Cela faisait plus d'un an que Reyda était partie. Narfi n'arrivait toujours pas à s'en remettre. Reyda elle était si gentille pourquoi elle aurait abandonné le pauvre Narfi ? Elle va bientôt rentrer à la maison. Oui elle sera bientôt rentrée. Se répétait-il inlassablement. Malheureusement pour lui elle ne rentrerait jamais. Reyda s'était noyée dans la rivière à l'extérieur de Fort-Ivar en voulant aller chercher des plantes sur la petite île en amont. Tous les villageois pensaient de même mais aucun n'avait osé lui en piper mot de peur de l'achever. Hélas le pauvre fou était perdu depuis longtemps. Il ne vivait plus qu'à moitié, sa maison s'était changée en ruine à ciel ouvert. Il portait toujours les mêmes loques et mendiait pour survivre.

Une nuit alors que Narfi errait comme à son habitude n'arrivant plus à trouver le sommeil depuis la disparition de sa sœur, quelqu'un lui agrippa violemment la bouche par derrière et colla une dague glacée sur son cou. « N'ayez pas peur. » dit-elle d'un ton étrangement doux avant de l'égorger sans autre forme de procès. La lame bien affûtée lui trancha net la jugulaire et la carotide. Narfi n'eut pas le temps de souffrir, il mourut avant de toucher le sol. Enfin il était en paix. L'assassin lui remplit les poches de cailloux et jeta son cadavre dans la rivière. Il fut emporté par le courant sur une petite distance avant de couler. Sa dépouille atterrit tout près d'autres ossements humains, Narfi avait retrouvé Reyda.

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« Beitild, Ennodius Papius et Narfi, et bien on peut dire que vous n'avez pas chômé ! Je pensais que vous ne feriez pas long feu mais à l'évidence vous êtes plus coriace que vous en avez l'air... Ma sœur ». dit Nazir avec un sourire narquois. « Astrid avait vue juste... Une fois encore. Tenez votre paiement, allez-vous reposez maintenant. Je suis sûr qu'Astrid aura bientôt un contrat à la hauteur de vos talents. » Il lui donna une petite bourse remplit de pièce d'or et lui tapota amicalement l'épaule avant de s'éloigner. Xavilia s'empressa de la ranger sous sa robe et se dirigeât vers ses quartiers.

Elle y retrouva Babette, Veezara et Gabriella tous trois assis autour d'une table rectangulaire en train de jouer aux cartes. A son arrivée la petite vampire lui fit un large sourire qui dévoila ses canines pointues. La nature de la petite fille n'était un secret pour personne au sein de la Confrérie et Xavilia avait vite été mis au courant. Les deux avaient ensuite très rapidement sympathisées au point qu'elles étaient quasiment devenues inséparables, elles avaient notamment pris l'habitude de se laver ensemble dans les sources chaudes du sanctuaire, Babette qui avait même des talents de coiffeuse lui avait fait une tresse à la mode Brétone. Cependant malgré cette amitié la Dunmer était encore mystérieuse quant à son passé et se montrait la plus discrète possible. Heureusement Babette parlait pour deux et évitait les questions indiscrètes, c'est peut-être pour ça que Xavilia l'avait aussi vite appréciée.

« Xavi tu es enfin rentrée ! cria la petite vampire de sa voix fluette.

-Ravi de vous revoir ma sœur, renchéri chaleureusement Veezara

-Vous êtes partie longtemps du Sanctuaire, dit Gabriella. Allez manger un peu cela vous fera du bien. Nous vous avons gardé un peu de ce délicieux ragout qu'a fait Festus, ce vieux grincheux s'y connais vraiment bien en cuisine.

-Merci c'est très gentil, répondit Xavilia, mais je n'ai qu'une envie c'est de me laver et de m'écrouler dans un lit.

-Chic allons prendre un bain alors !

Babette bondit de sa chaise et se dirigea vers la source chaude en compagnie de Xavilia, en chemin elles parlèrent des contrats qu'elles avaient accomplis, un vrai jeu d'enfant. Elles croisèrent également Arnbjorn qui était de corvée de lessive. Il grogna quand les deux amies lui jetèrent leurs vêtements avant de rentrer dans l'eau. Il était vrai que le Nordique préférait mille fois taper de son marteau à la forge plutôt que d'user du battoir à linge.

Xavilia plongea dans l'eau jusqu'au menton, Babette lui lava les cheveux tout à lui massant délicatement le crâne. La petite vampire avait vraiment des doigts de fées elle appuyait délicatement et avec fermeté, elle lui massa ensuite les épaules avant de finir par le dos. Après toute ces semaines à avoir couru le pays pour ses contrats Xavilia pouvait enfin se laisser aller. Elle poussa un long soupir de plaisir et s'abandonna aux mains expertes de Babette.

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« Montez votre garde ! Attention à vos jambes »

Les lames s'entrechoquaient avec fracas, Arag commençait à fatiguer. Visiblement elle est plus à l'aise avec un arc qu'avec une épée remarqua Decumus. Il para l'un de ses coups et pivota derrière elle. En moins d'une seconde Arag lâcha son épée et se retrouva à genoux, la pointe du katana de Decumus appuyée sur sa nuque. « Vous avez trichez ! se plaignit-elle. Vous m'avez déséquilibré avec votre coup de pied !

L'épée n'est pas votre seule arme, dans un combat réel tout est bon pour vaincre l'adversaire...

Arag émit un grognement et se releva prestement, Decumus reçu alors une motte de terre sur le visage. La jeune orque en profita pour ramasser son épée et les lames s'entrechoquèrent de plus belle. Elle semble y mettre plus d'entrain maintenant. Decumus fut surpris par la justesse des coups mais repris petit à petit le dessus dans l'affrontement, il parait ou esquivait chaque coup de l'orque qui s'essoufflait de plus en plus. Pris de confiance, l'impérial tenta à nouveau de désarmer l'orque mais elle avait senti le coup venir. Quand Decumus pivota derrière elle, Arag se retourna et lui assena un violent coup de pied qui le déséquilibra. Decumus ne chuta pas car il avait pu se rattraper en plantant son katana au sol. Lorsqu'il leva les yeux il vit Arag le fixer avec un regard remplit de fierté et d'autre chose qu'il n'aurait pas su définir. « Je vous ai eu cette fois ! clama-t-elle en affichant un large sourire.

En effet c'était bien joué de votre part… Vous apprenez vite. »

Soupirant, Decumus se releva et rengaina son épée. « Nous devons continuer à chevaucher, nous ne sommes plus très loin de Solitude. »

Arag obtempéra et rengaina à son tour sa lame. Elle aurait bien voulu continuer à s'exercer mais le souvenir de leur mauvaise rencontre avec les Sombrages additionné à leur découverte d'Helgen lui rappela qu'ils devaient se hâter de terminer leur voyage.

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Toute la petite famille était attablée : Astrid en tête de table chuchotait des mots doux à Arnbjorn, juste à côté Veezara une chope d'hydromel à la main, racontait à Nazir comment il avait réussi son dernier contrat en désarmant une dizaine de garde de Vendeaume avant de se jeter du haut des murs de la ville. Son récit quelque peu exagéré faisait éclater de rire le Rougegarde. En face Babette et Gabriella parlaient d'alchimie, la petite vampire souhaitait créer un tout nouveau poison. Au milieu de tout ce joyeux vacarme Xavilia assise à côté de Babette mais tout de même un peu à l'écart se surpris à sourire. Cela faisait longtemps qu'elles n'avaient pas assister à pareil spectacle. Tout ceci lui rappelait sa propre famille mais également son séjour chez les Skaals. Son esprit vagabonda un instant en direction de ses parents et sa sœur disparus… Ainsi que vers l'apprenti du forgeron du village.

« Bon alors vieil homme ! tonitrua Arnbjorn. On meurt de faim ici ! Vous voulez notre mort en fait par Sithis !

Silence barbare ! tonna une voix en provenance de la cuisine. Ce ragoût est une recette du Gourmet ! Ce n'est pas un vulgaire gruau qu'on mélange n'importe comment ! Vous me remercierez lorsque vous le porterez en bouche. »

Tous les occupants de la table éclatèrent de rire et reprirent petit à petit leurs conversations, un peu plus tard Festus apparu vêtu d'un tablier, d'une toque de cuisiner et portant une grosse marmite. Le fumet qui s'en dégageait était divin, cela devait valoir toutes les purées de pommes de cendres que Xavilia avait mangé.

« Voici pour vous. Un ragout de moutons aux dix légumes, dit le vieux mage avec une légère révérence. J'espère que vos palais sont suffisamment délicats pour apprécier toutes ses saveurs. »

Il déposa la marmite au milieu de la table puis se dirigea vers Babette. Il sorti alors d'une de ses poches une fiole d'un rouge sombre. « Je n'allais pas laisser les autres se régaler en vous laissant tomber. Je suis peut-être grincheux mais je suis juste. Voici une petite trouvaille de mon dernier contrat. Il est Altmer je sais que c'est votre préféré. » Babette toute excitée prit la fiole et serra Festus dans ses bras en lui faisant mille remerciement. Il prit place à côté d'elle et le repas pu commencer.

Xavilia englouti presque instantanément sont assiette de ragout, il était vraiment délicieux. Elle regretta cependant vite son geste, elle aurait dû prendre plus de temps à le savourer. Elle ne voulait pas passer pour une gloutonne à redemander une autre portion. L'air de rien elle se servit de l'hydromel et écouta distraitement Babette et Gabriella qui débattait sur l'utilisation du nirnroot. Tout en faisant mine d'acquiescer à leurs paroles elle rapprochait discrètement la marmite vers elle.

« Bravo Festus ! Votre ragout est une vraie réussite, il suffit de voir comment notre nouvelle a dévoré son assiette quel appétit ! tonna Arnbjron avec un rire proche de l'aboiement. »

À ces mots Xavilia se tétanisa et rougit, elle sentait tous les regards braqués sur elle.

« Ne soyez pas timide Sac d'os, resservez-vous. Vous vous êtes vu quand vous êtes arrivé ? Vous faisiez peur à voir, je me demandais comment vous teniez debout. Heureusement vous commencez à reprendre du poids. Encore un peu et vous serez à croquer. Vous avez des formes très voluptueuses et… »

Astrid fusilla Arbjorn du regard et il ne pu pas finir d'exprimer le fond de sa penser. Il semblait tout à coup beaucoup plus intéressé par le fond de son assiette que par Xavilia ce qui provoqua l'hilarité de tous les convives. Festus ravi du succès de son ragout resservi une généreuse portion à la dunmer affamée avec un sourire inhabituel. En effet Babette l'avait prévenu que c'était un vieux grincheux même si au fond il était très attaché à sa famille. Le repas repris alors dans le calme et cette fois-ci Xavilia pris soin de bien déguster chaque bouchée.

« Excusez-moi ma chère mais je ne peux pas m'empêcher de vous poser la question, dit Gabriella rompant ainsi le silence. C'est une très belle dague que vous avez là, je n'en ai jamais vu de semblable. En quoi est-elle faite ?

C'est du stalhrim, répondit Xavilia non sans une once d'hésitation.

On dirait de la glace. Je n'ai jamais entendu parler de l'existence d'un tel matériau à Morrowind, ni même à Vvardenfell…

C'est parce qu'on en trouve pas sur le continent, intervint Arnbjorn sans hurler pour une fois. Les seuls à savoir le travailler sont les Skaals de Solstheim.

Oh je vois… C'est vrai que vous nous avez dit venir de Solstheim. Vous venez de Corberoc alors je suppose. J'ai entendu dire que les mines avaient fermées. La vie doit y être rude. Ça n'a pas dû être trop dur pour vous de laisser ce trou derrière vous.

La vie est rude partout, répondit nonchalamment Xavilia, bien que légèrement agacée par la pique lancée.

Ce que je me demande, continua Arbjorn qui ne semblait pas se soucier des questions de Gabriella, c'est comment une elfe noire gringalette comme vous à réussi à se procurer du stalhrim. Les Skaals ne sont pas vraiment connu pour leur hospitalité.

Oh assez tous les deux ! Laissez là mangez en paix ! soupira alors Babette. Peut-importe d'où elle vient, elle fait partie de la famille maintenant laissez là tranquille ! »

Xavilia fut touchée par l'intervention de la petite vampire. Elle comprenait malgré tout, la méfiance de ses nouveaux frères et sœurs. Après tout elle venait d'arriver et devait faire ses preuves. Le ton commença à monter à table, Veezara et Festus tentèrent de temporiser Gabriella et Arbjorn tandis que Nazir s'occupait de Babette. Elle faisait vraiment peur quand elle commençait à s'énerver et Nazir semblait être le seul à pouvoir la calmer. Astrid elle, restait en retrait et observait attentivement la scène de ménage qui se déroulait devant ses yeux. Lorsqu'elle leva la main tous le monde se tut comme par magie.

« Merci pour ce délicieux repas Festus, c'est toujours un plaisir lorsque tu cuisines. »

Elle parlait calmement mais sa voix avait quelque chose d'effrayant.

« Ma chère famille, j'ai des informations importantes à vous transmettre. Nous n'avons pas le temps pour des vaines querelles enfantines. Je vous rappelle que nous sommes tous les doigts de la main de Sithis, notre père de la terreur. J'ai reçu une lettre de Cicéron, il se trouve à Bruma il ne devrait pas tarder à nous rejoindre au Sanctuaire avec la Mère de la Nuit. »

La nouvelle fut accueillie avec enthousiasme par tout le monde. Xavilia ne savait pas vraiment quoi en penser. Cela faisait plus de 20 ans que la précédente Oreille Noire était morte. Cela ne changerait rien à la situation d'avoir la Mère ici si personne ne peut l'entendre.

« … Je compte sur vous pour ne pas me faire honte devant le Gardien et notre Mère. J'ai également de nouveaux contrats qui nous sont parvenus. Nous avons bien fait de garder quelques contacts avec Delvin et la Guilde des Voleurs, ce sont des bons informateurs. Il y a un contrat en particulier qui a attiré mon attention. Il s'agit d'un véritable contrat d'assassinat à l'ancienne. Il vous faudra bien vous renseigner sur votre proie et être intrépide. Seul un véritable professionnel peut mener ce contrat à bien… N'est-ce pas ma chère ?

Tout le monde se retourna alors vers Xavilia, Astrid la fixait intensément son regard était le même que lorsqu'elle l'avait rencontrée dans la cabane abandonnée.

« Je… Je serais honorée d'accomplir ce contrat Astrid, finit-elle par bégayer timidement.

Fort bien ma chère… Nous allons voir si vous êtes à la hauteur de notre réputation. Finit les mendiants, mineurs et bucherons paranos, à présent vous êtes dans la cour des grands.

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Solitude, le joyau de l'Empire en Bordeciel portait bien son nom. Sur les immenses rues pavées de la ville les habitants fourmillaient de partout, chacun s'affairant à ses activités quotidiennes. Decumus et Arag avaient laissés leurs chevaux à l'écurie et s'était empressé de rentrer dans la ville. Elle ne savait plus où donner de la tête jamais dans sa vie elle n'avait vue quelque chose d'aussi impressionnant, que ce soit les immenses remparts de la ville ou le Palais Bleu la demeure de la jarl Elisif nichée sur une falaise escarpée était un vrai régal pour ses yeux. Du temps où elle chassait prêt de la forteresse elle avait aperçu quelques fois Faillaise, mais les canaux d'eaux croupis faisaient pâle figure en comparaison de la merveille architecturale qu'était Solitude.

Cependant sur la place centrale de la ville un macabre spectacle les attendait. Une tête à moitié décomposée était plantée sur une pique. En dessous une pancarte indiquait « Regardez le sort réservé aux traites ».

« Quel crime a-t-il commis ? demanda Arag quelque peu dégouté.

Il s'appelait Roggvir, c'était un garde de la ville. C'est lui qui a ouvert à Ulfric Sombrage quand il est venu défier le Haut-Roi et qui la laissé partir lorsqu'il l'a assassiné.

Vous savez comment ça s'est passé ?

Je n'étais pas en Bordeciel quand c'est arrivé. Chacun à sa version de l'histoire certains le voit comme un complice du meurtre du Haut-Roi d'autre pense qu'il n'a fait que son travaille. Ulfric étant venu défier Torryg en duel selon la coutume Nordique.

Triste affaire…

En effet… Enfin voilà notre voyage touche à sa fin. Vous voulez toujours intégrer la Légion ?

Evidemment je n'ai pas fait tout ce chemin pour faire marche arrière maintenant. Vous pensez que la vue d'une tête décomposée me fera changer d'avis ?

Soit… Ne perdons pas de temps dans ce cas. »

Sur ces mots les deux compères se dirigèrent vers Mornefort : le quartier général de la Légion Impériale en Bordeciel. En chemin quelque chose attira leur attention, un Bosmer criait à l'aide. « S'il vous plaît ! Ayez pitié d'un vieux fou ! Aidez-moi ! » Personne ne semblait préter attention à ce pauvre elfe. C'est lâ qu'il vit Decumus et Arag et se dirigea vers eux à toute allure.

« Maître ! C'est vous je vous ai enfin retrouvé ! Ça y est les vacances sont finis ? On peut rentrer à la maison !

Pardon ? demandèrent Arag et Decumus d'une même voix.

Oh pardonnez-moi Messire, je vous ai pris pour mon maître il vous ressemblait un peu dans sa jeunesse. S'il vous plaît aidez-moi ! supplia-t-il.

Très bien quel est le problème ? se risqua Decumus tout en restant sur ses gardes.

J'ai perdu mon Maître ! Il m'a dit qu'il était au Palais Bleu mais je ne peux pas y entrer ! Pourtant il m'a donné son os iliaque ! Il m'a dit que cela ouvrirait la porte !

C'est bien un os qu'il est en train d'agiter au-dessus de nous là ? Je ne rêve pas ?

S'il vous plait ! Aidez-moi ! »

Arag et Decumus s'échangèrent un regard perplexe. Finalement plus dans la volonté de se débarrasser de lui que de l'aider, Decumus consentit à prendre son os et lui promit qu'il verra ce qu'il pourrait faire. Après ce léger contretemps ils purent enfin se diriger vers Mornefort. La cour était pleine de soldats s'entrainant à manier leurs arcs sur des cibles de paille sous la direction du capitaine Aldis, un grand guerrier nordique muni d'un espadon de fer dans le dos. Ce dernier leur fit un léger signe de tète en guise de salutation avant de se reconcentrer sur ses soldats.

Les deux soldats impériaux qui gardaient l'entrée reconnurent l'insigne du Penitus Oculatus de Decumus et les laissèrent passés après de brèves salutations. A l'intérieur le Général Tullius accompagnée de la Légat Rikke était en pleine conversation au-dessus d'une large table de bois. Une immense carte de Bordeciel dépliée trônait dessus.

« Attendez-moi ici, prévint discrètement Decumus. Je dois leur parler d'abord de nos découvertes à Helgen. Ça va bien se passer ne vous en faites pas, je vous ferais signe quand vous pourrez entrer. » Arag acquiesça et alla s'assoir sur un banc situé en arrière. Decumus se dirigea alors vers Tullius et Rikke qui semblaient tout deux très préoccupés.

« Salutation Général, légat. Dit-il avec une légère révérence. Je suis content de voir que vous avez survécu à ce qu'il s'est passé à Helgen et… »

Rikke et Tullius se regardèrent les yeux ronds visiblement très surpris de revoir Decumus, le Général s'esclaffa alors : « Agent Umbranox ? Comment savez-vous pour Helgen ?! Je suis rentré i peine 2 jours. Je pensais que le Commandant Maro vous avez confié une mission.

En effet Général, j'en reviens. Comme vous savez l'agent Gurzug est mort en défendant l'Empereur au Temple de l'Unique. J'ai été chargé de ramener ses cendres à sa forteresse natale à Largashbur. Je n'avais aucune information sur vos plans concernant Ulfric. Je devais rejoindre le Commandant Maro ici pour surveiller les noces de Vittoria Vici. Seulement après avoir accompli cette mission nous avons croiser sur la route une patrouille de Sombrages se dirigeant vers Helgen. Apparemment un informateur les avait prévenus de la capture d'Ulfric au Gué de Sombreflots et que vous comptiez l'exécuter à Helgen nous y avons donc fait un détour…

Ça expliquerait l'apparition du dragon à Helgen, l'interrompit la légat Rikke.

C'est un dragon qui a détruit Helgen alors ! Par les Dieux comment est-ce-possible ?

Calmez-vous tous les deux ! repris le Général. Oui nous avions capturé Ulfric et au moment de l'exécuter un dragon est apparu et a dévasté Helgen. Même moi j'ai encore du mal à y croire et pourtant j'y étais.

Vous pensez qu'il s'agit des Sombrages… Ou même du Thalmor ?

Un dragon au service des Sombrages ? Non je ne pense pas, pour les Thalmors j'en suis moins sûr après tout, la guerre civile ne fait que les arranger eux. De plus l'ambassadrice Elenwen était au courant du plan de capture d'Ulfric, elle était même présente.

Vous pensez que les Thalmors sont les informateurs des Sombrages ? demanda Rikke

Je ne sais pas, nous ne devons pas faire de conclusions hâtives. La guerre continue Ulfric s'est évadé nous devons nous montrer très prudent pour débusquer cet informateur… Umbranox je suis navré mais le Commandant Maro est à Pondragon avec son fils et le reste du Penitus Oculatus pour préparer le mariage de Vittoria Vici et la venue de l'Empereur. J'ai besoin de vous ici il y a certains problèmes que j'aimerais résoudre au plus vite. Maro vous a laissé une lettre pour tout vous expliqué.

Très bien mon Général.

Parfait Umbranox. Votre famille et vous n'avez jamais déçu l'Empire vous êtes un excellent élément je me fais une joie de travailler avec vous.

Il y a juste une chose qui m'a échappé, déclara Rikke. Après avoir accompli votre mission vous avez dit « Nous avons croisé une patrouille de Sombrages » …

Justement j'allais y venir. A Largashbur j'ai rencontré quelqu'un qui souhaitait intégrer la Légion. C'est une archère hors-pairs, elle m'a sauvé la vie pour être franc. Tout seul je n'aurais surement pas réussi à vaincre tous ces Sombrages. Elle fera un très bon soldat. Elle s'appelle Arag… C'est la fille de Gurzug. »

La Légat et le Général furent tellement surpris par cette révélation que leurs mâchoires touchaient presque le sol. Gurzug ne s'était jamais confié à personne sur sa vie avant la Légion. Ironiquement Decumus a commencé à réellement lorsqu'il était mort.

« Bien faite là entrera alors, se résolu finalement à dire le Général après avoir retrouvé ses esprits. Seulement ne vous attendez pas à un traitement de faveur parce que c'est la fille de Gurzug. Elle devra faire ses preuves comme tout le monde. Vous devez le savoir mieux que quiconque.

-Bien sûr », répondit Decumus en inclinant la tête, le Général lui remit la lettre du Commandant Maro et il prit ensuite congé. Arag toujours assisse sur son banc admirait les décorations murales du fort. De sa vie elle n'avait vu que des huttes et des cases de fortunes, tout lui paraissait d'un coup beaucoup plus sophistiqué. Decumus lui fit signe qu'elle pouvait y aller. Elle y alla d'abord avec hésitation puis d'un pas décidé.

En attendant Decumus pouvait lire la lettre du Commandant Maro, il s'assit sur le banc et commença sa lecture. Le gros du contenu de la lettre ne lui appris rien de nouveau c'était surtout des nouvelles de la guerre. Pour ce qui était du reste le Commandant lui demandait de rester à Solitude et d'aider Tullius à régler les problèmes du jarl Elisif afin qu'il n'y ai aucun problème le jour du mariage de Vittoria Vicci et de la venue de l'Empereur. Une lettre de sa mère Valeria était également jointe. Elle lui donnait surtout des nouvelles de Cyrodiil, le Conseil des Anciens étaient plus divisé que jamais, les Thalmors faisaient ce que bons leur semblaient et sa cousine la Comtesse d'Anvil Loriana Umbranox n'avait toujours pas prévu de se marier et d'avoir un héritier. Que des bonnes nouvelles en perspective.

Une petite dizaine de minutes s'écoula avant qu'Arag ne réapparaisse seule, elle avait une mine radieuse. « Alors ? lui demanda Decumus.

Je dois faire mes preuves, un groupe d'aspirant légionnaires comme moi est en route vers Fort Hraggstad à l'Ouest d'ici pas très loin. Nous devons reprendre le fort, il été investi pas des bandits. J'intégrerais pleinement la Légion après cela.

Je vois… Si vous voulez un conseil, trouvez un point en hauteur et arrosez-les avec votre arc. Vous les aurez tous comme ça. Evitez le corps à corps si possible. Et si vous n'avez pas le choix visez les jambes. Un adversaire à terre est un adversaire en moins. En tout cas ne sous-estimez jamais personne, c'est la guerre et à la guerre tous les coups sont permis.

Je ferais de mon mieux Decumus. Je… Merci… Merci pour tout, il y quelques semaines à peine je me voyais encore finir troisième femme d'un chef de clan mais maintenant je peux choisir mon avenir et ça c'est… Ça compte énormément.

On verra si vous me remercierez quand vous vous retrouverez en plein milieu d'une bataille…Excusez-moi je ne voulais pas être cassant, mais je ne veux pas que vous embellissiez la Légion, la guerre est quelque chose de terrible.

Je le sais bien mais je vous ai vu combattre les géants devant notre porte, vous nous avez aidé quand on en avait le plus besoin. Au mépris même de votre vie. Aucun « vrai Nordique » n'aurait fait ça. Pour eux nous ne sommes rien de plus que des porcs dégoutants, ils nous méprisent. J'ai vécu toute ma vie dans une forteresse, oui mais je ne suis pas aveugle. Votre Empire est la seule chose qui nous permette de vivre sans que nous soyons des parias, alors si je dois me battre pour lui soit. Et vous Decumus si tous les humains et particulièrement les Nordiques pensaient comme vous, nous serions dans un monde meilleur et beaucoup plus tolérant. Vous nous avez sauvé… Vous m'avez sauvé »

Cette fois-ci ce fut Decumus qui rougit face à la tirade d'Arag. Il ne s'était pas préparé à autant d'éloquence. Cette orque était vraiment spéciale « Je comprends, bafouilla-t-il enfin. En tout cas ça a été un plaisir de faire la route avec vous c'était... Trop court, finit-il par dire plus pour lui-même. Je vous souhaite le meilleur Arag.

C'est un adieu ?

Je ne sais pas avec nos vies tout peut arriver. Peut-être aurons-nous l'occasion de nous revoir si les Dieux et Malacath le veuillent bien.

J'espère que ce sera le cas

Moi aussi. »

Les deux se tenaient face à face le visage rougi hésitant sur la conduite à tenir. Que fallait-il faire ? Une accolade ? Une étreinte ? Un baiser ? Finalement Arag tendit la main et Decumus la serra pendant un moment un peu trop long pour que l'on puisse appeler ça un serrage de main. « Que Malacath soit avec vous, Arag gra-Gurzug.

Et que les Dieux soient avec vous également Decumus Umbranox. »

Ils détachèrent petit à petit leurs mains et chacun reparti progressivement de son côté. Decumus se retourna alors et cria « Arag ! ». Avant de lui lancer son casque qu'elle attrapa au vol. « Il vous a été utile contre Gularzog, vous risquez d'en avoir encore besoin.

Je vous le rendrais, promis Arag avec un sourire.

J'y compte bien, plaisanta Decumus.

Merci… Merci pour tout. »

Decumus souri et Arag parti, il resta quelque instant a contemplé la porte du fort puis il rejoignit le Général et la Légat afin de connaitre la suite des évènements.