That's it, guys. That's the one.

Avant dernier chapitre, les enfants, préparez vos mouchoirs pour la semaine prochaine ; le dernier sera surement pas très long (enfin, moins long que les autres).


Les garçons patinèrent encore un moment. Au bout de quelques minutes à jouer et parler tranquillement, Hiccup tomba soudainement. Jack glissa aussitôt jusqu'à lui, inquiet.

- Ça va ? Il demanda, se penchant vers lui.

- Je… je crois qu'elle commence à fatiguer un peu, déclara lentement le brun en tapotant sa jambe, grimaçant un peu, tendant sa main pour que Jack l'aide à se relever.

Contre toute attente, Jack se laissa tomber à ses côtés, à sa gauche. Il se rapprocha de lui et fit mine de relever son pantalon pour découvrir sa prothèse. Hiccup ne disait rien, ne bougeait plus, un peu choqué ; Jack avait déjà vu sa jambe. Ça ne le gênait pas. Qu'il la touche, c'était différent. Personne en dehors du corps médical ne l'avait déjà fait, même pas Astrid, même pas son père. Mais il attendit, curieux de ce que l'autre allait faire.

Doucement, l'irlandais défit la prothèse pour la détacher de la jambe, arrachant une plainte au jeune homme - il avait vraiment trop forcé dessus aujourd'hui. Il la posa à côté d'eux puis planta ses yeux dans ceux d'Hiccup, comme pour demander l'autorisation. Son ami ne dit rien, mais ne protesta pas non plus Jack prit ça pour un oui.

Il avança ses mains et les posa sur le moignon, faisant incontrôlablement sursauter Hiccup. Jack lâcha le regard de son homologue pour regarder ce qu'il faisait ; il se mit à masser très délicatement la chair. Hiccup ne put retenir un gémissement, qui était autant de douleur que de plaisir ; il se détendit au bout d'un moment et finit même par s'allonger sur le dos. Jack s'installa plus confortablement sur la glace et continua de malaxer légèrement le membre raccourci.

Aucun des deux ne parlaient, chacun profitait. Jack continua pendant de longues minutes puis il finit par arrêter. Il esquissa un geste pour remettre la prothèse du brun mais celui-ci lui attrapa la main pour le stopper :

- Attends.

Sa voix avait sonné bien plus grave qu'à l'habitude, ce qui surprit Jack. Hiccup se servit de la main qu'il avait capturée pour se redresser. Il planta son visage à quelques centimètres de celui de son ami, brusquement figé. Il n'avait pas lâché sa main. La respiration de Jack était saccadée. Comme Hiccup ne semblait pas se décider, et que lui-même ne pouvait se résigner à combler l'espace qui les séparait, il rassembla son courage pour souffler d'un timbre enroué et incertain :

- Vas-y.

Il n'en fallut pas plus au brun pour qu'il ne l'embrasse. Jack avait l'impression que son cœur allait exploser ; il n'était même pas sûr d'être lui-même au commande de son propre corps. Est-ce qu'il était vraiment en train d'embrasser un autre homme ? D'y prendre du plaisir ? Il avait voulu que ça arrive, l'avait souvent souhaité - en avait même rêvé une fois, mais maintenant que ça arrivait vraiment, il en était autant existé que bouleversé.

Hiccup sentit son hésitation car il se recula, laissant sa main qu'il avait posé sur la joue pâle de son homologue. Ses yeux balayèrent son visage, anxieux. En le voyant comme ça, une expression inquiète et perdue, le souffle court et les lèvres rouges, Jack comprit qu'il ne faisait pas une erreur, même s'il ne savait toujours pas réellement ce qu'il faisait. Il envoya sa main libre sur la nuque d'Hiccup pour le rapprocher de lui et l'embrasser avidement à son tour. Il n'avait jamais ressenti ça, même avec les quelques filles qu'il avait côtoyées par le passé.

Ils se laissèrent facilement emporter. Quand ils reprirent leur esprit, Hiccup avait allongé l'irlandais sous lui, sa jambe droite entre les siennes et lui mordillai le cou qu'il avait réussi à trouver sous son écharpe. Ce fut lorsque Jack gémit qu'Hiccup réalisa la position dans laquelle ils étaient, sur de la glace gelée. Il se redressa un peu, surplombant le garçon – qui avait une mine tellement adorable qu'il aurait pu lui faire l'amour là, tout de suite. Le brun expira en saccades. C'était grisant de voir Jack dans une telle position, comme à sa merci. Excitant.

- Hiccup ? Demanda l'autre d'une voix tremblante, tant à cause de l'émotion que du froid.

- Il faut qu'on se relève, sinon je ne réponds plus de moi.

Le jeune homme rougit et le gallois s'amusa de le voir réagir comme ça alors qu'il était toujours le premier à faire des allusions sexuelles. Hiccup se rassit un peu plus loin pour enfiler sa prothèse, ce qu'il fit rapidement. Jack, assis à ses côtés, reprenait lentement contenance. Le brun le regarda réfléchir un moment puis finit par ne plus y supporter :

- Tu aurais aimé que ça n'arrive pas ?

Le concerné tourna brusquement sa tête vers lui. Il commençait déjà à la secouer quand il répondit doucement :

- Je ne m'en rend compte seulement maintenant, mais j'attendais que ça arrive depuis une éternité.

- Vraiment ? Demanda Hiccup, sentant un poids disparaitre dans son cœur.

- Oui, répondit sincèrement son ami. Pourtant je ne suis pas… enfin… est-ce qu'on peut être attiré par les deux ?

Hiccup eut envie de rire en entendant une question aussi stupide et candide.

- Bien sûr, idiot.

Un moment se passa sans que l'un d'eux ne parle. Ce fut Jack qui brisa le silence avec la question que son camarade attendait qu'il pose :

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

- Ça dépend de ce que tu veux, Jack.

- Je veux être avec toi. Je crois.

Son incertitude était aussi mignonne que déroutante.

- Tu crois ?

- Oui, mais… je ne suis pas sûr de vouloir que tout le monde soit au courant. Je ne comprends moi-même pas pourquoi ni comment ça m'arrive alors pour l'expliquer…

La réaction était si prévisible – et naturelle – qu'Hiccup se contenta de lui sourire.

- Si tu veux, on se laissera le temps. Jusqu'à ce que tu sois prêt, si c'est ce que tu veux.

- Hiccup, je… je veux vraiment être avec toi, insista Jack qui voulait être sûr que l'autre comprenait ce qu'il ressentait.

Pour toute réponse, Hiccup se leva, aida Jack à en faire de même et, prenant son visage en coupe, il l'embrassa tendrement.

- J'avais cru comprendre, oui.

Jack se rapprocha de lui pour mieux profiter du baiser, continuant à se surprendre lui-même, mais Hiccup y mit de suite un terme en grimaçant :

- Jack je… j'ai vraiment, vraiment très envie de toi et je ne voudrais pas passer pour une monstrueuse bête sauvage. Mais si tu continues de faire ça, je ne vais pas être raisonnable.

- Continuer de faire quoi ? Demanda Jack d'un ton à la fois innocent et malicieux qui lui allait à merveille.

- Ta chaudière, gronda Hiccup.

L'autre rit.

- Qui aurait cru qu'Hiccup Haddock était en réalité un prédateur sexuel ?

Ledit prédateur l'embrassa tendrement, mordillant un peu sa lèvre au passage. Il souffla :

- Ça fait un long moment que je rêvais de faire ça. J'aurais jamais pensé que tu m'y autoriserais. J'avais même finit par abandonner.

- Il faut croire que tu changes radicalement les gens autour de toi, rétorqua Jack en souriant, de plus en plus sûr de lui.

Ils s'embrassèrent chastement, puis retournèrent doucement vers les autres.

- Au fait, dit Hiccup en avisant leurs amis au loin, tu masses vraiment aussi bien que tu embrasses. Merci.

Jack ria du compliment qui, même si formulé bizarrement, était sincère.

- Hiccup, Jack ! Hurla Astrid en les voyant arriver. Où étiez-vous ?

Elle ajouta à l'intention de son meilleur ami :

- J'étais inquiète, tu ne m'as pas prévenue.

Hiccup s'arrêta en dérapant gracieusement juste à côté d'elle et, collant un baiser sur sa joue, il la rassura :

- On est juste aller se balader un coup. Pas que j'aime pas les enfants, mais j'avais envie de vraiment patiner.

- Arh, je comprends, ronchonna Astrid en s'étirant. D'ailleurs, si tu veux bien, je vais me prendre moi aussi une petite pause ; je meurs de faim.

- Ça marche.

- Attends, je viens avec toi, intervint Jack, je veux profiter des quelques minutes qu'il me reste pour manger un truc.

Avec un dernier sourire pour Hiccup, il suivit la blonde sur la terre ferme, se déchaussant. Ils marchèrent un instant en silence.

- Que cette journée est longue, se plaint la jeune femme sur le chemin.

- Je crois que j'aime Hiccup, lâcha Jack en faisant la moue.

Astrid lança son bras pour stopper le garçon – qui se le reçut violemment en plein dans les côtes –, les yeux écarquillés. Au bout de quelques secondes, elle prit une sonorité de voix étrange, très aiguë, comme si elle voulait hurler, mais qu'elle murmurait en fait :

- Mais qu'est-ce qui cloche chez toi, Frost ?! I mois, je t'ai posé la question et tu m'as dit que non !

- Tu as dit que non toute seule, se défendit le pauvre diable. C'est toi qui a décrété que je ne pouvais pas parce que je n'étais pas gay.

- Mais tu ne l'es pas !

- Non, je ne le suis pas. Mais ça ne m'empêche pas d'éprouver quelque chose pour Hiccup.

Astrid enleva finalement son bras et ses yeux reprirent une taille normale alors qu'elle recommençait à marcher lentement.

- Non mais c'est sérieux ?

- Évidement, sinon je ne te le dirais pas.

- Pourquoi maintenant ? Pourquoi moi ?

- Parce que j'ai besoin d'en parler à quelqu'un, soupira le garçon, et que je n'ai pas très envie d'aborder tout de suite le sujet avec mes amis.

Il ignora le « je ne suis pas ton amie ? » sceptique de l'autre et continua :

- Et aussi… aussi parce qu'on vient de s'embrasser.

Le même geste que plus tôt : bras, côtes, yeux de chouette, cris chuchotés.

- Quoi ? S'étouffa-t-elle en détachant chaque lettre – sonnant comme un croassement.

- On s'est embrassé. C'était vraiment, vraiment bien.

Astrid prit une expression nauséeuse devant le sourire béat de l'autre, en se plaçant devant lui.

- Oh j'y crois pas. Dans quelle dimension j'ai atterrie ?

- Je suis sérieux, grogna Jack.

- Mais c'est bien ce qui me fait peur. Mets-toi à ma place, sale petit… sale petit menteur de merde !

Jack avait pris l'habitude de la grossièreté d'Astrid quand elle était en colère… ou pas, d'ailleurs. Il ne se formalisa pas.

- Le mec qui me jure qu'il est à "100% hétéro" - elle mimait les guillemets - me dit qu'il a embrassé mon meilleur ami gay et qu'il a aimé ça… et qu'il pense en être amoureux ! Comment tu réagirais à ma place ?

La blonde grommela quelque chose qui ressembla à « j'y crois pas ».

- Mais qu'est-ce que ça peut te faire ? Finit par dire Jack. Tu comptais changer de sexe pour sortir avec lui ? Non ? Bon, alors de dramatiser.

Elle le frappa, pour la forme et secoua la tête :

- Pourquoi tu me suis bon sang ?

- Je te l'ai dit, j'ai besoin de parler à quelqu'un. Ne nie pas que tu es contente que je t'en parle, petite commère. Dès que c'est sur la vie d'Hiccup, tu es pire qu'une fangirl.

- Oh je t'en prie, je m'inquiète juste.

Elle se laissa le temps de repenser aux paroles du garçon avant de reprendre :

- Vous vous êtes embrassé. Bon sang, j'y crois p…

- Astrid, marmonna Jack en se mettant à nouveau à avancer.

- Bien ! Qu'est-ce qu'il s'est passé après ? Vous aviez l'air en bon terme tout à l'heure donc aucun de vous n'a flippé, c'est déjà ça.

- En fait on a un peu flippé, mais on a parlé, on a mis les choses au clair.

- C'est-à-dire ?

- Bah on veut être ensemble. Pour de vrai, comme un couple. Mais mon orgueil d'hétéro est loin d'être prêt à accepter d'être publiquement vu avec un gars. Donc on va se laisser un peu de temps – ce sont ses mots.

- C'est tout ? Mais qu'est-ce qui te tracasses alors ? Tu ne trouveras jamais mieux qu'Hiccup.

- Je le sais, c'est pas ça le problème. C'est juste que… je me doutais que j'éprouvais quelque chose pour lui mais là, je suis bien obligé de l'accepter. J'ai jamais douté de ma sexualité avant Hiccup. Ça me fait vraiment bizarre. J'ai jamais eu à me poser la question de comment ça marche avec un mec.

- Jack, calme-toi, enfin. C'est une relation comme toutes les autres ; pourquoi elle serait différente ?

Le jeune homme tourna la tête vers la galloise et soupira :

- Je me prend la tête pour rien. Je devrais juste… laisser aller.

- Je comprends pourquoi tu es effrayé, Jack. Tu as l'habitude d'être celui qui a le contrôle dans les relations. Sauf que là, t'as l'impression de ne rien connaitre.

Jack hocha la tête.

- Réfléchis un peu, stupide. C'est de Hiccup dont on parle. Il est loin d'être un expert en relation amoureuse.

- Il… il a déjà eu quelqu'un ?

- Il n'a eu qu'un véritable copain, Joshua ; ça a duré longtemps. Cette froussarde s'est tiré après l'accident il n'est même pas venu voir Hiccup à l'hôpital. Avant lui, il y a eu quelques gars, mais jamais rien de sérieux.

Jack soupira. Il détourna le regard et lâcha finalement d'une voix lointaine :

- J'ai peur de pas réussir à être ce dont il a besoin.

- C'est de toi qu'il a besoin, ne changes pas.

- Et si je le faisais souffrir sans le vouloir ?

- Il n'y a pas de raison mais…

Astrid l'arrêta à nouveau en attrapant son poignet et le regarda froidement :

- … mais si ça arrive, tu auras affaire à moi. Et je gagnerais le combat, Frost.

Le garçon ne répondit rien. Il savait.

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Ce fut aux alentours des 16h qu'Hiccup vit son père se présenter à l'accueil du patinage. Stoïck le cherchait des yeux. Le cœur du garçon se serra quand leur regard se rencontrèrent. Il glissa doucement jusqu'à lui.

- Papa… je suis désolé. J…

- Hiccup.

Le souffle du jeune homme se coupa ; son père venait de le prendre dans ses bras, outrepassant la balustrade de sécurité.

- Je suis désolé… mon fils. Je n'avais pas réalisé que… Je ne pensais pas que tu souffrais autant, toi aussi.

Hiccup, si peu habitué à ce que son père lui parle en de pareils termes, ne put s'empêcher de verser quelques larmes, serrant le large corps contre lui.

- Je m'en veux tellement, papa… mais je ne vais plus me cacher, plus mentir, je te le promets.

Son père ne répondant pas, le garçon devina qu'il pleurait lui aussi. Ils restèrent un instant comme ça jusqu'à ce que Stoïck se recule brusquement, essuyant brusquement son visage.

- Tu peux… tu peux revenir à la maison si tu le veux. C'est chez toi aussi.

Le brun lui sourit, sentant sa gorge le piquer :

- Merci papa mais… je dois apprendre à me débrouiller tout seul, maintenant. Et toi aussi. Il serait temps qu'on se responsabilise, tu ne crois pas ?

Peu sûr de lui, mais confiant, l'adulte hocha la tête.

- Je… je t'aime, mon fils.

- Je t'aime aussi papa. Prends-soin de toi, s'il-te-plait.

A peine Stoïck parti, Hiccup s'empressa d'aller tout raconter à Jack. Astrid, qui avait vu la scène, dû elle aussi essuyer une larme.

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Les derniers visiteurs partirent tranquillement aux alentours des 18h, la nuit étant déjà tombée depuis longtemps. Les élèves avaient réservé tout un restaurant pour eux, les professeurs et les intervenants. Les fonds ramassés durant l'année, en plus de ceux gagnés aujourd'hui couvraient largement les frais engagés ; ils pouvaient bien se payer un petit plaisir.

Ce fut très convivial. Astrid ne put s'empêcher d'épier Jack et Hiccup – pourtant loin l'un de l'autre – et n'arrêta donc pas de lâcher des « j'y crois pas » dans le vide. Les deux garçons se jetaient souvent des regards en coin, invisibles pour ceux qui ne savaient mais pour elle, c'était complétement évident.

- J'y crois pas…

- Astrid, si tu dis encore une fois ça sans m'expliquer, je vais être obligé de te frapper. Et comme tu vas répliquer, j'aimerais mieux pas en arriver là.

L'interpellée se tourna et leva les yeux vers Hiccup, assis en face d'elle.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? Quelque chose ne va pas ? S'inquiéta son ami.

- Je… non. On en parlera ce soir.

A la fin du repas, il y eut un after, pour les élèves, chez Raiponce. Sur le chemin, Hiccup prit Astrid à part pour lui demander ce qui n'allait pas.

- Jack m'a dit, Hiccup, dit doucement la blonde.

Le jeune homme fronça les sourcils :

- De… vraiment ? Il m'a dit qu'il ne voulait pas que ça se sache pour le moment.

- Oui, je sais, mais il avait besoin de le dire à quelqu'un. Et comme je ne représente pas grand-chose pour lui mais qu'il me sait digne de confiance, il est venu me parler.

Hiccup hocha la tête. Astrid continua :

- Donc je voudrais commencer par te dire « je te l'avais dit », parce que… je te l'avais dit, bébé. Le lendemain du nouvel an, j'ai dit que rien n'était impossible. Je ne suis pas peu fière de moi sur ce coup-là. Ensuite, il… il tient vraiment à toi. Au début, j'ai cru à une blague mais il éprouve réellement quelque chose pour toi. Et si tu veux mon avis, c'est quasiment déjà de l'amour.

Hiccup sourit, bien plus heureux qu'il ne l'aurait avoué, et se mordilla la lèvre :

- Tu l'as menacé ?

- Oh, tu me connais bien, ricana d'un air mauvais son amie. Oui, un peu. Mais il était tellement trop mignon que j'ai pas trop exagéré.

Devant eux, Jack, qui parlait avec Aster, se retourna et sourit à Hiccup avant de se reconcentrer sur sa conversation.

- Trop mignon, commenta Astrid d'un ton attendri mais moqueur.

Hiccup lui bouscula doucement l'épaule :

- Sois gentille. C'est le premier gars qui veut de moi depuis l'accident, alors qu'il est justement au courant.

- Je sais, je te taquine. Ça m'a surprise, je m'en amuse un peu. Je suis contente pour toi, Hiccup. J'espère que ça marchera.

- Moi aussi.

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L'appartement de Raiponce n'était pas très grand, mais très joliment décoré. Tous les jeunes gens se mirent à l'aise très vite alors que la blonde, aidée par Aster, apporta de quoi boire – avec modération ! La soirée fut tranquille et Hiccup en profita pour parler un peu avec Mérida, de qui il s'était un peu éloigné ces derniers temps. Ils sortirent sur le tout petit balcon.

- Bon, comment ça va avec ton prince charmant ? Demanda joyeusement le brun.

- Ce n'est rien de le dire : ce type est l'homme parfait. Je pensais que ça n'existe pas, mais en fait, si. Et c'est Sab. Et c'est à moi.

Hiccup rit devant l'enthousiasme de Mérida.

- Je suis heureux que tu ailles bien, Merry.

Elle lui sourit en retour. Puis, pensant à Jack, Hiccup prit son courage à deux mains.

- Mérida je… je ne me sens pas très bien à propos d'une chose. Je t'ai menti à propos de… à propos de ma mère.

La jeune femme sentait que le sujet était très sérieux et délicat ; elle le laissa parler.

- Elle… enfin ma mère, elle est morte il y 3 ans et demi, Merry. On a eu un accident de voiture, elle et moi. C'était de ma faute. J'ai… on a dû m'amputer une partie de ma jambe gauche et ma mère est morte sur le coup. Je ne te l'ai pas dit parce que… parce que je commence seulement à faire mon deuil ; j'étais dans le déni, et j'avais peur. J'y ai repensé et je me sentais mal de t'avoir menti à son propos. Et je crois que dire la vérité va m'aider à remonter la pente.

La rousse ne dit rien, se contentant de câliner son ami, trop choquée pour parler et peu habituée à montrer ses sentiments. Au bout d'un long moment, elle renifla :

- Finalement, on fait une belle paire d'handicapés, toi et moi, alors ?

Hiccup lui sourit tendrement, l'embrassant longuement sur la tempe. Il se sentait beaucoup plus léger à présent. Sa vie commençait à se remettre dans l'ordre, petit à petit.

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La soirée ne s'éternisa pas trop, chacun étant beaucoup trop fatigué de sa journée. Certains, habitants trop loin, restèrent dormir chez la blonde – dont Aster, qui n'habitait pourtant pas loin mais qui avait manifestement beaucoup tourné autour d'elle. Astrid et Hiccup repartirent et Jack se proposa pour les raccompagner. Lorsqu'ils furent assez éloignés du quartier, Jack se rapprocha d'Hiccup, glissant sa main dans la sienne, indifférent à la conversation qui se déroulait entre les deux colocataires. Astrid vit Hiccup se tourner vers son petit-ami et lui sourire bêtement mais elle se retint de faire une réflexion désopilante.

- Hiccup j'ai vu que… tu as parlé à Mérida ce soir ? Demanda doucement Jack au bout d'un moment. Vous aviez l'air bizarre en rentrant, tout va bien ?

Le brun ria un peu :

- Tu m'espionnes, Jack, c'est toi qui est bizarre.

Il ajouta quand l'autre se renfrogna :

- Je lui ai dit pour ma mère. Et pour ma jambe.

Jack l'arrêta d'un mouvement de bras. Il le regarda, une mine qui voulait dire « Vraiment ? » sur le visage. Voyant le gallois hocher la tête, Jack se rapprocha, posant sa main valide sur la joue gauche du garçon et posant un baiser sur son front.

- Je suis fier de toi.

C'était dingue la facilité avec laquelle il arrivait à agir de manière si familière avec Hiccup – même avec la présence d'un tiers. Il sentait que tout allait bien, que c'était normal de se montrer si tendre avec lui, peu importe que quelqu'un puisse les voir. Il se sentait d'humeur à dire au monde entier à quel point il voulait qu'Hiccup ne soit qu'à lui.

Ce dernier, inconscient de ce qui se passait dans la tête de l'autre, déglutit : les mots de Jack voulait dire beaucoup pour lui. Astrid, derrière lui, lui ébouriffa les cheveux, disant, à sa manière, la même chose que le jeune homme. Devant tant d'attentions, Hiccup se recula, lâchant la main de son petit-ami pour se remettre à marcher, haussant les épaules :

- C'est bon, n'en faites pas tout une affaire.

Jack et Astrid se regardèrent en souriant, amusés par la réaction pudique de leur ami. Lorsqu'ils le rattrapèrent, que Jack captura à nouveau sa main, la jeune femme décida de changer de sujet :

- Donc vous êtes un couple, ça y est ? Je vais voir Jack squatter notre appartement tous les jours maintenant ?

Hiccup sentit l'autre se tendre à peine ; il répondit d'un ton moqueur :

- On n'est pas encore mariés Astrid. Et ça aurait pu être pire que Jack. Tu devrais te réjouir.

- Je… enfin je ne comptais pas venir chez vous ce soir, si ça dérange, intervint Jack, soudain un peu mal à l'aise. J'ai un appartement à moi, hein.

- Je rigolais, Jack, se reprit Astrid. Hiccup va me détester si tu ne viens pas à cause de moi. Et puis tu sais que je t'aime bien.

Le brun se tourna vers lui, lui offrant un sourire rassurant :

- Tu ne me dérangeais déjà pas avant, alors tu imagines bien que maintenant, tu peux venir et rester quand et autant que tu veux. C'est toi qui décides.

Jack sourit malgré lui ; Hiccup se montrait conciliant et patient. Il avait promis de lui laisser du temps, et il respectait sa parole. Il voulait vraiment dormir avec lui. Platoniquement, parce qu'il ne se sentait pas encore prêt pour… ça. Les sentiments d'abord, le sexe après. Un pas à la fois.

- Jack ? S'inquiéta Hiccup en le regardant réfléchir si longtemps. Je ne t'oblige à ri…

- Je voudrais rester, le coupa le concerné.

C'est ainsi que Jack et Hiccup se retrouvèrent dans la chambre de ce dernier. Celui-ci sentit que Jack n'était pas très à l'aise ; il s'approcha et lui enleva son pull. Mais quand il voulut retirer le T-shirt, Jack l'arrêta en grimaçant. Hiccup comprit aussitôt :

- J'ai déjà vu tes cicatrices, Jack. Elles font parties de toi, parties de ton histoire. Et je te trouve magnifique.

Doucement, il ôta le vêtement pour découvrir le torse fin de l'irlandais. Comme dans son souvenir, il était couvert de coupures pâles. Hiccup posa ses mains sur les hanches du garçon, caressant les marques, ne lâchant pas le jeune homme du regard. Jack lutait pour ne pas fermer les yeux, appréciant le contact des mains fraiches sur sa peau brulante. A son tour, il enleva le haut d'Hiccup, mettant fin aux cajoleries.

Lorsqu'il vit Jack déglutir sans plus bouger, Hiccup lui sourit tendrement et vint lui embrasser la pommette.

- Mettons-nous au lit, souffla-t-il doucement.

Il se détourna pour s'asseoir sur le lit afin d'enlever son pantalon, ainsi que sa prothèse. Jack l'imita et se glissa sous les draps. Il se sentait bizarre ; il était à la fois paralysé par la situation – lui, en boxer dans le même lit qu'un autre homme pas plus vêtu avec des intentions pas chastes du tout – et existé. Parce que c'était Hiccup : ce mec lui faisait vraiment quelque chose.

Son petit-ami – oui. – mit fin à ses rêverie en venant l'embrasser doucement, câlinant sa hanche paresseusement. Jack frissonna au contact, approfondissant lui-même le baiser, allant chatouiller les petits cheveux dans la nuque du brun. Soudain, il se rapprocha du garçon, le surplombant un peu pour mieux pouvoir l'embrasser. Hiccup le laissa mener les choses mais lorsque l'autre rapprocha son bassin du sien, mettant une jambe entre les siennes, il ne put s'empêcher de gémir. Il eut peur que cela effraie le jeune homme au contraire, Jack se colla encore plus à lui, soupirant à son tour, caressant sa taille, puis son vente, allant embrasser son cou, pour revenir à ses lèvres.

Puis, comme il avait fondu sur lui, il se recula brusquement, le souffle court, la mine coupable.

- Pardon, je… pardon.

Hiccup reprit doucement ses esprits en expirant bruyamment. Il ne put que soupirer d'une voix rauque :

- Jack…

- Je me… je me suis laissé… emporté, répondit d'un souffle saccadé le garçon, le dominant toujours, son torse se soulevant rapidement au rythme de sa respiration. Ça fait longtemps… que je n'ai pas…

Il ne finit pas sa phrase. Pas besoin. Hiccup savait que Jack avait trop honte de ses cicatrices pour les montrer. A qui que ce soit. Le garçon se laissa tomber sur le dos, juste à côté de son compagnon. Il mit son bras sur ses yeux, se couvrant le visage. Il se faisait l'effet d'une pucelle maladroite et rien n'aurait pu plus l'énerver.

- Je suis désolée, je ne t'aide pas.

Hiccup ne put s'empêcher de rire nerveusement : ça n'était rien de le dire. Il tenta de contrôler les battements de cœur et se mit sur le flanc face à Jack, retirant son bras en mettant son visage face au sien.

- Je peux me contenir, Jack. Rappelles-toi : tu es celui qui décides.

- Je… je sais, répondit lentement son homologue. Merci.

Hiccup se pencha pour l'embrasser, plutôt chastement cette fois. Il se sourirent et, une fois bien installés dans les bras l'un de l'autre, ils s'endormirent.

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En se réveillant, Jack se rappela immédiatement de la soirée. Il respira à plein poumon l'air emplis de l'odeur d'Hiccup. Quand il sourit de manière idiote en ouvrant les yeux, il se moqua de lui-même, de son comportement d'adolescente. Mais ça faisait si longtemps qu'il ne s'était pas sentit aussi bien… Plus il y réfléchissait, moins le fait que la source de son bonheur soit un homme le dérangeait. Homme ou femme, au final, ça ne comptait pas ; l'important, c'était de trouver la personne qui nous rendait heureux, et qu'on pouvait rendre heureux en retour. Et Hiccup semblait être cette personne, pour lui.

Le garçon tourna la tête pour faire face à l'autre, qui dormait toujours, son visage tout près du sien. Il était beau, vraiment. Jack l'avait déjà remarqué avant, mais cette beauté ne lui avait jamais rien fait ; là, elle lui donnait envie de couvrir le visage du garçon de baisers. Il vint doucement frotter son nez contre le sien. Hiccup, avec une moue enfantine, un peu grognonne, fronça les sourcils en murmurant des paroles incompréhensibles. Le sourire de Jack s'élargit lorsque le brun se décida à ouvrir ses magnifiques yeux verts et qu'il rencontra ceux de son petit-ami.

- Salut, il articula d'une voix enrouée avant de s'éclaircir la gorge, répondant au sourire de l'autre.

Jack vint caler son visage contre le sien, leurs lèvres se frôlant.

- Salut.

Hiccup se tourna sur le dos, faisant se rapprocher l'irlandais qui resta caler dans ses bras, sa tête nichée dans son cou. De sa main gauche, il lui câlina tendrement le dos alors qu'il se frottait les yeux de son autre main en baillant. Soudain, alors que Jack se rendormait presque, une boule de poil sauta sur le ventre d'Hiccup, faisant sursauter Jack et rire le gallois.

- Salut, Toothless, salut le maitre, caressant le chat jaloux qui s'étalait déjà sur le ventre et torse du garçon, un regard mauvais pour l'autre humain. T'as pas vu que j'étais pas tout seul ce matin, mon grand ?

A côté, légèrement redressé, Jack grogna un peu puis se résigna à lui aussi grattouiller les oreilles du chat. Il ronchonna en se recouchant tout contre Hiccup :

- Il sait très bien que je suis là, il est jaloux.

A peine avait-il pu s'installer que Toothless attaqua sa main avec violence, comme pour lui dire de s'éloigner. Jack cria sur le félin, le poussant par terre, écrasant le garçon avec tout le haut de son corps, pour qu'il ne reste plus de place pour le chat :

- Eh ! Il est à moi, stupide animal !

Hiccup ria convulsivement sous lui et prit un ton autant moqueur qu'ahuri :

- Est-ce que tu es jaloux de mon chat, Jack ?

- Non, répondit l'autre comme un gamin boudeur, mais il doit apprendre à partager, maintenant.

Hiccup voulut sourire tellement fort qu'il s'en mordit la lèvre.

- Tu es littéralement le plus mignon de tous les êtres humains de cette terre.

Le concerné se redressa au-dessus de son compagnon, grimaçant :

- Je ne suis pas sûr que ça soit positif. Ça l'est ?

Le brun lui sourit tendrement, se relevant un peu pour pouvoir l'embrasser.

- Ça l'est pour moi, James, souffla-t-il contre ses lèvres et il s'attendrit du sourire bête de l'autre.

La journée commençait merveilleusement bien. Jack se fit la réflexion que tous les matins devraient ressembler à celui-là. Et que c'était désormais possible, grâce à Hiccup.

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Astrid était déjà dans la cuisine quand il se décidèrent à sortir du lit. Jack partit se doucher et le brun rejoint son amie. Le café venait de finir de couler et l'odeur envahissait la pièce Hiccup aimait cette odeur plus que tout. Il vint poser un long baiser sur la tempe d'Astrid qui lisait un livre, assise au comptoir.

- Salut bébé, il la salua, groggy.

- Bonjour Roméo, lui sourit en retour la blonde. T'as déjà foutu Jack dehors ?

Hiccup ria doucement en s'asseyant à côté d'elle, une tasse de café chaud en main.

- Il est parti se doucher.

Comme il souriait d'un air idiot, Astrid finit par secouer la tête :

- Mon dieu… t'es vraiment une gonzesse, Hic.

Elle désespéra encore plus quand le sourire du garçon s'élargit. Hiccup reprit son sérieux un moment :

- J'ai vu mon père hier. Il est venu pour moi.

- Je sais, murmura Astrid. Je vous ai vu. On t'avait bien dit qu'il ferait le premier pas.

Le jeune homme la regarda, les yeux brillants :

- Je veux passer Noël avec lui cette année. Je me sens prêt. J'aimerais qu'il le soit lui aussi. Tu veux… tu voudrais le faire avec nous ? Je sais que tu ne rentreras chez tes parents pour les vacances.

- Non, ils me saoulent. Je les aime, mais si je peux éviter de passer les fêtes avec eux et leur satané soirées mondaines, j'en serais plus que ravie. Surtout si je peux passer Noël avec vous. Tu sais très bien que vous êtes comme une famille pour moi.

Hiccup lui embrassa la joue : ne restait plus que son père à convaincre. Jack arriva sur ses entrefaites :

- Salut Astrid. T'aurais du thé quelque part ?

La blonde le lu indiqua et une fois son infusion prête, le garçon s'assit à côté de son petit ami, lui embrassant l'épaule au passage.

- Vous parliez de Noël ? Il demanda innocemment.

- Oui, je vais essayer de retenir mon père pour qu'il le fête avec nous.

Jack lui sourit tendrement et Astrid fit semblant de vomir quand il vint embrasser Hiccup ; elle grommela :

- Je hais l'amour.

Les garçons rirent quand elle partit à son tour se laver. Jack prit une mine grave en retournant à son thé.

- Je vais… Je pense que je vais retourner chez mes parents. Ça… je crois que ça pourrait nous faire du bien à tous les trois d'essayer de passer cette fête en famille.

Hiccup sourit, attrapant sa main tremblante dans la sienne. Il n'y avait rien à ajouter, juste montrer qu'il était là pour lui. Une fois leur boissons finies, Hiccup se leva pour poser les tasses dans l'évier. A peine les eut-il lâchées qu'il sentit Jack se coller à lui, son souffle lui chatouillant la nuque. Il profita un instant du câlin, puis souffla :

- Ça va ?

Il sentit à peine Jack hocher la tête, ses pouces caressant tendrement les hanches du brun sous son T-shirt.

- Je me sens vraiment bien, chuchota finalement l'irlandais, puis en riant un peu : je me surprends moi-même.

- Pourquoi ? Demanda doucement Hiccup, rejetant la tête en arrière pour la poser sur l'épaule de son compagnon.

Jack respira fort l'odeur du brun, niché dans son cou avant de répondre :

- Je me sens vraiment bien avec toi, Hiccup. Je me sens parfaitement à ma place. Je me sens moi-même. Et ça fait trop longtemps que je n'avais pas été aussi bien.

Hiccup se retourna dans ses bras, émus. Il embrassa amoureusement le garçon lorsqu'Astrid débarqua dans le salon :

- Pas de sexe dans les pièces communes ! Asséna-t-elle.

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Le gallois réussit à convaincre son père de venir fêter Noël chez lui. De son côté, Jack resta 3 jours chez Astrid et Hiccup avant de repartir pour l'Irlande le 23 décembre. Ses parents, prévenus, vinrent le chercher à l'aéroport. Le soir de Noël, alors qu'ils dinaient, Jack lâcha :

- J'ai trouvé quelqu'un.

Sa mère hoqueta de surprise, et son père ouvrait des yeux grands comme des soucoupes.

- C'est… je vous avais parlé d'une personne qui m'aidait à aller mieux. Qui avait comme moi eut des… enfin, un passé. C'est cette même personne qui m'a refait patiner, qui m'a aidé à faire mon deuil, et c'est grâce à elle que je suis là.

- Jack… souffla sa mère, aux bords des larmes, trop heureuse de voir son fils se reconstruire.

Le garçon continua, parlant lentement :

- Il y a… enfin il faudrait que vous sachiez que… je ne l'ai pas vu venir. J'en suis tombé amoureux sans faire exprès ; je ne me serais jamais attendu à ce que ça m'arrive, à moi. Mais le fait est que… je suis en couple, amoureux comme je ne l'ai jamais été. Et que la personne qui me rend heureux… est un garçon.

Nouveau hoquet de la part de sa mère et froncement de sourcils de son père. A vrai dire, Jack ne leur disait que pour la forme ; s'ils ne l'acceptaient pas, tant pis pour eux. Il trouvait ça juste de leur en parler. Et aussi, il voulait partager ça avec quelqu'un d'autre qu'Astrid.

- Tu… tu es gay ? Lança bêtement son père, sans colère, mais ahuri.

- Bah… je ne sais pas, dit Jack, pas très à l'aise de parler de ça avec ses parents. J'imagine que oui, mais je n'ai jamais été attiré par d'autres garçons que lui. Je crois que… c'est possible que ce soit exclusivement lui qui me fasse ça.

Sans que Jack ne l'ai remarqué, sa mère s'était levé et l'avait pris dans ses bras. Elle pleurait presque. Un peu décontenancé, le garçon répondit à l'étreinte maternelle. Quand il entendit sa mère renifler, il chuchota :

- Maman, tout va bien ?

Celle-ci s'éloigna, prenant son visage en coupe, un sourire ravi sur le visage.

- Je suis ta mère, Jack. Et je ne t'avais plus vu faire de vrais sourire depuis… depuis que ta sœur nous a quitté. Avec tout ce que tu as dû traverser… J'ai remarqué cet été, quand tu es venu nous voir, que tu étais déjà différent, que tu semblais mieux te porter, mais je n'ai rien osé te demander, de peur que tu te refermes. J'aimerais…

Elle se tourna la tête vers son mari, qui hocha la tête.

- Nous aimerions rencontrer ce jeune homme, un jour, si tu es d'accord.

Jack sentit sa gorge le piquer et ses yeux briller lorsqu'il sourit à ses parents. Il réussit à articuler :

- Je vous aime.

Il pleura dans les bras de sa mère, tandis que son père rejoignit l'étreinte. C'était un merveilleux Noël.