Titre : Alpha Potentiel
Résumé : Pour avoir lâchement désobéi à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM
Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)
Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !
Note de l'auteur : Et bien… Voilà le chapitre 22 qui est de loin un de mes préférés. Je sais que certains d'entre vous n'aimerons peut-être pas ce qu'il se produit à la fin. Personnellement, je projetais cette scène depuis le tout début de l'histoire. Alors qu'importe les « Ah non, je ne voulais pas », moi oui ! Vivez avec ! loll
J'ai constaté en lisant les Reviews que certains d'entre vous n'avaient pas noté une des informations essentielles du chapitre précédent, concernant Greyback. Vous êtes nombreux à lui souhaiter de se lier (soit avec Remus, ce qui est impossible car Remus est déjà lié à Tonks, soit avec Hermione ou quelqu'un d'inconnu), hors, pour rappel, Greyback à fait le serment à Voldemort qu'il ne se lierait JAMAIS ! Et malheureusement, en tant que servant à ce sale serpent et tant que ce dernier sera encore en vie, il ne pourra pas le faire. Les loups-garous accordent une grande importance à la hiérarchie, au respect de celle-ci et aux engagements qu'ils prennent. Si vous ne l'aviez pas encore ressenti avec ces 21 premiers chapitres, les suivants devraient vous éclairer.
Bref ! Je suis sur un petit nuage. Si tout va bien, dans un an et trois mois, je pars au Japon pour deux semaines. Je vole, je plane, j'ai envie que le temps passe ! loll
A dans un mois, le 10 septembre, pour le chapitre 23 intitulé Nouvelle vie.
Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Sais pu ^^
Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !
Nombre de chapitre : 27 commencé. A ce chapitre, la fin de l'histoire se profile. Encore 5 ou 6 chapitres…
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Chapitre 22 : Choix de vie
Harry ne savait pas comment il avait pu s'endormir ou même faire l'amour avec Draco alors que son esprit était si bouleversé par la chose qu'il avait en lui. Mais il faut croire que le manque de Draco, le soulagement de le retrouver et celui apporté par l'orgasme furent suffisants pour lui apporter la paix de l'esprit nécessaire au repos du corps.
Dans le petit nid de vêtements et de couvertures que Draco leur avait fabriqué, un feu magique tout près d'eux, il était si bien installé qu'il sombra dans le sommeil, rêvant de Draco qui l'enlaçait, caressait rêveusement son flanc et se penchait parfois pour embrasser son épaule. Il y avait une telle adoration dans le regard de son compagnon qu'il se détendit entièrement. Il avait la sensation que tant qu'il restait là, dans les bras forts qui l'entouraient, il serait protégé de tout. C'était cette sensation, après tout, qui l'avait séduit le plus. Ça et la détermination de Draco à l'avoir. Et peut-être aussi le fait qu'il soit si sexy…
Les yeux posés sur le corps endormi de son amant, Draco ne pouvait pas s'empêcher de le toucher, de l'embrasser. Ça faisait si longtemps… et c'était si bon de le retrouver, lui qui pensait l'avoir perdu pour toujours. A la place de ça, Harry était revenu le chercher et s'était accroché à lui avec une telle peur de le perdre à nouveau qu'il en avait été déstabilisé. Bon, d'accord, les circonstances n'en restaient pas moins dramatiques… mais ils étaient ensemble et c'était tout ce qui comptait. Il trouverait une solution pour enlever cette chose horrible du corps de son amant et briser le lien qui l'avait uni à ce monstre de mage noir.
Car il ne doutait pas qu'il trouverait une solution. Qu'importe le temps que ça prendrait, il trouverait. Même s'il devait lire les livres du monde entier. La simple idée qu'Harry partage son âme avec un morceau de Voldemort le rendait… furieux. Une part de lui ne cessait de se dire qu'Harry n'était pas encore entièrement à lui. Que par accident, il partageait son corps et son âme avec un autre que lui. Et ça, il ne pouvait le tolérer ! Harry n'était qu'à lui seul ! C'était son compagnon !
Presque durement, il resserra son emprise sur le corps de son compagnon, grognant dans la manœuvre. Il se pencha pour frotter son nez contre sa gorge qu'il se mit à lécher et à mordiller. Il avait envie de le mordre à nouveau, mais Harry dormait et il ne voulait pas le réveiller. Il le ferait… plus tard. En attendant, il avait bien le droit de se reposer un peu. Il posa doucement sa tête sur l'épaule nue et resserra ses bras sur la taille fine. Un soupir extatique sortit de sa bouche et il sentit un tel sentiment de bonheur l'envahir qu'il eut presque envie de pleurer. L'horcruxe n'était qu'une embûche sur son chemin… Rien d'important…
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Ils arrivèrent au village le lendemain, peu de temps après le dîner. Ils étaient allés directement à la maison des Gryffondor, même s'ils savaient que rapidement, ils ne seraient plus seuls. Dès qu'ils passèrent la porte, Hermione et Ron furent sur eux.
« Enfin ! s'exclama Hermione. Draco, reprends forme humaine à l'étage. Il y a des vêtements prêts pour toi. Et toi, Harry, j'ai mis un antidote dans une petite assiette. Bois-le et tu reprendras forme humaine. Dépêchez-vous ! Greyback ne devrait pas tarder, il t'a sûrement senti. »
Draco grogna d'un air à la fois agacé et angoissé et, lâchant le sac qu'il tenait dans sa gueule, Harry vint se frotter contre lui pour l'encourager. Ils montèrent promptement à l'étage où, comme Hermione l'avait dit, une potion attendait Harry et un verre de lait était posé sur la table de nuit pour Draco. Rapidement, le loup blanc laissa place à un homme nu et Harry eut envie de hurler de toutes ses forces en le voyant. A la place, il alla sagement laper l'assiette creuse. L'antidote avait un goût horrible mais pour son bien, il se força à le boire, jusqu'à sentir son corps changer progressivement pour retrouver son corps d'homme. Il se releva avec raideur, des courbatures apportées par le sexe et par le sol dur de la grotte crispant son corps. Un bras chaud et nu vint l'aider à se redresser et il se retrouva blotti contre un torse doux, le visage de son amant posé contre sa gorge.
Le matin même, au réveil, Draco n'avait pas pu s'empêcher de le mordre à nouveau, déclenchant un léger saignement sur sa peau. Harry n'avait rien dit. Il savait que c'était presque obligatoire pour le loup et l'avait accepté, comme sa possessivité, sa sauvagerie graduelle et finalement explosive due à la présence de la lune chaque fois plus forte. Et bien entendu, le loup plus que présent entre eux.
« Habillons-nous, dit Draco en donnant un coup de langue repentant sur la morsure sur l'épaule de Harry. Greyback est déjà en bas. »
Harry soupira et ne put s'empêcher de l'enlacer.
« Il… il ne va pas te faire de mal, hein ? »
L'absence de réponse de Draco répondit à son interrogation. Si, probablement. Il allait devoir payer sa désobéissance, lorsque Greyback lui avait ordonné de rester et qu'il avait refusé d'écouter. Mais il y était préparé.
« Allez, dépêchons », dit Draco en le poussant vers sa garde-robe.
Une moue sur les lèvres, Harry obéit en allant s'emparer rapidement de sous-vêtements et d'un pantalon qu'il enfila hâtivement sur lui. Draco l'imita et très vite, ils furent vêtus. Mais aucun n'esquissa de mouvement pour quitter la chambre.
« Plus vite on y va et plus vite c'est terminé, déclara Draco en se passant une main dans les cheveux. Et plus vite je pourrai aller prendre une vraie douche et me brosser les dents… Désolé pour ça. »
Harry haussa les épaules. Il n'avait jamais été dérangé par l'haleine étonnement fraîche de son amant.
« Allons-y », dit-il en prenant sa main.
Résolus, ils descendirent jusqu'au rez-de-chaussée, horriblement tendus. Dès qu'ils arrivèrent dans le salon, Greyback se tourna vers eux, furieux. Chyreer était là, ainsi que Gabriel qui eut un sourire crispé. Presque automatiquement, Harry s'était placé devant Draco qui l'écarta en douceur, lui soufflant un « reste en dehors de ça » à l'oreille. Il s'avança jusqu'à Greyback, baissant les yeux dès qu'il lui fit face.
« Punis-moi comme tu le souhaites, dit-il, stoïque. Je l'accepte. »
Presque aussitôt, Greyback le gifla si fort que Draco fut envoyé contre le mur du salon. Harry écarquilla les yeux de surprise alors qu'Hermione poussait un cri de stupeur et que Ron sortait sa baguette dans un réflexe. Chyreer se plaça devant lui en une seconde.
« Je ne te le conseille pas, dit-il. C'est une histoire entre nous. Ne t'en mêle pas. »
Ron balbutia et rangea sa baguette alors que Greyback, lui, s'était approché de Draco pour le soulever par les cheveux. Harry devait se faire violence pour ne pas aller l'aider, mais il savait qu'il n'en avait pas le droit. C'était entre les membres de la meute. Il n'était qu'un humain, il n'avait aucun droit face à cette histoire.
« Tu n'es qu'un arrogant petit prétentieux, toi qui crois sans arrêt que tu peux me défier sans en payer le prix. D'abord en osant m'attaquer, lorsque nous avons retrouvé les Gryffondor, en osant me grogner dessus parce que je m'approche trop de ton compagnon ou que j'essaye de vous empêcher de faire des bêtises ! Et n'ose pas dire que ce qu'il se passe entre Potter et toi ne me regarde pas, ça me regarde si cette relation te pousse à t'enfuir d'ici sans même t'inquiéter des conséquences que cela a. Qui crois-tu être pour me défier de cette façon, encore et encore, Draco ? Je suis ton alpha ! Ton supérieur ! Je t'ai recueilli, appris ! Et tu oses me désobéir ? »
Il avait approché le visage de Draco du sien, criant les derniers mots avec rage. Draco ne put répondre qu'il se faisait déjà repousser contre le mur, un cadre tombant sur le sol dans un bruit sourd. Un sanglot d'Hermione sembla distraire un instant Greyback qui la regarda une fraction de seconde avant de revenir sur Draco.
« Si tu te sens assez adulte pour prendre tes propres décisions, tu peux quitter le village, dit-il froidement. Je ne te retiens pas. »
Il pivota sur lui-même pour partir mais Draco parla aussitôt.
« Tu sais que ce n'est pas le cas, répondit-il. Je veux rester ici. »
Greyback se tourna vers lui, le fusillant des yeux.
« Je ne me sens pas assez adulte pour quoi que ce soit… et par-dessus tout… je n'ai pas d'endroit plus sécurisé pour Harry. »
Le concerné écarquilla les yeux en l'entendant. Il avait envie d'aller près de lui pour essuyer le sang qui coulait de son arcade sourcilière et de sa lèvre fendue mais il resta immobile, les poings serrés. Ron avait rejoint Hermione et la serrait dans ses bras pour la calmer, lui caressant les cheveux.
« Nous… il a découvert quelque chose. Quelque chose qui va nous occuper pendant un long moment et dont je ne peux parler à cause du serment que tu as passé. Mais nous avons besoin de ta protection. S'il te plaît. Sauf pendant la semaine qui va suivre, je te promets que je ferai tout ce que tu m'ordonneras. Sans jamais me rebeller. S'il te plaît… »
Il était à genoux, le visage baissé vers le sol dans un signe de repentance et Greyback le regardait avec colère.
« N'apparais pas devant moi jusqu'à la pleine lune, sauf urgence, dit-il. Après cette pleine lune, quel que soit votre découverte, tu seras sous ma direction et tu auras intérêt à obéir. Compagnon ou pas ! »
Et sur ses mots, il sortit de la pièce, vite suivi de Chyreer. Presque aussitôt, Harry se précipita sur Draco, s'agenouillant à ses côtés pour relever son visage vers le haut et l'examiner. Il passa une main sur son front, suivant le sourcil blessé avec douceur. Draco le regarda d'un air presque honteux.
« Je n'ai guère été reluisant, hein…
-Je m'en fous, répondit Harry en allant déposer un baiser sur sa joue. Comme tu l'as dit, c'était inévitable… Viens, lève-toi. »
Il tira sur son bras et l'aida difficilement à se lever. Gabriel les observait avec une petite moue sur les lèvres.
« Il a encore été gentil, dit-il, amusé. Tu sais que tu l'as mérité… Tu méritais même pire !
-Je sais, répondit Draco en se laissant tomber sur le canapé dans le canapé. Mais la situation est compliquée, Gabriel… »
Il ferma les yeux alors qu'il appuyait sa tête contre le dossier du siège en gémissant douloureusement. Hermione, qui s'était remise, quitta la pièce pour revenir un peu après avec une trousse de secours qu'elle donna à Harry. Reconnaissant, il s'empressa de l'ouvrir pour commencer à chercher du nettoyant désinfectant accompagné d'une potion cicatrisante. Il attrapa quelques linguettes qu'il humidifia à l'aide des deux potions puis, délicatement, alla nettoyer le visage de Draco.
« Désolé, lui dit-il doucement.
-Pourquoi ? demanda Draco sur le même ton.
-Si tu n'avais pas eu si peur que je te repousse… tu n'aurais pas fui et désobéi… et maintenant, tu n'aurais pas mal…
-Il n'a pas été si cruel, lui affirma le lycanthrope en fermant les yeux sous la douceur des soins effectués. Il aurait pu me faire mille fois pire… il s'est retenu parce qu'il savait… il savait que je ne contrôlais plus rien ce jour-là, que j'étais terrifié et que c'est la seule raison qui m'a fait partir. Ce qu'il n'accepte pas, c'est que je ne l'ai pas laissé me retrouver. J'ai continué de le fuir alors que toi… toi, je t'ai laissé m'atteindre…
-C'était différent, répondit Harry. C'était… enfin, c'était nous. »
Draco rouvrit les yeux pour le contempler avec une pointe d'amour qu'Harry apprécia. Il continua de le soigner, heureux de constater que les soins fonctionnaient sur les blessures qui, lentement, se refermaient.
« Donc, commença Ron. Tu sais ? »
Draco le regarda. La présence de Gabriel rendait les choses difficiles et il se tourna vers son ami avec hésitation. Ce dernier soupira en comprenant la demande muette.
« Vous êtes chiants avec vos foutus secrets…
-Désolé, s'excusa Draco.
-Menteur, répliqua le plus jeune. Bon, je me casse vu que je dérange ! Mais tu ne perds rien pour attendre ! »
Et il quitta la maison, non sans pester. Restés seuls, les quatre amis se regardèrent avec hésitation.
« Je sais, répondit enfin Draco. Et il est hors de question que qui que ce soit tue Harry !
-Comme si on voulait le faire ! s'exclama Ron, révulsé que Draco sous-entende l'inverse. Mais il va falloir trouver une solution et…
-Je vais aller voir Devis, le coupa Draco. Aujourd'hui… Il a des années d'existence. Peut-être qu'il saura quelque chose. Ou qu'il connaîtra un vampire assez vieux qui saura quelque chose… mais d'une façon ou d'une autre, on trouvera quelqu'un pour nous aider ! Il le faut. Je refuse de laisser cette chose dans mon compagnon ! »
Il ne put s'empêcher de passer un bras possessif autour de la taille d'Harry qui se laissa faire, trop occupé de toute façon à passer sa crème désinfectante sur le visage marqué.
« Mais avant, on va prendre une douche, dit-il. Et manger quelque chose de solide. Si ça ne vous dérange pas de préparer quelque chose…
-Pas du tout, répondit Hermione. Allez vous laver. Ensuite, on continuera de discuter. »
Harry et Draco hochèrent la tête et se levèrent pour ensuite quitter la pièce. Avec un peu de pitié, Ron s'occupa de remettre le salon en état.
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La nervosité s'était emparée de Draco à l'idée d'aller voir Devis. Il n'avait pas rendu visite à son ancêtre pour la nouvelle année et il craignait que ce dernier ne soit fâché. Hermione et Ron avaient décidé de les accompagner, trop inquiets qu'ils étaient pour leur ami. Harry était fermement collé à Draco. Non pas qu'il en ait spécialement l'envie, mais son compagnon, depuis leurs retrouvailles, ne semblait pas vouloir le lâcher, au sens propre. Sa main était solidement tenue depuis qu'ils avaient quitté la chambre où ils s'étaient habillés après une douche assez satisfaisante. Même pour manger – du poulet à la crème, des pommes de terre rôties et des asperges – Draco avait emmêlé leurs jambes afin de s'assurer de ne pas être séparé de lui.
« On y va ? demanda Ron. Les voisins commencent à s'interroger. »
Draco souffla mais hocha la tête. Laborieusement, il entraîna Harry vers la porte, Ron et Hermione leur emboîtant le pas. Ils s'approchèrent de la porte à laquelle Draco frappa difficilement. Celle-ci s'ouvrit presque aussitôt, dévoilant un jeune homme à l'air étrangement souriant. Un sourire effrayant qui se fana à la vue qui se dévoilait devant lui.
« Ah… Draco, constata-t-il d'une petite voix sifflante. Et le gentil Harry accroché à lui… A moins que ce ne soit l'inverse ? Et les deux autres amis si… Oh, je m'en fous, en fait ! Qu'est-ce que vous voulez ? Et ne viens pas me dire « te souhaiter la bonne année ! » car nous sommes presque en Février et tu as presque UN MOIS de retard ! »
Draco grimaça en l'entendant crier d'un ton aigu.
« Devis… je suis désolé, dit-il. Les… les évènements ont été assez… chargés et… Bonne année ? »
Le vampire plissa les yeux d'un air méfiant puis finit par les lever au ciel.
« Espèce d'ingrat égoïste et profiteur, tu n'es vraiment qu'un… qu'un… Malfoy ! »
Il pivota et s'éloigna dans le couloir, laissant la porte grande ouverte. Se regardant, les quatre visiteurs entrèrent calmement à l'intérieur et refermèrent la porte. Ce fut tout naturellement que Draco les emmena vers le salon où, sans surprise, Devis était installé sur le canapé, vêtu de noir des pieds à la tête, sa longue chevelure retenue dans un petit ruban de soie noir. Il tenait une tasse de thé en porcelaine, décorée de dorures et d'arabesques rouges des plus élégantes. Mais ce n'était pas du thé, dans la tasse. Lorsqu'il porta le contenant à ses lèvres et qu'il en but, une légère trace de sang s'installa sur sa bouche qu'il lécha goulûment.
« Donc, dit-il en les observant d'un air distant. Que me vaut vraiment l'honneur ?
-Alrick n'est pas là ? demanda Draco en regardant la tasse remplie de sang.
-Il s'est absenté cette semaine, pour affaire, répondit le vampire. Il est censé revenir ce soir… mais il est en retard. »
Boudeur, il termina sa tasse, poussant le vice jusqu'à lécher l'intérieur d'un air gourmand.
« Ah, dit Draco, grimaçant. Tout d'abord, merci… pour le cadeau de Noël. »
Devis releva les yeux sur lui, le bout de sa langue parcourant les bords de la tasse.
« J'ai adoré, poursuivit Harry, assis à côté de Draco, toujours tenu par la main. C'était vraiment très réussi…
-Bien sûr, c'est moi qui l'ai fait ! siffla Devis. Bref ! Je suppose que je dois te dire merci aussi pour ton cadeau, Draco… par contre, j'attends toujours le tien ! »
Et il fusilla Harry des yeux, ce dernier semblant stupéfait par les mots.
« Le… le mien ? dit-il.
-Tu es son époux, non ? Alors tu fais partie de ma famille !
-Il est mon compagnon, pas mon…
-C'est juste un nom ! répondit Devis en remuant la main d'un air évasif. C'est pareil ! Maintenant, dis-moi pourquoi tu es là, réellement ? Tu as besoin de mon aide, je suppose ? Pour quelle autre raison ! Juste me rendre une visite de sympathie, c'est trop te demander ! Tu es vraiment un Malfoy jusqu'au cou ! »
Il se releva rapidement et quitta la pièce, sa tasse à la main. Il revint quelques minutes plus tard, déchargé de sa boisson, l'air toujours furibond.
« Alors ? »
L'air embarrassé, Draco resserra sa main sur celle d'Harry et prit une inspiration.
« Vold… ie a décidé qu'il ne voulait pas mourir alors il a coupé son âme en plusieurs morceaux qu'il a transféré dans des objets et des personnes et ça s'appelle des Horcruxes ! Depuis des semaines, Harry essaye de les retrouver et de les détruire et il n'en restait plus qu'un lorsqu'il a découvert que ce un, c'était lui. »
Devis resta un instant immobile et silencieux avant d'arquer un sourcil sceptique.
« Ce un… attends, quoi ? dit-il, stupéfait. Je n'ai rien compris, Draco, ça n'a… c'est complètement stupide !
-Non, coupa Hermione. Enfin, si, c'est stupide de couper son âme en morceaux, mais Harry est… enfin, suite à plusieurs indices, il paraît évident qu'il est un horcruxe… même si c'est assez désagréable à admettre. »
La jeune fille baissa la tête d'un air légèrement renfrogné. Manifestement, elle n'appréciait pas de ne pas avoir pensé à cette éventualité…
« Donc… si je comprends bien, ton compagnon partage son corps avec… Voldie ? C'est quoi ce surnom ? Notez, c'est toujours mieux que « Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom… » Qui a inventé un truc aussi con et long ? »
Personne ne répondit. Ils regardaient le vampire avec une sorte de déception qui l'étonna.
« Eh bien quoi ? Quel est le problème ? »
Draco hésita un instant, se raclant la gorge.
« On espérait que… peut-être… Tu saurais quelque chose sur les horcruxes ou… sur une façon d'enlever cette chose d'Harry… »
Devis le regarda un long moment avant d'esquisser un sourire.
« Je suppose que ça doit te donner envie d'aller l'éviscérer, ce bâtard qui ose empiéter sur ton territoire, hein ? »
Draco répondit en levant les yeux au ciel, agacé.
« Bon, d'accord, d'accord, dit le vampire. Navré, mais je n'ai jamais entendu parler de ces choses. Pourquoi chercherais-je une façon de rester en vie alors que je suis déjà immortel ?
-Eh bien, techniquement, vous ne l'êtes pas, intervint Hermione. Le soleil peut vous tuer et vous…
-La ferme, tout le monde connaît les mythes, pas besoin d'en faire tout un étalage, coupa Devis, furieux. Bref ! Je suis immortel et je n'ai donc jamais eu à chercher une façon de me sauver la vie… Mais ce concept est intéressant. Il a fractionné son âme, hein ? Et il en a mis un morceau dans le corps d'Harry… Intéressant. »
Il se leva souplement et, d'un pas presque dansant, s'approcha de Harry. Draco ne put s'empêcher de tirer son compagnon contre lui et Devis siffla d'agacement. Il ignora le mouvement de son descendant et continua d'avancer jusqu'à être si proche de Harry que le brun s'en sentit gêné. Devis dégageait une odeur étrange, suave, capiteuse, presque hypnotique. Il sentit son corps s'alourdir contre le torse sécurisant de son amant et ses paupières se fermèrent presque nerveusement.
« Donc, dit la voix lointaine de Devis. Mon gendre est infecté par cette punaise. Tu veux que j'essaye de l'enlever, c'est ça ?
-Tu saurais ? demanda Draco, plein d'espoir.
-Non, répondit Devis. Je peux atteindre les âmes, mais de là à l'extraire hors d'un corps, il ne faut pas rêver ! »
Il s'éloigna et Harry reprit ses esprits plus clairement. Il était plus étendu contre Draco qui l'enserrait dans ses bras avec douceur.
« Qu'est-ce que…
-Mon charme, se vanta Devis en le regardant. Mais je suis pris, bébé, fais-toi une raison ! »
Draco leva encore les yeux au ciel.
« Quoiqu'une expérience à quatre m'a toujours tenté, mais Alrick est très possessif… Notez, juste regarder m'irait aussi…
-Devis, s'impatienta Draco.
-D'accord, d'accord… espèce de prude ! »
Ron eut un ricanement qui fit hausser un sourcil curieux au vampire mais le rouquin refusa de poursuivre. Agacé, Devis s'appuya confortablement contre le dossier de son fauteuil.
« Avant de faire quoi que ce soit, il faudrait être sûr qu'il est bien un horcruxe, dit-il. Et pour cela, j'ai un moyen ! »
Il se leva rapidement et quitta la pièce, les laissant seuls. Harry en profita pour se redresser maladroitement, Draco gardant pourtant un bras autour de sa taille.
« Qu'est-ce qu'il s'est vraiment passé ? demanda-t-il.
-L'odeur d'un vampire est un procédé très employé pour rendre son… sa proie apathique, de façon à pouvoir le… boire plus facilement, expliqua Hermione. Seuls les humains y sont sensibles. Draco est immunisé contre ça, mais pas toi. Proche de toi, Devis t'a plongé dans cette apathie sans vraiment le vouloir. Il paraît qu'avec le temps, un humain peut s'y habituer… »
Harry grimaça en l'entendant. Au même moment, Devis revint, portant un étrange bâton rouge et noir dans sa main. Il était si net et régulier qu'il semblait fait de métal mais, à l'œil, Harry sut qu'il était en bois.
« J'ai déniché ça en Egypte, il y a cinquante ans, ou presque, on ne va pas chicaner sur des dates. Bref, ce joli bâton a des capacités étonnantes. Draco, prends-le… »
Le fait qu'il le tienne avec des gants ne rassura guère le lycanthrope qui hésita clairement à obéir. Agacé, le vampire le lança sur Harry et, par automatisme, Draco l'attrapa. Aussitôt, un phénomène étrange se produisit. Le bâton s'illumina et un second Draco, translucide et entouré d'une aura bleue, apparut, debout dans le salon. A ses côtés, un majestueux loup blanc se tenait, imposant, dominateur. Tous deux étaient reliés par un étrange cordon rouge qui semblait se diriger droit vers Harry.
« Ce bâton est capable de montrer ce que contient une enveloppe charnelle… Donc, si notre petit bébé le prend…
-Arrêtez de m'appeler ainsi ! s'énerva Harry.
-Oh, je suis sûr que si Draco te le susurrait, tu apprécierais ! »
Harry ouvrit la bouche pour répliquer mais soudain, il la referma en rougissant, à la grande stupeur de Draco.
« Tu aimerais ? dit-il, étonné.
-Donne-moi le bâton ! s'exclama Harry, mortifié. Allez, donne ! »
Il se contorsionna dans la prise solide de son amant et attrapa l'objet, le lui arrachant des mains. Aussitôt, un Harry entouré d'une aura verte apparut. Mais il n'était pas seul. À côté, une forme noire se matérialisa, recouverte d'une cape et remuant de façon étrange. Hermione hoqueta alors que Ron écarquillait les yeux. Excité, Devis se mit à tourner autour de la forme noire avec fascination.
« Intéressant, dit-il, la voix haut perchée. Très intéressant… Regardez… un morceau d'âme de «Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ». Fascinant… »
Il le regardait de près puis ses yeux passèrent sur les deux âmes avec attention.
« Etrange… Les deux âmes ne sont pas reliées, comme avec celles de Draco, alors qu'elles ont le même contenant… Mais elles sont toutes les deux directement rattachées à notre petit louveteau… »
Le concerné grogna. Un lien rouge se détachait en effet des deux âmes et se dirigeait vers lui.
« Tu es amoureux de Tu-Sais-Qui, Draco ? demanda Devis, moqueur. D'accord, d'accord, je plaisante, range tes dents… »
Draco referma la bouche qu'il n'avait pas conscience d'avoir ouverte dans un mouvement furieux.
« Bref ! L'avantage, c'est qu'ils ne sont pas liés entre eux. Le problème, c'est qu'en détruisant ce morceau d'âme, tu vas souffrir. Beaucoup. »
Draco hocha la tête. Il se rappelait encore très bien de la douleur ressentie lorsque les horcruxes avaient été détruits…
« Ce n'est pas grave, dit-il. Tant que Harry est débarrassé de cette… chose, ça me va. »
Devis acquiesça de la tête, continuant à tourner en rond autour du morceau d'âme avec intérêt.
« Je l'ai appelé parasite par accident, mais au fond, c'est ce qu'il est… Et c'est ainsi qu'il serait perçu si… mhmm… vraiment intéressant. »
Draco fronça les sourcils face au sous-entendu.
« Tu as une solution ? demanda-t-il, étonné.
-Je crois, oui, répondit Devis, souriant. En fait, j'en ai deux. »
Théâtral, il retourna s'asseoir dans son canapé avec un petit sourire félin. Mais à peine avait-il posé ses fesses sur le doux tissu que la porte d'entrée claqua. L'expression de Devis vira de sournoise à extatique et il bondit sur ses petits pieds, passant ensuite une main rapide sur ses vêtements pour les replacer convenablement et recoiffant ses cheveux avec un empressement presque ridicule. Puis la porte s'ouvrit et Alrick apparut, imposant et majestueux. Harry aurait presque ri de l'expression extatique du vampire s'il n'avait pas été si impatient d'apprendre les idées de Devis. Draco, lui, poussa un soupir résolu : il ne saurait rien tant que Devis n'aurait pas salué son calice comme il le souhaitait.
Ce fut d'un pas presque dansant que le petit vampire se jeta sur son calice, ses jambes s'enroulant autour de la taille musclée et ses bras enlaçant le cou adoré.
« Enfin, te voilà ! dit-il d'une voix presque emphatique. Tu es en retard !
-Désolé », répondit Alrick en passant deux bras tendres autour de sa taille pour ensuite se pencher sur lui et l'embrasser sans aucune gêne.
Ils restèrent un long moment dans cette position, si long que même Draco commença à se sentir mal à l'aise : il avait l'impression de suffoquer en s'imaginant retenir sa respiration aussi longtemps ! Que Devis ne respire pas était normal, mais Alrick ?
« Merlin, ils vont mourir ? demanda Ron, horrifié.
-Ou s'envoyer en l'air devant nous, proposa Harry en avisant les mains gourmandes du calice qui s'étaient glissées dans le pantalon étroit de son vampire.
-Oh pitié, dit Ron.
-Devis, s'il te plaît ! s'exclama Draco, impatient. J'aimerais connaître tes idées et ensuite, on te laissera faire ce que tu veux avec Alrick ! »
Le susnommé sursauta en s'écartant de son vampire pour regarder Draco avec étonnement.
« Tu es là, dit-il de sa voix calme, les lèvres légèrement rougies et une goutte de sang s'en écoulant, vite léchée par un Devis gourmand. Un problème ? »
Devis lança à Draco un regard presque victorieux à la question de son calice.
« Je t'expliquerai tout plus tard, dit-il en attirant l'attention de son compagnon sur lui. La réponse est simple, Draco : tue-le, ou mords-le. Je me porte volontaire, si tu veux, pour la première option…
-Quoi ? s'étrangla presque le blond, Devis levant les yeux au ciel.
-C'est une plaisanterie, très cher. Ton sens de l'humour est déplorable. Mais les idées se valent. Tu le tues et ainsi, il est libéré ou tu le mords et le loup que tu lui infecteras fera le sale travail… »
Draco le regardait d'un air si choqué que Devis leva à nouveau les yeux au ciel.
« Les loups-garous sont des dominants, Draco, expliqua-t-il, agacé. Ils ne détruisent pas l'âme de leur porteur car ils s'en nourrissent pour vivre, mais si quelque chose devait être dans le corps qu'ils habitent, nul doute qu'ils le détruiront afin de prendre sa place. Si tu le transformes, ça devrait fonctionner. Sinon, il reste la mort. Pénible, certes, mais on s'y fait ! »
Il eut un sourire moqueur en parlant.
« Et ça marcherait ? s'exclama Hermione, stupéfaite. Simplement le mordre ?
-Simplement ? demanda Devis, moqueur. Je ne sais pas. Ce n'est qu'une théorie. Je vous prête le bâton si vous voulez ! Enfin, maintenant, si vous pouviez… partir ? Et essayez de me rendre visite lorsque vous n'aurez pas de problème, pour une fois… Bonne soirée ! Alrick… la chambre ! »
Le calice eut un simple sourire en réponse et quitta la pièce d'un pas rapide, Devis toujours cramponné à lui. Les quatre adolescents échangèrent un regard sceptique, manifestement hésitants. Harry, lui, prit une inspiration, encore surpris par la solution étonnement facile de Devis.
« Eh bien, murmura-t-il. C'est… facile…
-C'est une théorie, intervint Draco. Tout ce qu'il a, c'est une putain de théorie… »
Il se leva, commençant à tourner en rond, indifférent à la représentation de l'âme de Harry et de l'horcruxe. A la place, il passait une main nerveuse dans ses cheveux, les idées se précipitant dans sa tête.
« Juste une théorie ? Rien d'autre ? Personne à nous indiquer ou… Merde, juste ce bâton ridicule et une théorie ! »
Il était déçu. Horriblement. Dès le moment où Harry lui avait annoncé sa filiation avec Voldemort, il avait pensé que Devis pourrait les sortir de là. Lui qui avait été si proche de briser un lien dit indestructible, il devait forcément avoir une meilleure idée que ça ! Une meilleure piste qu'une théorie fumeuse sur le parasite que pouvait être un loup-garou !
« Ça ne coûte rien d'essayer, dit Harry d'une voix douce, Ron écarquillant les yeux de stupeur alors qu'Hermione le regardait d'un air pensif.
-Pardon ? demanda Draco, stupéfait. Ça ne coûte rien d'essayer ? Essayer quoi exactement ? Ton meurtre ou ta transformation définitive ?
-La transformation, dit Harry en le fixant, lâchant le bâton pour que les deux âmes cessent d'être visibles. On en a déjà parlé, ajouta-t-il. Je t'ai dit que j'étais d'accord…
-Quoi ? s'exclama cette fois Ron, choqué. Harry, mec, t'es pas sérieux ! Tu… tu veux devenir un loup-garou ?
-Ce n'est pas quelque chose qui me dérangerait, dit posément Harry. En fait… ça ne me dérangerait pas. »
Son meilleur ami fut tellement choqué qu'il ne trouva rien à dire, tant il était bouleversé. Hermione demeura silencieuse mais son regard signifiait clairement qu'elle se doutait de ça.
« On en a parlé, c'est vrai, reconnut Draco. Mais on en a parlé comme quelque chose de loin, quelque chose de mûrement réfléchi. Pas comme quelque chose qu'on ferait, pour tester la théorie fumeuse d'un vampire décadent qui ne sait même pas si ça marcherait ! Et pas alors que la pleine lune est si proche !
-Alors quoi ? demanda Harry en se levant à son tour. On choisit la mort ? Très bien, alors tue-moi ! »
Draco se tourna vers lui si brutalement et avec un regard si furieux et lupin qu'Harry voulut reculer. Il dut prendre sur lui pour rester fermement camper sur ses jambes.
« Tu trouves ça drôle ? cria presque Draco. Tu crois peut-être que ta blague me fait rire ?
-Je ne blague pas ! s'exclama Harry sur le même ton. Tue-moi, puisque tu ne veux pas me mordre !
-Ce n'est pas que je ne veux pas te mordre ! hurla Draco. Mais pas ainsi ! Pas dans la précipitation, pas dans le désespoir ! Pas sans que tu n'aies le choix !
-J'ai le choix entre mourir ou être transformé ! répliqua Harry. Et je choisis la seconde ! Où est le mal à ça ?
-Il n'y a pas de mal, mais… pas ainsi, Harry ! Je… ça ne doit pas se faire comme ça. Ça doit être quelque chose de… quelque chose de voulu sincèrement, quelque chose de… de…
-Sacré, murmura Hermione, leur rappelant ainsi qu'ils n'étaient pas seuls.
-Exactement ! répondit Draco. Ça doit être quelque chose de sacré entre nous, pas… pas comme ça. Pas dans l'urgence et encore moins pour… Écoute, on trouvera une autre solution. Rentrons maintenant. Je crois qu'on les a assez dérangés. »
Et il quitta le salon, laissant un Harry un peu perplexe derrière lui.
oOo
Ils rentrèrent au village en silence. A aucun moment, ils n'ouvrirent la bouche. Hermione avait emballé le bâton dans un tissu afin d'éviter d'attirer l'attention des habitants du village en se promenant avec une âme qui se baladait à côté d'eux. Ils croisèrent Greyback qui ne leur adressa aucune parole, tout juste un regard contemplatif vers Hermione qui n'osa pas le fixer en retour. Harry, lui, regardait Draco d'un air à la fois agacé et attristé.
Quand ils rentrèrent dans la maison, Draco se laissa tomber dans un fauteuil avec agacement, manifestement frustré. Il avait mis tous ses espoirs en Devis. Devis devait avoir une idée ! Mais ce stupide vampire était trop occupé à papouiller son satané calice pour l'écouter réellement. Et il lui proposait quoi ? De tuer Harry ! Ou de le contaminer, de cette façon si… si peu respectueuse ! Ce n'était pas ainsi que ça devait se passer. C'était censé être un échange, une preuve d'amour indéfectible, le choix définitif de Harry de rester avec lui, rien qu'avec lui. C'était aussi fort et sacré qu'un mariage. Et Devis proposait ça comme s'il les invitait à jouer au Quidditch ! Et Harry qui suivait le mouvement, inconscient de l'importance d'un tel acte !
« Qu'est-ce qui te met si en colère ? demanda Harry en allant s'appuyer contre la cheminée, bras croisés. Qu'est-ce qui te pousse à refuser ça ? Le fait que ce soit dans l'urgence ne désacralisera pas ça…
-Si, ça le fera ! s'emporta Draco. Tu ne comprends pas ! Tu refuses de comprendre !
-Non, je ne le fais pas ! cria Harry. J'essaye, mais tu ne m'expliques pas ! Dis-moi puisque c'est si évident ! »
Draco gronda en le regardant. Il se leva à nouveau pour recommencer à faire les cents pas.
« Outre le fait que cette stupide idée n'est qu'une théorie, Harry, sache que… que cette morsure… c'est quelque chose d'important, dans une relation. C'est rare qu'un loup-garou se lie à un humain, mais quand il le fait, en règle générale, la transformation du lié, c'est un peu comme… comme un mariage. C'est… c'est une union totale !
-Mais nous sommes unis ! s'exclama Harry qui ne comprenait pas.
-Non, Harry, intervint Hermione. Techniquement, le seul qui est lié, c'est Draco. »
Harry fronça les sourcils. Comment ça ? Jusqu'à présent, Draco lui avait toujours dit qu'ils l'étaient tous les deux.
« Nous sommes liés jusqu'à un certain point, expliqua Draco. Tu peux percevoir mes sentiments… tu peux m'en transmettre, me visualiser… mais tu n'es pas engagé.
-Je le suis ! s'écria Harry.
-Mentalement, oui, dit Draco. Mais pas psychiquement. Je… Je suis incapable de te faire du mal. Incapable de te tromper, de te quitter. Je suis attaché à toi, jusqu'à la mort, mais ça n'est pas ton cas. Notre lien ne va que dans un seul sens, tu comprends ? Si je te mords… tu auras toi aussi cette obligation. Tu seras à moi de façon… indéfectible. Actuellement… »
Draco se mordit la lèvre, hésitant. Puis il souffla et osa :
« Tu peux me quitter. Tu peux encore changer d'avis et tomber amoureux de quelqu'un d'autre et me quitter pour… »
Hermione écarquilla les yeux et Ron se tendit alors qu'Harry donnait à Draco un coup de poing des plus violents, à la grande stupeur du blond. Méchamment, Harry l'attrapa par les épaules et le plaqua contre lui.
« Tu te fous de ma gueule ? dit-il. Est-ce que tu te fous de moi, Draco ? Quelle partie de « je te veux, je t'aime », tu ne comprends pas ?
-Les sentiments peuvent changer, répondit Draco en détournant le regard.
-Pas les miens !
-Et ça s'est vu avec Ginny ? »
Harry plissa les yeux et il leva le poing à nouveau mais Draco l'attrapa et lui tordit le bras pour le mettre dans son dos.
« Comment oses-tu ? cria Harry en se débattant. Comment peux-tu la ramener dans cette conversation ? Alors que… j'ai dit que je t'aimais déjà bien avant elle ! »
Draco relâcha sa poigne alors qu'il écarquillait les yeux avec stupeur.
« Quoi ? dit-il.
-Je l'ai dit ! répliqua Harry. Pas à toi, c'est vrai, mais je sais que je suis tombé amoureux de toi avant ! On le sait tous les deux, sinon le lien…
-Mais tu ne m'avais jamais dit ressentir ça avant…
-Si je l'ai dit ! s'emporta le brun.
-Euh, fit courageusement Hermione. C'est à moi que tu l'as dit, Harry… »
Le brun tourna la tête vers elle et perdit aussitôt son air combatif.
« Peu importe, dit-il, agacé, se retournant vers Draco. C'est normal que j'aie réussi à quitter Ginny, je ne l'ai jamais vraiment aimée ! Désolé, Ron ! »
Le rouquin se contenta de secouer la tête d'un air las et se laissa tomber dans un fauteuil, résolu.
« Parce que je t'aimais déjà toi ! J'étais juste trop en colère contre toi pour le remarquer et trop hétéro, aussi ! Mais j'ai accepté, tout ! Toi, ta lycanthropie, mes… tendances ! Alors ne viens pas me parler de sentiments qui changent, Draco ! Je ne dis pas qu'avec le temps, ils ne changeront pas, si tu ne me transformes pas. Mais là, tout de suite, je sais que je m'en fous ! Je sais que cet horcruxe, en moi, me bouffe, Draco. Il me bouffe parce que je ne saurais pas vivre en sachant que je condamne des dizaines et des dizaines de sorciers à souffrir et à mourir par pur égoïsme, mais je ne veux pas mourir car je veux rester avec toi ! Alors c'est peut-être juste une théorie, mais cette théorie, je veux la tenter. Je veux essayer. Et si en en la testant, je peux en plus de ça m'unir à toi de façon totale, inéluctable, indestructible… eh bien, soit, on le fait.
-Tu ne comprends pas, dit Draco, radouci, en caressant tendrement son visage. Tu ne comprends pas, Harry…
-Epouse-moi ! coupa le brun. C'est un mariage, non ? Alors, Draco Malfoy, je te demande de m'épouser ! »
Et il se mit à genoux, le regard presque défiant. Draco secoua la tête d'un air à la fois ébahi et amusé et il l'obligea à se relever, cessant le ridicule de la situation.
« Ce n'est pas ce que je veux dire par « tu ne comprends pas ». Tu ne comprends pas ce que cela signifie et je ne parle pas ici de ce que ça va changer entre nous, mais de ce que ça va changer dans ta vie. Tu ne sauras plus te séparer de moi, mais ce n'est qu'une maigre conséquence. Tu vas sacrifier tant de choses… ta dernière année à Poudlard…
-Je n'avais pas l'intention de la faire, l'interrompit Harry.
-Une carrière d'Auror…
-Ma cinquième année m'a assez bien dégoûté du Ministère alors ce n'est pas une grande perte !
-N'importe quel emploi dans le monde de la magie ! s'emporta Draco.
-Je serai ton second, non ? Tant au niveau humain que loup… et je sais, maintenant que j'ai accompagné Chyreer, que ça va me prendre beaucoup de temps alors je m'en fiche. Et cette responsabilité me convient. »
Draco inspira en le regardant. Il le tenait par les coudes, leur corps se touchant légèrement et ils se regardaient en douceur, les yeux de Harry brillant de détermination alors que ceux de Draco étincelaient de résolution et de satisfaction. Avoir Harry pour second… Gabriel serait furieux, mais il s'en fichait. Avoir Harry à ses côtés, Harry comme compagnon pour l'éternité. Briser ce lien avec Voldemort une bonne fois. Tuer le mage noir puis… avoir son propre clan, sa propre meute avec son lié à ses côtés. C'était un rêve fou qu'il n'osait pas faire… mais si c'était possible. S'il y avait une once d'espoir…
« La pleine lune est dans trois jours, dit-il en le regardant, sa main recommençant à caresser ses cheveux. Tu peux encore changer d'avis.
-C'est ce que je veux, répliqua Harry. Je te veux toi. Jusqu'au bout. Jusqu'à la fin. »
Draco secoua la tête.
« Méfie-toi de ce que tu souhaites, dit-il. Quand je t'aurai mordu, notre relation changera. Et je ne parle pas que de la liberté de changer d'avis concernant notre couple. Tu… tu vas changer de comportement envers moi. Je serai ton dominant. Tu… ce sera différent entre nous. »
Harry inclina la tête sur le côté.
« Tu es déjà très dominant actuellement, tu sais, murmura Harry.
-Oui, mais là… tu m'obéiras… aveuglément.
-Seulement dans tes fantasmes, Draco, lui souffla son amant. Je m'en fiche, tu le sais…
-Ta personnalité…
-Je m'en fiche. »
Draco secoua la tête en posant son front contre le sien. Lui ne s'en fichait pas. Il aimait son caractère. Il ne voulait pas le voir soumis, contrôlé. Il aimait son tempérament révolté.
« Tous les loups ne se soumettent pas, dit Harry. On ne peut pas savoir. »
Draco soupira. Il se sentait abandonné. Il se sentait céder. Harry était trop déterminé, trop décidé.
« Et si ça ne marche pas ? demanda Draco. Pour l'horcruxe ? »
Harry pencha la tête sur le côté, scrutant ses traits.
« Alors on trouvera un autre moyen, dit-il. On retournera voir Devis et on l'obligera à être sérieux. Mais si ça marche, Draco… si ça marche, penses-y, une seconde. »
Le blond ferma les yeux, secouant doucement la tête, la frottant inconsciemment à celle de Harry qui se laissa faire en poussant un soupir d'envie. C'était un échange doux, encore immergé de la violence avec laquelle ils s'étaient affrontés et qui rendait chaque mouvement, chaque toucher et parole plus intenses. Ils finirent par s'immobiliser, leurs bras s'enlaçant et leur visage appuyé contre l'épaule de l'autre, le nez et la bouche dans la gorge de l'autre.
« D'accord, chuchota Draco. Tu as gagné. Je te mordrai. »
Harry eut du mal à retenir son cri de joie. A la place, il le serra davantage contre lui en soupirant d'extase. Dans trois jours, il serait peut-être débarrassé de cette chose en lui… et il serait un loup-garou.
« Merde alors, murmura Ron, derrière eux. Je ne pensais pas qu'Harry gagnerait ! »
Hermione sourit en l'entendant et haussa les épaules. Elle savait sans doute depuis le début qu'Harry subirait cette transformation. Au bout d'un moment, les deux amants se séparèrent pour retourner s'asseoir dans le canapé. Ils se sentaient tous un peu fatigué et Draco plus que les autres : rien qu'à l'idée d'annoncer à Greyback qu'il allait faire d'Harry un loup-garou à la prochaine pleine lune, il en avait mal à la tête. Il appuya mollement sa tête contre l'épaule de son amant, l'air usé.
« Qui a le courage de préparer quelque chose pour souper ? demanda Ron, passant une main gourmande sur son estomac vide. On a encore rien mangé, vu qu'on était chez Devis… »
Harry se retint de lever les yeux au ciel.
« Il y a de la quiche dans le frigo, dit Hermione. Tu peux la réchauffer. C'est Chyreer qui me l'a donnée. »
Ron se leva avec mollesse et disparut dans la cuisine. Ils l'entendirent s'agiter mais gardèrent le silence. Harry n'avait pas vraiment envie de manger. Il se contentait de caresser les cheveux blonds et soyeux de Draco tout en regardant sa meilleure amie dont le visage était pensif.
« Tu crois que ça marchera ? demanda-t-il à la jeune fille. Ma transformation… pour l'horcruxe. »
Hermione haussa les épaules en réponse.
« La théorie de Devis n'est pas mauvaise, dit-elle. Mais… je ne sais pas. On verra. Je me demande où il a trouvé ce bâton. »
Elle le découvrit du tissu et le prit en main. Presque aussitôt, une réplique de son âme apparut. Elle sourit presque en la voyant.
« C'est bizarre, dit-elle en rangeant l'item dans le tissu protecteur. Je ferai des recherches si j'ai un jour la chance de retourner à Poudlard. »
Harry esquissa un sourire en l'entendant et appuya à son tour sa tête sur celle de Draco. Ce dernier était devenu un peu plus lourd contre lui et il s'était totalement relaxé, si bien qu'Harry se demanda s'il dormait.
« Remus va piquer une crise, réalisa soudain Harry en regardant sa meilleure amie.
-Certainement, répondit la jeune fille, esquissant un sourire. Pas que lui, si tu veux mon avis. J'entends d'ici Madame Weasley ! »
Elle leva les yeux au ciel et Harry ne put s'empêcher de rire. Il était certain que les jumeaux Weasley trouveraient des dizaines de plaisanteries à faire sur le sujet.
« Et toi ? demanda Harry. Tu en penses quoi ? »
Hermione haussa un sourcil interrogateur avant de comprendre la question.
« Je ne sais pas, dit-elle encore. D'une certaine façon, je pense que je l'ai toujours su. Il est rare qu'un loup-garou laisse son compagnon humain. Ils sont trop nerveux à l'idée d'être quitté ou que quelqu'un profite de la faiblesse du compagnon pour l'atteindre. Maintenant, je sais que certains liés refusent d'être transformés. La peur, sans doute. Ou alors, ils ont quelques a priori. Mais je crois que j'ai toujours su que tu deviendrais un loup-garou. Dès le moment où ça a été mieux entre vous deux… »
Harry hocha la tête et regarda son amant manifestement endormi. Ron revint dans le salon en traînant les pieds et se laissa tomber dans un fauteuil.
« Elle cuit, dit-il en bâillant. J'ai mis la table. Putain, j'arrive pas à croire que tu vas devenir un loup-garou ! »
Harry lui sourit en l'entendant.
« Dans trois jours ! Est-ce que tu n'es pas… effrayé ?
-Juste un peu inquiet par la destruction possible de l'horcruxe, répondit Harry. Mais non, je n'ai pas peur.
-Pas même par la perte de contrôle ? La transformation ? La première fait encore plus mal…
-Et je doute qu'elle se passe en douceur si le loup détruit vraiment l'horcruxe, signala Harry. Mais non, je n'ai pas peur. Ce n'est qu'un mauvais moment. Et c'est nécessaire. Tu ne me feras pas changer d'avis, Ron…
-Ce n'est pas ce que j'essaye de faire ! se défendit son ami. C'est juste… je sais pas. Je suppose qu'à ta place, je serais terrifié par ça. Mais je suppose que c'est inévitable, en effet. Entre détruire un morceau d'âme de Voldie et devenir un loup-garou ou simplement le garder, je suppose que la première option est moins horrible…
-Ce n'est pas horrible du tout, répondit Harry. Je suis content qu'il ait cédé…
-Un peu violemment quand même, signala Ron.
-Ça aurait pu être pire, fit remarquer Hermione. J'ai eu assez peur quand tu l'as frappé. Tu n'avais pas… enfin, tu ne craignais pas qu'il soit furieux ?
-Non, répondit Harry. Draco ne me ferait jamais de mal.
-C'est pour ça qu'il t'a plaqué contre le canapé la dernière fois, fit remarquer Ron.
-Il l'a fait, mais en douceur, répliqua le brun, regardant son amant endormi. Non, je sais que je peux lui faire confiance pour ne pas se montrer abusif, d'une façon ou d'une autre… »
Il ferma les yeux en appuyant sa joue contre le sommet du crâne de Draco, un léger sourire aux lèvres en percevant la satisfaction du blond : il ne dormait clairement pas. Sa joie face à ses paroles le démontrait. Mais il continua de faire semblant et Harry le laissa à sa tranquillité méditative, trop content de savourer ce calme retrouvé. D'être à nouveau à la maison, avec Draco près de lui, Ron et Hermione occupés à discuter de sujets divers. Il entendit le four sonné au bout d'un long moment et ses amis se levèrent.
« Tu réveilles Draco ? demanda Hermione en constatant que Harry avait ouvert les yeux.
-Oui, on arrive », dit-il.
Il les regarda quitter la pièce et sourit doucement en allant titiller le nez du lycanthrope du bout du doigt.
« Arrête de faire semblant de dormir et viens manger, lui dit Harry. C'est prêt. »
Draco ouvrit les yeux à son tour et le regarda avec un petit air contrit.
« Mais j'étais bien ainsi. »
Harry répondit par un sourire et se pencha sur lui pour l'embrasser.
« On ira au lit après, lui dit-il. Alors viens manger où tu vas encore te lever pendant la nuit pour venir manger ! »
Draco grimaça mais accepta de le suivre jusqu'à la cuisine. L'odeur de nourriture acheva de réveiller son estomac qui avait bien besoin d'un remontant, après toutes ses émotions.
oOo
Bien plus tard, après une douche assez reposante, ils s'étaient retrouvés ensemble dans leur lit où Draco avait poussé un geignement d'appréciation en s'étendant : le confort lui avait horriblement manqué pendant ces quelques jours passés dans la forêt et il savourait le plaisir retrouvé dans le lit, son amant nu contre lui. Ils ne disaient rien, tous deux plongés dans leurs pensées qui semblaient emplir les ténèbres de la chambre. Harry ressentait un peu d'appréhension pour le lendemain et pour la nuit de la pleine lune tandis que Draco était rempli de doutes persistants. Au bout d'une petite demi-heure, Harry finit par se tourner vers lui, appuyant son visage contre son épaule alors que sa main allait caresser la peau incroyablement douce.
« Ne doute pas, chuchota-t-il. Je ne le fais pas.
-Je ne peux pas m'en empêcher, répondit Draco. J'ignore si c'est une bonne idée et… je ne sais pas. Je suppose que j'ai peur de te voir souffrir pour rien.
-Ce n'est pas pour rien, affirma Harry. Même si ça ne nous débarrasse pas de Voldie, ça ne sera jamais pour rien, tu le sais. »
Draco resta silencieux un moment puis il se tourna vers lui à son tour, un de ses bras allant s'enrouler autour de la taille menue.
« Alors même sans cette chose… tu l'aurais voulu ?
-Je te l'ai déjà dit avant, non ? demanda Harry. Bien sûr que je l'aurais voulu, Draco. Dans quelle langue dois-je te le dire, exactement ? Pourquoi tu ne peux pas simplement le ressentir ? »
Il poussa un petit soupir et embrassa la peau proche de lui. Draco frémit légèrement en le sentant faire et il tendit la main pour caresser les cheveux ébouriffés.
« Est-ce que je vais changer physiquement ? demanda Harry, arrachant un sourire à Draco avec sa curiosité.
-Sans doute, répondit son amant. Tu vas peut-être enfin grandir ! Non, je plaisante, arrête ! »
Harry cessa de lui pincer le bras avec force et se recoucha calmement près de lui.
« Tu vas gagner en muscle, chuchota Draco. Je ne saurais te dire combien, cela dit… ça dépendra du loup que tu deviendras. Peut-être que tes cheveux vont pousser, comme les miens… Mais quelque chose changera sûrement, c'est une certitude. »
Harry lui sourit dans le noir. Il continuait de caresser son torse avec langueur, une certaine somnolence s'emparant doucement de lui. Au bout d'un moment, pourtant, Draco reprit la parole, bien qu'avec difficulté.
« C'est bientôt la nuit trois quarts », dit-il, hésitant.
Harry sursauta et releva la tête. Une certaine rougeur avait envahi ses joues à la mention de cette nuit mais aussi une certaine excitation qui fit frémir Draco.
« Je… je ne crois pas que ce soit une bonne idée de la passer ensemble, dit-il difficilement.
-Draco, commença Harry, agacé.
-Non, écoute ! l'interrompit le blond. Je ne dis pas ça parce que je vais te blesser. Enfin, si, mais ce n'est pas la motivation réelle. Harry, je vais te mordre le lendemain. Je ne sais pas si tu te rends compte de combien la transformation est douloureuse, la première fois. Ton corps va non seulement se tordre dans tous les sens pour prendre l'apparence d'un loup, mais en plus de ça, ta morphologie va changer. Tes muscles vont se développer, tes os vont peut-être s'allonger. Et crois-moi, je n'essaye pas de dramatiser les choses en disant que cette métamorphose est vraiment la plus pénible de toutes. Pas comme si les suivantes étaient agréables, d'ailleurs. Je mentirais si je te disais que je ne ressens aucune douleur quand je prends ma forme de loup. Oui, même encore maintenant, malgré la fréquence élevée des changements. »
Harry l'écoutait avec attention, pour sa plus grande joie : il fallait qu'il comprenne que c'était dans son intérêt.
« Nous savons déjà dans quel état te met une lune trois quarts, poursuivit-il. Alors… la transformation, avec des blessures…
-Les potions de Stein…
-Te soignent un minimum, interrompit Draco. Mais pas assez. Tu es encore courbaturé et certaines blessures… partent plus lentement que d'autres. »
Il glissa sa main sur les fesses d'Harry avec tendresse et le brun y réagit étrangement en se collant contre son flanc.
« Mais tu vas souffrir, chuchota le brun, peiné.
-Moins que toi si nous sommes ensemble, dit raisonnablement Draco. Et puis… ce n'est qu'une nuit. Après… nous les passerons toutes ensemble, sans exception. Et je n'ose pas imaginer ce que ça donnera, si tu es aussi excité que moi cette nuit-là. »
Harry écarquilla les yeux, prenant la pleine mesure des paroles de son amant. Forcément ! S'il devenait un loup-garou, lui aussi serait influencé par la présence de la lune. Et donc, la veille de la pleine lune… il rougit de façon incontrôlable en le réalisant.
« Merlin, dit-il, haletant presque. Ça va être…
-Oui, confirma Draco avec un sourire, comprenant le choc de son amant. Sans conteste ! »
Harry eut un rire en l'entendant, s'appuyant de nouveau contre lui. Il laissa un léger silence s'installer avant de chuchoter :
« Il n'y a aucun moyen ? Pour que je vienne quand même ? En améliorant la potion ou…
-C'est déjà une des plus fortes que j'aie faite », lui signala Draco.
Harry soupira, frustré. Il se dégoûtait à l'idée de laisser Draco s'enchaîner et souffrir encore comme il l'avait fait, deux mois plus tôt. Et puis… il avait envie de cette nuit. Il aimait ça. Cette pensée amena une forte honte en lui et Draco le serra davantage.
« Ce n'est qu'une parmi des centaines d'autres, Harry, lui dit-il, un léger sourire aux lèvres.
-Mais c'est une nuit que j'attendais, répondit le brun, mortifié de l'avouer. C'est une nuit que j'apprécie vraiment de partager avec toi… »
Draco esquissa un sourire en l'entendant. Il se déplaça sur le lit, le couchant sous lui avec facilité alors qu'il se glissait entre les cuisses fermes de son amant.
« Rien ne nous empêche de faire l'amour des dizaines et des dizaines de fois en attendant… et puis, ça m'apaisera peut-être…
-Tu crois ? demanda Harry, sceptique.
-Non, répondit Draco. Quoi qu'il arrive, j'aurai une envie irrépressible de toi, cette nuit-là. Mais j'ai aussi envie maintenant, donc… »
Il se pencha sur lui et commença à mordiller sa gorge avec gourmandise, arrachant un léger rire à Harry. Ce dernier tendit la main, attrapa la baguette posée sur la table de nuit et chuchota rapidement une petite incantation. Pas besoin de déranger encore Ron et Hermione. Ces moments-là n'appartenaient qu'à eux !
oOo
Le lendemain, quand ils se présentèrent tous devant Greyback, le petit déjeuner à peine avaler, l'alpha poussa un grognement, une cuillère toujours en bouche. Il souffla en roulant les yeux.
« Donnez-moi des vacances ! J'avais dit après la pleine lune, Draco !
-Désolé, s'excusa le concerné. Ce n'est pas ma décision, même si je l'ai acceptée. »
Greyback haussa un sourcil interrogateur puis se tourna vers Harry, ce dernier le fixant avec fermeté.
« Bon, entrez, dit-il. Je sens que je vais avoir besoin d'un remontant ! »
Ils obéirent et allèrent sagement s'installer dans les fauteuils disponibles. Comme d'habitude, Greyback était seul chez lui. Draco eut une vague de remords en pensant que, peut-être, l'alpha avait été heureux d'avoir un colocataire provisoire. Mais voilà, il était parti pour s'installer petit à petit avec Harry, laissant l'alpha à sa solitude imposée. IIl baissa la tête quand il le réalisa, laissant à son compagnon le soin d'annoncer la raison de leur venue.
« Alors ? demanda Greyback. La raison de votre venue est… ?
-Je vais devenir un loup-garou, annonça courageusement Harry. A la prochaine pleine lune. »
Il y eut un long silence. Si long que Draco se demanda si Greyback respirait toujours. Puis, finalement, il releva la tête pour le voir, le verre à portée de lèvres, les yeux écarquillés par la stupeur. Il en aurait bien ri, mais il tenait à la vie !
« Pardon ? dit l'homme, stupéfait. Est-ce une sorte de plaisanterie ? Dans quel monde exactement t'es-tu vu devenir un loup-garou ?
-Dans un monde où cette transformation est à la fois nécessaire et voulue, répondit posément Harry. Je ne peux pas vous le raconter précisément, mais vous devez savoir que… c'est très important pour… ce que je suis censé faire.
-Tuer mon maître, répliqua Greyback dans un grondement sinistre. Comptes-tu te servir de ta nouvelle force ? Je ne crois pas que ce soit un bon plan, gamin…
-Non, pas du tout, répondit Harry. Je n'avais même pas envisagé cette option. Le simple fait de devenir un loup-garou m'aiderait. Mais je ne peux pas vous dire exactement pourquoi. »
Greyback plissa les yeux d'un air pensif puis se tourna vers Draco.
« Et tu es d'accord avec ça ? dit-il.
-Je ne l'étais pas vraiment, répondit le blond. Ce n'est pas de cette façon que j'imaginais ça. Mais… Disons que nous avons une épreuve à passer et qu'il n'y a que deux solutions. Et des deux, celle-ci était la moins pire… »
Greyback sembla méditer ses paroles un long moment avant de hocher la tête avec lenteur.
« Je ne peux pas vraiment m'y opposer, dit-il. Il est ton compagnon. Et je n'ai pas le droit d'interférer entre vous, tout alpha que je suis. Une relation de liés est trop sacrée. Vous ferez comme vous le voudrez. Mais, Potter… Une fois que tu seras devenu un loup-garou, à moins que tu ne sois un alpha – et ne le prends pas mal, mais tu n'en seras pas un, je le sais… Tu devras m'obéir…
-Mais je sais aussi que vous prenez soin de votre meute, ajouta Harry.
-Et s'il m'ordonne de te capturer directement, je ne pourrai pas te mettre sous le couvert de la meute. Bien sûr, c'était un risque déjà avant… mais avant, tu pouvais t'enfuir. Plus lors de ta transformation. Je t'ordonnerai de m'accompagner et tu diras oui. Et tu m'y suivras sans pouvoir rien faire… »
Hermione serra les poings et Ron blanchit considérablement. Mais Harry resta ferme.
« Je sais, dit-il, la voix étrangement rauque.
-Moi, je saurais l'empêcher, fit remarquer Draco. Je pourrais l'emmener. Avant l'alpha, le compagnon prime. Si tu lui donnes cet ordre, je pourrais le contrebalancer avec un autre.
-Et finir par le rendre fou ? demanda Greyback, moqueur. Mais bon, je suppose que c'est la meilleure solution que nous ayons… »
Un long silence accueillit cette phrase et Harry se détendit en comprenant qu'il allait pouvoir obtenir ce qu'il voulait. Draco, quant à lui, se tendit davantage.
« J'ai… un autre service à te demander, dit-il, embarrassé.
-Ose toujours, répondit l'alpha, moqueur.
-Il… j'ai besoin d'un endroit. Pour la lune trois quarts…
-Bien sûr ! Ron et Hermione viendront…
-Non, interrompit Draco, relevant les yeux. J'ai besoin d'un endroit où m'enchaîner. »
Hermione et Ron le regardèrent avec autant de stupeur que Greyback. Pourtant, l'alpha et la jeune fille comprirent vite.
« Tu veux diminuer la douleur de la transformation en lui épargnant les douleurs d'une nuit de sexe torride ? Et ta chienne est d'accord ? »
Harry rougit en le fusillant du regard. Ron grimaça en entendant l'appellation alors qu'Hermione esquissait un sourire, amusée par la gêne de ses deux meilleurs amis.
« Eh bien, je t'accueillerai avec plaisir. Mais tu sais que simplement changer de maison ne sera pas suffisant. Il faudrait que Potter quitte le village. Ou l'inverse.
-Je ne peux pas encore demander à Devis ! dit Draco. Il est furieux parce que je ne lui ai pas rendu visite pour Noël…
-Mais Harry et nous pouvons y aller, proposa Hermione. Enfin… s'il accepte. »
Draco grimaça en réponse mais il finit par hocher la tête en soufflant.
« Je lui demanderai tout à l'heure, dit-il. Tu es d'accord pour l'enchaînement ?
-Je le suis, répondit l'alpha. Je préparerai ça pour le trois quarts. Maintenant, parlons de la transformation. Il vaudrait mieux que vous transplaniez dans un endroit à l'écart de la meute. Harry est ton lié alors personne ne le touchera mais tu sais que ce genre d'évènement perturbe toujours. Vous pourrez ainsi profiter de votre première nuit ensemble. Ensuite, ce sera la meute… »
Draco approuva de la tête.
« J'ai déjà l'endroit parfait pour ça, assura-t-il. J'y emmènerai Harry une heure avant la pleine lune.
-Bon, parfait, dit Greyback. Je vais déjà prévoir ce que je vous ferai faire le lendemain. Car pas question de dormir malgré la fatigue, Potter. Ce sera ton tour de découvrir le village, ses particularités et ses obligations, surtout. Tu seras le second de Draco… A ce propos, je te conseille d'en parler avec Gabriel. Il ne va pas aimer. Il lui vole sa place de compagnon et maintenant celle de second… Finalement, tu devrais te taire. Mieux vaut lui dire quand Potter saura se défendre. »
Draco émit un long grognement protecteur à ces mots et Harry frémit en l'entendant. Il prit une inspiration rapide pour se calmer : il ne servait même à rien qu'il pense à la lune trois quarts et aux sons animaux que Draco y poussait car il ne pourrait pas en profiter. À la place, il préféra prendre la main du blond dans la sienne et la serrer fortement.
« Je lui parlerai, dit Draco. Avant. Je pense qu'il mérite de le savoir. Et s'il fait le moindre mal à Harry… ami ou non… »
Greyback haussa les épaules. Dès le moment où il s'agissait d'une histoire de liés, il ne pouvait intervenir.
« Ne foutez pas le bordel, répondit-il laconiquement. Bon… J'ai pas mal de travail alors dehors les gosses. Draco, on se revoit demain pour ton enchaînement. N'oublie pas d'aller trouver Devis pour ces trois-là. Autant qu'ils accompagnent Potter, on ne sait jamais, ils pourraient avoir besoin de se défendre. Et bonne chance avec Gabriel. »
Sur ses mots, il se leva, s'étira et quitta la pièce, indifférent à ses vêtements en lambeaux et couverts de saleté ou encore à ses cheveux si sales qu'ils semblaient presque vivants.
« Je sais qu'il joue la comédie vis-à-vis de Vous-Savez-Qui, chuchota Ron. Mais… Comment il peut supporter ça ? Est-ce que l'odeur ne le dérange pas, ou…
-Il ne sent pas mauvais du tout, répondit Draco. C'est juste un déguisement. Il a la forme, pas le fond. Nous devrions rentrer. Je vais aller trouver Devis puis Gabriel.
-Tu veux que je vienne avec toi ? demanda Harry, inquiet.
-Non, je ne préfère pas. Tant pour le vampire que le loup-garou. Ça va être pénible… »
Il roula des yeux en soupirant puis, d'un signe de tête, leur indiqua de le suivre. Ils obéirent, plus parce qu'ils n'étaient pas chez eux, sans quoi, Ron aurait discuté.
oOo
La journée avait filé à une vitesse folle, à la grande stupeur du petit groupe et d'Harry en particulier. L'appréhension de la transformation à venir était sans doute responsable de la vitesse du temps, l'amenant vers ce moment plus vite qu'il ne le souhaitait. Oh, il voulait devenir un loup-garou ! Du moins, ça ne le dérangeait pas… il craignait simplement que la raison de la transformation ne fonctionne pas… S'il devait se réveiller le lendemain et s'apercevoir qu'il était toujours un horcruxe, il n'était pas certain de pouvoir le supporter. Surtout qu'il avait la nette impression d'avoir forcé la main à son amant qui ne cessa de se ronger les ongles de toute la soirée, jusqu'à ce qu'agacé, Harry l'oblige à aller prendre un bain pour se détendre. Bon, peut-être que ce qu'ils avaient fait dans le bain avait plus aidé que l'eau chaude, mais ça, Ron et Hermione ne devaient pas le savoir !
Le lendemain était le jour de la lune trois quarts, le jour où Ron, Hermione et Harry devaient aller chez Devis qui avait gracieusement accepté de les recueillir pour la nuit. Harry avait d'ailleurs été obligé d'aller acheter un petit cadeau à son « ancêtre par alliance », comme se moquait Ron. Depuis le début de la journée, Draco était resté avec eux et ne cessait de peloter son amant avec gourmandise, les oreilles plaquées sur son crâne, les dents proéminentes et les griffes bien décidées à lui arracher ses vêtements. Harry en était un peu gêné et tentait de le repousser en douceur, sachant qu'il n'avait qu'une envie : lui céder. Le laisser seul pour cette nuit en particulier lui semblait horriblement dur !
« Sinon, avec Gabriel, commença Hermione, arrondissant les yeux face à la main du lycanthrope qui était occupée à se glisser entre les cuisses d'un Harry incandescent.
-Draco, arrête ! s'énerva le brun en enlevant sa main, horrifié des regards de ses deux meilleurs amis posés sur eux. On est censés déjeuner ! »
Le blond poussa un son agacé.
« Je suis disposé à te manger, dit-il d'une voix rauque. A te lécher, partout… même ce joli petit trou que j'aime tellement ! »
En face d'eux, Ron était devenu vert alors qu'il repoussait son assiette de crêpes.
« Je crois que je vais vomir, dit-il.
-Draco, soupira Harry, gigotant sur sa chaise. Tu oublies ce que je t'ai demandé en ce qui concerne… ce sujet.
-D'y aller aussi fort que je veux car tu adores ça ? Comme tu veux… »
Il glissa à nouveau sa main entre ses cuisses alors qu'il allait lécher sa gorge avec envie.
« Non, pas ça ! dit Harry en le repoussant, horrifié. Je t'ai demandé de ne pas en parler devant les autres.
-Quels autres ? demanda Draco en essayant de le caresser, ses mains se faisant systématiquement repoussées par celles de Harry.
-Ron et Hermione, juste en face de nous ! répliqua Harry en le rejetant fermement. Arrête, nous ne sommes que le matin !
-Mais tu m'excites chaque seconde ! dit Draco comme si c'était une évidence.
-Oui, eh bien… attends ! »
Le blond recula un peu la tête, le fixant si intensément qu'Harry en fut rapidement gêné. Il entendait un bruit sourd cognant contre la table et il lui fallut quelques secondes pour comprendre que c'était la queue lycanthrope de Draco qui remuait de gauche à droite et allait frapper le pied de la table. Il leva les yeux au ciel. Lors de la dernière nuit de trois quarts, son amant avait été convoqué pour le travail, mais Greyback n'ayant plus envie de s'occuper de lui pour l'instant, Harry devait subir son harcèlement depuis leur réveil ! Et ça avait commencé par une fellation qui l'avait sorti de la somnolence avec une violence agréable, certes, mais très humiliante vu l'absence de sort de silence et les cris qu'il avait poussés.
« Draco ? demanda Hermione. Qu'est-ce que tu fais ?
-J'attends, répondit ce dernier en continuant de fixer Harry.
-Tu attends quoi ? demanda la jeune femme.
-Que Harry se déshabille ou vienne me sucer ! »
Le concerné geignit en couvrant son visage d'une main.
« Bref, dit-il en fusillant son amant des yeux. Pour Gabriel, Draco m'a raconté hier, quand il avait l'esprit encore sain, qu'il avait… plus ou moins accepté ça.
-Plus ou moins ? demanda Ron. Malfoy est revenu avec des bleus ! »
Le blond continuait de fixer Harry. Il avait en effet quelques hématomes sur les bras et un sur le visage. Manifestement, les deux lycanthropes en étaient venus aux mains mais Draco avait refusé de s'étendre sur le récit de la conversation : ça s'était plus ou moins bien passé, selon lui. Il ne fallait juste pas s'étonner si Gabriel ne leur adressait plus la parole pendant quelques semaines.
« Je vois, dit Hermione quand Harry lui eut raconté. Eh bien… il fallait s'y attendre. Gabriel sait qu'il ne sera pas un alpha mais il est indubitablement fait pour être un second… et à moins qu'il ne devienne celui de Rosalia, il n'a pas d'avenir dans cette meute.
-Surtout que Rosalia devrait quitter la meute pour être un alpha reconnu, rappela Ron. D'ailleurs, comment se fait-il qu'elle soit capable de rester ? Elle est clairement un alpha reconnu, non ?
-Parce que c'est une femme, dit Hermione d'un air revanchard, manifestement outrée. Les femmes ne sont pas considérées comme une menace pour un alpha mâle car ils sont soi-disant toujours plus forts qu'une femelle ! »
Ron grimaça à ses mots : il s'abstint de donner son opinion, ça ne lui attirerait que des ennuis, il en était certain.
« Est-ce que Malfoy est en train de gémir ? demanda-t-il en se tournant vers le blond qui continuait de fixer Harry.
-Il couine, en fait, expliqua Hermione, amusée. Harry, tu crois que si tu balades ta main de gauche à droite devant son nez, il va la suivre ? »
Le brun soupira. Sa main, peut-être pas. Ses fesses, par contre… Il secoua la tête pour se sortir cette idée ridicule de la tête et observa son amant. Un peu sournois, il dit :
« Je devrais rester ce soir…Tu ne crois pas ?
-Si, répondit Draco. Reste et tu vas voir combien tu vas aimer ça… »
Harry frémit. Il lâcha ses couverts et le regarda, un sourire aux lèvres.
« Vraiment ? Je peux ?
-Non, répondit Draco, soudain raisonnable. Si… enfin non… euh… »
Il secoua la tête, tentant manifestement de reprendre contenance.
« Harry, ce n'est pas… Tu n'es vraiment pas… rah, maudit sois-tu ! »
Il se leva brutalement et s'éloigna rapidement.
« Je vais chez Greyback, dit-il d'un ton agacé. On se revoit demain. N'oubliez pas d'aller chez Devis, d'accord ? »
Et il quitta la pièce sans attendre de réponse, partant presque en courant sous l'œil dépité d'Harry.
« Tu es vraiment un sale petit sournois obsédé ! s'exclama Ron envers son meilleur ami rougissant. Avoue que tu espérais qu'il cèderait !
-Je ne vois pas du tout de quoi tu parles, rétorqua Harry, de mauvaise foi.
-Tu le fréquentes vraiment trop ! » répliqua Ron.
En réponse, Harry se contenta de hausser les épaules avec indifférence : ce n'était pas vraiment quelque chose qui le dérangeait. L'enchaînement de Draco le contraignait bien plus qu'un peu de ruse pour obliger son amant à l'accepter à ses côtés pour cette nuit certes sauvage, mais surtout très agréable !
Malheureusement, comme Draco l'avait précisé, il ne le vit plus jusqu'à leur départ chez Devis. Harry avait pris soin d'emballer le cadeau de Noël et l'avait fourré dans son sac avec son pyjama et ses vêtements du lendemain. Alors qu'il passait devant la maison de Greyback, il jeta un œil circonspect à l'habitation, hésitant manifestement à obéir et à partir sagement, surtout aidé par la poigne ferme et l'obsédé chuchoté de Ron.
« Ce n'est pas que pour le sexe ! se défendit mollement Harry. C'est surtout l'enchaînement !
-Ouais, c'est ça, répliqua Ron en grimpant les marches menant à la maison de Devis.
-Mais je t'assure que si ! persista Harry. Comment veux-tu que je reste de glace quand je sais que l'homme que j'aime va se mutiler les bras et les jambes… Sans parler de la taille !
-Le tout en étant enchaîné à un lit en gémissant ton nom et en bandant comme un malade… Admets que ça t'excite ! »
Harry avait sursauté au son de la voix sinueuse venant du couloir plongé dans les ténèbres. Devis était resté éloigné de l'ouverture, sans doute pour se protéger de la luminosité diurne : il n'y avait pas de soleil à cause des gros nuages de pluie, mais il n'en restait pas moins faible face au jour. Harry ouvrit la bouche à ses mots, tentant de trouver quelque chose pour se défendre, mais l'image invoquée l'excita tellement qu'il regretta amèrement ses robes de sorcier. Ron baragouina quelque chose sur la perversité et s'empressa de rentrer dans la demeure, non sans avoir poliment saluer leur hôte.
D'un petit pas allègre, Hermione le suivit, non sans avoir ricané devant un Harry mortifié. Devis, dont seuls les immenses et froids yeux bleus étaient visibles, le fixait avec une pointe d'amusement qui le mit mal à l'aise.
« Je sais que c'est dur, mais tu dois encore marcher pour rentrer. Je te proposerais bien un coup de main, mais je doute que Draco apprécie et encore moins les voisins ! »
Harry leva les yeux au ciel, inspira et expira pour ensuite avancer courageusement et entrer dans la maison, non sans essayer d'oublier l'image imposée dans son cerveau par la sale tique qu'était Devis.
« Bienvenu cher gendre, dit-il en claquant la porte, le plongeant presque dans le noir. Et à nos deux amis également. Vous excuserez le manque de visibilité. La lumière du jour a des tendances nocives sur ma peau délicate. »
Hermione haussa un sourcil moqueur et le vampire la fusilla du regard en réponse. Il siffla puis tourna les talons pour se diriger vers le salon d'un pas presque dansant. Quand ils y entrèrent à sa suite, ils tombèrent automatiquement sur la forme imposante d'Alrick, sagement installé dans un canapé et occupé à lire le journal, éclairé par des centaines de bougies disposées autour de la pièce. L'ambiance aurait pu paraître un tantinet romantique si ce n'est la tasse de sang posée sur une tablette près d'un rocking-chair où s'était assis Devis.
« Installez-vous ! dit le vampire, royal. Les canapés ne sont pas payants ! »
Ron et Hermione prirent place côte à côte sur un fauteuil deux personnes et Harry en déduisit qu'il devait s'asseoir à côté d'Alrick. Ce dernier ne quitta même pas son journal des yeux quand il s'assit près de lui.
« Comment va Draco ? Pas trop triste de devoir passer la nuit seul avec sa main ? »
Harry inspira encore une fois. Plutôt que de répondre, il préféra farfouiller dans son sac et sortit le cadeau de Noël qu'il tendit au vampire.
« Euh… Joyeux Noël en retard ?
-Ah, enfin ! » dit l'homme éternellement jeune, ravi.
Il se hâta de déballer le présent, ses yeux dévorant avec curiosité l'intérieur du petit paquet. C'était un simple petit bijou dégoté par Draco il ne savait trop où. Le blond avait certifié que son ancêtre aimerait et vu son expression, il ne s'était pas trompé. Devis leva le rubis pendouillant à une chaîne en or, souriant.
« J'aime ça ! dit-il. Ah, Alrick ! Cela t'irait à la perfection. Et encore mieux si tu ne portais que ça ! »
Le calice ne leva même pas les yeux de son journal mais Harry le vit esquisser un sourire.
« Nous essayerons cette nuit, déclara le vampire. Pendant que certains se contenteront de leur main droite… »
Et il lança un petit regard moqueur à un Harry agacé. Que la journée allait être longue…
Et il ne croyait pas si bien penser ! Toute la journée, Devis ne cessa de le provoquer avec des allusions salaces, le narguant sur son incapacité à satisfaire Draco lors d'une telle nuit ou sur la possibilité que son amant ait voulu l'éloigner pour se reposer avant la pleine lune car sa « chienne » lui en demandait trop. Harry n'osa même pas l'interroger sur le pourquoi de cette appellation. Tant Greyback que Devis s'amusaient à le nommer de cette façon et lui-même s'était cru chienne, un moment. Mais la pratique, les mots rassurants de Draco et le désir constant de ce dernier l'avaient rassuré : il était un adolescent normal, aimant faire l'amour avec son compagnon. Certes, il ne s'était jamais imaginé avec un homme, mais bon… il aimait ça, tout simplement !
Bien qu'il ne mangeât rien de solide, Devis s'avéra être un vrai cordon bleu. Il leur mitonna pour le souper un tel festin que même Ron ne trouva rien à dire. Ils mangèrent dans un silence pensif ponctué de soupirs appréciateurs. Quand le repas fut terminé, le trio savoura la présence du lave-vaisselle – qui fascina Ron – et s'installa en compagnie d'Alrick et de son compagnon dans le salon. Là, le vampire s'amusa à les distraire en leur parlant de son enfance, non sans ironie.
« Vous auriez vu la tête de mon père, lorsqu'il m'a découvert, robe de sorcier sur le ventre et jambes écartées, mon précepteur entre les cuisses… le pauvre a failli avoir un arrêt, comme disent certains jeunes moldus. C'était à mourir de rire ! »
Et il s'esclaffa, hilare et satisfait de l'évènement. Alrick leva les yeux au ciel à cette anecdote alors que Ron frémissait d'effroi et qu'Hermione continuait de lire sagement un ouvrage emprunté au vampire.
« Comment vous vous êtes rencontrés ? intervint soudain Ron.
-Oh, c'était à mourir de rire aussi ! commença Devis.
-C'était pendant une chasse au dindon, coupa Alrick, sérieux. Nocturne. Ce qui rendait la chasse nettement plus dure et plus dangereuse… »
Harry fronça un instant les sourcils, sceptique. Il ouvrit la bouche pour parler lorsque Devis s'exclama :
« Mythomane ! Combien d'histoires différentes as-tu raconté, jusqu'à présent ? »
Alrick sembla réellement considérer la question. Au bout d'un long moment, il répondit :
« Huit cent trente-deux. »
Il avait énoncé le chiffre d'une voix indifférente alors qu'Harry hésitait entre hurler au mensonge ou simplement être consterné. Après délibération, il choisit la seconde option : il n'avait pas envie de passer pour un idiot crédule.
Peu de temps après, Devis et Alrick les abandonnèrent. Le vampire avait déjà fait preuve d'énormément de retenue en restant manger avec eux mais dès que son calice eut déclaré avoir digéré, il se leva et entraîna l'homme dehors.
« On va se promener ! dit-il. J'ai préparé une chambre pour les deux garçons et une pour la demoiselle. Allez dormir quand vous voulez ! … Sauf si notre ami poil de carotte a peur qu'Harry le viole par frustration. Dans ce cas, vous pouvez dormir avec la jeune fille ! Bonne nuit ! »
Et ils partirent, indifférents à leur présence. Le trio se regarda, haussa les épaules et continua ses activités. Après quelques parties d'échec lamentablement perdues contre Ron, Harry décida qu'il était temps pour lui d'aller dormir et il souhaita bonne nuit à ses amis pour monter à l'étage. En passant devant une fenêtre, il jeta un œil au ciel qui, malheureusement, était couvert de nuages. Impossible de dire si Draco était déjà plus influencé… mais il le devinait déjà attaché.
« À souffrir le martyr, tout ça juste pour me protéger ! Loup-garou obstiné ! Maudit Malfoy ! »
Il alla s'enfermer dans la chambre mise à sa disposition. Un lit double y était installé avec deux commodes. Il posa son sac au sol, enleva ses chaussures et se laissa tomber sur le côté gauche du lit. Il était épuisé. Draco n'avait cessé de le réveiller la nuit précédente, déjà un peu excité par la lune montante. Et même s'ils faisaient l'amour de façon plus douce, il n'en restait pas moins qu'il n'avait pas beaucoup dormi. Il se sentit partir dans le sommeil bien avant d'avoir réalisé.
Comme toujours lorsque Draco était éveillé, ce fut lui qu'il vit. Il était dans sa chambre, dans la maison de Greyback, entièrement nu. Harry haleta presque en le voyant ainsi. Il ne remarqua pas tout de suite les chaînes, cadenassées au sol et si bien enroulées aux montants du lit que Draco n'avait aucune chance de s'en sortir, à moins d'arracher le bois à première vue solide. Il remarqua aussi les bandages, enroulés autour des poignets, des chevilles et de la taille. Harry lui avait suggéré afin qu'il ne se blesse pas trop et il fut presque heureux de constater que cela avait fonctionné.
Mais bien vite, il ne put s'empêcher de laisser ses yeux gourmands glisser sur le corps dénudé. Ce dernier était en sueur, tendu et il bougeait dans tous les sens, plus souvent de bas en haut. Draco gémissait son nom tout en donnant des coups de hanches dans le vide, manifestement très excité. Son érection était largement tendue, presque suintante dans son désir. Harry se surprit à se lécher les lèvres avant de grimacer face à sa propre réaction. Mais il oublia sa honte alors qu'il approchait du large lit. Les insinuations de Devis lui revinrent en mémoire, l'excitant malgré lui.
« Attaché et prêt à te satisfaire… »
Oh oui, il était si prêt. Le corps tendu dans l'envie, sa voix rauque et animale prononçant son nom…. Ce fut avec un peu de honte qu'Harry s'aperçut qu'il bandait lui aussi. Si Ron l'avait rejoint pour dormir, il ne doutait pas qu'il le retrouverait enroulé dans une couverture sur le sol le lendemain matin ! Mais il chassa cette idée de sa tête pour se concentrer sur son amant dénudé. Il était si… chaud ! Il laissait échapper des gémissements entre ses appels, bougeait parfois ses membres endoloris par la position, faisant cliqueter les chaînes d'argent. Quelques maillons entrèrent en contact avec l'une de ses jambes et lui brûlèrent la peau. Il couina de douleur mais cela ne diminua pas son désir pour autant. Il continua d'appeler son compagnon, le suppliant presque de le rejoindre.
Haletant près du lit, Harry luttait pour ne pas porter sa propre main sur son érection. Il n'avait pas le droit de se soulager, pas alors que Draco ne le pouvait pas. Mais il s'avança vers le lit sur lequel il s'assit sans que cela n'influence quoi que ce soit. Draco ne sembla pas le percevoir, continuant de gémir en l'appelant. Harry s'approcha de lui et tenta de le toucher. Malheureusement, le rêve se montra toujours aussi injuste : sa main traversa le corps qu'il devinait bouillant. Le sien, en tout cas, semblait s'échauffer de plus en plus et Harry dut se coucher aux côtés de son amant. Il essaya bien de contrôler ses mains mais celles-ci se mirent à voyager sur son propre corps, passant sur son torse, glissant sur son ventre pour se faufiler sous sa chemise et caresser sa peau, lui arrachant un frisson. Il voulait les mains de Draco. Elles étaient plus larges que les siennes, plus chaudes, plus douées. Il se mordit la lèvre en allant pincer l'un de ses tétons, comme le faisait parfois le blond. Mais cela ne lui procura qu'un peu de plaisir, bien moins que lorsque Draco le faisait…
Agacé, il se força à enlever ses mains de son torse. Il n'avait pas le droit. Pas alors que Draco souffrait. Pas alors qu'il pleurait presque sous la douleur naissante d'un désir qu'il ne pouvait pas assouvir. Une douleur qu'il commençait lui-même à ressentir, à son grand agacement.
« Viens, marmonna Draco. Pitié, viens… Viens ! »
Et alors qu'il criait le dernier mot, Harry sentit une puissante vague d'envie l'assaillir, directement envoyée par Draco, à travers le lien. Il haleta fortement et se réveilla en sursaut, le corps tremblant et en sueur. Ron n'était pas encore venu se coucher et il rejeta violemment les couvertures pour se lever. Il enfila ses chaussures, redressa ses lunettes et quitta la chambre presque en courant. Ron et Hermione surgirent du salon en même temps. La jeune fille avait les joues légèrement rouges et les yeux brillants, autant que Ron.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? demandèrent-ils en même temps.
-Je… je rentre au village ! répondit-il précipitamment.
-Harry, dit Hermione d'une voix ennuyée.
-Non, répliqua-t-il avec fermeté. Je ne peux pas supporter ça, ok ? Je dois l'aider !
-Et te faire sauter avec violence, en même temps, signala Ron.
-Oui, eh bien tu devrais peut-être commencer à t'y mettre, tu comprendrais ainsi ! »
Et sur ces mots dits d'un ton agressif, il quitta la maison presque en courant pour ensuite transplaner une fois dehors, empressé de rejoindre le village. Il atterrit aux portes de celui-ci et n'hésita pas un instant avant de courir jusqu'à la maison de Greyback. Il en était encore à quatre mètres lorsque l'alpha en sortit brusquement.
« Qu'est-ce que tu fais là, Potter ? demanda Greyback, dont les oreilles étaient ressorties, ainsi que les dents, pour la première fois.
-Je… je viens pour Draco, répondit Harry, le feu aux joues.
-Il me semblait que vous aviez convenu que tu resterais chez ce putain de suceur de sang jusqu'à demain ! Tu devrais repartir. Il t'a déjà senti... »
Harry leva les yeux vers la fenêtre de la chambre de Draco. Il ne pouvait rien voir mais savait qu'il devait s'agiter et se blesser.
« Il a convenu que je ne devais pas le rejoindre, dit-il, décidé. Mais je n'étais pas d'accord. Et je le suis encore moins maintenant ! Je ne peux pas supporter ça. Alors laissez-moi passer. »
L'alpha le regarda pendant un moment, stoïque. Il finit par soupirer.
« Attends ici », dit-il.
Il tourna les talons et rentra dans la maison. Harry resta immobile, fébrile. Etait-il allé en parler avec Draco ? Serait-il seulement en état de l'écouter ? Quelques minutes plus tard, Greyback revint. Il lui tendit la main, le petit flacon d'aphrodisiaque spécial entre les doigts.
« Heureusement qu'il en a une réserve, grogna l'homme. Bois-le puis monte. Et dis-lui bien demain que ce n'est pas de ma faute ! Sur ce, je vais chez toi. La maison est vide alors j'irai dormir où je veux. Les clés des chaînes sont sur la tablette près de la porte de la chambre. Bonne nuit. »
Il eut un ricanement puis, les pieds nus, s'éloigna tranquillement, sifflotant presque. Harry jeta un œil un peu craintif en direction de la porte laissée ouverte. Il hésita, piétina puis un hurlement venant de l'étage le convainquit. Qu'importe que Draco soit furieux contre lui, il ne pouvait plus supporter cette image de son amant enchaîné et souffrant le martyre. Il ne pouvait pas tolérer ça ! Et pire que tout… il ne pouvait pas ignorer combien il avait envie de le rejoindre et de le laisser faire de lui ce qu'il voulait. Fallait-il qu'il soit masochiste…
Délicatement, il décapsula le petit flacon et savoura le goût délicieux de l'aphrodisiaque spécial. Il sentit la caresse puissante parcourir tout son corps et gémit, se sentant brutalement étouffé par le désir qu'il ressentait. Pantelant, il s'avança jusqu'à la maison de l'alpha et prit le temps de refermer la porte derrière lui. Il hésita un instant à se dévêtir en avançant puis décida de le faire sur le palier. Il n'avait pas envie que Greyback se moque de lui le lendemain. Pourtant, au fur et à mesure qu'il montait les escaliers, la chaleur qui envahissait son corps était si intense qu'il se mit à détacher les boutons de sa chemise puis celui de son pantalon. Il entendait les grognements rauques de Draco quand il arriva sur le palier et une pleurnicherie s'échappa de sa propre gorge. Encore une fois, les sons produits par son amant se répercutaient sur son corps comme des attouchements sensuels qui le laissaient tremblant.
Arrivé devant la porte et avec un peu de difficulté, il arracha les vêtements qu'il portait et expulsa chaussures et chaussettes d'un mouvement de talon, aidé par ses doigts de pied. Alors, enfin, il osa ouvrir la porte qui l'empêchait de voir son amant dont les sons se faisaient plus violents. A peine la porte se fut-elle ouverte qu'il entendit des cris de rage, des bruits de chaînes et de bois craquant. Draco se débattait de toutes ses forces, tentant de se défaire de ses liens pour l'atteindre. A sa vue, Harry sentit son corps s'embraser de façon complète et il se retint fortement pour ne pas tomber sous l'effet de la potion.
Les yeux lupins étaient fixés sur lui et le dévoraient littéralement alors que Draco continuait ses mouvements brutaux. Tremblant, Harry s'avança dans la chambre où l'atmosphère lui semblait brusquement brûlante. Il referma la porte et tourna la tête vers la tablette appuyée contre le mur, juste à côté. Un trousseau ne contenant qu'une seule énorme clé y était posé et il le saisit brutalement pour ensuite s'approcher d'un pas hésitant.
« Qu'est-ce que tu fais là ? grogna Draco, le dévorant des yeux. Je t'avais dit de ne pas venir. Je t'avais dit que ce n'était pas une bonne idée ! »
Ses mots le rejetaient mais il tendait les mains vers lui avec désir et Harry céda en s'approchant rapidement.
« Je voulais te voir, répondit-il en s'abaissant pour aller déverrouiller la chaîne entourant la taille de Draco. Je… je ne peux pas rester loin de toi, pas cette nuit ! »
Il se releva dans l'intention d'enlever définitivement la chaîne maintenant son amant par la taille mais quand celle-ci finit au sol dans un bruit métallique, Harry fut incapable de s'abaisser à nouveau pour s'attaquer aux autres cadenas. Ses mains passaient et repassaient sur la peau douce, sans pouvoir s'arrêter. Ses yeux fixaient le ventre ferme, comme hypnotisés et il laissa échapper un son rauque de convoitise. Doucement, il se pencha, commençant à lécher la peau à portée, arrachant à son amant des sons envieux et enragés.
« Détache-moi complètement ! dit-il. Harry, détache-moi ! Je veux… Détache-moi, merde ! »
Il se débattait toujours avec autant de rage et le brun savait qu'il devait obéir, mais l'image transmise par Draco – et imposée un peu plus tôt par Devis – l'empêcha de bouger. Avoir Draco rien qu'à lui, enchaîné sur un lit, tout disposé à le satisfaire… Sauf que Harry serait celui qui contrôlerait… l'idée le fit gémir et il laissa tomber les clés sur le sol pour monter sur le lit, s'asseyant à califourchon sur son amant qu'il ne pouvait s'empêcher de caresser et de lécher.
« Qu'est-ce que tu fais ? gémit Draco. Harry, détache-moi. J'ai besoin d'être libre ! Détache-moi ! Tu m'en… Merlin ! »
Harry ne l'écoutait pas. Il avait trop envie de Draco et la situation était trop excitante pour ne pas la tester. En douceur, il prit le sexe du lycanthrope en main, se souleva et s'empala sans hésitation sur l'érection tendue. Son geste arracha un petit cri d'extase à son amant qui ferma les yeux pour savourer la sensation, Harry l'imitant alors que son dos se cambrait. Ça faisait un peu mal, malgré l'aphrodisiaque spécial. Il resta immobile un instant, jusqu'à ce que le bruit de chaîne reprenne. Alors il ouvrit les yeux, croisant le regard animal et furieux de Draco.
« Je t'ai dit de me détacher ! Quand vas-tu apprendre à obéir, Potter ? »
Le concerné répondit en commençant à bouger, se relevant pour se rabaisser sur le bassin en sueur, un petit geignement de plaisir s'échappant de ses lèvres entrouvertes.
« C'est bon, dit-il, les yeux entrouverts et la tête penchée sur Draco. C'est si bon, ainsi… ça n'a jamais été si profond… »
Il ferma les yeux pour savourer la sensation. C'était la première fois qu'ils prenaient cette position et il l'adorait. Tant parce qu'il avait le contrôle de la situation qu'à cause de la pénétration totale, à chaque mouvement. Sous lui, Draco émit un son réprobateur. Il continuait de se débattre avec ses chaînes, manifestement peu décidé à se laisser gentiment dominer.
« Pas ce soir, Potter, siffla-t-il. N'importe quel soir, je pourrais supporter ça, mais pas ce soir ! Alors détache-moi. Détache-moi ou tu ne vas pas apprécier quand je me serai libéré, crois-moi. »
Mais Harry n'écoutait rien, perdu dans son plaisir physique. Il était trop excité pour écouter. Il n'entendit donc pas, au bout de quelques minutes, les bruits de bois craquant vivement. Draco avait attrapé les chaînes dans ses mains, ignorant la brûlure occasionnée et les avait tendues à l'extrême. Il s'en servit pour s'élancer plus violemment dans le corps au-dessus de lui, faisant presque bondir son amant installé à califourchon et osant le dominer, dans une nuit si importante ! La tête et le pied du lit, où étaient enroulées les extrémités des chaînes avec efficacité, émirent un énième craquement menaçant alors qu'il continuait de tirer. Du sang coula le long des maillons qu'il serrait de toutes ses forces dans ses mains et là où il était parvenu à enrouler ses mollets afin d'essayer de libérer ses jambes.
Soudainement, il y eut un craquement plus sonore et des éclats de bois volèrent dans la chambre. Victorieux, Draco lâcha les chaînes qui tombèrent au sol. Celles des jambes tenaient encore un peu, il en saisit le bout et les arracha à leur tour. Puis, regardant son amant toujours assis sur lui, il plissa les yeux, l'attrapa par les cheveux et le fit basculer dans le lit, sur le ventre. Harry hoqueta de surprise. Il ne s'était rendu compte de rien tant il était perdu dans le moment et sursauta en se retrouvant, la tête violemment enfoncée dans le coussin, l'érection de Draco frottant contre ses fesses alors qu'il se plaquait contre son corps, sa bouche allant chuchoter à son oreille :
« Je vais t'apprendre à obéir, lui dit-il. Je vais t'apprendre à me respecter, Harry… et quand j'aurai fini ça… tu seras juste capable de te rappeler qui est le maître ici. »
Le brun frissonna. Pas de peur. Mais d'un désir incontrôlable provoqué par cette voix animale.
« Fais-moi ce que tu veux, répondit-il. Tant que tu me baises, je m'en fiche ! »
Draco grogna d'agacement. Malheureusement, il n'était pas capable de lui refuser ça cette nuit. A la place, il s'écarta d'Harry et le retourna. Un sourire presque mauvais sur les lèvres, il se pencha vers le sol, attrapa une des chaînes d'argent dans ses mains pour ensuite l'exposer devant Harry.
« Oh, je vais te baiser. Plus que tu ne saurais le supporter, crois-moi. »
Et, presque menaçant, il détendit la chaîne et la retendit, entraînant un claquement métallique prometteur.
oOo
Draco se réveilla le lendemain avec le corps étrangement courbaturé. Il sentait une brûlure douloureuse au niveau des mains et des jambes mais chassa cette sensation avec négligence. Il était bien. Il avait un peu mal, mais il était relativement bien. Au chaud, le corps totalement détendu. Il voulut s'étirer, mais une forme contre lui l'en empêcha et il ouvrit les yeux avec difficulté.
Harry était couché contre lui, les bras ficelés au-dessus de sa tête à la chaîne qu'il aurait dû avoir à ses propres poignets. Draco écarquilla les yeux et se redressa dans le lit. Très vite, les souvenirs de la nuit lui revinrent et il plaqua une main horrifiée sur sa bouche. Merlin, qu'avait-il encore fait ? Angoissé, il baissa les yeux sur le corps enchaîné d'Harry en craignant d'y découvrir les nouvelles blessures. Mais il n'en avait pas tant. Quelques bleus sur les hanches, une ou deux lacérations sur ses cuisses, des morsures et des suçons sur la gorge, mais rien d'autre. Malgré tout, ses yeux se levèrent avec angoisse vers les poignets si fortement enserrés par les chaînes en argent. Il hésita une seconde avant de les saisir à pleines mains, grimaçant face à la brûlure ressentie. Ignorant la douleur, il se dépêcha d'enlever la chaîne.
D'énormes marques de maillon s'étaient incrustées dans la peau pâle et bleuie, mais ça s'arrêtait là. Draco n'osa pas pour autant se relaxer. Il porta ses doigts sur les os fins et les tâta : aucun n'était cassé, heureusement ! Soupirant de soulagement, il évalua le corps endormi et fut presque satisfait de le découvrir si peu blessé. Le fait d'avoir passé la nuit dans un lit devait être responsable du manque de blessures… Il devrait s'en rappeler pour la prochaine fois.
Doucement, il sortit du lit et s'étira en grognant. Ses mains étaient blessées ainsi que ses jambes, malgré les bandages. C'était sans doute dû à sa détermination à se libérer de ses liens. Il soupira puis s'approcha rapidement du tas de vêtements qu'il avait laissé au sol, la veille. Sans bruit, il s'habilla et se dirigea vers la sortie. Mais quand il ouvrit la porte, il découvrit un petit panier rempli de potions ainsi que les vêtements appartenant à Harry. Greyback avait manifestement pensé à eux. Souriant, il se pencha, ramassa le tout et retourna dans la chambre. Il venait de refermer la porte lorsqu'il entendit Harry s'agiter dans leur lit. Quand il se tourna vers ce dernier, il grimaça en constatant qu'il avait tout de même réussi à casser le meuble pendant la nuit…
Dans le lit, Harry s'agita davantage et bâilla. Il grimaça en levant le bras et Draco s'empressa de s'approcher du lit, s'asseyant dessus avec précaution. Le brun ouvrit deux yeux brumeux et Draco regarda à gauche et à droite. Il retrouva les lunettes de son compagnon sur le sol, brisées. Grimaçant, il sortit sa baguette, marmonna un Reparo avant de les lui poser délicatement sur le nez. Harry lui fit un sourire reconnaissant et endormi. Il baissa ensuite les yeux sur son corps avec un semblant d'appréciation, voire de fierté.
« C'est ça, fais le malin, lui dit Draco en lui tendant la fiole destinée à soigner sa gorge sans doute encore malmenée. Mais je t'avais dit de ne pas venir et le manque de blessures ne change rien au fait que je sois en colère ! »
Harry but tranquillement la fiole, non sans grimacer sur la fin. Il se racla la gorge puis ouvrit la bouche, laissant échapper une voix encore rauque.
« N'ai-je pas été assez puni, maître ? »
Draco rougit en entendant l'appellation moqueuse et détourna les yeux, mortifié. Il se souvenait très bien avoir obligé Harry à l'appeler ainsi.
« Désolé, marmonna-t-il. Je… suppose que le loup n'était pas très satisfait de ta petite rébellion.
-Laquelle ? demanda Harry en essayant de s'étirer mais en abandonnant face à la douleur dans ses membres. Celle de ma présence durant cette nuit ou celle de l'enchaînement forcé ?
-Sans conteste, la seconde, répondit Draco en le regardant, lui tendant l'antidouleur qu'Harry but avec reconnaissance. Qu'est-ce qui t'a pris ?
-J'avais trop envie pour perdre mon temps à te détacher, expliqua Harry, gêné. Et puis… la position était très… excitante. »
Draco soupira alors qu'Harry tentait de prendre son courage à deux mains.
« Cette position, dit-il. Ça l'a mis en colère aussi ou…
-Oui, répondit Draco. Ce n'est pas vraiment quelque chose que tu dois faire. Me dominer physiquement, je veux dire. Enfin, pas la nuit trois quarts ! En dehors… je crois que ça irait. »
Harry le regarda avec hésitation et le blond lui sourit.
« Le côté alpha était plus présent que d'habitude, la nuit dernière. Mais en dehors du cycle lunaire… il faudra réessayer. C'était très agréable à regarder… »
Rougissant, Harry hocha la tête. Draco examina ses poignets bleuis et tendit la main pour les prendre dans les siennes.
« Désolé pour ça, dit-il en les caressant.
-Je ne sens presque rien, répondit Harry en haussant les épaules. Et ça ira quand j'aurai pris mon bain. Tu veux bien… me porter ? »
Draco lui sourit en acquiesçant de la tête. Il se releva pour ensuite l'attirer et le soulever dans ses bras. A la dernière minute, il pensa à se pencher vers le lit.
« Attrape le panier », dit-il.
Harry s'exécuta, récoltant les potions très utiles sur ses genoux. Ils quittèrent ensuite la chambre, non sans quelques difficultés pour ouvrir la porte. Heureusement, celle de la salle de bain était largement ouverte et la pièce était vide.
« Il me semblait que nous avions convenu de passer la nuit séparés, lui dit Draco en le déposant sur l'évier, Harry soupirant de soulagement face à la position normalement inconfortable mais qui lui permettait surtout de ne pas s'asseoir réellement sur ses fesses mais plutôt sur le haut de ses cuisses.
-Je n'ai pas su résister, admit le brun. Je me suis endormi et quand je t'ai vu… enfin… qu'est-ce qui t'a pris d'être nu, aussi ! »
Il avait dit ça d'une petite voix, le visage baissé sur le sol. Ça n'empêcha pas Draco de le voir horriblement embarrassé. Il fit comme si de rien n'était et ouvrit le robinet d'eau chaude de la baignoire. Il laissa l'eau couler et alla tout près de son amant, l'enlaçant tout en se glissant entre ses jambes.
« J'ai dû me déshabiller pour mettre les bandages, dit-il. Greyback m'a rattrapé alors que j'essayais de m'enfuir pour te retrouver. »
Harry émit un léger ricanement et Draco haussa les épaules en réponse.
« Je suis un loup-garou ! Le fait que je ne puisse te résister à la lune trois quarts, c'est normal ! Mais que toi, tu ne me résistes pas… c'est juste flatteur ! »
Et il lui fit un sourire arrogant qui amusa Harry plus qu'il ne l'énerva.
« Ne te flatte pas trop, lui répondit-il. J'ai autant été attiré par ton corps qu'horrifié par ta souffrance… Je ne saurais plus supporter de te laisser subir ça… »
Il appuya son visage contre l'épaule vêtue et grimaça au contact du tissu. Draco sourit et le serra contre lui, non sans jeter un œil à la baignoire. Voyant qu'elle se remplissait de plus en plus, il s'écarta d'Harry pour fermer l'eau chaude et enclencher l'eau froide. Il en profita également pour y verser les potions puis commença à détacher ses vêtements avec lenteur.
« De toute façon, quand tu seras un loup-garou, tu ne te blesseras plus autant, lui dit-il en le regardant, s'amusant de la lueur appréciatrice dans les yeux de son amant. Donc, nous n'aurons plus aucune raison de nous inquiéter des conséquences.
-Tu es le seul qui s'inquiète des conséquences ! » lui fit remarquer Harry.
Draco grogna en réponse puis alla fermer l'eau après avoir plongé ses mains dedans. Il la trouva un peu chaude, mais ce n'était pas désagréable. Reculant, il commença à défaire les bandages sur ses poignets, ses chevilles puis sa taille.
« Tu t'es blessé quand même, murmura Harry, les yeux fixés sur ses jambes brûlées et ses mains.
-Et ça ne serait pas arrivé si une certaine personne m'avait libéré quand je l'ai demandé ! dit moqueusement Draco. Non, ne culpabilise pas… Ce n'est pas de ta faute si cet aphrodisiaque te transforme en nymphomane… »
Harry marmonna quelque chose en rougissant. Quand Draco s'approcha pour le prendre dans ses bras et l'amener dans la baignoire, il l'empêcha de bouger et prit une de ses mains dans les siennes, l'amenant à sa bouche pour ensuite embrasser les blessures. Draco le regarda faire puis libéra son membre pour aller le serrer contre lui et le soulever.
« Quand tu seras un loup-garou, ta salive me soignera, l'informa-t-il.
-Même en étant humain ? demanda Harry, haletant brutalement au contact de l'eau bouillante.
-Même en étant humain, répondit Draco en s'installant derrière lui, son corps accueillant l'effet des potions avec autant de satisfaction que celui de Harry.
-Alors vivement demain, lui dit Harry en fermant les yeux, appuyant sa tête contre son épaule.
-Oui, répondit Draco, l'enlaçant. Vivement demain matin. »
oOo
Ils avaient passé la journée au lit. Draco voulait que Harry se repose un maximum alors ils avaient dormi, non sans avoir changé le lit et réparé du mieux qu'ils pouvaient avec de la magie. A dix-sept heures, ils étaient descendus pour souper en compagnie d'un Greyback étrangement raisonnable. Il se contenta d'un : « Content que ta chienne soit venue ? » moqueur puis continua de manger tranquillement face au silence embarrassé de Harry et agacé de Draco.
« Hermione et Ron sont rentrés, signala Greyback. Ils te souhaitent bonne chance et ont hâte d'être demain. »
Harry hocha simplement la tête en réponse. Il sentait une anxiété vicieuse s'insinuer en lui alors qu'à l'extérieur, la nuit tombait. Ils allaient bientôt devoir transplaner et Harry se sentait fébrile à l'idée que, dans quelques heures, il allait subir la transformation qui, peut-être, le libérerait de l'horcruxe en lui.
Ils finirent rapidement de manger et lavèrent leurs couverts en silence. Draco angoissait aussi, tant pour l'horcruxe que pour la transformation de Harry. Et si ça se passait mal ? Le fait d'être seul avec lui, sans personne pour les aider si nécessaire, le terrifiait et il le démontrait en enlaçant son amant sans arrêt, se sentant obligé de le serrer contre son corps.
Enfin, alors que le soleil disparaissait définitivement, ils sortirent de la maison, accompagnés de l'alpha du village.
« Bonne chance, leur dit-il. On se revoit demain. »
Et il s'éloigna lentement pour rejoindre le centre du village où, sûrement, le reste de la meute se réunissait. Draco poussa un soupir galvanisant, attrapa la main de Harry et le regarda.
« Tu es encore décidé ? dit-il.
-Transplane au lieu de poser des questions stupides ! » répondit le brun, emmêlant ses doigts à ceux de son amant.
Draco obéit sans répliquer. Une partie de lui avait été inquiète à l'idée qu'il change d'avis et une autre l'était qu'il ne le fasse pas ! Ils arrivèrent dans la forêt et Harry dut attendre un peu pour se stabiliser et se rendre compte qu'ils étaient près de la grotte où ils s'étaient retrouvés. Il sourit presque avec douceur en la regardant puis se tourna vers son amant. Ce dernier arborait des oreilles lycanthropes, des yeux tout sauf humains et un air un peu prédateur qui le fit trembler. Ses dents étaient déjà bien plus longues que celles d'un être humain.
« Je vais bientôt me transformer. Je ne te mordrai pas si tu me dis avoir changé d'avis… »
Harry leva les yeux au ciel.
« Je ne changerai pas d'avis ! dit-il.
-On verr… »
Draco ne put finir sa phrase. La lune s'était levée et il tomba brutalement au sol en poussant un gémissement de douleur. Harry écarquilla les yeux de stupeur : il avait vu Draco se métamorphoser des dizaines de fois devant lui mais jamais il n'avait semblé en souffrir. Pourquoi était-ce différent ? Car il était manifeste que le blond ne subissait pas cette transformation avec plaisir. Ses membres se tordaient brutalement, s'allongeaient ou rétrécissaient alors que, peu à peu, il laissait place à un énorme loup blanc. Ça ne prit que quelques minutes mais les plaintes douloureuses de Draco le firent grimacer et semblèrent rallonger le temps. Quand enfin, il eut devant lui un loup qui se redressa et s'ébroua avec force, il trembla presque.
En dehors de la pleine lune, la forme de loup de Draco semblait plus petite et plus humaine. Son expression était encore empreinte de douceur. Mais pas le loup qu'il avait devant lui. Celui-là était différent. Il était plus grand, plus massif. Et il le regardait avec des yeux de prédateur, empreints d'une férocité qui l'effraya un peu. Il se força pourtant à se calmer et regarda son amant. Doucement, il enleva ses lunettes qu'il posa sur le tas de vêtements de Draco. Ceux-ci étaient presque intacts. Il soupira, retira son pull pour demeurer torse nu et tendit son bras.
« Je n'ai pas changé d'avis, dit-il. Mords-moi. »
Le loup le fixa un très long moment sans bouger. Puis il s'approcha de lui avec assurance : manifestement, l'animal était bien plus déterminé que l'humain. Harry écarquilla les yeux en regardant les immenses dents. Il trembla quand l'énorme gueule entoura son poignet et bloqua sa respiration quand le loup-garou leva ses yeux argentés vers lui, comme pour s'assurer qu'il était encore décidé. Harry serra la mâchoire et raffermit la position de sa posture, affirmant par ses actes qu'il assumait.
Comme il l'espérait, le loup interpréta ses quelques mouvements comme une réponse et il sentit brutalement les dents se refermer sur sa peau et la transpercer. Il eut mal à cause de la morsure. Personne ne pouvait rester indifférent face à ça. Mais rapidement, une autre souffrance envahit son corps son corps : celle du venin qui se répandait dans ses veines et artères. Il remonta jusqu'à son cœur qui, en quelques pulsations rapides, l'envoya dans tout son organisme, entraînant une réaction presque enflammée dans chacun de ses membres. Alors que la brûlure se répandait en lui, Harry se sentit tomber au sol, un cri franchissant ses lèvres. Plus qu'un cri, c'était un hurlement. Et Draco l'accompagna, le museau pointé vers le ciel. Il l'entendit jusqu'à ce qu'il perde finalement connaissance.
A suivre…
A dans un mois vous tous… J'espère que vos vacances se passent bien ^^
