Titre : Alpha Potentiel
Résumé : Pour avoir lâchement désobéi à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM
Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)
Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !
Note de l'auteur : Bion ! Nous voici dans le chapitre que j'ai imaginé dès le premier mot d'Alpha Potentiel. Ce qui, comme avec toutes scènes que j'imagine longtemps en avance, en fait celui que je déteste le plus. Pourquoi ? Parce qu'il était un milliard de fois mieux dans ma tête ! loll
Mais j'espère qu'il vous plaira malgré cela.
En résultat du sondage MPREG, la réponse est donc… Non, je n'en ferai pas et ne donnerai pas la possibilité à Harry et Draco d'avoir un petit louveteau rien que d'eux. Rien n'empêche qu'ils en aient un rien qu'à eux, mais ça, je me réserve le droit de décider.
Ensuite ! Pour les personnes désirant écrire l'idée que j'ai retranscrite le mois dernier, veuillez me contacter par MP si vous êtes toujours motivés. Plusieurs personnes se sont proposées mais vous avez fait preuve d'un enthousiasme égal. Résultat, je ne sais pas vous départager !
Enfin, je rappel que je serais à la Japan Expo dimanche prochain, au Stand Maskot, toute la matinée avec certitude, l'après-midi avec des pauses (ben oui, je paye pas le train depuis la Belgique simplement pour rester assise sur une chaise. Merde, je veux visiter un peu ! loll).
Sur ce… Rendez-vous fin du chapitre !
Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Sais plus… Me connaissant… Les experts Las Vegas ? MDR
Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois, toujours en fin de mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !
Nombre de chapitre : 25 en cours d'écriture, presque terminé !
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Chapitre 21 : Le dernier Horcruxe
Ça avait été, sans aucun doute, les trois jours les plus longs et les plus angoissants de leur vie. Ou plus exactement, de la vie de Harry. Draco, lui, prenait les choses plus sereinement alors que Harry ne cessait de s'interroger sur les raisons de cette convocation. Greyback avait eu beau le rassurer en lui affirmant que le mage noir désirait rencontrer Draco afin de s'assurer que son investissement était toujours de son côté, le brun voyait en cette convocation un sinistre présage.
Vivre avec l'angoisse constante d'Harry avait été pour Draco très pénible. Mais le pire avait probablement été lorsque son amant avait fini par en être malade. Le loup-garou avait été somme toute assez surpris de se réveiller seul dans leur lit, une nuit. Puis, de part son ouïe, il avait clairement entendu Harry vomir dans la salle de bain. Heureusement, il ne restait plus que quelques heures avant la convocation et Draco savait qu'une fois revenu, en pleine forme, Harry irait mieux. Du moins, il l'espérait…
« Transplane si jamais tu vois que c'est dangereux, lui chuchota Harry alors qu'ils se disaient au revoir à l'entrée du village.
-Tout ira bien, répéta pour la millième fois Draco. Ne t'inquiète pas tant, Harry, il ne peut rien me faire… Au moindre pépin, je me transforme et je pars. Ne t'inquiète pas… »
Il se pencha pour l'étreindre et l'embrasser une dernière fois de toutes ses forces, tentant de le rassurer une ultime fois mais l'angoisse puissante qui avait pris possession du corps de son amant était trop imposante pour la vaincre.
« A tout de suite », dit-il en lui caressant les cheveux.
Puis il s'éloigna en direction de Greyback, non sans avoir à décrocher les doigts serrés d'Harry sur sa cape. Pour l'occasion, il avait dû se vêtir à la sorcière, ce qui était étrange pour lui. Greyback avait tenté de le persuader de paraître moins élégant, plus animal, mais Draco avait refusé.
« Tu peux jouer les animaux si tu veux, je refuse de m'abaisser à ça. Je n'irai pas me rouler dans la boue pour jouer une stupide comédie ridicule ! Chaque loup-garou est différent : moi, je suis un loup-garou élégant ! »
Et il s'était vêtu de sa robe la plus charmante et avait coiffé ses cheveux fraîchement lavés. Ceux-ci, telle une crinière sauvage, encadraient son visage et retombaient sur ses épaules avec noblesse. Si bien que quand il entra, il s'attira les regards stupéfaits de la majorité des mangemorts qui cessèrent de parler, le dévisageant avec stupeur en le regardant. Presque automatiquement, leurs yeux se portèrent sur Greyback qui, à côté de Draco, avait l'air d'un homme des cavernes.
« Eh bien… Bon sang ne saurait mentir », se moqua l'un des mangemorts en observant Lucius, tout aussi élégant que son fils.
Draco se refusa à regarder ses parents en face, bien que, du coin de l'œil, il les perçut nettement. Son père semblait fier et soulagé. Sans doute avait-il craint de le voir dans le même état que Greyback. Sa mère, le ventre disproportionné à cause des jumeaux, continuait pourtant de le dévisager avec dégoût mais Draco préféra l'ignorer. Il se concentra plutôt sur les jumeaux. A vue de nez, ceux-ci se développaient parfaitement et devaient approcher lentement des cinq mois. Il se retint de sourire.
« Eh bien… comme l'a si justement fait remarquer notre ami Rookwood, bon sang ne saurait mentir, siffla une voix qui déclencha chez Draco des frissons glaciaux. Je suis ravi de te revoir, Draco… Cela faisait… longtemps. »
Bien qu'avec difficulté, le blond tourna la tête en direction de Voldemort et il dut serrer les mains – heureusement dissimulées dans ses manches – pour s'empêcher de vomir. Bien sûr, il avait toujours été hideux… mais jamais il n'avait senti l'odeur immonde qui émanait du mage noir. C'était pire que les trois horcruxes posés sur la cheminée. Sa soudaine pâleur sembla ravir le mage noir, ce dernier pensant sans doute que Draco était impressionné alors qu'il combattait férocement sa nausée.
« Cela fait déjà sept mois que nous ne t'avons plus vu, jeune Malfoy… Je suis ravi de constater que tu te portes bien…
-Greyback s'est bien occupé de moi, répondit le blond.
-Oui, il semblerait, constata le mage noir en regardant l'alpha d'un coup d'œil méfiant. Tu approches également de ta majorité, si je ne me trompe…
-Elle surviendra dans cinq mois, répondit poliment Draco. Lors de la pleine lune de juin… »
Le mage noir acquiesça, manifestement au courant des traditions lycanthropes.
« Il me tarde d'y être… »
Il l'évaluait du regard, comme un maître-chien regardait sa nouvelle acquisition et Draco sentit son loup se rebeller face à ce regard dominateur. Il fut tenté de grogner et grimaça intérieurement en sentant ses oreilles, ses ongles et ses dents lycanthropes apparaître, sous le hoquet surpris des mangemorts. Voldemort, lui, sembla amusé.
« Tu ne contrôles pas encore bien ton loup, à ce que je vois…
-C'est encore un enfant, intervint Greyback. C'est normal… »
Le mage noir l'ignora, fixant toujours Draco avec intérêt.
« Je me suis laissé dire que tu avais fait quelques excursions à Poudlard, signala le mage noir, ses longs doigts froids tapotant délicatement l'assise de son fauteuil.
-En effet, admit Draco, conscient qu'il ne servait à rien de nier. Une vague… nostalgie, justifia-t-il.
-Compréhensible, dit le mage noir, semblant perfide. Tu aimerais probablement terminer tes études… mais je suppose que tu comprends parfaitement qu'un monstre tel que toi ne peut être placé dans une école… »
Draco serra les dents. Monstre, lui ? Et comment devait-il nommer la chose face à lui ? Un grondement sourd sortit de sa gorge, certains sorciers se tendant à ce son alors que Greyback tournait vers Draco deux yeux impérieux. Le blond se calma aussitôt. L'ordre était clair : Sois calme.
« Je… le comprends, dit-il.
-Et puis… Tu es dorénavant un hybride aux yeux de notre société. Oh, je sais combien vous, loups-garous, pouvez être utiles… mais ce n'est pas le cas de tout le monde... »
Son regard dévia sur Narcissa et Bellatrix qui étaient côte à côte. Draco refusa de suivre le regard de Voldemort. Ce monstre savait pertinemment que ce rejet le blessait. Mais il n'était pas déterminé à se laisser enfermer dans son chagrin.
« Je suis, pour ma part, fasciné par votre espèce, lui dit finalement le mage noir en le regardant à nouveau. Es-tu lié, Draco ? »
Le concerné haussa un sourcil. Pourquoi parlait-il de lien ? Etait-ce à dessein ? Ou juste un hasard ?
« Non », mentit-il avec douleur.
Nier la chose dont il était le plus fier et le plus heureux était difficile mais nécessaire.
« Je vois, dit Voldemort. Eh bien, cela est heureux. Le lien lycanthrope est quelque chose que je ne comprends pas réellement. Pourquoi une créature si forte accepterait-elle de se réduire en une sorte de bête soumise à l'amour, c'est quelque chose que je ne peux comprendre et tolérer. »
Draco haussa un sourcil. Tolérer… ? Presque nerveusement, il regarda Greyback du coin de l'œil. Ce dernier évita son regard et Draco sentit un froid immense l'envahir.
« Merlin tout puissant », pensa-t-il.
« C'est la raison pour laquelle, outre l'envie de te revoir, je t'ai convoqué. Je sais qu'en tant que louveteau, ta fidélité va avant tout à Greyback… et que tu ne pourras me rejoindre qu'à ta majorité lycanthrope…Ce que tu désires toujours, n'est-ce pas, Draco ? »
Le concerné regarda à nouveau le mage noir et se fit violence pour hocher la tête, arrachant un sourire faussement tendre de la créature devant lui.
« Bien… Mais je suppose aussi que tu comprendras ma demande concernant une quelconque liaison… »
Draco inclina la tête sur le côté dans une forme d'acquiescement.
« Notre lien devra primer sur le reste, Draco, lui dit doucereusement l'homme-serpent. Et c'est la raison pour laquelle tu ne devras jamais… jamais ! t'unir à qui que ce soit. »
Draco avait envie de rire et d'attaquer le monstre en face de lui. Il avait aussi envie d'aller prendre Greyback dans ses bras et de le secouer de toutes ses forces. Alors c'était ça ? Simplement ça ? L'alpha le plus respecté, celui qui dirigeait la meute, avait simplement obéi à Voldemort et accepté, à jamais, de repousser toutes formes d'amour ? Il avait accepté de rester seul ? Mais pourquoi ? Son trouble ne passa pas inaperçu et Voldemort se pencha légèrement sur son trône.
« Tu désapprouves, Draco ? »
Le susnommé releva la tête avec lenteur et secoua négativement la tête.
« Non, maître, dit-il.
-Tu avais quelqu'un à l'esprit, dans ce cas ?
-Pas exactement, maître, répondit Draco. Simplement… »
Voldemort et l'ensemble de ses hommes se tendirent à ce mot.
« Je serai probablement un alpha, mon seigneur, dit respectueusement Draco. Et il est manifeste qu'à moins d'entamer un combat à mort contre Greyback ici présent, ce que je ne souhaite pas, il me sera nécessaire de former ma propre meute. Ce lien… est nécessaire, si je veux garder mon esprit clair et disposé. »
Ces mots semblèrent fortement intéresser et agacer Voldemort.
« Ainsi donc… les alphas ne peuvent se passer d'une meute…
-Ils le peuvent, reprit Draco. Mais ils deviennent rapidement fous et incontrôlables. »
Voldemort considéra la chose un long moment.
« Bon… soit, s'il le faut, tu possèderas ce lien. Cela n'a jamais empêché Greyback de me satisfaire pleinement, après tout. »
Il remua la main comme s'il offrait là à Draco une faveur extrême et le blond inclina docilement la tête en signe de remerciement.
« Tu es donc certain d'être un alpha, lui dit le mage noir.
-Il en sera un, intervint Greyback. Il défie trop souvent mon autorité pour ne pas en être un. »
Voldemort sembla apprécier ce fait. Sans doute s'imaginait-il déjà contrôler deux meutes de loups sanguinaires… Le pauvre inconscient !
« Voilà qui n'est guère étonnant, siffla-t-il. Tu ressembles tout à fait à ton père. Malgré ta déchéance, il doit être fier de toi.
-Je le suis, maître », dit la voix de Lucius.
Draco sentit son cœur accélérer à ses mots et il se fit violence pour ne pas accorder de regard à son père. Ça ne changeait rien de toute façon. Il demeurait un loup-garou et était donc toujours banni de la famille.
« Comment te débrouilles-tu au combat ? Comment est ta force ? demanda soudainement Voldemort.
-Conséquente, par rapport à n'importe quel humain, répondit Draco. Mes séances d'entraînements sont régulières et mon professeur est chaque jour satisfait de mes progrès… Je devrais normalement bientôt en changer.
-Ah ? Pourquoi ?
-Parce que je deviens trop fort pour elle. »
Voldemort esquissa un sourire à ses mots.
« Elle ? dit-il.
-Hystéria est celle qui apprend l'art du combat humain et lupin, répondit Greyback. Du moins, jusqu'à ce qu'elle soit inutile. Le loup est ensuite confié à un autre précepteur. Celui de Draco sera probablement mon prédécesseur…
-Un autre alpha, donc… qui n'a pas de meute.
-Il est le bienvenu dans la mienne, répondit Greyback. Il y demeure, à l'exception des nuits de pleine lune où il se doit de s'isoler… Sans quoi, je risquerais de le tuer.
- Et pourquoi cet alpha ne m'a-t-il jamais été présenté ? Demanda Voldemort.
-Parce qu'il nourrit envers les sorciers une haine viscérale, répondit Greyback, choquant l'ensemble de l'auditoire. Ceux-ci ont tué sa compagne. Il parvient tout juste à tolérer Draco. »
Ses mots semblèrent vivement énerver les mangemorts.
« Et tu le gardes avec toi ? s'étonna Voldemort. Pourquoi ne pas avoir tué ce loup ? »
Greyback resta un instant silencieux. Puis il s'inclina.
« Les lois de la meute, mon seigneur, indiquent qu'on ne peut tuer un autre loup sans qu'il n'ait défié l'alpha ou commis un crime relatif à nos lois. Or, Joshua n'a jamais rien fait qui ne justifie une peine de mort. Ses opinions arrêtées sont pénibles, certes, mais je ne peux le tuer sous ce prétexte. Un tel comportement entraînerait probablement une rébellion de ma meute qui n'hésiterait pas à trouver refuge auprès d'un autre alpha. »
Il jeta à Draco un regard d'avertissement, comme s'il le soupçonnait capable d'attendre un tel évènement. Le blond resta impassible mais ses oreilles se couchèrent sur son crâne en un signe de soumission.
« Intéressant, dit Voldemort. Je serais toutefois curieux de rencontrer ce Joshua, un jour… Sais-tu s'il connaît l'identité des tueurs de son épouse ?
-Je crois savoir qu'il les a déjà tués, mon seigneur. »
La réponse de Greyback provoqua un autre remous.
« Et tu ne peux l'en punir, bien entendu.
-Non, mon seigneur. Sa vengeance était justifiée. Le lien est sacré. Quiconque se permet de l'altérer… se doit d'être châtié. »
Voldemort hocha la tête avec compréhension mais Draco avait la vague impression de l'entendre réfléchir à toutes ses informations. Il commença à se détendre en constatant qu'il n'était plus celui qui était sous le feu des projecteurs.
« Quelle espèce étrange, dit Voldemort. Si bestiale et pourtant si respectueuse… Si arrogante et pourtant, si soumise… »
Draco eut envie de grogner à ce mot mais se contint une fois de plus. Il sentait toujours l'angoisse venant d'Harry et cela l'énervait légèrement. Ne pouvait-il se calmer ? Il était en train d'essayer de transmettre un peu d'apaisement à son compagnon via le lien lorsqu'un mouvement brusque attira son attention sur la gauche. Un mangemort, relativement proche du trône de Voldemort, s'était subitement détaché du lot, une arme étrange à la main. Draco ne la reconnaissait pas, mais il sut d'emblée que cela était dangereux. Son corps bougea sans qu'il comprenne. Il eut conscience que ses jambes se mettaient à courir, que sa main s'était tendue pour attraper le poignet contenant l'arme, la levant vers le plafond. Il y eut un bruit sourd et une odeur de souffre alors que l'homme criait de peur. Draco ne s'en préoccupa pas. Sa main libre attrapa soudainement sa gorge et ses ongles longs s'enfoncèrent dans sa peau, déchirant la chair sans difficulté alors qu'un soudain flot de sang explosait dans la salle, recouvrant le lycanthrope, les mangemorts derrière lui mais aussi le sol et les murs. Draco le laissa aussitôt tomber. En moins de trois secondes, l'homme s'était vidé de son sang et ne vivait plus. Il le regarda, couché à ses pieds, avec une satisfaction qu'il ne comprenait pas. Puis, lentement, ce qu'il avait fait s'imposa à lui.
Autour de lui, c'était la stupeur. Tout comme lui, Greyback avait bougé, mais plus lentement. Draco avait été plus près, plus rapide. Il le regardait, le bras tendu, à seulement trente centimètres de lui. Le silence régna un long moment, tous regardant le jeune homme blond à la robe et aux cheveux rougeoyant de sang et au regard dangereusement animal.
« Eh bien, dit Voldemort, ramenant tout le monde sur terre. Je vois que tu l'éduques parfaitement, Fenrir… Un vrai petit soldat. »
Draco frissonna. Qu'avait-il fait ? Que s'était-il passé ? Pourquoi avait-il fait ça ? Il baissa les yeux sur sa main ensanglantée, ses yeux figés sur les ongles longs où pendait un lambeau de chair et il eut soudain envie de vomir. Qu'est-ce qui lui avait pris ? Ou plutôt, pourquoi son loup avait-il brutalement décidé de protéger Voldemort ?
Déstabilisé, il lança à Greyback un regard perdu et terrifié mais le concerné se contentait de le fixer d'un air choqué et perplexe.
« En effet, dit-il finalement, se reprenant. Mais un soldat bien salissant… Ne pouvais-tu pas juste lui casser la nuque ? »
Draco ne répondit pas et baissa la tête, dissimulant sa panique derrière une mine contrite.
« Permettez-nous de rentrer, maître, dit Greyback. Je crois qu'il a besoin d'une petite toilette… »
Voldemort esquissa un sourire.
« Oui, je suppose, dit-il. Je te remercie, en tout cas, Draco. Je doute fort que ce fou m'aurait réellement atteint, mais… eh bien, tu viens de me sauver la vie, d'une certaine façon. »
Le blond se retint péniblement de couiner de douleur à ses mots. Il venait de protéger l'ennemi de son lié ! Celui-là même qui essayait de le tuer par tous les moyens ! Etait-il devenu fou ? Pourquoi son instinct avait-il agi de cette façon si stupide et incontrôlée ?
« Merlin, Harry va me tuer ! Il va me détester ! Qu'est-ce que j'ai fait ? »
L'expression de son visage dut refléter toute son angoisse car Greyback l'attrapa vivement par le bras, l'obligea à se tourner vers Voldemort et à s'incliner puis le dirigea vers la sortie avec autorité. Draco le suivit sans réfléchir, incapable de réagir. Ils quittèrent le manoir plus vite qu'ils n'y étaient entrés mais Draco n'y prêta absolument aucune attention, bouleversé. Il sentait le sang sécher sur sa peau et ne pouvait s'empêcher de regarder ses propres doigts comme s'ils n'étaient pas à lui. Comment expliquer autrement le fait qu'il ait tué… d'instinct ! Il avait agi sans prendre la décision de le faire. C'était le loup qui avait bougé, celui-là même qui grognait contre Voldemort quelques secondes plus tôt…
« Reste calme, lui dit Greyback. Encore quelques secondes, reste calme… On rentre.
-Non, gémit Draco. Ha…
-Pas maintenant ! ordonna l'alpha, resserrant sa poigne sur son bras. Il le saura de toute façon. On verra le moment venu ! »
Et il continua de le tirer vers la sortie, indifférent à la panique qui commençait à envahir le plus jeune.
« Il va encore me rejeter, gémit Draco alors qu'ils traversaient l'allée menant au portail. Il va me haïr !
-Il va probablement hurler, mais il ne va pas te haïr. Nom d'un chien ! Qu'est-ce qu'il t'a pris de faire ça ?
-Je ne sais pas ! répondit Draco, paniqué. J'ai agi… enfin, c'est le loup qui a agi. Je n'ai même pas compris ce qu'il se passait avant de l'avoir tué ! Je n'ai pas voulu le faire !
-Le loup ? s'étonna Greyback, le lâchant et s'arrêtant pour le regarder. Mais tu n'as prêté aucun serment, n'est-ce pas ? Tu n'as jamais officiellement prêté serment à mon maître ?
-Non, jamais ! répondit Draco, bouleversé. Merde… Il va me tuer ! »
Greyback grogna et l'attrapa à nouveau pour l'obliger à continuer à avancer. Ils finirent par passer le portail et, presque aussitôt, Greyback les fit transplaner. Pour une fois, Draco eut l'impression que son cœur allait exploser alors qu'ils apparaissaient aux portes du village. Sans surprise, Harry, Ron et Hermione étaient à l'entrée, le brun tournant en rond sous l'angoisse. Quand ils les virent, la première réaction d'Harry fut de se précipiter vers eux, ses deux amis sur les talons. Mais rapidement, il cessa tout mouvement pour regarder Draco, les yeux écarquillés en avisant tout le sang qui le recouvrait. Il leva les yeux vers ceux de son amant qui, mortifié, détourna la tête, incapable de soutenir son regard.
« Mais… qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Hermione, choquée elle aussi.
-Un sacré bordel, répondit Greyback. Rentrons. Draco a besoin d'une douche et je pense que vous asseoir sera nécessaire. Surtout à Potter, en fait. »
Obéissante, Hermione se dirigea sans attendre vers la maison de Greyback, suivie d'un Ron légèrement hésitant et au teint blafard. Harry, lui, tentait vaguement de croiser le regard de Draco. Mais ce dernier se détourna et se dirigea vers la maison, sans oser le regarder.
« Draco », appela-t-il, troublé de percevoir un sentiment de honte, de culpabilité et même de haine chez son amant.
Le dernier sentiment était le plus désagréable. Draco se détestait et Harry n'appréciait pas cela. Pourquoi tant de colère envers lui-même ? Une partie de lui craignait le pire alors qu'il le suivait d'un pas rapide vers la maison de Greyback. Ils franchirent rapidement la porte et, à peine entré, Draco prit la fuite à l'étage afin de se laver et se changer.
« Je leur raconte », dit Greyback alors qu'il entrait dans le couloir menant à l'étage.
Draco ne se retourna même pas, préférant trouver refuge dans la salle de bain où il arracha littéralement ses vêtements, les jetant au sol avec dégoût. Il se précipita ensuite sous la douche afin d'effacer les traces de sang recouvrant son torse, son visage et ses cheveux. Ce fut surtout sur sa main qu'il s'acharna, la lavant avec autant de rage qu'il en ressentait pour lui-même. Il avait beau frotter, l'impression que le sang était encore sur sa peau ne le quittait pas et il frotta avec plus d'acharnement, jusqu'à s'écorcher. Quand il vit son propre sang, il ressentit une vague de honte à nouveau et éteignit l'eau, restant statique dans la cabine de douche, incapable de bouger.
Qu'avait-il fait ? Pourquoi ? Comment ? Greyback avait-il fini de leur raconter ? Que pensait Harry ? Avec un certain malaise, il ouvrit le lien et perçut un puissant sentiment d'horreur venant de son amant. De la colère, de l'incompréhension… du dégoût ? Draco sentit un horrible étau enserrer sa gorge et pour la première fois depuis sa transformation, une peur sans nom l'envahit. Il hoqueta et ce fut brutalement qu'il se transforma en loup.
« Je ne peux pas l'entendre me rejeter encore une fois ! Je ne peux pas ! »
Il n'eut aucun mal à sortir de la douche, indifférent à ses poils mouillés. La porte s'ouvrit d'une poussée de pattes efficace et il sortit de la salle de bain, laissant derrière lui quelques traces d'eau. Il parcourut le couloir, descendit les escaliers et se précipita vers la porte de sortie. Elle était fermée mais il l'ouvrit en coinçant la poignée dans sa gueule pour ensuite la faire descendre. Le déclic et le bruit de ses pattes avaient été entendus de Greyback et ce dernier surgit dans le couloir.
« N'y pense pas, Draco, ce n'est pas une solution ! »
Le grand loup blanc le regarda. Son regard dériva ensuite sur celui des trois adolescents derrière lui. Hermione semblait confuse. Mais Draco pouvait distinguer son cerveau tournant à mille à l'heure. Ron était perplexe. Une pointe d'angoisse et de déception brillait dans ses yeux. Mais le pire était le regard d'Harry. Tellement de souffrance, de colère, d'incompréhension. Draco couina de douleur et recula à l'extérieur en remuant la tête.
« Draco, reviens, ce n'est pas… Reviens ici ! »
Mais le loup refusa d'écouter l'alpha. Il tourna sur lui-même et partit en courant, fuyant sans remords des mots qu'il ne voulait plus jamais entendre.
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Le récit fait par Greyback avait laissé les trois Gryffondor plongés dans un silence pesant et douloureux. Aucun ne comprenait. Pas plus la raisonnable et analytique Hermione Granger que l'impulsif Ron Weasley. Quant à Harry, il était déchiré par tant de sentiments qu'il ne parvenait pas à faire la part des choses. La colère avait été la première. Comment avait-il pu tuer quelqu'un, dans le but de défendre Voldemort ? Ce fut ce sentiment qui l'envahit le premier et il resta en premier plan. La fuite inexpliquée de Draco n'avait pas aidé les choses.
Ce serait un mensonge que de nier l'ébahissement de l'équipe face à un loup blanc au regard terrifié qui s'était tout bonnement carapaté, la queue entre les jambes. Harry avait perçu une terreur sans nom venant de Draco. Greyback s'était transformé presque aussitôt et l'avait suivi en courant. Mais trois heures plus tard, il était revenu, l'air furieux.
« Cette tête de bûche court plus vite que je ne le croyais ! Il m'a semé dans les montagnes en se servant de la neige et des cours d'eau pour m'égarer ! Petit merdeux rusé ! »
C'est sans honte qu'il se rhabillait devant les trois Gryffondor, pestant sans fin. Il passa une main sur son visage et se tourna vers Hermione.
« Tu as encore de la potion de métamorphose animale ?
-Euh… Oui, un demi-chaudron.
-Refais-en, ordonna Greyback. Autant que tu peux. Je vais le ramener. Ce petit idiot est terrifié par la réaction de Potter et il n'a rien trouvé de mieux à faire que de fuir ! Fuir ! »
Il siffla d'un air écœuré alors qu'Harry réalisait que la terreur de Draco était née à cause de lui. Il éprouva un peu de culpabilité avant d'être à nouveau en colère.
« Mais pourquoi fuir ? dit-il, sourcils froncés.
-Parce qu'il a probablement peur que tu ne le rejettes à nouveau, répondit Greyback. Qu'est-ce que tu crois, Potter ? Que tes mots ont été oubliés ? Tu as marqué Draco jusqu'à son âme, par ton rejet. C'est une blessure qui ne guérira probablement jamais, à moins que tu ne deviennes un loup-garou et encore… il aura toujours peur que tu ne veuilles plus de lui ! Il est d'autant plus terrifié qu'il ne sait pas pourquoi il a agi tel qu'il l'a fait et qu'il a peur que tu ne le croies… bref, je n'en sais rien, c'est toi qui a un lien avec lui, pas moi ! Réfléchis ! Hermione, quand pourrai-je avoir les chaudrons ? Je dois absolument le ramener…
-Pourquoi ? demanda Ron.
-La pleine lune est dans deux semaines…. Dans l'état où il est, il va passer une sale nuit, croyez-moi ! Seuls les alphas et certains potentiels sont capables de se transformer hors pleine lune. Mais j'ai besoin de chasseurs plus aguerris que des enfants et donc, j'ai besoin de Chyreer et d'une dizaine d'autres loups… Et pour cela, il me faut une potion de métamorphose animale. Tu peux la faire ?
-Elle sera prête demain, dit Hermione en se levant pour quitter la maison rapidement.
-Merci ! cria Greyback. Potter, tu te débrouilles comme tu veux, soit tu viens avec nous, soit tu lui transmets des sentiments à distance, mais tu essayes de le raisonner et de l'obliger à revenir ! Et ne commence pas à me dire que tu ne veux pas qu'il revienne ! Ce n'est pas Draco qui a agi, c'est le loup et ça n'est pas normal ! J'ai besoin qu'il soit là pour comprendre. Alors tu te calmes, tu respires, tu pardonnes et tu l'appelles ! Compris ? »
Harry acquiesça mais il resta sceptique. Il se sentait à présent totalement perdu. Le loup avait agi ? Pas Draco ? Mais pourquoi ?
« Il a prêté serment auprès de Vous-Savez-Qui ?
-Non, répondit Greyback. Le seul lien qu'il a est avec toi alors il n'aurait pas dû agir ainsi… »
Le regard de Greyback sembla se troubler un instant. Il ouvrit la bouche puis la referma tout en scrutant le visage d'Harry.
« Retrouve-le, dit-il. Au boulot ! »
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A l'exception des rêves, Harry n'eut plus le moindre contact avec Draco. Il avait été un peu déstabilisé lorsque, après une tentative de contact par le lien, il s'était vu claquer la porte au nez – métaphoriquement et spirituellement – par son amant dont l'angoisse d'être une fois de plus rejeté était si forte qu'il pouvait presque la percevoir, malgré l'obstruction mentale de Draco.
Greyback avait été furieux d'apprendre qu'Harry n'arrivait pas à contacter son amant et avait pressé Hermione pour qu'elle réalise le plus de potion de métamorphose possible. Le lendemain, il avait offert à une dizaine de loups un flacon et ils étaient tous partis « en chasse ». Malheureusement, les cinq heures de la potion n'étaient pas suffisantes pour permettre à des chasseurs lycanthropes de rattraper un loup terrifié et courant manifestement depuis plus d'un jour.
Car lorsque Harry s'endormait, c'était ce qu'il voyait : Draco, sous forme lycanthrope, courant encore et toujours dans les forêts enneigées, sans jamais s'arrêter si ce n'est pour chasser un pauvre lapin téméraire. Quelquefois, il s'arrêtait, humait l'air et partait se rouler en boule sous un arbre pour faire une sieste qui ne durait qu'une heure. Harry le savait car il cessait de distinguer son amant pour ensuite revenir à lui à son réveil. Bien entendu, il avait tenté de contacter Draco grâce aux rêves… mais le blond s'était montré curieusement compact. Incroyablement fermé à lui. Sa peur s'était calmée mais il demeurait trop inquiet pour revenir.
Du reste, Harry avait un peu trop de mal à se départir d'un flot de sentiments contradictoires. Tantôt il était en colère contre Draco, voire même furieux – tant pour le meurtre que pour la fuite – tantôt il se sentait juste horriblement perdu et souhaitait le voir revenir de tout son cœur. Il s'imaginait l'accueillir avec amour ou avec rage, lui pardonner ou l'insulter… Mais en réalité, il avait beau réfléchir, il ne comprenait pas.
Pourquoi avoir défendu Voldemort ? Harry ne doutait pas un instant de la sincérité de Draco : il détestait le mage noir, c'était une certitude que ses paroles, son comportement et finalement le lien lui avait démontré. Son comportement n'avait aucun sens ! Quand il avait interrogé Greyback, ce dernier avait affirmé que l'alpha potentiel n'avait pas prêté serment à Voldemort. Il ne pouvait le faire tant qu'il n'était pas majeur aux yeux de la meute, tant qu'il ne serait pas un loup adulte car ce dernier pourrait alors se rebeller contre l'humain qui le contenait.
En outre, Draco n'avait jamais été désigné officiellement mangemort. Lucius s'y était opposé, pendant de longs mois, prétextant un âge encore trop peu avancé… Donc, aucun lien ne rattachait Draco, son loup inclus, à Voldemort. Aucun ? Harry n'en était plus si sûr…
Alors que les jours passaient, que Greyback regardait le ciel avec une certaine angoisse à l'idée de voir la lune devenir pleine – alors qu'il s'en réjouissait, normalement – et que Ron et Hermione n'osaient lui parler face à son air renfermé, Harry commençait à entrevoir une possibilité qui le terrifiait.
L'oppression née de cette idée finit par l'empêcher de dormir et il se releva, une nuit, le corps parcourut de frissons. Il avait rêvé de Draco avec une vision étonnement détaillée. Il l'avait vu marcher, trottiner ici et là, renifler… Parfois, le loup blanc s'arrêtait près d'un ruisseau pour boire ou pour essayer de pêcher. Il n'arrivait pas toujours à sortir un poisson, mais la moindre proie finissait dévorée en quelques secondes. Manifestement, Draco était affamé. Harry le trouvait même légèrement maigri et ses yeux étaient un peu obscurcis. Il souffrait horriblement et Harry avait du mal à le tolérer. Il ne cessait de tenter de lui envoyer divers sentiments visant à le convaincre de revenir, mais Draco restait fermé et s'enfonçait dans une solitude étouffante qui, combinée à la peur soudaine de Harry, fut trop difficile à supporter.
Il se réveilla donc, transpirant légèrement dans un pyjama trop grand pour lui et appartenant à Draco. Harry avait eu beaucoup de mal à s'endormir sans lui. Sentir son odeur, même celle artificielle de la menthe, l'aidait considérablement. Sans compter le fait que, la nuit, il pouvait voir ce que son amant faisait. Ce fut les pieds traînants qu'il descendit au rez-de-chaussée pour aller prendre un verre d'eau dans la cuisine. Arrivé là, il se posta près d'une petite fenêtre et regarda les ténèbres extérieures.
Il n'y avait rien. Juste de la neige un peu fondue, des arbres, quelques maisons plongées dans l'obscurité. Rien d'intéressant. Le silence et l'immobilité. Un frisson lui traversa le dos et il s'éloigna de ce manque de vie pour aller dans le salon. Un feu crépitait dans l'âtre, incantation brillamment réalisée par Hermione afin que les flammes ne s'éteignent jamais. Il s'en approcha et s'assit à même le sol, son verre d'eau en main. Puis il poussa un énorme soupir, tentant d'éloigner l'angoisse qui lui serrait le cœur.
« Harry ? »
La voix le fit sursauter si fort qu'il renversa un peu d'eau sur son pantalon. Il l'ignora pourtant pour se tourner vers une Hermione en robe de nuit et à la mine chiffonnée.
« Je t'ai réveillée ? demanda-t-il.
-Oui, répondit honnêtement Hermione. Je t'ai entendu te retourner dans ta chambre puis te lever. Tu n'as toujours pas réussi à contacter Draco ? »
Elle alla s'asseoir à côté de lui alors que Harry secouait négativement la tête avec regret.
« J'ai beau y mettre toute ma force, il m'ignore. Plus que de l'ignorance, il me rejette en bloc, il me repousse… Sans doute a-t-il trop peur de ce que je pourrais lui dire. »
Hermione grimaça et regarda les flammes à nouveau.
« Qu'est-ce que tu comptes faire ? demanda-t-elle.
-Je ne sais pas, répondit Harry en soupirant. Je… je ne sais vraiment pas, Hermione. Qu'est-ce que je suis censé faire ? Qu'est-ce que je suis censé ressentir ? Suis-je censé le détester et vouloir le punir ? Ou est-ce que… est-ce que je suis juste censé lui pardonner ? »
La jeune fille ne répondit pas, penchant la tête sur le côté alors qu'elle réfléchissait à sa question.
« Qu'est-ce que toi, tu veux faire ? dit-elle.
-Je ne sais pas ! s'écria presque Harry. J'ai autant envie de lui foutre mon poing dans la gueule que de lui sauter dans les bras. Une part de moi veut l'engueuler et l'autre veut l'embrasser et le supplier de ne plus jamais partir… Je suis… je ne sais pas, Hermione, j'ai l'impression d'être déchiré en deux et je ne sais pas qui écouter, qui a raison… je ne sais pas ! »
Il se prit la tête entre les mains, fermant les yeux comme pour essayer de trouver une réponse écrite en lettre rouge sur ses paupières. Mais il ne ressentit rien de plus que cette impression d'être en manque de quelque chose et cette angoisse latente.
« Tu l'aimes, murmura Hermione, posant une main réconfortante sur son épaule. C'est tout le problème. Ta raison te dit que ce que Draco a fait était mal. Il y a une justification à son meurtre, même si on ignore laquelle. Et ton amour pour lui tente de toutes ses forces de trouver une raison et lui pardonne absolument tout parce que… tu l'aimes, tout simplement. »
Harry la regarda d'un air bouleversé et la jeune fille poussa un soupir résigné avant de regarder le feu d'un air attristé.
« L'amour, murmura-t-elle. C'est vraiment chiant, hein ? »
La phrase l'aurait fait rire s'il n'avait pas été aussi désespéré. Il eut toutefois la décence de noter l'air étrangement bouleversé de son amie.
« Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il. Hermione ? Qu'est-ce qu'il se passe ? »
Son amie tourna la tête vers lui, étrangement silencieuse avant d'ouvrir la bouche.
« Fenrir… est amoureux de moi, finit-elle par dire, la respiration de Harry se bloquant sous l'aveu. J'ai été le remercier pour le médaillon et je lui ai demandé pourquoi il m'offrait un objet si… si précieux, à moi. Et il m'a répondu qu'il était amoureux de moi. »
Elle eut un sourire amer.
« J'avais remarqué qu'il aimait passer du temps en ma compagnie, qu'il était différent avec moi mais… »
Elle se tut, inspira puis expira.
« Le plus triste, dans tout ça… c'est qu'il sait que je ne partage pas ses sentiments. Il l'accepte. Il dit qu'il veut juste s'assurer que je serai heureuse et bien traitée. »
Elle eut un petit sanglot qui l'étonna et il l'attrapa pour la serrer contre lui.
« Le pire… C'est que je ne ressens rien pour lui à part de l'amitié, mais… Mais je ne sais pas… ça m'a semblé si… si triste ! Tu aurais dû le voir quand il a dit ça ! Il souriait, satisfait de ça et… il était presque content de m'avoir rencontrée, même si je ne l'aimais pas et… Je ne sais pas, je suppose qu'on pourrait qualifier mon ressenti comme de la pitié ou de l'apitoiement, mais… La vérité, c'est que je regrette presque de ne pas être amoureuse de lui. Qu'importe qu'il ait plus de trente ans de plus que moi ! C'est un homme bien ! Un homme seul ! Et quand il tombe amoureux de quelqu'un, je… je ne suis pas capable de lui donner… »
Elle cessa de parler, comme incapable de continuer sa phrase et Harry la serra davantage. Pauvre Greyback. Eternellement seul… Tombant enfin amoureux d'une personne dont le cœur était déjà pris…
« Il a dit que… c'était mieux ainsi. Vu notre âge… la situation… Mais… Je ne sais pas, je trouve ça si… triste. »
Harry approuva. Ils restèrent silencieux un long moment, serrés l'un contre l'autre, à ne rien dire. Puis, Harry se redressa légèrement pour la regarder.
« Pourquoi Draco a-t-il défendu Voldie ? »
La jeune fille resta un instant coite avant de hausser les épaules.
« Je suis désolée, Harry…J'ai beau y avoir pensé mille fois en plus d'une semaine, je suis incapable de répondre à ta question. Il n'y a aucune logique à ça si ce n'est peut-être un sortilège ou…
-J'ai… peut-être une idée, l'interrompit difficilement Harry. Je… »
Il se passa une main dans les cheveux, nerveux. Puis il tourna la tête vers elle, scrutant son visage curieux.
« Ecoute, la seule raison pour laquelle un loup-garou protège une personne, c'est parce qu'elle fait partie de sa meute, qu'elle est son compagnon ou son enfant. Et nous sommes d'accord pour dire que Voldie n'est aucun de ceux-là, n'est-ce pas ? »
Hermione hocha la tête, manifestement d'accord avec son raisonnement.
« Et nous savons que Draco n'a prêté aucun serment vis-à-vis de Voldie, donc, il n'y avait aucune raison d'agir… sauf si, d'une façon ou d'une autre, le loup a vu en Voldie un être… précieux. »
A ce mot, son amie fronça les sourcils. Harry inspira avant d'oser dire à voix haute ce qui le chamboulait tellement :
« J'ai… un lien, avec lui. Avec Draco, je veux dire. Et… et nous savons aussi que j'en ai un avec Voldie. »
Hermione resta un instant perplexe avant que, petit à petit, son visage ne reflète une horreur qui lui confirma la justesse de son idée.
« Non, murmura-t-elle.
-Draco est le seul loup qui ait tant réagi à la destruction d'un horcruxe…
-Non, Harry, dit Hermione, les larmes aux yeux. Ce n'est pas…
-J'ai questionné Joshua, coupa-t-il. Il y a deux jours, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai été le voir. Il a d'abord essayé de me tuer mais je crois que mes questions l'ont intéressé alors il n'a rien fait… Il m'a affirmé qu'un simple lien ne pouvait pas obliger Draco à protéger Voldie, surtout compte tenu de la situation. Le fait qu'il soit mon ennemi, qu'il essaye de me tuer, fait de lui un ennemi pour Draco. Sans compter le fait que c'est un monstre… Donc… Donc, ce n'est pas ce pseudo lien qui justifie ça. C'est quelque chose de plus gros et je… Hermione, je crois que…
-Non, ne le dis pas ! supplia-t-elle. Ça ne se peut pas, Harry ! Dumbledore… il l'aurait su, il l'aurait dit !
-Sauf s'il craignait qu'une telle réalisation me plonge dans le désespoir ou que sais-je encore. Hermione… Le simple fait qu'il y ait un lien entre Voldie et moi me laissait déjà perplexe. Pourquoi ce lien ? Parce qu'il avait tenté de me tuer ? Je ne m'y connais pas en magie, c'est vrai, mais un tel acte manqué justifie-t-il la création d'un lien entre nous ? Et… et le fait qu'on ne sait pas ce qu'est le dernier… »
Hermione s'était mise à pleurer, confirmant Harry dans ses pensées. C'était logique. Son lien avec Voldie, la réaction de Draco face à la destruction des horcruxes, le fait qu'il ait protégé Voldemort malgré sa haine pour lui…
« Je suis le dernier horcruxe, dit Harry, arrachant à Hermione de gros sanglots. C'est pour ça qu'il a protégé Voldie. Je partage mon âme avec un morceau de ce monstre alors Draco est lié à lui par extension. Le loup a pensé me protéger en intervenant… Et… sa réaction face à la destruction des horcruxes… C'est comme si nous avions détruit une part de moi et c'est pour ça que Draco a si mal réagi physiquement. Je suis le dernier, Hermione. Je… je suis le dernier qu'il faut détruire. »
Soudainement, Hermione l'enlaça pour le serrer contre elle, pleurant. Il la laissa faire. Sa réaction prouvait que ses déductions étaient suffisamment logiques pour être vraies. Suffisamment logiques pour la plus brillante élève de Poudlard. Un grand froid se propagea doucement en lui, malgré le feu devant lui et Hermione qui l'enlaçait.
« Alors, murmura-t-il, les yeux perdus dans le vide. Je vais devoir… mourir ? »
Hermione le serra plus fort en l'entendant, secouant la tête.
« Non, dit-elle. Il doit y avoir une autre solution, Harry ! Il doit forcément y en avoir une ! Tu ne mourras pas ! D'une façon ou d'une autre, tu ne mourras pas, je te le promets. Ça prendra le temps que ça prendra mais je trouverai une solution ! Je te le promets, Harry, je trouverai une solution ! »
Il ne trouva rien à répondre à tout cela. A la place, il resta silencieux, pensif. Y avait-il réellement une solution ? Il soupira en fermant les yeux, résolu. S'il n'y en avait pas… il ferait ce qui serait nécessaire.
« Mais je vais m'accorder encore un petit peu de temps. Désolé d'être égoïste… Je veux encore un peu de temps. »
Il repoussa Hermione, la jeune fille le regardant d'un air hésitant et inquiet.
« Tu aurais de la potion animale ? demanda-t-il. Je crois que je dois retrouver Draco… Il a assez culpabilisé ainsi… Je dois… il faut que j'aille le rejoindre. »
Hermione resta un instant immobile, le visage baigné de larmes. Elle se redressa finalement en essuyant maladroitement son visage.
« Tu as raison, dit-elle. Draco aura peut-être une idée… Et puis… je crois que tu vas devoir lui expliquer ça… Merlin, pauvre Draco… »
Elle se tut un instant puis soupira.
« Tu devrais prendre un sac… avec des vêtements, des couvertures et de quoi manger ! Et plusieurs fioles de potion. Tu n'en auras pas assez d'une, pour le retrouver, si j'en crois Greyback. Je vais te préparer ça tout de suite, attends-moi ! »
Elle quitta la pièce en courant, manifestement contente de se rendre utile et Harry s'assit sur le canapé, l'esprit étrangement vide. Pauvre Draco… C'était le cas de le dire ! Lié à quelqu'un qui l'avait si cruellement repoussé qu'il en avait été traumatisé puis finalement, rattaché à Voldemort à cause de son compagnon…
« Quel pitoyable compagnon je fais, murmura-t-il, résigné. Je suis désolé, Draco. »
Il soupira en fermant les yeux. Il entendait Hermione s'affairer à l'étage… Elle devait probablement être en train de lui préparer un sac d'affaires et de potion… Il sourit vaguement. La pauvre devait déjà être en train de réfléchir à des centaines de solutions qui n'existaient pas. Il savait déjà qu'il n'aurait pas le choix, de toute façon…
« Harry ? »
Il ne sursauta pas cette fois. Il s'attendait presque à ce que Ron arrive, avec tout le bruit qu'Hermione faisait. Le rouquin avait l'air fatigué alors qu'il se laissait tomber dans un fauteuil près de lui.
« Pourquoi est-ce qu'Hermione court partout ? Est-ce que vous avez découvert quelque chose ? »
Harry le regarda sans rien dire. Comment annoncer la nouvelle à Ron ? Il n'était pas comme Hermione. Il aurait une autre réaction, sûrement disproportionnée… Lui-même ne savait pas comment il devait prendre ça. Il se sentait juste… vide.
« Je… je suis le dernier, dit-il alors qu'Hermione traversait le salon pour entrer dans la cuisine, sans doute pour lui préparer de quoi manger.
-Le dernier ? demanda Ron, clairement perdu.
-Le dernier Horcruxe, précisa Harry. C'est moi. »
Il ne dit rien de plus. Il n'avait pas envie d'expliquer encore une fois comment il le savait. Il préféra retourner contempler les flammes devant lui alors que Ron restait étrangement silencieux.
« Tu plaisantes ? dit finalement son meilleur ami, au bout de cinq minutes. Harry, tu… Merde, regarde-moi ! »
Le brun tourna docilement la tête pour le fixer, l'air étrangement résolu et Ron sembla tant blêmir que ses tâches de rousseur ressortirent avec plus de force.
« Ce n'est pas possible, lui dit-il. Tu ne peux pas être… Enfin, ça n'a pas de sens. La prophétie…
-N'est qu'une prophétie qui a conduit à un véritable désastre, dit Harry d'une voix terne. Je suis le dernier horcruxe… C'est juste ironique que je sois celui qui doit le détruire… C'est même logique, en fait. En mourant, je permettrais sa destruction. »
Ron secoua à nouveau la tête, horrifié. Il avait manifestement du mal à y croire et ouvrait et refermait la bouche, tentant de trouver quelque chose à lui dire, sans succès.
« Mais… il doit forcément y avoir une autre solution ! s'exclama Ron. Tu ne peux pas… Enfin, ça ne peut pas juste finir ainsi !
-Apparemment, si, dit Harry en regardant à nouveau les flammes.
-Ne dis pas de connerie, Harry ! répliqua Hermione en arrivant, lui balançant un sac à dos étonnement léger. Il doit y avoir une solution et nous allons la trouver, je peux te l'assurer. Alors déshabille-toi, avale ça (elle déposa un flacon de potion sur la table) et va chercher Draco. Dis-lui et reviens ensuite ! »
Harry la regarda un instant, l'air si calme et résolu qu'Hermione eut clairement envie de le frapper. Mais il finit par se lever, enleva ses lunettes et les posa sur la table pour ensuite commencer à détacher son pyjama.
« Hermione, retourne-toi ! s'exclama Ron, stupéfait de voir Harry se mettre nu devant eux sans même s'en préoccuper.
-Oh ne sois pas ridicule, Ronald ! J'ai déjà vu des hommes nus !
-Quoi ? couina presque le roux, choqué. Mais… quand… Comment…
-Peu importe ! répliqua Hermione. Tiens, Harry, la potion… »
Le brun la prit d'un geste las, presque résolu. Il allait la boire lorsqu'Hermione l'en empêcha et l'obligea à la regarder.
« On va trouver, Harry. N'abandonne pas, d'accord ? Je sais que ça doit être douloureux, mais on va trouver. Alors… essaye juste de retrouver Draco, d'accord ? »
Il hocha la tête en silence et porta le flacon à sa bouche.
« Ah et… tu es vraiment fin, comme garçon, Harry…
-Arrête de le mater !
-Je ne le mate pas, je le constate ! Tu as vu comme il est fin ! Musclé, mais fin, c'est vraiment étonnant…
-Hermione, arrête, enfin ! C'est… Est-ce que tu viens de regarder son entrejambe ?
-Pas du tout !
-Tu rougis !
-Non, je ne le fais pas !
-Menteuse ! »
Le reste de la dispute s'effaça dans la douleur fulgurante de la transformation. Il se plia rapidement en deux puis tomba au sol alors que ses jambes changeaient d'orientation, que ses muscles et ses os craquaient bruyamment et qu'il gémissait de douleur. Mais ce fut court. A force de prendre de la potion animale, les transformations se faisaient plus rapides et faciles. Ça ne lui prit que dix petites minutes pendant lesquelles Ron et Hermione s'étaient tus pour regarder la métamorphose avec horreur.
« Eh bien mon vieux… ça n'a pas l'air agréable du tout ! » dit Ron, choqué.
Harry ne put répondre. Il se sentait un peu mieux. Sa tête n'avait plus l'impression qu'il n'était qu'un ballon vide et inutile. Il avait au contraire l'envie folle de courir, de courir vite et loin dans la nuit pour essayer de retrouver Draco. Il avait besoin de lui ! Un besoin impérieux de le retrouver et de se blottir contre lui, de le supplier de bien vouloir encore de lui, de ne pas le détester, de ne pas lui en vouloir d'être un monstre ! Car c'était ce qu'il était… un monstre, par extension. Il leva négligemment le museau en l'air et, provoquant un hoquet de stupeur chez ses amis, hurla de toutes ses forces.
« Le sac, Harry ! s'exclama Hermione en lui tendant. Prends le sac ! »
Il hésita une seconde avant de mordre dans la poignée. Il était vraiment léger. Il ne le dérangeait pas dans sa course.
« J'ai mis dix flacons, ça devrait suffire. Bonne chance ! »
Ron ouvrit également la bouche pour parler mais Harry ne l'écouta pas. A la place, il se précipita vers la porte, soudain impatient et Hermione vint rapidement l'ouvrir face à ses grognements agacés. Dès que le montant de bois s'écarta un peu, il se précipita et se faufila dehors, non sans devoir tirer sur le sac coincé. Puis il s'élança dans les bois avec une rapidité étonnante, même pour un loup. Draco n'avait pas menti en disant qu'il était fait pour la chasse. Il parcourut plusieurs kilomètres avant de s'arrêter. Certains endroits lui étaient plus familiers que d'autres et il pouvait parier que Draco y était passé. Il finit par déposer le sac pour renifler le sol et retrouva, sans difficulté, l'odeur de son compagnon.
Malheureusement, il la perdit au bout de dix kilomètres, au bord d'une rivière. Comme l'avait dit Greyback, Draco était doué pour effacer ses traces et il se servait pour cela des cours d'eau. Mais Harry ne se désespéra pas. A la place, il s'arrêta lui aussi près de l'eau, posa le sac au sol, but un peu et s'assit tranquillement, fermant les yeux.
Lors de la première leçon, Joshua avait déclaré qu'une absence prolongée permettait au lien d'être plus fort, afin de rassurer les deux membres liés sur le bien-être de leur compagnon. Harry n'en demeura pas moins surpris lorsque, une fois ses yeux clos, il perçut si nettement Draco qu'il en fut presque bouleversé. Le loup blanc avait laissé place à l'homme. Nu, assis dans une eau froide, presque gelée, Draco faisait sa toilette avec beaucoup de précaution, frictionnant ses membres frigorifiés avec vigueur.
Harry fut tenté de se laisser distraire par le corps pâle dans l'eau mais il se força à s'en détourner pour regarder les alentours. Le cours d'eau était entouré de neige et d'arbres divers, de pierres, tantôt grosses, tantôt petites. Plus grosses que là où Harry était.
« Je dois remonter. Remonter le courant. Draco est plus haut. »
Il rouvrit les yeux, attrapa le sac et entreprit de remonter le petit ruisseau. Le début fut assez simple, la berge était propre, seulement pourvue de neige et de quelques arbres qu'il évitait avec brio. Mais petit à petit, il dut s'éloigner du ruisseau devenant peu à peu rivière et coulant un peu plus rapidement. Il dut la traverser lorsqu'un ravin l'empêcha de poursuivre sa route et il frémit en sentant l'eau froide imprégner sa fourrure mais ne se découragea pas. Quand les rochers entourant l'eau devinrent plus gros, Harry se stoppa pour fermer les yeux à nouveau.
Une grotte sombre. Draco y était roulé en boule, le nez enfoui dans sa queue, mais il ne dormait pas. Il fixait l'entrée de la grotte d'un air triste. Harry ouvrit à nouveau les yeux. Rien dans sa vision ne lui permettait de déterminer où était son amant mais il devait continuer de chercher.
Sans attendre, il reprit le sac et continua de remonter le fleuve, sautant parfois de rocher en rocher pour poursuivre sa montée ou rampant sous un arbre tombé. Il finit par retrouver l'endroit où Draco s'était lavé sommairement et il dut retraverser. Là, il reposa le sac pour renifler la neige, puis constata que des empreintes fraîches désignaient naturellement le chemin emprunté par son amant.
« Il ne reste qu'une demi-heure de potion… Comment Greyback a-t-il pu ne pas le trouver ? »
D'accord, il était cruel. Greyback n'avait eu aucune vision pour l'aider, mais bon… Ils étaient plus de dix ! Suivant les empreintes qui montaient dans la forêt, il sentit trop rapidement son corps changer et tomba au sol dans un borborygme douloureux. Très vite, il reprit forme humaine et un grand froid le fit gémir. Tant celui extérieur que l'intérieur. Il avait tellement froid. Il était…
« Non, je ne dois pas y penser, pas maintenant ! »
Il attrapa le sac et voulut l'ouvrir pour en sortir une potion, mais au même moment, un bruit de neige piétinée le fit sursauter. Levant la tête, il aperçut une forme floue cachée derrière un arbre.
« Draco, geignit Harry, certain que c'était lui. Dra… Draco. »
Il tenta de se lever puis glissa sur la neige et tomba en grognant douloureusement. Presque aussitôt, un museau froid s'enfouit dans ses cheveux puis contre sa gorge, des grognements inquiets se faisant entendre. Maladroitement, Harry se redressa, ses mains accrochées à une fourrure un peu rêche pour l'empêcher de s'enfuir une fois que le loup s'apercevrait qu'il allait bien. Il le tira contre lui de toutes ses forces alors que cette boule froide dans sa gorge se mettait soudainement à chauffer et explosait en lui, provoquant un tel désespoir qu'il se mit à pleurer sans s'arrêter, serrant le loup contre lui de toutes ses forces.
« Je suis désolé, dit-il difficilement. Je suis désolé, Draco, je suis tellement désolé. Ne pars pas, s'il te plaît, je m'excuse, je… »
La forme contre lui se mit à bouger, comme si elle se débattait et Harry cria presque alors qu'il tentait de resserrer ses bras. Il se fichait d'être nu dans la neige, il se fichait de la douleur provoquée par la neige sur sa peau, tant que Draco restait là et ne le rejetait pas à son tour. Tant qu'il restait avec lui… jusqu'à la fin.
« S'il te plaît, reste avec moi, ne pars pas ! supplia-t-il.
-Je ne pars pas, lui répondit une voix grave qui le calma aussitôt. Je ne pars nulle part Harry, mais… Viens, tu vas te rendre malade. Viens, suis-moi. »
Draco avait repris forme humaine. C'était la raison des soudains mouvements du loup contre lui. Il n'avait pas essayé de s'enfuir… Il le serrait contre son corps, l'aidant à se relever et Harry ne put que se cramponner à lui.
« Le… le sac, dit-il en essayant de l'attraper sans se décoller de Draco.
-Je reviendrai le chercher…
-Non ! cria presque Harry en se collant à lui. Tu… tu ne pars nulle part… tu restes avec moi. »
Il sentait l'étonnement et le ravissement de Draco à le voir si désespéré à l'idée d'être séparé de lui et il en eut honte. Draco ne se rendait pas compte que, bientôt, il ne voudrait peut-être plus jamais de lui. Que bientôt… ils seraient de toute façon séparés pour toujours.
« Je ne veux pas, murmura-t-il. Je ne veux pas, je ne veux pas…
-Qu'est-ce que tu ne veux pas ? demanda Draco en se penchant pour attraper le sac à dos et en tentant de l'entraîner ailleurs. Harry, tu es gelé, viens. »
Son inquiétude pour son compagnon empêchait manifestement Draco de ressentir la moindre peur. Harry se laissa guider par le blond, même s'il savait qu'une fois qu'il serait en sécurité, loin du froid, il devrait avouer à Draco quel monstre il était et quelle horreur il avait entraîné en se liant avec lui. Peut-être qu'alors, son amant le repousserait… la peur que cela engendrait en lui, presque aussi grande que celle de sa future mort, lui fit comprendre ce que Draco avait ressenti, presque une semaine plus tôt. C'était beaucoup trop intense pour être nié. Presque aussi fort qu'un raz-de-marée ! Harry se cramponna encore plus fort au corps nu et chaud contre le sien.
Ils ne marchèrent que pendant dix minutes et Draco le porta à moitié pendant les cinq restantes. Ils se retrouvèrent assis dans la grotte où Draco tentait de trouver le sommeil dans la vision d'Harry, tremblant de froid. Le blond avait enlacé son compagnon, essayant de lui apporter de la chaleur avec son corps alors qu'une de ses mains tenait serrés ses pieds mouillés.
« Comment m'as-tu retrouvé ? demanda finalement Draco, après un long moment de silence.
-Potion animale, répondit Harry, claquant des dents mais savourant le contact chaleureux contre sa peau nue. Le lien m'a aidé à te voir et à te trouver… »
Draco n'ajouta rien. Maintenant qu'Harry était en sécurité, il s'était tendu, sans doute dans la crainte que Harry ne le rejette ou ne lui hurle dessus. Le brun le détrompa en soupirant de plaisir et en appuyant sa joue contre son épaule.
« Je ne suis pas… en colère, dit-il. Je l'ai été, je crois que je le serai encore, quand… quand ce que je ressens maintenant se sera apaisé d'une façon ou d'une autre… Je suis juste content d'être enfin près de toi. Je… »
Presque désespérément, il se remit à pleurer, à la grande surprise de Draco qui resserra ses bras sur lui.
« Harry, dit-il, paniqué. Qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Pourquoi pleures-tu ? Pourquoi… Pourquoi ressens-tu une telle panique ? Un tel désespoir… Harry ? »
Le brun secoua la tête avec force, tentant de lui faire comprendre qu'il ne voulait pas en parler, pas tout de suite.
« Encore… Encore un peu, s'il te plaît…
-D'accord, répondit Draco. D'accord, reste calme, arrête de pleurer… »
Il caressa doucement ses cheveux, son nez allant naturellement se loger à l'intérieur pour inspirer l'odeur d'agrume qu'il aimait tant. Une semaine et un jour sans le sentir, sans le toucher, le voir, l'entendre… c'était tout bonnement délicieux. Ça aurait été encore mieux s'il n'avait ressenti un tel désespoir venant de son amant. Il accepta pourtant de rester silencieux. Tant qu'il pouvait le garder contre sa peau, tant qu'il pouvait caresser sa peau, sentir son odeur… et peut-être… juste un peu…
Doucement, il se pencha pour lécher délicatement sa peau. Son cou… son épaule… sa clavicule gauche pour ensuite écarter légèrement le corps tremblant et descendre sur son sternum. Devant lui, Harry émit un halètement lorsque sa bouche vint cueillir un téton tendu et se mit à le taquiner. Le brun pencha la tête sur le côté alors que son corps ne pouvait que réagir à la proximité et au toucher de son amant.
« Mhmm… Non, Draco… je… je pense qu'on devrait d'abord parler, avant… Draco… »
Le blond répondit par un grognement agacé. Il ne pouvait pas parler… Pas avant d'avoir apaisé ça… ce manque horrible qu'il ressentait depuis des jours, des semaines. Il avait besoin de le toucher, de le goûter.
« Juste encore un peu, chuchota-t-il, continuant de le caresser et de le lécher. Oh Harry, juste encore un peu… J'ai besoin…
-Non, tu ne voudrais pas… Si tu savais, tu ne voudrais pas, se désespéra Harry, tenté de céder au désir plus que présent qui le faisait trembler.
-Savoir quoi ? demanda Draco en le regardant, ses yeux brillant intensément. Quoi que ce soit, rien ne changera le fait que j'ai envie de toi. Que tu m'as tellement manqué que j'avais l'impression qu'on m'écartelait tous les jours. Et que le fait que tu ne sembles pas m'en vouloir pour ce que j'ai fait…
-Ce n'était pas de ta faute, dit Harry, l'air bouleversé. C'était tout, sauf ta faute, Draco…
-On ne m'a lancé aucun sort, répondit le blond. J'ai agi de mon propre chef, Harry…
-Ton loup…
-Mais ça ne change rien ! C'est une partie de moi !
-Non, ce n'est pas… Je veux dire que c'est ton loup qui a agi et il l'a fait… il l'a fait à cause de moi. »
Draco cessa de lécher son torse pour se redresser. Il tremblait encore de désir, redressé sur ses genoux alors qu'il caressait Harry. Ce dernier tremblait, tant de froid que de plaisir et de terreur.
« A cause de toi ? » demanda Draco, perplexe.
Harry ouvrit la bouche et la referma. Il préférait cent fois se retrouver face à Voldemort plutôt que de dire ça.
« Te lier à moi… Draco, ça… ça n'était pas… une bonne idée. »
Ses mots semblèrent refroidir son amant qui s'écarta de lui d'un air à la fois choqué et énervé.
« Je ne regrette pas du tout de…
-Non, tais-toi ! cria Harry. Tu ne sais pas. Tu ne sais pas la vérité. Cette nuit-là… Cette nuit-là où nous avons bu et où nous avons fait l'amour, comme deux idiots inconscients, nous nous sommes liés, c'est vrai. Et Merlin sait que je ne regrette pas ça, Draco. J'ai détesté cette idée, c'est vrai, mais ce n'est plus le cas maintenant, je ne remets pas ce que nous sommes en cause, je dis juste que cette nuit-là, nous avons fait une erreur parce que… je… tu… en te liant à moi… »
Les mots ne voulaient pas sortir. C'était trop dur, trop effrayant et il regretta le détachement qu'il avait ressenti au début et qui lui avait permis de le dire à Ron sans difficulté.
« En me liant à toi quoi ? » demanda Draco.
Harry prit une longue inspiration. Il savait qu'il devait le dire. Ce n'était pas si difficile. Il devait juste ouvrir la bouche et laisser les mots sortir. Et briser une chose qui lui était si précieuse qu'il ne se voyait pas vivre sans.
« Quelle importance, je vais mourir… Non, je dois mourir… »
« Tu t'es lié à Tu-Sais-Qui. Tu as lié ton âme à la mienne, mais aussi à celle de Tu-Sais-Qui. Je… Je suis un horcruxe, Draco. Je suis le dernier. J'ai ça en moi… J'ai une partie de lui en moi et c'est pour ça que tu t'es lié à lui, par accident. Je… Tout est de ma faute… Tu l'as défendu parce que le loup a cru me défendre… Je suis désolé. Je suis vraiment désolé, Draco. »
Il n'eut pas le courage de le regarder. Il ne voulait pas voir l'horreur qui le parcourut – mais que le lien lui fit très bien ressentir – ni le dégoût. Il s'affaissa sur lui-même, la tête baissée sur le sol inégal de la grotte. Il faisait froid et humide et sans le corps de Draco contre le sien, Harry s'était mis à trembler fortement. Il ne fit pourtant aucun geste pour attraper le sac contenant vêtements et couvertures. Il resta juste là, immobile et incapable d'agir. Jusqu'à ce qu'une main l'attrape par l'épaule pour le plaquer contre le torse large de Draco et qu'une autre vienne s'enfouir dans ses cheveux. Puis ce fut le tour de deux lèvres de se poser sur les siennes avec gourmandises et de l'embrasser avec une telle force que Harry gémit presque douloureusement. Quand Draco s'écarta, il le regarda d'un air à la fois stupéfait et plein d'espoir.
« Tu… tu n'as pas envie de me voir… disparaître ou…
-Ferme-la, ordonna Draco. Comment peux-tu croire que je pourrais te rejeter ? Moi ? Tu as une part de Tu-Sais-Qui en toi ? Eh bien soit ! Qu'est-ce que je suis censé en avoir à foutre ? On a qu'à le tuer et que le reste du monde aille se faire foutre ! Il ne peut pas mourir tant que tu es en vie ? Laisse-moi t'annoncer une chose : Tu n'es pas immortel et s'il faut que je le tue chaque fois qu'il se montre, je le ferai ! Mais écoute-moi bien, parce que je ne le répéterai pas deux fois ! »
Presque avec violence, faisant au passage un peu mal à Harry, il tira sur ses cheveux pour l'obliger à le regarder dans les yeux et ce que le brun y vit lui fit presque peur : c'était un mélange étrange de rage, de détermination et de domination qui le fit haleter.
« Je t'interdis de te faire du mal, d'essayer de te tuer ou quoi que ce soit d'autres comme conneries sous prétexte que tu es un horcruxe. Je n'en ai strictement rien à branler. Traite-moi de monstre, d'égoïste ou ce que tu veux, mais il est hors de question que tu te tues juste parce que Tu-Sais-Qui sera capable de revenir à cause de toi. Je m'en fous, c'est clair ? Et je vais t'obliger à vivre, même si je dois t'enchaîner à moi pour le faire.
-Ce n'est pas juste, tenta Harry.
-Rien n'est juste dans la vie, répliqua Draco. Nous étions attirés l'un par l'autre mais aucun de nous n'a jamais voulu être ensemble. Pourtant nous avons bu ensemble, nous avons couché ensemble et maintenant, nous sommes liés. Ça n'aurait pas dû se produire ainsi. C'était la pire façon de se lier, mais nous l'avons fait et Merlin sait que je ne le regrette absolument pas. Et je ne le ferai jamais, qu'importe que tu sois la réincarnation du pire mage noir du monde ou que tu sois la clé de l'apocalypse, je m'en fiche ! Et si ta conscience t'ennuie en te disant que ce n'est pas juste, que tu ne dois pas vivre au mépris du danger qu'encourent les autres, pas de problème : on va chercher une solution pour sortir cette chose de toi, sans te faire mal et sans te tuer ! »
Harry resta un instant sans voix. Ça ne pouvait pas être aussi simple. Draco ne pouvait pas juste accepter ça ainsi.
« Je ne te dégoûte pas ?
-La seule façon de me dégoûter de toi est que tu te roules dans du fumier ! Même si je pense qu'après quelques bains…
-Draco, ce n'est pas drôle, dit Harry. Je… ça devrait… je veux dire…
-Pas grand-chose, tu n'es décidément pas très loquace !
-Tais-toi ! s'énerva Harry. Tu devrais être dégoûté, je ne suis pas normal !
-Tu dis ça à un loup-garou, fit remarquer Draco.
-Loup-garou ou non, tu es quelqu'un de bien !
-Toi aussi ! Ou en tout cas, je n'ai pas le souvenir d'avoir entendu parler des centaines de personnes que tu as massacrées récemment…
-Mais… J'ai un morceau de lui en moi !
-Et cette formulation apporte à mon imagination une image absolument horrible qui me donne envie de pleurer ou de vomir, mais ça ne change rien !
-Arrête de plaisanter !
-Je ne plaisante pas, c'est vraiment une image dégoûtante ! »
Agacé, Harry voulut se redresser mais Draco le tira violemment par le bras pour le faire tomber contre lui. Il l'enlaça aussitôt, l'obligeant ensuite à rester immobile.
« Nous sommes liés et ça ne peut être défait. Mais rien ne dit que ça ne peut être détruit sans vraiment te faire subir… le pire. Je ne saurais pas… je ne saurais pas vivre sans toi. Regarde Joshua. Il se traîne, malheureux comme la pierre, pleurant la mort d'Annie. Je ne serai pas comme Joshua. Je ne te perdrai pas. Pas après si peu de temps ensemble. Je veux des années avec toi. Si tu l'acceptes, je veux toute ma vie avec toi.
-Je le veux aussi ! s'exclama Harry. Arrête de croire que je vais te rejeter d'un moment à l'autre, cesser de t'aimer ou que sais-je ! Je t'ai dit que j'étais avec toi, maintenant. Que je t'aimais ! Ce que j'ai dit… après notre première fois… je le pensais. Mais j'étais… je ne sais pas, j'étais sans doute choqué, stupide et hétéro aussi ! »
Draco sourit en l'entendant et il enfouit à nouveau son visage contre sa gorge.
« Nous allons trouver une solution, dit-il. Hermione doit déjà être sur le pied de guerre. Je ne doute pas qu'elle sache, n'est-ce pas ?
-Non, elle sait… c'est à elle que je l'ai dit en premier. »
Draco approuva en silence.
« Alors elle doit déjà chercher. Et je vais le faire aussi. Je vais demander de l'aide à Devis. Vu son âge, il doit savoir des choses que nous ne pourrions même pas imaginer. Il doit être capable de nous aider. Enfin, dès qu'il m'aura pardonné de ne pas lui avoir rendu visite pour le nouvel an…
-Visite pour le nouvel an ? demanda Harry en attirant le sac à eux afin de sortir une des couvertures données par Hermione.
-Qu'est-ce que tu as là-dedans ? demanda brutalement Draco. De la nourriture ? Je sens de la nourriture ! »
Presque frénétiquement, il se mit à fouiller dans le sac sortant les vêtements, les flacons de potion (« Tu avais vraiment pris de quoi me chercher longtemps, hein ? »), une autre couverture, deux bouteilles d'eau et enfin, un énorme sachet rempli de petits sandwichs ronds. Il lança un regard presque suppliant à Harry qui sourit et hocha la tête.
« Elle les a préparés pour toi, je crois, lui dit Harry en haussant les épaules. Ou alors, elle pensait que j'en aurais pour des jours à te retrouver.
-Tu étais certain d'y arriver vite, hein ? demanda Draco, mordant ensuite voracement dans un des petits pains.
-Je ne pensais rien, avoua Harry. J'étais complètement sous le choc de ce que je venais… d'admettre. »
Il s'assombrit, regardant le sol d'un air résolu tout en serrant la couverture autour de lui.
« Et totalement obsédé par l'idée de te retrouver et… et de simplement essayer d'oublier tout ça pour rester avec toi.
-Comment ? se moqua Draco. L'altruiste Saint-Potter serait disposé à ne pas penser à l'humanité et à fuir avec son loup-garou de compagnon ?
-Non, répondit Harry d'un air agacé. Mais… Je suppose que ça m'a tenté, l'espace d'une seconde. Ou de plusieurs heures. Mais je sais que je ne peux pas faire ça. »
Il soupira en tournant la tête vers la sortie de la grotte.
« De même que je ne peux pas me passer de toi également. »
Draco cessa de manger un instant pour tendre la main et lui caresser la joue avec tendresse. Harry souffla en le sentant faire et tendit inconsciemment sa joue vers lui. Il se reprit pourtant.
« Il va falloir rentrer, ensuite. Je crois que le plus simple, c'est que je reprenne une forme de loup. En moins de cinq heures, on devrait y être. Ça m'a prit un peu de temps vu que j'ai dû m'arrêter pour essayer de te percevoir, donc, je pense que…
-On ne rentre pas tout de suite, interrompit Draco en repoussant le sachet de sandwichs et en se rapprochant de lui. Non, pas tant que je n'ai pas mangé à ma faim.
-Bien sûr, je voulais attendre que tu aies fini de manger, mais… euh… Draco ?
-Mhmm ?
-Pourquoi es-tu en train de me coucher par terre ?
-C'est pour mieux te manger, mon enfant… »
Harry ne put qu'écarquiller les yeux avant de rire ensuite aux éclats face à la plaisanterie de son amant.
« Idiot, dit-il en l'enlaçant. Mais tu sais, le sol est assez dur…
-Pas que le sol, répondit Draco en le regardant avec intérêt. Ne t'inquiète pas. J'ai déjà trouvé cinq idées différentes pour ne pas te blesser en te faisant l'amour ici…
-Seulement cinq, hein ? » plaisanta Harry.
Il rit puis caressa tendrement ses oreilles lycanthropes, sorties depuis le début de leurs retrouvailles. Ils se fixèrent pendant un long moment, jusqu'à ce que Draco se penche sur lui pour l'embrasser avec tendresse.
« On trouvera une solution, lui dit-il après s'être écarté. Sur mon âme, Harry, je te le promets. On va sortir ce monstre de ton corps et je te jure qu'ensuite… on le tuera. Et ce sera enfin juste nous deux. »
Harry sourit en l'entendant.
« C'est un programme qui me plaît beaucoup. Autant que de savoir les cinq idées que tu as eues… »
Draco lui fit un léger sourire séducteur avant de se pencher sur lui.
« Tu vas avoir un peu mal pour revenir au village… je ne sais pas si c'est vraiment sage… mais ça fait une semaine et un jour… c'est trop long… »
Il poussa un grognement en allant enfouir son visage dans sa gorge, recommençant à mordiller et lécher sa peau avec envie.
« Bien trop long, répliqua Harry, amusé. Cèdes-y, Draco… S'il te plaît… »
Le blond s'écarta de lui pour le regarder d'un air gourmand.
« Tu es vraiment dangereux, chuchota-t-il. Dangereusement désirable… »
Et sans plus attendre, il passa à l'attaque.
A suivre…
Alors ? Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Et par pitié, dites-le, ne vous contentez pas de râler à cause de l'annonce suivante :
Au vue des vacances d'été (pensez à respirer), je vous annonce qu'Alpha Potentiel ne sera plus updaté avant le 13 août. Le mois de juillet est de toute façon bien trop chargé pour moi. J'ai d'abord deux semaines de travail intense (à savoir que nous allons faire, en deux semaines, le travail d'un mois : la facturation de 100 dossiers infirmiers (d'à peu près 50 patients et plus par dossier, ce qui équivaut à 1000 coups de téléphone furieux parce que « il manque l'accord mutuel ! C'est quoi le numéro du patient ? Et où est cette PUTAIN de PRESCRIPTION MEDICAAAAALE ! ». Ou si vous préférez : 100 ulcères, des heures sups, deux semaines à travailler six jours et à stresser comme pas possible !) puis une semaine de vacances en Espagne afin de bien me reposer de l'épreuve que va être le travail. Enfin, je mettrais à profit la dernière semaine de juillet pour m'avancer un maximum dans l'écriture de mes deux fics et d'un OS. Pourquoi pas début août, alors ?
Et bien, tout simplement parce que les deux premières semaines du mois, je suis surchargée par le travail. Coup de bol, le week-end du 13août est aussi un long week-end grâce à un férié alors je peux poster ! Sinon, ça aurait été le 20 !
Bref ! Pour les fans de MF, rassurez-vous, si tout va bien, je vous livrerais le chapitre suivant le 9 juillet. Je l'ai terminé ce lundi et l'ai envoyé à ma correctrice. J'aurai aimé vous le poster la semaine prochaine, mais vu que je suis à la Japan, je suis obligée de le reporter à la semaine suivante !
Sur ce… Rendez-vous le 13 août ! Gros bisous à tous et toutes. Et surtout, surtout… Bonnes vacances ! Pensez à moi le 17 juillet ! Je vais célébrer mes 25 ans sur une plage d'Espagne où j'ai passé mon enfance et où je n'ai plus eu le plaisir d'aller depuis maintenant 10 ans !
A bientôt !
