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Chapitre 2 : Menaces
Les grandes portes toujours ouverte qui menaient à la Grande Salle furent enfin dans le champ de vision d'Hermione. Elle pouvait enfin souffler librement. Excepté les regards noirs, elle ne risquait aucune brutalité avec tant de monde réuni.
Apercevant vite une très reconnaissable chevelure rousse au niveau de la table des Poufsouffles, elle trottina presque joyeusement vers Ronald Weasley. Mais comment pouvait-elle être joyeuse, même si elle rejoignait un être si cher à son cœur ? Très vite l'absence plus que perceptible d'un meuble pesa à nouveau sur le cœur de la jeune fille, utilisé pour rallonger celles des autres maisons, ne laissant plus qu'un trio de tables pour les élèves. Pourquoi la suppression de Gryffondor avait été obligatoire au point que même la plus grande résistance du professeur McGonagall n'avait pas suffi ?
La jeune fille secoua imperceptiblement la tête. Elle avait conscience que remuer la question dans tous les sens ne lui servirait à rien. Si elle voulait savoir, elle ne devrait pas se contenter de réfléchir, mais il lui fallait aussi chercher.
Chassant les pensées sombres de sa tête, elle plongea dans l'étreinte que tendait Ron devant elle. Restant sans bouger pendant un moment que les deux jeunes gens souhaitaient infini, il fut brisé par Ron lui-même qui regarda l'ancienne lionne dans les yeux. Avant même qu'il n'esquisse le geste de lui-même, elle vint l'embrasser avec douceur. Sa présence lui manquait donc tellement depuis qu'ils n'avaient plus la même maison ?
Hermione sur la pointe des pieds, les jeunes gens s'embrassèrent longtemps avec amour, avant que le bras du rouquin, resserrant son étreinte, n'appuie sur l'insigne d'Hermione. Se détachant d'elle, il regarda le blason.
« Tu es préfet-en-chef Hermione ? »
Même s'il semblait heureux, cette dernière perçu l'inquiétude qui trahissait son petit ami. Oui, il avait fait le rapprochement avec son détesté collègue Serpentard. Cependant, ne voulant pas l'inquiéter plus avec ses propres doutes, elle répondit la mine joyeuse :
« Oui ! Depuis le temps que j'en rêvais, j'ai du mal à y croire !
-C'est génial, vraiment... »
Sa petite amie ne fit pas de commentaire par rapport au ton anxieux de sa voix. Le jeune roux lui proposa alors de s'asseoir à la table des Poufsouffle, plus accueillant que les Serpentard malgré quelques rares regards de travers. Elle accepta, mais très vite elle remarqua qu'il ne pouvait cacher son inquiétude aussi, dans un soupir, elle le rassura :
« Je ferai attention Ron, je te le promets. Et puis, je ne risque pas grand-chose de plus.
-C'est sur... Mais on ne sait jamais avec ce serpent.
-Mieux vaut être un serpent qu'un bouffon Weasley. »
Celui-ci se tourna à la hâte tout en se levant, faisant face à un Malefoy accompagné de son fan-club : Goyle, Pansy et Blaise. Crabbe manquant depuis la bataille au château où il avait été tué par un Serdaigle de première année.
Avant qu'il n'ait pu répondre à la provocation, Ron fut coupé par une nouvelle phrase provocante :
« Depuis quand les maisons se mélangent-elles lors des repas ? Tu n'as rien à faire là Granger, même pour parader devant ce ridicule traitre à son sang, à la famille amoureuse des moldus. Les Weasley ne méritent vraiment pas leur sang. Heureusement que les Sang-de-Bourbe n'ont plus le droit de s'accoupler ! »
Voulant s'interposer contre l'attaque verbale faite autant à Hermione qu'à lui, Ron tenta de se placer devant elle. Elle le retint en lui tirant la manche, affichant un sourire contrit, dont il connaissait la signification aussi bien que si elle lui avait parlé de vive voix : « Laisse tomber, ça ne sert à rien. ». Il se contenta donc d'un regard noir vers Drago, se rasseyant alors que son amie partait vers la table aux couleurs vert et argent.
Une place était libre juste à côté de Ginny, entre elle et Seamus, et l'adolescente s'y assit sans délicatesse et avec un soupir. Sa meilleure amie la dévisagea, demandant silencieusement la raison de sa mine déconfite.
« Malefoy. »
Ce nom était une explication bien assez longue, son amie ne demandant pas plus de détails pour ne pas attirer d'ennuis à Hermione. Elle savait très bien que si elle venait à parler de ce qui s'était passé exactement, elle s'énerverait assez pour avoir envie de chercher les ennuis avec le prince des serpents.
L'appétit coupé, l'ancienne Gryffondor resta à table quelques minutes, avant de s'excuser auprès de son amie et de partir avec lassitude de la Grande Salle.
Pourquoi cet idiot devait-il toujours massacrer sa vie, même les plus petits moments de bonheur de celle-ci ? Comment pouvait-il être aussi froid ? Cela dépassait Hermione, et elle avait abandonné depuis longtemps ces questions irrésolubles.
Ses pas la menant n'importe où, mais n'ayant pas cours avant plus d'une demi-heure, elle décida de se diriger vers la salle des préfets-en-chef, histoire de voir à quoi cela ressemblait. Fouillant dans sa mémoire, elle se souvint qu'elle se situait au quatrième étage. Elle hésita cependant. Et si elle tombait sur Malefoy ?
Mais elle haussa des épaules. Après tout, ça ne serait pas pire que de retourner à la salle commune des Serpentards.
Arpentant le couloir du cinquième étage, elle rejoignit les escaliers en réclamant silencieusement à ces derniers de ne pas se montrer trop capricieux. Heureusement, peut-être étaient-ils compatissants par rapport au fait que la jeune fille avait déjà assez de problème comme ça, ils restèrent tranquilles. Elle rejoignit sans souci le portrait d'un homme habillé avec une armure moyenâgeuse et à la tenue droite et fière gardant le lieu réservé aux préfets-en-chef.
« Votre insigne je vous prie ma mie. »
Après preuve de son grade, le chevalier sourit et libéra le passage. Suivant un tunnel sur deux ou trois mètres, elle déboucha sur une salle semblable à celle qu'elle avait connue à Gyffondor. Bien plus accueillante et chaleureuse que celle des Serpentards, elle restait tout de même sobre : un canapé en coin fait de soie beige faisait face à une cheminée dont le feu n'était pas allumé en ce bel après-midi de septembre, deux vases remplis de fleurs aux couleurs chatoyantes reposant dessus un tapis blanc recouvert d'arabesques noirs se trouvait au centre de la salle, et un portrait était accroché entre deux porte de la même couleur que le divan, l'une aux contours verts et l'autre aux rebords rouges. Elles étaient face à l'entrée. Une dernière porte se trouvait sur la gauche.
« Tu t'amuses bien Granger ? »
Elle se retourna brusquement, faisant face à Drago Malefoy qui venait d'entrer dans la salle commune sans qu'elle ne l'eût entendu. Les cheveux brillant sous les rayons du soleil, et sa tenue impeccablement mise, il la fixait d'un air mauvais. Pourquoi fallait-il qu'il soit toujours là pour l'importuner ? A croire qu'il se vouait à lui gâcher la vie.
Mais il était seul ; aussi, bien que toujours impressionnée dans un coin de sa tête par la réaction du Serpentard le matin même, Hermione comptait bien ne pas se laisser faire.
« Je fais ce que je veux Malefoy, sans avoir besoin de ton avis. »
Un sourire vicieux se dessina sur son visage alors que ces yeux s'allumèrent d'un joyeux regard noir, et elle sut que ce n'était pas de très bons augures.
« Tu sais quoi Sang-de-Bourbe ? Cette salle, elle n'est qu'à moi, et à moi seule. Tout préfet que tu es, tu n'as pas intérêt à y remettre les pieds.
-Ce n'est pas toi qui me dictera ce que j'ai à faire ou non, ni aucun mangemort sans aucune valeur tel que toi.
-Tu crois ça ? Soit déjà heureuse d'avoir pu retourner à Poudlard, et évite un peu les tentatives de me répondre, tu me fais perdre mon temps. »
Sans un regard de plus, il se retourna pour sortir. Alors que l'ancienne Gryffondor allait soupirer de soulagement, il rajouta en passant le seuil du tableau :
« Ne reviens plus ici Granger. »
Alors que la toile refermait l'entrée de la salle, Hermione regarda le mur, se mordant la lèvre. Elle avait le sentiment qu'il valait mieux éviter cet endroit dorénavant. Puis, elle fronça les sourcils. Depuis quand écoutait-elle les conseils, ou plutôt les ordres d'un serpent ? Cela ne lui était jamais arrivé, et ce n'était pas ce jour-là qu'elle allait commencer.
Regardant sa montre, elle chassa ces pensées de sa tête, sortant de la salle des préfets, pour rejoindre son cours de sortilège.
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Ses cheveux platine agités par le vent, Drago observait le lac, assit sur l'herbe de la berge. Ce que cette Sang-de-Bourbe pouvait l'énerver ! D'un naturel calme, elle le faisait si facilement sortir de ses gonds qu'il avait dut se résoudre à quitter la salle commune des préfets avant que cela n'arrive à nouveau.
De quel droit venait-elle empiéter le seul endroit où il pouvait être tranquille, ou il pouvait cesser de toujours tout faire pour continuer à être le prince des serpents, mangemort aux nombreuses responsabilités, un des élèves le plus charmeurs de l'école ? Elle voulait donc tout lui prendre ? Vaincre Voldemort et ses serviteurs, lui tenir tête jusqu'à ce qu'il cède, et être la seule fille à n'avoir jamais été charmée ? C'en était trop.
Prenant un caillou, il le jeta avec fureur dans le lac, ou il percuta la surface avec un bruit sourd. Le garçon fixa longuement la surface de l'eau ondulée. S'il n'avait pas été préoccupé, il aurait pu admirer la beauté du lac par ce beau jour de septembre. Seulement, quelque chose le crispait, cette idée que quelqu'un pouvait s'immiscer dans son abri, quelqu'un capable de lui tenir tête. L'année précédente, pendant le mois où il était préfet-en-chef, l'autre préfète de Serdaigle l'avait gentiment écouté quand il lui avait demandé d'une voix séduisante de rester dans sa maison, et il l'avait remercié d'un rapide baisé qui l'avait laissée toute émoustillée. Oui, il arrivait toujours à ces fins avec toutes les filles.
Alors pourquoi avait-il fallut que ça tombe sur elle ? Il avait réclamé au Seigneur des Ténèbres, ravalant sa fierté pour le faire, de refuser la demande de la vieille McGonagall, mais le mage noir n'en avait que faire quand ça ne le dérangeait pas personnellement, aussi Drago avait donné son argument le plus crédible à Voldemort : c'était une Sang-de-Bourbe. Seulement, celui-ci lui avait ri au nez, déclarant que ce rôle ne requérait pas de sang pur, qu'au contraire cela seyait parfaitement à un né-moldu, n'étant utile que pour servir.
C'était ainsi que Malefoy avait déchanté sur son haut statut dans la maison de Poudlard ; et il avait aussitôt décidé de rendre invivable l'existence de Granger. De plus, il s'arrangerait pour que ses ordres ne soient pas écoutés, mais les siens, grand prince des serpents, si. Tout ça pour se donner l'impression de rester supérieur à cette Sang-de-Bourbe, et qui sait, le prouver à Lord Voldemort devant qui il s'était ridiculisé.
« Drago ? Tu fiches quoi ici ? »
Le jeune blond se retourna vers celui qu'il considérait comme son meilleur, et sans doute seul ami. Sa peau couleur chocolat s'accordait avec ses cheveux bruns coupés courts. Sans avoir le charme du jeune blond, il était indéniablement mignon.
« Rien... Je réfléchis à comment pourrir un peu plus la vie de cette sale Sang-de-Bourbe. »
Blaise Zabini était sans doute le seul élève au courant de la raison de la rancune exagérée de son ami par rapport à Granger ; aussi, il était le seul avec qui il pouvait partager un peu de ce qu'il ressentait, bien qu'il restât toujours dans sa carapace.
Il se coucha dans l'herbe à côté d'un Malefoy serrant une partie de sa cravate verte et blanche, signe d'une profonde irritation. Après plusieurs minutes d'un silence presque pesant, à peine brisé par le chant de quelques oiseaux, Blaise sourit.
« Tu sais quoi Drago ? J'ai une idée... »
~°oOoOoOoOo°~
Hermione secoua la tête pour faire tomber une feuille d'aubépine tombée alors qu'elle marchait vers le château. Il se faisait tard, et elle ne pouvait pas repousser plus son retour dans la salle commune des Serpentard. S'armant de volonté, elle respira un grand coup avant de rentrer dans le couloir la menant aux escaliers conduisant aux cachots, la salle de classe de potion, ainsi qu'à la maison des serpents. Rien de bien attrayant pour la miss.
Alors qu'elle était perdue une fois de plus dans ses pensées, elle cogna dans quelqu'un légèrement plus petit qu'elle. S'appuyant sur la paroi de pierres froides à côté d'elle, elle eut la chance de ne pas tomber à cause du choc, chance que n'eut pas la fille qui l'avait percutée, se retrouvant à genoux au sol. Reconnaissant la cravate bleue et blanche comme celle de la maison Serdaigle, l'ancienne lionne se demanda ce que faisait cette fille dans ce couloir ne menant à rien d'utile ou d'intéressant pour elle à cette heure. Celle-ci sembla d'ailleurs la reconnaitre.
« Tu es... Hermione Granger c'est ça ? »
Si la fille n'affichait pas un air aussi paniquée, sa camarade aurait cru à quelqu'un la connaissant encore pour son sang impur. Mais elle semblait craintive, ses yeux verts-bleus ne restant jamais plus de deux secondes sur Hermione, sa queue de cheval de cheveux auburn semblait avoir été faite rapidement et sans grande attention. Ces signes inquiétèrent l'ancienne Gryffondor.
Lui tendant la main pour l'aider à se relever, la nouvelle Serpentard répondit :
« Oui c'est moi. Mais que fais-tu ici, à cette heure ?
-Je, répondit-elle hésitante, cherche un ami... Ne l'ayant pas vu de la matinée, je croyais le retrouver dans notre maison, mais personne ne l'a vu depuis hier. »
Au fur et à mesure, l'angoisse avait fait monter la voix de m'adolescente d'une octave. Tentant de la calmer, Hermione lui demanda d'une voix posée :
« Pas de panique. Dis-moi déjà comment tu t'appelles.
-Mandy... Brocklehurst Mandy. »
L'ancienne Gryffondor fronça légèrement les sourcils. Ce nom lui disait quelque chose... Mais bien sûr ! C'était une Serdaigle de sixième année de sang-mêlé ! Reprenant de la même voix paisible, elle demanda :
« Très bien Mandy. Maintenant, dis-moi ce qui s'est passé.
-Je... Je ne sais pas ! Mais je ne l'ai trouvé nulle part, alors j'étais persuadée que c'était les Serpentard qui lui avait joué un mauvais tour, vu ses origines moldues. Mais une Serpentard aux cheveux roux, une Weasley je crois, m'a dit qu'elle ne l'avait pas vu... Il a disparu ! J'en suis sûre, il n'est pas dans le château, il a eu un problème ! »
De nouveau agitée, son ainée posa les mains sur ses épaules pour la tranquillisée, sans grand résultat. Finalement, elle demanda à la fille au bord des larmes :
« Et qui est cette personne ? »
A la réponse de la jeune fille, le visage impassible de celle aux cheveux châtains se décomposa.
« Co... Colin Crivey ! »
