- Oui, maman, hurla Mérida pour la huitième et dernière fois, puis se retournant vers Hiccup : roule, roule, roule mon Hiccup ma vie en dépend.
- Ta mère s'inquiète : t'es pas sympa avec elle, Merry.
La rousse soupira :
- Je sais mais… je ne veux pas qu'elle me coconne.
Le garçon ne répondit rien, soupirant juste. Une fois la pente passée, il rendit les commandes à son amie.
- Tout le monde est au courant que je suis en fauteuil, n'est-ce pas ?
- Oui, Merry, acquiesça Hiccup. Élèves et professeurs ont été mis au jus. Et puis tu sais bien que tout le monde évitera soigneusement de remarquer que tu es en fauteuil roulant ils feront tous comme si de rien n'était.
- Je ne sais pas ce qui est le mieux, au final.
- Rien n'est le mieux.
Ils arrivèrent bien vite devant l'école. En retard, pour ne rien arranger. Hiccup frappa volontairement à la porte de leur salle de cours – connaissances picturales – et ouvrit. Quelques têtes se retournèrent vers lui mais toutes se retrouvèrent happer par Mérida et son fauteuil, qui entra à la suite du garçon.
- Excusez-nous du retard, mademoiselle Fley. Visiblement, rouler n'est pas plus rapide que marcher ou courir, asséna la rousse en ricana jaune, répondant au vif signe de main de Raiponce, au fond de la salle, et Hiccup leva les yeux au ciel et s'excusant à la professeure qui les regardait d'un air totalement incapable et ahuri.
Et Mérida, pourtant sure d'elle jusque-là, fut confronter à un problème de taille : son fauteuil ne passait pas entre les tables. Bah oui, sinon ça aurait été trop facile, hein ? Ronchonna-t-elle intérieurement. Avant même qu'Hiccup ne remarque son désarroi, Jack se leva et mima une sirène d'ambulance, gesticulant dans tous les sens : il traversa la salle, s'empara de la rousse, la portant n'importe comment et l'emmena sur la siège vide aux côtés de Raiponce. Certains élèves hoquetèrent, outrés, et la pauvre Mademoiselle Fley retint, en vain, un cri apeuré. Les seuls sons qui gênaient cette uniformité de panique et surprise était les rires de Jack, Mérida, Raiponce et Hiccup. Sab, silencieux, pouffa en souriant tendrement à la rousse, qui le lui rendit, les yeux pétillants.
- Monsieur Frost, dehors ! Hurla la mademoiselle, de nouveau en possession de sa voix.
- Mademoiselle, je vous en prie, il ne faisait que m'aider, le défendit Mérida, en voyant le sourire provocateur du jeune homme, qui haussait un sourcil.
- ça n'est pas ainsi qu'il est approprié d'agir dans une salle de classe. Surtout s'il s'agit de la mienne. Asseyez-vous avant que je ne revienne sur ma décision, monsieur Frost. Et que tout le monde se taise. Vous compris, mademoiselle.
Hiccup s'assit seul, derrière la table de Jack et Sab, à côté de celle des deux filles, après avoir rangé dans un coin le fauteuil roulant.
- Eh ben, souffla Jack assez fort pour que tout le monde l'entende, on comprend pourquoi, à 40 ans, c'est encore mademoiselle et pas madame Frey.
- DEHORS, FROST !
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Aussitôt Hiccup sorti de la salle de cours, il se fit interpeler :
- Coucou toi, salua Astrid, plantant un baiser sur la joue d'Hiccup.
- Salut, beauté ! Sourit-il, lui rendant son bisou, regardant du coin de l'œil Mérida sortir, à côté de Raiponce et Sab, puis il vit Bunny exploser de rire en tapant l'épaule de Jack, riant lui aussi. Comment tu vas ?
- Plutôt bien. Pourquoi t'es pas venu à l'entrainement hier ?
- Oh mon dieu… j'ai oublié je suis désolé, Astrid. On était avec Mérida et… et je suis nul, désolé.
- Non, c'est pas grave. J'ai cru que tu avais eu un souci avec ta jambe. Je me suis juste un peu inquiétée.
- Je suis un idiot, je suis désolé. Je viendrais samedi, je te le promets.
- T'as plutôt intérêt. Si tu veux qu'on aille au championnat cette année, on a besoin de toi.
La blonde laissa passer un blanc puis ajouta :
- Tu me dirais s'il y a quelque chose qui n'allait pas ?
- Astrid… soupira Hiccup. Évidemment que je t'en parlerais tu es la meilleure tu le sais ?
- Mouais.
- Boudeuse, ria Hiccup en caressant gentiment la joue avec son pouce.
Ils se sourirent et durent rentrer dans leur cours suivant. Là, Jack s'assit à côté d'Hiccup sans même lui demander son autorisation :
- J'ai entendu que vous parliez de match. Astrid est une sportive ?
- Et une plutôt bonne, confirma le brun. Elle est vraiment douée c'est la capitaine de notre équipe.
- Quoi comme sport ?
- Du Hockey on en fait tous les deux depuis 9 ans.
- Oh je ne savais pas que tu faisais du Hockey !
- J'ai arrêté quelques temps mais j'ai repris il y a pas longtemps. En fait, c'est grâce à Astrid : c'est une de nos passions communes.
- Tu connaissais Astrid avant de venir étudier ici ? S'étonna l'autre.
- Oui, quand mon père a été muté ici, Astrid m'a suivi elle voulait faire les mêmes études que moi. Elle voulait aussi s'assurer que je ne foire pas tout sans elle.
Jack pencha la tête sur le côté, interloqué par la tendresse qu'Hiccup employait lorsqu'il parlait d'Astrid.
- Vous êtes déjà sortis ensemble ?
- Ola, non, ricana Hiccup. On se connait par cœur, elle et moi : pire que des frères et sœurs. On se côtoie depuis notre naissance. Nos familles sont très proches. C'est avec elle que j'ai dessiné pour la première fois, que je suis monté sur la glace…
Jack eut un frisson en l'entente de ce mot et son regard perdit l'éclat qu'il avait. Bien que le cachant, cela n'échappa à Hiccup.
- Bref, c'est ma sœur, je suis son frère. Jamais on n'a pensé l'un à l'autre comme ça.
- C'est… c'est attendrissant la manière dont vous vous comporter ensemble.
Un ton triste, inhabituel. Le brun allait parler mais l'autre changea vivement de sujet :
- Pourquoi c'est pas toi, le capitaine ? Pas assez bon ?
Le sourire et la gentillesse était là. Hiccup baissa la tête :
- Je l'étais. Et puis, Astrid est devenue bien meilleure que moi à la suite de… choses.
- Et… elles te font souffrir, ces choses ?
Cette fois-ci, le plus jeune releva vivement la tête, ne comprenant pas la question de son ami, qui lui, regardait en face de lui. Puis ses yeux bleus glacés rencontrèrent les siens, perdus, avec une intensité incroyable :
- Je ne suis peut-être pas aussi intelligent que toi, Haddock, mais je reconnais quelqu'un qui a perdu quelque chose.
Hiccup émit un rire sec, regardant l'autre avec un air indécis :
- C'est tout ce que tu as à me dire, Frost ?
- Je… ouais. Juste, je… tout le monde à quelque chose à dire. Ce qui est arrivé à Mérida, c'est la merde. Ce qui t'es arrivé, ça a aussi dû l'être. Chacun à un passé et peu en parle, c'est tout. Sauf que les amis, c'est fait pour écouter.
Le brun ne répondit pas, ne trouvant pour une fois rien à répliquer.
- Les garçons, les interrompit le professeur, arrêter de bavarder sinon je vous sépare.
Ignorant l'adulte, Jack continuait fixer le plus jeune et, le regard peiné, il secoua la tête :
- Je suis désolé, Hiccup, c'est pas à moi de te dire ça.
- Pourquoi tu le fais, alors ?
Le ton du brun n'était pas méchant, simplement inquisiteur.
- Je déteste voir les gens que j'aime bien souffrir. Et tu as beau être très fort pour ça, il n'en reste pas moins que ça doit te peser. Je ne sais pas ce que c'est et je ne pense même pas vouloir le savoir. Mais… je t'aime beaucoup, Hiccup, et ça me fait mal de pas pouvoir t'aider comme tu aides toujours si bien tout le monde, toi.
- … désolé.
- De ?
- De ne pas pouvoir combler ton envie obsessionnelle d'aider tout le monde comme si tu étais la solution à tous les problèmes.
… Ouch. Hiccup vit clairement qu'il avait blessé Jack en lui disant cela. Il en fut peiné à son tour mais n'ajouta rien.
- Les garçons, dernière fois, taisez-vous, asséna à nouveau l'enseignant.
Cette fois, aucun des deux jeunes ne voulaient plus dire un mot.
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Quand la cloche sonna midi, Jack partit aussitôt, sans attendre personne, refusant même d'entendre Tatiana l'appeler. Hiccup rejeta sa tête en arrière en grimaçant : quel con il faisait ! L'image du regard triste de Jack ne voulait pas le quitter. Il frappa la table du poing, énervé contre lui-même.
- Hic' ? Demanda prudemment Mérida, aidé par Sab. Tout va bien ? Que s'est-il passé avec Frost ?
- J'ai… j'ai pas été sympa, il faut que je le rattrape.
Tous trois sortirent, suivie de Raiponce.
- Eh, Haddock ! Lança Aster, en rogne – et Hiccup ne remarqua seulement maintenant qu'il l'avait vu s'élancer à la poursuite de Jack. Qu'est-ce que t'as été dire à Jack ?
Mauvais moment pour énerver encore plus le brun, qui lui répliqua sèchement :
- C'est pas tes affaires, Aster.
- Il avait vraiment l'air pas bien et je n'ai pas pu le rattraper : Tatiana est super inquiète.
Les tons s'échauffaient vite : Sab intervint et signa en direction de son ami. Hiccup regretta de ne pas connaitre ce langage.
- Ne te mêle pas de ça, Sab, ça te regarde pas.
Dangereusement, Aster se rapprocha d'Hiccup et l'attrapa par le col, le soulevant du sol :
- Si t'as fait quoi que ce soit qui ait pu lui faire du ma…
Mais le grand gaillard ne finit pas sa phrase Mérida, d'une poussée des bras, avait balancé son fauteuil dans les jambes d'Aster, les butant des siennes. Le brun grogna de douleur. Mérida ne broncha pas sous l'impact, le regardant d'un air déterminé :
- Soit tu laisses Hic' tranquille, soit je te roule dessus. C'est pas aussi lourd qu'un cheval, mais crois-moi, tu vas le sentir.
Le Gallois, au sol, ronchonna :
- Merry, ça va, arrête. Tu ne t'es pas fait mal ?
- Je ne sens pas mes jambes, idiot.
Se relevant avec difficulté, Hiccup s'épousseta et tendit une main à Aster, lui-même par terre. Certains élèves étaient encore là et Astrid, aussi agressive que Mérida, se voyait prête à intervenir, tout comme North, derrière Aster.
- Aster, Jack est un grand garçon : il n'a pas besoin de toi pour le protéger. Comme il n'a pas besoin de moi pour lui faire du mal. Je suis sûr qu'il va bien, il a juste besoin d'espace.
- Jack a déjà assez d'espace, gronda l'autre, se redressant seul. Il n'a pas besoin que tu lui donne l'occasion d'en avoir plus.
- Jack est pas aussi solitaire qu'il n'y parait, Hiccup, intervient North. Quand on ne connait pas bien quelqu'un, on fait attention à ce qu'on dit ou fait.
Fronçant les sourcils, Hiccup les regarda s'éloigner.
- Ça va Hiccup ? La Terre ne tourne pas rond aujourd'hui ou quoi ? Murmura Astrid.
- C'est pas la Terre, le problème, c'est les gens qui sont dessus, soupira Mérida. Hiccup ?
- Ça va, les filles. Désolé de m'être un peu emporté, s'excusa le brun en hochant la tête vers ses amis qui s'en allaient.
- Que s'est-il passé avec Jack ?
- On a eu une… conversation un peu houleuse.
- À quel propos ? Demanda Raiponce.
- Peu importe. Je dois allez m'excuser : je lui ai mal parlé.
- Tu ne sais pas où il est parti. Laisse-lui le temps de revenir. Allons-manger.
Hiccup, se sentant mal, acquiesça néanmoins.
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- Salut Emma. C'était temps de remettre des fleurs ici ! Je sais qu'elles ne servent à rien, parce-que tu n'es pas là mais comme je ne peux pas aller te voir en Irlande, je fais ce que je peux de mon côté. Bah… ça va pas fort. Une amie a eu un accident, récemment. Et… elle s'en sort tellement bien que j'en suis tout couillon. Je ne peux rien faire pour elle parce que Hiccup, son meilleur ami, le fait très bien à ma place. Je ne peux pas aider mon amie encore une fois, je ne sers à rien. Tu sais comme je hais ça, hein, d'être impuissant. De juste voir les autres souffrir sans rien faire. La faute à qui, princesse ? Et puis, Hiccup, là, il m'agace. Il cache quelque chose même si j'essaye de me convaincre que c'est pas mes affaires et que je m'en fiche, je veux savoir ce que c'est. J'ai beaucoup d'affection pour lui et il ne me laisse pas entrer proprement dans son petit cercle ultra privé d'amis proches. Ça me fait de la peine autant que Ça m'énerve. Je sais pas quoi faire, Emma. J'aurais besoin de toi à mes côtés ou je… j'ai bien peur que le cauchemar ne recommence.
Tendrement, accroupi au sol devant des fleurs posées sur son balcon, Jack releva des yeux pleins de larmes vers le ciel :
- Tu me manques, princesse. Je suis pas si fort que toi.
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Jack revint juste à la sonnerie du premier cours de l'après-midi, souriant. Aussitôt, ses amis vinrent à lui et, en quelques ricanements, ceux-ci furent rassurés. Hiccup, lui, le regardait de loin, assis aux côtés de Mérida.
- Hiccup, amour, arrête de te manger les lèvres, tu me fais de la peine. Qu'est-ce que tu lui as dit pour que ça te mette dans cet état ?
- J'ai pas été réglo. Il m'a attaqué de face et je lui ai répondu à la Hiccup, en sale traitre.
- Comme tu sais si bien le faire !
- Merci beaucoup, Merry. Je me sens déjà mieux, maintenant.
- Je t'en prie, Hic', arrête de te torturer avec ça, tu vois bien qu'il va bien, soupira la rousse, concentrée sur le cours qui commençait.
- Mais il y a… il y a quelque chose qui cloche chez lui.
- Je sais, je sais ! Il a les cheveux blancs !
Le brun la regarda avec un air dépité.
- Parfois, je te déteste, l'Ecossaise.
- Moi je t'aime, Gallois. Allez, bosse un peu, ça te changera.
Ce qu'il fit pendant presque 4 minutes.
- Merry ?
- Arh ! Tuez-le.
- Tu t'en sors bien aujourd'hui, tu sais. Tout va bien ?
Cette fois-ci, la jeune fille tourna la tête vers lui :
- Ça peut aller mais ça ne va pas : je suis en fauteuil roulant, Hic'. C'est honteux et emprisonnant. Mais j'ai des amis formidables sur qui compter. Et si ceux-là pouvaient me laisser rattraper le retard que j'ai dans certaines matières, je leur en serais très reconnaissante et probablement même que j'irai bien après.
- Je suis là pour toi, Mérida.
- … Je sais, Hiccup. Bien sûr que je le sais.
Durant l'heure de cours, Hiccup fit passer un mot à Jack, trop mal pour rester comme ça sans rien faire. Rigolant quant au geste enfantin du brun, Jack découvrit la petite lettre : Eh, je suis désolé pour tout à l'heure, j'ai agi comme un débile. C'est.. c'est un truc que je fais quand je suis pris au dépourvu. J'espère que je ne t'ai blessé ou… quoi que ce soit. Parce-que c'est loin de ce que je voulais. Vraiment. Et c'était tout. Du Hiccup tout craché, selon Raiponce, à côté de l'Irlandais – qui avait bien sûr lut le mot par-dessus son épaule. Ce dernier souriait il se retourna et balança le papier froissé en plein sur le front du brun. Surpris, celui-ci l'ouvrit : Ça ira pour cette fois, Haddock. Du Jack tout craché, selon Mérida.
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- Et te voilà chez toi, grande survivante de la rentrée ! Sourit Hiccup en ouvrant la porte pour que Mérida rentre chez elle.
- Merci, ô prince charmant.
Un ange passa. Le brun attendit que Mérida ne se décide à parler :
- Hic', demain, je… je viendrai toute seule. Je t'appellerai si besoin, d'accord ?
- La pente ? Demanda le garçon et l'indiquant de son index.
- Maman m'aidera : ça la rassurera, je pense. Ça lui fera du bien de voir que j'accepte son aide.
Hiccup embrassa tendrement et longuement la joue de la rousse :
- Je suis fier de toi, ma grande.
Celle-ci sourit, toute bête à l'entente de ses mots et rendit son baiser à son meilleur ami.
