Titre : Alpha Potentiel

Résumé : Pour avoir lâchement désobéis à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM

Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)

Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !

Date de commencement du chapitre : 20/01/14… Stimulée par la publication récente et décidément plus sûre du contenu du chapitre d'AP que MF (Magie d'une Fleur…), je me lance dans ce chapitre en étant parfaitement consciente que je ne suis pas censée le faire…

Reprise le 16/06/14, je me rends compte que je lendemain, ça fera six mois que je n'ai plus posté… une part de moi aimerait l'updater avant… juste par fierté… kof kof… 25 pages en un jour, ça vous paraît faisable ? Réponse : non…

22/09/2014 : Bon, là, je me retrousse les manches parce que c'est de l'abus ! Dorénavant, mon seul but, c'est de finir AP ! Na !

Note de l'auteur : Petite note sans importance… J'aime tisser ma toile parmi mes interminables chapitres… Et cette toile peut parfois être représentée par la présence d'un simple personnage, inclus et disparus trop vite, mais jamais totalement oublié par mon esprit… Vous comprendrez en lisant !

Sur ce, chapitre news ! Pour ceux qui ne lisent pas MF (et qui ne sont pas en contact avec moi via facebook), sachez que j'ai été licencié de mon travail infernal ! Oh, Bonheur ! J'ai eu quelques stress avec le chômage, vite oublié vu que, un mois et demi après mon départ de la société de l'enfer, j'ai été engagée à ce qui me semble être le paradis (mais y'a pas de paradis sur terre, je reste donc aux aguets). Que de rebondissement dans ma vie ! loll

Cela mis à part, j'ai décidé de me consacrer à AP, afin de la finir une bonne fois pour toute. Et aussi parce que j'ai une nouvelle histoire qui me hante et que j'ai envie d'écrire… Mais je ne peux pas la commencer tant que je n'aurai pas au moins fini AP… Donc… Au boulot !

J'espère cette fois vous donner des nouvelles plus récentes ^^ Courage, les amis ! Je reprends du poil de la bête !

Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Slow Down, Selena Gomez… On ne sépare pas une équipe qui gagne !

Et après le 22/09, ajout à la playlist des musiques suivantes :

A diabolic Waltz, Kuroshitsuji,

Si deus me relinquit, idem,

Low of Solipsism, Death Note,

Et pour finir, pas mal de chanson de l'OST de FMA Brotherhood : A soldier's Honor, Lapis Philosophorum, Violoncello's Lament, Sorrowful Stone, Philosophorum Omega, Main Theme – Homage to Alchemist.

Si avec ça, vous n'avez pas compris que le chapitre ne va pas être folichon, je ne peux rien faire pour vous ! loll

Nombre de chapitre : Plus des masses, la fin approche… Sniouf…

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Chapitre 32 : Homme de loi

On l'avait traîné, sans la moindre discrétion, dans tout le ministère. Immobile mais conscient, Harry vit des flashs de lumières, entendit des cris de protestations et une tonne de questions mais personne ne s'interposa entre lui et les Aurors qui l'emmenèrent, sans douceur, jusqu'à l'ascenseur. On évacua l'habitacle à grand renfort de plaques policières brandies, de menaces d'amende et de bousculade et il se retrouva seul avec les quatre Aurors qui l'entouraient. Après quoi, il fut à nouveau traîner dans un sombre couloir qu'Harry reconnut sans peine : le département de la justice magique.

Il savait, pour y avoir été par le passé, que ce département n'était pas soumis à l'autorité du ministère, mais à celle du Magenmagot. Kingsley, aussi ministre d'intérim qu'il soit, ne pourrait donc rien faire pour l'aider. Malheureusement. Il allait se retrouver seul, exposer à un bureaucrate sombre et stupide qui avait eu l'idée totalement idiote d'arrêter le héros du monde sorcier. Et pour quel motif, d'ailleurs ? Parce qu'il était loup-garou ? Parce qu'il avait tué Voldemort à coup de griffes ? Il n'en savait rien et n'ignorait pas qu'on ne lui livrerait aucune information.

On le traina dans le couloir, pendant un long moment, sans la moindre douceur ni reconnaissance, comme s'il n'était qu'un vulgaire criminel. Puis il fut tirer dans une salle – d'interrogatoire vu sa petitesse, son unique table pourvue de deux chaises de chaque côté et les menottes qui entouraient l'une d'elle de manière menaçante. Harry ne fut pas surpris d'être dirigé vers cette chaise et son corps, pourtant figé, se tendit en percevant la proximité de chaîne en argent. Il voulut reculer mais était incapable de bouger. On leva le sort pour lui permettre de s'asseoir et il tenta de s'éloigner mais déjà, les chaînes s'enroulaient autour de lui, un grondement de douleur lui échappant aussitôt. Sa peau brûlait au contact des maillons froids et il tenta de s'y dérober mais chaque mouvement rendit le déplacement des anneaux plus douloureux. Résolu, Harry cessa totalement de bouger, retenant presque sa respiration face à la douleur.

« Bien, Potter, lui dit un homme qu'Harry ne reconnaissait pas. Je suppose que tu ignores pourquoi tu es là ? »

Harry ne répondit pas. Il n'avait rien de gentil à dire et préférait se taire tandis qu'il scannait l'homme en face de lui. Ce dernier était grand de stature mais maigre comme un clou. Nul doute que face à lui – et même face à un louveteau de cinq ans – l'homme ne ferait pas long feu. Mais pour lors, il était attaché et ne pouvait pas lui déchirer la gorge comme le voulait le loup torturé par l'argent. Alors il se tut, serrant les dents.

« Pas bavard, hein ? Oui, c'est un peu ta marque de fabrique, de ne rien dire… De cette façon, tu ne peux pas dire d'autres mensonges… »

Inconsciemment, Harry serra la main droite, une vieille cicatrice tracée à la plume l'élançant presque sous la phrase prononcée avec aigreur.

« Tu ignores sans doute qui je suis, lui dit l'homme. Je m'appelle Wilbur D'Arconis et je suis le directeur de ce département depuis que notre regrettée Amelia Bones nous a quittés… »

Très regrettée, Harry était d'accord avec l'homme en face de lui. Au moins, il était certain que Bones ne l'aurait pas enchaîné à une chaise, elle !

« Si tu es là, mon cher ami Potter, c'est parce que plusieurs preuves attestant de ta relation avec un présumé mangemort et alpha nous ont été soumises. »

Harry fronça les sourcils. Merde, il savait qu'il y aurait une fuite. Une fuite, oui, mais d'où, de qui ? Qui avait osé les balancer et comment cet homme osait-il justifier son incarcération sur une présomption ? Et en quoi une relation avec un présumé mangemort et alpha justifiait-elle une arrestation ?

« Je vois sur ton visage que tu ne comprends pas le rapport avec ta présence ici, n'est-ce pas ? demanda presque gentiment l'homme face à lui, s'adressant à lui comme s'il n'était qu'un enfant de cinq ans. Vois-tu, Potter, les alphas sont… interdits, dans notre pays. Nous ne leur autorisons pas le droit de séjour sur nos terres. Hors, nous savons que Draco Malfoy est ton compagnon et qu'il est – ou sera très bientôt – un alpha. Et nous ne doutons pas un instant que ton cher et tendre se cache quelque part, en Angleterre. »

Harry le fusilla simplement des yeux en réponse, refusant de répondre.

« Et tu ne vois toujours pas le rapport, j'en suis certain, persifla D'Arconis. C'est très simple : de part la loi ratifiée en 1865 concernant l'exécution des alphas en Angleterre… tous les moyens sont autorisés pour les faire sortir de leur cachette… Et quel meilleur moyen pour débusquer un alpha que de… maintenir son compagnon en détention ? »

Harry eut toutes les peines du monde à ne pas grogner ou manifester sa rage. Une réaction serait le pire des aveux. A la place, il se força à se détendre et prit la parole pour la première fois.

« Arrêter le Sauveur, se moqua-t-il d'une voix rauque. Quelle judicieuse idée vous avez eu… Il est un fait certain que vous ne tenez ni à votre poste, ni à votre vie, D'Arconis !

-Oh, balivernes, répondit l'homme en le regardant de haut. Bien entendu, je vais m'attirer la foudre de quelques fans hystériques, Potter, mais… crois-tu que tu en as encore tant que cela ? Après tout, tu es devenu… un monstre, toi aussi. Tout comme Voldemort…

-Entre deux maux, on préfère le moins pire, répliqua Harry.

-Et entre pas de maux du tout ? persifla l'homme. Je ne doute pas un instant de devoir faire face à de la résistance de la part de la communauté, mais un communiqué de presse aura vite fait de mettre les choses aux claires. Si ça peut te rassurer, je n'ai aucunement l'envie de te jeter à Azkaban jusqu'à ta mort. Je veux simplement te séquestrer jusqu'à ce que ton compagnon ne puisse plus tolérer ton absence et devienne assez fou que pour tenter de te libérer. A ce moment là, c'est-à-dire au moment où nous l'auront arrêté et exécuté, nous te libérerons et tu pourras reprendre ta petite vie sous les feux de la gloire… Bien que… je t'aurai sûrement un peu entaché dans le but de te garder derrière les barreaux donc, tu n'auras peut-être plus de gloire à ce moment là… Mais bon, qu'importe, tu seras libre.

-Vous croyez vraiment que je vais accepter d'être emprisonné sur une simple présomption ? siffla Harry. Vous n'avez aucune preuve formelle que j'ai un compagnon, aucune preuve que quelqu'un risquera stupidement de venir me libérer et je devrais rester ici, ad vitam aeternam, en attendant un preux chevalier qui ne se présentera pas ?

-Oh, mais je te rassure… Nous avons une preuve formelle et claire que tu as un compagnon ! Et que ce compagnon est Draco Malfoy, qui plus est. Mordu par le non moins célèbre Fenrir Greyback, mangemort et criminel reconnu… On se demande ce qu'il aura inculqué à son héritier…

-Des preuves ? répéta Harry. Quelle preuve ? La présence de Draco Malfoy à mes côtés dans la bataille de Poudlard n'est en rien une preuve ! Et le fait que nous soyons proche, comme le serait n'importe quel membre d'une même meute, ne révèle en rien que nous ayons une relation ensemble !

-Oh, j'en conviens, répliqua D'Arconis, un sourire mesquin. Mais ce n'est pas cet évènement qui nous apporte la preuve de votre relation. Non, ce sont vos mots…

-Mes mots ? » répéta Harry.

D'Arconis continuait de sourire alors que, lentement, il extirpa de sa poche un dossier rétrécit. Lentement, il le posa sur la table et l'agrandit sous l'œil contemplatif d'Harry.

« Nous avons ici le témoignage assermenté d'une jeune personne à qui vous avez déclaré 'aimer un garçon'. Le témoignage, fait sous Veritasérum, je le précise, atteste également que ledit garçon est intervenu lors de cette conversation et qu'au vu de son comportement à votre égard, notre témoin en a déduit que le garçon en question était Monsieur Malfoy, ce que vous avez confirmé par, je cite : 'un comportement pour le moins dégradant ainsi qu'une farouche défense face à quelques insultes destinées à Malfoy'. »

Harry fronçait les sourcils au début de la déclaration mais, au fur et à mesure qu'il entendait le récit, il blêmissait. Cette scène lui était familière et il n'était pas suffisamment stupide que pour se rappeler avec qui elle avait eu lieu. Au fur et à mesure que D'Arconis parlait, il sentit une haine virulente l'envahir et une envie féroce de quitter sa chaise pour aller l'étrangler. Comment avait-elle osé ? Comment Ginny avait-elle pu ainsi se venger de lui en allant les trahir auprès du ministère ?

« Ce témoin n'atteste pas que Draco est un alpha ! s'énerva Harry, perdant ses moyens.

-Mhmm, malheureusement, si, s'extasia D'Arconis. Voyez-vous, notre témoin…

-Ginny, vous pouvez citer son nom ! interrompit Harry. J'ai parfaitement reconnu les circonstances !

-Notre témoin, repris D'Arconis, nous a montré la scène… Il s'avère que Draco Malfoy a fait irruption dans la salle sous forme lupine. Et il est un fait attesté que seul un alpha en devenir est capable de prendre l'apparence du loup en dehors des nuits de pleine lune… »

Harry sentit son corps s'affaisser sous la défaite. L'homme avait raison et la garce avait fourni assez de preuve. Aucun loup – ou presque – n'était capable de prendre sa forme lupine si ce n'est un alpha. Gabriel en était capable mais il était un potentiel encore mineur et il avait du s'entraîner fermement pour y arriver. Désespérément, Harry tenta la feinte.

« Il s'est entraîné pour y arriver, dit-il. Il n'est pas un alpha, il n'est qu'un potentiel et nous avons la quasi certitude qu'il n'en sera pas un !

-Quasi certitude, vraiment ? demanda D'Arconis. Dans ce cas, qu'il se présente à nous… Nous le garderons en vie jusqu'à sa majorité lupine… Elle survient un an après la morsure, si je ne me trompe ? »

L'homme feuilletait son dossier d'un air indifférent et Harry profita du moment pour laisser transparaître un peu d'angoisse avant d'afficher un air assuré.

« En effet, répliqua Harry. Mais les capacités de suiveurs et non de meneurs de Draco attestent qu'il ne sera pas un alpha !

-Suiveur ? répéta D'Arconis. Comme c'est étrange. Nous avons pourtant plusieurs témoignages de sorciers disant, je cite : « Malfoy dirigeait les deux autres lycanthropes d'une main de maître pendant l'assaut, il a été un élément clé dans leur cohésion et dans notre victoire », fin de citation. Ça n'a pas l'air d'être un comportement de suiveur, Monsieur Potter. »

Harry grogna. Un témoignage, sans doute donné en toute bonne foi par un de ses proches pour disculper Draco d'association avec Voldemort, allait faire plonger son amant ! C'était le comble !

« Il est un fait certain qu'il est un des plus autoritaires, du fait de son statut de potentiel, contrairement à Gabriel et moi qui sommes des soumis certifiés. Mais il n'avait pas du tout le même comportement face à quelqu'un représentant l'autorité !

-Ah, mais encore une fois, je crains que nos témoignages attestent du contraire, Monsieur Potter. Monsieur Malfoy s'est battu avec Greyback qui est, je le crains, un alpha. Et il n'est pas courant qu'un loup soumis s'attaque à quelqu'un représentant l'autorité. Pire ! Quelqu'un qui l'a formé !

-Greyback n'a pas formé Draco, pas plus qu'il ne l'a mordu d'ailleurs ! répliqua Harry, énervé. C'est…

-C'est, Monsieur Potter ? Un autre alpha sur nos terres ? »

Harry se mordit la langue, se maudissant. Merde, il ne pouvait pas mentionner Joshua ou ce serait lui qui serait poursuivi par le ministère. Pire, ce dernier pourrait se poser la question de l'habitat du vieil homme et rechercher le village. Déglutissant, Harry trouva la seule échappatoire qu'il put.

« C'est Remus Lupin qui l'a formé. Et vous devez savoir que Remus est tout, sauf un Alpha mais Draco lui a reconnu son autorité ! Ce qu'un Alpha ne ferait jamais ! »

D'Arconis plissa les yeux à sa déclaration. Il referma son dossier lentement et regarda Harry très longuement.

« Il est pratique que Monsieur Lupin ne soit plus joignable depuis la fin de la guerre, n'est-ce pas ? Néanmoins, nous savons que ce monsieur est marié à… Nymphadora Tonks. Les trouver ne devrait pas être un trop grand problème, cette demoiselle travaillant pour le ministère… Nous interrogerons Monsieur Lupin pour voir s'il peut attester de vos paroles. En attendant, je crains de devoir vous garder en détention. Ainsi, qui sait ? Peut-être Monsieur Malfoy nous fera-t-il l'honneur de sa présence et nous épargnera-t-il une longue et fastidieuse recherche de sa personne… Nous attendrons donc tranquillement que l'un ou l'autre de ses messieurs se présentent à notre convocation… »

Sans attendre plus, D'Arconis se leva et quitta la pièce après avoir récupéré son dossier. Harry eut envie de hurler en le regardant partir. Ce connard n'avait pas l'intention du tout de rechercher Remus. Il allait le laisser moisir dans une cellule, patienter pour que Draco se montre et vienne le chercher ! Harry ne doutait pas un instant que Remus aurait menti pour les couvrir. Et même sous Veritasérum, l'homme aurait su les aider si la question était mal posée, ce dernier les ayant 'formé au combat' pour l'affrontement contre Voldemort.

Il était en train de paniquer sur sa chaise quand deux Aurors entrèrent dans la pièce. Il releva la tête mais fut pétrifié aussitôt. Les chaînes lui furent enlevées et il fut lévité, cette fois, pour être transporté hors de la salle d'interrogatoire. Sceptique, Harry regarda le décor changer tandis qu'on lui faisait traverser plusieurs couloirs déserts. Quand ils s'arrêtèrent finalement, ce fut pour le faire entrer dans une pièce qui le fit frémir. Il n'y avait aucun barreau, aucune chaîne mais il put sentir que les murs étaient enduit d'argent. Même la porte ! Il n'y avait qu'un petit lit dans la pièce aux murs blancs sales et un cabinet de toilette avec un évier ébréché. Il fut déposé sur le lit puis les aurors sortirent. Des barreaux apparurent devant la porte et l'un des hommes leva le sort avant de la claquer, le laissant seul dans la petite pièce. Paniqué, Harry s'écarta des murs, se jetant sur le sol. Il se mit au milieu de la pièce, espérant ainsi atténuer la douleur due à l'argent imprégnant les murs.

Recroquevillé par terre, il enfouit son visage dans ses genoux, serrant ses jambes contre son torse. Ses seuls avantages dans la situation étaient que, alpha ou non, Draco n'était pas seul. Il ne deviendrait donc pas fou face à son absence prolongée. Mais connaissant son amant, il était tout à fait capable de devenir fou de rage à la perspective d'être privé de son compagnon. Son dernier espoir reposait aussi sur sa récente victoire contre Voldemort. Avec un peu de chance, le peuple sorcier ne se laisserait pas influencer par une quelconque conférence de presse attestant de sa liaison avec un alpha dangereux et criminel. Avec un peu de chance, Hermione, Ron et le reste de l'ordre sauraient faire opposition à cette opinion… Il n'avait plus qu'à croire en ses amis et à espérer que Draco soit suffisamment contrôlé que pour ne pas intervenir…

oOo

Draco avait senti tout de suite que quelque chose n'allait pas. Il avait perçu l'excitation d'un combat puis l'angoisse latente de son amant. Puis une vague de rage, de frustration, de terreur fluctuant brutalement. Draco s'était alors figé, regardant autour de lui d'un air paniqué. Son comportement n'échappa pas à Chyreer, Gabriel et Joshua qui étaient à ses côtés à ce moment là. Un tremblement secoua son corps puis, sans hésiter une seconde, Draco se précipita vers la sortie du village, les autres loups derrière lui, le questionnant encore et encore pour tenter de comprendre ce qu'il se passait. Peu disposer à perdre son temps à parler, il ne répondit pas. Il fallait qu'il se rende au Terrier, qu'il rejoigne Harry pour savoir ce qu'il se passait. Qui avait osé le blesser, qui avait attaqué ? Car il avait ressenti cette adrénaline typique des combats. Quelque chose de mauvais se passait et Draco n'aimait pas ça du tout.

Alors qu'il atteignait enfin la sortie et qu'il avait la possibilité de transplaner, deux cracks le firent stopper. Face à lui, le visage en larmes pour l'une et tuméfié pour l'autre, Hermione Granger et Ron Weasley se tenaient. Draco tourna aussitôt sont attention sur eux, humant malgré lui leur parfum pour trouver celui de son compagnon. Il ne sentit rien lui indiquant qu'Harry allait bien, au contraire : des odeurs inconnues s'étaient rattachées aux deux Gryffondor.

« Que s'est-il passé ? hurla-t-il presque, s'avançant de manière menaçante vers les deux humains.

-Les… Les Aurors, sanglota Hermione, attirant son attention. Ils étaient au Terrier quand Harry est arrivé. Ils sont venus pour l'arrêter…

-Quoi ? », hurlèrent Draco et Gabriel, Joshua se contentant de lever les yeux au ciel alors que Chyreer fronçait les sourcils.

D'autres loups, à proximité, s'approchèrent pour écouter, inquiets.

« Ils sont venus l'arrêter, répéta Hermione, tentant de reprendre contenance. Ils sont arrivés très tôt ce matin et ils nous ont empêchés de vous prévenir. Quand Harry est arrivé, ils se sont jetés sur lui ! Nous n'avons rien pu faire !

-Mais pourquoi ? demanda Chyreer, horrifié. Nous ont-ils découvert ?

-Non, je ne crois pas, répondit Hermione. Sinon, ils seraient déjà là. Mais à mon avis, c'est une des raisons de l'arrestation d'Harry. Je pense que… »

Elle regarda Draco avec désespoir et celui-ci comprit immédiatement.

« Ils me cherchent, dit-il, la voix rauque, son aspect humain de moins en moins présent. Ils l'ont arrêté pour me faire sortir de mon trou.

-Probablement, intervint Ron. Vous étiez proches pendant la bataille, n'importe qui a pu en témoigner…

-Si ce n'est que ça, je vais me rendre ! s'exclama Draco. S'il leur faut absolument un procès pour mes actes…

-Non ! répondit Hermione aussitôt. Draco, je ne crois pas qu'il n'y ait que ton passé de mangemort… je crois que ce qu'il cherche, c'est… enfin… tu es immense ! Tu as dirigé Gabriel et Harry pendant tout le combat de Poudlard… Il ne faut pas être Archimède pour en tirer les conclusions qui s'imposent !

-Ils font une chasse à l'Alpha, intervint Joshua, l'air hargneux. Ils ont compris que tu en étais un ou presque et ils veulent te capturer pour te tuer. Ça n'a rien à voir avec ton passé de mangemort ! »

Draco resta silencieux pendant de longues minutes, pétrifié. Il ne s'attendait pas à une telle répercussion. Bien sûr, il savait que les alphas étaient interdits en Angleterre, mais de là à être menacé si tôt, alors qu'il n'était même pas un loup adulte…

« Quel est le plan ? demanda Draco à Hermione. Tu as un plan, n'est-ce pas ? Tu es intelligente, non ? »

Hermione écarquilla les yeux en l'entendant et eut l'air dépassée pendant quelques secondes. A leur grande surprise, se fut Ron qui prit la parole.

« On doit réunir l'Ordre de toute urgence, dit-il. Ça nous dépasse, ce n'est pas de notre ressort. On ne peut pas juste envahir le ministère et hurler, c'est la justice magique ici. Même Kingsley ne pourra rien faire ! Il nous faut l'aide des adultes !

-Bien, réunissez l'Ordre, répondit Draco. Vite. Dites-moi où ? »

Ron et Hermione se consultèrent du regard, hésitant.

« Poudlard est trop exposé, n'importe qui peut y entrer et les Aurors vont se douter qu'on va tenter de se réunir, toi inclus, pour préparer une contre-offensive, il nous faut un endroit où ils ne penseront pas nous trouver !

-Pas ici, intervint Joshua. On ne peut pas exposer le village, je suis certain que vous pouvez le comprendre.

-Mais où, alors ? demanda Hermione, agacée.

-L'Overlook, intervint Gabriel, à la grande surprise de tous. Quoi ? Ils n'imagineront jamais qu'on se retrouve là-bas et les Etats-Unis acceptent les loups-garous. Nous pourront nous y rendre sans problème pour préparer l'accueil pendant que vous prévenez tout le monde. On enverra des portoloins ici, Ron et Hermione viennent les chercher et on s'y retrouve tous. On peut même convier certains alphas étrangers qui pourraient militer contre l'intolérance de l'Angleterre. Les relations publiques sont importantes pour un pays… Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dis ?

-Gabriel, tu es un géni ! s'exclama Hermione. Préparez tout ça, prévenez nous quand on peut venir chercher les portoloins, Ron et moi allons contacter tout le monde ou ceux qu'on peut trouver. Nous reviendrons en soirée pour récolter les portoloins, on se retrouve à l'Overlook cette nuit !

-Du calme, on ne sait même pas si l'Overlook aura une salle à nous louer !

-Peu importe, bougez ! Essayez, on revient pour le souper pour chercher le nécessaire si possible, allez ! »

Hermione et Ron disparurent presque aussitôt, laissant les loups-garous un peu surpris derrière eux.

« Quelle autorité, se moqua Joshua. Qui transplane à l'Overlook ?

-J'y vais, répondit Draco. Il me reste de l'argent que mon père m'a offert pour Noël, ça devrait suffire pour réserver une salle en urgence, le manque d'information sur les participants risque d'être un problème, cependant.

-En comptant les morts et en se donnant dix pourcents d'absentéisme, ça ne devrait pas être un problème, répondit Gabriel. Dis une cinquantaine de personne, pas besoin de pause café, ce sera la nuit, j'admets, mais quand même. Demande un sort d'intimité, juste au cas où quelqu'un viendrait espionner.

-D'accord, j'y vais. Chyreer, Joshua, vous vous occupez du village ?

-Comme toujours, répondit le plus vieux en levant les yeux au ciel. Ces sorciers… rien que des ennuis, je l'avais bien dit ! »

Draco ne répondit pas, la mâchoire crispée. Il n'avait pas le temps ni l'envie. Perturbé, il dut se concentrer un maximum pour parvenir à transplaner. Il changea d'avis à la dernière minute et se tourna vers Gabriel, resté en retrait.

« Tu viens ? demanda-t-il en lui tendant la main.

-Pour quoi faire ? demanda le blondinet en s'approchant.

-Réserver la salle, répondit Draco. Je m'occupe des tribus de loup-garou. Tu ne peux pas transplaner, je le peux. J'ai besoin que tu t'occupes du reste. »

Gabriel acquiesça et, dans un pop, ils disparurent.

oOo

Gabriel n'avait eu aucun mal à réserver une salle à l'Overlook pendant que Draco se chargeait de transplaner un peu partout en Amérique. Ignorant totalement où se trouvaient les chefs de meute qu'il cherchait, il se rendit d'abord à Washington où se trouvait les dirigeants du monde magique américain. Pendant tout son voyage, il remercia son père et son éducation : sans ça, il n'aurait pas su où se rendre.

Tandis qu'il marchait dans la ville moldue, rejoignant le quartier sorcier qui était habillement dissimulé dans la grande ville et ignorant les coups d'œil sceptique à son attention, il priait pour obtenir les coordonnées assez vite. A peine arrivée à l'équivalent du ministère, son identité lui fut demandée et il n'hésita pas à se présenter :

« Draco Malfoy, loup-garou alpha de la principale meute d'Angleterre. Je souhaiterai obtenir les coordonnées de l'alpha le plus influent de votre pays. »

La sorcière au guichet le regarda pendant de longues secondes, mi-admirative face à son physique, mi-déstabilisée par la demande originale. Elle se remit de sa surprise lorsque Draco émit un léger grognement.

« Euh… Patientez, j'appelle un responsable ! »

Sans surprise, le responsable était accompagné de six Aurors, tous à l'air menaçant. Il fut introduit dans une série de bureau où il dut justifier sa demande pendant deux heures, à son plus grand agacement. Il resta néanmoins calme, jusqu'à ce que le président des sorciers américains n'apparaisse. L'homme avait une taille moyenne et n'avait rien d'extraordinaire physiquement, si ce n'est qu'il présentait cet air rusé qu'avait tout politicien. Des cheveux gris, élégamment coiffés vers l'arrière, un costume moldu manifestement très cher sur le dos, il donna des sueurs froides à Draco dès qu'il le vit.

« Je ne le croyais pas quand on m'a fait part de votre présence et de votre demande pour le moins original, mais il semblerait que c'est vrai : Draco Malfoy, fils du mangemort Lucius Malfoy, est bien dans notre pays, dans notre capitale, à demander une adresse… Que pouvons-nous faire pour vous exactement, Monsieur Malfoy ?

-Sans vouloir vous offenser, Monsieur, j'ai déjà donné cette réponse dix-sept fois, si je ne me trompe, à vos hommes de mains. Aucun n'a été assez intelligent pour vous le dire ?

-Oh, ils me l'ont tous dit. Vous avez besoin de l'adresse de notre loup-garou alpha le plus influent pour une affaire de… réclusion pénitentiaire de votre compagnon ?

-De Harry Potter, très exactement, répliqua Draco. Ils le retiennent pour que je me livre. Je suis un alpha, les alphas sont interdits en Angleterre, nous sommes condamnés à mort car jugés trop dangereux. J'espérais que Jack Prinston pourrait nous aider dans cette lutte de discrimination.

-Oh, oui, un alpha tentant d'apaiser les idées étriquées des anglais, quelle bonne idée…

-Ce n'est pas judicieux, je sais, mais j'espérais qu'il pourrait également vous contacter et vous persuader de plaider notre cause auprès de notre pays. Outragez-vous, les américains sont doués pour ça ! »

L'homme esquissa un sourire.

« Nous sommes doués, c'est vrai, mais vous pourriez me convaincre d'agir, non ? Qu'est-ce que mon pays y gagnerait à s'outrager pour les actions de l'Angleterre envers leur héros national ? Outre le fait qu'ils ne sont pas très reconnaissant, je crois savoir que Monsieur Potter vient de vous délivrer d'un mage noir tenace ?

-Vous n'avez rien à y gagner, c'est vrai, répondit Draco. Je n'ai rien à vous proposer, si Harry parvient à être libéré, je ne compte pas continuer la lutte pour la liberté des loups-garous en Angleterre. Je ne suis pas capable de la mener, de part ma condition, mais quelqu'un doit la mener.

-Et vous voulez que ce soit notre pays…

-Vous êtes une des plus grandes puissances mondiales. L'Angleterre aurait tout intérêt à rester vos amis…

-Et nous n'avons aucun intérêt à déclarer la guerre à l'Angleterre. Nous avons un pacte depuis des centaines d'années qui nous en garde…

-Alors vous n'allez rien faire.

-Je n'ai pas dis ça. Mais dans l'immédiat, je ne peux rien faire, répondit le président.

-Pourrais-je tout de même avoir les coordonnées de Jack Prinston ? »

Le président grimaça.

« Est-ce nécessaire ? Nous avons parlé directement…

-Oui, ça l'est, répondit Draco. C'est pour ça que je suis venu. Je pourrai lui expédier un hibou mais il ne le recevrait pas à temps pour notre réunion et j'ai besoin de son avis. »

Le président le regarda pendant un long moment. Il finit par sortir de sa poche un papier qu'il lui tendit. Quand Draco le prit, il ne fut pas surpris d'être emmené ailleurs.

La meute principale d'Amérique du nord n'était pas cachée. Elle était reconnue par son pays, c'est pourquoi Draco ne s'étonna pas d'atterrir dans une vraie ville et non pas dans un village au fond des bois. La ville était entourée de forêts, mais c'était une ville malgré tout. Il était sur le seuil de ce qui devait être la mairie, sur une immense place où déambulaient des lycanthropes. Aucun n'avait l'air inquiet ou aux aguets, ils avaient l'air tranquille alors qu'ils se promenaient. Certains lui lancèrent un regard sceptique suite à son arrivée, mais personne ne sonna l'alerte. Draco était dans une ville en paix, c'était un fait !

Sans s'attarder une seule seconde sur le calme urbain, il tourna les talons pour pénétrer dans l'immense mairie, passant la porte à double battant sans la moindre douceur. Il fut surpris de constater qu'il n'y avait personne dans le hall, juste un bureau d'accueil vide. Méfiant, Draco huma l'air et reconnut l'odeur de Jack en quelques secondes. Il se dirigea aussitôt vers une porte sur la gauche à laquelle il donna un bref coup avant de la pousser. Jack était là, accompagné sans conteste de son second. Il discutait avec quelqu'un dans sa cheminée et Draco ne fut pas surpris de retrouver le visage du président dans l'âtre.

« Ah, monsieur Malfoy, lui dit Jack en se tournant vers lui. Bienvenu, je vous attendais. C'est gentil de m'avoir prévenu, John, je m'en occupe à présent.

-Fort bien, répondit l'homme dans la cheminée. Bonne continuation, monsieur Malfoy. »

Le feu crépita puis l'homme disparut.

« Situation compliquée que la vôtre, monsieur Malfoy, lui dit l'alpha en lui désignant un siège que Draco ignora totalement. Vous êtes venu me demander une intervention ?

-Si elle est possible, en tout cas, mais votre président n'avait pas l'air de penser qu'elle l'était.

-Mon président… aime embêter les jeunes hommes impatients. Asseyez-vous, ne restez pas debout, nous devons discuter. Votre situation, disais-je, est compliquée. L'Angleterre a mis sous les verrous votre compagnon avec comme prétexte qu'il souhaite attirer un alpha, ce que vous n'êtes pas encore. Ils n'auront aucune hésitation à vous séquestrer pendant plus d'un an pour assister à votre anniversaire lupin et ainsi prouver que vous êtes bien un alpha, ce que vous serez, c'est indéniable. Et vous serez alors exécuté. C'est également une certitude. Reste à savoir : qu'envisagez-vous ?

-Une défense, répondit Draco. Pour libérer Harry. Ce ne sont que des présomptions, ils n'ont aucune preuve qu'Harry est mon compagnon !

-Oh, mais ils ont des preuves, au contraire. Ne serait-ce que votre comportement envers lui lors de la bataille de Poudlard, il y a aussi la morsure d'union de Monsieur Potter sur son épaule !

-Elle pourrait être à n'importe qui !

-C'est un fait, renchérit Jack, mais si n'importe qui se présente et dit que c'est sa morsure, ils demanderont une preuve et je doute que vous vouliez voir votre compagnon revendiquer par un autre mâle. »

Draco grogna en réponse.

« C'est une impasse totale, conclut Jack. Vous pouvez vous lancer dans une longue et difficile bataille médiatique et d'opinion pour faire libérer votre compagnon, sans intervenir et sans vous livrer, mais il restera toujours un avis de recherche à votre nom. Greyback a vécu caché toute sa vie, c'est un fait, vous pourriez facilement faire pareille. Mais… le voulez-vous ?

-Je l'ignore, répondit Draco. Ce que je sais, c'est que je n'ai pas envie de me livrer à une guerre d'opinion !

-Et pourtant, c'est exactement votre direction, répondit Jack. Réfléchissez, Draco, vous n'avez pas le choix. Vos amis et vous allez devoir militer pour demander la sortie de Monsieur Potter, arguant tantôt qu'il est le sauveur du monde magique, tantôt que les loups-garous ne sont pas dangereux tant qu'ils sont dirigés par des alphas. Vous êtes en plein dans une guerre d'opinion, vous n'avez pas le choix, le ministère anglais vous y oblige par leur arrestation. Vous pouvez aussi bien pénétrer le ministère dans une mission suicide de libération, mais… votre acte sera certainement récompensé par une chasse à l'homme. Ou plutôt, une chasse au loup. Et alors là, c'est tout votre village que vous mettrez en péril. Quels sont vos premiers mouvements, qu'avez-vous prévus ? »

Draco poussa un soupir en passant une main harassée dans ses cheveux, hésitant. Il reprit pourtant son sang froid en s'expliquant.

« On va se réunir à l'Overlook avec l'Ordre du Phoenix, expliqua-t-il. C'est l'organisation principale qui combattait Voldemort. On va discuter et voir nos options puis agir.

-Vous les connaissez vos options, reprit Jack. Et elles ne sont pas réjouissantes. Je vais venir à votre réunion car je pense que le point de vue d'un loup-garou qui a déjà du affronter cette situation pourrait vous être utile mais… personnellement, je peux déjà vous dire que vous allez avoir besoin d'un journaliste, d'un parti politique, de partisans… ça peut aller loin, ce genre de combat. »

Draco acquiesça, déprimé. Harry et lui ne voulaient pas ça ! Ils en avaient parlé juste avant la bataille finale, au Terrier. Ils étaient décidés à ne pas se jeter dans ce genre de combat et voilà qu'ils y étaient obligés. Malgré lui, Draco souhaita presque avoir fuit avec son amant, avant la bataille. Ils auraient du le faire, bon sang ! Ils n'avaient pas besoin d'eux, Harry avait déjà fait le plus dur en détruisant les horcruxes alors merde, ils auraient pu partir ! Combat final ou pas, Voldemort était mortel, Harry aurait pu s'abstenir.

Agacé par ses regrets, Draco finit par relever la tête pour regarder un Jack à l'air compatissant.

« Vous sauriez essayer de prévenir d'autres chefs de meute ? demanda Draco. Carlos, peut-être ? Le fils de Joshua, aussi… Je ne sais pas trop qui d'autre…

-Je m'en occupe, répondit Jack, compatissant. A quelle heure est la réunion ?

-A quatorze heure trente, heure locale, répondit Draco. Demandez à l'accueil la salle de réunion de Draco Malfoy, ils vous guideront.

-Bien, nous serons là, répondit l'homme avec douceur. Maintenant, rentrez chez vous, réunissez-vous et… trouvez des journalistes, éventuellement. »

Draco acquiesça, l'esprit troublé. Il commençait seulement à se rendre compte du chemin qu'ils allaient devoir emprunter. De la route escarpée qu'il allait devoir parcourir pour retrouver Harry. Bon sang, pourquoi l'avait-il laissé partir, le matin même ? Pourquoi ne l'avait-il pas gardé avec lui, encore quelques jours… Il était certain qu'un des Weasley aurait pu s'échapper pour le prévenir. Dès lors, Harry serait resté bien sagement au village et alors… alors rien. Ils auraient vécu leur vie tranquillement, cachés du monde, en sécurité. A la place de quoi, ils allaient devoir se battre, chacun de leur côté. Et Merlin seul savait ce qui arrivait à Harry en ce moment même.

« Pitié, tout sauf de la torture… »

Draco était déjà sorti du bureau quand cette idée horrible lui percuta l'esprit et il resta pétrifié sur les marches de la place, le corps légèrement tremblant. Paniqué, il ferma les yeux et inspira au maximum, se concentrant sur Harry. Ce dernier ressentait de la colère. De la tristesse, aussi. Mais pas de douleur. Beaucoup de frustration. Mais pas de douleur. Soulagé, Draco parvint à reprendre son esprit. Il s'apprêtait à transplaner à l'Overlook pour reprendre Gabriel quand il eut une idée. Il y avait quelqu'un d'autre qu'il devait inviter à cette réunion. Quelqu'un qui pourrait peut-être les aider dans ce combat d'opinion. Fermant les yeux, Draco disparut à nouveau.

Réapparaître en plein Londres n'était pas sa meilleure idée, surtout en plein jour, dans une rue piétonne. Heureusement, il n'y avait personne. Draco regarda autour de lui pour s'assurer qu'aucun moldu n'était à sa fenêtre, à guetter le facteur ou Merlin savait quoi d'autre. Mais encore une fois, personne. Soulagé, il n'attendit pas plus longtemps et gravit les quelques marches lui permettant d'atteindre la porte sur laquelle il tambourina de toutes ses forces, espérant qu'ils étaient réveillés. Il eut sa réponse quelques secondes plus tard lorsque le battant s'ouvrit brutalement sur un homme magnifique, vêtu d'un complet bleu nuit. Alrick haussa un sourcil presque moqueur à son intention en le regardant mais une voix dans le salon stoppa le combat des regards.

« Fais-le entrer, mon cœur. »

Souriant à l'appellation, Alrick s'écarta pour laisser place à Draco qui s'empressa d'entrer dans la demeure. Cette dernière était plongée dans le noir, chaque fenêtre couverte par de lourds rideaux en velours. Draco n'y prêta pourtant aucune attention, focalisé par le salon d'où s'échappait une petite musique en sourdine. Sans attendre un geste ou un mot du calice de son arrière-arrière…ect. Grand-père, Draco s'avança jusqu'à la pièce. Devis était noblement installé dans un canapé, un livre épais sur les genoux.

« Content de te revoir enfin, Draco, lui dit son aïeul. Pourquoi ne viens-tu que pour me demander de l'aide ? C'est vexant…

-Tu es déjà au courant…, insinua Draco.

-Bien entendu ! répondit Devis avec emphase. La nouvelle a fait le tour du monde sorcier en moins d'une demi-heure, la Gazette n'a jamais imprimé une édition spéciale aussi vite. A croire qu'ils étaient au courant… Bref, je suppose que tu viens pour me demander de l'aide quant à la libération de ton cher et tendre…

-Tu supposes bien, répondit Draco. Je ne sais pas ce que je peux faire et je… Enfin… »

Avec beaucoup de respect, Draco regardait Alrick qui esquissa un sourire.

« Tu as besoin de mes services, en conclut le calice, amusé.

-Tu es avocat, souligna Draco. Et mythomane…

-Draco, siffla Devis. Même si c'est vrai, pas besoin de le rappeler. Tu veux donc que je te prête mon calice pour t'aider à faire sortir ta petite chienne de sa cage d'argent…

-Cage d'argent ? s'affola Draco.

-Tu ne crois quand même pas qu'il est confortablement installé dans une banale cellule ? s'exclama le petit vampire, amusé. C'est un loup-garou ! Bien sûr que sa cage est en argent. Enfin, quand je dis cage… ça n'en est pas une au sens propre, je te rassure. Enfin, je crois…

-Non, ça n'en est pas une, rassura Alrick, l'air sincère. J'ai déjà visité les installations du ministère il y a cent ans. Les cellules de lycanthropes paraissent normales, aucun argent n'est apparent à l'exception des barreaux devant la porte d'entrée, mais je sais de source sûr que les murs en sont induis. C'est dans la peinture…

-Une peinture mêlée d'argent ? s'exclama Draco.

-Diluée, oui, répondit Alrick. L'avantage, c'est que ça ne fait qu'affaiblir ton compagnon, ça ne le tue pas.

-Comme c'est rassurant, se moqua Draco. Allez-vous m'aider ? »

Alrick et Devis se regardèrent. Pendant de longues secondes, aucun ne répondit puis, finalement, Devis referma son livre et le regarda avec sérieux.

« Non, dit-il.

-Quoi ? s'exclama Draco.

-Ne le prends pas mal, très cher, mais nous ne pouvons pas t'aider pour l'instant. Nous sommes sur une affaire importante.

-Une affaire importante ? cria le plus jeune, furieux. Et qu'est-ce qui peut être plus important que la libération d'Harry ?

-A tes yeux, rien, lui répondit Devis. Malheureusement, aux miens, bien plus que ça. Actuellement, je ne peux rien faire pour t'aider, Alrick doit se concentrer sur une autre affaire pénale.

-Quelle affaire pénale ? tempêta Draco.

-Celle de ton père », répliqua Devis.

Draco se tut, estomaqué. Pendant quelques minutes, il ne trouva rien à dire avant de se mettre à rire. C'était un rire proche de l'hystérie plus qu'autre chose.

« Mon père ! s'exclama-t-il. Tu essayes de faire libérer mon père !

-En effet, répondit Devis. Je ne pense pas que tu ignores quelle est actuellement la situation dramatique de la famille Malfoy. Ton père et ta mère sont en prison et les deux futurs héritiers Malfoy avec eux. Ta mère pourrait bénéficier de clémence de par son état mais ton père risque le baiser du détraqueur. Et avec sa mort, qui pourrait éduquer les futurs héritiers Malfoy ? Ta mère ? C'est une folle, elle l'a prouvé quand tu as été mordu. Alors qui prendrait la relève, à ton avis ? La sœur de ta mère, Androméda Tonks ? Le pire scénario qu'on puisse imaginer pour notre famille ! Une amoureuse des moldus qui éduque nos héritiers ! Moi vivant, jamais ! Comme ni toi, ni moi ne pouvons revendiquer leur tutelle, il me faut libérer ton père de prison afin qu'il puisse s'assurer de la continuité de la lignée. Et je suis désolé de te le dire, l'affaire est trop complexe pour que je laisse Alrick se disperser. J'ai besoin de lui.

-Alors tu es prêt à abandonner mon compagnon pour une cause perdue ? Personne de saint d'esprit ne laissera mon père sortir de prison, il est un mangemort reconnu !

-Et c'est ce qui rend cette affaire particulièrement difficile. Alrick ne peut pas t'aider, Draco. Je suis désolé mais c'est mon dernier mot. »

Le blond serra les dents, regardant son ancêtre avec amertume. Il savait que le calice était très talentueux dans son domaine, du fait qu'il n'hésitait pas à mentir comme un arracheur de dent si cela était nécessaire. Il avait compté sur lui pour trouver une solution éventuelle… A présent, il était totalement au pied du mur. Il n'avait plus le choix.

« Très bien, répliqua-t-il avec acidité. Si c'est ton dernier mot… »

Draco tourna les talons et sortit de la maison. Il claqua la porte derrière lui, furieux. Que Devis ne compte pas sur lui pour revenir le voir un jour !

oOo

Harry avait fini par enlever le matelas du lit de métal appuyé contre un mur pour le disposer au milieu de la cellule et s'y étendre. La pièce n'était pas bien grande, mais se coucher en son centre atténuait légèrement l'exposition à l'argent qui suintait des murs. Recroquevillé sur le petit matelas, il tentait désespérément de garder son calme, sans toutefois y parvenir. Trop de colère l'habitait, trop de rage et de frustration. Il n'avait qu'une envie : sortir de là pour aller arracher la tête de Ginny Weasley. Cette petite garce jalouse… Elle avait ouvert sa grande bouche pour le blesser, il n'en doutait pas un seul instant. Elle avait osé les vendre, Draco et lui… Comme si le doloris n'était pas suffisant. Oh, mais elle n'allait pas s'en sortir comme ça. Oh, que non. Même s'il devait attendre des années pour la tuer, elle n'allait pas survivre à sa sortie de prison. Et s'il n'en sortait jamais – il devenait pessimiste au fur et à mesure que les heures s'écoulaient – alors il porterait plainte pour utilisation d'un impardonnable sur sa personne. Après tout, ils pouvaient être deux à jouer sur ce terrain de délation.

Il n'avait eu aucune visite depuis son incarcération, aucune nouvelle. S'il n'avait pas été si obstiné d'échapper aux murs d'argent, il aurait arpenté la salle comme un fou furieux. Donné des coups dans le mur lui semblait être une bonne idée. Mais il s'inquiétait surtout pour Draco, dont il n'avait pas la moindre nouvelle. Oh, il sentait ses sentiments, sa colère, son horreur et sa peur… mais il ne savait pas ce que son amant avait prévu de faire. Tant qu'il n'acceptait pas de se rendre… Harry aurait aimé lui transmettre un message, lui faire comprendre qu'il ne devait surtout pas céder au chantage du ministère, mais il n'avait aucun moyen d'en parler avec le blond. Il y avait les rêves, bien sûr, mais Harry n'avait jamais réussi à lui transmettre de message. Il lui avait frôlé l'épaule un jour mais, depuis, il n'avait jamais réussi à réitérer son exploit.

Depuis combien de temps était-il enfermé là-dedans ? Trois heures ? Quatre ? Il devenait déjà fou après si peu de temps à rester entre ces quatre murs. Après réflexion, Harry se dit qu'il devait bien avoir des droits. Ne serait-ce qu'à celui de se dégourdir les jambes ou à un quelconque divertissement, un livre, une gazette ? Résigné, il se redressa sur le lit pour se poster face à la porte, en attente. On finirait bien par venir lui donner à manger. A partir de là, il essaierait d'obtenir quelque chose, n'importe quoi, qui puisse l'occuper un peu, pendant sa longue attente.

oOo

Il y avait du monde, dans la salle de réunion. Étaient venu les membres de l'ordre qui pouvaient se libérer sans paraître suspects, tels que les Weasley, Tonks et Remus. Du côté lupin, Joshua avait insisté pour venir, même s'il avait détesté utiliser un moyen sorcier pour se déplacer. Jack était présent, ainsi que sa compagne et son second. Le fils de Joshua, Pierce s'était déplacé également, bien qu'il ne semblait pas préoccuper un instant par le motif de la réunion. Son regard, quand il n'était pas posé sur son père, déviait de temps en temps vers un Gabriel occupé à parler avec Seamus Finnigan.

La quasi-totalité de l'AD s'était déplacé, du moins ceux qui en avaient la capacité physique. Certains étaient encore à Sainte-Mangouste après le combat contre Voldemort, mais personne ne semblait s'en inquiéter. D'autres affichaient de telles blessures que leur imprudence faisait grimacer certaines des personnes présentes. En regardant tout ce monde rassembler pour aider Harry, Draco espéra qu'ils seraient suffisants. Mais ils n'étaient qu'une poignée dont les plus influents venaient de pays étrangers. Pire, Jack avait clairement sous-entendu qu'ils ne pourraient peut-être pas intervenir pour lui. D'abord, la crise devait prendre assez d'ampleur pour que les autres pays daignent s'intéresser au cas de l'Angleterre… Et ça pouvait prendre des mois…

Son air sombre n'échappa à personne alors que tous s'installaient à l'immense table qui était disposée dans la pièce. Les responsables de l'Overlook avaient bien fait les choses, tout le monde se voyait, tout le monde pouvait s'entendre et des sorts d'intimité empêchaient quiconque de fouiner depuis l'extérieur. Ils étaient prêts pour la réunion secrète. Dans la salle, tout le monde se tut graduellement pour regarder ensuite Draco qui, résolut, pris la parole.

« Je vous remercie tous d'être venu si vite, dit-il, le visage fermé. J'ignore si ce conciliabule pourra nous aider à… tirer Harry de là, mais… Plusieurs cerveaux valent mieux qu'un, donc…

-Allons au ministère, s'emporta brutalement Neville Londubat, furieux. Sortons-le simplement de là !

-Neville, c'est le ministère, intervint Arthur Weasley, scandalisé.

-Et alors ? On y est entré à 15 ans sans problème, on peut recommencer, intervint Ron, manifestement d'accord avec son ami Gryffondor.

-Et que va-t-il se passer, si nous le faisons ? demanda Hermione. Quel impact cela va-t-il avoir ? Nous venons tout juste de nous débarrasser d'un mage noir et vous voulez attaquer le ministère pour aider Harry à s'échapper ? Dans l'état actuel des choses, c'est la pire idée que vous puissiez avoir !

-Comment peux-tu dire ça ? s'emporta Seamus, l'air scandalisé.

-Parce que je réfléchis ! répliqua Hermione. Aider Harry à s'échapper va créer un climat d'insécurité, sans oublier que personne ne sera dupe quant à l'identité de ceux qui l'auront aidé ! Tout le monde aura conscience que nous serons les instigateurs de cette fuite !

-Tu as peur pour ta peau, Granger ? demanda froidement Draco, l'air furieux.

-J'ai peur pour nous tous, répliqua-t-elle. Et ça vaut autant pour nous, les humains, que pour vous, les lycanthropes ! Ils ne vont pas vous laisser vivre en paix, ils vont vous chercher, vous pourchasser !

-Je suis d'accord avec la demoiselle, intervint Jack. Le ministère n'aura aucun doute qu'Harry et toi êtes ensembles, que vous formerez une meute, qu'elle soit composée de deux membres ou plus les importera peu. La seule chose qui les intéressera sera de vous retrouver, de te tuer vu que tu seras l'alpha. C'est une très mauvaise idée. Si vous voulez vivre en paix, vous devez passer par la voie officielle.

-Et quelle est cette voie ? » demanda Draco.

Presque timidement, Tonks leva la main, hésitante.

« Si je puis me permettre, dit-elle. En tant qu'Auror, je suis celle qui connaît le mieux la loi sorcière. »

Draco hocha la tête, l'invitant à parler.

« Actuellement, Harry est enfermé dans une cellule dont la peinture est enduite d'argent, de façon à l'affaiblir. Cette cellule a été créée expressément pour le cas où un compagnon présumé d'alpha serait arrêté. Elle est en activité depuis les années 1200. Selon la loi régissant le cas lycanthrope – Joshua renifla en l'entendant prononcer ces mots – le ministère a le droit d'y… maintenir en captivité un loup-garou pour une durée d'un an et un jour.

-Quoi ? s'horrifia Gabriel.

-Mais c'est inacceptable ! s'écria Arthur, horrifié.

-C'est un long moment, concéda Tonks. Mais… après un an et un jour, ils sont obligés de relâcher le loup-garou faute de preuve concernant la liaison entre un alpha et lui. Cette mesure part du principe qu'un compagnon, un alpha isolé qui plus est, ne peut rester séparer de son compagnon sur… une aussi longue période de temps. »

Tonks regarda Draco, l'air désolée.

« Sauf que je ne suis pas un alpha isolé, dit-il, les dents serrées.

-Mais tu ne tiendras pas, intervint Joshua. Avec ou sans meute, tu as besoin de ton compagnon. Oh, tu tiendras plus longtemps qu'un alpha seul qui, au bout de deux mois, finirait par se rendre. Mais tu céderas avant un an. Le manque sera trop fort.

-Le manque ? demanda Hermione. Mais… Ils ont passé la danse, alors…

-Alors tu crois que seule la danse peut nous faire perdre le contrôle, grogna le vieil homme. Tu sous-estimes le lien. Nous avons besoin de notre compagnon. C'est un besoin viscéral, vital. Même une meute, même l'amour inconditionnel d'un ami ou d'un parent ne peut combler le vide laissé par l'absence d'un compagnon. C'est insidieux, mais c'est là. Le manque s'installe et nous ronge, de la tête aux pieds…

-Mais… Tu survis, non ? demanda Ron, plus courageux qu'Hermione face à l'air sombre de Joshua.

-Ah, mais mon cas est différent, répliqua Joshua, un sourire amer sur les lèvres. Ma femme est morte. Ma seule possibilité pour la rejoindre serait de mourir. Et même si parfois, c'est tentant, je sais qu'elle ne me le pardonnerait pas. Je peux supporter de vivre sans elle car elle n'est plus là. Mais ce n'est pas le cas d'Harry. Il est encore en vie. Il respire, quelque part. Et si Draco peut y résister maintenant, ça finira par le faire devenir fou. Je lui donne… six mois ? Peut-être sept. Mais pas plus. Il ne tiendra jamais un an et un jour. »

Tout le monde se tourna vers Draco dont le visage exprimait clairement son accord. Il n'avait jamais du se tenir éloigner loin de Harry, si on excluait le début de leur relation. Mais à cette époque, c'était plus facile de rester éloigner, sachant qu'Harry ne voulait pas de lui. Maintenant qu'ils étaient liés par la morsure réciproque, par la transformation d'Harry, il savait qu'il ne pourrait pas tenir. Joshua était encore gentil de lui accorder six mois. Il ne s'en donnait pas trois.

« Vous avez un avantage considérable, intervint Jack, le coupant dans ses pensées moroses. C'est que Harry est un héros. Lycanthrope, certes. Présument lier à un alpha, peut-être. Mais un héros ! Personne n'a envie de séquestrer un héros !

-Séquestrer, marmonna Bill Weasley, grognon. Après ce qu'il a fait ! Le séquestrer ! C'est plus qu'une insulte, c'est un crime !

-Ils ne le libéreront pas parce qu'il est un héros, intervint Tonks, l'air désolé. C'est… Ils ont le droit de le maintenir en captivité, peu importe son identité.

-Mais ils peuvent être forcé à le libérer, soutint Jack. Profitez de la vague. Réhabiliter les loups-garous dans votre communauté. Parlez d'intransigeance, invoquez l'intolérance. Prétextez une vendetta anti-créatures, soulignez que c'est ce comportement qui a donné à Voldemort autant de soutien dans son combat, combat qui n'aurait pas été aussi loin s'ils avaient eu plus de droit, plus de reconnaissance. Signalez l'injustice de la vie de nos compatriotes, rejetés, isolés, sans possibilité de faire partie de leur monde, de se construire une vie, d'avoir une famille, un travail… Inspirez la pitié, la révolte. Et au bout du compte, ils ne pourront pas ignorer les protestations.

-Les sorciers ne voudront pas se révolter, intervint le professeur Chourave. Nous sommes trop… confortables, dans nos vies. Et nous venons de sortir d'une guerre. Très peu auront la force de se lancer dans un nouveau combat !

-Au contraire, intervint Pierce, à la grande stupeur des personnes présentes, certaines personnes n'attendent que ça pour oser relever la tête. C'est une période de changement, de bouleversement. Les sorciers, surtout ceux d'origine moldue, ont été persécutés, poursuivis, torturés ou tués… C'est le meilleur moment pour eux de se mettre à la place de tout un peuple qui l'est depuis des années. C'est le meilleur moment pour eux de s'identifier à nous. Il faut faire des parallèles entre ce qu'ils ont vécu pendant la guerre et ce que nous vivons au quotidien. Créer votre propre journal si nécessaire ! C'est également une période de d'élection, si je ne me trompe, suite au décès de votre dernier ministre… Créer votre parti. Ça va prendre du temps, cependant…

-Et nous n'en avons pas beaucoup, dit sombrement Joshua en regardant Draco. Malheureusement, je suis d'accord avec Pierce, il faut en passer par là ! »

Tous hochèrent la tête, bien que Draco serrait les dents, raide. Pourquoi, Merlin ? Pourquoi fallait-il qu'ils soient obliger de faire ça ?

« Tonks, intervint-il, attirant l'attention de tous sur lui. Est-ce que tu crois… que tu peux voir Harry ? Lui parler ? L'informer ? »

La jeune femme hocha négativement de la tête.

« Seul un avocat peut le rencontrer, expliqua-t-elle. En tant qu'Auror touchée personnellement par l'affaire, je ne pourrais même pas m'approcher de lui…

-Bon alors il nous faut un avocat, intervint Hermione. Ah ! Alrick est avocat, non ? intervint la jeune femme, l'air ravie.

-J'ai déjà demandé, répondit sombrement Draco. La réponse est non…

-Quoi ? Mais pourquoi ? s'exclama Ron, l'air déçu. Il ment super bien ! »

Dans la salle, certaines personnes eurent l'air perplexe face à ses mots.

« Je sais, répondit Draco. Mais Alrick est en charge d'une affaire importante et Devis refuse qu'il se disperse…

-Une affaire importante ? demanda Arthur, étonné. Quelle affaire peut être plus importante que de libérer le sauveur du monde magique ?

-Faire libérer mon père, apparemment…

-QUOI ? s'exclamèrent plusieurs personnes présentes, essentiellement sorcières.

-Et il croit vraiment y arriver ? s'étonna Ron.

-Mais pourquoi ? demanda Tonks, totalement perplexe.

-Parce que deux héritiers Malfoy sont sur le point de venir au monde, souligna le jeune homme. Et que mon aïeul refuse qu'ils soient élevés par quelqu'un d'autre qu'un Malfoy… »

Sa phrase eut le mérite de faire réfléchir les personnes présentes qui, bien que grimaçantes, ne dirent pas un mot de plus. Ce fut Hermione qui brisa le silence.

« Bon, alors dans ce cas, il faudra nous passer de lui, dit-elle. Il faudra trouver un autre avocat et il faut aussi que nous commencions à écrire des articles. Le mieux serait de créer une gazette spéciale, juste pour cette cause. Peut-être que nous pourrions même créer tout un groupe !

-Un groupe ? demanda Draco.

-Une association serait plus juste, repris la jeune femme. Une association qui se réunirait sous une bannière, sous un nom précis et accrocheur et qui luterait pour le bien être des lycanthropes !

-D'ici à ce qu'elle nous propose de conquérir le monde, marmonna Ron, arrachant des rires aux lycanthropes qui avaient entendu.

-En fait, cette demoiselle a une bonne idée, bien qu'il faudrait bien entendu assurer au peuple sorcier que vous n'avez pas envie de conquérir le monde ou de reprendre le flambeau abandonner de votre dernier mage noir. Vous pourriez vous déclarer publiquement…

-Il faut d'abord faire la gazette, intervint Hermione. Nous pourrions la distribuer lors de notre déclaration publique…

-Qui se ferait où ? demanda Ron, essayant de suivre.

-Mhmm… Je dirais partout. Au ministère, au chemin de traverse, à Pré-Au-Lard…

-J'ai du mal à suivre, signala Neville, un bandage autour de la tête.

-Bien, je récapitule… »

Hermione se leva et fit apparaître un tableau derrière elle, tous pouvant le voir très clairement.

« Actuellement, le monde sorcier ne donne aucun ou quasi aucun droit aux lycanthropes. Ils ne peuvent travailler dans un poste à haute responsabilité, ne peuvent avoir le moindre emploi en relation avec des enfants… sauf si une personne se propose garante, comme ce fut sans doute le cas avec Remus…

-Dumbledore était mon garant… et Nymphadora l'est, à présent que nous attendons un enfant… »

Hermione pinça les lèvres mais acquiesça sèchement, manifestement choquée.

« Et donc, ils ne peuvent pas non plus avoir leur propre enfant sans la tutelle d'un parent sein, si j'ai bien compris ?

-En effet, répondit Remus, les bras fermement croisés sur sa poitrine.

-Les lycanthropes ont pour ordre de prendre la potion tue-loup aux pleines lunes, intervint Joshua. S'ils ne peuvent se la fournir, et vu son prix, c'est souvent le cas, ils ont l'obligation d'être incarcéré lors des nuits de pleine lune, que ce soit dans une cellule du ministère ou dans leur propre maison, si le ministère approuve leur installation. C'est rarement le cas également. »

Certaines des humains présents grincèrent des dents à leur tour en entendant ça.

« Tout lycanthrope alpha est condamné à la peine de mort, reprit Hermione. Qu'ils soient bons ou mauvais, ils sont jugés dangereux à cause du contrôle qu'ils ont sur les autres membres de leur espèce et sont, de fait, tué sans sommation. »

Dans la salle, cette fois, il y eut nettement plus d'agitation du côté des humains et Seamus fut le premier à oser parler.

« Mais s'il est bon…

-Rien ne prouve qu'il le restera, répondit Joshua, l'air mauvais. Je suis considéré comme un bon alpha… et pourtant, je tuerai bien volontiers les sorciers… »

Les concernés le regardèrent avec stupéfaction.

« Mais… Pourquoi ? demanda Tonks, le regardant avec un certain choc dans les yeux.

-Parce que vous êtes les premiers à nous renier…. Et les premiers à se servir de nous quand vous en avez besoin. En tout temps, vous nous avez utilisés pour vos guerres, nous promettant tantôt des droits, tantôt des libertés… Et je n'ai jamais vu une seule de vos promesses être tenues… »

Le silence et la consternation lui répondirent. Personne dans la salle n'osait le regarder, sauf les lycanthropes dont les yeux tristes démontraient que le vieil homme avait dit la vérité. Jack, toutefois, repris la parole.

« Récapitulons : des droits plus que restrictifs, des emplois limités, une parenté mixte exigée, une séquestration obligatoire une fois par an, et le chantage, en temps de guerre, pour que vous serviez de soldat… Dites-moi, aucun de vous n'a jamais pensé à changer de patrie ?

-Je l'ai fait, signala platement Pierce, l'air indifférent. Et je ne le regrette pas du tout ! »

Les loups-garous anglais grimacèrent en l'entendant.

« J'y ai pensé, avoua Joshua. Mais il reste toujours des lycans attachés à leur patrie et je n'ai aucune envie de les abandonner. Il leur faut un chef, une sécurité… Si tous les alphas partent, que leur restera-t-il ? Greyback partageait cette idée…

-Je la partage aussi, signala Gabriel. Je ne suis pas un alpha, juste un second désigné, mais… Je n'ai aucune envie de changer de patrie juste parce que les lois et ses dirigeants sont stupides !

-Si ce n'était que les lois et les dirigeants, marmonna Joshua.

-Revenons à notre tableau ! intervint Hermione, leur signalant ce qu'elle avait déjà noté, soit le récapitulatif de Jack. Face à tout cela, un groupe de sorciers mêlés de lycanthrope doit lutter. Pour leur bien, je déconseille aux alphas potentiels ou affirmés d'en faire partie, dans un premier temps… »

Elle regarda tour à tour Joshua et Draco.

« Nous allons donc englober l'ordre du Phoenix et l'AD dans ce combat. Nous serons rejoints par tous lycanthropes qui ne risquent pas d'être condamnés à mort. Pour bien faire, il en faudrait deux minimums dans chaque groupe lors de notre déclaration publique. Il nous faut un nom… »

Aussitôt, plusieurs propositions fusèrent, certaines faisant rire, d'autre grimacer. Draco regardait tout cela, le regard vide. Il voyait les choses se construire, les gens autour de lui s'investir, mais il ne parvenait pas à se réjouir. Combien de temps tout cela allait-il prendre ? Comment cela allait-il aider Harry que leur groupe s'appelle « Le droit des loups » ou « Freewolf » ?

« Nous devons avoir un signe distinctif, quelque chose qui signale au monde que nous sommes des partisans des lycanthropes, poursuivait Hermione, alors que plusieurs noms étaient inscrits sur le tableau. Je ne vous propose pas un tatouage, je vous rassure – plusieurs personnes eurent le courage de rire – mais un simple badge, que nous porterons constamment sur nous, pour crier au monde que nous désapprouvons le ministère et que nous voulons une réforme de la loi concernant les lycanthropes et, par-dessus tout, la libération de Harry ! Pour se faire, j'ai pensé que ce badge pourrait être, avec l'autorisation de Draco et Joshua, l'emblème du village. L'emblème de Greyback. »

Le silence accueillit la demande de la jeune femme et tous se tournèrent automatiquement vers les deux hommes mentionnés. Pourtant, Draco, lui, fixait le vide tandis que Joshua grimaçait.

« Ce n'est pas l'emblème de Greyback, marmonna le plus âgé. C'est celui du village. Il était déjà là bien avant que je ne sois en poste comme alpha… Mais si vous le voulez comme signe de ralliement, je n'ai rien contre, tant que vous ne mentionnez pas le village, cela va s'en dire. »

Tout le monde approuva, bien que certains lancèrent des regards inquiets en direction de Draco qui, depuis un long moment déjà, ne disait rien. Le jeune homme fixait simplement le vide, l'air pensif. La discussion repris autour d'eux sans que le jeune homme ne participe ou ne semble s'y intéresser. Il regardait le bois de la table devant lui, réfléchissant à vive allure. Comme dans un brouillard lointain, il entendait Hermione demander à ses amis qui étaient volontaire pour aller manifester dans tel ou tel lieux sorcier, qui avait le temps pour rédiger des articles à poster dans la gazette qu'ils créeraient spécifiquement pour leur cause, à l'aide du père de Luna Lovegood… Mais tout cela était loin, pour lui. Il finit par relever les yeux pour les planter directement dans le regard de Joshua, ce dernier grimaçant à nouveau.

Draco ne prononça pas un seul mot, Joshua n'en eut pas besoin. Il savait déjà que Draco avait compris ce qu'il n'avait pas dit… Draco pouvait tenir six ou sept mois sans voir Harry… Mais Harry, lui qui était seul dans une cellule imbibée d'argent… Combien de temps pourrait-il tenir ?

oOo

On avait fini par lui apporter de la nourriture et Harry avait demandé des distractions. A l'entente de ses mots, l'Auror chargé de le nourrir avait figé un moment, l'air perdu. Agacé, Harry lui avait demandé de quoi écrire et un crayon.

« Une plume et de l'encre ? avait tenté l'Auror, perdu.

-Non, un crayon, cingla Harry. Pas d'encre, pas de plume, c'est énervant. Je veux un crayon ! Demandez à un né-moldu si vous ne savez pas ce que c'est ! Je veux pouvoir m'occuper. Et une petite balle, aussi !

-Une balle ? s'était exclamé l'Auror. Pour courir après ? »

Harry avait levé les yeux au ciel.

« Et la mordiller aussi, avait-il ironisé. Bon, vous allez le demander oui ou non ?

-Oui, oui, je vais le demander », avait répondu l'Auror, sortant précipitamment après avoir déposer le plateau au sol, derrière la grille.

Quand il était revenu deux heures plus tard, il lui avait donné un carnet, un crayon et une balle de tennis. Harry avait vaguement hoché de la tête en remerciement puis il avait commencé à lancer la balle contre le mur pour la rattraper. C'était peut-être un petit jeu, mais au moins, ça l'occupait. Il y passa presque trois heures pendant lesquelles il sentit ses yeux piquer de plus en plus, signe qu'il devait dormir car il en avait besoin. Mais à la place, il continua de jouer pendant un long moment. Quand finalement, il en eut assez, il posa la balle sur le sol, la regardant vaguement, puis se coucha.

Le sommeil eut du mal à venir. Pire, plus il tentait de s'endormir, moins il y arrivait, s'énervant face à son incapacité à dormir. Il fallait qu'il plonge dans le sommeil le plus tôt possible ! De cette façon, Draco serait peut-être réveillé et Harry aurait une chance de s'assurer que son amant soit en sécurité. Il avait besoin d'être certain qu'il ne ferait rien de stupide ! Il avait besoin d'être certain de sa sécurité ! Malheureusement, comme si le sort était contre lui, quand il s'endormit enfin, il ne vit rien. Ou s'il vit quelque chose, il ne s'en rappela pas quand il se réveilla le lendemain, groggy d'avoir passé une nuit sur un vieux matelas trop mince, à même le sol.

Quand il ouvrit les yeux, son petit déjeuner était déjà sur le sol, dans un plateau en fer. Avec lui était roulé un exemplaire de la Gazette, ce qui l'étonna : on lui donnait donc accès aux informations. Stupéfait, Harry s'avança rapidement, attrapa un petit pain dont il avala la moitié sans même le garnir de quoi que ce soit puis attrapa la gazette qu'il déroula. Plusieurs feuillets s'en échappèrent. Fronçant les sourcils, Harry les attrapa et écarquilla les yeux.

Le front de libération des loups-garous présente…

1. Une histoire de lycanthrope !

2. Un héros injustement enfermé !

3. Un parti, une mission : la révision des droits lycanthropes !

Harry resta coi devant les quelques feuillets introduits dans son journal. Très rapidement, ses yeux parcouraient les lignes, sautant de mots en mots sans trop les saisir mais ressentant malgré tout une extase presque insoutenable. Car il n'avait aucun doute, cette gazette, c'était signé Hermione. Et probablement Ron, et d'autres de ses amis. L'entête avait été habilement dessiné, représentant l'emblème du village de Greyback. Et ils avaient poussé le bouchon jusqu'à éditer des photos, une de tout le groupe de front de libération, une autre de lui, lors de sa dernière conférence de presse…

Riant légèrement, Harry repris sa lecture, plus modéré alors qu'il lisait les mots choisis avec soin par ses amis.

En tout temps, en tout lieu, les lycanthropes ont été méjugés par la population sorcière… Et pour quelle raison ? Une nuit par mois, un jour seulement, ils deviennent incontrôlables et dangereux pour l'humanité. Si des mesures de protections ont été prises par le passé, elles n'ont guère évolué, depuis.

Notre nation a besoin de se moderniser, concernant les lycanthropes – et sans doute bien d'autres créatures !

Après la guerre contre Voldemort, nous n'avions pas l'intention de nous lancer dans ce combat tout de suite, ni même avec autant de fougue ! Mais il est nécessaire, maintenant qu'Harry Potter, Sauveur de notre communauté mais également lycanthrope, a été enfermé au sein du ministère pour présomption de liaison avec un alpha, à savoir Draco Malfoy.

A travers cette gazette improvisée, nous, le front de libération des lycanthropes, nous engageons à révéler la vérité concernant des créatures, non, des êtres humains ! injustement exploité et persécuté depuis des années, sous le couvert de la protection du monde des sorciers !

L'introduction laissait place au premier point qu'Harry lut avec un sourire tendre sur les lèvres. Dans les mots soigneusement choisis, il reconnaissait la patte de Gilbert, professeur au village des lycanthropes. L'homme expliquait, très sobrement, la vie d'un lycanthrope dans la vie moderne… vivant parmi des sorciers, bien entendu, pas au village. Et le résultat était saisissant.

En supposant qu'il n'ait pas été lycanthrope de naissance, ce qui rend alors sa vie soit plus courte, soit misérable, prenons le cas de Monsieur/Madame et appelons les X. X, donc, a eu une vie commune. Sorcier ou moldu de son état, il a grandi dans sa famille qui, comme toutes les familles, avait probablement ses défauts. Lesquels ? Cela ne nous regarde pas. Nous ne nous intéressons ici qu'à X.

X, donc, a eu une vie normale, au début. Enfant probablement aimé, entouré d'amis, il a grandi comme n'importe quel enfant, qu'il soit moldu ou sorcier. Il est allé à l'école ou a été instruit par sa famille, dans le cas d'une famille de sang pur. Il est allé à Poudlard ou au collège, selon son appartenance à la magie ou non. Tout se déroulait comme pour tout le monde.

Mais X n'a pas eu de chance, une nuit de pleine lune. Il croisa la route d'un lycanthrope. Ce dernier est sans doute l'être à blâmer. Que faisait-il dehors, par une nuit de pleine lune ? Pourquoi n'avait-il pas pris sa potion tue-loup, comme le recommande le ministère ? X va se poser ces questions, le lendemain de la pleine lune, lorsqu'il se réveillera dans son lit, mordu, blessé, terrifié de voir sa vie changer. Il va détester, mépriser le loup qui lui a fait ça. Et les bouleversements autour de lui, conséquences de cette morsure, ne vont pas l'aider à relativiser.

Car tandis que X maudit son bourreau, autour de lui, sa vie se transforme. Ça commence par une exclusion de l'école, s'il est encore adolescent. Un lycanthrope n'a pas le droit de se mélanger à d'autres enfants sains… qui sait ce qu'il pourrait leur faire ?

Autour de lui, le regard de ses proches change. Sa famille essaye de le garder, de l'aimer encore, mais X est parfois en colère, parfois violent, parfois hargneux. Parce qu'il a conscience que sa vie est foutue, et que l'amour de sa famille, qui a peur de lui à présent, n'est pas ce qui va l'aider.

Si X était un adulte, il a perdu son travail, pour la même raison que l'école l'aurait exclu. Cette morsure, à la base si bénigne, ruine petit à petit sa vie. Incapable de subvenir à ses besoins, incapables de supporter le regard haineux ou apeuré de ses proches, X finit par partir. Pour où ? Pour rejoindre qui ? X n'a plus personne.

Le ministère lui demande de s'enfermer, la nuit de pleine lune. Mais il n'a plus de maison. Il vit peut-être dans la rue, alors où s'enfermer ? Le ministère lui demande de prendre la potion tue-loup, mais comment ? Il n'a pas d'argent, pour les ingrédients et ne sait probablement pas la faire. Celle qui est vendue à Ste-Mangouste coûte trop cher. Alors que faire ? X se rend compte, à l'approche de la pleine lune, que le loup-garou qui l'a mordu et lui sont dans la même détresse. Il ne peut rien faire. Il doit partir, loin, très loin des humains, pour essayer de ne pas en blesser.

Comme nombre de lycanthropes, X choisit les bois. Il y a moins d'humains, la nuit, dans la forêt. Moins de risque d'en blesser. Mais les lunes se succèdent et il y a toujours un blessé. Un homme tué. Un homme mordu. Et X se déteste pour cela. Tout serait plus simple s'il avait un alpha. Il le sait. Un alpha le guiderait. Un alpha lui ordonnerait de ne pas mordre. De ne pas tuer. Un alpha le sauverait.

Mais voilà, en Angleterre, les alphas sont interdits. Trop influent, trop puissant, trop fort. Les alphas sont condamnés à mort. S'il y a des alphas, ils se cachent. Ils n'ont pour ainsi dire pas de meute et s'ils en ont une, elle est si petite qu'elle paraît invisible. Les alphas se protègent, se cachent. Et X n'en trouve pas.

Il lui reste un espoir, ténu. Aimer et être aimé en retour. Car si un alpha ne peut contrôler son loup, un être aimé le pourra. Un loup écoute son lié. Un loup le protège. Car rien n'a plus d'importance que son compagnon.

Malheureusement, X n'a pas de chance. Personne ne se sent capable d'aimer un loup-garou. Les gens ont peur de lui. A cause de sa misère, de sa bête, il est exclu. X finit par désespérer. Il fera alors ce que font 30 % des lycanthropes. Il s'exilera dans la plus grande forêt et tentera d'y survivre. 18 % de ces lycanthropes sont tués par l'hiver, la maladie ou la faim.

Sur les 70 % restant, 10 parviennent à garder une vie humaine. Ils trouvent un travail en mentant sur leur problème, en trouvant refuge dans le monde moldu où il est plus facile de se dissimuler, de s'enfermer pour la pleine lune, de travailler.

Sur les 60 % restant, 40 % se suicidera. Ils le feront tout de suite après leur morsure. Ou quelques mois plus tard, rongés par la culpabilité d'avoir mordu ou tué par accident. Des 20 % restant, 19 quitteront le pays. Ils rejoindront un alpha à l'étranger. Ce dernier les accueillera et leur permettra de vivre une vie digne, protégé par un alpha compétant.

Le 1% est celui qui, dans ce pays, aura la chance d'être aimé par quelqu'un. Ce 1%, malheureusement, ne se présente pas souvent…

A suivre, dans un nouvel article : Une histoire d'alpha !

Harry esquissa un sourire triste. Oui, c'était Gilbert, à n'en pas douter. L'homme adorait les statistiques. Il avait du grincer des dents en les modifiant. Car Harry savait, lui, que le reste des 30 % d'exilés étaient en fait 12 % de recueillis par le village. Avec une légère moue embarrassée, Harry dirigea son regard sur l'article qui lui était consacré lorsque la porte de sa cellule s'ouvrit. Précipitamment, il cacha les feuillets sur son coussin. Il ne savait pour quelle raison, mais quelque chose lui disait qu'il n'avait pas le droit de les avoir.

Quelle ne fut pas sa surprise, pourtant, lorsqu'il croisa le regard bleu cerclé de jaune d'Alrick. Etonné, Harry se releva, le fixant alors que l'homme le jaugeait. Il plissa les yeux, soupira puis regarda sur le côté, hors de la salle.

« J'aimerai rester seul avec mon client », dit-il froidement.

Il y eut un bruit de pas qui s'éloignait vaguement et Alrick regarda la personne partir avant de se tourner vers lui.

« Bonjour, Harry, dit-il calmement, comme si c'était normal pour lui de parler à quelqu'un à travers des barreaux d'argent.

-Alrick, répondit-il. Je suis ton client ?

-Non, j'ai menti, répondit l'homme, pas du tout gêné de l'avouer. Les employés du ministère sont tellement crédules… »

Harry se retint de lever les yeux au ciel : personne n'arrivait à douter du moindre mot du mythomane en face de lui !

« Je suis ici à la demande de Devis, lui dit Alrick avec flegme. Nous avons… besoin de ton aide.

-De mon aide ? s'étouffa presque Harry. Pour quoi ?

-Pour faire libérer Lucius.

-Lucius ? Vous plaisantez !

-Je ne sais pas ce qu'est une plaisanterie, lui répondit froidement Alrick.

-Il est impossible de faire libérer Lucius Malfoy ! répliqua Harry. Pas une personne censée sur terre ne le fera sortir de prison !

-Et bien, D'Arconis n'a pas la réputation d'être censé, il t'a bien emprisonné… Toutefois, ton témoignage pourrait le convaincre…

-Mon témoignage ? Mais mon témoignage de quoi, exactement ? Lucius est coupable !

-Coupable d'avoir été utilisé par Voldemort. Ce dernier l'a honteusement fait chanter pour l'obliger à le servir !

-C'est votre défense ? ironisa Harry.

-C'est la vérité, répliqua Alrick, haussant les épaules.

-Non, ça ne l'est pas.

-Si, ça l'est ! Voldemort menaçait la vie de son fils, ce qui a obligé Lucius à le servir. Et quant il fut libérer de son entrave en reniant Draco, Narcissa l'a honteusement trompé en tombant enceinte, de manière à ce que le chantage de ce maudit mage noir puisse reprendre. C'était sa servitude contre la vie de ses enfants à naître ! »

Harry en resta coi. Non seulement parce qu'Alrick semblait réellement penser ce qu'il disait – quel talent d'acteur ! – mais en plus parce qu'il pensait réellement que lui, Harry, pouvait être persuadé d'une telle connerie !

« Et je devrais témoigner de quoi, exactement ? demanda Harry, ironique. Qu'il faisait très bien son travail ?

-Qu'il t'a sauvé, pendant le combat final, répondit Alrick patiemment. Qu'il t'a empêché d'être touché par un sort mortel, mettant ainsi sa couverture en danger. »

Harry ne sut quoi répondre. C'était la vérité. Lucius avait réellement attaqué un mangemort pour le défendre. Mais de là à ce que cela témoigne d'un chantage quelconque pour obliger Lucius à servir Voldemort…

« Personne ne le libérera, même avec un tel argument !

-Laisse-moi juger de ce que le petit peuple est prêt à faire, pour peu qu'on soit capable de bien leur mentir, répondit Alrick, presque sournois. En outre, si j'arrive à faire sortir Lucius de prison, je pense pouvoir ensuite m'occuper de ton cas librement…

-Mon cas ? demanda Harry.

-Oui… Draco est venu nous demander de l'aide, pour te faire sortir de prison mais Devis a refusé. Il veut que je me consacre uniquement à la libération de son héritier. Toutefois, si je parviens à faire sortir Lucius de prison grâce à toi, je serai disposé à… t'aider à sortir. »

Harry hésita. C'était tentant. Alrick était certainement un bon avocat, surtout compte tenu de son habilité à mentir comme un arracheur de dent. Mais était-il prêt à faire sortir Lucius Malfoy pour cela ?

« Mes amis sont déjà en train de m'aider, dit-il.

-Ah, oui, ils t'aident, répondit Alrick. Ils essayent, en tout cas. Mais ils n'y parviendront pas assez vite. Ils essayent de remuer la masse et ce n'est pas une totale mauvaise idée, ça prendra trop de temps. Combien de temps crois-tu avoir devant toi, Harry ?

-Du temps devant moi ? demanda-t-il.

-Tu ne ressens pas encore le manque de Draco, poursuivit Alrick en regardant la prison d'un air indifférent. Pas encore, j'insiste. Mais tu vas le ressentir. Tu le sais. Tu te rappelles sans doute de la séparation imposée par Greyback lors de votre danse…

-Comment sais-tu pour…

-Peu importe, interrompit Alrick, je sais, c'est tout. Et je sais également que ça t'était insupportable…

-La danse est finie !

-Elle l'est oui, mais ça n'empêche que tu vas ressentir le manque. Je suis certain qu'un des loups a du t'en parler. Deux compagnons ne peuvent être séparés sur le long terme. Ils n'y survivent pas… Combien de temps crois-tu avoir ? Et combien de temps tiendra Draco avant de se rendre ?

-Il a sa meute…

-Mais ce ne sera pas suffisant, répondit Alrick. Il pourra tenir plus longtemps que toi, c'est un fait… Mais il ne résistera pas à ta souffrance de plus en plus forte. Il viendra à toi. Sais-tu combien de temps le ministère a le droit de te tenir enfermé ?

-Le droit ? s'exclama Harry.

-Oui, selon une loi archaïque sur les lycanthropes, ils ont le droit de te tenir enfermé ici un an et un jour pour obliger ton compagnon alpha à se rendre… Ce qu'il fera dans 6 ou 7 mois, comme l'ont fait tous les alphas avant lui. »

Harry resta silencieux à ses mots. Le manque… il s'en rappelait encore. Et pourtant, Draco et lui se voyaient, pendant cette séparation. Ils avaient l'occasion de se toucher, de s'embrasser, de s'aimer… mais à petites doses et ça l'avait rendu… agressif. Enervé. Que se passerait-il, maintenant qu'il ne pouvait plus le voir ? Que se passerait-il, s'il ne rejoignait pas Draco assez tôt… ?

« Si je témoigne pour Lucius, murmura-t-il. Vous… Enfin, tu es certain de pouvoir me faire sortir rapidement d'ici ?

-Tu seras dehors avant six mois, répliqua Alrick. Rien n'est impossible pour quelqu'un comme moi… »

Harry se retint de lever les yeux au ciel. Ce n'était pas la confiance qui lui manquait !

« Si tes petits amis continuent sur ce chemin, en plus, je pourrai peut-être battre un record de libération… »

Et le pire, dans tout ça, c'était qu'il jubilait en le disant ! Harry leva cette fois les yeux au ciel.

« Très bien, dit-il, agacé. Je témoignerai en faveur de Lucius… Quand devrais-je faire ce petit miracle ?

-Dans deux jours, le temps pour moi de déposer la requête et d'obliger le ministère à m'écouter… Avec ton témoignage, Lucius sera libre dans minimum un mois… Après cela, je prendrai ton affaire au sérieux et alors, tu seras dehors… Toujours en cavale, je suppose, à cause de Draco, mais dehors !

-C'est tout ce que je demande, répondit Harry. Est-ce que… est-ce que Draco sait, pour cette entrevue ?

-Non, répondit Alrick. Depuis son départ furieux de la maison de Devis, je ne l'ai plus revu.

-Penses-tu pouvoir le voir ?

-Pour quoi faire ? demanda l'homme, agacé. J'ai un procès sur les bras, moi !

-Pour lui dire d'attendre, répondit Harry. De ne rien faire de stupide.

-Ah, ça… ce sera difficile, le connaissant. Mais très bien, j'essayerai d'aller le voir pour lui dire de rester sagement à la niche. D'ici là, reste sage, toi aussi. On se revoit dans minimum deux jours ! »

Et sur ces mots, Alrick sortit, fermant la porte derrière lui. Harry resta un long moment debout à fixer le pan de bois derrière les barreaux d'argent. Ce serait si facile de le briser, s'il n'y avait pas ses maudits barreaux… Agacé, il se rassit sur son lit puis s'y étendit, les feuillets oubliés. Trois mois, peut-être ? Ou six ? Et combien de temps avant qu'ils ne deviennent tous les deux fous à cause du manque ? Si seulement il n'avait pas quitté le village, ce matin là…

oOo

Dans ledit village, c'était l'effervescence. Hermione avait réquisitionné tout le monde pour écrire des articles. Tandis que certains s'amusaient à écrire la vie parfaite d'un loup et de sa compagne, d'autres y allaient de leur petit drame pour arracher aux sorciers quelques larmes de compassion. Tout le monde se réunissait à la salle des fêtes, discutaient, discouraient…. Alors que le village était censé rester neutre, personne ne semblait se gêner pour participer…

Ils avaient travaillé d'arrache pied pour que les premiers articles paraissent et soient distribués en grande masse dans les zones les plus peuplées du monde sorcier. Les pamphlets avaient été distribués, jetés, lus à voix hautes sur le chemin de traverse, dans les pubs et même dans l'atrium du ministère – mais Seamus avait été arrêté pour trouble de l'ordre public, heureusement relâché trois heures plus tard. Tout le monde était plein d'entrain et de motivation… Tout le monde, sauf Draco.

Assis sur un tonneau de bois près de la maison qu'il avait occupé avec le trio de Gryffondor, Draco regardait la cohue du village d'un œil morne. Ils étaient en mars et le printemps se montrait enfin. Les niffleurs, les fées, les hypogriffes étaient de retour. Les petites fées tourbillonnaient dans le village, venaient parfois jouer avec ses cheveux, lui donner de fleurs… Draco les prenait et les déposait sur ses genoux sans rien dire. Il fixait le vide, pensif. La nuit tombait sur le village, les fées finirent par partir, les lanternes par s'allumer pour éclairer les routes du village. Il n'avait pris aucune responsabilité pour le village de la journée. Il était resté assis là, à regarder le vide. Alors que la nuit tombait, des nuages finirent par apparaître et la pluie finit par se déverser sur les routes qui s'assombrissaient, les lanternes s'éteignant à cause de la pluie et d'un léger vent. Mais Draco ne rentra pas. Il regardait les maisons sombres, les dents serrées.

Des pas se firent entendre sur sa droite et il n'eut pas besoin de tourner la tête pour savoir que Joshua s'approchait. Il resta immobile, attendant.

« Ne fais pas ça, demanda l'alpha, attirant son regard vide. Je sais ce que tu penses, je sais ce que tu mijotes, ne le fais pas.

-Tu ne le ferais pas, toi ? demanda Draco, sa voix rauque de s'être tu pendant si longtemps. Si c'était ta compagne. Tu ne le ferais pas ? »

Joshua resta silencieux un long moment.

« Si, sans doute, lui dit-il. Mais je n'aurai eu personne pour faire ce qu'ils font. Personne n'aurait pris le temps d'établir un plan d'attaque, de réunir tout le village pour écrire des articles, de créer carrément un parti politique pour moi ! Toi, tu as tout ça ! Et ça peut marcher, Draco.

-Dans combien de temps ? demanda se dernier. A ton avis ? Combien de temps pour que ça marche ? Six mois ? »

Joshua ne répondit pas. Il n'en avait pas besoin. Ils savaient tous les deux qu'une guerre d'opinion pouvait durer des années.

« Et quoi, tu vas te rendre ? Qu'est-ce que ça changera, hein ? Vous serez toujours séparés ! Vous serez toujours condamné et les choses seront pires ! Car il y a une chance de faire sortir Harry de prison du fait de son statut de loup bêta et de sauveur. Toi, tu n'auras aucune chance ! Tu vous condamneras à mort !

-Alors je dois rester ici ? s'énerva Draco, cédant enfin à la colère. A attendre que ces putains d'humains se décident quant à la possibilité d'une libération de mon compagnon ? A écrire des articles stupides qui feront réfléchir le bon sorcier du dimanche ? A espérer qu'ils aient pitié ? A espérer qu'une réforme de la loi soit faite avant que je ne perde la tête !

-Tu ne perdras pas la tête…

-Tu sais que si, tu l'as toi-même dit !

-Je l'ai dit de cette façon pour ne pas faire paniquer les personnes présentes, répondit Joshua. Mais tu ne vas pas perdre la tête, malgré le manque. Ce sera dure, ce sera douloureux… mais tu resteras maître de toi, tant que tu auras la meute…

-Mais alors…

-C'est lui, qui va perdre la tête, poursuivit Joshua. Il est seul, dans une prison d'argent. Imagines-tu seulement ce qu'il va se passer dans cette cage, quand ce sera la pleine lune ? »

Draco hoqueta alors qu'une souffrance sans nom se répandait en lui. Il y avait pensé, bien entendu. Mais il n'avait pas voulu s'y attarder. Il n'avait pas voulu voir ce qui risquait de se passer pour Harry.

« Raison de plus pour que je me rende ! dit-il. Si je le fais, il sera dehors, il souffrira m…

-Autant ! coupa Joshua. Ce n'est pas tant le fait d'être dans une prison d'argent, Draco, c'est le fait d'être loin de toi. Un bêta entouré de ses proches, de loups-garous, ne survivra pas plus à la séparation de son compagnon ! Un bêta peut vivre sans alpha, il ne peut vivre sans l'être qu'il aime. Il perdra le contrôle. Très rapidement. Contrairement à toi. Si j'ai dis que tu te rendrais dans les six mois, c'est parce que de part votre lien, tu seras conscient de ça. Tu sentiras sa folie. Sa douleur. Tu ne pourras pas y résister… et si tu parviens même à les nier… tu le sentiras mourir… Sais-tu pourquoi le ministère garde les bêtas liés un an et un jour, Draco ? Parce qu'aucun n'a jamais survécu à plus de temps d'incarcération. C'est le maximum de temps pour eux. C'est un compte à rebours pour sa mort, Draco. »

Ce dernier gronda, furieux. Il sauta du tonneau qu'il attrapa, souleva et jeta sur le sol, ce dernier éclatant dans une grande gerbe d'eau.

« Pourquoi est-ce que tu viens me dire ça ? Pourquoi est-ce que tu me dis ça ! cria-t-il. Qu'est-ce que tu veux que je fasse, exactement ? Je ne dois pas me rendre, je dois attendre et tu espères que j'y arrives en t'entendant dire ça !

-Je n'espère pas te faire changer d'avis, lui répondit Joshua. J'espère t'aider à accepter…

-A accepter quoi ? hurla Draco. Sa mort ? Notre séparation ? Je ne l'accepterai jamais ! Jamais, tu entends ! Si Harry doit mourir, je mourrai moi aussi, que ce soit naturellement ou non ! Je n'accepterai jamais ça ! »

Sans attendre, Draco partit en courant. Il se transforma sans même y réfléchir et galopa aussi vite qu'il le pouvait dans les bois, hurlant sa douleur et son chagrin de toutes ses forces. Oublier Harry… le laisser là, condamner ! Il ne le pouvait pas ! Et pourtant, quel autre choix avait-il ? Quel autre espoir ? Tandis qu'il courrait désespérément, il pouvait presque sentir la réponse, tout au fond de lui. Il n'avait aucun autre choix. Il devait attendre et espérer que les actions du front de libération des lycanthropes aident son compagnon à retrouver sa liberté. C'était sa seule possibilité et il le savait… et ça le rendait fou.

Arrivé au milieu des bois, Draco repris son apparence, indifférent à sa nudité. Dans le ciel il n'y avait pas encore de lune… celle du mois de mars était attendue, car c'était la lune rouge. Dans le village, on trépignait d'angoisse à l'idée de son arrivée. Les humains, même les liés, devraient évacuer pour une place sûre, tandis qu'eux, les loups, seraient dangereux pour quiconque les croiseraient… Draco n'était pas pressé de voir cette lune et pourtant… Elle lui semblait presque moins horrible que les mois à venir.

Désespéré, il tomba à genou sur le sol, regardant le ciel parsemé de nuages. La pluie s'était arrêté, le ciel étoilé revenait. Ce n'était qu'une petite pluie de printemps, rien de méchant ni de long. Tandis qu'il regardait le ciel, Draco le sentit comme s'il était à ses côtés. Et peut-être était-ce le cas ? Il sourit tendrement.

« C'est injuste, murmura-t-il. Tu peux rêver de moi autant que tu veux et… »

Sa voix se calla dans sa gorge. Rêver de lui ? Il écarquilla les yeux.

« Les rêves, bien sûr, murmura-t-il. Harry, les rêves, tu comprends ? Tu ne seras pas des mois sans moi. Nous ne sommes pas séparés. Je peux rester maître de moi, car j'ai ma meute. Et toi… Toi, tu peux rester maître de toi, car tu as les rêves ! »

Il sentit un sentiment d'excitation lui répondre et il sut qu'il avait vu juste : Harry rêvait de lui et il partageait son opinion. Lui aussi, pensait que les rêves pouvaient les aider.

« Je vais voir Joshua. Et d'autres loups liés. D'autres ont peut-être tes capacités ou en ont entendu parler. J'ai besoin d'être sûr, Harry. Sûr que tu peux survivre à cet enfermement d'un an et un jour. Ça a été défini par la loi car aucun bêta lié n'y a jamais survécu… mais aucun bêta lié n'avait peut-être ta capacité. On peut peut-être y arriver ? »

Il n'eut pas de réponse, si ce n'est un espoir ténu. C'était cependant tout ce dont il avait besoin. Se transformant à nouveau, Draco fit demi-tour, courant aussi vite que ses pattes lui permettaient. Déjà, dans son esprit, il réfléchissait à une manière de permettre à Harry de rêver de lui chaque nuit. Et pour cela, une seule solution : il devrait vivre de nuit, jusqu'à sa libération. Avec ou sans le Front, ils avaient une possibilité d'y résister. Il ferait n'importe quoi pour la saisir !

A suivre…

Ce qui a de difficile, quand on décide d'un chemin, c'est qu'on a une multitude d'embranchements qui se dessinent…. J'ai hésité longtemps, à gauche, à droite, logique, pas logique…

J'ai finalement décidé de ma route… Elle n'est plus très longue, tout à coup. La fin se profile encore plus vite… un, deux chapitres ? Courage, les amis… Je ne vous laisserai pas longtemps sans nouvelle, cette fois. Car je dois finir AP pour commencer une nouvelle histoire qui me plaît et me consacrer à MF, aussi.

Enfin, pour ceux qui l'ignorent, j'ai ouvert un compte facebook spécialement pour donner des signes de vies et des nouvelles de l'avancée d'AP. Vous me trouverez – si vous l'osez – sous le nom de Umbre septante sept.

Sur ce… J'espère que ce chapitre, difficile à écrire, vous a plus. Je suis personnellement très contente de retrouver Alrick et Devis, petits manipulateurs qu'ils sont… Je les destinais à ces moments depuis le début… enfin, c'est surtout Alrick qui remplis enfin son rôle, Devis est plus effacé…