Après des mois et des mois sans nouvelles me voilà de retour ! (Pas pour vous jouez un mauvais tour, ne vous en faîtes pas). Bon je vous souhaite tout de même bonne lecture et à tout de suite !
Chapitre 7
Il faut que tu serres les dents parce que dans ce monde, on ne se serre pas les coudes.
J'aurais dû la tuer. Je peux toujours le faire. Mais je ne le fais pas et me contente de regarder Elfman la conduire à l'infirmerie en serrant les dents. Je dois me contrôler, il le faut. Je ne dois pas laisser la folie reprendre possession de mon corps et encore moins de mon esprit. Je ne dois pas brûler les ailes des fées déchues. Elles sont si fragiles… Je pourrais les briser si facilement…
Je ne contrôle plus rien.
Je prends une mèche de mes cheveux et commence à tirer assez violemment, sous le regard couvant du Maître Makarof.
- Tu ne devrais pas faire ça, me prévient-il calmement.
- Qu'est-ce que ça peut vous faire de toute façon ? je réplique presque sèchement.
- Tu es un membre de Fairy Tail désormais et de ce fait, je te considère comme un de mes enfants, m'explique-t-il en tournant la tête vers le spectacle qui s'offrait à nous.
Je me mords la lèvre inférieure, gênée.
- Je n'ai pas de famille et je n'en aurais jamais, je marmonne, en baissant les yeux vers mes pieds.
- Ne raconte pas de sottises, tu fais partie des nôtres désormais, que tu le veuilles ou non.
- Je ne vous comprends vraiment pas, vous êtes si différent de votre fils…
Je me tourne vers lui, lui faisant face. Plantant au passage mon regard jaune dans le sien, foncé.
- Il est cruel, malveillant et calculateur alors que vous…
J'hésite un peu avant de reprendre la parole :
- Et bien, vous semblez si gentil et si chaleureux. Comment quelqu'un comme vous peut-être le père d'un homme comme lui ?
« Il est comme toi… » continue de me souffler la voix dans ma tête, comme le bruit du vent sur les arbres. Une voix que seule moi je peux entendre.
Une voix qui ressemble à la mienne.
- Je l'ignore, m'avoue tristement le Maître. Mais je peux tout de même te retourner la question.
- Comment ça ?
- Tu n'es pas quelqu'un d'insensible, Ryuko. Tu as un cœur comme tout le monde, sinon tu n'aurais pas sauvée Wendy. Alors je te pose la question : comment as-tu rencontré cet imbécile d'Ivan ?
- Voulez-vous vraiment le savoir ? je le questionne en fronçant les sourcils.
Il se contente d'hocher la tête pour confirmer ses propos.
- Bien… C'était dans l'année de mes quinze ans…
« Il faisait chaud en cette période d'été et la sueur perlait sur le front des nombreux bandits qui se trouvaient dans le bar. Parmi ces personnes peu recommandables, une adolescente tentait du mieux qu'elle pouvait d'ignorer l'homme qui l'abordait.
- Viens ma belle, je suis sûre que tu vas bien t'amuser avec moi.
Il posa sa main sur son épaule mais la retira aussitôt en sentant quelque chose de chaud sous sa paume.
- Ne me touches pas, grogna l'adolescente qui refusait de le fixer et s'entêtait à refuser ses avances perverses.
- Ne fais pas ta timide, susurra-t-il, trop près de son oreille. Beaucoup trois près.
La seconde d'après, une fourchette se planta dans sa main.
Il fallut plusieurs secondes à l'homme pour analyser la situation. Seul son cri de pure douleur déchira le silence qui s'était formé autour d'eux.
- Espèce de sale petite gar…
Ryuko – qui ne portait pas encore ce nom-là, à l'époque – retira sa capuche de son visage, laissant entrevoir sa chevelure aussi étincelante que des rubis. Elle leva ensuite son regard jaune vers l'assemblée qui baissa aussitôt les yeux. Tous craignaient le courroux de l'arracheuse de vie.
Il semblerait que brûler vif est la douleur la plus atroce que quelqu'un puisse endurer… Suivi par l'accouchement.
Dans tous les cas, elle ne vivrait aucunes de ces… choses.
Alors que tout le monde s'éloignait le plus d'elle, un homme fut assez courageux – ou bien fou – pour s'en approcher.
Cet homme s'appelait Ivan Dreyar.
Mais pour l'instant, elle l'ignorait. Et elle s'en fichait éperdument. Elle ne connaissait pas encore l'importance d'un nom ni même sa valeur aux yeux d'autrui.
- Bonsoir jeune fille. Comment allez-vous ?
Comme si cela avait de l'importance pour lui.
- Qu'est-ce que vous me voulez ? elle demanda sèchement.
- Vous, il avoua, souriant.
Elle laissa échapper un son qui ressemblait à un ricanement.
- Sans vouloir vous vexer vous êtes bien trop vieux pour moi.
- Je m'en doute mais ce n'est pas pour cela que je suis venu vous voir.
- Ah.
Elle semblait s'en ficher complètement.
- Alors pourquoi voulez-vous me voir ? elle demanda, ennuyée.
- Je sais qui tu es, souffla-t-il à son oreille.
Nouveau ricanement.
- Laissez-moi en douter.
- Ah vraiment ? Je vous trouve bien calme pour quelqu'un qui à brûler son village et tuer tous ses habitants, sourit-il.
Le verre dans la main de l'adolescente se brisa en mille morceaux et du sang s'écoula sur la table. Elle se redressa et fixa le basané de son fameux regard jaune vitreux.
- Suivez-moi, se contenta-t-elle de dire en se dirigeant vers la sortie.
Les habitués du bar les regardèrent partirent en silence et quand enfin ils disparurent, les conversations reprirent.
- Et votre main ? la questionna Ivan.
- Ne faîtes comme si ça vous intéressait, clarifia Ryuko, s'il y a bien une chose que je ne supporte pas ce sont les hypocrites et les manipulateurs.
Alors qu'est-ce qu'elle faisait avec lui ?
- Que me voulez-vous ? le coupa-t-elle alors qu'il s'apprêtait une fois de plus à parler.
Il serra les dents. La gamine devait être plus jeune que son fils* mais devait être doublement plus intelligente que lui. Dommage pour lui, il ne l'aurait pas si facilement.
- Comme vous ne semblez pas très patiente, je ne vais pas tourner autour du pot. J'aimerais que vous rejoigniez ma guilde.
- Non.
- Non ?
- Seriez-vous devenu sourd ? elle le cingla, froidement.
Ce qui peut paraître étonnant quand on sait qu'il s'agit d'une mage de feu.
- Vous ne savez pas ce que vous ratez, grogna-t-il.
L'aurait-elle vexé ? Sans aucun doute.
- Je m'en fous.
Elle lui tourna le dos avant de déclarer :
- Et ne cherchez pas à m'attaquer, vos sorts n'auraient aucuns effets sur moi.
Elle commença à s'éloigner quand elle entendit :
- Toi et moi sommes pareils, ne l'oublies pas.
La seconde d'après, elle avait disparu. »
Je penche ma tête en arrière en poussant un long soupir. Non vraiment la fille que j'étais ne pouvait pas être plus différente de celle de maintenant.
- Je suis pourrîtes jusqu'à la moelle, je finis par lâcher, le regard vague.
- …
Il pose sa main sur mon épaule ce qui me surprit. Je n'avais pas vraiment l'habitude de ce genre de traitement de faveur.
- Tu n'es plus seule Ryuko, ou quel que soit ton nom, concède-t-il. Tu es une mage de Fairy Tail désormais, nous sommes ta famille.
- Je n'ai pas de famille.
C'est quoi cette voix rauque.
- Gamine sache que la famille n'est pas une question de sang mais d'amour.
Je laisse échapper un rire.
- Désolé mais le mot « amour » ne fait pas parti de mon vocabulaire.
- Pourquoi te détestes-tu autant ?
Je fixe le mur devant moi.
- Parce qu'un jour on m'a demandé pourquoi je m'aimais, je lâche.
J'éclate d'un rire morbide ce qui me valut d'attirer les regards des autres membres de la guilde.
Tiens j'y pense, depuis quand suis-je capable de rire ? Même de façon assez terrifiante ?
- Maître !
La jeune Wendy se tient devant nous, essoufflée.
- Qu'est-ce qu'il y a ? la questionne-t-il inquiet.
- L'inconnue s'est réveillée, elle veut vous voir.
Je me redresse en même temps que le grand-père de Luxus mais celui-ci déclare :
- Non reste ici. Si tu la connais comme tu le dis je ne préfère pas prendre de risques.
Je me rassois prestement alors qu'il se dirige vers l'infirmerie. Soudain il s'arrête et me dit :
- N'oublie pas ceci Ryuko, tu ne seras plus jamais seule.
Plus jamais seule…
Je crois que j'ai envie de pleurer…
* Parce que oui je vous rappelle que Luxus est censé avoir la trentaine et que Ryuko n'a "que" vingt-cinq ans.
Voilà j'espère que cela vous aura plus et je vous dis à bientôt j'espère !
