Titre : Alpha Potentiel
Résumé : Pour avoir lâchement désobéi à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM
Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)
Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !
Note de l'auteur : Hello à tous ! J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d'année et que 2012 n'a pas trop mal commencé pour vous !
Mon année 2011 s'est terminée dans le bonheur de deux semaines de vacances où j'ai dormi, écris, lu, regardé la tv continuellement… Bref, du pur flémard et j'en suis fière ! Je me suis bien reposée… Malheureusement, le retour au travail a sonné le glas du bonheur, je n'ai fais que pleurer en deux semaines… Je suis déjà à bout alors que je reviens de vacances. Priez donc pour que je trouve un autre job, faites des cérémonies sataniques, ce que vous voulez, mais qu'on me sorte de là, pitié ! loll
Bref, passons ce sujet ! Je tiens à rappeler que la base de cette histoire, le point principal, c'est la relation d'un alpha avec d'autres personnes, que ce soit son lié ou d'autres humains, même si j'ai décidé, étant une auteur de romance, d'exploiter le côté lié en particulier. De fait, un alpha est une personne dominante, commandant, que ce soit dans la meute ou dans sa relation. Draco est tel qu'il est. J'exploite dans ce chapitre la partie la plus sombre de sa dominance. Ne soyez pas trop cruel.
Quant à Harry, il ne se soumet pas. Il accepte. Nuance. Il y a une différence entre la soumission – qui est chez Harry, plus physique que morale (relation sexuelle ou mouvement de son corps) – et l'acceptation de la personne, de son caractère, de ce qu'il est intrinsèquement. Cette partie de l'histoire est difficile à accepter pour certains lecteurs et j'en suis désolée mais vous devez comprendre que c'est dorénavant dans leurs gènes d'agir de cette façon. Ou vous l'acceptez simplement ou vous allez constamment souffrir du contenu de cette histoire.
Et enfin, je vous annonce que le chapitre 28 sera publié le 18 février. Son titre est Réunion de loups-garous.
A dans un mois à tous, du moins, si vous survivez à ce chapitre !
Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Alors ça, bonne question…
Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !
Nombre de chapitre : 28 et le 29 est en cours de fabrication… L'avance est vraiment très très raccourcie….
oOo
Chapitre 27 : Jalousie
Les quelques jours avant la grande réunion passèrent à une vitesse pharamineuse. Harry et Draco ne les virent pas, pris dans la folie de leur entraînement et de leurs activités au village. Malgré le peu de temps qu'ils eurent, Ron et Hermione parvinrent à faire des progrès, même s'ils se faisaient battre facilement par Draco et Harry. Remus avais émis l'idée qu'il serait intéressant d'organiser un affrontement entre Harry et Kingsley, afin de tester leurs techniques de combat pour le moins sauvages.
Mais le plus important allait à la réunion. Le matin du départ arriva si vite que Harry n'eut pas vraiment le temps d'angoisser. En outre, l'idée d'y aller avec Draco rendait la chose moins inquiétante. Le matin ne changea rien à leurs activités : l'un passa du temps à la serre, à cultiver des tomates, l'autre se vit affecté à Greyback qui avait un surplus d'activité à cause de son départ. Ron et Hermione, du fait de leur absence, avaient décidé de repartir au Terrier afin de ne pas perdre du temps dans leur entraînement.
Ce matin-là, Harry et Draco se livrèrent aux mêmes activités que les autres jours. Ils vaquèrent à leurs occupations dans le village, se retrouvèrent pour le dîner où ils mangèrent en tête à tête. Après quoi, ils furent forcés d'aller se préparer. Une fois n'est pas coutume, ils décidèrent d'aller se laver séparément. Aucun d'eux ne savait à quoi ressemblerait le costume de l'autre et ils avaient envie de se faire la surprise. Tandis que Harry s'habillerait dans la chambre d'Hermione, Draco emploierait celle de Ron. Les costumes, soigneusement rangés dans des housses, étaient cachés aux yeux curieux.
Harry se devait d'aller se laver en premier car Kate, la femme de Boris, devait venir s'occuper de sa coiffure et lui enseigner le sortilège de remise en place qu'il devrait utiliser. Aussi se retrouva-t-il très vite installé sur une chaise, dans la chambre de sa meilleure amie, une Kate obstinée s'acharnant sur sa tête. Elle lui avait interdit d'enfiler le costume, arguant qu'il devait s'habituer à lancer le sortilège tout de suite.
« Voilà, dit-elle, une heure après avoir commencé. Ça devrait aller. Regarde. »
Elle lui présenta alors un miroir et Harry s'observa. Il sourit, ravi. La mèche rabattue de droite à gauche, sur son front, dissimulait totalement sa cicatrice. Plutôt que de le rendre idiot comme il le craignait, il embellissait la coiffure compliquée réalisée par la jeune femme. Sur la gauche, une longue mèche lissée avec soin, retombait sur son épaule. Le reste de ses cheveux étaient noués en une tresse africaine mêlée d'un fil rouge.
« Le rouge est la seconde couleur principale du costume d'aujourd'hui. Demain, pour la grande réunion, vous porterez un uniforme scolaire noir et blanc. Étant donné la couleur de tes cheveux, il faudra que le fil soit blanc. Pour cela, demande à Draco de lancer un sortilège de coloration. Il lui suffit de poser sa baguette sur le ruban et de dire : Mutare Color. En pensant bien à la couleur qu'il veut changer. Le dernier jour, le rouge sera parfait. Pour le bal, par contre, je pense que Draco devra aviser selon lui… »
Harry approuva. Une pince si discrète qu'elle en paraissait invisible retenait la mèche sur le côté gauche de sa tête.
« C'est incroyable, dit Harry, charmé.
-Merci, répondit Kate. Harry… cette coiffure dissimule ton front, mais il se peut qu'un loup ait un quelconque doute concernant ton identité et essaye d'enlever ta mèche. Afin d'éviter ça… Stein a fabriqué ceci. Nous avons pris en compte tes difficultés olfactives et il est dépourvu d'odeur. Tu devras en mettre sur ton visage. C'est du maquillage. »
Elle lui tendit un flacon contenant un liquide crémeux qui le fit grimacer.
« Pourquoi pas juste sur le front ?
-Parce qu'il y aura une différence entre ton front et le reste de ton visage et il faut à tout prix éviter ça. Bon, le sort pour tes cheveux se dit : Capili Fixing. Tu dois bien penser à cette mise en place en le disant alors mémorise-la bien. »
Harry continua de s'observer pendant un long moment, que ce soit l'arrière ou l'avant. Il souffla ensuite et reposa le miroir.
« D'accord, dit-il. Défais-la, je vais m'habiller puis essayer. »
Kate obéit aussitôt. Les cheveux lâchés, Harry s'approcha de la housse. Il l'ouvrit et sourit en découvrant son contenu. Sans surprise, le pantalon noir s'enfila sans difficulté. Moulant, il était un peu plus serré aux fesses, comme l'avait demandé Harry à un Boris hésitant. Il avait de simples chaussures noires qui montaient légèrement sur la cheville. Comme le lui avait conseillé le couturier, il rabattit le bas du pantalon dessus, ne laissant apparaître que les bottines brillantes.
Il souffla quand ce fut fait. Boris lui avait donné des consignes claires concernant ce costume. Il attrapa la simple chemise blanche qu'il enfila et rentra dans son pantalon qu'il referma. Puis, enfin, il passa l'élégante veste noire qui lui arrivait juste à la taille. Fermée sur le côté et bordée de rouge, elle se boutonnait avec des attaches en or. Le col montait haut, dissimulant la chemise qu'il portait en dessous.
« Il ne te reste que les pièces de rajout », dit Kate en le regardant avec intérêt.
Harry répondit en souriant. Il se vêtit des gants noirs qui dissimulaient ses mains puis attrapa des bandes blanches. L'une s'attachait au niveau du genou gauche et recouvrait toute la jambe pour ensuite se fixer sous la semelle de la chaussure. Simple drapé autour de son membre, elle se fermait sur le côté par de multiples boutons d'or et était maintenue en place par deux bandes rouges autour du genou. Il portait exactement la même au bras droit mais ses doigts noirs étaient laissés libres, tels de terribles griffes aiguisées.
Une autre jambière blanche fut passée sur la jambe droite mais celle-ci montait jusqu'à la moitié de la cuisse. Quant à la main gauche, elle restait libre, juste vêtue d'un gant noir et d'un large bracelet en or au poignet. Ce dernier était décoré d'un petit maillon fixé solidement : il servait d'encoche à la chaîne qui devrait le rallier à Draco. Ne restait que la cape à enfiler. Pourvue d'une capeline intégrée assez longue − elle lui arrivait à la taille − le blason de Greyback s'étendait sur tout le coin gauche de la capeline : une tête de loup rouge, mise de profil, en ligne épurée. L'œil n'était visible que grâce à un jeu des couleurs. L'attache de la cape et de la capeline était une longue bande de tissu rouge et doré surmontée d'une tête de loup en or, la gueule férocement refermée sur le côté opposé.
« Tu es très élégant, constata Kate tout en tournant autour de lui, remettant en place la longue cape qui frôlait souplement le sol. Voyons voir avec la coiffure, alors. »
Harry inspira, leva sa baguette et lança le sort. Sans surprise, sa chevelure se mit en place instantanément.
« Parfait ! s'exclama Kate, ravie. Ah, il y a une poche pour ta baguette, dans ton dos…
-Je sais, Boris me l'avait montrée, dit Harry en la rangeant à sa place.
-Attends ! Il reste le sort de refroidissement. En fait, ça te permettra juste de ne pas avoir chaud dans ton vêtement. Ça se dit Frigus Vestimenta et tu remues ta baguette en cercle, en suivant les aiguilles d'une montre, en te pointant de ta baguette.
-Comme ça ? demanda Harry en montrant le mouvement avec l'item magique.
-Oui, vas-y. »
Harry prononça le sort et la chaleur qu'il ressentait avec les gants et les bottines disparut.
« Super ! dit-il. Je suis tout à fait à l'aise !
-Et très élégant, le complimenta Kate, souriante. Bon… il est seulement quinze heures trente et vous ne partez que dans deux heures, mais je pense que Draco ne sera pas prêt avant une bonne demi-heure. Attention à ne pas trop froisser tes vêtements, d'accord ? Voici la chaîne que tu devras attacher à ton bracelet et à celui de Draco. »
Harry prit la décoration avec douceur : composée de maillons serrés et entièrement en or, elle brillait froidement à la lumière. Pourtant, elle avait quelque chose d'hypnotique et de rassurant. Harry la regarda un long moment avant de se décider à sortir de la chambre, non sans que Kate ait vérifié que Draco ne traînait pas dans le couloir. Ils descendirent en courant au rez-de-chaussée où le brun prit la peine d'enlever cape et capeline afin de s'asseoir. Croisant les jambes avec élégance, il attendit un long moment que Draco arrive.
Ce fut Gabriel qui le sortit de ses pensées en entrant après trois petits coups timides donnés à la porte. Le jeune homme passa une tête interrogatrice avant d'entrer, arborant un costume identique à celui de Harry. La différence reposait sur l'absence du bracelet d'or remplacé alors par une autre bande blanche montant jusqu'à l'épaule. Ses cheveux blonds étaient ébouriffés avec soin et une petite tresse pendait le long de son visage.
« Salut ! dit-il. Le costume te va bien, dis donc. Mais pas aussi bien qu'à Rosalia !
-Elle est splendide, je suppose, présuma Harry en lui désignant un fauteuil.
-Éblouissante ! lui confirma Gabriel en grimaçant. Elle a plus ou moins le même costume que Greyback mais avec une jupe.
-Et à quoi ressemble le costume de Greyback ? demanda Harry.
-Le même que le nôtre, sauf qu'il a un haut moulant et sans manches ainsi qu'une ceinture rouge serrée autour des hanches. Il a aussi une cape différente, la sienne s'enfile par la tête et il a une chaîne qui relie les deux fermetures en forme de tête de loup, gueule ouverte… »
Harry tenta d'imaginer la chose.
« Il doit être beau…
-C'est un costume d'alpha, répondit Gabriel en haussant les épaules. Mais oui, il est torride. Dommage qu'il ne soit pas gay… »
Harry esquissa un sourire en l'entendant.
« Et Joshua ?
-Même costume ! Toi et moi portons des costumes de second… en aura un différent, vu qu'il est un alpha potentiel…
-Mais… Rosalia aussi, non ?
-Non, Rosalia est majeure, lui précisa Gabriel. Elle se plie à l'autorité de Greyback car il est un homme et elle respecte ça. Et puis, ça lui permet de ne pas devenir folle. Elle a une tenue d'alpha, donc. »
Harry approuva silencieusement, le cœur battant la chamade d'impatience. Quand est-ce que Draco allait descendre de cette foutue chambre ? Agacé, il finit par se lever pour marcher de long en large. Il lui fallut patienter quinze minutes de plus pendant lesquelles Gabriel ne cessa de se moquer de son impatience. Depuis la fin de la danse, Harry l'avait autorisé à les fréquenter à nouveau, bien qu'il ait pris le temps, en tête à tête, de s'expliquer clairement avec le blondinet :
« Touche-le une fois, regarde-le une fois avec trop d'intérêt et je t'arrache les couilles avec les dents ! »
Gabriel n'avait pas pris la menace à la légère. Même bousculer Draco pour chahuter était vu comme un contact physique outrancier par Harry qui n'avait pas hésité à le frapper des plus violemment : il était peut-être encore un louveteau, mais son récent entraînement avec Hystéria, Draco, Remus et Chris l'avait rendu dangereux. Gabriel se tenait donc à carreau tout en devenant peu à peu un ami du couple. Harry appréciait son respect vis-à-vis de leur lien et sa tranquillité.
En temps normal, Harry aurait été le premier à lancer au jeune homme un regard méfiant lorsque Draco arriva dans la pièce, mais il fut proprement incapable de quitter son amant des yeux dès qu'il entra. Le costume de Draco ressemblait pratiquement à celui de Harry. La différence était que la cape qu'il portait était retenue à ses épaules par deux broches en or en forme de tête de loup et qu'il portait une très large ceinture tombant obliquement sur ses hanches et représentant les mêmes motifs que l'attache de la cape de Harry. Son haut était également prolongé jusqu'à ses chevilles et coupé sur les côtés, l'avant et l'arrière depuis la taille, afin de lui donner plus d'amplitude de marche. Les armoiries de Greyback étaient dessinées sur le pan droit de son haut (1). Ses cheveux, soigneusement lissés, retombaient en cascade sur ses épaules et ses yeux argentés avaient perdu leur caractère humain tandis qu'il détaillait son amant des pieds à la tête.
« Tu es magnifique, murmura Harry.
-Pas autant que toi, répondit Draco en s'approchant de lui, collant presque aussitôt son corps au sien. Si ça ne tenait qu'à moi, tu serais déjà nu… A moins que… te laisser juste les capes…ce serait intéressant.
-Trop d'informations ! intervint Gabriel. Greyback a bien fait de m'envoyer ici ! Il avait prévu que vous risquiez de vous sauter dessus, sinon ! »
Les deux liés ne prirent même pas la peine de le fusiller des yeux, trop occupés qu'ils étaient à se dévorer du regard.
« Pitié ! s'exclama le blondinet. Il reste deux heures, vous n'allez pas passer les deux prochaines heures à vous fixer de cette façon, je vais mourir d'ennui ! »
Harry et Draco reprirent une distance honorable, par respect pour Gabriel, mais ils s'installèrent côte à côte dans le canapé et Harry s'empressa d'installer la chaîne en or, les reliant ainsi tous les deux.
« Chaque costume a sa propre chaîne, expliqua Harry. Voici celle d'aujourd'hui. »
Draco sourit en réponse, observant leur lien physique pendant un long moment. Une légère honte s'insinua en lui.
« Ainsi… ça devrait toujours être ainsi. Enchaîné à toi, seulement à toi, toujours… arrête de le laisser libre ! »
Draco fit taire son loup en le repoussant au fond de lui de toutes ses forces, horrifié d'être d'accord, d'être tenté. Il porta une main tendre à la joue de Harry, ce dernier esquissant un sourire.
« Du thé ? demanda Draco en se détachant du brun pour regarder Gabriel.
-Je veux bien, oui. »
Draco porta la main à la chaîne et voulut la défaire, mais Harry l'arrêta. Le brun sortit sa baguette qu'il remua deux-trois fois et un service à thé apparut devant eux.
« Si tu veux bien faire le service, Gabriel ? proposa Harry avec patience.
-Ben voyons ! » lui dit le jeune homme, moqueur.
Draco s'appuya confortablement sur l'assise de son fauteuil, une satisfaction étrange l'envahissant au geste précédent de son amant. Comme si lui aussi prenait plaisir à cet enchaînement d'apparat.
« Pas trop stressé ? demanda Gabriel, lorsqu'ils furent tous servis en thé. Vous avez déterminé un nom d'emprunt pour Harry ? Parce que je doute que les éventuels espions croient au gars qui s'appelle Harry, ressemble à Harry Potter mais ne l'est pas…
-Greyback a proposé Evan, dit Draco en grimaçant. Moi, je l'appellerai bébé. »
Le frisson du brun ne leur échappa pas, mais aucun ne le fit remarquer, préférant déguster leur thé, non sans que Draco ait esquissé un léger sourire plein d'arrogance. Harry n'avait pas critiqué son choix, de toute façon.
Le temps s'écoula vite et ils durent rejoindre la maison de Greyback où Rosalia et Joshua étaient déjà. Tous s'étaient mis sur leur trente et un. Le vieil alpha était le seul à transporter une valise avec lui. Rosalia et Gabriel n'étaient pas sorciers, mais ils avaient accepté avec plaisir la proposition de Greyback : rétrécir leur valise. Ce dernier était en train de donner ses dernières recommandations à un Chyreer manifestement habitué.
« S'il y a le moindre problème, le moindre ! Tu m'appelles, d'accord ? Si tu soupçonnes une attaque ou…
-Je sais, seigneur ! intervint Chyreer, presque amusé. Ne vous en faites pas, si jamais un lapin inconnu franchit une des lignes de défense, je vous appelle avant de l'éviscérer !
-Ne te moque pas Chyreer ! répliqua Greyback, soucieux. Il pourrait vouloir profiter de mon absence pour… Enfin, tu sais. Sois vigilant.
Chyreer hocha silencieusement la tête.
« Bon ! dit Greyback en se tournant vers sa troupe d'accompagnateurs. Nous allons tous être transportés via le portoloin d'ici quelques minutes. Nous arriverons donc là où se tiendra la réunion. La coutume veut que nous allions d'abord nous présenter et que nous prenions possession de nos chambres ensuite. Joshua, tu iras déposer ton bagage à la réception avant, bien entendu. Potter, rappelle-toi que tu ne dois pas dire un mot ! Pas un ! Tu ne peux t'adresser qu'à Draco et uniquement si ce dernier t'en donne l'autorisation. Clair ?
-Comme de l'eau de roche ! répondit Harry, moqueur.
-Alors pourquoi me réponds-tu ? répliqua Greyback. Bref. Prenez tous cette fichue corde en main ! »
Il désigna une longue corde recouverte d'or qui était posée sur le sol. Elle était assez longue pour qu'ils puissent tous la tenir, sans qu'ils aient à se serrer.
« Chyreer, double les gardes, d'accord ?
-Je sais, répondit le second avec patience.
-Laisse Sean décider de qui il veut…
-J'en avais l'intention, répondit patiemment Chyreer. Je prendrai soin du village, ne vous en faites pas. »
Greyback n'eut pas le temps de donner un autre conseil. Une sensation familière s'empara d'eux et Harry saisit, de sa main libre, le bras de Draco, ce dernier écarquillant les yeux face à la soudaine frayeur de son amant. Bien sûr, le survivant lui avait confié son angoisse liée à l'utilisation des portoloins, mais il ne s'attendait pas à sentir une si forte peur venant de lui. Il eut tout juste le temps de passer un bras sécurisant autour de sa taille avant d'être entraîné dans un autre endroit.
A peine ses pieds furent-ils stabilisés sur un confortable tapis luxueux qu'il reçut brutalement Harry contre lui, ce dernier perdant nettement l'équilibre. Il sourit et l'aida à se stabiliser alors que ses yeux scannaient rapidement les alentours. Il les écarquilla en reconnaissant le hall d'entrée d'un hôtel très huppé.
« Bienvenus à l'Overlock, madame, messieurs, dit un homme vêtu d'un uniforme. Vous êtes bien Greyback, de la tribu d'Angleterre.
-Oui, répondit le susnommé en se tenant bien droit. Et vous êtes…
-Votre serviteur, pour la durée de votre séjour. Je m'appelle Dick. »
L'alpha hocha la tête et lâcha la corde qu'il tenait dans la main. Les autres l'imitèrent tandis que Draco continuait de tenir Harry serré contre lui. Bien que rassuré de se découvrir dans un lieu manifestement dépourvu de sorciers maléfiques, Harry n'en restait pas moins d'une nervosité presque harassante.
« La tribu d'Amérique du Nord a le plaisir de vous accueillir dans les Rocheuses du Colorado. L'hôtel est normalement géré par des moldus, mais est laissé à la charge d'un homme pour l'hiver. Nous avons pris soin de placer un sorcier pour cette fonction. Étant donné la période, l'Overlook est déserté par les sorciers du mois de novembre au mois de mai. Nous vous déconseillons de sortir sans un équipement qui pourra vous être fourni à la réception. »
Curieux, les membres de la meute jetèrent un œil par la fenêtre la plus proche : la neige tombait dru dehors et elle ne faisait que recouvrir une couche déjà épaisse. A vue de nez, Harry jugea qu'il devait bien y avoir plus d'un mètre de poudreuse.
« En tant que responsable, poursuivit le serviteur, je me dois également de vous avertir de la présence d'un poltergeist dans cet hôtel. Étant donné sa nocivité, je vous conseille de fuir sa présence.
-Sa… nocivité ? demanda Gabriel.
-Ce poltergeist est responsable de plusieurs tueries qui ont été provoquées par la folie qu'il répand. Personne, pas même les sorciers, n'est insensible à son influence. Veuillez rester éloignés de lui. »
Ils hochèrent tous la tête alors que, d'un geste ample, le serviteur les enjoignait à le suivre. Le hall d'entrée, décoré fastueusement, était éclairé par plusieurs lustres de cristal et candélabres. Ils avancèrent jusqu'à la réception où un petit homme moustachu attendait patiemment.
« Voici la meute d'Angleterre, annonça le serviteur flegmatique.
-Bonjour Madame, bonjour Messieurs, dit le réceptionniste. Je vous prie de me laisser tout bagage ou arme, s'il vous plaît. »
Harry haussa un sourcil en l'entendant mais il sortit sa baguette magique lorsque Greyback et Draco le firent pour la donner au petit homme. Ce dernier les déposa dans des boîtes − une pour Greyback, une pour Draco et lui − prévues spécifiquement à cet effet et il posa dessus un puissant sceau magique.
« Posez vos mains sur la boîte correspondant, s'il vous plaît », dit le réceptionniste.
Greyback et Draco obéirent. Instinctivement, Harry savait que la demande ne lui était pas destinée. Lorsque leurs paumes touchèrent les couvercles, une lumière dorée entoura les boîtes.
« Dorénavant, vous êtes les seuls à pouvoir déceler les baguettes se trouvant dans ces réceptacles, expliqua l'homme − Roger, selon son badge. Je vais les placer dans un coffre qui ne devra en aucun cas être violé. Le cas échéant, vous serez responsables des conséquences qui en découleront. »
Il prit les boîtes et, pivotant, fit un geste de la main. Un coffre apparut dans le mur derrière lui et il l'ouvrit pour déposer son fardeau à l'intérieur. Tous purent voir qu'il était déjà bien rempli. Refermant le coffre qui disparut aussitôt, Roger se tourna vers Joshua qui avait posé son bagage sur le comptoir.
« Joshua Greenbay, déclara-t-il. Votre bagage sera déposé immédiatement dans votre chambre dont nous vous donnerons la clé après la réception. Passez un agréable séjour dans notre institution. Que vos tractations soient fructueuses. »
Greyback et Joshua s'inclinèrent à ses mots et les plus jeunes s'empressèrent de les imiter. Le serviteur prit à nouveau le relais.
« Veuillez me suivre, s'il vous plaît, dit-il. Vous êtes le troisième groupe arrivé, loups solitaires et louves exceptées. Nous attendons encore neuf meutes. Les alphas en tête, suivis du potentiel et de son second.
-Gabriel est normalement un alpha potentiel jusqu'à sa majorité, intervint Greyback en posant une main paternelle sur l'épaule du blondinet. Mais du fait de son comportement, nous savons qu'il est un second désigné.
-Qu'il se tienne derrière l'alpha potentiel et son second », répliqua le serviteur.
Sans plus attendre, il se mit en marche. Greyback, Joshua et Rosalia le suivirent aussitôt. Draco souffla et leur emboîta le pas, Harry s'empressant de se placer à ses côtés.
« Légèrement en retrait, bébé », lui rappela Draco.
Le brun frissonna encore : ce surnom allait le tuer avant la fin du séjour, il en était certain ! Surtout si Draco s'amusait à le lui susurrer de façon si ambiguë ! Maugréant, il se plaça un pas derrière Draco. Gabriel, ricanant, se mit derrière eux. Harry fut tenté de le réprimander, mais le rappel sur son silence l'en empêcha. Greyback lui avait ordonné de se taire et même s'il ne l'estimait pas comme son alpha, il savait qu'il devait lui obéir. Il se contenta donc de fusiller le plus jeune du regard tout en suivant tranquillement son compagnon.
Dans un silence presque pesant seulement coupé par le bruit de leurs pas et des cliquètements de la chaîne de Draco et Harry, ils traversèrent tout le hall jusqu'au mur de droite où une porte ouvragée en chêne et à double battant était ouverte, donnant sur une vaste salle de réception. De là où ils étaient, ils pouvaient distinguer des tables recouvertes de nappes élégantes et de couverts en porcelaine. Harry sentit sa nervosité augmenter à la vue des nombreux couverts − en or − qui étaient disposés.
Lorsqu'ils arrivèrent au seuil de la porte, le serviteur les obligea à s'arrêter. Il se tourna vers l'assemblée dont Harry et Draco ne distinguèrent que de vagues silhouettes.
« La tribu d'Angleterre, dirigée par Fenrir Greyback et composée de lui-même, Rosalia Vermont, Joshua Greenbay, Draco Malfoy, Evan Malfoy − Harry tiqua − et Gabriel Deroy est arrivée et vous salue. »
Le serviteur se dégagea alors du chemin et Greyback entra dans la salle, suivi des deux autres alphas. Ils s'arrêtèrent pourtant sur le seuil et cette fois, Harry et Draco purent voir qu'une table, tout au bout de la salle, était occupée par une meute composée de cinq personnes. En son centre, un homme grand, musculeux mais âgé, pourvu de trois cicatrices − faites par des griffes − s'était levé.
« La meute d'Amérique du Nord vous salue, dit-il d'une voix caverneuse. Bienvenue, Greyback. Tu es à l'heure, voilà qui n'a rien d'étonnant.
-Merci, Jack, lui répondit Greyback en inclinant la tête. Un bien joli hôtel, dans lequel tu as la gentillesse de nous accueillir, ma meute et moi…
-Je ne vois pas Chyreer, pourtant, fit remarquer Jack, moqueur.
-Il faut bien qu'un loup surveille le troupeau. »
La répartie de Greyback sembla amuser la foule. Harry tourna aussitôt la tête dans tous les sens, bien qu'aussi discrètement que possible. A ses côtés, Draco était manifestement lui aussi occupé à épier les nouveaux visages. La table de Jack était décorée d'une nappe blanche et pourvue d'un emblème bleu : il s'agissait d'un piège à loup brisé. L'homme, malgré son âge, respirait la force et la droiture. Il avait de cheveux châtain ponctués de mèches blanches et deux yeux bleus d'un froid presque abyssal. Malgré tout, il était détendu, entouré de quatre loups d'âges variés.
Une autre table, décorée cette fois d'un bleu très pâle, était occupée. En son centre, Harry fut surpris d'y voir un homme jeune aux longs cheveux noirs et soyeux. Ils tombaient en lourdes mèches sur ses épaules. Tout comme Harry, ses yeux, d'un bleu presque blanc, étaient ceux de son loup. Ils scannaient les nouveaux arrivants, les étudiant de la tête aux pieds. A la vue de son costume, blanc et bleu pâle, le brun devina tout de suite qu'il était l'alpha de la meute. Pourtant, nombre de loups étaient nettement plus âgés.
« Ne restez pas dans l'entrée, dit soudainement Jack. Entrez, entrez et prenez place à votre table. Le groupe suivant ne devrait pas tarder ! »
Greyback s'inclina avec reconnaissance et se dirigea vers une longue table où il prit la place du centre. Rosalia et Joshua se mirent de part et d'autre. Gabriel prit place auprès du vieil alpha alors que Draco et Harry s'installaient aux deux dernières places, côte à côte. Ils venaient à peine de s'asseoir que le chef de la meute inconnue se leva.
« Que faites-vous, Pierce ?
-Je vais saluer mon père », répondit le jeune homme d'une voix rauque.
Harry et Draco eurent la surprise de voir l'homme se diriger vers leur table. Il se décala pourtant et, se plaçant devant Joshua, s'inclina devant lui.
« Heureux de voir que vous vous portez bien, dit-il en fixant le vieux loup.
-Merci, mon garçon, sourit Joshua, parlant avec bien plus de douceur qu'il n'en avait jamais manifestée. Je me réjouis de passer du temps avec toi durant ces trois jours.
-Je m'en réjouis tout autant. »
Par respect pour Greyback, le jeune homme s'inclina face à lui. Après quoi, sans même accorder de signe à la jolie Rosalia, il retourna à sa place. Harry était encore trop estomaqué pour s'en remettre.
« Tu… tu savais que Joshua avait un fils, toi ? chuchota-t-il à Draco.
-J'avais cru le comprendre, répliqua doucement le blond. Mais je n'en étais pas certain. Tiens-toi bien… »
Harry reprit aussitôt une posture plus ferme et se tourna sur le reste de la salle. D'autres tables, dépourvues d'armoiries, étaient occupées dont deux étaient remplies de femmes qui les regardaient en gloussant. Harry fronça les sourcils en remarquant les regards aguicheurs directement dirigés sur son amant qui étudiait plutôt les loups solitaires présents.
« Trois sont des serviteurs de Tu-Sais-Qui, chuchota-t-il à Harry avec la plus grande discrétion. Le grand aux cheveux hirsutes…
-Cheveux gris ? murmura Harry.
-Oui. Celui à la demi-queue rousse et le brun à l'air malade. »
Harry les repéra facilement. Deux étaient occupés à lorgner la bande de femelles d'un air alléché tandis qu'un fixait Greyback d'un air contemplatif. Harry voulut parler à Draco lorsque, brutalement un serviteur arriva à la porte.
« La meute d'Amérique du Sud, dirigée par Carlos Sanchez et composée de lui-même, d'Eleanor Stanberg, de… »
Harry cessa d'écouter les noms très rapidement. Son attention était dirigée vers l'alpha de la meute qui venait d'entrer. Son costume était coloré, très coloré et… épuré. A son poignet, un bracelet d'or le reliait à une femme pour le moins splendide et au teint foncé. Harry détourna rapidement le regard en la découvrant : elle était plus nue qu'habillée, bien que ses parties les plus intimes fussent dissimulées. Elle ne devait la dissimulation de sa poitrine qu'à ses longs cheveux noirs.
« Ah, Carlos ! dit Jack avec un grand sourire. Tu t'es fait attendre, à ce que je vois. Vous auriez dû être deuxième.
-Nous avons hésité à venir, lui répondit l'homme, impressionnant par sa grandeur et sa force.
-Ah ? demanda Jack, soudainement moins jovial.
-Certaines personnes ne sont pas agréables à avoir à dîner, expliqua franchement le chef de meute en regardant Greyback.
-Allons, allons, Carlos, tempéra Jack. Ce soir est destiné aux présentations et au repas. Gardons ces petites piques pour demain. Je me réjouis que vous ayez vaincu votre colère. Prenez place, prenez place. Soyez tous les bienvenus ! »
L'homme hocha froidement la tête. Accompagné de seulement deux loups, sa compagne exclue, il alla s'asseoir à sa table, décorée d'un blason brun doré. Harry observa ses deux accompagnateurs et il sourit en constatant que les deux étaient manifestement liés.
« Nous ne sommes pas les seuls ! dit-il à son amant, ravi.
-Tu croyais que nous étions uniques ? se moqua Draco. Non, nous ne sommes pas les seuls. Et je sais que tu as envie de parler à des personnes comme nous. Mais pas eux. »
Harry le regarda d'un air interrogateur.
« Ils sont contre Tu-Sais-Qui. Je sais… qu'ailleurs, ça irait. Mais pas ici…
-Oui, je sais, dit Harry en posant une main sur sa cuisse. Le paraître de Greyback et la survie du village avant tout. »
Draco hocha la tête en réponse et embrassa sa tempe avec reconnaissance. Harry les regardait pourtant avec tant d'envie qu'il attira l'intérêt des deux compagnons mais aussi du chef de meute.
« Un problème, petit ? demanda Carlos, les yeux plissés.
-Pardonnez-le, intervint promptement Draco. Mon compagnon et moi n'avons jamais rencontré d'autres couples similaires au nôtre. Il est simplement curieux. »
L'alpha siffla d'un air méprisant et se détourna d'eux. Le potentiel du couple homosexuel imita son mentor mais pas l'autre. Il sourit à Harry d'un air amusé et grimaça discrètement, arrachant un sourire au survivant. Les alphas et leur ego, semblait-il dire. Harry haussa les épaules en levant les yeux au ciel. Presque aussitôt, son interlocuteur et lui se firent réprimander par leur compagnon respectif.
« Ne les provoque pas, bébé, dit Draco d'un air agacé.
-Arrête ça, Stefan ! » avertit l'autre en même temps.
A la table des maîtres, Jack éclata de rire alors que les deux dominés prenaient un faux air repentant. Si l'alpha de la meute d'Amérique du Nord voulut parler, il n'en eut pas le temps : un serviteur se présenta à la porte pour annoncer l'arrivée de la meute d'Afrique du Nord. Harry fut consterné de les découvrir encore plus dévêtus que ceux d'Amérique du Sud, malgré les remarquables capes de fourrure − il s'agissait d'un lion pour l'alpha, de zèbre pour les trois potentiels l'accompagnant et de hyène pour les compagnes attachées à leur bras.
L'arrivée des meutes ou de loups solitaires dura deux heures encore, chaque fois dans des costumes époustouflants ou étranges. La plus remarquable de part sa rigidité et son traditionalisme, aux yeux de Harry, fut celle du Japon. Il la regarda passer avec une pointe de respect, dû aux costumes aux couleurs incroyables. Le plus aberrant, également, était leur nombre : ils n'étaient que deux L'alpha et sa compagne. Draco préféra l'Australie. Seule meute dirigée par une femme, au grand agacement de Harry face à l'expression contemplative de son amant. Ce qui lui donna droit à un grand coup de coude.
« Du calme, avait dit Draco. Ce n'est pas parce qu'elle est une femme que je suis admiratif, mais parce qu'elle dirige une meute ! »
La France, l'Espagne, l'Italie, la Nouvelle-Zélande, la Chine, la Russie et l'Allemagne étaient également représentées. Quand ils furent tous arrivés, Harry eut l'espoir de manger : son estomac gargouillait désespérément depuis longtemps déjà et il n'était pas le seul. La faim commençait à les rendre nerveux et agacés. Malheureusement, Jack se leva.
« Mesdames, Messieurs, dit-il. Je suis ravi de voir que vous êtes nombreux à nous avoir rejoints, une fois encore. Cette année, je suis le responsable de notre rencontre et j'apprécierais de ne pas avoir de conflit physique. Laissons les discussions pénibles à demain. Ce soir, je vous invite à vous restaurer dans la joie et la bonne humeur, à faire connaissance avec nos nouveaux visages et à profiter de cette soirée. Bon appétit et bonne soirée ! »
A peine eut-il prononcé ces mots qu'une foule de serviteurs apparut dans la salle, transportant d'énormes plats recouverts de nourriture d'Amérique du Nord traditionaliste. Personne n'afficha la moindre surprise alors que les mets succulents étaient disposés sur les tables. Comme le voulait la tradition, Greyback se servit en premier, suivi de Joshua, puis de Rosalia, de Draco, de Harry et enfin de Gabriel. le blondinet fit une moue, adressée à Harry, lui faisant clairement comprendre qu'il désapprouvait d'être désigné le dernier.
Le repas valait la peine d'attendre, Harry devait l'admettre. Il y avait le bruit de conversations, certains alphas allaient jusqu'à se parler depuis leur place, provoquant parfois une cacophonie désagréable mais Harry ne s'en préoccupait pas. Il observait toutes les personnes présentes, les alphas, en particulier. Ils étaient tous grands − sauf peut-être l'alpha français − et assez musclés. Draco, à côté d'eux, ressemblait à… un adolescent. Pourtant, Pierce, le fils de Joshua et chef de meute du Canada, était apparemment très jeune, mais il n'en demeurait pas moins gigantesque et fort.
« Dis-moi, murmura Harry à l'oreille de Draco. Quand tu m'as dit que tu allais grandir à ta majorité… euh… Tu vas grandir de combien de centimètres, exactement ? »
Draco haussa un sourcil à sa question puis sourit.
« Personne ne peut le dire, ça, lui répondit-il. Mais ne t'inquiète pas, tu grandiras aussi…
-Non, ce n'est pas vraiment la différence de taille entre nous qui m'inquiète. Plus petit que toi ou non, je serai quand même capable de te batte à la course… »
Draco grogna en l'entendant.
« C'est surtout… pour savoir, enfin… »
Harry gigota, mal à l'aise. Comment avouer à Draco que l'idée qu'il soit plus grand − le serait-il de partout ? − et plus fort, l'excitait ?
« Je vois, dit Draco, l'air graveleux. Toi et ton fantasme de la domination, hein ? »
Il se pencha discrètement sur lui et chuchota à son oreille d'une voix rauque :
« Tu ne risques pas de dormir beaucoup cette nuit… alors ne gâche pas ton énergie en fantasme. Garde-la pour réaliser le mien… »
Harry eut l'air interrogateur avant de se souvenir qu'un des fantasmes de Draco était de lui faire l'amour dans un hôtel de luxe. Il rougit, gigota et préféra attaquer son gâteau au chocolat, ignorant les ricanements de son amant.
Lorsque le repas disparut, plusieurs loups se levèrent pour rejoindre d'autres tables et discuter. Joshua fit partie de ceux-là. Après un signe de tête à Greyback, il retrouva son fils auprès duquel il s'installa avec tranquillité. Harry les observa un temps, cherchant une ressemblance entre l'un et l'autre. Pierce était aussi grand que son père mais il ne lui ressemblait pas du tout. Il s'apprêtait à demander à Draco s'il voyait des traits communs lorsqu'une haute stature se présenta devant eux.
« Bonjour ! s'exclama un homme brun, vêtu seulement d'un pantalon. Je suis Stefan et toi ?
-E… Evan, répondit Harry en levant la tête vers le visage souriant. Ah, tu es l'autre soumis ! »
Stefan eut l'air surpris puis éclata de rire.
« C'est une façon de voir les choses. Mais oui, je suis le compagnon de l'autre têtu, là, derrière moi… »
Stefan avait manifestement traîné son compagnon jusqu'à eux car ce dernier se tenait aussi loin que sa chaîne le lui permettait et avait croisé les bras sur son torse, l'air buté.
« Je vois, dit Harry en souriant. Je pensais que tout le monde allait nous ignorer…
-Oh, non, je pense que tout le monde ne va pas le faire, lui répondit Stefan en regardant un loup solitaire s'approcher pour discuter avec Greyback. Vous accepteriez de venir… plus loin avec nous ? Pour discuter ?
-Pour quoi faire ? demanda Draco, l'autre compagnon se rapprochant aussitôt d'un air mauvais.
-Parce que je le veux, répliqua Harry. S'il te plaît… »
Le blond le fixa un instant puis soupira. Merlin, il ne pouvait vraiment rien lui refuser !
« Bon, d'accord. Je préviens Greyback. »
Il se leva et tira sur la chaîne au maximum pour chuchoter à l'oreille de l'alpha. Ce dernier écouta attentivement, hocha la tête puis reprit sa conversation. A son tour, Harry se leva et attrapa la main de Draco pour suivre Stefan jusqu'à une petite table désertée où ils s'assirent tous les quatre.
« Depuis combien de temps êtes-vous liés ? demanda Stefan. Vous êtes si jeunes…
-Depuis octobre, répondit Harry tranquillement. Et vous ?
-Oh, ça doit déjà faire un an, non ? »
Il se tourna vers son compagnon qui leva les yeux au ciel en marmonnant une sorte de « comme si tu ne le savais pas ! ». Stefan sourit avec affectation.
« Il n'aime pas que je fasse preuve d'autorité sur lui. Je suppose que toi non plus.
-S'il pouvait me coudre les lèvres, parfois, je crois qu'il le ferait, taquina Harry.
-N'exagère pas ! » répliqua Draco, offensé.
Harry lui répondit par un sourire moqueur et Draco souffla, comprenant que comme l'autre, il ne pouvait rien dire. Manifestement, les deux dominés prenaient plaisir à échanger leurs avis.
« Et donc… Comment vous êtes-vous rencontrés ? »
Harry sentit la main protectrice de Draco dans le bas de son dos et comprit le message : gare aux questions pièges. On pouvait tenter de le percer à jour.
« Oh, Draco a été introduit dans la meute de Greyback en punition… Et j'y étais déjà. On s'est soulés ensemble, on a couché ensemble et malgré le fait qu'on ne se connaissait pas bien, il semblerait que nous ayons été amoureux parce que… hum…
-Vous vous êtes réveillés avec une gueule de bois et un lien ? s'exclama Stefan. Mon Dieu, quelle horrible façon de se lier ! Et comment avez-vous pris ça ?
Harry grimaça alors qu'il sentait Draco se tendre derrière lui. Maladroitement, il se tourna vers lui et appuya son visage contre sa gorge dans un geste d'excuse.
« Il m'a rejeté, reconnut Draco en passant un bras autour des épaules du brun. Assez cruellement. Il m'a dit qu'il préférait me voir mort que d'être avec moi. Nous ne nous entendions pas bien, alors.
-Ça n'a pas dû être agréable, intervint le compagnon de Stefan, manifestement plus détendu.
-Ça a été l'enfer, répondit Draco. Je n'ai jamais autant souffert de ma vie. »
Harry couina contre lui et frotta son visage contre sa gorge. Il ne chercha pas à s'excuser ni à comprendre pourquoi soudainement, il se comportait ainsi. Ses instincts étaient les meilleurs guides, il le savait.
« Chut, tout va bien, murmura Draco à son oreille. Tout va bien. »
Il lui frotta le dos avec tendresse puis reprit :
« Evan a… une capacité particulière : lorsqu'il dort, si je suis éveillé, il me voit. Et comme rester auprès de lui était trop douloureux, j'avais trouvé refuge chez un parent vampire.
-Yeurk ! dit Stefan.
-Oui, je sais, approuva Draco. Mais il est assez supportable, malgré son excentricité. Bref, à force de rêver de moi, il a eu pitié…
-Ce n'est pas ça, je n'ai pas eu pitié.
-Si tu l'as eue, rétorqua Draco. N'aie pas honte, ton côté sauveur du monde me plaît… parfois. Bref, il est venu me chercher, m'a ramené au village et… je l'ai séduit. Encore et encore. Jusqu'à ce qu'il soit fou de moi. Et qu'il me supplie d'être à lui.
-Ce n'est pas ainsi que ça s'est passé, espèce de bâtard égocentrique ! Tu m'as séduit, c'est vrai. Mais je ne t'ai pas supplié !
-Si peu, répliqua Draco.
-Je ne t'ai jamais supplié pour que tu m'appartiennes, tu n'arrêtes pas de réclamer que je t'appartienne alors que c'est le cas !
-Si tu le dis…
-Mais…
-Abandonne, intervint Stefan. C'est de l'orgueil de dominant. Donne-lui des victoires de temps en temps, laisse-lui penser qu'il a raison. Le point important ici, c'est qu'il t'a séduit. Donc, il a gagné. Qu'il soit celui qui ne cesse de te marquer comme sa chose n'a pas de poids face à ça. Ce n'est pas logique, je sais, mais ils sont tous comme ça. Aïe, Eric, tu m'as frappé.
-Arrête de parler de moi comme si j'étais un cas psychologique.
-Vous, les soi-disant dominants, êtes tous pareils ! Vous avez besoin de vous sentir dirigeant, de vous sentir supérieur. Qu'importe que nous soyons capables de vous faire danser sur vos mains si on le souhaite.
-Pas du tout ! répliqua l'autre, choqué.
-Crois-le, mon amour, crois-le. Je sais que j'ai raison ! »
Et Stefan leva fièrement le nez en l'air, moqueur. Harry ne put s'empêcher de sourire.
« Et vous ? dit-il. Comment cela s'est-il produit ? »
Il inclina automatiquement la tête sur le côté, Draco étant alors occupé à lui grignoter la gorge.
« Oh, simplement ! affirma Stefan. On a fait partie de la même meute. On a grandi ensemble, on s'est entraînés ensemble, on a chassé ensemble… Puis, un jour, j'ai remarqué que je le regardais beaucoup. Il m'excitait. Tout le temps. Quoi qu'il fasse, quoi qu'il dise. Alors… je me suis jeté sur lui (il grimaça). Il n'a pas apprécié et il m'a rejeté. Alors je suis parti.
-Parti ? demanda Harry.
-J'ai… j'ai quitté ma meute, lui expliqua Stefan d'un air soudainement sombre. Je suis devenu un loup-garou solitaire. »
Derrière lui, Eric eut un air chagriné. Il se rapprocha de son compagnon et frotta son nez contre son oreille avec douceur. Stefan esquissa un sourire.
« Mais il est venu me rechercher. Ça lui a pris un an pour se décider !
-Non, ça m'a pris six mois pour te retrouver ! s'outragea Eric. Six putain de mois où je lui ai couru après ! Et tout ça pour découvrir quoi ? Monsieur sortait avec un autre.
-Quoi ? s'exclama Harry, surpris.
-C'est vrai, dit Stefan grimaçant. Je m'étais résolu. J'essayais de l'oublier. J'avais accordé sa chance à un autre qui ne m'intéressait que parce qu'il avait les mêmes yeux que lui. Et il lui a défoncé la tête en le frappant quand il l'a vu m'embrasser. »
Eric l'enlaça brutalement, l'air presque furieux à ce souvenir. Harry sourit en les regardant.
« Et ensuite ? Il t'a ramené ?
-Il a voulu, mais j'ai refusé. Comme si j'allais juste m'incliner parce que monsieur se rendait compte de quelque chose si évident que même un aveugle l'aurait vu ! Non, je l'ai fait courir un peu aussi. Il m'avait blessé, il le méritait bien !
-Il m'en a fait voir de toutes les couleurs. A flirter avec tous les mecs alors qu'il ne daignait même pas me regarder. Connard de sadique ! »
Stefan éclata de rire.
« Mais un jour, j'ai vu que même s'il m'avait blessé… j'étais en train de lui faire pire. Alors… je lui ai laissé sa chance. Même si on s'est unis qu'un an plus tard !
-Un an ! s'horrifia Draco. Merlin, heureusement qu'on ne vous a pas rencontrés avant ! Tu lui aurais donné des idées horribles !
Il avait placé ses mains sur les oreilles de Harry, comme si ce dernier pouvait s'inspirer des paroles de l'autre homme.
« Arrête, idiot, lui dit le brun en enlevant ses mains. Comment as-tu tenu ?
-J'ai utilisé mes mains, répliqua Stefan, pragmatique. Et je suis rancunier, très ! »
Harry éclata de rire alors qu'Eric approuvait muettement les paroles de son compagnon.
« Je vois qu'on fraternise, dit soudain la voix froide de Carlos qui venait vers eux.
-Oh, je vous en prie ! dit Stefan d'un air agacé. Ils sont adorables tous les deux. Et ça fait du bien de parler avec un autre couple gay ! J'en ai assez d'être regardé comme une chose anormale.
-Ce n'est pas le cas, le contredit Carlos d'un air agacé.
-Si peu ! rétorqua Stefan. Allons, ce n'est pas parce qu'ils sont dans la meute de Greyback qu'ils sont comme lui, vous le savez. Regardez Joshua ! Ou Pierce ! C'est son fils, mais c'est un bâtard, contrairement à son père !
-On voit que ce n'est pas toi qui te fais entraîner par Joshua, marmonna Draco.
-C'est Joshua qui vous forme ? s'étonna Carlos en le regardant.
-Oui, répondit le blond. Greyback n'a pas le temps et puis… je suis un peu trop rebelle pour lui. Surtout quand ça concerne bébé. »
Harry sourit. Il s'habituait presque à ce surnom.
« Je vois, dit Carlos en le regardant. Combien de temps avant ta majorité.
-Trois mois, lui répondit Draco. Et je sais que je ne pourrai pas rester là. Je ne saurai jamais. J'ai mon compagnon. Si je ne dois jamais avoir de meute, ça me va, tant que lui est à mes côtés. »
Carlos sembla approuver ses mots. Sa compagne était en retrait, silencieuse. Harry la vit sourire furtivement avant qu'elle ne regarde autour d'elle. Elle posa une main sur l'épaule de son compagnon et ce dernier siffla, l'air écœuré.
« Les garçons, allez vous coucher. Tous les quatre. Ça vaut mieux. »
Il se détourna d'eux, prit la main de sa compagne et s'éloigna. D'un même mouvement, Stefan et Eric se levèrent.
« Vous devriez obéir, suggéra le dominé. A demain, pour une autre conversation, Evan. »
Et ils partirent presque en courant, comme s'ils fuyaient quelque chose. Draco et Harry eurent l'air étonné puis se retournèrent à la recherche d'un danger. Pourtant, rien ne semblait dangereux. Les invités discutaient, certains buvaient tranquillement. Harry nota avec retard qu'ils n'avaient même pas consommé d'alcool, Draco et lui. Il ne savait pas non plus quel était l'effet exact sur les loups-garous, concernant l'alcool. Il s'apprêtait à interroger son amant lorsqu'il remarqua le regard flou de ce dernier. Suivant son regard, Harry sentit une rage sans nom l'envahir lorsqu'il nota la présence d'une femme à l'allure sauvage non loin d'eux. Ils se regardaient. Non. Ils se dévoraient des yeux !
Draco, lui, n'avait rien compris. Un instant, il se demandait pourquoi les membres de la meute d'Amérique du Sud avaient fui et celui d'après, un parfum entêtant embrouillait ses sens. Il tourna la tête et aperçut une jeune femme à la chevelure noire et bouclée. Elle le fixait. Et brutalement, plus rien d'autre n'existait. Il n'y avait que cette femme au monde. Il eut l'envie − brève, éphémère − de se lever, d'avancer vers elle. Il se vit l'enlacer, l'embrasser, la caresser. Il se vit lever cette jupe ridiculement courte. Et il savait que la femme ne ferait rien pour l'en empêcher. Au contraire. Elle l'accueillerait. Elle gémirait. Elle ferait tout ce qu'il voudrait. Oui, absolument tout. Il la prendrait. Il la prendrait autant de fois qu'il le voudrait et alors…
Alors un choc violent au niveau de son visage le fit tomber de sa chaise si brutalement qu'il eut l'impression de sombrer dans un précipice. Mais la distance était courte et le temps qu'il reprenne ses esprits, il était sur le carrelage, une main posée sur son visage. Il regarda autour de lui mais ne trouva que des sourires moqueurs de quelques alphas l'entourant. Puis, soudainement, Gabriel était près de lui et l'aidait à se relever.
« Dépêche-toi, tu dois t'éloigner d'ici.
-Quoi ? balbutia Draco, qui ne comprenait pas.
-Les louves se sont mises en chasse, répliqua Gabriel. Tu es trop jeune pour y résister et elles en veulent aux jeunes alphas.
-Mais, je suis… où est…
-Il est parti en courant après t'avoir frappé extrêmement fort et après avoir cassé votre chaîne. Vite avant qu'elles n'essayent encore de te séduire.
-Mais… je suis lié, s'exclama Draco, outré qu'une louve ait essayé de le séduire.
-Alors ça, si tu crois que ça les inquiète ! dit Gabriel. Elles ne cherchent pas à se lier. Elles veulent juste que tu t'accouples avec elles et que tu les fasses tomber enceinte. Tu ne peux pas avoir d'enfant avec Harry, tu es la proie parfaite. Tout comme l'autre couple gay. A l'avenir, je te conseille de porter un tissu avec l'odeur de Harry sous ton nez, sinon, ça recommencera. Et si tu ne te dépêches pas d'aller parler avec ton lié, il va sûrement ne pas être à tes côtés pour te sortir à nouveau de ta transe. Allez, dépêche, sors, cours-lui après. »
Pantelant, Draco obéit et il se hâta de sortir de la pièce où, en effet, plusieurs louves étaient passées à l'attaque et, à grand renfort d'hormones, tentaient de séduire les hommes présents. Draco sortit de la salle de réception pour débouler dans le hall seulement éclairé par quelques bougies flottantes. Derrière son comptoir, le réceptionniste ainsi que Dick semblaient l'attendre.
« Je vous conduis à la chambre, dit le serviteur avec patience. Venez.
-Evan y est ? demanda Draco en le suivant.
-Il y est. Il a demandé à ce que vous soyez placé dans une autre chambre, mais nous avons préparé scrupuleusement le bon nombre de pièces. Quel que soit le motif de sa colère, pensez-vous pouvoir le calmer ?
-Je vais essayer, répondit Draco. Euh… est-ce que les chambres sont insonorisées ? »
Dick eut un sourire tout en appuyant sur le bouton de l'ascenseur.
« Elles le sont, monsieur », répondit le serviteur.
Draco ne dissimula pas son soulagement. Connaissant Harry et sa jalousie, il y aurait sans doute des cris et des injures. Il n'avait pas vraiment envie de laver son linge sale en public. Surtout lorsque le linge exposé risquait de révéler l'identité de son amant.
L'ascenseur daigna enfin arriver dans un grincement sinistre. Dick poussa la grille en or ouvragé et ils montèrent à l'intérieur, non sans que la cabine ne s'enfonce sous leur poids. Peu rassuré, Draco regarda le serviteur appuyer sur l'étage correspondant − le troisième − et il retint un gémissement nauséeux lorsque la cabine se mit lourdement en mouvement. Heureusement, le trajet ne dura pas longtemps et ils se stabilisèrent enfin. Draco s'empressa d'ouvrir la grille à la place de Dick et sortit, respirant un grand coup.
« Il n'est pas très rassurant, compatit l'employé. Mais il est très pratique. Venez, c'est la chambre 318. »
Draco le suivit le long des luxueux couloirs. Par les fenêtres entourées de rideaux vaporeux, il pouvait distinguer le parc enneigé et la forêt au loin. Il se détourna du spectacle extérieur lorsque Dick s'arrêta.
« C'est ici, monsieur, dit-il. Je tiens à préciser que tout meuble fracturé vous sera facturé. En outre, en tant que sorcier, vous vous devez de savoir que tout désir écrit sur parchemin sera réalisé. Ce dernier se trouve dans les tables de nuit et vous explique la manœuvre.
-Écoutez, je verrai ça plus tard, interrompit Draco. Merci pour votre aide. »
Et sans plus attendre, plantant là le pauvre Dick, il ouvrit la porte pour entrer. la referma aussi vite, se plaquant contre le battant. La chambre était magnifique. Aussi grande qu'une salle commune, pourvue d'un mobilier verni en chêne − table, chaises, tablette près du lit à baldaquin aux multiples coussins duveteux − et de nombreux tapis valant sans doute une fortune, elle ne pouvait laisser indifférent un aristocrate tel que lui. Mais Draco ne s'attarda pas sur le décor. Ses yeux se posèrent sur la silhouette furieuse postée près d'une fenêtre à guillotine. Il lui tournait le dos mais Draco pouvait voir ses doigts serrant furieusement ses propres coudes, le brun ayant enlevé ses capes qui reposaient sur une chaise. Tout son corps tremblait d'une rage indicible et le blond déglutit. Tant qu'il était calme, il devait en profiter.
« Laisse-moi m'expliquer, réclama Draco. S'il te plaît. C'est un sujet qui aurait dû être abordé mais qui ne l'a pas été du fait de ton entraînement avec Lupin alors s'il te plaît, écoute… »
Il ne finit pas sa phrase. Harry s'était retourné et le regardait avec tant de haine dans les yeux que Draco sentit son cœur s'affoler dangereusement. L'espace d'un instant, une panique semblable à celle ressentie un mois et demi plus tôt s'empara de lui mais il la repoussa de toutes ses forces : Harry était un loup-garou ! Il pouvait le haïr, mais pas le quitter.
« Guilbert aurait dû t'expliquer… ce genre de choses peut arriver et… Euh… »
Il ne savait pas par où commencer. Il était habitué à un Harry hurlant sa colère. Pas à cette froideur haineuse qu'il dirigeait contre lui. Ce silence était encore pire.
« Toutes les femmes ne sont pas faites pour porter des enfants, commença Draco, mal à l'aise. C'est pour cela que certaines… certaines se donnent le rôle de mère porteuse. On les appelle les louves. »
Harry le dévisageait toujours sans rien dire et Draco souhaita qu'il lui jette des objets au visage.
« Dans une situation idéale, un lycan rencontre sa compagne, se lie avec et ils ont leurs propres enfants. Mais si la compagne n'y parvient pas… une louve peut se proposer comme substitut. Elle y gagne une place sociale, un toit et le droit de voir les enfants qu'elle a portés, bien qu'ils la considèrent comme une marraine et non comme une mère. Dans une situation idéale encore, l'homme sélectionne une louve avec l'approbation de sa compagne. Ils copulent ensemble, une seule nuit, elle porte son ou ses enfants et ils vivent dans un bonheur familial… mais ce genre de situation est rarissime.
« Les louves ne sont pas idiotes : plus le père des enfants est hiérarchiquement élevé, mieux c'est. Elles viennent donc à la réunion des alphas. Mais il y a entre elles une féroce compétition. C'est la raison pour laquelle elles… elles ne suivent pas souvent les règles imposées.
-Les règles ? demanda froidement Harry.
-C'est censé être un choix mutuel du couple, répondit Draco. Tu es censé être d'accord et nous sommes supposés en choisir une ensemble. Mais elles… enfin, elles passent au-delà de ça. Elles tentent d'attirer un alpha, qu'il soit libre ou non et… et…
-Le séduise, trancha Harry avec fureur.
-Non, pas exactement, répondit Draco avec calme. Elles l'envoûtent. Elles utilisent pour ça leurs phéromones qu'elles savent rendre très… persuasives.
-Je vois, répliqua Harry en le fixant toujours avec fureur. Eh bien, je ne te retiens pas. Vas-y. Va en sauter une, deux, trente, si tu veux ! Mais ne compte pas sur moi après, Malfoy ! Plus jamais après ça !
-Harry, je n'ai aucune envie de m'accoupler avec une d'entre elles ! s'exclama le blond, fronçant les sourcils en entendant son amant l'appeler par son nom de famille.
-C'est ça ! Prends-moi pour un idiot aussi ! Tu crois que je ne t'ai pas vu ? Tu crois que je ne sais pas interpréter ton regard ? Que je ne sais pas y reconnaître le désir ?
-Je ne les désire pas vraiment ! C'est ce parfum qui…
-Qui quoi ? Qui t'a fait la regarder comme si elle était une piscine d'eau douce après une traversée du désert ? Va te faire voir, Malfoy, tu ne me feras pas prendre des vessies pour des lanternes !
-Tu ne raisonnes pas convenablement, Harry et je peux le comprendre. Si la situation était inversée, j'aurais probablement tué cette garce et je serais en train de te hurler dessus, au mieux. Je n'ose imaginer le pire. Mais tu ne comprends pas non plus quelle était la situation.
-Ah, parce que je dois me montrer compréhensif, c'est ça ? Tu veux peut-être que j'aille en chercher une pour toi, que je lui explique ce que tu aimes qu'on te fasse, que je vous souhaite un bon moment puis que je parte ? Tu ne veux pas non plus que je vous accompagne, peut-être ?
-Harry, soupira Draco. S'il te plaît. Quand je te dis de te montrer compréhensif, c'est vis-à-vis de ma réaction, pas d'une éventuelle copulation. Je n'ai aucune envie de toucher une de ces créatures. Strictement aucune !
-Permets-moi d'en douter, répliqua le brun. Ce n'est pas du tout ce que tu exprimais tout à l'heure ! Et tu me fais rire avec ton « sois compréhensif ». Et si j'allais m'en taper une, moi, hein ? Si je sortais maintenant et que je lui proposais de… copuler, comme tu dis. Ou mieux, faisons ça à quatre, histoire que je ne sois pas le seul à être cocu ! »
Malgré lui, Draco ne put rester indifférent à la menace. Il savait que c'était exactement ce que Harry cherchait mais il ne pouvait pas rester de marbre face à de telles paroles.
« Je te l'interdis, siffla-t-il.
-Ah, alors monsieur peut s'envoyer en l'air avec une de ces traînées parce qu'il est un futur alpha et qu'elles sont en mesure de lui fournir des enfants, mais moi, non ? Je serai second, pourtant, ça devrait les intéresser, non ? Je devrais aller leur dire, tiens. »
Harry fit un pas pour se diriger vers la sortie et Draco bondit sur lui. Il savait que Harry parlait de cette façon pour le provoquer, mais sa possessivité ne pouvait pas être réfrénée.
« Tu arrêtes ça, Potter, cria-t-il. C'est une réaction chimique, due à une provocation à laquelle il est difficile de résister, mais j'y ai résisté ! Je n'ai aucune envie de m'accoupler, aucune envie d'avoir des enfants avec l'une d'elles ou d'en avoir tout court, d'ailleurs ! Oui, j'ai été charmé par son parfum, oui, je me suis imaginé en train de la toucher, mais ça n'est pas allé plus loin et c'était entraîné uniquement à cause de son odeur ! J'y ai résisté et ne viens pas dire que non sous prétexte que je l'ai dévoré des yeux. Je ne m'y attendais pas, elle m'a attaqué par surprise, c'est la seule raison qui explique mon attitude. Mais j'y ai résisté ! Quelqu'un d'autre que moi se serait jeté sur elle sans réfléchir ! Quelqu'un d'autre que moi l'aurait baisé à même le sol. Mais je ne l'ai pas fait, parce que je me fiche d'elle, que je ne veux que toi et que jamais, jamais, je ne voudrai d'enfant !
-Tu dis ça maintenant ! cria Harry en se débattant. Tu dis ça maintenant mais tu changeras d'avis ! »
Il tenta de se défaire de sa poigne, en proie à une jalousie féroce mais Draco l'en empêcha. Utilisant les techniques apprises lors de leur entraînement, il lui fit un croche-pied et l'étendit sur le sol en quelques secondes, pour ensuite se coucher sur lui, provoquant un grognement rageur de son amant.
« Quand comprendras-tu, Potter ? souffla Draco à son oreille, la voix presque menaçante. Quand comprendras-tu que nous nous appartenons l'un l'autre ? Que tu ne pourras jamais me trahir et que je ne le peux ni ne le veux ?
-Tu le peux, si tu le veux ! répliqua Harry, tentant de se défaire de sa prise et agacé d'être encore excité par l'aura dominatrice du blond. Si plus tard, tu veux en enfant…
-Jamais ! grogna Draco. Jamais je n'en voudrai, est-ce que c'est clair pour toi ? Jamais !
-Tu n'en veux pas, pour l'instant ! lui dit Harry. Mais tu peux changer d'avis ou…
-Ou rien, l'interrompit le blond. Je n'en voudrai jamais, Harry, est-ce que tu comprends ? Jamais ! »
Le brun fronça les sourcils. Il y avait une signification étrange derrière les paroles de Draco. Son regard, son emprise sur ses poignets, la lourdeur sur son corps… tous réclamaient une possession de son être qui le fit trembler. Jamais Draco ne l'avait regardé et dominé ainsi. Comme s'il était… un objet. Son objet.
« Comment ? dit-il, tremblant de la tête aux pieds. Comment peux-tu être aussi sûr que tu n'en voudras jamais ? »
Draco le fixa un long moment de ses yeux devenus lupins. Il resta silencieux et Harry sentit son cœur battre la chamade.
« Parce que je ne veux pas te partager, lui répondit Draco. Jamais. Avec personne. Pas même avec un quelconque enfant ! »
Harry sentit sa gorge se nouer à ces mots. Comment pouvait-on être à ce point possessif et égoïste ?
« Et si moi j'en veux ? »
Drao plissa les yeux dangereusement.
« Jamais ! cria-t-il férocement en serrant ses doigts si fort autour de ses poignets que Harry craignit de les entendre se casser. Je le refuse, tu m'entends ? Tu ne feras jamais ça ! »
Harry voulut répondre mais il n'en eut pas l'occasion. Draco se redressa brutalement et, avec des gestes empressés et violents, lui détacha son haut.
« Tu m'appartiens ! dit-il en se recouchant sur lui, sa langue allant passer sur sa marque au niveau de l'épaule. Tu as accepté ça ! Tu as dit que tu ne me tromperais jamais ! Tu as revendiqué ton appartenance des dizaines de fois ! Je t'interdis de faire ça, tu m'entends ? Tu n'es qu'à moi seul ! »
Il avait presque crié sur la fin. Harry le regardait, estomaqué de tant de violence et de rage chez son amant. Il était hermétiquement fermé à toute discussion. Aucune négociation n'était possible. L'espace d'un instant, Harry s'interrogea. Voulait-il des enfants ? Non. Pas dans l'immédiat, en tout cas. Il était trop jeune. Il ne se voyait pas devenir père avant… au moins plus de trente ans. Mais le voulait-il ? Etait-ce un besoin vital, pour lui, d'être un père ?
« Non, réalisa-t-il. Pas pour l'instant. »
Alors il pouvait au moins désamorcer le conflit. Pour l'instant, en tout cas.
« Je ne veux pas d'enfants », dit-il le cœur battant.
Il fut presque soulagé de sentir les doigts de Draco, dont les ongles allongés s'enfonçaient dans sa chair, se détendre et relâcher la pression.
« Je n'en veux pas, pour l'instant, corrigea Harry, grimaçant face au retour de la pression, bien que moindre. Je suis trop jeune. Trop égoïste. Je veux pouvoir être libre de toute contrainte. Profiter de ma liberté, profiter de toi. Mais je ne suis pas sûr de ne jamais vouloir en avoir.
-Oublie cette idée, lui rétorqua Draco. Oublie ça, Harry. Je ne partagerai pas. Et je ne te permettrai jamais de féconder une de ces femelles !
-Je ne le voudrais pas, de toute façon, répondit le brun avec patience, ignorant la douleur mais aussi son désir. Je ne saurais pas, quel que soit mon envie d'avoir des enfants. Mais il existe d'autres moyens.
-D'autres moyens ? demanda le blond, méfiant.
-Les moldus ont des techniques. Ou il y a l'adoption. »
L'expression de Draco restait sombre et Harry soupira.
« Je n'en veux pas pour l'instant et je n'en voudrai sûrement pas avant plusieurs années… Alors ne t'angoisse pas pour ça.
-Je ne m'angoisse pas, Harry. Mais tu ne sembles pas comprendre que je ne changerai jamais d'avis. Je ne veux pas te partager. Jamais ! C'est… Lorsque je te dis que tu m'appartiens, ce n'est pas pour être romantique, ce n'est pas une déclaration d'amour quelconque. C'est une mise en garde. »
Harry écarquilla les yeux à nouveau mais il n'eut pas le temps de répliquer. Les yeux plus lupins qu'humains, l'air dominateur avec une pointe de honte, Draco dit d'une voix rauque :
« J'ai parfois envie de t'enchaîner à moi de façon physique et définitive. Pour que jamais tu ne t'éloignes de moi. Et pour que personne ne t'approche, ne te touche. C'est une lutte que je mène contre moi-même depuis l'établissement de notre lien. Et ça n'a fait que s'accentuer, avec le temps. J'essaye d'y résister… mais je ne supporte pas qu'on t'éloigne de moi ne serait-ce qu'une seconde. Je ne le tolère que parce que je ne veux pas te blesser. Mais tu n'imagines pas… ce qu'il me chuchote parfois de te faire. »
Il avait prononcé la dernière phrase dans un souffle rauque, animal. Harry n'eut pas besoin de demander qui était ce il. Il lui suffisait de regarder Draco et son aspect si peu humain pour le savoir. Même le bout de son nez semblait s'être assombri !
Tout être humain normal aurait dû être terrifié ou en colère. En colère d'être pris pour une possession, pour ne pas avoir son mot à dire sur son avenir et sur ses désirs. Terrifié des mots prononcés par Draco, par la menace planant derrière eux. Mais Harry ne ressentit rien de tout cela. D'abord, parce qu'en tant que loup-garou, il comprenait pourquoi il était si possessif. Ensuite, parce que son autorité et même la possibilité d'être enchaîné à son amant l'excita. Il gémit contre le blond et ses jambes s'écartèrent pour se nouer autour de la taille d'un Draco réceptif. L'alpha potentiel poussa un son rauque en le voyant s'alanguir ainsi sous lui et il fondit sur sa gorge pour le mordre avec douceur et le lécher. Il murmurait parfois des « A moi » qui arrachaient à Harry des petites plaintes rauques d'assentiment.
« Pour… pourquoi personne ne m'a… ne m'a prévenu ? marmonna Harry, incapable de résister au toucher de plus en plus passionné de son amant.
-Je pensais que Guilbert t'en avait parlé, répondit Draco, ses dents continuant de mordiller la peau pourtant déjà bien marquée. Il aurait dû t'en parler. Oh putain, Harry, comment peux-tu penser que je veuille toucher quelqu'un d'autre que toi. Tu es si sexy. »
Il était descendu le long de son torse et passait son nez sur son ventre, sentant son odeur qu'il avait aimée dès le début avec un plaisir voluptueux, sa langue allant parfois flatter la peau crémeuse et arrachant des soupirs alanguis au brun.
« Le corps… Le corps d'une femme… ne te manque pas ? » haleta Harry, inquiet de la réponse.
Draco releva la tête pour le fixer un long moment, immobile au-dessus de lui.
« Pourquoi ? fit-il avec méfiance. Ça te manque, à toi ?
-Non ! répondit précipitamment Harry. Mais je n'ai jamais… enfin, je n'ai jamais couché avec une femme. Alors que toi… »
Draco sembla se renfrogner à l'entente de ses mots. Brutalement, il se redressa, laissant au sol un Harry à l'air totalement égaré.
« Lève-toi, déshabille-toi et va sur le lit. Enlève les couvertures. Maintenant ! »
Le brun se redressa et le regarda se diriger vers la tablette posée près du lit. Il l'ouvrit pour en sortir un encrier, une plume et un parchemin recouvert de petits caractères. Sceptique, Harry finit par se lever et enleva sans difficulté son haut déjà détaché. Il défit sa coiffure avec lenteur, observant le blond qui écrivait férocement sur le papier. A sa grande surprise, une étoffe en soie apparut au milieu du lit tandis qu'il faisait glisser son pantalon. Draco reposa le parchemin et se tourna vers lui.
« Tu n'es pas encore prêt ? » dit-il, l'air agacé.
Il s'approcha de lui et fit descendre son sous-vêtement avec brutalité pour ensuite saisir ses fesses dans ses mains et le plaquer contre lui, allant sentir ses cheveux avec plaisir.
« Tu es vraiment mieux au naturel, murmura-t-il près de son oreille.
-Qu'est-ce que tu comptes faire ? demanda Harry en s'apercevant que certains meubles semblaient devenir transparents, le long des murs.
-Te montrer une bonne fois pour toute que je ne veux que toi, à jamais. Viens. »
Il l'entraîna jusqu'au lit dont il dégagea vivement les couvertures pour les jeter au sol, non sans avoir récupéré le bandeau. Il fit la même chose avec les oreillers et désigna le centre du lit à Harry.
« Mets-toi à genoux, là », indiqua-t-il en pointant le centre du lit.
Bien que sceptique, Harry obéit. Il avait entièrement confiance en son amant et même si sa demande et ses agissements étaient soupçonneux, il ne craignait pas les conséquences. Son cœur accéléra lorsque Draco noua le bandeau de soie autour de son visage, lui dissimulant entièrement la chambre qui continuait de se modifier.
« J'arrive tout de suite, lui dit Draco d'une voix suave. Je me déshabille. Ensuite, je te préparerai. »
Une succession de bruits eut alors lieu : des vêtements tombant au sol, des chaussures jetées violemment. Puis, il y eut des cliquetis de chaînes et le poignet gauche de Harry fut pris avec douceur. Un bracelet métallique et froid lui fut passé, l'obligeant à garder le bras levé : Draco l'avait enchaîné, sans doute aux hauts montants du baldaquin. Très vite, la main droite subit le même traitement, non sans avoir été tendrement embrassée. A genoux sur le lit, bras tendus et enchaînés, Harry sentit le matelas s'affaisser derrière lui puis un corps nu et manifestement excité se colla au sien, deux bras forts enlaçant sa taille. Des baisers furent déposés contre sa gorge, le long de sa jugulaire et le souffle de Draco apparut contre sa peau.
« Personne d'autre que toi ne m'a jamais satisfait, murmura-t-il d'une voix rauque. J'ai eu cinq relations. Je ne dis pas avoir couché avec une femme seulement cinq fois. Il n'y a eu que cinq femmes et aucune ne m'a jamais apporté ce que tu me donnes. Tu es unique. Incomparable. Et pas seulement parce que tu es un homme. Aujourd'hui, je vais te montrer pourquoi. Profites-en bien et observe. Regarde autant que tu veux. »
Le bandeau lui fut alors retiré et Harry hoqueta alors que ses yeux se posaient à gauche, à droite, partout. Mais il ne voyait qu'eux : sur chaque mur les entourant, de larges miroirs avaient remplacé le papier peint. Les meubles, devenus transparents − à l'exception du lit − lui laissaient une vue parfaite de leurs corps collés l'un à l'autre. Presque avec crainte, Harry leva la tête vers le plafond pour hoqueter. Un autre miroir lui permettait de les voir également.
« Oh Merlin, murmura-t-il, la gorge nouée et le corps tremblant soudainement d'excitation. Oh, Merlin, Draco… »
Le blond esquissa un sourire − et trois miroirs le lui renvoyèrent, sous différent point de vue, à l'infini. La respiration précipitée, les yeux de Harry scannaient chaque partie de leurs corps, la façon presque tendre qu'avait celui du blond de s'appuyer contre le sien. Et l'expression de son visage : il était si satisfait, si gourmand. Comme s'il voulait le dévorer…
« Ton corps est magnifique, murmura Draco en commençant à le caresser lentement. Si fin… et tellement doux. »
Ses mains passaient sur lui, sur ses côtes, sa taille, ses hanches pour ensuite s'égarer sur ses cuisses. Elles se glissèrent vers l'intérieur et les écartèrent doucement, remontant pour ensuite redescendre. Et Harry suivait tout ça, le cœur battant de plus en plus vite, l'excitation de plus en plus forte.
« Pitié, Draco, supplia-t-il. Ne… ne fais pas ça. Je ne saurai pas le supporter, c'est trop.
-Si, tu vas le supporter, lui chuchota son amant. Tu vas le supporter et tu vas adorer. Je ne veux plus jamais que tu doutes de moi. Et crois-moi qu'après ça… il te sera impossible d'y penser. »
Il recommença à embrasser son cou, dégageant ses cheveux au passage pour ensuite descendre le long de son dos. Il y avait une telle dévotion dans ses gestes, sur son visage, que Harry eut presque envie de pleurer.
« C'est trop, répéta-t-il avec désespoir alors que le blond approchait lentement de ses fesses, glissant sur le lit afin d'y avoir accès sans problème. Ne fais pas ça. Tu sais que ça m'excite, alors ne le fais pas ou je vais…
-Jouis autant que tu veux, coupa Draco en le regardant par le jeu des miroirs. Je te ferai quand même tout ce que je veux te faire. Et autant de fois que je le jugerai nécessaire. »
Sur ces mots, il écarta lentement ses fesses pour y plonger son visage, sa langue allant aussitôt taquiner son entrée et lui arrachant des petits cris d'extase. Les chaînes cliquetèrent alors qu'il tentait désespérément de s'éloigner, sans succès. Se faire lécher par Draco avait toujours été quelque chose d'extraordinaire, mais le voir en train de le faire était encore plus intense. En levant la tête vers le plafond, Harry hoqueta face à l'image qui lui était renvoyée. Il se vit lui-même d'abord. Les fesses levées désespérément vers le visage de Draco, le corps tendu et transpirant légèrement. Il vit la rougeur sur ses joues et l'expression presque extatique de son visage.
Ensuite, il remarqua son amant. A genoux lui aussi, juste derrière lui, il était penché en avant, le nez plongé entre ses fesses. Il arborait une expression concentrée. Seuls ses yeux clos lui étaient visibles ainsi que les bords de son visage, mais cela était suffisant. Parfois, Draco s'éloignait, lui laissant voir la façon dont il le taquinait du bout de la langue avant de la renfoncer, arrachant à Harry des petits couinements de plaisir. Ses mains étaient posées sur chaque globe de ses fesses et les écartaient lorsqu'il voulait le pénétrer plus loin.
Cette vision arrachait à Harry des suppliques presque incohérentes. Il ressentait une telle excitation et un tel plaisir qu'il ne parvenait pas à contrôler sa voix. Il se sentait proche de l'éjaculation lorsque, brutalement, Draco s'arrêta. Un gémissement désespéré s'échappa de la bouche de Harry, celle-ci étant devenue rouge à force d'être frénétiquement mordue.
« Tu t'abandonnes toujours totalement lorsque je te touche, dit Draco en caressant doucement son entrée d'un doigt taquin. Personne ne s'est jamais abandonné ainsi. J'ai parfois l'impression que tu n'es qu'un pantin entre mes bras… J'adore ça. »
Son doigt s'enfonça et Harry hoqueta en le sentant faire.
« Pitié, murmura-t-il. Draco… c'est trop…
-Pas du tout, chuchota le blond. Ce n'est que le début. »
Il se colla à lui à nouveau, frottant son sexe contre son flanc.
« Regarde-toi, dit-il contre sa gorge. Regarde comme tu es beau, quand tu prends du plaisir. Aucune des femmes que je connais n'est aussi magnifique dans ces moments.
-Arrête, marmonna Harry en plongeant ses yeux dans les siens, à travers le miroir. Pitié, arrête… ne parle pas, ne dis plus rien.
-Regarde comme ton corps cherche le mien, poursuivit Draco, implacable. Avec tellement de désespoir, tellement de passion… ça aussi, c'est unique. »
Il recommença à embrasser sa gorge, descendant petit à petit sur son épaule. Sa langue glissa sur sa marque avec lenteur, ses yeux toujours fixés sur les siens, presque provocateurs.
« Tu es magnifique, dit-il en plongeant un second doigt, les faisant aller et venir. Et si réceptif. Regarde comme tu m'accueilles en toi. »
Il s'écarta assez pour laisser ses doigts entrant et sortant totalement visibles et Harry tourna la tête sur la gauche pour les regarder.
« Je vais m'évanouir, dit-il soudainement, le corps tremblant. Pitié, arrête. »
Parler pendant l'amour était habituellement un jeu entre eux. Draco savait que ses paroles et sa voix excitaient le brun. De même, Harry savait que ses gémissements rendaient Draco plus passionné dans ses mouvements. Ils s'amusaient souvent à se chuchoter des remarques perverses, à se dire combien c'était bon, juste pour rendre le sexe plus agréable et violent. Mais cette fois était différente. Draco détaillait lentement ce qu'il aimait chez lui et, additionné à la vue offerte par les miroirs, décuplait le plaisir et le désir de Harry.
« Regarde bien, Harry, grogna Draco en le rapprochant à nouveau. Regarde bien comment je m'enfonce en toi. Comment tu m'accueilles en toi. J'adore ce spectacle. J'aime autant voir ma queue qui s'enfonce que l'expression de jouissance sur ton visage. Tu adores ça, Harry. Tu adores que je te baise et Merlin sait combien j'aime ton petit trou. »
Le brun pleurnicha presque aussitôt. Draco esquissa un sourire puis l'éloigna. Il enleva ses doigts pour passer sa main sur son dos avec douceur, descendant jusqu'à ses fesses qu'il écarta lentement.
« Regarde, Harry, dit-il encore. Regarde ton visage. »
Et il s'enfonça, le plus doucement possible, arrachant au brun un long gémissement appréciateur. Il fixait les miroirs, ses yeux passant tantôt sur le mouvement du corps de Draco, tantôt sur son propre visage, comme l'avait demandé le jeune alpha. Il finit par cesser de se détailler pour se concentrer sur son amant qui, après l'avoir pénétré jusqu'à la garde, s'était arrêté pour reprendre ses esprits. Harry avait déjà détaillé Draco, lorsqu'ils faisaient l'amour. Il avait remarqué comme son visage était tendu et rougi alors qu'il allait d'avant en arrière. Mais il ne voyait jamais plus que ses bras, ses épaules, son torse et sa tête. Grâce au miroir, il pouvait tout voir. A genoux derrière lui, ses mains posées sur ses hanches, la façon dont son dos se tendait, ses pieds crispés sur le couvre-lit…
« Tu aimes ce que tu vois ? » demanda Draco.
A travers le miroir de droite, le jeune alpha le dévisageait avec un sourire moqueur, la respiration presque aussi haletante que la sienne.
« Moi, j'aime te voir pendant l'amour, poursuivit Draco. J'aime te voir tout le temps. Quand tu dors, quand tu ris, quand tu manges, quand tu te laves… Sans arrêt. Les filles m'ont toujours lassé en cinq minutes… »
Il déposa un baiser sur son épaule dénudée et remonta jusqu'à sa gorge puis sa joue. Désespéré, Harry tourna la tête vers lui et happa ses lèvres, leurs langues jouant ensemble aussitôt. Ils s'embrassèrent aussi longtemps qu'ils le purent, gémissant de délectation. Puis Draco s'éloigna et, avec une lenteur presque sadique, se mit enfin en mouvement. Les cris de plaisir de Harry ne se firent pas attendre, l'encourageant à accélérer. Sans s'en rendre compte, Draco donna de plus forts coups de reins, la tête tournée sur la gauche, dans la même direction que le brun.
« Regarde, haleta-t-il en laissant ses mains caresser ses flancs. Regarde comme nous allons bien ensemble. Regarde comme nous sommes parfaits. Comme nous sommes faits l'un pour l'autre… C'est magnifique. Tu es extraordinaire, Harry… »
Un léger sanglot d'extase lui répondit. Le brun n'en perdait pas une miette mais il regardait plutôt comment leurs corps se touchaient, se frottaient, s'éloignaient pour se rapprocher avec violence. Il admirait les fesses tendues de Draco, la vigueur de ses mouvements, son corps en sueur. Et son visage exprimant tant de plaisir. L'alpha potentiel avait raison : ils étaient parfaits ensemble. Ils s'associaient à merveille. Leur peau presque identique, la force de leur corps, la passion qui le brûlait et cette façon presque désespérée qu'ils avaient de se chercher, de se toucher. Même si les chaînes l'excitaient et lui permettaient de rester dans la position sans tomber, Harry regrettait presque de ne pas avoir les mains libres pour pouvoir caresser Draco à son tour. Il aurait voulu voir l'effet de son toucher sur le blond. A la place, il ne pouvait que subir mais il était loin de s'en plaindre. C'était délicieux.
« Oh, Draco, gémit-il. C'est tellement fort… Putain, je t'adore, si tu savais… »
Le blond répondit par un sourire haletant.
« Je t'adore aussi, lui dit-il. Comme tu ne pourras jamais l'imaginer. »
Harry répondit par un petit couinement qui fit gémir Draco : depuis leur toute première relation, ce son avait la manie de lui faire perdre la tête. Conscient qu'ils avaient été rapides mais voulant désespérément jouir, il saisit le sexe du brun dans sa main et commença à le caresser d'avant en arrière. Harry poussa un long cri à son geste, le regard fixé sur le miroir devant eux, occupé à suivre les mouvements de pompe. Il jouit après cinq allées et venues, ses yeux se fermant presque automatiquement. Il les rouvrit pourtant pour observer, grâce au reflet du miroir arrière dans celui de devant, la façon dont Draco bougea presque frénétiquement, donnant quatre coups expéditifs en lui avant de jouir à son tour. L'expression de son visage lui arracha un halètement : bien qu'il ait très souvent vu l'air comblé de son amant, jamais il n'y avait accordé l'importance qu'elle revêtît soudain à ses yeux.
La respiration précipitée, Draco le tenait toujours par les hanches, son corps entièrement appuyé contre le sien. Harry ressentait une douleur dans ses bras tendus qu'il n'avait pas remarquée jusqu'alors, trop pris par son plaisir. Le corps recouvert de sueur, il frottait mollement sa joue contre les cheveux blonds et humides près de lui.
« Draco, murmura-t-il d'une voix rauque. Détache-moi, s'il te plaît… »
Le jeune alpha releva une tête fatiguée vers lui et obéit. Il tendit la main et défit ses liens, Harry retombant aussitôt sur le drap de lit avec soulagement. Le matelas bougea étrangement tandis que Draco en descendait, laissant Harry seul. Le brun tourna la tête sur le côté afin de le regarder. Le bond avait repris le parchemin et écrivait dessus. Lentement, les meubles redevinrent visibles et les miroirs disparurent, ainsi que les chaînes. Satisfait de voir la transformation opérée, Draco se pencha, ramassa les oreillers qu'il remit sur le lit puis la couverture qu'il rabattit sur Harry. Ce dernier gigota et en sortit : il avait encore bien trop chaud pour porter un quelconque tissu sur lui ! Draco esquissa un sourire puis remonta sur le lit, son corps allant se coller au sien. Etrangement, Harry supporta très bien cette chaleur-là, se blottissant même contre le torse accueillant.
« Je ne sais pas si tu as su voir ce que je voulais te montrer, murmura le blond contre son front, sa main caressant ses cheveux humides. Mais j'espère que tu as compris que tu ne devais plus avoir peur d'une éventuelle infidélité de ma part. Si ce n'est par mes mots, au moins par mes gestes.
-J'ai compris, répondit Harry en le pressant davantage contre lui, un soupir de bien-être lui échappant. Ne t'inquiète pas, j'ai compris. »
Un silence apaisé régna entre eux, pendant un long moment. Ils respiraient toujours vite, le corps recouvert d'une sueur froide mais aussi du sperme de l'autre. Le brun gigota un peu, sentant la semence de Draco couler sur ses cuisses. Il sourit presque rêveusement puis reprit la parole.
« Dois-je être informé d'une autre spécificité sexuelle de notre race ou puis-je enfin dormir sur mes deux oreilles, sur ce point ? »
Draco éclata de rire et embrassa finalement son front.
« Dors sur tes deux oreilles, dit-il. C'était la dernière spécificité de notre race. »
Un sourire aux lèvres, Harry se détendit totalement contre lui, ses mains caressant tendrement les flancs pâles près de lui. Il ferma les yeux, respirant leurs odeurs mélangées.
« Désolé d'avoir douté, dit-il au bout d'un moment. J'étais furieux de te voir la détailler de la sorte, je…
-Je sais, interrompit Draco. Je ne sais pas dans quel état j'aurais été, si je t'avais vu regarder une femme ainsi, sans savoir que ce n'était pas de ta faute. Je l'aurais probablement tuée, je te l'ai dit. Et… je préfère ne pas penser à ce que je t'aurais fait pour me venger de ça. Je dois remercier Merlin que tu ne sois pas un dominant. Non seulement cela aurait compliqué nos relations, mais en plus de ça… Note, ton côté soumis ne t'a jamais empêché de me frapper par le passé ! »
Harry esquissa un sourire à ces mots.
« J'avais envie de t'arracher la tête, avoua-t-il. Il n'y avait que tes promesses de fidélité passées qui m'en ont empêché… Si je m'étais laissé aller à faire ce que je voulais… je t'aurais fait souffrir autant que je le pouvais, crois-moi ! »
Draco sourit à son tour, soulagé que Harry ait su se contrôler un minimum.
« Alors il est bien que tu aies su te contenir… »
Harry sourit et accueillit mollement les quelques baisers que Draco déposa sur son front.
« Dors maintenant, dit-il. J'espère que tu as aimé la réalisation de ton fantasme, même si je l'ai utilisé afin de te montrer…
-J'ai adoré, coupa Harry en souriant. Et toi ?
-J'imaginais le mien plus calme… mais nous pourrons le réaliser demain. J'ai eu une vision de toi assis sur moi dès le moment où j'ai vu ce lit… »
Harry mit quelque temps à comprendre les paroles du blond.
« Moi… sur toi ? demanda-t-il en s'écartant pour le regarder, les yeux écarquillés.
-Mhmm, répondit Draco en se penchant pour lui ravir ses lèvres, pendant un long moment. C'est quelque chose que j'aimerais vraiment que nous fassions… Je suis sûr que ce sera magnifique à regarder… »
Harry sentit son cœur accélérer à l'idée d'être enfin autorisé à dominer physiquement son amant et ce dernier eut un sourire en le voyant s'impatienter.
« Demain, dit-il en collant à nouveau Harry contre lui. Aujourd'hui, je veux que nous dormions. Demain sera une longue et dure journée, surtout à cause du bal. Je veux que tu ne t'éloignes pas de moi de plus de dix centimètres. Si ces femelles osent encore tenter de me pervertir, j'aurai besoin de ton odeur pour me contenir. D'accord ?
-Compte sur moi, elles ne t'approcheront plus d'un iota ! »
Draco sourit à sa réflexion et enfouit son visage contre la gorge adorée.
« A demain, Harry… Je suis impatient de pouvoir danser avec toi. »
Le brun marmonna quelque chose mais ne répondit pas. Danser… il en frémissait presque d'horreur. Mais sachant qu'il aurait une récompense, juste après, il se sentit consolé et ferma les yeux. Morphée se saisit de lui sans qu'il s'en aperçoive.
oOo
Le lendemain arriva trop vite à leurs yeux. Il n'y avait pas de service de réveil officiel et rien n'était prévu avant onze heures, mais ils se réveillèrent tôt, envieux de découvrir l'hôtel et ses environs. Il s'avéra pourtant que Harry ne pouvait pas dignement sortir avec le costume que leur avait confectionné Boris. Comme l'avait prévenu Kate, le costume était un uniforme scolaire : un simple pantalon noir, accompagné d'une chemise blanc cassé à manches longues. L'écusson de Greyback était simplement dessiné sur les deux poches à l'avant de la chemise ainsi que sur celles à l'arrière du pantalon. Ils avaient des chaussures noires parfaitement cirées.
Non, le seul problème était que, afin de distinguer Harry des alphas potentiels, Boris avait eu l'idée de l'affubler d'un short − il lui arrivait jusqu'en haut des genoux, mais Draco l'avait tout de même fixé un long moment avec intérêt − et d'une chemise à manches courtes. Sans baguettes pour lancer de sortilège de chaleur, le brun grelottait à l'intérieur de l'hôtel ! Sortir était donc impensable.
Afin de le tenir au chaud, Draco le gardait fermement contre lui, un bras noué autour de ses épaules. Ils déambulaient dans les couloirs, descendant tranquillement, lorsqu'ils croisèrent Gabriel, vêtu de la même façon que Harry, à l'exception du bracelet en or et de la chaîne que le brun portait.
« Bon sang, ça caille, hein ? dit le blondinet en serrant ses bras autour de lui. Vous allez à la réception ? Je voulais demander à un quelconque domestique de me lancer un sort de chaleur…
-C'est là que nous allons, confirma Draco. Allez, viens avec nous. »
Sans aucune ambigüité, Gabriel vint se coller à eux et se furent serrés à trois qu'ils descendirent jusqu'à la réception. Quelques lycanthropes étaient présents dans le hall et Harry reconnut la délégation d'Amérique du Sud, quelques Africains, sans plus. Ils ne s'en approchèrent pas et allèrent directement trouver le réceptionniste. Compréhensif, ce dernier accepta de rendre sa baguette à Draco, le temps que ce dernier lance un sortilège aux deux futurs seconds.
« Merlin merci, dit Harry, plus détendu, tandis que son amant rendait sa baguette à l'homme. C'est mieux !
-Mais tu ne peux quand même pas sortir, fit remarquer Draco avec une moue. En short, dans la neige… Même si tu as un sort de chaleur, ça pourrait être dangereux…
-Si ces messieurs s'ennuient, intervint le réceptionniste, il y a une salle de jeux attenante à la salle à manger. Marc va vous y emmener. Marc, venez ici. »
Un serviteur s'approcha et s'inclina devant eux. Ils furent menés à la salle à manger où d'autres loups étaient installés, notamment le couple de liés gay. Harry se dirigea naturellement vers eux, sous la grimace agacée du blond qui était obligé de le suivre et la curiosité de Gabriel.
« Bonjour ! dit Harry, les faisant sursauter. Peut-on s'asseoir en votre compagnie ?
-Bien sûr ! s'exclama Stefan, Eric levant les yeux au ciel. Venez, venez. Oh, qui est ce petit blondinet ?
-C'est Gabriel, répondit Draco en s'installant, Harry à ses côtés. Un futur second, bien qu'il n'ait pas encore d'alpha…
-Faute à qui, marmonna le jeune homme en s'asseyant pour ensuite s'approprier une cruche de chocolat chaud et deux brioches.
-Bref, dit Harry, amusé. La nuit a été bonne ?
-Excellente ! répondit Stefan, l'air légèrement graveleux. Les lits de l'Overlook valent la peine d'être testés ! »
Harry éclata de rire à ces mots tandis que Draco secouait la tête, amusé également. Ils passèrent le temps en compagnie de l'autre couple et de Gabriel. Vint un moment où Greyback surgit dans la salle, accompagné de plusieurs loups solitaires parlant avec lui. Il jeta un simple coup d'œil aux plus jeunes de sa meute, grimaça en voyant le couple d'Amérique du Sud, mais ne les rejoignit pas. Contrairement à eux, il avait eu droit à une longue veste noire qu'il avait maintenue fermée, seul le col de sa chemise dépassant de la large ouverture laissée par la veste dont la fermeture commençait sous le sternum. Il était toujours aussi élégant, ses longs cheveux lisses maintenus en un catogan lâche. Carlos fit également une apparition, accompagné de sa compagne solidement attachée à lui. Il les dévisagea avec une légère moue aux lèvres mais resta loin d'eux.
« On a quartier libre, dit Eric en haussant les épaules. Alors on peut parler avec qui on veut, ils le savent. Par contre, à la réunion, ce sera retour des clans…
-Et du silence de mort pour les compagnons, s'agaça Stefan. J'ai horreur de ça ! Rester assis sans pouvoir rien dire, juste regarder les alphas se chamailler entre eux… A être simple spectateur, certaines réponses aux différents problèmes paraissent évidentes… C'en est désarmant, tu verras. »
Harry grimaça à la remarque : il n'appréciait jamais de rester simple spectateur ! Après un repas qui les cala au moins jusqu'au milieu de l'après-midi (conseil de Stefan : pour avoir participé à d'autres réunions du genre, le lycanthrope savait que manger serait une option pour ce jour-là !), ils finirent par se rendre dans la salle de jeux. Il ne restait qu'une heure avant l'heure officielle de la réunion, mais ils avaient bien envie d'y participer.
« Ce que c'est barbant, dit Eric, une moue sur les lèvres. On ne peut même pas dire ce qu'on veut à ces réunions car nous sommes juste des potentiels alors pourquoi nous traîner ici ! Si nous pouvions au moins faire des pauses… Préparez-vous à souffrir jusqu'à la fin de l'après-midi ! »
Gabriel et Harry grimacèrent mais Draco s'abstint de répondre : formé à la politique par son propre père et conscient qu'un jour, il serait un alpha invité à ces réunions, il savait combien sa présence était importante. Ne serait-ce que pour en apprendre un maximum !
« Au fait, ça a été avec la louve, hier ? demanda un Stefan compatissant à Harry.
-Disons que ça aurait pu aller mieux, avoua le brun, l'air boudeur. Mais oui, ça a été… On a fui un peu tardivement, mais Draco est resté assez contrôlé… Donc, on a évité le pire !
-Tu ne veux pas d'enfants ? demanda l'autre lié, surpris.
-Je ne sais pas, répondit honnêtement Harry. Je suis bien trop jeune pour m'en soucier ! En outre, je refuse que Draco touche une autre personne que moi, même si c'est pour avoir mes propres enfants ! »
Sa déclaration fit sourire le blond tandis que l'autre couple les regardait avec tranquillité.
« Et vous ? demanda Gabriel, curieux.
-Un jour, peut-être, lui dit Stefan en haussant les épaules. On est trop jeunes, nous aussi, pour l'instant ? Mais plus tard… Je n'y suis pas totalement fermé… »
Harry écarquilla les yeux en l'entendant.
« Tu accepterais ? dit-il, ébahi. Que… Enfin, qu'il couche avec… quelqu'un d'autre que toi ? »
Stefan grimaça mais haussa les épaules.
« C'est juste de la reproduction, dit-il. Ça n'arrivera qu'une nuit, ensuite, il ne la touchera plus jamais. Alors oui… tant que ça ne se reproduit plus, je l'accepterais. »
Harry eut un air choqué sur son visage et Eric fronça les sourcils en le voyant faire. Il attira son amant à lui pour le protéger, Stefan acceptant le geste sans résistance.
« Tu nous juges ? demanda le potentiel, agressif.
-Non, répondit Harry alors que Draco l'attirait lui aussi dans ses bras. Je suis surpris, c'est tout… Je sais que je ne pourrai jamais tolérer que Draco touche quelqu'un d'autre que moi… ça me surprend que vous en soyez capables… »
Stefan sembla se relaxer et haussa les épaules.
« Tous les loups-garous ne pensent pas de cette façon, dit-il. Personnellement, je veux des enfants et Eric aussi. Donc, même si c'est difficile d'accepter ça, je le ferai. Maintenant, si toi, tu préfères vivre seul avec Draco, c'est ton choix.
Le couple s'éloigna finalement, sans doute pour laisser à Harry et Draco le temps d'y réfléchir. Les deux amants se regardèrent puis fixèrent un Gabriel à l'air pensif.
« Et toi ? demanda Harry, curieux. Tu es gay aussi, non ? Donc…
-Je ne sais pas, répondit le plus jeune. Je n'ai que seize ans, je suis encore loin de ma majorité lycanthrope qui ne commence qu'à dix-huit ans. Mais… je suppose que ça dépendra de mon compagnon, si compagnon j'ai un jour. Mais je pense que vous ne devriez pas juger les autres couples, même si vous désapprouvez leur choix. C'est leur droit, de toute façon. De même que vous avez le droit de décider de rester juste vous deux… Enfin, on devrait y aller ! La réunion va commencer et si nous ne sommes pas à l'heure, Greyback en sera humilié ! »
Harry et Draco se regardèrent à nouveau et décidèrent de suivre Gabriel, bien qu'avec une légère distance.
« Je n'en voudrai jamais, répéta encore Draco.
-Et de toute façon, je ne veux pas que tu couches avec quelqu'un d'autre que moi, répondit Harry. Même si ce n'est que pour de la reproduction.
-Bon, alors si nous cessions de parler de ce sujet ? Peu importe les choix des autres ! Nous avons fait le nôtre ! »
Harry approuva. Quoi qu'il arrive, il ne changerait pas d'avis !
A suivre…
Tous les costumes dépeints dans ce chapitre, concernant la meute de Greyback, sont honteusement inspirés des nombreux costumes de Tsubasa Resevoir Chronicle, de Clamp.
L'Overlook, pour ceux qui ne connaissent pas, est l'hôtel hanté et maudit de Shining, de Stephen King.
