Bonjour tout le monde ! Je vois qu'il y a une trentaine de vues sur chacun de mes chapitres, ça me fait vraiment plaisir, merci de me lire ! ~ N'hésitez pas à laisser une review, même une toute petite, si ça vous plait -ou non 8'D- ça fait toujours plaisir et c'est un peu mon carburant, donc merci à ceux qui prennent ou prendront le temps de le faire, c'est vraiment super !
Chapitre 5 : Les mystères du serpent
Où pouvait se trouver Ron maintenant ? Elle l'avait cherché dans la Grande Salle, mais cette histoire d'exécution avait découragé la plupart des élèves à manger… Même les plus gloutons comme son petit ami.
L'exécution… Alors qu'elle commençait à monter les escaliers, un nouveau flot de larme la menaçait aux bords des yeux, et elle supplia intérieurement Merlin de vite trouver le roux car elle ne tiendrait plus très longtemps. D'ailleurs, une nouvelle larme roula le long de sa joue gauche, prémices d'une véritable tempête.
Alors qu'elle montait les escaliers pour rejoindre la tour où se trouvait auparavant Gryffondor, car la petite partie non scellée du septième étage était un lieu apprécié par Ron bien qu'ils n'aient plus accès à la salle commune ni même au couloir y menant. Mais les escaliers décidèrent de ne pas l'aider, et se mirent à s'agiter. S'agrippant à la rampe, la lionne se dit que ce n'était vraiment pas son jour. Elle rejoignit l'étage accessible depuis l'escalier où elle était, afin de ne pas se retrouver balancée d'un endroit à un autre par ces marches capricieuses. Elle ne réalisa qu'après avoir quitté celles-ci, et alors qu'elles continuaient leur danse folle, qu'elle se trouvait au quatrième étage.
Une crise de larmes la menaçant, et incapable de continuer son chemin avec ses escaliers magiques, elle se mordit violemment la lèvre. Elle courut finalement vers la salle commune des préfets ; de toute façon, Drago Malefoy était lui aussi dehors juste avant l'exécution, donc il ne pouvait être déjà là où elle se rendait. Et si, par le plus grands des hasards, il venait à nouveau là-bas alors qu'elle y était, elle ferait preuve de plus de discrétion que la dernière fois.
Préparant son insigne, elle s'arrêta devant le tableau qui devait se demander si cette fille passait son temps à pleurer. Après tout, son état lors de sa précédente visite n'étant guère meilleur qu'en ce moment.
Entrant dans la salle commune, elle n'éclata pas en sanglots. Tout d'abord parce qu'elle avait déjà trop pleuré cette nuit, et surtout car elle pleurait maintenant quasiment toujours silencieusement, habitude qu'elle s'était forcée à prendre pour cacher ses pleurs parfois trop faciles. Bien que sa respiration, cette unique chose si naturelle, lui demandait un effort incroyable pour ne pas inspirer bien trop vite et bien plus qu'elle n'expirait, elle demeura silencieuse. Du moins, autant qu'elle pouvait l'être alors que son souffle était erratique. D'ailleurs, elle réussit à noter elle ne sut comment dans une partie de sa tête que la pièce avait été entièrement nettoyée de la dernière fois où son ennemi était passé par là. Pourant son ennemi s'était assez énervé pour casser un des vases se trouvant sur la cheminée, sur laquelle se trouvait à nouveaux deux pots remplis de belles fleurs. Des elfes de maison étaient passés par là… Mais dans ces circonstances, elle ne parvint pas à penser à la S.A.L.E.
Puis, après avoir passé d'interminables minutes ainsi, refusant la vérité, elle se leva. Elle se dirigea vers la dernière porte, qu'elle devinait être la salle de bain. Pas celle immense dont les préfets ont accès au cinquième étage, non, mais une petite, pratique le matin avant d'aller en cours si on avait dormi dans sa chambre de préfet.
Alors qu'elle se rinçait le visage, elle sursauta et se retourna précipitamment en entendant une voix grave agressive dans son dos.
« Qu'est-ce que tu fiches encore ici Granger ? »
Se croyant incapable de s'énerver contre le prince des serpents cette fois-ci, l'intéressée ne répondit pas, marchant vers sa chambre. Elle s'était rapidement séchée la figure, des goutelettes tombant encore du long de sa fine mâchoire.
Bien évidemment, le Serpentard la retint, l'observant avec haine. Mais qu'est-ce qu'il pouvait lui reprocher bon sang ? Ce n'était pas son ami qu'il venait de voir avoir droit au baiser du détraqueur ! Au contraire, il devait se réjouir ! Retenant ses larmes à grand-peine, elle lui dit sèchement pour la seconde fois de la journée :
« Lâche-moi Malefoy.
-Non Granger, parce que tu vas sortir, et maintenant.
-Mais bon sang, tu es plus débile qu'un gnome de jardin ! Je veux être tranquille, parce qu'à cause de dégénéré comme toi, un innocent vient de se faire tuer comme du bétail ! Et toi, tout ce que tu veux c'est t'assurer ton petit confort ! Tu étais aux premières loges hein pour voir Colin se faire exécuter hein ? Histoire de jubiler un peu plus ! »
Elle ne vit pas Drago prendre sa baguette, pas moins qu'elle ne le vit la pointer sur elle ; elle ne constata que la pression du bois contre sa gorge, juste sous son menton. Il était sacrément remonté.
« Je ne te permets pas de me parler comme ça, espèce de…
-Je ne vois pas pourquoi je devrais t'obéir Malefoy !
-Tu vas vite comprendre avec un bon sortilège qui te remettra les idées en place !
-Mes idées se portent très bien, merci, toi par contre tu as quelques petits problèmes, pour en venir à te scarifier… »
En effet, Hermione avait maintenant noté l'avant-bras ensanglanté du jeune blond. Celui-ci la fixa avec encore davantage de colère. Si une telle chose était possible.
« Ferme-là Granger, tu ne comprends rien !
-Je ne sais peut-être pas tout Malefoy, mais ce que je comprends c'est que tu as participé au meurtre d'un de mes amis !
-Et toi et tous ces sales Sang-de-Bourbe, vous avez tué ma mère ! »
Le silence qui suivit ce cri reflétait autant la haine du serpent que la surprise de la lionne. Aussi, les secondes de calme devinrent des minutes, alors que la jeune fille ne comprenait pas. Un rire sans joie, mais aussi dénoué de moquerie, simplement las et plus sinistre que jamais résonna alors dans la pièce.
« Ça t'en bouche un coin hein Granger ? Hé oui, ma mère est morte. Tuée par la main même de la personne qu'elle nommait « maitre » et qu'elle admirait.
-Comment ? »
La question avait échappé à l'ancienne Gryffondor, et elle s'attendait à un nouvel accès de colère. La nouvelle l'avait tant étonnée qu'elle avait réussi à mettre de côté sa peine pour se concentrer sur ce que disait son ennemi.
« Ça suffit Granger. Pars maintenant, c'est tout ce que je te demande. »
Mais elle ne démordait pas. A vrai dire, cette confrontation et ce mystère l'aidait à oublier sa peine. En plus, malgré elle, elle était curieuse.
« Tu n'as rien à me demander Malefoy. Je t'ai posé une question la première. »
Il lâche un rire mauvais.
« Je t'ai déjà connu avec une meilleure répartie. Dégage Granger. »
Elle serra les dents, mais resta campée sur ses jambes. Un ange passa, alors que Drago pesait le pour et le contre. Révéler une telle chose à son ennemie, en échange de sa tranquillité ?
« Granger ? »
Elle planta les yeux dans les siens. Il allait parler ?
« Malefoy ? »
Son espoir sembla amuser le blond qui eut un sourire mauvais.
« Dégage. »
Comme s'il allait lui parler ! Elle poussa un soupir. Il serra la mâchoire.
Drago se retint de la faire partir de force, et inspira profondément. S'il s'énervait, il perdait. A cause d'Hermione Granger ? Hors de question, pas à nouveau, plus jamais !
« Granger ?
-Malefoy ? »
Elle n'espérait plus vraiment avoir la réponse à sa question, il l'entendait à son intonation qui était bien plus plate.
« Je vais te répondre, puisque tu y tiens tant. Et après, tu partiras, et vite. »
Il voulait récupérer sa tranquillité, incessamment. Même si ça le rendait de très mauvaise humeur de se retrouver obliger de révéler ce dont il n'avait pas envie de parler. Surtout à cette fille.
Avant de lui laisser le temps de répondre, il continua :
« Elle a aidé une jeune Sang-de-Bourbe, la sauvant au lieu de la tuer. Quand Il le sut, Il n'eut aucun remord à la tuer. »
Elle se figea de surprise. Il était aisé de deviner l'identité de la personne se cachant derrière ce « Il », presque craché par Drago. Mais elle n'arrivait pas vraiment à le croire. N'était-ce pas encore une ruse, pour elle ne sait quel autre plan idiot ? Ou simplement pour se débarrasser de sa présence ? Non, définitivement, elle ne pouvait pas le croire. Et il le remarqua.
« Tu vois Granger, c'est pour ça que tu vas vite bouger ton arrière-train et sortir d'ici avant que je ne te fasse regretter d'avoir tuée ma mère. »
Il commençait à renoncer à son ton calme, alors que sa voix devenait de plus en plus froide et menaçante. Seulement, Hermione refusait de l'écouter, et ce quitte à jouer le jeu dans son mensonge, si c'en était un.
« Imbécile ! C'est Voldemort qui a tué ta mère, pas moi ! Si tu veux t'en prendre à quelqu'un, prends-en-toi à lui ! Non pas à quelqu'un qui n'a pour seul rapport avec toute cette histoire que d'avoir un sang différent de celui des autres ! »
Il ne répondit pas, pas plus qu'il ne bougea. L'ancienne rouge et or crut qu'il avait abandonné, et voulut partir. Mais l'emprise qu'avait le garçon sur son poignet était toujours aussi forte. Laissant tomber l'idée de se défaire de cette pression, elle attendit silencieusement qu'il dise, ou même fasse quelque chose. Elle tirait doucement sa baguette de sa poche arrière, pour plus de sécurité –elle l'avait insulté, après tout-, quand une autre main attrapa le long bout de bois.
Quand elle releva la tête pour fixer l'acier des yeux du garçon, elle crut discerner une larme dévaler son visage crispé. Mais son faciès retrouva son habituelle dureté, et elle douta de ce qu'elle avait cru voir. Jusqu'à ce qu'il lui dise :
« Si tu parles de quoi que ce soit à quelqu'un, je te tue. »
Il la lâcha avant d'entrer dans sa chambre, passant par la porte aux contours verts. Hermione appréhenda avec effroi la possibilité que sa menace n'en fût pas une en l'air.
Quittant la pièce, elle ne se rendit même pas compte qu'avec tout ça elle ne s'était même pas apitoyée sur elle-même pour le sort qu'avait subi Colin.
~°oOoOoOoOo°~
« Mais laisse-moi passer stupide tableau ! Je suis un ami de Drago ! »
La voix familière de son ami sortit le Serpentard de son sommeil. Se levant de son lit vert et argent, il quitta sa chambre afin de rejoindre l'entrée de la salle commune. Il retrouva son meilleur ami dans le couloir devant celle-ci. Avec un signe de tête, il lui dit d'entrer, laissant le chevalier du portrait grommeler tout seul une histoire de respect des règles.
« Blaise. »
C'était tout autant un salut qu'une question, demandant ainsi au garçon à la peau chocolat d'expliquer sa présence. Une fois de retour dans la salle commune, il se laissa tomber avec flegme, Blaise s'asseyant face à lui. Il était hésitant.
« Tu sais Drago, c'était vraiment pas beau à voir l'exécution de ce Crivey… Même si c'était un Sang-de-Bourbe.
-Ça, je m'en doutais. Je t'avais dit qu'il valait mieux ne pas y aller. Après, ça te donnerait presque envie… d'aider ces sangs impurs. »
Son ami comprit l'allusion à Narcissa Malefoy, la mère de Drago, et ne dit rien pendant un moment. Mais il finit par reprendre, car il devait être sûr de quelque chose, sur quoi il n'avait pas vraiment insisté jusqu'à présent.
« Drago… Tu n'as vraiment rien à voir dans cette histoire ? Je veux dire, sincèrement, entre toi et moi ?
-Oui, soupira-t-il, je n'ai peut-être pas agit alors que j'étais au courant, mais c'est la seule chose que quelqu'un pourrait me reprocher. Je n'ai rien fait pour provoquer ça. Tu as bien compris que le Seigneur des Ténèbres veut en finir doucement mais surement avec les Sangs-de-Bourbe… Eh bien il vient de commencer.
-En parlant de ça, répondit-il après un silence appuyé, tu te débrouilles avec Granger ? Elle ne vient plus ici ?
-Non. »
Les traits crispés, sa réponse avait été immédiate. Alors qu'il ne cachait presque rien, ou plutôt beaucoup moins de choses qu'aux autres personnes de son entourrage, il n'était pas capable de lui dire que cette fille lui tenait toujours tête. Question de fierté. Surtout après avoir avoué à cette fille que sa mère était morte. Oui, décidément, Granger était insupportable. Et pourtant, le temps d'une altercation, elle lui avait fait oublier son mal-être. Mais il pouvait l'oublier tant qu'il voulait, la marque sur son avant-bras gauche, qu'il avait maintenant soigneusement bandé, lui rappelait sans cesse qu'il avait beau vouloir tout arrêter, il valait mieux Lui obéir, car sinon Il le poursuivrait.
Et le tuerait.
~°oOoOoOoOo°~
Cela faisait trois semaines. Trois semaines comme les autres, ou presque. Car comme toujours, Hermione dormait sur un matelas sans sommier ni baldaquin, toute habillée, ses camarades anciens Gryffondor avec elle. Comme toujours elle se réveillait toujours une demi-heure avant tout le monde, évitant ainsi les Serpentard, et ayant le temps d'aller lire si l'envie l'en prenait.
Comme toujours, elle suivait ses cours avec attention, mangeait avec Ron quand elle arrivait à passer inaperçue à la table des Poufsouffle. Comme toujours elle trouvait le Baron Sanglant et le tableau gardant l'entrée de la maison Serpentard insupportables et hautains.
Elle avait même pris l'habitude de faire ses rondes de préfets, le soir, pour vérifier que les élèves ne trainaient pas dans les couloirs. Elle avait beau ne plus être autant respectée qu'avant, elle se débrouillait très bien face aux élèves récalcitrants, quitte à se montrer menaçante. En revanche, malgré son envie de bien faire, elle avait très vite dû faire une croix sur son engagement de patrouiller chaque soir. Comme Malefoy ne semblait pas s'intéresser à ce devoir, elle assumait cette responsabilité toute seule. Elle avait fini bien trop fatiguée la première –et seule- semaine où elle avait tenté de le faire.
Mais en revanche, elle n'avait plus posé le pied à la salle des préfets, et surtout, elle était toujours à l'affut du moindre bruit de pas. Car oui, elle l'évitait. Malefoy. Le fait que sa mère soit morte pour avoir aidé une Sang-de-Bourbe lui semblait peut-être plausible finalement, vu la réaction qu'avait eu le Serpentard. Cette histoire l'avait plus retournée qu'au moment ou elle l'avait apprise. Cela avait fini par la rendre lâche, évitant à tout prix son ennemi. Elle n'avait pas croisé son regard métallique depuis vingt-et-un jours, et ça lui allait très bien comme ça. Même lorsque Malefoy l'avait dégagé de la table des blaireaux, elle n'avait pas pipé mot, se contenant de changer de table.
Elle continuait à se faire parfois malmener par Drago et ses compères, mais elle continuait à leur tenir tête… En évitant soigneusement de prendre en compte la présence du blond. De toute façon la plupart du temps, ce n'était que ses gorilles qui lui menaient la vie dure. Le prince des serpents était sans doute trop occupé pour se charger lui-même des agressions envers la née-moldue. En réalité, il ne souhaitait surtout plus avoir affaire à elle après ses révélations.
C'est lors d'un cours de métamorphose, que partageaient les Serpentards et les Poufsouffles, alors qu'elle sentait que, pour changer, on l'observait, elle crut que de nouvelles moqueries allaient fusées, mais il n'en fut rien. Cependant, elle resta crispée durant tout le cours.
« Hé Hermione, t'es encore dans la lune ma parole ! Qu'est-ce que tu as en ce moment ? lui demanda Ron à voix basse, assis à sa gauche. McGonagall vient de poser une question ! »
Avec un haussement d'épaule indifférent, la miss attisa la curiosité de son petit ami. Cependant il n'eut pas le temps de lui parler, car le cours se finissait. Alors qu'elle récupérait ses affaires, la directrice lança :
« Mis Granger, monsieur Malefoy, veuillez rester quelques instants je vous prie. »
Désappointée, Hermione fit tout de même attention de ne pas regarder Drago. Son premier reflexe aurait été de le regarder en haussant les sourcils, demandant silencieusement ce qu'il se passait. Et encore, il n'aurait sans doute pas compris la question muette.
Les voyant attentifs, le professeur McGonagall reprit :
« Merci. Je souhaitais vous rappeler que votre devoir de préfet vous incombe de faire des rondes la nuit. Je veux bien que cette année soit… différente, mais les devoirs des préfets-en-chef restent les mêmes ; aussi, je me dois de vous rappeler que vous avez à trouver un terrain d'entente pour le bien de cette école. A présent, rejoignez votre prochaine salle de classe. »
Sans un mot, elle se tourna vers son bureau, devant deux regards interrogatifs. L'un car il ne comptait vraiment pas faire de rondes à la place de ses précieuses heures de sommeil et n'appréciait pas que l'on sous-entende qu'il ne faisait pas son devoir l'autre car elle ne souhaitait pas faire équipe avec quelqu'un qu'elle avait réussit jusqu'à présent à soigneusement évité. Malgré elle, Hermione était tout de même soulagée qu'un professeur eût remarqué son travail acharné, et l'inefficacité de son monologue. Elle se sentait moins coupable après tout c'était à ce dernier de faire un effort, comme venait de le prouver la directrice.
Alors qu'ils sortaient de la salle, à une distance de sécurité, le professeur de métamorphose ajouta :
« Ah et, miss Granger, il semblerait que votre chat se soit faufilé il y a plus d'une demi-journée dans la salle commune des préfets, et qu'il n'arriverait pas à en sortir, il faudrait peut-être l'y aider… »
Observant la femme comme si elle faisait une blague, l'ancienne Gryffondor eut la présence d'esprit de comprendre qu'elle ne plaisantait pas, et se précipita vers le quatrième étage. Mais ce ne fut qu'une fois devant le portrait, entendant les miaulements du pauvre chat enfermé, qu'elle se rendit compte qu'il lui manquait son insigne. Mais il lui restait le dernier cours de la journée, celui de Slughorn. Tiraillée, elle décida finalement d'aller assister à son cours, puis de faire un crochet par la maison Serpentard afin de récupérer son insigne avant de revenir libérer son chat après tout cela.
Le cours ne fut pas des plus passionnants. Chaque binôme formé au hasard parmi les Serpentards devait créer un philtre de mort vivante. Celui qui s'en sortit le mieux fut celui d'Hermione et de Seamus, dont la couleur était à mi-chemin entre le gris-pâle et le lilas. Il était celui suivit de près par celui de Ginny et de Blaise, bien qu'ils aient été pénalisés par le retard de quelques minutes de ce dernier, le violet dominant un peu plus dans leur potion.
Cependant la jeune lionne aux cheveux châtains avait remarqué que son amie avait eu l'air de bien prendre plaisir à faire cette potion avec le jeune homme qui la faisait rire en de nombreuses occasions. Elle avait pu les observer discrètement sans crainte, Malefoy étant absent. La rouquine affichait d'ailleurs un joli sourire, l'adressant à sa meilleure amie. Mais celle-ci était préoccupée par son pauvre petit Pattenrond, raison pour laquelle elle se précipita hors de la salle pour rejoindre sa maison. Elle ressortit en marchant très vite pour se rendre au quatrième étage, et ne prit pas le temps d'expliquer à Ginny son attitude.
Une fois devant le portrait, légèrement essoufflée, elle lui montra son insigne et il la laissa passer. Une tornade orange lui passa alors entre les jambes, apparemment bien contente de sortir de là. Mais alors que, soulagée, elle allait repartir, Hermione entendit un souffle rauque.
« Non… »
Intriguée, elle entre dans la pièce, et resta estomaquée devant ce qu'elle voyait.
Malefoy était crispé, son bras gauche dans sa main droite, pleurant de douleur en s'agitant frénétiquement sur le canapé sur lequel il était allongé. Au vue de ses mouvements désordonnés, elle se dit que c'était un miracle qu'il ne fût pas tombé du divan. Se rapprochant précautionneusement du jeune homme, elle lui toucha son front.
Il était brulant.
L'avant-bras qu'il serrait extrêmement fort, au point que ses jointures devinssent blanches, étaient couvert de sang. Un vestige de bandage montrait qu'il avait auparavant caché sa blessure. Sortant sa baguette, la lionne réfléchit quelques secondes à quoi faire, quand le blond sembla se calmer. Il ne s'agitait plus par soubresaut mais juste en bougeant la tête de droite à gauche avec des gémissements incompréhensibles, desserrant à peine sa prise sur son bras meurtris.
Hermione choisit alors deux sorts ; l'un par pure prudence, l'autre pour qu'il cessât de souffrir. Elle le haïssait, mais elle ne supportait pas de voir quelqu'un aussi mal, fut-ce son pire ennemi. Pointant le jeune homme avec sa baguette, elle murmura d'une voix qui semblait pourtant forte, après le quasi-silence qui avait suivit son agonie.
« Finite incantatem. »
Puis, elle pointa le bras du prince des serpents, prononçant le sortilège qu'elle pensait le plus approprié :
« Episkey »
Le bord de ses blessures semblèrent se rapprochés tout seul. Une fois certaine que ça ne risquait rien de le laisser, la jeune fille se leva. Elle chercha un gant de toilette, pour nettoyer tout ce sang, ainsi des bandages se trouvant sur une étagère au-dessus du lavabo, le tout dans la salle de bain.
Une fois le gant de toilette humide, elle revint au chevet de Malefoy et le passa sur sa peau blafarde. Elle avait réussi sans mal à pousser la main droite du garçon, qui avait sans doute cessé de s'agripper depuis que la douleur s'était atténuée. Alors qu'elle épurait son avant-bras, elle aperçut sous les traces rouges une partie de peau noire qui ne lui disait rien qui vaille. Elle comprit très vite qu'elle ne s'était pas trompée, et finit son travail en état de demi-conscience, perdue dans ses pensées. Elle savait qu'il était aux bottes de Voldemort mais… Il avait la marque ? Elle qui croyait qu'il se contentait de suivre les plus forts…
Cependant, rien n'expliquait ce qu'il s'était passé avec son avant-bras. Etait-ce un sortilège ? C'était peu probable, étant donné qu'elle avait pu le soigner à l'aide de la magie. Ou du moins, ce n'était pas un sort de magie noir. Une grande coupure qui semblait plus ancienne avait déchiré sa peau en deux du début de l'avant-bras presque jusqu'au coude, passant au milieu de la marque. Pour le reste, l'on aurait dit que quelqu'un avait essayé de lui arracher la peau petit à petit. Et dire qu'elle avait vraiment cru qu'il se scarifiait…
Le problème, c'était que si elle lui demandait à son réveil, il ne lui répondrait sans doute pas.
Elle observa les blessures de son bras blême, tâchant de ne pas simplement fixer cette tête de mort d'où sortait un immense serpent, cherchant plutôt à jauger si un bandage préventif serait mieux ou non. Mais finalement, elle laissant la bande posée sur la cheminée, bougeant légèrement les jambes de Drago afin de pouvoir se coucher sur l'autre partie du canapé –mine de rien, il prenait de la place, étalé comme il était-. Elle voulait histoire de réfléchir un peu.
L'ancienne Gryffondor l'observa ainsi un moment. Il n'était plus couvert de sueur, sa peau seulement parsemée de fines gouttelettes d'eau qui s'étaient déposées au passage du gant de toilette. Sa respiration s'était calmée, et il dormait comme si rien ne s'était passé. Son visage était totalement décrispé, des mèches blondes tombant négligemment sur celui-ci. Quand à sa cravate vert et argent, elle ne faisait plus que le tour de sa nuque, dénouée, alors que sa chemise était ouverte à moitié.
Avec un sourire, la lionne ne put s'empêcher de le trouver extraordinairement normal quand il n'était pas en train de lui crier dessus. Et ainsi, détendu et décrispé, elle se prenait même à avouer qu'il était agréable à regarder. Rougissante, elle se sermonna en se disant qu'elle n'était pas bien de penser ça. Ce n'était que le choc, de l'avoir trouvé dans cet état, qui la perturbait. Oui, voilà, cette explication lui allait parfaitement elle se l'ancra dans la tête avant de réfléchir à quelque chose de plus utile. Comme cette histoire de marque, et de blessures.
Pourtant, malgré son estomac criant famine, elle ne se sentit même pas happée prématurément par le monde des rêves.
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Drago se réveilla la tête bourdonnante. Il n'eut pas besoin de chercher bien longtemps pourquoi alors qu'il émergeait peu à peu, les souvenirs revenaient d'eux-mêmes.
Alors que Granger sortait de la salle en courant pour secourir son insupportable chat, il s'apprêtait à rejoindre sa salle de cours de potions, quand il avait entendu Sa voix dans la tête. Le Seigneur des Ténèbres appelait tous ses partisans, et le prince des serpents avait senti sa marque le brûler atrocement. Se mettant dans l'ombre d'un couloir, il s'était appuyé sur la pierre froide du château, tentant de calmer son rythme cardiaque. Après un long débat interne, il avait sortit sa baguette, voulant transplaner, mais une main lui avait attrapé l'épaule. C'était Blaise.
« Tu vas donc continuer à lui obéir inlassablement Drag' ? Ce n'était donc que des belles paroles lorsque tu parlais d'arrêter de le servir ? »
Le Serpentard avait serré les dents, ne répondant pas immédiatement à son ami. Il tentait de faire le point dans sa tête alors que toutes ses pensées n'étaient dirigées que vers douleur que lui faisait subir sa marque. Seulement, cette douleur qui remontait depuis son avant-bras, son ami ne savait qu'à moitié qu'elle existait. Ou plutôt, il la croyait bénigne, sans aucune idée du supplice que c'était.
« Ecoute Blaise, c'était sur le coup de la colère, ma mère venait de se faire tuer… Entre temps j'ai compris que je ne pouvais pas m'en prendre à Lui. De toute façon, continua-t-il avec hargne comme pour détourner sa propre colère du mage noir, le problème ce sont tous ces Sangs-de-Bourbe. Sans eux ma mère ne…
-Arrête de faire semblant Drago ! Je n'aime pas non plus les Sangs Impurs tu le sais, et ce qui leur arrive n'est pas plus mal. Mais c'est le Seigneur des Ténèbres qui a décidé de la mort de ta mère ! Alors si tu veux autant te venger que ce que tu prétends, tu dois apprendre à lui résister ! Tu m'avais dit que tu en avais marre de ne pas avoir ta propre liberté. Où est passé ta fierté ? »
Malefoy n'avait rien répondu, incapable de le faire tant à cause la souffrance que lui infligeait la marque que par la faute du désaccord avec lui-même qu'avait relancé son meilleur ami en lui disant cela. Voyant que le blond n'allait pas répondre, Zabini s'était retourné et partit sans un mot. Ce n'était pas son truc de faire du sentimental, et de toute façon il savait qu'il avait tout dit. C'était à Drago de choisir maintenant.
Ce dernier, crispé par le calvaire que lui infligeait son avant-bras, et l'appel de son maitre résonnant dans sa tête, avait rejoint d'un pas pressant la salle commune des préfets. Il ne cessait de griffer frénétiquement son avant-bras, comme si cela lui permettait de calmer la douleur… ou du moins, de la contrôler.
Alors qu'il s'était assis sur le divan de la pièce, il avait tenté de remettre en marchhe la partie de son cerveau qui arrivait à penser à autre chose qu'à cette douleur lancinante. Que devait-il faire ? S'il n'y allait pas, il y avait un risque de se mettre Voldemort à dos. Même s'il ne pouvait pas forcément deviner que son absence était une rébellion pour sa liberté, il resterait un mangemort ayant la marque. Il se devait d'y aller à cause de cette dernière. Il avait tout essayé pour l'enlever ; bien évidemment, c'était impossible. Pourtant il ne pouvait s'empêcher de blesser encore et encore son bras dans l'espoir vain de trouver une solution.
Mais Blaise avait raison : il ne voulait plus faire le toutou devant une personne qui avait tué sa mère, et il n'en pouvait plus de devoir obéir à chacun des caprices du mage noir qui semblait haïr sa famille. Mais pour échapper à tout cela, il aurait fallut le vaincre. Seulement, Harry Potter était mort. Cependant il souhaitait plus que tout retrouver la liberté qu'il avait perdu le maudit jour où il était devenu un mangemort. Il ne voulait plus de ce rôle, et même si cela allait réduire le temps qu'il lui restait à vivre, qu'importe. Drago ne voulait pas fuir une fois de plus, allant lâchement dans les jupes de ceux possédant pouvoir.
Pour la première fois de sa vie, il préférait être courageux que de continuer à se plier aux moindres volontés des plus forts, qui lui assureraient sa survie.
Il allait trouver le moyen de récupérer son indépendance. Celle avec laquelle il se baladait tranquillement dans les couloirs de l'école, mains dans les poches, cravate presque défaite négligemment, chemise entre-ouverte, et avec les filles se retournant sous son chemin non pas par crainte mais par admiration.
Mais alors qu'il prenait une des plus grandes résolutions de sa vie, la douleur le plia en deux, et il avait sombré dans une sorte de coma délirant. Il y voyait sa mère mourir, ainsi que Lord Voldemort le pliant lui, un Malefoy, à sa volonté. Il le transformait en tueur de Sang-de-Bourbe, agissant dans l'ombre de son maître. Mais il avait senti soudainement sa douleur refluer. Pendant un instant il crut voir dans une divagation le visage inquiet de Granger, cette Sang-de-Bourbe qu'il haïssait tant. Ou plutôt, il haïssait ce qu'elle était. Non, il ne la détestait pas à cause de principe de Sang Impur, mais simplement car cette fille, elle, avait eut le courage de tenir tête au mage noir. Courage qu'il avait toujours envié, transformant cette quasi-admiration en haine.
Levant avec difficulté son bras engourdi, Malefoy observa la marque qu'il portait à l'avant-bras gauche… Il se figea. Il pouvait observer sa marque ?
Se relevant d'un coup sec, il ne fit même pas attention au fait que tout tourna autours de lui. Tout ce qu'il voyait, c'était ce maudit tatouage de magie noir qui était à nouveau visible. Il était seulement entouré de traces blanchâtres tout le long de cette marque, remplaçant les blessures qu'il s'était fait, vraisemblablement soignée.
Il se leva rageusement avant de se diriger vers la salle de bain. Certes, il était d'un côté soulagé de ne plus souffrir à cause de ses écorchures, mais son tatouage était à nouveau bien trop présent. Et puis, comment avait-il cicatrisé ? De toute façon, il ne se trouvait pas la motivation de se détruire à nouveau sa fine peau blanche. Aussi, il chercha une bandelette sur l'étagère de la pièce, comme apparemment il avait perdu celle qu'il portait auparavant. Avec ça, au moins, il pouvait cacher son avant-bras. Non pas qu'il eût peur du regard des autres s'ils voyaient sa marque, non ! Il voulait se la cacher à lui-même.
Le garçon remarqua très vite qu'il n'y avait pas ce qu'il désirait dans cette pièce. Il ressortit donc, frustré, et ferma la porte derrière lui. Il se stoppa net dans son mouvement.
Sur l'exact même canapé où il s'était réveillé, juste sur l'autre partie, se trouvait cette fille, endormie. Granger. Que faisait-elle là, une fois de plus ? Elle dormait d'un sommeil paisible, avachie sur le canapé. Il eut presque envie de lui faire un mauvais coup en la voyant, mais après réflexion le serpent renonça. L'espace d'une seconde, il ressentit ce que l'on pourrait appeler de la compassion, si on ne parlait pas de Drago Malefoy.
Après avoir soupiré d'exaspération en secouant la tête, il repoussa une mèche rebelle de son visage, avant d'apercevoir sur la cheminée ce qu'il cherchait un peu plus tôt. Mais que fichaient les bandages à cet endroit ? Décidant de réfléchir plus tard, il déroula la bande autours de son avant-bras gauche. Une fois qu'il jugea son résultat correct, n'attirant pas de trop l'attention mais recouvrant toute la marque, il s'apprêta à sortir. Une voix qu'il espérait ne pas entendre de la journée l'arrêta.
« Je ne m'attendais pas à ce que tu me remercie, mais que tu te sauves comme un voleur me semble bien lâche. »
Drago serra les dents. Encore ce mot, cette qualification. Non, il ne voulait plus être lâche.
Quand il se retourna, Hermione crut discerner une lueur qu'elle n'avait jamais vue dans ses yeux. De la… détermination ? Etrange. Elle faillit baisser les yeux de ce regard gris qu'elle n'avait pas croisé depuis plusieurs semaines. Mais elle tint bon et, impassible, elle montra le bras bandé de son homologue.
« Je suppose que tu veux pas m'expliquer.
-Bien supposé Granger. De toute façon, tu savais déjà que je ne suis pas blanc comme neige.
-Je ne parle pas de la marque Malefoy, répondit-elle au grand étonnement du garçon, mais de toutes ces coupures.
-Ce ne sont pas tes affaires, je te l'ai déjà dit. »
Mais le jeune blond sembla hésiter, et Hermione faillit insister. Il le sentit et se retourna donc vivement avant qu'elle ne cède à ses pulsions de curiosité, sortant de la pièce en la laissant plantée là avec une montagne de question.
