Titre : Alpha Potentiel
Résumé : Pour avoir lâchement désobéi à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM
Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)
Note de l'auteur : Et me voilà. En retard. C'est rare, pour cette fic, mais malheureusement, il va falloir vous y habituer. Car ce chapitre est mon dernier écrit d'avance. J'ai lutté ces deux dernières semaines pour pouvoir finir le 29. Malheureusement, mon inspiration pour Alpha frôle les abysses alors que celle pour MF est en pleine expansion… Enfin, on ne peut pas tout avoir, n'est-ce pas ?
Brefouille ! J'ai déjà tenté de l'expliqué dans le chapitre précédent mais ce n'est pas passé, manifestement.
Beaucoup d'entre vous disent qu'Harry est plus dépendant de Draco que l'inverse, mais en vérité, ils sont dans une égalité parfaite. Harry s'efface volontairement car il n'a pas envie de se battre contre Draco ou simplement parce que suivre son autorité ne le dérange pas, selon la situation. Toutefois, il lui arrive de se rebeller, en témoigne les coups qu'ils s'échangent parfois…
Mais d'un point de vue lycans, ils sont dans une sorte d'égalité. Harry doit respecter l'autorité de Draco, mais Draco ne sait aller contre les envies d'Harry car il ne veut pas le blesser. Les seules fois où Draco impose sa volonté sont lorsqu'il veut protéger son amant (contre les autres ou contre lui-même).
Harry a besoin de Draco pour se contrôler pendant la pleine lune. Mais Draco a besoin d'Harry pour ne pas perdre la tête de façon constante. Enfin, tant qu'il n'a pas de meute. Ensuite, il gardera toute sa tête, mais il souffrira atrocement sans Harry. De mon point de vue, il y a une certaine égalité relationnel, tant qu'on reste dans le domaine du privé.
Dans le domaine public, c'est-à-dire si Draco devient un alpha avec une meute, Harry se devra d'être obéissant envers Draco tant qu'ils seront en public. Mais une fois seuls, rien ne l'empêche de lui faire savoir son point de vue… Mais bon, vous ne pouvez pas le constater pour l'instant.
Je ne vais pas m'étendre d'avantage sur ce sujet. C'est mon histoire. J'en fais ce que je veux ! Bien que cela ne veut pas dire que vos opinions ne m'intéressent pas. Preuve en est que j'en ai été influencée dans certains chapitres, en adoucissant certaines réactions ou en modifiant des mouvements futurs…
Sur ce… Je vous laisse découvrir le nouveau chapitre qui, malheureusement, risque de céder le pas à une longue attente douloureuse… Au mieux, vous retrouverez le chapitre 29 dans un mois, c'est-à-dire le 17 mars. Sinon… et bien… au plus tôt, je l'espère !
Merci de votre compréhension, bonne lecture et à très bientôt je l'espère !
Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Sais pu ! loll
Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !
Nombre de chapitre : Sonnons le glas de la fin… Plus de chapitre d'avance. L'attente va commencer…
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Chapitre 28 : Réunion de loups-garous
La salle de banquet de la veille avait été vidée de ses petites tables pour être remplie par une plus large où chaque meute avait ses places. Bien entendu, tous les membres devaient y siéger et ce fut sans hésitation que Harry et Draco s'installèrent tout au bout, l'un à côté de l'autre. Ils étaient placés juste à côté des très nobles Japonais qui leur accordèrent à peine un regard, les yeux fixés en face d'eux dans une sérénité exemplaire.
Merlin soit loué, aux yeux de Harry et Draco qui n'avaient pas le droit de participer, des plats d'amuse-gueule étaient déposés devant chaque personne. Modestes, mais bien décorés, ils leur assuraient que, si l'ennui devenait trop grand, ils pourraient toujours passer le temps plus tard. Gabriel était assis à l'autre bout de la table, juste à côté de la délégation du Canada et, bien qu'il ait jeté de fréquents coups d'œil au fils de Joshua, il semblait alors s'ennuyer à mourir.
« N'oubliez pas de ne rien dire, leur rappela un Greyback à l'air revêche. Ah, au fait, Evan… Certains de nos compatriotes s'interrogent sur… ton aspect physique. Ils viendront sans doute t'en toucher un mot ou deux. »
Harry enregistra les informations : en gros, il se devait d'être plus que prudent ! Heureusement, comme il l'avait constaté le matin même, le maquillage offert par Kate et fabriqué par Stein était plus qu'efficace : sa cicatrice avait totalement disparu et Draco lui avait confirmé qu'il était quasiment indétectable.
L'ambiance relâchée de la salle se fit brutalement plus sérieuse lorsque la délégation d'Amérique du Nord arriva. Jack, maître de cérémonie, resta debout jusqu'à ce que tous soient installés et se soient tus.
« Bonjour à tous et à toutes. J'espère que vous avez passé une bonne nuit dans ce magnifique hôtel qu'est l'Overlook. Nous ne déplorons aucune attaque du Poltergeist, ce pour quoi nous sommes extrêmement reconnaissants ! Je vous rappelle que cette réunion à pour but d'améliorer la qualité de vie des loups-garous, pas de déclencher une guerre entre nous. Nous allons d'abord parler du fonctionnement des villages. Ensuite, nous en viendrons aux problèmes plus épineux. »
Et il lança cette fois un regard presque ennuyé vers le clan d'Angleterre, Harry grimaçant en comprenant qu'ils parleraient de Voldemort.
« Essayons de finir tôt, aujourd'hui, plaisanta Jack. L'année dernière, j'ai le souvenir que le souper a été servi à seulement vingt-deux heures et que le bal a commencé à minuit… Ce serait dommage de réitérer l'expérience ! Nous allons commencer par les villages dont les gouvernements acceptent la présence, si vous le permettez. »
Jack se tourna vers la Nouvelle-Zélande dont le dirigeant, un homme épais avec une légère barbe, se leva presque aussitôt. Curieux, Harry tendit l'oreille. Comment se passait donc la vie d'une meute, en étant acceptée par le gouvernement ? La différence lui sauta aux yeux presque immédiatement. En premier lieu, il comprit que les terres où vivait la meute étaient délimitées par les gouvernements sorcier et moldu du pays. Si certains moldus étaient informés de leur présence, d'autres en étaient totalement ignorants. Ils les prenaient pour les habitants d'un village isolé auprès desquels, étrangement, ils préféraient ne pas demeurer en présence de la pleine lune. En dehors de cette période, le village, pittoresque, était presque un lieu touristique. En outre, du fait de leur nature, ils étaient des guides exceptionnels pour les terres, bois et montagnes environnantes.
Leur économie s'en ressentait : les meutes reconnues par l'Etat, comme ils l'exprimèrent plus tard, commerçaient, travaillaient malgré la difficulté due aux deux jours mensuels de congé par mois qu'ils prenaient et étaient en plus de cela protégées par les dirigeants du pays.
La meute la plus étrange se révéla être celle du Canada. Il n'y avait pas de village. Chaque loup avait sa propre vie, sa propre existence, sa propre direction. Seuls les soirs de pleine lune étaient différents : chacun se rendait dans une forêt isolée et protégée où ils passaient la soirée, la nuit et la matinée sous la direction du fils de Joshua. Puis, le lendemain, ils se quittaient tous, reprenant leur vie. Le système était étrange mais Pierce, l'alpha, semblait parfaitement heureux de cette situation.
« Tant que le loup en lui a une meute la nuit de la pleine lune, il ne deviendra pas fou, chuchota Draco à Harry. C'est intéressant… »
Harry approuva silencieusement. Ils s'étaient collés l'un à l'autre et se touchaient distraitement, indifférents à un éventuel manque au protocole. Ils étaient de toute façon censés être transparents lors de l'échange, alors ils se fichaient qu'on désapprouve leur comportement.
Vint le tour des meutes qui n'étaient pas approuvées par leur gouvernement. A sa grande stupéfaction, Harry découvrit que la meute anglaise n'était pas la plus mal lotie ! Le Japon était soumis à une rude chasse au loup-garou, ce qui expliquait leur manque de représentant. Le village, maigrement constitué de vingt-huit personnes, devait constamment se déplacer et se cacher, jusqu'à ce qu'Iroki Satoshi n'en devienne le dirigeant : riche à millions, il se servait impitoyablement de sa fortune et de ses relations pour protéger, difficilement, les lycanthropes qui le rejoignaient.
Les meutes africaines étaient simplement ignorées par leurs gouvernements qui, trop occupés à régler les conflits internes aux pays, avaient d'autres 'loups' à fouetter. Quant aux meutes européennes, elles étaient sensiblement similaires à celle de Greyback. La meute française se distinguait par une explosion de petites meutes, dirigées par plusieurs alphas qui avaient prêté serment à un autre plus puissant. Ce dernier était naturellement leur représentant pour la réunion.
Pendant plusieurs heures, les meutes parlèrent de leur propre fonctionnement, de leurs règles de vie, des avancées ou des reculs dans une tentative de reconnaissance gouvernementale, de leurs innovations pour rendre la vie au village plus supportable, plus agréable.
Quand vint le tour pour Greyback de prendre la parole, une certaine tension s'installa dans la pièce. Mais l'alpha n'évoqua Voldemort à aucun moment, se bornant strictement aux fonctionnalités du village. Il parla des fêtes réalisées pour la fin de l'année et du succès qu'elles avaient, mentionna l'organisation apportée par l'école, les fermes, le pourcentage vital qu'ils prélevaient sur le salaire des habitants, conférant à leur fonctionnement un aspect un peu communiste qui ne fut pourtant pas critiqué. Quand il se rassit, le silence se prolongea pendant un long moment jusqu'à ce que Jack se lève.
« Bien, dit-il. Nous n'avons mis que cinq heures pour parler de chaque meute. »
Il y eut quelques rires à ces mots et Jack sourit. Des sandwichs avaient été distribués à midi ainsi que quelques cruches de vin. Même Harry et Draco y avaient eu droit mais, sous l'attention de l'alpha, ils l'avaient consommé avec modération. La nuit était déjà tombée à l'extérieur, le jour se voyant raccourci par les lourds et sombres nuages qui continuaient de déverser leurs stocks de flocons sur les Rocheuses. L'Overlook bravait fièrement la neige, protégeant ses habitants du froid extérieur avec brio.
« Malheureusement, nous allons ici entamer la partie la plus difficile de la conversation… c'est-à-dire les alliances. Nous savons déjà que certaines meutes bénéficient d'alliances avec leur gouvernement. Certaines meutes, toutefois, ont des liens autres qu'officiel. Je ne fais que citer Satoshi-san qui est très lié avec les yakuza… il y a également la meute de Nouvelle-Zélande qui entretient de forts liens avec celle du Canada pour un pacte d'entraide lors d'éventuels conflits et cela, depuis une bonne centaine d'années et nous savons tous l'efficacité qu'il a eue par le passé. »
Un bon nombre de lycanthropes hochèrent la tête, souriant avec satisfaction.
« Il y a également le pacte d'accueil de mon pays pour les lycanthropes qui ne supportent plus la vie dans leur pays et ma propre meute a une alliance avec celle du Canada et d'Amérique du Sud. Et… il y a Greyback. »
Le silence accueillit cette phrase alors que tous se tournaient vers l'alpha. Ce dernier affichait un sourire presque cynique.
« Comme je vous le rappelle depuis des années, commença l'homme, j'ai prêté serment à Vous-Savez-Qui alors que je n'étais pas un alpha possédant une meute. Si cela avait été le cas… j'ignore quelle aurait été ma position. »
A ces mots, les lycanthropes solitaires d'Angleterre et fidèles de Voldemort froncèrent les sourcils.
« Je suis pourtant sûr d'une chose. Mon passé est ce qu'il est et personne ici ne peut me reprocher ma folie. Vous tous la comprenez car vous savez… vous savez que vous y seriez entraînés, si votre meute et votre compagne ou compagnon vous étaient enlevés… A cette époque, j'ai vu en la proposition de mon maître une chance d'aider les membres de mon espèce. J'ai aussi eu l'espoir de trouver une meute, car je savais que d'autres que moi lui avaient prêté serment. Mais ça n'a pas été le cas… »
Un silence prolongé accueillit ses paroles. Même Draco et Harry s'étaient redressés sur leur siège pour l'écouter attentivement.
« Sous bien des points de vue, Vous-Savez-Qui est… mauvais. Je ne le nierai pas. Mais c'est un homme de parole. Et il m'a promis… que s'il gagnait cette guerre, la législation lycanthrope serait modifiée. Dans le sens positif du terme. Il sait que la magie réside en nous et il est pour la magie avant tout. Je n'essayerai pas de vous recruter. Même si c'est ce qu'il m'a demandé de faire. Je sais que beaucoup d'entre vous préfèreraient se faire couper un membre plutôt que s'abaisser à jurer fidélité à un simple humain. Mais je vous demande d'y réfléchir. Surtout vous, meutes européennes rejetées par vos gouvernements. L'Angleterre n'est qu'une première étape. Il s'étendra à la France, l'Espagne, l'Italie, la Belgique, l'Allemagne… Il ira partout. Et sa porte vous sera ouverte.
-A condition de lui servir de chien-chien de compagnie ! s'énerva le représentant de l'Amérique du Sud. Comme beaucoup de nos ancêtres d'ailleurs. Dois-je te rappeler ce que la guerre de Grindelwald a fait à Joshua et son épouse ? Nous savons tous ici que se mêler des guerres humaines ne fait que nous détruire. Et cela détruit également ta réputation. Au nom de ta meute, Greyback, comment peux-tu prôner l'intérêt de cet homme ?
-Au nom de ma meute, je fais le nécessaire pour les protéger, répondit glacialement l'alpha. Ne viens pas faire le fier, Sanchez. Nous savons avec qui ta meute a été alliée, par le passé.
-C'était un moldu ! cingla Carlos à l'air furieux. Moins dangereux qu'un sorcier, plus contrôlable !
-Mais un dictateur ! répliqua Greyback avec fureur. Il a fait autant de mal que n'importe qui !
-J'étais un gosse !
-Moi aussi ! cria Greyback. Que je sache, tu ne critiques pas les relations de Satoshi avec les yakuza ? Alors cesse de critiquer les miennes avec mon maître. Cette histoire ne te concerne pas ! »
Il y eut cette fois encore un long silence pendant lequel les deux alphas se fixèrent avec rage. Chaque convive les regardait avec angoisse, attendant une déclaration de guerre ou une résignation frustrée. Ils choisirent heureusement la seconde car ils se quittèrent rageusement des yeux et Greyback se rassit.
« J'en ai terminé, conclut-il sombrement.
-Bon, dit Jack, l'air soulagé. Pas de sang pour cette année, donc ? »
Sa plaisanterie fit rire certaines personnes, mais aucun lycan d'Angleterre ou d'Amérique du Sud ne daigna esquisser un sourire. Draco avait naturellement attiré Harry contre lui dans un geste protecteur et le brun avait accepté avec tranquillité.
-Quel âge a Carlos ? murmura Harry.
-Dans les cinquante ans, je dirais, répondit Draco en lui caressant distraitement la tête.
-Il ne les fait pas… »
Le blond esquissa un sourire en réponse alors que Jack reprenait la parole.
« Bon… Cette année encore, cet échange a été fructueux. Pour moi, en tout cas. Ton idée de fête de Noël, Fenrir, est relativement bonne. Tu ne m'en voudras pas de te la reprendre ?
-A ton aise, répondit l'alpha, l'air toujours contrarié.
-Bien, dit-il. Je vous laisse là dans vos pensées et vous propose d'aller vous changer pour le souper de ce soir et le bal. Laissons derrière nous les conflits, profitons du bien que cette réunion nous a apporté et de l'enseignement transmis aux jeunes générations. Mesdames, Messieurs, je vous retrouve dans une heure, ici même. »
Sous son invitation, plusieurs meutes se levèrent ainsi que la troupe de louves mais Greyback ne bougea pas d'un pouce. Il attendit que la meute d'Amérique du Sud soit sortie pour se lever.
« C'est pas passé loin, commenta Joshua, moqueur.
-Je me passerai de ton ironie, répondit Greyback d'un air agacé.
-Je ne sais pas ce qui me choque le plus, poursuivit le vieil homme. Que tu persistes à croire en Tu-Sais-Qui ou que tu essayes de recruter pour lui. Soit tu es stupide, soit tu es crédule. Et aucune des réponses ne me convient, Fenrir. Je ne t'ai pas élevé comme ça. »
Et il s'éloigna à son tour, laissant derrière lui un alpha à l'air plus que contrarié.
« Tu ne m'as pas élevé du tout, vieux singe, répliqua l'homme en replaçant ses cheveux impeccables dans son dos. Eh bien, qu'attendez-vous ? Allez vous préparer ! »
Il partit d'un pas rageur, laissant les plus jeunes derrière lui.
« J'ai vraiment cru qu'ils allaient se battre, reconnut Gabriel, l'air inquiet.
-Ce n'était pas dans notre intérêt, dit Rosalia. Tu devrais le savoir, tu n'es pas un enfant. »
Elle partit à son tour d'une démarche gracieuse, l'air froidement indifférente. Passant près de la table où quelques louves étaient encore assises, elle leur lança un regard empli de mépris et quitta la pièce rapidement.
« J'ai été effrayé aussi, avoua Harry à Gabriel.
-Mhmm, marmonna le blondinet d'un air pensif, les yeux dirigés vers la chaise vide qu'il avait occupée. Peu importe. Oublions ça et essayons de ne pas nous attirer d'ennuis jusqu'à la fin de la réunion. Ce serait bête d'exclure l'Angleterre comme l'ont été certains pays ! »
Et il partit à son tour. Harry, stupéfait, se tourna vers Draco qui, voyant sa question arriver, répondit :
« Une bonne partie des meutes d'Afrique, celles d'Amérique du centre, d'Arctique et d'Antarctique, la Hollande, la Belgique, la Suisse… En fait, tous les pays manquants.
-Il y a donc une meute dans chaque pays ? demanda Harry en suivant Draco vers leur chambre.
-Oui, partout, répondit le blond. Même plusieurs meutes dans un seul pays. Crois-tu qu'un continent aussi large que les Etats-Unis ne possède que deux meutes ? Il n'y a ici que les meutes les plus peuplées et donc, les plus fortes. Il est impossible de tous nous réunir en un seul endroit. Ça peut être une petite meute de trois personnes, mais il y en a aussi d'autres que celle de Greyback en Angleterre.
-Pourquoi les meutes fortes des autres pays sont-elles exclues ? demanda le brun.
-Parce qu'elles sont trop mauvaises », expliqua son amant d'un air sombre.
Harry préféra se contenter de cette réponse.
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A l'occasion du bal − et surtout parce qu'il voulait refréner la joie débordante de Draco à l'idée de danser − Harry préféra aller se préparer avec Gabriel. Son amant avait grimacé à cette annonce mais le « je veux te faire la surprise » de Harry était passé comme une lettre à la poste et il s'était enfui de la chambre, la housse de son costume sous le bras, pour aller frapper à la porte d'un futur second à moitié vêtu et étonné.
« Ha… Evan ? Que fais-tu là ? demanda Gabriel, les cheveux mal peignés.
-Je viens me cacher ici, lui répondit le brun en secouant sa housse devant lui.
-Je vois, dit Gabriel. Eh bien, entre. »
Il s'éloigna de l'entrée pour rejoindre son lit où était posé le reste de son costume. Harry entra et referma tranquillement la porte derrière lui.
« Je t'emprunte la salle de bain, ça te va ?
-Vas-y, j'ai fini », répondit laconiquement Gabriel.
Harry sourit puis entra. Son choix avait étonné Draco qui ne comprenait pas pourquoi son amant si possessif essayait soudainement de se rapprocher de Gabriel qu'il voyait pourtant comme un rival. Mais la vérité était que Harry ne voyait plus aucun danger. Gabriel avait définitivement abandonné, bien des mois plus tôt, en vérité. Il avait été frustré, blessé et inquiété par la perte de sa position de second, raison de son attaque surprise, mais ça s'arrêtait là. Le jeune homme ne ressentait aucune attirance pour Draco, il recherchait juste son amitié. Il tentait aussi de se rapprocher de Harry, bien qu'avec plus d'hésitation et le brun avait décidé de l'y aider. Il appréciait Ron et Hermione, mais ils ne pouvaient pas comprendre certaines de ses réactions, comme leur dernière querelle le lui avait démontré. Gabriel, oui. Avoir un ami lycanthrope, autre que Remus, ne pouvait être que bénéfique.
En outre, depuis quelques temps, Harry avait détecté une inquiétante part sombre chez le jeune homme. Comme une ombre grandissante dans son regard. Ses épaules se voûtaient tout doucement et il souriait de moins en moins. Le Gabriel d'avant aurait dû être enchanté d'être convié à la réunion des Alphas. A la place, il affichait un air renfrogné et ennuyé. Ce n'était pas normal, pour Harry. Gabriel couvait quelque chose et il craignait que ce qu'il dissimule soit trop mauvais pour l'aider, si on le laissait seul avec sa souffrance. Passer du temps avec lui, même pour une simple préparation, devrait l'y aider.
Fort de cette pensée, Harry se contenta de se rafraîchir à l'évier. Il n'avait de toute façon pas pris son flacon de maquillage et n'avait pas envie de retraverser tout le couloir sans protection. Sa coiffure était déjà bien assez difficile à faire avec le parchemin magique de l'hôtel ! Il se vêtit rapidement, sans trop faire attention au long pantalon noir, à la ceinture de tissu rouge qu'il enfila autour de sa taille, la chemise blanche au col mao, la large cravate rouge, au gilet doré et à la veste noire en queue-de-pie bordée de rouge et d'or. Il sortit précipitamment, son ancien costume jeté pêle-mêle dans la housse et ses chaussures noires parfaitement cirées en main.
« Et me voilà prêt, lança joyeusement Harry à un Gabriel assis sur son lit, entièrement vêtu et occupé à se coiffer.
-Pourquoi te dépêches-tu ? Il reste encore une demi-heure, tu sais ?
-Oh, eh bien… J'avais pensé que nous pourrions discuter, en attendant ? »
Gabriel le regarda d'un air distrait et surpris, mais haussa ensuite les épaules.
« Pourquoi pas, dit-il. Et discuter de quoi, exactement ?
-Euh… »
Ils restèrent muets un long moment alors que Harry regardait le plus jeune d'un air hésitant. C'était vrai, de quoi étaient-ils censés discuter ?
« Mhmm… Eh bien, de cette réunion, par exemple ? proposa Harry, mal à l'aise.
-C'est chiant », répondit Gabriel en se relevant, dévoilant des vêtements similaires à ceux de Harry, à l'exception de la queue-de-pie qu'il n'avait pas.
Sa veste était si courte qu'elle dévoilait le bas de sa chemise rentrée dans son pantalon, le haut de la large ceinture de tissu rouge et le bas de son gilet noir. Le costume le mettait indéniablement en valeur.
« Tu ressembles un peu à Draco, sous certains côtés, ne put s'empêcher de dire Harry, Gabriel sursautant puis rougissant.
-Ah, dit-il, l'air gêné. Tu trouves ?
-Oui, répondit Harry en se levant pour s'approcher de lui. Tu es plus petit que lui… même si tu restes plus grand que moi. Et tes cheveux sont plus sombres que les siens, mais ils n'en restent pas moins d'un blond magnifique… »
Gabriel l'écoutait d'un air surpris, le regardant comme s'il avait perdu la tête.
« Est-ce que tu me dragues ? s'inquiéta-t-il.
-Quoi ? s'outragea Harry. Non, pas du tout ! Je n'avais juste jamais remarqué… Tu lui ressembles, c'est tout. Tu es pâle, tu as les yeux clairs… et un caractère de merde !
-Tu peux parler ! s'exclama le plus jeune, l'air offensé.
-Je sais, répondit simplement Harry. Où est ton parchemin magique ?
-Dans la commode, répliqua Gabriel. Et tu paieras cette transaction !
-Fauché !
-Pas du tout ! Mais franchement, c'est de la pure fainéantise ! Ou de la stupidité, au choix ! Tu saurais la faire toi-même, ta coiffure !
-Non, je ne saurais pas, répondit Harry. J'en suis incapable.
-Eh bien, moi, je saurais. Laisse ce parchemin et assieds-toi sur mon lit ! Au bout ! »
Harry hésita une seconde puis haussa les épaules et alla s'installer gracieusement, prenant garde de ne pas écraser la somptueuse queue-de-pie. Les bords de sa veste étaient aussi courts que celle de Gabriel et il les tira vers l'avant afin de lisser le tissu. Gabriel sélectionna une série de peignes et de brosses et il monta sur le lit, derrière lui, pour finalement s'installer à genoux dans son dos.
« Ne bouge pas. »
Harry sentit les mains fines défaire sa coiffure avec soin.
« Le ruban est assorti avec cette tenue aussi donc, ça ne pose pas de problème, récapitula Gabriel.
-Mhmm, répondit Harry. Donc, tu n'as aucun commentaire à faire sur cette réunion ? »
Gabriel soupira, semblant se résoudre à discuter.
« Comme je te l'ai dit, c'est chiant ! Tu es un second soumis… les louves ne s'approchent pas de toi. Enfin, pas encore ! Moi, elles n'arrêtent pas de me tourner autour, encore et encore !
-Mais tu leur résistes ?
-Bien sûr ! cingla Gabriel en lui brossant les cheveux. Qui voudrait d'un môme à tout juste seize ans ?
-La sœur de Ron a cet âge… et elle est enceinte. »
Gabriel ne répondit que par un simple « oh » gêné.
« Je ne savais pas, dit-il.
-On évite d'en parler, expliqua Harry en haussant les épaules. Ron est assez touché par ça et… Draco n'aime pas qu'on mentionne Ginny.
-Ginny ? C'est la fille avec qui tu sortais avant, non ? Oh merde, est-ce que c'est ton…
-Non ! s'exclama Harry. Non, ce n'est pas mon enfant. On a jamais couché ensemble. J'étais trop… inquiet à l'idée que Ron le découvre. Merlin soit loué, non, ce n'est pas mon enfant…
-Comme tu dis ! fit Gabriel. La fierté de Draco ne l'aurait jamais supporté.
-Je sais, lui dit Harry avec tranquillité. Je ne l'aurais pas supporté non plus, je crois. La situation aurait été horriblement compliquée et… Enfin, c'est terrible pour Ginny, mais je suis bien content de ne pas être mêlé à cette histoire.
-J'imagine, déclara Gabriel. Moi, si je pouvais juste être mêlé à une seule histoire sentimentale, je crois que ça m'irait ! »
Il y avait une telle amertume dans la voix de Gabriel que Harry ne s'y trompa pas : si la phrase était anodine, la douleur qu'elle contenait ne l'était pas.
« Tu trouveras, murmura-t-il. Tu as encore beaucoup de temps devant toi, Gabriel !
-Trop de temps, répondit le jeune homme. Et trop de chance de ne jamais rencontrer quelqu'un. C'est déjà difficile pour un loup-garou de trouver une compagne qui l'accepte. Alors un compagnon gay ? Quant au pourcentage de chance que je rencontre un autre lycanthrope de mon bord, ça… je n'y crois pas trop !
-Et pourquoi pas ? demanda Harry. Il y a plein de loups dans le monde ! C'est un fait que si tu restes dans la meute de Greyback, tu ne le rencontreras pas, mais…
-Est-ce que tu essayes de me faire partir ? demanda Gabriel, l'air mécontent.
-Pas du tout, répondit Harry. Mais tu sais que j'ai raison. Il n'apparaîtra pas du jour au lendemain, Gabriel. Tu dois aller le chercher pour ça ! »
Le jeune homme ne répondit pas, semblant trop occupé à replacer les cheveux de Harry. Au bout d'un moment, il s'exclama :
« Fini ! Je ne t'ai pas refait la même coiffure. Va voir si ça te va. »
Harry se leva, non sans grimacer face au changement de sujet mais il s'approcha du miroir à pied dans la chambre pour admirer le résultat. Gabriel avait respecté la longue mèche barrant son front mais avait laissé le reste libre, à l'exception d'une fine tresse sur le côté gauche de sa tête où était entremêlé le ruban. Harry observa le résultat avec satisfaction.
« J'aime bien, dit-il avec un sourire. Merci.
-De rien, répondit Gabriel en le regardant d'un air ennuyé. On va retrouver Draco ? Ou tu comptes le torturer encore un peu ?
-Non, allons-y. Mais… Gabriel ? Ne désespère pas, d'accord ? Tu as encore beaucoup de temps pour le trouver. Et je sais qu'un jour, tu auras droit à ton propre lien. »
Le blond haussa les épaules et attrapa la housse du brun pour ensuite se diriger vers la porte. Mais son sourire n'échappa pas à Harry qui s'empressa de le suivre. Ils traversaient paisiblement le couloir lorsque, devant eux, le fils de Joshua s'avança. Il était vêtu d'un large costume blanc cassé et décoré de tissu bleu ciel au niveau des épaules, des poignets et des chevilles. Le pantalon était noir et il portait un sous-pull de la même couleur mais la robe demeurait claire. Le tout lui allait à la perfection. A sa vue, Gabriel siffla d'agacement et attrapa la main de Harry.
« On est pas censés se promener sans alpha, chuchota Gabriel. Enfin, toi, surtout. »
Harry haussa un sourcil alors que Pierce, les ayant aperçu, se dirigeait lentement mais sûrement vers eux.
« Que fait un second lié seul ? Où est ton compagnon ?
-Dans notre chambre, répondit tranquillement Harry. Je voulais lui faire la surprise de ma tenue et suis allé me préparer avec Gabriel. »
Pierce jeta un simple et rapide coup d'œil au blondinet, fronçant imperceptiblement les sourcils à sa vue.
« C'est lui qui aurait dû venir te chercher, dit-il en revenant sur Harry.
-C'est ce que j'allais faire, il m'a juste devancé. »
Les trois lycanthropes sursautèrent et se retournèrent pour voir Draco, magnifique dans son costume similaire à celui de Harry et Gabriel. Il avait une chemise noire, une cravate blanche piquetée d'une perle noire et un gilet rouge. Sa veste lui arrivait au-dessus des genoux et et était fermée par trois boutons d'or.
« Evan, appela-t-il d'une voix presque autoritaire. Viens ici. »
Le brun n'hésita pas. Il contourna lentement Pierce et alla jusqu'à son amant qui, tranquillement, lia la chaîne qui pendait à son poignet au bracelet d'or que Harry portait.
« Voilà, dit-il posément en regardant Pierce. Les règles sont respectées. »
L'alpha canadien siffla d'un air ennuyé. Il se détourna d'eux, sembla considérer Gabriel avec ennui puis le dépassa calmement, quittant le couloir silencieusement. Un soupir de soulagement sortit des trois bouches des lycanthropes.
« Il fait froid dans le dos, constata Harry en liant sa main attachée à celle de Draco. Ça va, Gabriel ? »
Le blondinet le regarda d'un air un peu distrait et finit par répondre positivement.
« On devrait y aller, proposa-t-il avec sérieux. Même si c'est un bal de détente, on ne doit pas être en retard.
- Pars devant, lui dit Harry. On te rejoint, je dois déposer mon sac dans la chambre.
-D'accord. »
Le second isolé partit d'un pas tranquille mais lent, sans doute de peur de rattraper le terrifiant mais magnifique fils de Joshua. Harry et Draco le regardèrent quitter le couloir puis, brutalement, le brun se tourna face à son amant.
« Tu perdrais contre lui, affirma-t-il sans hésitation.
-Oui, répondit Draco. Il est adulte, moi non. Je perdrais contre Pierce, c'est un fait évident. Mais pourquoi te sens-tu obligé de me le signaler ? »
Draco arborait un air dégoûté.
« Pour que tu ne le provoques pas. Je te connais, tu n'as pas aimé qu'il soit menaçant avec moi. C'est son rôle, tout comme le tien si tu rencontrais un second seul. Alors ne sois pas désobligeant avec lui. Je ne veux pas te retrouver en morceaux.
-Il ne me mettrait pas en morceaux, s'agaça le blond. Je me défendrais !
-Ne joue pas les arrogants, lui dit Harry en ouvrant la porte de leur chambre pour y jeter négligemment son sac de vêtements et refermer à nouveau le battant. Prends soin de toi, tout simplement. »
Draco leva les yeux au ciel, l'air ennuyé. Bien sûr, il était évident que Pierce, en tant que loup adulte, était plus fort que lui. Mais avait-il besoin de lui signaler cette force avec tant d'insistance ?
« Ne joue pas les hommes bafoués, veux-tu ? demanda calmement Harry en emmêlant leurs bras ensemble. C'est un fait. Et ne suis-je pas censé te protéger, moi aussi ? J'essaye simplement de calmer ta verve habituelle car tu perdrais contre lui et tu le sais ! Alors ne grogne pas en sa présence !
-Tout le monde dit que c'est un bâtard, alors si je grogne en sa présence, qu'est-ce que ça changerait ?
-Pas grand-chose, admit Harry. Mais essayons de passer ce séjour sans combat ! »
Draco leva les yeux au ciel en réponse et continua d'avancer sans lui. D'un commun accord, ils avaient décidé d'éviter l'ascenseur de l'enfer, selon eux. L'appareil était bien trop inquiétant et aucun lycanthrope ne s'y sentait à l'aise. Ils empruntèrent donc la cage d'escalier, descendant tranquillement. Ils venaient d'atteindre le rez-de-chaussée quand un ricanement derrière eux les arrêta.
« Voici donc notre petit couple de l'année », dit une voix ironique et rocailleuse.
Harry et Draco se retournèrent pour découvrir l'un des loups solitaires d'Angleterre. Cheveux Gris, comme l'avait baptisé Harry avec un peu d'humour.
« Comme vous êtes mignons, dit-il, moqueur. Et… réalistes, pour un prétendu faux couple…
-N'importe qui peut feinter l'amour, quand il sait ce que c'est, bien sûr, riposta Draco. Qu'est-ce que tu veux ?
-Que d'agressivité, petit alpha », constata Cheveux Gris en s'approchant d'eux.
Il n'avait qu'un simple costume, un peu usé à côté de celui que Harry et Draco arboraient fièrement.
« Je venais simplement m'enquérir de mes deux petits comédiens préférés. Je dois dire que je n'ai jamais vu quelqu'un prendre autant de plaisir à jouer un rôle. Est-ce un bon coup, Draco ?
-En quoi ça te regarde, siffla le blond, agacé.
-Oh, mais ça regarde surtout notre maître… Dois-je te rappeler que tu as pour ordre de ne pas te lier ?
-Je ne le suis pas, mentit Draco, le bras crispé sur celui de Harry, prêt à attaquer.
-Vraiment ? dit Cheveux Gris d'un air étonné. C'est très bien imité. Il te sent tellement… (le lycanthrope s'approcha de Harry et le huma, provoquant un grognement méfiant du brun) que c'en est troublant. Comment fais-tu dans ce cas ? Est-ce que tu te masturbes sur lui ?
-Ce que je fais avec Evan ne te regarde pas, je te le répète, cingla Draco. Nous jouons notre rôle alors de quoi te mêles-tu ?
-Mais je ne fais que veiller aux intérêts de notre maître, Draco… Et d'ailleurs, en parlant de ses intérêts… »
Il tendit une main griffue vers Harry, son index frôlant la longue mèche plaquée sur le front de Harry.
« Personne ne t'a jamais dit que tu ressemblais étrangement à Harry Potter, Evan ?
-Si, répondit Harry avec une pseudo indifférence. Mais il y a deux grandes différences entre Harry Potter et moi…
-Voyez-vous ça ? Et lesquelles, petit sosie ?
-L'intelligence, répliqua Harry en souriant moqueusement. Et la lycanthropie ! »
Cheveux Gris éclata de rire, d'un rire faux et parfaitement maîtrisé. Il s'arrêta brutalement et se rapprocha de Harry au point de presque coller son nez au sien.
« Certes, reconnut-il. Si Harry Potter devait être un lycanthrope, ça se saurait, n'est-ce pas ? Et il est dans notre intérêt qu'il n'en soit pas un, n'est-ce pas ? »
Il jeta un coup d'œil presque méfiant à Draco qui se retenait péniblement de cacher Harry derrière son dos.
« C'est ridicule, dit sereinement Harry. Je ne suis pas Harry Potter. Je suis un loup-garou et il n'en est pas un. J'ai tout juste seize ans ! Il en a dix-sept ! Il doit probablement être plus grand que moi. Et je ne porte pas de lunettes !
-Ah, mais ton loup te donne la correction nécessaire, à ce que je peux constater, dit calmement Cheveux Gris.
-Je ne vais pas défaire cette coiffure juste pour vous montrer que vous avez tort ! Est-ce que vous savez combien de temps il me faut pour réussir cette œuvre d'art ? »
Draco aurait ri s'il n'avait pas été si inquiet. Harry venait tout bonnement de prendre un ton si peu masculin qu'il crut presque que Cheveux Gris allait lui arracher sa coiffure mais soudainement, le lycanthrope recula, l'air ennuyé.
« Un loup-garou qui soigne son apparence, dit-il d'un air dégoûté. Il n'y a pas pire !
-Pourquoi, parce que j'ai une notion d'hygiène ou parce que moi, je peux aller en société sans être rejeté immédiatement ? demanda Harry, l'air supérieur. Il suffit, cette conversation est ridicule. Si j'étais Harry Potter, je ne perdrais pas mon temps ici, non ? Ne croyez-vous pas qu'il a mieux à faire ? Comme s'entraîner ou tenter de détruire votre maître ? Et vous croyez vraiment que Greyback cacherait Harry Potter ? Et qu'il l'amènerait ici, sachant que vous y étiez ? C'est ridicule ! Si votre maître entendait ça, il serait le premier à en rire aux larmes ! Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je n'apprécie pas de fréquenter les loups de bas étage ! Et j'ai faim ! Nous y allons ! »
Avec autorité, il tourna les talons, entraînant Draco qui souriait d'un air presque provocateur à Cheveux Gris.
« Une minute, le paon, cingla Cheveux Gris. Ne crois-tu pas que ce serait exactement ce que Harry Potter pourrait dire ?
-Sincèrement ? demanda Harry en tournant la tête vers lui. J'ignore totalement ce que cet humain pourrait dire. Mais je suis sûr d'une chose, monsieur : je n'apprécie pas d'être comparé à un être qui est, par définition, stupide, suicidaire et inférieur à moi ! Alors cessez de m'insulter ou vous serez responsable de ce que je vous ferai. Clair ? »
Cheveux Gris grimaça d'un air ennuyé. D'autres lycanthropes, représentant de Nouvelle-Zélande, arrivèrent et il ne put que les dépasser d'un pas pressé. La délégation néo-zélandaise leur jeta un coup d'œil inquiet mais ils les dépassèrent sans chercher à savoir. Restés seuls, Draco poussa un soupir. Il se tourna vers Harry, un léger sourire aux lèvres.
« Je ne te savais pas capable d'être si orgueilleux, bébé, dit-il d'un air presque fier.
-J'ai un bon professeur, répondit Harry avec un léger sourire moqueur. Tu crois que ça a marché ?
-On le verra dans la soirée. Allez, viens. Après tout, tu as faim, non ? »
Harry se contenta de rire et se laissa entraîner vers la salle de bal, non sans espérer que les deux autres loups solitaires ne viennent pas les questionner, eux aussi !
oOo
Le repas était à la hauteur de l'attente, dans tous les cas. Un buffet digne des rois les avait accueillis à leur entrée et chacun s'était généreusement servi. Pour l'occasion, il n'y avait pas de table par pays mais une multitude de petites tables regroupées près du buffet, laissant une place généreuse à une éventuelle danse. Harry avait grimacé en le constatant mais il avait savouré le délai qui lui était accordé et s'était assis en compagnie de Gabriel, Draco et, à sa grande stupeur, Rosalia. La jeune femme, splendide dans sa robe assortie aux costumes masculins de sa meute, était de loin la plus grande beauté de la salle, sans modestie. Elle ne cessait de fusiller les louves des yeux, l'air méprisante. Manifestement, elle était également un fort répulsif pour les jeunes femmes qui ne s'approchaient même pas de leur table, à la grande satisfaction de Harry.
« Eh bien, il ne s'est rien passé d'extraordinaire, soupira Gabriel en jouant avec une brochette de boulettes.
-Tu t'attendais à quelque chose d'extraordinaire ? se moqua Rosalia. Rencontrer l'âme sœur, peut-être ?
-Oh, la ferme, cingla Gabriel, l'air ennuyé. Non, mais on fait un tel foin de cette rencontre ! Il n'y a même pas eu une petite bagarre !
-Et c'est tant mieux, rétorqua Joshua en arrivant près d'eux. Une année, ça s'est terminé en pugilat entre la meute de Corée du Sud et la Chine. Je ne sais plus quel était le motif, mais il y a eu des morts !
-Des morts ! s'exclama Harry, stupéfait.
-On est des loups-garous, Evan, lui signala Joshua. Ça dégénère facilement… Cela dit, la nuit ne fait que commencer. Carlos et Fenrir peuvent encore se battre… »
Il jeta un œil à leur alpha qui mangeait tranquillement dans son coin, entouré des loups solitaires d'Angleterre. Harry grimaça en constatant que tous le regardaient.
« La soirée va être longue, observa Draco en posant une main apaisante sur la cuisse de Harry.
-Tant que vous savez éviter un affrontement, dit Joshua. Bonne soirée les enfants ! »
Il les abandonna là pour rejoindre la table de son fils. Ce dernier dégustait un verre de vin en fixant le vide d'un air contemplatif, totalement indiffèrent aux louves qui tournaient autour de lui d'un air alléché.
« Il a l'air tellement… supérieur, s'agaça Draco en le regardant, toujours énervé de la menace sous-jacente qu'il avait représenté pour Harry. J'ai horreur de ce genre de personne !
-C'est l'hôpital qui se moque de la charité, dit posément Rosalia.
-Tu peux parler ! fit remarquer Gabriel.
-Est-ce que vous avez toujours vécu au village ? interrompit Harry, sentant venir une bataille entre les trois plus jeunes.
-Non, répondit calmement Gabriel. J'ai vécu avec mes parents jusqu'à l'âge de dix ans. »
Au regard curieux de Harry, Gabriel leva les yeux au ciel.
« A l'époque… toujours maintenant, d'ailleurs, les loups-garous n'étaient pas les préférés des créatures… Des sorciers ont découvert que mon père était un alpha et ma mère son second… Bref, ils ont décidé qu'ils étaient des nuisances et ils sont partis à la chasse. Je n'ai pas besoin de te faire un dessin, n'est-ce pas ? Ma mère m'a caché dans la cave alors je n'ai rien eu. Mais eux ont été tués. Bref. J'ai été récupéré par Greyback et je vis là depuis.
-Merde, désolé, s'excusa Harry, choqué. Je ne savais pas que… enfin… que ce genre de choses arrivait…
-Qu'est-ce que tu crois ? demanda Rosalia, l'air ennuyée. On est des monstres, non ? Alors ne t'attends pas à être gentiment caressé par les « normaux » quand tu retourneras auprès d'eux. Tu vas vouloir revenir au village en rampant, tu verras ! »
Harry grimaça et se tourna vers Draco qui haussa les épaules.
-Rappelle-toi de ma mère, dit-il simplement, l'air sombre. Rosalia a raison et je te l'ai dit avant de te transformer : on est des monstres, qu'importe que ce soit faux. Ce n'est pas pour rien que Lupin est si en colère contre moi…
-Il ne l'est plus autant, tenta vaguement Harry.
-Tu parles, il me hait, rit Draco. Mais ça m'est égal. C'était ton choix. Et on l'assumera tous les deux, qu'importe les huées des humains.
-J'ai du mal à comprendre, murmura Harry. Pourquoi les esprits sont si fermés…
-Fais-toi attaquer par un des nôtres un jour et tu verras, répliqua Rosalia.
-C'est arrivé, lui répondit Harry. Quand j'avais treize ans, Remus s'est transformé devant nous et nous a attaqués. Mais… ce n'était pas de sa faute ! Il ne se contrôlait pas…
-C'est bien, tu es compatissant, dit Gabriel. Mais pas tout le monde, malheureusement. Ce qui est différent fait peur. Et nous sommes différents, pas seulement pendant la pleine lune. Ton attaque envers ton meilleur ami te l'a démontré, non ?
-Oui, mais c'était un contexte particulier, tenta Harry.
-Ah et qu'as-tu envie de faire à la louve qui as tenté de séduire Draco et qui est juste là ? demanda Rosalia en pointant la jeune femme, non loin d'eux, les yeux fixés sur l'alpha. Tu n'as pas envie de lui trancher la carotide avec tes dents ? C'est bien ce qu'il me semblait… »
Harry s'était mis à grogner en avisant la jeune femme, les lèvres presque retroussées sous la colère.
« On n'est pas normaux, quoi qu'on fasse pour en avoir l'air, déclara Gabriel. On a des instincts, des règles… et on perd la tête au moins une semaine par mois. Car ce serait réducteur de dire que ce n'est qu'un jour ! On est trop différents pour être acceptés par les autres. Toi qui es un sorcier, tu devrais le savoir, pourtant. Comment penses-tu qu'un moldu réagirait face à toi ? »
Harry grimaça en repensant à sa famille et secoua la tête.
« Oui, je suppose, admit-il. Je suppose que tout le monde ne peut pas être tolérant mais…
-Qu'est-ce que c'est que cette conversation ennuyeuse ? demanda Greyback en se laissant tomber sur une chaise libre. Vous êtes jeunes et vous avez un débat sur la tolérance ? Est-ce que vous ne devriez pas détailler le joli petit cul d'une louve ou au moins échanger des commentaires graveleux ?
-Evan et Draco sont gay ainsi que Gabriel, fit remarquer Rosalia. Et nous sommes vierges. Gabriel et moi, je veux dire. Quelle sorte de commentaires sommes-nous censés faire ?
-Bon et bien faites des commentaires sur les hommes ! Amusez-vous, nom d'un chien ! Vous tirez une tête de six pieds de long comme si vous assistiez à un enterrement ! Draco, tu devrait être saoul et tenter de déshabiller ton cher et tendre ! Et toi, Gabriel ? Arrête de mater Pierce, va simplement lui parler !
-Quoi ? Je ne…
-Rosalia ! continua Greyback, sans faire attention au plus jeune. Il y a des tas d'alphas, ici ! Des célibataires ! Alors tu attends quoi, exactement, une invitation ?
-C'est une proposition, Fenrir ? demanda la jeune femme. J'ai l'impression que toi, tu as trop bu !
-Pas du tout !
-Vous puez le vin, signala Harry.
-Ferme-la, bébé, se moqua Greyback. Va donc danser !
-Le bal n'est pas encore ouvert ! » fit remarquer Harry.
Mais au même moment, Jack se leva, un tintement résonna dans l'air, tout le monde se tut et se tourna vers lui.
« Mesdames, Messieurs, merci de votre attention.
-Je suis maudit ! souffla Harry, sous l'air presque ravi de Draco.
-Je vous remercie toutes et tous d'être venus si nombreux à cette soirée. Mon moment préféré est arrivé, celui où nos couples et si d'autres personnes veulent se lancer sur la piste, elles le peuvent, vont ouvrir le bal de cette réunion. Je vous en prie, ne soyez pas timides, faites honneur à l'Overlook. Allez, dansez ! »
Les lumières se firent brutalement plus tamiser et une musique, classique et lente, se fit entendre. Sans hésitation, Draco se leva et tendit la main à un Harry boudeur.
« Il le faut vraiment ? dit-il.
-Oui ! répliqua Draco. Allez, juste quelques-unes. Ensuite, promis, on s'assiéra et on ne se lèvera plus !
-Si tu insistes, marmonna Harry, ennuyé.
-J'insiste ! »
Draco eut tôt fait de le tirer sur la piste où de nombreux couples liés dansaient déjà, l'air presque heureux.
« On est pas censés être des monstres ? demanda Harry tandis que Draco lui faisait prendre la pose. Et tu sais, grogner, se battre… Plutôt que de danser ?
-Tais-toi, répliqua Draco. Laisse-moi profiter de ça, d'accord ?
-Maudit aristocrate romantique », maugréa Harry.
Mais il plongea ses yeux dans ceux de Draco et se laissa gentiment guider, pendant toute la valse et toutes les suivantes, sans discuter. Il se surprit même à sourire face à l'air bêtement ravi d'un Draco décidément trop romantique à son goût. Son alpha prenait un malin plaisir à valser ainsi avec lui, dans cette salle fastueuse, sur cette musique d'un autre temps mais qui rendait le moment presque féerique, dans des costumes qui auraient dû leur coûter une fortune.
« Nous sommes des monstres, lui chuchota Draco à un moment. Mais ça ne doit pas nous empêcher d'êtres des monstres au comportement humain, tu sais ?
-Nous ne sommes pas des monstres, espèce d'idiot, répondit Harry en l'enlaçant. J'emmerde le monde entier, personne ne m'obligera à penser à nous de cette façon ! »
Draco secoua la tête et le serra contre lui. Il s'écarta brutalement et montra un coin de la salle du menton à Harry.
« Regarde, dit-il. Greyback et Rosalia dansent ! »
Harry tourna la tête dans leur direction et écarquilla les yeux. Il sourit en les regardant, amusé.
« La belle et la bête, observa-t-il, hilare.
-Quoi ? demanda Draco.
-Je t'expliquerai, ricana Harry. Mais c'est drôle. Comment est la chanson, déjà ? L'histoire éternelle, touche de son aile, la belle et la bête ? Un truc comme ça, je crois ?
-Tu es totalement incohérent, lui signala Draco.
-Regarde ! s'exclama Harry, stupéfait. Est-ce que Pierce est en train d'inviter Gabriel à danser ? Oh mon Dieu, c'est le cas ! »
Un peu en retrait, le fils de Joshua était bien penché sur un Gabriel à l'air plus que surpris. Il lui parla vaguement, d'un air ennuyé mais le blondinet lui fit un large sourire et prit sa main dans la sienne.
« Il l'a fait, s'exclama Draco, amusé. Eh bien… intéressant. Tu ne trouves pas ?
-Et c'est moi que tu traites de marieur ! marmonna Harry.
-Je ne joue pas les marieurs, je suis juste content que quelqu'un s'intéresse à Gabriel !
-Est-ce qu'il s'y intéresse vraiment ? demanda Harry. Il a l'air de s'ennuyer profondément…
-Qu'importe, répondit Draco. Gabriel a un sourire large comme le Grand Canyon aux Etats-Unis et c'est tout ce qui compte ! »
Harry sourit en réponse. Il regarda autour de lui tous ces couples qui valsaient tranquillement, comme s'ils étaient normaux, comme s'ils n'étaient pas des monstres, comme si certaines personnes ne rêvaient pas de les tuer ou qu'une guerre ne faisait pas rage quelque part, dans le monde…
« Je crois que je pourrais aimer danser, finalement, dit tranquillement Harry en regardant son amant dans les yeux à nouveau, pour ne plus le lâcher.
-Pourquoi ? demanda Draco, l'air presque heureux.
-Parce que n'importe qui a l'air magnifique, en valsant ici, murmura Harry. Et parce que tu adores ça ! »
Le blond esquissa un sourire.
« Quand j'étais petit, j'avais horreur de ça, confessa-t-il. J'avais des leçons qui duraient des heures avec un professeur horrible, petit, sec comme un bâton de bambou séché… Je le haïssais. Et un jour, je devais avoir treize ans, je faisais tapisserie dans une des nombreuses soirées où mes parents m'avaient traîné pour m'exhiber comme le fier petit héritier que j'étais. Ma mère a vu que je m'ennuyais à mourir… Alors elle est venue vers moi, dans sa merveilleuse robe de cocktail blanche piquetée de diamants. Elle avait une longue et magnifique natte remplie de roses blanches. Elle était éblouissante. C'était une déesse à mes yeux. Elle m'a tendu sa main gantée et elle m'a tiré sur la piste de danse. On devait avoir l'air ridicule. Je mesurais quoi ? Un mètre vingt ? Et elle était resplendissante. Mais ça n'avait aucune importance. Maman et moi valsions, dans une salle de bal incroyablement somptueuse, avec des gens tout autour de nous qui valsaient comme si rien d'autre n'avait d'importance à leurs yeux… C'était le plus beau jour de ma vie », chuchota Draco, presque immobile.
Harry sentit l'immense chagrin qui envahissait son amant et il profita d'une accélération de la valse pour le ramener au moment présent.
« Ne quitte pas mon regard, Draco, lui dit Harry en plongeant à nouveau ses yeux dans les siens. Vis ce moment avec moi. Fais-en le plus beau de ta vie…
-Impossible, lui répondit Draco en esquissant un sourire. Tu m'as déjà offert le plus beau jour de ma vie !
-Crétin romantique, maugréa Harry en rougissant. Dans ce cas, contente-toi de vivre la plus belle valse de ta vie ! »
Draco se contenta de sourire en réponse. Mine de rien, Harry n'avait même pas remarqué qu'ils dansaient depuis près d'une heure ! S'il devait raconter ses souvenirs les plus tendres avec ses parents pour obtenir autant de son amant, il ne se gênerait plus !
Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin et vint le moment où, épuisé et assoiffé, Harry demanda une pause. Ce qui, pour Draco, voulait clairement dire qu'il ne remettrait plus jamais les pieds sur la piste à moins d'y être traîné. Il se résolut donc à l'accompagner jusqu'à la table où ils s'installèrent et se servirent du vin.
« Dis-moi, s'exclama soudainement Harry. Quelle influence a le vin, sur les lycanthropes ? »
Draco haussa un sourcil.
« Il doit avoir une influence spécifique ? demanda-t-il.
-Eh bien… je ne sais pas, répondit Harry. Peut-être ? En a-t-il une ?
-Non, répondit Draco. Nous sommes à égalité en ce qui concerne les boissons alcoolisées. Donc, ça dépend de la personne. Certains deviennent horriblement affectueux… »
Il tendit un doigt discret vers un couple qui se papouillait dans un coin.
« D'autres, horriblement libidineux… »
Un peu plus loin et avec ce qui semblait être une tentative pour être discret, un des jeunes alphas de Nouvelle-Zélande tripotait sans vergogne une louve plus que consentante.
« D'autres ont la larme facile ou rient pour un rien… »
Et il désigna succinctement deux loups solitaires occupés à rire ou à pleurer.
« Tout dépend de la personne…
-Je vois, dit Harry. Donc, le soir où nous avons bu tous les deux…
-N'est en rien une réaction lycanthrope face à l'alcool, compléta Draco en souriant d'un air amusé. Je suis assez facile à exciter, en état d'ébriété…
-Vraiment ? demanda Harry, ses pupilles semblant s'affiner étrangement.
-Vraiment », affirma Draco avec un léger sourire séducteur.
Ils se turent pendant un instant puis Draco émit un léger rire.
« J'aime ça, dit-il. Danser avec toi et flirter avec toi. Comme des gens normaux !
-C'est un mot qui est fort évoqué, signala Harry. Une frustration quelconque par rapport à la formation de notre couple ?
-C'était juste… douloureux et précipité, précisa Draco, l'air indifférent.
-Je me suis excusé pour ça, rappela Harry.
-Je sais et je ne t'en veux absolument pas, lui dit tranquillement Draco. Le contexte était tel qu'il est. Et je suis parfaitement conscient que si je n'étais pas un loup-garou. Il n'y aurait eu aucun toi et moi. Alors je ne vais pas commencer à pleurnicher sur la rudesse de notre couple ou quoi que ce soit… Simplement, je crois que parfois… j'aimerais qu'on ait eu une autre vie.
-Une autre vie ? répéta Harry. Dis-moi quelle vie ?
-Seulement si tu danses encore… S'il te plaît ? »
Harry eut une petite moue mais accepta. Il était curieux, Draco le savait.
« Imaginons, commença Draco en recommençant à valser. Toi et moi, deux jeunes lords anglais qui ne se connaissent pas et qui faisons connaissance par hasard, lors d'un bal tel que celui-ci ou d'un thé chez un ami commun. Je t'aurais trouvé à mon goût, bien entendu…
-Ah, pas moi ?
-Non, toi, tu aurais été horrifié par mon arrogance et tu m'aurais détesté. Sauf qu'en fait, ta haine est surtout là à cause du désir incroyable que j'éveille en toi…
-Bien sûr, se moqua Harry. Et donc, ensuite, qu'aurions-nous fait, cher lord anglais ?
-Je t'aurais poursuivi, lui raconta Draco, amusé. Encore et encore, m'arrangeant sans cesse pour qu'on se rencontre fortuitement, par hasard. Sans arrêt aux mêmes soirées, aux mêmes jeux, aux mêmes rassemblements. Je t'aurais parlé, ignorant ton air dédaigneux, je t'aurais séduit. Et un soir comme celui-ci, sur une musique comme celle-ci, je t'aurais invité à danser…
-Deux lords anglais qui valsent ensemble ? N'aurait-ce pas été… étrange ?
-Pas dans mon monde imaginaire, répliqua Draco, déclenchant l'hilarité de Harry. Nous aurions dansé et au bout d'une valse, tu aurais compris que tu étais amoureux de moi…
-Et nous serions-nous embrassés, là, sur cette valse, face à tout le monde ? demanda Harry, se prêtant au jeu.
-Non, pas du tout ! répondit Draco. Tu m'aurais fui, effrayé par tes sentiments !
-Effrayé, moi ? s'étonna Harry. Le preux Gryffondor ?
-Sauf que n'importe qui peut avoir peur, quand il s'agit de sentiments… Toi également et tu le sais. Tu aurais fui dans le parc et je t'aurais suivi…
-Le parc ? Il y a un parc ? demanda Harry. Enneigé ou fleuri ? Sous un ciel étoilé, quoi qu'il arrive, je parie ?
-Bien entendu, confirma Draco. Qu'importe le temps, même si je le préfèrerais printanier. Assez chaud pour y sortir, mais assez frais pour ne pas s'y attarder…
-Ainsi, il n'y aurait pas trop de gêneurs !
-Exactement ! »
Ils se sourirent, amusés et Harry se laissa guider, inconscient des pas de plus en plus complexes que Draco lui faisait exécuter sans difficulté.
« Et donc, je t'aurais suivi et retrouvé. Et là, sous ce ciel étoilé, nous nous serions avoués nos sentiments !
-Comme c'est romantique ! se moqua Harry en riant légèrement. Tu es affligeant, Draco.
-Je sais, répondit le blond. C'est de ta faute, je crois.
-Ah, tu crois ? demanda Harry.
-Je n'étais pas ainsi avant de te rencontrer !
-Quand tu m'as rencontré, tu n'as pas arrêté d'essayer de me faire renvoyer. Tu étais un démon ! Ne viens pas dire que tu es devenu un crétin romantique à cause de moi !
-Bon, alors c'est arrivé quand tu m'as fait tomber amoureux de toi. Bien que Merlin en soit témoin, je ne sais pas du tout quand c'est arrivé !
-Toi non plus ? s'étonna Harry. Je croyais qu'au moins un de nous deux en avait eu conscience…
-Et non, lui dit Draco. Je me suis réveillé un jour et je t'aimais. Va savoir comment… »
Harry sourit. Il avait parfaitement conscience qu'il s'était fait avoir à danser pour rien mais ne s'en plaignait pas, valsant tranquillement. Il jeta un autre coup d'œil et constata que Carlos le fixait d'un air contemplatif. Les trois loups solitaires d'Angleterre s'étaient rassemblés et discutaient en leur lançant de petits regards curieux.
« Je crois que la soirée va être longue, marmonna Harry.
-Oui, je crois aussi, approuva Draco qui avait suivi son regard. Veux-tu qu'on tente de se réfugier dans notre chambre, l'air de rien ? Ou que je demande à Greyback de nous raccompagner ?
-Greyback a disparu, signala Harry. Rosalia aussi, d'ailleurs…
-Par les couilles de Merlin, s'exclama Draco. Ont-ils… est-ce que tu crois qu'ils sont ensemble ?
-Je ne sais pas, répondit Harry, songeur. Rosalia pourrait… enfin… Est-ce qu'elle serait intéressée par Greyback ?
-Je l'ignore, avoua Draco. Mais lui ne peut normalement pas se lier…
-A cause de Tu-Sais-Qui ? demanda Harry, l'air préoccupé. Il lui a ordonné… ainsi qu'à toi ! de ne pas se lier, n'est-ce pas ?
-Oui, confirma Draco. C'est assez salaud, quand on y pense, mais ce n'est guère surprenant venant de ce maniaque du contrôle. Merde, où est passé ce salaud de Greyback ? Je ne peux pas affronter trois loups solitaires seul !
-Je suis là pour t'aider, tu t'en rappelles ? demanda Harry. Et de toute façon, on n'en viendra peut-être pas au combat…
-Avec la quantité d'alcool qu'ils ont dû ingurgiter ? Si, ça en viendra là, lui dit Draco. Mais avec un peu de chance, ils auront tellement bu qu'ils ne seront pas capables de nous attaquer de toutes leurs forces. Et Carlos aussi nous regarde bizarrement. Ça, c'est plus inquiétant. C'est un alpha et il aura sa compagne de son côté, peut-être même ses alphas potentiels… »
Harry grimaça face à la situation plus que compliquée qui s'annonçait. Mais soudainement, il se mit à rire, sous l'œil stupéfait de Draco.
« Qu'est-ce qui te fait rire ? demanda-t-il.
-La chanson, répliqua Harry. Je nous imagine très bien en train de jouer à cache-cache dans tout l'Overlook, sur cette musique…
-Le beau Danube Bleu te fait rire, se lamenta Draco. Il n'y a vraiment que toi pour trouver cette chanson digne d'une partie de cache-cache. Ne pourrais-tu pas penser à un plan ?
-J'en ai plusieurs, mais aucun ne finit bien, lui signala Harry.
-Dis toujours, l'incita Draco.
-Eh bien, nous pourrions partir maintenant. Les loups solitaires nous suivraient, mais on arriverait peut-être à notre chambre assez vite. Toute la meute de Carlos ne pourra se tenir prête à nous chasser car ils sont trop dispersés et ils n'ont pas encore eu le temps de se concerter. »
Draco hocha la tête, reconnaissant le jugement.
« On peut aussi attendre que les louves et l'alcool aient distrait nos amis d'Angleterre, en supposant que cela soit un assez bon dérivatif, mais vu leur air déterminé, j'en doute… Et attendre risquerait de laisser à Carlos le temps nécessaire à l'ébauche d'un plan, quoi qu'il nous veuille…
-Je préfèrerais toutefois avoir affaire à la meute d'Amérique du Sud qu'aux loups d'Angleterre…
-Moi aussi, admit Harry. On continue de danser en espérant avoir une chance ou on se sauve maintenant, sur cette chanson pour le moins… jolie ?
-Tu la trouves vraiment jolie ou c'est ironique ?
-Non, j'aime assez. Qu'est-ce que c'est ?
-Ton manque d'éducation me scie, Harry. C'est le Lac des Cygnes… Enfin, une des chansons qui peuple l'œuvre. La plus connue. Ok, je t'emmènerai à l'opéra, un jour…
-L'opéra, singea Harry, l'air horrifié.
-Tu pleureras, quand tu auras vu combien c'est beau alors ne prends pas cette mine dégoûtée avec moi, d'accord ?
-D'accord, répondit poliment Harry. Tu me diriges lentement mais sûrement vers la sortie, finement joué mais je crois qu'ils l'ont remarqué. Nos trois saoulards se sont levés, en tout cas…
-J'ai vu, indiqua Draco. Tant pis pour le Lac des Cygnes, allons-y ! »
Ils cessèrent de valser et sans prêter attention aux couples qu'ils dépassaient, abandonnèrent la salle de bal. Ils avaient quitté le hall d'entrée lorsqu'ils les entendirent, derrière eux, qui couraient presque pour les rattraper. Apparemment, Carlos n'avait pas bougé de la salle de bal car il n'y avait que les trois loups solitaires d'Angleterre.
« Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Harry en regardant un Draco à l'air furieux près de lui.
-Soit on leur fait face avec innocence, soit on attaque directement. Que préfères-tu ?
-Mieux vaut commencer par l'innocence, lui chuchota le brun. Marchons calmement, ils auront le temps de nous rattraper et on feintera de ne pas comprendre. S'ils nous attaquent, on est formés… il nous suffira de les tuer et de mettre ça sur le dos du Poltergeist.
-Très Serpentard, bébé, lui signala Draco en adoptant une démarche plus calme.
-Merci », répondit Harry, feintant la décontraction.
Il ne leur fallut pas longtemps pour être rattrapés par les trois loups solitaires qui couraient derrière eux. Voyant que le soi-disant faux couple avait cessé de se presser, ils se mirent à marcher eux aussi et profitèrent de l'éloignement du hall d'entrée pour les appeler.
« Une minute, le faux couple ! intervint Cheveux Gris, les deux amants se retournant calmement vers lui. Notre conversation de tout à l'heure n'est pas terminée !
-Vraiment ? questionna Harry, l'air ennuyé. Je suis fatigué, ne pouvez-vous pas nous laisser tranquille monsieur… Quel est votre nom, d'ailleurs, je ne vous connais même pas, Gandalf, peut-être ?
-Gandalf ? demanda Cheveux Gris, perplexe. Non, je m'appelle Tom Jersey !
-Jersey, marmonna Harry. Dommage, Gandalf aurait été plus drôle. »
Sa blague semblait passer loin au-dessus de la tête des personnes présentes et Harry regretta presque l'absence d'Hermione. Il était sûr qu'elle aurait ri !
« Bref ! s'exclama le dénommé Tom qui le fixait alors comme s'il lui manquait quelques neurones. Notre conversation n'est pas terminée et Stanley et Bink ont bien envie de savoir eux aussi si tu n'es pas Harry Potter !
-Mais, bon sang, je vous ai déjà dit que je ne l'étais pas ! riposta Harry, frustré. Il vous faut quoi, un certificat de naissance ?
-Ne joue pas à ça avec moi, gamin, intervint le lycanthrope à l'air malade. On sait tous ici que tu ressembles trop à Potter pour être innocent. Alors si tu ne l'es pas, ça ne devrait pas autant te déranger de défaire ta jolie coiffure ! »
Manifestement, ce loup-là était plus agressif que Cheveux Gris. Harry grimaça et se retint de regarder Draco à la recherche d'une autorisation : seul un lié soumis ferait ce geste. A la place, il soupira dramatiquement.
« Vous avez de la chance que nous ayons décidé de quitter le bal, sans quoi, j'aurais dû vous refuser ce privilège ! Vous rendez-vous compte que je vais devoir traverser tous les couloirs sans être correctement coiffé, tout ça parce que je suis prétendument Harry Potter ? Vous êtes ridicules ! »
Tout en parlant, il avait levé une main hésitante pour défaire sa coiffure. Il avait mis du maquillage le matin même et avait évité de mouiller son visage afin de ne pas le défaire, mais il n'était pas certain que la poudre soit toujours bien en place. Il sentit la mèche retomber mollement le long de son visage et dut se faire violence pour ne pas chercher confirmation dans le regard de Draco. A la place, il fixa bravement les trois lycanthropes qui regardaient fixement son front.
« Alors ? demanda-t-il, heureux d'avoir une voix aussi assurée. Satisfaits ? Pas de cicatrice ? Si c'est le cas, c'est qu'on m'a mutilé dans mon sommeil ! »
Face au manque de réaction du trio, Harry se détendit. Il eut confirmation que tout allait bien lorsque Draco s'avança, se plaçant devant lui.
« Je pense que le maître sera satisfait d'entendre cette magnifique petite histoire, la prochaine fois que je le verrai, dit-il d'un air amusé. Il va sûrement longuement vous en parler, d'ailleurs…
-Pas si sûr, intervint d'une voix sifflante le seul loup qui n'avait pas encore parlé, celui aux cheveux roux. Quelque chose cloche avec son front ! Il n'a pas une odeur normale ! »
Draco se retint de grogner. Le fond de teint était normalement dépourvu d'odeur, mais pour un lycanthrope aux sens aiguisés, il était possible de remarquer que l'odeur corporelle de Harry était étouffée par rapport au reste de son corps. Il l'avait lui-même perçu la veille mais n'y avait vu aucun danger : seul quelqu'un de proche de Harry pouvait le remarquer ! Mais il n'avait pas envisagé la présence d'un loup à l'odorat surdéveloppé, comme Harry !
« Et voilà que quelque chose cloche avec mon front, maintenant ! s'impatienta Harry, l'air grandiloquent. Pitié, je voudrais juste aller dormir ! Ne pourriez-vous pas acquérir un cerveau et… »
Il ne put finir sa phrase. Le loup aux cheveux roux, manifestement un chasseur, s'était déplacé à une vitesse incroyable et avait bondi devant lui, le dominant du haut de son mètre quatre-vingt. Harry hoqueta et voulut reculer mais le lycanthrope le saisit par le bras pour l'en empêcher. Il n'en fallut pas plus à Draco pour qu'il intervienne. Poussant un son rauque et menaçant, il attrapa la main libre du lycan et tira dessus de toutes ses forces. Le loup solitaire glapit alors qu'il était soulevé du sol. Dans sa terreur, il lâcha Harry. Draco en profita pour le balancer de toutes ses forces contre le mur opposé.
« Ne le touchez plus, gronda-t-il, furieux.
-Qu'est-ce que ça peut te faire qu'on le touche ? intervint Cheveux Gris en s'aplatissant, prêt à attaquer. Il n'est pas ton compagnon, n'est-ce pas ?
-Qu'est-ce que ça change ? cingla Draco en prenant la même position, montrant les dents. Il est innocent ! Il devait juste m'accompagner pour détourner les louves, pas pour vous servir de quatre heures ! Si vous voulez vous défouler, faites-le avec les chiennes qui ne demandent que ça dans la salle de bal et laissez mon ami en dehors de ça !
-Mon ami ! répéta le lycanthrope à l'air malade. Prends-nous pour des idiots, Malfoy ! Ton ami te sent bien trop pour être un simple ami ! Tu t'es lié à lui et on le sait ! »
Draco évita de regarder Harry qu'il sentait prêt à l'attaque derrière lui. Il ne quittait pas Cheveux gris du regard, bien conscient que le loup aux cheveux roux s'était relevé et était proche de son amant. Il pouvait encore l'attaquer et s'il tentait de défendre Harry, les deux autres profiteraient de sa distraction pour lui sauter dessus. La situation semblait mauvaise et l'espace d'un instant, Draco jugea que le mieux était de les tuer. Mais heureusement − ou malheureusement, il n'en était pas sûr − la tribu entière d'Amérique du Sud, soit Carlos, sa compagne, les deux compagnons gay ainsi que deux autres futurs alphas, déboulèrent au fond du couloir. Ils marchaient calmement, mais à leur posture, Draco comprit qu'ils n'hésiteraient pas à attaquer s'ils le devaient.
« Allons, que se passe-t-il, ici ? demanda Carlos d'un faux air bon enfant.
-Rien qui ne vous concerne, répliqua Cheveux Gris en se redressant légèrement. C'est une histoire entre citoyens de l'Angleterre !
-Je vois cela, répondit froidement Carlos. Mais citoyens d'un même pays ou non, personne dans cet hôtel n'apprécierait un conflit, messieurs. Alors je vous conseille fortement de regagner vos chambres.
-Regagne plutôt la tienne, alpha stupide ! » gronda le loup à l'air malade.
Le geste de Carlos fut si rapide que Draco eut du mal à le voir, mais l'instant d'après, le lycanthrope qui avait osé répondre était projeté en l'air avec violence. Il toucha le plafond et atterrit sur le sol en poussant un petit cri de douleur.
« J'ai cru entendre un loup-garou bêta me répondre, dit Carlos avec hauteur. J'ai cru entendre quelqu'un qui n'a pas mon rang oser m'insulter ? Ai-je bien entendu ? »
Il s'était penché sur le loup et n'avait soudainement plus rien d'un homme gentil et agréable. Draco s'était reculé vers Harry, dans un geste purement défensif mais aussi parce qu'il craignait que le loup aux cheveux roux ne profite de la confusion pour l'attaquer et le brun s'était cramponné à son dos, mal à l'aise. La présence de Carlos était suffocante et Harry avait l'envie folle de se cacher quelque part. Les autres loups en présence semblaient avoir la même envie car Cheveux Gris s'écarta précipitamment et se colla au mur, comme pour se faire le plus petit possible.
« M'as-tu répondu, sous-chose ?
-Non, non, je ne l'ai pas fait ! s'exclama le lycanthrope, terrorisé.
-Pourtant, je l'ai entendu. Serais-je fou ?
-Je suis désolé, tremblota le loup-garou, je ne le ferai plus, je suis désolé. »
Carlos le regarda longuement et pendant un instant, Harry pensa qu'il allait le tuer. Les ongles de Carlos étaient immenses, comme prêts à s'enfoncer dans le corps recroquevillé au sol. Les autres loups d'Amérique du Sud, eux, se tenaient droit, pleinement conscients d'être dans le camp supérieur.
« Ecoutez-moi bien, vous, chiens de pacotille. Je n'ai que mépris pour les êtres comme vous qui lèchent les pieds d'êtres qui se croient supérieurs à nous. Et je n'aurais aucun regret à vous tuer. Maintenant. Alors je ne me répèterai pas : allez-vous-en. Tout de suite ! Avant que je ne décide de vraiment vous déchiqueter ! Je veux que vous ayez quitté cet hôtel dans une demi-heure. Et si j'entends encore parler de vous une fois dans cette vie, je peux vous promettre que vous le regretterez amèrement. Est-ce que je suis suffisamment clair ? Maintenant, partez. Allez ! »
Il avait crié le dernier mot et les trois lycanthropes solitaires avaient détalé comme des lapins. Mais ni Harry, ni Draco ne se détendirent pour autant.
« Bien, dit Carlos en prenant un air plus abordable. Maintenant que nous sommes débarrassés de la vermine, peut-être pourrions-nous discuter dans un endroit plus intime.
-Evan et moi sommes… »
Draco s'interrompit. Carlos le fusillait du regard et il renonça. Il ne faisait pas le poids face à un alpha.
« D'accord, concéda-t-il en prenant une posture plus accessible. On vous suit. »
Ses mots provoquèrent une légère détente dans la meute et Carlos se dirigea sans attendre vers les escaliers. Les autres alphas potentiels ne bougèrent pas et Draco comprit qu'ils voulaient se placer derrière eux afin de s'assurer qu'ils ne fuient pas. Il emboîta donc le pas à l'alpha, Harry le suivant aussi docilement que la compagne de Carlos le faisait avec l'homme auquel elle était enchaînée. Ils montèrent trois étages avant d'entrer dans la suite qui devait être celle de l'alpha. Son odeur était partout et Harry se colla à nouveau à Draco, toujours dans son dos.
Sans leur prêter attention, Carlos alla s'installer tranquillement sur une chaise, juste en face d'eux, alors que les autres alphas potentiels les encerclaient. Soudain, Eric et Stefan semblaient bien moins sympathiques aux deux anglais.
« Je ne crois pas avoir besoin de vous faire part de la raison de notre présence, à tous, dans ma suite, commença Carlos, royal. La raison est la même que celle de vos trois compatriotes, bien qu'avec une finalité moins sanglante. Alors, Evan… Si tu effaçais le joli maquillage que tu as sur le front, afin que nous soyons bien tous sûrs de ton identité… »
Ni Harry ni Draco ne bougèrent et Carlos finit par soupirer, agacé.
« Ne m'obligez pas à en venir à la force, je ne crois pas que nous apprécierions. Faites-le simplement !
-Non, il ne le fera pas, rétorqua froidement Draco. Je veux bien acquiescer à l'identité que vous prêtez à mon lié, mais il n'effacera pas ce qu'il a sur le front ! Pas pour une simple confirmation. Vous savez manifestement qui il est. Ce n'est pas une raison pour clamer son identité à toutes les personnes nous croisant lorsque nous regagnerons notre chambre. Car nous la regagnerons, n'est-ce pas ? »
Carlos esquissa un sourire presque moqueur tout en le fixant, comprenant qu'il devait s'adresser à Draco. C'était ce que la hiérarchie imposait, en tout cas.
« Vous êtes donc vraiment liés, murmura-t-il. Vous n'avez cessé de clamer le contraire au trio…
-Leur confirmer notre lien aurait été une très mauvaise idée, expliqua simplement Draco.
-Oui, à cause de ton maître, c'est ça ? cingla Carlos en se levant. Je n'ai donc plus qu'une seule question ! Comment celui qui est censé tuer Vous-Savez-Qui s'est-il retrouvé lié à un mangemort ?
-Je n'en suis pas un, répondit calmement Draco, provoquant un rire presque moqueur chez l'alpha. C'est la vérité ! »
Agacé, Draco défit le bouton de manchette de sa veste et la releva pour ensuite procéder de la même façon avec sa chemise. Il exposa son avant-bras totalement dépourvu de marque avec fierté.
« Il sait qu'il n'a pas intérêt à me marquer avant que je ne sois un alpha, précisa posément Draco. Je n'ai pas encore prêté serment. Il attend ma majorité, sans savoir que nous projetons de le détruire bien avant !
-Je vois, dit Carlos. Et bien entendu, Greyback est au courant…
-Qu'il héberge Harry Potter, lié à un prétendu mangemort ? Oui, répondit patiemment Draco.
-Eh bien… qui l'eut cru. Et vous n'avez pas peur qu'il vous trahisse ?
-Pas tant que Vous-Savez-Qui ne lui en aura pas donné l'ordre.
-Je vois, répéta l'alpha. Le coup du manquement d'ordre. Pas stupide… »
Il y eut un long silence puis, soudainement, Carlos éclata de rire et toutes les personnes présentes se détendirent. Eric et Stefan se permirent même de s'asseoir alors que la compagne de l'alpha se détachait pour aller tranquillement s'enfermer dans la salle de bain.
« Ce bon vieux Greyback n'est pas si pourri, à ce que je vois, poursuivit l'homme en face d'eux, sans s'inquiéter du relâchement de ses hommes. Eh bien, je suppose que si l'Angleterre est sauvée par un des nôtres, ça devrait être assez positif pour notre espèce, non ? Peut-être que vous pourrez faire de bonnes choses, tous les deux… Mais blague à part… »
Il prit un air mortellement sérieux.
« Quand comptez-vous vous battre contre cette… chose ?
-Très bientôt, répondit Draco. Je ne peux pas vous en dire plus, nous n'avons pas encore décidé de quand, mais… c'est très proche. »
Il avait fait passer un Harry plus détendu devant lui mais à ces mots, il ne put s'empêcher de serrer vivement son amant contre lui. Laisser Harry aller se battre était l'épreuve la plus difficile au monde, aux yeux de Draco. La peur de le perdre dans cette bataille ou l'éventualité qu'il soit blessé lui était intolérable. Et au fond de lui, Harry savait que la majorité des problèmes de domination de son amant venait de cette bataille qui se profilait. Incapable de pouvoir contrôler cet évènement, il tentait par tous les moyens de se rassurer en essayant de le contrôler, lui ! Et même si tout autre que lui trouvait son comportement atroce et honteux, ce n'était pas son cas. Il le comprenait comme seul un loup-garou, et de préférence un loup-garou lié, pouvait le faire. Qu'il soit son compagnon ne faisait que rendre cette compréhension encore plus aiguisée. Il savait qu'une fois Voldemort six pieds sous terre, Draco se détendrait largement avec lui !
« Bien sûr, leur dit Carlos. En tout cas, vous avez eu de la chance que j'intervienne ce soir. Sans quoi, vous n'auriez pas pu faire quoi que ce soit. Enfin… je ne peux que vous souhaiter bonne chance…
-Vous… vous n'allez pas nous aider ? demanda Harry, attirant l'attention de tous sur lui.
-Non, répondit Carlos. J'ai… j'ai depuis longtemps décidé de laisser les affaires des hommes loin de moi. Je suis parfois obligé de m'en mêler, lorsque ça menace ma meute mais… non, Potter, je ne me mêlerai pas d'un conflit qui ne concerne pas mon propre pays… Il est toutefois évident que je veux la fin de votre mage noir. Avec son affiliation à Greyback, il donne une très mauvaise image de notre peuple que je ne peux tolérer. Des accords avaient commencé à être instaurés avant que la soumission de votre alpha ne soit rendue publique. Dès lors que le monde a appris qu'il était le laquais de votre monstre, tous les ponts que j'avais péniblement construits ont été entièrement détruits. Et c'est la raison pour laquelle je suis si agressif envers lui… Mais si vous, un loup-garou, vous parvenez à le tuer et à libérer un peuple entier de sorciers… ça ne pourra être que positif pour notre race !
-Et ça le sera encore plus si vous nous y aidez, fit remarquer Draco. Ne le prenez pas mal, je ne dis pas que vous profitez de nos exploits et que je ne suis pas d'accord, au contraire, je comprends et j'accepte votre raisonnement. Toutefois, il s'appuie sur notre victoire qui n'est même pas certaine ! Alors que si nous avions d'autres loups-garous à nos côtés…
-Avec ou sans moi, rien n'est sûr, signala Carlos. En outre, n'avez-vous pas d'autres amis lycanthropes qui…
-Avec ou sans vous rien n'est sûr, coupa Harry. Mais sans vous, c'est encore moins sûr. Et non, nous n'avons pas d'autres amis lycanthropes, à l'exception d'un loup solitaire et d'une poignée de sorciers dont beaucoup sont des enfants, nous n'avons aucun poids face à lui ! Nous avons réussi à le rendre vulnérable, mais ça s'arrête là ! Nos chances ne sont pas plus élevées parce que je suis un loup-garou. Tout juste avons-nous eu un peu plus de possibilités, sans que cela nous assure la victoire. J'ignore quel est votre passé et je ne veux pas le savoir… Mais si vous appuyez votre avenir sur ma victoire… alors vous devriez plutôt vous rallier à nous. Ou nous trouver des alliés. Parce que pour l'instant, le seul support de ma victoire, c'est la chance. Et uniquement elle ! »
Carlos le considéra pendant un très long moment dans un silence contemplatif.
« Je comprends, dit-il. Mais comme vous l'avez dit, vous ne connaissez pas mon passé. C'est avec moi-même que j'ai fait le serment de ne plus jamais me mêler des affaires d'hommes et je ne trahirai pas ce serment, j'en suis désolé. Toutefois, je dois rencontrer les alphas du pays, après cette réunion et je leur ferai part d'une éventuelle aide pour le camp d'un futur alpha qui se dresse contre votre mage noir. Si certains sont intéressés, ils vous rejoindront. Un point de ralliement ?
-Qu'ils aillent dans la forêt interdite de Poudlard, indiqua simplement Harry. C'est probablement là que nous irons en premier et là également que Vous-Savez-Qui nous rejoindra… la forêt les accueillera en attendant, bien que je leur recommande de se méfier des centaures et de bien vérifier que certaines araignées ne nichent pas là où ils décideront d'établir leur campement.
-Je leur dirai, promit Carlos. Sur ce, Messieurs, je vous invite à tous rejoindre vos chambres. Isabella me fait savoir qu'elle ne sortira pas de la salle de bain tant que vous serez là et je ne voudrais pas la forcer à y rester toute la nuit. »
Il y eut quelques rires parmi la meute d'Amérique du Sud puis, tous, non sans saluer poliment leur chef, sortirent. Harry et Draco furent les derniers.
« Nous comptons sur vous, Carlos, dit Draco. Tant pour les éventuels alliés que pour votre silence sur l'identité d'Evan…
-Ne vous en faites pas, le rassura le vieil alpha. Je n'ai pas l'intention de m'en mêler, je vous l'ai dit. Et mon silence sera la clé de ma neutralité.
-Merci, lui dit Harry. Merci aussi de nous avoir débarrassés des trois autres…
-Ce n'est que provisoire, leur rappela Carlos. Viendra un moment où ils vous retrouveront. Et je ne peux que vous conseiller de ne pas trop vous attarder chez Greyback. Car il risquerait de recevoir très prochainement un ordre lui ordonnant d'amener Evan Malfoy à son maître, lorsque ces trois-là auront été raconter ce qu'ils ont vu ici.
-On s'en doute, lui dit Draco. Merci tout de même.
Ils sortirent tranquillement de la pièce et soufflèrent tous les deux lorsqu'ils furent dehors. Plusieurs catastrophes venaient d'être évitées et une proposition d'aide avait été faite… ne restait plus qu'à prier pour qu'elle porte ses fruits. Peut-être que la bataille finale serait alors plus abordable…
oOo
Ils traversèrent les couloirs sans croiser personne, ce qui leur fit plaisir. Ils n'auraient pas supporté une autre conversation. Ils avaient besoin de se retrouver seuls, de penser et surtout, d'être enfin eux-mêmes. Car même s'ils parlaient et agissaient comme si tout était normal, il n'y avait que protégé des murs de leur chambre qu'ils se détendaient vraiment. Quand ils entrèrent enfin, ils soupirèrent tous les deux de satisfaction. Enfin, en sécurité !
« C'est pas passé loin, fit remarquer Draco en faisant glisser sa veste qu'il déposa sur un magnifique fauteuil.
-Comme tu dis, souffla Harry en enlevant maladroitement ses chaussures. J'ai cru qu'on arriverait jamais à la fin de cette journée sans qu'il y ait un mort. Et quand Carlos s'en est mêlé… je ne savais plus sur quel pied danser !
-J'espère que nous ne regretterons pas de lui avoir fait confiance, chuchota Draco en allant l'enlacer. Merlin, que tu es beau dans cette tenue. Je n'ai même pas pu te le dire ce soir… Tu ressembles à un vrai petit prince, habillé ainsi !
-Je suis moins beau que toi, répondit Harry en le regardant grâce au miroir à pied qui leur faisait face. Tu portes le costume à la perfection, on voit que tu as l'habitude ! »
Draco se contenta de sourire en réponse.
« En tout cas, ton costume de ce matin, lui… était encore plus intéressant que celui-ci… »
Harry sourit avec amusement tandis que Draco faisait descendre la veste qu'il portait jusqu'au sol. Il pivota dans ses bras et regarda le blond, une lueur d'amusement dans les yeux.
« Et qu'est-ce qui te plaisait, dans ce costume ? Mhmm, laisse-moi deviner… »
Il se colla à lui, frottant son nez avec lenteur contre le sien.
« Disons… la chemise ? Non… »
Son nez descendit sur sa joue puis remonta le long de sa mâchoire. La respiration de Draco s'accéléra alors que ses mains s'étaient crispées sur ses hanches.
« Le short, souffla Harry dans son oreille. N'est-ce pas ? C'est le short qui te plaisait…
-Plutôt le souvenir qu'il évoquait, murmura Draco en le serrant contre lui. Le magnifique souvenir… »
Il fit descendre ses mains sur ses fesses qu'il serra dans ses larges paumes, collant le bassin de Harry contre le sien.
« Oh merde, chuchota Harry en le sentant faire. J'ai un cadeau pour toi…
-Un cadeau ? demanda Draco, ses lèvres déjà égarées sur sa gorge. Quel cadeau ?
-Tu verras, répondit Harry en se détachant de lui brutalement. Je vais dans la salle de bain. Attends-moi. Reste chaud. »
Il se défit de son étreinte sans trop de difficulté, alla jusqu'à son bagage pour en sortir un sac noir que Draco regarda d'un air interrogateur. Harry haussa les épaules avec amusement et partit se réfugier dans la salle de bain. Bien que curieux, Draco alla s'asseoir sur le lit. Il eut juste le temps d'enlever ses chaussures avant que la porte ne s'ouvre à nouveau pour découvrir la silhouette fine et pratiquement nue de Harry. Draco sentit sa gorge se serrer brutalement à la vue qui s'offrait à lui.
Harry ne portait qu'un seul vêtement : l'adorable petit short de cuir que Draco lui avait acheté, quelques mois plus tôt. Autour de son cou, le collier que Draco aimait tellement, cadeau de Greyback. Mais une étrange petite médaille d'or y avait été ajoutée et pendouillait sur le torse de son amant. Ronde comme la lune, elle brillait à la lumière du lustre de bougies et de cristal.
« Je l'ai emporté, dit Harry d'une voix rauque en s'avançant vers Draco. J'ai pensé… que ça pourrait te plaire. »
Draco était sans voix tandis qu'il le regardait s'avancer vers lui d'une démarche chaloupée. Il avait tellement d'assurance, presque d'arrogance dans son allure. Il le provoquait à chaque pas qu'il faisait, souriant sensuellement. Ses cheveux libérés de la coiffure réglementaire qu'on lui imposait étaient légèrement ébouriffés, retombant en cascade autour de sa tête, comme s'ils venaient de faire l'amour.
Au fur et à mesure qu'il approchait, le regard de Harry se fit plus dangereux, plus sauvage et Draco se sentit presque autant excité par son regard que par sa tenue. Quand le brun fut proche, il se pencha sur lui, jusqu'à pratiquement toucher son nez du sien, ses yeux le scannant avec intérêt.
« Explique-moi, Draco… Pourquoi es-tu encore habillé ? »
Le blond esquissa un sourire en l'entendant. Il recula sur le lit jusqu'à se retrouver étendu dessus, souriant avec sensualité.
« Ne t'ai-je pas dit hier que ce matin, c'était à ton tour d'être le dirigeant de notre relation… ? Alors, Harry… J'attends que tu me déshabilles… »
Harry répondit par un léger rire et il monta sur le lit pour y marcher à quatre pattes. Quand il fut totalement au-dessus de Draco, il s'assit sur lui comme un oiseau se posant sur un son lit, ses mains passant sur le devant de sa chemise et du gilet. Elles montaient et descendaient sensuellement pour enfin s'attaquer aux quelques boutons qui maintenaient les tissus attachés. Quand enfin, il vit la peau tant aimée apparaître, les pans des vêtements s'écartant, il s'abaissa lentement pour donner quelques coups de langue sur la peau. Les mains derrière la tête, Draco le regardait faire avec intérêt. Il ferma les yeux une seconde lorsque Harry se mit à lécher, téter, mordiller ses tétons avec ferveur.
« Putain, Harry, murmura Draco, incapable de rester silencieux. Je vois que tu te sens inspiré par la position…
-Plus que tu ne pourrais l'imaginer, répondit le brun sur le même ton, ses yeux toujours figés dans les siens. J'ai tellement d'idées… tellement d'envies… Tu ne peux pas savoir combien de fois je me suis imaginé dans cette position… »
Il le quitta du regard, mais ce fut seulement pour se faire glisser sur son corps, au niveau de ses cuisses. Il déboucla la large ceinture qu'il portait et la jeta au sol pour ensuite détacher le pantalon. Sans surprise, le sexe de Draco en surgit presque aussitôt, arrachant un son satisfait au brun. Il l'ignora pourtant pour baisser le pantalon avec lenteur, jusqu'à le jeter au sol. Assis juste devant les pieds de Draco, Harry eut un sourire en le regardant, presque nu. Seule sa chemise était restée mais, largement ouverte, elle ne dissimulait rien du corps musclé qui était à son service.
« Tout ça rien qu'à moi, dit-il d'une voix caressante alors qu'il rampait à nouveau sur le corps étendu. Que je suis gâté… »
Il passa la pointe de son nez sur les testicules de son amant, ce dernier émettant un sifflement rauque. Ce fut pourtant un gémissement quand il remonta le long de sa verge, taquinant ensuite son gland pour le quitter. Il lui donna un rapide baiser qui fit pousser un petit cri impatient au blond.
« Ne joue pas trop avec ma patience, Harry, ronronna presque Draco alors que le brun, couché sur lui, remontait le long de son corps. Je ne suis pas sûr de pouvoir garder cette position toute la nuit… Surtout si tu me provoques sans arrêt.
-Ah, mais si tu la garderas, dit Harry en venant poster son visage face au sien. Tu as promis… »
Il se pencha et lécha lentement sa bouche. Draco sortit sa langue qui vint répondre à l'invitation, tous deux se léchant avec gourmandise, sans se lâcher du regard. Leurs érections, couchées l'une sur l'autre, se frottaient sensuellement.
« Ne me fais pas attendre, chuchota Draco avec autorité. Je te veux trop… Tu es trop sexy dans cette tenue…
-Mhmm, je sais, répondit Harry. Et tu n'as pas vu… ce qu'il y avait d'écrit, sur le médaillon… »
Sa curiosité éveillée, Draco se décida enfin à lever une main qu'il tendit jusqu'au collier. Harry donna une légère tape sur sa main, le blond le dévisageant aussitôt d'un air outré.
« Pas touche, Malfoy, ordonna Harry d'une voix suave. Si tu lis ce qu'il y a sur cette médaille, tu vas me retourner comme une crêpe et me défoncer sans réfléchir. Or, je veux un peu profiter de mon pouvoir. Tu liras ce qui est écrit… quand j'aurai envie de te voir perdre la tête…
-Je la perds déjà, répliqua Draco, l'air agacé. Laisse-moi lire, qu'as-tu écrit ?
-Devine, répondit Harry, provocateur. Laisse-moi t'aider à réfléchir… »
Il se fit à nouveau glisser sur son corps, jusqu'à être sur ses jambes et se coucha sensuellement sur ses cuisses, sa joue passant sur le sexe pâle et tendu avec dévotion.
« Bordel, tu crois… que ça m'aide à réfléchir ? demanda Draco, tremblant face à la vision lascive qui lui était offerte.
-Non, répondit franchement Harry. Je crois que ça t'excite et j'aime ça. »
Le blond n'eut pas le temps de répondre que son sexe était brutalement enfoncé dans la bouche si rouge et provocatrice. Il haleta, le souffle coupé face à la soudaine sensation et ses doigts se crispèrent sur les draps avec brutalité.
« Oh putain… ta bouche est vraiment faite pour ça Harry, geignit Draco. Elle est faire pour me sucer… Tu es parfait… »
Harry répondit par un long gémissement alors qu'il continuait de monter et de descendre le long de la verge qu'il avait en bouche, s'arrêtant parfois sur la tête pour la taquiner vivement de la langue. Malgré lui, Draco bougeait ses hanches par petits à-coups, incapable de rester immobile. Il s'était redressé sur ses coudes pour regarder et rien ne lui paraissait plus érotique que la bouche de Harry l'avalant, encore et encore. Il se serait bien contenté de cette seule gâterie pour la soirée mais il savait à quoi ressemblait l'adorable cul de Harry lorsqu'il était serré dans le short qu'il portait et c'était bien trop tentant pour le laisser passer !
« Harry, gémit Draco, prononçant son nom avec adoration. Arrête ou… ça va se finir dans ta bouche ! »
Le brun releva les yeux vers lui et, ralentissant le rythme, continua de monter et de descendre. Il s'arrêta un long moment, son sexe totalement enfoncé puis remonta et le libéra. La salive avait rendu ses lèvres et son menton luisant. Harry le regarda un long moment, toujours couché, et Draco lui en fut reconnaissant : s'il devait le pénétrer sur le champ, il ne se donnait pas deux coups de reins pour jouir. Les quelques minutes laissées par Harry l'aidèrent à faire redescendre son excitation conséquente, malgré son érection persistante.
Harry finit par se relever et se déplaça à nouveau. Il se redressa sur ses genoux et, sans le quitter des yeux, porta une main à la fermeture Eclair avant tandis que l'autre allait défaire l'arrière. Le bruit des deux tirettes accéléra la respiration de Draco qui se lécha nerveusement les lèvres à la vue du sexe qui, dès que le bouton fut détaché, sortit du short de cuir. Harry sembla hésiter une seconde puis il porta sa main droite à sa bouche et avala deux de ses doigts qu'il ressortit luisant de salive et alla mettre derrière son dos. Le blond sentit l'excitation remonter alors qu'il regardait son amant se préparer succinctement pour lui.
« Je peux le faire, si tu veux, murmura Draco en se redressant pour se débarrasser de sa chemise et de son gilet.
-Non… ça va, répondit Harry, la voix rauque.
-Ne sois pas ridicule, insista son amant. Viens ici… »
Il l'attrapa par les hanches et le tira avec une force presque délicate, l'obligeant ainsi à avancer à genoux au-dessus de son corps, jusqu'à ce qu'il se retrouve au-dessus de son torse. Draco le regarda puis, sans attendre, avala le sexe dressé qui touchait son menton. Harry poussa un cri appréciateur alors que le blond allait enlever ses doigts pour les remplacer par les siens. Plus longs que ceux du brun, ils le pénétrèrent avec plus d'efficacité, frôlant sans fin sa prostate. Harry émit une pleurnicherie, ses mains enfouies dans les cheveux de son amant. Draco sourit avec satisfaction et il cessa de bouger sa bouche, invitant Harry à donner des coups de hanches pour chercher son plaisir. Le brun le comprit rapidement et donna de petits coups lents afin de ne pas l'incommoder.
Les légers cris que Harry poussait satisfaisaient pleinement Draco qui ressentit pourtant une légère pointe de culpabilité : depuis quand n'avait-il plus offert de fellation à son amant ? Lui qui n'aurait jamais la possibilité d'utiliser son sexe autrement dans ce genre de rapport méritait d'en avoir une par jour, au moins ! Et Draco se fit la promesse de lui en offrir une chaque matin, qu'importe qu'ils soient obligés de se réveiller plus tôt pour se faire !
« Oh Draco, Draco, murmura Harry, l'esprit en total perdition face au plaisir ressenti. Je… c'est… »
Le blond leva les yeux vers le visage rougi et extatique de son amant, totalement relâché. Il était magnifique… Son regard passa sur la médaille qui bougeait au rythme des mouvements du brun mais il fut incapable de lire l'inscription dessus. Le brusque recul de Harry le ramena au moment présent.
« Arrête, dit-il en l'obligeant à enlever ses doigts. C'est… arrête. »
Il se pencha pour ravir les lèvres de son amant alors que son corps glissait sans difficulté sur son torse, ses fesses allant se caler naturellement sur les hanches de son alpha. Ce dernier l'enlaça avec vigueur, enroulant ses bras autour de sa taille alors que, avec de petits mouvements du bassin, il frottait son sexe contre l'ouverture du short de cuir, excitant ainsi son compagnon.
« Je suis censé être celui qui contrôle en ce moment, s'agaça Harry en se redressant.
-C'est ce que tu fais, Harry, répondit Draco, l'air amusé.
-Menteur de connard rusé ! lui dit Harry. Arrête de me faire perdre la tête !
-Voilà qui va être difficile, bébé, susurra Draco en le regardant avec amusement. Car tu as tendance à perdre la tête, lorsque j'enfonce ma queue en toi et c'est bien ce que j'ai l'intention de faire ce soir… quelle que soit ta position… »
Harry poussa un petit couinement envieux et ses yeux semblèrent être presque dépourvus de pupilles tant elles s'affinèrent, rendant son regard plus prédateur encore. Il se mordit la lèvre et s'abaissa sur son amant, plaquant son torse contre le sien. Il frotta son visage contre sa gorge, comme une caresse animale, tentant de reprendre ses esprits.
« Tu es monstrueux, lui dit-il. Tu as dit que tu me laisserais contrôler…
-Tu es encore assis sur moi, répondit Draco avec un sourire moqueur. Je ne t'ai pas touché, je n'ai fait que parler…
-Et c'est déjà trop, tu le sais, gémit Harry, totalement perdu. Tu le sais très bien alors arrête, s'il te plaît… Laisse-moi encore un peu… »
Il ne finit pas sa phrase mais Draco sembla comprendre. Il se contenta de caresser ses cuisses avec douceur et le regarda se redresser avec fascination. Les joues de Harry étaient d'un rouge incandescent et ses yeux brillaient de désir. Sa pose sur lui, son corps penché sur lui et son regard lui coupèrent le souffle. Il était tellement parfait… Malgré lui, Draco se remit à bouger des hanches avec langueur mais Harry ne sembla pas en prendre ombrage. Il accompagna ses mouvements en le regardant, sa respiration hachée. Puis, enfin, il se décida à porter sa main sur la verge tendue qu'il sentait frotter contre ses fesses et la guida jusqu'à son entrée. Il se mordit la lèvre pour retenir le cri qui voulut sortir de sa bouche, émettant à la place un long gémissement qui fut accompagné par celui de Draco. Ils restèrent immobiles un long moment, savourant simplement la sensation d'être unis à nouveau, leurs yeux ne se lâchant pas une seconde.
Mais rapidement, l'immobilité devint insupportable et Harry se mit à bouger, de bas en haut, faisant gémir Draco dont les larges mains étaient allées se poser sur les hanches couvertes de cuir. Il l'aidait dans ses mouvements sans le lâcher du regard pour autant. Rien ne lui paraissait plus excitant, plus beau et délicieux qu'un Harry Potter aux cheveux ébouriffés, en short de cuir − largement détaché et laissant passer son sexe en érection − occupé à s'empaler sur son sexe. Très jalousement, Draco se sentit heureux d'être le seul amant de Harry. Le seul à le voir de cette façon, à connaître l'incroyable passion qu'il avait pour le sexe… Sa façon si étourdissante de gémir, de se mordre la lèvre, le mouvement crispant de ses doigts sur son torse, l'incroyable amour qui baignait son visage lorsqu'il le regardait… Oui, vraiment, Draco était plus qu'heureux d'être le seul à avoir le droit de contempler pareille merveille !
« Mhm, Draco, marmonna Harry en se penchant sur lui pour aller embrasser son torse avec bonheur. J'ai eu envie d'être seul avec toi toute la soirée… »
Le blond n'eut pas le courage de répondre. De part sa position, Harry lui laissait la vision claire et nette de la médaille pendouillant au collier de cuir et sa respiration s'était arrêtée alors que ses yeux parcouraient les mots gravés : Propriété de Draco Malfoy. Presque violemment, ses bras s'enroulèrent autour de la taille fine contre la sienne et ses lèvres vinrent dévorer celles plus rouges qui avaient été désespérément mordillées.
« Tu n'es qu'un sale petit provocateur, chuchota Draco contre ses lèvres, ses hanches se levant plus vivement vers Harry. Et je t'aime, je t'aime tellement… »
Harry ne lui répondit pas mais le lien les unissant sembla tinter d'une joie indicible à laquelle Draco répondit en allant mordiller sa gorge. Une de ses mains se glissa lentement entre leurs corps et il se saisit de la verge qui frottait entre leurs ventres pour la caresser de long en large, Harry poussant un petit « Oh » appréciateur. Les mouvements se firent plus frénétiques et Draco luttait pour ne pas juste renverser Harry sur le lit afin de le pénétrer avec plus de vigueur. Il lui avait promis la position dominante et il comptait bien la lui laisser. L'image d'un Harry perché sur lui et jouissant serait sans aucun doute délectable et il voulait l'admirer !
La jouissance monta en eux brutalement et ils ne la retinrent pas, au contraire. Harry se redressa et s'aida de ses mains posées à plat sur le torse de Draco pour accélérer, des petits cris d'extase franchissant sa bouche alors qu'il jouissait, aidé par les mouvements de la main de Draco sur lui. Ce dernier savoura l'image qui s'imposa à lui, celle de Harry s'abandonnant, renversant la tête en arrière. Il ferma ensuite les yeux alors qu'il venait à son tour dans un long cri.
Epuisé, Harry se laissa tomber sur le torse en sueur qui l'accueillit sans résistance et appuya son visage contre l'épaule rassurante de son amant. Draco leva une main lourde pour lui caresser le dos, haletant.
« Autant pour mon stupide côté dominateur, marmonna-t-il. Je crois que je veux que nous utilisions cette position souvent ! Très souvent ! »
Harry esquissa un sourire amusé et releva la tête pour le regarder.
« Je suis surpris que tu ne m'aies pas plaqué au lit quand tu as vu ce qu'il y avait d'écrit sur la médaille…
-J'ai voulu le faire, avoua Draco en essayant de remettre un peu d'ordre à la coiffure totalement folle de son amant. Mais je t'avais promis de te laisser être au-dessus… et franchement, le spectacle était vraiment trop beau à voir pour le gâcher… je n'aurais voulu rater ça pour rien au monde… Tu étais délicieux à regarder ! »
Harry marmonna quelque chose puis se recoucha sur lui, fermant les yeux alors qu'il écoutait son cœur battre la chamade. Pourtant, il se redressa, arrachant une plainte à un Draco manifestement très d'accord pour s'endormir sur le champ. Harry l'ignora et descendit du lit afin de faire glisser le short sur le sol. Une fois débarrassé du vêtement, il remonta sur le large lit et se blottit contre le flanc chaleureux de Draco, tirant sur les couvertures coincées sous leurs corps. Comprenant qu'il n'aurait la paix qu'une fois qu'ils seraient convenablement recouverts, Draco l'aida et soupira ensuite d'aise quand il put savourer les draps sur son corps encore parcouru de frissons.
« Est-ce que tu crois qu'il nous serait possible de faire l'amour tranquillement, un jour ? demanda Draco en caressant les cheveux de Harry. Juste une fois ?
-Je suis sûr que oui, répondit Harry. Même si ça me semble difficile pour l'instant. Je perds la tête dès qu'il s'agit de faire l'amour avec toi, alors il faudra attendre un peu, je crois. »
Draco esquissa un sourire et referma les yeux, prêt à s'endormir. Jusqu'à ce que Harry se décide encore à parler.
« Demain, murmura-t-il. On va devoir s'y mettre, n'est-ce pas ? »
Tout air tranquille déserta le visage de Draco qui rouvrit les yeux. Son cœur battit la chamade à nouveau avant de se tranquilliser quelques secondes plus tard.
« C'est ce qu'on a promis à tes amis, en tout cas, dit-il.
-Est-ce que… on va quitter le village ? »
La tristesse dans la voix de Harry arracha un soupir à Draco qui le serra contre lui.
« Je ne sais pas, avoua-t-il. Pas immédiatement, ce ne sera pas obligatoire tant qu'on ne fait que prévoir un plan de bataille et tant qu'on ne l'ébruite pas aux oreilles de Greyback, mais… dès que les choses sérieuses commenceront, il le faudra, oui. »
Un long silence régna dans la chambre. L'ambiance sensuelle était soudainement devenue angoissée et les deux amants se resserrèrent l'un contre l'autre, comme s'ils avaient froid dans la chambre pourtant très bien chauffée.
« Tout ira bien, murmura Draco contre l'oreille de Harry. Ça doit aller bien… je ne pourrais pas accepter une autre fin que quelque chose de bien pour nous ! »
Harry soupira contre lui et inspira longuement, savourant leurs odeurs mélangées qui régnaient autour d'eux.
« Tu as raison, dit-il contre lui. On en a trop bavé jusqu'ici pour être séparés d'une façon ou d'une autre. Ça finira bien… »
Mais ils ne trouvèrent pas le sommeil avant un bien trop long moment, à leur goût.
oOo
Le lendemain leur parut difficile. Se lever, se doucher et ranger la chambre leur prit plus d'une heure avant d'enfin y arriver. Quand ils quittèrent la pièce, Harry avait repris son ultime déguisement. Ils étaient tous les deux vêtus d'un costume noir avec un long manteau. Par l'ouverture du large col, on pouvait distinguer une chemise rouge sang et une cravate noire.
L'écusson de Greyback était cousu sur la poche avant de leur veste, à la place du cœur et une fois n'est pas coutume, ils avaient été dispensés de chaîne restrictive.
« Ah, vous voilà ! les accueillit un Greyback à l'air sombre dans le hall d'entrée. Vous avez déjeuné ?
-Non, répondit Draco en le fixant d'un air interrogateur. Il y a un problème ?
-On m'appelle, leur expliqua l'alpha. Je dois partir immédiatement, mais vous pouvez rester encore un peu ici, si vous le voulez. N'oubliez pas de venir rendre la clé de votre chambre et de régler votre note avant de partir, d'accord ? Sur ce, à ce soir les gosses ! »
Les mains dans les poches de son grand et long manteau, Greyback se dirigea tranquillement vers les portes de sortie. Il disparut rapidement, laissant les deux amants seuls.
« Tu crois que c'est mauvais ? demanda Harry en suivant un Draco manifestement décontracté vers la salle de réception.
-Va savoir, répondit le blond. Allons manger, on rentrera après. »
Ils retrouvèrent Rosalia et Gabriel assis à une table et, ignorant Carlos qui leur avait adressé un signe joyeux, ils les rejoignirent. Autant la jeune femme semblait rayonnante, autant Gabriel semblait proche de la mort.
« Quelque chose ne va pas, Gabriel ? demanda Harry en le regardant, soucieux.
-Le monde est pourri, répliqua le blondinet d'un air outré. C'est tout ce que j'ai à en dire ! »
Il se leva de table et quitta la salle d'un pas rageur, sous l'œil interrogateur du couple.
« Que se passe-t-il ? demanda Draco à la seule personne qui pouvait avoir une réponse à leur table.
-Il a craqué pour Pierce, leur répondit une Rosalia souriante et joyeuse, les terrifiant presque. Et il lui a dit qu'il ne voulait pas d'un gamin inexpérimenté dans sa vie ! »
Harry grimaça en l'entendant. Pauvre Gabriel… Il n'avait définitivement pas de chance, dans la vie ! Ils entamèrent leur petit déjeuner dans le silence. Harry observait la salle soudainement calme et détendue alors que Draco regardait Rosalia d'un air méfiant et interrogateur. La jeune femme, pourtant, se contenta de déguster ses viennoiseries en silence.
Le petit déjeuner fut vite expédié et afin d'éviter la foule au comptoir, Harry et Draco décidèrent d'aller régler leur note. Heureusement, le blond avait emmené avec lui la bourse que son père lui avait envoyée pour Noël car l'addition fut salée. Ils avaient utilisé un nombre important de sortilèges lors des trois jours, ne serait-ce que pour agrandir et rétrécir leurs bagages, la coiffure de Harry ou encore leurs petits jeux sexuels. Harry avait d'ailleurs été mortifié en découvrant dans le registre les mots « Chaînes de lit » et autres commentaires humiliants et révélateurs. Toutefois, le maître d'hôtel ne semblait pas du tout gêné ni amusé. Il ne fit pas le moindre commentaire et garda un professionnalisme déroutant !
« Vous rentrez ? demanda Gabriel en arrivant près d'eux alors qu'ils se dirigeaient vers la porte de sortie.
-Oui, répondit Draco. Tu viens avec nous ? »
Gabriel sembla jeter un regard presque suppliant à la salle de bal, comme s'il espérait que Pierce allait en sortir, mais rien ne se produisit. Il soupira et hocha finalement la tête.
« Oui, je viens avec vous. Il y a une aire de transport spécial pour chaque meute, dans le parc. Allons-y. »
Ils sortirent sans un mot de plus et virent avec amusement de larges cercles magiques dans l'immense parc enneigé. L'un d'eux était décoré de leurs armoiries et ils s'en approchèrent lentement, profitant du magnifique spectacle des Rocheuses en hiver.
« Dommage qu'on en ait pas profité, dit Harry en se perdant dans le décor avec un sourire ravi. Ça aurait pu être drôle…
-Une prochaine fois, lui dit Draco en le guidant vers le cercle. Je préfèrerais qu'on rentre rapidement… »
Harry approuva et ils quittèrent sans remords − sauf peut-être pour Gabriel qui s'était retourné vers la porte d'entrée avant de sauter dans le cercle − le lieu de rendez-vous. Ils atterrirent à l'entrée du village et sourirent presque en le voyant. Il n'y avait personne pour les accueillir, mais ça ne les étonnait pas, tout le monde devait être occupé à diverses tâches et Ron et Hermione ne revenaient qu'en soirée. Ils s'apprêtaient à passer l'entrée lorsque le bruit d'un transplanage se fit entendre derrière eux. Se retournant, il ne fallut qu'une seconde à Harry pour sortir sa baguette lorsqu'il reconnut Severus Rogue, debout derrière eux. L'homme érigea rapidement un bouclier devant lui, le sort de Harry ricochant sur sa protection.
« Je ne suis pas venu pour ça, Messieurs, dit-il avec ennui. Et si j'étais vous, j'écouterais attentivement ! »
Harry et Draco, toujours en position de combat, le fixèrent avec méfiance.
« Je vous conseille vivement de déménager au plus vite. Car à l'instant où je vous parle, Vous-Savez-Qui a donné l'ordre à Greyback de traquer son cher et tendre survivant et de le lui ramener. Vivant, certes, mais vous savez aussi bien que moi qu'il obéira et que vous ne le resterez pas longtemps. Alors vous feriez mieux de partir. Vite ! »
Et sans plus attendre, il transplana à nouveau, laissant deux lycanthropes particulièrement stupéfaits de la mise à garde.
A suivre…
