Difficile à écrire, je ne suis pas très satisfait de ce chapitre. Mais bon, il est là, et dans les temps. Alors bonne lecture!
Mérida allait mieux le lendemain. En déjeunant, elle confia à Hiccup qu'elle se sentait bête d'avoir « fait son bébé pour ça » mais son meilleur ami ne la crut qu'à moitié. Les jours passèrent assez vite Mérida revit Sab plusieurs fois et il mangea même chez Hiccup un soir. Jack ne donna pas une nouvelle, et ne répondit même pas au téléphone. Il n'était d'ailleurs pas venu rendre ses habits au gallois. La veille de Noël arriva assez vite Stoïck, qui détestait cette période, avait disparu, comme à son habitude, depuis 24h. Son fils ne s'en inquiétait pas : il faisait ça tout le temps. Lui et Mérida avait installé un sapin dans le salon – Hiccup avait d'ailleurs eu mal au dos pendant deux jours après avoir porté la rousse pour qu'elle mette l'étoile sur la cime. Puisqu'ils n'étaient que les deux – Sab restait avec ses parents, Jack n'avait pas répondu et les jumeaux travaillait jusque tard –, ils n'avaient rien prévu de spécial.
Sauf que, vers 15h, Mérida reçut un coup de fils : Sab, dont les parents voulaient rencontrer son amie et qu'ils invitaient donc ce soir pour célébrer la naissance du Christ avec eux. Oui, la naissance du Christ. Folle de joie mais morte d'inquiétude, Mérida accepta après qu'Hiccup a insisté suffisamment, trop heureux de la voir… eh bien, heureuse. Sab vint la chercher à 18h tapante et, bien qu'il se sentit mal vis-à-vis du gallois, seul, il avait le sourire jusqu'aux oreilles lui aussi.
Et lorsqu'il referma la porte, Hiccup soupira.
- Je suis habitué à être seul pour Noël, je devrais m'en foutre hein ?
Son chat, allongé sur le canapé, releva la tête et lança un mi-miaulement-mi-ronronnement, surprit d'entendre son maître parler au milieu du silence. Ledit maître secoua la tête. Il essaya d'appeler Jack, qui ne répondit toujours pas. Soupirant, il s'affala sur le canapé et posa sa tête contre le pelage de son chat.
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Astrid revint 2 jours avant le nouvel an et naturellement, elle appela Hiccup pour lui proposer – à lui et aux jumeaux – de le faire avec elle, dans une optique de soirée tranquille.
- Je veux bien, Astrid mais j'héberge Mérida, comme ses parents sont partis en vacances et elle voulait le faire avec moi.
- … est-ce que tu ne serais pas en train de me remplacer, Haddock ? Ronchonna à l'autre bout du fils la blonde.
- Personne ne peut te remplacer, Hofferson. Mérida est une très bonne amie, c'est tout.
- Ce qui fait de moi… ?
- La meilleure, comme toujours. Et de moi, l'homme de tes rêves hors de portée si j'étais hétéro.
- Aucun homme ne me résiste, tu le sais bien, Hiccup si tu étais hétéro, tu serais tombé sous mon charme depuis belle lurette.
Le garçon ria, certain des propos de la jeune femme.
- C'est à cause de toi que je suis gay : tu étais trop belle et trop inaccessible alors je me suis dit « Les gars, c'est moins extraordinaires qu'elle, je devrais pouvoir y arriver ».
- Mauvais flatteur que tu es, bébé ! Se moqua Astrid. Bon, tu sais quoi, Mérida, t'as qu'à l'amener si tu veux. J'aime bien connaitre mes concurrentes avant de les exterminer froidement.
- Je te tiens au courant espèce de dragon, mais elle est inséparable de Sandy, donc je pense que je vais me retrouver à faire un choix cornélien.
- Pauvre de toi, lança la blonde, sans aucune compassion dans la voix. J'allumerais un cierge pour te soutenir.
Et elle raccrocha, laissant un sourire flotter sur les lèvres d'Hiccup. Il aimait beaucoup la jeune fille, tout comme il aimait beaucoup Mérida. Même si la relation qu'il avait avec Astrid était bien loin de celle qu'il avait avec la rousse. D'ailleurs, son portable sonna à nouveau et ce fut cette dernière qui l'appelait. Il décrochait, en souriant :
- Bonjour à toi beauté fatale, chanta la voix de Mérida et Hiccup rit :
- Salut mocheton.
- Espèce de salop, Haddock, rit à son tour la rousse. Je suis un ange avec toi et voilà ce que je me reçois. Raiponce est de retour.
- Ah oui ? Elle n'était pas chez sa mère ?
- Elle rentre pour le nouvel an.
C'est une mode apparemment.
- Sab et moi on voulait le faire avec toi, elle et Jack-Jack.
- Tu sais qu'il ne répond toujours pas ?
- Bah on ira le chercher par la peau du c…
- Merry, gronda Hiccup. Langage.
- Pardon.
- Astrid vient de m'appeler.
La voix de Mérida baissa d'une octave :
- Chouette, dis donc qu'est-ce qu'elle voulait ?
- M'inviter à fêter le nouvel an avec elle et les jumeaux.
- …
- Merry ?
- Qu'est-ce que tu as répondu ?
- Qu'il fallait que je voie avec toi et les autres.
- Hn.
- Tu sais, on pourrait être des personnes civilisées et le faire tous ensemble.
- Oh, ça va faire des groupes et on ne va pas se mélanger, Hic'…
- Mais non, je vous fais confiance. Vous êtes les deux femmes de ma vie, après tout.
- Ah, si ta mère t'entendait, soupira théâtralement Mérida et Hiccup retint son souffle.
Il souffla puis dit calmement :
- Allez, je demande à Astrid si ça lui convient.
- J'n'ai pas dit oui !
- Je t'aime.
- Je…
Mais le garçon raccrocha avant de n'entendre la rousse s'offusquer encore plus. Il appela Astrid, qui ronchonna un moment, mais dit que sa maison pourrait contenir tous les amis d'Hiccup si ceux-ci sont indiiispensaaables à son bonheur. Tout de même, Hiccup se fit la réflexion qu'il était entouré de filles avec le caractère solide.
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Il décida que c'était temps de se rendre chez Jack pour savoir si, au moins, celui-ci était toujours en vie ou pas. Jute pour savoir, au cas où. Il n'était venu que quelques fois mais avait très bonne mémoire ce fut sans trop de mal qu'il retrouva l'immeuble en question. Il avisa le nom de Frost sur les sonnettes et appuya. Rien ne se produisit. Hiccup gronda sa voiture était là, Jack devait donc être chez lui.
Le brun sonna à l'appartement d'en face et dit à la dame qui répondit qu'il habitait ici mais qu'il avait oublié ses clés elle lui ouvrit gentiment la porte. Bien, maintenant, l'appartement. Celui-ci se trouvait au deuxième étage. L'immeuble était flambant neuf Hiccup se demanda un instant si l'appartement de son ami était aussi récent. Il avisa enfin l'appartement de Jack – heureusement que les boites aux lettres donnaient le nom et le numéro d'appartement – et toqua. À nouveau, le silence lui répondit.
Il essaya, en dernier recours, de tout simplement ouvrir la porte à sa grande surprise, celle-ci s'ouvrit. Et Hiccup resta bouche bée, pour de nombreuses raisons. a) Ça puait l'alcool. Beaucoup b) l'appartement était magnifique et immense c) tout était parfaitement rangé sauf d) les éclats de verres au sol.
Ok. Que s'était-il passé ici ?
- Jack ?
Il attendit, très peu sur de ce qu'il était en train de faire il n'osait pas s'avancer plus dans l'appartement. Soudain, un bruit se fit entendre dans une pièce au fond et la porte s'ouvrit. Sur Jack. Qui finissait tout juste d'enfiler son T-shirt, et visiblement, cela devait faire longtemps qu'il n'en avait pas changé : comment son jean, il était sale. Le garçon était décoiffé et avait des cernes terribles. Il sembla à Hiccup qu'il avait maigri, si c'était possible.
Malgré son apparence repoussante, Jack conservait son air sûr de lui, séducteur. Il croisa les bras sur sa poitrine et s'appuya nonchalamment contre l'encadrement.
- Qu'est-ce que tu fous là, Haddock ?
Le ton n'était pas agressif, juste désinvolte, comme le prouvait le petit sourire en coin qu'abordait le jeune homme.
- Apparemment, Frost, je suis venu là pour te voir avoir une gueule de bois. Dommage que tu ne sois pas en train de vomir : je me contenterai de regarder ta pauvre face déchirée.
Jack arqua un sourcil et ses lèvres s'étirèrent.
- T'es en colère.
Ça n'était pas une question il le voyait à l'attitude d'Hiccup. Celui-ci se tint droit et croisa ses bras :
- Je me suis inquiété, parce que tu es mon ami et que tu ne répondais pas. La dernière fois qu'un de mes amis à ignorer mes messages et mes appels, c'est parce qu'elle était dans le coma. Et comme je suis un peu trop imaginatif, plein de scénarios se sont imposés à moi. Je décide donc de passer te voir et je te retrouve tranquillement en train de cuver. Oui, Jack, je suis un peu en colère, en effet.
Il fit mine de partir puis se retourna Jack n'avait pas bougé, mais avait une mine coupable.
- Et t'as intérêt à me rendre mes vêtements dans l'état dans lequel je te les ai donnés.
Il sortit en claquant la porte. Il faillit hurler puis, voyant la vieille dame sur le palier d'en face, il se contenta de lancer un « bonjour » grognon et descendit les escaliers, les mains dans les poches.
Pour qui se prenait Jack ? Hiccup aurait pensé, après les fois où ils s'étaient vus – la patinoire, l'hôpital et la journée d'après –, que Jack n'aurait plus ce genre d'attitude hautaine envers lui. Il l'avait espéré et l'avait cru. Il s'était visiblement trompé.
Il sortit de l'immeuble il s'était vraiment inquiété pour le garçon.
- Hiccup !
Jack venait de sortir de l'immeuble, pied-nus (ceux-ci étaient d'ailleurs entaillés à certains endroits), tout débraillé il attrapa le bras de son ami et le força à se retourner vers lui.
- Excuse-moi, Hiccup. Laisse-moi… laisse-moi me rattraper. S'il-te-plait.
Le brun allait lancer une remarque déplaisante mais, croisant le regard perdu et empli de tristesse de son ami, il soupira d'un air las :
- Va prendre une douche, tu empestes. Je monte avec toi.
Jack agrippa encore un moment le bras de son ami, comme pour être sûr que celui-ci ne s'en aille pas et remonta dans son appartement, Hiccup à sa suite. Lorsque celui-ci entra, l'eau de la douche coulait déjà. Il s'en veut, pensa le garçon, et il se sentit coupable de lui avoir parlé sur ce ton. Quoi qu'il ait quand même un peu mérité, au fond. Il soupira et commença à ramasser, prudemment, les morceaux de verre.
Il lui fallut bien une dizaine de minutes pour tout enlever. Au bout de celles-ci, il remarqua que le bruit de l'eau avait cessé depuis un moment déjà.
- Jack ?
Il n'obtint pas de réponse. Il prit une grande inspiration et se dirigea vers la chambre de son ami. Il ouvrit la porte sans en demander la permission. Jack était bien là, dos à lui, une serviette autour de la taille lorsqu'il l'entendit, il se retourna, l'air surpris de le voir ici. Pas ici, dans sa chambre mais plutôt, ici, dans cet appartement. Il tenait dans ses bras une peluche de renne, abimée.
Jack était maigre. Vraiment. Le gallois avait toujours pensé que c'était parce qu'il n'avait pas beaucoup de graisse, mais il n'en avait en réalité pas du tout. Il était tout en muscles, et ceux-ci étaient très fins.
Ce ne fut rien de tout ça qui fit qu'Hiccup hoqueta et porta ses mains à sa bouche. Jack changea d'attitude et gronda, menaçant en jetant le renne au loin il se dirigea activement vers la porte de la salle de bain mais Hiccup le retint en barrant le passage de son bras. Il allait parler mais l'Irlandais le coupa, l'air triste et fatigué :
- Rentre chez toi Hiccup. S'il te plait.
Le concerné avala sa salive et posa un doigt tremblant sur le ventre de son ami. Jack frissonna et attrapa sa main, ne la faisant pas reculer pour autant. Son pouls battait à une allure folle et son regard s'était fait suppliant. Le brun ne regardait cependant pas son visage : il était obnubilé par les cicatrices de l'autre garçon. Il y en avait des dizaines. Elles commençaient du bas de son torse et disparaissait sous la serviette, sur son bas-ventre. Elles s'étalaient sur tous le tour de la taille de Jack. C'était des coupures, par dizaines, par centaines.
Lentement, Hiccup dégagea sa main et toucha certaines de ces cicatrices, très délicatement il les survolait de tous ses doigts et la peau de Jack, gelée, se couvrait de frissons. Ce dernier fermait douloureusement les yeux, comment si ce simple contact était un supplice. Le brun continuait d'être fasciné et horrifié par les coupures. Il sentait que Jack était sur le point de pleurer et que sa respiration était devenue saccadé celui-ci ouvrit les yeux quand il sentit Hiccup le fixer, la main toujours sur sa peau. Son regard fut un instant triste, presque apeuré puis devint distant. L'irlandais lui attrapa doucement les deux poignets et déglutit. Il souffla faiblement :
- Maintenant rentre chez toi.
Il poussa délicatement Hiccup sur le côté pour entrer dans la salle de bain et, avant qu'il ne ferme la porte, le brun se ressaisit :
- Je t'attends ici.
La porte se referma lentement Jack ne protesta pas.
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Lorsque Jack ressorti, il était habillé et ses cheveux étaient déjà secs. Hiccup ne l'avait pas entendu ouvrir la porte il regardait une photo sur l'armoire. Une photo que Jack connaissait par cœur sa sœur et lui, perchés dans un arbre plein de neige. Il alla s'asseoir sur le lit et le bruit alerta Hiccup qui se retourna vers lui, après avoir reposé la photo. Ils se regardèrent pendant un long moment avant que Jack ne prenne la parole :
- Je suis désolé de ne pas t'avoir répondu ma sœur est morte un 28 décembre. Noël, le nouvel an… c'est pas une bonne période pour moi et j'ai un peu pété les plomb. Je ne voulais pas que quelqu'un me voit dans cet état. J'aurais simplement dû te dire la vérité au lieu de t'ignorer.
Hiccup ne répondit rien mais son regard était douloureux il attendait. Sa tête était penchée sur le côté et Jack se fit la réflexion qu'il ressemblait à Toothless. Il soupira.
- Hiccup, je…
Le brun ne pipait toujours pas et l'autre poussa une sorte de gémissement-grognement :
- Tu ne m'aides pas du tout.
- Je sais, mais je suis vexé donc je préfère ne rien dire pour le moment j'ai un très mauvais caractère.
Jack regarda son ami l'air de dire « Sérieux ? ».
- Oui, vraiment.
Nouveau grondement agacé de la part de l'autre.
- Il y a des choses dont on n'a pas envie de parler, tu sais, dit-il gentiment.
- J'ai une jambe amputée.
…
- Hein ?
Jack le regardait d'un air abruti.
- En dessous du genou, là, continua Hiccup en désignant sa jambe gauche. C'est comme ça que ça fonctionne, toi et moi, non ? Je te confie quelque chose, tu fais de même ou inversement ? Eh bien voilà j'ai eu un accident de voiture où ma mère est morte, et on a dû m'amputer de la moitié de ma jambe. À toi.
- … Hiccup… Pourquoi… qui le sait ?
Jack avait cherché à dire quelque chose d'intelligent ou même de réfléchit mais c'était ce qui lui était venu de suite à l'esprit.
- Je veux dire, on n'a jamais été très proche avant l'accident de Ginger mais quand même, c'est le genre de truc que l'école entière sait. Tu sais, comme… Mérida à des frères triplés, North est orphelin ou encore Sab est muet. C'est le genre de trucs qui circulent, quoi…
- Les profs sont au courant mais seuls mon équipe de Hockey fait partie des élèves qui le savent.
- Mais pourquoi ?
- Il y a des choses dont on n'a pas envie de parler, répliqua calmement le brun.
Ça c'était bas, comme coup Jack fronça les sourcils.
- Je… j'aurais voulu que tu me dises ça dans d'autres circonstances. Tu te sers de ça comme monnaie d'échange contre mon passé et ça ne me plait pas du tout.
Il ne continua pas bien qu'il sembla vouloir dire autre chose. Hiccup quitta enfin sa mine sérieuse et pris une mine attristée. Il souffla :
- Désolé, je me comporte comme un vrai con.
Jack voulu répondre mais ne sut choisir entre « oui » et « non ». Il secoua la tête :
- On dirait que c'est ton tour en effet.
Hiccup finit par sourire à son ami, ce qui brisa la tension entre les deux garçons.
- Tu veux en parler ? Demanda gentiment Jack.
Le brun lui lança un regard fatigué et se décida à aller s'asseoir à ses côtés. Il renifla avant de déclarer :
- C'était il y a un deux ans et demi. Même si j'avais mon permis, je ne conduisais pas beaucoup. Mon père était parti pour son travail, former une nouvelle recrue dans une autre ville et ma mère avait dû prendre le bus pour aller chez une cliente, tard le soir. Quand elle a voulu rentrer, les bus ne circulaient plus. Du coup, elle m'a appelé pour que je vienne la chercher. Ce que j'ai fait. Je roulais vite j'étais contrarié parce-que j'avais commencé un dessin. Je n'avais pas pu le finir à cause de l'appel de ma mère. Je voulais juste rentrer plus vite, tu sais ? En rentrant, un renard à traverser, juste devant ma voiture. J'étais perdu dans mes pensées. J'ai eu peur, donné un coup de volant. On a fini dans un arbre.
» Quand j'ai repris conscience, une de mes jambes était coincée par le tableau de bord, je ne pouvais pas bouger du tout. Et j'ai tourné la tête. Je suis resté coincé plus d'une heure avec le cadavre de ma mère à côté de moi, jusqu'à ce que les pompiers me sortent de là, et que les médecins, plus tard, m'annoncent qu'ils m'avaient coupé une jambe.
» Je suis resté une dizaine de jours, incapable de parler et bouger. Une vraie loque. J'ai failli me faire interner mais mon père est venu. Il m'a dit des choses horribles, monstrueuses…. Méritées. Qui m'ont au moins remis les idées en place. J'avais tué ma mère, je n'étais plus que tristesse et honte. Seul Astrid a été mise au courant, parce qu'il n'y avait qu'elle à qui je pouvais… voulais parler. Pour ma jambe, mes amis l'ont su je ne pouvais plus être capitaine : Astrid m'a remplacé. Ça ne fait que cinq mois que j'ai pu m'y remettre la rééducation a duré pendant plus d'un an. J'ai dû rester en fauteuil pendant une éternité, puis passer aux béquilles pour enfin pouvoir réussir à marcher seul. Dans la version officielle, je n'avais perdu qu'une jambe dans l'accident, pas une mère. Grâce aux relations de mon père, on a pu acheter la presse, pour ne pas ébruiter l'affaire, il voulait me laisser du temps pour encaisser. J'ai tout de suite réalisé mon erreur, mais c'était trop tard. Je m'étais enfermé dans un mensonge dont je ne me sortirai pas. Mais j'ai encore trop honte et trop de… regrets. De ne pas avoir été le fils qu'elle aurait mérité d'avoir.
Hiccup ferma les yeux, et inspira longuement. Il ne pleurait pas. Tremblait seulement. Il pensa qu'il avait froid, aussi. Il rouvrit les yeux et affronta le regard de Jack. Ce dernier fronçait les sourcils, comme en plein dialogue intérieur avec lui-même – ce qui était plus le genre du gallois.
- Dis quelque chose s'il-te-plait, souffla le brun.
Pourtant, l'autre ne dit rien. Il se leva, simplement pour se rasseoir par terre, juste au pied d'Hiccup. Lentement, il mima de relever son pantalon du côté gauche.
- Non, Jack.
Le ton était sec. Sans appel. Ajouté à cela le fait qu'Hiccup n'avait pas bougé, cela prouvait qu'il s'attendait à être écouté. C'est précisément cela qui motiva l'irlandais à continuer. Quand il put apercevoir la fausse jambe du garçon – qui se résumait à une tige épaisse –, Hiccup lança sa main pour frapper celle de son ami. Du même geste, il rabaissa son jean et se leva, rejoignant la porte :
- Si je t'ai raconté tout cela, ce n'est pas pour le spectacle.
Jack, entendant le ton déçu de son homologue se releva précipitamment pour le retenir :
- Désolé. Hiccup, je suis désolé. Je… ta mère est morte. Mais ça n'est pas de ta faute, d'accord ? Ce genre d'accident arrive à tout le monde, c'est juste le destin qui joue au connard. C'est tombé sur toi et ta mère. J'essaie juste de comprendre tu m'as donné la pièce de puzzle qui me manquait et je dois tous mettre en ordre. La patinoire, le Hockey, ton genou, ta relation avec ton père… J'essaie de tout comprendre. De finir d'assembler le puzzle. Je ne voulais pas… je voulais juste voir à quoi ça ressemblait. Sans jugement, juste pour savoir.
Hiccup prit une grande inspiration à nouveau et abandonna son masque de colère. Il se mordilla l'intérieur des joues, se calmant :
- Ma vrai jambe s'arrête ici, en dessous de mon genou, commença-t-il d'une voix sombre en montrant avec sa main. Là, je n'ai pas d'os, ni de cartilage, juste de la chair, du muscle inutile. C'est pas beau mais la cicatrice pourrait être pire. Elle est longue, c'est tout. Ma prothèse est en carbone. Elle… elle tient grâce à un tissus élasthanne, qui entoure mon genou et le dessous se met dans un creux fait exprès à l'intérieur de la prothèse, c'est l'emboiture. Au bout, il y a un pied.
- Ça te fait mal ? Demanda doucement Jack.
- Oui. Non. Ça arrive.
- Souvent ?
- Des fois j'ai mal à ma jambe, même si je ne l'ai plus. Il parait que ce n'est pas inhabituel. Ça arrive de plus en plus rarement avec le temps. Mon genou, par contre, me fait souvent mal. Comme je m'appuie beaucoup dessus, en fin de journée, quand je rentre chez moi, j'aime bien enlever ma prothèse pour ne plus me sentir… écrasé, tu comprends ?
- J'essaye, oui.
- O-ok.
Jack sourit à demi, gentiment, tristement à son ami :
- Ça t'a fait du bien ? De le dire à quelqu'un ? D'en parler après tous ce temps ?
Hiccup n'hésita qu'une seconde :
- Oui. Je crois que oui.
- Bien.
Ils laissèrent un blanc s'installer et Jack le brisa :
- Allons boire un verre tu veux ?
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- Tu vas en parler aux autres ?
- Non. Mérida, peut-être, mais personne n'a envie ou besoin de le savoir pour l'instant.
- Ouais, un peu difficile de déballer ça maintenant après tout ce temps où tu n'as rien dit.
Hiccup acquiesça avant de prendre une grande gorgé de son café long. Jack buvait, lui, un café liégeois qu'il n'avait pas encore touché. Ils s'étaient pris des tartines salées avec ça, histoire de se remplir le ventre. Hiccup se sentait… Bien. Comme allégé d'un fardeau trop lourd. C'était agréable.
- Merci, souffla-t-il.
- Hein ?
- De m'avoir fait parler et d'avoir écouté. Vraiment, merci.
- Tu me rendras la pareille quand j'aurais, moi, besoin de te parler.
- De tes cicatrices ?
- Entre autre, oui.
Hiccup haussa les épaules :
- Je t'attendrai.
Puis il reprit au bout d'un moment :
- Au fait, Raiponce revient pour le nouvel an.
- Vous faites quelque chose ?
- C'est prévu. On… Je suis coincé entre Mérida et Astrid, en fait. Du coup, j'ai proposé qu'on fasse ça tous ensemble.
- Tous ensembles ? Hasarda Jack.
- Mérida et Sab, Raiponce, toi avec Astrid et les jumeaux.
- Oh.
Hiccup attendit plus mais rien ne vint :
- C'est tout ? C'est un « oui » ou un « non » ou… ?
- Bah c'est ce qui est prévu, non ?
- Oui, en effet. Mais je suis pas un gourou, j'attends pas de vous que vous m'obéissiez au doigt et à l'œil.
- Les autres ont déjà dit oui ?
- Raiponce je ne sais pas mais les autres, oui.
- Alors voilà, fit-il en avalant d'une traite son café.
C'était à Jack sa façon d'accepter.
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Après avoir mangé, les deux jeunes allèrent marcher dans le parc. Hiccup ne pouvait s'enlever l'image des cicatrices de Jack de la tête. Est-ce que ses parents le battaient ? Un accident ? Une mutilation volontaire ? Le brun n'osait pas demander, pourtant il voulait savoir. Il le désirait plus que tout.
- A quoi tu penses, Haddock ?
- À toi.
L'autre grinça des dents :
- J'aime pas quand tu fais ça.
- Quand je fais quoi ?
- Ta spontanéité merdique, là. Ça me met super mal à l'aise.
Hiccup fut partagé entre rire et écarquiller les yeux :
- Mais pourquoi ?
- Si tu es aussi sincère, j'ai l'impression que je devrais l'être aussi.
- Et tu ne l'es pas ?
- Si, souffla Jack. Pas toujours, c'est tout.
Hiccup ne répondit pas. Le silence s'éternisa.
- Tes cicatrices.
- Hiccup… menaça immédiatement l'Irlandais d'un ton mauvais.
- Non, je ne vais pas demander de me dire d'où elles viennent. Juste… tu t'es fait ça ?
Jack fut surprit de la question :
- Tu me demandes si je me suis mutilé ?
- Oui.
Le jeune homme prit le temps de réfléchir à la question.
- Non. Non, Hiccup, je n'ai pas pris une lame pour me la planter sporadiquement dans le ventre.
Une fois encore, un blanc.
- Tu les as eues toutes d'un coup, affirma Hiccup et il continua : Ça t'a fait mal ? Quand c'est arrivé ?
Jack baissa les yeux et s'arrêta de marcher. Son ami l'attendit, inquiet.
- Il y avait bien plus douloureux.
Ils ne parlèrent plus après cela, Jack s'enfonçant dans un mutisme surprenant et le Galois désolé de l'avoir forcé à parler. Finalement, il ne raccompagna même pas Hiccup chez lui, partant de son côté. Ils ne se reparlèrent plus jusqu'au nouvel an.
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- Salut mon chéri ! Étonna joyeusement Astrid quand Hiccup frappa à sa porte.
Celui-ci lui fait un clin d'œil et entra dans l'immense maison, suivi de Sab et Mérida. Il enlaça sa meilleure amie et l'embrassa sur la joue.
- Ça, c'est pour toi, bébé.
Elle ouvrit le cadeau qu'il lui tendait et soupira d'aise ce merveilleux homme qu'était Hiccup venait de lui ouvrir des lames neuves pour ses patins, gravées à son nom.
- Hiccup, j'ai les moyens de m'en acheter, t'aurais pas du dép…
- Tututut. Tu es ma meilleure amie : rien n'est trop beau pour toi. Joyeux Noël mon Astrid.
Elle le reprit dans ses bras et le remercia :
- Elles sont vraiment magnifiques. Tu ferais mieux de garder ton argent pour toi. Stupide.
- Je sais.
Elle la lâcha brutalement et l'envoya à l'intérieur à l'aide d'une tape sur les fesses. Mérida et Sab furent invité à le suivre au salon, où se trouvait déjà les jumeaux et Raiponce. Pas de Jack. Pas de foutu Jack. Hiccup commença à s'en agacer puis se rappela lui-même à l'ordre. Il en avait marre que Jack l'inquiète sans arrêt. Alors il pensa à autre chose, attrapant une bière sur la table et se posant dans le canapé aux côtés d'Astrid et Raiponce.
Près de deux heures après leur arrivée, Raiponce avait définitivement un coup dans le nez et Hiccup était, selon ses propres mots (qui lui avaient valu un « pétasse » d'Astrid) « pompette ». Mérida et Sab était en train d'apprendre à Kranedur et Kognedur, exceptionnellement intéressés et studieux, deux trois bases de la SLF. Hiccup avait donc eu la merveilleuse idée de faire des crêpes, à la bière bien sûr, assisté par Astrid, elle aussi bien entamée, pourtant résistante à la boisson. Raiponce, elle, essayait de les aider. Sans vraiment de succès.
- Alors beau gosse, elle arrive cette pâte ? Chantonna la blonde, assise sur le dossier d'une chaise, le dos reposant sur le siège, la tête renversée.
- Ce qui est sûr, c'est que c'est pas à toi que je vais la donner. T'es vachement sexy dans ce sens-là, dis donc.
- Et toi tu es sexy dans n'importe quel sens, intervint Astrid avec une petite tape sur le fesse du brun.
- Vrai ! Cria Raiponce, morte de rire.
- Vous me flattez, les filles. Des garçons tueraient pour vous.
- Je les attends toujours, marmonna Raiponce alors qu'Astrid riait :
- Je tuerai des garçons pour... le plaisir.
Hiccup rit à son tour :
- Je plains le pauvre gars qui aura le malheur de tomber amoureux de toi.
Et ajouta :
- La pâte est prête, amène la crêpière.
Avant qu'il ait pu commencer la première, Astrid rajouta deux bouteilles de bière à la préparation.
- Pour être sure qu'on y sente bien.
- Vous allez m'achever.
Les crêpes, effectivement, étaient bonnes mais cela dit, on sent plus la bière que la crêpe, avait gentiment souligné Mérida.
23h30 arriva assez vite, et tous étaient plutôt ivres. C'est à 23h34 que Jack se manifesta. Hiccup entendit son téléphone sonner et un message s'afficha, que le garçon réussit à déchiffrer : Je suis en retard. Je me suis perdu. Il y a une église vers chez Astrid ? Il y a un chien qui me suit, je me demande si c'est pas un loup. Tu pourrais me guider ? J.
Le gallois avait ri quand il avait vu le message. Il avait attrapé son manteau été avait fait mine de filer mais Raiponce le retint par le bras :
- Hiccup ! Qu'est-ce que tu fais ?
- Je vais chercher Jack, il est perdu cette andouille.
- Oh non allez… reste, on va jouer à Mario Kart.
- Euh, je suis complétement nul à ce genre de jeu, Raip…
- Hiccup ! Hurla Mérida au loin. T'as pas le choix.
Le garçon soupira, oubliant momentanément son ami, attrapa la main de Raiponce, le sourire aux lèvres, et la suivit jusqu'au salon.
Finalement, on sonna à la porte à 23h56. Raiponce, complétement bourrée, alla ouvrir à un Jack, complétement gelé et particulièrement ronchon.
- Ouh, t'as failli rater l'heuuure.
- Sans déconner. Tiens, cadeau.
Il lui tendit une boite de chocolat. Que Raiponce découvrit vide.
- Quelle charmante attention, grogna-t-elle.
- Ouais. Où es Hiccup ? J'ai dû l'appeler 20 fois.
- Au salon. Ils se cherchent avec Astrid.
Jack tiqua :
- Vraiment ? J'ai cru qu'ils étaient comme des frères et sœurs ?
- Moi aussi. J'aurais bien aimé qu'il s'intéresse à moi ce soir mais visiblement, c'est pas le cas.
- Attends, tu… Hiccup ?
- Bah ouais. On s'était rapproché ces derniers temps et je pensais… je me suis dit que j'aurais peut-être une chance. Je suis nulle avec les garçons et avec Hiccup ça parait si facile d'être bien que…
La blonde sentit les larmes lui monter aux yeux et Jack se sentit tout à coup très mal à l'aise.
- Il déçoit beaucoup de gens alors. Viens là.
- Non, ça va, je veux juste passer une bonne soirée.
Jack voulut sourire mais n'eut pas la volonté. Il tapota l'épaule de Raiponce, penaude, et s'avança dans la pièce principale. Il découvrit, effectivement, Astrid et Hiccup collés l'un à l'autre. Vraiment collés. Sans vraiment comprendre pourquoi, Jack en ressentit un pincement au cœur. Et Hiccup qui lui certifiait qu'il n'y aurait jamais rien entre lui et la blonde. La blague.
L'irlandais prit la main de Raiponce en sentant celle-ci se crisper en même temps que lui Hiccup était un idiot qui ne voyait même pas qu'une si jolie fille comme Raiponce le voulait. Avec une dernière pression, il lâcha son amie et alla s'emparer d'une bouteille de bière, se plantant pour cela au milieu du cercle d'amis, éparpillés sur le canapé, par terre et dans les fauteuils. Il fit mine de faire une courbette, fit un clin d'œil à Mérida et annonça d'une voix enjôleuse :
- Charmante sauterie. Bonsoir.
- Jack-Jacky-Jacky-Jack-Ja… commença Mérida et Sab la fit taire.
Le garçon ria et salua son meilleur ami d'un chaleureux sourire. Puis son regard croisa Hiccup et il se figea. Celui-ci, qui une minute plus tôt mourrait de rire, avait un air tout à fait sérieux il le fixait, une expression indescriptible sur le visage.
- Salut, James, il lui sourit doucement.
Il lui arrivait souvent d'appeler son ami par son vrai prénom, et non par le surnom que tout le monde avait adopté. Il aimait bien sa sonorité.
- Salut, Hiccup. Ne m'appelle pas James.
Et Astrid embrassa le brun. Ne sachant pas quoi ressentir, Jack se rendit compte que tout le monde criait autour de lui ; il était 00h00. On lui fit la bise en lui souhaitant bonne année. Il y répondit. Hiccup et Astrid avaient disparus dans la chambre de la jeune fille. Et Raiponce soupirait tristement.
