Titre : Alpha Potentiel
Résumé : Pour avoir lâchement désobéis à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM
Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)
Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !
Note de l'auteur : Je sais… Vous m'avez lancé des tomates imaginaires. Des bombes. De la boue ! De la bouse. Dans un premier temps.
Certains ont essayé de me cajoler « mais tu nous manques, tu sais ? », d'autres ont tenté de me culpabiliser « Tu ne peux pas nous laisser ainsi à deux chapitres de la fin (mais qui a dit qu'il ne restait que deux chapitres ? Naïfs lecteurs) »…
J'ai reçu des tas de messages depuis ma disparition dans la publication d'AP. Si certains étaient d'une sincérité débordante, d'autres regorgeaient d'un égoïsme suffocant.
Je ne vais pas bien. Ma vie professionnelle (qui est le seul secteur de ma vie qui soit en activité, le reste étant aussi plat que l'encéphalogramme d'un mort) est pourrie. Et quand on a rien d'autres que ça dans sa vie, il est difficile de prendre de la distance, de relativiser. Quand on passe neuf heures par jour, cinq jours sur sept, dans un endroit où chaque cellule de votre corps hurle « Sortez-moi de là », on ne peut pas juste garder la tête haute.
Je vais mal, c'est un fait. Certains d'entre vous, je le sais de part les commentaires sur MF, se sentent concernés même si, comme mes amies, tout ce que vous pouvez faire c'est hocher patiemment de la tête en compatissant. Mais vous ne pouvez pas m'aider. Je suis la seule qui peut le faire. Mais je manque de courage et de force. Il est si facile de s'aplatir et de subir…
Après réflexion, j'ai remarqué que c'est ce que j'ai fais toute ma vie. Je me suis aplatie et j'ai subi. Avec quelques regains d'énergie et de mutinerie. Comme j'en ai un actuellement. Alors je profite de ce regain subit pour écrire et, je l'espère, vous satisfaire de cette presque année d'attente.
Ce chapitre a été une vraie torture pour moi, car je déteste les scènes de combats. Et il s'agit ici d'une scène de combat en entier, ou presque. Et je hais ça. J'ai été tenté de bâclé. Voir de juste le supprimer et de sauter deux mois plus tard, de vous le raconter genre « il s'est passé ça, le héros se remémore vaguement, mais vous n'en verrez que dale ». Mais je culpabilisais. Je ne peux pas faire ça. Ce ne serait pas digne pour une histoire d'adieu.
Quelques-uns des messages purement égoïstes que j'ai reçu m'ont juste donné envie de tuer Draco et d'en finir là. Voir de raccourcir l'histoire prévue. Mais encore une fois, serait-ce juste pour tous ceux qui, eux, me soutiennent avec patience et tendresse ? Pas du tout.
Alors, voilà enfin le grand moment, le grand combat. Mais c'est loin d'être fini. Je pense boucler avec trois, quatre chapitres, je ne suis encore sûre de rien. Je ne peux pas vous promettre d'avancer plus vite car je ne sais pas ce qu'il va se passer dans les jours, semaines, mois à venir. MF me passionne, mon travaille me détruit et dans tout ça, j'essaye de rester debout dans une tempête de vide.
Mais comme je l'ai dis à des lectrices d'MF, ne croyez pas que j'abandonne. Je suis une lectrice, moi aussi. Je lis des histoires sur ce site, tout comme vous. Je les aime. Je les adule. Et rien ne me fait plus mal que de ne pas avoir de nouvelles de l'auteur pendant des mois, des années… pour finalement abandonner l'histoire tant aimée, par dépit.
Si je devais abandonner, je m'arrangerai pour vous le transmettre. S'il devait m'arriver quelque chose (car on est jamais à l'abri d'un accident de la vie), je me débrouillerai aussi pour que vous le sachiez. Pour que comme la lectrice que je suis, vous n'attendiez pas, encore et encore, la suite d'une histoire que vous avez aimée.
Je vous remercie tous et toutes pour votre présence, votre soutient, votre patience… et j'espère que ce long chapitre, tant attendu, ne vous décevra pas autant qu'il m'a déçu.
Musique écoutée pour la rédaction du chapitre :
-Musique de Three Days Grace : Animal I Have Become, Gone Foverver, Riot, Pain, Time of Dying, Get Out Alive,
-E. : Anumati, Kuvera, Unstoppable
-Musique d'ouverture de Game of Thrones (qui m'a d'ailleurs aidé à débloquer)
-Breathe, Anna Nalick (bien que cette chanson appartienne en fait à MF, elle a aidé pour AP)
-L'intégralité des NRJ Musics Awards 2012, par pure fainéantise de chercher une musique inspirante, le 03/06/13, à minuit 38… Vive les insomnies !
-En date du 14/07… Mamamia.. Allez comprendre !
-en date du 19/08/13… Rien. J'ai juste laissé la télé !
-En clôture : Si deus me Relinquit, OST de Kuroshitsuji
Temps de parution : Faut-il encore parler de temps de parution quand on a plus donné de signes de vie depuis un an ?
Nombre de chapitre : … Je pense que je devrais carrément supprimer cette rubrique !
oOo
Chapitre 30 : La bataille de Poudlard
Près-Au-Lard était atrocement calme. Le silence régnait dans les rues, les magasins étaient fermés, du peu qu'ils pouvaient en voir. Ils étaient aux portes du village, flagrant dans leur cape rouge flamboyante. Mais ils n'avaient pas à le traverser. Ils devaient au contraire s'en éloigner, ce qu'ils firent d'un pas lent, mesuré, prudent. Ils n'entendaient que leurs respirations et les battements de leur propre cœur. Tous serraient leur baguette avec nervosité, leurs yeux scannant les alentours. Derrière, marchant à reculons, Draco et Gabriel scannaient le village qui semblait mort. De part sa lycanthropie, Gabriel était tout à fait apte à voir le monde magique et le peu qu'il en voyait lui donnait froid dans le dos. Il avait mis sa cape en mode écharpe car il était le seul obligé à bouger.
Ils étaient tous là, sauf Tonks, Ginny, Fleur et Colin. Les premières étant enceintes et le second avait été désigné pour les protéger en cas d'attaque éventuelle. Ginny avait été furieuse de devoir rester au Terrier mais l'ensemble de l'ordre s'était montré intraitable ! Tandis qu'ils marchaient tous en rang serré, chaque membre de l'ordre s'en félicita. Une telle pression aurait à coup sûr déclenché l'accouchement d'une des deux femmes. Ils avançaient vers le chemin menant à Poudlard sans que personne ne se soit manifesté. Personne ne savait s'ils devaient s'en estimer heureux ou au contraire, commencer à craindre le pire.
Pourtant, à leur grande surprise, ils arrivèrent aux grilles de Poudlard sans que personne ne les attaque. A l'exception du silence, du bruit de leur pas sur les graviers et de leur respiration, ils n'entendirent pas le moindre son, même pas le petit pépiement d'un oiseau. Comme si autour d'eux, le monde s'était arrêté, dans l'expectative d'un évènement si grand qu'ils avaient préféré fuir.
« Nous sommes au château », souffla Remus, comme stupéfait.
Personne ne répondit à son exclamation. Harry, Ron et Hermione en tête, ils s'arrêtèrent aux grilles ouvertes pour découvrir le parc désolé. Ils restèrent un instant immobiles, méfiants à l'excès lorsque les doubles portes du château s'ouvrirent soudainement pour laisser passer Severus Rogue accompagné de Minerva McGonagall, Filius Flitwick et Pomona Chourave. Malgré eux, les membres de l'ordre poussèrent un soupir de soulagement au sourire que leur adressa la directrice des Gryffondor.
« On vous attendait, dit-elle, sa voix magiquement amplifié. Entrez vite ! »
L'ordre obéit et franchit les grilles qui, dans un grincement sinistre, se refermèrent derrière eux. Ils n'en tinrent pas compte et s'approchèrent rapidement de l'entrée.
« Nous avons déjà évacué les élèves les plus fragiles de l'école, résuma rapidement Rogue, l'air indifférent. Les deux mangemorts mis en poste ont été chassés hier soir…
-Vous auriez pu nous prévenir que vous aviez un plan d'attaque, signala Arthur.
-Je n'étais pas certain que vous récupéreriez mes souvenirs en premier, répliqua Rogue. Je n'y ai mis que des informations révélant ma véritable appartenance, ce qui me mettait en danger mais n'exposait pas le plan de défense de l'école. Entrons. Ne restons pas à découvert. Nous serons attaqués bien assez vite. »
Il tourna les talons, faisant claquer sa cape avec brutalité derrière lui. McGonagall leur sourit, amusée.
« Sa façon de vous dire bienvenu, on va dire, plaisanta-t-elle. Je suis ravie de vous voir bien en vie, Monsieur Potter. Qu'est-il arrivé à vos yeux ?
-Longue histoire, répliqua Harry en rangeant sa baguette. Je préfère ne la dire qu'une fois alors suivons Rogue pour l'instant. »
La directrice des Gryffondor hocha la tête et tous se pressèrent dans le château. Lorsque les doubles portes se refermèrent derrière eux, ils s'en sentirent infiniment réconforté, même s'ils savaient qu'ils devraient bien affronter l'ennemi après. Dès lors qu'ils furent entrés, la formation fut brisée et Draco s'empressa de rejoindre Harry. Ce dernier lui accorda un sourire crispé et se saisit de sa main avec brutalité, cherchant son soutien. Le pire allait commencer, pour eux deux. Ils suivirent les professeurs jusqu'à la Grande Salle où, à leur grande surprise, plusieurs élèves de septième et sixième année étaient rassemblés. Aussitôt qu'Harry apparut, des exclamations ravies furent entendues, suivies de certaines remarques sceptiques face à la présence d'un Draco Malfoy étonnement charismatique à ses côtés.
Harry se tendit en voyant les visages souriant au départ se figer face à leurs mains entrelacées.
« Garde la tête haute, lui souffla Draco. Affronte ça le nez en l'air, d'accord ? »
Harry souffla et hocha la tête qu'il releva, carrant les épaules. Il n'avait pas honte de ses choix ni de Draco. Il avait juste peur de la violence que pouvait entraîner les préjugés. Un demi-cercle s'était formé autour des nouveaux arrivants et tous les regards s'étaient tourné vers Harry et Draco.
« On ne va pas y passer Noël, intervint soudainement Rogue, agacé. Draco Malfoy et Harry Potter sont deux loups-garous liés. Peut-on en venir à l'important, maintenant ?
-Quoi ? s'exclamèrent plusieurs élèves.
-Comment ça, des loups-garous ?
-Depuis quand ?
-Que voulez-vous dire par liés ?
-Mais de quoi est-ce que…
-SILENCE ! intervint McGonagall, le teint pâle. Est-ce vraiment important, là, tout de suite ? N'avons-nous pas plus urgent à traiter ? N'avons-nous pas un mage noir qui va arriver à nos portes, d'un instant à l'autre ? Vous ferez part de vos opinions et répandrez vos ragots lorsque nous serons tous saints et saufs. La seule question pertinente est de savoir si Monsieur Malfoy ici présent est de notre côté. Monsieur Malfoy ?
-Je le suis indéniablement, répondit calmement Draco.
-Alors tout est dit. Sur ce, parlons des défenses. Severus et moi avons éveillé Poudlard. Chaque pierre, chaque statue présente dans cette école défendra ses habitants et les membres de l'Ordre. Kingsley est-il parti chercher ses aides au ministère ?
-Oui, répondit calmement Arthur. Il devrait arriver dans une demi-heure.
-Bien, répondit McGonagall. Nous devons établir un périmètre de défense autour de l'école en accentuant la protection sur la partie exposée près de la forêt interdite…
-Non, interrompit Ron, à la surprise de son professeur. Il faut la même protection partout.
-Monsieur Weasley, il est évident que l'ennemi profitera des bois pour…
-Oui, ça l'est, interrompit à nouveau Ron. Justement. Ils vont se cacher dans la forêt et profiter du couvert des arbres pour attaquer en étant protégé. Mais ils vont se douter que nous auront le même raisonnement et ils ne vont pas se gêner pour nous envahir par les endroits que nous ne privilégions pas, tel que le lac, par exemple.
-Le lac est sous la protection de ses habitants, couina Flitwick.
-Pas s'ils sont sur des balais, signala Hermione.
-Et s'il y a des détraqueurs, prévint Harry.
-Bon, d'accord, dit McGonagall. Dans ce cas, protégeons tout. Nous sommes plus ou moins quarante ici, je propose qu'on se divise en quatre groupes de dix. Chacun avec un des professeurs responsables des maisons. Maintenant ! »
Avant que quiconque eut le temps de réagir, Harry, Ron, Hermione, Draco, Gabriel et Remus s'étaient précipité pour faire partie du groupe de Severus Rogue qui leva les yeux au ciel, comprenant qu'il allait devoir s'expliquer. A la grande stupeur de Draco, Neville Londubat mais aussi Blaise Zabini se joignirent à eux.
« Blaise ? s'étonna Draco, stupéfait. Mais… pourquoi es-tu là ? N'étais-tu pas neutre ?
-Si, je le suis, lui répondit son ami. Mais on a su me convaincre de m'investir. »
Il désigna Neville qui, le visage meurtri par plusieurs blessures, regardait Harry avec interrogation.
« Va falloir que tu nous racontes, Harry, lui dit Neville. Parce que ça… c'est un scoop vraiment trop gros que pour juste le laisser passer !
-Je sais, lui dit Harry, amusé. Mais quand nous en auront la possibilité.
-Fort bien, dit McGonagall. Le groupe de Filius, vous vous occupez du Nord. Pomona, je vous laisse les abords de la forêt. Je prends la grille. Severus, le lac ? »
Tous les professeurs hochèrent la tête et tout le monde se dirigea vers la sortie dans un bruit de mots emmêlés d'interrogation. Et bien entendu, Harry et Draco étaient les principaux sujets de conversation.
« Allez-y, attaquez, siffla Rogue, l'air maussade.
-C'était vous, la biche dans la forêt, n'est-ce pas ? dit soudainement Ron.
-Si je n'ai pas décidé de vous envoyer cette partie du souvenir, c'est qu'elle me paraissait évidente, répondit Rogue. Autre question !
-Comment avez-vous su que j'étais lié à Draco ? Et pour ma transformation ?
-J'ai su pour le lien lors de votre pitoyable rupture avec Weasley. Et si j'avais eu un doute, le combat de Draco contre Nagini me l'aurait confirmé.
-Quoi ? demandèrent les lycanthropes d'une même voix.
-Comment croyez-vous que Stein ait eu des potions pour soigner Monsieur Malfoy ? L'intervention d'une divinité ?
-Vous êtes ami avec Stein ! glapirent Harry et Draco.
-De très bons amis, répliqua Rogue, moqueur. Il a fait appel à moi pour soigner Draco. Vous étiez trop inconscient que pour me remarquer dans votre chambre et j'ai quitté les lieux alors que Potter vous transférait son énergie et ne pouvait pas me détecter.
-Mais on ne vous a pas vu non plus, signala Ron.
-Et les sorts de dissimulation, ça vous dit quelque chose ? grogna le professeur de potion. Les questions attendront. Vous connaissez tous les sorts de bouclier ? Alors lancez-les devant le lac, jusqu'à la barrière que commence Minerva. On continuera après. »
Tous approuvèrent et se mirent au travail. Il fallut moins d'une heure pour qu'un épais bouclier vienne entourer Poudlard et le protéger. Entre temps, une vingtaine d'hommes et de femmes avaient rejoint l'école, sous la direction de Kingsley, tous Aurors. En les voyants arrivés, Harry n'avait pu s'empêcher de se sentir déçu par leur petit nombre. Si peu d'aide, pour un combat si grand ! Ils n'avaient même pas eu la moindre chance d'avertir d'éventuels loups-garous voulant se mêler à eux… Un peu égoïstement, Harry se demanda si, potentiellement, ils auraient pu demander à certains habitants du village de les joindre. Hystéria, si habile au combat ? Ou encore Joshua ? Le nom de ce dernier sonna comme un glas à ses oreilles. Le principal reproche de l'ancien alpha était cette tendance qu'avaient les sorciers d'utiliser les lycanthropes pour leur bataille. Et il venait justement d'y penser.
« Sauf que ce combat nous concerne tous, marmonna-t-il en regardant quelques Aurors les dévisager, Draco et lui, avec stupeur et inquiétude.
-Qu'est-ce qu'il y a ? lui demanda son amant, soucieux.
-Rien, je réfléchissais à voix haute, lui répondit Harry. La barrière est finie…
-Oui, et aucun combat pour l'instant, souffla le jeune alpha, rassuré. Enfin, il finira par venir et je ne m'en réjouis pas !
-Le contraire m'aurait inquiété ! »
Ils échangèrent un sourire qui disparut lorsqu'une puissante explosion eut lieu du côté de la forêt interdite. Etonnés, ils tournèrent la tête dans la direction mais rien n'apparut menaçant. Quelques secondes plus tard, plusieurs boules de feu furent tirés du lac et percutèrent le haut du bouclier. Il n'en fallut pas plus aux professeurs de Poudlard pour indiquer aux élèves de rentrer aux plus vite dans le château. Une centaine de silhouettes courant vers la bâtisse se répandit dans le parc, sous les yeux soucieux d'Harry et Draco. Ils échangèrent un regard inquiet et regardèrent vers les rives du lac, de l'autre côté. Celles-ci étant trop loin pour y distinguer quoi que ce soit, ils tournèrent leur attention vers la forêt, humant l'air.
« Des géants, des lycanthropes, des vampires et des hommes, marmonna Draco, dents serrées. Nous aurions du contacter Devis…
-Il serait venu ? demanda Harry, en se dirigeant vers le château, poussé par son amant.
-Même pas en rêve, je pense, lui répondit le plus grand. Mais l'interroger n'aurait rien coûté. Viens, allons à l'intérieur, on doit s'organiser un minimum. »
Harry approuva et ils se hâtèrent de rejoindre les autres alors que les attaques se succédaient sur le bouclier qui, déjà, se fissurait en son centre. Ils entrèrent rapidement dans le hall où Rogue en personne donnait ses recommandations.
« Le principe veut que nous dégagions la voie pour Potter. Mais Vous-Savez-Qui n'est pas idiot, il ne va pas se montrer s'il n'en a pas besoin. Sa première tentative va d'être de tuer le plus de monde possible afin de culpabiliser Potter et quand il sera satisfait, il essaiera de le pousser à l'affronter ou à se rendre. Dans tous les cas, il va falloir renverser la vapeur mais avec le petit nombre que nous sommes, ça ne va pas être évident. Il peut aussi chercher à nous épuiser un maximum afin de nous anéantir avec une force de frappe supérieure. Tout peut se passer en une demi-heure ou en plusieurs jours mais dans tous les cas, ça va être une bataille d'endurance et de rapidité. »
Au fur et à mesure qu'il parlait, un bon nombre de jeunes élèves blêmissaient considérablement, dont Blaise Zabini. Harry serra les dents à son tour, conscient que toutes les personnes devant lui étaient découragées par les mots du professeur. Sans hésiter, il s'avança, coupant la parole à ce dernier d'un regard.
« La plupart d'entre vous est entraîné, je ne fais ici que mentionner les Aurors. Je propose de faire une répartition des forces, il n'est pas question que les meilleurs partent en premier et que les faibles gardent le château, ça ne nous laisserait pas une retraite équitable. Je pense que soixante pour cent des forces doivent se risquer sur le terrain et les quarante restants demeurent ici afin de soigner les blessés, mais aussi défendre notre place forte. Poudlard est un château, il a été battit pour faire face à ce genre d'évènements. Professeur, les armures ont été activées, envoyées les en premières mais gardez-en une partie. Qu'elles commencent un premier élagage. Qui est doué en métamorphose ? Il nous faudrait d'autres armes de départ, il faut défaire leur troupe également, tout comme ils vont l'essayer avec nous !
-Il pourrait envoyer des géants en renforts, intervint Ron. Il y a des gargouilles sur ce château et des mâchicoulis, on pourrait utiliser une sorte de catapulte depuis la tour d'Astronomie pour les bombarder d'huile bouillante ?
-Bonne idée, prend une équipe et va là-haut ! Il nous faut au moins deux Aurors avec toi, ils pourraient tenter d'envahir Poudlard depuis la tour, elle est la plus accessible. Remus, va avec Ron, tu es doué en enchantement ! »
Le lycanthrope obéit spontanément.
« Qui est le plus doué en combat physique ? interrogea Draco. Et j'entends par là en course et éventuellement combat à main nue ? »
Plusieurs sorciers levèrent la main, dont dix Aurors.
« Bien, vous serez avec Harry, Gabriel et moi, dit-il. N'hésitez pas à protéger le blondinet, il n'est pas sorcier, il est juste loup-garou ! »
Les Aurors regardèrent Gabriel avec stupéfaction mais ce dernier n'y prêta pas attention. Il fixait Draco, recevant ses ordres avec rigueur.
« Gabriel, lui dit l'ancien Serpentard avec plus de délicatesse. Si on croise Greyback…
-Je ne l'affronterai pas, répondit-il. Et je ne crois pas qu'il m'affrontera non plus. Le cas échéant, je suis bon à la course, ça devrait aller. »
Draco approuva, une légère appréhension lui serrant pourtant le cœur. S'il y avait bien un combat qu'il ne voulait pas voir, c'était bien celui de son jeune ami contre leur alpha.
« Je pense qu'il est temps d'envoyer les armures et le plus de créations de métamorphose possibles, souligna Harry qui regardait par la porte. Le bouclier va céder, il est temps. Professeur Chourave, avez-vous des plantes qui pourraient éventuellement servir ?
-Elles sont déjà disposées, répondit la botaniste avec un sourire presque sadique.
-Fred, Georges ? interrogea Harry.
-C'est fait ! répondirent les deux roux, ricanant. Tout le long des terres. Ils vont s'en prendre plein la tronche au moindre pas dans le parc, c'est un vrai terrain miné. On a enclenché tout quand vous êtes rentré ! »
Harry approuva, amusé. Il se réjouissait presque de voir l'œuvre des inventions démoniaques des jumeaux, sans même plaindre le camp adverse. Après tout, c'était une guerre et ils avaient choisi leur camp ! Brutalement et sans qu'ils ne s'y attendent, il y eut un puissant bruit d'explosion suivit de verres brisés. La déflagration avait cassé l'intégralité des vitres du château ! Heureusement, ils étaient tous relativement éloignés et personne ne fut blessé. Au vu des hurlements venant du terrain, il n'en allait pas de même pour les personnes qui venaient de pénétrer dans Poudlard. Un bruit puissant de pétarade se fit entendre, suivit de celui de la terre qui tremble. Harry regarda tour à tour les jumeaux et Chourave mais aucun ne semblaient surpris des sons émis. Des grognements et des cris de rages suivirent, signent que les pièges avaient faits leurs effets. Puis ce fut les bruits métalliques des statues du château et des différentes créations de métamorphose que les élèves envoyaient tour à tour par la porte entrebâillée qui résonnèrent.
« Il va falloir bientôt sortir, intervint soudainement Draco. Qui reste ? Il faut se dépêcher de le déterminer, nous n'avons peut-être que dix minutes, tout au plus ! »
A l'ordre crié par Draco, il y eut un méli-mélo soudain mais constructif : les élèves doués en soin, dont Hermione, décidèrent de rester au château, ainsi que Minerva McGonagall, plus utile pour bombarder de l'intérieure et protéger les habitants. Le reste décida de sortir.
« Il est temps, annonça Rogue avec autorité. Sinon, ils vont s'enfoncer trop profondément dans les terres de Poudlard, il ne faut pas qu'ils approchent trop prêt du château où notre retraite sera nulle !
-Une seconde », dit prudemment Harry.
Il passa la tête par l'embrasure de la porte, jetant un œil aux alentours. Il entrevit plusieurs dizaines de sorciers luttant péniblement contre des racines épaisses sortant du sol ou contre les statues du château. Malheureusement, les détraqueurs flottant dans l'air n'étaient même pas embarrassés par l'obstacle et flottaient lentement vers eux. Sans parler des quelques géants qui, à grands coups de massue, détruisaient les maigres créations de métamorphose des élèves.
« Il y a des loups-garous, indiqua Draco, regardant Gabriel.
-Greyback n'a pas soulevé le village, il en serait incapable, lui répondit le blondinet. Ce sont sûrement des loups solitaires qui se sont mêlés à la cause. Il en a recruté d'autres, il est reconnu qu'il y a plus d'une centaine de loups solitaires en Angleterre… Tous ne sont pas de son côté, beaucoup préfèrent rester éloignés des guerres des humains depuis la débâcle avec Gindelwald…
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Hermione, curieuse.
-Est-ce vraiment le moment pour un cours d'Histoire ? intervint Rogue, agacé. Il faut y aller. Potter, Il n'est manifestement pas là, essayez de garder quelques atouts dans votre manche car je ne doute pas une seule seconde qu'il nous observe tous. Malfoy, je ne crois pas qu'il soit une bonne idée que vous sortiez dans l'immédiat.
-Je ne quitterai pas Harry, répondit Draco, furieux. Hors de question !
-Il ignore encore que Potter est un loup-garou et encore plus que vous êtes liés ! Le révéler plus tard pourrait être un énorme avantage !
-N'insistez pas, je ne le laisserai pas. C'est hors de question ! »
Il fusilla Rogue du regard, déterminé, et ce dernier n'insista pas, soupirant avec agacement.
« Comme vous voudrez ! Mais dès qu'ils vont comprendre que vous êtes lié à Potter, vous allez être visé en priorité. Il n'est pas idiot ! Il sait l'importance d'un lien entre deux loups-garous. Et il saura exploiter votre faiblesse.
-Nous sommes entraînés pour ça, répliqua hargneusement Draco. Maintenant cessez de palabrer pour rien, je reste avec Harry ! »
Draco avait perdu depuis longtemps ses attributs humains pour dévoiler les yeux, les dents et les oreilles d'un loup-garou. Il dut faire peur aux personnes présentes car quelques-unes reculèrent, inquiètes.
« Draco, Harry et moi allons être de front, intervint Gabriel. Ils pourraient éventuellement penser que nous sommes justes trois loups associés et mis en tête pour faire le plus de dégâts possibles, de cette façon.
-Potter ne peut pas aller de front, tous les mangemorts présents vont se dépêcher de l'attaquer pour l'affaiblir un maximum !
-Et de fait, ils seront moins susceptibles de se défendre contre vous, répliqua Gabriel. Nous sommes entraînés de toute façon et nous exercerons un repli si jamais nous n'en pouvons plus. En tant que loups-garous, nous n'auront aucune difficulté à obéir aux ordres de Draco qui est un alpha, ça fait de nous une meute coordonnées et rapides. Plus efficace que vous, n'en doutez pas. Alors contentez-vous de nous suivre et de ne pas nous gêner ! Qu'en penses-tu, Draco ? Tu prends la direction ? »
Le blond sembla hésiter une seconde puis finit par hocher la tête.
« D'accord, je dirige. Dans un premier temps, on va faire le plus de dégâts possibles. Le but est qu'ils se replient une première fois. Et d'en massacrer le plus possible. Quoi, ça vous choque ? »
Certains Aurors le dévisageaient en effet d'un air horrifié.
« Vous êtes le fils d'un mangemort, signala l'un des employés du ministère.
-Un fils renié, lié au Survivant et amoureux de lui, répliqua Draco. Faites ce que vous voulez de toute façon, tant que nous ne nous gênez pas, comme l'a dit Gabriel. Vous êtes prêts ? »
Les deux loups-garous à ses côtés hochèrent la tête et se tournèrent en même temps que lui vers la double porte de Poudlard.
« Alors on y va, répondit Draco. Si la situation devient trop périlleuse, lancez des étincelles rouges signifiant le repli. Rogue, Monsieur Weasley et Kingsley, vous serez ceux qui jugeront de la nécessité d'un abandon. Tant que l'un de vous n'a pas donné le signal, personne n'abandonne. Maintenant, fin de discussion, on y va ! »
Et sans attendre, il ouvrit en grand les deux portes de Poudlard. Aussitôt, tout le monde se précipita dans le parc, Draco, Harry et Gabriel en tête. Les deux seconds potentiels encadraient l'alpha, clairement en tête, comme s'il était le dirigeant et le point central de l'attaque.
« Gabriel, contente-toi des sans magie et de quelques sorciers, Harry et moi on se charge des créatures en particulier. Lance ton patronus, Harry ! Que ceux qui savent utiliser le sort le fassent également, débarrassons-nous en priorité des détraqueurs ! »
Sa voix portait parfaitement bien et, comme un seul homme, tous lui obéirent et lancèrent une flopée de patronus qui s'élancèrent directement vers les ombres flottant dans le ciel dans leur direction. Les créatures spectrales poussèrent un cri d'effroi et s'éparpillèrent dans le ciel, reculant progressivement au-dessus du lac. Malheureusement, d'autres attaquants, voyant enfin des formes humaines, ne tardèrent pas à se jeter sur eux. Certains mangemorts entraperçurent Harry et s'ils en furent aussitôt excités, leur exaltation chuta brutalement en constatant Draco à ses côtés. Des exclamations de stupeur se firent entendre parmi les rangs adverses mais aucun n'y prêtèrent attention. Ils continuèrent de charger droit devant eux, lançant déjà des sortilèges à distance pour essayer d'éliminer rapidement des ennemis.
Très vite, les hommes de Voldemort se reprirent et attaquèrent à leur tour, des sorts fusant dans tous les sens. Il n'était pas rare de voir un homme chuter, toucher par son propre camp dans la folie brutale des rayons magiques qui étaient propulsés partout dans le parc. Des explosions retentissaient parfois ainsi que des jets d'huile bouillante envoyés depuis la tour d'Astronomie. Ceux-ci touchaient majoritairement les géants qui poussaient alors de terribles cris de douleur. Si par malheur, c'était un homme qui était enduit de l'arme abominable, c'était l'agonie qui se faisait entendre dans tout le parc.
Malgré la mêlée autour d'eux, aucun des trois loups-garous de tête ne fut inquiété pendant qu'ils fendaient le terrain, fonçant droit sur les ennemis devant eux. Harry s'aperçut pourtant bien vite qu'ils risquaient de se retrouver séparer de leurs appuis, aussi conseilla-t-il rapidement de ralentir la charge et d'attaquer à distance. Constatant que les jets de sorts risquaient d'anéantir leurs forces, chacun des camps se rapprocha de l'autre, petit à petit, jusqu'à ce qu'ennemis et alliés se retrouvent totalement emmêlés.
En peu de temps, les mangemorts s'aperçurent que les membres de l'ordre avaient une façon de bouger atypique. Fort de l'exemple donné par les lycanthropes, chaque membre s'était perfectionné dans l'art du combat physique et magique, déstabilisant ainsi des sorciers sangs purs habitués à la rigidité des duels. Mais ils s'adaptèrent rapidement et anticipèrent parfois les déplacements des sorciers, les touchant ainsi sans difficulté. Malgré tout, le temps perdu pour réaliser la technique donna un léger avantage au camp de Poudlard et un sentiment de plénitude les envahit en constatant que beaucoup de mangemorts étaient déjà touchés et blessés.
Draco, lui, ne criait pas victoire. D'abord parce qu'il n'avait pas encore constaté la présence des mangemorts les plus importants du cercle de Voldemort, signe que les plus forts étaient restés en retrait. Il continuait de guider Harry et Gabriel, faisant d'eux le trio le plus redoutable de la mêler. Malheureusement, ce qui devait arriver arriva et deux loups solitaires leur firent face. L'un d'eux tenait une baguette magique en main, indiquant son appartenance au monde sorcier. Naturellement, Draco se tourna vers lui, engageant aussitôt un combat d'une rare violence. Gabriel se jeta sur l'autre, entamant une démonstration physique qui, en toute autre circonstance, aurait été presque agréable à regarder pour tout amateur sportif. Harry, lui, restait en défense global, lançant sort sur sort à quiconque voulait se mêler aux affrontements. Il fut lui-même très vite occupé par deux mangemorts profitant de son apparente vulnérabilité. Ils déchantèrent très vite lorsque, d'un bond magistral, Harry leur tomba dessus avec un grognement animal. Sans même penser à utiliser sa baguette magique, il leur arracha les leur qu'il brisa d'une seule main, montrant les dents avec envie.
Durant leur entraînement au village, Remus leur avait honteusement conseillé de laisser parler le loup sommeillant en eux. Malheureusement pour ses adversaires, Harry était un chasseur. Dès lors qu'il lançait son dévolu sur une victime, il ne s'arrêtait pas tant que cette dernière était hors d'état de nuire. Si Draco bénéficiait d'un atout majeur face à lui, ce n'était pas le cas de tous ses adversaires. Les deux mangemorts le découvrirent bien assez tôt lorsque le brun se jeta à nouveau sur eux, les lacérant de griffes et allant jusqu'à les mordre avec ses dents. Le loup en lui avait manifestement décidé qu'il voulait participer et certaines caractéristiques ressortaient clairement. Terrifiés, les deux mangemorts tentèrent de s'enfuir mais ils furent rattrapés en une seconde par le jeune homme qui tordit le cou du premier et cassa la jambe du second. Couché au sol, le mangemort reculait, terrifié par l'aspect bestial du Survivant.
« Pitié, gémit-il, tremblant de terreur. Laissez-moi ! »
Harry se contenta de grogner. Il était pitoyable ! Levant sa baguette, il l'assomma d'un stupéfix efficace, son attention revenant vers Gabriel et Draco. A sa grande satisfaction, son amant terminait son combat. Le loup face à lui était recouvert de balafres et de morsures et quelques sorts vicieux avaient déformé son bras si horriblement qu'Harry en eut un frisson d'horreur. Draco, lui aussi, dévoilait quelques blessures mais elles étaient bien moins graves que celles de son ennemi déjà à moitié mort.
A côté d'eux, Gabriel avait nettement plus de blessures mais il était gagnant, lui aussi. Il mit un terme à la vie de son ennemi cinq secondes après que Draco eut remporté son propre affrontement. En même temps, ils se tournèrent vers Harry et Draco retourna l'encadrer avec célérité. Harry s'empara négligemment de sa main qu'il lécha avec lenteur, refermant une vilaine plaie s'y trouvant.
« On a pas le temps pour ça, intervint Draco.
-Tu en as besoin pour tenir ta baguette, répliqua Harry. Pas d'étincelles rouges…
-Pas encore, répondit Draco. Mais certains de nos amis sont en mauvais état. Allons les aider. Les mangemorts ne sont plus très nombreux et les géants ont déjà fuit. La première vague va être facilement défaite, c'est la suivante qui va poser problème. Allons-y ! »
Ils s'élancèrent sur le terrain, allant aider sans attendre tous membres de leur force en difficulté. Malheureusement, certains ne pouvaient déjà plus être aidés, comme ils le découvrirent en courant sur le terrain. Ils enjambèrent avec peine les corps de certains de leur camarade de classe tombés, notamment ceux des sœurs Patil, atrocement mutilées sur le sol.
Ils avisèrent ensuite que certains de leurs amis étaient gravement blessés malgré leur combat toujours en cours, notamment Denis Crivey dont la jambe était horriblement déformée. Il se cramponnait à un arbre pour tenter de rester debout, tout en lançant sorts sur sorts contre les deux mangemorts leur faisant face. Plus loin, Seamus peinait contre un loup-garou manifestement très déterminé à l'égorger. D'un commun accord, Gabriel s'élança vers lui pour l'aider alors qu'Harry et Draco se jetaient sur les ennemis de Colin. Ce dernier en aurait presque pleuré de soulagement quand le couple mis à terre ses deux adversaires.
« Tu es capable de retourner au château ? interrogea Draco en lui lançant plusieurs sortilèges de soins sur sa jambe blessée.
-Je ne sais pas, répondit Denis. Pas si on m'attaque… »
Harry et Draco se consultèrent du regard puis regardèrent Gabriel qui venait de ramasser Seamus, gravement blessé.
« On devrait se charger du transport de blessés, dit Harry. Les autres ont l'air de se débrouiller, il n'y a plus beaucoup d'attaquant et… »
Un son retentit et les quelques mangemorts présents arrêtèrent soudainement de se battre.
« Ils battent en retraite ! s'étonna Denis, regardant les hommes et femmes courir pour quitter les frontières du château.
-Ce n'est pas spécialement une bonne nouvelle, répliqua Draco. Il faut transporter les blessés à l'intérieur au plus vite ! »
Manifestement, d'autres partageaient son avis car très vite, tous les membres valident s'échinèrent à ramener les blessés au château. Quand ils furent tous rentrer, Harry constata que le Professeur Chourave était déjà en œuvre pour piéger d'autres éventuels attaquant. Le Professeur McGonagall, bien qu'essoufflée, réparait habilement les armures tombées.
« Transportez les blessés dans la Grande Salle ! s'exclama Madame Weasley, aux portes de cette dernière. Des lits ont été posés là-bas. »
Les combattants se dirigèrent vers la large pièce, sans exception, sauf deux Aurors qui décidèrent de rester avec les professeurs occupés à enchanter le parc à nouveau, afin de surveiller toute nouvelle attaque. Quand ils furent dans la Grande Salle et que Denis fut confié à un des guérisseurs présents, Harry et Draco se tournèrent naturellement vers Rogue.
« Ce n'était qu'un échauffement, marmonna ce dernier, confirmant leur première impression. Il n'y avait aucun combattant de première ligne sur le terrain, tel que Bellatrix ou encore ton père et Greyback. Le plus gros viendra après le rapport des survivants. Espérons que ceux-ci seront assez désappointés par la déconfiture qu'ils viennent de subir… »
Harry et Draco approuvèrent puis se tournèrent vers Gabriel, assis au sol près de Seamus gémissant. Ils s'approchèrent pour constater avec dépit que le Gryffondor était dans un sale état. Un bras avait été entièrement lacéré par le loup-garou qu'il affrontait et sa jambe avait été mordue en plusieurs endroits.
« Il n'est pas contaminé, intervint Gabriel. Sinon, je l'aurai lécher, mais… »
Son désarroi faisait peine à voir. Compatissant, Harry se pencha vers le plus jeune et l'entraîna à part avec eux. Il n'hésita même pas une seconde avant de lécher les quelques blessures que Gabriel portait, Draco venant l'aider avec complaisance.
« On nous regarde, marmonna Gabriel, embarrassé.
-On s'en fiche, répondit Harry, lapant une de ses blessures qui se referma. Tu n'as personne pour le faire pour toi alors on t'aide, qu'importe ce qu'ils en pensent. On ne va pas t'abandonner avec des blessures juste parce que ça les dérange qu'on se soigne de cette façon ! »
Gabriel ne répondit rien mais il semblait clairement gêné d'être ainsi le centre de leur attention. Malgré tout, il ne fit rien pour les éloigner. Dès qu'il fut soigné, Harry et Draco se tournèrent naturellement l'un vers l'autre et entamèrent le même processus de guérison.
« Vraiment pratique, intervint Kingsley, proche d'eux. Dommage que ça ne marche pas sur les humains normaux… »
Il désigna les élèves cruellement touchés couchés sur le sol et soumis aux soins de Rogue ou de Pomfresh, ainsi que de quelques Aurors spécialisés et élèves compétents.
« En effet, répondit Draco, satisfait de ne plus avoir la moindre blessure et terminant de soigner Harry d'un coup de langue. On s'en sort comment, globalement ?
-Des forces présentes sur le terrain, je dirai que quinze pourcents est totalement hors d'état. Mais de leur force, nous en avons anéantis facilement quatre-vingt. Le problème, c'est que ce n'était sans doute qu'un échantillon. Les pires restent à venir et ils seront sûrement très vite là, ils ne vont pas nous laisser nous reposer… »
Harry acquiesça lentement, agacé. Un hurlement à l'extérieur attira leur attention et ils se précipitèrent dans le hall, les oreilles tendues.
« Des loups-garous, grinça un des Aurors en faction. Dans la forêt interdite… »
Harry et Draco ne répondirent pas, tendant l'oreille. Ils froncèrent les sourcils aussitôt.
« Qu'est-ce qu'il y a ? interrogea McGonagall, concentrée sur les statues qu'elle réanimait.
-Ce ne sont pas des ennemis, répondit le brun, pensif. En fait, ils nous déclarent une alliance…
-Une alliance ? demanda Kingsley. Mais… vous les connaissez ?
-Impossible s'ils ne se présentent pas directement, répondit Draco. Je vais y aller.
-Quoi ? Non ! s'exclama Harry.
-Je n'ai pas le choix, Harry, je dois y aller. Je suis capable de me métamorphoser…
-Et ça pourrait très facilement être un piège !
-Ou pas ! Gabriel peut venir avec moi, nous serons bien trop rapide pour des mangemorts…
-Mais pas pour Greyback ! » signala Harry.
Ses mots eurent l'effet escompté et Draco se tourna vers la porte, hésitant.
« Il s'agit peut-être des renforts promis par Carlos…
-Nous n'avons aucune certitude qu'il ait eu le temps de contacter d'autres loups-garous dans son pays, qu'ils aient eu le temps de venir jusqu'ici ou encore de simplement décidé de se joindre à nous. C'est trop rapide, tu dois l'admettre…
-Avec un portoloin…
-Je ne sais pas, Draco, je…
-J'y vais, intervint Gabriel, les faisant sursauter.
-Quoi ? Non, Gabriel, je ne suis pas plus d'accord que ce soit toi ou Draco qui y aille…
-Greyback ne me fera rien, répondit le blondinet. On a un accord, lui et moi.
-Un accord ? » interrogea Draco, perdu.
Gabriel regarda Harry, hésitant et ce dernier approuva doucement.
« Qu'est-ce qu'il se passe, merde ? s'énerva l'alpha potentiel, agacé de ces mystères.
-Greyback m'a formé pour te protéger, répondit calmement Gabriel. Depuis que vous vous entraînez avec Lupin, je suis formé à te défendre. C'est sur son ordre que je vous ai suivi pour venir ici. J'ai pour mission de te garder en vie.
-Quoi ? s'exclamèrent plusieurs personnes présentes, dont Draco.
-Mais pourquoi ? » interrogea ce dernier, clairement sceptique.
Gabriel haussa les épaules.
« Tu crois qu'il a prit le temps de se justifier auprès de moi ? demanda-t-il. Il m'a juste dit de veiller à ta survie du mieux que je le pouvais. Mais il ne m'a rien expliqué d'autre… »
Draco grinça des dents. Greyback manigançait quelque chose et ce n'était pas pour le rassurer. Connaissant l'alpha, ça pouvait autant être un piège qu'un avantage…
« Mais tu es de notre côté, n'est-ce pas ? demanda un des Aurors en regardant Gabriel.
-Je suis du côté de Draco, répondit ce dernier. Mon alpha m'a donné l'ordre de le protéger et de le suivre quoi qu'il arrive, je le fais…
-Mais s'il te rencontre dans la forêt et qu'il te donne l'ordre de revenir et de nous tuer… insinua un autre Auror.
-Non, il ne le peut plus, répondit Gabriel. En me donnant son ordre, Greyback m'a éjecté de sa meute et m'a rattaché à celle de Draco. Il n'est pas encore alpha, mais je l'assimile ainsi et de fait, c'est à lui que j'obéis dorénavant. »
Le scepticisme se lut clairement sur tous les visages, sauf ceux d'Harry, Draco et Hermione qui les avait naturellement suivis en les voyant partir en courant.
« Qu'as-tu en tête ? intervint Draco, décidant de laisser le sujet Greyback de côté.
-A moins qu'il ne s'agisse de loups solitaires qui nous tendent un piège, je peux aller à leur rencontre. S'il s'agit d'alliés, je les ramène. S'il s'agit d'ennemi, je les laisse sur place et je reviens.
-Comment sauras-tu qu'ils sont nos alliés ? demanda Hermione, soucieuse.
-Et bien, je devrais les croire sur parole, malheureusement. Mais il semblerait que vous ayez convaincu Carlos d'appeler à l'aide parmi sa meute ? Si c'est eux, je le saurai rapidement. L'odeur de leur alpha sera présente sur eux. Si par contre, ce sont juste des loups anglais… je hurlerai pour Draco, il tranchera. »
Le blond grimaça, n'appréciant pas d'avoir cette responsabilité sur le dos. Si les loups voulant les rejoindre étaient des ennemis, ils étaient susceptibles de feinter de les rallier pour ensuite tenter de tous les massacrer. Surtout que, aux hurlements entendus, l'un d'eux, au moins, devait être soit un alpha potentiel, soit un alpha, vu qu'il avait été capable de se transformer.
« Vas-y, trancha-t-il finalement. Mais si tu sens la moindre entourloupe, tu reviens ! »
Gabriel hocha la tête puis, sans attendre, se transforma. Son changement d'apparence provoqua des hoquets de stupeur parmi les peu initiés à ce genre de transformation mais Gabriel n'y prêta pas la moindre attention et s'élança dans le parc. Il traversa ce dernier pratiquement sans encombre. Quelques sorts fusèrent dans sa direction, provenant de la forêt interdite, mais Gabriel les esquiva sans problème pour enfin disparaître dans les bois. Au grand soulagement des spectateurs de Poudlard, il n'y eut plus le moindre bruit de sort ni aucun autre hurlement, si ce n'est celui du loup qui continuait d'appeler pour signaler sa présence.
« J'espère que ce n'est pas un piège, murmura Draco. Je ne me pardonnerai jamais de l'avoir envoyé à la mort, le cas échéant. »
Harry ne répondit pas. Il préféra passer un bras réconfortant autour de sa taille et s'appuya contre son flanc, savourant les quelques instants de repos que leur offrait une éventuelle revanche du camp adverse. Il préférait ne pas y penser, même si ses yeux se posaient vaguement sur les cadavres restés sur le terrain. Personne n'avait pris le temps d'aller les ramasser, personne n'avait eu le courage de sortir pour les récolter. Il y avait tant des mangemorts que des élèves et il ressentit une pointe de culpabilité en pensant aux sœurs Patil abandonnées au sol. Détournant le regard, il croisa les visages perplexes de quelques élèves. Profitant manifestement des quelques minutes de repos qu'ils avaient, tous s'étaient curieusement rassemblés autour du couple de lycanthropes, des questions plein les yeux. Résolu, Harry fit un signe de main pour les encourager.
« Vous êtes vraiment ensembles ? intervint Neville, l'air de ne pas y croire.
-Nous le sommes, répondit Harry en prenant la main de Draco dans la sienne.
-Mais… et Ginny ? demanda une jeune fille qu'Harry identifia comme une amie de son ex.
-C'est fini entre nous depuis l'année dernière, rappela-t-il.
-Comment est-ce que ça a pu se produire ? demanda Zabini. Tu étais… enfin, tu n'as jamais montré la moindre attirance envers les hommes ! »
Il s'adressait cette fois à Draco qui haussa les épaules.
« L'alcool m'a prouvé qu'apparemment, j'avais bien plus d'attirance envers mon propre sexe qu'envers les femmes, dit-il, serein. Et que j'étais également amoureux d'Harry, par la même occasion… »
Zabini eut l'air un instant perdu mais soupira, résigné.
« Pansy va en faire un malheur, marmonna-t-il. Et je ne parle même pas de Greengrass… Elle avait de vrais espoirs vous concernant… »
Un air presque dangereux sur le visage, Harry se lova entre les bras d'un Draco amusé.
« Elles n'ont rien à dire, cingla le survivant, menaçant. Et si elles veulent protester, je suis à leur entière disposition… »
Le fait qu'il sourit ne sembla rassurer aucun de leurs interlocuteurs.
« Waw, Draco, marmonna Blaise, semblant à la fois terrifié et impressionné. Tu as hérité d'un copain vachement possessif…
-Oh crois-moi, je suis pire, répliqua le blond, un sourire satisfait aux lèvres. Milles fois pire ! »
Harry afficha un air amusé à la déclaration de son amant, son corps frissonnant presque délicieusement à l'aura de possessivité qui l'entourait. Il avait toujours adoré ça… D'autres élèves ouvrirent la bouche pour poser une question, mais au même moment, il y eut plusieurs éclairs de magie venant de la forêt interdite, l'angoisse naissant brutalement à la vue des rayons lumineux – et essentiellement vert – qui surgirent. Harry fronça les sourcils et se colla à Draco, la crainte lui nouant le corps en pensant que c'était peut-être Gabriel, la cible des Avada qu'il pouvait voir.
« Potter ! »
Harry sursauta, comme l'ensemble des personnes présentes sur les terres de Poudlard, à l'entente de la voix sifflante et rageuse magiquement amplifiée.
« Tu es donc un loup-garou, maintenant, Potter ? Et ce petit lâche et menteur de Draco Malfoy t'a rejoint ! Voilà une information intéressante ! »
Harry resta silencieux et indifférent alors que le mage noir parlait.
« Mais ne crois pas que tu puisses m'échapper juste parce que tu es devenu une créature, Potter. Au contraire. Tu es encore plus faible maintenant et tes petits amis et toi allez en payer le prix fort ! »
Dramatiquement, Voldemort laissa planer un instant de silence qui donna envie à Harry de lever les yeux au ciel.
« Tu peux toujours te rendre, Potter. Abandonner, renoncer… A l'exception de Rogue et de Malfoy, toute personne qui décidera de se rendre sera épargnée… Réfléchissez tous… Et rapidement ! Quant à toi, Potter, tu peux mettre un terme à ce combat. Il te suffit de me rejoindre dans la forêt. Je te donnerai une mort rapide et sans douleur. Penses-y, Potter. Tu peux tous les sauver. Je te donne une demi-heure pour prendre ta décision. Si d'ici là, tu n'es pas venu… alors les inconscients qui auront décidé de te suivre mourront ! »
Un silence pesant régna un instant avant que, soudainement, Draco n'émette un grognement sourd.
« Rejoins-moi dans la forêt, qu'il dit…, se moqua le blond, hilare. Et où, gros nigaud ? Au cinquième caillou après le quinzième chêne ? Il espère vraiment que tu vas le retrouver dans une forêt sans même préciser où il est ?
-Il doit penser que je vais le renifler, se moqua Harry. Ça où il n'a simplement pas réfléchi à la subtile précision de sa position…
-Ou il n'a pas voulu la donner de peur que nous l'attaquions tous, signala Rogue, à côté d'eux.
-Possible, répondit Draco. Bon, on a une demi-heure pour se préparer, si j'ai bien compris… Fred, George ? Vous auriez encore quelques tours à préparer ?
-On est déjà dessus, répondit un des jumeaux, occupé à fourrager dans un sac de toile avec son frère.
-Bon… D'autres idées de piège ? Il n'est pas impossible que nous ayons cette fois droit à toute l'armée…
-Mieux vaut peaufiner nos attaques, alors, intervint Schackelbot. Et tous ensembles, de préférence. Allons dans la Grande Salle, réunissons nous et voyons quoi faire. »
Les personnes présentes approuvèrent du chef. Aucun ne sembla aborder la possibilité de se rendre ou de livrer Harry. Ce dernier n'y pensait même pas. Voldemort n'avait plus d'horcruxe et il n'allait pas laisser la possibilité de le tuer juste parce que son ennemi lui promettait une mort « sans douleur ». Comme s'il allait être assez idiot que pour le croire !
« On reste à la porte, signala George en secouant le sac de farces. On prépare ce qu'on peut et si quelque chose se produit, on viendra. Vous n'aurez qu'à nous informer rapidement. »
Harry approuva. Il s'apprêtait à suivre lorsqu'il pensa aux hommes postés sur la tour. Rapidement, il secoua sa baguette, envoyant un patronus sous l'air stupéfait des hommes alentour.
« Ron est bon stratège, expliqua-t-il. Nous aurons un avantage avec lui à la réunion. »
Si les plus âgés semblèrent sceptiques, certains élèves de Poudlard – essentiellement des Gryffondors – approuvèrent sa décision. Draco enroula un bras autour de sa taille et ils se dirigèrent naturellement vers la Grande Salle. Il ne fallut pas longtemps avant que tous soient informés et réunis en un cercle autour d'une des tables des quatre maisons, attendant.
« Je suppose qu'ici, personne n'a envie d'abandonner ? commença raisonnablement McGonagall. C'est votre droit, personne ne vous ensorcèlera si vous désirez de profiter de la demi-heure pour partir. Alors ? »
Aucune réponse ne vint, même si Harry put constater quelques regards fuyants et hésitants posés sur les blessés ou cadavres.
« Bon, dit le professeur, satisfait. Et quant à l'idée de livrer Harry ? »
Cette fois, heureusement, personne ne sembla douter qu'il ne fallait certainement pas en venir à cette méthode. Au côté de son amant, le regard menaçant de Draco était significatif quant à ce qui arriverait à l'idiot qui soumettrait l'idée…
« Nous avons une demi-heure pour nous préparer, intervint un Auror qu'Harry ne connaissait pas. Plutôt que d'énoncer des évidences, nous devrions nous préparer. Leurs forces seront différentes de celles qu'ils nous ont envoyées jusqu'à présent.
-Nous n'avons même pas une estimation de ce qui reste ! se plaignit une élève de Serdaigle.
-Le pire, croyez-le, répondit Rogue, sérieux. Les mangemorts que nous avons reçus n'étaient pas les plus fous, ni les plus motivés. Nous n'avons eu que les faibles et les inutiles, ceux qu'il a envoyés pour tester nos forces. Et pour lui rapporter nos atouts, comme le prouve sa déclaration face à la lycanthropie de Potter. »
Sa voix était clairement réprobatrice à l'idée qu'Harry ait révélé si tôt sa métamorphose, mais le concerné se contenta de le dévisager froidement et indifféremment. Oui, il savait que les sorts qui allaient être lancés contre lui seraient orientés sur sa lycanthropie, mais il ne s'inquiétait pas outre mesure. Il se sentait capable de les éviter autant que faire se peut et il n'avait pas l'intention de cacher sa vraie nature par crainte. Le bruit de la porte qui s'ouvre les firent sursauter, mais ce n'était que Ron qui entrait en trottinant, essoufflé d'avoir dévalé tous les escaliers menant à la tour.
« Sympa de m'attendre, dit-il.
-Il n'y a encore rien eu de constructif, répondit Draco avec ironie, tu n'as rien manqué. Tu as une bonne vue ?
-Génial, répondit Ron. Y'a au moins quinze géants dans la forêt et j'ai vu pas mal de détraqueurs de l'autre côté du lac. Une bonne faction de mangemorts entoure la frontière de la forêt interdite. Gabriel leur a échappé avec brio. A ce propos, où est-il allé ?
-Rencontrer des loups dans la forêt. Ils nous proposent une alliance et Gabriel est allé tester ça… »
Ron grimaça. Lui aussi savait que ça pouvait être autant un piège qu'une alliance inespérée.
« Bon, est là pour établir un plan de bataille, non ? dit-il, l'air amusé.
-Difficile à faire quand on ne sait pas ce qui nous attend en face, signala une Auror, pensive.
-On sait ce qu'on a en face, signala Hermione. Des mangemorts. Des vampires. Des loups-garous, des détraqueurs, des géants. Voldemort (frissons quasi général). Il nous suffit d'imaginer le pire et d'essayer de trouver une situation.
-Il suffit, se moqua un autre Auror.
-Elle n'a pas tout à fait tord, intervint Harry. Imaginons la pire des situations. Essayons d'y trouver une solution. Au mieux, nous serons trop bien préparés et les éliminer ne sera pas trop difficile. Au pire, notre imagination n'aura pas vu assez de catastrophe et nous serons tués…
-Chouette perspective, signala Arthur Weasley, le front moite. Et bien, imaginons le pire et trouvons une solution, dans ce cas. »
Les personnes autour de la table hochèrent de la tête solennellement. Malheureusement, aucun ne semblait rassuré. Loin de là.
oOo
Le silence régnait dans le château. Chacun était à son poste, attendant silencieusement. La demi-heure était presque écoulée et Draco n'avait eu aucun appel venant de Gabriel, augmentant l'angoisse d'Harry. Il avait proposé un éventuel appel, mais le blond s'y était opposé : si les loups étaient des ennemis, ils pouvaient avoir gardé Gabriel en vie et le forcer à répondre ce qu'ils voulaient. Mieux valait attendre une information réelle.
Il avait été décidé que seuls les mages les plus talentueux en soin seraient affectés à l'infirmerie où les blessés avaient été amenés. Tous les autres devaient se battre. Remus, deux Aurors et Ron étaient toujours en faction sur la tour d'Astronomie alors que quelques élèves – parmi les moins forts – étaient postés dans les étages. Ils devaient prévenir l'ensemble des forces si qui que ce soit parvenait à pénétrer l'école via une fenêtre ou un éventuel passage – tel que celui de la sorcière borgne.
Malgré toutes les idées parfois astucieuses que le conseil avait eues, l'ambiance était pesante dans le château. Pour des raisons techniques, il avait été décidé que le combat ne se déroulerait pas intégralement dans le parc. Si ce dernier était plus facile pour un front ouvert, il était néanmoins dangereux. Exposés et dérangés par les cadavres au sol, il leur était apparut qu'il serait plus facile de piéger les mangemorts à l'intérieur de la bâtisse. Tous les élèves connaissaient Poudlard. Tous savaient comment se glisser, se dissimuler au mieux dans les sombres recoins du château. Oh, les mangemorts connaissaient aussi l'école, mais bien moins que les étudiants actuels. Sans compter la petite invention ingénieuse d'Hermione et Ron… Ceux-ci n'avaient pas chômés pendant leur absence du village. S'inspirant de la carte des Maraudeurs, ils avaient créé un sortilège à lancer sur les bras des combattants : ce dernier leur indiquait le chemin le plus court vers une cachette ou un passage, des lignes se traçant à même la peau afin de désigner le trajet. Hermione avait eu un large sourire en citant les GPS moldus, ce qui avait fait ricaner Harry et grimacer Draco qui ne comprenait pas le rapport…
« Vous n'êtes pas obligés de suivre le parcours, surtout si vous connaissez un endroit plus sûr, mais sinon, n'hésitez pas ! », avait déclaré la jeune femme, souriante.
Harry avait été sincèrement impressionné par l'astuce et il avait vu McGonagall regarder son bras droit – le sort avait été lancé sur les deux bras, au cas où ils en perdraient un dans la bataille – avec respect et intérêt : nul doute que, s'ils survivaient, le sort inventé par Ron et Hermione risquaient fort bien d'être réutilisé à l'avenir, ne serait-ce que sur les élèves de premières années, souvent perdu dans leurs premières semaines au Château.
Malgré ça, l'idée du sort GPS n'avait pas été suffisante pour rassurer les combattants. Une partie d'entre eux devait s'exposer à l'extérieur, ne serait-ce que pour élaguer les rangs des créatures magiques et attirer le reste des forces à l'intérieur. Les appâts (ou suicidaire, comme avait marmonné Rogue) avaient été tirés au sort parmi les plus fort. Harry avait pesté en découvrant qu'il devrait malheureusement resté dans le château, Draco avec lui. Ce dernier refusait obstinément de se séparer de son amant, malgré la paille le désignant comme un combattant extérieur. Rogue avait marmonné contre les amoureux stupides, mais le blond n'en avait pas démordu : pour rien au monde il ne se séparerait de son amant !
Harry avait bien tenté d'être lancé à l'extérieur, surtout après qu'Hermione eut été désignée comme un appât, mais tous s'y étaient opposés, à sa grande exaspération.
« Je suis le plus rapide ! avait-il tonné, agacé. Et ils me suivront plus volontairement que vous tous ! »
Si l'argument était valable, personne n'avait voulu en entendre parler. Exaspéré, Harry était parti marmonner dans la Grande Salle, où il devait attendre les premiers attaquants avec dix Aurors, Rogue et cinq élèves de septième année.
« Ne soit pas si boudeur, tentait Draco, alors que la demi-heure se mourrait lentement. Nous aurons bien vite des ennemis, surtout ici…
-Voilà bien une raison pour laquelle je devrais être dehors. J'aurai pu attirer Voldemort dans un couloir isolé et non pas ici où il peut faire plus de victimes !
-Et te laisser à sa merci sans y penser ? Allons, Harry, tu sais que ce n'est pas raisonnable. Et puis, s'il entre en premier… Penses-y », se délecta Draco, amusé.
Harry leva les yeux au ciel. L'entrée de la Grande Salle était truffée de piège, raison pour laquelle les appâts ne devaient surtout pas tenter de pénétrer dans la pièce, mais s'éparpiller dans l'école en utilisant le sort GPS. Une seule personne pouvait pénétrer dans la pièce et était donc chargé d'attirer Voldemort et ses mangemorts : Flitwick. Il était le seul assez petit et fin que pour cette mission périlleuse et Harry n'aimait pas ça particulièrement. Il n'avait aucune envie de voir le petit professeur de sortilèges exploser grâce aux multiples pièges disposés à l'entrée de la salle.
« Tu crois que des farces et attrapes mortelles et des enchantements vont tuer Voldemort ? demanda Harry.
-On peut rêver, répliqua Draco, le tenant contre lui avec tendresse mais aussi terreur. Ça m'arrangerait bien, en tout cas… »
Harry sourit vaguement, le ventre et la gorge nouée. Il percevait très bien la frayeur plus qu'étouffante de Draco et il ressentait la même chose. Ils avaient peur pour leurs amis, peur pour Gabriel dont ils n'avaient aucune nouvelle, peur pour eux. Peur de voir l'autre mourir sans pouvoir rien faire, de ne pas pouvoir le secourir à temps… Draco avait tenté de blaguer au sujet de sa mort mais un regard furieux et un grognement d'Harry l'avait vite fait taire ! Comme s'il allait être capable de retourner avec Ginny – appelée la sangsue par son amant – si ce dernier mourrait !
« Le temps est écoulé ! »
La voix de Voldemort les avait fait sursauter et ils se tendirent d'avantage, si c'était seulement possible.
« Toutes personnes encore présentes sur les terres de Poudlard sera tué. Quant à toi, Potter… tu seras le dernier. Ainsi, tu pourras profiter de la mort de chaque personne à laquelle tu as pu tenir ! »
Puis ce fut le silence. Suivi rapidement par des bruits d'explosions venant de l'extérieur. Ils parvenaient étouffés à leurs oreilles, malgré l'acuité auditive dont faisait preuve les deux loups-garous. Ils tentaient de tout entendre, de comprendre si oui ou non, leur plan était à leur avantage. Ils avaient calculé, en étant le plus négatif possible, que quinze minutes s'écouleraient avant que Poudlard ne soit envahi. Une alarme devait retentir dès l'entrée d'un mangemort dans le bâtiment, activée grâce à un sort détectant la magie noire.
A leur grand dépit, cinq minutes seulement étaient passées lorsque la première alarme résonna, vite suivie d'une multitude d'autres. Harry grimaça et prit position aussitôt. Aucune personne dans la Grande Salle ne pouvait avoir la certitude que Flitwick franchirait les portes en premier. Des mangemorts pouvaient s'égarer là sans raison, juste pour essayer de les débusquer. Il y eut une interruption dans les alarmes qu'Harry et Draco avaient mécaniquement comptées. Ils dénombrèrent sans difficulté quinze ennemis (accompagnés d'alliés ?) et se tinrent prêts.
Cinq autres minutes s'écoulèrent, rythmées par des explosions à l'extérieur. L'une d'elle fit trembler le château et Harry se demanda avec angoisse ce qui en était responsable. Il pensa à Ron percher sur la tour d'Astronomie, occupé à bombarder les géants d'huile bouillante et de tout autre sort qui pourrait s'avérer utile contre les créatures. Sans compter le patronus pour les détraqueurs et les autres attaques destinées aux mangemorts.
L'attente parut interminable. L'angoisse montait, dévorante, suffocante et Harry avait presque envie de hurler pour attirer les éventuels attaquants. Sa main était crispée sur sa baguette, tous ses muscles tendus dans l'expectative. Inconsciemment, il se serrait contre Draco, positionné de façon similaire à ses côtés. Il avait envie de l'étreindre désespérément, de l'embrasser, juste une dernière fois, au cas où, mais il était incapable de détacher ses yeux de la porte de la Grande Salle. Incapable de bouger, paralysé, la respiration presque haletante tant l'attente lui semblait pesante.
Puis, enfin, il y eut du bruit dans le couloir. Des pas de courses précipités, un rire hystérique qui lui dressa les poils de la nuque et l'enragea presque. Un cri de douleur étouffé puis de nouveau une course précipitée.
« Tu ne t'échapperas pas, minable nain ! »
Harry retint son souffle. Flitwick était donc là, entraînant les ennemis. Au même moment, de nouvelles alarmes résonnèrent dans Poudlard, signalant une autre entrée de magie noire dans la bâtisse. Harry grimaça : focalisé sur ce qu'il se passait dans le couloir – des sorts étaient alors criés par plusieurs voix – il ne pouvait pas compter le nombre d'ennemis entrants. Tous les sorciers présents dans la Grande Salle fixaient la porte, attendant… quand enfin, Flitwick en franchit le seuil.
Pour tout observateur, le professeur de sortilège semblait désorienté ou occupé à éviter d'éventuelles attaques. Mais pas pour les personnes dans la Grande Salle. Il évitait les pièges d'un pas léger, allègre, l'œil acéré. Son visage était noirci par de la fumée et du sang s'écoulait de sa tempe droite. Sa jambe de pantalon gauche était également rouge et la tache s'agrandissait dramatiquement, mais l'homme n'y prêtait aucune attention.
« A COUVERT ! », hurla Flitwick en bondissant dans une tranchée qu'ils avaient creusée à son intention.
Harry se recroquevilla dans sa propre tranchée avec Draco, mais il garda la tête dehors afin de regarder qui franchissait les portes. Une jubilation sans borne l'envahit en voyant Bellatrix Lestrange et deux hommes passer. Marcher délibérément, exactement où il ne fallait pas. Le premier homme fut prit dans une déflagration puissante qui balaya Bellatrix, la propulsant violemment dans la Grande Salle dans laquelle elle roula, son corps se tordant dans le mouvement alors que les membres de son compagnon étaient éparpillés partout dans la pièce. Le second homme voulu reculer en comprenant le piège mais à la place, il fut atteint par une mine explosive pendant au-dessus de lui. Sa tête explosa comme une pastèque trop mûre.
Au sol, apparemment inconsciente, Bellatrix ne bougeait plus. Les personnes présentes dans la Grande Salle esquissèrent un sourire ravi : trois avec seulement deux pièges… Alors qu'ils jubilaient tous, cinq autres mangemorts se précipitèrent dans la salle et subirent le même sort : deux explosèrent, un autre eu la jambe arrachée et les deux autres furent propulsés contre les murs de la Grande Salle, ceux-ci les aspirant à l'intérieur et les étouffant. Une invention assez dangereuse des jumeaux : le sol ou les murs, devenu guimauve, vous avalait et vous étouffait. Les hommes présents entendirent les sont d'horreur des mangemorts alors que, couché au sol, celui à la jambe arraché hurlait de douleur. Personne ne bougea, caché derrière une table renversée ou dans les quelques tranchées qu'ils avaient établies.
De nouveau, ce fut le silence. Puis, au centre de la salle, Bellatrix releva la tête, les faisant sursauter. Aussitôt, tous lui lancèrent des sorts mais la femme ne se laissa pas déstabilisé. Elle roula sur elle-même, tentant de les éviter. Au même moment, dix sorciers se précipitèrent dans la Grande Salle, dont un que Draco reconnut sans difficulté malgré son masque : son odeur et ses cheveux étaient trop familier que pour ignorer l'entrée en scène de son père. Son cœur se serra à sa vue et il se surprit à supplier Merlin pour qu'aucun des pièges ne s'enclenche. Il eut honte de ressentir de la joie en le voyant arriver saint et sauf dans la zone sécurisée.
A ses côté, Harry avait parfaitement saisi la situation mais aucune rancœur ne l'envahit. Il comprenait que, malgré la situation, Draco s'inquiète pour son père. Qu'importe le camp, le blond aimait encore Lucius. Il le regarda commencer à attaquer puis livrer un duel contre Arthur Weasley avec difficulté mais se força à se détourner de son père : d'autres mangemorts avaient réussi à s'en sortir et avançaient dans la pièce, venant en aide à Bellatrix qui put se relever et passer à l'attaque avec un rire strident. Le champ des alarmes ne s'arrêtaient plus : la défense dans le parc s'était effondrée et des alliés commencèrent à entrer dans la Grande Salle. Ces derniers sachant pertinemment où étaient les pièges, ils arrivèrent sans danger dans la salle. Deux autres mangemorts furent encore tués par les inventions démoniaques des jumeaux mais les autres purent entrer sans danger.
Les combats avaient commencé, Harry et Draco bataillant côte à côte, laissant les mangemorts venir à eux. Le brun remarqua qu'Hermione était entrée. Elle était légèrement blessée à l'épaule mais se portait bien, dans l'ensemble. Les apercevant, elle fit chemin vers eux, évitant les sorts tant bien que mal.
« Comment ça s'est passé ? demanda aussitôt Harry, non sans lancer des sorts.
-Mal, répondit Hermione. Greyback était là avec plusieurs loups-garous et beaucoup d'entre nous ont été déchiquetés avant même qu'on ait pu se défendre ! Ron a fait de l'excellent travail avec les géants et les détraqueurs mais des sorciers ont compris et ont attaqué la tour. Je n'ai pas tout suivi mais j'ai vu que ça se battait sévère, la haut. D'autres sont entrés par les fenêtres des étages, en volant sur des balais. Je n'ai pas vu Voldemort, mais le plus gros des mangemorts vient ici alors il ne devrait pas tarder ! Attention, Harry ! »
La jeune femme lança un bouclier, empêchant les poignards en argent de se ficher dans le corps de son meilleur ami. Ce dernier lui fit un mouvement de tête reconnaissant, tentant d'ensorceler le mangemort qui avait osé tenter de le tuer. L'homme, trop occupé à éviter Harry, ne vit pas Draco se glisser derrière lui. Ce dernier l'attrapa par la gorge et la lui tordit sans ménagement, intraitable. Harry ne grimaça pas en voyant l'acte, il écarquilla simplement les yeux. Derrière Draco, le tenant dans sa ligne de mire, se tenait Lucius Malfoy. L'homme avait la baguette levée mais ne lançait aucun sort. Le temps sembla se suspendre alors que le blond relevait les yeux pour croiser le regard inquiet de son amant. Il sembla comprendre qu'un ennemi se tenait derrière lui et, sans attendre, se déporta sur le côté tout en pivotant sur lui-même pour attaquer. Mais comme son père, il s'immobilisa en rencontrant les yeux de ce dernier.
Pendant ce qui sembla durer une éternité, les deux Malfoy se regardèrent, manifestement incapable de prendre une décision. Lucius sembla finalement trancher et baissa sa baguette, Harry respirant à nouveau. Il s'empressa de rejoindre Draco, l'homme blond le fixant aussitôt. Il ne releva pourtant pas son arme.
« Alors c'est vrai, murmura Lucius de derrière son masque. Tu as rejoint Potter. »
Draco ne répondit pas. Ce n'était de toute façon pas une question.
« Pourquoi ? demanda Lucius. Pourquoi l'avoir rejoint ? Est-ce parce que je t'ai banni ? C'est une façon de te venger ? »
Draco secoua paisiblement la tête.
« Non, répondit-il. Rien de ça. »
Leur conversation fut interrompue par l'attaque d'un mangemort. Harry lui régla son compte prestement, indifférent à son cri d'agonie.
« Alors pourquoi ? insistait Lucius, d'une voix un peu plus forte pour couvrir le bruit des attaques. Dis-moi. Je mérite de savoir pourquoi mon fils m'a trahi. »
Draco resta un instant immobile puis il tendit la main et caressa le dos d'Harry, ce dernier surveillant les attaquant autour d'eux pour les empêcher d'intervenir. Le mouvement était souple, tendre, amoureux et Lucius écarquilla les yeux en le voyant faire.
« A votre avis, père ? demanda Draco d'une voix calme. Pourquoi vous ai-je trahi ? »
Lucius resta un instant estomaqué. Il n'avait pas besoin de mots pour comprendre, le simple geste de Draco l'avait éclairé sur sa relation avec Harry. Il resta un long moment paralysé avant de se ressaisir.
« Je vois, dit-il en réponse. Et bien, c'est… inattendu. »
Draco se retint de sourire. Ce n'était ni le lieu ni le moment de savourer la stupeur de son père. A la place, il resta planté devant lui, conscient qu'ils n'avaient pas le temps de parler, pas le droit non plus. Ils étaient opposés. Ils devaient s'affronter. Mais Draco n'en avait nul envie. S'il y avait bien un ennemi qu'il ne voulait pas croiser, c'était bien son père. Il jeta un vague coup d'œil à Harry qui se débattait avec un homme que Draco reconnut comme Mcnair et il gronda sauvagement en voyant son amant en difficulté. Il n'osait pas faire un pas, pourtant, conscient que son père pouvait décider de l'attaquer. Alors qu'il allait finalement se résoudre à tenter de le stupéfixer pour aller secourir Harry, Lucius leva sa baguette… pour lancer un sort d'écartèlement à Mcnair. Draco écarquilla les yeux, de même qu'Harry qui tourna la tête dans leur direction. Voyant la baguette de Draco baissée et celle de Lucius levée, le brun eut la même expression ébahie que son amant.
« Oups, dit Lucius avec ironie. J'ai mal visé… »
Draco esquissa un sourire, presque reconnaissant. Ils se séparèrent là. Lucius se jeta dans un autre combat, s'éloignant habilement de son fils. Ce dernier ne resta pas inactif et reprit son propre combat, rejoignant Harry.
« Est-ce qu'il vient de m'aider ? haleta Harry à ses côtés, estomaqué.
-On dirait, répondit Draco, incapable de s'arrêter de sourire. Allez, un peu de nerfs, ils n'ont pas l'air heureux d'être contre nous ! »
Harry rit en regardant les trois mangemorts face à eux. L'un d'eux était Rodolphus Lestrange, Draco le reconnut dans sa façon de jeter des sorts de magie noire visant à torturer sa cible. Le jugeant plus dangereux que les deux autres, il n'hésita pas à s'approprier l'affrontement, laissant les deux autres à Harry. Ce dernier commençait à retrouver sa sauvagerie de la première vague, sans doute à cause de l'odeur du sang qui commençait à se faire plus forte. Draco le vit désarmé l'un de ses assaillants pour ensuite lui casser les deux bras sans la moindre hésitation, retournant ensuite vers l'autre adversaire avec rage. Rassuré de ne le voir en face que d'un homme, il se concentra sur son propre combat.
Rodolphus était un homme puissant et rapide. Il avait eu l'inconscience d'épouser une folle – dont le rire psychotique se faisait encore entendre – mais il n'était pas impulsif. C'était un combattant prudent, rusé et cruel : à plusieurs reprises, il lança des sorts en direction d'Harry, manquant de blesser ce dernier afin de distraire Draco. Rageur, le loup-garou blond n'hésita pas à se montrer plus violent – et par la même plus imprudent – pour essayer d'arrêter son adversaire.
Coincé avec deux autres adversaires, dont un était un vampire, Harry ne pouvait qu'éviter les attaques de son mieux tout en essayant de se débarrasser de ses deux attaquants. Il tenta vaguement de demander à Draco de ne pas s'occuper de lui, mais il était impossible pour le blond de rester calme en constatant qu'on attaquait son compagnon, dans une technique plus lâche que jamais. Furieux, il se jeta sur Rodolphus sans même utiliser la magie, toutes griffes dehors. Quand le mangemort leva sa baguette, Draco était une cible parfaite. Harry hurla alors qu'il tua l'homme face à lui sans hésitation, mais le vampire fit barrage, l'empêchant d'aller secourir son amant. Tout se passe en trois secondes. Alors que Rodolphus s'apprêtait à lancer un sort de mort, une fusée rousse surgit. La mâchoire du loup se ferma brutalement autour de la gorge du mangemort et les dents aiguisées se plantèrent dans sa peau, déchirant sa chaire avec l'efficacité des meilleures lames. Le sang gicla sur le sol alors que l'homme s'effondrait et que le loup le lâchait, poussant un long hurlement de satisfaction. Draco, retombé accroupi sur le sol, regardait la scène avec stupéfaction. Quelques secondes plus tard, le loup face à lui reprit forme humaine, révélant une silhouette haute et indubitablement anglaise.
« Navré pour le retard, dit l'homme avec une voix trainante. Votre émissaire était très suspicieux et il nous a fallu le temps pour le convaincre que nous étions de votre côté. »
Harry regarda alors autour de lui et constata que cinq loups étaient présents dans la grande salle, dont Gabriel. Ce dernier avait une blessure à l'œil gauche mais ne semblait même pas déstabilisé par la chaire brûlée et sanglante. A la place, il courrait dans la foule, aidant les élèves en difficulté.
« Qui êtes-vous ? demanda Draco.
-Alistair Barow. Alpha indépendant. Les quatre autres sont des amis avec qui nous nous partageons notre territoire. Tous des alphas. Nous avons été approchés plusieurs fois par Vous-Savez-Qui pour rejoindre ses troupes, mais nous avons refusé. Ça s'est soldé par la mort de deux de mes enfants… »
L'homme gronda furieusement après ça.
« Alors en récompense pour ses actes, je me suis senti obligé de venir vous aider. C'est pareil pour les quatre autres. »
Deux étaient occupés à harceler un mangemort massif avec détermination. L'un avait un pelage sable tâché de brun, l'autre était d'un noir d'encre profond. Les deux autres étaient occupés à deux extrémités de la pièce, tout deux d'un brun blanc chatoyant. Ils se ressemblaient tellement qu'Harry se demanda s'ils n'étaient pas jumeaux.
« On fera les présentations plus tard, on a du pain sur la planche, remarqua l'homme. Il y a encore beaucoup d'ennemi dehors, trois d'entre nous vont y retourner pour aider les pauvres malheureux là-bas. On voulait juste vous déclarer notre soutien, histoire d'éviter un malheureux combat.
-Vous avez bien fait, répondit Draco. Merci. »
Alistair hocha la tête puis se retransforma. Il leva le museau et hurla rapidement avant de détaler vers la sortie, accompagné du loup noir et d'un des jumeaux. Gabriel vint vers eux alors qu'Harry et Draco continuait de lutter contre le vampire, adversaire bien plus coriace que les autres.
« Bordel, je n'en ai pas cru mes yeux quand je… merde, on parle, tu peux pas nous foutre la paix ? »
Gabriel, à nouveau humain, asséna un violent coup de poing à un mangemort qui avait décidé de l'attaquer pour ensuite lui attraper le bras qu'il cassa sans la moindre hésitation.
« Voilà, reste tranquille et donne-moi ce bout de bois, t'en aura plus l'usage ! »
Il cassa sa baguette sans hésitation et la jeta par-dessus son épaule.
« Je disais, j'en ai pas cru mes yeux en arrivant, c'est l'anarchie ici. Le grand méchant ne s'est pas encore montrer ?
-Non, pas encore, répondit Harry en bondissant pour éviter un sort. Greyback ?
-Croisé dehors, répondit Gabriel. Mais on a pas vraiment parlé. »
Le couple approuva puis se désintéressèrent du jeune homme pour se concentrer sur leurs adversaires. Dans commun accord, ils décidèrent de se canaliser sur les mêmes assaillants et non plus de se séparer pour les affronter. Si un ennemi tentait de les éloigner, Gabriel s'occupait de lui avec une rare efficacité. Ils venaient de mettre un terme à la vie de deux mangemorts quand il entra. Un frisson d'angoisse les parcourut et ils tournèrent ensembles la tête vers la porte, Gabriel aplatissant ses oreilles sur sa tête. Greyback les regarda directement, sans la moindre hésitation. Son regard lupin les transperça et ils y lurent la même résolution imprégnée de chagrin. Sans perdre une seconde, il se transforma en loup et fonça sur eux. Draco et Harry agirent aussitôt. Le blond lança sa baguette à son amant et se changea à son tour en l'énorme loup blanc qu'Harry connaissait si bien. Il s'élança en direction de Greyback, évitant les sorts sans difficultés ainsi que les combattants dans leur chemin. Le choc, entre les deux, fut bestial et brutal. Harry se retint de détourner les yeux, toute son attention centrée sur l'affrontement des deux hommes.
Juste avant son entrée au village, Harry avait déjà vu un combat entre les deux hommes et Greyback avait été très nettement gagnant. Néanmoins, Harry était conscient de l'absence réelle de combativité de Draco, à l'époque. Le jeune homme avait été impulsif et avait juste voulu démontrer sa colère. Le combat qui se déroulait devant lui était nettement différent. Celui-là était volontaire, avec un but clair : gagner !
Beaucoup de spectateurs s'étaient figé aux mouvements des deux loups. Un grand nombre de mangemorts, d'élèves et d'adultes, s'étaient arrêté pour admirer les deux loups s'affronter à grand renfort de grondements menaçants. Seuls quelques acharnés poursuivaient la lutte, indifférent à la bataille non loin d'eux. Bellatrix Lestrange, notamment, riant de façon cruelle, lançait sort sur sort à une Molly Weasley dépassée et à une Hermione Granger frustrée de ne pas avoir le temps d'attaquer, trop occupée à se défendre.
Mais Harry ne les regardait même pas. Toute son attention était figée sur ce qu'il se passait, juste devant lui. Il regardait, le souffle presque retenu, comment Greyback mordait et griffait Draco, tentant de le faire tomber, de l'obliger à abandonner. L'alpha avait-il reçu l'ordre de tuer son ancien protégé ? Agissait-il ainsi pour se couvrir ? Avait-il décidé d'attaquer Draco dans la perspective où le loup blanc était le seul qui serait capable de le contenir ? Aucun autre combattant ne pouvait faire face à une telle violence animale…
Près d'Harry, Gabriel pleurait, incapable de rester de marbre, son cœur déchiré. S'il aimait Draco de tout son cœur, comme un ami, un frère, Greyback était celui qui l'avait accueilli quand ses parents avaient été tués. Il était celui qui lui avait donné une maison, un lieu sûr. Celui qui l'avait entraîné pour protéger Draco… Mais que devait-il faire ? Devait-il poursuivre ce pourquoi il avait été formé et se lancer dans le combat ? Il en était incapable. Aider Draco signifiait tuer Greyback, à deux. Et il ne le pouvait pas. A la place, il détourna les yeux et regarda Harry. Conscient soudainement que certains mangemorts risquaient de profiter de l'inattention du survivant pour l'attaquer, il décida de tourner le dos au combat pour se concentrer uniquement sur la protection du Survivant. Advienne que pourra, il ne pouvait pas regarder son ancien chef de meute et son nouveau se déchirer entre eux. C'était au-delà de ses forces.
Le temps semblait comme ralenti. Les grognements de Draco et Greyback, les couinements de douleurs, le sang qui giclait des crocs blancs et meurtriers, les regards fous, les yeux écarquillés des spectateurs… et en fond de plan, le rire hystérique de Bellatrix qui se battait contre Hermione et Madame Weasley. Harry ne les regardait pas, son attention était toute à Draco et c'est pourquoi il eut tellement de mal à comprendre ce qu'il se passa, en quelques secondes.
Madame Weasley fut soulevée du sol par un sort vicieux et éjectée à travers toute la grande salle. Son corps percuta deux élèves qui tombèrent, mais il ne s'arrêta pas dans son mouvement. Elle roula sur les dalles ensanglantées et fonça droit vers la double porte de la Grande Salle. Elle passa sur un des explosifs rescapés qui se déclenchèrent aussitôt et l'explosion se fit entendre dans toute la pièce. Harry tourna la tête dans cette direction mais le couinement douloureux de Draco le fit revenir au combat. Greyback avait attrapé la patte avant droite de Draco et la mordait si fort qu'il l'avait cassé. Il avait lâché le membre et s'apprêtait à soumettre – et tuer – Draco quand son attention fut détournée par Bellatrix lançant un sort argenté vers Hermione.
Alors que certains comprenaient que Molly Weasley venait d'être désintégrée par un des pièges de ses propres fils, Greyback lâcha Draco et bondit en avant. Il reprit forme humaine en quelques fractions de secondes et se plaça devant une Hermione tétanisée. Le sang éclaboussa la jeune fille qui resta figée sur place en voyant le corps nu de Greyback être brutalement transpercé par le sort découpant, sa chaire se désintégrant aussi facilement que de la neige jetée dans un volcan et laissant un trou béant dans son corps.
Hurlant de rage, Gabriel se transforma à son tour et, en deux bonds, atteignit une Bellatrix stupéfaite. La femme n'eut même pas le temps de comprendre : le loup roux l'attrapa par la gorge et arracha la chaire, perçant sa jugulaire pour faire gicler son sang. En trois secondes – et trois longs jets d'hémoglobine – elle était morte, convulsant dans son propre sang.
Cela sembla donner le feu vert pour chaque combattant. Tous se reprirent et recommencèrent à se battre avec une fureur destructrices. Tous, sauf Harry, Draco, Gabriel et Hermione. Non, eux étaient restés plantés sur place. Puis, en quelques secondes, ils furent tous autour de Greyback dont le corps blafard criait la mort. L'alpha respirait encore mais si faiblement qu'il n'y avait aucun doute quant à ce qui l'attendait. Pendant quelques secondes, les trois loups envisagèrent d'essayer de le soigner en le léchant, mais les os de la colonne avaient été désintégrés et aucune salive ne réparait ce genre de blessure.
En pleurs, Hermione saisit la main de Greyback, incapable de parler. L'homme la regarda vaguement, esquissant un sourire ressemblant plus à une grimace. Mais il ne lui parla pas. A la place, il regarda Draco, aussi nu que lui. Le jeune homme était recouvert de morsures et lacérations. Son bras droit était cassé et mâché mais il ne semblait même pas lui en vouloir, trop touché de le voir agoniser.
« Ne… Ne fais pas cette tête, crachota l'alpha, amusé de voir Draco si peiné.
-Idiot, répliqua Draco, en larmes. Quelle tête dois-je faire ? Celui d'un vainqueur ? Je ne veux pas d'une telle victoire ! »
Greyback hoqueta, du sang coulant de sa bouche. Incapable de supporter ça, Gabriel reprit sa forme de loup et hurla, le museau en l'air. Personne ne songea à l'arrêter ni à l'attaquer. Il avait l'air bien trop désespéré, bien trop assoiffé de vengeance que pour s'en prendre à lui avec l'espoir de survivre.
« Tu… Tu ne m'as pas vraiment battu, hoqueta Greyback en regardant Draco. Tu n'es toujours qu'un petit louveteau… »
Draco hocha vivement de la tête, acceptant la critique.
« Mais tu vas bientôt être un loup, poursuivit Greyback. Un alpha. Et… je sais que tu prendras soin de ma maison. »
Encore une fois, Draco hocha la tête rapidement, incapable de parler.
« Tu devras en prendre soin. Comme si c'était ta vie. Tu entends ? Tout… tout ce que tu feras sera pour eux. Tout !
-Je te le promets, répondit Draco. Je te le promets, Fenrir. »
L'alpha eut l'air serein en l'entendant. Il poussa un son rauque de douleur et regarda Hermione qui pleurait toujours en serrant sa main.
« Ah, que n'aurais-je donné… que n'aurai-je donné pour être… jeune ? dit-il en la regardant. Mais… mais je ne le suis pas et… Rosalia, dit-il en regardant Draco. Tu devras t'occuper d'elle… Elle a… pendant la réunion des loups, nous avons… Elle est enceinte, Draco. Elle porte mon louveteau et… tu devras les protéger, d'accord ? Tu devras les aider !
-Je le ferai. Tout le monde au village le fera, n'en doute pas une seconde ! Merde, Chyreer va probablement le gâter abominablement !
-Merde, Chyreer, pleura presque Greyback. Il va… il faut… Tu dois rentrer au village au plus vite. Ils m'attendent. Ils doivent savoir, Draco. Ils doivent avoir un chef. Rentre au plus vite, tu m'entends ! Tu… prends-en la tête. Et aide-les ! »
Draco acquiesça encore. Harry, à côté d'eux, détourna la tête et regarda autour de lui. Gabriel criait toujours, son pelage recouvert de sang. Autour de lui, il n'y avait que des morts ou des combattants. Personne n'abandonnait, ils livraient tous une lutte acharnée, sans ménager leurs efforts. La Grande Salle n'avait plus rien de beau et de magique, même le ciel semblait horrible. Des cadavres, des gens en pleurs, d'autres blessés. Harry regarda tout ça puis fixa à nouveau Greyback dont la vie s'échappait sous les pleurs d'Hermione, de Draco et de Gabriel et il se sentit si fatigué, tout à coup. Ça n'avait que trop duré. Ça aurait du être fini depuis longtemps ! Où était Voldemort ? Comment osait-il être caché alors que c'était à eux d'arrêter tout ça ?
Furieux, Harry se releva et tourna le dos à ceux qui pleuraient sur le sol. Il traversa la Grande Salle, ignorant si Draco s'était aperçu de son départ et le suivait. Il prit juste la peine de se protéger des sorts qui lui étaient envoyés, zigzaguant avec brio entre les cadavres. Puis il sortit de la pièce, tentant de ne pas regarder les restes du cadavre de Molly Weasley.
Le couloir n'était guère plus brillant. L'entrée menant aux donjons était détruite et celle du château ressemblait à un gruyère. Des hurlements venaient de l'extérieur, notamment des loups venus en renfort. Les cris de Gabriel avaient été entendus et compris : les lycanthropes pleuraient la mort d'un alpha qui n'avait plus eu le choix. Mais Harry ne sortit pas. A la place, il inspira profondément l'air, cherchant une odeur particulière.
Lors de leurs différentes rencontres, Harry n'avait jamais fait attention à l'odeur de Voldemort. Mais il se souvenait de ce que Draco disait des horcruxes. Une horreur. Une odeur si pestilentielle qu'elle lui irritait le nez. Et il y en avait une dans le château. Sans attendre, l'air déterminé, Harry laissa le loup en lui prendre le dessus. Il sentit son corps changer légèrement, prenant une position plus animale alors qu'il se mettait à la chasse. Penché vers le sol, le nez cherchant le fumet le plus désagréable qu'il ait pu sentir, il avança, les griffes déjà prêtes, les crocs un peu plus prononcés que d'habitude. Même ses oreilles avaient perdu leurs aspects humains. Comme l'avait déjà remarqué Draco, Remus, Gabriel et Hystéria, le loup et Harry s'entendaient à merveille. Ils avaient un intérêt commun – Draco – et aimaient la chasse, que ce soit au vif d'or ou aux lapins. Et une fois qu'ils étaient en mode chasseur, aucune proie ne leur échappait !
Sans attendre, Harry se mit à courir. Pour avoir souvent parcouru les couloirs de Poudlard, il les connaissait par cœur. Et il savait où l'odeur le menait. Ce fut sans hésitation qu'il grimpa les marches et franchit les couloirs où des corps et des combattants s'entremêlaient. Personne ne parvint à l'arrêter. Il tua ceux qui étaient trop motivés à le blesser et ignora ses alliés qui l'appelaient, stupéfaits de le voir plus animal qu'humain. Il évita les pièges, les sorts et les objets qui lui étaient lancés. Au bout du troisième étage, plus personne ne lui barrait la route. Il était seul et il se mit à être plus prudent lorsque l'odeur devint plus pressante.
Au sixième étage, elle devint presque intolérable. Harry ignora la nausée qui l'avait envahi pour simplement escalader prudemment les dernières marches le séparant du septième étage. Personne. Pourtant, la fragrance était trop forte que pour mentir : Voldemort était là. Et il n'avait pas besoin de suivre l'odeur pour comprendre où il se trouvait : la salle sur demande était visible, les portes grandes ouvertes, comme une invite macabre à son intention.
Lentement, tâtant presque le terrain, chaque sens en alerte, Harry s'avança dans le couloir. Il était à découvert et le chasseur en lui détestait ça. Il devait entrer dans la salle et profiter de la multitude d'objets présents pour se dissimuler. Pour passer de proie à chasseur. Car il sentait qu'il était observé. Il pouvait percevoir le regard brûlant du monstre caché dans la pièce. Mais au lieu de reculer, de fuir, il avança. Droit dans la gueule du loup ? Non, il était le loup ! Il était celui qui devait gagner. Il n'avait pas le choix, pas après avoir croisé tant de souffrance, pas après le sacrifice de Greyback et les pleurs de ses amis. L'explosion de Molly Weasley, les sœurs Patil, Seamus et Denis gravement blessés… Et Merlin seul savait qui était encore atteint, là-bas… Il était parti sans oser regarder, sans oser enregistrer dans son esprit les multiples noms d'amis et d'inconnus vaguement familiers.
Il passa le seuil de la porte sans que rien ne se passe. Aucun sort, aucun son, juste les objets et la certitude d'être épié. Lentement, Harry renonça à l'esprit humain endormi en lui pour laisser parler l'animal. L'odeur de Voldemort était comme un chemin qui lui indiquait la voie à ne pas suivre. A la place, il contourna la fragrance, se servant des objets pour se dissimuler. Après quelques minutes, il se sentit rassuré. La pression du regard avait disparu au fur et à mesure qu'il s'éloignait de la piste mais il savait qu'il devait la retrouver pour dénicher le gibier puant qui l'attendait. Presque à quatre pattes, il s'avançait dans le dédale d'objet. Enfin, il retrouva l'horrible parfum et il resta aux abords de la sente, marchant lentement. Au détour d'une colonne, il le vit enfin. Il était de profil et même si Harry tenta de se dissimuler aussi vite que possible, le fait était que Voldemort l'avait repéré en moins d'une seconde. Ses yeux rouges et furieux se posèrent sur lui sans qu'aucune douleur ne vrille Harry. A la place, ils restèrent face à face, immobiles.
« Potter…, siffla la créature face à lui. Enfin, ce qu'il en reste, à ce que je vois… Ta transformation est-elle due au jeune Malfoy ? »
Harry s'abstint de toutes réponses. A la place, il analysait la situation, cherchant les cachettes les plus utiles mais calculant également le temps qu'il lui faudrait pour atteindre l'homme face à lui afin de lui arracher la tête. Il s'en savait capable. Il en avait la force, la rapidité. Etrangement, utilisé sa baguette ne lui venait même pas à l'esprit. Le sorcier en lui n'avait aucune voix au chapitre, seul le loup était présent. La chasse, l'attaque, la mort, c'était son domaine. Pas celui de l'être humain. En position d'attaque, il fixait sa proie tout en calculant les diverses parades à utiliser, les endroits où se réfugier et ses angles d'approche. Rien n'était laissé au hasard.
Il ne fallut pas plus de quelques secondes à Voldemort pour se décider à charger. Avait-il compris qu'il ne servait à rien d'essayer de discuter avec la bête devant lui ou était-il juste pressé d'en finir, Harry l'ignorait. Il ne pensait plus à rien, son cerveau n'était plus basé que sur une seule règle : tuer la proie. Quand le rayon violet fonça vers lui, Harry se servit de ses jambes et de son talent pour la course : il démarra au quart de tour, évitant le premier sort, bondissant dans un tas d'objet pour esquiver le second. Voldemort siffla avec agacement, comprenant soudainement que son ennemi n'avait plus rien d'un petit sorcier inexpérimenté. Ses déplacements, son attitude ne laissaient rien présager d'humain.
Rapidement, les sorts se mirent à pleuvoir, que ce soit pour blesser Harry ou pour tenter de l'entraver mais sa rapidité empêcha Voldemort de l'atteindre. Les objets de la salle sur demande étaient en morceaux pour la plupart, en feu même, à certains endroits.
« Combien de temps comptes-tu esquiver, Potter ? s'énerva le serpent, agacé. Tu n'es qu'un lâche ! »
Harry ne s'abaissa même pas à répondre. Si le monstre puant n'était pas capable de se rendre compte qu'il s'était rapproché, lentement mais sûrement, ce n'était pas son problème. Au contraire ! Un nouveau sort fusa vers Harry qui bondit brutalement. Voldemort n'avait sans doute pas imaginé qu'il serait capable de sauter aussi haut ni d'aussi loin mais Harry eut le plaisir de voir un frisson de peur dans son regard alors que, griffes sorties, il l'atteignit d'un violent coup au visage, lui laissant trois marques sanguinolentes. Voldemort poussa un cri de rage et essaya de reculer mais Harry n'était pas d'accord : sans lui laisser de possibilité de retraite, il chargea à nouveau, le contournant habilement et donnant d'autres coups, dans son dos et dans ses jambes, labourant sa chaire de longues griffures. Le monstre cria à nouveau et Harry se retint de rire, galvaniser par l'odeur du sang de sa proie. Il ne le laisserait pas s'en sortir, non, pas cette fois. Il allait payer pour toutes les personnes mortes ce soir, pour celles mortes avant !
Fou de rage par cette pensée, Harry bondit à nouveau. Mais cette fois, il utilisa ses dents, mordant brutalement la main qui tenait la baguette. Voldemort hurla encore, tenta de le faire lâcher mais Harry n'enfonça ses dents que plus profondément. Jusqu'à ce que la peau se déchire, que les ligaments rompent. Quand il sentit les os, il gronda brutalement et d'un coup de tête, lui arracha la main qu'il balança plus loin, la baguette roulant dans les décombres des objets. Voldemort hurla à nouveau et tomba à la renverse, tenant son moignon dans sa main valide et le regardant avec horreur.
« Ma main ! », cria-t-il, horrifié.
Harry se contenta de ricaner.
« Un rat a dit la même chose, il y a quelques années, dit-il, accroupi face à Voldemort. Je m'en souviens encore… »
Voldemort le fixait toujours, l'air de ne pas y croire. Harry lui-même n'en serait pas revenu s'il s'était vu : du sang plein le visage, ruisselant sur sa gorge, les dents allongées et prêtes à déchirer à nouveau, accroupis au sol comme un animal, il était plus effrayant que la chose pâle au sol.
« Tu ne gagneras pas, Potter ! éructa Voldemort. Tu peux me tuer ce soir, ça ne changera rien !
-Tu crois ça ? demanda Harry. Et sur quoi tu comptes, pour revenir à la vie ? Ton journal que j'ai détruit en deuxième année ? Ton médaillon infecte, ta foutue coupe de Poufsouffle, le diadème de Serdaigle, la bague de Serpentard ? Aucun n'est encore apte à te ressusciter, Tom. Tes horcruxes ont été détruits. Tous, sans exception. Aucun ne te sera plus utile. Le seul morceau d'âme qu'il te reste… c'est celui dans ton corps. Un corps que je vais détruire. Maintenant. »
Si Voldemort voulut rajouter quelque chose, il n'en eut jamais l'occasion : il tenta de se relever pour fuir mais il n'était pas assez rapide. Harry bondit en avant, l'atteignant en pleine poitrine qu'il se mit à labourer de ses mains, déchirant la robe et la chaire du mage noir. Suffisamment que pour le blesser, suffisamment que pour déchirer des veines et des artères importantes. Il aurait même pu atteindre son cœur si une exclamation derrière lui ne l'avait pas fait sursauter et se retourner. Draco avait fini par se rendre compte qu'Harry n'était plus à ses côtés et avait suivit son odeur pour le retrouver. Le bras replié contre sa poitrine, les yeux écarquillés, le blond regarda le corps convulsant de Voldemort sur le sol et Harry, accroupi sur son torse, barbouillé de sang.
Pendant un instant, aucun des deux ne parla. Puis, très lentement, Draco s'approcha de lui, claudiquant légèrement. Harry se détourna du cadavre sans vie, plus du tout intéressé. Il avait fait ce qu'il fallait, le monstre était mort, la proie n'avait plus d'importance une fois capturée. Lentement, Harry s'approcha de Draco qui le fixait toujours, à la fois fasciné et horrifié par son aspect. Quand ils furent assez proches l'un de l'autre, Harry inspira son odeur avec délectation et retrouva petit à petit un aspect plus humain, à l'exception de ses yeux.
« Tu avais raison, murmura-t-il doucement, dans le silence de la salle sur demande.
-A quel propos ? demanda Draco, levant sa main valide pour toucher tendrement son visage recouvert de sang.
-Il puait atrocement ! »
Draco éclata de rire. C'était à la fois de nervosité et de soulagement. Il avait eu l'impression de mourir en s'apercevant qu'Harry avait disparu, lorsqu'il avait repris un peu de prise sur lui-même. Rassuré, il plaqua Harry contre lui, indifférent au sang et à l'odeur de la pièce.
« Oui et il pue toujours, si tu veux mon avis, lui souffla-t-il à l'oreille. Merlin, personne ne t'a jamais appris à dire où tu allais quand tu partais ?
-Je n'ai pas vraiment réfléchi, tenta de se justifier Harry.
-Je vois ça, répondit Draco en l'écartant pour le regarder. Tu es couvert de sang, hors de question que quelqu'un te voit comme ça.
-Il y a des toilettes pas loin…
-Bonne idée ! »
Ils s'avancèrent vers la sortie mais à la dernière minute, Harry s'arrêta pour se tourner vers le cadavre de Voldemort. Il hésita puis s'en approcha et l'empoigna par un pan de sa robe, le traînant derrière lui.
« Qu'est-ce que tu veux faire ? demanda Draco.
-Annoncer aux autres qu'il est mort, répliqua Harry. Allons d'abord dans les toilettes. Ensuite, j'aimerai que nous allions à la tour d'Astronomie. Je suis sûr que Dumbledore aurait adoré l'ironie… »
Draco sourit, amusé. Et bien, Harry avait l'air un peu effrayant à rire sadiquement, recouvert de sang… Mais le loup en lui était en train de hurler d'amour pour son compagnon alors il ignora le petit frisson qui lui remonta dans le dos et suivit son amant jusqu'aux toilettes les plus proches, le corps de Voldemort laissant une longue traînée de sang derrière eux.
oOo
Après s'être lavé le visage à l'eau froide – ainsi que les mains et la bouche – Harry reprit conscience totalement. Pendant l'espace d'un instant, il se fixa dans le miroir, horrifié, les yeux écarquillés. Sans doute aurait-il hurlé si Draco ne l'avait pas enlacé du mieux qu'il le pouvait avec son bras cassé. Sans doute aurait-il détruit l'intégralité de la pièce, aussi. Arraché quelques éviers…. Péter quelques miroirs. Mais à la place, il se contenta de pleurer – avec une pointe d'hystérie – dans les bras d'un Draco compréhensif. Ce dernier n'avait pas douté un seul instant que son amant aurait une réaction de ce genre. Il l'avait imaginé plus tôt… Puis, quand il avait constaté que son amant n'avait pas disjoncté au bout de cinq minutes, il l'avait imaginé bien, bien plus tard ! Finalement, il pensa qu'il valait mieux maintenant que devant tout le monde. Au moins, personne ne pourrait savoir qu'Harry avait laissé place au loup et en avait perdu la tête. Il en serait le seul témoin et ça valait mieux comme ça.
Quand Harry se fut calmé, il s'écarta de Draco pour le regarder avec inquiétude, avisant son bras. Le blond haussa les épaules avec autant d'indifférence qu'il le pouvait.
« Je garderai un souvenir de Greyback jusqu'à ma mort, commenta-t-il.
-Merlin, ne me dis pas que ce n'est pas soignable !
-Quoi ? Oh, si, répondit Draco. Mais ça va prendre des semaines et j'aurai les marques de ses dents dans la peau pour un moment ! »
Harry grimaça à cette phrase. Il tourna la tête à gauche et à droite pour aviser une serviette de bain mise à disposition pour s'essuyer les mains. S'en emparant, il la déchira en deux et la noua pour en faire une attelle à Draco qui sourit en constatant son geste.
« On aura le temps pour ça plus tard, fit-il remarquer.
-Non, répliqua Harry. Ça prend deux minutes alors enfile-là. Ensuite, on va balancer le serpent du haut de la tour.
-Tu n'as pas changé d'avis, constata Draco.
-Non, répliqua Harry. Ils sont sûrement encore en train de se battre en bas. Personne n'a vu ce qu'il vient de se passer…
-Les mangemorts doivent le savoir, fit remarquer Draco. La marque a du leur signaler…
-Mais notre camp ne sait pas. Et je veux leur annoncer en grande pompe ! »
Draco acquiesça et ils sortirent de la salle de bain. Voldemort était toujours couché au sol, baignant dans une flaque de sang. Harry grimaça et le ramassa par le même pan de robe pour ensuite recommencer à le traîner.
« Et les escaliers ? demanda Draco.
-Quoi, il est mort ! répliqua Harry. Si son crane explose dedans, ce n'est pas mon problème. »
Draco se retint de rire. Harry était presque drôle dans sa détermination à balancer le mage noir du haut de la tour d'Astronomie. Lentement, presque en silence, ils traversèrent tout l'étage pour s'approcher des escaliers qu'ils commencèrent à gravir. Il n'y avait aucun son si ce n'est quelques vagues bruits de combat venant d'en bas. Quand ils furent suffisamment haut, Harry put percevoir les voix de Remus et Ron qui parlaient avec entrain. Le bruit du corps de Voldemort traîné sur le sol les fit taire et lorsqu'Harry et Draco furent devant la porte de la tour, ils prirent le temps de s'annoncer avant d'ouvrir.
« Prouvez-le, répliqua Ron, menaçant.
-Draco et moi avons failli faire l'amour dans la cuisine après ma transformation, répliqua Harry.
-Ouais, pas du doute, c'est Harry », répliqua Ron.
Ce dernier sourit et ouvrit la porte. Pendant quelques secondes, ni Ron, ni Remus ne remarquèrent ce que Harry traînait derrière lui. Puis, quand il eut avancé suffisamment, le rouquin écarquilla les yeux, blêmissant.
« Merde, Harry, c'est…
-Voldemort, oui, répondit le brun, sérieux, tout en s'approchant du bord de la tour.
-Ce qu'il en reste, commenta Remus en constatant les blessures au torse et la main manquante.
-Tu veux me culpabiliser ? demanda Harry en le regardant avec sérieux.
-Ça ne m'est même pas venu à l'esprit, répliqua Remus, levant les mains en signe de paix.
-Comment c'est, en bas ? demanda Harry en regardant les Aurors en faction qui lançaient des sorts avec autant de précision que possible.
-Je dirais cinquante, cinquante, répondit Ron. On ne gagne pas, mais on ne perd pas non plus. On a pris un léger avantage il y a quelques minutes… les mangemorts ont eu l'air déstabilisé, je comprends pourquoi maintenant… »
Ron jeta un regard angoissé au cadavre.
« Il est mort, c'est sûr, hein ? dit-il, soucieux.
-S'il ne l'est pas, il le sera quand je l'aurai jeté du haut de la tour ! »
Ron sembla un instant figé à la déclaration puis il sourit.
« Bonne idée, dit-il, ricanant. Dumbledore aurait sans doute trouvé ça drôle.
-Drôle ou pas, je m'en fous, répondit Harry. Je veux juste le jeter… »
Il se pencha sur le corps et le souleva pour le poser sur le parapet. Il hésita un instant puis fouilla ses poches un instant pour sortir sa baguette qu'il avait presque oublié. La pointant sur sa gorge, il se lança volontairement un sonorus.
« Hé, en bas ! cria-t-il, attirant l'attention de toutes les personnes au sol. Juste au cas où les mangemorts n'auraient pas compris ou n'auraient pas eu l'amabilité de vous le dire, Voldemort est mort ! Et juste au cas où vous auriez quelques doutes, je vous l'envoi alors ne restez pas dans le sillage ! »
Puis, sans hésiter, il souleva le corps qu'il jeta violemment dans le vide. Il y eut des cris de stupeur en bas, puis des exclamations de joie. Harry ne les écouta même pas. A la place, il recommença à parler.
« Je répète : Voldemort est mort. Alors pour ceux qui sont fatigués de se battre et aimeraient abandonner, ne le faites pas. On a techniquement gagné. Le reste, c'est juste du menu fretin ! Alors n'abandonnez pas ! »
Il y eut des cris de joie et de rage en bas qui le fit sourire. Ron, amusé, se pencha par-dessus le parapet pour regarder.
« Les géants se sont déjà barrés, signala-t-il. Et les détraqueurs aussi. Ah, y'a des mangemorts qui courent… En gros, tout le monde se fait la male. »
Harry esquissa un sourire et le regarda. Il hésita un instant puis murmura :
« Ron… Tu devrais descendre. Tu dois rejoindre ta famille. »
Le rouquin tourna aussitôt la tête vers lui. Il ne demanda pas. Il savait pourquoi Harry lui conseillait de descendre. Il alla à l'essentiel.
« Qui ? »
Harry hésita. L'espace d'un instant, il eut juste envie de ne pas répondre. A la place, il murmura doucement :
« Ta mère, pour ce que j'en sais. Mais je n'ai pas regardé s'il y avait d'autres victimes. »
Le rouquin blêmit horriblement. Ses yeux s'humidifièrent et il partit en courant rapidement. Harry le regarda détaler sans rien dire, se tournant ensuite vers Remus.
« Greyback est mort, dit ce dernier, serein. J'ai entendu Gabriel hurler…
-Il a protégé Hermione, répondit Harry. Il est mort pour elle. »
Remus acquiesça. Il ne prononça aucune parole de regret. Il ne le pouvait pas. Qu'importe que l'Alpha ait été bon, tout au fond de lui. Pour Remus, il resterait toujours le monstre qui avait changé sa vie. A son tour, il quitta la tour, mais d'un pas plus lent que Ron. Il n'était pas pressé de compter les morts. Les Aurors avaient cessé de tirer et regardaient les deux loups-garous avec choc, incertain. Harry haussa les épaules.
« Vous devriez descendre, leur dit-il. Des bras en plus ne seront pas de trop et puis… vous êtes ce qu'il y a de plus représentatif du ministère ici. S'il y a des survivants à arrêter, vous aurez du boulot. »
Les deux Aurors hochèrent la tête et se dirigèrent vers la sortie. L'un d'eux hésita et s'arrêta pour se tourner vers Draco.
« Vous devriez partir au plus vite, conseilla-t-il. On sait que vous êtes de notre côté, mais… mais vous êtes un Malfoy… et un alpha, si j'en juge par votre carrure. Héros de guerre ou non, quand les autres Aurors arriveront…
-Je comprends, répondit Draco. Merci du conseil. »
L'Auror hocha la tête et partit, les laissant seuls sur la tour. Pendant un long moment, aucun des deux ne parla, regardant ce qu'il se passait dans le terrain. Beaucoup de mangemorts essayaient de fuir. Certains parvenaient à atteindre la forêt, d'autres non. Tout en bas, au pied de la tour, le cadavre de Voldemort ressemblait à une fleur rouge, blanche et noire. Harry regrettait presque d'avoir une aussi bonne vue.
« Ton père a été arrêté, signala Harry, pointant du menton deux Aurors qui maintenait Lucius Malfoy au sol.
-Ce n'est pas surprenant », répondit Draco.
Harry esquissa un sourire en réponse. Ils se turent à nouveau puis Harry finit par se tourner vers Draco.
« Tu dois partir, dit-il.
-Tu viens avec moi », répliqua Draco.
Harry hocha négativement de la tête.
« Je ne peux pas, dit-il. Pas maintenant. Tu le sais bien. Ça doit se clôturer une bonne fois pour toute et je dois être là…
-Je ne te laisserai pas, répondit Draco, les yeux tristes.
-Il le faut, répliqua Harry. L'Auror a raison. Ça ne fera aucune différence pour le ministère que tu sois un héros de guerre, que tu ais prouvé ici, ce soir, que tu étais bon. Tu es un alpha et un Malfoy. Tu seras jugé pour avoir laissé les mangemorts entrer ici. Et même si je témoigne pour toi en justifiant ton acte par la peur, en disant que Rogue a tué Dumbledore… ils ne te laisseront pas libre, parce que tu es un alpha. Tu le sais. Je le sais. Tu dois partir. »
Draco secoua la tête, son bras valide allant naturellement entouré Harry pour le presser contre lui.
« Je ne risque rien, murmura Harry contre son torse. Je ne suis pas un alpha. Et je suis le garçon-qui-a-tué-Voldemort. »
Draco esquissa un sourire en l'entendant.
« Ça ne veut pas dire que je veux te quitter.
-Tu ne me quittes pas, répondit Harry en s'écartant pour aller tendrement caresser son visage. Tu vas te mettre à l'abri. Et je te rejoindrai, très vite. »
En réponse, Draco soupira profondément, appuyant son front contre le sien.
« Je n'ai pas envie de livrer ce combat, murmura-t-il. Mais parfois… parfois, j'aimerai vraiment que nous soyons plus… protéger. Plus reconnu.
-Je sais, répondit Harry. Mais moi, je ne veux certainement pas livrer ce combat. Alors va. Prends Gabriel et pars, vite. Va au village. Annonce-leur la nouvelle. Je vous rejoindrai très vite. »
Draco acquiesça. Mais avant de s'autoriser à partir, il se pencha sur Harry pour l'embrasser. Juste encore une fois.
A suivre…
Ah, putain, enfin ! Enfin, finiiiiii ce foutu chapitre. Plus d'un an que je le traîne, comme un boulet au pied et j'en suis enfin libérée ! J'espère que vous avez apprécié cette mort pour le moins… rapide et sanglante. Je n'avais pas du tout prévu ce genre de mort pour notre grand vilain méchant. Mais je pense que j'avais besoin d'un peu de sang et de violence, ne serait-ce que pour évacuer la frustration de ne pas avoir réussi à finir ce put* de chapitre !
Je ne vais pas vous promettre que le prochain arrivera plus vite, ça ne dépend pas (que) de moi. Mais maintenant que j'ai vaincu le plus dur, je devrais pouvoir me remettre à AP avec plus de plaisir et de volonté. Aucune promesse, cela dit. Mais j'espère poster la suite avant un an !
A tous et toutes…
A bientôt, j'espère !
