J'étais partie sur une autre idée mais il s'avère qu'au final l'histoire me paraissait trop longue pour un conte ou une fable. Mais après une épopée dans les moindres recoins de mon esprit, j'ai fini par trouver LE conte. Installez-vous confortablement, prenez un mojito bien frais et bonne lecture !

(Les personnages appartiennent à leur créateurs respectifs, et le conte original à son auteur)


Le chaperon nain vert

Nos Aventuriers, à la suite d'une nouvelle épopée ô combien épique mais difficile, décidèrent de se séparer afin de prendre quelques congés, le temps de se ressourcer chacun de leur côté. Même si Grunlek profitait de ses vacances dans une petite auberge paisible, il ne pouvait s'empêcher de se dire que ses amis lui manquait, au même titre que les aventures. Il avait alors décidé d'aller retrouver B.O.B, étant donné qu'il s'entendait à merveille avec lui, mais aussi parce qu'il n'était pas sûr de vouloir revoir Théo le bourrin, Shinddha le ninja ou Mani le malchanceux maintenant. De plus, comparé aux autres membres du groupe, le Demi-Diable avait choisi une destination de vacances proche de celle du Nain, il pourrait facilement le rejoindre à pied en l'espace d'une journée.
Au lever du jour, il mit sa cape à capuche verte et partit de son logis temporaire, avec dans ses affaires une magnifique et délicieuse tarte à la mirabelle faite par ses soins, que son ami Mage aimait par dessus tout. Il connaissait à peu près le chemin, un sentier qui passait par une forêt réputée habitée par un féroce loup mangeur de petites filles. Grunlek ne pouvait s'empêcher de rire mentalement en se disant que ce loup fût probablement l'animal de compagnie de son ami Inquisiteur.

Entre les arbres, une féroce créature noire comme les ténèbres, aux yeux d'un rouge sanglant observait sa nouvelle proie. Une enfant qui s'inventait aventurière avec sa démarche déterminée et son objectif en tête. Elle en avait la panoplie, que ce soit la cape à capuche qu'elle portait, son sac sur son dos, ou encore la louve à ses côtés qui la protégeait. Son visage n'avait aucune importance, tant que le loup avait de quoi se rassasier, rien d'autre n'avait d'importance. Doucement mais sûrement, il continua de suivre l'enfant dans l'ombre des arbres, attendant le bon moment pour frapper.
Ils arrivèrent au croisement de deux chemins, et Grunlek ne savait plus lequel prendre, il resta alors un moment sans bouger, afin de fouiller tant bien que mal sa mémoire. Voyant une opportunité qu'il ne verrait probablement plus de sitôt, la féroce créature s'avança lentement et prudemment derrière son repas, prêt à le dévorer sur place. Cependant, la chance n'était guère avec lui, et le sort décida que sous sa lourde patte se casse une brindille, qui alerta la petite fille. Quelle fût la surprise du loup quand il vit une barbe sur le visage de ce qu'il pensait être une enfant ! Le voila maintenant face à un nain au bras mécanique ! Nain qui par ailleurs, restait complètement stoïque, sans la moindre once de surprise sur son visage. Après tout, il avait un don naturel et inné pour être calme en toute situation.

"M-M-Mille excuses maître Nain !" S'exclama nerveusement l'animal. "Je . . . J'ai . . . Huuuuum . . ."

"Allons allons, ce n'est rien. Je ne suis pas fâché, tu n'as pas de raison d'être apeuré ou nerveux." Répondit calmement Grunlek. "Mais, pourquoi t'avançais-tu vers moi par derrière aussi silencieusement ?"

Le loup ne répondit point, et son regard semblait fixé sur la louve qui accompagnait le Nain. Pour donner une image plus claire de la situation, l'on pourrait remplacer les yeux du loup par des coeurs. Il était subjugué par la beauté d'Eden. Un poil aussi brillant, d'un blanc immaculé digne des cieux, ses tatouages druidiques ne lui donnant qu'encore plus de charme, et ses cicatrices sur le museau montraient bien son esprit combatif, et donc un caractère bien trempé. Une grande dame à ne pas énerver. La concernée regardait son admirateur avec grande indifférence, visiblement pas le moins du monde intéressée. Le pugiliste compris la chose, et sourit.

"Je vois, tu nous suivais car tu es amoureux d'Eden, et tu restais derrière nous car tu étais trop timide pour te montrer, c'est ça ?" Demanda-t-il.

"Euh . . . Oui oui ! C'est cela !" Acquiesça le loup sans réfléchir.

"Je te propose un marché. Vois-tu, je souhaite rejoindre mon ami, qui se trouve dans le village de l'autre côté de la forêt. Malheureusement, ma mémoire me fait défaut, et me voilà perdu. Si tu nous indique le chemin, je te laisserais passer du temps avec Eden. Est-ce que cela te convient ?"

"C'est entendu !" Répondit aveuglément la bête.

L'accord passé, le loup prit le devant de la marche et conduit Grunlek sur le bon chemin, heureux à l'idée de passer du temps en tête à tête avec sa belle. Dans sa joie, il accélérait le pas malgré lui, le mettant à une distance qui ne lui permit pas d'entendre le "clic" annonciateur de sa funeste destinée. Comme promis, il amena le Nain et sa louve de l'autre côté de la forêt, dans le village que B.O.B avait choisi pour ses vacances. A peine se retourna-t-il qu'un carreau d'arbalète se logea entre ses deux yeux.
Celui qui semblait être le petit chaperon était en réalité le chasseur.
Même si la bête l'avait aidé, le Nain ne pouvait pas la laisser en vie. Après tout, il avait déjà dévoré un nombre encore inconnu de petites filles, et même si son amour pour Eden était véritable, il savait que ce n'était pas son motif pour l'avoir suivi. Combien de fois Grunlek avait été pris pour un enfant à cause de sa taille. Il était alors pour lui évident que le loup le suivait pour le dévorer, car il l'avait confondu avec une petite fille. Il avait tué la bête aussi bien pour sa sécurité et celle d'Eden, que pour celle des habitants aux alentours de la forêt. Il estimait son geste juste. Et puis, qui ferait confiance à un loup qui parle ? Non mais. Cependant, il ne pouvait pas s'attarder là-dessus, il avait un ami Pyromancien à retrouver.

Il trouva l'auberge où logeait B.O.B, et ils purent profiter ensemble de cette succulente tarte à la mirabelle. Enfin, surtout le Mage qui en mangea bien le trois quart.