Les jeunes vinrent souvent visiter Mérida dans la semaine : au moins une fois par jour. Hiccup, lui, passait matin et soir et y restait plutôt longtemps. Souvent, Raiponce et lui passait du temps ensemble, à discuter de tout et rien : la jeune fille était très sensible et il s'avéra qu'elle aimait beaucoup le garçon – elle comprit de suite pourquoi Mérida l'appréciait tant. Jack, lui, prit l'habitude de raccompagner Hiccup lorsqu'ils se trouvaient à l'hôpital au même moment. Parfois, c'était Hiccup qui le raccompagnait. Sab, de son côté, ne venait pas si souvent que les autres visiter Mérida bien que proche d'elle, le blond avait une peur bleue des hôpitaux. De plus, ses parents stricts lui imposaient des heures pour rentrer qui excluaient les potables passages à l'hôpital.
Et puis Mérida se réveilla, 17 jours après l'accident. Hiccup avait prévu d'aller la visiter le soir, et comme Jack n'avait personne qui l'attendait à la maison, il se proposa de l'accompagner, ce que le brun accepta, bien sûr. Lorsqu'ils arrivèrent à l'étage de la chambre de leur amie commune, ils croisèrent monsieur Dunbroch – qui avait insisté pour que les amis de sa fille l'appellent Fergus –, tout sourire. Les deux garçons se lancèrent une œillade curieuse et, avant qu'aucun d'eux ne puissent parler, le grand homme leur fonça littéralement dessus :
- Les garçons ! Mérida s'est réveillée ce matin, leur dit-il en riant de bonheur.
Cette fois-ci, ils échangèrent un regard extatique :
- On peut la voir ?! Demanda Hiccup.
- Bien sûr. Mais elle est fatiguée, alors il ne faudra pas rester longtemps. Moi j'allais justement emmener mes triplés manger à la maison.
Le brun, tout heureux, serra le géant dans ses bras criant "merci" au moins 3 fois et, attrapant la main de Jack, il les entraina dans la chambre de Mérida. Ouvrant la porte à la volée, il se figea quand il vit la jeune fille tourner les yeux vers lui. Des yeux infiniment vides. Ce regard stoppa Hiccup et Jack lui rentra dedans. Hiccup sentit les larmes lui monter aux yeux lorsqu'il en vit des semblables couler le long des joues pâles de Mérida. Il lâcha la main de son ami et s'avança vers le lit de la rousse devant lequel il s'accroupit il prit le visage de son amie en coupe et posa son front contre le sien :
- Merry… soupira-t-il.
- Je ne pourrais plus jamais faire de cheval. Je ne pourrais plus jamais marcher, ou même courir, Hic', sanglota la jeune femme.
- Il y a toujours des moyens, ma belle. On trouvera. Je te promets qu'on trouvera.
Il pleurait lui aussi maintenant. Jack, peu sûr de sa place dans cette pièce, s'apprêtait à repartir quand Mérida lui lança :
- Jack, tu peux rester ? Quelqu'un qui ne pleure pas ne sera pas de trop ici.
- D'accord, souffla le jeune homme ; dos à ses amis, il essuya ses larmes avant de se diriger vers eux.
Ils restèrent à discuter pendant un long moment presque deux heures – Élinor les rejoint au bout d'une. Puis le moment de partir vint avec celui de fin des visites.
- On revient te voir demain Merry, assura Hiccup alors que Jack ajoutait :
- On t'amènera Sab et Raiponce.
- Merci les garçons, répondit Mérida, prête à s'endormir. Hiccup ?
- Oui ?
- Je t'aime.
- Moi aussi Mérida. Moi aussi.
Il lui embrassa le crâne tandis que la respiration de la jeune fille se faisait déjà plus régulière. Le brun laissa son regard trainer sur le visage paisible de la rousse puis se détourna pour planter son regard dans celui d'Élinor :
- Quand sortira-t-elle ?
- Les médecins disent qu'elle pourra sortir d'ici une semaine. Mais qu'elle devra revenir régulièrement pour qu'on nous explique comment ça va se passer à la maison. Ils nous prêtent un fauteuil roulant que Mérida pourra essayer s'il lui convient, on l'achètera dans 3 semaines.
- Très bien. On reviendra demain alors. Au revoir Élinor.
Jack attendit qu'ils soient sur le chemin du retour, la nuit déjà tombée, non loin de la maison du brun, pour demander à Hiccup, qui avait les yeux rivés vers le sol :
- Tu vas bien ?
- Je m'inquiète pour elle, avoua le brun à mi-voix. C'est vraiment pas facile comme situation et… je sais pas si je serais capable de l'épauler comme il faut.
- Je suis sûr que si, lui sourit le plus vieux.
- J'espère que tu as raison. A demain, Jack. Bonne soirée. Fais attention en rentrant.
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- Sab, Raiponce ! Cria Jack alors qu'il arrivait en cours, au même moment que Hiccup.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Mérida… commença le brun et l'autre le coupa :
- … elle s'est réveillée !
- … Sérieusement ?! S'écria Raiponce.
- Oui, ce matin, sourit Hiccup tandis que Jack et Sab signaient à toute allure.
Tout à sa joie, la blonde sauta dans les bras de Hiccup et ils se serrèrent l'un l'autre jusqu'à ce que Jack intervienne :
- Sab propose qu'on aille la voir maintenant.
- Maintenant ? Mais on a cours, Sab, tenta faiblement de protester Raiponce, qui, elle aussi, mourrait d'envie d'aller voir son amie.
- Oh… Avec Madame Goldman, en plus. Elle n'acceptera jamais qu'on rate son fichu cours, soupira Jack.
Hiccup éloigna doucement Raiponce de ses bras :
- Attendez-moi une seconde, je vais lui parler.
Et une petite dizaine de minutes plus tard, le brun revint, le sourire aux lèvres :
- On y va ?
- Hiccup Haddock, comment tu as réussi ton coup ? Demanda sceptiquement Raiponce alors qu'ils marchaient en direction de l'hôpital.
- Je lui ai simplement dit ce qu'elle voulait entendre. … En plus de faire un peu mon miséreux : Mon dieu ma meilleure amie est dans le coma, bou-houh… Comment pourrais-je réussir mes examens en pensant à ça tout le temps ! Et j'en passe !
- Hn, pas mal, ria Raiponce, rayonnante.
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Les jours passèrent et très vite, Mérida fut de retour chez elle. Dans un fauteuil roulant qui resterait désormais toujours sous ses fesses dès l'instant où elle aurait à se déplacer. Elle n'était assise dessus que depuis quelques minutes et ça l'énervait déjà de colère, son premier réflexe fut de vouloir shooter dans un objet. Regardant sa jambe gauche restée immobile, elle eut envie de pleurer de frustration. La rousse était dans sa chambre, seule car elle avait congédié sa mère elle fit tourner les roues du fauteuil afin de se retrouver près de son lit, dans lequel elle se jeta par la force des bras.
Attrapant son téléphone que son père avait laissé sur sa table de nuit, la rousse composa le numéro qu'elle connaissait par cœur.
- Allô ?
- Fais-moi sortir de là. Je t'en supplie.
À l'autre bout du fil, Hiccup resta muet quelques secondes seulement :
- Donne-moi 15 minutes.
Il raccrocha aussitôt il venait tout juste de sortir de la douche et se propulsa à cloche pied dans sa chambre. Il ne lui fallut que 3 minutes pour se préparer. 10 minutes plus tard, il sonnait chez les Dunbroch et tomba sur la domestique.
- Bonjour, euh… Maude, c'est ça ? Je viens voir Mérida je peux entrer ?
- Mademoiselle ne m'a pas prévenu de…
- Maude ! Laisse-le entrer, s'il te plait, hurla la voix de la rousse.
- Merci, Maude, s'inclina gentiment Hiccup avant de se stopper quelques mètres plus loin : Pourriez-vous m'indiquez la chambre de Mérida ?
En souriant, la femme ronde lui montra le chemin. Arrivée devant la porte, elle repartie et le jeune homme toqua sans attendre de réponse, il entra :
- Merry ?
- Sous les couvertures, grogna-t-elle en agitant, en effet, une des couvertures qui la recouvraient intégralement.
- Eh ben marmotte, qu'est-ce que tu fais ? S'amusa Hiccup, qui tentait de garder son sourire malgré le fauteuil roulant qui semblait lui crier "Mérida a des jambes inutiles !"
- J'hiberne. Tu viens.
Hiccup sourit en coin et se glissa à son tour sous les couvertures. Il y trouva la rousse allongée sur le dos, la tête tournée vers lui. Il lui fit face sans rien dire.
- Tu n'as aucune idée du temps que ça m'a pris de ramener toutes ses couvertures sur moi.
- J'imagine, si.
Il laissa un blanc s'étaler, regardant fixement son amie. Au bout de quelques longues secondes, celle-ci détourna la tête pour regarder avec passion la laine verte foncée de sa couverture.
- Je ne sais pas si je vais y arriver, Hiccup. T'as… t'as déjà fait semblant de ne plus pouvoir voir, parler ou te servir de tes bras ou d'autres conneries du genre ? Je sais pas pourquoi les enfants font ça, c'est stupide. Moi je ne joue plus : je ne peux plus me dire "Wahou, j'ai tenu trois heures en faisant semblant d'être paraplégique. Maintenant ça me fatigue, je vais aller marcher un peu." Pas de marche pour Mérida. Pas de cheval. Tu sais, c'est idiot, mais… j'ai peur de retourner voir Angus il est intelligent, il a compris qu'il m'avait fait du mal. Mais sans moi pour m'en occuper, il va être si malheureux ici… Heureusement je peux encore me servir de mes mains. Sinon, j'aurais dû arrêter la peinture. J'aurais pas pu survivre à ça. À défaut de faire des balades en forêt sur le dos d'Angus, je pourrais toujours les dessiner.
- Je pense qu'on devrait aller voir Angus. Lui dire bonjour tu dois lui manquer, proposa gentiment Hiccup.
- Après. Je… je veux rester encore un peu ici avec toi avant.
- Ok, alors j'ai une surprise pour toi.
- Je n'en veux pas ! S'écria Mérida. Pas de cadeau par pitié.
- C'est pas une offrande, Merry, calme toi. Je ne te le donnerai jamais, mais comme c'est la seule chose qui me remonte le moral quand j'en ai vraiment besoin, je te le prête pour quelques minutes.
Le brun se retourna, sortit à moitié de sous les couvertures et revint vers Mérida. Dans ses bras, un petit chat noir gronda après son maître.
- Il n'aime pas les voyages en sac-à-dos…
- Toothless ! Viens voir, mon chaton, lui dit gentiment la rousse, tout sourire elle adorait ce chat – même s'il pouvait parfois s'avérer un peu fou furieux. T'es génial, Hiccup.
- Je sais, ma jolie. Je sais.
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Ils discutèrent encore quelques moments, eurent de nombreux fou rire à cause de Toothless qui essayait de mordre violemment les pieds de Mérida, qui ne sentait bien évidemment rien du tout, et la jeune fille finit enfin par pleurer vraiment, blottie dans les bras de son meilleur ami, maudissant les dieux et l'univers entier. Quand elle se fut calmée, Hiccup rejeta les couvertures au loin :
- Allez la grosse, on va voir ton canasson !
- Hiccup Haddock, tu mériterais que je te frappe pour l'utilisation de ce mot, grogna Mérida lorsqu'il l'a pris dans ses bras comme une princesse et qu'il la déposait dans son fauteuil. Et comment tu comptes passer l'étape des escaliers, petit génie ?
- Comment je… ? Oh ! Réalisa le brun. Je vais descendre le fauteuil d'abord. Je reviens te chercher.
- Fais donc ça ! Ria la rousse.
Et c'est ce qu'il fit il attrapa à nouveaux Mérida dans ses bras et la balança littéralement sur le lit – et ria quand elle lui hurla dessus alors qu'il sortait en emportant le fauteuil roulant. Il revint et la porta jusqu'à celui-ci, qui l'attendait sagement en bas des escaliers.
- Mérida ? Tout va bien ? S'écria une voix en provenance de la cuisine.
- Oui maman, on va juste voir Angus avec Hiccup.
- D'accord… Soyez très prudents, d'accord ?
- On vous le promet, Élinor, dit le garçon avant que son amie ne grogne quelque chose à l'attention de sa mère qui s'inquiétait juste.
Hiccup les fit sortir doucement du manoir et sentait la bonne humeur de Mérida descendre petit à petit qu'ils se rapprochaient de l'écurie.
- Et si je voulais aller à droite, là ? Demanda-t-elle au bout d'un moment.
- J'irais à droite, alors.
- Oui mais si je veux le faire par moi-même.
Hiccup lâcha alors les poignées du fauteuil, qui continua d'avancer
- Eh ! Hiccup, t'es malade ! Hurla Mérida en attrapant les barres qui entouraient les roues pour s'arrêter.
- Maintenant fais tourner la roue de gauche en immobilisant celle de droite quand tu veux prendre un virage plus serré, alors fais reculer celle de droite quand tu avances celle de gauche, ça te fera tourner sur toi-même. Va à droite, maintenant.
- Hic'…
- Va à droite.
Mérida soupira. Peu sûre d'elle, elle empoigna les barres et commença à le faire tourner. Trop vite, puisqu'elle glissa en avant et manquer de dévaler la pente.
- Bloque bien celle de droite, va même un peu dans le sens arrière pour tourner plus raide, lui dit Hiccup.
Au bout de 2 tentatives, elle arriva à trouver l'angle exact qu'elle recherchait et commença à avancer lentement. Elle s'arrêta cependant après quelques mètres, baissa la tête :
- Je ne peux passer cette descente sans ton aide. Je ne retiendrais jamais mon poids plus celui du fauteuil.
Hiccup ne dit rien mais attrapa simplement les poignées et descendit la pente doucement, forçant sur ses bras et cuisses pour retenir le fauteuil.
- Tu te rends compte que c'était méchant ce que tu viens de faire ? Lui dit Mérida une fois qu'ils furent en bas – et que Hiccup la laisse se débrouiller à nouveau.
- T'aider à passer cette pente ?
- Non. Me lâcher d'un coup.
- C'est parce que c'est ce que font les gens, Mérida. Ils t'aident et d'une seconde à l'autre, ils peuvent ne plus être là pour t'aider. Et il faut apprendre à se débrouiller seul et... je ne veux pas que tu en souffres.
Il s'accroupit devant elle, les mains sur les accoudoirs du fauteuil :
- Je ne veux pas que ça t'arrive, Merry, parce que c'est horrible. Je sais que ce qui t'arrive est indescriptible : tu ne pourras plus jamais marcher, ni courir. Autant dire que tu vas avoir du mal à te passer de l'aide des autres. Mais je veux que tu commences dès maintenant à te sentir assez forte pour être autonome dans tes déplacements. Même si je sais que ça fait mal, et que c'est dur de le réaliser, mais il faut que tu le fasses. Dans les premiers temps, tu vas avoir mal parce que tu vas penser que tout le monde t'abandonne – et tu auras peut-être raison – mais ceux qui resteront vers toi seront tes amis quoi qu'il arrive. Il faut que tu ais confiance en eux ; le danger, c'est de se reposer entièrement sur ces personnes. Ils ne seront pas toujours là, parce qu'ils vont grandir et avoir des obligations qui les éloigneront de toi. Et je ne veux pas que tu te retrouves toute seule, Mérida. Tu ne le mérites pas et tu en souffrirais trop, même si tu essayes de nous faire croire que tu assez forte pour passer à travers ça. Tu ne l'es pas. Personne ne l'est. Et... ces prochaines semaines vont être horribles pour toi : tu vas devoir t'habituer aux regards tes autres, à ton propre regard... Eh ! Regarde-moi, Merry, je m'en fiche que tu pleures, tu dois m'écouter. Tu vas devoir t'habituer à toutes les choses de la vie que tu ne vas plus pouvoir faire. Et je serai là. Ta famille sera là pour toi. Jack, Raiponce, Sab aussi. On sera tous là et tu auras intérêt à te laisser aller, parfois. Parce que pleurer t'aide à réaliser, et réaliser t'aide à accepter, à avancer. Ok, Merry ?
- Est-ce que tu peux me prendre dans tes bras ?
Hiccup envoya une pichenette sur le nez de la jeune fille et se redressa un peu pour la serrer contre lui. Elle l'enlaça à s'en faire mal aux bras. Qu'est-ce qu'elle pouvait aimer ce mec, parfois.
- Hiccup je...
- Ouais. Moi aussi, Merry. Moi aussi.
Il la repoussa dans son fauteuil et essuya du pouce les larmes qu'elle avait sur les joues.
- Allons voir ton Angus, d'accord ? Si ta mère voit que je t'ai fait pleurer, je suis bon pour ne plus jamais avoir le droit de remettre les pieds ici.
- Hiccup ? Demanda Mérida alors qu'il commençait à marcher devant.
- Hn ?
- J'ai vu que tu avais pleuré, espèce de couillon.
- Ne me fais pas regretter de t'avoir aidé avec cette descente, ma jolie.
La rousse sourit puis fit rouler son fauteuil pour rattraper son meilleur ami, qui essuyait ses propres larmes.
