est-ce que tu as acheté ? questionna Hermione, curieuse.

-Tu verras ! s'exclama Ron en cachant ses sacs derrière lui. Bon, on rentre ?

-Je préfererais, oui, répondit Harry, les joues un peu rouges. Je ne me sens pas à l'aise, ici… Vous ne trouvez pas que l'ambiance est un peu… lourde ? »

Ron et Hermione se regardèrent et le rouquin soupira désespérément.

« T'es vraiment déconnecté depuis qu'on a mis les pieds dans ce village, hein ? dit-il à Harry, ce dernier le regardant d'un air interrogateur.

-Moi, je dirais que c'est depuis qu'il a commencé à coucher avec Draco, répondit Hermione, l'air aussi désolée que Ron. Harry, bien sûr que l'ambiance est lourde… Viens ! »

Elle lui attrapa la manche et le tira jusqu'à une façade.

« Regarde. »

Harry l'interrogea du regard avant de tourner la tête vers la façade. Il la trouva normale. Faite de pierre, grise… sinistre. Puis Hermione le poussa un peu et le sortilège qui recouvrait le mur s'effaça, révélant un certain nombre d'affichettes. Certaines le concernaient lui. Il était l'indésirable numéro 1. Mais il y en avait d'autres, faites de visages parfois étrangement familiers, mais surtout étrangement résolus.

« On vit protégés, au village, lui dit Hermione. Personne ne nous atteint, pas même la guerre que Greyback laisse en dehors avec férocité. Et puis, le ministère a bien trop peur pour s'en prendre à un village de loups-garous. Mais Harry, dehors, c'est la guerre… Ici, en vérité. Bien sûr que c'est tendu, ici… »

Le brun ne répondit pas, ses yeux fixant les affiches avec horreur. Hermione et Ron ne se trompaient pas. Bien sûr, il n'oubliait pas Voldemort, les horcruxes… mais il avait oublié qu'en dehors du village, chaque sorcier et sorcière vivait dans la terreur la plus grande. Voldemort avait gagné, le ministère était tombé… Et ses amis, leurs parents… toutes ses personnes qu'il avait fréquentées étaient peut-être en danger, luttant chaque jour, gardant l'espoir qu'il les libère… Oh, il n'avait pas chômé bien entendu. Il ne restait plus qu'un horcruxe puis ils pourraient s'en prendre directement à Voldemort. Mais voilà… il avait été si occupé à roucouler avec Draco qu'il en avait oublié l'extérieur…

« Je suppose que je devrais m'en vouloir d'avoir oublié ça, dit-il d'une voix basse.

-Non, Harry, tu sais bien que non, le rassura Hermione en posant sa main sur son épaule. Nous savons tous que la situation est particulière et que nous luttons tous pour… et bien, pour l'arrêter. Ça ne sert à rien de culpabiliser… Si je ne lisais pas la Gazette tous les jours, je pense que j'aurais tendance à oublier aussi… »

Harry se contenta de hocher la tête, l'air sombre. Il eut soudain tellement envie de voir Draco que l'idée de rentrer et de ne pas le trouver au village le déprima.

« On rentre ? dit-il quand même. C'est vraiment sinistre… tous ces visages… »

Il resta silencieux un petit moment puis écarquilla les yeux, regardant brutalement ce qu'il y avait dans un de ses sachets. Puis il tourna la tête vers Hermione, l'air inspiré.

« Dis… Hermione… Tu saurais m'aider ? »

La jeune femme haussa un sourcil interrogateur mais, après un soupir résolu, elle elle acquiesça de la tête.

oOo

La fête de Noël était le lendemain. La tradition voulait, au village, que tous se réunissent dans le chapiteau, mangent et s'amusent ensemble afin de fêter dignement le réveillon. La nouvelle année était également célébrée, bien qu'avec plus de modestie car la pleine lune les fatiguait généralement trop. Le chapiteau, déjà installé pour Noël, servait également de lieu de célébration.

Habillé de ses plus beaux vêtements, Harry se dirigea avec Draco, Ron et Hermione, vers le chapiteau dont les lampions de lumière annonçaient une agréable soirée. Il y avait du bruit, des paroles, de la musique et énormément de monde. Tout le monde rentrait dans le chapiteau sans difficulté et ce fut seulement lorsqu'il y pénétra qu'Harry prit conscience de la population du village. Ils n'étaient pas plus de trois cents, mais c'était tout de même impressionnant de voir toute cette foule réunie et discutant ici où là, un verre à la main.

« On va bien s'amuser à tout nettoyer demain, dit Ron, l'air ennuyé tout en se servant pourtant d'un verre de champagne.

-Ne pense pas à ça maintenant, dit Hermione, souriante dans sa robe lilas. Profitons d'abord du moment ! »

Et elle entraîna un Ron un peu surpris vers un groupe de personnes, souriante et joyeuse. Harry la regarda avec amusement. Hermione semblait avoir perdu toute morosité entraînée par le mur aux affiches de la veille alors que lui ne faisait qu'y penser, bien qu'il ait tendance à l'oublier grâce à un Draco étrangement câlin, depuis quelques temps. Encore cette fois, il avait enroulé un bras autour de sa taille et posé sa tête sur le haut de son crâne, sa joue passant parfois dans ses cheveux comme pour le caresser dans un mouvement étrangement canin.

« Tu viens ? demanda Draco en l'entraînant lui aussi dans le chapiteau. J'ai faim. »

Harry se laissa faire avec complaisance. Draco souriait mais ne cessait de le tenir contre lui, saluant ici et là des personnes qui lui rendirent ses mots avec politesse, accueillant également Harry avec quelques paroles bienveillantes. Le brun soupira en regardant tout cela. L'ambiance était joyeuse, colorée et son sentiment de malaise de la veille ne pouvait lui sembler plus éloigné.

Au bout d'un quart d'heure de salutations joyeuses, ils finirent par s'installer à une table, une assiette bien remplie devant eux. Ron et Hermione les avaient bien entendu rejoints, souriant eux aussi.

« C'est agréable, dit Hermione tout en dévorant son plat de canard à l'orange et de pomme de terre dauphine. Si… convivial !

-C'est tout l'intérêt de cet évènement, dit Greyback en arrivant près d'eux, un verre de vin à la main. Au fait, Potter… J'ai un joli cadeau pour toi. Il est au pied de ton lit. Juste une façon polie de te dire de le déballer en privé… Car je suppose que vous aviez tous l'intention de le faire ensemble ? »

Les quatre adolescents hochèrent la tête, perplexes.

« Et bien, n'ouvre pas le mien, un petit conseil. Sauf si tu veux mourir… »

Et sur ces mots, il partit avec un petit sourire mesquin qui n'annonçait vraiment rien de bon pour eux.

« Je veux savoir ce que c'est ! s'exclama Hermione, les yeux brillants de curiosité.

-C'est sûrement pervers ! commenta Ron. Peut-être qu'il t'a acheté un de ces objets moldus qui sont faits pour la masturbation…

-Comment sais-tu que ces objets existent ? demanda Hermione. Tu n'arrives même pas à dire le mot « téléphone » convenablement ! »

Ron rougit et préféra attraper son verre, le portant à sa bouche pour en boire une bonne lampée, manquant de s'étrangler ensuite. Le visage encore plus rouge, il dit d'une voix rauque :

« Super bon ce vin ! »

Hermione leva les yeux au ciel.

« Finalement, je préfère ne pas savoir ! Vous, les garçons êtes si…

-Obsédé ? Pervers ? Libidineux ? demanda Draco d'un air presque fier. Et c'est tant mieux, crois-moi ! Je me porte très bien en assumant tout à fait mon envie de renverser Harry sur la table pour lui faire l'amour. »

Le concerné devint aussitôt d'un joli rouge pivoine. Mais le petit sourire envieux cassait totalement son air gêné.

« Même toi, Harry ? s'étonna Hermione, stupéfaite. Je pensais que tu ne commencerais à être réellement un mec que dans quoi… au moins six ans !

-Hé ! s'exclama Harry, offensé. Ça va, je sais que j'ai déconné en osant dire que j'étais une fille parce que je ne pensais qu'à Draco, mais je…

-Tu es tout sauf une fille, Harry, signala Draco.

-C'était vraiment immonde comme réflexion ! lui dit Hermione. Immonde et si machiste !

-Tu as fait pire en me disant de me masturber !

-Je ne t'ai pas dit de te masturber, Harry, rectifia Hermione. Je t'ai dit de t'enfoncer deux doigts pour tester ta sexualité !

-Vous avez des conversations passionnantes quand je ne suis pas là, dit Ron, ébahi.

-J'adorerais te voir faire ça ! ajouta Draco, l'air de rien.

-Est-ce qu'on pourrait manger et profiter de l'esprit de Noël sans avoir de discussion perverse ? s'exclama Harry, gêné. Vraiment… Tout ça est de la faute de Greyback ! »

Ils se turent pendant un moment, chacun grignotant son plat d'un air distrait.

« N'empêche, je suis sûr que c'est pervers ! dit Ron. Tu nous le montreras ?

-Même pas en rêve ! s'exclama Harry.

-Et à moi, tu le montreras ? demanda Draco en allant caresser sa jugulaire du bout du nez, provoquant un certain rougissement chez Harry.

-Si tu enlèves ta main ! »

Ron eut une moue dégoûtée en constatant que la main gauche de Draco avait disparu sous la table.

« Merde, on mange ! dit-il, horrifié.

-Ce qui ne t'empêche pas d'être dévoré de curiosité à l'idée de savoir ce que Greyback a offert à Harry, signala Hermione. Non, ça suffit ! Parlons de… tiens, que pensez-vous des décorations ? Elles sont jolies, non ? »

Et ils préférèrent discuter de ce sujet, à l'exception de Draco qui, malgré la demande de Harry, glissa à nouveau sa main gauche sur sa cuisse. Malgré un début un peu tumultueux, le repas se termina dans une certaine convivialité. Quand ils eurent terminé de discuter des décorations, ils embrayèrent sur le travail de Draco au Grelot d'Argent, puis sur la beauté du lieu, puis ils parlèrent un peu du passé, en venant à rire sur les nombreuses péripéties provoquées par leurs rivalités d'enfants.

« N'empêche, je n'oublierai jamais cette gifle qu'Hermione t'a donnée ! s'exclama Ron en regardant Draco. Tu as eu l'air si… comment dire ? Saisi ?

-Totalement ébahi, je dirais, répondit Harry, hilare. Que n'aurais-je pas donné, à cette époque, pour t'en donner une aussi ?

-Je me sens aimé », grogna Draco, une moue agacée sur les lèvres.

Harry émit un rire moqueur et se pencha pour embrasser ses lèvres. Depuis que le repas était terminé, Draco l'avait obligé à migrer sur ses genoux.

« Dites… Vous n'avez pas soif ? demanda soudainement Ron en regardant leur bouteille de vin vide.

-Si, répondit Harry. Mais je ne sais pas si boire encore du vin est une bonne idée…

-Moi, ça me réussit plutôt de boire, affirma Draco en allant mordiller sa nuque. Je vais rechercher quelque chose. »

Il obligea Harry à se lever puis s'éloigna rapidement vers la réserve de nourriture et d'alcool de la tente. Harry le regarda partir, non sans sourire.

« Il est très câlin, ce soir, dit Hermione en observant aussi le blond discuter avec Joshua, qui était le gardien de la réserve.

-Oui, assez, répondit Harry. L'effet des fêtes, je suppose. »

Hermione poussa un soupir agacé et se redressa pour donner à Harry une claque sur l'arrière du crâne.

« Aïe ! dit-il, plaquant une main sur le haut de sa tête.

-Tu es bête ou quoi ? demanda Hermione. Si Draco est si câlin, c'est parce qu'il est triste !

-Triste ? reprit Harry, soudain inquiet. Mais… euh… »

Il se concentra un instant sur le lien les unissant et perçut un sentiment de mélancolie persistant.

« Mais pourquoi est-ce qu'il est triste ? interrogea Harry en tournant la tête vers lui.

-Parce que c'est Noël ! dit Hermione, comme si c'était une évidence. Harry, Noël est une fête familiale… Ecoute, je sais que ce que je vais dire est horrible, mais le fait que tes parents soient morts quand tu avais un an est probablement une bonne chose ! Non, tais-toi ! »

Harry referma la bouche furieuse qu'il avait ouverte.

« Harry, du fait que tu n'avais qu'un an, tu ne te souviens pas du seul et unique Noël que tu as passé avec eux. Et ce n'est pas les Noëls que tu as célébrés avec les Dursley qui vont te manquer… Mais pour Draco… Pas que pour lui, en fait. Pour Ron, Draco et moi, ce Noël est… triste. Nous avons toujours célébré cette fête avec notre famille. Ron ne peut pas retourner au Terrier, mes parents m'ont tout bonnement oubliée et Draco a été renié. Bien sûr qu'il est triste ! »

Harry soupira, demeurant silencieux. Il n'avait pas pensé à cette perspective. Il regarda Draco qui revenait avec une bouteille d'eau et une autre de vin.

« J'ai eu du mal à l'avoir et Joshua ne nous en donnera pas une autre sous prétexte que nous sommes des "enfants", donc, savourez-la. Ou alors, allez négo… hé ! »

Harry, incapable d'attendre, lui avait arraché les bouteilles des mains et les avait posées sur la table pour ensuite le serrer contre lui. Draco, surpris, se contenta de passer ses bras autour de lui en lançant un regard interrogateur à une Hermione amusée et un Ron résolu.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Draco.

-Il a l'alcool câlin, dit Hermione. Tu devrais le savoir, non ? »

Draco resta un instant silencieux avant de sourire.

« Oui, je le sais, dit-il en allant se rasseoir, Harry s'installant aussitôt sur ses genoux pour ensuite appuyer sa tête contre son épaule. Dis donc… Tu veux un autre verre ?

-Il faut qu'au moins un d'entre vous soit sobre ! intervint Ron. Le sort de silence… »

Draco leva les yeux au ciel, une main passant de bas en haut dans le dos de son amant. Il sentait parfaitement son envie de le consoler et cela l'étonnait. Mais il la savourait tranquillement, tout autant que les autres verres de vin qu'ils dégustèrent ensemble, dans un silence relativement agréable. Ils observaient les enfants qui couraient et jouaient alors que certains adultes dansaient ou discutaient ici et là. Finalement, alors que certains enfants baillaient, le dessert arriva et un nouveau sentiment d'excitation parcourut la tente. Tous se servirent de gâteau ou de bûche avec un sourire ravi et ce fut avec satisfaction qu'ils dégustèrent ce qui signifiait la fin de la soirée.

Quand enfin, ils eurent terminé la pâtisserie, aucun des quatre adolescents n'eut envie de s'attarder. Une certaine fatigue se faisait sentir en eux et ce fut avec des au revoir joyeux qu'ils quittèrent la soirée, marchant tranquillement dans la neige. Quelques flocons tombaient ici ou là et ils les regardèrent avec une certaine appréciation.

« La chasse va être facile, avec cette neige, non ? demanda Hermione.

-Et bien, ça dépend, répondit Draco. Certains animaux sont doués pour se fondre dans la neige, comme les lapins ou les hermines…

-Chasse ? demanda Harry, un bras enroulé autour de la taille de Draco.

-C'est bientôt la pleine lune », répondit laconiquement Hermione.

Harry hocha la tête, l'esprit un peu embrumé par l'alcool et la nourriture pesant sur son estomac.

« Bon… on se retrouve demain pour les cadeaux, dit Harry. Et non, Ron, je vais le déballer ce soir, en privé ! »

Le rouquin referma la bouche, l'air boudeur. Ils entrèrent tour à tour dans la maison et, après un « joyeux Noël » d'Hermione et un « Sort de silence, n'oubliez pas ! » de Ron, chacun se réfugia dans sa chambre.

A peine entrer dans la sienne, Harry jeta un œil aux paquets au pied de leur lit. Il y avait bien entendu ceux qu'il faisait à Draco… et d'autres, sans doute ceux d'Hermione et Ron, ceux que Draco lui faisait… et ils étaient très nombreux ! Il enleva sa cape, ses gants et son écharpe aux couleurs de Gryffondor et les posa dans un coin pour s'approcher des paquets.

« Tu vas vraiment l'ouvrir ? demanda Draco en ôtant ses chaussures qu'il rangea dans un coin de la chambre.

-Oui, répondit Harry. Je préfère le faire avec toi… »

Draco sourit et s'approcha de lui pour s'asseoir sur le sol. Ils cherchèrent ensemble et finirent par dénicher une boîte ronde d'une hauteur étrange. Ils la regardèrent, échangèrent un regard sceptique face à sa couleur violette et lilas et au nœud mauve énorme. Ils sourirent en secouant la tête, s'éloignèrent ensuite des autres paquets pour s'asseoir l'un en face de l'autre sur le tapis de la chambre, le paquet entre eux.

« Bon, dit Harry en prenant son courage à deux mains. J'ouvre. »

Et il tira délicatement sur le ruban, ce dernier se défaisant sans difficulté, révélant une petite carte blanche posée sur le couvercle et où une fine et élégante écriture noire était dessinée. Harry échangea un regard avec Draco et attrapa la carte pour ensuite lire à voix haute :

« Parce que Draco n'osera jamais te les offrir et parce qu'il est de mon devoir de m'assurer de votre bien-être… Profitez-en bien. »

Harry lança un regard interrogateur à son amant qui fixait alors la boîte avec une certaine angoisse. En voyant cela, Harry s'approcha et souleva le couvercle. Il remarqua d'abord un vêtement qu'il attrapa sous le regard blême de Draco. Il fut surpris de découvrir un short. Un très petit short en cuir.

« Un short en cuir ? demanda Harry en examinant le vêtement sous toutes les coutures le vêtement de tous les côtés. Pourquoi est-ce qu'il a une fermeture Éclair sur l'arrière…. »

Sa voix s'éteignit alors qu'il réalisait la réponse à sa question et il rougit en fixant le vêtement si minimaliste. Il regarda Draco qui avait caché son visage dans ses mains et reporta alors son attention sur le reste de la boîte.

« Des chaînes ? dit-il en les sortant, celles-ci cliquetant doucement. Et un collier ? »

Draco enleva ses mains de son visage pour regarder.

« Je n'ai acheté aucun collier ! dit-il, stupéfait. Je te le jure !

-Mais tu as acheté les chaînes, lui signala Harry.

-Euh… oui… je… et bien… »

Harry haussa un sourcil interrogateur face à son manque d'éloquence. Ce n'était pas dans son habitude de perdre toute logique. Amusé, Harry reprit le short et le leva devant lui.

« C'est très… moulant, dit-il en le plaquant par-dessus ses vêtements. Est-ce que… ça t'exciterait que je porte ça ? »

Draco souffla en l'entendant dire ça puis il finit par hocher la tête. Harry sourit et se releva, enlevant ses chaussures et ses chaussettes pour ensuite commencer à détacher sa chemise blanche trop grande. Draco le regarda faire, écarquillant les yeux.

« Qu'est-ce que tu…

-Je l'essaye, répondit Harry en enlevant totalement sa chemise puis le sous-pull trop large qui était en dessous, finissant torse nu. Il faut bien l'essayer, non ? Et puis, je crois que j'ai besoin de voir ce que ça va donner si je le porte. Parce que là, comme ça, je ne vois pas ce que ça a d'excitant. Je comprendrai peut-être mieux avec le vêtement sur moi. »

Il détacha son pantalon et l'enleva. Puis, avisant la taille trop grande de son caleçon et le minimalisme du short, il fit descendre aussi son sous-vêtement, finissant nu. Face à cette image, Draco déglutit, soudainement très attentif. Il regarda Harry se pencher et enfiler le petit short, bien qu'avec une certaine difficulté étant donné la matière nouvelle. Le short finit pourtant par s'installer naturellement sur lui, le moulant parfaitement. Harry referma le bouton puis la fermeture Éclair. Il se pencha ensuite vers la boîte et attrapa le collier. Ce dernier était aussi en cuir. Il le détacha, regarda Draco puis l'enfila autour de son cou pour le refermer. Le blond eut tout bonnement l'impression que son corps prenait feu.

« Alors ? demanda Harry en tournant sur lui-même. Est-ce que je te plais ? De quoi ai-je l'air ? Oh, attends ! »

Il se dirigea vers le seul miroir présent dans la pièce. C'était un grand miroir sur pied, suffisamment large pour s'y voir à plusieurs. Harry fixa son reflet.

« C'est vraiment très… collant. »

Il passa une main sur ses fesses moulées par le cuir, ses doigts frôlant la fermeture Éclair le long de l'arrière. Elle était parfaitement bien placée…

« Vraiment pratique, dit-il en suivant la petite fermeture argentée. Tu l'as acheté pour ça ? »

Alors qu'il parlait, Harry jeta un œil au reflet de Draco et il sentit soudainement le short devenir plus étroit. Simplement le regard de son amant avait suffi à l'exciter et il gémit en le voyant. Il se retourna, dévoilant à Draco son érection dans son petit short.

« Il moule un peu trop, maintenant, dit Harry d'une voix plaintive en passant sa main sur la bosse du short. Tu es sûr que tu veux que je le garde… ? »

Draco était sans voix. Est-ce que Harry était en train de le provoquer ? Ce garçon magnifique, au corps mince et moulé de cuir, un collier noir pour chien autour du cou, les cheveux ébouriffés et le corps tendu par le désir était-il réellement en train d'essayer de l'exciter encore plus qu'il ne l'était déjà ? Etait-il suicidaire ?

« Draco, dit Harry en se mordant la lèvre inférieure. Je ne saurai jamais l'enlever dans mon état… Tu veux bien m'aider… »

Définitivement, oui, il le provoquait. Lentement, le blond se releva du sol. Puis, sans s'avancer, il commença à détacher sa propre chemise alors que Harry se dirigeait prudemment vers le lit. Il sourit tout en s'asseyant pour ensuite reculer sur le couvre-lit. Il hésita un instant puis s'appuya contre les oreillers moelleux, écartant les cuisses pour passer doucement ses mains sur l'intérieur de celles-ci. Draco poussa alors un grognement appréciateur en le voyant faire.

« Putain, grogna Draco en arrachant presque l'attache de son pantalon. Oh putain, Harry… Je vais devoir remercier Greyback… tu es si sexy. »

Harry rougit en l'entendant mais il continua de se caresser avec douceur, l'une de ses mains allant masser son érection par-dessus le short en cuir.

« Oh putain », cria presque Draco en déchirant son sous-vêtement qui ne voulait pas descendre pour ensuite monter sur le lit, avançant lentement vers Harry à genoux pour s'arrêter à un mètre de lui.

Harry le regardait, les paupières légèrement baissées, la respiration rapide alors qu'il continuait de se caresser par-dessus le short de cuir. Ses yeux étaient directement posés sur le sexe bandé de Draco et, sans s'en apercevoir, il passa une langue gourmande sur ses lèvres en contemplant l'érection tendue. Draco, dont les oreilles étaient devenues celles du loup depuis qu'Harry avait commencé à se déshabiller, sentit ses dents se faire plus pointues alors que la longue queue blanche canine remuait de droite à gauche dans son dos.

« Un autre jour, Harry, je te demanderai de recommencer à faire ça… et de faire ce qu'Hermione t'a suggéré de faire… mais ce soir… bordel, ce soir, je vais te baiser si fort que demain, tu ne seras pas capable de te lever avant midi. »

En réponse, Harry glissa dans le lit et, d'un geste sensuel, leva une jambe qu'il enroula d'autorité autour de la taille de Draco, l'obligeant ainsi à se rapprocher.

« Chiche », dit-il, répétant l'expression provocatrice de leur première fois, mais avec bien plus de sensualité.

En réponse, Draco se jeta sur lui avec un grognement vorace, commençant à le lécher et le caresser avec envie. Dans la chambre d'à côté, pourtant, une voix eut l'effet nécessaire pour les calmer.

« Le sort de silence, BORDEL ! »

Harry et Draco cessèrent tout mouvement, le brun soudainement rouge pivoine alors que Draco ne pouvait s'empêcher de rire face au cri de Ron.

« Bon, dit-il, tentant de calmer son hilarité. Le sort d'abord… Le sexe ensuite. Ne bouge pas… reste chaud… Je reviens tout de suite ! »

Et il s'empressa d'aller chercher sa baguette magique, abandonnée au sol pour satisfaire Ron mais, surtout, eux !

A suivre…

Rendez-vous le 23 avril les amis ! ^^ Le nom du prochain chapitre ? Aaah, vous allez l'adorer ! « Lune trois-quarts ». Avec un énorme avertissement pour lecteur sensible !