C'est le dernier chapitre ! Je vous annonce tout de suite qu'il n'y aura pas d'épilogue parce que les derniers paragraphes sont ce que j'avais prévu, à la base, comme un épilogue. Mais je trouve mieux de les mettre à la suite du chapitre.

J'espère que vous aurez aimé lire cette histoire, moi j'ai aimé l'écrire en tout cas.

J'ai une seconde fanfiction en cours d'écriture, donc je vais surement la poster tout bientôt, qui sera plus longue et sombre que celle-ci. J'ai pas encore trouvé de titre définitif, je me tâte. Bref, vous verrez bien ce qu'il en sera pour ceux qui me suivent !

Merci encore d'avoir lu et je vous dit à bientôt.


Jack, le lendemain, s'était empressé d'appeler son petit-ami pour lui raconter sa soirée. Visiblement, Hiccup avait lui aussi beaucoup renoué avec son père, passant une soirée semblable, sans le même lot d'émotions que chez les Frost, évidement. Ils restèrent très longtemps au téléphone.

Puis le 28 arriva. Jack passa la matinée dans sa chambre, sortant parfois pour observer ses parents tenter d'agir normalement. En milieu de journée, il les accompagna au cimetière. Ce fut un moment difficile, mais Jack fut content d'être là pour soutenir ses parents, et d'être lui-même soutenu par ceux-ci.

Le garçon, alors que la nuit tombait, sortit, patins en main. Il se retrouva devant un lac. Devant le lac, la respiration hachée, tremblant. Il faisait très froid depuis quelques temps ; la glace était épaisse et solide, il le savait. Prenant son courage à deux mains, pensant à Emma et Hiccup pour se donner de la force, il se chaussa.

Jack soupira brusquement lorsqu'il monta sur la glace, rejetant de la fumée légère à chaque souffle. Il tenta de contrôler ses tremblements et se mit à avancer. D'abord doucement, puis il accéléra petit à petit. A l'instar de sa vitesse, son sourire apparut puis augmenta. Il finit par émettre un rire qui sonna comme un sanglot. Il pouvait presque sentir Emma danser avec lui. Il leva des yeux remplis de larmes qu'il ne laissait pas couler au ciel. Attrapant son portable, il composa le numéro d'Hiccup.

- Jack ? Résonna presque tout de suite la voix du brun, inquiet.

Il savait, pensa Jack. Il savait quel jour on était et il devait avoir attendu un appel toute la journée. Il sourit.

- Hiccup, je… j'y suis. Je suis au lac. Je patine.

Il était heureux. Chancelant mais heureux. Il avait l'impression de retrouver sa petite sœur. Hiccup ne répondait rien, alors Jack continua :

- Je… j'ai réussi. J'ai l'impression qu'Emma est avec moi. Qu'elle… qu'elle me pardonne pour ce que j'ai fait.

- Oh Jack…

- Je vais bien, Hiccup. Et… le ciel est magnifique, ce soir, ajouta le garçon en relevant la tête. Il est plein d'étoiles, la lune est énorme. J'aimerais… j'aimerais que tu sois là. J'aimerais que tu le vois. Que tu me vois.

Il se passa quelques secondes avant que l'autre ne réponde.

- Je te vois, Jack. Et tu es mille fois plus beau que le ciel, les étoiles et la lune réunis.

Le jeune homme fronça les sourcils et baissa la tête. Il resta bouche bée : Hiccup était là, au bord du lac gelé. Une petite valise à ses pieds, debout dans la neige, plus beau que jamais, de la brume fine s'échappant de ses lèvres. Jack, figé, ne réagit pas quand son compagnon vint le rejoindre, prudent pour ne pas glisser, son téléphone toujours collé à son oreille. A quelques mètres de Jack, Hiccup parla au combiné :

- Tu es magnifique, Jack.

L''autre réagit enfin, raccrochant puis rangeant son téléphone dans sa poche, imité par Hiccup ; il franchit la distance qui les séparait. Jack s'arrêta pendant une seconde, comme pour réaliser qu'il ne rêvait pas. Le brun lui sourit, posant une main sur la joue du garçon qui s'y blottit.

- Tu es venu, souffla presque douloureusement Jack, posant ses mains sur les hanches de son petit-ami.

Hiccup caressa sa peau.

- Je suis venu, répéta-t-il. Pour toi.

Jack se rapprocha définitivement, venant frotter son nez contre celui du jeune homme. Il l'embrassa tendrement et se recula, troublé.

- Je sais pas comment j'ai fait pour l'ignorer si longtemps. Je… je t'aime Hiccup. J'aurais dû te le dire tout de suite, la première fois qu'on s'est embrassé. Je t'aime.

Le brun sourit tendrement, l'embrassant à son tour.

- Je t'aime, Jack.

Jack ria nerveusement, les yeux étincelants, puis dévia la conversation :

- Mais qu'est-ce que tu fais là ? Comment tu es venu ?

- Astrid m'a offert le billet d'avion pour Noël, confia le jeune homme en attrapant les mains de son homologue. Je voulais être avec toi aujourd'hui, je voulais voir le fameux lac, aussi. J'ai appelé tes parents ce matin, j'ai mis une éternité à trouver leur numéro. Ils m'ont donné leur adresse. J'ai pris un taxi depuis l'aéroport pour venir ici. Je suis directement venu au lac je me doutais que tu y serais. Je me suis à peine mit en route que tu m'as appelé.

- Toi alors, soupira, tout sourire, Jack. Tu es plein de surprises.

Il le prit franchement dans ses bras, respirant son odeur qui lui avait tant manquée alors qu'il ne s'était quitté que 5 jours auparavant. L'autre répondit à l'étreinte, plus petit que son compagnon, pour une fois, l'irlandais trichant grâce aux lames des patins. Jack remarqua lui aussi la différence il se redressa et obligea Hiccup à relever la tête pour l'embrasser.

- Idiot, ria celui-ci contre ses lèvres en le voyant faire.

L'idiot ne fit que sourire et l'embrasser à nouveau. Il se mit soudainement à tourner sur lui-même, entrainant le brun dans la danse. Brun qui s'agrippa à lui :

- Jack, tu sais que je ne porte pas de patin, mais des chaussures de ville, qui glissent, dont une remplie par une prothèse ?

- Je sais. Rappelles-toi, je ne te lâche pas.

Hiccup se redressa, regardant avec surprise le garçon qui le fixant avec assurance. Cette phrase, il la lui avait déjà dite la fois où il était allé à la patinoire, et où ils avaient fini la soirée à l'hôpital. Est-ce que, déjà, Jack s'intéressait à lui ? Ou le fait qu'il est retenu cette phrase soit anodin ? Hiccup, avisant le sourire charmeur que lui offrait Jack, lâcha en secouant la tête, mitigé entre l'exaltation et le désespoir :

- Je ne sais pas si tu es particulièrement fleur bleue ou complétement dingue, Frost.

Jack émit un rire rauque qui fit frissonner Hiccup.

- Un peu des deux, même si je ne l'assume pas toujours.

Le brun se blottit contre lui, leur slow improvisé continuant doucement.

- Hiccup ? Demanda Jack au bout d'un long silence confortable.

- Hn ?

- Merci d'être là.

Hiccup devina au ton employé que « là » ne qualifiait pas juste le lac, ou même l'Irlande, mais il ne fit pas de commentaire, embrassant le cou lisse de son petit-ami. Celui-ci se recula, les ramenant doucement vers la terre ferme.

- Et si j'allais proprement te présenter à mes parents ?

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

En rentrant chez lui, portant la valise d'Hiccup, Jack avisa de suite ses parents, installés dans le canapé. Ceux-ci se retournèrent pour sourire à leur fils quand ils virent le brun qui se tenait à ses côtés et qui lui tenait la main. Presque aussitôt, ils apparurent à leur côté. Jack sourit, laissant la main d'Hiccup dans la sienne :

- Maman, Papa, voici Hiccup. Que vous avez apparemment déjà eu au téléphone, si j'en crois mes sources.

- Oui, en effet, sourit son père.

- Enchan…

Hiccup ne put finir de prononcer ce seul mot : la mère de Jack le serrait dans ses bras. Peu sûr de la réaction à adopter, Hiccup resta d'abord figé avant de finalement amener un bras timide dans le dos dans la grande femme, l'autre toujours relié à Jack.

- Merci. Merci d'avoir ramené mon Jack.

Il y avait des larmes contenues dans sa voix et Hiccup déglutit pour ne pas céder à l'émotion. Il articula :

- On s'est ramené l'un l'autre, madame Frost.

- Appelles-moi Jane, renifla-t-elle en se reculant, essuyant ses yeux. Et voici mon mari Alan.

- Enchanté, réussit à dire Hiccup, attendri. Merci de m'accueillir chez vous.

- Tant que tu fais le bonheur de mon fils, tu es ici chez toi, lui assura Alan en lui serrant fortement la main.

A ces mots, Hiccup ne put s'empêcher de se tourner vers Jack pour lui sourire. En réponse, Jack l'imita et lui caressa la main de son pouce. L'échange n'échappa pas aux parents. Le gallois leur plut immédiatement.

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Ils passèrent une journée complète chez les parents de Jack. Ce dernier montra énormément de photos à Hiccup, notamment des photos de Emma et de lui plus jeunes. Ils allèrent patiner l'après-midi, bien qu'Hiccup n'était pas très à l'aise avec les vieux patins de Jack. Finalement, ils restèrent surtout à la maison, où le brun apprit beaucoup sur l'enfance de son petit-ami, sur sa famille.

Dans la nuit du 29 au 30, ils repartirent à Québec. Mérida avec appelé Hiccup la veille et la conversation pouvait se résumer par cette tirade qu'elle avait soupirée : « Aster nous invite dans le chalet de son oncle pour fêter le nouvel an. Forcément, je suis invité par Sab. J'allais dire à Raiponce de se pointer, mais il s'avère qu'Aster avait déjà demandé à notre blonde d'amour – je vous passe les détails mais elle m'en a raconté des belles à propos de la fête après l'évènement, aka ils ont essayé de faire des bébés – du coup pas besoin de parlementer. Je me doute qu'Aster a dit à Jack de venir et comme vous êtes comme cul et chemise, il va t'inviter à son tour. Pour te faire plaisir, j'ai appelé Astrid mais elle m'a dit qu'elle le faisait avec les jumeaux bizarres et les deux gars encore plus bizarres de ta bande de gens bizarres. Alors je sais ce que tu vas me dire, blablabla je peux pas choisir, mon cœur est déchiré, blablabla, mais j'aimerais beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup que tu viennes avec nous. Raiponce aussi. On t'aime, Hiccup. Et puis avec de la chance, t'arrivera peut-être à droguer Jack et le mettre dans ton lit, qui sait ? J'ai bien remarqué que tu veux te le tap… ». Donc, Hiccup l'avait coupé à ce moment en prononçant calmement son nom, les joues légèrement rougies. Et il lui avait dit qu'il viendrait, essayant d'ignorer le haussement de sourcils et le sourire lubrique de Jack, qui avait tout écouté – et s'était étouffé en entendant l'anecdote subtile sur Aster et Raiponce bien que le garçon lui avait déjà dit qu'il appréciait beaucoup la petite blonde. Aster avait en effet envoyé un message six jours plus tôt à son ami, donc les deux garçons étaient au courant pour le chalet. Mérida en avait profité pour dire à Hiccup que le traineau qui les emmenait, c'est-à-dire la voiture de Sab, partirait à 18h la journée du 30 et qu'il pouvait profiter du voyage.

Comme le vol pour rentrer durait 11h30, Jack et Hiccup prirent l'avion à 5h12, et parlèrent pendant le trajet, n'arrivant que très peu à se reposer. Ils eurent le temps de vite repasser chez Jack, prendre des affaires, puis chez Hiccup et Astrid, qui n'était pas là, avant de filer chez Sab.

- Hic ! S'écria Mérida en le voyant arriver, roulant jusqu'à lui puis se stoppant en voyant Jack à ses côtés. Frost ? Bah t'es pas déjà là-bas ?

Puis elle le regarda, suspicieuse :

- Pourquoi vous arrivez ensemble ?

Hiccup voulut inventer une excuse mais Jack le devança en lui prenant la main :

- Il m'a trouvé dans son lit ce matin.

- Ahah t'es con Frost, ria la jeune fille en se retournant pour retrouver Sab.

Sauf que Sab, lui, restait indécis devant les nouveaux arrivants. Et Sab connaissait trop Jack pour reconnaitre son seul air sérieux. Il tapa sur le toit de la voiture pour attirer le regard de sa petite amie et signa précautionneusement en sa direction. Mérida se tourna à nouveau pour faire face aux deux garçons. Hiccup n'avait pas retiré sa main et regardait le garçon, une mine d'incompréhension ravie sur le visage. Ils se regardèrent, ne parlant pas, les mains toujours liés. La rousse écarquilla les yeux en voyant Hiccup caresser doucement le poignet de l'autre en lui souriant tendrement.

- Oh putain mais… c'est sérieux ?

- Oui Merry, c'est sérieux, chuchota Hiccup qui semblait aux anges.

La jeune femme resta un moment à les regarder d'un air incroyablement bête. Puis elle fronça les sourcils.

- Mais… Jack-Jack, t'étais pas hétéro, aux dernières nouvelles ? Ou je me fais des films ?

Sab tapa à nouveau sur la voiture, signant vers Jack. Mérida tourna sur elle-même pour signer à son tour. Jack, lâchant la main de son compagnon, claqua des doigts pour attirer le regard de son ami, participant aux échanges. Hiccup se renfrogna. Il devait apprendre la SLF d'urgence. Vraiment. Il regarda Jack d'un air perdu. Ce dernier s'arrêta instantanément et, vérifiant que les deux autres le regardaient, il prit le visage du brun en coupe en lui donna un baiser passionné ; Hiccup y répondit, surprit autant qu'enchanté.

- Oh. Mon. Dieu.

Mérida était complétement choquée. Sab ne disait rien mais venant d'un muet, ça n'était pas vraiment pertinent comme observation (Je m'auto-fais des blagues. Je suis mort de rire. J'espère que vous partagez ma stupidité sinon vous ratez une bonne tranche de rire bête. Posez votre cerveau à côté, ça ira mieux). Jack mit finalement fin au baiser ; les deux garçons étaient essoufflés et l'irlandais se régala du visage rougit d'Hiccup. Il lui sourit, lascif, se mordant la lèvre d'un air vorace. Par mimétisme, l'autre l'imita, avec une mine beaucoup plus boudeuse.

- Je t'aime, murmura Jack en riant un peu.

Hiccup le frappa doucement à l'épaule, se détournant, trop heureux pour répondre. Il perdit instantanément son sourire, se remettant de ses émotions, quand il vit les regards médusés, pour ne pas dire "bovins", du couple en face d'eux. Jack fit de même.

- Oh mon dieu, répéta la rousse.

- Remets t'en Ginger, rigola Jack.

Mérida ne pensa même pas à être outrée. Elle se figea encore quand Jack donna une claque aux fesses à Hiccup en soupirant :

- Allez, en voiture Simone, qu'on n'arrive pas trop tard.

Il attrapa les deux sacs qui contenaient leurs vêtements et les chargea dans la voiture avec Sab, qui vint signer avec lui. Hiccup se rapprocha de Mérida et s'accroupit devant elle.

- Ça va aller ma Merry ? Demanda-t-il d'une voix douce, posant ses mains sur ses genoux.

- Oh mon dieu… mais comment ça s'est passé ?

- Bah un peu comme ça, à vrai dire… avec le temps, je suppose.

- Mais Jack-Jack est gay ? Demanda innocemment la rousse.

- Je ne pense pas qu'il puisse abandonner son côté hétéro du jour au lendemain mais en tout cas, il m'aime moi. Et je suis un mec. Donc peut-être qu'on peut dire qu'il est gay.

- Wow… ça pour une surprise !

Elle ajouta, réussissant enfin à ne plus avoir un air ahuri :

- Il le vit bien dis donc, pour quelqu'un qui découvre que sa sexualité n'était en fait pas ce qu'il pensait.

- Je suis aussi surpris que toi. Il ne voulait pas qu'on se précipite, qu'on attente pour le montrer et dire aux autres. Et en fait, il met lui-même tout le monde au courant : Astrid, ses parents, vous deux !

- Ses parents ?

- On revient tout juste d'Irlande.

- Wow… je suis hyper choquée, souffla-t-elle puis elle sursauta en criant, le sourire jusqu'aux oreilles : et ravie en fait !

Elle se pencha en avant pour lui offrir une accolade.

- Sois heureux mon Hiccup.

Hiccup sourit à son tour en la serrant contre lui. Il la lâcha après quelques secondes de câlins.

- Tu me dis s'il assure au lit ? Je me suis toujours posé la question.

Le garçon ria sarcastiquement.

- Jamais, Mérida, je ne parlerai pas de ma vie sexuelle avec toi.

- Nul.

Jack les appela et ils rejoignirent la voiture Hiccup porta Mérida pour l'asseoir devant et rangea son fauteuil dans le coffre avant de lui-même s'installer à l'arrière, à côté de Jack.

- Qu'a dit Sab ? Demanda-t-il à l'irlandais à mi-voix.

- Il l'a bien pris ; il s'en fout un peu en fait. Il est content pour nous.

- Et… ça va ?

- Oui, souffla l'autre. J'ai pas envie de me cacher. Je t'aime et j'ai envie que tout le monde le sache.

Hiccup amena son visage au sien, lui offrit un baiser chaste et murmura :

- Je t'aime.

Mérida, quelques minutes plus tard, jeta un coup d'œil derrière : les garçons s'étaient endormis l'un contre l'autre, probablement épuisés par les trajets.

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Ils arrivèrent à 23h. Sab se gara juste devant la porte pour sortir Mérida, qui s'était finalement endormie elle aussi. Il sourit en lui caressant doucement la joue pour la réveiller doucement.

- Sab ? Articula-t-elle en se frottant les yeux. On est arrivé ?

Le garçon hocha la tête. Il lui fit un bisou sur la joue et sortit pour aller chercher son fauteuil. Au passage, il toqua fortement à la vitre de la porte arrière pour réveiller Jack et Hiccup. Lorsqu'il ouvrit à Mérida, il vit les garçons émerger doucement. Il porta alors sa princesse sur le fauteuil. La porte du chalet s'ouvrit sur Raiponce, toute sautillante, qui arriva vers eux, tirant Aster par la main. Qu'elle lâcha pour aller étreindre Mérida.

- Tu m'as manqué, Rouquine.

- Toi aussi Blondasse, même si on s'est vu il y a genre 6 jours.

Aster serra la main de Sab.

- Jack est dans la voiture ? Il me rappelle pas, cet enfoiré.

- Ouep, dit Mérida, que Raiponce emmenait déjà à l'intérieur. A l'arrière. Avec Hiccup.

Le jeune homme ne répondit pas, aidant Sab à sortir les valises. Quand il les vit – oui, parce qu'il n'y a pas de mur, entre le coffre et les sièges arrières d'une voiture, en fait – : Jack et Hiccup en train de s'embrasser.

- Non mais je rêve ! S'écria-t-il en se redressant brutalement, son crâne venant buter le coffre ouvert et il grogna.

Il vit vaguement Jack se retourner vers lui et jurer alors qu'Hiccup grimaçait en se détournant. Sab lui attrapa le bras, lui mimant de se calmer et commença à signer. Aster l'ignora. Raiponce, alertée par les cris de son petit ami, revint vers eux, inquiète :

- Aster ?

Jack sortit de la voiture, les mains en avant comme pour calmer le jeu, d'avance. Il fit plusieurs mimiques ridicules puis finit par lever ses deux index, comme pour l'avertir :

- Bunny, tu vas me laisser t'expliquer avant de me frapper ou d'hurler.

L'autre fit la carpe il voulait répondre mais rien de vraiment bien ne lui venait en tête maintenant.

- Aster, qu'est-ce qui se passe ? Demanda prudemment Raiponce en voyant les garçons se faire face.

- J'en ai foutrement aucune idée ! Répondit son copain en se retenant de crier.

Ce moment fut donc celui choisi par Hiccup pour, à son tour, sortir de la voiture. Il soupira, ignorant les autres, prenant tranquillement son sac dans le coffre, la main de Raiponce, puis disparut dans le chalet avec elle. Aster leva les bras au ciel de manière exagérée en pointant la porte du doigt.

Merci du soutien, sale gallois, soupira mentalement Jack, toujours dans cette la position, sur la défensive.

- Bunny… il s'est passé quelque chose et tu vas l'accepter parce que je suis ton meilleur ami. Et que tu me connais, et que tu m'aimes.

Pour appuyer ses dires, il pointa Sab du doigt, qui semblait pourtant avoir bien réussi à s'éloigner discrètement.

- Lui l'a accepté tout de suite.

- Jack, prévint Aster d'un ton sombre – et ce fut le signal que Sab attendait pour prendre les valises et fuir.

- Je suis amoureux d'Hiccup. Et c'est réciproque.

- Non mais je rêve, répéta son ami en se frappant le front du plat de sa main. Est-ce que tu te fous de moi ? Depuis combien de temps ?!

- Officiellement, depuis le début des vacances. Officieusement, je pense que ça fait bien plus longtemps.

- T'es sérieux, Jackson ? – Aster continua, ignorant Jack ronchonner « je déteste quand tu m'appelle comme ça… » : – Vous sortez ensemble depuis plus d'une semaine ?!

Jack haussa les épaules et fit la moue :

- Oui.

L'autre garçon se baissa, ramassa de la neige et la jeta au visage de Jack d'un geste de rage.

- T'es vraiment le pire meilleur ami de l'univers, se plaignit-il en lançant une nouvelle poignée de neige.

Jack se défendit :

- Aster, c'est bon, je ne t'annonce pas que je vais mourir, je suis en couple, c'est tout !

- Avec Hiccup ?! S'écria Aster.

- Oui avec Hiccup, et alors ?! S'énerva à son tour Jack en se rapprochant dangereusement du garçon qui était bien plus grand que lui.

Celui-ci relâcha ses épaules, pantelant. Il fit mine de frapper le torse de son ami mais ne mit aucune force dans le coup. Il dit doucement :

- Tu fais chier, Frost… En début d'année, je t'ai demandé s'il se passait quelque chose avec Hiccup et tu m'as répondu que non. Et maintenant que vous sortez ensemble, je suis le dernier au courant ?

Jack en resta bouche bée. Quoi vraiment ? Il était vexé parce qu'il ne lui avait pas dit plutôt ? Pas parce qu'il sortait avec un mec ? A son tour, il « frappa » l'autre.

- Mais t'es con ou quoi ? J'avais pas réalisé que je tenais à lui de cette manière avant. Et je ne l'assume que depuis une dizaine de jours. Tu t'imagines, toi, tomber d'amour pour un mec, comme ça, alors que t'as toujours été attiré que par des meufs ? Je ne voulais pas t'en parler avant d'être sûr de mes propres sentiments parce que tu comptes vraiment pour moi, et que j'avais peur de ta réaction, Bunny.

L'autre secoua la tête d'un air blasé :

- T'es vraiment stupide, Frost. Qu'est-ce que j'en ai à battre de ce que tu tapes ? Tu pourrais bien aimer baiser des chèvres, je m'en ficherais éperdument. T'es comme un frère pour moi, mec, me mets pas de côté comme ça.

Il le frappa à nouveau pour la forme et rentra dans le chalet, laissant Jack pantois, plutôt content de la tournure des évènements, finalement. Lorsqu'il réalisa qu'il avait froid, l'irlandais attrapa son sac dans le coffre. Il entra dans le chalet qui respirait toujours autant cette odeur de bois et de froid dont Jack raffolait. Cela faisait plus de 5 ans qu'Aster vivait au Canada, après avoir déménagé d'Irlande, et c'était très souvent que Jack venait en vacances ici. Il y avait passé plus de temps que raison après la mort d'Emma. Quelque part, c'était un peu sa deuxième maison.

Le garçon fut interrompu dans ses pensées par la voix de son meilleur ami qui semblait-il, s'adressait à Hiccup :

- T'entends c'que j'dis, crevette ?

Jack avança un peu plus pour trouver Aster, debout devant Hiccup, le dominant de toute sa hauteur. Le jeune homme fronça les sourcils : attends… ça s'est pas bien passé il y a peine deux secondes dehors ?

- Je pourrais te faire la même réflexion pour Raiponce, mon lapin, répondit calmement Hiccup, pas du tout stressé de la différence de poids/taille, faisant rire Jack, qui connaissait bien le ton sarcastique du brun – il adorait et détestait à la fois quand son compagnon prenait cette voix.

Aster se redressa encore plus tandis qu'Hiccup penchait la tête sur le côté, tentant de ne pas perdre son visage de vue. Ils s'affrontèrent un instant du regard. Finalement, le grand gaillard hocha les épaules et murmura un « non mais oui, c'est vrai » un peu déçu de son effet, se tournant vers Raiponce pour quémander de l'aide. Celle-ci se hissa sur la pointe des pieds pour l'embrasser puis se tourna vers Hiccup :

- Je suis contente pour vous, Hiccup.

Tatiana, remarquant Jack, vint papillonner autour de lui, puis virevolta près des autres couples pour se retrouver vers North, à qui elle dit d'une voix pétillante :

- Et c'est ainsi que subsistèrent deux célibataires dans ce merveilleux chalet. North, toujours pas intéressé ?

Le garçon ria en mettant un bras sur ses épaules :

- T'es trop bien pour moi, petite fée.

La jeune fille ria et se blottit contre le plus grand.

- Bon ! S'écria Mérida, briseuse d'ambiance mignonne. Je propose qu'on aille se coucher pour que tout soit prêt demain, ça vous tente ?

Avant que quiconque puisse répliquer, elle sortit un papier de son sac, se déplaça jusqu'à un mur et l'épingla :

- Je fais une liste des choses à faire.

- Je suppose qu'il ne nous reste que la chambre du fond ? Marmonna Jack et rejoignant Hiccup, ignorant le ton sans réplique de la rousse.

- Eh non, parce que je suis une amie exceptionnelle qui me sacrifie pour vous, chantonna Tatiana en tirant North par le bras, qui grommela quelque chose comme « J'étais pas au courant et je ne suis pas d'accord ».

- T'es la meilleure ! Lui hurla Jack avant qu'elle ne disparaisse.

- Vous prendrez la chambre au premier étage, à côté de la nôtre, intervint Raiponce, parce que je suis pas sûre que Sab apprécie de devoir faire monter tous les escaliers à Merry.

La jeune femme se retourna vers Sab et signa. Le garçon s'empourpra et Jack, qui avait suivi l'échange sans vraiment le vouloir, se détourna, attrapant la main d'Hiccup pour l'emmener à l'étage en s'écriant :

- Je ne voulais pas le savoir, Ginger ! Merci pour les cauchemars…

Ce à quoi la jeune femme signa une toute autre forme de langage en ricanant. Avant de disparaitre, le gallois se retourna vers le groupe :

- Ne faites pas de bêtise les filles !

Raiponce et Mérida rirent.

- Il est trop mignon. Je l'adore, sourit Raiponce, ce qui lui valut un regard jaloux d'Aster.

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Arrivés dans la chambre qui leur était assignée, Jack, à peine son manteau enlevé, s'effondra sur le lit, jetant négligemment son sac dans un coin de la pièce.

- Je rêve d'un lit depuis presque 24h, marmonna-t-il, la tête perdue dans les oreillers.

Hiccup fit une moue attendrie en posant son sac à côté du sien. Il enleva sa grosse veste et vint rejoindre Jack sur le lit, à califourchon sur lui il entreprit de relever le T-shirt du jeune homme pour lui masser le dos. L'autre soupira d'aise.

- Oh mon dieu… j'adore tes mains.

Hiccup ria un peu en se penchant vers lui pour lui mordiller la hanche. Au bout d'un moment, Jack se retourna brusquement, retenant le brun pour qu'il reste sur lui. Il se redressa légèrement, puis enleva son haut pour se recoucher à nouveau, prenant les mains de l'autre pour qu'il le caresse.

- Dis donc, tu réclamerais pas un peu ? Se moqua doucement Hiccup, en s'exécutant quand même.

- J'ai mal partout et je suis fatigué, geint le garçon en faisant des yeux de chien battu.

- Oh mon pauvre James chéri…

Hiccup continua ses grattouilles un moment jusqu'à ce que son regard ne rencontre les cicatrices de Jack. Il se recula un peu et entreprit d'embrasser une à une les dizaines de marques blanches, faisant à nouveau soupirer l'autre quand il descendit beaucoup trop sur son bas ventre. Tendrement, il remonta jusqu'à son torse, puis son cou et ses lèvres. Le jeune homme commençait à s'endormir sous l'affection de son petit ami, qui l'embrassa amoureusement en souriant devant sa mine endormie.

- Enlève au moins ton pantalon pour dormir, s'amusa Hiccup en se relevant, se déshabillant et enlevant sa prothèse.

Il grimaça sa jambe lui faisait mal. Vraiment mal. Il était resté assis beaucoup trop longtemps et il en subissait les conséquences. L'entendant, Jack, en caleçon déjà sous la couette se redressa un peu, inquiet, oubliant momentanément son épuisement :

- Ça va pas ?

- J'ai… Je vais m'étirer un peu, ça ira. Endors-toi.

Hiccup s'assit sur la chaise du bureau, balança sa jambe, utilisant le plus possible son genou. Jack le regarda faire, sombre. Au bout d'un moment, il se releva, vint prendre la main du garçon et l'amena jusqu'au lit. Il l'allongea, s'assit à sa gauche, dos à lui et entreprit de presser doucement le moignon d'Hiccup.

- Tu sais, ça ne me dérange pas. Quand tu as mal, je peux te masser, je sais que ça te fait du bien.

Hiccup déglutit, grimaçant toujours.

- Je… je sais. C'est juste… c'est pas la partie de mon corps que je préfère le plus. J'aimerais… Laisse tomber, je suis stupide.

Il ne continua pas. Jack attendit patiemment, concentré sur sa tâche.

- J'aimerais que tu me trouves beau. Que t'ais pas à te préoccuper du fait qu'il me manque une moitié de jambe. Je sais que c'est répugnant.

Jack s'arrêta et se retourna pour le regarder, les sourcils froncés.

- Hic…

Le garçon se renfrogna, secouant la tête. Il s'assit, levant une main comme pour lui demander de ne rien ajouter, remontant ses jambes contre lui. L'irlandais prit fermement son menton dans sa main pour lui faire tourner la tête vers lui, l'air malheureux en voyant le regard fuyant du brun.

- J'aimerais que tu te vois comme je te vois. Je te trouve magnifique, Hiccup. A l'intérieur comme à l'extérieur. Avec ta jambe ou sans ta jambe, ça n'a pas d'importance. Je comprends ce que tu ressens parce que c'est la même chose pour moi. On a tous les deux des cicatrices qu'on aimerait faire disparaitre. Mais on ne peut pas. Tout ce qu'on peut faire, c'est s'accepter tels qu'on est. Parce qu'on est beaux Hiccup. Avec nos corps cassés, on est beaux. J'ai jamais rencontré quelqu'un de plus magnifique et attirant que toi.

Il ajouta pour ne pas céder à l'émotion, sentant qu'il allait répondre aux larmes d'Hiccup :

- J'aurais pas changé de bord pour quelqu'un qui ne méritait pas tout mon amour. Ne te dénigres plus, s'il-te-plait. Tu es parfait à mes yeux ; j'aimerais que tu le sois même aux tiens.

Hiccup renifla et vint se blottir dans ses bras, le renversant en arrière. Il ne dit rien, cependant. Jack le serra contre lui. Il se contorsionna pour qu'ils soient confortablement installés, sous la couette, étendant son bras pour éteindre la lumière. Juste avant qu'il ne s'endorme, il souffla :

- On s'est accepté l'un l'autre je pense que ça serait bien qu'on s'accepte nous-même.

Il n'était pas sûr qu'Hiccup est entendu mais celui-ci se serra encore plus contre lui.

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

- Tu es prêt ?

Hiccup hocha la tête, réajustant son short et son T-shirt de pyjama, vérifiant une dernière fois que sa prothèse était bien mise. Jack, torse nu, lui prit la main et ils quittèrent la chambre. Tout le monde était déjà debout les garçons avaient attendu d'entendre les autres se lever avant de sortir. Ce matin, c'était décidé : ils s'acceptaient. Et pour ça, il fallait s'assumer, entier ou pas, couvert de cicatrices ou non, devant des amis ou devant des inconnus. Mais des amis, pour commencer, c'était déjà bien.

Tous étaient attablés. Face au couloir duquel les garçons sortaient, il y avait Raiponce, principalement, qui allait se rasseoir, et qui eut à peine le temps de poser la tasse qu'elle tenait avant d'aviser Jack et Hiccup arriver tranquillement, main dans la main. Elle sursauta en un cri et porta ses mains à ses lèvres. Alertés, ses amis se retournèrent et suivirent son regard. Certains jugèrent, d'autres ne prononcèrent pas un mot, et Mérida lâcha un plutôt poli en avisant la jambe d'Hiccup :

- La vache… je pensais pas que ça ressemblait à ça. C'est bien plus classe que mes jambes à moi.

Et elle recommença à manger avec cette désinvolture qui était la sienne, ne prêtant pas attention aux autres. Raiponce frissonna.

- Les garçons… ?

Elle n'arriva pas prononcer un mot de plus. S'asseyant tranquillement à table, Hiccup fut le premier à réagir. Jack le trouva affreusement calme alors que, il y à peine quelques minutes, il était paralysé de peur.

- J'ai eu un accident de voiture il y 3 ans et demi, qui a couté la vie à ma mère. Et la moitié de ma jambe gauche. Je me suis dit que, comme on allait vivre dans la même maison pendant quelques jours, ça servait à rien de me cacher. Voilà.

Il ajouta d'une voix plus douce, se servant du café, le regard fuyant :

- Mais… enfin, si jamais ça vous dérange, je peux aussi aller mettre un pantalon.

Jack lui serra la main, mais n'osa pas parler. Hiccup continua pour lui :

- Je me rends compte que je suis quasiment sûr que vous êtes tous au courant pour Jack. Même vous deux, fit-il en désignant Raiponce et Mérida.

La rousse lança un « ouep » un peu coupable tandis que Raiponce hochait la tête en grimaçant, jetant une œillade fautive à Aster, qui la lui rendit. Jack regarda d'abord, surprit, Hiccup, puis les autres. Il haussa brièvement les épaules.

- Hic ? Appela doucement Raiponce en se rasseyant lentement. Je suis désolée pour ta maman. Et aussi… pour ta sœur, Jack.

Les garçons sourirent maladroitement.

- Si on n'avait pas été prêt d'en parler, on s'en serait cachés, Raiponce, intervint pour la première fois Jack. On va mieux.

Puis, se tournant vers Hiccup, il lui sourit, sa main toujours dans la sienne.

- On va vraiment mieux, il répéta, sûr de lui.

Et c'était vrai.