Mise à jour 19 aout 2018.

Bonjour à tous. Voici la correction du deuxième chapitre de mon histoire, j'espère que cela sera plus agréable à lire. J'ai fait mon maximum mais n'hésitez pas à me dire si vous voyez encore des fautes, des tournures trop répétitives ou autre.

Bonne lecture !

Arag était assise en tailleur sur son lit de paille à l'intérieur de sa hutte. L'urne remplie des cendres de Gurzug posée devant elle. Elle la regardait pensivement. Sa mère lui avait tout raconté. Elle avait alors senti le besoin de rester seule quelques instants, elle se sentait vide. Comme si toute sa vie n'avait été qu'un mensonge. Cependant elle n'en voulait ni à sa mère ni à Yamarz le seul fautif selon elle était celui qui se trouvait dans l'urne.

Soudain elle se leva et emporta l'urne funéraire avec la ferme intention de la jeter dans la rivière. Tu as abandonné ton clan ! Tu as abandonné maman ! Tu ne peux pas être mon père ! pensa-t-elle avec rage. Par chance c'était elle qui était de garde cette nuit et il n'y avait presque personne dehors. La fin de la nuit approchait mais le soleil n'était pas tout à fait lever. Tout le monde dormait encore à poings fermés. Elle monta sur les remparts de la forteresse et se prépara à jeter l'urne lorsqu'une silhouette au loin attira son attention.

Deux chevaux s'approchaient mais bizarrement il n'y avait qu'un seul cavalier. Arag se stoppa net en reconnaissant Decumus. Un frisson lui parcourut l'échine. Il semblait très mal au point, son armure était recouverte de sang. Avec horreur elle constata que le deuxième cheval transportait ce qui semblait être un gigantesque marteau de guerre et pire encore le cadavre de Yamarz... Arag était pétrifiée par ce qu'elle voyait. Elle n'arrivait pas à y croire. Après ce qui lui parut une éternité, les chevaux atteignirent enfin les portes de Largashbur. Decumus chuta alors lourdement à terre évanouit. Lentement, une flaque rouge commençait à apparaitre sous lui. Il se vidait de son sang. Ce fut le déclic pour Arag qui courut en toute hâte chercher de l'aide. Au passage elle fit tomber l'urne qui par miracle ne se brisa pas.

Elle revint quelques minutes plus tard accompagnée d'Atub, de Gorag ainsi que d'autres orques du clan. L'hémorragie de Decumus était trop importante pour les capacités d'Atub en matière de guérison. Elle banda sa blessure du mieux qu'elle pût et deux orques robustes le portèrent jusqu'à la hutte de la chamane. Il fallait faire vite, il était dangereusement pâle.

Pendant qu'Atub s'effarait à soigner Decumus, Gorag et Arag firent entrer les deux chevaux dans la forteresse et examinèrent le corps de Yamarz. Le vieux chef orque était méconnaissable : sa tête était toute écrasée sous son casque, sa mâchoire inférieure s'était décrochée et ne tenait plus que grâce à de la peau. Ses jambes tout comme ses bras formaient des angles étranges et son armure était recouverte de sang.

-Par Malacath ! s'exclama Gorag. Les géants devaient vraiment être très nombreux. Et ce marteau là... Il devait appartenir à leur chef, il est vraiment énorme.

Elle continua son inspection et finit par conclure que même si Yamarz s'était montré oisif ces derniers temps il était mort en véritable orque. Ils avaient en plus réussi à ramener le marteau du chef des géants comme Malacath l'avait demandé. Arag en revanche n'avait pipé mots depuis qu'ils étaient revenus. Elle se contentai de fixer le cadavre de Yamarz, une drôle d'expression sur le visage.

-Arag ? Tu te sens bien ? s'enquit Gorag qui s'était toujours montré attentionnée envers sa sœur cadette.

-...

-Arag ?

-... C'est... C'était pas mon père. Finit-elle par avouer dans un souffle.

-Pardon ? Mais bien sûr que si qu'est-ce que tu racontes ?

-Non Maman m'a tout dit tout à l'heure. Mon père c'est Gurzug-gro-Duznik...

-L'urne que l'impérial vient de ramener...

La guerrière orque croisa les bras et réfléchit un instant.

-Bon et même si c'est vrai ça ne change rien du tout. Tu es toujours ma sœur, nous avons la même mère et c'est Yamarz nous a élever toute les deux, pas Gurzug… Tu te souviens quand nous étions petites ? Et qu'il t'avait offert ton tout premier arc ?

Les yeux de la chasseresse commencèrent à rougir. Gorag enlaça tendrement sa sœur et la réconforta du mieux qu'elle pue. Arag avait beau avoir 23 ans elle était toujours aussi émotive qu'une enfant. Cependant les paroles de sa sœur étaient troublantes. Elle devait vite en toucher deux mots à sa mère.

-J'imagine qu'elle voulait te protéger en cachant la vérité, murmura-t-elle à sa sœur. Yamarz ne portait pas Gurzug dans son cœur. Je ne pense pas qu'il aurait aimé savoir qu'il avait fait un enfant avec maman.

-Je veux partir, haleta Arag d'une voix chevrotante mais ferme.

-On en reparlera plus tard il y a encore beaucoup de chose à faire ici. Allez va te reposer un peu tu m'as l'air épuisé.

Arag obéit aussi docilement qu'une enfant et partie en direction de sa hutte. Gorag reporta alors son attention sur Yamarz et poussa un soupir de soulagement. Les choses allaient sûrement s'arranger finalement. Elle prit les rênes du cheval qui transportait le corps de feu leur chef de clan et se dirigea vers la hutte alchimique de sa mère. Il fallait préparer le corps afin d'appliquer les rites funéraires de Malacath.

Decumus était vraiment dans un sale état, cependant Atub avait réussi à stopper l'hémorragie et avait appliqué un baume réparateur sur ses côtes cassées. Il devrait bientôt être guéris.

Elle mit un peu d'ordre dans son laboratoire alchimique puis s'occupa de rendre un plus présentable le corps de Yamarz avec l'aide de Gorag. Elle n'était pas vraiment étonnée de sa mort, il n'est jamais bon d'énerver Malacath. Et puis la tribu se portera bien mieux sans lui. C'était triste à dire mais il avait fait son temps.

-Voilà ça devrait aller, dit-elle en finissant d'embaumer le cadavre de Yamarz. Je pense que la crémation aura lieu demain dans la nuit. Le plus tôt sera le mieux. Cette malédiction n'a que trop durée.

-Oui c'est mieux ainsi. Mère... commença Gorag hésitante. C'est vrai qu'Arag n'est pas la fille de Yamarz ?

Atub pâlit à cette question. Elle ne pensait pas qu'Arag allait tout avouer à sa sœur. Il est vrai que sa fille était du genre impulsive et imprévisible. Elle devait sûrement tenir ça de son père...

-Oui, finit-elle par avouer.

-Tu sais je ne te juge pas. Je comprends que tu voulais protéger Arag… Qui sait ce qu'il aurait pu lui faire. Tu devrais quand même aller lui parler on dirait qu'elle est vraiment décidée à partir cette fois.

-Elle m'évite depuis que je lui ai dit.

-Je lui ai dit d'aller se reposer, elle est dans sa hutte. Vas-y je te préviendrais quand il se réveillera. dit-elle en désignant Decumus qui à présent dormait paisiblement.

-Merci, murmura-t-elle à sa fille avant de partir.

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-Ah vous vous réveillez enfin !

Xavilia avait mal à la tête. Où se trouvait-elle ? Elle se rappelait seulement être sorti Vendaume après avoir fait ses adieux à Aventus. Elle ne voulait pas s'éterniser dans cette ville où les Dunmers étaient si mal traités. Seulement les rues étaient très agitées, les habitants avaient eu vent de la récente capture d'Ulfric Sombrage par les Impériaux au Gué de Sombreflot. C'était sûrement à ce moment-là que quelqu'un en avait profité pour glisser une lettre étrange dans sa poche. À l'évidence elle s'était faite avoir. Une femme masquée l'observait tranquillement assise sur une armoire. Elle arborait une armure sombre et moulante et ses yeux pétillaient d'une sorte de malice sadique.

-Alors comme ça vous avez tuée Grelod, dit-elle d'une voix suave. C'était un beau meurtre je dois l'admettre. Net et sans bavure. Cependant il y a un léger problème… Ce contrat nous était destiné et nous n'aimons pas vraiment la concurrence si vous voyez ce que je veux dire.

-Ce n'est pas comme si vous vous étiez précipité sur ce contrat, répondit Xavilia avec un petit sourire insolent. Cela faisait des jours que le pauvre gosse faisait le Sacrement Noir, je n'ai fait qu'aider un enfant dans le besoin.

-Tu me plais bien elfe. Je vais te donner une chance de racheter ton erreur. Il y a un contrat sur la tête d'une de ces personnes ici présente. C'est à toi de l'exécuter. Ta dague est dans le coffre là-bas. Jolie lame d'ailleurs.

Xavilia se releva, elle avait encore un peu mal à la tête mais elle arrivait à marcher normalement. Elle récupéra sa dague de stalhrim et s'approcha des trois personnes ligotées au fond de la cabane. Il y avait un marchand Kahjiit, un brigand et une fermière nordique. Le Kahjiit fut le premier qu'elle égorgea, elle était dégoûtée par ce qu'il disait faire subir aux jeunes filles. Elle égorgea ensuite le brigand car même s'il était effrayé et affirmait n'avoir rien fait elle était sûr qu'il avait tué des centaines de personnes. Elle hésita à tuer la fermière car elle était mère de six enfants mais elle parlait d'eux comme du bétail alors elle l'égorgea finalement elle aussi.

-Ahh le contraste de la chaleur du sang et de la froideur de la glace. Vous êtes une vraie artiste. La mort vous va si bien ma sœur, dit la femme masquée comme subjuguée par le spectacle qui se déroulait devant elle.

-Le contrat… Il est sur vous pas vrai ? J'imagine que vous êtes beaucoup plus dangereuse que ces trois-là, répondit Xavilia tout en nettoyant sa lame ensanglantée.

-Oh et perspicace en plus ! Par Sithis je viens de trouver une perle rare. Notre famille serait ravie de t'accueillir très chère sœur. Qu'en penses-tu ?

Xaxilia n'avait plus rien. Le conseiller Morvayn et Adril Arano avaient réussi à déjouer le complot que sa famille avait ourdi contre eux. Elle était la seule survivante des Severin et les Redoran la recherchait toujours. Pendant quelques temps elle avait trouvé refuge chez les Skaals. Elle s'était prise d'affection pour ces Nordiques à la culture simple et proche de la nature, tellement éloignée de celle de leurs semblables du continent. Mais de peur de leurs attirer des ennuis elle était partie aussi. Intégrer un groupe pourrait être bénéfique. Elle ne serait plus seule, elle serait protégée et peut-être même qu'elle pourrait préparer un jour sa vengeance.

-J'accepte ! s'exclama-t-elle avec un grand sourire.

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La fumée s'élevait lentement dans le ciel. Yamarz brûlait sur le bûcher recouvert des cendres de Gurzug. Atub en tant que chamane présidait la crémation. Elle était soulagée, à présent la malédiction était levée et Yamarz reposait en paix avec Gurzug. Elle était sûr que là où ils étaient-ils s'étaient enfin réconciliés. Decumus lui se tenait au premier rang entre les deux filles d'Atub. Il s'était rétabli rapidement grâce aux remèdes de la chamane mais devait tout de même se déplacer à l'aide béquilles. Toute la forteresse assistait à la crémation de leur chef, l'atmosphère était lourde et solennelle.

-Maintenant que vous êtes guéri vous allez certainement retourner à Solitude non ? lui demanda discrètement Arag.

-Oui je ne vais pas tarder. Je dois faire mon rapport au Commandant Maro et au Général Tullius, répondit Decumus.

-Je peux venir avec vous ? J'aimerais rejoindre la Légion impériale…

-Comment ça tu veux rejoindre la Légion ? s'enquit Gorag qui avait tout entendu.

-Gorag on en a déjà parlé. Je t'ai dit que je voulais partir.

-Oui je sais mais on ne s'engage pas dans la Légion sur un coup de tête ! Et puis tu en as parlé à Maman quand elle est venue te voir ?

-Votre sœur à raison. On ne s'engage pas sur un coup de tête. Prenez le temps d'y réfléchir…

-J'y ai déjà réfléchis ! Je ne vous retardais pas promis. Vous savez je connais les bois alentours comme ma poche et...

-La ferme devant ! Montrez un peu de respect pour l'amour de Malacath ! hurlèrent un groupe d'orque derrière eux.

Arag lança un regard noir à Decumus et à sa sœur puis fit mine de les ignorer. Sacré caractère, pensa-t-il. Decumus se concentra à nouveau sur la crémation. Atub après avoir murmuré des incantations étranges, déposa sur le bûcher l'immense marteau du chef des géants. La voix caverneuse de Malacath retentit alors aussitôt devant la foule attentive et blême.

-Yamarz est devenu lâche et calculateur ! Ses mauvaises manières vont ont beaucoup coûté. Comble de la honte, il a même fallu qu'un étranger vous aide à régler vos problèmes !

- Il a donc été punis ? Mais qu'adviendra-t-il de nous ? Quel destin nous attend ? demanda Atub

- Vous allez devoir faire vos preuves, mais j'entends vous laissez une chance ! C'est Gularzob à présent qui décide de tout ! Espérons qu'il fasse un meilleur chef...

- Ça veut dire qu'on peut partir de la forteresse pour faire nos preuves comme vous dite ?

- Qui est l'impudent qui a osé me répondre ?!

Tout le monde se tourna vers Arag les yeux exorbités. Elle-même ne sût pas ce qui lui avait pris mais elle s'avançait fièrement vers le bûcher d'où émanait la voix de Malacath.

-Arag-gra-Yamarz où plutôt gra-Gurzug. Tu es une excellente archère, ce qui est peu commun parmi notre peuple.

-Seigneur Malacath pardonnez son impudence. Supplia Atub. Ce n'est qu'une enfant elle ne sait pas ce qu'elle...

-Je pense qu'à 23 ans on sait ce qu'on dit chamane ! Je sais que c'est ta fille inutile de tenter de la protéger !

Le visage d'Atub se crispa de terreur. Par l'Oblivion que qu'était-il passé par la tête de sa fille pour qu'elle fasse une chose aussi stupide ? Gorag elle était toute pâle. On aurait dit qu'elle s'attendait à ce que sa sœur se fasse foudroyer sur place. Même Arag commençait à avoir des sueurs froides. Par Shéogorath mais qu'est ce qui cloche avec elle ? pensa l'impérial en se passant la main sur le visage.

-Alors Arag-gra-Gurzug depuis toujours tu veux quitter la forteresse n'est-ce pas ? Et pourtant tu ne l'as jamais fait. Ce n'est pas interdit tu sais. Le code de Malacath l'autorise à partir du moment où tu n'oublies pas les tiens. Yamarz appliquait le code n'importe comment c'est vrai. Regarde comment il a fini… Qu'est ce qui t'as empêché de partir ? Tu chasses quasiment tout le temps. Tes proches ? La peur ? J'ai ma petite idée.

- Je n'ai pas peur de vous, articula-elle calmement malgré un stress grandissant.

- Je le sais bien autrement tu ne m'aurais jamais interrompu. Mais je vais passer outre ta crise d'adolescence tardive et dans ma grande magnanimité je te pardonne... Cependant le monde est vaste et dangereux. Tu dois te montrer digne de pouvoir l'explorer. Te sens tu prêtes ?

- …Plus que jamais Seigneur.

-Ah j'aime mieux ça ! Du respect et de la détermination, parfait ! Tu vois le marteau du chef des géants que ta mère a jeté dans le feu ? De ses cendres est né une arme très puissante. Prends là je te l'offre.

-Mais Seigneur le feu... tenta vainement Atub.

-Si les flammes l'effraie elle ne pourra jamais partir. Elle doit le faire ! À moins qu'elle n'ait trop peur...

-Assez !

Toute l'assemblez se retourna vers Gularzog. Il semblait furieux.

-Pourquoi est-ce à elle que vous offrez l'un de vos puissants artefacts et pas à moi ? Vous venez de me nommer chef et elle vient de vous manquer de respect devant tous vos fidèles. Je mérite cette arme !

Les habitants de la forteresse ne savaient plus quoi penser. Certains étaient d'accord avec Gularzog d'autre ne comprenaient pas pourquoi il avait été nommé chef. Lui qui n'était bon qu'à causer des problèmes. Decumus pensait à son défunt maître, il se demandait ce qu'il aurait pensé de toute cette zizanie.

- Ah mes chère petits ! Dit Malacath d'une voix joyeuse. Vous êtes tellement divertissant vous ne savez pas à quel point vous m'amusez. Soit Arag, Gularzog vous méritez tout deux cette arme cependant il n'y en a qu'une. Mais ne vous en faites pas j'ai une idée. Un combat ! Gularzog tu es un guerrier ton arme sera la hache d'orichalque. Et toi Arag tu es un chasseresse tes armes seront l'arc et les flèches d'orichalque. Vous porterez tous les deux une armure légère et le premier à se rendre, à s'évanouir ou à mourir perdra.

-Grand Malacath ce n'est pas équitable vous ne pouvez pas... essaya à nouveau Atub.

-Bien sûr que si je peux ! Seul le plus méritant aura mon arme.

-Mais...

-Il suffit chamane ! Va plutôt serrer ta fille dans tes bras, c'est peut-être la dernière fois que tu en auras l'occasion.

-Bon sang Arag mais qu'est-ce que tu as dans le crâne ! Qu'est ce qui t'as pris !? hurla Gorag

-Je ne voulait pas en arriver là... Mais je sais que Gularzog ferait un très mauvais chef, je vois bien comment il me regarde. Ça ne sera pas une grosse perte !

- Mouais mais il faut que tu gagnes pour ça... C'est un bon combattant.

- Gorag arrête de décourager ta sœur ! Aide-la plutôt tu es censé être une guerrière et une forgeronne ! cria Atub qui venait de se rapprocher de ses filles. Tu n'as pas une armure à lui donner ?

Decumus lui observait Gularzog, il n'était pas franchement impressionnant, plutôt maigre seul le tatouage facial qu'il arborait pouvait faire peur les plus jeunes. Cependant il avait appris à se méfier de ce genre d'adversaire on ne sait jamais à quoi s'attendre avec eux.

-Il enfile une armure de cuir vous devriez en faire autant. Votre armure en fourrure risque de vous gêner dans vos mouvements. Préparer vous bien ne vous en faites pas ça va aller. Vous avez surement déjà affronté des ours ou des smilodons. Soyez vive ne lui laisser aucune ouverture et tout se passera bien.

- Oui je dois avoir une armure légère à la forge, dit Gorag. Vient on va te préparer.

Arag suivi sa mère et sa sœur dans leurs hutte. Quand elle revint elle portait une armure de peaux qui épousait parfaitement ses formes. Des bottes de cuir, des gantelets d'écailles et sur son dos était accroché son arc d'orichalque ainsi qu'un carquois remplit de flèches.

-C'est un peu léger non ? demanda Decumus

-Je n'ai rien d'autre et puis ça me permet de me déplacer facilement.

-Vous devriez porter un casque imaginez qu'il vous écrase la tête. Tenez prenez le mien il est en cuir bouilli, lui dit-il en lui enfilant sur la tête. Il a aussi été enchanté. Ça n'arrêtera pas un gros coup de hache mais il vous protègera contre les projectiles et les coups mineures. Bon courage que les Neufs soient avec vous. Restez calme et concentrée et vous y arriverez sans problème. Après tout vous êtes la fille de Gurzug et vous avez été élevée par Yamarz. C'était tout deux de grands guerriers. Tout ira bien.

-Merci beaucoup Mr Umbranox...

Elle aurait voulu l'enlacer mais elle se retint. Ça aurait sûrement été mal vue. A la place elle enlaça sa mère et sa sœur qui lui souhaitèrent bonne chance puis elle se dirigea vers le bûcher où toute la fouler formait un énorme cercle. Au centre se dressait Gularzog qui aiguisait tranquillement sa hache avec un caillou. Elle prit une grande inspiration, dégaina son arc et se plaça en face de son adversaire. Elle avait déjà combattu et même tuée quelques bandits durant ses parties de chasse mais aucun ne savaient réellement se battre contrairement à Gularzog. De plus c'était la première fois qu'elle se servait de son arc de cette façon. Elle avait plus l'habitude de surprendre son adversaire, pas de se battre en duel. Pour couronner le tout l'armure de son adversaire semblait de meilleure qualité que la sienne, cependant elle remarqua plusieurs sangles fragiles et il ne portait pas de heaume.

-Ne t'en fais ma belle je ne vais pas trop t'amocher. J'ai bien envie que tu réchauffes ma couche et que tu polisses ma lance, lui lança-t-il avec un sourire méprisant.

-Tu me dégoûtes. Tu ne mérites vraiment pas d'être chef. Je crois que je ne vais même pas t'épargner.

-Oui t'as raison je ferais mieux de te tuer puis je me rabattrais sur ta sœur et puis peut-être même sur ta mère...

-Espèce de ! hurla-t-elle en armant une flèche.

-Who tout doux ma belle ça n'a pas encore commencé et puis je te rappel qu'on est entouré par les autres si tu me rate tu risques d'en toucher un.

-On devrait monter sur les remparts, constata Gorag.

-Vous feriez mieux de l'écouter vous autre ! tonna alors la voix caverneuse de Malacath. Quant à vous deux vous commencerez lorsqu'ils seront en haut. J'espère que vous me divertirez bien mes petits.

Ils montèrent alors mais bien trop lentement au goût d'Arag qui voulait en finir au plus vite. Gularzog avait rangé sa pierre et la narguait en faisant des moulinets avec sa hache. Tous les deux avaient envie d'en découdre.

Lorsque tous les habitants furent enfin tous sur les remparts Arag décocha sa flèche. Gularzog la dévia aussitôt avec sa hache et fondit sur elle tel un faucon. Arag para son coup tant bien que mal avec son arc. S'ensuivit alors un échange de coup d'une violence inouï qui dura plusieurs minutes, leurs armes s'entrechoquaient avec fracas. Chaque coup était semblable à une détonation dont l'écho des montagnes alentours ne faisait qu'accentuer le bruit. L'issue du combat ne faisait plus aucun doute, Arag commençait à fatiguer. Les coups de Gularzog étaient incessants et bien placés, sont arc n'était pas conçu pour supporter de tels assauts.

- Abandonne, tu vois bien que je te domine ! lui cria Gularzog qui arborait toujours son rictus méprisant.

- Plutôt mourir que de te laisser devenir chef !

- Tu es vraiment têtue ! Tant pis pour toi !

Gularzog chargea à nouveau mais cette fois ci Arag anticipa le coup et roula sur le côté. Se retrouvant derrière lui, elle lui planta férocement une flèche dans l'arrière de la cuisse. Un large filet de sang lui aspergea alors le visage et lui laissa un goût âcre dans la bouche. Son adversaire hurlant de douleur et de rage se retourna et répliqua aussitôt. Elle évita in extremis ce coup qui l'aurait à coup sûr décapité, bondit en arrière et arma son arc.

Les yeux de Gularzog étaient injectés de sang, son rictus satisfait et méprisant avait disparu. Il n'y avait plus que de la haine sur son visage. Sa peau devenait de plus en plus sombre. Il arracha la flèche de son genou et la jeta par terre. Les deux adversaires se fusillaient du regard pendant plusieurs seconde. C'est alors qu'Arag décocha sa flèche...

-Tu vas goûter à la rage du berserker ! hurla-t-il

Arag n'en revenait pas, il n'avait même pas cherché à dévier sa flèche comme la dernière fois. Il s'était simplement contenté de lever sa main droite devant son visage. La flèche lui avait transpercer l'avant-bras sans que ça ne le dérange. Gularzog chargea alors une énième fois mais malheureusement pour Arag son arc se brisa quand elle para son coup tellement il était puissant. Il lui attrapa alors le cou de sa main libre et la souleva du sol.

-Je vais t'écraser la tête comme une coquille d'œuf !

Gularzog joint le geste à la parole et lui asséna un violent coup de hache sur le crâne. Arag bloqua le coup en lui attrapant le poignet. Sa peau à elle aussi devenait de plus en plus sombre, elle reprenait l'avantage.

-Toi aussi tu vas goûter à la rage du berserker ! hurla-t-elle.

Ses forces à présent décuplée, elle lui arracha la hache des mains et lui écrasa violemment sur le crâne. Gularzog s'écroula par terre mort, sa hache toujours profondément enfoncée dans son crâne.

Arag était fatiguée, elle n'entendait même pas les cris d'ovations de la foule qui l'acclamait et de sa mère et sa sœur qui couraient vers elle. Ils s'étaient peut-être enfin rendu compte qu'il n'aurait pas fait un si bon chef que ça après tou. Atub dont le cœur s'était remis à battre serra sa fille dans ses bras et lui donna une potion qui la rétablie quelque peu.

Decumus lui était complètement scié. Maintenant il comprenait pourquoi les unités orques de la Légion étaient si craintes et respectées. Il avait bien sur déjà vu Gurzug faire appel à un tel pouvoir, mais voir deux orques se battre dans cet état était une toute autre chose. Ça avait quelque chose d'impressionnant : d'effrayant aussi.

-C'était un beau combat, Arag-gra-Gurzug ! tonna à nouveau la voix de Malacath. Tu m'as bien diverti tu peux à présent récupérer mon arme. Si tu as le courage de traverser les flammes.

Arag se dirigea lentement vers le bûcher. Bizarrement elle ne ressentait pas la chaleur, idem lorsqu'elle plongea ses mains dans les braises pour attraper le morceau de bois calciné.

-AH bien joué jeune chasseresse. Les flammes ne t'ont pas impressionnées, tu les as bravées avec courage. Tu es une digne représentatrice de notre peuple. Aussi je vais respecter mon engagement… Mais ne t'avise plus jamais de me manquer de respect !

-Oui mon Seigneur, dit Arag avec une révérence.

-Bien... Comme tu t'en ai montré digne, je t'offre cet arc. Je l'ai façonné à partir mon marteau Volendrung. Avec ça tu ne rateras jamais ta cible.

Le vieux morceau de bois calciné qu'Arag tenait dans les mains s'était changé en un magnifique arc d'orichalque ornée de plusieurs runes deadriques. À la fois souple et résistant, son pommeau s'adaptait parfaitement à sa main. On aurait dit qu'il était fait pour elle.

-Habitant de Largashbur ! Vous êtes à présent libérés de votre malédiction. Libre à vous de partir ou de rester. Ogol est à présent le nouveau chef de la tribu. Espérons qu'il sera plus sage que les deux précédents. Vous vivez une époque trouble et dangereuse n'oubliez jamais que je veille sur vous et que tôt ou tard je vous accueillerais tous en Fossendre mes enfants. Tant que vous respectés mon code. Quant à vous étranger !

Décumus sursauta, il ne s'attendait pas du tout à ce que le Seigneur Deadra daigne lui adresser la parole.

-Vous vous êtes révélé être un véritable ami du peuple orque nous nous en souviendront. Vous êtes quelqu'un d'honorable.

-Merci… baragouina-t-il dans une révérence maladroite.

-Allez en paix mes enfants ! N'oubliez pas que je veille sur vous…

La voix de Malacath s'était à présent tue. Le feu de la crémation s'était éteint également. Une légère fumée continuait cependant de s'élever du bûcher. Pendant un court instant Decumus eut l'impression d'y apercevoir deux silhouettes. Il sourit… Les deux frères avaient enfin fait la paix.

Ogol n'en revenait pas. Il avait été nommé chef lui qui n'avait jamais été le ni plus intelligent et encore moins le plus fort. Il se promis tout de même de faire de son mieux. Le clan avait enfin la chance de commencer une nouvelle page de son histoire.

Gorag surgit de la foule en liesse et serra sa sœur et sa mère dans ses bras. Elle avait les larmes aux yeux.

-Bon sang j'ai eu si peur… Tu veux toujours partir ? demanda-t-elle à Arag.

-Désolé mais ma décision est prise. J'espère que vous comprenez...

-Si c'est vraiment ce que tu veux, se résigna Atub. Va, le monde te tend les bras !

Elles s'enlacèrent à nouveaux toutes les trois. Chacune avait les larmes aux yeux. Decumus les regardait avec tendresse. Il se surprit à penser à sa propre famille.

-Je vous donnerais des nouvelles aussi souvent que je peux et je reviendrais vous voir, promis Arag en réprimant un sanglot.

-Reste au moins pour la nuit tu ne vas pas partir tout de suite, ce combat à dû t'épuiser.

-Elles ont raisons, intervint Decumus. Allez-vous reposez nous partirons demain à l'aube. Et puis je ne peux pas encore chevaucher dans mon état.

-Ah vous êtes d'accord pour que je vous accompagne maintenant, sourit-elle.

-Ce combat m'a convaincu de vos prouesses martiales mais aussi de votre détermination. Avec de l'entrainement vous deviendrez une guerrière incroyable. Et puis c'est toujours agréable d'avoir de la compagnie.

Atub et Gorag rigolèrent. Sauf Arag dont les joues s'étaient légèrement empourprées sous le compliment de Decumus. Cet impérial était vraiment très intéressant…

-Merci M. Umbranox, répondit-elle humblement. Au fait je ne vous ai pas rendu votre casque. (Elle souhaitait changer de sujet)

-Oui merci. C'était vraiment un beau combat en tout cas vous pouvez être fière de vous.

-Finalement il lui aurait été plus utile à lui ce casque, plaisanta-t-elle.

Tout le monde rigola de bon cœur à cette blague. Ils rentrèrent ensuite se reposer un peu avant la cérémonie d'investiture d'Ogol. La dernière soirée de Decumus à Largashbur se passa à merveille. Gularzog fut incinéré, Ogol prononça un discours très solennel et jura d'œuvrer pour le bien commun. Une petite fête fut même improvisée. L'hydromel, la bière et le vin coulèrent à flot.

Le lendemain matin à l'aube, Decumus se hâta de seller son cheval, la route pour Solitude était plutôt longue. Arag elle était déjà prête, elle l'attendait sur son cheval Atub et Gorag debout à côté d'elle. Elle portait son armure en peaux de la veille ainsi que des bottes et des gantelets de cuire. Sur son dos était accroché l'arc de Malacath et à sa ceinture pendait une épée orque finement sculpté que sa sœur lui avait forgé et que sa mère avait enchanté afin qu'elle s'use moins vite. Atub s'approcha de lui et lui parla à part.

-Avant que vous partiez je voulais juste vous remerciez, dit-elle. Vous avez fait plus pour nous en quelques jours que certains en plusieurs années. Grâce à vous des jours meilleurs s'annonce pour nous. Merci... Pour tout. Vous serez toujours le bienvenu ici.

-Merci j'apprécie le geste. Vous aussi Atub vous êtes quelqu'un de bien. Vous n'êtes pas trop triste que votre fille s'en aille ?

-Si bien sûr mais si elle est heureuse comme ça. Après tout c'est la fille de Gurzug tôt ou tard elle aurait bien fini par partir. Et puis au moins avec vous je sais qu'elle est bien accompagnée.

-Votre fille est forte Atub ne doutez jamais de cela.

-Il aurait été tellement fière d'elle, soupira t'elle en réprimant une larme. Prenez soin d'elle s'il vous plaît. Je ne sais pas pourquoi mais elle vous aime bien. Je ne crois pas me souvenir l'avoir déjà vu rougir.

-Ne vous en faites pas je la ramerais vivante à Solitude, promit-il. Malheureusement quand elle sera dans la Légion je ne pourrais plus faire grand-chose.

-Je comprends vous avez vos propres soucis avec les conspirateurs… Que Malacath vous protège. Vous et ma fille.

Ils se dirigèrent alors vers la sortie où Gorag et Arag les attendaient.

-Vous êtes en retard ! plaisanta Arag. Vous vouliez faire une grasse matinée c'est ça ?

-Ah j'espère que vous chevauchez aussi bien que vous faites des blagues ! répondit Decumus sur le même ton.

-Ne vous inquiétez pas je suis pleine de ressource. (Elle lui adressa un clin d'œil malicieux). Mère, Sœurette. Je vous envoie une lettre dès que j'arrive à Solitude. Je penserai très fort à vous.

Après un ultime adieu le duo quitta la forteresse et s'élança dans la toundra de Bordeciel.