Un chapitre que j'avais adoré écrire, tellement que je me souviens encore parfaitement aujourd'hui -deux ans plus tard, tout de même-. Il était déjà long à ce moment, plus de 8 500 mots, aujourd'hui il en est à 10 219. J'aime vraiment beaucoup ce chapitre, j'espère qu'il en sera de même pour vous !

Merci encore, je vois que de plus en plus de personnes lisent ma fic, la suivent, la favorisent, et même la commente, et c'est du pur bonheur ! Malgré la rentrée prochaine, je vous promets de tout faire pour vous publiez les chapitre le plus vite possible !

Bonne lecture !


Chapitre 8: Le bal de Noël

De ceux qui étaient restés à Poudlard pour les vacances de Noël, nombreux trouvaient Hermione Granger anormale. Voir même totalement dingue.

Car après tout, quelle personne censée se lèverait tous les matins à huit heures pour aller dans la bibliothèque, et faisait ses devoirs dès le premier jour de liberté ? Même Ginny trouvait que son amie y allait un peu fort. Le jour où elle avait dit à la brune de se détendre et de profiter, elle avait haussé les épaules avant de se replonger dans un bouquin qui semblait ne pas avoir été ouvert depuis des décennies.

Ce que personne ne savait, pas même la rouquine, c'était que cela lui servait de focaliser ses pensées sur autre chose. Ainsi, elle faisait des recherches sur les horcruxes –et parfois, pour ses cours-. Et elle ne pensait pas sans cesse à l'avant dernier Weasley, qui était maintenant officiellement avec Lavande. Surtout que cette dernière était elle aussi dans la maison Serpentard depuis la fermeture de Gryffondor. Une véritable torture pour la lionne, qui sentait sa joie la quitter.

De plus, Malefoy passait le plus clair de son temps avec Greengrass, et Ginny avait une complicité de plus en plus forte avec Zabini, leurs sentiments restant pour le moment purement platoniques. Tout cela faisait qu'Hermione n'avait absolument rien d'autre pour se changer les idées. Alors elle se noyait dans ses recherches –qui en plus restaient infructueuses-. Elle avait donc fait une réserve de livre pour ses vacances, soigneusement cachés entre son lit et celui de Ginny, contre le mur. Elle allait bien finir par trouver quelque chose, ou au moins avoir une idée !

Et elle ne pouvait s'empêcher de se dire que si elle réussissait à relancer la chasse aux horcruxes, Ron et elle se réconcilieraient.

En pensant à tout cela, elle entra dans le bureau de McGonagall. La directrice l'avait demandée ce jour-là. Quand elle arriva, elle aperçut la directrice en grande discussion avec le professeur Flitwick.

« Je ne vous promets rien Filius, mais vous pouvez toujours essayez. Ah, miss Granger, dit-elle en voyant son élève. Merci d'être venue. »

Alors que le professeur de sortilège quittait la salle en grommelant, il faillit percuter le jeune homme aux cheveux blond platine qui entrait. Après un sourire presque moqueur pour son professeur qui ne mesurait pas plus de la moitié de sa taille à lui, il vint se poster à côté d'Hermione qui se demandait ce qu'il fichait ici. En toute logique cela voulait dire que ce que souhaitait leur dire McGonagall concernait leurs rôles de préfets-en-chef. Pourtant ils étaient plus ou moins libres durant les vacances, même leurs rondes nocturnes dans le château avaient été dispensées jusqu'à la reprise des cours. Ce qui manquait presque de temps en temps à la jeune fille, lors de ses insomnies.

« Bonjour, monsieur Malefoy. Bien, si je vous ai demandé de venir, c'était pour vous parlez du bal qui aura lieu après-demain… »

Lorsque le professeur de métamorphose dit cela, l'ancienne Gryffondor décrocha quelques secondes de ce qu'elle disait. Dans deux jours ? Elle ne le croyait pas si proche ! Plutôt une semaine plus tard, au moins… Et dire qu'elle n'avait pas été capable d'aller voir un garçon pour trouver un cavalier… Et bien sûr, aucun garçon n'était venu de lui-même. Cela ne l'étonnait pas, surtout avec la réputation de Sang-de-Bourbe chercheuse d'ennuis qu'elle avait. Mais malgré elle, elle en était blessée.

« … donc ouvrir le bal avec votre cavalier respectif. Cela ne pose pas de problème ? »

Paniquée, la jeune sorcière releva la tête d'un seul coup, regardant son professeur d'un air affolé. Ouvrir le bal ? Devant tous les élèves, car beaucoup étaient resté pour diverses raisons dues aux temps durs actuels, au centre de l'attention ? Oh non elle ne pourrait jamais… Elle avait réussi à passer par-dessus sa timidité et sa peur en quatrième année, mais elle n'était pas au centre de l'attention. C'était les champions du tournoi des trois sorciers qui l'étaient. Là, avec les pensées tyranniques qui se rependaient sur les nés-moldus… Elle pourrait même être sifflée et moquée de tous !

De toute façon, elle n'avait pas de cavalier.

Seulement, hors de question d'avouer cela devant Malefoy, et encore moins le fait qu'elle soit terrifiée par la perspective d'ouvrir le bal. Pourquoi avait-il fallut qu'elle soit préfet-en-chef… ?

Voyant qu'aucun de ses élèves ne comptait parler, la directrice continua, sans avoir remarqué la peur qui avait saisit la jeune brune, qui s'était dépêcher de rebaisser la tête pour ne pas avoir à expliquer son problème.

« De plus, en raison du nombres impressionnants d'élèves restés ici pour toutes les vacances, nous sommes actuellement en discussion pour organiser encore un petit quelque chose le soir du nouvel an. Nous avons conclut que, si nous acceptons de faire quelque chose, ce serait aux élèves de choisir le thème. Seulement, interroger les élèves serait non seulement long et fastidieux, mais surtout en donnant le choix nous ferons forcément des déçus. Plus qu'en imposant le thème nous-mêmes. Aussi nous avons décidé que ce sera vous, préfets-en-chef, représentant les élèves de cette école, de nous trouver un thème, une idée. »

Sans rien ajouter, elle congédia les deux élèves. En sortant de la pièce, Hermione commença immédiatement à se diriger vers le quatrième étage, où se trouvait la bibliothèque. Drago lui attrapa alors la manche, geste dont la jeune fille commençait à avoir l'habitude, la fixant de ses yeux d'acier.

« Granger, tu as trouvé qui comme cavalier ?

-Ça ne te regarde pas Malefoy.

-Bien sur que si. Je n'ai pas envie d'enfoncer n'importe qui en dansant tellement mieux que lui. »

Levant les yeux au ciel, la nouvelle Serpentard tenta de se dégager de la prise de son homologue ; impossible. Exaspérée, elle se promit de ne pas lui dire la vérité, et de trouver quelqu'un avec qui danser avant le surlendemain.

« Mais bien sûr. Maintenant, laisse-moi tranquille, tu verras bien. »

Surpris du ton assuré de la jeune fille, Drago se dit que finalement il s'était trompé. Elle avait peut-être été troublée pour autre chose finalement. Peut-être n'était-ce que son imagination qui lui avait joué des tours. Il la laissa donc, retournant lui-même à la salle commune des Serpentard, où se trouvait sans doute Astoria.

Mais Hermione, elle, changea l'endroit où elle comptait se rendre. Elle suivit le même chemin que Drago, avec une certaine distance pour ne pas qu'il la remarque. Elle ne savait pas vraiment par où commencer pour se trouver un garçon acceptant d'aller avec elle, mais essayer d'abord avec les anciens Gryffondors se trouvant chez les serpents ne lui semblait pas une mauvaise idée.

Alors qu'elle fut assez proche pour voir Drago avant qu'il ne tournât au détour d'un couloir, elle le trouva… différent. Elle remarquait finalement qu'il y avait quelque chose de changé.

Depuis quelques temps, et progressivement, il était de plus en plus relâché, moins strict. Alors que l'influence qu'exerçait Voldemort sur lui avez donné l'impression de devoir absolument être irréprochable, il recommençait à laisser sa cravate légèrement défaite, deux boutons de sa chemise ouverts. Il avait à nouveau son air décontracté -qui faisait encore plus fondre la plupart des filles-, et même l'ancienne rouge et or devait avouer qu'il avait un certain charme. Mais bien sûr, jamais elle ne le dirait à qui que ce soit qu'elle ne pensait pas que ce garçon est un crapaud.

Une fois dans la pièce centrale de la maison Serpentard, elle s'approcha d'un garçon occupé à observer une plante qu'il avait installé à côté de son lit. Grâce aux quelques jours de vacances, la salle commune avait été légèrement réaménagé, et désormais les anciens Gryffondors avaient un peu plus d'espace, de confort. Ils ne se marchaient plus sur les pieds des autres quand ils se déplaçaient, et ne tapait pas dans le matelas de quelqu'un à chaque fois qu'ils faisaient un mouvement.

Ce confort avait été offert par l'agrandissement magique de la salle commune des Serpentard ainsi, les anciens Gryffondor avaient enfin un véritable lieu de vie. Et ce, sans empiéter sur la partie faisant penser à un grand salon, avec sa table basse devant une immense cheminée, ses canapés verts et ses lampes diffusant une lumière verdâtre à laquelle la jeune brune avait eu du mal à s'habituer.

Serdaigle et Poufsouffle avait aussi eut droit à ce traitement, qui était d'ailleurs provisoire la rumeur disait que dès que les plan architecturaux seraient finis par le mage requis pour cette tâche, les dortoirs pourraient être agrandis. Enfin les élèves pourraient retrouver de véritables lits, de véritables dortoirs.

Hermione se rapprocha du jeune homme pour ne pas être entendu par les autres élèves se prélassant sans la pièce. Il ne détachait pas son regard d'une plante étrange, ressemblant à un cactus ayant des fleurs au bout de chaque épine.

« Neville ?

-Oui ? dit-il en jetant finalement un regard à son amie.

-Je me demandais… Ça te dirait de venir avec moi au bal de Noël ? »

Il releva la tête pour fixer l'adolescente, se demandant si elle ne plaisantait pas. Mais apparemment, non. Aussi, il répondit avec une grimace :

« Je suis désolé, mais j'y vais déjà avec Luna...

-Ah… Ben, pas grave alors, tant pis. »

Elle soupira de dépit, notant dans un coin de sa tête qu'elle trouvait la Serdaigle et Londubat, avant de se diriger vers un autre garçon. C'était toujours un ancien Gryffondor, pas question de demander à un de ces serpents ! Non seulement ils étaient insupportables, mais en plus si elle se voyait refuser son invitation ils ne se gêneraient de lui rappeler à tout bout de champ. De toute façon, aucun d'entre eux ne danseraient avec une Sang Impur.

Mais après avoir entendu de trois garçons, les uns après les autres, qu'ils étaient déjà avec quelqu'un, la belle commença à désespérer. Jusqu'à ce qu'elle le demandât à Seamus, qui semblait très heureux de se voir proposer d'aller au bal avec elle. Alors qu'elle riait à une blague qu'il avait faite par rapport à cette invitation, et qu'elle souriait de toutes ses dents pour avoir trouver quelqu'un pour ce bal, une sombre pensée traversa sa tête. Elle se sentit soudain un peu coupable vis-à-vis de Finnigan. Depuis quand elle utilisait quelqu'un pour parvenir à ses fins ? Car elle devait admettre qu'elle était aussi contente qu'il ait accepté que si ça avait été Neville, ou Dean. Elle voulait juste quelqu'un. Certes, elle se consolait en se disant que ce n'était que pour cette fois, et qu'après tout elle appréciait ce sorcier qui avait le don de tout faire exploser. Mais elle s'en voulait au fond d'elle d'avoir fait quelque chose qui lui ressemblait si peu sans remord.

~°oOoOoOoOo°~

Hermione arriva devant une Ginny furieuse vers seize heures de l'après midi, trois heures avant l'ouverture du bal. Se demandant la raison de la colère de son amie, la brune leva un sourcil d'interrogation.

« Tous les lieux où on aurait pu se préparer sont déjà occupés par des filles. Quand on était à Gryffondor au moins on n'avait pas ce problème ! Mais là, avec ces serpents qui ne pensent qu'à elles, et à nous mettre des bâtons dans les roues… On ne sera jamais prête à temps ! »

Amusée, sa meilleure amie ne put s'empêcher de sourire. Ce qui contraria plus encore la rouquine, qui allait sans doute s'énerver un peu plus en lui reprochant son attitude détachée alors que le bal commençait bientôt. Mais Hermione lui coupa l'herbe sous les pieds en disant :

« Ecoute Gin', détends-toi, prends toutes tes affaires de maquillages, de coiffures, ta robe et tes bijoux, bref tout ce dont tu vas avoir besoin, et je vais te montrer qu'on va être à l'heure, parce que non, toutes les pièces ne sont pas utilisées. » !

Sans en dire plus, elle attendit simplement que sa meilleure amie ait les bras chargés de tout ce qu'il lui fallait. Hermione ignora toutes les fois où, en préparant ses affaires, la rousse demandait où elle comptait l'emmener. De toute façon, la préfète savait pertinemment qu'il n'y avait aucun risque de trouver quelqu'un là-bas, et ce même sans avoir besoin de l'avis de Ginny qui connaissait par cœur quels endroits étaient plébiscités ou non.

Une fois arrivé au quatrième étage, devant le tableau du chevalier gardant l'entrée de la salle commune des préfets, elle montra son insigne. La Weasley comprit enfin où elles étaient, et avoua que c'était une excellente idée. Comme souvent avec Hermione Granger.

Cependant, le portrait sembla réticent.

« Je suis désolée ma mie, mais seuls les préfets peuvent entrés ici… Pas leurs amis… »

Aussi, la jeune fille lui fit un numéro de pauvre enfant n'ayant donc aucun endroit pour se préparer pour le bal alors que son prince charmant l'attendait, et devant faire une croix sur le plus bel amour de sa vie…

Avec plaisir, elle vit le chevalier soupirer, touché. Elle l'avait totalement embobiné, d'une manière que Ginny n'avait auparavant jamais vue venant de son amie. Cependant elle la suivit sans poser de question, bien trop impatiente de pouvoir enfin se préparer. En plus, elle savait qu'elle devait aussi s'occuper de la fille aux cheveux châtains, sachant très bien que sans la rouquine elle ferait le strict minimum…

Une fois à l'intérieur, les deux filles allèrent dans la chambre à la porte entourée de rouge. Ginny s'empressa de choisir avec soin chaque objet dont elle aurait besoin, alors qu'Hermione enfilait déjà sa robe. Le tissu tombant sur ses épaules était léger et transparent, et elle appréciait particulièrement le contact aérien de cette épaulette vert émeraude. En regardant Hermione, la cadette garda le silence. Inquiète, son amie demanda :

« Quoi ? Elle n'est pas bien ? Elle ne me va pas ?

-Non, répondit-elle en sortant de sa réflexion dont elle seule connaissait les détails, mais c'est juste que… Je ne m'attendais pas à ce que le vert t'aille aussi bien, je ne t'avais jamais vu avec cette couleur -bon, si, mais juste sur nos cravates-… Mais elle te va à ravir, vraiment ! »

Elle avait rajouté cette phrase en remarquant que son amie ne semblait pas convaincue. En même temps, elle marmonnait en réalité pour elle-même ce qu'elle disait juste avant.

Ginny étala alors sur le lit drapé de rouge d'Hermione toutes les affaires de maquillages dont elle aurait besoin. C'est à dire de nombreux fards à paupière, fond de teint, crayon et rouge à lèvres pour ne citer que ça en maquillage, ainsi que différends fers à friser, à lisser, et tout autre gadget pour s'occuper correctement d'une chevelure. Elle affirmait que « la magie est bien pratique pour être rapide, mais le faire soi-même est bien plus joli dans les détails. ». Enfin, elle enfila une magnifique robe or, mettant en avant sa chevelure rousse qui faisait ainsi penser à un joli feu doré. Légère, s'arrêtant au-dessous des genoux, elle voletait à chacun de ses pas. Il fallait l'avouer, elle avait du goût, sans doute plus que n'aurait jamais son amie.

Hermione sortit ensuite de la chambre, invitant la plus jeune à aller dans la salle de bain pour finaliser tout ça. Alors que la Weasley prenait tout ce qu'elle avait étalé sur le lit, tout en finissant d'ajuster les plis de sa robe, la préfète s'arrêta net. Dans la salle de bain, où la porte était entre ouverte, elle aperçut Drago. Il était vêtu d'un pantalon noir, d'une chemise noire et d'une cravate de la même couleur, et l'ancienne Gryffondor devina aisément la couleur de la veste du costume. Le prince des serpents était en train de se raser soigneusement.

L'apercevant dans le miroir, il finit cependant tranquillement de s'occuper de ce qui lui restait à enlever, avant de se retourner, observant de bas en haut la robe de la jeune fille. Celle-ci allait lui dire d'aller voir ailleurs, quand il saisit quelque chose sur la tablette au-dessus du lavabo. Il se retourna vers la sorcière et ouvrit la main, d'où tomba un pendentif qu'il laissa pendre en le retenant par la fine cordelette noire du collier. La fille ne put s'empêcher d'admirer le magnifique bijou. Un serpent vert émeraude entourait une épée en s'entrelaçant autours, la gueule du reptile se fermant sur le pommeau de l'arme.

« Je me suis dit, expliqua Malefoy en l'interrompant dans son admiration, qu'il irait avec ta robe. Donc je veux bien te le prêter. Mais ce ne sera que pour ce soir, ne l'oublie pas.

-Et pourquoi j'accepterais ? Non attends, d'abord, pourquoi tu me le proposes ? »

Incrédule, elle était cependant intéressée. Après tout, c'était une fille, et le collier était parfait, et s'accorderait parfaitement avec sa robe. Et ce même si c'était un serpent.

« Oui ou non Granger, tu te décides ? Je n'ai pas à me justifier. »

Sourcils haussés, elle ne put résister à prendre le collier, le serrant dans ses mains. Le passant autour de son cou, elle vit dans le miroir face à elle qu'il tombait parfaitement juste au-dessus de sa poitrine, ne pouvant pas passer sous sa robe, à l'endroit où il était le plus en avant.

« Je savais qu'il serait parfait. Il te va bien Granger. »

Étonnée par sa remarque, l'adolescente ne répondit rien, cherchant une trace de moquerie dans sa voix, mais il n'en était rien. Touchée, elle lui sourit, et il fronça imperceptiblement les sourcils, sortant de la salle de bain en disant qu'il avait fini pour sa part.

« Et arrête de sourire bêtement, ajouta-t-il par-dessus son épaule. »

Il ne s'en voulait pas de lui avoir prêté ce collier, car il allait réellement à ravir avec la robe. Mais que Granger lui fasse un sourire sincère, à lui, était extrêmement déconcertant. Il s'était promis de ne pas trop faire trop souvent plaisir à cette Sang-de-Bourbe, malgré le service qu'elle lui rendait. Mais ça avait été plus fort que lui lorsqu'il l'avait aperçu ressortant de sa chambre avec cette robe, plusieurs jours auparavant. Elle se croyait alors seule dans les appartements, et elle avait essayé trois robes en se regardant à chaque fois dans le grand miroir de la salle de bain. Dans sa chambre, la porte entre-ouverte, il avait semblé à Drago qu'elle avait une préférence pour celle-ci. Aussi, il avait fouillé dans ses affaires pour retrouver ce pendentif qu'il avait depuis sa première année à Poudlard. Il l'avait préparé, dans le cas où il avait eu raison et qu'elle porterait cette robe vert émeraude…

Et donc, en la voyant dans la salle de bain, il n'avait pu résister à lui proposer.

Drago vit alors un incendie vivant passer devant sa porte. Car oui, Weasley était un brasier, ce qui allait sans doute faire rire et plaire à Blaise. Le blond se demandait d'ailleurs comment leur relation pouvait être toujours aussi amicale, sans le moindre baiser. Pourtant, il était clair qu'ils étaient amoureux, autant l'un que l'autre, et cela bien que son ami ne lui ait pas avoué. Lui, une fois amoureux, il se jetterait direct dans les bras de la fille qu'il aura choisi…

« Hermione, je vais commencer par te préparer ! Il ne faudrait pas que tu sois en retard alors que tu dois ouvrir le bal ! »

En entendant cette dernière précision, elle se retint de soupirer, revenant à la réalité. Elle allait devoir danser, être le centre d'attention… Lorsqu'elle en avait parlé à Finnigan, il avait semblé plutôt content. Ce qui était très loin d'être le cas de sa cavalière. En voyant son amie qui semblait appréhender cette danse d'ouverture, Ginny commença à lui parler tout en coiffant ses cheveux rebelles, qu'elle avait pourtant lavés à l'avance le matin même :

« T'inquiètes pas Hermione ça va bien se passer. Je t'ai déjà vu danser, il y a trois ans, et tu avais assuré. »

Il y a trois ans…Oui, elle avait dansé avec Viktor Krum, avec plaisir, malgré leur devoir d'ouvrir le bal. Mais là, ils étaient quatre couples, et non seulement deux. Là, si elle faisait un faux pas, elle pouvait être certaine qu'au moins une personne le remarquerait. Au moins. Et surtout, rien ne lui serait pardonné. Elle était une Sang-de-Bourbe.

Alors qu'elle mettait un dernier coup de brosse, Ginny lui demanda quelle coiffure son amie avait prévu de faire pour cette soirée.

« Juste les lisser un peu, rien de plus spécial.

-Ah non, refusa catégoriquement la rouquine. Tu es irrécupérable. Donc je vais te faire la coupe dont l'idée m'est venue en te voyant. »

Et elle attrapa avec agilité un peigne et mit une raie de côté à la belle, qui se croyait chez le coiffeur, comme chez les moldus. Elle ne comprenait pas la moitié des gestes précis et efficaces de son amie, ni tous les objets qu'elle utilisait. Mais elle voyait au fur et à mesure une magnifique coiffure naitre, du moins lorsqu'elle n'avait pas de mèches devant les yeux. La plupart de ses cheveux furent tirés en arrière en une natte serrée contre sa tête, faisant office aussi de chignon, et des mèches bouclées sortaient çà et là, notamment du côté gauche. Sa natte-chignon se terminait elle-même en de jolie petite boucle.

« Voilà Hermione, c'est fini ! J'avais vu juste. Le visage dégagé, ça te va bien. »

Souriant dans le miroir à son amie, celle-ci se plaça devant elle, un arsenal de maquillage dans les mains. Jaugeant l'ancienne rouge et or de bas en haut, son regard s'arrêta sur son nouveau pendentif.

« Il est magnifique ! Mais tu le sors d'où ? Je croyais que tu n'avais pas de collier à mettre avec cette robe et… Mais c'est un serpent ?

-Oui, répondit Hermione, gênée et hésitant à lui dire de qui venait ce cadeau emprunté. Il allait bien avec ma robe… »

Heureusement pour la jeune fille brune, son amie changea elle-même de sujet, sans doute à cause de sa concentration dans sa tâche de préparatrice. Elle regarda la brune avec attention.

« Bon. Je ne vais pas te maquiller en vert, ça ferait trop… trop. Il me faut une couleur pâle pour aller avec ton teint et la robe. Hum… Oui, dit-elle en prenant divers objets de son arsenal, posant le reste, ces couleurs seront très bien. Et puis ça… Ah voilà avec ceci, ce sera bien »

Hermione sourit en regardant son amie faire. Elle était vraiment incroyable parfois.

Ginny dit alors à son amie de lever les yeux au ciel. Elle lui mit un trait de crayon noir très fin, à peine perceptible mais qui mettait pourtant son regard chocolat en valeur, avant de lui ordonner de fermer les yeux. Elle appliqua pendant plusieurs minutes du fard à paupières avec des pinceaux et peaufinant à coup de coton, avant d'utiliser un de ses pinceaux spécial ses paupières pour arranger le tout. Elle rajouta ensuite encore un peu de maquillage, avant de s'arrêter, observant le résultat sur les yeux clos d'Hermione, avant qu'elle ne les ouvre à sa demande. Satisfaite, elle rajouta une touche de mascara, attrapa le fond de teint qu'elle avait préalablement choisit précisément parmi la dizaine qu'elle avait, et l'appliqua très légèrement. Juste de quoi mettre son teint naturel en avant, avec une légère touche de blush. Elle rajouta un peu de rouge à lèvre, rosé car le rouge aurait trop contrasté avec son visage assez pâle.

Quand la cadette Weasley se poussa pour laisser son amie se voir dans le miroir, celle-ci n'en crut d'abord pas ses yeux. Puis elle pensa que sa meilleure amie avait vraiment un don pour mettre les atouts des personnes en avant. Ainsi, son visage fin était souligné par quelques mèches brunes voletantes, et ses yeux, noisette avec la luminosité de la pièce, ressortaient agréablement sous un maquillage rosé très pâle, qui s'accordait avec l'émeraude de sa robe.

« Waouh Gin'… Merci beaucoup !

-C'est rien, dit-elle en haussant les épaules, tu es jolie même sans tout ça, mais alors là tu seras la plus belle de la soirée ! »

Appréciant le travail de son amie en ne cessant de remarquer des détails qui rendaient le tout si harmonieux, la rouquine demanda cependant à Hermione de sortir pour la laisser se préparer. Retournant dans sa chambre, la préfète regarda la montre posée sur sa table de chevet : dans moins d'une demi-heure, le bal allait commencer. Sa meilleure amie avait perdu beaucoup de temps à s'occuper d'elle, et n'avait presque plus de temps pour s'apprêter elle-même.

C'est parce que la rouquine avait justement pensé cela que l'ancienne Gryffondor, alors qu'elle jouait avec son collier, vit Ginny ressortir un quart d'heure plus tard seulement. Les cheveux légèrement ondulés, elle les avait fixés de façon à ce qu'il semble plus court. Deux mèches encadrant habituellement son visage de chaque côté avaient été nattés vers l'arrière, se rejoignant derrière sa tête en une seule natte se mêlant au reste de sa chevelure rousse. A chaque mouvement, un feu semblait s'allumer dans ses cheveux, impression accentuée par sa robe. Ses yeux étaient à peine maquillé de doré, et ses lèvres recouvertes de rouge à lèvre. Oui, elle était définitivement très douée, ce que son amie n'avait jamais manqué de lui faire remarquer.

Elle portait déjà ses ballerines à talons dorées, et Hermione s'empressa de mettre ses propres chaussures, possédant des talons que quelques centimètres, d'un joli vert.

Hermione voulut faire une blague, lui dire que Zabini allait beaucoup apprécier, qu'il n'aura d'yeux que pour elle ce soir… Mais aucun son ne sortit de sa gorge. Elle se sentait oppressée à l'idée de ce qu'elle allait devoir faire.

« Allons-y Hermione ! »

Elle était resplendissante de bonheur, et son amie lui pris le bras, comme elle le faisait à chaque fois qu'elle avait peur. Ou qu'elle était très heureuse. Ou qu'elle lui était redevable pour quelque chose. Et dans cette situation, c'était pour les trois.

La plupart des élèves entraient directement dans la Grande Salle, mais plusieurs se mettaient de côté pour attendre leur cavalier ou leur cavalière. Deux en particulier se trouvaient à l'écart, s'étant écarté de la foule d'élèves qui attendaient ce moment avec impatience.

Seamus et Astoria étaient déjà là et attendaient leur partenaire. Hermione arriva alors, toujours au bras de Ginny. Elle la lâcha pour la laisser rejoindre Blaise qu'elle avait vu pas très loin, rejoignant elle-même Seamus. Ce dernier lui fit une courbette.

« Je ne savais pas que c'était une princesse qui m'avait invité pour ce bal. »

Rougissante, elle accepta la main qu'il lui tendait. Quand il releva la tête, ils éclatèrent tous deux de rire, et Greengrass les regarda d'un œil critique et mauvais sans rien dire. Le professeur McGonagall les rejoignit alors. Elle les observa les uns après les autres pour vérifier qu'ils étaient impeccables. Décidemment, elle n'aimait pas quand ce n'était pas parfait.

« Puis-je savoir où est monsieur Malefoy ?

-Ici même ! »

Descendant les marches d'où il avait répondu au professeur, Drago rejoignit les trois autres adolescents avec indolence, laissant Astoria le prendre par le bras. Il jeta alors un coup d'œil à l'autre fille, arrêtant un moment son regard sur le serpent enroulé autour de l'épée, avant que la directrice ne le sorte de ses pensées.

« Il est l'heure jeunes gens. J'espère que vous ferez honneur à votre maison ! »

Cette phrase, prononcée de façon innocente, cachait un double-sens que tous comprirent. Car si tous quatre étaient théoriquement de la maison Serpentard, le couple d'Hermione représentait en réalité les Gryffondor, leurs vestiges. Il était hors de question que des serpents puissent sembler plus doués et plus beaux que les lions ce soir-là.

Attrapant le bras de son cavalier, l'ancienne rouge et or avança avec appréhension vers la porte de la Grande Salle. Heureusement, son duo entrait en second. Les véritables vert et argent marchaient devant eux. La miss nota d'ailleurs avec joie que Greengrass semblait épanouie, ainsi auprès de Drago. Mais elle vit alors quelque chose qui la troubla, juste avant d'entrer sous les applaudissements des élèves. Car l'amie du prince des serpents avait elle aussi une robe verte. Robe qui serait donc parfaitement allée avec le pendentif de Malefoy. Qu'il avait offert, non pas à Astoria, mais à celle qui avait longtemps été son ennemie jurée.

Cependant, Hermione ne put pas s'interroger davantage sur ce détail. Ils étaient arrivés au centre de la Grande Salle, spécialement décorée de couleurs vives. Les bougies voletant habituellement dans le ciel avaient été remplacées par des boules à facette et le ciel magique était noir, cachant le plafond. Tout au fond de la pièce, là ou mangeait habituellement les professeurs, avait été monté une scène, où se trouvait un chœur et un orchestre.

La musique démarra alors que la jeune fille était en pleine contemplation, et elle attrapa avec empressement l'épaule de son cavalier, qui prit sa main et sa taille. Elle dansa la valse avec facilité, son ami la menant, la dirigeant, l'aidant à ne pas faire de faux pas. Ceci permit à Hermione de chasser sa peur, profitant de la musique. Elle sentait même un certain calme l'envahir alors qu'elle dansait en rythme. Elle avait toujours adoré danser. Cependant, les regards de ses camarades l'empêchaient de totalement se laisser aller, et se fut avec joie qu'elle entendit la musique se terminer suivit de McGonagall qui invitait les couples à aller sur la piste de danse.

La jeune fille resta encore avec Finnigan pour une danse.

Elle changea de cavalier avant le début de la troisième, se retrouvant face à Ginny qui abandonnait Blaise pour cette danse. Quand les regards des deux amies se croisèrent, alors que la musique démarrait, elles se retinrent d'éclater de rire quand elles se mirent à danser. La rouquine prit au début le rôle du garçon, la jeune brune étant la fille, avant qu'elles ne décidassent de changer. Il était extrêmement difficile pour elles de rester sérieuses, et quand Pansy Parkinson les regarda comme des extra-terrestres elles se mordirent les lèvres pour se contenter de pouffer discrètement, jugulant le fou rire qui les menaçait.

C'est alors que, à la fin de cette danse, elles improvisèrent le théâtre de deux jeunes gens s'aimant mais malheureusement obligés de se séparer. Après avoir bien ri, elles retournèrent chacune de leur côté chercher un cavalier. La fille aux cheveux châtains tomba ainsi sur Ronald Weasley. Le frère de Ginny cherchait une cavalière, et ils se retrouvèrent face à face. Le garçon pour lequel elle avait tant pleuré, et dont elle avait tout fait pour ne pas y penser –en vain- se tenait devant lui. Tentant le tout pour le tout, l'adolescente s'approcha de Ron pour danser avec lui. A son grand soulagement, il accepta. Mais il ne pipait mot et restait lointain.

« Tu me manques Ron…

-Hermione, dit-il exaspéré, c'est facile pour toi de venir me voir et de me dire ça ! Mais il fallait peut-être réfléchir un peu avant de me laisser tomber comme tu l'as fait…

-Mais tu ne m'avais même pas laissé t'expliquer pourquoi ! Il se trouve que Malefoy…

-Qu'est-ce qu'il vient faire dans tout ça lui ?

-Tout ! Il se trouve que c'est parce que je l'observais que j'étais moins souvent là, je savais qu'il cachait quelque chose… Oh Ron, il n'est pas si mauvais que ça au fond ! »

Bon, certes, elle avait parlé un peu vite concernant Drago. Il la traitait encore souvent comme une moins que rien pour son sang impur, et appréciait toujours se moquer d'elle… Mais tout de même. Il n'était pas du côté de Voldemort, ce qui était déjà beaucoup par rapport au garçon qu'elle avait haït pendant six ans. Non pas qu'elle le haïssait plus mais…

En réalité, si. Elle ne le haïssait plus. Elle le réalisa si soudainement qu'elle faillit trébucher sur le pied de Ron alors qu'elle terminait tout juste sa phrase. Non, malgré elle, elle n'arrivait plus à le haïr de tout son cœur.

Mais le roux ne l'entendait pas de cette oreille. Il la regardait comme si elle s'était transformée en monstre.

« C'est pour ça ! Ma parole, Lavande avait raison ! Si tu veux sortir avec Malefoy, c'est ton problème, mais tu aurais au moins pu me dire que tu tombais amoureuse au lieu de me laisser espérer !

-Mais qu'est-ce que tu racontes, je n'aime pas…

-Mais oui, dit-il sarcastiquement, bien sûr ! Fais l'innocente maintenant Hermione ! Mais c'est toi qui m'as trahi, pas l'inverse ! Alors vas-y, va vivre ton amour avec ton mangemort, mais ne m'approche plus ! »

Sur ce, il la planta là, au milieu de la piste de dance. La chanson continuait tranquillement, alors qu'Hermione suivit des yeux la tignasse rousse de son ami… S'il l'était toujours.

Bouleversée, elle resta sans bouger plusieurs secondes, avant de se précipiter hors de la salle. Elle espéra vaguement qu'elle n'attirerait pas l'attention des élèves assis à côté de la piste de danse. Sortant du château, elle se précipita vers un arbre qui se dressait non loin. Elle tenta de calmer sa respiration, chaque inspiration lui brûlant la gorge et chaque expiration lui rappelant sa souffrance. Elle se refusait de pleurer à nouveau. Pas encore pour cet imbécile. Non, c'était hors de question. Non.

Alors qu'elle luttait contre elle-même, elle ne remarqua pas le changement de style des musiques venant de la Grande Salle, devenant bien plus rock et mouvementé et donnant envie de lâcher toutes ses forces en dansant. Non, elle n'y fit pas attention. Car si quelque chose dansait pour Hermione, c'était le visage de Ron tel qu'il l'avait regardé pour la dernière fois. Avec dégoût, horreur et écœurement.

Elle ne saurait dire combien de temps elle resta ainsi, contre cet arbre. Concentrant son regard sur la lune, haute dans le ciel, pour s'empêcher de céder au caprice de son désespoir.

« Je trouverai dommage que tu salisses cette robe avec de la terre. Elle va si bien avec mon collier. »

Se retournant vivement, Hermione aperçut Malefoy s'approcher, jusqu'à se trouver juste à côté d'elle. Il l'observait dans le clair-obscur offert par l'astre lunaire. N'étant pas d'humeur, elle se contenta de grogner :

« Dégage Malefoy…

-Pas très sympas de me dire ça. Il te manquerait un petit quelque chose sans mon collier, et donc sans moi, tu ne peux que l'avouer. »

Loin d'admettre une telle chose à ce garçon prétentieux, elle se releva soudainement, laissant sa colère éclater. Malheureusement, elle ne se défoula pas sur la bonne personne, celle qui lui avait causé toute cette fureur :

« Non Malefoy, c'est plutôt parce que tu es là qu'il me manque une grande chose ! Parce que je t'ai aidé, mon petit ami m'a jeté ! Mais bien sûr, monsieur est trop égoïste pour comprendre ça ! »

Essoufflée pour avoir crié sur le jeune homme, fatiguée par toutes ses émotions et lassée par ce que lui faisait Ron, elle s'interrompit.

Le silence régna quelques instants. Le Serpentard fini par le briser d'une voix froide.

« C'est bon, tu as fini ? »

Drago semblait crispé, mais il faisait tout pour se contrôler. Normalement, il aurait étranglé quiconque se serait permis de lui parler comme ça. Hochant de la tête en sachant pertinemment qu'il ne verra pas le geste, Hermione se laissa à nouveau tomber au sol. Malefoy s'accroupit, vérifia que la terre n'avait pas une seule goutte d'humidité, et s'assit à côté d'elle.

Ils restèrent comme ça de longues minutes, durant lesquelles la jeune fille essayait d'évacuer sa rancœur. Finalement, elle demanda d'une voix faible :

« Qu'est-ce que tu fiches là ? Pourquoi tu n'es pas avec Greengrass ?

-Ah non, répondit-il en grimaçant, me parle pas de retourner la voir, pas ce soir. Elle était avec Pansy toute la soirée, et j'étais obligé de la suivre. Lorsque je suis partie elles étaient déjà en train de planifier un plan à trois. Heureusement j'ai réussi à m'échapper… »

Hermione ne put s'empêcher de rire faiblement, et pendant quelques secondes Drago fut content de l'avoir fait sourire à nouveau. Puis se demanda ce qu'il lui prenait de penser une telle chose par rapport à cette Sang-de-Bourbe.

« Dis Malefoy, commença la jeune fille, pourquoi tu n'as pas prêté ce collier à Greengrass ?

-Parce que je n'avais pas vu sa robe avant ce soir. Et parce qu'avec elle je savais qu'elle ne me le rendrait jamais.

-Ah… Et d'où vient-il ?

-Je l'ai reçu pour mon entrée à Serpentard, il y a sept ans. »

La jeune fille était en train de jouer avec le pendentif, l'admirant au clair de lune quand il lui répondit. Elle le lâcha tout de suite.

« Ah ! Mais je ne peux pas t'emprunter un objet aussi important ! »

Et en plus, c'était typiquement le collier qui se passait de père en fils, et elle se voyait mal porter un collier qu'avait un jour mis Lucius Malefoy.

« Je m'en fiche, il n'a aucune valeur pour moi, répondit-il, avant de voir l'expression agitée de l'ancienne rouge et or. Enfin bon, si tu ne le veux plus, tu peux me le rendre. »

Hésitante, elle décida finalement de le garder. Il était vraiment très beau, et ce n'était que pour une soirée. Qu'avait-elle à perdre ?

Elle le garda.

Regardant le ciel nocturne, elle resta silencieuse. Elle pensait à Ron, encore et toujours. A ce qu'il avait osé dire. Elle, amoureuse de Malefoy ? Mais où était-il aller chercher ça ?! Elle se rappela alors exactement ce qu'il avait dit. « Lavande avait raison ! » Donc cette fille lui avait retourné le cerveau. Furieuse, Hermione serra les poings. Comment avait-il pu se faire avoir aussi facilement ? Après tout ce qu'ils avaient vécu ensemble ! Le vide qu'avait laissé Harry derrière lui se fit plus pesant encore sur l'adolescente. Qu'en penserait-il, lui ? Elle était sûre qu'il n'aurait pas eu une réaction aussi puérile !

« Tu sais Granger, si tu veux te venger de Weasmoche, c'est pas en restant ici que tu y arriveras. Mais plutôt en retournant à la fête, et en t'amusant. »

Elle le regarda, ou du moins regarda la silhouette de son visage dans l'ombre lunaire. Il l'avait sorti de ses pensées en disant ça. Or, vu la teneur de ce qu'elle ruminait, elle n'était pas d'humeur à aller se faire plaisir.

Cependant, le blond se leva, et lui tendit la main. Elle avait le choix, continuer de s'apitoyer sur son sort, ou relever la tête. Et c'était Drago Malefoy qui lui offrait cette possibilité. Alors que ses plus chers amis n'étaient pas présents pour elle, Ronald trop occupé avec Brown, Harry mort, Ginny avec son Serpentard… La seule personne étant face à elle, lui tendant une main salvatrice, était son plus vieil ennemi. Mais il n'était plus temps de cogiter. Attrapant la main aux doigts fins du garçon, non sans ressentir cette impression de faire quelque chose de totalement loufoque, elle le fixa avant de se relever. Qui l'eut cru ? Elle se redressait avec l'aide de la main de Malefoy pour se relever sans ressentir de dégoût, bien au contraire. Elle lui était même reconnaissante. Il était le seul à avoir été là pour elle ce soir, après tout.

« Qui est le vrai Malefoy ? Celui qui traine dans la boue tous ceux qu'il juge le mériter ou celui qui est en train de m'aider ?

-T'inquiète pas Granger, répondit-il simplement, c'est juste parce que tu as été cool avec moi. »

Alors qu'elle avait fini de prendre appui sur sa main, le regard de Drago se perdit dans le vide. Elle n'avait pas tort. Certes, il n'était au départ pas sorti de la salle du bal pour elle, mais pour échapper à Pansy et Astoria qui commençaient sérieusement à avoir trop bu. Mais il l'avait vu, un peu plus tôt, quitter la salle en courant, et il ne l'ayant pas revu après cela. Il avait décidé d'aller voir dans les parages si elle y était ; et en effet, il l'avait retrouvée affalée contre un arbre, abattue. Mais quelle mouche l'avait piqué pour l'avoir… Réconforter ?

Non, il lui avait juste donné un coup de main, pour qu'elle continue à l'aider. Mais pourtant, au fond, il voulait réellement la voir prouver à Weasley qu'elle se débrouille très bien sans lui. Il ne fallait pas qu'il se mette à montrer qu'il peut être gentil. Mais ça, il avait du mal, avec cette fille. Surtout qu'il fallait avouer qu'elle était superbe ce soir-là. Mais c'était son ennemie… ou du moins, ce n'était pas son amie. Il fallait donc qu'il se reprenne. Seulement, pas ce soir. Il n'en avait pas envie, de recommencer à lui faire la guerre.

« Granger, j'ai une proposition. Une trêve, mais juste pour ce soir hein. Tu ne te remets pas à me crier dessus et à m'insulter, et je ne te ridiculise pas.

-Tu ne serais pas capable de ne pas m'insulter durant tout le reste de la soirée, sauf en m'évitant. Et encore.

-Tant pis pour toi, dit-il en haussant des épaules, mais tu vas devoir te trouver un nouveau cavalier. Comme il ne te trouvait plus, Finnigan danse maintenant avec une Serdaigle. Et je te vois mal montrer qu'il ne te manque pas quelqu'un en te ramenant sans personne. »

Il lui lâcha la main qu'il tenait depuis qu'elle avait saisi la sienne, comme elle ne semblait pas s'apprêter à le faire. Ce contact, qui l'aurait tant dérangé quelques mois plus tôt, ne le rebuta pas. Granger était vraiment en train de lui retourner le cerveau, à toujours avoir besoin de quelqu'un pour lui sauver la mise. Il devait arrêter de jouer le chevalier servant. Il ne l'était pas. Et en plus, sa dette était maintenant payée depuis un moment, à force !

Il retourna finalement au château en la plantant là. Mais il n'avançait pas vite. Il allait même à une vitesse de limace, espaçant lentement ses pas. Il commençait à connaitre Hermione, il savait qu'elle allait le rattraper, et accepter. Il avait dit exactement ce qu'il fallait pour que ça arrive. Après tout, on ne refuse pas une telle offre d'un Malefoy, surtout pour une Sang-de-Bourbe.

Et il nota avec satisfaction que tout se passa comme il avait prévu. Elle le rattrapa, tout d'abord. Elle allait bientôt accepter. Trois, deux, un…

« Attends ! lança Hermione en se mettant face à lui pour l'arrêter. Tu jures de ne pas me faire de crasse ?

-Je ne sais pas si tu crois en ma parole, mais oui. Je raterais pour rien au monde l'occasion de rabattre le caquet de Weasley. »

Il lui tendit son bras, et elle hésita quelques secondes avant le prendre de sa main gauche. Ils offraient un spectacle plus qu'étonnant quand on connaissait le passé des deux jeunes gens.

C'est sans doute pour cela que, les voyant entrer ainsi dans la Grande Salle, les élèves se passèrent rapidement le mot que la Sang-de-Bourbe était au bras du prince des serpents. Heureusement pour Drago, qui eut un instant peur pour sa réputation, tous furent d'accord sur le fait que le Serpentard menait l'ancienne Gryffondors en bateau. Tous en parlant devant le bar où il chercha deux verres, le réputé Drago Malefoy se faisait juste plaisir d'avoir une nouvelle conquête. Une conquête qui lui avait d'ailleurs longtemps tenue tête jusqu'à ce jour.

Décidemment, sa renommée de tombeur n'était plus à faire.

Mais sa nouvelle cavalière, elle, se fichait qu'il l'utilisât ou non. Tout ce qu'elle voulait, c'était se venger de Ron. Qui était d'ailleurs en train de bécoter cette peste de Lavande, ignorant totalement l'existence les rumeurs qui s'étaient mises à courir sur Hermione et Drago. Même quand Hermione prit le verre que lui tendit le Serpentard, elle ne put décrocher son regard des deux tourtereaux. Ils lui donneraient presque envie de vomir.

Submergée par la rage, elle se crispa. Le blond suivit le regard de sa cavalière, et avisa Weasley faisant le fier devant sa nouvelle petite amie. Ou plutôt devant le substitut d'Hermione, car cette Brown n'était que cela. Le roux était pathétique, la veste de son costard enlevée sans doute, il ne lui restait qu'une belle chemise blanche immaculée. Ce que remarquèrent les deux adolescents.

Lorsque la jeune fille s'avança vers eux, son partenaire suivit le mouvement.

Dansant vaguement pour s'approcher discrètement, Hermione attendit d'être sure d'elle, assez proche pour ne pas échouer dans son entreprise, la main fermement tenu sur son verre.

Et alors que les amoureux s'embrassaient pour la millième fois de la soirée, Ron Weasley sentit un liquide glacé lui tomber dessus. Le jus de citrouille tombé d'où il ne savait d'où mouilla toute sa belle chemise, qui perdrait sans doute de sa blancheur même en la lavant plusieurs fois. Fixant d'abord Lavande sans comprendre, il se tourna ensuite vers l'endroit d'où semblait être venue la boisson. Il crut s'étrangler en voyant Hermione aux côtés de Malefoy, tous deux le sourire aux lèvres. Il espéra d'abord que c'était un hasard qu'ils se trouvassent à côté de lui à ce moment-là, ne croyant pas Hermione capable de l'humilier comme ça. Mais c'était avant de remarquer leur verre vide, et surtout le sourire moqueur que lui adressait son ennemi. Et son ancienne amie affichait aussi le même sourire, malgré ses yeux qui lui lançaient des éclairs. Et il comprit que c'était une pure vengeance. Enervé, il se leva avec colère. Il faillit lancer une remarque acerbe, avant de se dire qu'il n'avait aucune chance d'avoir le dernier mot avec ces deux-là réunis.

Les deux Serpentard, eux, avaient au début été sans doute aussi surpris que le rouquin. Car quand Hermione avait déversé le contenu de son verre sur son ex petit ami, elle fut surprise qu'il fût aussi trempé. Elle avait eu le temps de se dire qu'elle n'avait vraiment pas remarqué qu'elle avait autant de jus dans son verre avant de sentir un regard sur elle, qui n'était pas celui du Weasley. C'était celui de Drago. Elle avait remarqué son air étonné et son sourire en coin, avant que le regard du blond ne se fixât sur le verre de la jeune fille, et celle-ci avait alors remarqué que celui de son cavalier était lui aussi vide. Elle avait fixé le garçon avec étonnement. Puis elle avait vu que Malefoy fixait leur victime, qui commençait sans doute à comprendre ce qu'il s'était passé, et elle avait tourné les yeux vers lui à son tour. Totalement satisfaite de son air ahuri, elle lui avait souri de cette manière qu'elle savait horripilante, pour y avoir eu droit de nombreuses fois de la part de Drago.

Juste après que Ron se fut levé, il sembla hésiter une demi-seconde, et son ancienne amie en profita. Elle dit avec innocence, mais armée d'un sourire qui trompait de façon délicieuse son ironie :

« Oups pardon, j'ai glissé… »

Evidemment conscient qu'elle se moquait de lui, il partit d'une démarche furieuse. Lavande, après un regard noir pour la lionne -qui n'en fut pas le moins du monde impressionnée-, lui courut après en l'appelant par le surnom le plus stupide qu'aient jamais entendu les deux Serpentard :

« Ronron ! Mon Ronron, attends-moi ! »

Suivant des yeux la fille jusqu'à ce qu'elle disparaisse de son champ de vision, Hermione ramena enfin son regard vers son partenaire. Ils se regardèrent sans ciller, sans sourire, pendant quelques secondes. Puis, sans prévenir, ils éclatèrent de rire au même moment, se répétant en boucle toute la scène. Car il y avait de quoi rire. Sans se concerter, les deux adolescents avaient eu la même idée, ridiculisant deux fois plus le rouquin. De plus, le roux avait semblé si offusqué que c'en était risible. Et puis ce surnom…

Les deux adolescents se calmèrent au bout de quelques minutes où ils se forçaient à respirer un bon coup mais ne pouvaient s'empêcher de rire à nouveau en croisant le regard de l'autre. Ils durent reprendre leurs souffles. Se posant sur des chaises contre le mur, pas vraiment occupées car beaucoup d'élèves profitaient de la musique rock, ils partagèrent encore quelques rires sans même se parler, avant qu'Hermione n'expire un grand coup, puis lâcha de façon à peu près sérieuse :

« Ça fait vraiment du bien… Merci Malefoy.

-Pas de quoi Granger, le spectacle m'a plu aussi… Oh Ronron ! s'exclama-t-il en mimant la voix aiguë de Brown, mon Ronron ! »

La jeune brune se tordit à nouveau de rire, et ils ne purent plus rien dire une fois de plus avant un moment. Réunissant tout le sérieux qu'il avait encore, c'est-à-dire pas beaucoup, Drago ajouta :

« Non mais sérieusement, il a pas de fierté ce mec ou quoi, parce que pour se faire appeler Ronron… »

Son dernier mot fut presque totalement recouvert par son pouffement, et ils restèrent longtemps à se moquer des deux anciens Gryffondors tellement ridicules, et ainsi si fusionnels… Rire ainsi sur son amie remonta vraiment le moral de la fille, et elle se félicita d'avoir suivi Drago.

Ce dernier quant à lui avait ce magnifique moment gravé dans sa mémoire. Il pourrait encore en parler des années plus tard, de cet instant, simple mais tellement bon. Où non seulement il avait ridiculisé un Weasley, mais où il avait aussi été étonné de voir Granger faire exactement ce qu'il avait eu en tête en se rapprochant avec elle des deux pitoyables tourtereaux. Et il se souvenait parfaitement du regard qu'elle lui avait jeté en comprenant cette symbiose de quelques secondes.

Une voix nasillarde le sortit de ses pensées.

« Ah Drago ! On t'a enfin retrouvé ! »

Il releva la tête avec lassitude. Pansy se trouvait face à lui, et il apercevait la robe verte d'Astoria alors qu'elle se frayait un chemin pour les rejoindre. Un verre à la main, Parkinson paraissait être dans un état encore pire que celui dans lequel il l'avait laissé plus tôt. Ce qui était aussi le cas de Greengrass. Au départ, Drago avait trouvé vraiment bonne l'idée d'ensorceler leur verre pour que le jus de citrouille versé dedans se transforme en alcool, maintenant il en doutait. Ces deux filles étaient insupportables, soûles.

Découvrant la présence de Granger avec lui, Parkinson grimaça de façon exagérée pour lui montrer sa rancœur. Elle dit de cette voix qui agaçait tant l'ancienne Gryffondor :

« Et qu'est-ce qu'elle fiche ici la Sang-de-Bourbe ?

-Elle me tient compagnie parce qu'elle au moins elle ne boit pas jusqu'à avoir des idées bizarres.

-Te tenir compagnie ? Et puis quelles idées bizarres Drag' ? »

Greengrass venait de les rejoindre, et avait elle aussi fixé avec animosité l'ancienne rouge et or. Se penchant vers Malefoy, mettant en avant son décolleté, elle lui souffla à l'oreille quelque chose qu'Hermione ne comprit pas. Mais l'expression de son cavalier se fit froide.

« Dis-moi ça encore une fois Astoria et je te ferais regretter d'être dans la même maison que moi. Maintenant, allez boire ailleurs, vous m'agacez. »

Devenant blanche comme un linge, la jeune fille prit son amie par la main et elles partirent d'une démarche rendue étrangement zigzagante par l'alcool. Elles obéissaient sans rien dire l'autorité du prince des serpents était vraiment absolue, sur certaines personnes. C'était compréhensible cela dit, vu le ton menaçant et dangereux de sa voix.

Intriguée, l'ancienne Gryffondor demanda de quoi il parlait, mais il ne répondit pas, les yeux fuyants. Hermione attendit quelque seconde, avant de reprendre la parole.

« Tu sais, j'ai eu ma revanche, tu peux rejoindre ces filles… C'est la soirée idéale pour toi et Greengrass !

-Oh tu sais, dit-il en haussant les épaules, c'est pas si dur de faire tomber cette fille amoureuse, et vu son état je n'ai pas vraiment envie de les retrouver, elle et Parkinson. Et puis, je sais bien que tu n'y crois pas, mais j'ai une parole, et je t'ai dit que la trêve durerait toute la soirée. On sait jamais, si ce bouffon se ramène de nouveau… »

Sa partenaire faillit lui faire remarquer que même s'il était stupide, Ron n'était pas un bouffon, mais elle se dit qu'il méritait peut-être d'être traité ainsi. Et puis ce serait malvenu de faire une remarque alors qu'elle-même avait pensé des choses encore plus vulgaires.

Malefoy se releva alors, lui proposant d'aller danser. Après une seconde de surprise et d'hésitation, elle envoya au diable la voix dans sa tête qui lui rappelait les six années qu'elle avait passée, souvent sous le joug du blodn, et elle accepta. Elle appréciait se défouler en gesticulant au rythme de la musique, endiablée à ce moment-là, et très vite elle dansa avec allégresse avec celui qu'elle avait haït et qui fut son ennemi. Elle ne remarqua donc pas le temps passer, enchainant les chansons. Elle ne se reposait pas, ne faisait plus attention à rien autour d'elle excepter la musique, et Drago qui dansait avec elle.

Ses cheveux blonds voletant, il semblait apprécier autant qu'elle les mélodies, ce qu'elle aima et qui l'aida encore davantage à passer au-dessus de ses incertitudes concernant le garçon. Elle n'avait jamais eu comme cavalier que des garçons dansant pour danser, et non pas pour profiter de ces instants hors du temps. Ce qu'elle aurait souhaité jouer d'un instrument… Elle avait failli le faire, apprenant les bases du piano, avant de recevoir sa lettre pour Poudlard. Elle avait laissé tomber cette idée, préférant continuer à dépenser son temps dans les livres et pour apprendre la magie et y exceller.

Elle était étonnement belle, même si de plus en plus de mèches s'échappaient de sa natte, donnant un air indompté à la lionne qui lui allait parfaitement. Les deux donnaient un parfait spectacle d'adolescents appréciant la musique jusqu'au plus profond d'eux. Se défoulant au rythme de celle-ci, tantôt folk, tantôt rock, les partenaires étaient de surcroit l'un en accord avec l'autre. Pourtant, ils s'étaient détestés.

Mais plus rien ne comptait. Ils finissaient par ne même plus avoir conscience de leur passé ils se souriaient, sautaient, dansaient, sans complexe.

C'est lorsque la nuit était très avancée, alors que déjà une partie des élèves les plus jeunes étaient parti se coucher, que le rythme vivifiant des chansons se fit de plus en plus calme. Jusqu'à ce que le bal offrît sa dernière danse, traditionnellement une valse relativement lente. En entendant McGonagall annoncer cette ultime danse, Hermione hésita, retombant dans la réalité. Danser face à Drago était une chose, mais avec lui, en duo, lui semblait à nouveau étrange. Cependant, le reste de la soirée semblait avoir eu raison de son habituelle réflexion, aussi, quand elle sentit une main se poser contre sa taille, elle ne se défila pas comme elle l'aurait normalement fait. Mais elle ne prit pas pour autant la main gauche que Malefoy lui tendait. Il savait qu'elle réagirait ainsi, et il savait aussi ce qu'il fallait qu'il fasse. Il la provoqua :

« Alors Granger, après les araignées, on a peur d'une simple danse maintenant ? »

Touchée. Elle mit sa main dans celle du prince des serpents, mettant l'autre sur l'épaule du garçon. D'abord crispée, elle se laissa finalement aller, se disant que c'était comme lorsqu'elle avait dansé avec Seamus. Seulement, c'était totalement différent. Car tous les regards n'étaient pas braqués sur elle, bien que parfois des élèves observaient ce couple atypique. Et puis, c'était Drago Malefoy. Mais il dansait aussi bien sur cette danse classique que durant toutes les autres musiques plus mouvementées de la soirée. Hermione cette fois, n'avait plus cette impression de ne plus réaliser qui il était, ce qu'il était. Mais elle se sentait seule au monde avec lui, comme si rien autour d'elle n'existait, son corps bougeant seul alors que son esprit s'envolait. Elle se laissa aller de plus en plus contre Drago durant la danse, sans même s'en rendre compte, les yeux fermés.

Lorsque la musique s'arrêta, elle resta sans bouger un moment, et Drago se demanda si elle s'était seulement rendue compte que la danse était finie. Lui-même était à moitié plongé dans ses pensées, mais avait au moins toujours conscience de ce qu'il se trouvait autour de lui. Au cours de ses réflexions, il avait vite compris qu'Hermione était différente de d'habitude, qu'en d'autres circonstances elle ne se serait jamais autant approchée de lui. Lorsqu'il avait senti le visage de la jeune fille se poser contre lui alors qu'ils dansaient, il s'était au début crispé, et avait résisté à l'idée de la ramener à sa juste place. Après tout, il était un Sang Pur, et il dansait avec une Sang-de-Bourbe ! Seulement, lui aussi était différent. C'était sans doute cette histoire de trêve qui leur était monté à la tête. Alors il avait laissé tomber l'idée de la repousser.

La tête de l'ancienne Gryffondor bougea finalement contre le torse de Malefoy, alors qu'elle sortait de ses pensées. Sentant une délicieuse odeur, elle ouvrit les yeux, et vit le blanc de la chemise de Drago juste à côté de son visage. Cette vision la ramena définitivement sur terre, et elle s'écarta vivement alors que McGonagall commençait un discours remerciant les organisateurs du bal. Elle ordonna aussi aux élèves restant d'aller maintenant dans leurs dortoirs, en précisant que c'était pour y dormir et non pour y continuer la fête.

Croisant le regard acier de son cavalier, ses yeux noisette semblaient refléter une soudaine fatigue la submergeant. Maintenant que la musique ne la portait plus au-delà de ses forces, plus rien à part le jeune homme ne la faisait tenir debout. Un sourire s'étira sur les lèvres de ce dernier, ne pouvant s'empêcher de la taquiner.

« Granger, on dirait que tu t'es transformé en zombie d'un coup »

Celle-ci lui donna un coup de coude, qu'il sentit à peine. Elle semblait vraiment épuisée. Elle avait tout donné, comme défoulant son amertume et sa colère en se dépensant entièrement. En fait, c'était sûrement ce qu'elle avait fait. Ils suivirent donc la foule d'élèves sortant de la salle, lâchant enfin sa main. Mais il ne tarda pas à entourer ses épaules lorsqu'elle trébucha et faillit tomber en marchant. En voyant qu'ils se dirigeaient vers les sous-sols, pour rejoindre la maison Serpentard, Hermione s'arrêta net en fronçant les sourcils. Drago la regarda, obligé de se stopper à son tour pour ne pas entraîner la jeune fille à sa suite. Cette dernière appela le peu de lucidité qui lui restait.

« Je dois me changer… Il faut que j'aille dans la salle des préfets. Merci pour la soirée Malefoy… »

Mais celui-ci ne la lâcha pas. Il changea simplement de direction, montant les escaliers. Elle se laissa faire, ne protesta pas. Elle ne nota même pas le fait qu'il prenait le temps de faire un détour. De toute façon, était-ce vraiment Drago Malefoy qui était avec elle toute cette soirée ? Elle commençait à ne pas réussir à le croire.. Une fois devant le tableau, elle se rendit compte qu'elle n'avait pas son insigne. Elle l'avait laissé dans sa chambre de préfète. Mais alors qu'elle grimaçait, Malefoy sourit, et montra son propre insigne à la jeune fille, avant de le montrer ensuite au portrait qui les laissa passer en baillant bruyamment pour avoir été réveillé.

Une fois dans la salle commune, le blond laissa la jeune fille aller dans la salle de bains, non sans vérifier qu'elle ne tombât pas de fatigue entre temps. Mais elle arriva à bon port, en s'aidant du mur certes, mais tout de même. Ici, elle se démaquilla très vite, baillant plusieurs fois en quelques minutes.

Se décoiffant, elle remarqua qu'avec sa natte, tous ses cheveux avaient bouclés avec des frisettes bien différentes de l'habitude. Ses cheveux faisait souvent des leurs en étant plus ou moins lisses de façon différentes selon les endroits de sa chevelure, ce qui n'était pas très agréable ni facile à coiffer. Là, aux endroits où elle avait ses nattes, les boucles avaient la même régularité et ne semblaient pas former de paquets. Dans la brume de ses pensées fatiguées, elle nota qu'il serait intéressant qu'elle fasse des nattes de temps à autre.

Ressortant de la pièce, elle alla directement dans sa chambre, réussissant à se changer. Elle mit la chemise de nuit qu'elle mettait uniquement quand elle pouvait dormir dans cette chambre, avant de s'abandonner à l'appel de l'oreiller, le sourire aux lèvres après cette soirée.

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« Granger bon sang tu arrêteras quand de laisser trainer tes fichus bouquins n'importe où ! »

La voix de Malefoy sortit Hermione d'un sommeil bien trop court à son gout, sursautant en l'entendant râler. Se levant péniblement, elle s'étira avant de sortir de sa chambre. Elle découvrit un Drago blasé et légèrement énervé, une pile de livres à ses pieds.

« Sérieusement pour une miss-je-sais tout tu pourrais être plus rangée ! »

L'ancienne Gryffondor soupira, avant de se baisser pour ramasser docilement les livres au sol. Elle n'était pas encore assez réveillée pour lancer une remarque qui déboucherait forcément sur une joute verbale.

Il l'avait dit, la trêve ne durait qu'une soirée.