Titre : Alpha Potentiel

Résumé : Pour avoir lâchement désobéi à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM

Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)

Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !

Note de l'auteur : Un mois, déjà, que j'ai posté le chapitre 23 ! Mon dieu, je ne l'ai pas vu passer. Je n'ai rien vu passer du tout, en fait. Ce chapitre est important, il marque une cassure, entre notre trio d'or et une victoire pour Draco dans sa domination. Il me plaît mais uniquement pour sa fin et pour les quelques détails lupins que je vous déverse en douceur.

Il me permet aussi d'introduire un nouveau personnage, Sean, qui a une histoire particulièrement intéressante. Je remarque que beaucoup de mes personnages (et quand je dis mes, je parle de ceux que j'ai créé personnellement) ont une histoire que je ne vous raconte pas ou pas beaucoup, en tout cas. Je crée leur personnalité, leur passé, sans toutefois savoir si je vais les employé. Sean était destiné à révéler plus de lui-même, mais là où j'en suis arrivé, je doute d'en avoir l'opportunité (et c'est d'ailleurs le cas de bien des personnages). Si certains d'entre vous sont curieux (que ce soit envers Chyreer, Rosalia, Gabriel, Sean, Annie et j'en passe), n'hésitez pas, je me ferai un plaisir de vous expliquer ^^

Maintenant, une partie un peu plus personnelle de la note. J'explique ceci d'avantage pour apaiser les lecteurs de la magie d'une fleur. Depuis un mois et demi, je n'ai plus rien écris. Plus rien du tout. Pas une ligne, pas un mot. Mon imagination a été comme brutalement étouffée par un harcèlement douloureux, suffocant sur mon lieu de travail. Avec le départ de cette imagination, j'ai eu en cadeau de l'hypertension et de la tachycardie. Le tout accompagné d'un médicament pour apaiser tout ça. Et d'un certificat d'une semaine de repos que je n'ai pas pu prendre…

Je ne m'étendrais pas d'avantage. Sachez juste que, depuis peu, mon imagination pointe timidement son nez et que j'ai réussi à imaginer à nouveau quelques petites scènes. Derrière l'imagination, tout aussi timide, l'envie d'écrire pinaille, mais est bien présente. Je vous promets que je fais de mon mieux pour les appâter à nouveau. Soyez patients, par pitié. Je n'abandonne pas magie qui va s'avérer même bien plus longue que je ne le prévoyais au début et qui continue de me passionner autant, même plus que cette histoire !

A présent, pour les lecteurs d'Alpha, on se retrouve dans un mois, le 12 novembre. Soyez donc heureux que j'ai des chapitres d'avances car malheureusement, Alpha a subit le même abandon que Magie et a stagné tout aussi cruellement.

Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Ben… J'ai regardé les experts. Y'a pas à dire, écrire et écouter cette série vont de paire, maintenant T_T….

Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !

Nombre de chapitre : Encore et toujours au chapitre 28.

oOo

Chapitre 24 : Dressage et séparation

Ce fut presque sans surprise que Harry se retrouva à suivre Draco, hors de la maison. Il s'était à peine endormi qu'il s'était matérialisé dans la chambre. Il avait admiré Draco dans sa nudité totale jusqu'à ce qu'il finisse par se lever. Il le regarda essuyer son ventre pour effacer les traces de leurs actes de façon fort sommaire. Il le dévisagea pendant qu'il s'habillait tranquillement, non sans de nombreux coups d'œil vers son corps endormi. Quand il fut présentable, Draco s'approcha du lit pour caresser la longue chevelure noire, une lueur d'amour dans les yeux. Harry s'était senti frissonner de volupté et il se serait bien laissé aller à se blottir contre son amant s'il n'avait pas été immatériel.

« Repose-toi bien, lui avait-il chuchoté en allant l'embrasser sur le bout du nez. On se revoit demain matin… »

Puis il avait assisté à la discussion entre ses amis et Draco. Où plutôt, à la sévère réprimande que Draco leur avait fait subir. Il avait eu l'envie folle d'aller se lover contre lui alors qu'il fusillait ses meilleurs amis des yeux. Mais à la place, il lui transmit un maximum de reconnaissance. Puis il le suivit dehors, souriant face à l'agacement de Draco découvrant le mauvais temps extérieur.

Passant une main lasse dans ses cheveux déjà recouverts d'une fine couche d'humidité, Draco se mit à avancer le long du sentier menant à une rue principale du village, bien que celle-ci soit juste une vaste allée de terre boueuse. Draco n'y fit pas vraiment attention et continua son chemin pour finalement se rendre jusqu'à la sortie du village. Il longea les barrières sommaires qui entouraient la propriété, simple clôture de bois en apparence inoffensive. Mais elles ne l'étaient pas. Harry n'avait pas besoin d'avoir été instruit pour le savoir, il le sentait : elles étaient imprégnées de magie.

« Ah, te voilà ! » s'exclama une voix masculine, faisant sursauter Draco qui tourna la tête en direction de la voix indiquée.

Harry fut surpris de découvrir un jeune homme aux cheveux bruns ébouriffés. Une énorme cicatrice barrait tout le côté gauche de son visage juvénile, depuis le front jusqu'au bas du menton. Son œil gauche, large trou béant et blanc, était horrible à regarder et Harry fut soulagé d'être immatériel.

« Je ne suis pas en retard, que je sache, dit Draco en croisant les bras.

-Non, tu ne l'es pas, c'est vrai, répondit le balafré. Mais tu n'es pas en avance non plus ! »

Draco leva les yeux au ciel.

« Fais pas chier, Sean !

-Sinon quoi, petit alpha ? »

Draco montra presque les dents avec agacement alors que le dénommé Sean tournait les talons en lui indiquant de le suivre. Il obéit, non sans qu'un puissant sentiment de contrariété ne l'ait envahi. Harry pouvait percevoir la tension qui habitait les épaules de Draco alors qu'il suivait le jeune homme avec nonchalance.

« Les gars, dit Sean à un groupe de dix hommes qui attendaient près de l'entrée du village. Nous avons de la main d'œuvre pendant les deux prochaines semaines ! »

Les hommes lancèrent à Draco un regard à la fois moqueur et compatissant.

« Je suppose que le chef ne t'a pas expliqué en quoi consistait les gardes ? dit Sean en se tournant vers lui.

-Non, pas vraiment, répondit Draco, un brin provocateur.

- Alors tu vas voir, c'est très simple, se moqua Sean. Tu te contentes d'écouter, de regarder, de sentir, tout le long du village. Si tu as un doute, tu dois aller voir. Le village forme une poire. Il y a trois cercles de capteurs. Les premiers sont à dix mètres, les deuxièmes à cent mètres et les derniers à un kilomètre. Ils reconnaissent très facilement toutes personnes vivant dans le village, donc, ils ne se déclencheront pas si l'un de nous s'en approche. Chaque capteur émet un son, une lumière différente. Les plus proches déclenchent une alarme que seul des lycanthropes peuvent entendre. Ceux à cent mètres émettent un son et ceux à un kilomètre une lumière. Le tout dans ce petit appareil que tu vas porter autour du cou ! »

Il lui tendit une lanière noire au bout de laquelle pendouillait une petite plaque de métal noir et poli. En passant ses mains dessus, il constata qu'il y avait deux petits trous sur l'une des faces et une petite boule luisante sur l'autre.

« C'est pour la lumière et le son, expliqua Sean. Garde-le bien. Si tu le perds ou si on te le vole, je te casse la gueule ! »

Draco esquissa un sourire moqueur et défiant. Il n'avait absolument pas peur de Sean, bien qu'il soit réputé pour être un combattant remarquable. En attestait la balafre sur son visage, lorsqu'il avait jugé bon d'attaquer un loup adulte à tout juste dix ans. Le pire était qu'il avait gagné, malgré sa blessure plus qu'inquiétante.

« Si tu le dis, dit-il en lâchant la balise qui vint taper contre son sternum. Et donc, je me contente de me balader autour du village ?

-Non, on a des postes fixes, lui expliqu) Sean. Tu vas faire équipe avec Yves. C'est un moldu et il est d'origine française. Tu survivras à ça ? »

Draco fronça les sourcils.

« Je ne vois pas pourquoi ce serait difficile d'être avec lui, lui répondit Draco d'un air sérieux.

-Tu n'es pas réputé pour ton ouverture d'esprit, Malfoy, lui répliqua Sean, provocateur.

-Les gens changent, dit simplement Draco.

-Comme c'est mignon, se moqua Sean. Bon, Yves ! Tu prends le petit en main ! »

Et sur ses mots, il tourna les talons pour se diriger vers cinq hommes l'attendant plus loin. Draco se retourna machinalement vers un homme d'une trentaine d'années, les cheveux coupés très courts et l'air fatigué.

« Salut, dit-il avec un léger accent. 'Suis Yves. Viens. »

Il sortit du village et longea tranquillement le petit muret qui l'entourait, les mains dans les poches. Il avait un air flegmatique qui donna un frisson à Draco : affublé d'un compagnon de garde si calme, comment allait-il survivre ? L'ennui allait probablement le tuer avant la fin de la nuit.

Quand il pensait à Harry, paisiblement endormi dans leur lit, son corps alangui dans les draps… Il frissonna alors qu'Yves le conduisait dans les bois, contournant le village par la gauche. Ils s'arrêtèrent finalement près de la barrière est, non loin de l'école. Yves s'appuya nonchalamment contre un arbre, ses yeux fixés sur la nuit. Draco préféra aller s'asseoir sur la barrière et il profita de sa particularité pour obliger ses yeux lupins à ressortir, la nuit s'éclairant davantage. Il perçut le mouvement d'oreilles d'un lapin, à cent mètres de là. Il eut presque l'envie de lui courir après mais resta immobile. Il était là pour surveiller, pas pour chasser.

« Merlin que ça va être long ! marmonna-t-il.

-J'ai un jeu de cartes si tu veux », lui proposa Yves, le faisant sursauter.

Draco le considéra un instant, hésitant.

« On peut ? dit-il, étonné.

-Jouer ne nous empêche pas d'être attentifs et puis… les capteurs nous le diraient s'il y avait quelqu'un. Allez, viens ! On va jouer.

-Sean est d'accord ? s'enquit tout de même Draco.

-Ouais, répondit Yves. Il se gêne pas non plus pour jouer. Allez, arrête de faire ton premier de la classe et viens. »

Le français s'assit au sol, le corps légèrement tourné vers la forêt et Draco s'installa à côté de lui, dans une position identique.

« Suffit de pas trop se laisser prendre au jeu et de se taire, lui dit Yves. Tu connais Bataille ? C'est encore le jeu le moins excitant, sans toutefois être trop ennuyeux. Tu connais ?

-Non, répondit Draco.

-Bon, alors je t'explique ! »

Et tout en mélangeant les cartes, il entreprit d'instruire Draco sur un jeu typiquement moldu.

oOo

La nuit, bien que distrayante à cause des parties de cartes, sembla interminable. Draco s'était senti somnolent seulement quelques heures, surtout vers la fin. Yves avait fini par stopper son jeu pour simplement fixer le vide. Draco l'avait dévisagé avec désespoir pour ensuite soupirer et regarder le vide aussi. Le moindre bruit lui était parfaitement audible à cause de ses oreilles lycanthropes, le moindre mouvement était aussitôt capté…

Et s'il était amusant, au début, d'observer une famille de lièvres intrépides – il se promit de se rappeler la position de leur terrier pour la prochaine pleine lune – il en vint rapidement à s'ennuyer à mourir…

Finalement, vers cinq heures trente, Yves se releva en s'étirant, exécutant plusieurs exercices d'assouplissement pour dégourdir son corps endormi.

« Bon, dit-il. 'Va être l'heure. On y va ? »

Draco acquiesça. Il n'était pas suffisamment fou pour refuser ! Tranquillement, les mains dans les poches pour Yves, ils retournèrent à l'entrée du village.

« C'était une bonne nuit, au moins, dit Yves. Pour une première, je veux dire. L'a pas trop plu, fait moins froid… T'as de la chance ! »

Draco leva les yeux au ciel. Ses vêtements étaient chargés d'humidité et ses cheveux complètement trempés. Il évitait d'y passer les doigts de crainte d'en sentir la moiteur sur sa main.

« Et revoilà notre petit alpha, fit la voix de Sean, moqueuse. Alors, petite lavette, tu as survécu ?

-Manifestement, répondit Draco en fronçant les sourcils face au sobriquet. Ton sens de l'observation me stupéfie. »

Il esquissa un sourire moqueur tout en secouant légèrement ses cheveux trop longs. Il avait l'envie féroce d'empoigner Sean pour ensuite le clouer au sol et le rouer de coups. Il était franchement antipathique et défiant. Draco ne supportait pas ça !

« Je peux le comprendre, répliqua le chef de garde. Quelqu'un qui n'en a pas ne peut que s'impressionner de l'observation des autres… »

Un grondement sourd sortit de la gorge de Draco dont les yeux se faisaient clairement dangereux. Certains loups s'agitèrent tout en jetant des petits coups d'œil anxieux vers Sean.

« Chef, intervint un des hommes, plus âgé et plus fort que le jeune homme qu'il appelait chef. Si on rentrait ? Je crève de faim et les autres aussi… »

Sean resta un long moment silencieux à simplement fixer les yeux de Draco. C'était un combat de regards et l'alpha potentiel refusait de le perdre. Finalement, ce fut Yves qui vint pousser Sean qui interrompit le défi.

« Allez, chef, arrêtez maintenant ! Vous pourrez continuer à l'ennuyer demain ! Allons tous dormir !

-Tu as raison, Yves, dit le jeune homme, un sourire moqueur aux lèvres. Va donc retrouver ta petite chienne, Malfoy. Reviens demain et sois à l'heure ! »

Draco voulut répliquer qu'il l'avait été mais à ce moment-là, la sensation d'une main se posant sur son épaule le maintint en place. Il resta un instant figé alors que Sean et les autre tournaient les talons, d'autres hommes s'approchant d'un pas fatigué et grimaçant : l'équipe de jour arrivait.

Draco sursauta lorsque l'un d'eux le taquina en lui demandant s'il désirait rester pour la garde de jour mais il ne répondit pas. A la place, il s'élança en courant, le corps parcourut de frissons. Comment Harry avait-il fait ça ? Comment avait-il fait pour le toucher et lui transmettre ce contact, alors même qu'il était immatériel ? Il était certain qu'Harry n'avait pas tenté de le toucher réellement. Il avait probablement pensé que sa main allait le traverser, comme d'habitude. A présent, une énorme stupéfaction émanait de son amant.

Jamais Draco ne traversa le village aussi vite. Et pourtant, Merlin savait combien de fois il avait couru dans les allées de terre battue. Il arriva à leur maison en moins de quelques minutes, entra, referma la porte, traversa le salon et gravit les escaliers quatre à quatre, le tout dans un silence relatif. Quand il se retrouva devant la porte de la chambre, il savait qu'Harry ne dormait pas. Il le sentait. Il l'ouvrit et la referma vivement, se figeant devant le lit où un Harry nu s'était redressé et fixait encore sa main avec étonnement.

« Comment ? chuchota Draco, s'approchant avec rapidité. Comment as-tu fait ça ?

-Je… je ne sais pas, balbutia Harry. Je… je n'ai rien fait de spécial, j'ai juste voulu te calmer et… C'était plus un réflexe qu'autre chose… Je n'essaye jamais de te toucher parce que ma main te traverse toujours et là je… »

Il continuait de regarder sa main d'un air totalement ébahi et Draco s'assit à côté de lui sur le lit, non sans avoir enlevé ses chaussures. Il prit sa main dans la sienne, emmêlant leurs doigts et obligeant Harry à cesser de fixer sa main par la même occasion.

« Est-ce que tu te sens différent ? Fatigué à l'excès ? Ta main est-elle bizarre ou…

-Je n'ai rien, interrompit Harry. Je me sens bien, juste encore un peu fatigué, mais je viens de me réveiller… Mais… Je ne comprends pas comment j'ai pu…

-Peut-être est-ce dû à ta transformation, répondit Draco en s'installant plus confortablement sur le lit, soulagé que Harry aille bien. Avant, il n'allait que dans un seul sens. Maintenant que cela est réciproque, peut-être que cela a renforcé tes capacités. Non, nos… Peut-être que je serai capable de te suivre la nuit, moi aussi… »

Cette perspective le fit trembler d'envie : il trouvait cela vraiment injuste qu'Harry soit le seul capable de faire ça.

« Tu aurais réussi hier, si c'était le cas, lui fit remarquer le brun en le regardant avec une moue. Enlève tes vêtements ! »

Draco aurait pu grogner de mécontentement face à l'ordre de son amant mais l'envie irrépressible d'être nu fut si forte qu'il n'y pensa même pas et s'exécuta. Quand il fut dévêtu, il se lova dans les bras d'Harry avec un soupir de satisfaction, la fatigue recouvrant l'excitation ressentie par l'étonnant contact psychique de son amant.

« La nuit a été longue, murmura Harry en caressant sa joue avec douceur, le serrant d'un bras tendre passé autour de sa taille.

-Trop, répondit Draco, somnolent. Tu m'as manqué. »

Harry esquissa un sourire en l'entendant et appuya sa tête contre son torse, fermant les yeux.

« Tu m'as manqué aussi, dit-il, sentant la somnolence le reprendre.

-Tu m'as suivi toute la nuit, fit remarquer Draco.

-Mais ton corps manquait au mien », répliqua Harry.

Ils ne prononcèrent plus un mot pendant un moment puis :

« Demain soir, il faudra que tu réessayes…

-Je le ferai… »

Ils s'endormirent sans même s'en apercevoir.

oOo

Harry se réveilla une heure et demie plus tard. Il avait lancé un sortilège à une cuillère pour que celle-ci vienne l'asticoter à sept heures et demie, ce qu'elle fit avec un peu trop de motivation. Il se réveilla en sursaut, l'attrapa et la brisa d'une poigne vengeresse avant de réaliser que l'attaque de la cuillère était sa faute. Gémissant, il se laissa tomber sur le lit en soupirant de désespoir : il n'avait aucune envie de quitter le confort de la couette, de son coussin et surtout, du corps chaleureux de son amant. Draco n'avait même pas été perturbé par son mouvement. Il dormait comme un loir, un bras négligemment passer autour de sa taille, le nez enfoui dans l'oreiller d'Harry. Quand ce dernier fit mine de se lever, le blond marmonna quelque chose d'incompréhensible en serrant sa taille pour finalement le lâcher après quelques tentatives d'évasion.

Hors du lit, Harry hésita un peu avant de finalement sortir de la chambre, une chemise de Draco sur le dos. Il alla directement à la salle de bain où une bonne douche lui ferait le plus grand bien. La veille, le corps alourdi par la pleine lune récente, la fatigue émotionnelle engendrée par Hermione et le sexe, il s'était endormi tout de suite après la jouissance et son corps portait encore les traces de Draco. Il savait que la décence voulait qu'il se lave même si une partie de lui – la partie lycanthrope – n'était pas spécialement enchantée d'effacer l'odeur de son compagnon.

La veille, Harry n'avait pas vraiment fait attention aux étranges idées – presque des pensées fugaces – qui lui traversaient l'esprit, étrange présence animale à laquelle il devrait s'habituer. Le loup était sans doute fatigué de sa première nuit. Ce matin-là, par contre, une foule d'impératifs se pressait contre son cerveau et la première était que porter des vêtements était le comble de la stupidité. Se laver également. Ne pouvait-il pas juste garder l'odeur de son alpha sur lui ? C'était un honneur d'être le compagnon d'un loup dominant et se laver était idiot. De même que de quitter Draco, tranquillement endormi. Et si quelqu'un l'attaquait ? N'était-il pas censé protéger son alpha ? Pire, son compagnon !

Ah, mais techniquement, Draco n'était pas encore son alpha. Greyback l'était, par intérim. Et il lui devait obéissance. Contradictoire ! Son compagnon était presque majeur. C'était juste une ridicule histoire de quatre mois.

« Pire qu'une pie ! » marmonna Harry en ouvrant la vanne d'eau chaude, celle-ci s'écoulant aussitôt sur sa tête.

Et il eut la vague sensation que le loup poussait un cri horrifié dans son esprit. Mais il le nia et laissa l'eau caresser son corps et effacer les traces laissées par le sexe de la veille. Il tendit la main vers le savon mais le prendre fut au-dessus de ses forces.

« Couvrir ainsi mon odeur – et le peu qu'il me reste de celle de Draco – par cette chose ? Hors de question ! »

Il referma l'eau et sortit. De toute façon, il n'était pas vraiment sale !

« Mais il faudra tout de même que je me renseigne pour trouver un savon, marmonna Harry en s'essuyant avec application. Je vais finir par puer, sinon… Peut-être existe-t-il un savon sans odeur ? Comment Draco fait-il pour utiliser cette chose à la menthe ? »

Il lança un regard dégoûté au flacon de son amant. Jetant un œil à gauche puis à droite, il l'attrapa vivement et le porta à son nez. Le renifler provoqua deux réactions différentes en lui. Le loup s'horrifia du parfum piquant – et Harry se le représenta presque en train de secouer le museau d'un air dégoûté – alors que l'humain souriait avec tendresse, une foule de souvenirs amoureux se rappelant à lui.

« Mince, dit-il. Comment fait-il ? »

Il resta un instant immobile à regarder le savon puis, brutalement, sans qu'il parvienne à se contrôler, il leva le bras et le jeta contre le carreau de la fenêtre. Dans un bruit tintant, la vitre éclata et le savon vola dans les bois. Harry contempla son œuvre avec une pointe de satisfaction lycanthrope et une stupéfaction humaine.

« Merde, comment je vais justifier ça, moi ? »

Il resta un instant immobile avant d'enfiler la chemise de Draco pour retourner dans la chambre. Celle-ci était totalement imprégnée d'eux et le loup s'apaisa en y entrant, devenant si silencieux en lui que Harry eut l'impression d'être à nouveau seul. Etait-ce toujours ainsi ? Etait-il censé ressentir ainsi les émotions et pensées de son loup ? Continuellement ? Draco lui avait dit que pour un loup normal, il était supposé rester latent jusqu'au cycle lunaire… alors pourquoi ?

Un sentiment de panique l'envahit et Harry jeta un œil angoissé vers son compagnon endormi. Il avait envie d'aller le secouer pour l'interroger mais à la vue du visage paisiblement endormi, il n'en eut pas le courage. Il ne pouvait pas le déranger pour si peu ! Et puis, de toute façon, Guilbert saurait lui répondre. Ou Chyreer.

« Mince, l'heure ! »

Attrapant sa baguette, Harry jeta un discret Tempus. Il n'était pas encore huit heures mais il ne devait pas traîner s'il voulait manger. Il ne savait déjà plus s'il était censé rejoindre Greyback ou si ce dernier venait le chercher. Et qu'allait-il lui faire faire ? Serait-il affecté au second ? Il l'avait déjà été un long moment et Guilbert avait sous-entendu qu'il devrait occuper plusieurs postes dans le village, afin de totalement s'imprégner des règles instaurées dans le village mais aussi pour rencontrer et reconnaître ses habitants de façon plus précise…

« Je ne le saurai qu'en descendant », réalisa Harry.

Soupirant, il finit par se décider à se tourner vers l'armoire pour aller sélectionner des vêtements propres. Comme la veille, il opta pour un simple pantalon – et l'enfiler lui parut aussi dur que si le vêtement était recouvert de tessons de verre – un t-shirt manches longues et, après une hésitation, il reprit le gilet que Draco lui avait prêté la veille, savourant l'odeur encore fort présente sur la laine.

Quand il fut entièrement vêtu et qu'il eut enfilé ses chaussures, il se tourna vers le lit et s'en approcha doucement. Il tendit la main mais s'arrêta juste au-dessus des cheveux d'or. Il n'avait pas le droit de le réveiller simplement parce qu'il voulait profiter encore un peu de lui. Draco l'avait laissé dormir, lui, la veille… A la place d'une caresse, il inspira pleinement l'odeur du corps assoupi puis s'éloigna, non sans avoir pensé à ramasser sa baguette au sol. L'avoir en main lui provoqua encore d'étranges chatouilles.

« Mais ça ne fait qu'un jour… Je suppose qu'on finira par s'habituer… »

Il ouvrit doucement la porte pour ensuite la refermer discrètement derrière lui. Quand il fut au rez-de-chaussée, bien qu'une partie de lui le sache déjà, il fut soulagé de découvrir que la cuisine était déserte : Ron et Hermione ne s'étaient pas encore réveillés et il aurait donc la paix.

Vide de toute présence humaine, la cuisine lui parut abandonnée et triste. Il eut envie de quitter la pièce sans s'attarder mais son estomac lui signala que cette option était inenvisageable. Alors soupirant, il entreprit de se préparer quelques toasts accompagnés de confiture qu'il mangea tranquillement. Il était en train d'engloutir le dernier lorsque la porte d'entrée s'ouvrit. A sa grande surprise, ce n'était pas Greyback mais Chyreer en personne qui venait le chercher.

« Tu es prêt ? demanda le second, laconique.

-Oui, je le suis ! répondit Harry en se levant, sortant sa baguette qu'il agita rapidement afin de ranger le désordre. Qu'est-ce qu'on va faire, aujourd'hui ? »

Chyreer le fixa pendant un instant, comme s'il l'évaluait.

« On ne va rien faire, dit-il. Moi, je vais aller travailler, toi, tu vas aller aider Boris.

-Boris ? reprit Harry, interrogateur.

-Le couturier, répondit Chyreer. Viens. »

Il tourna les talons et Harry s'empressa de le suivre. Le couturier ? Il y avait un couturier ? Mais Guilbert ne lui en avait même pas parlé ! D'un pas tranquille malgré sa rapidité, il suivit Chyreer dans le village jusqu'à atteindre une petite maisonnette sur laquelle une énorme paire de ciseaux était accrochée. Chyreer ne la regarda même pas et frappa à la porte. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit sur une ravissante petite fille aux cheveux noirs. Elle regarda Chyreer avec un sourire ravi mais, quand elle aperçut Harry, elle blêmit et s'enfuit en courant.

« Euh…

-N'y fais pas attention, répondit Chyreer. Viens. Boris ? »

Ils pénétrèrent dans la petite chaumière. La première pièce était sans conteste l'atelier. Rempli de tissus, de bobines de fil ou de laine, d'aiguilles à tricoter ou à coudre, l'endroit laissa Harry stupéfait pendant un petit moment. Mais il fut distrait de son observation par l'arrivée d'une femme d'âge mûr et au sourire jovial.

« Oh, bonjour Chyreer… Voilà l'apprenti du jour ?

-Pour ce matin, rectifia le second. Je te le laisse, Kate. Boris dort encore ?

-Il émerge, indiqua la jeune femme, amusée. Enchantée, je suis Kate et tu es…

-Harry, répondit le concerné.

-Ah, oui… Le compagnon de… Oh, non, Annie… »

Elle quitta rapidement la pièce, à la grande stupéfaction d'Harry qui se tourna vers le second avec un air interrogateur.

« Tu comprendras sûrement, lui répondit le second. Travaille bien. A midi, tu peux rentrer manger. A treize heures, tu auras ta leçon avec Guilbert. Sois prêt. »

Et sur ces mots laconiques, il tourna les talons et quitta la maisonnette dont il referma la porte derrière lui. Resté seul dans l'atelier chargé, Harry eut l'impression d'être emprunté. C'était un endroit dans lequel il n'avait absolument pas sa place, lui qui n'était pas du tout à l'aise avec les vêtements. Il se força pourtant à rester immobile jusqu'à ce qu'un homme d'une quarantaine d'années, l'air fatigué, les cheveux noirs très courts, n'entre dans la pièce. Il avait des petites lunettes sur le nez mais avait glissé sa main sous le verre afin de se frotter l'œil, le tout en bâillant et en se grattant le ventre de la main libre.

« Boooonjour, dit-il en s'étirant au maximum, le regardant ensuite. Ah, tu es Harry, n'est-ce pas ? Sois le bienvenu dans ma boutique. Tu es donc mon aide pour la matinée… euh… tu t'y connais, en couture ? »

A l'air dépité d'Harry, il comprit rapidement que la réponse était non. Soupirant, il s'approcha de la table et lui désigna du tissu.

« Bon, eh bien… On va faire ce qu'on peut pour que tu me sois utile, alors. Prêt ? »

Et à sa grande peine, il ne put qu'acquiescer.

oOo

La matinée lui parut durer une éternité. Il était épuisé à force de simplement mesurer du tissu, tendre des aiguilles ou des ciseaux, découpé, rangé… Il aurait donné n'importe quoi pour être ailleurs !

« Est-ce que Draco a déjà travaillé ici ? demanda Harry, curieux.

-Oui, il y a déjà plusieurs mois, lui répondit Boris, occupé à réparer un pantalon qu'on lui avait apporté.

-Et… ? Il s'est bien débrouillé ?

-Au niveau couture, il était lamentable ! confia Boris. Mais il se débrouillait très bien pour ce qui était des associations de vêtements. S'il avait la patience d'apprendre, je suis certain qu'il serait un styliste de génie. »

Harry soupira. Oui, forcément, Draco avait un certain goût pour les vêtements. Son compagnon n'avait pas caché son désir puissant de l'emmener dans plusieurs magasins, plus tard, quand il aurait plus d'argent à dépenser… C'est-à-dire quand il aurait accès à Gringotts sans avoir peur de croiser un mangemort !

« Et c'est pas demain si j'en crois ma magie… Je peux à peine frôler ma baguette sans qu'elle en crépite comme un pétard enragé… »

Il soupira encore et Boris tourna la tête vers lui, esquissant un sourire.

« Tu t'ennuies, hein ?

-Euh… eh bien, ce n'est pas mon endroit préféré, mais non, ça va. Je pensais juste à… des choses peu réjouissantes. »

Il grimaça alors que l'homme esquissait un sourire. Il était bientôt midi et Harry se sentait plus à l'aise qu'au début, bien qu'il ait eu l'impression d'avoir été plus gênant qu'utile.

« Ce n'est pas trop pénible ? demanda soudain le couturier. D'être séparé de ton lié ? En pleine danse… »

Harry grimaça encore. Depuis le réveil, il avait l'impression de manquer cruellement de quelque chose et il savait que Draco était concerné. Mais bon, il n'avait pas le choix.

« Non, c'est… supportable. Pour l'instant, en tout cas. »

Boris hocha la tête, concentré.

« Greyback a tort de vous séparer ainsi, même si c'est pour punir Draco… Beaucoup de loups désapprouvent sa sanction… Pour l'instant, vous le supportez, mais combien de temps…

-La punition n'est que pour deux semaines… »

Boris le regarda d'une façon étrange.

« Crois-moi, au bout de deux semaines, tu n'en pourras plus. Deux loups liés restent collés l'un à l'autre pendant la danse. Et quand je dis collé, c'est collé. Pour l'instant, vous supportez… Mais dans quelques jours, tu verras, tu ne le supporteras plus… Tout va venir petit à petit…

-Vous êtes liés ? demanda Harry, légèrement inquiet.

-Oui, à Kate, répondit Boris. Nous sommes tous les deux des loups-garous alors je sais de quoi je parle, si telle était ta vraie question. »

Harry baissa la tête, légèrement gêné d'avoir mis en doute les paroles de l'homme, sans le vouloir.

« Ne t'inquiète pas, c'est compréhensible. A ton âge, j'aurais agi de la même façon. Bref, tout ça pour dire que… si vous ne le supportez plus, ne vous laissez pas faire. Greyback est un alpha, mais il est seul. Il ne sait pas ce que c'est que d'être lié à une personne, il ne peut qu'imaginer… Discutez-en avec lui, ne vous laissez pas détruire… »

Harry resta un instant silencieux, sceptique. Détruire ? A ce point ? Il est vrai qu'il avait une envie irrépressible de voir Draco, mais ce n'était pas intenable. Cela allait-il empirer ? Et dans ce cas, Greyback l'avait-il fait sciemment ? Harry n'avait jamais douté de l'alpha. Ce dernier voulait clairement que Voldemort disparaisse. Il culpabilisait d'avoir prêté serment au mage noir, mais il n'en restait pas moins sous ses ordres…

« Et pour ce que je sais, Voldemort a très bien pu ordonner à ses mangemorts de m'affaiblir autant que possible… »

« Le lien, dit-il, faisant sursauter Boris. N'aide-t-il pas à supporter l'éloignement ?

-Je ne sais pas, répondit le couturier. Je n'ai jamais été séparé de ma compagne. Mais j'ai déjà vu des loups qui l'avaient été. Ils ont tous dit qu'au début, le lien avait aidé… mais petit à petit, c'était devenu une douleur presque physique. J'ai même assisté aux retrouvailles d'un couple séparé depuis six mois. Enfin, le début, ensuite, j'ai préféré partir… »

Il grimaça de façon évocatrice et Harry ne put que rougir. Si lui-même était séparé de Draco pendant six mois, il n'était pas sûr d'oser se regarder dans un miroir après les retrouvailles… Il aurait sans doute le comportement le plus débridé qui soit. Il ne parvenait même pas à imaginer une telle scène. Peut-être serait-elle aussi intense qu'une nuit trois quarts ? L'évocation d'un tel moment lui arracha un frisson et il chassa cette pensée avec brusquerie. Non, surtout, il ne devait pas y songer. Sinon, il risquait bien de déranger Draco quand il rentrerait manger…

« Boris ? dit une voix féminine, Kate entrant d'un pas rapide. Il est midi. »

Elle alla passer une main distraite dans les cheveux du couturier qui s'étira alors en bâillant.

« Bon, dit-il en se levant. Merci pour ton aide, Harry. Tu peux venir quand tu veux, même si je me doute que tu ne choisiras pas mon atelier comme lieu de refuge préféré.

-Désolé, répondit Harry. Ai-je vraiment aidé ?

-Oui, ne t'inquiète pas. Rentre, va manger. Et va près de ton loup pour te recharger…

-Il dort, dit Harry d'un air hésitant.

-Pas besoin de le réveiller, lui répondit Kate en le regardant avec une sorte de compassion. Juste être avec lui sera déjà bien. Vous avez beaucoup de mérite pour supporter une telle séparation.

-Euh… Merci, dit Harry, de plus en plus inquiet. Je vais y aller. Passez une bonne journée.

-Merci, répondit le couple.

-Passe une bonne journée toi aussi, lui dit Kate. Et désolée pour Annie… elle est… timide. »

Mais dans sa phrase, il y avait comme une certaine gêne tandis que Boris s'était tendu à côté. Harry préféra ne pas les interroger. Après tout, c'était sûrement une histoire de famille sans importance.

« Pas de problème, dit-il. Au revoir. »

Il quitta la petite maison d'un pas mi-pressé mi-hésitant. L'idée de rentrer lui plaisait, surtout s'il suivait le conseil de Kate et qu'il trouvait refuge contre le corps de Draco pendant l'heure de midi. Mais il savait que Ron et Hermione seraient là… et la peur d'une possible confrontation l'empêchait de se réjouir.

« Maismince,jenepeuxpaslesfuiréternellement ! »

Prenant son courage à deux mains, il accéléra sa foulée. Il croisa Gabriel alors qu'il arrivait vers sa maison mais le jeune homme détourna la tête d'un air dégoûté à son arrivée. Harry s'en sentit irrité tout en étant en même temps désolé. Le loup grognait de mécontentement : de quel droit ce sale petit profiteur osait-il être furieux contre lui ? C'était lui qui devait s'outrer : sous prétexte qu'il avait été humain, ce loup avait osé tenter de prendre sa place dans la meute. Mais humain ou loup, quelle différence ? C'était lui le compagnon de Draco, pas Gabriel ! Et puis… n'avait-il pas osé dire qu'il souhaitait sa place ? Sans s'en apercevoir, Harry émit un long grognement menaçant envers le jeune homme blond qui, aussitôt, se figea pour le fusiller du regard.

Pendant de longues minutes, ils s'affrontèrent du regard, sans bouger. Harry avait l'envie irrépressible de se jeter sur lui pour le rouer de coups. Oser tenter de prendre sa place ? Comment osait-il ? Ce stupide petit bébé qui se prenait pour un alpha potentiel. Tout ça parce qu'il était capable de faire apparaître ses oreilles et sa queue ? Le grognement devint plus menaçant encore et, sans s'en apercevoir, Gabriel et lui prirent une pose d'attaque, les jambes légèrement fléchies et les bras prêts à frapper. Ils se seraient probablement battus l'un contre l'autre si, brutalement, Joshua n'était pas apparu à côté de Gabriel. Il l'attrapa par le bras, sortant Harry et le jeune homme de leur transe.

« Vous jouez à quoi, tous les deux ? Vous croyez vraiment que c'est le moment ? Vous n'êtes pas censés rentrer manger chez vous ? »

Gabriel et Harry le fixèrent sans rien dire. Puis, finalement, le brun se mit en mouvement et passa à côté d'eux d'un pas lent, presque provocateur.

« Oh, Gamin, lui dit Joshua. Quand votre punition sera finie, Draco et toi devrez venir me voir. On a des choses à voir ensemble. »

Harry acquiesça sans s'arrêter pour enfin rentrer chez lui. Quand il referma la porte, il s'appuya dessus pour pousser un long soupir, tentant de retrouver son calme.

« Euh… Harry ? »

Il ouvrit de nouveau les yeux qu'il n'avait même pas conscience d'avoir fermé pour regarder une Hermione embarrassée devant lui.

« Est-ce que ça va ? »

Ron apparut alors, sortant de la cuisine d'où s'échappait une bonne odeur de croque-monsieur.

« J'ai juste envie de défoncer la tête de Gabriel contre un arbre, mais oui, ça va. »

Il avait répondu froidement et ses amis se tendirent face à son ton et à sa phrase. Les ignorant, Harry se dirigea vers la cuisine. Il fut surpris d'y voir trois couverts et, l'espace d'un instant, il eut envie de dédaigner le repas préparé par ses amis pour partir s'enfermer dans la chambre avec un morceau de pain. Mais il savait que c'était inutile. Au fond, Ron et Hermione avaient eu raison : il tentait désespérément d'oublier Voldemort, afin de profiter un maximum du bonheur qu'il vivait avec Draco. Mais tenter n'était pas réussir. Au fond de lui, il n'avait jamais oublié ce qu'il devait faire. Et il ne risquait pas d'effacer cette partie de sa vie, maintenant que son compagnon était directement menacé par le mage noir.

Malgré tout, il avait très mal pris les remontrances de sa meilleure amie : il avait toujours pensé que plus que n'importe qui, Hermione comprendrait son besoin de profiter des moments de bonheur offerts par son lié. Sans compter qu'il ne servait à rien de le raisonner pendant la danse ! Et il ne fallait pas oublier l'instabilité de sa magie…Ce qui l'avait pourtant mis le plus en colère était la façon culotée dont Hermione s'était servie de Sirius pour l'atteindre.

Malgré tout, il se força au calme et s'installa. Quand Hermione fit glisser un croque-monsieur dans son assiette, il marmonna un merci puis commença à manger en ignorant les petits coups d'œil angoissé de ses deux amis. La tension était palpable mais il s'obligea à ne pas s'attarder dessus : dès qu'il aurait fini de manger, il monterait ! Le manque était tout à coup devenu plus fort, il avait besoin de voir Draco, même si c'était juste pour le regarder dormir.

Il avala son repas en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Dès qu'il eut fini, il débarrassa son assiette qu'il posa dans l'évier, se servit un grand verre d'eau qu'il but précipitamment puis, après avoir reposé son verre, voulut sortir de la cuisine. Malheureusement, comme il le craignait, Hermione le rappela.

« Harry, attends… Nous devons parler. »

Il hésita une seconde. L'envie de l'envoyer balader était forte mais il se contint et s'arrêta dans l'embrasure de la porte. En se retournant, il croisa les bras et s'appuya contre le chambranle, signe qu'il était prêt à partir à tout instant.

« Ecoute, je suis désolée, lui dit Hermione en le regardant d'un air sincère. Je suis allée trop loin et je le sais mais… tu dois comprendre également, Harry. Ron et moi sommes là, à ne rien faire… Nous sommes en sécurité mais… on ne fait rien. On attend juste que tu te décides et comme tu ne montres aucun signe de vouloir mettre un terme à tout ça…

-Il me semblait que tu étais intelligente ? demanda Harry d'une voix coupante. Il me semblait que tu connaissais les loups-garous ? Je viens juste de me faire transformer, vous en avez conscience, non ? »

Les deux autres le regardèrent d'un air étrangement incompréhensif.

« Ma magie est instable, précisa-t-il. Je n'arrive pas à lancer le moindre sort sans avoir l'impression que ma baguette ne proteste. Alors affronter Voldie ?

-On ne pouvait pas le savoir, signala Ron.

-Non, c'est vrai. Toi en tout cas, tu ne sais jamais rien. Mais Hermione… Tu sais que ma transformation n'est pas sans conséquence. Que ce soit vis-à-vis de ma magie ou vis-à-vis de mon comportement. Tu sais très bien que ma relation actuelle avec Draco…

-C'est justement ça, le problème, coupa Ron. C'est Draco. »

Harry fronça les sourcils et tourna la tête vers son meilleur ami.

« Ecoute, je sais que… ne le prends pas mal, Harry, mais tu n'as pas de famille et moi, oui. Mes parents sont des ennemis déclarés de Tu-Sais-Qui. Et ils risquent leur vie tous les jours. Alors peut-être que ça ne te touche pas autant que moi, mais moi, ça m'inquiète. Je suis venu ici pour que nous trouvions les horcruxes, pour que nous tuions Tu-Sais-Qui. Et on a fait le premier pas. Le problème, c'est que je commence à douter du fait que tu feras le second, un jour.

-Tu sais très bien que c'est faux, s'énerva Harry. Bordel, Ron, je me préoccupe autant que toi de savoir ce monstre en vie. Ce monstre a tué mes parents, mon parrain. Il est menaçant pour l'avenir de Draco alors comment peux-tu penser que je l'oublie ? Je ne l'oublie pas. J'essaye, j'admets. J'ai envie, pour une fois, de profiter de mon bonheur parce qu'il n'est peut-être pas éternel. Oh, c'est facile pour vous. Va donc tuer Voldie, Harry, on te regarde ! Mais je vous rappelle que l'inverse peut très bien se produire ! Je peux être celui qui sera tué ! Et vu ma formation actuelle, il est certain que je le serai ! Et alors vous ferez quoi, hein ? Moi, je veux bien y aller. Allons-y demain ! Envoyons une lettre et provoquons-le ! Vous vous sentez prêts à affronter des mangemorts ? Car il ne faut pas espérer vous installer dans des gradins avec des popcorns et simplement observer ce qu'il se passe ! Ils vous attaqueront, ils tenteront de vous faire du mal pour me déstabiliser. Vous êtes prêts pour ça ? Vous l'êtes ? »

Il avait crié sans le vouloir et ses deux amis frissonnèrent.

« Non, dit Hermione, raisonnable. Nous ne le sommes pas, je le sais… C'est pour ça que nous devons nous entraîner. Mais il est difficile de le faire si tu n'es pas libre. Tu as besoin d'une formation, toi aussi.

-Et qu'est-ce qui vous empêche de vous former pendant ces deux semaines puis de m'aider à le faire quand je serai libre ?

-Tu ne seras jamais libre, fit remarquer Ron. Après ces deux semaines, Greyback te donnera autre chose à faire. Peut-être même qu'il le fait exprès…

-S'il m'assigne quelque part, j'essayerai de refuser. Il est fort probable que je sois forcé d'aller aider au village le matin et d'assister aux leçons d'Hystéria en fin de journée. Mais je serai disponible l'après-midi et je n'ai pas l'intention de rester simplement là à ne rien faire !

-Vraiment ? demanda Ron. Ne seras-tu pas simplement occuper à coucher avec Malfoy ? »

Harry accusa l'attaque. Il est vrai qu'il était probable qu'il passe tout son temps avec Draco, mais pourquoi cette activité ?

« On sort ensemble depuis plusieurs mois maintenant et nuits de trois quarts exclues, je n'ai pas souvenance d'avoir pratiqué cette activité toute la journée avec Draco, fit froidement remarquer Harry. En outre, ma vie sexuelle ne te regarde en rien !

-Elle me regarde quand tu ne penses qu'à aller te faire baiser plutôt qu'à ce que tu dois vraiment faire ?

-Ron, prévint Hermione, inquiète. Arrête…

-Tu dis que tu n'oublies pas mais j'ai franchement l'impression que même si tu n'oublies pas, tu t'en fous ! C'est toujours Malfoy qui t'importe le plus et il suffit qu'il grogne une fois pour que tu ailles te frotter à lui comme une chienne en chaleur ! Ne nie pas, c'est ce que tu as fait hier matin ! Tu n'avais même pas pensé à regarder si tu étais débarrassé de l'horcruxe. Seul ton désir pour Malfoy t'importait ! Alors ne viens pas me dire que tu t'inquiètes de Voldie, Harry, je ne te crois pas.

-Ron, ça suffit ! dit Hermione. Harry, il ne pense pas ce qu'il dit…

-Si, je le pense ! s'exclama le rouquin. Si le sort de ma famille, celui de nos amis t'importe tant, pourquoi ne partirions-nous pas d'ici ?

-Partir ? demanda Harry, les mains crispées sur son t-shirt pour ne pas aller frapper Ron. Partir où ?

-Ailleurs qu'ici ! rugit Ron. Loin de Greyback qui ne fait que nous contraindre à agir selon sa volonté et loin de Malfoy qui te distrait beaucoup trop.

-Ron, non ! » s'exclama Hermione, soudain consciente qu'il venait d'aller trop loin.

Bien que ses yeux soient ceux du loup, Harry eut la vague impression qu'il ne voyait soudainement plus très bien. Un voile noir s'était déposé sur sa vue et il finit par décroiser les bras avec lenteur. Quitter le village ? Pourquoi pas ? Au moins, Greyback cesserait de le priver de son compagnon. Et il ne verrait plus Gabriel. Mais quitter Draco ? Lui demander de se séparer de son compagnon ? Ron était-il sérieux ? Venait-il seulement de lui soumettre cette idée complètement stupide ?

« J'ai envie de te tuer, dit-il d'une voix rauque, presque animale. Sérieusement, Ron, j'ai vraiment envie de te tuer pour ce que tu viens de proposer. Je ne suis pas encore en mesure de contrôler mon loup pour une raison que je ne m'explique pas. Alors je te conseille de retirer ce que tu viens de dire, sinon je… je ne suis pas sûr de te laisser en vie.

-Je ne le retirai pas, dit Ron avec fureur. Et ne crois pas que tes menaces me… »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Sous le cri horrifié d'Hermione et dans un geste souple et rapide, Harry se jeta sur Ron, le faisant tomber au sol avec sa chaise. Il l'avait d'instinct empoigné par le col de son t-shirt et ce fut avec rage qu'il se mit à secouer son meilleur ami comme un vulgaire pantin.

« Qu'est-ce que tu crois ? cria-t-il en l'étranglant presque avec son vêtement qu'il enserrait autour de la gorge de son meilleur ami. Qu'est-ce que tu crois exactement, stupide humain ? Que j'ai le choix ? Que je vais t'obéir ? La seule personne à qui j'obéis se trouve là-haut et crois bien qu'elle va te tuer quand je lui aurai raconté ça. Sauf si je le fais avant…

-Harry, arrête… Tu sais comment est Ron ! tenta Hermione, derrière lui. Il parle sans réfléchir… S'il te plaît, ne lui fais pas de mal ! »

Elle sanglotait et Harry aurait eu pitié s'il n'avait pas ressenti une telle colère envers son meilleur ami. Mais dans le cas actuel, il cessa simplement de le secouer pour le fixer. Un peu de sang sortait de son nez et de sous son crâne mais Harry n'en éprouva aucune horreur si ce n'est une vague satisfaction. Il savait que son meilleur ami n'était pas mortellement blessé. Il lui avait juste écorché le cuir chevelu sur le sol.

« Ne dis plus jamais que tu veux me voir quitter Draco, même si ce n'est que provisoire ! Ou je te jure que je te tuerai ! »

Il se releva sans difficulté et, sans prendre garde à l'endroit où il mettait les pieds, partit. Il eut conscience de marcher sur l'épaule de Ron – ce qui fut récompensé par un craquement léger – mais ne se retourna pas, malgré les sanglots d'Hermione et les gémissements de douleur de son meilleur ami.

Quittant la cuisine, il se hâta de grimper les escaliers pour atteindre le palier. Draco était réveillé, il le savait. Il se précipita sur la porte pour découvrir son amant nu, redressé sur le lit, une main posée sur l'oreiller derrière lui. Ses cheveux étaient en désordre et le drap le couvrait à peine. Mais ce qu'Harry remarqua surtout, c'était la fureur sur son visage. Ses yeux lançaient des Avada clairement dirigés vers le rez-de-chaussée. Sans s'attarder, Harry referma la porte pour ensuite enlever ses chaussures d'un coup de talon habile et alla se jeter sur le lit. Draco le regarda faire avec un air sérieux mais il l'accueillit contre lui sans la moindre hésitation.

« Je vais me le faire, dit-il d'une voix presque hachée de fureur. Je te jure que je vais le déchiqueter !

-Non, s'il te plaît, murmura Harry, son nez frottant contre la gorge de Draco.

-Tu as dit toi-même que je devais le tuer. Tu en as envie toi aussi !

-J'ai envie de lui faire mal. Et je l'ai fait… Et je m'en veux. Mais je t'en supplie, ne le tue pas. Il ne sait pas. Il ne comprend pas, c'est normal.

-Il n'a pas à te demander de me quitter !

-Mais je ne le ferais pas.

-Il ne manquerait plus que ça, tiens ! enragea Draco en l'enlaçant. Que tu l'écoutes !

-Je ne le ferais pas, promit Harry en passant des mains apaisantes dans son dos. C'est hors de question.

-Je vais le tuer, répéta encore Draco.

-S'il te plaît, non, murmura Harry, embrassant son cou, ses épaules et son torse avec dévotion. Je l'ai déjà puni.

-Alors lui briser les jambes !

-Je crois que je lui ai déjà cassé l'épaule.

-Les jambes en plus, ce n'est pas plus mal ! répliqua Draco.

-S'il te plaît…

-Je ne peux pas laisser passer ça, Harry, s'exclama Draco en l'écartant de lui. Il mérite de souffrir pour ça. Oser s'interposer entre nous, tenter de t'éloigner.

-Sa tentative était vouée à l'échec alors quelle importance ?

-Quelle importance ? s'indigna Draco. Tu es à moi, voilà quelle importance ! Tu n'as pas à choisir si tu veux me quitter, tu m'appartiens, tu restes avec moi ! Personne n'a le droit de disposer de toi ! »

Il le serrait si fort qu'il lui faisait presque mal mais Harry ne protesta pas. Il recommença au contraire à frotter son visage contre son torse, s'imprégnant de lui avec satisfaction. Une part de lui avait envie de laisser Draco massacrer Ron mais… c'était tout de même son meilleur ami ! Et même s'il avait envie de lui faire payer ses mots, il ne pouvait pas faire pire que ce qu'il avait fait. Ni laisser Draco agir. Restait à savoir comment le calmer.

« Je ne te quitterais pour rien au monde, dit-il en cessant ses mouvements pour le regarder. Jamais. Quelle que soit la personne qui me le demande. Il n'y a que la mort qui pourra m'arracher à toi. Et Ron ne m'a pas menacé de mort. S'il te plaît, calme-toi. Je reste ici. Avec toi. Je ne vais nulle part. S'il te plaît… »

Draco le fixa un long moment, hésitant. Il poussa un grognement pour ensuite aller enfouir son visage contre sa gorge.

« Qu'il ne dise plus jamais ça et je le laisserai vivre. S'il ose encore une fois… je le démembrerai lentement et crois-moi, il restera vivant jusqu'à ce que je lui arrache la tête ! »

Harry frissonna. La menace n'était pas une plaisanterie. Il le ferait. Et il l'approuvait, tout au fond de lui. Personne n'avait le droit de se mettre entre eux. C'était… immoral ! Interdit.

« D'accord, dit-il en enfonçant ses doigts dans les cheveux de Draco, lui massant presque le cuir chevelu. D'accord. »

Il se blottit contre lui, le cœur battant la chamade. Il se sentait mieux. Il s'apercevait seulement qu'il avait été tendu toute la matinée, depuis qu'il avait quitté Draco. Etait-ce ce que Boris voulait dire par « souffrance » ?

« Calme-toi, dit-il en se redressant, agacé de sentir Draco encore tendu et bouillant de colère. S'il te plaît…

-Je fais de mon mieux. Non mais tu les entends ? »

Harry se concentra sur ses oreilles et ce fut sans difficulté qu'il perçut les paroles du rez-de-chaussée.

« Est-il devenu un animal ? Bordel, il m'a cassé l'épaule ! Hermione, comment peux-tu prendre sa défense ? Tu étais d'accord pour qu'on intervienne et maintenant…

-J'étais d'accord pour qu'on rappelle à Harry que nous devions nous entraîner et ne pas oublier la guerre, pas pour qu'on lui propose de se séparer de Draco. Tu n'es vraiment qu'un idiot !

-C'est lui l'idiot ! »

Harry cessa d'écouter. Il ne voulait pas s'énerver à nouveau. Gigotant, il se plaça face à Draco dont il encadra le visage de ses mains pour aller l'embrasser, envahissant sa bouche de sa langue sans la moindre hésitation. La diversion fonctionna : Draco grogna en l'agrippant plus tendrement pour ensuite le renverser sur le lit sans difficulté, commençant à le caresser, cherchant à enlever ses vêtements.

« Non, non, Draco, protesta Harry. Je dois aller chez Guilbert dans une dizaine de minutes alors…

-Je m'en fous, répondit Draco.

-Mais pas moi, protesta Harry en le poussant. J'ai des questions et…

-Pose-les-moi, répondit son amant, en continuant d'essayer de lui enlever son pull.

-Arrête, Draco, c'est sérieux. Greyback sera furieux si on désobéit déjà le premier jour. On pourra le faire tout… tout à l'heure. »

Ses mots étaient contredits par les mouvements de ses hanches précipitées contre celles de Draco qui souriait en l'entendant. Pourtant, brutalement, il s'arrêta et s'écarta, provoquant presque un couinement désespéré chez Harry.

« Ok pour ce soir, dit-il. Après que tu aies mangé… »

Il esquissa un sourire presque sournois qui donna un frisson dans le dos d'Harry : qu'avait-il encore en tête ? Mais il préféra ne pas demander. De toute façon, Draco ne le lui dirait pas. A la place, il tendit la main pour caresser le torse pâle. Pivotant, il se coucha contre le flanc de Draco, le visage appuyé contre son cœur pour l'entendre battre.

« Tu ne feras rien, hein ?

-Je resterai non violent, répondit vaguement Draco.

-Draco…

-Quoi ? C'est le mieux que je puisse faire, je te jure ! »

Harry fit la moue puis ferma les yeux, juste pour savourer la présence chaleureuse contre lui et les bruits des battements de cœur. Il se força pourtant très vite à se détacher de Draco pour se pencher sur lui et l'embrasser avec tendresse.

« Dors encore un peu, dit-il en caressant son front, un doigt se glissant ensuite sur le front, le nez et les paupières. Tu as besoin de te reposer… la nuit risque d'être encore longue. »

Draco lui répondit par un sourire et approuva.

« Je suis calmé, déclara-t-il. Tant que je ne les vois pas. Ils sont sortis, tu peux descendre sans risque… Et je peux me rendormir tant que je ne les entends plus.

-Bon, dit Harry, satisfait. Alors dors. Je reviens tout à l'heure… Et je n'oublie pas ta promesse. »

Draco esquissa un simple sourire. Il était à nouveau détendu et paraissait épuisé. Délicatement, Harry se leva puis se pencha sur le lit pour le recouvrir. Il embrassa son front et murmura contre son oreille : rêve de moi.

« Toujours », lui répondit Draco en refermant les yeux.

Harry le regarda un instant puis s'empressa d'aller attraper ses chaussures et de sortir. S'il restait plus longtemps, il allait craquer et rester près de lui. Hors, il était presque certain d'être déjà en retard pour sa leçon avec Guilbert. Enfilant rapidement ses baskets, il courut jusqu'à l'extérieur, plus dans la crainte de croiser Hermione ou Ron qu'autre chose. Il parvint pourtant à sortir sans problème et se précipita jusqu'à l'école dont la porte était ouverte.

« C'était juste mais tu es pile à l'heure, fit la voix morose de Guilbert.

-Désolé, répondit Harry. Quelques difficultés à la maison…

-Je vois, dit Guilbert en regardant la manche d'Harry tâchée de sang. Pas de mort ?

-Pas encore, marmonna Harry en grimaçant sombrement. Mais ça peut encore se faire… »

Guilbert haussa un sourcil sceptique.

« Quelqu'un de stupide a sous-entendu que je devrais quitter Draco… »

Le loup-garou eut un mouvement de fureur qui surprit Harry. Lui-même, maintenant qu'il était apaisé, se demandait s'il n'avait pas réagi avec trop de rage. A la réaction du professeur, il comprit que non.

« Et il vit toujours ? Alors que vous êtes en pleine danse ? Qui a été assez stupide…

-Mon meilleur ami, répondit Harry. Ron. Il… il ne pensait pas à mal, même s'il m'a vraiment énervé.

-Le fait qu'il soit ton meilleur ami l'a probablement sauvé, constata le professeur. Viens, allons marcher dans le village. Tu vas me raconter ça. Je suis curieux. »

Harry hocha la tête et ils sortirent tous les deux dans le froid de l'hiver. Celui-ci s'était déjà adouci, mais il n'en demeurait pas moins menaçant. Le mois de février allait commencer et Harry se demanda vaguement s'il allait encore faire si froid très longtemps. Il resserra le pull de Draco sur lui et sourit en sentant l'odeur encore plus forte. Puis, remarquant l'attention de Guilbert sur lui, il se mit à parler à voix basse, peu envieux que tout le village soit au courant. Au fur et à mesure qu'il parlait, il constata que le professeur fronçait les sourcils.

« J'ai l'impression que ton ami est jaloux…

-Jaloux ? demanda Harry, sceptique.

-Je pense que ton ami est jaloux de ta relation avec Draco. Pas qu'il soit amoureux de toi, non ! Mais je crois qu'il a l'impression de perdre son meilleur ami. Oh, je sais qu'il a ses raisons d'insister pour que tu te rappelles que tu as soi-disant une mission à réaliser, mais ce qui l'a poussé à te demander de quitter Draco, c'est la jalousie. Ça a dû lui faire un choc quand tu l'as attaqué… même si d'un point de vue loup-garou, c'est tout à fait compréhensible… »

Harry garda le silence un long moment. Ron, jaloux ? Il est vrai qu'il avait plus ou moins bien accepté sa relation avec Draco mais il n'avait pas cessé de protester chaque fois qu'ils faisaient du bruit, la nuit… Bon, c'est vrai que ça devait être dérangeant de se faire réveiller par des hurlements d'extase, mais… Jaloux ? Avoir l'impression que Draco le volait ? S'il était honnête avec lui-même, il devait admettre qu'il avait considérablement négligé ses amis… mais ce n'était pas de sa faute, c'était la danse… Non, même avant la danse. Un soupir franchit ses lèvres.

« Je suppose que je n'ai pas été un ami très présent, c'est vrai… Quand j'y pense, Ron vit des moments difficiles. Sa famille est dehors, contre Voldie, sa sœur est enceinte alors qu'elle n'a que seize ans… il m'a dit que tout allait bien alors j'ai supposé que c'était vrai et… et j'avais trop à penser pour me préoccuper de lui… Et je lui ai cassé l'épaule ! »

Guilbert esquissa un sourire en l'entendant. Ils marchaient tranquillement le long des allées bordées de petites maisons et, parfois, le professeur s'arrêtait pour désigner une bâtisse importante telle que la maison de Boris, celle du boucher, du maraîcher qui était directement fournit par les fermes du village et le plus important : la maison de la distraction.

« Qu'est-ce que c'est ? demanda Harry.

-C'est ce qu'elle est : une maison de distraction. C'est la seule à avoir de l'électricité. On y diffuse des films, on y fait des soirées, on s'y retrouve pour jouer aux cartes… Passez-y un soir, tu verras… »

Harry hocha la tête avec un sourire. Chaque maison était décorée, bien que fort modestement.

« Tu verras, quand le printemps arrivera… il y aura tellement de fleurs aux fenêtres, dans les parterres… Ce sera magnifique. Les fées et les niffleurs reviendront pour égayer les lieux… tu verras, tu adoreras ça ! »

Ils marchèrent un long moment tout en discutant jusqu'à ce qu'Harry se rappelle qu'il avait des questions à poser.

« Dites, dit-il, alors qu'ils se baladaient parmi les arbres fruitiers qui étaient chaque fois désignés par une petite pancarte. J'ai quelques soucis avec… avec mon loup.

-Des soucis ? demanda Guilbert, étonné.

-Eh bien… il est fort présent, précisa Harry. J'ai l'impression d'avoir deux personnalités tellement il n'arrête pas de me glisser des idées.

-Quelles sortes d'idées ? demanda Guilbert, l'air amusé.

-Eh bien, selon lui, porter des vêtements est complètement stupide, se laver aussi… surtout si je porte l'odeur de Draco ! C'est le comble du crime, si je fais ça… Et… enfin, il n'est pas censé être latent ? Est-ce ce que vous appelez latent ? Non parce que je ne suis pas d'accord avec la définition !

-Eh bien, le loup est supposé être latent en dehors des phases lunaires, oui, dit Guilbert.

-Alors pourquoi est-il si bruyant pour moi ? s'énerva Harry.

-Parce que ce sont les phases lunaires ? proposa Guilbert, amusé.

-Quoi… ? Mais la pleine lune… ?

-Etait il y a deux nuits, mais la lune est toujours là. Elle décline, mais elle est toujours là. Maintenant, ça ne veut pas dire que ton loup ne sera pas présent après. Certains loups sont plus puissants que d'autres. Prends Gabriel : Il n'est pas un alpha mais son loup est plus présent que tout autre ! Et ça peut t'arriver aussi. »

Harry fit la moue à cette pensée. Pas que ça le dérange d'avoir un loup présent, mais ce n'était pas agréable de ne pas contrôler ses mouvements. Comme le matin même, avec le savon… Il rougit à la pensée de devoir expliquer ça à Draco.

« Note, à l'odeur, il le retrouvera vite… »

D'ailleurs, aucun de ses amis ne s'était étonné que la fenêtre de la salle de bain fût cassée…

« Dites, fit à nouveau Harry. Et pour les odeurs ?

-Les odeurs ? demanda Guilbert.

-Je n'ai pas réussi à utiliser du savon, aujourd'hui, avoua Harry, embarrassé.

-Ah, dit Guilbert. Malheureusement, ça arrive que certains loups aient un odorat surdéveloppé. Je veux dire… On l'a tous ! Mais certains y sont plus sensibles que d'autres… Viens, je vais te montrer une maison intéressante. »

Il le ramena vers le village et lui désigna une petite maison un peu à part.

« C'est celle du Docteur. Il est potioniste, en fait. Et il fabrique un savon sans odeur. Tu peux lui en acheter, ce n'est pas trop cher.

-D'accord, merci. Euh…

-Vas-y, je t'attends », lui dit Guilbert en allant s'asseoir sur une grosse pierre taillée posée près de la maison.

Harry acquiesça et se dirigea vers la porte contre laquelle il frappa. Quelques secondes plus tard, un homme aux cheveux un peu ébouriffés apparut, la mine mauvaise.

« Tiens… le petit nouveau ! Qu'est-ce que tu as déjà ?

-Euh… rien, répondit Harry. J'aimerais juste… si possible… avoir un savon sans odeur.

-Oh. Je vois… On a un nez sensible ? Je reviens. »

Il partit sans attendre et Harry resta un instant figé avant de réaliser qu'il n'avait pas d'argent sur lui.

« Tiens, fit soudainement Stein en lui tendant un flacon blanc de taille raisonnable.

-Euh… je n'ai pas d'argent sur moi, avoua Harry, gêné.

-Tiens, dit soudainement Guilbert. C'est cinq noises, non ?

-Merci, répondit Stein. Penses-y la prochaine fois. »

Et il referma sa porte.

« Je vous rembourserai demain, promit Harry, reconnaissant.

-T'inquiète, c'est pas pour cinq noises, dit-il. Tu peux me les rendre quand tu les auras…

-Je les ai, répondit Harry. Mais je ne pense jamais à prendre de l'argent avec moi…

-Normal, tu n'achètes rien. C'est miss Granger qui s'en occupe, si je ne me trompe.

-Non, c'est elle », avoua Harry, soudain gêné de l'avoir laissée tout acheter sans participer.

Guilbert ne commenta pas et il lui en fut reconnaissant.

« Est-ce qu'il y a d'autres choses importantes à savoir, sur les loups-garous ? demanda Harry. Je veux dire, dans un premier temps ? Outre l'envie de ne pas porter de vêtements, la sensibilité aux odeurs, les liens possibles… euh… je ne sais pas si vous voyez… Ce qui touche directement le mordu, on va dire ?

-Eh bien, c'est assez spécifique à la personne, dit Guilbert. Toi, par exemple. Tu es manifestement fait pour la chasse, tu seras un des loups les plus rapides et tu auras un odorat très développé. Tes cheveux ont énormément poussé pour ta première transformation ce qui peut vouloir dire plusieurs choses…

-Plusieurs choses ? demanda Harry, curieux.

-Eh bien, ça peut simplement vouloir dire que tu auras dorénavant les cheveux longs. Mais certains loups-garous voient leurs cheveux changer selon les saisons.

-Les saisons ? s'étonna Harry. Vous voulez dire qu'ils pourraient être plus longs ou… plus courts ?

-Si tel est le cas, alors tu as là la version longue car nous sommes en hiver. Au printemps, ils seront peut-être plus courts pour reprendre un aspect que nous dirions normal, par rapport à ton ancien toi, en été. »

L'espace d'un instant, Harry se prit à rêver d'avoir les cheveux plus courts. Il soupira en jouant négligemment avec la tresse qu'il s'était confectionné à la va-vite puis les lâcha.

« Rien d'autres ? demanda-t-il.

-Pas que je sache, dit Guilbert. Mais comme je te l'ai dit, tout est spécifique à la personne… Donc, tu le découvriras, au fur et à mesure… »

Harry hocha pensivement la tête en l'écoutant. Seul le temps lui dirait quel type de loup-garou il était.

« Bien, maintenant que les questions ont été élucidées, embrayons sur la fonctionnalité monétaire du village ! »

Et à la grande horreur d'Harry, la balade qui, à la base, était distrayante, devint presque soporifique.

oOo

Harry rentra de sa leçon groupée avec Hystéria et les loups avec le corps horriblement courbaturé. Après avoir quitté Guilbert, il était parti rejoindre un groupe de jeunes loups-garous d'à peine dix ans. Tous étaient en pleine forme et étaient surexcités. Et étrangement, ils semblaient bien plus forts que lui.

« Ce sont des loups de naissance, lui expliqua Hystéria. Ils ont grandi avec l'animal en eux et ils savent l'exploiter. Toi, non. C'est pour ça que tu es là. Pour apprivoiser ta nouvelle force, ta rapidité. Et ces séances de groupe vont t'y aider. On laisse le combat pour demain. Aujourd'hui, on va surtout s'acharner sur tes déplacements physiques. C'est la raison pour laquelle, après l'échauffement, vous allez tous jouer… au football. »

Harry avait haussé un sourcil face à l'air presque psychotique de l'entraîneuse. Mais il comprit rapidement pourquoi elle avait l'air si effrayante lorsqu'il se retrouva à jouer à la balle à un contre dix.

« Dérobe-leur la balle. Sers-toi de ton agilité. Tu es plus grand, plus rapide, tu as des jambes plus robustes. Utilise-les ! »

« Pourquoi fais-tu de petits pas pour courir ? Tu sais étendre les jambes, non ? Alors fais-le ! »

« Potter, tu n'es pas là pour te rouler dans la boue, mets-toi sur tes jambes et vole-leur cette balle ! »

Harry avait eu des idées de tortures qu'il ne pensait pas avoir une fois dans sa vie envers Hystéria mais il avait résisté. Et après une douche rapide dans les vestiaires – et par respect pour Draco, il avait attendu d'être seul pour se dévêtir – il était parti rejoindre sa maison, non sans une certaine crainte. Ron serait-il encore en vie ? Que devrait-il dire à ses amis ? Comment serait l'ambiance ?

Quand il entra dans la maison, il eut presque l'impression de pénétrer dans un igloo. La table était mise mais il s'agissait simplement d'un ragoût aussi appétissant qu'un tas d'épinards trop cuits – bien qu'il soit en vérité savoureux, manger semblait impossible dans une ambiance si glaciale. Ron et Hermione étaient installés à table, juste en face de Draco qui les fusillait du regard. Le roux avait le bras en écharpe et un bandage autour du crâne et du cou. Harry se sentit légèrement honteux en le voyant et il n'osa pas le regarder alors qu'il s'approchait, son flacon de savon en main. Quand il le vit, Draco fit la moue.

« Alors voilà qui est responsable de la disparition de mon savon et de la fenêtre cassée…

-Désolé, dit Harry, honteux. Je ne supportais plus l'odeur…

-Ce n'est pas grave, répondit Draco en haussant les épaules. Assieds-toi. »

L'ordre était clair, bien qu'adouci par un peu de légèreté et Harry obéit docilement. Ils mangèrent dans un silence pesant. Le brun n'osait pas lever les yeux vers ses meilleurs amis et fixait donc son assiette, mal à l'aise. Il sentait l'incompréhension de Draco face à son comportement : à ses yeux, Ron avait mérité sa punition. Il ne pouvait pas comprendre que pour Harry, les choses étaient apparues sous un autre angle, depuis peu.

« Comment était ta séance avec Hystéria ? s'enquit Draco, pour couper court au silence.

-Pénible, confessa Harry. Je ne contrôle pas du tout mon corps ! »

Hermione le fixa aussitôt avec intérêt.

« Comment ça ? demanda Draco, surpris.

-Je n'arrive pas à réguler ma vitesse. Elle m'a fait jouer au football avec des… des gamins, autant le dire. Sauf qu'à côté d'eux, j'avais l'impression d'être l'enfant qui n'arrivait pas à savoir comment courir convenablement. J'essayais de courir plus vite qu'eux pour leur voler la balle mais j'y mettais tellement de force que je les dépassais beaucoup trop. Alors je faisais demi-tour pour les prendre de face mais… mais ils utilisaient des manœuvres de groupe et j'étais incapable de les prévoir ! Je devais passer au combat demain mais Hystéria pense que tant que je ne contrôlerai pas ma vitesse, ça pourrait être dangereux.

-Elle a raison, dit Draco. Une fois que tu sauras assumer cette partie de toi, tu seras plus doué en esquive. Ce sera un atout non négligeable dans un duel, qu'il soit physique ou magique. Mais mal contrôlé, tu pourrais te blesser ou blesser quelqu'un par accident. Tu devrais t'entraîner en soirée… Courir autour du village ou sur la piste d'entraînement. Ce n'est pas interdit, tu sais ?

-Je sais, Hystéria me l'a dit. J'irai… Il faut vraiment que je puisse contenir ma force dans mes jambes. Mais je me suis impressionné ! Je ne pensais pas être capable d'aller si vite !

-Quelle vitesse ? demanda Draco, amusé.

-Eh bien, selon Hystéria, 60 km/heure. »

Draco siffla d'admiration. Un loup normal ne pouvait pas dépasser les 50 km/heure. Lui, en tout cas, n'y arrivait pas.

« Ce sera vraiment intéressant quand tu arriveras à contrôler ça. »

Harry sourit en l'entendant et hocha la tête. En face d'eux, Ron poussa un son méprisant, repoussa son assiette vide et quitta la table sans un mot pour aller au salon. Hermione sembla se tasser, comme par crainte qu'un des loups-garous ne réagisse mal. A la place, Harry releva enfin la tête et profita de l'absence de Ron pour adresser la parole à sa meilleure amie.

« Détends-toi, dit-il. Je suis calmé.

-Ce n'est pas mon cas, gronda Draco, les yeux plus lupins qu'humains.

-S'il te plaît, Draco, supplia Harry. J'ai… J'ai réfléchi pendant ma balade avec Guilbert. Laisse courir, d'accord ? »

Il caressa sa cuisse sous la table et Draco redevint plus humain.

« Comme tu veux, dit-il. Mais Weasley devra s'excuser auprès de moi ! »

Harry leva les yeux au ciel. Il avait l'impression que Ron avait tenté de voler le nounours de Draco plutôt qu'autre chose.

« Il est furieux, n'est-ce pas ? demanda-t-il à Hermione.

-Il te déteste, je crois, dit sincèrement son amie. Mais… ça lui passera. Avec le temps. Tu as été… très effrayant et violent.

-Pas assez, marmonna Draco.

-Draco, prévint Harry, le blond se renfrognant au rappel.

-Pour moi qui sais combien ses mots étaient mal venus pendant une danse ou même entre deux loups liés, ta réaction paraît… modérée. Je sais que certains loups l'auraient tué pour si peu… »

Elle coula un regard presque suppliant vers Draco qui se contenta de hausser les épaules, l'air de dire : si ça ne tenait qu'à moi, il serait déjà mort.

« Mais Ron est moins informé que moi. Pour ne pas dire pratiquement pas. J'ai essayé de lui expliquer mais pour l'instant, tout ce qu'il retient, c'est que tu as essayé de le tuer et que tu lui as cassé l'épaule. Sans compter les cheveux en moins sur l'arrière du crâne. Alors… essaye juste de ne pas lui parler, dans l'immédiat.

-D'accord, dit Harry. Ecoute… Je vous ai négligés, tous les deux, au profit de Draco et… je suis désolé. Je m'excuserai auprès de Ron, le moment venu, mais uniquement pour ça. Ma réaction… je l'aurai eue, même si nous n'étions pas en train de nous disputer. Je peux supporter beaucoup de choses venant de vous, mais pas… pas que vous me demandiez de quitter Draco.

-Je sais, répondit Hermione. Donc… pour ce qui est de mon speech sur le fait d'oublier la guerre…

-Je comprends que vous ayez cette impression. Je suis tellement centré sur Draco… Mais ce n'est pas le cas, Hermione. Tu sais très bien que je ne pourrais jamais oublier ça. Mais… j'ai encore besoin d'un peu de temps. »

La jeune femme hocha la tête.

« Oui, je l'ai compris. Tu dois apprivoiser ton physique et ta magie… Ne tardez juste pas trop. N'oublie pas que Voldie peut comprendre ce que nous avons fait à chaque instant… Et il pourrait tenter d'y remédier. »

Harry acquiesça de la tête, reconnaissant de la compréhension d'Hermione.

« Je vais le rejoindre au salon. Il serait capable de me reprocher de fraterniser avec l'ennemi. Sois patient pour lui. Et… merci, Draco, de ne pas l'avoir… tué ?

-Il n'est pas encore sauf, répondit le blond. Assure-toi qu'il garde sa bouche fermée. »

Hermione hocha rapidement la tête, le visage blême. Elle quitta la pièce, les laissant seuls dans la cuisine. Draco se tourna alors vers Harry, interrogateur.

« Tu m'expliques ? dit-il, presque froidement.

-J'ai raconté ce qu'il s'est passé à Guilbert. En dehors du fait qu'il n'aurait jamais dû demander notre séparation, Ron n'est pas informé du sacrilège qu'il a évoqué. Et quant à ses raisons de le faire… »

Harry soupira en passant une main dans les quelques mèches humides qui s'échappaient de sa tresse.

« La famille de Ron est menacée, constamment. Voldie sait combien ils comptent et les attaquer serait presque… une conclusion logique. Il m'attirerait là-bas sans problème et il le sait. Actuellement, il ne l'a pas encore fait, sans doute parce que les protections des Weasley sont assez puissantes pour tenir ses hommes éloignés, mais pour combien de temps ? Ron a peur que ce temps soit écoulé et c'est normal ! C'est sa famille ! Et moi, je passe mon temps à roucouler avec toi plutôt que d'y penser… Non, tais-toi, laisse-moi t'expliquer. »

Draco referma la bouche furieuse qu'il avait ouverte alors que Harry se tournait vers lui tout en restant assis sur sa chaise, sa main se baladant doucement sur sa cuisse pour l'apaiser.

« Il est jaloux, poursuivit Harry. Il a l'impression que son meilleur ami s'en fiche de lui et n'a plus besoin de lui ! Et c'est vrai que… si la situation était inversée, si je devais être seul et que Ron et Hermione devaient sans arrêt roucouler ensemble comme nous le faisons, je serais furieux. Je ne dis pas que ses mots sont excusables, juste compréhensibles. Ron a toujours été ça ! Il explose puis il s'excuse après avoir pris la mesure des conséquences de ses mots. C'est ce qu'il s'est passé en quatrième année. Et même si ça me donne envie de lui fracasser la tête sur un mur, c'est… c'est lui, c'est tout. Quand il aura compris, il viendra s'excuser et ça ira. Tu comprends ? »

Draco le fixa un instant, son corps lui aussi tourné vers Harry. Leurs cuisses s'étaient entremêlées et se touchaient, leurs doigts caressant négligemment le tissu des jeans qu'ils portaient.

« Je ne comprends pas que tu aies la patience de le comprendre alors que lui n'a pas la décence de t'offrir cette même compréhension. Je ne comprends pas que tu lui pardonnes son égoïsme…

-Nous sommes tous égoïstes ici, coupa Harry. Je le suis de vouloir savourer chaque jour avec toi, sans remords pour ceux qui souffrent, hors de ce village ! Non, ne dis rien, s'il te plaît. Il y a une chose que tu ne sais pas à mon sujet. Je ne te l'ai pas dit, pas parce que je voulais te le cacher mais parce que je ne voulais pas t'affecter. Tu étais déjà si inquiet pour notre lien, avant la morsure. Cette information allait juste te bouleverser un peu plus. Mais maintenant, je me rends compte que j'ai fait une erreur. Je dois te dire ça parce que… ça a une influence sur toute ma vie et surtout, sur notre avenir. Mais pas aujourd'hui. Dimanche. Tu auras toute la journée pour digérer ça. D'accord ? »

Draco grimaça. Savoir qu'Harry lui cachait quelque chose le dérangeait. Surtout qu'il lui demandait d'attendre pour avoir l'information. Malgré tout, il s'obligea à hocher la tête.

« Comme tu veux, dit-il. Je vais au salon, pendant que tu fais la vaisselle. »

Harry soupira en le regardant quitter la cuisine, silencieux. Une façon pour l'alpha de lui intimer sa désapprobation : un secret entre eux ? Inadmissible ! Mais il ne pouvait pas le forcer. Alors il alla s'asseoir dans le canapé, ignorant Ron qui tirait la tête devant un jeu d'échecs qu'il partageait avec Hermione. Il entendit Harry lancer un sort sur la casserole de ragoût afin de le préserver puis pomper de l'eau qu'il chauffa d'un coup de baguette pour enfin faire la vaisselle. Jetant un œil aux deux Gryffondor, Draco estima qu'il était temps de leur montrer ce dont il était capable.

« Harry ? appela-t-il, le bruit de vaisselle s'arrêtant dans la cuisine. Viens ici. »

Il avait utilisé un ton langoureux et il sentit le frisson qu'avait eu son amant, même à distance. Le brun obéit et quitta la cuisine pour entrer dans le salon, s'approchant de lui.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il, curieux.

Draco le fixa et il sentit Harry frissonner de son regard tout sauf innocent.

« Rien, répondit le blond. Retourne à la cuisine. »

Pendant un instant, le brun sembla sceptique et contrarié mais il obéit et tourna les talons. Draco l'y laissa tranquille pendant quelques minutes, le temps de le laisser poser les plats propres sur l'égouttoir et de s'essuyer les mains puis il dit :

« Harry ? »

Le brun se figea. L'appel était presque un gémissement, à ses oreilles.

« Viens. »

Il mit un peu plus de temps pour l'écouter. Draco pouvait deviner sa tentative pour reprendre ses esprits. Il le bombardait de désir par le lien, ce qui rendait Harry fébrile. Résister à un tel appel, en pleine danse, devait le faire souffrir physiquement. Mais c'était pour son bien ! Enfin… façon de voir les choses.

« Quoi ? » demanda-t-il en allant se planter devant lui.

Cette fois, Draco laissa son regard vagabonder sur le corps mince et il inspira plusieurs fois avant de plonger ses yeux dans les siens.

« Rien, dit-il encore. Repars. »

Cette fois, c'était clairement de la colère dans le regard de son amant mais Draco s'en délecta. La peau d'Harry émettait déjà des phéromones évocatrices. Encore un peu et il pourrait montrer aux deux sombres idiots qui était le maître de Harry. Juste… encore une fois !

« Harry… Viens ici. »

Le brun leva les yeux au ciel. Allait-il s'amuser ainsi encore longtemps ? Quittant la cuisine d'un pas rapide après avoir libéré l'eau par le système d'évacuation, il regagna le salon où Draco trônait sur le canapé, l'air diabolique. Il le fusilla des yeux, tentant par la même occasion de lui faire comprendre que cela l'agaçait plus qu'autre chose. Draco esquissa un sourire amusé tout en levant la main, la tendant d'un air patient. Harry eut envie de la mordre, cette main blanche lui intimant le même ordre que celui donné par la bouche rosée qu'il aimait tant mais qui l'agaçait prodigieusement depuis qu'il était rentré de sa leçon avec Hystéria. Faisant fi de la présence de Ron et Hermione, il s'approcha finalement du canapé où Draco était assis.

Bras croisés sur son torse, il se campa devant lui, plissant les yeux, le défiant d'oser lui répondre encore « rien ».

« Quoi ? dit-il d'une voix un peu rauque.

-Rien, répondit Draco, presque hilare.

-Toi, je vais te… »

Il avait décroisé les bras dans sa fureur et avant d'avoir compris, se fit saisir par la main et jeter dans le canapé. Etendu, il se retrouva avec Draco entre ses cuisses, un sourire vainqueur aux lèvres.

« Ah, si, finalement, dit Draco. Il y avait bien quelque chose… »

Il se pencha sur lui pour l'embrasser avec autorité et Harry ne put que lui céder. Il adorait quand Draco se montrait dominant et le blond le constata à nouveau en sentant la soudaine érection contre son ventre. Il eut un autre sourire tout en s'écartant de lui pour finalement tenter de se redresser. A genoux entre ses cuisses, il le regarda avec une pointe de fierté et beaucoup de satisfaction.

« C'est tout ce que je voulais… »

Quand il fit mine de se relever, il ne fut pas surpris de voir les jambes de Harry se nouer autour de sa taille avec langueur alors qu'il le poussait d'un pied puissant pour l'étendre contre lui.

« Moi, je veux plus, murmura-t-il en attrapant le visage de Draco entre ses deux mains. Je veux tout. »

Il l'attira à nouveau pour l'embrasser et Draco ne put que se laisser faire. Difficile de ne pas être convaincu en constatant la lueur perverse dans les yeux verts et les joues rougies par le désir. Sans compter l'odeur qui émanait d'Harry, entêtante, envoûtante, essayant de le persuader de le toucher. Harry avait-il seulement conscience des phéromones qu'il dégageait ? Draco était prêt à parier que oui. Il les utilisait avec bien trop d'efficacité.

« On est là, bordel ! » s'énerva Ron, dans le fauteuil en face du canapé.

Mais ni Harry ni Draco ne l'écoutèrent. Le blond se contenta de le fusiller des yeux alors que sa main se glissait entre leurs corps collés pour aller caresser le ventre haletant, se glissant sans hésiter sous la chemise grise. Il sentit Harry frissonner au toucher de sa main froide mais continua de l'embrasser, étendu sur lui.

« Draco, Harry, dit Hermione d'une voix qui se voulait raisonnable. Montez à l'étage si vous ne savez plus vous tenir. »

Draco gronda, menaçant. Il releva la tête en fixant les deux Gryffondor avec rage. Que n'eut-il pas donné pour qu'ils partent ! Ils auraient alors la maison pour eux seuls et pourraient s'aimer où ils le voulaient, sans s'inquiéter. Merlin, ils passeraient la journée nus !

« Et pourquoi vous ne monteriez pas dans vos chambres ? s'énerva Draco, dominateur, Harry gémissant presque en réponse. Tiens, mieux encore ! Pourquoi ne cesseriez-vous pas de faire semblant de ne pas être amoureux l'un de l'autre ? Vous pourriez alors avoir vos propres relations sexuelles et nous foutre la paix ! »

Ron et Hermione écarquillèrent les yeux alors que Draco se faisait de nouveau tirer par Harry qui reprit ses lèvres. Il mordit férocement sa bouche pour lui faire payer ses paroles puis donna un coup de langue taquin, comme pour se faire pardonner. Mais il n'avait aucune culpabilité dans le regard et Draco n'était pas dupe. Provocateur, il remonta plus sa main sous la chemise pour attraper un téton qu'il pinça, Harry se crispant aussitôt sous lui, un couinement appréciateur lui échappant.

Ni Ron, ni Hermione ne surent que dire. Ils ne purent que regarder avec stupeur la façon dont le corps de Draco se mettait à bouger sur celui de leur meilleur ami, entraînant une friction qui, au vu des gémissements qu'il poussait, plaisait beaucoup à Harry. Ce dernier avait enroulé ses jambes autour de lui, ainsi que ses bras. Il avait vicieusement glissé ses mains sous le jean pourtant très serré de son amant et ne se gênait pas pour presser ses fesses, accentuant ainsi la pression entre eux.

« J'ai envie, murmura Harry, gémissant ensuite alors que Draco partait explorer sa gorge. Draco… J'ai envie… »

Le blond se redressa pour le regarder. Le contrôle instable auquel Harry s'astreignait avait clairement volé en éclat et il le regardait, haletant, les joues incandescentes et le corps tendu vers le sien : il pouvait en faire ce qu'il voulait, dans cet état. Il sourit et se pencha, déposant un baiser tendre sur son front.

« Sortons… Même si je n'en ai rien à foutre qu'ils nous voient… ton corps nu n'appartient qu'à moi. »

Et il fusilla Ron et Hermione, hébétés dans leur fauteuil. Il se releva, ne cachant rien de son excitation ni de celle de Harry. Sans difficulté, il le tira vers lui et l'obligea à s'agripper à lui. Harry se laissa faire avec docilité, le corps tremblant.

« Pas jusq… jusqu'en haut, dit-il. Je te veux trop…

-Chut, murmura Draco en embrassant sa tempe, traversant le salon sans difficulté. Sois patient… »

Harry geignit, ses hanches se mouvant contre son bas-ventre avec lenteur. Draco sentit les maigres réserves qu'il avait s'épuiser et se mit à douter d'atteindre jamais la chambre à coucher. Il quitta le salon mais eut beaucoup de mal à monter les escaliers. Quand il atteignit enfin le couloir de l'étage, il gronda et plaqua Harry contre le mur le plus proche, l'embrassant voracement.

« Petit démon, chuchota-t-il contre sa bouche. Ne vois-tu pas que je n'arriverai jamais jusqu'au lit si tu fais ça… »

Il bougea à son tour ses hanches pour démontrer ses mots mais fut incapable de s'arrêter.

« Je m'en fous, marmonna Harry d'une voix suppliante. Je te veux maintenant… »

Draco faillit perdre le peu de réserve qu'il avait et juste lui obéir. Le poser au sol et baisser son pantalon pour le prendre était plus que tentant mais déconseiller. D'abord parce que Harry ne tiendrait jamais sur ses deux jambes. Ensuite parce qu'il n'était pas certain des conséquences que cela aurait…

« Draco… j'ai chaud… »

Harry s'était légèrement écarté de lui et avait commencé à défaire les boutons du gilet qu'il portait en le regardant. L'idée d'un Harry occupé à se déshabiller devant lui en gémissant le fit frémir et il se décolla du mur avec difficulté, le tenant toujours solidement pour avancer d'un pas chancelant jusqu'à leur chambre. Merlin soit loué, la porte était largement ouverte ! Il entra et la referma d'un coup de pied efficace. Dès qu'ils furent isolés, Harry poussa un son d'extase et jeta son gilet au sol, se retrouvant juste en t-shirt. Ce dernier était coincé entre leurs corps et il tira dessus avec vigueur, provoquant une chatouille presque torturante pour Draco. Mais le vêtement finit lui aussi sur le sol, dévoilant un torse crémeux marqué de multiples suçons et autres marques de désir que Draco lui avait laissés, lors de leurs précédentes étreintes.

Voyant qu'Harry s'était attaqué à ses propres hauts, Draco s'approcha du lit pour le laisser tomber dessus. Il s'en éloigna, laissant un Harry tremblant et couinant de désespoir.

« Déshabille-toi, ordonna-t-il, le corps fiévreux et tendu. Entièrement. »

Il attrapa la chaise placée dans leur chambre et s'installa dessus, juste en face du lit. A genoux sur le matelas, Harry sembla comprendre ce qu'il voulait. Il se redressa et détacha doucement le bouton de son jean d'une main, l'autre allant rapidement défaire la tresse retenant sa chevelure. Celle-ci tomba souplement sur ses épaules, telle une crinière sauvage. Elle était en accord parfait avec la lueur de malice présente dans les yeux du lycanthrope.

Crispé sur sa chaise, Draco le regarda avec plaisir. Il détailla le torse ferme et marqué par ses dents et sa bouche, la douceur des cheveux croulant sur les épaules menues mais puissantes, la marque des clavicules sous la peau, son ventre, mince mais sans trace de côte, signe que le brun avait enfin repris le poids nécessaire à une vie saine. Il observa le nombril qu'il savait sensible, puis le bas-ventre de plus en plus dévoilé par le jean que Harry faisait descendre en même temps que son sous-vêtement, exposant ainsi son sexe en érection et ses cuisses plus puissantes que n'importe quelles autres. Il finit par enlever totalement ses vêtements, dévoilant entièrement ses jambes. Elles étaient petites, nerveuses, musclées et Draco eut envie de les lécher. Il resta pourtant sur sa chaise, bras croisés.

« Caresse-toi, dit-il, la voix rauque. Fais-toi plaisir. Fais ce que tu aimerais que je te fasse. »

Harry écarquilla les yeux et son sexe sembla se tendre davantage. Il se mit à caresser son torse sans hésiter, passant ses doigts fins sur son ventre, pinçant ses tétons pour redescendre vers son sexe qu'il prit d'une main assurée. Draco esquissa un sourire amusé.

« Impatient, dit-il d'une voix grondante mais manifestement contente. Continue… »

La main de Harry voyageait de bas en haut alors que Draco commençait à enlever ses propres vêtements. Il avait toujours eu envie de faire ça…Regarder Harry se branler, haletant face à lui… et faire de même ! Il se retrouva nu très vite et saisit sa propre érection, la caressant de bas en haut avec lenteur. Pas question de jouir autre part que sur Harry. Ou dans Harry… Peu importait tant qu'ils le faisaient en se touchant.

« Est-ce tout, Harry ? demanda-t-il d'une voix légèrement tremblante. Tu veux juste que je te branle ? »

Harry secoua péniblement la tête, haletant. Il tenta de reprendre pied mais l'image de Draco, assit tranquillement sur sa chaise à se masturber était le comble de l'érotisme.

« Non, couina-t-il, ses yeux fixés sur le sexe et la main de Draco. Je… je veux plus.

-Quoi donc, Harry ? Montre-moi. »

Harry secoua la tête à nouveau.

« Non ? interrogea Draco d'une voix sévère. Tu ne veux pas ?

-Je… je ne peux pas, dit-il, tremblant. Je ne suis pas assez… assez souple pour ça. »

Draco mit quelques secondes à comprendre ce qui pourrait demander tant de souplesse et il sourit.

« Tu aimes que je te lèche, hein, Harry ? »

Le concerné hoqueta et sa main se resserra sur son sexe alors qu'il semblait perdre sa capacité à rester debout. Il tomba à quatre pattes sur le lit, continuant de fixer Draco avec désir.

« Manque de souplesse, en effet… mais n'y a-t-il que cela qui te fait envie ? »

Autre réponse négative. Celle-ci fit sourire Draco avec sournoiserie.

« Quoi d'autre, alors ? »

Il était magnifique à tenter de se maintenir d'une main, l'autre se caressant vivement. Il le regardait, à quatre pattes, les yeux mi-clos et les joues rouges… Draco devait se faire violence pour ne pas se jeter sur le lit et ce fut encore plus dur lorsqu'Harry se redressa à nouveau sur ses genoux pour ensuite avaler ses doigts et les lécher avec gourmandise, le tout en regardant le sexe du blond avec envie. Draco gémit et planta ses ongles, devenus plus longs et tranchants, dans le siège de sa chaise.

« Tu… tu veux me sucer ? »

Draco n'avait pas pu garder une voix unie. Pas devant la lueur gourmande habitant les prunelles vertes et fixées sur son érection. Il léchait ses doigts comme s'il souhaitait lécher son sexe et poussait quelques gémissements envieux.

« Quoi d'autre ? » dit Draco, perdant de plus en plus son contrôle.

Harry cessa de lécher ses doigts et lâcha son sexe. Il le fixa un instant, haletant puis, doucement, pivota sur lui-même pour lui tourner le dos. Il se retourna et laissa tomber son buste sur le lit, se retrouvant fesses en l'air, dirigées vers Draco dont la respiration se coupa. Il n'allait pas oser ? Harry se contorsionna légèrement pour tourner son torse vers lui. Les joues rouges, il le regardait, haletant, alors qu'une main se glissait entre ses fesses et qu'un index hésitant allait tâter son intimité. Draco déglutit, les yeux fixés sur cet index qui, lentement, s'enfonça. Quand il fut plongé à l'intérieur, Harry gémit de plaisir et commença à bouger son doigt d'avant en arrière, y ajoutant rapidement un deuxième. Il gardait difficilement les yeux ouverts, fixés sur Draco.

« C'est ça que je veux, dit-il d'une voix plaintive, presque suppliante. Je veux… que tu me fasses ça. Draco… »

Le blond faillit se jeter sur lui. Il sentit les muscles de ses jambes se tendre pour le propulser en avant mais se contint à la dernière seconde. Pas encore. Ce spectacle était tellement fascinant ! L'absence de pudeur d'Harry était le plus grand changement dû à la transformation. Si avant la morsure, le brun osait difficilement parler de sexe, ce n'était plus le cas à présent. Il semblait totalement libéré de toute gêne et c'était avec une liberté perverse qu'il réclamait ce qu'il voulait, osant dire ce que son ancien lui n'aurait même pas pu imaginer sans rougir. Draco adorait ça. Il en profitait largement. Tout en avançant jusqu'au bord du lit où il s'arrêta finalement, il murmura :

« Que je te fasse quoi, Harry ? »

Sa voix était grondante, haletante, transmettant sans faille la tension qui l'habitait. Il n'allait plus pouvoir tenir. Il devait le toucher. Il devait s'enfoncer en lui, aussi fort que le demandait son corps.

« Que tu me baises, répondit le brun d'une petite voix haletante. Que tu t'enfonces, fort et loin. Que tes mains me touchent, partout… J'ai besoin de sentir ton corps chaud sur le mien, ta queue en moi et tes lèvres sur moi. Draco, s'il te plaît… »

Il y avait un sanglot dans sa voix et il ne put y résister. Lâchant son sexe, il monta sur le lit pour se positionner derrière les fesses qui lui étaient présentées avec tant de désespoir. Il obligea Harry à enlever ses doigts et fut tenté un instant d'aller lécher l'ouverture préparée par son amant. Mais il eut conscience que s'il faisait ça, Harry ne tiendrait pas. La jouissance était proche, pour lui aussi, d'ailleurs. Aussi joua-t-il la prudence : saisissant les hanches étroites, il se positionna pour ensuite le pénétrer avec lenteur. Son mouvement arracha un soupir d'extase à Harry. Ce dernier avait fermé les yeux, comme pour savourer l'acte et Draco sentit les dernières parcelles de sa conscience disparaître. Perdant toute douceur, il se mit à bouger avec rage, arrachant presque aussitôt des plaintes appréciatrices au corps devant lui.

Les mains d'Harry étaient crispées sur les draps déjà froissés et tiraient dessus avec force pour maintenir la position. La tête couchée sur le côté, Draco pouvait voir, à travers le rideau de cheveux soyeux qui lui tombait sur le visage, combien il aimait ça. Ses traits étaient détendus, sa bouche entrouverte laissait échapper des sons indécents mais excitants et ses joues étaient à nouveau rouges sous le plaisir ressenti. Son dos nu, arqué par sa pose, accentuait la rondeur parfaite de ses fesses et Draco n'arrêtait pas de les caresser tout en les maintenant d'une poigne ferme pour l'amener durement à sa rencontre, le pénétrant avec toujours plus de force.

« Tu aimes, n'est-ce pas ? demanda-t-il en haletant. Tu aimes ça, Harry… Je veux te l'entendre dire. »

Il se pencha sur lui, plaquant sa bouche contre son oreille pour chuchoter :

« Fais-leur entendre… A eux qui osent te critiquer. Fais-leur entendre combien tu m'aimes, combien tu m'appartiens. Qu'ils comprennent… »

Et il reprit ses mouvements rageurs. Comment osaient-ils tenter de l'influencer, de l'éloigner de lui, sous prétexte stupide qu'il devait sauver le monde ? Harry n'avait qu'une seule obligation : lui appartenir. Et il allait leur faire comprendre !

« Dis-leur ! cria-t-il.

-J'aime ça, répondit Harry, sa voix rauque clairement perceptible à cause de ses hurlements. Oh, Draco, j'aime tellement ça…

-Tu aimes quoi ? »

Il ne parlait pas fort. Pas assez pour que Ron et Hermione l'entendent.

« Que tu me prennes ! cria Harry. Que tu me possèdes comme tu le fais.

-Tu m'appartiens, n'est-ce pas, Harry ?

-Oui, oui, oui, je…

-Dis-le, murmura sournoisement Draco. Dis-le fort !

-Je t'appartiens ! Draco, je t'appartiens, juste à toi ! »

Le blond sourit. Personne n'avait pu ignorer ce cri-là. Surtout pas les deux Gryffondor dans le salon. A moins qu'ils aient quitté la maison mais il en doutait. Il pouvait encore les sentir trop fortement. Alors, tout à sa joie, il pilonna Harry avec plus de vigueur, jusqu'à le faire pleurer d'extase. Il le sentit se tendre et donna encore quelques poussées puissantes avant de le sentir jouir, hurlant son nom. Draco l'y suivit aussitôt, grognant de félicité. Rien n'était meilleur que ça ! Il s'effondra sur le corps déjà étendu sur le lit, tremblant comme une feuille. Ça lui avait manqué. Ils avaient fait l'amour la veille et ça lui avait manqué ! Foutue danse !

« T'es qu'un connard possessif, marmonna Harry en gigotant sous son corps. Tu as fait ça juste pour leur donner une leçon, hein ?

-Si tu le sais… pourquoi poses-tu la question ? » demanda Draco, moqueur.

Harry ne répondit pas, trop occupé à reprendre son souffle. Il frissonna en sentant Draco frotter son nez contre sa nuque, dans un mouvement purement repentant, alors qu'il n'était même pas désolé.

« Je ne l'ai pas fait seulement pour leur donner une leçon, lui dit Draco en se décalant sur le côté. Je voulais surtout te faire l'amour… et te voir en train de te toucher. J'y pense depuis Noël ! »

Harry esquissa un sourire en repensant à la conversation du réveillon où Draco avait été si intéressé par la perspective d'une masturbation en règle par Harry avec son amant comme spectateur.

« C'était un fantasme ? demanda-t-il. Tu en as d'autres, comme ça ? Juste histoire que je me prépare ? »

Draco sourit tout en s'amusant à dessiner des arabesques du bout de l'index sur son torse.

« Te faire l'amour dans un hôtel de luxe, dit-il. Le côté aristocrate qui ressort, sûrement… Le côté bestial, lui, souhaite juste t'étendre sur n'importe quel meuble. Dernièrement, c'est surtout la table de la cuisine qui m'inspire. T'y coucher sur le ventre, baisser ton pantalon et te prendre juste comme ça… J'adorerais. »

Il se pencha sur lui et renifla son odeur avec délectation.

« C'est tout ? demanda Harry, posant ses mains sur ses cheveux pour l'obliger à redresser la tête.

-Non, j'ai aussi l'idée de toi, enchaîné au lit… La dernière lune trois quarts n'était pas suffisante… »

Il esquissa un sourire presque coquin.

« Et toi ? demanda-t-il. Tes fantasmes ? Tu en as, n'est-ce pas ?

-Bien sûr ! répondit Harry.

-Et ? insista Draco.

-Et… »

Harry s'amusa presque de son impatience, ses doigts jouant avec les longues mèches blondes.

« Des miroirs, souffla-t-il. Au plafond, sur les murs… des miroirs partout. »

Draco eut un air surpris avant de sourire, l'air gourmand.

« Tu veux pouvoir regarder, hein ? Tu aimerais voir tout, sous chaque angle ?

-A l'infini, murmura Harry. J'adorerais ça… »

Draco frotta son nez contre le sien, retenant l'idée qui ne lui déplaisait pas du tout.

« Quoi d'autre ? souffla-t-il, impérieux.

-J'aime… j'aime quand tu me domines, avoua Harry. Alors je suppose qu'un peu de… de soumission me plairait. »

Draco frissonna en l'entendant. Un peu de soumission…

« Tu voudrais que je t'attache ou autre ? »

Harry rougit mais hocha la tête.

« L'idée des chaînes… ou d'être plaqué contre un mur ou jeté sur la table… ça m'excite. »

Draco se sentit frissonner en l'entendant parler sur ce ton. Comment était-il censé résister à une telle demande ? Il se redressa à genoux pour regarder Harry de haut, l'air dangereux.

« Ne m'en veux pas si je te prends au mot, à l'avenir.

-Fais comme tu veux, répondit Harry. Je n'attends que ça. »

Oh, merde… Il allait sûrement être en retard pour sa garde, mais il ne pouvait pas dire non à une déclaration pareille. Jamais !

oOo

Harry avait mal au corps. Mais c'était une douleur saine, agréable. Draco l'avait laissé une demi-heure plus tôt. Il était allé prendre une douche rapide puis avait quitté la maison presque en courant, après un rapide baiser. Harry l'avait regardé partir d'un air amusé, un sentiment de manque déjà bien ancré en lui. Des marques de chaînes s'étaient encore dessinées sur sa peau mais il ne s'en préoccupa pas. Ça avait été bon et c'était tout ce qui comptait !

Après un petit moment de paresse post-coïtale au lit, il se décida enfin à se lever pour aller se laver. Le savon acheté plus tôt était déjà dans la douche et il apprécia le manque de parfum : il avait moins l'impression de se trahir ainsi. Certes, il avait effacé l'odeur de Draco de son corps mais, au moins, il gardait la sienne bien présente.

Quand il descendit enfin au rez-de-chaussée, non sans une certaine hésitation, il fut surpris de trouver Ron et Hermione assis dans le salon, dans un silence grave. Il resta un moment immobile avant de finalement entrer dans la pièce.

« Désolé, dit-il. Pour tout à l'heure. Draco voulait… euh… marquer son territoire, je suppose ?

-Ne t'inquiète pas, lui dit Hermione. On l'avait compris. »

Il y eut un long silence pesant puis, lentement, Hermione se tourna vers lui.

« Harry… Ron et moi avons pris une décision… »

Le brun se tourna vers elle, interrogateur.

« Nous nous inquiétons tous les deux beaucoup pour nos familles et… et vous êtes en pleine danse alors… étant donné la situation actuelle…

-Vous partez, coupa Harry, comprenant très bien ce que son amie tentait de lui dire.

-Le temps de la danse, répondit Hermione. Vous avez besoin d'être seuls tous les deux et on a besoin de savoir comment vont nos familles… alors je pense que nous devrions nous absenter, un peu… Mais nous reviendrons, je te le promets ! »

Harry haussa les épaules en réponse. Il resta un instant silencieux avant de demander :

« Quand partez-vous ?

-Demain matin, répondit Hermione. Dès qu'on aura fait nos valises. »

Harry acquiesça.

« D'accord, dit-il. Faites attention à vous. Dites bonjour à tout le monde de notre part. Et… On se revoit dans un mois alors ? »

Hermione approuva mais le doute se lisait clairement dans son regard. Tournant vivement sur lui-même, il se dirigea vers la sortie.

« Où vas-tu ? demanda Hermione.

-Courir, répondit Harry, lui tournant le dos. J'ai… J'ai besoin d'entraînement. »

Il s'empressa d'aller jusqu'à la porte d'entrée et sortit, indifférent à la pluie extérieure. Rageusement, il s'élança dans les ténèbres et le froid.

A suivre…

A dans un mois ! Avec de bonnes nouvelles, je l'espère sincèrement (pour ma santé mentale… Sinon, je publierai depuis le milieu carcéral car j'aurai fini par buter ma patronne).

Tant que j'y pense, le prochain chapitre se nomme Entraînement, confrontations et invitation et nous aurons la chance… de revoir Remus. Sur ce, je cours me mettre à l'abri !