Titre : Alpha Potentiel
Résumé : Pour avoir lâchement désobéi à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM
Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)
Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !
Note de l'auteur : Alors, comme toujours, j'ai plusieurs choses à dire. En premier, je suis bien contente de constater que personne n'est mort suite à la parution de mon chapitre précédent ! Et je suis également contente de constater que mon avertissement et ma technique de délimitation ait si bien servi !
Bref ! Le premier point important est une demande de vote ! Par pitié, merci de prendre ceci en considération : A votre avis, dois-je donner la possibilité aux lycanthropes mals d'enfanter. Non, n'espérez pas. Si je leur donne cette faculté, elle sera évoquée mais pas exploitée. Ma fic est déjà programmée et cela n'en fait pas partie. J'ai juste prévu deux versions d'une mœurs lycanthrope… cela s'arrêtera là. Mais je me pose tout de même la question sur cette possibilité.
Ensuite ! Retraite obligée, je me dois de renoncer à des idées de fics que j'ai eue mais l'une d'elle me taquine le cerveau. Il s'avère cela dit que je ne veux pas l'écrire mais que j'adorerais la lire. Cette idée part du principe qu'après la mort de Voldemort, nos héros sont de retour à Poudlard pour une ultime dernière année. Sauf que lors du premier jour, un incident se produit et cela ferme hermétiquement Poudlard et éjecte les adultes du château. Les élèves s'y retrouvent donc enfermés pour une durée indéterminée.
Cette histoire entraînerait d'abord une première part de chaos où les élèves tenteraient de dominer d'autres, où le conflit serait part régnante, jusqu'à ce qu'une poignée d'élève de 17 ans (et ça ne doit pas obligatoirement venir des Serpentards ou des Gryffondors, soyez original, pitié) décident de rallier les élèves de leur âge afin d'instaurer une certaine société qui leur permettrait de survivre jusqu'au retour des professeurs. Je tiens à préciser également que les fantômes, les cadres et les elfes de maisons sont concernés par la disparition. Il n'y a donc plus QUE les élèves !
Je suis ouverte à toute conversation pour la personne qui déciderait de reprendre cette histoire qui n'est pas vouée à être quelque chose d'humoristique mais de sérieux, sans toutefois établir trop de drame. Et je veux bien entendu que cela devienne un HPDM. Et uniquement cela, pitié, pas de Threesome inattendu !
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture pour ceux qui ont survécu à cette longue note ! Je vous donne rendez-vous demain pour ceux à qui je n'ai pas encore répondu et à dans un mois, le 25 juin !
Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : 'Sais plus !
Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois, toujours en fin de mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !
Nombre de chapitre :
oOo
Chapitre 20 : Lien et convocation
Contrairement à Noël, la nouvelle année avait été célébrée dans un calme relatif. Certains loups-garous étaient encore épuisés par la pleine lune et dormaient à moitié, dont Draco, malgré des nuits complètes et ininterrompues. Harry, lui, s'était totalement remis de la lune trois quarts, bien qu'il ait encore quelques bleus sur le corps qui rendaient son amant étrangement sombre. La simple évocation de la nuit le faisait grincer des dents, malgré l'assurance constante d'Harry à ce sujet. Draco ne savait pas s'il devait considérer son amant comme un masochiste ou s'estimer heureux qu'Harry apprécie sa violence sexuelle. S'il l'avait réellement appréciée…
L'arrivée de l'année 1998 déclencha le début de l'entraînement, sous la tutelle d'une Hermione motivée. Elle lisait longtemps le soir, puisant dans des grimoires qu'elle trimballait et apprenait le lendemain à se servir des sortilèges, en compagnie de Ron et d'Harry. Parfois, Draco se mêlait aux leçons, mais il avait encore des responsabilités au niveau du village auxquelles il ne dérogeait pas, Greyback y veillait.
L'alpha avait justement obligé les deux liés à suivre, en compagnie de Joshua, des leçons sur l'exploitation du lien.
« Manifestement, vous avez exploré le côté physique de la relation en profondeur, se moqua Greyback, un matin qu'il les avait rejoints dans la petite maison prêtée aux Gryffondor. Mais il n'en est pas de même pour le psychique, si on exclut la capacité de Potter à suivre Draco en dormant… Joshua et sa compagne ont poussé l'exploration du lien plus loin que n'importe quel lycanthrope. Il devrait vous être utile. »
A la grande surprise d'Harry, Draco n'avait pas particulièrement été ravi de cette perspective. Et il comprit pourquoi lorsqu'il fut présenté à Joshua. Outre sa carrure impressionnante et sa vieillesse, ce qui choqua le plus Harry fut sa haine à son encontre. Il semblait tolérer à peine Draco et dévisageait Harry comme s'il avait envie de le tuer. Bien entendu, le blond y avait réagi de façon violente : les dents plus proéminentes, le regard dangereux, il grognait contre le vieil homme, l'air furieux.
En réponse, Joshua grogna à son tour contre Draco qui sembla se tasser sur lui-même. Non pas de crainte ! Mais bel et bien dans l'intention de l'attaquer.
« Du calme ! intervint Greyback, qui les avait accompagnés. Joshua, tu as promis de faire un effort ! Je sais que la présence de sorciers te rend furieux, mais ils doivent apprendre. Et Potter n'est pas le responsable de la mort de ta compagne alors te venger sur lui est totalement stupide ! »
Joshua grogna en réponse, continuant à fixer Draco d'un air dangereux.
« Pardonne-le, dit Greyback à Harry. La compagne de Joshua a été assassinée par des sorciers. Depuis, il ne peut pas les supporter. Il tolère Draco uniquement parce qu'il est un loup-garou. Hé là ! »
Il attrapa Draco de justesse par le col alors que le blond s'apprêtait manifestement à passer à l'attaque.
« On se calme, j'ai dit ! cria Greyback avec autorité. Draco, reste tranquille. Joshua, arrête de te comporter comme un louveteau ! Aie un peu de bon sens nom d'un chien galeux ! »
Le vieil homme le fusilla du regard mais il continuait d'arborer un air dégoûté.
« Bon ! Les bébés sont calmés, maintenant ? »
Greyback semblait satisfait, ce qui étonnait Harry : Draco continuait de se placer devant lui, le collant à son dos tout en grognant bassement, les oreilles blanches du loup plaquées contre son crâne, griffes et dents sorties alors que sa queue était aux aguets. Quant à Joshua, il les fixait toujours avec autant de haine, même s'il paraissait un peu moins menaçant.
« Bon… Et bien, je pense que je vais rester, alors, dit Greyback. Joshua… fais un effort ! Ils ont besoin d'apprendre !
-Tu ne pouvais pas trouver un autre professeur ? demanda le vieil homme d'une voix gutturale.
-Tu sais bien que non, répondit Greyback. Annie et toi étiez les meilleurs en ce qui concerne le lien. Et je sais que ces deux-là peuvent aller loin aussi, s'ils sont sérieusement entraînés… Potter parvient à suivre Draco dans ses rêves, si notre foutu alpha potentiel est réveillé. Arrête de grogner, Draco ! »
Le concerné ne répondit même pas, fixé sur Joshua, toujours en position de défense face à Harry. Joshua plissa les yeux et s'éloigna d'un pas, démontrant ainsi à Draco qu'il ne les attaquerait plus.
« Bon, tout le monde est calme, maintenant ? Draco, assis ! »
Le blond ne bougea pas d'un poil et Greyback leva les yeux au ciel.
« Potter, assieds-toi. J'ai l'impression qu'on en tirera rien pour l'instant. »
Harry hocha la tête et s'exécuta, s'installant calmement dans un canapé. Draco le suivit bien entendu, ne tournant jamais le dos à Joshua. Et il n'accepta de s'asseoir que lorsque le vieux loup fut dans un fauteuil, à une distance raisonnable.
« Et bien, dit Greyback, en soufflant. Ceci passé, si nous commencions ? »
Il se tourna vers Joshua qui serrait si fort ses accoudoirs que Harry les entendait presque craquer.
« Le lien, dit-il d'une voix rauque et dangereuse, est établi sur l'amour. Il prend forme lorsque deux personnes amoureuses – et il fusilla ici Harry du regard – s'unissent physiquement et que le loup dominant mord son compagnon. Il arrive parfois que le dominé morde également son dominant, mais il le fera toujours dans un endroit que le dominant pourra dissimuler. Le dominé, par contre, portera normalement la marque à un endroit qui peut être facilement visible. »
Harry passa une main sur son épaule. Il devait admettre qu'en t-shirt, une partie de la morsure apparaissait. Joshua suivit son mouvement des yeux mais ne commenta pas.
« Le lien ne peut être détruit, sauf à la… mort d'un des deux compagnons. Et encore, tout est relatif. Lorsque le lien est créé, les deux compagnons peuvent normalement percevoir les émotions de l'autre. Plus le lien est jeune, plus cette transmission est puissante. Avec le temps, elle s'altère et c'est seulement si l'un des deux liés cherche à connaître le ressenti de son compagnon qu'il peut le percevoir. »
Mentalement, les deux liés approuvèrent de la tête. Ils avaient déjà remarqué qu'ils étaient dorénavant capables de se couper de l'autre pour ne se tourner vers le lien que lorsqu'ils avaient besoin de savoir les sentiments ressentis.
« Généralement, une séparation trop grande oblige le lien à se raffermir. C'est une façon pour le dominant de s'assurer que son compagnon se porte bien et qu'il n'est pas en danger. Sa façon de pouvoir intervenir… »
Joshua se tut un long moment. Manifestement, il cherchait que dire.
« Le sorcier est capable de suivre Draco dans ses rêves, c'est ça ? »
Harry sursauta. Joshua ne lui avait pas parlé, alors que c'était pourtant plus simple. Il s'était adressé à Greyback, le regardant pourtant avec dégoût.
« Oui, répondit l'alpha, installé un peu à l'écart mais prêt à intervenir si besoin. Si Draco est éveillé, dès qu'il ferme les yeux et s'endort, il le visualise.
-Et tu peux le percevoir ? demanda le vieux loup à Draco.
-Seulement ses sentiments », répondit Draco, la voix lourde et menaçante.
A sa grande honte, Harry eut un frisson de plaisir en l'entendant. Cette voix-là était celle que son amant avait employée, durant la nuit de la lune trois quarts et il sentit son corps y réagir. Il se crispa et serra la main sur le genou de Draco qu'il tenait dans l'intention de l'apaiser. Sa réaction n'échappa à personne. Greyback esquissa un sourire, Joshua sembla se méfier alors que Draco se tendait lui aussi, surpris de sa réaction.
« Hum, dit Harry, troublé. Je ne suis pas capable de le toucher, mais les objets alentours, oui, bien que je ne sois pas capable de les déplacer. Je suis… juste là. »
Joshua ne lui répondit pas. Harry se demanda même s'il l'avait écouté.
« A-t-il une prédisposition aux rêves ? demanda l'homme à Draco.
-Il… euh… »
Draco regarda Harry en coin. Ce dernier hocha la tête et le blond soupira.
« On va dire ça, dit-il. Il a un autre lien… avec quelqu'un d'autre. Un lien qui n'a rien à voir avec le nôtre et qui est plutôt basé sur… la mort. Et avant que nous ne soyons liés, il lui arrivait d'en rêver. »
Greyback avait écarquillé les yeux en entendant les mots de Draco. Il dévisageait Harry avec une telle stupéfaction que le garçon gigota.
« Tu as un lien avec mon maître ? » demanda-t-il, stupéfait.
Harry ne put qu'acquiescer de la tête, mal à l'aise.
« Avant… quand je dormais… et parfois même en étant éveillé… j'étais capable de voir ce qu'il faisait, de ressentir ce qu'il ressentait… mais depuis que je suis avec Draco, tout a cessé.
-Le loup-garou est un dominant. Il est possible que ce lien ait été brisé, expliqua Joshua. Normalement, il a dû l'être. »
Harry fronça les sourcils à ses mots. Brisé ? Vu la douleur qu'il avait ressentie à Godric's Hollow, il en doutait.
« Je ne crois pas qu'il l'est, dit Harry. Je pense qu'il est juste… étouffé. Je veux dire… quand Draco est parti chez Devis, il m'est arrivé de rêver de Voldie… Draco devait alors dormir… »
Joshua fronça les sourcils. Il grogna puis se leva pour s'approcher d'eux. Presque aussitôt, Draco émit un long son sourd et menaçant.
« Du calme, répliqua Joshua, agacé. Je veux juste le renifler. Je dois m'assurer de quelque chose. Tu permets ? »
Le vieux loup ne fit plus le moindre mouvement. Au bout de quelques minutes, Draco acquiesça, avec une certaine raideur. Joshua s'approcha alors de Harry et se pencha sur lui, inspirant. Il se rapprocha davantage, son nez allant parfois frôler un Harry horriblement mal à l'aise. Autant ça ne le dérangeait pas que Draco le fasse, mais un autre… il eut envie de se réfugier contre Draco pour se soustraire à cette séance de reniflement.
Joshua parcourut d'abord tout son torse. Il grogna en percevant l'odeur de Draco sur son épaule, plus présente que partout ailleurs puis monta sur sa gorge puis le long de son visage. Quand il passa sur sa cicatrice, il s'écarta en éternuant.
« Oui, il y a un autre lien, dit-il, passant une main sur son nez pour l'essuyer. Léger, presque éteint par celui de Draco, mais il est juste là. »
Et il pointa la cicatrice d'Harry qui hocha la tête. Oui, c'était toujours là qu'il avait mal, lorsque Voldemort l'attaquait.
« C'est étrange, cela dit, poursuivit Joshua. Normalement, le loup de Draco aurait dû détruire ce lien dès qu'il a mordu le sorcier… »
Il regardait Greyback d'un air presque interrogateur et ce dernier haussa les épaules.
« Mon maître est un sorcier puissant, dit-il. Et Potter n'a pas un potentiel négligeable. Loup-garou dominant ou non, il ne peut pas lutter contre deux puissances magiques trop fortes. »
La réflexion sembla blesser Joshua qui retourna s'asseoir. Draco, lui, à la grande gêne d'Harry, se mit à lécher sa gorge, sous l'air amusé de Greyback.
« Qu'importe ! dit le plus vieux. Il a donc une disposition pour les rêves. La question est : peut-il voir Draco, même en étant éveillé ?
-Non, je ne peux pas, dit Harry, tentant de ne pas gémir sous l'attouchement de son lié. Draco, arrête !
-Tss, fit Joshua en l'entendant. Il marque juste son odeur. N'importe quel loup-garou le saurait ! Même un louveteau d'un jour ! »
Harry leva les yeux au ciel. Alors les seuls mots qui lui étaient adressés directement étaient des reproches. Voilà qui lui rappelait un certain professeur de potions amer.
« Tu as déjà essayé de voir Draco en étant éveillé ? demanda Greyback, tentant de temporiser le comportement de Joshua.
-Non, jamais, avoua Harry. Mais je ne saurais pas trop comment faire…
-Tu ne savais pas non plus comment lui donner de ton énergie, tu l'as fait…
-Quoi ! s'exclamèrent en même temps Draco et Joshua.
-Et bien… Oui, quand tu as été mordu par Nagini… Mais Draco m'a aussi donné la sienne cette nuit-là, même si je ne crois pas qu'il l'ait fait consciemment. Il était empoisonné au village et moi je… me faisais poursuivre par des ennemis.
-C'est probablement inconscient, répondit Joshua. Tu n'aurais pas dû être capable de le décider, vu ton état. Et n'importe quel loup lié ferait de même. Manifestement, le sorcier est plus capable que Draco… »
Il avait dit ça d'un air réellement ennuyé et Harry dut lutter contre son envie de lui tirer la langue en réponse. Greyback s'en aperçut et esquissa un sourire moqueur.
« Dis-leur donc ce que tu étais capable de faire avec Annie, dit-il à Joshua. Qu'ils comprennent les possibilités.
-Ce que nous étions capable de faire, dit pensivement Joshua. Nous savions voir par les yeux de l'autre. Nous étions capables de nous transmettre notre énergie, notre force à tout moment, parfois même, de nous transmettre des pensées. Enfin, plus que des pensées, c'était des… comme une sorte de pressentiment, mais si limpide que nous savions exactement ce que l'autre voulait dire. Il nous est arrivé, un jour, de ne pas nous adresser la parole une seule fois, mais de simplement « parler » via le lien. Mais on ne peut pas vraiment appeler cela « parler » car ce n'était pas à proprement parler des mots. »
En l'écoutant, Harry écarquilla les yeux. Tout ça était-il possible ?
« Et faire ressentir… des émotions. Enfin… ce qu'on aurait ressenti, à une période ultérieure… est-ce possible ? »
Joshua ne lui répondit pas tout de suite.
« Je ne vois pas trop l'intérêt de ce genre de chose », dit-il finalement, Harry ayant soudainement l'envie de le frapper.
L'intérêt de ce genre de chose ? Sans doute était-ce d'obliger Draco à le croire, lorsqu'il disait que la nuit de la lune trois quarts n'avait pas été une torture de bout en bout ! Le blond n'en démordait pas et continuait de s'en vouloir pour des blessures qu'Harry n'avait même pas senties avant le lendemain ! Et pire : il refusait de le toucher sexuellement tant que tous les hématomes sur son corps n'avaient pas disparu. Et malheureusement pour Harry, les bleus étant fortement présents sur tout son corps, il était incapable de faire croire à son amant que c'était le cas. Et vraiment, il commençait dangereusement à être en manque !
« Donc, dit Joshua, en continuant. Je ne vois pas trop pourquoi je devrais vous donner des leçons. C'est à vous de travailler sur cela. Il vous suffit de vous concentrer sur ce que ressent l'autre. Ouvrez le lien le plus souvent possible et vous finirez pas vous percevoir avec plus d'acuité. Et surtout, plus important : entraînez-vous à vous offrir quelque chose. De l'énergie, du réconfort, qu'importe, mais faites-le !
-La dernière fois que Potter a tenté de donner de l'énergie à Draco, il a failli s'évanouir, dit soudainement Greyback. Ecoute, je sais que tu n'as pas envie d'enseigner ça à un humain, mais ils doivent savoir !
-Surtout qu'il soit sorcier, dit Joshua en regardant de nouveau Harry avec dégoût. Mais en effet, le fait qu'il soit humain est incontestablement gênant. Pourquoi ne le mordrions-nous pas ? »
Aussitôt, Draco répondit par un long grondement menaçant.
« Ce n'est pas une décision que l'on prend pour un autre, dit Greyback. Tu te souviens ? C'est toi qui me l'as dit. Et sérieusement, mordre le compagnon d'un autre loup ? C'est contre nos lois…
-Nous ne pouvons pas le mordre, répliqua Joshua. Mais Draco si. »
Le silence accueillit cette réflexion. Le blond n'osait manifestement pas regarder Harry alors que ce dernier dévisageait tout le monde. Devenir un loup-garou ? Comme Draco ? Etrangement, l'éventualité ne le dérangeait pas. Elle paraissait presque charmante. Etait-ce seulement possible ? Il ne l'avait jamais envisagée, cela dit… Qu'en pensait Draco ?
Il se tourna vers lui, l'air interrogateur. Les oreilles du blond se tassèrent sur son crâne quand il constata que les grands yeux verts d'Harry le fixaient avec tant d'innocence. Il se massa l'arête du nez, maudissant mentalement Joshua et Greyback.
« Nous n'y avons jamais songé, dit le blond. Et ce n'est pas quelque chose que je ferais. Pas sans une raison cruciale. Maîtriser le lien peut se faire sans que Harry ne devienne un loup-garou alors…
-Mais ce serait plus simple ! s'exclama Joshua. Il percevrait les choses avec bien plus de facilité. Et il en va de même pour toi ! Vous vous sentiriez bien plus. Votre lien n'est jamais totalement ouvert, parce que vous êtes de deux espèces différentes. Si Potter était un loup…
-Je ne veux pas parler de ça ! grogna Draco, furieux. Ce n'est pas à toi de prendre cette décision pour mon lié et ce n'est pas inévitable. Fin de la discussion ! »
Harry laissa échapper une exclamation surprise face à la colère de Draco. Pourquoi, exactement, son compagnon était-il si fermé à une éventuelle transformation ? Non pas qu'il en ait spécialement envie… le côté douloureux des métamorphoses mensuelles ne l'enchantait guère… mais de là à refuser avec autant de rage…
« On en parlera seuls, dit Draco en détournant les yeux.
-Pourquoi ? Je sais déjà ce que tu vas lui dire, lui dit Joshua. Il est hors de question qu'il devienne un loup-garou car tu as bien trop peur qu'il ne soit un alpha. Sans compter qu'il va souffrir. Surtout lors de la première transformation. A noter que, vu le comportement de ton compagnon, il ne sera pas un alpha. Tu le sais. Tu refuses juste de lui faire du mal. »
Il affichait un sourire moqueur, comme si le sujet était quelque chose d'hilarant.
« J'ai eu le même problème avec Annie, poursuivit-il. Si je l'ai transformée, c'est justement parce que je ne pouvais plus supporter de la savoir vulnérable aux autres… Ainsi modifiée, elle savait se défendre encore mieux. Tu devrais y penser étant donné… l'identité de ton lié. »
Draco ne répondit pas. Il avait un air indéchiffrable, mais surtout décidé : Non, c'était non ! Pour le calmer, Harry appuya sa tête contre son épaule, tentant de l'apaiser.
« Nous verrons ça plus tard, dit-il. Il n'y aurait pas un autre moyen que de me transformer ?
-Deviens animagus, dit Greyback. Avec un peu de chance, tu seras un loup.
-Mais on ne peut pas en être sûr et ça prendrait trop de temps, indiqua Joshua.
-Pourquoi pas une potion ? proposa Draco. Il en existe à profusion, ce ne serait pas impossible.
-Pour faire de moi un loup ? demanda Harry, surpris.
-Et bien, il existe certaines potions de métamorphose animale. Selon l'animal, la potion doit être légèrement modifiée et elles sont d'autant plus difficiles qu'il faut généralement un poil de la bête en question, mais dans le cas des loups, il y a de quoi faire ici… »
Greyback hocha la tête en réponse à cette affirmation.
« Mais ça va nous prendre des jours, fit-il remarquer, agacé.
-Ils n'auront qu'à s'entraîner à ouvrir le lien pendant ces jours-là, dit Joshua. Ce sera déjà un très bon exercice. »
L'alpha sembla considérer cette option puis approuva de la tête.
« Bon, dit-il. Vous vous entraînerez. Vraiment ! Je veux que vous soyez capables à tout moment d'interpréter les sentiments de l'autre. Draco ! Que ressent Harry actuellement ? »
Le blond sembla surpris, hésita puis répondit :
« Beaucoup de choses… de l'agacement… et… autre chose.
-Quoi ? demanda Greyback. Je veux l'entendre, Draco.
-Mais ça ne vous regarde pas !
-Oh si, ça me regarde. Vous êtes incapables de vous servir d'un cadeau qui vous a été fait. Certes, dans l'inconscience éthylique, mais il vous a été fait quand même. Vous êtes liés à présent et j'attends de vous que vous sachiez en tirer profit, surtout dans l'époque actuelle. Alors. Ce second sentiment, Draco ? »
Le blond hésita. Il lança un regard désolé à Harry puis répondit :
« De la frustration.
-Frustration ? s'étonna Greyback. Potter… Vous couchez ensemble plus souvent que des lapins et tu es frustré ?
-Hé ! s'indigna Harry. D'abord, ce que Draco et moi faisons ne vous regarde pas. Ensuite… ce que je ressens ne vous regarde pas non plus ! Qui vous dit que je suis frustré sexuellement ? C'est peut-être dû au fait que vous harceliez mon compagnon pour apprendre des choses qui ne vous regardent en rien !
-Ce qui me dit que c'est de la frustration sexuelle ? demanda l'alpha, moqueur. Peut-être les hormones qui émanent de ton corps ! Oh, tu l'ignorais ? Même inconsciemment, tu tentes de persuader Draco de te toucher. Nous, les loups, sentons parfaitement ce genre d'émanation… Et puis, même si tu ne suintais pas le désir, il suffit de voir comment tu t'es crispé lorsqu'il a parlé, qu'il t'a léché ou simplement touché… »
Embarrassé, Harry se mit à rougir, horrifié d'être si facile à comprendre pour l'entièreté des lycanthropes du village.
« Dis-toi que si tu t'entraînes, tu pourras lui transmettre tellement de désir qu'il finira bien par craquer ! » lui dit Greyback.
Harry ouvrit la bouche, la referma… et afficha un sourire presque sournois tandis que Draco blêmissait. Merlin, ce foutu alpha ne pouvait-il pas se taire ? Croyait-il qu'il était facile pour lui de résister à son amant ? Qu'il était aisé d'ignorer ses petits soupirs envieux, ses caresses intéressées et la façon dont il se frottait contre lui, la nuit, pour le tenter plus ? C'était la pire expérience de sa vie ! Mais Draco ne pouvait vraiment pas supporter l'idée de le blesser plus. Les ecchymoses étaient peut-être soignées, les écorchures également, mais il savait que son amant avait encore quelques douleurs lorsqu'il s'asseyait ! Alors il était hors de question de tester la moindre pénétration anale pour le moment !
Mais en croisant le regard d'Harry, il sut qu'il n'allait jamais lui résister. Il était entêté au possible et jurait ses grands dieux qu'il n'avait mal nulle part, qu'il avait adoré leur nuit et qu'il voulait faire l'amour avec lui le plus rapidement possible. Et Draco devait bien avouer que c'était une vraie pénitence que de lui tenir tête. Harry était devenu bien plus à l'aise, vis-à-vis de sa sexualité, depuis l'expérience de la lune trois quarts. Si Draco n'avait pas eu une parfaite connaissance de l'aphrodisiaque qu'il lui avait donné, il aurait pu croire que ce dernier faisait toujours effet. Cela expliquerait la soudaine impudeur de son amant. Ou peut-être avait-il été tellement choqué par son propre comportement cette nuit-là qu'il se sentait capable de faire absolument n'importe quoi sans risquer d'être un total dépravé : Draco l'était bien assez pour le rassurer !
« Bon, et bien vous n'avez plus qu'à vous entraîner, en plus des cours de sortilèges donnés par Hermione, des leçons de combat que Draco subit de la part de Hystéria – franchement, Draco, te faire battre par un serpent ! – et ceux encore donnés ici par Joshua, vous aurez de quoi faire… »
Cette fois, ils eurent tous les deux une moue d'ennui à ces mots. En effet, ils n'allaient pas chômer. Hermione leur faisait déjà subir un entraînement digne d'un camp militaire alors si en plus, ils devaient faire tout le reste ! Ils échangèrent un regard las mais finirent par accepter.
« On fera ça le soir, déclara Harry. Pendant le souper ou…
-Tout le temps, Potter, dit Greyback. Je veux que vous me gardiez à tout moment ce lien ouvert ! Si jamais je tombe sur vous, que je vous demande le sentiment de l'autre à un moment et que vous êtes incapable de me le donner, je vous jure que je vous punis. Et tous les deux, pas juste un ! Les deux ! L'erreur de l'un vous fera plonger ensemble ! Après tout, vous êtes un couple. »
Il esquissa un sourire moqueur à ses mots.
« Vous êtes prévenus, tous les deux… N'oubliez pas ! Bon, maintenant, vous pouvez y aller. Quand la potion sera terminée, vous reviendrez. Demandez à Hermione de la faire ! Moi, je suis occupé. »
Et sur ces mots, il se leva, salua poliment Joshua puis quitta la pièce, non sans avoir ordonné un dangereux « et pas de bagarre ! ».
Les deux garçons restèrent un long moment immobiles, méditant sur ce que Greyback avait dit.
« C'est pas que vous me dérangez, mais… si, c'est le cas. Partez ! »
Harry sursauta en l'entendant. Vraiment agréable, ce loup-garou ! Ce n'était pas lui qui avait tué sa compagne, bon sang ! Agacé, il se leva vivement et sans même attendre Draco ou dire au revoir, il quitta la maison. Il entendit vaguement son amant saluer le lycanthrope puis le suivre en courant.
« Harry… attends, j'aimerais te parler ! »
Le brun ralentit sa marche et se tourna légèrement vers lui, s'arrêtant totalement lorsqu'il comprit que Draco préférait avoir cette discussion loin de toute oreille indiscrète.
« Viens… allons plus loin », dit-il.
Harry souffla mais accepta de le suivre d'un pas lent. Ils arrivèrent finalement à l'orée de la forêt entourant le village et Draco s'arrêta, s'appuyant contre un arbre dépourvu de toute feuille. Un peu de neige tenait encore sur les branches et quand le blond appuya son dos, il en tomba quelques flocons sur ses épaules. Mais il n'y prêta pas attention, fixant Harry avec sérieux.
« Ecoute… Au sujet de ce que Greyback a dit… »
Il paraissait mal à l'aise et Harry haussa un sourcil face à ça. C'était rare de voir Draco gêné et il se demandait bien ce qui pouvait le déranger ainsi.
« Ne le fais pas, dit le blond en le regardant dans les yeux. Ce qu'il t'a dit d'essayer… avec le… sentiment de désir. Ne le fais pas. »
Harry resta un instant immobile. Ne pas le faire ? Pourquoi ?
« Pourquoi ? » demanda-t-il.
Draco soupira, semblant réfléchir à une réponse convenable.
« Ecoute… je n'ai pas envie que ça se passe comme ça, d'accord ? Je sais que… tu en as envie, mais pas moi. Je suis encore un peu choqué par ce qu'il s'est passé la nuit de la lune trois quarts et je n'ai vraiment pas… enfin… il me faut un peu de temps pour m'en remettre, c'est tout. »
Il ne le regardait plus et heureusement. Harry resta longtemps figé sur les mots 'je n'en ai pas envie', son visage s'assombrissant.
« Je ne comprends pas, dit-il. Pourquoi exactement n'arrives-tu pas à t'en remettre ? Je t'ai dit que je me fichais des blessures. Et elles sont pratiquement toutes parties ! »
Draco soupira en l'entendant.
« Je sais ! dit-il. Mais ça ne change rien. J'ai été choqué, ok ? Et pas que par les blessures ! Alors je…
-Et par quoi d'autre ? coupa Harry en croisant les bras. Par quoi as-tu été choqué ?
-Mon comportement ! répondit Draco vivement. Et le tien, un peu, aussi ! »
Harry le prit comme une gifle.
« Nos comportements…, dit-il simplement. Tu… as été choqué ?
-Bien sûr que je l'ai été ! Je sais que depuis le début de notre sexualité, je suis celui qui assume le plus et je ne suis absolument pas gêné par le fait de coucher avec toi, tu le sais… mais ce qu'il s'est passé cette nuit-là… c'est une tout autre histoire, Harry. Comment veux-tu que je ne sois pas choqué par ça ? Et toi, pourquoi ne l'es-tu pas ? »
Le brun ne répondit pas. Il se contentait de le fixer d'un air étrangement figé puis finit par baisser les yeux
« Peut-être parce que j'ai aimé cette nuit, dit-il en relevant deux yeux brillants. Ça a été violent, c'est vrai… mais sincèrement, Draco, je n'y faisais même pas attention…
-J'avais cru remarquer ! répliqua le blond, cinglant. Bon sang, Harry, je n'ai eu aucune considération pour toi, je t'ai juste… baisé pour me soulager et ça ne te dérange pas ?
-Tu ne l'as pas fait, dit Harry. Tu t'es occupé de moi… Je veux dire… même s'il y avait l'aphrodisiaque spécial, tu as tout de même pris un peu de temps pour me préparer… tu m'as caressé à chaque fois, tu as veillé à chaque fois à ce que je jouisse… ce n'est pas ce que j'appelle « ne penser qu'à soi ». Mais soit. Si tu ne veux pas que nous couchions ensemble, si tu n'en as pas « envie » alors soit ! Je ne ferai rien ! Je ne vais certainement pas t'obliger ! »
Et il tourna les talons furieusement, laissant un Draco totalement ahuri derrière lui. Il finit par se reprendre et l'appela, mais le brun ne daigna même pas se retourner et continua à avancer, encore plus vite si possible.
« Et merde, grogna Draco en commençant à le suivre rapidement. Harry, attends, tu n'as rien compris ! »
Mais le brun fit la sourde oreille et avança si vite qu'il fut bientôt arrivé à la maison des Gryffondor où il fut accueilli par une Hermione à l'air agacée.
« Enfin ! s'exclama-t-elle. J'ai trouvé de nouveaux sorts ! Ils sont géniaux ! On s'y met ?
-Avec plaisir ! dit Harry, furieux. Je veux même m'y mettre le plus longtemps possible ! »
Hermione haussa un sourcil sceptique et ouvrit la bouche, mais au même instant, Draco déboula, cherchant Harry du regard.
« Ecoute, ce n'est pas ce que je voulais dire ! commença-t-il. Je n'ai…
-Tu ne devais pas aller voir Hystéria pour ton entraînement ? interrompit Harry, le dos tourné. Je pense que tu devrais y aller. »
Hermione bougeait la tête, les regardant tour à tour. Quand elle aperçut l'expression fermée de Harry, elle grimaça en direction de Draco et secoua la tête en le regardant, tentant de lui faire comprendre.
« Tu devrais y aller, il a raison, dit-elle en lui faisant des grands yeux. Ça peut attendre ce soir… »
Priant pour qu'il ait comprit le « doit » sous-entendu, elle regarda Draco qui fixait Harry d'un air hésitant. Il finit par hausser les épaules et quitta la maison d'un pas rapide.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Ron. Vous vous êtes disputés ?
-Non, pas du tout, dit froidement Harry. Bon, on va s'entraîner ? »
Comprenant qu'ils n'en tireraient rien, ils soufflèrent et acquiescèrent. Quelque chose leur disait que la séance allait être intense !
oOo
Harry, Ron et Hermione rentrèrent peu de temps avant l'heure normale du souper. Une fois n'est pas coutume, Draco l'avait préparé – avec énormément de difficulté et l'aide discrète d'un Gabriel apitoyé – afin de, peut-être, calmer son amant vraiment trop susceptible. Il les regarda entrer avec une pointe d'angoisse et beaucoup d'espoir. Malheureusement, le regard d'Harry était toujours aussi furieux lorsqu'il se posa sur lui et il l'ignora tout bonnement.
« Ah, génial, tu as préparé le repas ! dit Hermione en s'asseyant à table, découvrant des pâtes au fromage. Je ne savais pas que tu savais faire ça ! »
Le blond se retint péniblement de grimacer : ça l'aurait trahi ! A la place, il préféra garder le silence, les regardant goûter.
« Mais c'est bon, en plus ! s'étonna Ron, Draco levant les yeux au ciel.
-Bien sûr que ça l'est ! Je l'ai cuisiné ! », répliqua-t-il, faisant rire Hermione.
Ron secoua la tête d'un air agacé alors qu'Harry, lui, se contentait de fixer son assiette, l'air sombre.
« Alors, dit Hermione. Harry m'a dit que je devais faire une potion de métamorphose animale… tu… aurais la formule ?
-Oui, je l'ai, répondit Draco. J'irai te la chercher après le souper, si tu veux…
-Je préférerais. Ainsi, j'aurais le temps de regarder si j'ai les ingrédients nécessaires ce soir… Sinon, je demanderai encore quelques cheveux à Rosalia…
-Mais… pour une fille qui a l'air de tant tenir à son physique, ça ne la dérange pas que tu lui prennes des cheveux ?
-Ben… je ne lui demande pas vraiment son avis, avoua la jeune femme.
-Tu lui fais quoi ? demanda Ron. Ne me dis pas que tu l'endors pour lui en prendre !
-Non, voyons ! protesta Hermione. Je me contente de… la bousculer ou je fais un accio sur un cheveu… ce n'est qu'un petit pincement, elle le sent à peine !
-T'es sûre ? C'est un loup-garou, peut-être qu'elle le sent ! dit Ron, en lançant un regard interrogateur à Draco.
-Nous sommes fort sensibles, mais pas au point de s'inquiéter d'un cheveu enlevé… Enfin, ne le fais pas trop souvent quand même ! »
Hermione acquiesça et le silence revint à nouveau. Habituellement, Harry et Draco discutaient ensemble ou chacun avec Ron et Hermione. Mais pour une fois, le brun avait une expression si sombre que même les quelques tentatives de ses amis échouèrent, ainsi que les vagues approches de Draco. Il eut des réponses si froides et brèves qu'il n'osa plus ouvrir la bouche si ce n'est pour manger. Quand il eut terminé, il se leva poliment.
« Je… vais chercher le livre. Je reviens. »
Et il quitta presque précipitamment la maison, dérangé par la froideur ambiante. Quand il entra dans la maison de Greyback, il soupira à nouveau en croisant le regard de l'alpha.
« De la colère… Beaucoup de colère. Et de la honte… de la confusion… de l'angoisse. C'est bon, j'ai réussi le test ?
-On va dire, lui répondit Greyback. Tu as mis ta chienne en colère, Draco ?
-Ne l'appelle pas ainsi ! s'énerva le blond. Et oui, assez… mais on va régler ça ensemble. Je suis juste venu chercher un livre. »
Il grimpa à l'étage sur ses mots et ouvrit son armoire pour fouiller à l'intérieur. Quand Voldemort l'avait exilé au village de Greyback, Draco avait pris avec lui énormément de livres, afin de se distraire. Que ce soit des recueils de potions, de métamorphoses, sortilèges ou autres. Il en avait déjà prêté beaucoup à Hermione mais gardait encore certains – dont ceux de potions – pour lui. Non pas qu'il ne veuille pas les prêter, mais il doutait fortement que les trois Gryffondor prendraient le temps de faire des potions sur le champ de bataille !
Au bout d'un quart d'heure, il finit par débusquer le vieux livre de potions recouvert de poussière. Il le nettoya un instant avec une chaussette isolée qui avait dû tomber de l'étagère au-dessus du placard et soupira. Il continuait de ressentir une certaine rancœur de la part d'Harry et ne savait vraiment pas quoi faire ! Il s'était bêtement très mal exprimé ! Il ne pensait vraiment pas ce qu'il lui avait dit ! Enfin, si, mais il l'avait mal dit !
« Croire que je n'ai pas envie de lui ! Moi ! Ne pas avoir envie de lui ! N'importe quoi ! »
Il se releva du sol en tenant le livre et quitta la chambre qu'il n'occupait que très rarement pour ensuite rejoindre Greyback au rez-de-chaussée.
« Toujours de la colère ! » dit-il en sortant, faisant siffler d'agacement l'alpha qui n'avait toujours rien demandé.
Il traversa le village, ignorant la neige qui tombait à nouveau sur le village déjà bien blanc et rejoignit la maison Gryffondor. Quand il entra, il aperçut rapidement Ron et Hermione dans le salon, mais pas d'Harry.
« Il est monté, dit la jeune fille en apercevant son air interrogateur. C'est le livre ?
-Oui, dit-il en lui tendant. Je vais monter aussi…
-Attends ! Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Hermione. Je ne l'ai plus vu aussi énervé depuis… et bien, je n'arrive même pas à me souvenir de quand !
-J'ai mal parlé, répondit Draco en grimaçant. Ecoute, dans un premier temps, je préfère essayer de régler ça avec lui, d'accord ? »
Hermione hocha la tête tandis que Ron, assis près d'elle, semblait penser que Draco devrait accepter l'aide de son amie ! Un Harry en colère pouvait être très dangereux !
Mais Draco préféra s'abstenir. C'était un sujet bien trop privé. Il savait que s'il en parlait avec Hermione – et Ron, par extension – son amant serait encore plus en colère contre lui pour avoir osé mentionner la raison de leur conflit.
« Bonne chance ! lui dit Hermione. Il est vraiment furieux ! »
Oui, ça, il avait remarqué, merci bien ! Il se retint de le dire car il savait que s'énerver sur Hermione n'aiderait en rien. A la place, il déposa le livre sur l'accoudoir du canapé et monta au premier. Il frappa d'abord à la porte de la chambre, trop intimidé pour oser entrer. Comme il n'obtint aucune réponse, pourtant, il poussa la porte avec timidité, passant d'abord la tête. Il n'y avait aucune lumière. Harry s'était couché et était allongé sur le lit, recroquevillé sur la droite, la couverture étroitement serrée autour de son corps. Draco se retint de lever les yeux au ciel et soupira. Vraiment, n'exagérait-il pas un peu ?
« Harry ? appela-t-il en entrant finalement, enlevant son manteau, son écharpe et ses gants – et le bonnet de Weasley… Il devait le porter, sinon, il déclencherait la colère de la belette. Tu dors déjà ? »
Aucune réponse ne lui vint mais il savait qu'elle était négative. Soupirant de façon sonore, il enleva ses chaussures et se dirigea vers le lit sur lequel il monta sans qu'aucun mot ne soit prononcé. Il s'assit à côté d'Harry, se servant du coussin libre comme appui pour son dos.
« Harry, dit-il en le regardant. C'est ridicule et tu le sais. Je me suis simplement mal exprimé. Je ne voulais pas dire tout à l'heure que je n'avais pas envie de toi. J'ai toujours envie de toi ! Je voulais simplement dire que je n'avais pas envie de céder à mon désir maintenant ! Parce que… tu es encore un peu blessé et je ne parle pas des blessures externes, mais internes. Je parle… de ton anus, Harry. »
Il n'avait pas besoin de le toucher pour sentir la soudaine tension dans ses épaules, ni de le voir pour deviner qu'il rougissait.
« Je le sais, je te rappelle que c'est moi qui applique de la pommade chaque soir. Enfin, sauf ce soir, si j'en crois le pot sur ta commode. Mais ça n'a rien à voir avec… une quelconque absence de désir. Je te le jure. Comment pourrais-je ne pas vouloir de toi ? »
Il avait dit ses derniers mots sur un ton langoureux, tout en passant une main envieuse le long de sa taille, comme pour l'enlacer, mais son bras fut vertement rejeté alors qu'Harry le repoussait.
« Tu as dit « Obliger », dit-il, furieux. T'obliger à me faire l'amour ! C'est une si grande corvée que ça !
-Non, pas du tout ! se défendit Draco, stupéfait de la colère toujours présente sur son visage.
-Parce qu'il faut le dire, tu sais ! On peut tout aussi bien tout stopper, si c'est si désagréable pour toi ! On peut très bien ne plus avoir la moindre relation physique et simplement être un couple platonique !
-Ce n'est pas ce que je veux ! interrompit Draco, coupant sa diatribe. Harry, calme-toi un peu, tu ne raisonnes pas clairement ! Je me suis simplement mal exprimé, je ne me sens jamais obligé ! Nom d'un chien, c'est toujours moi qui initie la moindre relation charnelle entre nous alors ne viens pas dire que c'est une corvée ! J'en ai envie ! Tout le temps ! Tu devrais le savoir !
-Et bien non, je ne le sais pas ! Et bien sûr que c'est toi qui inities nos rapports sexuels, parce que Monsieur est un dominant et peut-être aussi parce que je n'assumais pas ça mais c'est le cas maintenant et manifestement, ça ne te va pas !
-Quoi ? dit Draco, surpris. Pas du tout, j'adore que tu assumes ça, qu'est-ce que tu racontes ? »
Harry plissa les yeux d'un air furieux.
« J'ai été choqué par ton comportement. C'est ce que tu m'as dit ce matin. Tu as été choqué parce que je me suis laissé aller à te montrer ce que j'aimais, ce que je désirais, cette nuit-là. Alors ose dire que tu apprécies que j'assume. »
Draco resta un instant sans voix. Puis, brutalement, à la grande surprise d'Harry, il rougit.
« Cette nuit-là, tu… tu as fait ça… de ton plein gré ? »
La colère de Harry laissa place à une totale incompréhension.
« Quoi ? Mais oui, enfin, quelle question ! »
Draco resta un long moment immobile et silencieux, Harry haussant un sourcil incompréhensif. Il était toujours aussi rouge et le regardait d'une façon étrange. Presque comme s'il était une espèce rare.
« Tu ne croyais quand même pas que tu m'avais forcé, dis-moi ? »
La bouche du blond s'ouvrit et se referma à plusieurs reprises. Mais il se contenta de hocher la tête, les yeux brillant toujours étrangement alors qu'il le dévisageait.
« L'a… l'aphrodisiaque, finit-il par balbutier.
-Il m'a juste permis de t'accueillir en moi facilement. Et… bon, je suppose aussi qu'il m'a aidé à bander sans arrêt, parce que franchement, j'aurais été incapable de remettre le couvert autant de fois en temps normal. Mais il n'a pas influencé mon comportement. Enfin, si, il m'a juste… aidé à me lâcher totalem… mais enfin, qu'est-ce que tu as à me regarder comme ça, tu me gênes ! »
Il remonta la couverture sur son torse, bénissant le pyjama qu'il s'était obstiné à mettre, afin de démontrer plus encore sa colère envers Draco. Ce dernier ne répondait pas. Il semblait toujours autant absorbé dans sa contemplation. Quand Harry, excédé, finit par ouvrir le lien pour comprendre ce que Draco ressentait, il fut surpris d'y trouver de la fascination. A son encontre !
« Pourquoi es-tu… fasciné ? »
Le blond ne répondit pas. Manifestement, il n'en avait pas le courage. Agacé, Harry leva la main et lui frappa l'épaule.
« Réponds, bon sang !
-Ok, ok, désolé ! dit Draco. Tu es fascinant, tout simplement. Je veux dire… ça ne t'a vraiment pas dérangé ? Mon apparence, ma violence, tout ça... »
Harry leva les yeux au ciel. Combien de fois allait-il devoir le répéter ?
« Non, ça ne m'a pas dérangé, dit-il. J'ai adoré ton comportement, tu étais… chaud. Ton apparence ? Ce n'est pas la première fois que tu me fais l'amour en ayant l'air moins humain. En fait, je ne t'ai jamais vu me faire l'amour sans tes foutues oreilles de loup et ta queue. Celle de derrière ! Les ongles étaient juste un petit plus. Pour les dents, ce n'est pas la première fois non plus. Alors non, ton apparence ne m'a pas choqué. Quand à la violence… Draco, tu n'as pas été violent, tu as été passionné. Alors oui, ça m'a blessé. Bien entendu ! Tu as serré un peu fort, tu m'as un peu griffé, beaucoup mordu et sucé, mais rien qui ne soit réellement insurmontable. Et tu n'as pas été le seul à blesser l'autre ! J'ai moins de force, mais je ne t'ai pas laissé intact non plus. Le désir était trop fort, c'est normal. Et tu recommences à être fasciné !
-Comment ne pas l'être ? demanda Draco. Sérieusement, Harry… je ne sais pas si je dois m'estimer heureux que tu apprécies ça ou… si je dois m'inquiéter. »
Un peu de honte suinta aussitôt de Harry et Draco s'empressa de le prendre dans ses bras, ses mains passant automatiquement sous le pyjama qui le dérangeait vraiment.
« N'aie pas honte. Tu es… incroyable. Je t'adore ! »
Il l'embrassa alors avec bien plus de force qu'il n'en avait mis depuis que la lune trois quarts était passée.
« Tu croyais quoi, exactement ? demanda Harry. Que tu m'avais forcé ? Que l'aphrodisiaque avait fabriqué mon désir et mon plaisir ?
-Et bien… peut-être pas fabriqué ! dit Draco en commençant à le déshabiller avec autorité. Mais… enfin… si, peut-être. Je croyais que tu n'étais pas spécialement…
-Quoi, consentant ? Bordel, Draco, tu n'es pas le seul qui ressent du désir constamment ! J'ai dix-sept ans aussi ! »
Cette phrase fit rire le lycanthrope qui, l'air de rien, enleva à Harry sa blouse de pyjama pour ensuite descendre ses mains sur son pantalon. Le brun se laissait faire. Après tout, il n'avait mis le vêtement de nuit que pour ennuyer son amant… mais bon, il n'avait plus vraiment envie de l'ennuyer. Et c'était bien mieux de dormir nu. Presque machinalement, il se mit, lui aussi, à dévêtir Draco. Cela se fit en silence, seulement interrompu par quelques baisers tendres déposés sur la peau découverte et quelques soupirs de plaisir. Quand ils furent nus et étendus l'un à côté de l'autre, ils se regardèrent un instant, leurs mains caressant l'autre avec innocence.
« J'ai vraiment de la chance, dit Draco en enlaçant son amant. De la chance de t'avoir, de la chance que tu acceptes si bien ça… Putain, n'importe qui aurait refusé que je dorme encore avec lui. N'importe qui aurait eu peur que je veuille encore lui faire l'amour alors que tu sembles juste… impatient qu'on le fasse à nouveau. »
Harry avait simplement rougi en l'entendant.
« Que veux-tu que je te réponde ? dit-il. Que je te dise que… tu… m'excites ? Que tu es beau ? Que je t'aime, tout simplement ? C'est comme ça, c'est tout. »
Draco sourit et se pencha pour recommencer à l'embrasser, déposant ensuite de petits baisers partout sur son visage puis dans son cou.
« Tu es beau aussi, lui dit-il. Tu m'excites tout le temps. Et je t'aime. »
Harry sourit et ferma les yeux pour savourer sa présence. Lui faire la tête toute la journée avait été épuisant. Ça et la séance d'entraînement rigoureuse qu'il s'était imposé pour tenter de se calmer.
« Tu es épuisé, lui dit Draco, lien largement ouvert.
-Pas toi, dit Harry d'un air presque désolé.
-Ce n'est pas grave, lui dit son amant. Ça peut attendre. Ça doit attendre. Tu es encore fort sensible ? »
Sa main descendit sur les fesses d'Harry, lui faisant comprendre de quoi il parlait sans détour.
« Pas trop, répondit Harry. Ça ne m'a plus gêné, cette fois. »
Draco sourit en l'entendant.
« Bon… alors tu pourras bientôt me tenter en m'envoyant ton désir par le lien… même si je crois que je n'aurais pas besoin de ça. Contrairement à ce que tu pourrais croire, il m'est très pénible de te résister.
-Je le sais, dit Harry, les yeux fermés et le visage blotti contre l'épaule de son amant. Je le sens, maintenant. »
Draco eut un autre sourire tendre et se pencha pour l'embrasser.
« Bonne nuit, Harry. Repose-toi.
-Mais il est tôt…
-Pas tant que ça, lui répondit Draco. Dors. »
Il n'eut pas besoin d'insister davantage. Harry s'endormit malgré lui, presque aussitôt. Et bien entendu, il rêva de Draco, jusqu'à ce que ce dernier cède lui aussi au sommeil.
Hermione et Ron furent proprement stupéfaits de voir Draco et Harry occupés à préparer le petit déjeuner en riant entre eux, comme si de rien était, le lendemain. La seule différence notable était probablement la lueur définitivement heureuse et amoureuse dans le regard de Draco. Il dévorait son compagnon des yeux comme s'il était un objet rare et précieux auquel il tenait précieusement. Ron et Hermione échangèrent un regard sceptique puis haussèrent les épaules : les mystères des couples liés !
Ils les rejoignirent dans la cuisine où un petit déjeuner pantagruélique les attendait. Gaufres – Draco était devenu un professionnel depuis son travail au Grelot d'Argent – pain perdu, crêpes… Harry et Draco semblaient décidés à les combler de nourriture et ils firent honneur à leur petit déjeuner.
« J'ai regardé la potion hier soir, dit Hermione. Ça me semble tout à fait faisable. J'ai pratiquement tout, sauf les poils de loup. Je t'en demanderai quelques-uns le moment venu…
-Pas de problème », dit Draco.
Un choc contre la porte se fit entendre puis Greyback surgit, les saluant.
« Et bien… quel petit déjeuner ! Vous vous en donnez à cœur joie, ici. Draco, tu as cours avec Hystéria dans une heure, alors tâche de digérer tout ça. Potter, je sais que tu as un entraînement magique à suivre, mais exceptionnellement, je vais te demander d'aller assister Chyreer. Il a attrapé un mauvais rhume, il a besoin d'aide. Hermione, tu as la potion à faire, donc, tu as ta journée. Weasley… comme tu veux. »
Il attrapa une gaufre, siffla en la sentant chaude et quitta la pièce pour y revenir cinq secondes plus tard. Bouche pleine, il s'exclama :
« Potter, que ressent Draco ?
-De l'agacement, beaucoup d'amour et… d'envie aussi. Et de la fascination. »
Il leva les yeux au ciel en disant le dernier mot alors que Draco souriait, amusé.
« Et maintenant, il se fout de ma gueule ! »
Il lui envoya sa serviette au visage et Draco l'évita sans difficulté.
« Une pointe d'agacement, de la satisfaction et de l'amour, résuma Draco en fixant son alpha avec défi. Content ?
-Impertinent ! répliqua Greyback. Soyez là où vous devez être dans une heure ! »
Et il quitta définitivement la maison, sous le rire des quatre personnes y vivant. Le petit déjeuner se prolongea jusqu'à ce qu'ils soient si rassasiés qu'ils en eurent presque mal au ventre. Ils profitèrent donc du temps restant pour aller digérer dans les fauteuils, Hermione décrétant que la vaisselle attendrait bien qu'Harry et Draco partent. Ces deux-là étaient serrés l'un contre l'autre dans le canapé, presque couchés même, si calmes et relâchés qu'elle n'eut pas le courage de les interroger sur la raison de leur dispute. De toute façon, ça ne la regardait pas. C'était sûrement une stupide histoire de couple !
oOo
La potion fut prête deux jours plus tard et ils retournèrent chez un Joshua fort peu content de les voir venir si tôt. Harry, lui, était fébrile, presque autant que Draco qui semblait sautiller de joie.
« Bien, dit Greyback en les regardant. Tout d'abord, Hermione nous ayant fait un chaudron plus qu'énorme, nous allons pouvoir tester cette potion de façon intense… mais ! Et je dis bien mais ! Ce n'est pas là pour que vous puissiez vous amuser tous les deux ! Draco, écoute ce que je dis bon sang ! »
Le blond, dont le visage était appuyé contre la gorge d'un Harry amusé, remuait la queue de gauche à droite, marquant son impatience. Manifestement, le loup était ravi que Harry prenne cette potion.
« Je disais donc que ce n'est pas là pour que vous vous… Draco, ne m'oblige pas à vous séparer ! Bon, très bien, je veux voir un mètre entre vous. Maintenant ! »
Le blond grogna dans sa direction, l'alpha plissant les yeux d'un air menaçant alors qu'Harry tentait de contenir son hilarité. Il finit par le repousser doucement, l'obligeant ainsi à s'éloigner.
« Calme, dit-il en caressant sa tête. Tout à l'heure. »
Et il s'écarta, provoquant presque un couinement navré chez son compagnon, ce qui le fit rire de plus belle alors que Greyback levait les yeux au ciel, navré de tant de mièvrerie.
« Bordel, Draco, ça suffit ! Je sais que tu es surexcité de voir ton compagnon sous forme de loup, mais reste garde les pieds sur terre une seconde ! Si on fait ça, c'est pour que vous puissiez mieux comprendre votre lien ! Alors maîtrise-toi ! C'est pour que tu protèges mieux ton compagnon qu'on s'embête à faire tout ça ! »
La dernière phrase porta plus que toutes les autres, ce qui fit encore pouffer Harry. Bien entendu, selon Draco, sa protection était la chose la plus importante au monde ! Il soupira en secouant la tête et se tourna vers Greyback et Joshua. L'alpha tenait entre ses mains une fiole contenant une potion de couleur noire comme le charbon.
« Bon. Potter va prendre cette potion et se transformer. Draco… »
La queue de ce dernier avait recommencé à battre d'impatience.
« Ensuite… je vais vous laisser disons… une heure. Pas plus, Draco. Une heure ou je vous punis, c'est clair ? Une heure pour jouer, vous amuser, bref, ce que vous voulez. Ensuite, Joshua et moi interviendrons pour vous obliger à vous fixer sur votre lien. Normalement, vous devriez mieux le sentir, avec Potter sous forme de loup. C'est clair ? »
Harry acquiesça alors que Draco semblait juste fasciné par la possibilité de jouer pendant une heure avec son compagnon.
« On en tirera rien pour l'instant, comprit Greyback, l'air agacé. Draco, transforme-toi déjà. Potter, bois ça. »
Il lui tendit la potion alors que, sur le même instant au même instant, Draco prenait son apparence de loup, ses vêtements se retrouvant au sol, comme toujours.
« Ah, oui… Déshabille-toi, Potter. Ça vaut mieux ! »
Harry écarquilla les yeux en l'entendant et rougit. Greyback leva les yeux au ciel.
« Pitié, Potter ! Je ne suis pas intéressé par les hommes et Joshua non plus. Déshabille-toi et que ça saute ! »
Draco grogna en réponse et se plaça devant Harry, manifestement peu content d'entendre ça. L'alpha leva les yeux au ciel et souffla.
« Bon, on se retourne. Tu as cinq minutes pour être nu et avaler cette potion ! »
Harry hocha vivement la tête. Dès que Greyback et Joshua eurent le dos tourné, il déposa la fiole sur le fauteuil près de lui, enleva sa cape, son écharpe et ses chaussures presque simultanément pour ensuite détacher son pantalon à la va-vite, ôter son pull et sa chemise. A sa grande gêne, Draco vint l'aider en attrapant un morceau de son sous-vêtement dans sa gueule pour ensuite tirer dessus avec un léger grognement impatient.
« Oui, ça va, j'y arrive tout seul, Draco ! », s'impatienta Harry en faisant descendre son dernier vêtement.
Il attrapa alors la fiole, la déboucha et la fixa d'un air presque inquiet.
« Bon, dit-il. Et bien… cul sec ! »
Et il la porta à sa bouche avec inquiétude. Malheureusement, comme le laissait présager l'odeur, la texture et aussi la couleur, elle avait un goût infect ! Il y avait quelques grumeaux à l'intérieur et il se retint férocement pour ne pas vomir. C'était pire que le polynectar ! Et pourtant, il était certain que c'était physiquement et chimiquement impossible ! Dégoûté, il déglutit aussi difficilement que s'il avalait des tessons de verre. La réaction ne se fit pas attendre.
A sa grande honte, se furent d'abord les poils qui apparurent, si brusquement que ça aurait pu en être drôle. Tout son corps fut recouvert d'une douce et longue fourrure noire en une seconde. L'instant d'après, il sentit son crâne se modifier, ses oreilles s'allonger alors qu'une sourde douleur apparaissait dans l'arrière de son dos. La queue était en train de pousser et ce fut probablement le pire. Du moins le croyait-il jusqu'à ce que ses genoux et les articulations pivotent dans le sens contraire et lui arrachent un long cri de souffrance.
Il tomba au sol, incapable de se maintenir debout. Draco couina d'inquiétude mais Greyback le retint en arrière.
« Laisse… Comme toute métamorphose animale, ce n'est pas vraiment sans douleur… mais ça va aller. »
En effet, la métamorphose ne prit que quelques secondes. Bientôt, l'adolescent eut totalement disparu pour ne laisser qu'un loup noir aux incroyables yeux verts. Harry eut un peu de mal à se lever, légèrement déstabilisé d'être à quatre pattes. Il remarqua aussi un flot de sensations qui l'assaillirent avec tant de force qu'il en serait bien retombé s'il n'avait pas eu un équilibre si grand.
D'abord, sa vue. Il avait enlevé ses lunettes et pourtant, il distinguait tout bien mieux que lorsqu'il était un humain. Ça n'avait aucune comparaison ! Ensuite, son odorat. Il percevait l'odeur de Greyback avec force. Elle était imposante, dominante, presque écrasante. Signe de l'alpha, sans doute ? Il sentait un mélange de terre et de gel, l'odeur qu'avait l'hiver, presque.
Joshua était nettement différent. Son odeur était très présente également, mais elle tenait à se faire discrète. Respect d'un ancien alpha à son suppléant oblige, sans doute. Mais son odeur était indescriptible. Harry ne pouvait pas mettre de nom sur ça. C'était trop mélangé. Tantôt elle lui évoquait le paprika, tantôt elle lui rappelait l'odeur de la colle qu'il utilisait, petit, pour faire des bricolages qui finissaient toujours à la poubelle, chez les Dursley.
Et plus envoûtante et tentatrice que les autres, l'entourant presque comme pour l'attirer à lui, il y avait celle de Draco. Le girofle. Elle aurait dû être écœurante tant elle était présente, mais au contraire, elle lui procura un tel sentiment d'excitation et d'envie qu'il tourna la tête brutalement vers Draco. Ce dernier, le corps tendu, aux aguets, les oreilles dressées, le port droit, presque décidé, la queue tendue derrière lui, le fixait intensément, le dévorant littéralement du regard. Ses yeux passaient partout. Sur sa fourrure noire et parfaite, sur son museau plus fin, ses pattes légèrement plus longues que les siennes – Harry était un coursier. Nul doute qu'à la chasse, il serait parfait – et plus arrondies sur le bas – signe qu'il n'était pas encore adulte, tout comme Draco – et sur le reste de son corps, un peu trop fin pour un loup. Il était cependant musclé, tonique, ce qui rassura le loup blanc. Lui aussi semblait prêt à lui bondir dessus et Draco piaffa presque de défi en le voyant. Harry l'imita aussitôt.
Spectateurs, Greyback et Joshua levèrent les yeux au ciel en les voyant.
« Des gamins, grogna l'alpha en les regardant se découvrir avec des sens ou des apparences différents. Bon, allez jouer ! Vous n'avez qu'une heure ! Ensuite, vous avez intérêt à être là ! »
Quand Greyback avait parlé, Harry avait été effrayé. Un instinct qu'il n'avait jamais eu jusqu'à présent lui signala que Greyback était dangereux et qu'il devait lui obéir, sous peine d'être férocement puni. Mais une autre sensation, celle qu'il ne devait rien à cet alpha, s'empara de lui. Il était le compagnon de Draco. Et même si ce dernier était encore un enfant – c'est ainsi qu'il le percevait, soudainement – il n'en restait pas moins un futur alpha et surtout, son compagnon. Il se contenta donc de se rapprocher du loup blanc et d'aller s'appuyer contre son flanc, comme pour le soutenir s'il décidait de se révolter.
« Ce n'est pas une bonne idée de le faire, dit soudain la voix de Draco. Viens… je veux courir avec toi ! »
Il bondit presque jusqu'à la porte qui était restée ouverte et Harry le suivit aussitôt, surpris de l'avoir entendu. A l'extérieur, Draco semblait presque se fondre dans la neige alors qu'Harry était nettement plus visible avec son pelage noir. C'était un désavantage pour le jeu mais Harry ne s'en laissa pas compter et se lança à son tour à la poursuite de Draco qui était déjà plus en avant. Comme l'avait réalisé le blond un peu plus tôt, les pattes d'Harry, plus longues, plus adaptées à la course, lui permirent de rattraper puis dépasser son amant. Harry émit un petit jappement amusé en le faisant, lui démontrant ainsi sa supériorité dans ce domaine et Draco grogna d'agacement en tentant d'accélérer.
Ils disparurent dans les bois, sans s'inquiéter de l'endroit où ils allaient, zigzagant entre les arbres en se moquant de leur immobilité. Harry n'avait jamais été aussi heureux. Il se sentait libre et invulnérable. Il était fort, rapide et rien n'avait d'importance si ce n'est le loup qui le poursuivait. Il finit par tourner la tête pour dire (à la façon d'un loup, mais il le dit tout de même) :
« Alors, tu me rattrapes ? Ou tu fais du surplace ? »
Draco grogna d'agacement et voulut, semble-t-il, accélérer. Mais brutalement, il s'arrêta, les oreilles aux aguets, tournant la tête sur le côté. Harry courut encore un peu avant de s'en apercevoir et il s'arrêta, tournant la tête dans sa direction. Voyant son air absorbé, il s'approcha de lui, trottinant avec aisance. Il y avait un peu de neige emmêlée dans les poils de ses pattes, mais elle ne le dérangeait pas. Il sentait à peine le froid ! Pourquoi Draco disait-il que, depuis qu'il était un loup, il avait plus froid ?
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Harry, reniflant l'air et tendant l'oreille.
Il était si concentré sur les odeurs et les sons qu'il comprit trop tard qu'il venait de se faire avoir. Draco bondit sur lui et il tomba à la renverse, roulant dans la neige en émettant des sons rauques de contrariété.
« Je t'ai eu ! » dit Draco, moqueur.
Il se coucha sur lui avec fierté et se mit à parcourir son pelage de petits coups de dents vainqueurs suivis de coups de langue consolateurs.
« Tricheur ! répliqua Harry. J'y ai cru ! »
Draco sembla rire mais cessa ensuite pour relever sa tête majestueuse et le regarder avec satisfaction.
« C'est amusant ! dit-il. Et si… c'est incroyable que tu sois ainsi ! »
Et pour accentuer son contentement, il se mit à le renifler avec intensité, le léchant ensuite avec ravissement. Harry se laissait faire sans contrainte, malgré le poids nettement supérieur de Draco sur lui.
« Pourquoi as-tu froid ? demanda-t-il. Depuis que tu es un loup-garou, je veux dire…
-Je n'ai pas froid sous forme de loup, lui fut-il répondu. Mais quand je reste humain, ma fourrure me manque ! »
Harry ne put s'empêcher de rire à l'idée de voir un Draco recouvert de fourrure constamment. Il repoussa un peu son amant et se releva, s'ébrouant pour se débarrasser de la neige dans ses poils. Puis il se mit à trottiner ici et là, reniflant, regardant au loin autant qu'il le pouvait.
« C'est incroyable ! Je vois si bien ! Et tout sent si fort ! »
Draco, encore couché dans la neige, le regardait avec amusement. La langue pendante, respirant vite, il tournait juste la tête pour l'observer roder ici et là. Puis, avec langueur, il se leva, s'étira… et bondit à nouveau sur Harry. Une bataille commença aussitôt, assez gentille malgré les grondements féroces qu'ils émettaient. Bien entendu, ce fut Draco qui gagna. Harry savait qu'il ne pouvait pas le faire – le dominant en prendrait un sacré coup et surtout, il avait une musculature bien plus développée par rapport à la sienne – mais il donna le meilleur de lui-même jusqu'à se retrouver à nouveau couché, pattes en l'air, un Draco étalé à nouveau sur lui, les dents serrées autour de sa gorge. Harry remua la queue d'un air amusé et Draco le relâcha pour donner un coup de langue sur son oreille. Harry jappa aussitôt et Draco recommença avec plaisir sous la demande implicite.
« Tu veux chasser ? » proposa Draco, l'air ravi de cette idée.
Harry sembla hésiter et le loup blanc comprit que, si son compagnon avait la forme et une partie des instincts, il n'était pas totalement un animal, contrairement à lui.
« On peut juste s'amuser à poursuivre un lapin et le laisser rentrer dans son terrier. On est pas obligé de le tuer !
-D'accord ! » s'exclama Harry, excité par la perspective.
Ils n'eurent aucun mal à trouver un mignon petit lapin gris tacheté qu'ils s'amusèrent à poursuivre, jusqu'à ce qu'il retourne dans son terrier, tremblant de terreur. D'amusement, Draco hurla, museau en l'air, la queue remuant frénétiquement alors qu'Harry faisait des petits bonds d'excitation à ses côtés. Quand le long hurlement prit fin, il vint frotter sa tête massive contre celle de son compagnon.
« Encore une fois ! » dit-il à Draco.
Et ce dernier hurla sa joie une nouvelle fois, Harry le suivant dans le son, sa voix plus claire s'harmonisant à celle du loup blanc. Dès qu'ils eurent terminés, ils recommencèrent à se poursuivre et à jouer dans la neige, incapables de se reprendre. L'allégresse de ce moment était bien trop forte. Harry ne se lassait pas d'être sous la forme d'un loup alors que Draco tremblait presque de ravissement d'avoir son compagnon à ses côtés.
Malheureusement, très vite, ils furent rejoints par deux énormes loups gris. Presque instinctivement, Harry recula pour se mettre sous la protection de Draco qui se redressa, alerte. Ils reconnurent pourtant rapidement Greyback et Joshua. Tous les deux étaient immenses comparer à Draco et Harry s'en étonna.
« Tu vas encore grandir ? demanda-t-il.
-Oui, répondit Draco. Pour un humain majeur, lorsqu'on est mordu, il faut un an réglementaire avant que la taille réelle ne soit octroyée. Sinon, la première transformation serait vraiment trop douloureuse. Je n'ai pris que quoi… La moitié ?
-Plus ou moins, dit Greyback en s'arrêtant devant eux. En muscle comme en taille. C'est pour ça que ses pattes sont si grosses. »
Harry regarda ces dernières puis les siennes. Lui aussi avait l'apparence d'un jeune loup.
« Bon, ça fait une heure ! A part les sens et la joie de pouvoir jouer aux idiots, vous n'avez rien ressenti ? »
Harry regarda Draco. Ses yeux étaient magnifiques, sous son apparence de loup. Tellement brillants… Mais ce n'était pas ce dont Greyback parlait !
« Une meute est synchrone, dit soudainement Joshua. Elle suit son alpha, comme un seul corps. Bien sûr, Draco n'est pas encore un alpha, mais il en est proche. Potter… (il dit son nom avec dégoût). Vous n'avez rien perçu ? »
Harry y réfléchit pendant un certain moment, hésitant.
« J'ai senti que Draco m'était supérieur tout en m'étant égal à sa façon…
-Oui, dit Joshua. Draco est un alpha, contrairement à toi. Tu es très clairement un beta. Et normalement, tu devrais reconnaître en lui un dominant et simplement lui obéir, sans jamais oser le contredire. Mais tu es son compagnon. Alors de part le lien, tu es son égal, jusqu'à un certain point. »
Harry hocha la tête, d'une façon très humaine, ce qui arracha à Draco un son amusé. Il se rapprocha de lui et recommença à frotter sa tête contre son cou.
« N'y pense même pas, Malfoy ! dit Greyback, agacé. Le jeu est terminé. Quand au sexe, Potter n'est pas un loup-garou. Si toi, ça ne te dérange pas de le faire sous cette forme, lui n'a pas encore l'instinct nécessaire pour l'accepter. »
Harry sentit en effet un certain malaise en comprenant que son compagnon le désirait ardemment. Bien qu'il soit un loup et qu'il sache que l'animal blanc était Draco, avoir des relations sexuelles sous forme animale ne lui convenait vraiment pas !
« Est-ce que ça se fait ? demanda-t-il. Sous forme animale, je veux dire…
-Oui, ça se fait, dit Greyback. Mais tu n'es pas un vrai loup, c'est normal que tu n'en aies pas envie. »
Harry regarda Draco qui semblait agacé de ce fait et baissa les oreilles d'un air désolé.
« Quand on sera humain ! dit-il, remuant la queue, plein d'espoir.
-On verra », répondit Draco.
Harry grogna. Il avait pourtant affirmé à Draco qu'il n'avait plus du tout mal !
« Revenons-en à nos moutons, les tourtereaux. Le lien ! Il est ouvert ? »
Harry et Draco répondirent par l'affirmative.
« Bon… euh… »
Greyback se tourna vers Joshua. Manifestement, il ne savait pas quoi faire.
« Et comment percevez-vous les sentiments de l'autre ? intervint le vieux loup. Plus fort ?
-Oui, dit Harry. Bien plus. Je sais qu'ils ne sont pas à moi, mais ils sont si imposants que je pourrais le croire.
-Pareil », répondit Draco.
Joshua approuva.
« Alors maintenant, je veux que Potter ferme les yeux. Draco, éloigne-toi. Potter, on va tester quelque chose. Essayez de le voir, mais en gardant les yeux fermés. »
Harry fut clairement sceptique, mais il obéit. Il ferma les yeux et se concentra sur Draco. Il avait envie de renifler pour tenter de le percevoir avec son nez ou ses oreilles mais il savait que ce n'était pas l'exercice demandé. Alors il continua de se focaliser sur lui jusqu'à ce que soudainement, comme si une onde était sortie de son corps pour frapper Draco et l'éclairer l'espace d'une seconde, il le vit. Il tourna la tête sur la droite, mais ne distinguait plus rien.
« Je l'ai vu ! dit-il. Mais juste une seconde ! Je… ah, encore une fois ! »
C'était comme s'il voyait par flash. Draco était sur sa droite. Il était tourné vers lui et le regardait, tranquillement assis.
« Bon, dit Greyback, manifestement content. On sait donc que cela est possible. Il faudra essayer en étant humain !
-Mais tu ne vois pas par ses yeux, n'est-ce pas ? demanda Joshua, Harry ouvrant les paupières.
-Non, je le vois lui.
-L'environnement aussi ?
-Oui, mais c'est un peu flou.
-Alors il faudra travailler ça. Draco. Essaye, toi aussi. »
Le blond parut sceptique. Il n'avait pas la moindre idée de comment il devait faire ça.
« Contente-toi de te concentrer sur Harry, lui dit Greyback. Ferme les yeux et essaye. »
Le blond obéit. Malheureusement, au bout d'un quart d'heure, il ne se passait toujours rien.
« Bon, abandonne. Tu n'es simplement pas doué, lui dit Greyback, amusé.
-Il devrait en être capable, observa Joshua. Le talent de l'un devrait appartenir à l'autre, de part le lien… Il y a quelque chose qui cloche dans leur union. »
Instinctivement, Harry et Draco se rapprochèrent l'un de l'autre pour se coller l'un à l'autre avec angoisse.
« Quelque chose qui cloche ? demanda Greyback, étonné. Est-ce que leur lien est… faible ?
-Non, il est aussi fort que n'importe quel lien, dit le vieux loup. Mais on dirait qu'il est obstrué par quelque chose. Potter passe au-dessus de ça avec facilité, mais pas Draco. Il n'a pas l'expérience de Potter… Peut-être est-ce ce fameux lien avec Vous-Savez-Qui…
-Voldie obstruerait notre lien ? demanda Harry, horrifié.
-Un lien étranger aurait dû être détruit. Même s'il est puissant. Un loup n'admet aucune concurrence, il veut l'exclusivité. Si ce lien contre nature a survécu au vôtre, c'est qu'il a trouvé un moyen de s'imposer. D'une manière ou d'une autre, il obstrue le vôtre. Ce qui explique que Draco n'est pas capable de faire ce que Potter fait. Il n'a pas l'expérience du lien avec Vous-Savez-Qui.
-Est-ce que vous sous-entendez que Draco est lié à… Voldie ? demanda Harry, horrifié.
-Non, je ne crois pas, dit Joshua. Mais je ne suis pas assez expérimenté en lien pour le savoir… »
Un long silence plana face à cette révélation. Harry trembla d'horreur et se blottit contre Draco qui, dans un souci de réconfort, passa son nez contre son crâne puis sur sa gorge. Si Draco avait un lien avec Voldemort par sa faute, il ne se le pardonnerait jamais !
« Ça ne sert à rien d'y penser, dit Greyback. Je pense que vous devriez vous entraîner pendant le temps qu'il reste. Plus ou moins… trois heures. Je laisse une demi-heure pour que vous ayez le temps de rentrer au village avant que Potter ne reprenne sa forme humaine. Eloignez-vous l'un de l'autre, concentrez-vous sur le lien. Essayez de transférer de l'énergie à l'autre, voire de puiser chez l'autre… Et essayez de vous voir, surtout. »
Bien que légèrement refroidis par la possibilité d'un lien entre eux et Voldemort, ils obéirent. Tous deux s'écartèrent, s'installèrent et l'entraînement commença.
oOo
Quand ils rentrèrent à la maison, ils étaient épuisés. L'heure du souper était déjà dépassée largement et ils avaient une faim dévorante mais ignoraient totalement s'ils seraient capables de se cuisiner quelque chose…Harry avait retrouvé son apparence humaine dans la maison de Joshua, non sans douleur et Draco avait dû l'aider à marcher jusqu'à chez eux.
Sous l'œil compatissant d'Hermione et de Ron, ils mangèrent un sandwich puis se traînèrent jusqu'à la salle de bain où ils se lavèrent avec lenteur. Draco força Harry à boire du lait avant d'aller dormir, espérant que, peut-être, la boisson fonctionnerait autant que sur lui et lui épargnerait des douleurs musculaires le lendemain. Puis ils se couchèrent et s'endormir sans attendre, épuisés.
Ce fut Draco qui s'éveilla, en pleine nuit, le corps tremblant et dérangé. Il ouvrit les yeux, surpris, remarquant qu'il s'était collé au dos d'Harry et qu'il se frottait contre ses fesses innocemment appuyées contre son entrejambe. Il avait envie. Trop envie ! Il n'avait plus touché Harry depuis dix jours. Enfin, pas plus qu'avec ses mains et sa bouche… Et ça devenait vraiment… insupportable ! Ses fesses fermes et étroites qui se tenaient contre lui, qui gigotaient parfois dans le sommeil d'Harry…
« Harry, souffla Draco à son oreille, ses mains allant vagabonder sur le torse nu. Harry, réveille-toi… »
C'était peut-être égoïste. Au beau milieu de la nuit, il se permettait de réveiller son amant pour se satisfaire alors que ce dernier n'avait eu de cesse de lui demander de faire l'amour… et il avait refusé, encore et encore… Et à présent, parce qu'il ne pouvait plus supporter son désir – et parce qu'il savait que Harry était définitivement soigné… et peut-être aussi parce que l'expérience de l'après-midi l'avait vraiment excité – il se permettait de réveiller Harry pour se soulager… Vraiment, il était un monstre.
Mais ce fut sans honte qu'il le tira de son sommeil, à force de caresses, de baisers et de coups de langue. Harry poussa un halètement brutal alors qu'il ouvrait les yeux, le sexe de son amant glissant de bas en haut contre ses fesses, le stimulant et l'aidant à comprendre sans problème ce qui allait se passer.
« Qu… maintenant ? dit-il, surpris.
-Oui, grogna sauvagement Draco à son oreille. Maintenant. »
Et il renversa Harry sur le lit, se coulant entre ses cuisses alors qu'il allait s'emparer autoritairement de sa bouche consentante. Draco prit un soin exagéré pour le préparer, faisant presque pleurer son amant qui voyait les allées et venues des doigts recouverts de lubrifiant chauffant comme un supplice. Quand finalement il s'enfonça en lui, Harry poussa un long son de satisfaction.
« Oh, enfin ! »
Et par ses mots, il signala à Draco qu'il avait, à sa façon, bien fait d'attendre. Leur rapport se fit en silence – car Draco n'avait pas lancé de sort avant – et dans le noir. Ils bougeaient lentement, pour savourer le plaisir qui leur avait tant manqué. Quand ils jouirent finalement, ce fut dans un petit cri sourd, contrôlé pour ne pas réveiller Ron et Hermione. Puis, le corps tremblant, ils se blottirent l'un contre l'autre, haletant.
« Il était temps, dit Draco en soupirant. Je commençais à ne plus supporter ça…
-A qui le dis-tu ! répondit Harry. Ça fait des jours que je te supplie ! »
Draco esquissa un sourire et alla embrasser le visage de son amant, pas gêné par la sueur qui le recouvrait.
« Cet après-midi était super, lui chuchota Harry.
-Oui, c'était extra, répondit Draco. J'ai adoré ça… c'était si… magique ! T'avoir avec moi, jouant, courant, sautant… je veux recommencer ! Encore, encore, encore ! Il faut qu'Hermione nous fasse plus de chaudron, il faut…
-Pourquoi tu ne veux pas me transformer ? » demanda Harry, l'interrompant.
Draco resta silencieux un long moment, stupéfait. Il regarda le brun, qu'il distinguait dans les ténèbres de la chambre grâce à sa vue parfaite de lycanthrope. La curiosité innocente de Harry le toucha.
« Parce que ça va te faire du mal… je ne veux pas non plus t'imposer ça, lui chuchota-t-il. Je ne veux pas prendre cette décision…
-Mais si moi je te le demandais ? »
Draco ne sut quoi répondre. S'il lui demandait ? Un profond sentiment d'exaltation le submergea à cette idée. Harry, transformé, courant chaque pleine lune avec lui, ne craignant aucune blessure durant la lune trois quarts, sachant parfaitement respecter son autorité… L'idée le rendit presque impatient. Mais il s'obligea à se tempérer pour poser la question qui l'intéressait.
« Tu voudrais être un loup-garou ? »
La question laissa Harry un long moment pensif. Mais il finit par dire :
« Oui. »
Draco retint sa respiration alors qu'Harry ouvrait la bouche à nouveau.
« J'adorerais être comme toi, partager ça avec toi… Aussi surprenant que cela soit. Il y a des années, je n'aurais même pas imaginé dire oui à cette question, mais… Maintenant, je le veux. »
Draco sourit et l'enlaça plus fermement.
« Un jour… je te transformerai, promit-il. Mais pas maintenant. Réfléchis-y encore. C'est beaucoup de portes que tu te fermes. Ton travail d'Auror… Peut-être même une éventuelle septième année à Poudlard. Penses-y bien… et quand tu seras sûr de ton « oui »… on en reparlera. D'accord ? »
Harry acquiesça en posant son visage contre l'épaule de Draco, s'en servant comme oreiller et écoutant avec plaisir le cœur palpitant dans le torse de son amant. Il finit par s'endormir, encore épuisé par la journée précédente mais aussi par le sexe qu'il venait d'avoir. Draco le suivit quelques minutes plus tard.
Quand ils se levèrent le lendemain, à la grande satisfaction de Draco, Harry n'avait aucune courbature. Lui eut besoin d'un autre verre de lait avant de se sentir en forme et il le but avec Harry dans les bras, ce dernier le regardant et profitant de l'absence de Ron et Hermione pour aller déposer des baisers sur sa gorge, le blond caressant son dos sous la chemise qu'il portait.
« Tu vas mieux ? demanda Harry en le regardant.
-Bien mieux, répondit Draco en allant l'embrasser, un goût de lait sur la langue se transmettant à Harry. Et toi ?
-Parfaitement bien », répondit Harry en allant jouer avec les cheveux un peu plus longs de Draco.
Ils se sourirent et s'embrassèrent. Un bruit de porte les fit sursauter et ils se séparèrent pour regarder Greyback s'avancer vers eux. L'alpha était blême et les regarda avec gravité.
« J'ai une mauvaise nouvelle, annonça-t-il, les deux amants se tendant. Mon maître m'a appelé, hier soir. »
Il laissa planer un silence, les deux autres s'angoissant. Au même moment, Ron et Hermione entrèrent dans la cuisine, s'étonnant de les y trouver tous les trois.
« L'est pas un peu tôt pour des instructions ? demanda Ron en se grattant la tête.
-Je ne suis pas là pour ça, dit Greyback, sombre. Draco… Tu es convoqué. Dans trois jours, tu dois m'accompagner au manoir. Le maître désire te voir. »
A suivre…
