Titre : Alpha Potentiel
Résumé : Pour avoir lâchement désobéis à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM
Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)
Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !
Date de commencement du chapitre : J'ai décidé de vous livrer cette information… Elle vous aidera peut-être à comprendre que je fais de mon mieux. Le 21/09/13… Enfin, presque !
Note de l'auteur : Je me dois de vous avouer, avec un peu de honte, que j'ai terminé d'écrire ce chapitre depuis le 30/12/13, très tard la nuit. Pour la première fois depuis longtemps, une chanson, une chanson unique, m'a inspirée pour écrire et je l'ai fait quasi d'une traite. Lors de mon faux départ du 21/09, je n'avais fait qu'un paragraphe. Tout le reste du chapitre s'est écris sans même que je n'y fasse attention. Cela faisait des siècles qu'un chapitre n'était pas sorti sans la moindre difficulté ni la moindre longue pause contemplative. J'ai eu l'impression de me retrouver un peu, cette moi qui pouvait passer des heures sur son PC, des heures sur son clavier, sans voir le temps passé et sans s'inquiéter qu'il était déjà plus de deux heures du matin ! Preuve que j'ai encore ça en moi, quelque part, enfoui…
Pourquoi ne poster que maintenant, dans ce cas ? Car j'ai du relire ce chapitre, plusieurs fois, avant de m'en montrer satisfaite. Ces chapitres pondus sans réflexion, sans prévision (ou presque, j'avais les grandes lignes de l'histoire), sont parfois les pires erreurs qu'un auteur peut commettre : il est truffé de fautes (j'en ai surement laissé passer) et part souvent dans une direction imprévue et désagréable. Heureusement, à part la scène avec Sean qui n'était pas prévue, je suis restée dans ma ligne de conduite préétablie. J'en suis contente.
J'espère que ce chapitre va vous plaire. J'hésitai également à le publier à cause de son nombre de page (seulement 26) mais aussi à cause de sa fin… J'aurai aimé écrire le chapitre suivant avant de vous livrer celui-ci, de façon à être sûre de pouvoir vous délivrer de mon sadisme…
Mais après réflexion, je me suis dit que je n'avais plus publié depuis août et que vous seriez contents d'avoir ENFIN la suite d'AP !
Pour aborder un sujet plus personnel, je tenais à toutes/tous vous remercier pour vos mots d'encouragement concernant ma situation professionnelle. C'est encourageant, vraiment et je ne saurai que vous dire milles fois merci pour ce réconfort. J'aurai aimé répondre à toutes vos reviews. Vous méritiez des réponses individuelles… Mais j'avoue, je n'en ai pas le courage ce soir.
Ma situation au travail est à la fois pire et mieux. Mieux car j'ai une nouvelle collègue qui a repris les responsabilités qui m'étouffaient et qui est le point de contact avec mon employeur avec qui je parle de moins en moins. Etant moins en contact avec elle, je me sens 'un peu' mieux. Mais je reste toujours dans la crainte qu'elle décide de m'attaquer à nouveau.
Mieux aussi car je sais grâce à son comportement et à certain sous-entendu que je vais bientôt être licenciée. Et si une part de moi se réjouit de ce moment avec plaisir – fini de voir sa gueule et de subir la peur qu'elle m'inspire – une autre est terrifiée par la perspective de se retrouver sans emploi et de devoir en chercher. Je sais que beaucoup d'entre vous êtes des étudiants qui n'écoutent probablement pas la moitié des informations livrées chaque jour concernant le pourcentage de chômage. Je ne vais pas vous jeter la pierre, je faisais pareille lorsque j'étais étudiante. Chômage, travail, tout ça… rien à faire. Mais plus maintenant. Trouver un travail, même avec un diplôme, est difficile. Il y a peu de poste de libre et beaucoup de candidats… J'ai donc la crainte de me retrouver sans source de revenu, ce que je ne peux pas me permettre étant donné que je vis seule.
Mais bon, chaque chose en son temps. Je suis encore 'là-bas', en enfer, comme je l'appelle. J'aviserai le chômage et les préoccupations d'argent quand j'y serai. Et, même si j'ai très peur de ce moment, je dois admettre que je vois toujours ce licenciement comme une libération !
Brefouille ! Je cesse de déblatérer sur ma vie et je vous dis bonne lecture à tous !
Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Slow Down, Selena Gomez… Etrangement stimulante pour ce chapitre !
Nombre de chapitre : Plus des masses, la fin approche… Sniouf…
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Chapitre 31 : Après guerre
Laisser partir Draco loin de lui avait été la chose la plus difficile à faire, aux yeux d'Harry. Le laisser s'en aller, sans l'accompagner, lui dire au revoir près du passage secret menant à Prés-Au-Lard, Gabriel appuyé contre un mur tout près d'eux, tentant d'ignorer le corps de Greyback qui flottait dans les airs et l'air dépité du second potentiel… Harry avait du se faire violence pour ne pas les suivre dans le sombre tunnel menant au village sorcier. Rogue les accompagnait. Tout comme Draco, il n'était pas le bienvenu dans ce monde, pas tant que certaines preuves évidentes n'étaient pas livrées au ministère. Minerva McGonagall avait la responsabilité de les transmettre au Magenmagot mais malheureusement, la vieille sorcière n'était plus de ce monde. Face à cette terrible nouvelle, l'espion n'avait d'autre choix que de partir, le temps que tout soit retrouvé et transmis. Harry avait cette mission à présent et il n'en était pas heureux. Oh, innocenter Rogue était quelque chose d'important à ses yeux, mais sur le moment, il y voyait juste un obstacle pour ses retrouvailles avec Draco !
En arrivant dans la Grande Salle, Harry resta un instant immobile sur le seuil qui était ruiné par les nombreux pièges des jumeaux. Il regarda les combattants présents, les débris de pierre sur le sol craquelés, les vitres explosées, laissant de longs morceaux de verres tranchants dans l'encadrement des fenêtres qu'il avait adorées regarder étant enfant… La destruction de la Grande Salle lui semblait représentative de sa vie : un champ de ruines détenant encore un peu d'espoir. Ce dernier était symbolisé par les personnes qu'il pouvait contemplées, occupées à aider, à soigner ou, quand c'était nécessaire, à consoler.
La démonstration la plus émouvante, pour Harry, était l'ensemble de la famille Weasley rassemblée, soudée dans son chagrin. Il manquait peut-être Ginny, mais les hommes présents, s'étreignant de toutes leurs forces, étaient magnifiques à regarder. Hermione les accompagnait, compatissante et éplorée elle aussi. Maintenant que l'action était finie, que l'adrénaline s'estompait, chacun contemplait les morts et prenaient le temps de les pleurer. Harry lui-même sentit un immense chagrin l'envahir à la vue de la famille qui l'avait toujours accueilli à bras ouvert. Il aperçut aussi le corps de McGonagall, allongée près de ceux des autres, et un soupir franchit ses lèvres alors qu'il se dirigeait vers elle.
Elle avait perdu beaucoup de sang, ses vêtements en étaient imbibés. Ses cheveux, d'habitude si bien coiffés, étaient emmêlés comme jamais. Malgré sa mort violente, elle avait l'air sereine et Harry ne put s'empêcher d'en ressentir une certaine consolation. Au moins était-elle partie en paix, elle n'était pas un fantôme errant quelque part. Bien que, en l'occurrence, cela l'aurait aidé. Ça l'aurait surtout épargné de la fouiller, à sa grande honte. Poussant un soupir dramatique, Harry se pencha sur elle pour retourner ses poches, non sans une certaine répulsion. Il se faisait l'impression d'être un voleur, un détrousseur de cadavre !
« C'est bien parce qu'il a été important dans notre victoire, sinon, il irait se faire foutre et c'est tout ! »
Marmonnant diverses imprécations envers Rogue, Harry s'obligea à retourner minutieusement chaque poche. Il n'y trouva rien d'intéressant, pas une clé mystérieuse, pas de parchemin énigmatique, rien. Agacé, Harry se releva en se demandant où McGonagall pouvait bien dormir dans le château. Oh, il avait une idée imprécise de ses quartiers mais n'en connaissait pas la position exacte. Résolu, il se redressa et tourna sur lui-même pour voir qu'Hermione se dirigeait vers lui. Elle avait les cheveux dans un état pitoyable, du sang séché sur ses vêtements et une couche de poussière affolante. Son visage était blessé également, une longue balafre couvrant sa joue et mutilant son beau visage, mais elle n'en avait cure tandis qu'elle traversait la salle vers lui. Quand elle arriva à sa hauteur, elle le prit dans ses bras quelques minutes et Harry se laissa faire avec compassion. Il finit par s'écarter d'elle assez rapidement malgré tout, mal à l'aise face au contact qu'une partie de lui considérait comme étranger.
« Tu sais où dormait McGonagall ? demanda-t-il, allant directement au but. C'est elle qui avait les preuves innocentant Rogue et les Aurors vont arriver donc…
-Donc il vaut mieux avoir les preuves sous la main avant que quelqu'un dans la salle ne révèle que Rogue était là pour nous aider et que nous ne passions tous pour des fous ou des mangemorts déguisés, comprit Hermione. Je sais où sont ses appartements mais ne crois-tu pas qu'elle les aurait cachés ailleurs ?
-J'espère que non, confia Harry. Sinon, nous risquons d'avoir un mal de chien à l'innocenter et je n'ai pas envie de perdre de temps !
-Envie de rejoindre Malfoy ? se moqua Ron en les rejoignant, la voix rauque d'avoir pleuré avec sa famille. Tout le monde va bien, heureusement, fit-il remarquer. Il y a des morts, mais… je m'attendais à pire que ça.
-Moi aussi, avoua Harry. Mais ça ne me console pas vraiment. Et oui, je suis impatient de rejoindre Draco. Je n'aime pas l'idée de le laisser seul alors qu'il est blessé. J'ai envie de me rouler en boule dans un lit avec lui et de ne plus bouger.
-Dans ta tanière ? se moqua Ron. Je comprends, j'ai envie de rentrer à la maison aussi. De prendre un bain, de me blottir contre Hermione dans un bon canapé et de ne plus en ressortir tant que je ne serai pas… mieux ?
-Est-ce que ça ira jamais mieux ? demanda tristement Hermione, des larmes roulant encore sur son visage. Il y a tellement de mort… »
Harry et Ron se regardèrent et ne répondirent pas. Autour d'eux, tout le monde s'agitaient, soignaient, pleuraient… C'était un spectacle affligeant et c'était d'autant plus pénible qu'une part d'eux se réjouissait de la mort de Voldemort alors qu'une autre était effondrée des pertes humaines. Leur cœur était divisé en deux, l'allégresse et la tristesse et il était difficile de ne pas culpabiliser face à la joie et à la peine. Se secouant, Harry refusa de s'attarder sur ce qu'il ressentait. Il se tourna vers sa meilleure amie, touchant son bras pour la consoler et attirer son attention.
« Hermione, tu peux me conduire aux appartements de McGonagall ? Les Aurors vont arriver… »
La jeune fille hocha la tête avec détermination et ils quittèrent la Grande Salle, laissant Ron retourner près de sa famille qui avait bien besoin d'être unie. Ils ne parlèrent pas pendant qu'ils se dirigeaient lentement dans les étages saccagés de l'école. C'était difficile de croiser des élèves en pleurs, des murs brisés parfois tachés de sang. Mais ils l'ignorèrent, traversant les couloirs d'un pas résolu. Quand ils arrivèrent enfin devant une statue de lion, Hermione s'arrêta, la lui désignant.
« Je ne connais pas son mot de passe, avoua-t-elle avec un sanglot dans la voix.
-Pas la peine, répondit Harry. On va bien réussir à entrer si le lion est d'accord. Nous avons besoin d'entrer là, lion. La personne qui vivait dans tes appartements est décédé et… nous avons besoin de récupérer des choses qui lui avaient été confiées. S'il te plaît ? »
La statue ne donna aucune réponse et pendant un instant, Harry se demanda s'il allait devoir la casser. Mais, soudainement, elle pivota, laissant accès aux appartements. Harry souffla, regarda Hermione puis entra à l'intérieure. Il entendit sa meilleure amie le suivre mais n'y prêta pas attention, ses yeux scannant la pièce. Elle était vaste, pourvue d'une large bibliothèque, d'un bureau en chêne recouvert de copies et de manuel de métamorphose et d'un lit à baldaquin fait proprement. Il y avait également une large penderie dans laquelle Harry entrevit quelques robes de sorciers.
« Bon… Logiquement, où seraient rangées des preuves plus qu'importantes pour rendre à quelqu'un sa liberté ?
-Dans son bureau ? suggéra Hermione en se dirigeant vers ce dernier. Regarde sous le lit.
-Sous… Sous le lit ? demanda Harry, intimidé.
-Harry, c'est le professeur McGonagall, pas toi ! Regarde sous le lit, il n'y aura rien de grave ! Juste.. fais-le, je me charge du bureau et de la commode. Je te laisse la garde robe !
-Quoi ? Mais…
-Le pire sera la commode, crois-moi ! Fouille, maintenant ! »
Soupirant, Harry obéit à contre cœur, un peu inquiet à l'idée de trouver quelque chose de compromettant sous le lit. Heureusement, à part ses pantoufles et quelques moutons de poussière, il n'y avait rien. Un peu honteux, Harry pensa avec une certaine gêne qu'il n'y avait que Draco et lui pour cacher du lubrifiant, des chaînes et un short en cuire un peu trop petit… Avec horreur, Harry pensa qu'il avait laissé ledit short chez les Weasley, dans les bagages qu'il avait ramené du village…
Ses pensées dérivèrent aussitôt vers l'endroit qu'il voulait rejoindre tandis qu'il se dirigeait vers la garde-robe. Il soupira dramatiquement tout en écartant les robes de sorcières, soulevant les chapeaux, les chaussures pour ensuite aller chercher une chaise afin de regarder une étagère un peu trop haute dans l'armoire. Il se demanda vaguement comment les habitants du village réagissaient à la nouvelle du décès de Greyback. Il y aurait surement des obsèques… Pour quand seraient-elles prévues ? Il espérait avoir la chance d'y assister. L'alpha le méritait. Il avait sauvé Hermione et en plus de ça, il les avait aidés plus que toute personne durant l'année écoulée. Il méritait sa présence… Mais Merlin savait comment les choses allaient évoluer. Timidement, Harry se tourna vers Hermione qui fouillait la commode.
« Hermione, murmura-t-il timidement, son amie se tournant vers lui avec interrogation. Comment crois-tu que ça va se passer, à présent ?
-Je… Je ne sais pas, avoua-t-elle. Le ministère n'est pas compliqué, il va vouloir tirer la couverture. Quelques Aurors étaient présents, ça leur suffira pour dire que c'était un effort conjoint entre eux et toi. Quant à ce qu'ils vont faire pour Rogue ou Draco… Ou encore pour toi…
-Moi ? s'enquit Harry.
-Et bien… ils peuvent soit décider que tu seras le fer de lance d'une campagne anti-loup-garou, soit soudainement prendre le parti des créatures magiques et, connaissant le ministère, ce ne sera pas la seconde option…
-Donc, ça va être une guerre d'opinion, si je comprends bien ?
-Je le crains, avoua Hermione. Et il va falloir que tu donnes ton opinion assez vite. Tu vas devoir expliquer clairement qu'il s'agissait de ton choix pour la transformation et tu vas devoir l'expliquer, sans révéler les horcruxes… Donc, il faut trouver une justification quant à ton choix… Et elle ne va pas être facile car il vaudrait mieux dissimuler ta relation avec Draco…
-Tu crois ? s'inquiéta Harry. Ils vont vouloir l'atteindre à travers moi, c'est ça ?
-C'est une possibilité, admit Hermione. Mais rien n'est sûr. Dans un premier temps, on va panser nos blessures, nous allons être glorifiés pendant quelques jours, mais ensuite, l'enquête va être ouverte et là… il va falloir justifier la présence de Draco mais aussi sa fuite. On ne parviendra surement pas à le réhabiliter, je suis désolée, mais nous arriverons peut-être à suffisamment apaiser leur rancœur pour que les recherches ne soient pas trop intenses pour lui…
-Les recherches, s'horrifia Harry.
-Oh, Harry, ne soit pas naïf ! Bien sûr qu'il va être recherché. C'est un loup-garou et les Aurors qui ont aidé ont surement remarqué sa taille et sa carrure, sans parler de son combat contre Greyback et…-Hermione hoqueta – ce que Greyback a dit aussi… c'était très audible, même si j'ignore si un Auror était tout prêt, on ne peut pas demander à tout le monde de garder le secret et même si nous le faisions, un peu de véritasérum et ce sera fichu ! Votre couple n'est pas passé inaperçu non plus mais je crois que tout le monde saura se taire, aucun de nos amis n'est stupide, ils ne diront rien…
-Mais les Aurors aussi savent que nous sommes ensembles ! s'exclama Harry.
-Et bien… Oui, ils le savaient, dit Hermione, embarrassée.
-Savaient ? insista Harry, inquiet.
-Et bien, Remus et moi en avons discuté et… disons que nous avons donné quelques sorts d'oublis quand tu disais au revoir à Draco…
-Oh, merde, Hermione, si ça s'apprend…
-Je sais, je sais, mais le but est que ça ne s'apprenne pas, d'accord ? Ce n'est qu'un très léger sort, on a juste effacé l'idée que vous sortiez ensembles. Ils se souviennent de vous avoir vu tous les deux, que vous êtes tous les deux des loups-garous mais pas plus. On a fait en sorte que le sort ne soit pas trop perceptible et si jamais on devait les interroger là-dessus, ils répondront juste que vous étiez très proche, sans plus !
-Mais il y aura une fuite, Hermione, il y a toujours des fuites, on l'a vu pendant ma quatrième et cinquième année !
-Oui… et bien, on fera avec le moment venu ! On ne peut pas tout prévoir Harry, pour l'instant, l'important, c'est… J'ai trouvé !
-Quoi, comment empêché les fuites ?
-Mais non, idiot, les preuves pour Rogue ! Regarde, viens ! »
Harry sauta de la chaise et accourut près d'Hermione pour regarder les documents qu'elle tenait dans les mains. C'était un simple dossier contenant une longue lettre de Dumbledore et signifiant par mot clair que la lettre était enchantée pour être indestructible et pour ne dire que la vérité. Le vieil homme expliquait les sorts à lancer pour s'assurer que les mots n'avaient pas été écris sous la contrainte, confirmait avoir demandé à Rogue de le tuer – ou plus exactement, de l'achever – afin de couvrir sa couverture et de protéger Draco Malfoy, menacé par chantage par Voldemort.
« Mince, Harry, il aide même à réhabiliter Draco par la même occasion !
-Tu crois que le ministère en prendra compte ?
-Il n'a pas le choix, Dumbledore l'a écrit noir sur blanc ! Et il insiste sur le fait que son portrait pourra d'avantage expliquer la situation si nécessaire… Mais oui, le portrait, comment n'y avons-nous pas pensé plus tôt ? Rogue est totalement tiré d'affaire maintenant !
-Et Draco ? s'impatienta Harry.
-Et bien, il sera sûrement innocenté pour les crimes de Poudlard mais… il reste un loup-garou alpha et tu sais ce que le ministère en pense… »
Harry grimaça, agacé. Il y avait tant de choses négatives qui l'attendaient. Tant d'obstacle à franchir, encore et encore…
« Est-ce que je suis vraiment obligé de faire ça ? demanda-t-il, l'air fatigué. Est-ce que je ne peux pas juste… partir, rejoindre Draco au village et y rester ?
-Et vivre comme un proscrit ? s'inquiéta Hermione.
-Draco va devoir le faire, lui, surenchérit Harry. Alors quelle importance que j'en sois un ? Tout ce que je veux… tout ce que je veux, c'est être avec lui ! »
Hermione poussa un soupir et le regarda un long moment, hésitante.
« Je ne sais pas, Harry… Très égoïstement, j'ai envie que tu essayes. Je sais que tu ne veux que vivre avec Draco pour l'instant, que rien d'autre ne t'importe mais… ce ne sera peut-être plus le cas dans quelques années.
-Je ne crois pas, Hermione, souffla Harry. Ça aurait été le cas si j'avais encore été humain, mais maintenant… maintenant, je sais que seul Draco compte. Lui et notre meute. Le reste… vos histoires… ça m'est totalement égal. Je ne dis pas que les autres et toi ne me concernés pas, que je ne vous aime pas, seulement…
-Seulement entre nous et Draco, tu sais qui tu veux choisir, répondit Hermione, l'air peinée. Je me doutais que ça finirait ainsi et je sais que je devrais te laisser partir, mais… Harry si tu disparais maintenant… Ron et moi serons en mesure d'expliquer le ce qu'il s'est passé dans la Grande Salle ou dans le parc mais… les gens auront besoin d'entendre ce qu'il s'est passé entre Voldemort et toi. Ils auront besoin d'entendre le récit de sa fin, ils auront besoin… d'un héros. Si tu t'en vas brutalement, tu seras toujours un héros, il y aura peut-être de bonnes retombées pendant un temps, mais ensuite… quand la joie première sera passée, rien n'empêchera les gens de… sombrer à nouveau.
-Et tu crois que moi je pourrais l'en empêcher ? Avec quel pouvoir ? Avec quels mots ? Je ne suis pas doué pour ça, je n'ai pas envie de faire ça ! Et même si je leur raconte comment est mort Voldemort, une fois que les gens voudront faire du mal, ils en feront, ils recommenceront et peut-être même avec moi en premier ! Je suis un loup-garou, Hermione !
-Raison de plus ! scanda la jeune fille. Harry, tu pourrais changer les choses pour les tiens ! Les sorciers ne voudront pas haïr leur sauveur, peu importe qu'il soit un loup-garou et… et tu pourrais leur inspirer un peu de bonté et de lucidité !
-Tu crois ça ? demanda Harry, sceptique. Hermione, je ne me sens pas capable de livrer ce combat, je n'en ai pas envie ! J'en ai déjà assez fait ! Je suis fatigué de me battre pour les autres !
-Ne viens-tu pas de dire que seule ta meute t'importait ? Si tu livres ce combat, c'est à eux que tu rends service !
-Ma meute en premier lieu ne voudrait pas que je le livre, ce combat. Ils ne voudraient pas que je nous expose !
-Harry, tu n'en sais rien !
-Si, je le sais, cingla-t-il. Hermione, qui es-tu pour croire savoir ce que nous voulons ? Nous les loups-garous ? Bien sûr qu'on ne veut pas être vu comme des monstres, bien sûr qu'on ne veut pas être persécuté, mais qui te fait croire qu'on veut vivre avec vous ? Qu'est-ce qui te fait croire qu'on veut partager les mêmes villes, les mêmes forêts ? Qu'est-ce qui te donne le droit de me dire les combats que je dois livrer, ce que je dois sacrifier ? J'ai déjà assez sacrifié pour les hommes. Je n'en donnerai pas d'avantage, je ne donnerai pas ma vie avec Draco, une vie en paix que j'ai mérité. J'ai promis à Rogue que je le réhabiliterai et je le ferai. Mais ça s'arrête là. Trouvez-vous un autre héros ! »
Sans laisser le temps à Hermione de répondre, Harry lui arracha la lettre de Dumbledore des mains et quitta les appartements du professeur McGonagall. Il entendit bien son amie l'appeler mais il mit plus de distance entre eux en sautant du haut des escaliers, atterrissant un palier plus bas. Puis il partit en courant, sans se retourner.
oOo
En l'absence de Greyback, la sécurité du village était doublée, voir triplée. Draco ne fut donc pas surpris d'être accueilli par une flopée de garde qui le visa avec plusieurs armes, sans faire feu, heureusement. Lesdits gardes laissèrent tomber leurs armes et si certains firent demi-tour et partirent en courant pour ameuter tout le village, d'autres hoquetèrent d'horreur, tombèrent à genoux sur le sol et se mirent à pleurer, sans la moindre honte. Derrière Draco et Gabriel flottait le corps mort de leur alpha. Aucun loup ne pouvait garder la tête froide face à une telle image.
Très rapidement, tous les membres du village les entouraient, Chyreer en tête. L'homme était tellement pâle que Draco eut peur de le voir tourner de l'œil, mais ensuite, le second s'approcha du cadavre en lévitation et caressa la joue couverte de sang avec une telle dévotion que Draco fut presque gêné d'y assister. Toutes les personnes présentes voulurent s'avancer pour faire de même mais Chyreer les en empêcha en grognant avec hargne. Lentement, comme pour ne pas réveiller son alpha, il passa ses bras autour du corps flottant, le sort de lévitation s'annulant tandis que le second le prenait en charge.
« Qu'on installe une table sur la place. Rapidement ! »
Plusieurs hommes partirent en courant pour obéir aux ordres de Chyreer et le temps que la procession atteigne le centre du village, une grande table y avait été disposée. Chyreer y étendit Greyback avec douceur et il ne fallut pas deux minutes pour qu'une myriade de fleur ne soit déposée aux côtés du défunt, sur le sol autour de la table, sur ses jambes et ses bras que Chyreer disposa au mieux. Draco regardait tout ça, incapable de réagir et de bouger. Il pleurait aussi, sans discontinuer, regardant les démonstrations d'amour de la meute. Il vit Rosalia s'approcher d'une démarche hésitante, l'air bouleversée. Elle avait une main posée sur son ventre et semblait encore plus pâle que Chyreer. Draco savait qu'ils n'étaient pas liés. Ça avait été un marché entre eux, comme le passait des dizaines de loups avec des louves. Il avait été surpris que Rosalia s'abaisse à ça mais finalement, il la comprit. En tant qu'Alpha, elle aurait du mal à trouver un compagnon masculin lycanthrope qui accepterait de se soumettre à elle. Et un soumis serait par trop chiffe-mol pour quelqu'un qui avait besoin au contraire qu'on lui résiste un peu… Au fond, Rosalia cherchait un compagnon avec le caractère d'Harry. Pas de chance il était pris et Draco n'avait pas l'intention de le lui donner.
En devenant la louve de Greyback, elle s'assurait un enfant. Pour lequel le bébé était-il destiné, Draco l'ignorait mais connaissant Greyback, il ne l'avait pas fait pour lui. Il l'avait fait pour elle. En fait, les rôles étaient étrangement inversés dans ce cas. Greyback n'avait été qu'un élément créateur pour offrir à Rosalia un enfant qu'elle n'aurait peut-être jamais eu, faute de compagnon. Sur le moment, Draco n'eut toutefois pas l'impression que les deux alphas n'étaient pas liés. La jeune femme exhalait un tel chagrin qu'il s'approcha d'elle avec lenteur, pour ne pas l'offenser. Elle le vit du coin de l'œil et se tourna vers lui. Il s'en approcha et désigna son ventre du menton.
« Il m'a dit, expliqua-t-il simplement, la voix cassée. Il me l'a dit avant… Il m'a demandé de t'aider…
-M'aider ? cingla-t-elle, comme choquée. M'aider à quoi, bon sang, qu'est-ce qui lui a fait croire que… que j'aurai besoin d'aide ?
-Tu en auras besoin, répliqua Draco sèchement. Pas pour l'élever, ça, non. Tu en es parfaitement capable. Mais… pour le garder si tu en as besoin. Pour lui en coller une s'il en a besoin… Pour monter le berceau, préparer la chambre… »
Rosalia sanglota en l'entendant, hochant finalement de la tête avec désespoir.
« Je ne sais même pas le quart de ce que je dois faire avec cet enfant, avoua-t-elle.
-Il y a des tas de femmes ici qui savent, la rassura Draco. On sera tous là ! »
Rosalia acquiesça et s'appuya contre lui, tous deux se tournant vers la table au centre du village. Un petit toit avait été installé au-dessus de Fenrir, pour qu'il ne lui pleuve pas dessus. Et il y avait tellement de gens autour de lui que Draco s'en sentit ému. Aussi détesté était l'alpha parmi les hommes, il était adulé par les siens. Et c'était tout ce qui comptait à leurs yeux, à tous. Chacun y alla de son petit mot, de sa caresse respectueuse voir d'un baiser d'adieu. Même le bougon Joshua vint le saluer avec un respect que Draco ne lui avait jamais vu. Le vieil alpha les rejoignit Rosalia et lui et le regarda sévèrement. Draco s'aperçut qu'il était couvert de sang et de blessures.
« Tu portes son odeur, signala Joshua. Vous vous êtes battu ?
-Pour la galerie, expliqua Draco. On était chacun dans deux camps, on devait faire en sorte que notre haine soit crédible alors… on s'est donné quelques blessures.
-Tu ne l'as pas tué ? demanda Chyreer.
-Non, répondit honnêtement Draco. Une sorcière l'a fait. Gabriel l'a décapitée. »
Les quelques membres du village qui l'entendirent se hâtèrent d'aller féliciter le jeune homme qui, embarrassé par tant de félicitation, rougit légèrement. Joshua hocha pensivement de la tête et se tourna vers Draco.
« Il a dit quelque chose ? demanda-t-il.
-Seulement que je devais rentrer pour vous dire qu'il était mort, marmonna Draco.
-Et que tu étais son héritier, cingla Gabriel, à la grande stupeur de toutes les personnes présentes. Ne leur cache pas ça !
-Je suis encore un louveteau, signala Draco, l'air furieux de son intervention.
-Plus pour longtemps, intervint Joshua. Si Greyback t'a désigné comme son héritier alors tu l'es. La reconnaissance de l'ancien alpha a plus de poids. A moins bien entendu que quelqu'un, ici, ne veuille te défier ? »
Il y eut un lourd silence sur la place. Pendant un instant, Draco ne sut s'il souhaitait que quelqu'un s'oppose à son élection ou s'il préférait que personne n'intervienne. Malheureusement, Sean s'avança.
« Moi, je ne suis pas d'accord, dit-il. C'est un louveteau et même s'il ne lui reste plus longtemps à attendre avant d'être un alpha, il n'a pas la carrure pour nous diriger. Si un autre alpha se présente et le défie, il va se faire rétamer et on sera alors condamné à se soumettre à cette personne, juste parce que cet avorton n'aura pas eu les couilles nécessaires ! Je ne veux pas d'un enfant comme Alpha ! »
Il y eut des murmures d'approbation dans la meute mais Chyreer se hérissa. Il s'approcha de Sean et lui donna un violent coup sur la tête, l'assommant presque.
« Greyback lui a légué sa position, gamin et si l'alpha dit que Draco est notre nouveau chef, il l'est ! Il ne reste que trois gros mois avant qu'il soit désigné comme alpha de façon officielle, ce n'est pas la mort. Nous avons déjà passé plus de temps que ça sans recevoir de visite d'un autre alpha.
-Les nouvelles vont vite, la mort de Greyback doit déjà être connue de tous les loups de la région ! cingla Sean. Il y en aura forcément qui se présenteront pour tester le nouveau chef et quand ils découvriront qu'il n'est qu'un enfant, ce sera la foire à l'embauche, tout le monde va rappliquer et qui sait ce qu'il va se passer ! Il ne peut pas être notre alpha maintenant, il est trop jeune ! Même moi je suis plus fort que lui !
-Tu crois ça ? s'énerva Draco, offensé que ce freluquet ose le dénigrer. Alors voyons ça !
-Draco, tu es blessé, intervint Gabriel.
-Ça n'en sera que d'autant plus humiliant pour ce roquet, rétorqua l'alpha potentiel.
-Ça suffit ! ordonna Joshua. Si vous n'avez pas de respect l'un pour l'autre, ayez en pour les morts ! Le corps de Greyback est à deux mètres de vous et vous osez renier ses dernières volontés sans la moindre considération. Si vous voulez vous battre, vous aurez au moins la décence d'attendre qu'il soit sous terre pour le faire, c'est compris ? »
Bien qu'il soit âgé, Joshua avait encore suffisamment d'autorité que pour obliger Sean et Draco à se calmer et les deux hommes, bien qu'en se fusillant du regard, s'éloignèrent l'un de l'autre.
« Bon, gronda le vieil alpha. Draco sera notre Alpha, Sean, que tu le veuilles ou non. Mais si vous voulez vous battre, vous le ferez quoi que j'en dise, mais après les obsèques de Greyback. Vous le lui devez bien ça, l'un comme l'autre ! »
Draco grogna vaguement son assentiment, les bras croisés dans une expression de pure bouderie. Après un regard vénéneux, Sean s'éloigna d'un pas provocateur, indifférent.
« Bon. Où est ta chienne, Draco ?
-Il est à Poudlard, répliqua ce dernier, agacé d'entendre ce surnom moqueur envers Harry. Il a dut y rester pour trouver des preuves de l'innocence de Rogue.
-Ah, Rogue… Puisque vous êtes là, rendez-vous utile, soignez donc le petit ! »
Le maître des potions plissa les yeux en regardant Joshua mais, conscient qu'il pouvait aussi bien être expulsé du village, il se dirigea vers Stein qui hocha la tête après quelques paroles. Les deux hommes s'éloignèrent sans un mot pour rejoindre la maison du docteur, non sans avoir jeté un regard significatif à Draco. Ce dernier leva les yeux au ciel mais daigna les suivre d'un pas traînant. Blessé ou non, il aurait préféré rester auprès de Greyback. Il échangea un regard significatif avec Gabriel qui comprit le message. Le petit blond partit en trottinant vers la maison qu'Harry et Draco avaient occupée. Jetant un regard aux dévotions qui étaient faites à la dépouille de l'alpha et à Chyreer qui pleurait ouvertement à ses côtés, Draco s'éloigna pour rejoindre la maison de Stein. Il y entra après quelques coups sur la porte et il ne fut pas surpris de découvrir un grand bac d'eau chaude installé au centre de la pièce.
« Lave-toi convenablement, le rabroua Stein, occupé sur un comptoir à hacher des herbes en compagnie de Rogue. On a besoin de voir l'état des blessures de façon clair. »
Draco obéit sans résister. Il aurait préféré se faire déshabiller par Harry et prendre un bain avec lui mais Merlin seul savait quand son amant pourrait le rejoindre. Pas avant un long moment, il le craignait. Mais tant que c'était avant la pleine lune, qui avait lieu dans trois semaines, il en serait satisfait. Passer une pleine lune sans Harry n'était même pas envisageable pour lui.
Difficilement, rongé par ses pensées négatives, il ôta l'attelle qu'Harry lui avait fabriquée pour ensuite arracher son t-shirt qui était de toute façon déjà bien détruit. Un peu ironiquement, il pensa qu'il aurait du rester nu après avoir repris sa forme humaine dans la grande salle, ça lui aurait fait gagné du temps. Surtout lorsqu'il dut défaire le bouton de son pantalon qu'il finit par arracher également, par dépit. Enlever son pantalon fut plus facile, il n'avait besoin que de sa main gauche. Il éjecta ses chaussures d'un coup de talon et enjamba enfin le reste de ses vêtements rassemblés à ses chevilles pour se glisser dans le bac d'eau chaude.
Laver tout son corps alla très vite, même ses cheveux mais il garda sa main droite pour la fin. La blessure était profonde, le poignet était cassé et des lambeaux de chaire avaient été arrachés par les crocs acérés de Greyback. L'alpha n'y était pas allé avec le dos de la cuillère et Draco ne douta pas qu'il garderait sa marque jusqu'à sa mort, qu'importe les soins de Stein et Rogue. Ces derniers avaient fini par venir jusqu'à lui et l'aidèrent à sortir du bac pour l'obliger à s'asseoir sur un tabouret, nu et encore humide. Draco tremblait un peu de froid mais aucun des deux hommes ne s'y intéressait, occupés qu'ils étaient à énumérer ses blessures, à se congratuler d'avoir déjà telle ou telle potion utile pour sa guérison. Quand ils se penchèrent enfin sur sa main droite, la peau de Draco avait séchée toute seule et ils restèrent un long moment penché dessus.
« On ne pourra pas empêcher les cicatrices, constata Stein avec un certain agacement, mais on devrait pouvoir réparer ça sans trop de problème. Quelle partie soigne-t-on en premier à ton avis, son os cassé ou la chaire ?
-L'os d'abord, la chaire se replacera plus facilement ainsi, répondit Rogue avec une attention toute professorale. Mais on devrait l'allonger, la douleur va probablement le plonger dans l'inconscience et il n'a pas besoin de plus de blessures, contrairement à ce qu'il a pu dire sur la place ! »
Stein approuva et ils l'obligèrent à se lever pour s'étendre sur la table de la cuisine. Draco se sentait véritablement humilié d'être traité ainsi comme un sujet d'expérience et il eut presque envie de les mordre quand ils commencèrent à soigner son poignet cassé. Ils durent le remettre dans l'alignement et rien ne fut plus douloureux que le mouvement qu'ils l'obligèrent à faire, accompagné d'un 'crack' sonore et qui le poursuivit pendant plusieurs minutes où il faillit perdre connaissance.
« Bon, c'est réaligné mais j'ai bien peut que les os du carpe ne soient en fouillis total… Que fait-on ?
-Il y a un sort pour ça, mais là, je crois qu'il va vraiment perdre connaissance…
-Ce sera plus facile pour le soigner.
-Bon, dans ce cas…
-Et, une seconde, et personne ne me demande mon opinion ? » s'énerva Draco.
Pour seule réponse, il sentit une horrible douleur envahir son poignet et il perdit définitivement connaissance.
oOo
Le ministère avait débarqué, créant un désordre encore plus grand. Ils avaient le mérite d'emmener une flopée de médicomages qui prit les choses en main en aidant à soigner, ce que Pomfresh ne pouvait faire seule. Entre temps, Harry avait eu le temps de sortir dans le parc et de découvrir, avec horreur, le corps d'Hagrid. Ni Hermione ni Ron n'avaient sur pour le décès du demi-géant et les trois amis éclatèrent en sanglot en le voyant. L'homme était entouré d'une dizaine d'élèves qui, tout autant affecté que le trio, le pleurait avec sincérité.
L'organisation du ministère semblait un peu décousue et pour cause : le dernier ministre en date était Voldemort, il n'y avait plus de tête pensante. La nécessité d'en élire une fut le premier débat auquel Harry eut à participer, trois jours plus tard. Pourquoi faisait-il partie du conseil décidé à élire un nouveau ministre, il n'en avait pas la moindre idée, mais il y était et il assista à une série de cris, de juron et de protestations totalement inutiles. Il avait plus envie de dormir – ou de fuir – mais il n'en avait pas eu le temps. Hermione semblait pensé qu'il devait s'investir dans les décisions à prendre et elle n'était pas la seule. La grande majorité de l'ordre l'avait poussé à s'investir, sans oublier certains grands pontes du ministère qui le regardaient tantôt avec une adoration ridicule, tantôt avec un œil rusé plein de manipulation.
Malheureusement pour eux, comme Harry l'avait dit à Hermione, il n'en avait rien à faire. Il était suffisamment responsable que pour admettre qu'un ministre ouvert d'esprit serait plus profitable pour lui, pour Draco et pour la meute et il donna donc son droit de veto quand certains élus lui déplaisaient carrément et insista pour que Kingsley soit nommé, mais il n'intervint que très peu, si on excluait le sortilège de pluie pour calmer un conseil un peu trop échaudé.
A l'extérieur, dans toutes l'Angleterre, les sorciers faisaient la fête, créant un peu plus de désordre et de travail pour les employés du ministère qui multipliaient les excuses bidons et les sortilèges d'oubliettes pour sauver la situation. Une tonne d'article parut sur la bataille finale de Poudlard, beaucoup parlèrent de lui en terme élogieux mais aucun ne faisait encore état de sa lycanthropie. Harry les laissa fantasmer jusqu'à ce qu'il découvre un article évoquant sa future paternité de l'enfant de Ginny. Là, il ordonna qu'on lui prépare une conférence presse.
Bien entendu, étant donné sa renommée, aussitôt demandé, aussitôt fait. Le récit exclusif du héros était attendu comme le St-Graal et Harry, exaspéré à l'excès, se livra de bonne grâce aux chiens enragés. Ce fut l'occasion pour lui de reparler à Hermione qu'il avait boudé depuis une semaine, refusant de faire le premier pas. Sa meilleure amie devait accepter qu'il n'avait plus sa place dans le monde sorcier et se résoudre à le voir partir. Il s'était finalement retrouvé là où elle voulait et elle exultait littéralement en l'aidant à enfiler un costume purement moldu – Harry avait insisté, pour introduire son futur départ, sois disant dans le monde moldu. Agacé, Harry se permit de la regarder sans les lunettes de soleil qu'il portait constamment pour cacher ses yeux lycans.
« Je vais tout dire, Hermione, siffla-t-il ave agressivité. Ce que je suis, ce que j'ai fait. Et ensuite, je vous laisse avec le bordel que ça aura fait ! On est à une semaine de la pleine lune, je suis clairement en manque de Draco et tu peux lancer les complots que tu veux, le premier qui me retient de partir, je lui arrache un bras. C'est clair ? »
La jeune fille déglutit mais acquiesça alors que Ron levait les yeux au ciel. Etonnamment, il était celui qui se résolvait à voir partir Harry. Pire, il parlait souvent avec lui des astuces qu'ils trouveraient pour se rendre visite, des repas en famille qu'il ferait en cachette du ministère, etc. C'était probablement plus pour se distraire de l'enterrement de sa mère et de la léthargie dépressive qui avait envahi sa famille, mais Harry ne culpabilisait pas de lui servir de dérivatif. Au contraire, tant que ça énervait Hermione, il le faisait avec plaisir !
« Très clair, Harry, mais vraiment, je fais ça pour ton bien !
-C'est ça, dis-moi que le ciel est violet, je suis pas obligé de te croire sur parole ! »
Sur ses mots, Harry s'arracha à ses mains qui tentaient de le coiffer et sortit des coulisses. Pour l'occasion, le ministère lui avait carrément prêté un amphithéâtre. Dès son entrée, il provoqua l'hystérie collective de la presse, hystérie qui se figea complètement quand les invités du premier rang virent ses yeux. Un « Merlin, ses yeux, regardez » eut le mérite d'attirer l'attention de tout le monde et le silence se fit brutalement. Harry en profita aussitôt pour parler, sa voix portant parfaitement grâce à un sortilège d'amplification.
« Bien, je vois que tout le monde a enfin remarqué que mes yeux n'étaient pas humains, nous allons donc commencer par le début : je suis un loup-garou et je le suis devenu volontairement ! »
Pendant un instant, on entendit une mouche volée puis, ce fut l'explosion. Des questions fusaient partout, des journalistes sautaient sur place pour attirer son attention et des flashs crépitaient avec violence pour prendre en photo la preuve flagrante de la nouvelle condition du survivant. Au bout d'un quart d'heure de questions sans réponses, les journalistes semblèrent comprendre qu'Harry ne prendrait la parole que quand ils se tairaient. Tous stoppèrent alors leur avalanche.
« Bien, l'information est arrivée au cerveau, je peux m'expliquer, maintenant ? Alors préparez vos plumes à papotte ! Je suis bien devenu un loup-garou volontairement. C'était nécessaire pour vaincre Voldemort. Je me suis entraîné toute cette année pour le détruire mais au final, je n'étais toujours pas assez fort ni rapide. J'ai donc recouru à ce stratagème pour arriver à mes fins. Est-ce que je regrette ? Pas du tout ! Suis-je malheureux ? Encore moins. Je suis heureux d'être un loup-garou et non, je ne souffre pas de déficience mentale. Ceux qui affirmeront le contraire auront besoin de se documenter sur la lycanthropie et par pitié, pas le ramassis d'ânerie que les livres d'écoles vous donnent, poussez un peu vos recherches !
« Pour en revenir au combat final entre Voldemort et moi, je sais que vous êtes nombreux à avoir envie d'apprendre comment cela s'est déroulé. Très simplement, je vous l'avoue. Nous nous sommes retrouvé dans une pièce remplie d'objet dans Poudlard et nous avons entamé un duel sorcier tout ce qu'il y a de plus normal… Mais au bout d'un moment, j'ai laissé le loup en moi m'aider à le battre. Il puait atrocement, ce n'était pas dur de le convaincre. Je suis devenu trop rapide pour lui. Je l'ai approché suffisamment que pour lui coupé la main avec laquelle il tenait sa baguette. Et dès lors qu'il a été désarmé, je lui ai déchiré la poitrine avec les griffes jusqu'à atteindre son cœur que j'ai lacéré. Il est mort quelques secondes plus tard, dans l'humiliation et la souffrance d'avoir été battu par une espèce qu'il prenait pour de gentils toutous utiles à ses desseins. Ensuite, comme je voulais vraiment le réduire en miette, je l'ai jeté du haut de la tour d'astronomie. J'y aurai bien mis le feu, mais il s'est dissous en poussière après avoir touché le sol qu'il a un peu salit avec son sang. Voilà. En gros. »
Il y eut de nouveau un long silence puis, timidement, un journaliste leva la main. Surpris par son respect, Harry lui donna l'autorisation de parler.
« Donc, vous… vous pouvez laisser le loup… sortir ? demanda-t-il, l'air effrayé.
-Non, pas exactement, répondit Harry. C'était exceptionnel, si vous voulez tout savoir. J'ai plus de rapidité maintenant que je suis un loup garou et mes dents sont plus aiguisées… mes ongles, aussi. Donc, techniquement, je n'ai rien laissé sortir du tout, j'ai juste profité de mes atouts. Toutefois, pour cette occasion, mon loup m'a donné un peu de sa rapidité, accentuant la mienne. C'était un cas unique. Je lui ai fait comprendre que Voldemort était notre proie et il a… accepté de m'aider à le chasser, tout simplement. Mais je ne serai pas capable de le faire une seconde fois, ce serait trop beau ! »
Les journalistes notaient frénétiquement, fascinés.
« Et qui vous a transformé ? »
Harry tourna la tête vers Rita Skeeter et il esquissa un léger sourire moqueur.
« Comme si j'allais le dire, se moqua-t-il. Sachez seulement que la personne qui m'a transformée n'était pas d'accord pour le faire, j'ai du la convaincre, la tannée jour et nuit pour qu'elle accepte. C'est à contrecœur qu'elle m'a mordu à la pleine lune. Ce n'était donc pas de son fait.
-C'était donc un alpha ? intervint un autre journaliste, manifestement documenté. Seul un alpha peut garder le contrôle de lui-même pour mordre un être humain à la pleine lune et non le dévorer vivant !
-Les loups sous potions ont également le contrôle d'eux-mêmes, signala Harry. Votre question est donc inintéressante. N'accusez pas un alpha qui n'a pas ici sa responsabilité. C'était mon choix, j'insiste !
-Mais en devenant un loup-garou, vous avez conscience que… vous vous êtes fermé des portes ? demanda une journaliste à l'air inquiet.
-J'en ai conscience. L'étroitesse d'esprit du peuple sorcier m'a toujours été parfaitement exposée et je le côtois depuis… ma deuxième année à Poudlard, je dirais. Je sais que beaucoup ne voudront plus entendre parler de moi, juste parce que je deviendrai différent, une nuit par mois. Qu'importe que les trente autres, je sois tout à fait normal…
-Normal ? intervint un autre journaliste. Vous venez de dire que vous avez déchiré la poitrine de Vous-Savez-Qui avec vos griffes pour atteindre son cœur ! »
Harry esquissa un sourire en le regardant.
« Vous-Savez-Qui ? questionna Harry. Non, je ne sais pas qui. Je l'appelle Voldemort car tel était le nom qu'il s'était donné. Tom Jedusor, si vous préférez. Et oui, je lui ai déchiré la peau jusqu'à atteindre son cœur, mais Voldemort n'était pas digne d'avoir une mort humaine, il n'était pas humain, il était un monstre. Il méritait de mourir monstrueusement, de fait. Je ne dirai pas que j'ai pris plaisir à le tuer de cette manière, j'ai même été… particulièrement dégoûté quand j'en ai eu terminé. Je me lave encore les mains dix fois par jour actuellement. Mais je suis fier de lui avoir donné cette mort car il la méritait. Et je sais que, où que soit ce qu'il reste de son âme maintenant, il doit être humilié d'avoir été tué ainsi : sans magie, par une créature qu'il méprisait. Qu'importe ce que vous direz de moi pour me diaboliser si c'est votre choix, je veux que ce soit clair pour vous : cette mort, je la lui devais. Puissant sorcier ou non, il ne pouvait pas avoir une mort héroïque.
« Même si la guerre est aujourd'hui terminé, le monde sorcier ne changera pas. Il y aura toujours des sangs purs qui penseront qu'ils valent mieux que certains. Des Sangs-Mêlés qui essayeront de devenir mieux que d'autres, plus puissant, plus important. Et il y aura toujours des Sangs-de-bourbes aux yeux des autres. C'est toute une mentalité qui se doit d'évoluer si nous voulons améliorer notre société. Distinguer ainsi la pureté des sorciers ne fera que nous séparer. J'ai adoré Poudlard et mon école me manquera, mais le système des quatre maisons nous pousse à nous haïr et nous mets en compétition dès notre plus jeune âge. Gryffondor contre Serpentard et Serdaigle et Poufsouffle qui comptent les points ? Cette méthode est négative et nous l'avons constaté avec cette guerre. Voldemort s'est servie de ses petites rivalités, de ces idées stupidement archaïques pour rallier des adeptes parmi sa maison.
« Ne croyez pas qu'il se préoccupait réellement de cette guerre de sang. Il avait juste trouvé le bon bouton à presser pour justifier un massacre qu'il voulait mener, parce qu'il était l'héritier de Serpentard et qu'il était juste un orphelin qui voulait montrer au monde qu'il était le meilleur, qu'importe qu'il n'ait rien ! Au final, Voldemort était comme moi : un Sang-mêlé car oui, il était l'héritier de Serpentard de part sa mère, mais son père n'était qu'un moldu ! »
Un tollé de stupeur accueillit l'information et Harry put voir les plumes qui s'agitaient avec encore plus de frénésie.
« Voldemort est une tâche noire sur notre histoire, mais des tâches noirs il y en a plein, à commencer par nos préjugés sur ce qui est différent. Nous ne sommes que des hommes mais ça ne nous excuses pas. Je suis un loup-garou et vous me jugerez pour ça. Certains vont me craindre, me détester pour ça alors que moi, tout ce que je veux, maintenant, c'est vivre en paix. Mais saurai-je vivre en paix, me laisserez-vous vivre en paix, c'est la toute la question. Voldemort est mort, mais il y a encore tellement de tâches noires que nous devons nettoyer. La vraie question, c'est : Est-ce que vous en aurez le courage ? »
Harry laissa planer le silence alors que les journalistes le regardaient, bouche bée. Souriant avec dérision, Harry répondit pour eux :
« Je n'y crois pas une seule seconde ! »
Et sur ces mots, il quitta l'estrade, ignorant les questions désespérées d'autres journalistes. En sortant, il croisa Hermione qui lui adressa un sourire ironique :
« Tu n'as pas ça en toi, tu dis ?
-Il suffit, répondit Harry en haussant les épaules. Tu verras que j'ai raison, rien ne changera. Ce sont tous des idiots et la moitié de ce que je viens de dire sera déformée dans la Gazette, ne fais pas l'innocente. Le ministre va être élu dans une heure et si c'est un sang pur, alors je fais mes bagages et je ne reviendrai jamais ! »
Hermione se contenta d'hausser les épaules.
« Dans ce cas, on se revoit ce soir. Tu viens toujours chez les Weasley, n'est-ce pas ?
-Ai-je le choix ? »
Hermione esquissa un sourire qui voulait tout dire.
oOo
Au village, tout le monde était loin des préoccupations humaines, de la reconstruction du monde magique, même si chaque article parut était suivi avec assiduité. Le nouveau ministre pouvait soit préservé le statu quo et continué d'ignorer qu'une forêt d'Angleterre était enchantée pour ne pas être envahie de moldu ou détruite ou même explorée par n'importe quel sorcier ou il pouvait décider de raser le bois et le village serait détruit. C'était la raison pour laquelle chaque habitant se tenait un minimum informé.
Quand l'article de l'interview exclusive de l'Elu parut, Draco retint une grimace en voyant les gros titres : « L'Elu transformé en Loup-Garou : fin de l'espoir ou début d'une nouvelle ère ? »
Et juste en dessous, une glorieuse photo d'un Harry très élégant, en costume moldu et aux yeux plus lupins qu'humains. Draco caressa l'image d'un doigt tendre, un manque flagrant lui tordant le ventre. Deux semaines déjà sans Harry et il perdait la tête, cherchant son odeur, grognant de dépit face à son absence. Il crevait d'envie de rejoindre son compagnon et de le traîner au village pour l'y boucler de façon définitive mais il savait que s'il sortait un orteil dans le monde sorcier, il serait arrêté aussitôt. Curieusement, l'article lui sembla digne de foi : les paroles retranscrites semblaient typiques d'Harry et bien d'une morale presque surprenante. Draco sourit et déplia le journal pour regarder les autres nouvelles. Quelques jours plus tôt, une liste avait été publiée annonçant le nom des mangemorts arrêtés et en attente de procès. Son père y était mentionné ainsi que sa mère, à son grand plaisir. Il craignait qu'elle s'en sorte avec sa grossesse, mais manifestement, elle avait tout de même été bouclée. Oh, elle était sûrement dans une cellule plus confortable que son père, de part sa condition, mais au moins, elle était enfermée. Restait à savoir si elle n'allait pas tirer son épingle du jeu mais Draco était bien déterminé à ce que ça ne se produise pas. Ses frères ou sœurs naîtraient et seraient alors confiés à un parent de la famille Malfoy, parent assez intelligent que pour ne pas avoir pris la marque. C'était le mieux qu'il pouvait leur arriver !
Un autre article avait fait la une, la veille, pour signaler que le cas du mangemort Severus Rogue était actuellement en révision car de solides preuves entailleraient sa réputation de mangemort et prouvait son rôle d'espion à la solde de Dumbledore. Mais son cas devrait être jugé, lorsqu'il aurait été appréhendé. Cette nouvelle avait donné lieu à un sérieux débat quant à la possible livraison volontaire de Severus. Ce dernier n'était pas pour car il n'avait aucune confiance dans le système juridique magique et craignait de se retrouver derrière les barreaux plutôt que libre. Malheureusement, son cas ne serait porté devant les tribunaux que s'il se livrait. Restait maintenant à déterminer si Rogue désirait fuir toute sa vie ou rester dans sa terre natale. C'était une décision qu'il devait prendre seul et, depuis que la conversation avait eu lieu, le sorcier s'était enfermé dans sa chambre, chez Stein et n'en était plus ressorti que pour manger.
Les obsèques de Greyback avait eu lieu dès que le responsable du cimetière eut fini de creuser la fosse pour accueillit son corps. Pour l'occasion, tous les membres du village et amis vivant à l'extérieur, tel que le responsable du Grelot d'Argent, la boulangerie où Draco avait travaillé, étaient venus, vêtus de leurs plus beaux vêtements. Draco avait remis un des vêtements les plus élégants de la réunion de loup-garou, celui du premier jour, avec la cape qui le drapait de façon prodigieuse et les armoiries de Greyback partout sur lui. Rosalia, Joshua et Gabriel avaient suivi son idée. Chyreer, en tant que second, officia la messe en son honneur. Tout le village était rassemblé dans le cimetière, autour du caveau qui avait été construit par magie en son honneur, autour du trou où devrait reposer son corps. Ils auraient pu le mettre dans une tombe de pierre, monument plus beau, mais la tradition lycanthrope voulait que le loup repose directement dans la terre.
Dans le trou où il était disposé, Greyback était recouvert de fleurs mais aussi de mèches de cheveux que chaque membre du village avait cérémonieusement coupées et placées alors que Chyreer lisait une longue lettre ventant ses mérites. Les cheveux ainsi donnés étaient un témoignage que, où que soit son âme, Greyback avait le soutient de sa meute.
Tout le monde pleura pendant la cérémonie qui se déroulait sous un soleil de printemps doux et presque apaisant. Il y avait encore beaucoup de feuilles mortes, trace de l'automne et de l'hiver et Draco fut soulagé de voir qu'elles avaient été ramassées autour de la nouvelle sépulture, rendant l'endroit plus vert, plus aéré. Quand la terre fut jetée sur le corps de l'ancien alpha, avec autant de respect qu'on le pouvait dans ce genre de circonstance, d'autres fleurs furent disposés dans le caveau, sur la terre meuble puis tout le monde parti. Chacun rejoignit sa maison où, pour l'occasion, une bougie avait été disposée dans la petite lanterne qui pendait à droite de chaque porte. Tant que la bougie brûlerait, aucune hostilité ne devait être déclarée, par respect pour le défunt. Ensuite, les combats commenceraient et Draco avait hâte d'en découdre avec Sean. Le chef de la garde, bien que très jeune, était réputé pour sa force et son indépendance. Greyback l'avait soumis de force et Draco allait devoir faire le même. Mais Sean n'était pas son seul détracteur. Certains membres de la meute voyaient d'un mauvais œil d'un louveteau les dirige et poussaient Joshua à reprendre le collier. Mieux valait un vieux loup qu'un louveteau, à leurs yeux. Son combat contre Sean allait peut-être les faire changer d'avis.
Car le combat aurait lieu, c'était inévitable. Chaque fois que les deux loups se croisaient, la tension était à son comble, tendue, explosive même. Ils étaient dévorés de l'envie de se faire mal et seul leur amour et leur respect pour Greyback les retenaient de se jeter l'un sur l'autre. Les paris avaient commencé à circuler, tantôt sur Draco, tantôt sur Sean, mais personne ne savait réellement qui devait gagner. Tous se souvenaient encore de l'affrontement entre le futur alpha et Remus Lupin et ils avaient été nettement impressionnés par la façon dont il avait maîtrisé le loup solitaire, mais Sean était réputé pour son talent au combat, si bien que lorsque les bougies s'éteignirent enfin, l'avantage était donné au chef de la garde.
Draco n'eut pas besoin d'aller voir que la dernière bougie s'était éteinte, il le sut par l'instinct. Le village crépitait de violence soudainement, tous voulaient l'affrontement, tous voulaient voir le sang. Il sortit de la maison qu'il avait habitée avec Harry et qu'il comptait bien gardée, même s'il devenait Alpha. Il lui était impossible de prendre ses quartiers dans la maison de Greyback, son odeur était trop présente dans l'habitation et il en ressentait trop de tristesse. Parti comme c'était, la maison allait probablement devenir un mausolée pour plusieurs années !
Tandis qu'il traversait le village, Draco se vit rejoindre par plusieurs loups. Même les enfants quittèrent le giron réprobateur de leur mère pour rejoindre la place du village où le futur alpha se posta, attendant son adversaire. Sean ne tarda pas à venir, vite rattrapé par Joshua qui, la moue aux lèvres, se posta entre eux.
« Dégage, vieil homme, siffla Sean, les yeux lupins. Nous avons respecté le temps de deuil, il est temps que nous réglions nos comptes ! »
Des cris d'encouragement accompagnèrent sa phrase et Joshua dut grogner férocement pour regagner l'attention de tous.
« Vous allez vous battre, puisqu'il est manifestement nécessaire que nous ayons une élection dans la violence, mais pas sans règle !
-Des règles, s'outragea Draco, les dents déjà prêtes à mordre. Quelles règles peut-il y avoir dans ce genre de combat ?
-Déjà, pas de transformation complète ! imposa Joshua à Draco, ce dernier grognant de mépris. Vous devez être égaux, Draco où ta victoire n'aura pas de poids ! Sean ne sait pas se transformer totalement, vu qu'il n'a pas le statut d'un alpha de naissance, bien qu'il puisse le devenir s'il parvient à te battre ! Donc, tu peux acquérir tous les membres supplémentaires que tu veux, mais tu gardes ta forme humaine ! Deuxième règle, je ne veux aucun mort ! »
Cette fois, ce fut à Sean de grogner de dépit.
« Tu voudrais le tuer, Sean ? Tu te rappelles de qui est le compagnon de Draco ?
-Je ne crains pas sa chienne, répliqua le gardien, ses yeux provocateurs posés sur Draco.
-Tu devrais, répliqua fermement Joshua. Car contrairement à toi, il est un sorcier. Et un compagnon sorcier aux abois est encore plus dangereux qu'un simple compagnon endeuillé. En tant que loup-garou, il voudra ta mort et en tant que sorcier, il l'obtiendra. Ne sous-estime pas le lien de compagnon. Tu le méprises à cause de ton père et c'est ton choix mais ne le sous-estime jamais ! Si un loup avait tué ma femme, je l'aurai poursuivi et je l'aurai tué, même si ça devait signifier ma propre mort dans l'action. Donc, pas de coup mortel ! »
Les deux jeunes grognèrent leur assentiment avec agacement.
« Troisième règle, ce combat prendra fin quand l'un de vous sera maintenu au sol par son adversaire pendant dix secondes…
-C'est trop court ! cingla Draco. Rallonge le temps !
-Et quel temps voudrais-tu ? demanda Joshua.
-Une minute, répliqua Draco. Une minute d'humiliation…
-Ton humiliation, répliqua Sean.
-Dans tes rêves ! »
Ils grognèrent tous les deux et voulurent se lancer l'un sur l'autre mais Joshua les arrêta.
« La dernière règle est pour les spectateurs : vous pouvez encourager mais vous ne pouvez pas intervenir. Est-ce clair ? »
Tout le village rassemblé sur la place acquiesça, impatient que les hostilités commencent. Joshua regarda les deux combattants puis, lentement, s'écarta, les mains en l'air pour les obliger à rester fixe. Il n'eut pas fait dix pas en arrière que Sean bondit en avant, imité par Draco. Le village hurla frénétiquement, la violence les ayant envahis en même temps que les deux combattants qui échangèrent sans attendre les premiers coups avec vigueur. Chaque mouvement était commenté, chaque coup de poings ou de griffes congratulé. Chacun avait son préféré, chacun avait droit à ses encouragements ou ses insultes mais aucun combattant ne les écoutait. Ils étaient trop concentrés sur leur unique envie : détruire l'autre, coûte que coûte !
Les niveaux étaient globalement les mêmes, à premier vue. Draco avait la force d'un alpha en devenir et il avait été solidement entraîné pour le combat contre Voldemort et ses sbires mais Sean n'était pas chef de la garde, malgré son jeune âge, pour rien. Fils d'un alpha ne vivant qu'avec sa compagne, il avait été élevé à la dure. Bien qu'il ne soit pas né loup-garou, il avait déjà leur force jusqu'à son adolescence ou, dramatiquement, sa mère était morte, plongeant son père dans la folie due à la solitude. Son fils en avait fait les frais car il avait été mordu une nuit de pleine lune, par son propre père, ce que Sean ne lui avait jamais pardonné. Bien qu'il respectât les loups-garous, il n'avait jamais voulu en devenir un et cette transformation forcée avait entraîné une haine féroce envers son père. Trois mois après sa transformation, Sean avait défié son propre père et après un long combat, l'avait tué. Dès lors, sa réputation était faite. Il avait fuit les autorités moldues, lesquelles le recherchaient pour parricide et avait échoué par hasard dans la forêt de Greyback. Au début, Sean avait refusé de rejoindre la meute mais les transformations solitaires étaient douloureuses et finalement, affaibli, il avait été vaincu par Greyback qui l'avait obligé à le rejoindre.
Le jeune homme était contre les alphas qui n'avaient pour meute que leur compagnon. Il avait bien conscience que si son père avait daigné se construire une meute, il ne serait pas devenu fou à la mort de sa femme et il ne l'aurait pas transformé. C'était la raison première de son mépris pour Draco qui avait d'abord eu l'idée de vivre sa vie avec Harry uniquement. Et même si maintenant le blond avait la possibilité d'avoir une vraie meute, Sean ne pouvait pas accepter qu'il ait été près à faire la même erreur que son père. D'où sa provocation. Il voulait voir si Draco, louveteau encore, avait la poigne nécessaire pour le vaincre et pour prendre en charge une meute dont il s'était pris d'affection, ayant été recueilli alors que, jeune adolescent, il était abandonné et livré à son seul sort. Il avait trouvé sa place au village et il n'avait pas la moindre envie qu'il soit dirigé par un incapable. Déjà vainqueur d'un alpha, il avait gagné en force et en autorité auprès des autres membres du village et s'il parvenait à mettre Draco à terre, il pourrait prendre sa position. C'est ce qui le motiva dans chaque coup, chaque lacération qu'il donna au garçon en face de lui. Il avait l'expérience, la force et la motivation.
Mais Draco n'avait pas l'intention de lui abandonner le village. Pas alors qu'il y voyait une vie paisible avec Harry, une possibilité d'y être protégé et en sécurité et il se déplaçait aussi vite que lui permettait son corps. Son plus grand avantage était qu'il était un alpha potentiel et, même louveteau, il était toujours plus fort que Sean. Il y avait également l'entraînement spécial et les nombreux combats qu'il avait mené à Poudlard qui lui avait donné des ruses imparables !
Si au début du combat, les deux hommes n'échangeaient que des coups de poings et de griffes, très vite, l'animal en eux pris le dessus et ils s'étreignirent pour mieux se mordre, essayant de s'arracher la peau qu'ils atteignaient, leurs griffes entaillant les chairs avec efficacité. Ils furent obligés de se séparer quand la douleur devint trop grande mais ils reprirent bien vite l'échange de coup, sous les acclamations de leur publique.
Le sol était sec, ce qui les empêchait de glisser par inadvertance et Draco aurait tout donné pour avoir sa baguette dans ce combat. Même s'il se débrouillait pour maintenir le niveau, il avait conscience que Sean était plus aguerri à ce genre d'affrontement que lui. Il haletait alors que la respiration de Sean était encore calme, preuve qu'il devait expédier le combat le plus rapidement possible s'il ne voulait pas finir vaincu. Le mieux était d'essayer de faire tomber son adversaire, mais Sean avait de plus longues jambes que lui et il voyait clair dans ses intentions. Légèrement désemparé, Draco garda malgré tout sa position : il ne pouvait pas abandonner, il devait tout donner, tout tenter car c'était son avenir et celui de Harry qui en dépendaient ! Il tenta une ruse en feintant d'aller à droite et fonça finalement sur la gauche mais Sean était trop intelligent et il lui répondit pour le frapper violemment au visage, du sang envahissant la bouche de Draco suite au mouvement. Le coup porté stimula sa rage et il répondit par une frappe similaire. Malheureusement, Sean lui attrapa le bras et le tordit sur le côté.
Il s'agissait du poignet que Stein et Rogue avaient réparé et qui était encore un peu faible dû à sa récente cassure. Le membre se brisa en quelques secondes et Draco cria de douleur. Dans la foule, les supporters de Draco l'abandonnaient déjà, le voyant perdant. Mais même avec une main en moins, le blond n'était pas décidé à abandonner. Il se souvint qu'Harry avait tendance à utiliser sa rapidité contre lui et il décida de faire courir un peu Sean. Aussi se mit-il à se déplacer, évitant les coups et frustrant son adversaire. Il devait s'énerver pour qu'il perde la tête et cesse de réfléchir, ce serait encore son meilleur atout. Bondissant à gauche, à droite, courant aussi vite qu'il le pouvait, Draco sentit bien vite que Sean perdait patience.
Si le futur alpha haletait d'épuisement, le chef de la garde commençait lui aussi à perdre son souffle. Draco s'arrêta brutalement et Sean ne s'y attendait pas. Il le percuta et ils tombèrent tous les deux au sol, leurs corps emmêlés. Draco profita de la confusion pour ceinturer son ennemi de ses bras. Tandis que le droit s'était glissé sous sa gorge pour l'étrangler, le gauche, bien valide, lui lacérait les côtes, perçant son t-shirt et frôlant même les côtes. Sous la douleur, Sean poussa un cri, exhalant le peu d'air qu'il avait. Draco enroula ses jambes autour de lui pour l'empêcher de bouger et le maintint ainsi, décomptant le temps. Il pouvait voir que Joshua regardait sa montre lui aussi, un brin de fierté dans le regard. Sean essaya de lui mordre le bras mais Draco répliqua en fermant violemment sa mâchoire sur son oreille, le chef de garde hurlant sous la douleur. Le blond était prêt à la lui arracher si nécessaire et il la tenait férocement, écartant la peau chaque fois que Sean essayait de se débattre, la menace lui étant ainsi clairement exposée.
Joshua cria soudain la fin et Draco lâcha Sean qu'il expulsa d'un coup de rein violent. Il roula sur le sol et se releva sans utiliser ses mains, toujours en position de combat. Il avait du sang plein la bouche et le menton et semblait prêt à en découdre à nouveau. Sean tenait son oreille qui, comment souvent avec ce genre de blessure, répandait beaucoup de sang. Les deux hommes se défièrent du visage pendant un long moment mais Joshua se mit entre eux, à nouveau.
« Tu as perdu, Sean, intervint le vieil alpha.
-Perdu ? cingla-t-il. Il m'a piégé !
-Il t'a maintenu une minute au sol, répliqua Joshua. Tu as accepté de te résigner à l'échec lors de l'établissement des règles et tu as perdu. Accepte la défaite. »
Le chef de garde grogna puis tourna le dos pour s'en aller. Draco le regarda faire, les dents serrées. Il se détourna de lui et se tourna vers la meute qui le regardait, partagée entre les félicitations et les cris de contestation.
« Quelqu'un d'autre veut tenter sa chance ? demanda-t-il. J'ai le poignet cassé, mais je relèverai le défi ! »
Il n'y eut aucun volontaire.
oOo
La pleine lune approchait. Il pouvait le sentir dans sa chaire, dans son sang et dans son cœur. Tout en lui hurlait de rentrer en sécurité pour ce grand moment, de rentrer auprès de Draco, mais les choses s'étaient compliquées depuis sa conférence de presse. Le ministère, maintenant dirigé par Kingsley de façon provisoire, avait décidé de s'intéresser à lui et à sa toute nouvelle condition de loup-garou. Une enquête avait également été ouverte sur la bataille de Poudlard et on avait fini par citer la présence de Draco du côté des vainqueurs, ce qui avait soulevé un nouveau registre de questions, surtout quand la lycanthropie du jeune Malfoy fut révélée.
Comme Harry s'y attendait, on vint lui poser des questions sur leur nouvelle et étrange amitié mais aussi sur la totale non-coïncidence de leur condition identique. Harry finit par expliquer que Draco et lui s'étaient entraînés ensembles pour combattre Voldemort. Quand il lui fut demandé comment le fils d'un mangemort et le survivant s'étaient retrouvé pour s'allier – surtout quand on savait que le blond avait été responsable en partie de l'attaque de Poudlard et de la mort de Dumbledore – Harry répondit très honnêtement qu'ils s'étaient rencontré dans la forêt et que, de là, ils étaient devenu allié.
La question lui fut posée sur la forêt en question et Harry mentit habilement en répondant par un autre nom. Ils s'étaient déjà mis d'accord avec Ron et Hermione quant au lieu, afin de ne pas attirer l'attention sur le village. On lui demanda bien entendu si Draco était celui qui l'avait mordu et, cette fois, Harry dut dire la vérité. Mentir d'avantage pourrait les desservir, trop de monde était au courant de l'implication de Draco et si la vérité venait à être découverte et les mensonges de Harry exposés, toutes ses paroles pourraient être remises en cause.
Bien sûr, on s'horrifia d'apprendre que le fils Malfoy était le responsable de sa nouvelle condition et Harry dut batailler pour rappeler qu'il s'agissait de son propre choix et non d'une décision du blond. Il s'étonna que le débat soit lancé pendant près de trois jours et, à deux jours de la pleine lune, fut tenté de tuer le ministère entier plutôt que de continuer à répondre à leurs questions qui, si on se penchait dessus, étaient totalement identiques les unes aux autres mais posées différemment.
Quand il sortit enfin de son long interrogatoire, Harry rejoignit les Weasley et fit son sac sous le regard réprobateur d'Hermione.
« C'est bientôt la pleine lune, lui signala Harry, prodigieusement énervé.
-Et ça t'empêche de rester pour le souper ?
-Si je reste pour le souper, tu vas te débrouiller pour que je passe la nuit ici et demain, je serai de nouveau monopoliser par ces connards du ministère alors maintenant, je m'en vais.
-Tu vas revenir, n'est-ce pas ? demanda-t-elle.
-Comme si j'avais le choix, pesta Harry. Tu t'es très bien débrouillée pour que je n'ai pas le choix mais crois-moi, je prendrai la première sortie que je trouverai !
-Harry, je t'en prie, arrête de croire que je suis responsable de ça ! Je n'ai pas voulu toute cette enquête, ces questions et encore moins que tu ne sois obligé de rester plus longtemps que tu ne le veuilles, mais tu sais que c'est nécessaire !
-Rien ne serait arrivé si j'étais parti dès le début, fit remarquer Harry.
-Sûrement, fit remarquer posément Hermione. Mais tu l'aurais regretté…
-Sans doute pas autant que je regrette d'être resté, répondit le brun. Si le ministère me demande, tu leur diras qu'en prévision de la pleine lune, j'ai préféré m'isoler dans un endroit que tu ne connais pas, afin d'être sûr que personne ne risque accidentellement de venir me voir pendant la pleine lune. Je serai de retour dans six jours…
-Mais la pleine lune est dans deux jours, tu pourrais…
-Six jours ! cingla Harry. J'ai besoin de voir Draco un peu et de savoir comment va le village. D'ici là, je ne veux pas vous voir et toi en particulier ! »
Ignorant le visage blessé de sa meilleure amie, Harry quitta la chambre de Ron qu'il occupait et descendit jusqu'au rez-de-chaussée. La maison d'Arthur était comble depuis la bataille finale. Les Weasley y demeuraient presque tous, sauf Fred, Georges et Bill qui avaient leur propre maison. Charlie logeait là jusqu'à son départ en Roumanie, prévu trois semaines plus tard et Ginny, bien enceinte et prête à accoucher, restait avec son père. De fait, Colin restait également au Terrier. Harry ne supportait plus l'ambiance pesante de la maisonnée. Il adorait Arthur et le consolait du mieux qu'il pouvait, ainsi que les jumeaux. Bill était d'agréable compagnie, Ron aussi, mais Ginny et Hermione lui sortaient par les oreilles. La première le regardait tantôt avec hargne tantôt avec envie et il l'évitait le maximum possible. La seconde, plein d'idéologie, ne cessait de lui faire la morale sur son irresponsabilité envers le monde.
« Tu pars ? demanda Ron, occupé à faire du thé.
-Oui, la pleine lune approche et… j'ai besoin d'une pause, je crois.
-Oui, j'imagine, répondit son meilleur ami en grimaçant. Elle t'a encore énervé, hein ?
-J'ai eu très envie de la frapper, Ron… est-ce que tu penses que tu peux lui parler ? Très ironiquement, c'est toi qui semble le mieux me comprendre, maintenant…
-C'est pas exactement que je te comprends, lui expliqua le rouquin. C'est juste que moi aussi, j'aimerai envoyer chier tout le monde et me reposer. Sérieux, on a fait notre part. Et tout comme toi, je n'ai pas envie de me battre pour d'autres causes. Aussi importantes soient-elles, j'ai envie… de me retrouver un peu, d'être un peu moi, le garçon de dix-sept ans, un peu innocent, qui panse ses blessures et vit pour lui. Mais Hermione est différente et même si c'est agaçant, je pense qu'elle a raison. Tout se fait maintenant. Si on laisse les choses se produire, alors tout va redevenir exactement comme avant. Mais c'est vrai que c'est épuisant. Tu pars combien de temps ?
-Six jours et je lui ai dis que je ne voulais pas la voir ni entendre parler de quoi que ce soit avant mon retour. Tu sauras la retenir ?
-Je vais me débrouiller. Dis-lui bonjour de notre part. »
Harry acquiesça puis se dirigea vers la sortie, son sac sur l'épaule. Il contenait également les quelques affaires que Draco avait emmenées avec lui. Au passage, il fit signe au revoir à toutes les personnes qui étaient dans le salon et la cuisine et reçut les réponses de tous les habitants sauf de Ginny qui le fusillait de regard. Sans se préoccuper d'elle et de ce qui devait encore la déranger, Harry sortit de la maison et s'empressa de transplaner. Il reparut à l'entrée du village où il fut accueilli par la garde. Ceux-ci, en le reconnaissant, le saluèrent avec des sourires de bienvenue.
« Tu t'es fais désirer, tu sais ? demanda George en lui souriant amicalement.
-Je sais, désolé, répondit Harry. Ils ont eu du mal à me lâcher. J'ai raté l'enterrement, n'est-ce pas ?
-Oui, désolé, lui répondit George, compatissant. Mais tu peux toujours aller fleurir sa tombe… enfin, si tu trouves de la place parce qu'il y en a déjà un paquet ! »
Harry eut un sourire en entendant ça et hocha la tête. Il finit par entrer dans le village. C'était l'heure du souper alors personne n'était dehors. Il n'hésita même pas avant de se diriger vers la maison la plus éloignée de la grande place, parfaitement conscient que son amant l'avait rejointe. Quand il atteignit la porte, le cœur tambourinant plus vite que la normale, il ne fut pas plus étonné de la voir s'ouvrir sur un Draco souriant. Harry eut un air inquiet en voyant sa main plâtrée et eut l'air encore plus inquiet face aux nombreuses griffures qu'il avait sur le visage et la gorge mais il le rejoignit tout de même en trois enjambées pour le prendre dans ses bras. L'étreinte lui fut rendue avec presque autant de force et ils reculèrent tous les deux à l'intérieur, Draco refermant la porte d'un mouvement nonchalant. Ils n'attendirent pas une seconde de plus pour s'embrasser à en perdre haleine, l'urgence les dirigeant clairement. Quand ils se séparèrent pour reprendre leur souffle, ils restèrent collés l'un à l'autre, se dévorant du regard alors que leurs mains se caressaient avec langueur.
« Dites, on est là, vous savez ? » intervint la voix de Gabriel.
Harry aurait voulu savoir qui était ce 'on' mais il n'arrivait pas à quitter Draco des yeux, comme hypnotisé par lui. La lune trois quarts était pour le lendemain et il ne faisait aucun doute qu'ils allaient passer une journée inoubliable, s'ils en avaient seulement la force. La présence de tiers était la seule raison qui empêchait Harry d'arracher ses vêtements à Draco et il pouvait sentir la même retenue difficile chez son amant.
« Malfoy, Potter, un peu de retenue bon sang ! »
Harry frémit en entendant la voix de Rogue et il finit par lâcher les yeux de Draco pour regarder qui était présent. Il enregistra rapidement la présence de son ancien professeur, de Rosalia, Gabriel et Chyreer. Sans lâcher Draco, il salua tout le monde avec un large sourire heureux. L'ancien second lui répondit avec au moins autant de chaleur, ainsi que Gabriel qui ne se gêna pas pour s'approcher et l'embrasser sur la joue. Rosalia lui rendit la pareille, peu impressionnée par la proximité des deux amants.
« Tu es enfin de retour, soupira Chyreer, l'air résolu.
-Pas exactement, avoua Harry. J'ai pris une pause de six jours, mais je devrais sûrement y retourner. Rien ne me ferait plus plaisir que de m'éclipser, mais… C'est un peu difficile, pour l'instant. »
Draco caressa sa joue de la sienne en l'entendant dire ça, l'air inquiet.
« Est-ce que ça va durer longtemps ? demanda-t-il, ennuyé de devoir laisser partir son amant à nouveau.
-Je n'en ai pas la moindre idée, avoua Harry en soupirant, daignant enfin s'écarter de Draco pour aller s'asseoir sur une chaise autour de la table de la cuisine où un repas était manifestement en cours. Des pâtes ? Je peux ?
-Sers-toi », répondit Draco en lui tendant sa propre assiette.
Il le lâcha pour aller chercher une seconde fourchette puis alla se poster derrière lui, l'enlaçant de son bras cassé et profitant de sa main gauche pour piquer quelques pâtes qu'il portait à sa bouche.
« Les procès n'ont pas encore commencé, souligna Rogue, attentif.
-Pas encore, confirma Harry, mais on en parlait quand je suis parti. Pour l'instant, on enregistre les témoignages de la bataille finale et on procède à des arrestations ou recherche. Et on élit de nouveaux responsables, même si provisoire, juste le temps de faire face à la crise.
-Mhmm, c'était à prévoir, lui dit Rogue. Schackelbolt est le nouveau ministre, si j'ai bien compris… Au moins, il pourra orienter les évènements dans la bonne direction, mais il ne restera sûrement pas à la tête du ministère s'il y a réélection. Les chiens avides de pouvoir vont se réorganiser pour s'emparer de ce qu'ils peuvent et Kingsley n'a pas la carrure pour y faire face.
-C'est ce que j'ai dit à Hermione, mais elle semble décidée à faire campagne pour lui. Elle m'a tellement énervé que j'étais prêt à la frapper quand je suis parti !
-Pourtant, elle fait du bon travail, signala Rogue. Je ne doute pas un instant qu'elle est derrière la grande majorité des articles positifs qui sort à votre sujet ?
-Sûrement, j'avoue ne pas y faire trop attention. Je passe mes journées au ministère à répondre à des questions plus stupides les unes que les autres ! J'ai été tenté de les tuer eux aussi…
-Que d'envie de meurtre, signala Chyreer, amusé. L'éloignement est difficile, n'est-ce pas ?
-Très, admit Harry en frottant l'arrière de son crâne contre l'épaule de Draco.
-Nous n'allons pas vous déranger plus, lui dit le second avec compassion. Je sais que votre seule envie est d'arracher vos vêtements et… enfin, on vous laisse.
-Mais votre repas ? s'enquit Harry en désignant les assiettes entamées.
-On va finir chez moi », répondit Rosalia en embarquant son assiette, les autres les imitant.
Harry les regarda partir, à la fois reconnaissant et amusé. Il ne fut pas surpris lorsque, la porte à peine fermée, Draco envoya balader le peu qu'il restait sur la table pour l'y étaler brutalement, leur bouche se retrouvant aussitôt. Harry gémit avec plaisir sous la poigne de fer de son amant. Il avait eu un peu mal d'avoir été retourné et étalé comme une crêpe sur la surface de chêne mais rapidement, il n'y pensa plus, ses mains parcourant le corps athlétique au-dessus de lui.
« Pourquoi ta main est-elle encore blessée ? demanda Harry, entre deux baisers. Et toutes ses griffures…
-Je me suis battu avec Sean, répondit Draco en lui arrachant son t-shirt.
-Pourquoi ? haleta Harry en déboutonnant sa chemise précipitamment, ses hanches se frottant déjà contre celle de son amant.
-Il voulait prendre ma place d'Alpha… »
Harry grogna, tant de menace que de désir alors que ses chaussures étaient retirées sans même être délacées. Il défit son propre bouton de jeans et se souleva pour aider Draco qui le lui retira avec son boxer. Il était totalement nu sur la table et, très vite, son amant fut déshabillé également. Couchés l'un sur l'autre sur la table, ils s'embrassaient désespérément tout en frottant leur érection l'une contre l'autre.
« Merde, je ne crois pas que je sois capable de te préparer convenablement, avoua Draco, excité au possible.
-Je m'en fiche, je cicatrise plus vite… »
Draco gémit de désespoir en l'entendant parler de cicatrice. Compatissant, il se laissa glisser le long du corps d'Harry et se laissa tomber à genoux sur le sol. Il attrapa les chevilles d'Harry et le tira jusqu'à ce que ses fesses soient au bord de la table. Puis, sans hésiter, il enfouit son visage entre les deux globes de chaire, sa langue allant lécher puis pénétrer son entrée. Harry cria en le sentant faire, le plaisir d'être ainsi lubrifié étant toujours aussi intense.
Draco ne put tenir longtemps et il se redressa sur ses jambes, deux doigts allant rapidement écarter les chaires étroites. Harry gémit à nouveau en le sentant faire puis regarda son amant dont l'attente semblait être une véritable torture. Compatissant, Harry entoura sa taille de ses jambes, rendant la préparation difficile.
« C'est bon, ça ira. Maintenant, s'il te plaît… »
Draco n'eut pas le courage de lui résister. D'une poussée, il s'enfonça en lui jusqu'à la garde, grognant de satisfaction. Harry se cambra sur la table en le sentant enfin en lui, ses yeux se fermant sous la satisfaction. Draco resta immobile un long moment, le souffle cours, satisfait d'être enfin réuni avec son amant.
« Merde, j'ai l'impression que ça fait des siècles, avoua Draco en regardant son amant alangui sur la table.
-Tais-toi et bouge, répondit Harry, tentant de faire bouger ses hanches maintenues en place par l'une des mains griffues de son amant. S'il te plaît… »
En réponse, Draco bougea à son tour et bientôt il n'y eut plus que des gémissements dans la cuisine. Aucun des deux ne se sentait capable de tenir longtemps. Ils avaient été séparés bien trop longtemps et leur excitation était doublée par la rondeur de plus en plus forte de la lune. En seulement dix minutes, ils jouirent tous les deux presque en même temps, Draco s'effondrant sur un Harry haletant et souriant.
« Je ne sais pas si je dois me sentir mal d'avoir été si rapide ou soulagé de savoir que nous allons recommencer ça dans un lit… »
Contre lui, Draco éclata de rire en l'entendant, s'écartant pour le contempler avec des yeux plus brillants que la normal.
« On a toute la nuit rien qu'à nous, dit-il en portant une main caressante sur son visage.
-Mhmm, nuit intéressante, répondit Harry en enroulant ses jambes autour de la taille de son amant. Tu me portes ou ce sera trop dur pour toi ? »
Draco grogna en réponse et reposa ses pieds par terre. Il souleva Harry sans difficulté, ce dernier souriant avec appréciation.
« Bon, l'endurance n'est plus au top, mais au moins, tu sais encore me soulever, se moqua-t-il, provocateur.
-Tu vas voir si mon endurance n'est plus au top ! lui grogna Draco, l'air menaçant. Je vais te faire tellement languir que tu me supplieras de te laisser jouir !
-Mhmm… je demande à voir », souffla le brun à son oreille.
Il éclata de rire quand Draco monta les escaliers presque en courant.
oOo
La nuit avait été courte pour eux et, quand Draco avait été réveillé le lendemain par son insupportable cuillère frappeuse, Harry fut tenté de le supplier de rester avec lui. L'excitation des retrouvailles était passée mais celle de la lune trois quarts s'était accentuée. Malgré tout, très raisonnable, Draco parvint à le convaincre de se lever et ils migrèrent ensembles sous la douche qui fut loin d'être improductive.
Quand ils rejoignirent la cuisine pour déjeuner, des coups à la porte interrompirent le baiser qui n'arrivait pas à arrêter.
« Entrer, dit Draco en lâchant enfin Harry, le laissant aller préparer un peu de café.
-Vous avez réussi à rester décollés ? s'étonna Chyreer en entrant. J'étais certain de devoir utiliser un pied de biche ! »
Les deux amants échangèrent un sourire plein de promesse.
« On sait qu'on aura toute la nuit, répondit Draco en haussant les épaules. Et on a pas chômer non plus cette nuit… »
Chyreer eut un mouvement de tête affectueux.
« J'ai pensé qu'Harry pourrait m'accompagner, pour ses futurs fonctions ? Tu veux venir avec moi ?
-J'ai le temps de déjeuner ? Tu as mangé ?
-Je n'ai pas très faim ces derniers temps, confia Chyreer. Mais je ne dirais pas non à du café bien chaud pendant que tu manges !
-Alors installe-toi, répondit Harry en lui désignant une chaise. Euh… je vais laver la table, allez au salon ! »
Harry était un peu embarrassé en disant ça mais Chyreer ne s'en formalisa pas et suivit Draco au salon. Le jeune homme les y rejoignit lorsque le café fut prêt, un plateau chargé de trois tasses, un sucrier, un pot de lait et six petits pains au chocolat le suivant par magie.
« Alors, qu'est-ce que j'ai raté ? demanda Harry en s'installant après avoir servi tout le monde, Chyreer héritant d'un pain et d'un regard insistant.
-Je suis le… sous-alpha ? proposa Draco, hésitant. N'étant pas encore majeur, une grande partie du village n'était pas rassurée à l'idée que je devienne dirigeant alors j'ai proposé d'établir une collaboration avec Joshua jusqu'à ce que je sois prêt.
-C'est à cause de ça que tu t'es battu avec Sean ? demanda Harry en regardant sa main plâtrée.
-Oui, répondit Draco, peu dérangé par ce fait. Et il a perdu. »
Le brun eut un sourire satisfait en l'entendant, l'excitation grandissant brutalement en lui en entendant ça.
« Bien, dit-il, sa voix se faisant un peu plus rauque.
-Mangez, ordonna Chyreer, conscient qu'ils étaient sur une pente glissante. Je vais collaborer avec toi aussi jusqu'à ta majorité qui est bien plus loin que celle de Draco, si tu es d'accord ? Être second demande beaucoup de travail et vu que tu es manifestement encore fort pris par les sorciers…
-Je suis d'accord, répondit Harry, reprenant son sang froid. Mais je ne sais pas du tout quand je vais enfin récupérer ma liberté. Très vite, j'espère. Normalement, une fois l'enquête sur la bataille finale terminée, je devrais être libéré, mais… ça prend du temps. Il y a beaucoup de témoin, beaucoup de questions… et Hermione est décidée à ce que je vienne le symbole de toutes les causes !
-Elle a l'air de beaucoup t'agacer, souligna Draco.
-Elle a du mal à comprendre que je ne fais plus partie de la communauté des sorciers, expliqua Harry. Avant d'être mordu, même si lié à toi, j'aurais sans doute été d'accord avec elle, j'aurai essayé d'améliorer tout ce que je pouvais, notamment l'image que les sorciers se font de nous, mais maintenant que je suis un lycanthrope, je… je ne vois pas pourquoi je devrais leur rendre des comptes. Je m'en fiche d'eux !
-C'est l'esprit de meute, souligna Chyreer. Tu ne te sens plus humain, tu te sens loup, de fait, leurs affaires ne te regardent plus. C'est d'autant plus vrai que ton amant est un dirigeant – ou futur dirigeant – de meute. C'est lui ta vie et la meute l'est presque tout autant. Une humaine comme ton amie Granger ne peut pas comprendre ça, peu importe combien elle est intelligente. C'est instinctif et irrésistible…
-Alors comment certains loups peuvent-ils s'y opposer ? demanda Harry.
-Ah, les solitaires, soupira Chyreer. Ceux-là ne rejettent pas que la meute, ils se rejettent eux-mêmes. Ton ami Remus déteste ce qu'il est, il déteste le loup avec qui il partage son corps. Donc, il repousse l'idée de rejoindre une meute. C'est pourquoi on les appelle les solitaires. Malheureux parmi les hommes et malheureux parmi les loups. Ils ne trouvent leur place nulle part si ce n'est en eux-mêmes. Et ils sont irrécupérables, la grande majorité du temps… »
Harry grimaça à cet énoncé. Il n'avait presque pas vu Remus pendant les quelques semaines qui s'étaient écoulés, l'homme avait comme disparu, en compagnie de Tonks et d'une certaine manière, Harry l'enviait. Il aurait bien disparu, lui aussi… Le soupir qu'il poussa fut compris par les deux loups présents.
« Bon ! s'exclama Chyreer. D'attaque pour te promener dans le village ? Je pense qu'il vaut mieux vous éloigner tous les deux avant que… l'attraction ne devienne trop forte. »
Harry esquissa un sourire, toutes idées noires envolées. Il se leva, récupérant les tasses vides et le plateau dépourvu de pain. Draco en avait mangé trois à lui seul mais Harry ne lui fit aucun reproche. Ils avaient tous les deux besoins de forces avant la nuit…
« N'oublie pas de passer chez Stein, lui signala le blond en le regardant enfiler un manteau imperméable.
-T'inquiète, répliqua Harry, un sourire séducteur sur les lèvres. Il m'en reste encore dans la table de nuit… »
Chyreer leva les yeux au ciel et poussa Harry vers la sortie, amusé. Les deux seconds sortirent de la maison avec un léger sourire tous les deux. Sans surprise, il y avait plus de monde de sorti dans les rues. Harry constata que certains s'échinaient à rassembler les feuilles mortes encore présentes dans le village et il s'étonna de leur présence.
« La forêt a poussé ses feuilles vers le village à cause de grands vents, expliqua Chyreer. Nous n'en serons pas débarrasser avant l'été, je le crains. C'est pour ça qu'aujourd'hui, nous allons dans les bois pour inspecter son état, essayer de rassembler le plus de feuilles possibles et aussi évaluer l'état général des bois. C'est un travail que nous faisons constamment mais l'été arrive et avec lui, les orages. Il est donc très important, fin mars, d'inspecter le plus d'espace possible. Prêt pour une randonnée ?
-Fin prêt ! répondit Harry, rendant son salut à certains habitants qui lui souriaient avec joie. Ça m'a manqué !
-Alors ça, ça ne m'étonne pas, lui répondit Chyreer. Allez, viens, chasse les sorciers de ta tête et profite ! »
Harry sourit largement, suivant le second. Beaucoup d'habitant était affectée à la tâche du jour et Harry échangea plusieurs mots avec chacun d'entre eux. Ils étaient tous heureux de le revoir et il l'était tout autant. La tentation était grande pour lui de ne pas revenir dans le monde sorcier et il caressa l'idée pendant toute l'inspection du troisième périmètre de la forêt. Cette dernière étant très grande, elle se faisait en plusieurs jours. Les deux premiers avaient déjà été traités, les feuilles balayées et brûlées, les arbres malades abattus, ceux un peu faiblards redressés et protégés. La meute faisait un vrai travail de gardes forêts et Harry s'amusa énormément de la journée. Il ne pensa presque pas à la montée de la lune trois-quarts, jusqu'à ce que la nuit commence à tomber. Alors, il ressentit une puissante énergie le parcourir et Chyreer eut toutes les peines du monde à le garder en place. Compatissant, le second finit par lui dire de repartir. Il ne fut pas le seul à s'élancer en courant dans les bois quand le second donna son aval. Quasiment tous les loups accouplés présents démarrèrent au quart de tour pour rejoindre leur compagne et compagnon. Tous souriaient, impatient d'être enfin ensembles.
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La nuit trois quarts passa trop vite aux goûts des amants réunis pour l'occasion et quand le soleil se leva, personne n'était en forme. Heureusement, au fur et à mesure que la journée déclinait, la lune leur apportait une énergie bien plus puissante. Quand enfin le jour mourut et qu'ils eurent tous pris leur apparence animale, ils étaient tous tellement débordant de vitalité que rien n'aurait pu les arrêter.
Le nouveau rôle de Draco dans la meute ne leur permit pas de profiter de la nuit comme ils le faisaient d'habitude. Plutôt que de courir et de s'amuser comme ils l'avaient fait lors de leurs précédentes expériences, Draco, en compagnie de Joshua, organisa les meutes de chasses et contrôla qu'aucun débordement n'avait lieu. Les loups pouvaient tués et mangés mais les animaux qui étaient dévorés devaient l'être entièrement. Ceux qui étaient tués en vue d'être ramené au village ne devaient pas être mordus plus que nécessaire à une mort rapide. Ces carcasses étaient prises en charges par les rares humains que les loups sauvages pouvaient tolérer lors de ces transformations : les compagnons humains marqués par leur lycanthrope.
Harry, qui n'était pas au courant de cette pratique, s'en étonna auprès de Gabriel qui galopait auprès de lui.
« Si tu n'avais pas été transformés, tu en aurais fait partie ! lui répondit simplement le loup roux qui gambadait presque.
-Je préfère être un loup ! répondit Harry, la truffe humant le délicat parfum d'un cerf.
-On préfère tous ! » répliqua Joshua, courant en tête aux côtés de Draco.
En réponse de quoi, Gabriel, suivit de presque la totalité des loups, hurla son assentiment.
La nuit se termina avec une bonne quantité de viande amassée pour le village et des panses pleines et satisfaites pour les chasseurs. Tout le monde regagna sa maison lorsque la lune se coucha et Harry et Draco se réveillèrent péniblement le lendemain, courbaturés mais satisfait. Harry aurait pu croire que sa vie était parfaite. Revenir dans le monde sorcier, quatre jours plus tard, lui semblait impossible mais il avait promis. Et même si une partie de lui hurlait que les promesses faites à une humaine ne valait rien, une autre protestait. Hermione était son amie et disparaître dans la nature risquait de provoquer une recherche en bonne et due forme. Il était encore trop important, dans un premier temps. Il pourrait s'envoler, mais pas sans avoir préparer sa disparition du monde sorcier. Il en avait conscience et ce fut la seule raison qui, à la fin de six jours, le poussa à quitter un Draco manifestement boudeur.
« Reviens vite, le supplia son amant, en l'embrassant à la sortie du village.
-Ce soir, répondit simplement Harry. Qu'importe que je doive être présent pour le monde sorcier, ça ne m'empêche pas de venir dormir avec toi ! »
Draco sourit en réponse, satisfait de l'entendre parler de cette façon. Il serra contre lui longuement, incapable de se résoudre à le laisser partir.
« Ce soir, lui rappela Harry, ses bras pourtant fermement noué autour du cou de Draco.
-Je n'ai pas envie de te laisser partir pour autant, lui avoua le blond. Leur fichue enquête interne sera finie quand, à ton avis ?
-Aucune idée, répliqua le brun. Surtout qu'ils posent vraiment des questions totalement stupides et sans importance !
-Du genre ? Demanda son amant, étonné.
-Ils ont mis trois jours à m'interroger, encore et encore, à ton sujet. Ils voulaient savoir où était l'horrible monstre qui m'avait mordu… »
Draco grogna en l'entendant.
« Je leur ai enfoncé dans le crâne que c'était à ma demande, donc, c'est passé.
-Reste méfiant quand même, d'accord ? Ne te laisse pas embarquer dans un des plans ridicules de Granger… Elle est celle qui nous connaît le mieux, au niveau de l'espèce, je veux dire. Elle doit comprendre que ta place n'est plus parmi eux et te laisser partir.
-Elle le comprendra, répliqua Harry. Ne t'inquiète pas.
-Tu reviens à quelle heure ?
-Je ne sais pas… ça dépendra de ce qu'on me voudra aujourd'hui. Sans doute savoir où j'ai disparu pendant six jours… Je vais leur dire que j'étais encore trop affaibli par ma transformation et que j'ai pris le temps de me reposer et de me soigner avant de ressurgir…
-Mhmm… Tu pourrais te reposer encore un peu, tu sais ?
-Ne me tente pas ! »
Ils s'embrassèrent encore longtemps puis, difficilement, Harry s'extirpa des bras décidés à le garder. Ce fut finalement Gabriel qui vint les arracher l'un à l'autre – ils refusaient de se lâcher la main – agacé par tant de mièvrerie.
« Merde, Draco, il revient ce soir, arrête de faire ton junkie ! A ce soir Harry !
-A ce soir Gabriel. Prends soin de lui !
-Vous allez me faire vomir ! »
Harry se mit à rire en réponse. Péniblement, il transplana au Terrier, agacé de devoir y revenir. Quand il apparut dans la cours, il fut étonné de ne voir personne venir à sa rencontre. Il s'attendait au moins à ce que Hermione soit dehors, bras croisés et l'air agacée d'avoir du patienter plus longtemps que prévu. Il se dirigeait vers la porte d'entrée quand il les sentit. Ils étaient quatre, embusqués près de lui. Un dans la grange de Monsieur Weasley, un dissimulé dans un arbre à sa gauche, un sous un sort de dissimulation juste à sa gauche et un autre devant lui. Il voulut attraper sa baguette dans sa poche mais son mouvement fut trop lent et plusieurs rayons rouges fondirent sur lui.
Pétrifié sur le sol, Harry entendit quelqu'un hurler dans le Terrier. Il reconnut vaguement la voix de Ron, celle d'Hermione, mais tout ce qu'il fut capable de voir fut l'Auror qu'il ne connaissait pas qui se penchait sur lui.
« Monsieur Potter, vous êtes en état d'arrestation. Nous allons vous emmener au ministère pour un interrogatoire. »
Il aurait voulu demandé pourquoi il était en état d'arrestation, mais il ne pouvait pas bouger, son corps étant figé de la tête aux pieds. Il fut redressé par deux Aurors et quand il fut placé devant le Terrier, il vit Hermione qui pleurait dans les bras de Ron ainsi que Monsieur Weasley, à genou sur le sol. On l'avait manifestement frappé. Plusieurs Aurors se tenaient devant eux, leurs baguettes dirigées vers eux pour les empêcher d'intervenir.
« On ne les laissera pas faire, Harry ! lui cria la jeune fille, en pleurs. On te sortira de là, je te le promets ! »
Ron ouvrit la bouche pour parler, mais Harry ne sut jamais ce qu'il voulait dire. Sans état d'âme, les quatre Aurors qui l'entouraient le firent transplaner avec eux.
A suivre…
Voilà, à suivre… je me sens cruelle de vous abandonner ainsi. Cruelle de vous laisser dans l'expectative de la suite. Promis, je vais essayer d'écrire la suite le plus vite possible, mais… MF d'abord, je crois ? loll
Ce chapitre est un peu plus « rapide » que je n'en ai l'habitude, sans doute dû à la frénésie qui m'a prise pour l'écrire mais aussi car je me pose une sérieuse question stylistique, inspirée essentiellement par MF.
Que préférez-vous ? Des chapitres plus « résumés » où certaines actions sont juste narrées de façon à accélérer la trame (comme l'est ce chapitre, j'aurai pu détailler les nombreuses réunions d'Harry avec le ministère, les personnes présentes, les sujets, etc., mais je trouvai ça vraiment chiant), ou, au contraire, préférez-vous que cela soit plus détailler ? Le dernier chapitre d'MF m'a réellement déplu, il tire trop en longueur et n'ajoute pas beaucoup d'éléments importants de l'intrigue, mais je le trouvai nécessaire. Ainsi, je me pose cette question du : qu'est-ce qui est préférable ? Du détail à l'excès, quitte à écrire un chapitre long et barbant de 30 pages et plus, ou quelque chose de plus résumé ? Qu'en pensez-vous ?
Encore un milliard de merci à vous pour votre soutient et votre compréhension !
Bisous !
