Titre : Alpha Potentiel

Résumé : Pour avoir lâchement désobéi à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM

Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)

Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !

Note de l'auteur : J'ai honte de moi, si vous saviez… D'abord, dimanche dernier avec MF et maintenant, aujourd'hui avec AP… Je commence les RAR et je n'ai pas le courage de les terminer, alors que je n'ai aucune excuse si ce n'est une flémingite (et un mal de gorge atroce, mais passons, ce n'est pas lui qui tape loll) terrible. Je me suis réveillée tard et depuis, je ne cesse de errer dans la maison à ne rien faire. Je n'ai même pas vu passer la journée, je ne sais pas ce que j'ai fais à part regarder la télévision… et lire des fics.

Mais bon, j'ai promis de poster et puisqu'apparemment, faire les RAR me paraît insurmontable aujourd'hui, je me dois de faire l'impasse dessus afin de vous fournir le nouveau chapitre…

Que j'aime beaucoup, d'ailleurs. C'est un des derniers chapitres calmes… Alors profitez-en !

Bref ! Je termine là. Merci à Akina pour sa review. Merci à TOUS pour vos reviews. Bonnes fêtes à tous. Vives les fics de Noël (et ce n'est pas un message clandestin, c'est juste pour tenter de demander aux auteurs qui s'égarent ici de poster d'éventuelles fics de Noël… J'ai envie d'en lire… Personne ? Pitiiéééé). Sinon, si l'un d'entre vous a une histoire HPDM terminée (c'est la condition ultime) et dépourvue d'histoire de créatures (vous pouvez m'en conseiller, mais en tout dernier lieu car j'ai envie de faire une pause vampire, loup-garou et compagnie…), une jolie histoire d'amour qui se passe hors Poudlard, dans Poudlard, hors monde magique (Je suis fan de UA pour l'instant alors surtout, n'hésitez pas), envoyez-moi les liens et je vous bénirai pour l'éternité…

Et une petite parenthèse pour remercier très cordialement Nikushin pour les merveilleux dessins d'Alpha qu'elle m'a fait. Lorsqu'elle aura terminé son compte deviantart et qu'ils seront dessus, je mettrais le lien dans mon profil afin que vous puissiez tous en profiter ^^

Sur ce, encore désolée pour ma fainéantise, je n'ai aucune excuse à part une possible angine rouge débutante…

A dans un mois, comme toujours, le 14 janvier 2012 (la fin du monde approche…Loll). Bisous à tous !

Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Trailerhead – lacrimosa dominae, pour les scènes de combats de fin. Pour le reste, c'est indéfinissable, il y a eu Adèle, Lady Gaga… de tout !

Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !

Nombre de chapitre : 28… Merdum. Faut que j'écrive d'urgence !

oOo

Chapitre 26 : Retrouvailles

Un mois pouvait passer vite. Harry l'apprit à ses dépends, après la visite de Remus. Il était un loup-garou d'à peine quatre jours et déjà, il se voyait entraîné comme un gentil soldat qu'on dirigeait à l'abattoir. Et le pire était sans doute l'acharnement de Draco dans ce domaine. Juste après le départ de Remus, Greyback et Chyreer, le blond n'avait pas perdu de temps : il avait interrogé Harry au sujet de cette obligation qu'on semblait lui octroyer, concernant la mort de Voldemort. Et en bon compagnon, Harry s'était résolu à lui révéler la vérité.

La réaction de Draco n'était pas celle à laquelle il s'attendait. Il l'avait imaginé compatissant, moqueur… mais certainement pas en colère ! Il eut droit à la rage la plus frappante qu'il lui ait été donné de voir. Le blond lui hurla littéralement dessus !

« Tu aurais dû m'en parler il y a des mois de ça ! Bon sang, mais où as-tu la tête ? Pourquoi m'as-tu caché quelque chose comme ça ?

-Je ne voulais pas te perturber ! tenta faiblement Harry. Tu l'étais déjà bien assez avec les horcruxes et notre nouveau lien, je…

-Foutaises ! coupa Draco, marchant de long en large devant lui. Un tel élément. Quelque chose d'aussi… Mais tu es stupide ou quoi ? »

Harry écarquilla les yeux mais ne répondit pas. Il ne comprenait pas pourquoi, soudainement, Draco se montrait si furieux envers lui.

« Tu aurais dû me le dire ! persista Draco. Hermione et Weasley avaient raison, tu dois t'entraîner, tu dois te préparer. Jusqu'à présent, je pensais que c'était évitable, mais avec ça… Il est au courant, bien sûr ? Voldie connaît cette prophétie, n'est-ce pas ?

-En partie, répondit Harry. Il en sait bien trop, en fait…

-Il te prend pour son ennemi désigné. Jusqu'à présent, je pensais que tu n'étais que sa honte. Un bébé qui tue le plus grand mage de tous les temps, c'est compréhensible qu'il essaye de te tuer, pour prouver sa puissance. Mais là, Harry, c'est différent. Tu es son tueur désigné, tu… Tu aurais dû me le dire ! Nous avons pris un retard abominable ! Il faut réparer ça ! »

Harry ne s'était pas attendu à cette colère brutale dirigée contre lui. Recroquevillé dans son fauteuil, il fixait Draco, les yeux écarquillés.

« Je pensais que tu étais au courant… Lors de la cinquième année, si ton père a été arrêté, c'est parce qu'il essayait de récupérer cette prophétie…

-Eh bien, non, je n'étais pas au courant ! Tu crois peut-être que mon père me racontait ce qu'il faisait avec lui ? Et là n'est pas la question, tu aurais dû m'en parler !

-Mais qu'est-ce que ça change ? s'énerva Harry. J'étais déjà son ennemi désigné avant, alors qu'est-ce que ça change qu'il y ait cette prophétie ?

-Ce que ça change ? Ça change qu'avant ça, j'avais l'espoir qu'il laisse tomber. Qu'au vu de ta disparition totale, il renoncerait à te tuer. Et que peut-être, quelqu'un se chargerait de ce travail à ta place. Voilà ce que ça change. Maintenant, je sais pourquoi tes foutus amis insistaient pour t'entraîner. Et je regrette de ne pas les avoir écoutés ! Nous avons perdu un temps précieux stupidement ! Tu ne sais même plus lancer un sort convenablement ! Bon sang, Harry, es-tu suicidaire ?

-Mais enfin, de quoi est-ce que tu parles exactement ? Non, je ne suis pas suicidaire, tu es fou ? Nous avons perdu un temps précieux ? Je n'en avais pas l'impression quand tu te délectais de mon attention envers toi ! Tu as même semblé plutôt soulagé que Ron et Hermione s'en aillent !

-J'ignorais alors qu'ils avaient raison ! Tu as fui tes responsabilités en te servant de moi comme excuse, c'est inacceptable !

-Comment oses-tu ? cria Harry en se levant, furieux. Je n'ai pas fui en me servant de toi, je me suis simplement consacré à toi, ce que tu voulais, je te rappelle !

-Ne viens pas me remettre ça sur le dos, Harry, tu avais tout à fait le temps de t'entraîner également ! Mais ne t'inquiète pas, je vais arranger ça ! Je peux t'assurer que tu vas devenir plus fort, que tu le veuille ou non ! »

Harry resta un instant interdit face à la rage et la soudaine incompréhension de Draco. Plus que quiconque, il avait pensé qu'il comprendrait son insatiabilité concernant leur couple mais au contraire, le blond semblait juger qu'il avait perdu son temps. Que ça avait été une erreur. Jusqu'à quel point Draco considérait-il le temps qu'ils avaient passé ensemble comme une bêtise ? Furieux et blessé, Harry tourna vivement les talons pour s'enfuir, clairement. Il ne voulait pas rester en sa présence sous peine de le blesser par les mots, voire par les actes. Mais il n'eut jamais l'occasion d'atteindre le couloir. Une poigne solide le saisit par le bras et le tira en arrière.

« Nous n'avons pas fini de parler ! grogna Draco. Je t'interdis de fuir cette conversation ! Tu vas m'écouter !

-Pour quoi faire ? s'énerva Harry. Pour que tu me dises d'autres horreurs ? Pour que tu me reproches d'avoir voulu construire quelque chose avec toi avant tout ? »

Il se débattit pour libérer son bras mais son geste sembla énerver encore plus Draco qui, sans ménagement, l'attrapa par les épaules pour le secouer de toutes ses forces.

« Idiot ! scanda-t-il. Tu n'es qu'un idiot, Potter ! Je m'en fous de notre couple et de son équilibre. Il n'a strictement aucune importance par rapport à ta vie ! Tu pouvais bien continuer de me détester tant que tu restes en vie, c'est clair ? Je t'autorise tout ce que tu veux ! Sois grossier et vulgaire, sois calme, brave-moi, désobéis-moi, fais ce que tu veux, sauf une chose : d'une manière ou d'une autre, je t'interdis de me quitter ! »

Harry serait resté figé sur place si Draco ne l'avait pas brutalement projeté contre un mur pour le coincer et le dévorer de ses lèvres. Il se débattit encore mais ses bras, solidement noués dans son dos, se virent plus enserrés encore, Draco se méprenant sur son geste.

« Je te l'interdis, répéta-t-il encore. Je t'interdis de mourir, de partir, de m'abandonner. La mort n'est pas une excuse ! Je te l'interdis, tu m'entends ? »

Il le fixait de ses yeux lupins remplis de fureur et Harry tremblait contre le mur derrière lui. Le pire était sans doute l'excitation qu'il ressentait face au comportement violent de Draco. Il sentait son bas-ventre le torturer alors qu'il était plaqué sans ménagement contre ce mur par son amant. La situation ne se prêtait pourtant pas à ce genre d'étreinte, Harry en avait pleinement conscience. Mais les frissons de désir qui lui parcouraient le dos, eux, n'avaient pas l'air d'être au courant ! Sa respiration s'accéléra alors que sans le vouloir, ses hanches se mettaient à bouger pour créer un frottement contre celles de Draco.

« Bordel, tu crois que c'est le moment, Potter ? »

Draco s'écarta de lui, furieux et écarquilla les yeux en croisant le regard excité de son amant.

« Qu'est-ce que… qu'est-ce que c'est que ce délire ?

-Je… Tu sais bien que ça m'excite, quand… quand tu as ce genre de comportement. »

Draco s'était écarté et l'avait relâché et Harry, incapable de se maintenir, glissa lentement sur le sol, le corps tremblant.

« Oui, quand on joue au jeu de la domination, mais ce n'est pas un jeu, Harry !

-Eh bien, manifestement, mon corps, lui, ne fait pas la différence ! » s'exclama le brun, frustré.

Draco resta un instant interdit avant de finalement se pencher sur lui. Il passa une main apaisante sur sa joue, le fixant avec encore un semblant de colère maîtrisée.

« Respire, dit-il. Ce n'est pas le moment…

-Va te faire foutre ! répliqua Harry en repoussant sa main. C'est de ta faute ! Tu n'arrêtes pas de m'envoyer cette espèce d'aura chaude qui m'étouffe et c'est elle qui m'excite à chaque fois. Tu n'as qu'à contrôler ça !

-Une aura chaude ? demanda Draco, interrogateur.

-Je n'ai pas de meilleure explication, riposta Harry. Ça arrive, parfois, surtout quand j'affirme t'appartenir. C'est comme une étreinte, comme si ton corps entier m'entourait, sauf que tu ne me touches même pas. Et ça me fait chaque fois le même effet ! »

Harry replia ses jambes pour dissimuler son érection et appuya son visage contre ses genoux. Ainsi recroquevillé, il tentait d'ignorer l'aura toujours dominatrice qui l'entourait.

« Je ne sais pas… je veux dire, je ne savais pas que je te faisais ça… Je le fais souvent ?

-Non, mais quand tu tentes d'imposer tes idées, ta domination, oui ! Comme maintenant, par exemple !

-Je n'ai pas l'impression de te faire quoi que ce soit, pourtant… »

Harry ne répondit pas. L'aura était en train de disparaître et il retrouvait peu à peu son sang froid.

« C'est pourtant le cas ! s'énerva-t-il.

-Tu n'as pas à m'en vouloir pour quelque chose que je ne contrôle pas, Potter !

-Je t'en veux pour ce que je veux ! rétorqua le brun en se relevant. Maintenant, écoute-moi bien, Malfoy ! Je peux mourir, c'est vrai. J'aurais dû m'entraîner, c'est vrai. Et si tu te souviens bien, Hermione, Ron et moi avions commencé à le faire, jusqu'à ma transformation en loup-garou. C'est après que nous avons cessé ça. Non, tais-toi ! »

Draco referma la bouche furieuse qu'il avait ouverte.

« Tu étais d'accord sur le fait que je devais d'abord apprivoiser mon corps et mes instincts avant toute chose, ne viens pas me mettre sur le dos l'unique responsabilité de mon manque d'entraînement magique. Les circonstances nous ont obligés à rester inactifs sur ce plan, et pas seulement la construction de notre couple. Je recherchais en premier plan les horcruxes, c'était le plus important. Et la destruction du dernier a été justement ma transformation que je dois maintenant apprivoiser, tu le sais mieux que moi ! Alors ne viens pas dire que je t'ai pris comme excuse pour fuir mes responsabilités, Malfoy, sinon, je risque bien de te montrer ce que c'est, lorsque je fuis mes responsabilités. Mais sache que ce ne seront pas celles vis-à-vis de la prophétie que je sacrifierai pour cette démonstration ! Ne commence pas à me reprocher des choses, pas toi !

« Je suis touché que tu ne veuilles pas que je meure et je pourrais me laisser attendrir par ça, mais pas cette fois ! Aussi déterminé que tu sois à me garder à tes côtés, tu n'as pas le droit de me reprocher de m'être consacré à nous ! Surtout quand tu as fait exactement la même chose ! Nous avons l'occasion de nous entraîner alors on va le faire et sérieusement. Et je ne le fais pas parce que tu m'ordonnes de rester en vie, mais bel et bien parce que j'ai l'intention de vivre. Et tu as intérêt à t'appliquer toi aussi car je te rappelle qu'une fois que Voldie sera au courant de notre lien, tu seras tout autant visé que moi. Maintenant, si tu as fini ta petite crise d'autorité, je vais me laver et ensuite, je viendrai manger puis j'irai dormir. Et n'espère rien de ma part ce soir ! »

Furieux, il avait quitté la pièce d'un pas rageur et était allé s'enfermer dans la salle de bain, non sans pester, encore et encore, sur un alpha définitivement maladroit. Le soir même, avec autant de plaisir qu'il aurait pu éprouver à s'arracher les dents, Draco lui présenta des excuses du bout des lèvres. Harry le regarda froidement, pelotonné dans un fauteuil avec un livre de sorts sur les genoux.

« Je suis allé trop loin, je le sais, lui dit Draco. Mais… je ne sais pas, je n'apprécie déjà pas que tu me caches des choses mais alors quelque chose d'aussi important…

-Pourtant, on s'en cache, des choses, répliqua Harry en fermant brutalement son livre. Tu m'en caches aussi !

-Quoi ? s'exclama Draco. Non, pas du…

-Que ressens-tu par rapport à l'abandon de tes parents ? » interrompit Harry.

Draco resta un instant interdit avant de détourner le regard.

« C'est bien ce qu'il me semblait ! poursuivit Harry, vainqueur. Tu me caches des choses, je t'en cache aussi. J'aurais dû te parler de la prophétie bien plus tôt, j'admets ça. Mais admets que les évènements ne nous y ont pas poussés. On t'a tout expliqué concernant les horcruxes mais nous avions décidé de ne rien te dire concernant la prophétie. Pas parce que nous n'avions pas confiance en toi mais parce que nous savions qu'en tant que compagnon instable – et tu l'étais, de ma faute, je sais – il valait mieux que tu ne saches pas. Nous savons tous les deux que tu l'aurais encore plus mal vécu avant que tu ne me transformes ! Quand l'occasion s'est présentée, quand tu es devenu plus stable, nous avons découvert que j'étais un horcruxe et ça a entraîné les évènements que tu connais. Ensuite… ensuite, tu sais tout ce qu'il s'est passé. S'il y a bien une personne auprès de qui je pensais ne pas avoir à me justifier, c'était bien toi. »

Et il rouvrit son livre, obstiné. Draco soupira et se rapprocha de lui, provoquant un repli plus fort chez Harry, manifestement décidé à l'ignorer. Sans en tenir compte, le blond s'assit à ses côtés, lui prit le livre des mains et, ignorant son air outré, le prit contre lui de force.

« Je t'aime, lui répondit-il. Et j'ai une peur bleue de te perdre, sans doute à cause du lien, mais surtout à cause de… de la perte de mes parents. Tu es ma famille à présent et… je n'aurais pas dû te reprocher quoi que ce soit, je le sais. Essaye juste de ne plus me cacher des choses pareilles. Plus jamais, s'il te plaît. Je ne l'accepterais pas. Je sais que nous nous cachons encore des choses. Nous ne nous connaissons pas si bien que ça, je crois. Mais s'il te plaît, lorsque quelque chose te menace, dis-le-moi. Juste ça. »

Harry s'était détendu petit à petit dans l'étreinte et avait fini par poser sa tête contre le torse de Draco où il entendait parfaitement les battements calmes de son cœur. Il ferma les yeux, inspira son odeur et resta ainsi, même longtemps après que Draco se soit tu.

« D'accord, dit-il. Je ne te cacherai plus rien. Mais j'attends la même chose de toi. Si tu es en danger un jour. »

Draco lui sourit et alla frotter son nez contre sa joue avec tendresse.

« Bon… maintenant que cela est résolu… si tu me parlais de cette histoire d'aura chaude qui t'excite… ça m'intéresse beaucoup ! »

Harry grogna d'agacement en réponse.

« Va te faire voir ! »

oOo

L'entraînement fut intense. Difficile au début car les baguettes de Harry et Draco protestaient en électrisant les doigts qui les tenaient. Plus le sort était puissant, plus la décharge était forte. Mais petit à petit, les baguettes semblèrent les reconnaître. Draco fut celui qui s'habitua le plus vite car il manipulait l'item magique depuis plus longtemps, en tant que lycanthrope. Harry eut bien plus de mal. La solution vint rapidement lorsque, lors d'un combat contre Remus et Chris, un loup-garou affecté par Greyback afin qu'ils aient tous un adversaire et que Remus ne soit pas surchargé, Harry et Draco échangèrent leur baguette.

Aucun des deux n'avait prévu de le faire. Ils étaient simplement occupés à se battre, à tenter des sorts nouveaux, lorsque Chris et Remus leur avaient envoyé un Expelliarmus à tous les deux. Dans un mouvement coordonné, les deux amants avaient lancé leur baguette dans la direction de l'autre. Le sort les avait traversés sans les atteindre – étant alors désarmés – et ils avaient récupéré la baguette de l'autre pour ensuite attaquer Remus et Chris. A leur grande surprise, ils ne ressentirent aucune gêne et leurs attaques devinrent plus mordantes, presque « sauvages », selon un Chris hilare.

Remus les avait encouragés à échanger leur baguette, leur expliquant que sur un terrain de combat, un tel mouvement pourrait s'avérer très utile pour contrer un sortilège de désarmement. Ils s'entraînèrent donc régulièrement à le reproduire.

L'entraînement révéla une certaine symbiose, entre Harry et Draco, que ce soit dans le combat physique ou magique. Harry avait encore droit à deux heures de sport avec Hystéria et une heure supplémentaire pour le combat au corps à corps qu'il effectua d'abord contre Draco, ensuite contre un autre adversaire. Les deux amants se révélèrent redoutables et Hystéria demanda rapidement l'aide de loups adultes pour les affronter : les enfants en ressortaient indubitablement blessés, au bout de deux semaines.

Très rapidement, ils firent des progrès ahurissants. Remus appréciait cela et son regard était chargé de satisfaction lorsqu'il repartait chez lui, le soir venu. Il évitait Greyback comme la peste mais le saluait du bout des lèvres lorsqu'il le croisait. L'alpha comprenait sa rancœur et ne se présentait pas souvent face à lui, sauf lorsque la situation l'exigeait.

Ce fut le cas, quatre jours avant la pleine lune, lorsqu'il se rendit sur le terrain d'entraînement pour convoquer Harry et Draco. Ces derniers faisaient justement une pause, assis au sol, leurs jambes emmêlées presque intimement sous l'œil à la fois amusé et scrutateur de Remus.

« Il faut que vous alliez chez Boris, leur dit-il en s'arrêtant près d'eux. Il doit vous confectionner des costumes, pour la grande réunion.

-Des costumes ? demanda Harry.

-Une telle réunion demande une certaine présentation, Potter. Avez-vous déjà oublié vos leçons de bonnes manières ? »

Harry leva les yeux au ciel. Leçon de bonnes manières, pour le compagnon d'un alpha convié à une réunion d'alphas, consistait à se tenir derrière son amant et à ne rien dire, même quand il en avait envie. Il devait juste rester contre Draco, derrière lui et se taire. Le blond avait eu un sourire presque moqueur en entendant cela et il avait regardé Harry d'un air presque calculateur.

« Rêve, je ne me comporterai pas de cette façon ici ! »

Draco avait répliqué par un « tu crois ? » dominateur. Depuis qu'Harry lui avait signalé l'existence de cette aura, Draco s'était amusé régulièrement à s'en servir. S'il ne percevait rien au début, il avait rapidement compris le procédé à utiliser. Il lui suffisait de penser dominer Harry et celui-ci se retrouvait à haleter, excité. C'était une arme dont il se servait très souvent, dans l'intimité, ce qui énervait prodigieusement son amant.

« Bref, vous devez y aller pour qu'il prenne précisément vos mesures et détermine quel type de vêtements il va vous faire. Ah, j'ai aussi pris des dispositions pour la veille de la pleine lune. Remus, tu voudras bien prendre Potter en charge dès le matin ? Draco, tu viendras avec moi. Ok ? »

Ils avaient hoché la tête et l'homme était parti sans attendre. La lune trois quarts était un moment qu'Harry attendait avec angoisse et envie. Il était curieux de voir quel comportement il aurait, mais aussi de ressentir le désir que Draco percevait chaque mois. Mais il était aussi effrayé par cette envie. Et s'il ne se contrôlait pas assez ? Les jours passèrent vite, entraînant une soudaine augmentation de ses sens mais surtout, de son désir. S'il s'était cru pervers par le passé, les jours précédents la lune trois quarts le détrompèrent et ce ne fut rien comparé au jour tant redouté.

Il s'était réveillé tremblant, le corps parcourut d'un milliard de frissons de désir. Il n'avait pu empêcher son corps de se frotter contre celui de Draco, emmêlé au sien dans leur lit. Et le blond y avait répondu, presque automatiquement. Il avait ouvert des yeux lupins sur lui et ils auraient probablement cédé à leur désir si Greyback n'était pas arrivé pour les arrêter, les séparant dès le lever, non sans quelques grognements de rage.

« C'est pour votre bien, les gosses, leur avait dit Greyback. Encore un jour et la danse sera finie. Maintenant, au déjeuner et à l'entraînement ! »

Ils mangèrent sous la surveillance de l'alpha, en se dévorant des yeux. Selon Greyback, ils devraient parvenir à se contrôler, les autres lunes trois quarts, une fois la danse terminée. Ils se désireraient toujours avec passion une fois la nuit venue mais le jour devrait être plus gérable. Le manque de contrôle passé, chez Draco, venait surtout de l'instabilité d'un lien à sens unique.

La journée parut interminable à Harry qui n'avait qu'une idée en tête : rejoindre Draco pour satisfaire son désir. Même si l'entraînement imposé par Remus s'avéra être une source de distraction très pratique, il vit chaque heure se prolonger indéfiniment jusqu'à ce que, apitoyé, Remus ne le libérât pour rejoindre sa maison, ce qu'il fit presque en courant. Il venait à peine de rentrer lorsqu'un coup à la porte le stoppa dans sa course. Frustré mais conscient qu'il ne servait à rien de s'énerver – Draco n'était pas encore rentré – il se tourna vers la porte qu'il ouvrit violemment. Il tomba pile sur Stein, le médecin du village, qui le regardait d'un air moqueur.

« Bonjour, dit-il de sa voix angoissante. Tu es un petit nouveau dans le domaine alors je préfère te l'apporter tout de suite. Tu risques d'en avoir besoin. Pense à venir chez moi, les autres mois. »

Et il lui tendit un petit pot, si minuscule qu'Harry se demanda ce qu'il pouvait bien contenir.

« Bonne nuit, lui dit Stein. Oh ! Mets-en bien en profondeur, surtout ! »

Et il partit, les mains dans les poches, l'air moqueur. Harry comprit aussitôt de quoi il s'agissait et il referma brusquement la porte qui, jusque-là, pouvait dévoiler son érection avec bien trop de facilité. Il resta planté là pendant quelques minutes, le pot en main, à le fixer d'un air stupide. Puis, pressé par le temps, il grimpa à l'étage presque en courant.

S'il avait cru ressentir du désir pour Draco pendant la journée, à l'approche du lever de la lune, il s'aperçut que la sensation devenait de pire en pire. Il s'était douché et déshabillé pour s'installer confortablement dans leur lit duquel il avait jeté tous les draps, ne laissant qu'une simple protection de tissu sur le matelas. Même les oreillers s'étaient vus balancés au sol. Ensuite, suite à plusieurs recommandations de Draco, la veille, il s'assura par plusieurs sorts que leur couche resterait indestructible. Puis, il s'était étendu et avait attrapé le petit pot apporté par Stein.

Un soulagement sans nom l'avait envahi lorsque, après l'avoir ouvert, il avait découvert qu'il n'y avait pas la moindre odeur. Il ne détestait pas certaines fragrances, en règle générale, mais pour cette nuit-là, il ne voulait que celle de son amant sur son corps. C'était impératif et il ne chercha pas à contrarier le loup.

La préparation de son intimité acheva de lui faire perdre la tête. Le lubrifiant de Stein – car c'en était – lui donna l'horrible impression d'être en feu et il était presque en train de sangloter de désir, les doigts allant et venant en lui, lorsque Draco était enfin rentré. Nul besoin de dire combien la scène à laquelle il eut droit, en entrant dans la chambre, le rendit fou : il éjecta ses vêtements avec tant de brutalité qu'Harry s'étonna, le lendemain, qu'ils ne soient pas déchirés.

Cette nuit-là fut sans doute la plus sauvage de leur existence. Harry eut du mal, le lendemain, à se rappeler de tout. Il eut conscience d'avoir pris un grand plaisir, d'avoir été violent, mais le reste se fondait sur un seul souvenir : Draco. Ce dernier lui avoua avoir été centré uniquement sur son amant, sans s'être préoccupé de leurs actes.

L'état de la chambre, par contre, était significatif : malgré les sorts, le lit avait été détruit. Le matelas reposait obliquement sur le sol et les montants avaient été brisés. Ça, plus le sang sur les draps, leur peau et les murs, ils comprirent qu'ils avaient été tout sauf doux pendant la nuit. Etrangement et au grand soulagement de Draco, ils n'avaient pratiquement aucune blessure. Quelques marques de morsure et de griffes, beaucoup de courbatures, mais ils se portaient bien. Un bain, un verre de lait et quelques coups de langue rétablirent les choses, les mettant parfaitement sur pied pour la pleine lune.

La journée passa vite, au grand déplaisir d'Harry qui angoissait également pour cette première transformation. Draco l'avait rassuré une bonne partie de la journée qu'ils avaient libre, pour la première fois depuis trois semaines. Il avait pris le temps de lui raconter sa première transformation consciente, lui assurant que cela lui avait fait moins mal et qu'il en gardait un excellent souvenir.

« Quand tu sentiras ton corps changer, surtout, ne lutte pas contre ça. Tu auras mal et tu vas vouloir empêcher les métamorphoses, mais au contraire, accompagne-les, pousse-les à accélérer ! Non seulement la transformation sera plus rapide, mais en plus, tu auras moins mal. Penses-y, d'accord ? »

Harry avait hoché la tête, appréhensif. Pourtant, le soir même, tout se passa incroyablement bien. Draco avait pensé à se transformer en avance afin de l'aider. Harry avait été sceptique mais dès le déclenchement de la métamorphose, il avait senti une grande paix, inspirée par son amant et son aura dominatrice, l'envahir. Il avait alors perdu toute conscience humaine et, bien qu'il ait eu conscience d'avoir chassé, joué, couru avec la meute et en particulier avec Draco, il ne garda que de vagues visions de la nuit.

Quand il se réveilla le lendemain, il était couché en boule, Draco étendu tout autour de lui et profondément endormi. Il s'était redressé péniblement, étirant ses muscles endoloris. Mais à l'exception de ces quelques courbatures, il se sentait parfaitement bien. Son âme jusqu'alors en ébullition s'était apaisée et ce fut sans crainte qu'il se leva, s'habilla et quitta la chambre. La veille, il aurait été incapable de laisser Draco sans se sentir coupable. Ce n'était plus le cas, la danse était finie, il retrouvait un peu d'autonomie. Il descendit au rez-de-chaussée, ouvrit le frigo improvisé et saisit les deux petites bouteilles de lait froid qui s'y trouvaient. Il en décapsula une et remonta à l'étage tout en la savourant aussi lentement que possible.

Quand il rejoignit la chambre, Draco s'était assis et s'étirait. Il stoppa son mouvement et lui fit un sourire.

« Est-ce que toi aussi, tu as l'impression qu'on t'a enlevé un boulet ?

-Charmante comparaison, lui dit Harry en lui tendant sa bouteille de lait. Mais si, j'ai cette impression. »

Ils se sourirent, amusés et restèrent là, assis, à contempler la chambre qu'ils avaient réparée la veille tout en buvant leur lait. Harry finit par appuyer sa tête sur l'épaule de Draco qui enroula un bras tendre autour de sa taille.

« J'ai toujours envie d'être avec toi, ce n'est juste plus existentiel. Je sais que je pourrais encore respirer, même si tu n'es pas à mes côtés. Mais j'aime toujours te toucher et j'ai toujours le même désir. »

Draco sourit en l'entendant. Il resta silencieux jusqu'à finir sa boisson puis posa la bouteille au sol, regardant enfin Harry dont il caressa les cheveux emmêlés.

« Ils sont plus courts, non ? dit-il, surpris.

-Je trouve aussi, confirma Harry en souriant. Nous sommes presque en mars. Je crois que je suis un loup-garou saisonnier. »

Draco fit la moue mais haussa les épaules : quelle que soit la longueur de ses cheveux, il l'aimait de toute façon.

« Tu crois que Ron et Hermione vont revenir ? murmura Harry. Comme ils l'ont promis ? »

Draco ne répondit pas. Il ne savait pas et n'était pas sûr de vouloir les revoir. Il n'était plus aussi possessif envers Harry : il savait qu'il supporterait de le voir toucher Hermione (tant qu'il pouvait lui remettre son odeur ensuite), qu'il saurait se retenir de tuer Ron, mais il ne savait pas s'il serait capable de supporter une autre blessure psychique imposée par les deux humains.

« Remus a dû leur dire que nous nous entraînions. Ça a dû les rassurer quant à ton implication dans la guerre.

-Mhmm… seul le temps nous le dira, répondit Harry. Viens on a besoin d'une douche et d'un bon repas ! »

Draco le suivit sans rechigner. Bien que libérés de l'obligation d'être ensemble, ils n'avaient aucune envie de changer leurs habitudes. Ils prirent donc leur douche et leur déjeuner ensemble dans un silence relaxant. Ils savaient que Greyback allait arriver d'une minute à l'autre, pour les tenir occupés jusqu'à la tombée de la nuit, afin qu'ils soient en forme le lendemain. Mais aucun ne s'en préoccupa.

« Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de cette nuit, dit soudainement Harry, alors qu'il faisait la vaisselle avec tranquillité, Draco assis à table et occupé à le regarder. Quelques images floues de chasse, de jeux et de courses… est-ce normal ?

-Tu n'es pas un alpha, lui répondit Draco. Tu n'as donc pas prise sur ton corps. Mais ça devrait venir avec le temps. Tu es encore un tout jeune loup. Tu n'es pas encore assez en phase avec ton loup pour ça… bien que tu m'aies beaucoup impressionné pour ta première transformation. Ça a été très rapide !

-C'est grâce à toi, avoua Harry, un sourire reconnaissant aux lèvres. Ta présence m'a énormément aidé. »

Draco répondit par un simple sourire et se leva. Il alla se poster derrière Harry et l'enlaça pour enfouir son nez dans ses cheveux lâchés. Plus courts, ils arrivaient dorénavant au-dessus des épaules de Harry. Ils allaient sans doute retrouver leur longueur normale au fur et à mesure qu'ils se rapprocheraient de l'été.

« A moins qu'ils ne deviennent encore plus courts…

-Quoi ? demanda Harry en tentant de le regarder.

-Rien, répondit Draco. Je pensais à tes cheveux et à la taille qu'ils auront pour l'été. »

Harry rit à ses mots et continua ensuite sa vaisselle, non sans frotter le haut de son crâne contre le menton de son amant, un sourire aux lèvres. Ils avaient désormais l'habitude de ces petites scènes tranquilles et les savouraient à leur juste valeur. Le bruit de la porte d'entrée ne tarda pas à se faire entendre, mais ils ne s'écartèrent pas l'un de l'autre pour autant.

« Bonjour les tourtereaux, dit Greyback en entrant. Alors cette première nuit, Potter ?

-Excellente, je crois, répondit Harry sans arrêter son activité. Et la vôtre ?

-Parfaite, répliqua l'alpha en souriant. Bon, comme vous le savez, nous avons une réunion importante dans six jours. Nous devrons prendre un portoloin qui nous emmènera là-bas. Je ne pense pas me tromper en pensant que nous aurons réunion dans un hôtel moldu. Pas la peine de vous signaler que si vous n'y êtes pas sages, vous êtes priés de mettre un sort de silence sur votre chambre ! Ah, vos costumes sont prêts, au fait. Boris m'a demandé de vous le dire ! Pour aujourd'hui, je n'ai rien à vous faire faire. L'entraînement reprend demain et je préfère que vous restiez en forme… En plus de ça, Remus m'a clairement fait comprendre que si vous n'étiez pas parés, j'entendrai parler de lui et je n'en ai vraiment pas envie ! Mais interdiction de dormir avant l'heure, compris ?

-Compris, répondit Draco en frottant sa joue contre le haut de la tête de Harry. On ira chez Boris dès qu'on aura fini le ménage.

-En gros, dès que j'aurai fini », rectifia Harry, moqueur.

Draco lui mordilla l'oreille en punition et le brun éclata de rire.

« Bon, je m'en vais avant de vomir, dit Greyback, une moue sur les lèvres. A plus tard les mioches ! »

Il s'avança dans la cuisine mais, avant d'atteindre le couloir, il s'arrêta, se retourna et dit :

« Ah Draco, tant que j'y pense… Informe ton cher et tendre de ce qu'il en est, concernant la grande réunion, tu veux ? »

Il repartit aussi brutalement qu'il était venu, les laissant seuls.

« La grande réunion ? demanda Harry en se tournant vers Draco, l'air interrogateur.

-Plus tard, lui répondit Draco, allant déposer un baiser sur sa tempe. Nous avons toute la journée, pour en parler. »

Comme prévu, Harry nettoya, rangea la vaisselle puis s'occupa de la maison sous l'œil attentif de Draco. Ce dernier avait obstinément refusé de toucher au moindre balais et torchon ! Son aristocratie était effacée depuis sa morsure, mais pas au point de s'abaisser à nettoyer ! Pour se faire pardonner, il cuisinait pratiquement chaque jour pour son amant, s'améliorant dans cet art pour lequel il se découvrait un nouveau talent. En outre, il veillait scrupuleusement à l'alimentation de son compagnon par la même occasion, lui assurant ainsi un équilibre alimentaire presque despotique !

Le reste de la matinée se termina par du ménage. Ils mangèrent tranquillement d'un repas composé de fromage fondu, de pain, d'un peu de charcuterie et de yaourt. Draco voulait qu'ils consomment le plus de produits laitiers afin de se remettre le plus rapidement possible. Ensuite, ils s'installèrent sur le canapé, non sans enchanter une cuillère qui devrait les réveiller s'ils avaient le malheur de s'endormir.

« Faudra qu'on aille voir Boris, aussi, marmonna Draco, les yeux mi-clos, affalé sur le divan.

-Oui », répondit simplement Harry, somnolant sous les caresses lentes de Draco dans ses cheveux qu'il lâchait de plus en plus.

Un coup de cuillère efficace le sortit de son état de sommeil.

« Parle-moi de la réunion ! s'exclama Harry en se redressant brutalement, l'air un peu hagard. Allez, secoue-toi ! »

Draco marmonna mais se redressa. Il plia une jambe sur laquelle il s'assit à moitié sur le canapé, de façon à faire face à Harry, un bras sur le haut de l'assise du canapé.

« Bon, alors la réunion, dit-il, passant une main vague sur son visage épuisé. Elle a lieu dans un endroit inconnu. Le loup alpha qui reçoit dans son pays est désigné au hasard par un sort, lancé par le dernier accueillant qui en informe son successeur. Donc, quand on prendra le portoloin, on sera emmené quelque part mais on ignore où. »

Harry grimaça à ses mots.

« Quoi ? demanda Draco, étonné de sa réaction.

-Je n'aime pas ça, lui répondit son amant. Les portoloins surprises… ce n'est pas vraiment quelque chose que j'affectionne. La dernière fois que j'en ai pris un, je me suis retrouvé dans un cimetière attaché à une tombe et face à Voldie ! »

Draco grimaça à son tour.

« En effet, dit-il, soudainement soucieux. Mais je ne pense pas qu'on nous ait mijoté un piège quelconque. Surtout considérant le fait qu'il ignore que tu es ici et que tu es mon compagnon. C'est la raison pour laquelle Greyback lui a déjà sorti un pieux mensonge, afin de justifier ta position à mes côtés lors de cette réunion.

-Il y sera ? s'inquiéta Harry.

-Non, bien sûr que non, répondit Draco, apaisant. Mais les loups solitaires, oui. Et certains d'entre eux lui sont fidèles. Greyback n'est pas le seul de ses toutous domestiques. Bref, Greyback lui a dit qu'il avait sélectionné un de ses loups pour se faire passer pour mon compagnon, afin d'éviter que quiconque me mette le grappin dessus. Tu es censé « jouer » ton rôle. Et afin d'être sûr que tu ne seras pas reconnu, nous allons nous servir de tes cheveux longs pour cacher ta cicatrice. Nous allons prendre une de ses mèches… (il prit une longue mèche sur le côté droit du visage de Harry et l'étira jusqu'au côté gauche de son front) et la cacher… Bien sûr, ce sera travaillé, fabriqué pour en faire une coiffure élégante. Tu passeras pour un loup-garou un peu trop soucieux de sa coiffure, mais bon…

Il remit la mèche en place puis reprit son souffle pour annoncer le pire selon lui.

« Comme tu le sais, tu seras enchaîné à moi lorsque nous serons ensemble et si nous venons à être séparés, nous devrons chacun de nous devra garder un morceau de notre chaîne autour de notre bras. D'accord ?

-Oui, je sais, tu me l'as déjà dit, lui rappela Harry. C'est tout ?

-Non, lui répondit Draco. Cette réunion va durer trois jours.

-Trois jours ? s'exclama Harry. Mais je croyais que ce n'était qu'une nuit !

-Non, ça dure trois jours. Le premier jour est pour l'arrivée, pour le faste. Chacun se présente en grande pompe, il y a un grand dîner et la soirée est une sorte de banquet libre. Nous devrions arriver pour dix-sept heures. Le deuxième jour est la réunion. Nous allons discuter longtemps des fonctionnements de villages, des alliances éventuelles avec le monde sorcier, qu'il soit gouvernemental ou… enfin, tu me comprends.

-Une alliance avec lui.

-Oui, dit Draco. Il en sera question et Greyback, en bon chien, sera obligé d'inciter les autres à le rejoindre. Il ne le fera pas de gaieté de cœur, mais il y est forcé, c'est son rôle. S'il se trahit, il y aura toujours des loups solitaires pour le dénoncer et la meute sera attaquée. Bref, tu as suffisamment changé pour passer pour quelqu'un d'autre, seule ta cicatrice peut te trahir, c'est pourquoi nous allons la dissimuler. Ainsi, personne ne pourra dire que Harry Potter se trouvait enchaîné à Draco Malfoy… d'accord ?

-D'accord. Ensuite, après cette réunion ?

-Un autre repas, suivi d'un bal…

-Un bal ? demanda Harry, horrifié. Oh, non, pas un bal !

-Si, lui confirma un Draco, un sourire aux lèvres. Et pire, tout le monde doit danser ! Enfin, les compagnons le doivent, en tout cas. Nous nous devons d'honorer l'hôte par des danses.

-Mais je ne sais pas danser ! s'exclama le brun.

-Si, tu sais, lui répondit son amant.

-Mais non, je ne sais pas ! Tu ne m'as pas vu au bal, Draco, moi si ! J'ai massacré les pieds de Parvati Patil ! »

Le blond leva les yeux au ciel et il se leva prestement du canapé. Il saisit la table basse d'une main, la souleva et la posa sur un des fauteuils, dans un équilibre précaire. Après quoi, il le poussa jusqu'au mur le plus proche. Il revient vers Harry, l'attrapa par la main et l'obligea à se relever pour ensuite éloigner le canapé du chemin, laissant le centre du salon totalement libre. Harry le regardait faire, une moue sur les lèvres.

« Ne compte pas me faire danser, je vais t'écraser les pieds.

-Non, tu ne le feras pas, dit Draco en levant sa baguette, une musique se faisant presque aussitôt entendre.

-Draco, non, je ne veux pas ! » tenta Harry.

Mais il se vit attrapé par la taille par un bras solide alors qu'une main se saisissait de la sienne.

« Pose ton autre main sur mon épaule. C'est une valse informelle, mais on va commencer par ça. Voilà, colle ton corps au mien. Parfait. Maintenant, ne réfléchis pas. Regarde-moi dans les yeux uniquement et suis mon corps, d'accord ? »

Avec crainte, Harry suivit les mouvements imposés par Draco, suffisamment lents pour lui permettre d'éviter tout incident.

« Tu as dansé avec Parvati Patil à quatorze, Harry, lui dit son amant. Tu étais jeune, intimidé par les personnes t'entourant et par la fille que tu devais guider. Et le guide est ce qu'il y a de plus important, dans une danse. La preuve ! »

Il accéléra le mouvement de son corps, tournant au milieu de la pièce sans que Harry ne lui marche sur les pieds.

« De fait, tu n'es pas gêné de danser avec moi, pas physiquement gêné, contrairement à ta démonstration avec Parvati. C'était une fille, tu étais un garçon en pleine découverte hormonale et même si tu n'étais pas attiré par elle, il n'en reste pas moins qu'un contact physique te troublait. Si tu es encore troublé par mon corps, c'est uniquement à cause d'un désir quelconque, mais me toucher ne te fait pas peur. C'est pourquoi, il t'est plus facile d'être proche de moi sans en être influencé. Comme maintenant. Tu vois ? Tu sais danser… »

Harry sourit en réponse. Draco n'avait pas tort : protégé ainsi de tout regard, son corps frôlant celui de son amant, danser semblait étonnement facile…

« Mais avec d'autres regards, commença-t-il, inquiet.

-Ne te soucie pas du regard des autres, lui dit Draco. Il n'y en a qu'un qui doit t'intéresser et c'est celui de ton partenaire de danse. Ne quitte jamais mes yeux. Laisse-toi aller, fais-moi confiance et même en compliquant les choses, tout ira bien. »

Il le lâcha un instant, garda juste sa main dans la sienne, le fit tourner et le ramena contre lui, leurs regards se quittant pour ensuite se rejoindre, comme magnétisés.

« Et pour d'autres danses ? demanda Harry. Il n'y aura que la valse ?

-Sûrement pas, lui dit Draco, amusé. Mais nous avons toute l'après-midi pour apprendre, ça nous tiendra éveillés. »

Il s'arrêta, sortit sa baguette et transforma la musique classique en quelque chose de plus langoureux.

« Un slow ? demanda Harry, amusé.

-Si je t'avais séduit de façon classique, nous en aurions dansé un à notre premier rendez-vous, lui confia Draco. C'est quelque chose que j'ai toujours eu envie de faire, avec toi. »

Il enlaça sa taille et presque automatiquement, Harry passa ses bras autour de sa nuque.

« Regarde mes yeux, Harry, lui rappela Draco, le brun relevant la tête vers lui.

-Et si je veux appuyer mon visage contre mon épaule ?

-Pas tout de suite, dit doucement Draco, le fixant. Ne me quitte pas du regard. »

Leurs corps collés l'un à l'autre, ils dansaient en se fixant, ne se lâchant pas. C'était si facile que Harry s'en étonna mais il s'en sentit aussi bizarrement ému. Ils ne se quittaient pas des yeux et c'était comme si soudainement, ils s'unissaient sans pourtant avoir de contact physique plus approfondi. Il aurait pu se sentir ridicule dans d'autres circonstances, mais ça n'était pas le cas, alors qu'il dansait doucement, au rythme de la musique lente qui, malheureusement, se finit trop vite à son goût. Ils restèrent alors immobiles, dans la même position.

« Et… sur quelque chose de plus… de plus rythmé ? s'enquit Harry, tentant de se remettre de cette étrange communion paisible.

-Plus rythmé ? demanda Draco. Mhmm, peut-être… voyons voir. »

Le son qui se fit entendre était nettement plus sensuel, presque évocateur et Harry en aurait rougi, autrefois. Ce fut pire encore, lorsque le chanteur se mit à parler d'une voix rauque, presque sexy, d'un acte que Harry et Draco commettaient bien souvent. Draco eut un sourire moqueur en le regardant.

« Avant ta transformation, je ne t'aurais pas initié à cette danse, mais maintenant… Je sais que tu sauras faire bon usage de ton corps. »

Il l'attira à lui avec lenteur, collant leurs hanches, sa main passant sensuellement sur ses fesses sur laquelle il effectua une légère pression.

« Pour ce genre de danse, il n'y a pas de règle, expliqua-t-il d'une voix rauque, sa bouche près de son oreille. Il suffit de suivre le rythme de la musique et de ton partenaire. Mais rien ne t'empêche d'innover également. »

Il se mit à bouger lentement contre Harry. Ça ressemblait plus à un frottement du corps qu'à une danse, jusqu'à ce que Harry se mette en mouvement à son tour. Le brun s'écarta légèrement de Draco pour le regarder dans les yeux, une lueur de provocation dans le regard qui fit sourire son amant.

« Oui, exactement comme ça, lui dit Draco en suivant les mouvements. Je savais que ce genre de musique te conviendrait… »

Harry trembla au son de sa voix. Il savait ce que Draco était en train de faire et le laissait agir. Après tout, ce n'était que de la danse. Qu'importe que leurs corps s'échauffent à chaque mouvement, que leur cœur accélère brutalement, ce n'était que de la danse qui devenait anarchique, provocatrice, presque sexuelle. Leurs mains feintaient de caresser alors que leur seul but était d'exciter, leurs hanches bougeaient en rythme, tant sur la musique que sur le mouvement de l'autre.

« Ce n'est pas de la danse, lui souffla Harry.

-Si, ça en est, répondit Draco, la voix séductrice. Une danse dangereuse, mais c'en est une, je t'assure. »

Harry esquissa un sourire. Une part de lui hurla au sacrilège lorsque la musique s'arrêta, une autre en fut soulagée. Pas qu'il n'ait pas envie de Draco, loin de là. Mais si Ron et Hermione revenaient… il n'était pas sûr de vouloir être découvert, nu sur le tapis du salon, avec Draco sur son corps.

« Et… pour ce qui est des autres danses ? demanda Harry, la respiration haletante. Celles qui peuvent être faites en public sans qu'on soit qualifié de pervers ? »

Draco sourit en l'entendant. Il comprenait pourquoi Harry se forçait à garder sa maîtrise de soi, tout en la désapprouvant. Ces foutus humains avaient plutôt intérêt à frapper avant d'entrer !

« Si c'est ce que tu souhaites, dit-il pourtant, complaisant. Il est fort probable que nous ayons droit à une valse plus formelle que celle que je t'ai enseignée. Ce sera quelque chose qui nous tiendra plus à distance, mais avec la même position, comme ceci. »

Il reprit Harry par la taille, bien qu'avec plus de distance et Harry prit la pose enseignée. La danse lui sembla moins agréable, moins facile, surtout après avoir été si collé à son amant mais il savoura le temps de la musique, gardant les yeux fixés dans ceux de son amant. Au bout d'un moment, alors qu'ils tournoyaient toujours, ils perçurent deux odeurs qui les tendirent.

« Il semblerait qu'ils soient revenus, murmura Draco en continuant pourtant ses pas. Tu en es heureux ?

-Et terrifié, lui dit Harry. Et si ça n'allait plus, entre nous ? Je veux dire, entre eux et moi ? Et si malgré la fin de la danse, nous ne parvenions pas à nous entendre à nouveau ?

-Je serai toujours là, lui affirma Draco, indifférent aux coups sur la porte. Ne t'inquiète pas. »

Ils n'avaient pas répondu et continuaient de danser tranquillement alors que la porte d'entrée était ouverte timidement par une Hermione dont l'angoisse était nettement perceptible. Elle les remarqua tout de suite et écarquilla les yeux en les voyant valser sereinement au milieu du salon, indifférents à leur présence. Ron, lorsqu'il entra, sembla tout aussi stupéfié qu'elle.

« Euh… Bonjour ? » demanda presque la jeune fille.

Ils s'arrêtèrent enfin et se séparèrent, mais Draco garda une des mains de Harry dans les siennes. Ils se tournèrent d'un même mouvement vers les deux humains qui venaient d'entrer et Harry se força à sourire.

« Bonjour, leur dit-il, l'air aussi accueillant qu'il le pouvait. Vous êtes revenus… »

C'était la seule chose qu'il avait pu dire. Une angoisse sans nom vint lui nouer le ventre. Et si Ron lui en voulait toujours ? Et s'il décidait de partir ? Il n'avait aucune envie de devoir faire face à cette perte-là. Il y eut un moment de flottement où personne ne bougea le moindre muscle. Puis, Hermione s'avança dans le salon. Elle hésita, lança un regard interrogateur à Draco qui, en réponse, lâcha la main de Harry et s'éloigna d'un pas. La jeune femme sourit, s'approcha de son ami et l'enlaça avec tendresse.

« Tu m'as tellement manqué, Harry », lui dit-elle avec une joie sincère.

Le brun frissonna légèrement à ce contact étranger. La danse l'avait obligé à rester éloigné des autres, à l'exception de Draco. Maintenant qu'elle était finie, avoir Hermione contre lui ne le dérangeait plus. Elle n'était qu'une amie, après tout. Il jeta pourtant un petit coup d'œil oblique à Draco qui se contenta de hausser les épaules discrètement. Rassuré, Harry se laissa aller à étreindre celle qu'il considérait presque comme une sœur.

« Tu m'as manqué aussi, Hermione », déclara-t-il joyeusement.

Il n'osait pas regarder vers Ron et sa meilleure astuce pour éviter de croiser son regard fut de se concentrer intégralement sur sa meilleure amie.

« Il faut que tu me racontes tout ce que vous avez fait, depuis votre départ, dit-il en s'écartant d'elle. Draco, remets les fauteuils, s'il te plaît. »

Le blond marmonna quelque chose au sujet des ordres donnés par des loups soumis mais il obéit avec application, non sans se tenir sur ses gardes : tant que Ron n'aurait pas parlé, il se méfierait de lui autant que d'un quelconque mangemort !

« Je te raconterai tout, promit Hermione. Et toi aussi ! Remus nous a dit que vous vous entraîniez sérieusement, depuis son arrivée…

-Eh bien, il a su ordonner à Greyback de nous laisser un peu de liberté, même si nous continuons notre entraînement physique et à nous occuper du village, le matin. Mais oui, nous avons fait de grands progrès en magie. Ma baguette ne m'envoie presque plus de décharge électrique et Draco manipule la sienne aussi bien qu'avant !

-Mais c'est toujours plus simple quand on échange, marmonna le blond qui repoussait le canapé à sa place initiale.

-Quand vous échangez ? demanda Hermione en s'asseyant tranquillement dans un des fauteuils libres.

-Nous avons découvert que nous parvenons mieux à utiliser nos pouvoirs lorsque nous échangeons nos baguettes, récapitula Harry, s'installant sur le canapé. Mais Remus nous a conseillé de quand même nous entraîner avec celle qui nous appartient. Ce sera un bon moyen de surprendre nos adversaires, en échangeant.

-Oui, il a raison. Même si je ne vois pas très bien…

-On te montrera, lui dit Harry, souriant. Remus n'a pas beaucoup parlé de vous, pendant l'entraînement… Alors… euh… »

Le silence accueillit ses mots. Il s'attendait à ce qu'Hermione se lance dans un récit précis de leurs activités. A la place, elle s'était tournée résolument vers Ron qui, un peu gauche, s'avança jusqu'à elle pour ensuite faire face à Harry.

« Je… euh… je suis désolé, dit-il, sans oser les regarder tous les deux. Hermione…m'a un peu expliqué, Remus aussi. Je sais que j'ai été égoïste en te demandant de partir et en me conduisant comme je l'ai fait. Enfin… en partie, on va dire. Disons que je suis allé trop loin. Je suis désolé. »

Harry resta silencieux un instant. Il entendit Draco renifler avec mépris et lui lança un regard agacé.

« C'est moi qui suis désolé, Ron. Comme je te l'ai dit avant votre départ, j'ai conscience d'avoir été… négligeant. Envers vous, envers la guerre. Mais ça n'arrivera plus. Nous avons la réunion avec les loups-garous dans quelques jours, raison pour laquelle nous n'avons pas encore pris part activement aux évènements mais… c'est pour bientôt. Très bientôt. »

Ses mots firent sursauter ses deux meilleurs amis qui ne purent s'empêcher de jeter un coup d'œil anxieux vers Draco. Ce dernier, l'air sombre, était aller s'installer près de Harry, sans dire un mot. Il semblait désapprouver les paroles de son amant mais il ne prononça pas le moindre mot. De toute façon, il savait à présent combien c'était inévitable.

« Et donc, dit Draco, sortant tout le monde du silence pesant où ils s'étaient plongés. Qu'avez-vous fait, pendant votre absence ? Vous êtes-vous entraînés ?

-Oui, répondit Hermione avec fierté. Avec tout l'Ordre ! Kingsley nous a pris sous son aile pendant tout le mois.

-Kingsley ? demanda Draco.

-Un membre de l'Ordre et un Auror, répondit Harry avec un sourire. Comment se porte l'Ordre ?

-Tout le monde va plus ou moins bien, commença Hermione. Bien sûr, il y a l'angoisse provoquée par la guerre. On est tous un peu sur nos gardes, à cause des mangemorts qui rôdent à l'extérieur. Heureusement, les murs de protection entourant le Terrier sont solides et consolidés chaque jour, mais on ne s'expose pas trop à l'extérieur pour autant. On s'entraîne sous la remise de Monsieur Weasley. L'Ordre y a creusé une sorte de salle souterraine par magie. On y accède facilement depuis la maison et puis, ça peut servir d'abri, au cas où… Ah, figure-toi qu'il y a une semaine, nous avons participé à une mission !

-Une mission ? s'étonna Harry.

-Oui, Xenophilius Lovegood et sa fille ont été attaqués par des mangemorts. Luna a pensé à nous appeler en renfort sinon, Merlin sait ce qu'il se serait passé… Elle va bien, ne t'inquiète pas. Quelques blessures sans importance. Maintenant, elle est chez Bill et Fleur avec son père. Ils recueillent certains rescapés dans leur maison…

-C'est bien, dit Harry, bien qu'étrangement tendu. Et sinon, à part ça ? Comment tout le monde se porte ?

-Bien, poursuivit la jeune fille. Tonks va bientôt accoucher. Remus est très angoissé par ça. Je crois que ça lui fait du bien de venir s'entraîner avec vous. Quant il est au Terrier, il regarde le ventre de Tonks comme si Alien allait en sortir !

-Alien ? demanda Ron.

-Un film moldu, lui répondit Hermione en lui prenant la main. Tu te souviens, nous sommes allés voir un film, un jour…

-Ah oui. C'est génial, Harry ! Est-ce que tu en as déjà vu un ?

-Une fois, oui, lui répondit le brun, souriant en regardant leurs mains unies. Enfin, c'était un dessin animé.

-Un dessin animé ? demanda Ron. Un tableau ?

-Euh… Non, c'est comme un film mais en dessin.

-Les moldus savent faire ça aussi ? On ira en voir un, Hermione ?

-Si tu veux, lui répondit la jeune femme, amusée. Et toi, Draco ? Tu connais les films ? »

A son expression totalement égarée, ils en déduisirent que non. Un coup frappé à la porte les fit sursauter et Greyback entra à nouveau. Il se figea en constatant la présence de Ron et Hermione et ses yeux semblèrent s'attarder, un instant, sur la proximité des deux jeunes gens ainsi que sur leurs mains enlacées. Mais il feinta à merveille, pour des humains, une indifférence glacée.

« Ah, vous êtes revenus, dit-il simplement. Eh bien, bienvenue à vous. Lupin va-t-il cesser ses visites quotidiennes ou continuera-t-il d'honorer mon village de sa présence ?

-A ma connaissance, il va continuer à venir, lui répondit Hermione, l'air presque intimidée.

-Bon, dit Greyback. Il y en aura donc quatre à entraîner au lieu de deux… Enfin, bref. Potter, Draco. Boris vous attend, je vous rappelle ! Il a plusieurs costumes à vous faire essayer et s'il y a des retouches à faire, cela risque rapidement de tourner au cauchemar ! Ah et… euh… Draco. Il faudrait que tu viennes, chez moi, ce soir. J'aurais besoin de ton aide. Compris ? »

Draco haussa un sourcil mais il hocha la tête avec prudence.

« D'accord, dit-il. Ce soir…

-Vingt heures. Maintenant, que l'un de vous aille chez Boris, peu importe lequel mais il faut que vous y passiez aujourd'hui. Gabriel, Rosalia et Joshua sont déjà prêts, il ne reste que vous deux ! Alors ne vous faites pas désirer, le rendez-vous est pour bientôt. Sur ce, bonne fin de journée. »

Il repartir presque aussi brutalement qu'il était venu.

« Pourquoi a-t-il besoin de ton aide ? demanda Harry, étonné.

-Va savoir, répondit Draco. Je te le dirai quand je reviendrai. Sur ce, un thé ferait-il plaisir à nos nouveaux colocataires ?

-Avec plaisir, Draco, dit Hermione, reconnaissante. Alors vous allez vraiment assister à une réunion d'alphas ? Oh, comme j'aimerais venir. Il paraît que c'est assez étonnant ! »

Harry lui sourit en réponse.

« Je te raconterai tout en détail, lui promit-il. Personnellement, je ne me réjouis pas. Je vais devoir me taire et rester en retrait. C'est le rôle qu'on attend des compagnons qui s'imposent ! »

Il grimaça en prononçant ses mots. Draco était parti en cuisine et Harry savait qu'il les avait laissés seuls délibérément.

« Comment va ta famille, Ron ? demanda-t-il poliment.

-Bien, répondit le rouquin. On est rentrés juste à temps pour le mariage de Ginny et Colin. Bon sang, j'en frissonne encore d'horreur. Crivey est mon beau-frère ! Je n'aurais pas pu tomber sur pire !

-Michael Corner, souffla Hermione.

-Bon d'accord, il y a pire ! dit Ron. Mais il y mieux aussi ! Pourquoi n'est-elle pas tombée enceinte de Dean, par exemple ?

-Parce qu'elle n'a pas couché avec lui ? demanda Harry. Ecoute, Colin est un peu… excentrique, mais je suis sûr qu'il n'est pas quelqu'un de si mauvais… »

Ron eut une grimace qui parlait d'elle-même : tout dépendait du point de vue.

« Sa grossesse se déroule bien ? s'enquit Draco en revenant, un plateau chargé de tasses et d'une théière en main.

-Oui, très bien, répondit Ron. Elle accouchera normalement en avril… Elle est un peu nerveuse à cette idée… Enfin, je sais qu'elle a piqué une crise au sujet du mariage mais maman ne lui a pas laissé le choix… »

Hermione avait une moue aux lèvres qui révélait parfaitement ce qu'elle en pensait.

« Amis des moldus ou non, vous restez des sangs-purs, dit tranquillement Draco. Il est assez déshonorant d'avoir des petits-enfants illégitimes…

-Ce n'est pas que pour ça, défendit Ron. Mais… Bon, d'accord, c'est en grande partie pour ça, mais…

-Je ne vous critique pas, expliqua calmement Draco. Au contraire, je le comprends tout à fait. Si j'avais dû faire un enfant illégitime à une de mes précédentes partenaires, je sais que j'aurais été le premier à la demander en mariage… Aïe, tu viens de me frapper, Harry !

-Je sais, dit posément le brun en prenant une des tasses pleines sur ses genoux.

-Et je peux savoir pourquoi ?

-Ne parle pas de tes anciennes conquêtes devant moi si tu ne veux pas que je recommence ! »

Le blond resta un instant estomaqué mais il finit par se reprendre et servit Ron et Hermione en thé.

« Donc, ta sœur s'est mariée, dit le blond, tentant de reprendre sur un terrain neutre.

-Et ouais, confirma Ron d'un air un peu dégoûté. A tout juste seize ans. Et elle sera bientôt maman…

-Dis-toi que ce sont des choses qui arrivent, dit le blond. Bien plus souvent qu'on ne le pense, d'ailleurs. Pansy avait une cousine qui était tombée enceinte à l'âge de quinze ans, ce qui a créé un scandale sans précédent. Personne ne peut être dignement marié avant l'âge de seize ans. Ils ont dû procéder à des fiançailles rapides et plusieurs dessous de table ont été versés pour autoriser les épousailles… Je me souviens qu'on en avait ri pendant plusieurs jours, à l'époque.

-Ouais, c'est follement drôle ! grogna Ron. Quand ça arrive aux autres… »

Draco grimaça à ses mots, conscient qu'il n'avait pas été des plus délicat.

« Bref, dit-il. Je vais aller chez Boris pour les costumes. Tu iras ensuite, d'accord. Profitez-en pour parler entre vous. »

Il se pencha sur Harry pour l'embrasser rapidement et quitta la maison, non sans dire au revoir aux deux autres Gryffondor.

« Manière subtile de nous laisser tous les trois, constata Hermione avec un sourire. Ça a l'air d'aller, entre vous ?

-Oui, ça va très bien, confirma Harry en souriant. La danse a été un peu… pénible. Enfin, pas que je n'aime pas être avec Draco, mais je ne pensais qu'à lui, je respirais pour lui, je… enfin, disons qu'on se sent mieux depuis que c'est fini. Plus libre, on va dire. »

Hermione lui sourit à ses mots.

« Et toi ? demanda-t-elle. Comment tu te sens ? Par rapport à la lycanthropie ?

-Mieux, indiqua Harry. En un mois, j'ai plus ou moins réussi à m'associer avec mon autre moi, comme dit Draco. Disons que je sais ce qui lui plaît. Je dois juste lui laisser un peu de liberté d'expression.

-Liberté d'expression ? répéta Ron, soudainement angoissé.

-Rien de dangereux, je te rassure. Disons que lorsque je me bats au corps à corps, je suis tout sauf… gentil. Les duels magiques sont aussi une bonne manière d'exprimer mon animalité, ça lui plaît, le combat. Il aime aussi prendre soin de Draco, c'est la nature du second, selon Joshua, qui s'associe parfaitement à celle de compagnon. Et je mange beaucoup de viande et de chocolat. Enfin, pas autant que je le voudrais, Draco se charge de mon alimentation. Il aime assez régenter les choses, jusqu'aux vêtements que je dois porter… ça pourrait m'ennuyer mais en fait, je suis juste content de ne pas avoir à me préoccuper de ça. Je me lave avec un savon sans odeur pour ne pas froisser l'odorat du loup... Et j'essaye aussi de ne pas trop contrarier Draco, même si… ce n'est pas toujours évident.

-Vous vous êtes disputés ? s'enquit Hermione.

-Un peu, répondit Harry, une grimace sur les lèvres. A cause de la prophétie. Il a été assez remué quand je lui ai dite… Mais bon, on a réglé ça. On a appris qu'on ne se connaissait pas totalement… et on règle ça, avec le temps. »

Hermione approuva muettement cet état de fait.

« Et vous êtes enfin ensemble ! s'exclama Harry avec un large sourire, provoquant leur gêne. Je dois dire qu'il était vraiment temps, vous savez ? Je suis presque sûr que certains de nos amis de Poudlard tenaient des paris, sur vous !

-Des paris ? s'outra Hermione.

-Rien de bien méchant, je te rassure. On se demandait surtout quand Ron allait ouvrir les yeux…

-Hé ! Pourquoi c'était moi, celui dont vous vous moquiez ?

-Parce qu'on savait qu'Hermione, elle, était consciente de ce qu'il se passait entre vous. Il n'y a que la crainte d'être dans l'erreur qui l'a empêchée d'agir, j'en suis certain ! Enfin, je suis content pour vous. Vous prendrez la même chambre ou… Elles sont libres toutes les deux, de toute façon… »

Ses deux amis avaient rougi à la mention d'une seule chambre et ils avaient tourné la tête dans des directions opposées, embarrassés.

« Je n'ai pas besoin de vous apprendre les sorts de silence, hein ?

-Harry ! s'exclama Hermione, mortifiée.

-Lancez-le avant les préliminaires, sinon, vous oublierez !

-Arrête, bon sang ! marmonna Ron, incandescent. On en est pas encore là… »

Harry esquissa un sourire.

« Cette conversation aurait ravi Draco, dit-il. Vous avez de la chance qu'il ne soit pas là.

-Est-ce qu'il… euh… pour ce que j'ai dit, balbutia Ron.

-Je ne sais pas, coupa Harry. Je pense que juste par acquit de conscience, tu dois lui présenter tes excuses. Il ne desserrera pas les dents sans ça…

-Mais pourquoi ? interrogea Ron. Ce n'est pas avec lui que j'ai eu cette conversation !

-Heureusement ! lui dit Harry. Il t'aurait tué, sinon. Sérieusement ! Non, Ron, tu n'as pas demandé à Draco de me quitter, tu me l'as demandé mais ça ne change rien. Je lui appartiens. Je ne le nie pas d'ailleurs. De son point de vue, en me demandant de le quitter, c'est à lui que tu t'en es pris. Tu as essayé de t'immiscer dans notre relation, tu as essayé de m'imposer un ordre que seul Draco pourrait me donner. Selon lui, tu lui as causé un grave manque de respect, ce qu'il n'accepte pas. Alors si, Ron. Tu vas devoir lui présenter tes excuses, même si tu estimes que ce n'est pas ton devoir. »

Ron grogna d'agacement mais finit par se résoudre.

« Bon, alors je le ferai, dit-il. Ce qu'il peut être fier !

-Tu n'as pas idée ! lui dit Harry, hilare. Mais il est bien ainsi…

-Ben voyons ! lui répondit son meilleur ami. Enfin quand il faut, hein... »

Ils se sourirent tous les deux et Harry se détendit totalement. Il savait qu'il avait retrouvé ses amis et se sentait beaucoup plus heureux et détendu à présent. Tout semblait être rentré dans l'ordre. Pour quelques jours encore, il pouvait profiter de la paix du village et de sa sécurité. Et il n'y avait rien de mieux que de la savourer avec toutes les personnes qu'il aimait autour de lui !

oOo

Draco était revenu de chez Boris avec plusieurs housses contenant ses costumes. Harry avait été surpris d'en découvrir quatre. Bien sûr, il y avait eu plusieurs essayages durant le mois mais il n'avait pas vraiment fait attention aux tenues que lui enfilait le couturier du village. Ce fut à son tour d'aller faire les derniers essais qui durèrent, à sa grande horreur, plus d'une heure.

« J'avais déjà tes mesures, vu que Draco me les avait données, mais il a un peu triché sur l'arrière, sans doute pour donner un effet serré et rebondi... Et même si je suis certain qu'il préfèrerait que je continue de te faire ce type de pantalon, le fait est que tu dois être confortable dans tes vêtements ! Quel petit pervers, vraiment ! »

Harry avait rougi en entendant ses mots et avait eu envie d'aller se cacher dans les mètres de tissus entreposés plus loin. Oh, il n'avait pas honte de tout ce qu'il faisait avec Draco, ni de porter des pantalons un peu trop bien ajustés à ses fesses, mais tout de même ! Draco aurait pu s'abstenir de commander de tels vêtements à un membre du village, un voisin ! Enfin, au moins, il ne lui avait jamais demandé de tenue aguichante ! Enfin… normalement !

Le reste de la journée passa dans une tranquillité toute relative, enjouée par les retrouvailles entre les trois Gryffondor. Ron avait manifestement présenté ses excuses à Draco pendant que Harry était chez Boris car, quand il revint, il trouva son amant et son meilleur ami dans le salon, occupés à discuter avec courtoisie.

Le soir, après un souper préparé par un Draco attentionné, le blond les quitta pour rejoindre la maison de Greyback. Harry était curieux de savoir pourquoi son amant avait été appelé mais n'ayant pas été convié par l'alpha, il ne pouvait s'y rendre. Il resta donc à la maison avec ses deux amis qui continuèrent de lui raconter ce qu'il se passait à l'extérieur. Le monde semblait presque figé, selon Hermione, comme en attente de quelque chose, d'un évènement. Les sorciers se pliaient au règne de terreur imposé par Voldemort, tout en gardant l'espoir d'en être bientôt libérés.

« Ils le seront, promit Harry. Draco et moi en avons parlé pendant le mois. Il n'est pas très content à l'idée de me voir partir me battre, mais il sait maintenant que nous n'avons pas le choix. Ne vous inquiétez pas. Je ne sais pas encore comment nous allons procéder mais… la fin est proche. Il faut bien y passer, de toute façon. »

La conversation fut interrompue par l'entrée de Draco qui, un large sourire aux lèvres, alla s'avachir dans le canapé. Il y resta un moment silencieux, ricanant simplement sous l'œil interrogateur du trio.

« Qu'est-ce qui te fait rire ? lui demanda Harry, curieux. Tu sens Greyback à plein nez ! »

Draco rit à nouveau.

« Il faut que vous soyez tous levés pour huit heures demain matin ! dit-il. Je veux voir vos têtes quand Greyback viendra nous donner nos affectations du matin. Putain, ça va être excellent ! Soyez levés, d'accord ? »

Et malgré l'insistance des trois amis, il refusa d'expliquer ses mots. Il répondait par un rire presque satanique et ils finirent par abandonner. Harry et Draco allèrent dormir tôt, encore épuisés par la pleine lune. Ron et Hermione les suivirent bien plus tard et, si Harry avait tenté de rester éveillé pour savoir s'ils allaient dormir ensemble ou non, il n'y parvint malheureusement pas.

Quand il se leva le lendemain, non sans que Draco ne l'ait secoué plusieurs fois, il avait oublié l'étrange comportement de son amant, la veille. C'est pourquoi, alors qu'il était en train de prendre son petit déjeuner en compagnie d'une Hermione en forme et d'un Ron un peu bougon d'être réveillé si tôt, il eut l'impression que sa mâchoire allait se décrocher lorsque Greyback entra dans la cuisine.

« Qui… Qui êtes-vous ? s'exclama-t-il, provoquant l'hilarité d'un Draco manifestement très au courant.

-Très drôle, Potter », répliqua Greyback, le feu aux joues.

Le trio d'or le regardait d'un air tout à fait ahuri. Les cheveux lisses et propres − ils lui arrivaient presque jusqu'aux reins − rasé de près, la peau fraichement lavée − il avait le teint crémeux et non grisâtre − les ongles coupés et manucurés, vêtu d'un pantalon noir non déchiré et d'une chemise assortie, sans trou, sans fil, sans trace de boue, l'homme qui était devant eux avait quelque chose de Fenrir Greyback tout en étant totalement…

« Sexy, marmonna Harry, stupéfait.

-Je te demande pardon ? grogna Draco.

-Ben quoi, c'est vrai ! se défendit le brun, rougissant. On dirait une autre personne ! C'est incroyable.

-Oui, bon, ça va ! s'énerva Greyback. C'est pour la réunion ! Aucun alpha digne de ce nom n'oserait se présenter à un tel rassemblement en étant… dans l'état où j'étais ! Bon, arrêtez de me regarder comme si j'étais… un morceau de viande ! »

Il était clairement mal à l'aise face aux regards posés sur son corps qui était pourtant bien mieux fait que Harry ne l'avait cru. Comme quoi la crasse, les guenilles qui lui servaient de vêtements et des cheveux plus qu'emmêles pouvaient dissimuler une sorte de beauté.

« Potter ! dit Greyback avec ennui, vous êtes affecté chez le boucher qui vous attend chez lui dans une demi-heure. Draco, tu es avec moi. On doit encore parler de la réunion et j'ai d'autres petites choses à te faire faire. Granger, Weasley, je crois savoir que vous vous préparez pour un conflit avec… mon maître. Alors je vous laisse libre. Sur ce, bonne journée ! »

Il se retourna et frémit presque, tournant la tête vivement vers eux.

« Et je vous interdis de mater mon cul, Potter !

-Je ne le fais pas ! se défendit Harry. J'admire juste la transformation !

-C'est ça ! Draco, tiens ta chienne en laisse !

-Ne l'appelez pas ainsi, répéta le blond, agacé pourtant que son amant reluque Greyback. Il te plaît, Harry ? »

Sa voix était froide, presque dure.

« Oui, répondit honnêtement Harry. Il est beau, c'est un fait. Dommage qu'il se déguise en monstre sanguinaire la majorité du temps, je suis sûr qu'il se serait trouvé quelqu'un, sinon ! Tu crois que…

-Hors de question ! lui dit le blond. Tu ne lui chercheras pas quelqu'un, Harry.

-Mais…

-Non ! cingla Draco. Ecoute, c'est… c'est compliqué, d'accord ? Mais Greyback doit rester seul. »

Harry pencha la tête sur le côté, interrogateur. Draco soupira et s'approcha de lui. Il tendit la main, caressa ses cheveux avec tendresse puis, presque méchamment, tira dessus, Harry poussant un cri de douleur.

« Et je t'interdis de dire encore une fois qu'un autre homme que moi est beau, siffla l'alpha potentiel à son oreille. Tu n'as pas à mater un autre que moi, c'est clair ?

-C'est clair, grinça Harry, son crâne lui faisant affreusement mal. C'est clair, Draco, alors arrête de me tirer les cheveux ! »

Le blond le relâcha enfin, l'air satisfait.

« Bon. Alors mange tes pancakes ! »

Harry marmonna mais obéit, l'air boudeur. Ron et Hermione les fixaient tous les deux, stupéfaits de l'étrange échange auquel ils venaient d'assister.

« Ne faites pas attention, dit Harry. Ça arrive, de temps en temps.

-Surtout quand un de nous deux a tendance à dire ce qu'il ne faut pas, gronda Draco, furieux.

-Ecoute, j'ai juste dit tout haut ce que tout le monde ici a pensé ! Le fait que je trouve que Greyback soit sexy ne veut pas dire que j'ai envie de lui.

-Il ne manquerait plus que ça, tiens ! lui répliqua Draco. Evite ce genre de scène avec moi, Harry, ne provoque pas ma jalousie, ça risquerait d'être très dangereux. »

Le brun se le tint pour dit. Il n'avait de toute façon aucune envie de voir ce que son amant serait capable de faire, dans ce genre de cas.

« Et moi, que ferais-je, par jalousie ? »

Harry frissonna. Il n'avait pas envie de se poser la question. La fidélité obligatoire de Draco était une des choses qui l'avait le plus charmé lorsqu'il avait été question de former un couple avec le lycanthrope. Ça et sa protection totale. Ils le savaient tous les deux.

« Je suis un loup-garou, Draco, lui rappela Harry. Ma fidélité t'est totale et elle l'était aussi lorsque j'étais humain. Alors même si je trouve Greyback sexy, tu es le seul avec qui je veux avoir une relation amoureuse pour le reste de mes jours. En outre, je sais que ça peut paraître con, mais je ne suis pas gay ! »

Le blond haussa un sourcil face à ses mots.

« Ah bon ? dit-il. Ce n'est pas l'impression que tu me donnes lorsque je te…

Ron toussa suffisamment fort pour couvrir le dernier mot de Draco qui le fusilla du regard.

« Trop d'images pour moi, se justifia le rouquin. La dernière fois m'a suffi… »

Draco leva les yeux au ciel.

« Il est vrai que j'ai avec toi une relation tout à fait homosexuelle, poursuivit Harry. Mais c'est uniquement parce que c'est toi. Je ne pense pas que je me serais laissé séduire par un autre homme. Je suis d'ailleurs répugné par un potentiel contact physique avec un autre que toi. Une caresse, un baiser... une relation sexuelle (il eut l'air dégoûté par cette perspective). Greyback est sexy, mais je préfèrerais mourir que de le toucher de la même façon que tu me touches. »

Draco le fixa pendant un long moment, silencieux. Il passait une main presque apaisante dans ses cheveux, comme pour se faire pardonner de l'avoir maltraité.

« Je sais que tu ne pourrais pas me tromper, lui répondit Draco. Je n'ai jamais remis ta fidélité en cause, Harry. Mais il n'en reste pas moins que je ne tolère pas que tu détailles un autre que moi. Et je ne te parle même pas d'une femme. Ce serait encore pire. Que ressentirais-tu si je te disais que je trouve Gabriel adorable ? »

Harry fronça les sourcils.

« Tu vois ? demanda Draco. Tu sais que je n'éprouve que de l'amitié pour Gabriel, pourtant…

-Sauf que ce n'est pas son cas ! cingla Harry.

-Il a dépassé ça, Harry, rappela Draco.

-Oui, ça, c'est ce qu'il dit, gronda le brun.

-Je pensais que tu avais décidé de faire une trêve, avec lui… Après que vous vous soyez battus comme des gamins dans la boue…

-Tu veux dire après qu'il ait essayé de me tuer en m'étouffant dans la boue ? »

Draco grogna en l'entendant. Harry lui avait raconté, après plusieurs jours, la raison de l'excitation presque violente qu'il avait ressentie au tout début de la danse, non sans que Draco n'ait insisté pendant plusieurs heures pour qu'il lui dise. Quand il avait commencé son récit par un « Gabriel m'a attaqué par surprise », le blond avait failli aller tuer le jeune homme. Mais Harry l'avait retenu et avait tenté de lui expliquer les raisons de l'attaque de Gabriel. Ce qui n'avait pas empêché Draco, lorsqu'il avait croisé le blondinet, de le frapper violemment à l'abdomen et de le secouer comme un prunier en lui hurlant dessus que s'il osait encore une fois attaquer son lié, il l'égorgerait de ses propres mains !

« Nous n'allons pas revenir là-dessus, dit Draco. Sinon, je vais m'énerver, toi aussi et on n'en tirera rien de bon ! Contente-toi de ne pas détailler d'autres hommes et encore moins des femmes devant moi car au mieux, je les tuerai, au pire, je te frapperai et nous n'avons pas envie de ça, toi et moi !

-Bien, alors prends en compte que tu ne dois pas le faire non plus !

-Bien !

-Bien !

-Parfait !

-Tout à fait ! »

Ron et Hermione ricanaient tout en les regardant tous les deux tenter d'avoir le dernier mot.

« Qu'est-ce qui vous fait rire ? s'énerva Harry.

-Vous ! répondit Hermione. Vous vous chamaillez comme des gosses !

-Pas du tout ! dit Draco avec fierté. Nous établissons des règles !

-En vous chamaillant comme des gosses, s'obstina Ron. C'est rafraîchissant de voir que vous êtes encore capables de vous disputer. Enfin, que le lien ne vous pousse pas simplement à accepter… tout l'un de l'autre.

-Le lien n'est pas censé modifier notre personnalité, lui précisa Harry. C'est plus un pont entre nos âmes qui nous permet de veiller l'un sur l'autre. »

Draco sourit en l'entendant et il prit l'assiette vide de Harry pour ensuite lui tendre un verre de lait que le brun but sans même y faire attention.

« Mais le fait que Draco soit ton futur alpha et toi son second, ça n'établit pas une sorte de relation… comment dire ?

-De domination ? proposa Harry. Si, sur un certain plan. Si Draco avait sa propre meute, nul doute que je devrais obéir aux ordres qu'il donnerait, concernant la meute. En tant que second, je devrais me plier à sa volonté. Mais seulement en tant que second. Dès lors que la relation prend une tournure personnelle, la donne change. Même si Draco tente de me dominer, parce que c'est sa nature de le faire, je n'y suis pas forcé. C'est à moi de décider si je veux m'y plier ou non.

-Je vois, dit Hermione. Nous pensions que… euh…

-Qu'il m'obéirait aveuglément à tout moment ? demanda Draco. Non, ça n'est pas le cas. Il est même assez rebelle, en fait. »

Le blond sourit en disant ses mots. Il n'y avait pas de rancœur dans sa phrase, au contraire. Il souriait avec affection tout en regardant Harry qui, par habitude, débarrassait la table pour faire la vaisselle.

« Et ça ne te dérange pas ? demanda Ron, intéressé.

-Non, dit Draco. Je suis tombé amoureux de Harry parce qu'il est bien le seul garçon au monde qui se soit rebellé contre moi, depuis le tout premier jour de notre rencontre. Je dois être masochiste parce que… j'aime ça ! »

Harry sourit en l'entendant, tout en faisant la vaisselle avec tranquillité. Rapidement, Hermione se leva pour aller l'aider.

« Nous nous sommes donc trompés, dit-elle. Notre principale crainte, lorsque tu as été transformé, était que… eh bien, que tu obéisses à Draco sans jamais… enfin, je veux dire…

-On avait peur que tu deviennes l'esclave sexuel de Malfoy et que ça te plaise tellement que tu ne tenterais rien pour changer ça ! avoua Ron avec franchise.

-Esclave sexuel, répéta Draco avec un sourire pervers, ses mains allant naturellement caresser les hanches d'un Harry souriant avec convoitise. Ça t'irait très bien…

-Et ça me conviendrait, c'est vrai, reconnut Harry en allant déposer un vague baiser sur la joue de son amant, collé à son dos. Mais non, Ron, même si mon désir est d'être avec Draco, de rester bien caché et protégé ici, je n'en oublie pas… que nous sommes en danger. Tous. Ma présence ici est provisoire… Tant parce que Draco va devenir un alpha et ne pourra pas rester ici que parce que… je dois tuer Tu-Sai-Qui. Sinon, nous ne serons jamais heureux.

-Mais tu le fais pour Draco et toi, fit remarquer Hermione, comprenant ce que Harry sous-entendait. Tu le fais uniquement pour être en sécurité avec Draco.

-Oui, avoua Harry avec honnêteté. Je ne vais pas vous mentir. Avant, j'aurais tué Voldie pour vous. Pour que mes amis soient en sécurité, pour que vos familles cessent de souffrir. Mais ce n'est plus le cas, maintenant. Je suis centré sur Draco. Il est ce qui m'est de plus précieux. Et je ne dis pas que si Voldie nous promettait de ne pas nous faire de mal, de nous préserver, je resterais neutre. J'en serais incapable car je ne ferai jamais confiance à cet homme. Et pour la sécurité de Draco… je ferais n'importe quoi.

-Même t'en prendre à nous ? » demanda Ron.

Le silence de Harry répondit pour lui.

« Eh bien, dit Hermione en cessant d'essuyer les couverts sales. Voilà qui est parlant. Promis, Draco, on ne te fera jamais de mal !

-Je n'en doutais pas, Granger. Maintenant que cela est clair, je vous l'enlève un instant. »

Il tira Harry avec lui jusqu'au salon, sous l'œil stupéfait des deux autres. S'asseyant sur le canapé, ce fut sans hésiter qu'il attira Harry sur ses genoux pour ensuite enfoncer son visage contre son torse, respirant son odeur avec une pointe de tendresse.

« Euh…, dit Ron, surpris.

-Pendant la danse, nous ne supportions pas la séparation, expliqua Harry, caressant les cheveux de Draco. C'était… douloureux, de ne pas nous toucher, de ne pas se sentir. Alors nous avons mis au point des petites… habitudes.

-Des habitudes ? demanda Hermione.

-On se touche et se sent avant de partir le matin et le midi. Le soir, vu que nous sommes ici ensemble, ce n'était pas nécessaire. Et puis, nous faisons l'amour tous les jours, donc…

-Pitié, déclara Ron, l'air agacé.

-Bref, dit Draco en appuyant le visage de Harry contre sa gorge. Même si ce n'est plus obligatoire, c'est devenu une habitude, pour nous. »

Ils restèrent un long moment silencieux, chacun avec le nez dans le cou de l'autre, enlacés. Puis, avec lenteur, Harry se détacha et se leva.

« Le boucher m'attend, dit-il. Je reviens vers midi. Des sandwiches, ça vous ira ? On a tendance à manger léger à midi car l'après-midi est trop sportif. Draco s'occupe des repas, la grande majorité du temps, alors voyez avec lui pour tout ce qui est nourriture. Moi, c'est la vaisselle et le ménage.

-Un peu déséquilibré, non ? demanda Ron. Dans les tâches, je veux dire.

-Non, ça me convient, répondit Harry. Enfin, j'y vais avant d'être en retard. Remus sera là à treize heures et on vous présentera Chris…

-Chris ? demanda Hermione.

-Un partenaire d'entraînement, expliqua Draco. Il fallait bien un adversaire pour chacun. Bon, je vais voir Greyback. Et peut-être essayer de lui mettre de la boue sur la tête, afin qu'il soit moins sexy, n'est-ce pas, Harry ? »

Le brun grimaça.

« Oublions ça, d'accord ? Et tiens-moi au courant, cette fois, de tous les détails donnés concernant cette fichue réunion ! Surtout s'il y a une danse particulière à apprendre, d'accord ?

-D'accord, lui dit Draco, amusé. A tout à l'heure ! »

Harry quitta la pièce, non sans un signe rapide d'au revoir. Il poussa un long soupir joyeux en sentant la fraîcheur presque rassurante du mois de février qui touchait à sa fin. Ils seraient bientôt en mars qui verrait peut-être la fin de Voldemort. Son visage s'assombrit à la pensée des combats mais il repoussa l'idée. Juste encore un peu, il voulait s'immerger dans le plaisir d'être aimé et protégé, de pouvoir vivre selon son envie et non celle des autres. Juste pour encore quelques jours… le temps de la réunion.

oOo

« Bon ! dit Remus, sur le terrain d'entraînement. Nous avons face à nous de nouveaux adversaires ou partenaires d'entraînement… Mais je pense qu'une démonstration collective ne serait pas la plus malvenue. Vous vous êtes tous entraînés de votre côté et vous avez acquis différentes façons de procéder. Hermione et Ron, de part leur entraînement avec un Auror, on acquit un savoir-faire traditionnel. Draco, Harry, vous êtes plus… animals, plus instinctifs et plus physiques. C'est pourquoi confronter les deux techniques de combat sans vous être préparés pourrait être dangereux. Je sais que sur le terrain, vous ne pourrez pas demander aux mangemorts de vous faire une démonstration, mais nous ne sommes pas ici pour nous tuer. Ron, Hermione, commencez ! Je vous impose un combat de dix minutes. »

Il fit apparaître une grosse horloge qui était plus un minuteur qu'un indicatif d'heure. Lorsque, soudainement, l'aiguille se mit en route, les deux jeunes Gryffondor se firent face et levèrent leur baguette. Assis par terre, éloignés afin de ne pas les gêner et protégés d'un sort de bouclier, Harry, Draco, Chris et Remus observèrent ce que les lycanthropes qualifiaient en eux-mêmes de combat « sage et classique ». Il consistait en un simple échange de sorts, tantôt combatif, tantôt défensif. Les mouvements, aux yeux de Harry, manquaient d'agressivité mais cela n'était pas étonnant : amoureux l'un de l'autre, aucun ne se battait vraiment pour blesser son adversaire. C'était juste une démonstration. Violente dans certains sorts utilisés, mais une démonstration.

Quand Harry et Draco se levèrent pour prendre le relais, une certaine tension habitait leur corps. On aurait pu penser que s'affronter serait pénible pour eux, mais ça n'était pas le cas. En vérité, ils adoraient ça. Laisser parler leur loup dans un combat magique et physique les électrisait l'un et l'autre. Bien sûr, Harry avait culpabilisé, quelques fois, lorsqu'il était parvenu à vaincre Draco. Il n'était techniquement pas censé se rebeller contre son compagnon et futur alpha. Mais grâce à de nombreuses discussions – Draco et Remus avaient été proprement stupéfaits de voir Harry se mettre à sangloter lorsqu'il parvenait à battre son amant – avec Chris, puis avec Draco qui avait enfin compris, Harry avait finalement associé ce genre de combat à un moment agréable. Qu'importe qu'il reçoive des sorts douloureux ou des coups, le défi présent était exaltant. Et s'il gagnait ? Eh bien, ce n'était qu'un jeu, pas un vrai affrontement. Et cela était autorisé par son futur alpha alors peu importait.

Ils se firent face avec un calme presque relatif. A la grande surprise de Ron et Hermione, ils prirent une position défensive physiquement, baguette à la main comme s'ils tenaient un couteau. Remus les regarda avec un bref sourire.

« Vous allez rapidement constater la différence entre eux et vous. Venez dans la bulle de protection et lancez-en une seconde. Je lancerai le chronomètre lorsque vous serez protégés. »

Les deux Gryffondor obéirent promptement alors que, face à face, Harry et Draco se jaugeaient sur le terrain.

« Prêt, bébé ? se moqua Draco, tout à fait conscient du trouble qu'il occasionnait à son amant en utilisant ce pseudonyme.

-Et toi ? » répliqua son amant.

Au même moment, le chronomètre s'enclencha et émit un son brutal. Les deux amants n'hésitèrent pas une seconde et se lancèrent deux sorts qui firent écarquiller les yeux à Ron et Hermione : avec un sort de découpage et un autre de combustion, Draco et Harry marquaient clairement leur envie de se blesser. Mais leurs mouvements les étonnèrent aussi. Plutôt que de rester dans une position fixe pour un duel classique, les deux amants s'étaient mis en mouvement, bougeaient, l'un en face de l'autre, de gauche à droite, d'avant en arrière, se rapprochant et s'éloignant selon le sort et sa puissance. Une nuée de dagues en argent dirigée vers Draco obligea même ce dernier à plonger au sol mais plutôt que de se laisser déstabiliser, le blond envoya un sort de givrage sous les pieds de Harry qui glissa et tomba. Harry se releva aussi vite qu'il le put, non sans se lancer un sort de bouclier au cas où. Draco profitait de son immobilisme pour se remettre sur pied et pour l'assaillir de plusieurs sorts vicieux, presque à la limite de la magie noire. Et le pire était sans doute qu'aucun des deux ne se laissait déstabiliser. Quand Harry parvint à annuler la patinoire sous ses pieds et à se remettre debout, ce fut pour se retrouver désarmé. Hermione et Ron voulurent alors enlever le sort les protégeant mais Remus les en empêcha.

« Le duel n'est pas fini, il reste cinq minutes…

-Mais Harry a été désarmé, dit Ron.

-Et alors ? » répliqua Chris, un sourire ironique sur ses lèvres pâles.

En effet, Harry ne se rendit pas, à leur grande stupeur. Utilisant une vitesse qui n'était clairement pas humaine, il se mit à se déplacer, courant autour de Draco, s'approchant, reculant pour s'approcher à nouveau, dans une tentative nette de l'attaquer physiquement. Draco lançait des sorts qui ne touchaient jamais leur cible, malgré sa tentative claire de le stopper : intelligent, le blond invoquait les sorts avant que Harry ne passe par un endroit, déduisant presque cruellement les mouvements de son amant. Mais le brun les évitait par un bon ou en ralentissant juste avant que le rayon ne le frappe. Il finit par approcher assez Draco pour lui donner un coup de pied dans le tibia et la vitesse de son mouvement fut telle que le blond se retrouva aussitôt au sol. Harry en profita, plongea sur sa baguette qu'il tenta d'arracher à la main de Draco. Mais ce dernier avait prévu le mouvement, jeta l'item dans la direction opposée, attrapa la main de Harry et, à la grande stupéfaction de ses deux meilleurs amis, la tordit violemment, dans le but clair de la lui briser ou de lui déboîter l'épaule.

Grognant, Harry se servit de sa position dominante pour attaquer Draco de sa main libre. Il le frappa violemment – et à une vitesse toujours anormale – au niveau du torse, faisant presque haleter de douleur son amant étendu sur le sol. Loin de se laisser faire, le futur alpha utilisa les muscles de ses abdominaux pour renverser Harry au sol, d'une poussée du corps. Il tenait toujours une main et se saisit de la seconde en la bloquant entre leurs corps. Alors, il dirigea sa baguette sur le visage de Harry et cria :

« Stupéfix ! »

Immobilisé, Harry avait perdu et Draco se releva fièrement. Il attendit que le chrono émette le son de fin pour relâcher Harry qui afficha une grimace dépitée.

« Tu fais chier, bordel ! Arrête de me jeter cette putain d'aura sur le corps, tu sais qu'elle m'excite et que ça me trouble !

-C'est là tout l'intérêt, lui fit remarquer Draco en accionant la baguette de Harry qu'il lui tendit ensuite. Allez, ne boude pas. Tu t'es très bien débrouillé. »

Il passa un bras réconfortant autour de ses épaules et embrassa sa tempe, non sans saisir sa main malmenée qu'il inspecta ensuite avec tendresse.

« Ce sont des monstres, chuchota Ron à côté de Remus. Cette façon de combattre n'est pas du tout… Enfin, c'est…

-Une super idée, souffla Hermione, ravie. Aucun mangemort ne s'attendra à ça ! Aucun d'eux ne pourra rivaliser avec ça, pas même lui ! C'est totalement non conventionnel, ils vont tous être déstabilisés !

-C'est ce que nous espérons, oui, reconnut Remus. Et pour bien faire, vous allez devoir apprendre à vous battre aussi bien qu'eux !

-Mais ce n'est pas possible ! dit Ron. On a pas l'entraînement physique pour, nous ne sommes pas des loups-garous, nous !

-Eh bien, faites du sport ! lui conseilla Harry qui écoutait attentivement pendant que Draco soignait son poignet. Point de vue sorts, vous avez l'air de vous débrouiller et je suis sûr que vous aurez tout le temps nécessaire pour ça. Faites du sport, entraînez-vous, devenez plus forts. Quand vous serez prêts, on vous entraînera comme nous.

-Harry, ça va nous prendre des mois de nous entraîner ainsi ! dit calmement Hermione. Une telle condition physique ne s'acquiert pas en quelques jours !

-Eh bien, dans ce cas, il va falloir vous battre contre nous et essayer de survivre, déclara Draco, un sourire aux lèvres. Qu'en pensez-vous ? Ron et Hermione pourraient se battre contre l'un d'entre nous pendant que l'autre s'entraînera contre Remus et Chris. On inversera quand celui qui affronte les adultes sera fatigué. Ça sera dur, mais ça nous fera évoluer plus vite.

-C'est une idée, dit Remus. Le fait que Ron et Hermione soient à deux contre l'un de vous devrait donner une certaine égalité au combat, même s'il faudra tout de même y aller plus doucement, au début, avec eux. Quand à celui qui nous combattra, Chris et moi… il est certain qu'au niveau de l'esquive, ça se révélera très intéressant. Vous êtes partants ? »

Ron et Hermione se jetèrent un regard évaluateur mais ils approuvèrent : une telle proposition ne pouvait pas se refuser.

« Bien, dit Remus. Nous allons procéder ainsi jusqu'au grand rassemblement de loups-garous. Ensuite, vous partez trois jours, c'est ça ?

-Oui, confirma Harry. Même si on revient le troisième, ce sera tard, donc…

-On reprendra le lendemain, lui dit Remus. Ensuite, je pense qu'une réunion de l'Ordre ne serait pas de refus. Il est temps que nous accordions les violons et que nous décidions de comment nous battre contre… lui. »

Le silence accueillit ses mots, vite brisé par un Draco plus que motivé :

« Au boulot alors ! Nous n'avons pas de temps à perdre ! »

A suivre…

Et le prochain chapitre marque la grande réunion des Alphas… Danger, danger en vue…