Titre : Alpha Potentiel

Résumé : Pour avoir lâchement désobéis à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM

Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)

Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !

Note de l'auteur : Et bien, nous voilà arrivée au chapitre par excellence… Celui que j'ai presque peur de poster ! loll

Bref ! Je vous rappelle (et parce que je suis une fainéante, je fais un copier collé) que le recueil Cœur de Cristal sera vendu par le stand maskot à la Japan Expo où je serais présente, le dimanche 03 juillet, toute la journée. Vous n'êtes pas obligé d'acheter pour venir me dire coucou, mais vous êtes obligé de réserver pour avoir le recueil et nous bouclerons définitivement les commandes… en mai, je crois ?

Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Aloors… Il y a… X Ray Doc, Barbarian, Tainted Love, de Marylin Manson et… ben c'est tout. Loll

Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !

Nombre de chapitre : 25 commencé !

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AVERTISSEMENT

Ce chapitre contient des scènes de sexe intenses et réellement perverses ! Si ce genre de scène entraîne chez l'un de mes lecteurs un certain choc, je vous remercie de cesser de lire dès la fin de la visite de Greyback à Harry et de ne vous y remettre qu'après le réveil de ce dernier. Afin que vous reconnaissiez ces scènes, je les démarquerais par ces symboles oOoOoOo. Merci de ne pas lire si vous savez ne pas pouvoir le supporter.

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Chapitre 19 : Lune Trois Quarts

Le réveil fut difficile. Comme toujours, Harry fut le premier à ouvrir les yeux qu'il referma aussitôt en jurant contre leur stupidité d'avoir laissé les rideaux ouverts. Il cacha son visage sous la couverture, se demandant vaguement si sa baguette était assez proche que pour l'attraper sans ouvrir les yeux pour fermer les rideaux. Mais il se rappela s'être dévêtu entièrement la veille et malheureusement, pas juste à côté du lit. Harry gigota, grognant en se sentant un peu courbaturé. Draco avait été très… déchaîné. Manifestement, le short l'avait vraiment inspiré !

Le plus étrange était que lui aussi avait été très inspiré par sa tenue… il avait eu un comportement provoquant et étonnant… mais il avait apprécié cette petite scène. Il venait de comprendre qu'à sa façon, il avait du pouvoir sur Draco. Certes, ce n'était peut-être pas le plus reluisant… mais c'était le plus satisfaisant ! Il rougit bien entendu en réalisant ce qu'il venait de penser mais sourit malgré tout. Il était impatient de voir jusqu'où ce pouvoir pouvait aller…

Soufflant, il se décida finalement à ouvrir les yeux. Les draps filtrèrent un peu la lumière alors il parvint à s'y habituer. Puis il sortit la tête, la tournant un peu dans tous les sens. Il aperçut Draco, profondément endormi, son visage dissimulé par ses longs cheveux blonds. Seul le bout de son nez pointu était visible et Harry tendit la main pour le frôler de son index, amusé. Il se redressa ensuite, s'étirant en poussant un petit grognement douloureux. Ils n'y étaient vraiment pas allés de main morte, lors de leur relation de la veille.

Baissant la tête vers le sol, Harry aperçut le petit short de cuir. Il l'avait gardé pendant un long moment puis, brutalement, Draco n'avait plus supporté sa présence.

« Enlève-le ! avait-il dit avec impatience. Enlève-le, je veux que tu sois nu ! Tout à fait nu contre moi ! »

Et bien entendu, il avait obéit, l'enlevant avec une petite difficulté à cause de la sueur sur son corps. Au moins, maintenant, il savait qu'il pouvait séduire Draco avec des tenues originales mais que ce serait toujours nu qu'il le préférait. Souriant, il sortit du lit puis sentit ses jambes vaciller légèrement.

« Vraiment trop fort hier, dit-il en s'accrochant à la table de nuit.

-Mais c'était délicieux », dit une voix rauque venant du lit.

Harry sursauta et tourna la tête vers le corps étendu et immobile de Draco. Quelques mèches étaient écartées de son visage et deux yeux d'un gris intense le fixaient avec amusement.

« Tu es réveillé depuis longtemps ? demanda Harry en remontant dans le lit.

-Seulement quelques secondes, répondit Draco en bougeant pour s'étendre avec satisfaction. Tu es magnifique à marcher comme un crabe parce que tu as trop mal au cul. »

Harry rougit en l'entendant, enfonçant son visage contre l'épaule de Draco.

« Oh, excuse-moi, tu préférais que j'utilise un autre mot ? demanda le blond en allant caresser son dos nu, ses reins puis finalement ses fesses. Comme postérieur. Ou popotin. Ou fessier. Ou délicieux petit cul qui me fait bander à se dandiner le matin devant moi… »

Sous un grognement gourmand, Draco alla mordiller la fesse droite d'Harry, ce dernier couinant en le sentant faire.

« Draco… arrête, je ne suis pas… pas maintenant ! Laisse-moi me remettre de cette nuit ! Tu as été… vraiment violent ! »

Draco répondit par un petit son complaisant et s'écarta, donnant une claque sur les fesses tendues vers lui.

« Alors soit, dit-il. Pas de sexe ce matin ! Profitons plutôt des cadeaux ! »

Et il se leva avec une énergie qu'Harry trouva réellement inhumaine !

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Ils s'étaient habillés de vêtements larges et confortables puis, après un lévi lancé distraitement par Draco, les paquets s'envolèrent tranquillement et les suivirent au rez-de-chaussée où une odeur de chocolat chaud régnait. Harry et Draco sentirent leur estomac grogner d'impatience et ils s'empressèrent d'abandonner leur cadeau près du sapin déjà bien accompagné des paquets de Ron et Hermione pour les rejoindre dans la cuisine.

« Joyeux Noël ! dit Harry en entrant, souriant. Désolé pour le sort, Ron. »

Le rouquin baragouina quelque chose, le visage enfoncé dans son chocolat chaud, les autres riant.

« Moi, je n'ai rien entendu, dit Hermione. Enfin, jusqu'à ce que Ron crie. Tu as l'oreille collée au mur ou quoi ?

-Ceci expliquerait cela, dit Draco en s'asseyant, une main pourtant encore posée sur les fesses d'Harry.

-Mon mur doit être plus fin, c'est tout, râla Ron.

-C'est ce qu'on dit, Weasley, dit Draco en tendant son bras libre pour attraper une crêpe qu'il déposa dans son assiette.

-C'est ce qu'on dit, Weasley, imita Ron d'un air bougon. Ras-le-bol d'avoir une chambre juste à côté de deux pervers ! Si au moins vous lanciez votre foutu sort ! Je vous préviens, si ça arrive encore une fois, je vous lance un sort d'eau gelée à distance ! Sérieusement ! »

Les trois autres éclatèrent de rire en l'entendant, Ron continuant de grogner dans sa tasse de chocolat. Hermione servit Harry en crêpe et s'en servit également, s'installant après avoir amené trois autres tasses de chocolat.

« Donc, le cadeau de Greyback était à la hauteur !

-Hermione, je mange ! dit Ron, choqué.

-Oh, pitié, tu veux savoir ce que c'était toi aussi !

-Un short en cuire, répondit Draco.

-Et le collier qui va avec », dit Hermione en passant un doigt moqueur sur le collier qu'Harry portait encore.

Ce dernier rougit en constatant qu'il avait oublié de l'enlever alors que Ron redressait enfin la tête pour regarder Harry.

« Merde, tu as mis un collier ? s'exclama-t-il. Un collier pour chien ! Vous êtes encore plus pervers que je ne le croyais ! »

Et sur ces mots, il embarqua son petit déjeuner et quitta la pièce alors qu'Harry tentait de disparaître tout en entrant petit à petit en combustion spontanée alors qu'Hermione ricanait et que Draco mangeait, comme si de rien était.

« Arrête de rire ! » dit Harry à sa meilleure amie.

Mais cette dernière ne fit que ricaner plus fort, rapidement accompagné par Draco. Outré, le brun finit par détacher le collier qu'il posa sur la table, attrapa sa propre assiette et quitta la cuisine d'un pas tout aussi rageur que Ron qu'il rejoignit dans le salon. Presque un quart d'heure plus tard, Draco et Hermione les rejoignirent. Un sort lancé et les couverts sales d'Harry et Ron s'envolèrent jusqu'à la cuisine, suivi d'Hermione. Draco s'installa près d'Harry et enroula un bras autour de sa taille, allant embrasser sa tempe.

« Désolé, dit-il. C'était juste… drôle.

-Je sais, répondit Harry. Désolé de m'être énervé… C'est juste… gênant. Tu sais… tu avais dit que… ce serait juste entre nous. »

Draco s'écarta de lui pour le regarder pendant un moment, contemplant son air mortifié. Il sourit et se rapprocha pour l'embrasser.

« D'accord, dit-il. Désolé. Je ne leur dirais plus rien. Tout restera juste entre nous. Je ne pensais pas qu'un détail si minuscule… je veux dire… ce n'est qu'un short en cuir et un collier. C'est un peu comme la cravate Gryffondor et le pantalon de l'uniforme. Ce ne sont que des vêtements. Mais c'est d'accord. Je n'évoquerais plus ce genre de détail devant une autre personne que toi. »

Harry souffla et hocha de la tête, l'air reconnaissant. Il s'appuya contre lui, content d'avoir eu le dernier mot sur ce sujet.

« Bon ! dit Hermione qui revenait d'avoir déposé la vaisselle sale dans l'évier et lancer les sorts nécessaire au nettoyage. Si on déballait les cadeaux ? »

Les trois garçons approuvèrent et tous se rassemblèrent autour du sapin.

« On fait ça comment ? demanda Draco. Tout le monde déballe en même temps ou on donne tous les cadeaux à une personne et on prend le temps ?

-Moi, je préfère la seconde option, dit Hermione. Ainsi, on peut regarder ce que l'autre a reçu ! »

Harry et Ron acquiescèrent de concert puis, tous regardèrent les cadeaux.

« Qui commence ? » demanda Ron.

Le silence régna pendant un long moment puis, finalement, Harry tendit la main pour attraper son cadeau destiné à Hermione et il le présenta à cette dernière.

« Les femmes d'abord, dit-il en haussant une épaule hésitante.

-Et bien… merci », dit-elle.

Dans un silence presque religieux, elle se mit à déballer le paquet offert par Harry. Elle sourit en constatant qu'il s'agissait d'une série d'objets féminins, telle qu'une jolie brosse à cheveux, un peigne, une série d'élastique et de pince à cheveux.

« D'habitude, je t'offres des bonbons ou des livres, dit Harry. Mais… tu es une fille. Presque une femme. Et j'avais envie de… je sais pas, de t'offrir quelque chose qui représentait ça. Parce que tu n'es pas juste une fille lisant des livres. »

Hermione sourit, émue, et enlaça Harry avec reconnaissance.

« Merci de me dire que tu remarques que je suis une fille, Harry, ça me touche !

-Non, ce n'est pas ce que je voulais dire ! dit-il, horrifié.

-Je sais, je te taquine, idiot ! lui dit-elle, amusée. Merci pour ça. Ça change d'un livre. »

Harry sourit alors que Ron prenait son propre cadeau et le tendait à la jeune femme. Celle-ci se saisit du paquet, l'air interrogateur. Elle déballa le paquet avec précaution, figeant ensuite en le découvrant.

« Et bien… c'est… euh… surprenant. »

Harry se redressa pour apercevoir, dans le paquet, une magnifique fleur, une orchidée décorée de perle et de ruban. C'était une parure digne d'un bal et Harry regarda son meilleur ami dont les joues étaient d'un rouge flamboyant.

« Elle… m'a faite penser à toi, dit-il, mal à l'aise. J'ai pensé… que ça t'irait bien. J'ai lancé un sort pour qu'elle ne se dégrade jamais et… euh… ça te plait ? »

Hermione releva la tête, manifestement très émue. Elle s'approcha de Ron et, au grand malaise de ce dernier, le serra contre elle de toutes ses forces.

« Merci, dit-elle. C'est vraiment très joli. Merci beaucoup. »

Ron, très gêné, lui tapota maladroitement le dos.

« Euh… de rien. Je la trouvais… vraiment jolie et… hem. Joyeux Noël. »

Draco et Harry échangèrent un regard amusé alors qu'Hermione reprenait sa place, déposant précieusement la fleur près du cadeau d'Harry. A son tour, Draco lui tendit son propre paquet. Il s'agissait, à la grande surprise de la jeune femme, d'une magnifique robe noire ponctuée ici où là de pierre brillante.

« Elle est magnifique ! dit Hermione en se levant. Ça alors, c'est la première année où on ne m'offre aucun livre ! Merci Draco ! »

Elle se pencha sur lui et l'embrassa sur la joue pour ensuite se rasseoir.

« Il reste un cadeau pour toi, s'étonna Harry. C'est de… Greyback ? »

Tous regardèrent Hermione avec curiosité et cette dernière haussa les épaules.

« Il a dut apprendre que je comptais lui faire un présent, dit-elle en prenant le petit colis, l'ouvrant avec rapidité pour ensuite se figer. Merlin ! »

Elle avait ouvert un petit écrin délicat dans lequel se trouvait une chaîne argentée au bout duquel pendant un petit pendentif ovale possédant un fermoir. Hermione l'ouvrit et y trouva avec une certaine émotion une photo de son père et de sa mère.

« Comment, dit-elle. Comment a-t-il fait ? »

Les larmes aux yeux, elle passa une main tendre sur les visages souriants qu'elle se désespérait de revoir. Harry sentit un certain malaise s'installer alors que Ron semblait s'assombrir et que Draco affichait un air à la fois surpris et inquiet.

« Et bien, dit Harry. Il a fait fort. C'est un très joli cadeau. »

Hermione hocha de la tête, s'empressant de passer le collier autour de son cou.

« J'irais le remercier tout à l'heure, dit-elle, la voix émue. Bon… Je choisi ! Ron ! »

Elle attrapa son propre cadeau et le tendit à ce dernier. Hermione avait préféré choisir des cadeaux pratiques et tous les garçons se virent offrir des choses utiles. Ron eut donc droit à un pull, des gants et une écharpe.

« Merci Hermione ! » dit-il, ravi.

Harry avait offert à Ron un set de dégustation chocolatée qui fit presque saliver son meilleur ami alors que Draco, lui, avait préféré un cadeau plus neutre en lui offrant, à lui aussi, un pantalon noir élégant accompagné d'une chemise d'une couleur identique et assortie à la robe d'Hermione.

« Et bien… euh… merci. C'est vraiment beau. »

Draco lui sourit simplement en réponse. Ce fut au tour de Ron de choisir à qui il allait offrir son cadeau et comme il ne restait plus que Draco et Harry, il préféra sélectionner son meilleur ami et lui tendit son présent. Harry le déballa rapidement et trouva avec amusement des petits gâteaux. Il le remercia, non sans avoir l'envie d'en manger. Hermione lui avait également acheté des gans et des chaussettes qui le firent sourire en découvrant que des loups blancs servaient de motifs. Il remercia sa meilleure amie puis se tourna vers Draco.

« Tiens, dit-il. J'espère que… ça te plaira. »

Le paquet de Draco était énorme et Harry s'empressa de le découvrir. Il contenait deux pantalons (un jeans et un pantalon très élégant et noir, le tout à sa taille selon ce qu'il pouvait juger), deux pulls (un noir et un vert avec des motifs noirs, les deux étaient réellement d'une beauté et d'une douceur qui rendit Harry presque extatique), deux chemises (une noire et une blanche) et enfin, des sous-vêtements neufs. Harry rougit mais comprit qu'il n'y avait là aucun sous-entendu.

« Merci, dit-il. Ils sont… magnifiques. Je n'en ai jamais vu d'aussi beaux. Ils ont du coûter une fortune… »

Draco l'interrompit en posant deux doigts sur sa bouche.

« Je m'en fiche, dit-il. Je les ai payés avec l'argent que j'ai gagné. Et j'ai travaillé parce que je souhaitais te les offrir. Aucun de tes vêtements ne sont à ta taille… ils sont tous vieux et trop large. Tu es… magnifique. Et c'est un crime que tu le caches derrière de vieilles fripes immondes ! »

Touché, Harry sourit et se pencha sur lui pour l'embrasser.

« Merci, dit-il. Je vais en prendre bien soin.

-Pas la peine, dit Draco. Je t'en achèterai d'autres. Je te ferai toute une garde-robe ! »

Harry secoua la tête mais n'essaya pas de le raisonner. Il savait pertinemment qu'il n'y parviendrait pas. Draco émettait des ondes presque dominatrices pour démontrer à Harry qu'il n'avait rien à dire sur la question et il s'y soumit sans restriction. A la place, il tendit la main et attrapa ses cadeaux pour Draco.

« Le premier cadeau n'était pas très inspiré. Le second l'est bien plus. »

Il tendit un paquet un peu gros à Draco qui le découvrit. C'était des chocolats et le blond se lécha les lèvres en les voyants.

« Chocolat au lait, dit-il en regardant Harry. Mon préféré, surtout maintenant. Merci. »

Harry lui tendit un autre paquet, plus petit.

« Celui-là est… plus convenable, je pense.

-Les chocolats me vont très bien aussi », dit Draco en prenant pourtant l'autre paquet qu'il déballa.

Il y découvrit deux portes clés identiques. Chacun était en métal, du faux argent de ce qu'il pouvait en juger car il n'eut aucun geste répulsif. Et au bout d'une petite chaînette pendait une boule de cristal, ce dernier brillant légèrement, l'un d'une couleur dorée, l'autre d'un joli violet.

« Ils sont… représentatifs de certaines émotions, dit Harry. Celui-là… »

Il attrapa le violet, le tourna et montra un petit H sur la chaîne.

« Celui-là est pour toi. Il me représente. Le violet montre mon trouble actuel parce que… je ne sais pas si tu vas aimer mon cadeau. Et celui-ci est le mien. Mon but n'est pas vraiment de montrer les sentiments que nous ressentons, mais surtout de savoir si l'un de nous est… en danger. Bien sûr, on peut le savoir grâce au lien, mais… ça nous permettra de le savoir plus vite. D'accord ? »

Draco lui fit un large sourire ravi et enlaça son compagnon.

« Merci, dit-il. Je le garderai toujours. »

Et il le serra dans sa main.

« Je l'attacherai à mon pantalon… A chaque pantalon, chaque matin, dit-il. Merci. »

Harry hocha de la tête et l'embrassa doucement. Ce qu'il ne disait pas était que, si Draco pouvait facilement savoir si Harry était en danger, ce n'était pas son cas. Et il avait besoin de ça pour se rassurer.

« Bon ! dit Hermione. Voilà le mien ! »

Draco avait reçu des chaussettes, lui aussi. Mais le loup était noir, ce qui fit rire Harry. De Ron, il eut un bonnet.

« Vu que tu supportes pas le froid, dit-il, mal à l'aise à nouveau.

-Merci Weasley, dit Draco, amusé.

-Il reste deux paquets, dit Hermione. Qu'est-ce que c'est ? »

Elle tendit la main et lut l'étiquette.

« C'est de Devis, dit-elle. Pour Harry et Draco. »

Ces derniers attrapèrent le colis et l'ouvrirent. Il contenait, à leur grande surprise, une peinture, joliment réalisée, les représentant tous les deux. Comment Devis les avait-il vu, le matin du lendemain de la pleine lune, ils l'ignoraient, mais la peinture les plongea dans un long moment de silence heureux. Harry et Draco étaient torse nu, appuyés l'un contre l'autre, assis. On ne voyait que leur torse, parfois leurs mains apparaissaient, caressaient le visage de l'autre alors qu'ils se dévoraient des yeux, l'air tendrement amoureux. Hermione haleta en voyant la toile et même Ron n'eut aucune réflexion moqueuse.

« C'est magnifique, dit Harry, ému. C'est… Elle est vraiment belle. »

Draco hocha de la tête, la gorge trop serrée que pour parler. Ce matin là avait été si important. Harry avait décidé d'avancer dans leur relation, d'avancer d'une façon radicale et à présent, ils étaient ensembles, amoureux, heureux… malgré la guerre et tout le reste. Et cette peinture là le représentait à merveille.

« Dans notre chambre. Près du lit ? Tu en penses quoi ? demanda Harry en se tournant vers Draco.

-Oui, dit-il, la voix fortement rauque et les yeux brillants. Ce serait parfait. »

Ils se sourirent alors qu'Hermione attrapait le dernier cadeau.

« C'est encore pour Draco… mais il n'est pas signé. »

Le blond tendit la main et sembla figé en regardant la petite carte.

« Quoi ? demanda Harry, inquiet en voyant deux larmes perler au coin des yeux de son amant. Draco ? Qu'est-ce qu'il…

-C'est mon père, répondit Draco, la voix brisée. C'est… ça vient de mon père. »

Il attrapa la petite bourse et l'ouvrit lentement. Ce n'était que de l'argent. De beaux galions rutilant… Mais Draco fut réellement bouleversé par le geste. Il se leva brutalement et quitta le salon, sous le regard gêné des trois autres.

« Va le voir, dit Hermione en regardant Harry. Ne parle pas spécialement. Sois juste avec lui. »

Harry hocha de la tête. Il lança un sort à ses cadeaux et à ceux de Draco et ces derniers le suivirent lorsqu'il se dirigea vers l'étage. Quand il ouvrit la porte de la chambre, Draco s'était réfugié dans le lit, le visage caché dans un oreiller. Harry s'approcha après avoir déposé les cadeaux au sol et refermé la porte. Il enleva ses pantoufles et se coucha dans le lit. Tendant la main, il caressa les cheveux de son amant avec lenteur, de bas en haut.

« Draco ? appela-t-il. Draco, regarde-moi. »

L'autre secoua la tête de gauche à droite, tremblant légèrement. Harry souffla et s'assit finalement. Il força lentement Draco à lâcher le coussin et l'obligea à enfoncer son visage contre son ventre, ce que le blond fit avec empressement, serrant sa taille de ses bras. Il fut silencieux un petit moment puis murmura :

« Ils me manquent. »

Harry ne répondit pas. Il n'y avait rien à dire, de toute façon. A la place, il continua de caresser ses cheveux avec tendresse et attendit simplement que ça passe.

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Deux jours s'étaient écoulé depuis Noël et le village avait repris un semblant de vie normale, ou presque. Ils avaient tous été réquisitionné pour nettoyer le chapiteau et l'apprêter pour la nouvelle année avec une excitation de plus en plus grandissante et contagieuse. Nombreux étaient les membres du village qu'Harry voyait courir ici et là, sans sens, sans raison, mais avec un large sourire aux lèvres. Une frénésie étrange s'était emparée du village et de certains de ses habitants et il ne se posait aucune question, malgré l'évidence.

Deux jours après Noël, alors qu'une Hermione un peu étrange et un Ron encore plus bougon que d'habitude quittaient la maison pour aller travailler, il resta seul chez eux, Draco ayant du s'absenter pour aller discuter avec Greyback, ce qu'il faisait beaucoup depuis la veille.

Ce matin là justement, Harry ne comprenait pas vraiment pourquoi Chyreer s'était contenté de lui donner l'ordre de rester chez lui et de ne surtout pas quitter l'endroit.

« Mieux vaut que vous vous reposiez aujourd'hui », avait dit le second, mystérieux.

Du reste, Harry devait admettre qu'il se sentait un tantinet las. Godric's Hollow, la soirée de Noël avec les lycans et… Draco. Depuis trois ou quatre jours, le blond était devenu infernal, en particulier la nuit, rendant tout rapprochement physique si intense qu'Harry peinait à le suivre. Et tout particulièrement lors de leur dernière relation. Draco avait été jusqu'à le réveiller pour se satisfaire ! Certes, ça avait été le réveil le plus chaud et agréable qu'Harry ait jamais expérimenté, mais il n'en demeurait pas moins fatigué.

Ainsi, après qu'Hermione et Ron aient quitté la maison, il s'attela au rangement de la maison avec la vitalité d'un escargot sous sédatif. Puis, quand il fut satisfait – et il ne le fut qu'après avoir rangé la cuisine, fait la vaisselle et ranger les couverts du petit déjeuner – il retourna se coucher dans leur lit, se lovant dans leur odeur mélangée avec satisfaction, non sans bénir les sortilèges nettoyant, devenus essentiels depuis le début de leurs relations sexuelles.

Harry n'avait pas l'impression d'avoir fermé l'œil depuis longtemps lorsqu'il sentit quelqu'un le secouer. Ouvrant un œil un peu flou, il tenta de reconnaître la personne près de lui. Malgré l'absence de ses lunettes, il reconnut Greyback à sa coupe de cheveux longue et ébouriffée.

« Greyback ? demanda Harry, la voix pâteuse.

-Lève-toi gamin, répondit l'alpha. Et descends au salon. Je t'attends. »

Harry le regarda sortir, l'esprit un peu embrouillé. Que lui voulait l'alpha ? Et d'abord, quelle heure était-il ? Perplexe, il attrapa ses lunettes sur sa commode et, saisissant sa baguette, lança un simple tempus. Il avait dormi plus de trois heures ! L'heure du dîner était passée et il n'avait même pas profité de ce moment pour voir Draco ! Agacé, il se leva pourtant pour constater qu'un mot était placé près de la lampe de chevet.

« Ai préféré te laisser dormir. A tout à l'heure. DM. »

Harry eut un sourire appréciateur. Le meilleur. Vraiment, Draco était le meilleur ! Satisfait, il descendit au rez-de-chaussée pour découvrir un Greyback agité tournant en rond dans le salon. L'alpha avait tourné la tête vers lui bien avant qu'il n'apparaisse dans la pièce mais cela n'étonna pas Harry. Non, ce fut surtout son regard lycanthrope, celui d'un animal sauvage, qui l'inquiéta.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Harry, s'arrêtant dans l'embrasure de la porte.

-On doit parler, lui répondit l'homme. Assis. »

Quelques jours plutôt, Harry se serait rebellé face à cet ordre mais cette fois, il obéit simplement. Marchant d'un pas tendu, il alla s'installer dans le divan. Greyback s'assit en face de lui, joignant les mains pour ensuite les démêler à plusieurs reprises.

« Potter, ce que j'ai à dire n'est pas évident. Alors contente-toi de m'écouter. Sais-tu quelle nuit nous allons être ? »

Harry fronça les sourcils. Quelle nuit ? C'était bientôt la nouvelle année, mais ce n'était pas avant trois jours.

« Euh… Non ? » dit-il.

Greyback grogna d'agacement. Il se leva puis se rassit presque brutalement, son genou droit bougeant frénétiquement de bas en haut.

« Potter, tu devrais le savoir. En tant que compagnon d'un loup-garou, tu dois faire attention à ce genre de chose. Très attention ! N'as-tu donc pas remarqué que Draco était plus… agité, dernièrement ? »

Harry rosit. Ça, pour l'avoir remarqué, il l'avait fait ! Sa sieste matinale avait été plus que bienvenue !

« Nous sommes aux trois-quarts, dit finalement Greyback de sa voix grave. Et tu dois savoir qu'en tant que telle, cette nuit… va être assez intense. »

Les mots trois-quarts éveillèrent en Harry le souvenir d'un Draco enchaîné à un lit et gémissant en levant les hanches avec désespoir, désireux de posséder son lié. Mais les mots suivants lui amenèrent d'autres images. Celles des nuits précédentes où Draco avait été de plus en plus demandeur, de plus en plus dur et violent dans leurs étreintes. Et il se rappela que cette nuit là était la plus sauvage. La plus forte. Et il comprit pourquoi Greyback était là.

« Draco sait que vous…

-Nous en avons convenu ensemble, Potter, répondit l'alpha. Tu as deux choix. Soit tu décides de ne pas affronter ça et je m'arrange pour que Draco ne t'approche pas… soit tu l'acceptes. »

Harry resta un instant silencieux. Greyback et Draco en avaient parlé ensemble ? Et lui alors ? Pourquoi Draco n'avait-il jamais pris la peine d'en parler avec lui ? C'était lui son compagnon, non ?

« Je sais déjà ce qu'il va se passer si je choisis la première option, dit Harry, contrarié. Mais pour la seconde ? »

Pour la première fois, Greyback fut mal à l'aise. L'alpha rougit et gigota sur son siège. Manifestement, il n'avait pas vraiment envie d'en parler.

« Je n'ai jamais été lié, Potter, dit-il. Et encore moins à un alpha. Je ne peux pas répondre à cette question. Mais… si tu choisis cette option, je te conseille de prendre cette potion avant que Draco ne revienne. Il viendra vers 19 heures. »

L'alpha sortit une fiole de son pantalon et la déposa sur la table basse, entre eux.

« Qu'est-ce que c'est ? demanda Harry en regardant la petite fiole remplie d'un liquide opaque et doré.

-Plusieurs choses à la fois. Un aphrodisiaque couplé à un antidouleur. Il te permettra de faire face à… la demande répétée d'un lycanthrope. Je ne saurai affirmer qu'il sera suffisant pour te faire tenir aussi longtemps que Draco, mais il aidera. »

Harry avait écarquillé les yeux. Aussi longtemps ? Combien de temps exactement ? La nuit chez Devis avait été longue et Harry ne se souvenait pas de combien de jouissance Draco avait été traversé avant qu'il ne s'endorme, le corps encore tremblant. Mais il avait supposé que cela était du à l'absence du lié. Pas uniquement à la lune de plus en plus pleine.

« Il me faut ta réponse au plus vite, dit Greyback, interrompant ses pensées. Selon tes paroles, nous prendrons nos dispositions…

-Dispositions ? demanda Harry en relevant les yeux.

-La séquestration de Draco, informa l'alpha avec sérieux. Ou l'éloignement salutaire de tes deux amis qui viendront dormir chez moi… »

Harry écarquilla les yeux au mot séquestration. Il savait ce que ça voulait dire et il secoua vivement la tête en l'entendant. Les marques sur les poignets, les chevilles et la taille de Draco étaient encore trop visibles que pour être ignorées !

« Hors de question, dit-il vivement. Hors de question qu'il subisse ça à nouveau ! Hors de question que nous subissions ça à nouveau ! »

Greyback demeura silencieux un moment puis soupira. Il se leva à nouveau et se dirigea vers la porte.

« Si tu changes d'avis, vous avez jusque 16 heures pour me le faire savoir. Après, Draco sera devenu trop sauvage que pour être contrôlé et enfermé. Prend la potion à 18h45. Ensuite… et bien, amusez-vous bien, je suppose ? »

Et sur ces mots, il quitta la maison d'un pas rapide, claquant la porte avec brusquerie, laissant Harry seul avec la fiole et son choix.

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Il y avait pensé toute la journée. Jusque 16 heures ou il avait finalement décidé de ne pas bouger. Il ne pouvait pas supporter que Draco soit enchaîné à nouveau. Et puis, il avait accepté ça, non ? Et il était courageux, non ? Alors il resta assis dans le salon à regarder les chiffres magiques s'approcher de l'heure fatidique ou à jouer avec la fiole qu'il tenait entre ses doigts hésitants.

Finalement, vers 18h50, il déboucha la fiole et l'avala. Il n'avait même pas pensé au goût que pouvait avoir la potion, trop craintif face à l'arrivée de Draco. Pourtant, quand le liquide toucha sa langue, il sursauta. Il était chaud, onctueux, doux, presque suave. Et quand il coula dans sa gorge, Harry eut l'impression qu'une main chaleureuse caressait son torse et finalement son ventre. De là, il sentit une onde chaleureuse traverser tout son corps qui s'alanguit dans le canapé. Il se sentait bien. La crainte avait disparu, se muant en attente, en envie. Et tout son corps s'était relâché, presque quémandeur d'un contact. Pour autant, il n'était pas excité, juste en attente. Et les dix dernières minutes lui semblèrent interminables alors qu'il s'étendait dans le divan, fixant la porte dans l'expectative.

Il entendit les pas rapides, la respiration presque rauque et sentit comme un appel désespéré résonner à travers tout son torse. Puis Draco ouvrit la porte – ou sembla presque l'arracher de son encadrement – et entra. Il n'avait rien du Draco qu'Harry connaissait. Ses oreilles n'étaient plus humaines et étaient plaquées sur l'arrière de sa tête. Ses yeux aux pupilles fendues le cherchèrent et quand ils le trouvèrent, Draco poussa un son canin presque violent. Derrière son dos, la longue queue blanche était immobile, comme aux aguets. En réponse, Harry gémit. Tout son corps s'était éveillé à l'apparition de son compagnon et il eut la nette impression, soudainement, que ses vêtements le dérangeaient, qu'ils étaient de trop et qu'il aurait du les enlever. Il leva des mains tremblantes vers eux mais ses gestes étaient lents, gênés par l'excitation de plus en plus grande alors que ses yeux se délectaient de l'image d'un Draco suintant l'envie.

Les mains d'Harry continuaient de tenter d'enlever ses vêtements sous le regard animal de Draco. Ce dernier respirait vite, le caressant de ses yeux alors qu'Harry tremblait. Il ignorait ce qu'était exactement cet aphrodisiaque mais une chose était sûr, il fonctionnait foutrement bien. Quoi qu'après réflexion, Harry fut certain que même sans ça, il aurait été excité par ce regard intense, orageux et dominateur, posé sur lui.

La respiration de Draco se coinça quand le lycanthrope comprit que les mouvements d'Harry avaient pour but de le dévêtir. Frissonnant, l'ancien Serpentard referma la porte d'un coup de pied, la faisant claquer violemment et coupant l'air froid de décembre. Harry n'avait pas allumé beaucoup de lumières, tout juste le feu et quelques chandelles et cela rendit la scène encore plus intense.

« Tu es sûr ? » demanda Draco avec difficulté à cause de ses dents devenues proéminentes bien que toujours très fines.

Harry répondit en se cambrant violemment dans le canapé. Le son rauque, l'accent aristocrate mélangé à la brutalité lycanthrope rendit Harry brûlant et il gémit désespérément, ses doigts se crispant sur son pull qu'il tirait pour essayer de l'arracher de son corps. En constatant cela, Draco s'approcha, non sans avoir enlevé chaussures et chaussettes. Puis, encore contrôlé sur le moment, il s'agenouilla auprès du corps en ébullition.

« C'est un aphrodisiaque que j'ai créé, dit-il dans un souffle intense. Il a été mélangé à mon sang, mon aura… C'est pour cela que tu réagis si violemment à ma vue… »

Harry pleurnicha presque. Il le voulait. Il le voulait tellement. Presque désespérément, il tendit une main vers lui et caressa ses longs cheveux blonds. Draco haleta, ferma les yeux un instant, essayant de garder le contrôle encore un peu.

« Tant… tant que je serais excité… tu le seras, dit-il avec difficulté. Et ma seule vue… ma seule voix… va te faire bander. »

Harry se redressa dans le canapé. S'aidant de ses pieds, il enleva ses chaussons d'intérieurs crispant un peu les jambes avant de les écarter. A genoux devant lui, Draco grogna en voyant la sensualité qu'avait mit son amant dans ce geste pourtant banal. Les joues d'Harry avaient depuis longtemps été colorées de rouge, ses yeux brillants de désir. Autant que les siens.

« Il va aussi… dilater ton anus, dit-il en commençant à défaire les boutons de sa propre chemise, sans même prendre la peine d'enlever la cape pendant lâchement à ses épaules. Est-ce que… tu es ok ? »

Harry ne comprit pas le sens la question. Sur quoi était-il censé être ok, exactement ? Que signifiait cette formulation ? Il n'arrivait pas à réfléchir. Tout ce dont il était capable de penser, c'était qu'il avait trop de vêtement et que Draco était trop loin. Alors, d'un même mouvement, il arracha son pull tout en glissant du canapé pour se retrouver à califourchon sur les cuisses d'un Draco à genoux devant le canapé. Presque aussitôt, les mains de Draco se posèrent dans son dos, ébouillantant presque la peau d'un Harry frémissant. Il avait envie d'hurler tant son désir était grand. Était-ce ce que Draco ressentait ? Comment parvenait-il seulement à se contrôler ?

Puis, soudain, il comprit le sens de la question de Draco et poussa un petit son désespéré, ses hanches se frottant désespérément contre celle de son amant.

« Je… je suis ok, dit-il d'une voix plaintive. Lâ… Lâche-toi. »

Et sous un grognement incontrôlé, presque un jappement dangereux, Draco le renversa au sol, ses dents et ses griffes attaquant son corps. Ce furent d'abord ses vêtements qui furent atteints. Son sous-pull fut déchiré du col jusqu'en bas et son jeans – le neuf, celui que Draco lui avait offert pour Noël – faillit subir le même sort mais Harry protesta en couinant, enlevant les mains de son amant avec difficulté.

« Laisse… Pas mon cadeau de Noël, supplia-t-il. Je vais… je vais l'enlever… attends… »

Mais Draco chassa ses mains contraignantes et tira si fort sur le bouton de l'attache qu'il l'arracha. Ensuite, écoutant sans doute sa vague protestation, il se redressa à genoux, dévoilant un regard furieux pour ensuite tirer sur le pantalon, ce dernier glissant si vivement le long des jambes qu'Harry se demanda obscurément s'il l'avait fait disparaître par magie.

Son sous-vêtement n'eut pas autant de chance : il fut réduit en charpie, tout bonnement, ne laissant que de petites coupures de tissus dont certaines s'accrochèrent aux ongles longs et aiguisés du lycanthrope. Harry couina en le constatant et il tenta vaguement de se relever, mais Draco le plaqua au sol pour commencer à lécher et à mordre ses lèvres avec vigueur. Geignant, Harry laissa sa langue sortir pour aller taquiner celle de son amant. Pendant un long moment, un ballet passionné s'établit entre leur langue, celles-ci passant l'une sur l'autre, se léchant mutuellement alors que leurs hanches suivaient naturellement un mouvement de frottement.

Harry s'aperçut bien vite que les vêtements de Draco le dérangeaient lui aussi alors il se mit à tirer dessus avec rage, tentant de le déshabiller.

« Je veux… ta peau, dit-il en stoppant le baiser. Draco… ton corps… s'il te plaît…

-Alors déshabille-moi, dit la voix rauque, bestiale, d'un Draco occupé à lécher son torse. Déshabille-moi, Harry… »

Le brun gémit. Cette voix… basse, animale… Elle lui donna des frissons dans le corps entier et Harry eut l'impression qu'il allait jouir sur ses mots. Comment une simple voix pouvait-elle lui faire tant d'effet ? Incapable de se maîtriser, les mains griffant de temps en temps le corps du lycanthrope, Harry se mit à tirer sur les vêtements à son tour, les entendant craquer sans pour autant les faire céder, ce qui le plongea dans une rage folle. Il grogna, tempêta, jusqu'à finalement réussir à extraire totalement le t-shirt, la chemise détachée ne résistant pas, de même que la cape. Le pantalon fut plus compliqué mais Harry voulait juste le détacher pour sentir l'érection de Draco. Quand il parvint enfin à tirer sur la ceinture – le bruit métallique de la boucle lui arracha un son d'envie – puis à défaire le bouton et la brayette récalcitrante, il enfouit sa main dans le pantalon, ses doigts frôlant les poils pubiens pour enfin aller s'emparer du sexe raide.

« Oh oui, je la veux, dit-il, le corps tremblant d'excitation. Je la veux, je la veux, Draco… »

Le blond roula des yeux sous la demande, perdant encore plus de sa réserve pour finalement céder. Difficilement, il se redressa pour retourner Harry sur le sol. Ils étaient coincés entre le canapé et la table basse, ce qui rendit l'acte difficile mais il y parvint avec un grognement appréciateur. Ses doigts passèrent sur son dos, de haut en bas, le griffant légèrement avant que ses mains ne se placent sur ses fesses, une main sur chaque globe.

« Moi, je veux ça, dit-il. Ça tombe bien. »

Il recula sur le corps d'Harry, écarta ses fesses et enfouit son visage entre elles, sa langue allant lécher puis s'enfoncer dans l'anus entièrement dilaté par la potion. Harry cria en le sentant faire, son corps avançant malgré lui. Contrarié, Draco le saisit par les hanches et le ramena vers lui, ses ongles s'enfonçant sans délicatesse dans la peau d'où s'échappa un peu de sang. Mais Harry n'eut même pas mal. Il ne sentait que cette langue dans son anus qui tournoyait, allait d'avant en arrière, le rendant fou.

« Oui, disait-il, ses doigts tentant de se raccrocher à quelque chose mais ne faisant que glisser sur le bois lisse du parquet. Draco… Enfonce-là… »

Le loup-garou se mit à voyager encore plus fort, montrant toute sa vigueur alors qu'un doigt envieux allait se mêler à son jeu, Harry couinant aussitôt.

« Ah… Non, Draco… Juste… ta langue… pas… je ne peux pas en supporter autant… »

Tout le corps d'Harry était en feu. Il avait l'impression que son bas-ventre allait exploser d'une minute à l'autre. L'index curieux continua pourtant ses allées et retours, l'ongle de Draco étrangement rétracté alors qu'il le préparait inutilement à sa venue.

« Draco, pleura presque Harry. S'il te plait… Je veux… maintenant… »

Mais le lycanthrope n'accéda pas à sa demande. A la place, il sortit sa langue de son anus pour aller mordre ses fesses en poussant des sons rauques et plein de désir. Brutalement, son doigt cessa sa torture et ses mains se replacèrent sur les hanches d'Harry. Ce dernier avait déjà les cuisses largement écartées, prêt à le recevoir, mais à la place, Draco l'obligea à se mettre à genoux et le tourna vers le divan. Il fit voler la table basse jusqu'au mur du fond d'un coup de pied rageur, dégageant ainsi le passage. Puis, toujours sans douceur, il força à Harry à s'agenouiller, ses bras posés sur l'assise du canapé, ses cuisses appuyées contre le divan et son torse penché sur lui.

« Voilà, dit-il, la voix impatiente. C'est comme ça que je te veux te prendre… A genoux… comme notre première nuit… »

Harry en perdit le souffle. Le torse couché contre l'assise du fauteuil, il planta ses doigts dans les coussins du dossier, tendant ses fesses vers Draco alors que ses cuisses demeuraient écartées.

« Fais-le, haletait-il, sans arrêt. Fais-le, Draco, fais-le. Je te veux… Je te veux tellement, Draco. Pitié… Fais-le ! »

S'en fut trop : avec un cri inhumain, Draco s'enfonça entièrement dans l'anus dilaté, lui arrachant aussitôt un long hurlement de satisfaction. C'était ça qu'il voulait. Qu'importe qu'ils n'aient pas pris le temps de se caresser comme d'habitude, qu'importe que Draco n'ait pas utilisé le lubrifiant, il le voulait. La potion s'occupait d'elle-même de le rendre disposé. Et il l'était, totalement. Sans attendre que Draco se décide à bouger, il se mit à onduler contre le canapé, frottant son érection contre le coussin confortable de l'assise, sa bouche émettant des petits sons rauques. Derrière lui, Draco se mit en mouvement, ses hanches bougeant si durement contre lui qu'Harry devait se crisper de toutes ses forces au canapé, ses doigts presque douloureux de trop serrer. Mais c'était bon. C'était si bon qu'il en pleurait.

Un torse chaud vint s'appuyer contre son dos, Draco continuant pourtant de serrer ses hanches avec force, le marquant de ses doigts et de ses ongles. Il grognait à chaque poussée, ses dents allant érafler l'omoplate d'Harry puis son épaule et son cou qu'il suça, lécha et mordilla à de nombreuses reprises. Transporté, le brun bougeait la tête, frottant son crane contre Draco, comme une chienne avide de contact. Ça n'avait jamais été si fort. Si violent. Son désir était si intense qu'il en avait presque mal et il réalisa que ce que Draco avait vécu, un mois plus tôt, était réellement une torture.

« Plus jamais, dit-il, haletant. Plus jamais tout seul… je veux… chaque nuit… ensembles. Compris ? »

Etonnement, Draco le comprit car il grogna son assentiment, continuant ses mouvements bestiaux. Puis, brutalement, Harry la sentit. La jouissance qui montait par vague, entièrement dépendante des entrées brutales de Draco. Il se mit à bouger avec plus de force, ses doigts déchirant le tissu des coussins dans sa vigueur. Ses cris étaient de plus en plus rauques et il sentait que sa gorge lui faisait un peu mal. Ainsi que ses genoux, écorchés sur le parquet. Mais rien n'avait d'importance. Rien, si ce n'est Draco.

Sur le point de jouir, il poussa un hurlement lorsque, brutalement, Draco le mordit au niveau du lien primal, lui transmettant un tel plaisir, une telle passion qu'il sentit son sexe se tendre à l'extrême, son anus se resserrer alors qu'il jouissait d'une façon presque douloureuse tant ce fut fort. Draco se répandit presque aussitôt et son sperme s'écoulant en lui, sur ses fesses et ses cuisses, entraîna chez Harry un long gémissement de satisfaction. Haletant contre son dos, Draco passa une main le long de la taille d'Harry, étendant un peu le sang de son compagnon qu'il avait sur le bout des doigts. Il alla enrouler sa main pâle autour du sexe encore dressé d'Harry, grâce à la potion, et prit un peu de sperme. Puis, sans hésiter, il porta ses propres doigts à sa bouche, gémissant sous le goût. Harry le regardait, le visage appuyé contre les coussins du divan, la respiration un peu haletante.

En le voyant, il poussa un autre petit son et s'assit sur les cuisses de Draco, ce dernier s'étant sagement agenouillé au sol. Alors, il se mit à frotter son anus contre l'érection du blond en geignant.

« Encore, dit-il, les paupières dilatées par le premier plaisir ressenti et les yeux brillants d'un désir encore puissant.

-Toute la nuit », répondit Draco.

Il porta ses doigts nettoyé à l'anus d'Harry, en dégageant un peu de son propre sperme pour ensuite l'amener à la bouche rougie et mordue d'Harry. Geignant, le brun ouvrit la bouche et sortit sa langue, celle-ci lapant l'index et le majeur de Draco pour ensuite les entraîner dans sa bouche. Draco grogna de satisfaction en le voyant faire et Harry finit par le relâcher.

« Plus, dit-il en baissant la tête vers le sexe de Draco.

-Prends, lui répondit Draco. Viens… »

Il appuya sur le crâne d'Harry, l'obligeant à se coucher au sol, son visage au niveau de son sexe. Et ce fut sans aucune gêne, avec une docilité réellement perverse, qu'Harry aspira le gland rougit en bouche, impatient d'avoir ce qu'il voulait.

oOo

La sueur dégoulinait de son corps. Harry ne se souvenait même pas comment ils avaient fini dans la chambre à coucher. Il se souvenait du sol du salon, des escaliers et du couloir. De la porte aussi. Mais il avait l'impression de s'être évanoui quelque part entre le moment où ils étaient en train de faire l'amour contre la porte de la chambre et le moment où ils s'étaient retrouvés dans le lit. Tout était flou pour lui, tout ce qui ne concernait pas Draco en tout cas. Harry avait des marques sur son corps. Des griffures ensanglantées et des marques de dents. Et Draco en avait tout autant, bien qu'Harry ait été nettement moins violent. Ils ne parlaient pas. Ils n'en avaient pas l'occasion. Ils se léchaient, indifférents aux fluides les recouvrant – que ce soit la sueur, les quelques traînées de sang ou de sperme.

A un moment, Harry avait conscience qu'ils s'étaient endormi, mais ça n'avait pas duré longtemps. Il avait simplement fermé les yeux pour ce qu'il croyait une minute et il avait rêvé de Draco et lui faisant l'amour. Si bien qu'il ne savait plus vraiment si ce qu'il se passait était un rêve ou la réalité lorsqu'il se réveilla avec la langue de Draco passant encore et encore entre ses fesses. Il était allongé sur le ventre, le visage enfouit dans le coussin qu'il mordait pour ne pas hurler. Pourtant, des gémissements désespérés s'enfuyaient du tissu et il n'en avait pas honte, au contraire.

Accepté son comportement dominé, son envie de l'être était toujours difficile mais dans l'état où il était, il ne s'imaginait pas agir autrement. Ce fut la raison pour laquelle il ne rougit pas, pour une fois, lorsqu'il supplia Draco d'enfoncer sa langue en lui.

« S'il te plaît, dit-il d'une petite voix. Enfonce-là juste… Pitié… »

Draco lui jeta un regard satisfait. Il attendait ça. Il aimait qu'Harry se laisse aller à sa véritable nature, même s'il comprenait que le brun ait quelques difficultés à accepter cette part de lui qui le poussait à se comporter comme une sorte de chienne. En réponse à sa phrase, il réalisa la demande et poussa le bout de sa langue dans son anus déjà fort dilaté par leurs précédentes relations. Harry poussa un cri et bougea des hanches pour apprécier le traitement. Amusé, Draco fit des allées et venues rapides, pas gêné de son propre sperme qu'il pouvait sentir sur sa langue, contre sa bouche ou encore son menton. Si Harry avait été une fille, il ne doutait pas un instant qu'il aurait été enceint après une telle nuit et cette idée l'excita encore plus. La lune trois-quarts était-elle une façon d'obliger les loups-garous à se reproduire ? Il devrait poser la question à Guilbert ou Joshua, s'il parvenait à s'en souvenir le lendemain. Ou plutôt, tout à l'heure…

Un sourire pervers sur les lèvres, Draco attrapa le sexe tendu d'Harry, ce dernier pleurant aussitôt sous le plaisir trop intense. Il avait mal dans tous le corps, à force d'avoir joui et d'avoir bougé trop violemment, de s'être contorsionné pour prendre les poses que Draco désirait mais il n'arrivait même pas à sentir la douleur dans le plaisir qu'il ressentait. Il voulait juste jouir encore et il savourait la large paume qui passait encore et encore sur son sexe, le faisant trembler comme jamais. Il le paierait le lendemain, mais ça lui était égal.

« Draco, geignit-il en tournant son visage rouge vers lui. Viens près de moi… »

Le lycanthrope sourit en réponse et cessa sa torture pour retourner Harry sur le matelas, sans la moindre difficulté. Puis il se coucha sur lui, entre ses cuisses, frottant son corps le long de celui de son amant pour l'attiser. Enfin, il alla l'embrasser avec un peu plus de douceur qu'avant. Ce serait probablement leur dernière fois car Draco sentait l'excitation de son corps redescendre. La nuit touchait à sa fin et heureusement. Il sentait les courbatures naitre dans chacun de ses membres et ne pouvait imaginer l'état dans lequel était Harry réellement.

Malgré la présence de plus en plus grande de son humanité, il ne put s'empêcher d'aller mordre la lèvre inférieure d'Harry, lui arrachant une plainte. Une goutte de sang s'en échappa et Draco la lécha presque avec satisfaction. Il n'aimait pas blesser Harry mais il adorait le voir marqué par lui. Se redressant jusqu'à être à genoux entre les cuisses d'Harry, il admira son œuvre. Le brun avait les lèvres gonflées d'avoir été maintes fois dévorées. Son cou arborait des morsures et des suçons violacés. A l'endroit où se trouvait sa marque d'appartenance, des marques de dents argentées et ensanglantées trônaient. Il n'avait pas pu s'empêcher de le clamer comme sien lors de leur première relation de la soirée, dans le salon.

Les tétons bruns d'Harry étaient devenus bruns foncés et étaient encore humides de la salive qu'il y avait laissée. Son ventre portait la marque de quelques griffes mais ses ongles n'avaient pas percé la peau. Par contre, ses hanches étaient couvertes de petites blessures. Draco n'avait pas pu s'empêcher d'enfoncer ses doigts – Harry en portait les marques violacées – mais aussi ses ongles, dans sa fougue. Et ses cuisses, marquées par des traînées de sperme, affichaient elles aussi des traces de dents et de griffures.

Normalement, Draco aurait du en être horrifié. Jamais il n'avait été aussi violent avec quelqu'un mais il n'avait pas pu se contrôler. Là, il sentit un sentiment de fierté intense. Harry le portait sur lui. Dans son odeur, dans sa peau, partout. Et il le regardait avec des yeux remplis de larmes et de désir, frottait ses fesses contre le matelas, le suppliant de venir en lui encore une fois… Il était à lui et se soumettait sans aucune honte. C'était délectable. Qu'importe qu'Harry ait du mal à assumer ça en temps normal, ce soir, il l'assumait et se comportait plus naturellement que jamais.

« J'aimerais que tu sois ainsi chaque nuit, ronronna Draco en caressant lentement le vente d'Harry. Si sensuel dans ta soumission… assumant chaque comportement dépravé que tu as… »

Harry poussa une petite plainte quand les mains de Draco passèrent des deux côtés de son sexe dressé, levant les hanches pour tenter de le convaincre de le toucher là.

« Tu m'as obéis sans même en être gêné et c'était si bon, Harry, poursuivit Draco en allant caresser l'intérieur de ses cuisses. Me suçant sans même rougir… Frottant tes fesses contre mon sexe en me suppliant de te prendre…

-S'il te plaît, couina Harry en réponse, levant encore les hanches.

-Oui, exactement comme ça, sourit Draco. J'aime quand tu es comme ça… »

Il fit glisser ses mains le long de ses genoux, de ses mollets et attrapa ses chevilles. Puis, sans hésiter, il tira dessus, soulevant le bassin d'Harry qu'il vint poser sur ses cuisses. Il ne pourrait pas garder cette position pendant leur étreinte mais il profita du moment pour passer son sexe contre l'anus d'Harry, lui arrachant des suppliques presque désespérées.

« Tu la veux, hein ? lui dit-il en souriant. Dis-le-moi juste encore une fois, Harry et je te la donnerais…

-Je la veux… S'il te plait, Draco, viens en moi… »

Le blond se mordit la lèvre en l'entendant. Harry était si excitant. Jamais il n'aurait pu l'imaginer si intense dans un lit, avant qu'ils ne se lient. Et même après leur nuit de beuverie, même après leur première fois qui s'était passé tout en douceur, il n'aurait pu penser qu'Harry aimerait être aussi soumis. Mais il adorait ça. En lui, le loup était plus que satisfait. Harry était sa chose. Il lui appartenait corps et âme et le démontrait par son comportement. Et c'était si bon de le voir si désespéré à cause de lui.

« Draco, l'appela encore Harry, fâché de ne pas avoir ce qu'il demandait.

-Tout de suite. »

Et il s'enfonça presque violemment en lui, Harry criant de satisfaction. Il aurait du avoir mal. Surtout après autant de relation violente. Mais l'aphrodisiaque, l'antidouleur mélangé au baume soignant aidait beaucoup. Et ce fut sans hésitation qu'il leva les hanches pour bouger sur le sexe qui l'empalait et le remplissait si bien. Draco le regarda faire, n'exécutant pas le moindre mouvement. Il admirait la façon dont Harry bougeait ses hanches pour venir jusqu'à lui et savourait ses petits sons suppliant. A lui… il était totalement à lui. Sur cette pensée, il resserra la prise de ses doigts sur ses chevilles et commença ses allées et venues brutales, Harry répondant aussitôt par des cris. Il savait que la peau d'Harry serait marquée par de nouvelles traces de doigts mais il s'en fichait. Cette position lui convenait. Il voulait voir le visage de son amant lorsqu'il jouirait une dernière fois grâce à lui. Son expression extatique était si délicieuse… Sa bouche rougie légèrement entrouverte, laissant échapper des sons indécents qui le grisaient tellement.

Draco accéléra la cadence sans hésiter et Harry lui répondit par des petits cris satisfaits. Son corps luisait de sueur, sans doute autant que le sien mais cela ne le dérangeait pas. Il sentit vaguement ses ongles percer la peau d'Harry quand il resserra sa poigne et que ses hanches bougèrent un peu plus brutalement mais encore une fois, il balaya le sentiment de culpabilité qui l'envahit. Il avait besoin de ça. Du corps de son amant, soumis à sa seule volonté, tremblant grâce à lui, à cause de lui. Et de ce plaisir intense qui, de son sexe, envahissait tout son corps jusqu'à envahir toute capacité de raisonnement. Il ne contrôlait rien, se déhanchant juste avec violence contre ce corps chaud qui le réclamait. Il sentait son sexe si bien entouré dans ces parois chaudes et humides à cause de lui…

Cette pensée lui arracha un grognement d'appréciation. Harry n'était qu'à lui. Il était son seul et unique amant. Il n'avait connu et ne connaîtrait jamais personne d'autre, pas tant qu'il serait en vie et cela le rendit fou. A lui, rien qu'à lui seul.

Baissant la tête, il regarda son amant dont les mains étaient crispées aux draps, au point de les déchirés. Sa tête tournait de gauche à droite et il pleurait sous le plaisir qu'il ressentait, criant son nom, le suppliant de le faire jouir, de ne pas s'arrêter, jamais, de toujours continuer.

« C'est bon, tellement bon… Tu es tellement bon, Draco… »

Le concerné sourit. C'était Harry qui était bon. Harry et ses hanches qui bougeaient en rythme, ses fesses posées sur ses cuisses qui étaient crispées pour tenir la position impossible.

« Tu es le meilleur de nous deux, grogna Draco en gémissant. Si étroit… Si chaud… J'aimerais te faire l'amour jusqu'à en mourir… »

Harry couina à cette phrase. Il savait qu'il ne pourrait pas supporter une autre relation mais son corps ne pourrait pas le refuser si Draco le décidait. Et il n'avait même pas envie de le refuser, le cas échéant. Il était à Draco, totalement.

« Draco… est-ce que… est-ce que je peux… »

Il fut incapable de finir sa phrase alors que Draco se mettait à sucer et mordiller son mollet gauche, lui arrachant un petit cri.

« Est-ce que tu peux quoi, Harry ?

-Me caresser, dit le brun. J'ai besoin… de me branler… »

Draco baissa les yeux sur le sexe tendu et rougit d'Harry. Du sperme suintait légèrement de son gland, signe que la jouissance était proche et Draco se lécha les lèvres en le regardant. Il avait envie de lécher cette goûte blanche qui annonçait l'orgasme proche d'Harry et la fin de cette nuit de débauche. Il lâcha une des chevilles qui retomba sur son épaule et le talon d'Harry alla directement se planter dans son dos mais Draco n'y ressentit aucune douleur. A la place, il tendit la main vers le sexe, passa son pouce sur la pointe et le ramena ensuite à sa bouche. Le goût salé le rendit fou et il reprit la cheville abandonnée dans sa main pour pilonner Harry avec plus de rage.

« Draco, s'il te plait, cria le brun. Est-ce que je…

-Non, coupa le blond, enragé. Juste avec ma queue, Harry. Ce sera juste avec ça que tu jouiras… »

Et pour le prouver, il accéléra encore alors qu'il croyait cela impossible. Harry finit par descendre de ses cuisses face à la violence et il lâcha ses chevilles, les jambes du brun allant s'enrouler autour de sa taille alors que Draco s'allongeait contre lui. Harry poussa un son d'appréciation face à la nouvelle position et il referma ses bras sur lui, ses doigts allant s'enfoncer dans les fesses fermes de Draco pour l'accompagner dans leur mouvement.

Le ventre de Draco se mit à frotter contre son sexe et Harry eut conscience que le lendemain, il ne saurait probablement pas parler. Sa gorge lui faisait mal de trop crier mais rien ne l'empêchait de continuer. Et enfin, brutalement, il sentit la jouissance monter en lui, Draco poussant alors un grognement en le sentant. Puis ils jouirent, l'un après l'autre. Harry d'abord en criant son plaisir puis Draco en le sentant se resserrer sur son sexe avec brutalité. Deux allées et venues suffirent pour le combler et il se vida une dernière fois à l'intérieur de son amant. Ce dernier, encore crispé sous lui, savoura la sensation du sperme de Draco le remplissant pour la dernière fois. La potion fabriquée par Draco ne mentait pas : l'envie d'Harry était comblée et donc, celle de Draco également.

Epuisé, ils n'eurent pas le courage de bouger avant un petit moment, leur corps alanguis l'un contre l'autre. Finalement, au bout d'une demi-heure, Draco reprit conscience et il se redressa. Il ne regarda pas ce qu'il avait fait à Harry. Il était trop épuisé pour ça. Doucement, il se décala. Il regarda autour de lui et trouva la couverture sur le sol. Il l'y avait jeté en entrant dans la chambre. Il se redressa, ignorant la douleur dans son corps et la ramena sur eux. Puis il enlaça le corps encore chaud et tremblant d'Harry et s'endormit aussitôt, reput.

oOoOoOo

Ce fut la douleur qui éveilla Harry. Ce dernier ouvrit deux yeux épuisés, le corps paralysé. Il avait mal absolument partout. Et tout particulièrement à l'anus. Ce dernier le brûlait légèrement mais il ne se posa aucune question sur le moment, la souffrance globale de son corps l'accaparant totalement. Il avait presque l'impression que chaque partie de son anatomie pulsait dans un rythme anarchique, chaque battement envoyant une onde de douleur. Dans ces mouvements, il y avait des endroits plus sensibles que d'autres. Etonnement, sa gorge. Elle lui faisait mal alors qu'il n'était même pas malade et simplement avaler sa salive était insupportable. Il était certain d'être incapable de parler.

Ses hanches le brûlaient un peu et quand il parvint à lever le bras, non sans un gémissement de douleur alors que son membre semblait tout ankylosé et fait d'une pierre friable, et qu'il posa sa main sur sa hanche gauche, il fut étonné de sentir des éraflures profondes. Qu'est-ce qui avait provoqué ça, exactement ? Qu'avait-il donc fait, la veille ? C'était-il battu contre un hippogriffe enragé ?

La nuque raide, il tenta de distinguer quelque chose. La chambre était très éclairée, à cause de la neige à l'extérieur. Et à côté de lui, les lèvres incroyablement rouges et gonflées, Draco dormait, un sourire heureux aux lèvres. Harry le fixa pendant un long moment, stupéfait, alors que, brutalement, les souvenirs de la veille daignaient enfin lui revenir. Il rougit, horrifié.

Qu'avait-il donc fait exactement ? Poussant une plainte, il se tourna sur le dos avec beaucoup de difficulté, leva ses mains qu'il découvrit légèrement écorchées, du sang séché sous ses ongles. Il y avait des marques sur ses poignets, des ecchymoses s'étaient formées sur sa peau, avec la forme de doigts et Harry n'avait pas besoin de comparer pour savoir de quels doigts il s'agissait. Il se souvenait aussi très bien de la façon dont ses bleus étaient apparus sur ses poignets. Draco les avait tenus fermement alors qu'il le prenait contre la porte de la chambre, sous ses propres cris d'extase… La rougeur sur ses joues s'accentua.

A sa grande horreur, il se souvenait très bien du comportement qu'il avait eu la veille… Un comportement de chienne !

« Pire, de pute ! Je me suis comporté comme une sorte d'esclave sexuel qui ne demande que ça… Merlin, je n'oserais jamais plus le regarder après ça ! »

Il tourna la tête vers son amant endormi. Draco avait pourtant semblé apprécier énormément son comportement soumis et pervers… Même si à ce niveau là…

« Mais cette potion était diabolique ! Elle m'a fait faire n'importe quoi ! »

Malheureusement, il ne pouvait pas nier que la potion n'était pas réellement responsable. Elle avait juste levée ses inhibitions, le rendant totalement libre de toute gêne. Elle l'avait forcée à être simplement… lui-même. Cette réalisation le choqua autant qu'elle le laissa pantois. Lui-même ? Cet homme docile, suppliant pour se faire baiser – car c'était ce qu'ils avaient fait la veille : ils avaient baisé – gémissant de satisfaction, hurlant son plaisir qui était satisfait par son amant plus que fougueux… Il gémit en enfouissant son visage dans le coussin et le son qu'il poussa faillit le faire pleurer : simplement gémir lui avait brûlé la gorge et il comprit qu'il ne devait vraiment pas parler. Il ne devait pas pousser le moindre son… non, surtout pas !

Soufflant, il se recoucha, le corps lourd. Ça ne servait à rien d'y penser. De toute façon, ça avait eu lieu… Non, le problème était qu'il était à présent K.O. pour un long, très long moment.

« Que ce soit pour le sexe ou autre chose, je ne crois pas être capable de bouger réellement… Bon sang, j'ai mal partout… »

Il referma les yeux, pensant que se rendormir serait une bonne chose. Endormi, il ne ressentirait plus la douleur régnant dans tout son corps, ni à cette honte qui l'avait immergé à la venue de ses souvenirs. Mais voilà, il n'était pas du tout fatigué et sa vessie le gênait horriblement, signifiant clairement qu'il devait se lever. Sauf que justement, se lever lui semblait impossible ! Soupirant, il tourna la tête vers Draco qui dormait toujours. Le blond semblait totalement heureux, détendu dans les oreillers, le corps dénudé et relâché. Il avait quelques écorchures lui aussi, mais elles avaient déjà commencé à se soigner, capacité de guérison lycanthrope oblige. L'air presque jaloux, Harry souffla. Il allait devoir le réveiller. Il ne pourrait jamais se lever et son envie devenait vraiment trop pressante.

Prenant son courage à deux mains, il leva à nouveau un bras et se mit à secouer doucement Draco. En fait, il le faisait aussi fort qu'il le pouvait mais se sentait si faible qu'il ne parvenait pas vraiment à grand-chose. Agacé, il commença à essayer d'appeler son amant mais sa gorge lui fit si mal qu'il cessa de parler. Il finit par se laisser tomber dans le lit, non sans le regretter en sentant les élancements douloureux de la moindre parcelle de chair.

Alors qu'il était doucement en train de désespéré – et d'envisager de simplement ramper jusqu'aux toilettes – Draco sembla enfin s'éveiller. Le blond poussa d'abord un son ravi, s'étendit puis ouvrit deux yeux un peu brumeux. Il bailla puis releva la tête pour regarder autour de lui. Et quand son regard se posa sur Harry, il sembla littéralement se statufier. En voyant ça, le brun leva les yeux au ciel.

« Merlin…, dit Draco, la voix presque coupée. Oh Merlin, Harry… »

Il se releva si brutalement du lit qu'il fut hors de ce dernier en à peine une seconde, s'éloignant d'un air presque horrifié. Péniblement, Harry se redressa dans le lit pour découvrir que même se mettre à genoux était difficile. Et pour cause, il était si écorché à ce niveau – sans doute à cause de cette fois, contre le canapé – qu'il ne pouvait supporter la position. Il la maintint pourtant assez longtemps que pour s'avancer dans le lit, de façon à être plus proche de Draco et pour tendre les bras vers lui, inquiet. Le blond le regardait, les larmes aux yeux, choqué. Manifestement, il ne s'était pas rendu compte de son comportement violent.

« Je… je suis désolé, dit Draco, mortifié. Merlin, qu'est-ce que je t'ai fait ? Je… je vais soigner ça, d'accord ? Je suis vraiment désolé ! »

Il s'approcha presque avec hésitation, ses yeux parcourant la peau bleuie à de nombreux endroits, les griffures ensanglantées et les stries rougies par ses ongles. Il y avait également un nombre incroyable de suçon et de morsure. Mais le plus choquant pour Draco était l'air totalement endolori d'Harry. Il voyait parfaitement qu'il souffrait et ne pouvait pas le supporter. Il était celui qui avait provoqué ça. Tout ça parce qu'il était un putain d'égoïste et qu'il n'avait pensé qu'à lui. Il aurait dû s'enchaîner ! Quand Greyback lui avait annoncé qu'Harry voulait qu'il le rejoigne, il avait été tenté de refuser, mais non, il l'avait fait…

Une main un peu trop chaude se posa sur sa joue et il sursauta en constatant qu'Harry s'était rapproché de lui pour le toucher et le regarder avec un léger sourire aux lèvres. Comment pouvait-il lui sourire après ce qu'il lui avait fait ? Comment pouvait-il ne pas simplement le détester pour ça ?

« Harry, je suis désolé, répéta-t-il encore. Je te promets que ça n'arrivera plus. Je ne te ferais plus jamais… ça. Dorénavant, j'irai m'enchaîner, je te le… »

Harry le fit taire en l'embrassant. Il s'écarta un peu et se plaqua contre lui, sa bouche allant près de son oreille. Puis, malgré la douleur, il dit d'une voix si basse que Draco ne l'aurait pas comprise sans l'éveil de son audition, depuis qu'il était lycanthrope.

« J'ai a…doré chaque mom…ent de la…nuit derni…ère. Alors… tais-toi. Et porte-moi… toilettes ! »

Draco s'écarta de lui pour le dévisager avec stupeur. Il souffla et hocha de la tête pour, ensuite, avec énormément de précaution, soulever Harry dans ses bras. Il sortit de la chambre, dont la porte était demeurée ouverte et lui fit écarquiller les yeux en constatant les traces non négligeables de ce qu'ils avaient fait la veille, contre elle, pour ensuite se diriger vers la salle de bain. Là, il s'empressa de déposer Harry sur les toilettes.

« Je vais chercher ma baguette, dit-il en caressant son visage avec douceur. Et ensuite, je m'occupe de toi. Promis. »

Et il quitta la pièce presque en courant. Il décida d'abord de se vêtir un minimum puis quitta rapidement la chambre.

« Je vais chercher quelque chose, dit-il. Je reviens ! »

Et il descendit les marches menant au rez-de-chaussée, arrivant dans le salon qui le laissa un instant stupéfait. Le canapé était définitivement tâché, d'une telle façon qu'on ne pouvait pas douter qu'ils y avaient fait l'amour. Il y avait un peu de sang sur le sol, là où Harry s'était blessé les genoux. Et la table basse était fracassée contre le mur du fond. Honteux et horrifié, Draco lança plusieurs sorts afin de réparer les dégâts puis sortit en courant. Il n'alla pas chez Greyback : il n'avait pas le temps pour ça. A la place, il courut chez Stein, le médecin du village. Etonnement, quand il frappa à la porte avec brutalité et que celle-ci s'ouvrit, il se vit offrir un petit panier remplis de potion, sans même qu'il eut ouvert la bouche.

Le médecin, souriant avec moquerie, releva ses lunettes en argent sur son nez droit et fin, ses yeux jaunes le regardant avec supériorité.

« Le flacon jaune dans le bain, ainsi que le turquoise. Le premier est pour les courbatures, le second pour les blessures. Le laiteux est pour sa gorge. Et l'onguent pour son anus. Après le bain, il saura se déplacer relativement bien seul. Les blessures ne disparaîtront pas tout de suite, mais elles cesseront de lui faire mal. Le pot rose est pour les ecchymoses. Ça fera également disparaître la douleur jusqu'à ce que ça se résorbe. Bonne journée, petit alpha. »

Draco se vit pousser à l'extérieur alors qu'un autre loup-garou arrivait et se voyait offrir un panier similaire. L'homme le prit puis partit rapidement, l'air gêné. Un peu stupéfait, Draco s'éloigna, non sans croiser d'autres membres de la meute qui allaient chez un Stein manifestement très amusé.

Quand il revint dans la salle de bain, encore un peu stupéfait, Harry était toujours assis sur les toilettes, manifestement soulagé. Draco souffla en le regardant puis enchanta la baignoire qui se remplit d'eau chaude. Il s'approcha de son amant, le souleva dans ses bras et le plongea dans l'eau, lui arrachant un petit glapissement surpris. Quand Harry fut installé dans l'eau, Draco attrapa les flacons jaune et turquoise et les vida vivement dans l'eau du bain, celle-ci prenant une étrange couleur verte. Presque aussitôt, Harry ferma les yeux, soufflant de soulagement. Apitoyé, Draco prit la potion pour sa gorge et la tendit à un Harry étrangement docile. Il la prit et la but sans attendre.

« Tu vas mieux ? » demanda Draco.

Harry hocha de la tête, fermant les yeux pour savourer l'eau du bain qui l'entourait. Ses blessures et ses membres cessaient de pulser violemment et, bientôt, il sentit que sa gorge ne le brûlait plus. Il parla pourtant avec une nette hésitation.

« Beaucoup mieux, dit-il, la voix encore un peu rauque. Tu n'y es vraiment pas allé de main morte…

-Pardon, dit Draco, l'air réellement coupable.

-De quoi ? demanda Harry. Ce n'est pas de ta faute, tu le sais très bien.

-Ah non ? demanda le blond. Alors tu as couché avec quel loup-garou féroce, hier ? »

Harry leva les yeux au ciel en l'entendant. Puis il tendit la main pour que Draco s'approche et la prenne dans l'une des siennes.

« Viens dans le bain, dit-il. Tu es blessé, toi aussi…

-A peine, contrecarra Draco.

-Je m'en fous, je veux que tu viennes. Ne m'oblige pas à t'y tirer tout habillé ! »

Draco marmonna quelque chose, mais il obéit. Sous les yeux analytiques de son amant, il se dévêtit pour ensuite entrer dans l'eau, sentant son corps se détendre sous l'effet des deux potions. Il n'osa pourtant pas s'approcher d'Harry qui grogna, mécontent. Levant un pied taquin, il alla caresser sa cuisse du bout des orteils puis son ventre et ses bras.

« Je ne t'en veux pas, dit-il en le regardant. J'ai adoré… chaque seconde. »

Draco le fixait, semblant totalement captivé par ses mots.

« Je t'ai dit que je t'acceptais tel que tu étais, tu te souviens ? Avec ta lycanthropie, ta perversité lunaire… j'accepte tout ça. Et j'ai vraiment adoré la nuit dernière. Bien sûr, je me serais passé des blessures, de la douleur, mais… j'ai vraiment… vraiment aimé ça. »

Il était rouge, bien entendu, en avouant avoir aimé être dominé, presque maltraité par un Draco dominant et déchaîner mais il ne baissa pas les yeux comme il le faisait normalement, dans ce genre de cas.

« Et le mois prochain, nous recommencerons…

-Harry, ce n'est pas…

-Tu n'as pas voix au chapitre, dit Harry en se redressant pour aller s'installer entre ses cuisses, posant ses mains sur ses épaules. Le mois prochain, nous recommencerons. Encore et encore. Et chaque mois, jusqu'à notre mort. Je suis ton compagnon. Je ne l'ai peut-être pas choisi au début, mais maintenant oui. Et si être ton compagnon signifie me faire baiser de façon torride une fois par mois, alors je le ferai. Parce que… je t'aime. Et que j'ai aussi vraiment aimé ça. Et c'est vraiment humiliant d'admettre que j'ai aimé me faire baiser de cette façon alors s'il te plaît, ferme-là, hoche de la tête et contente-toi de ça. »

Draco resta un instant immobile puis finit par hocher de la tête. Il l'enlaça pour le coller contre son torse, sa bouche allant embrasser son cou et son visage avec reconnaissance.

« Je vais bien m'occuper de toi, dit-il. Tout le temps. Toute la journée. Je ne serais pas là ce soir, mais toute cette journée, je te promets que je vais te gâter tellement que tu seras content de me voir partir avec les autres pour la nuit. »

Harry sourit en l'écoutant, se laissant faire avec bonne humeur. La douleur était partie. Tout juste quelques bleus qui étaient encore forts sensibles mais il se laissa aller contre le torse réconfortant.

« Je veux ! dit Harry. J'ai pris soin de toi le mois dernier, chacun son tour ! »

Draco ne répondit pas. A la place, il attrapa le shampoing pour laver ses cheveux avec toute la douceur dont il était possible.

« Je suis désolé quand même, dit-il, lorsqu'il aida Harry à sortir de l'eau et qu'il contempla l'entièreté de son corps mutilé et marqué. J'ai été… je suis désolé.

-Pas moi, répondit Harry en s'écartant, prouvant ainsi qu'il savait marcher sans aide. Tu as intérêt à assurer quand on fera l'amour la prochaine fois. Ça va me paraître fade, maintenant…

-Tu as le droit de me traiter de monstre, tu sais ? demanda Draco. Tu as le droit de me frapper ou de me détester…

-Draco, souffla Harry, agacé. Je savais dans quoi je m'embarquais, d'accord ? Et ça ne me dérange pas.

-Mais je t'ai blessé… volontairement !

-Je ne crois pas, dit Harry en s'avançant d'un pas lent vers la chambre, Draco empoignant le panier afin de le soigner. Tu as surtout été pris dans le feu de l'action, je pense. Draco, cesse de culpabiliser. C'est mon choix et je l'assume. J'ai adoré chaque seconde passée durant notre soirée et notre nuit et tu ne me feras pas changer d'avis ! Maintenant, viens donc me mettre ces foutues crèmes, histoire que je sois réellement en pleine forme ! »

Draco voulut encore protester mais au regard que lui lança Harry, il comprit qu'il avait plutôt intérêt à se taire. Il se décida donc à obéir, non sans se sentir écraser par une culpabilité pesante.

oOo

Ce fut le cœur lourd que Draco sentit son corps se transformer, lorsque la lune se leva, relativement tôt à cause de l'hiver. Il prit son apparence lycanthrope et regarda Harry en poussant un petit gémissement attristé. Le brun leva les yeux au ciel et lui caressa le sommet du crâne, le gratouillant un peu.

« Je vais bien, lui dit-il. Maintenant, va chasser avec les autres. Je sais que tu aimes ça. »

Draco lui lécha la main en réponse. Puis, non sans certains remords, il partit en courant, d'autres loups lui emboitant le pas, quittant d'autres maisons pour s'élancer dans la forêt. Harry étant le compagnon d'un loup, qui plus est d'un alpha potentiel, il se permit de quitter la maison sans la moindre crainte. Il croisa d'autres loups qui le regardèrent mais passèrent leur chemin sans faire le moindre geste menaçant. Harry n'était pourtant pas vraiment à l'aise, mais il avait envie de voir Ron et Hermione qui étaient restés chez Greyback toute la journée.

Quand il arriva enfin à la maison de l'alpha en titre, il trouva ses amis dans le salon, étrangement silencieux et, surtout, étrangement proche. Ils étaient assis côte à côte dans le canapé et parlaient discrètement, l'air serein.

« Bonsoir vous ! dit-il de sa voix toujours fort rauque.

-Harry ! s'exclama Hermione, sursautant, alors que Ron rougissait. Tu vas bien ?

-Bien, oui, dit-il en allant embrasser la jeune femme puis Ron. Enfin, mieux, je vais dire. »

Il grimaça en constatant que ses deux amis fixaient les blessures manifestes sur son corps.

« Ce n'est pas aussi grave que ça en a l'air, dit-il en tirant sur le col de son pull pour cacher les morsures. Enfin, Draco s'en veut horriblement, mais ce n'est rien. Ça lui passera… »

Du moins, il l'espérait. Vraiment !

« Il t'a fait…

-Enormément de bien, dit Harry en regardant Ron d'un air contrarié. Ecoute, je ne veux pas en parler, ok ? Pas que j'ai peur de vous dégoûter, mais… j'ai juste du mal à accepter le fait que j'ai vraiment… adoré ça. Que je suis quelqu'un qui apprécie être… soumis. Voilà, je l'ai dit. J'adore que Draco me soumette, me fasse l'amour et j'ai l'impression que plus il me malmène et plus j'aime ça ! Mon dieu, Hermione, quelle sorte de monstre suis-je ? »

La jeune femme le fixa pendant un long moment, silencieuse. Puis elle sourit, amusée.

« Harry, tu n'es pas un monstre, dit-elle. Tu aimes juste ça, c'est tout. Ça n'a rien de monstrueux, on a chacun nos désirs et nos préférences. Combien de fois vais-je devoir te le dire ? Ce qu'il se passe entre Draco et toi… ça te plaît, non ? Et bien, tu n'as pas besoin de te trouver des raisons ou des excuses. C'est ainsi, c'est tout. Et ni Ron, ni moi ne te jugeons. N'est-ce pas, Ron ? Ron !

-Non, non, du tout ! répondit le rouquin, dont les yeux fixaient le cou marqué d'Harry. Tu… fais ce que tu veux. »

Harry leva les yeux au ciel en l'entendant mais il ne put qu'hocher de la tête.

« Le plus difficile, c'est Draco, dit-il. Il a vraiment du mal à accepter ce qu'il m'a fait la nuit dernière. Je ne le comprends pas trop, d'ailleurs. Il est un alpha, non ? Je veux dire… le fait de me marquer comme sa propriété devrait lui plaire !

-Sauf qu'il t'a blessé, dit Hermione. Je suis certaine qu'une part de lui est très fière de ce qu'il t'a fait et très satisfaite de la nuit que vous avez passée. Mais… voilà, il t'a blessé. Et sans doute culpabilise-t-il d'être content de ce qu'il s'est passé la nuit dernière, étant donné les conséquences que cela a eu… Dis-lui simplement que les blessures te sont égales et il se calmera tout seul.

-C'est déjà ce que j'ai fait, dit Harry. Mais il ne s'est pas calmé. Il a continué de présenter ses excuses, encore et encore, toute la journée ! »

Hermione eut une moue pensive.

« C'est sans doute parce que c'est la première, dit-elle. Il ne s'attendait probablement pas à ça… il s'y habituera…. Et toi ?

-Moi ? Aucun problème, je suis déjà habitué, dit-il, amusé. Enfin, ce matin, j'ai surtout eu l'impression que je m'étais fait tuer par des hippogriffes furieux, mais maintenant, ça va. Stein a préparé des potions pour tous les compagnons…

-Oui, je sais, dit Hermione. Ils doivent avoir l'habitude. Ne t'inquiète pas pour Draco. Demain, il reviendra de sa nuit en pleine forme. »

Harry hocha pensivement de la tête tout en regardant par la fenêtre.

« Bon, je vais vous laisser ici, dit-il. Je suis crevé et dormir me fera du bien. A demain ?

-A demain, répondit Hermione. Bonne nuit. »

Harry acquiesça et sortit de la maison après les salutations de Ron. Il retourna dans la maison vide avec les pieds lourds. Bien sûr, Draco avait besoin de cette nuit de liberté, mais bon… il avait pour habitude de dormir avec lui.

« Ce n'est qu'une nuit, marmonna-t-il. Demain, ça ira mieux. »

Et il retourna s'enfermer dans sa maison, pressé de se reposer.

oOo

Comme toujours, ils avaient d'abord tué pour se sustenter puis pour alimenter le village. Draco devait admettre que cette séance lui faisait énormément de bien. La culpabilité de ce qu'il avait fait à Harry l'avait déserté alors qu'il se défoulait sur la carcasse d'un cerf, arrachant des lambeaux de chaire qu'il avalait goulument, ignorant le sang coulant sur son pelage. Et surtout, il y avait l'excitation provoquée par la chasse, le plaisir d'avaler de la viande encore chaude et saignante et de hurler à la lune avec le reste de la meute.

Pendant un petit moment, il s'était amusé à se battre avec Gabriel, jusqu'à ce que Greyback les rappelle à l'ordre. La nuit se finissait à présent et, après avoir traîné quelques carcasses jusqu'à la maison du boucher, il trottinait dans le village en reniflant ici et là, accompagné de Gabriel. Ce dernier était surexcité et ne cessait de bondir à droite et à gauche, malgré le jour de plus en plus proche.

Au bout d'un moment, ils croisèrent Guilbert qui trottinait vers sa maison et Draco se décida à courir jusqu'à lui.

« Guilbert ! dit-il, attirant l'attention du loup sur lui. J'ai quelques questions au sujet de… euh…

-La Lune trois quarts ? demanda le professeur, l'air ennuyé. C'est toujours moi qu'on vient trouver… je suis professeur, certes, mais pas professionnel dans les relations sexuelles !

-Non, ça n'a rien à voir avec le caractère sexuel, dit Draco, agacé. Mais plutôt pour… euh…les blessures. »

Guilbert le regarda un instant puis soupira.

« Tu ne peux rien y faire, lui dit-il. Ce sera ainsi chaque mois. Même en essayant de résister, tu ne pourras pas. Tu peux toujours t'enchaîner, bien sûr, mais je ne pense pas que ton compagnon sera d'accord.

-Qu'est-ce qu'il te fait dire ça ? demanda Draco, surpris.

-Et bien, il ne t'a pas mis dehors, aucune dispute, non ? Il l'a accepté, je pense ? »

Draco hésita puis approuva.

« Il a dit qu'il le faisait mais si…

-Si quoi ? S'il était un loup-garou, il serait le premier à se frotter contre toi comme une chienne suppliante à l'approche de la pleine lune. Il a aimé, non ? Alors ferme-là, ne te pose pas de question. Sois juste satisfait d'avoir un compagnon compréhensif. Beaucoup d'entre nous n'ont pas cette chance… Mais il t'aime. Et s'il a accepté ta nature, alors il doit aussi accepté cette nuit là. Et si ça te creuse tellement, enchaîne-toi. Mais sois sûr de ne pas le regretter. »

Draco soupira mais finit par hocher de la tête.

« D'accord. Ça ne m'aide pas vraiment mais… merci quand même. »

Guilbert grogna d'un air agacé mais s'éloigna pour rentrer chez lui. A son tour, Draco trottina vers la maison où son amant dormait probablement. Ce fut sans la moindre difficulté qu'il se glissa dans la maison pour monter à l'étage et rejoindre son amant endormi dans le lit. Bondissant, Draco monta sur la couche et s'approcha d'Harry. Il lécha son visage avec un semblant de peine, comme pour s'excuser et Harry poussa un gémissement amusé avant de, finalement, se tourner dans le lit, un bras passé sur la taille fine du lycanthrope. Il blottit son visage contre la gorge poilue et douce et soupira de satisfaction. Draco bailla à son tour et posa sa tête sur celle de son amant. Il s'endormit alors que son corps était en train de changer.

A suivre…

Sur ce, je vous dis à dans un mois, le 21 mai ^^ En espérant que vous avez survécu et que j'aie toujours le droit de publier T_T