Bonjour tout le monde ! Désolée du retard dans le postage de ce chapitre, alors que je m'étais donnée dans le dernier chapitre des consigne de temps à respecter, mais j'étais partie en vacances en Italie avec mon lycée, donc voilà, mille excuses ! :') Et j'avoue que cette semaine j'ai été très occupée, je compte participer à un concours de fanfiction, et du coup, je n'avais pas fini de corriger le chapitre... Et puis l'absence totale de review sur le dernier chapitre m'a un peu sapé ma motivation, parce que je m'investis beaucoup, la correction est quelque chose de très long et pas super passionnant, donc j'étais un petit peu tristoune je dois le reconnaître 8')

Enfin bon, ceci étant dit, je vous laisse avec ce nouveau chapitre, bonne lecture ! (:


Chapitre 11 : Tout n'est qu'une question de point de vue...

« Granger, ce matin, tu restes au lit, et tu apprends ce que veut vraiment dire être en vacances. »

Après un sursaut de surprise, la jeune fille baissa la tête vers un Drago affalé sur le lit juste à côté du sien. Au surlendemain de la fête du nouvel an, Hermione avait prévu d'aller à la bibliothèque pour étoffer sa réserve de livre, éternellement à la recherche d'un sorcier évoquant dans ses écrits des indices sur les horcruxes. La moindre évocation. Comme la réserve lui était interdite, et qu'elle cherchait toujours comment s'y aventurer sans se faire prendre, elle se rabattait sans réelle conviction sur les ouvrages auxquels elle avait accès.

Mais c'était sans compter sur la présence forcée de Malefoy.

Au soulagement du garçon, elle était restée au lit le premier janvier un bon moment, suite à la soirée. En revanche, dès le réveil de certains Serpentard qui avaient pu voir où dormait leur prince, les ragots avaient proliféré. Le prince des serpents, dormant dans la salle commune avec les anciens Gryffondor. Quelle étrange rumeur. Qu'évidemment tous avaient voulu vérifier.

Conscient qu'il ne pourrait éviter les potins étant donné qu'il risquait de passer un moment sur sa mission, Drago avait laissé à ses camarades le droit de constater que les ouï-dire étaient vrais. Il était resté dans ses draps vert et argent, à côté du lit d'une Granger qui dormait encore. Ses yeux noisettes s'étaient entre-ouverts quelque fois, et elle avait semblé se réveiller, avant de renoncer et de rester dans son lit douillet. Quand elle s'était levée en début d'après-midi, il avait fait de même, sentant tous les regards braqués sur lui des serpents qui se trouvaient dans la salle commune. De ses yeux froids et fièrement droit, il leur avait tenu tête, attendant que chacun se décide à retourner dans ses activités, dans ses discussions, avant de bouger. Il avait passé ensuite la journée à s'ennuyer, sans rien pouvoir faire, tandis que l'ancienne rouge et or lisait non loin, ne lâchant jamais ses fichus bouquins. C'était à peine si elle les avait lâchés pour manger et pour dormir.

Donc ce matin, en la voyant se lever alors que la neuvième heure du matin n'était pas encore passée, et qu'il comptait bien dormir, il était décidé à la faire encore trainer au lit, comme tout adolescent qui se respecte. Mais elle ne semblait pas prête à l'écouter malgré ce qu'il venait de dire, continuant de repousser ses draps afin de se relever.

Levant les yeux au ciel, il refusait de passer une seule nouvelle heure à s'ennuyer alors qu'il était libre. Il se leva, avec une rapidité qu'il avait acquise avec l'habitude de se lever toujours très rapidement pour dormir le plus possible, saisit le bras d'Hermione et le colla au matelas pour la bloquer. Le regardant à la fois surprise et en colère, elle tenta de se libérer mais la poigne du jeune homme était trop forte.

« Ecoute Granger, je suis obligé de rester avec toi, et il est hors de question que tu me gâches mes deux derniers jours de tranquillité en te levant juste pour lire tes bouquins ou réviser tes cours. Ou les deux. Alors soit tu restes dormir, soit je te promets que je te jette un sort pour que tu le fasses. »

Avec un regard noir, elle cessa de se débattre. Cela rassura le jeune homme, pour qui les heures de sommeil étaient précieuses. Elle avait conscience de ce dernier détail, et plus encore du fait qu'il avait sacrifié une partie de ses vacances pour elle. Mais la grasse matinée n'était pas quelque chose d'envisageable au gout de l'ancienne Gryffondor, surtout pas avec son importante mission. Elle stagnait dans ses recherches depuis trop longtemps pour se le permettre. Elle lui dit finalement d'un ton dur :

« C'est bon, lâche-moi Malefoy, je vais lire dans mon lit comme ça tu seras content. Retourne donc dormir comme un petit enfant. »

Contrarié par la réponse de la fille, il la lâcha en lui répondant que ce ne sont pas les enfants qui savent profiter ainsi d'un long sommeil empiétant sur le matin plus que sur la nuit, mais les adolescents. Se recouchant, le blond suivit la jeune fille des yeux. Après tout, c'était les ordres : il ne devait pas la quitter des yeux pour être sûr qu'elle ne mijotait rien contre le Seigneur des ténèbres.

Cependant, cette vigilance était inutile, car il comptait de toute façon dire qu'elle n'était pas dangereuse. Il ne s'était pas battu dans le but qu'elle ait une seconde chance pour ensuite la gâcher en annonçant sa culpabilité. Mais il ne pouvait s'empêcher d'observer les faits et gestes de l'ancienne Gryffondor. Il associait cela au fait qu'il essayait de s'investir réellement le plus possible dans sa tâche afin de paraitre crédible, même à ses propres yeux. Il ne cessa pas de la regarder, même une fois qu'elle fut recouchée dans son lit.

Il remarqua bien vite qu'elle semblait très contrariée, plongée dans un gros livre vieux et usé. Le Serpentard finissait par connaitre les expressions de visage de la brune, sans même s'en rendre compte. Après tout, il l'avait faite rester dans cette salle commune de force. Mais il n'avait aucun remord. C'était pour le bien de son divin sommeil. Fermant les yeux avant même d'avoir détaché son regard de la jeune fille, il entra lentement dans cet état second, entre rêve et réalité.

Une fois qu'elle ne sentit plus l'attention de Drago sur elle, Hermione tourna la tête pour regarder vers lui et réaliser qu'il dormait. Des mèches rebelles de ses cheveux blonds tombaient sur son visage, qui était détendu comme elle l'avait rarement vu. Un de ses bras était passé sous son oreiller, l'autre caché sous ses draps. Il était couché sur le côté duquel la jeune fille pouvait observer ses traits et sa peau au teint si pâle.

Pourquoi devait-elle se retrouver avec celui qu'elle avait justement prévu d'éviter depuis qu'elle s'était rendu compte des dimensions que prenait son rapprochement avec lui ? Pire, le soir de nouvel an, il l'avait encore aidé à se venger, comme l'aurait fait un ami –bien que cela avait fait plaisir à Malefoy-. Sans parler du fait qu'intérieurement, inconsciemment et contre toute sa volonté qui était révoltée contre ce fait, elle admettait désormais qu'il était beau. Ce qu'elle savait depuis longtemps sans se le dire.

Elle se replongea finalement presque violemment dans son livre, après s'être assise pour plus de confort, afin de ne pas penser à tout ça. Mais elle dut se faire à l'idée qu'elle n'arriverait jamais à lire correctement avec le jeune homme dans les parages. Elle réfléchissait trop, se retrouvant obligée de relire plusieurs fois une phrase avant de réaliser qu'il s'agissait encore et toujours de la même.

Une gifle mentale ne l'aida pas vraiment, mais elle se força à continuer ses recherches malgré tout. Il fallait qu'elle trouve quelque chose.

Un peu plus tard dans la matinée, elle vit dans un interstice entre deux paravents Blaise Zabini sortir des dortoirs des garçons. Il se dirigea vers là où dormaient les anciens Gryffondor. Lorsqu'il lui adressa un bref signe de tête, Hermione se dit que la situation était définitivement très étrange. Au final, il lui prenait quelque sorte sa meilleure amie, alors qu'elle prenait le sien. Enfin non, elle ne prenait pas le sien. Non. Non, c'était Drago qui restait avec elle pour sa mission. C'était tout. Oui, voilà.

Zabini se pencha au-dessus du lit d'une Ginny endormie et vint l'embrasser avec tendresse. Ce geste la fit sortir du sommeil. Elle bougea doucement dans ses draps, avant d'ouvrir délicatement les yeux et de reconnaitre son nouveau petit ami. Après une légère exclamation –étant encore ensommeillée- entre la surprise et la joie, elle le serra dans ses bras avant de l'embrasser.

Soupirant de dépit devant tant d'amour alors qu'elle en manquait, la jeune fille aux cheveux bruns regarda vers une autre partie des dortoirs aménagés pour les anciens Gryffondor. Mauvaise idée. Par les espaces laissés entre les différentes petites parties, elle y croisa le regard de Lavande. Cette dernière la regardait avec haine, d'un air si menaçant qu'Hermione en vint à se demander si la fille comptait tenter de lui apporter des problèmes ou non.

La jeune fille ne put soutenir davantage le regard de la petite amie de Ron. Sa petite amie, oui, toujours. L'ancienne lionne avait appris de Ginny que le rouquin avait décidé de laisser à Lavande une nouvelle chance. Acte qu'Hermione soupçonnait de n'avoir été fait qu'uniquement dans le but ne pas se retrouver seul.

La jeune fille regarda donc à nouveau vers Drago. Elle sentit avec appréhension son cœur rater un battement en croisant le regard argenté du blond, comme encore rayonnant des étoiles de ses rêves, qui la regardait lui aussi. Ils restèrent ainsi sans parler, sans bouger, presque même sans respirer, jusqu'à ce que le garçon brisât le silence.

« Tiens Granger, je m'attendais à ce que tu te sois enfuie discrètement. Tu m'impressionnes. »

Agacée par la remarque du jeune homme, elle leva les yeux au ciel. Toujours assise sur son lit, elle répondit :

« Je ne suis pas prisonnière, je n'allais pas m'évader.

-On ne sait jamais. Et puis, ajouta-t-il après un silence, depuis quand tu m'écoutes ? »

Déstabilisée, l'ancienne rouge et or ne sut quoi répondre. Elle ne savait pas elle-même. Elle n'avait pas songé, pas même pendant une seconde, de ne pas le faire. Comme si une telle idée aurait été extravagante. Ce qui lui semblait frappant, maintenant qu'il l'avait dit. Se mordant la lèvre, elle répondit vaguement :

« Je suis restée parce que j'avais envie, c'est tout... »

Les sourcils arqués, il faillit insister, mais elle le coupa dans son élan.

« Il faudrait que je te parle de quelque chose. Mais si possible, sans qu'il n'y ait d'oreilles indiscrètes... »

Un regard vers Lavande qui la fixait toujours avec animosité fit comprendre à Drago que la salle commune n'était pas vraiment le meilleur endroit. Il la suivit donc alors qu'elle quittait la grande pièce, non sans avoir attrapé un t-shirt noir auparavant. Il l'enfila rapidement, dormant toujours torse nu, et Hermione constata que la couleur sombre mettait encore plus en avant la peau clair du jeune homme.

Montant les escaliers à sa suite, il l'observait à la dérobé. Encore habillée de son uniforme, comme toujours lorsqu'elle dormait si près des Serpentard, la jeune fille avait les cheveux encore emmêlés. Il ne pouvait s'empêcher de se souvenir du soir du bal, lorsque la tête de l'ancienne Gryffondor était posée alors contre son torse tandis qu'ils dansaient, ses pensées parasitées à ce moment par l'odeur de la jeune fille. Pourquoi fallait-il que ce soit elle qu'il dut surveiller ainsi ? Alors que n'importe quelle autre fille aurait fait l'affaire ? Car s'il ne supportait pas l'idée de devoir rester avec la seule personne qui résistait à son charme, ne pouvant donc pas l'influencer un tant soit peu pour quoi que ce soit, il pouvait encore moins s'imaginer le faire pour cette fille. Pour l'aider, lui rendre service et lui sauver la vie. Car justement il commençait à se dire qu'il était temps de remettre une barrière entre lui et elle. Il trouvait qu'il commençait à trop prendre goût à sa compagnie, tant lors de leurs joutes verbales que lors de ces moments de sollicitude de plus en plus courant, au grand damne du blond.

Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi il ne pouvait s'empêcher de l'aider. Pourtant, cela faisait un moment qu'il avait remboursé sa dette. Et même s'il prétendait être largement payé pour la tête que faisait Weasley à chaque fois qu'ils lui rabattaient le caquet, Drago avait sauvé la vie d'Hermione à présent à deux reprise, et ce, en échange de presque rien. Il ne manquerait plus qu'il devienne gentil... Lui qui s'était forgé une carapace autour du peu de bienveillance qu'il pouvait ressentir, elle la brisait avec tant de facilité que cela le frustrait furieusement. Pourquoi elle ?

Il remarqua à peine qu'ils étaient arrivés devant le tableau qui cachait l'entrée de la salle commune des préfets, et Hermione présenta son insigne –plus par règlement que par nécessité, car le chevalier du portrait les connaissait désormais-. S'asseyant sur le divan, encore plongé dans ses pensées, il attendit que son homologue parlât.

« Je ne vais pas te dire pourquoi, commença-t-elle enfin, parce que je ne me résous toujours pas à t'en parler, mais je sais que j'ai besoin de trouver quelque chose dans Poudlard. Quelque chose qu'il me faut absolument pour affaiblir Voldemort.

-Accouche Granger. Il te faut quoi ?

-Le diadème perdu de Rowena Serdaigle. Mais il est introuvable.

-Tiens c'est marrant ça, rien qu'en entendant le nom j'aurais deviné tout seul. Curieux hein ? »

Hermione ne tarda pas à piquer un fard.

« Je savais que ça ne servait à rien de t'en parler !

-Hé, c'est bon, je plaisante ! Et, continua-t-il avant qu'elle n'ait le temps de répliquer, tu sais au moins où le chercher ?

-Non, aucune idée, soupira-t-elle de dépit, bien que les sourcils encore froncés à cause de la contrariété. J'ai juste réussi à savoir qu'il est quelque part dans le château. »

Malefoy ne comprenait pas l'intérêt de chercher quelque chose dont il ne saisissait pas l'utilité, aussi il haussa les épaules. Il n'allait pas se creuser la tête pour un simple diadème.

Après un long silence, Hermione fit mine d'aller dans la salle de bain. La voix grave de son homologue l'arrêta soudainement.

« La salle sur demande. Il n'y a que là-bas où tu peux trouver quelque chose oublié. C'est la salle des objets perdus après tout… S'il est là-bas, la porte apparaitra, et tu seras fixée. »

La jeune fille fronça les sourcils. Comment le savait-il ? Elle, elle l'avait lu quelque part. Grâce à son expérience faite lors de sa cinquième année, avec l'armée de Dumbledore. Mais même s'il connaissait l'existence de cette salle, depuis qu'il avait aidé à démasqué la-dite armée, elle ne voyait pas comment il pouvait être au courant.

Devant son regard interrogatif, il haussa une nouvelle fois des épaules.

« Le jour où le Seigneur des Ténèbres a lancé l'assaut, c'était grâce à moi qu'ils sont entrés. J'avais pour mission de trouver la solution pour que les mangemorts pénètrent dans l'école. Et si je ne le faisais pas, ma famille risquait d'être en très mauvaise position... Donc j'ai longtemps cherché et j'ai fini par trouver la solution avec la salle sur demande, où j'ai pu trouver une armoire à disparaitre, c'est tout. »

Le regardant avec des yeux ronds, l'ancienne Gryffondor réalisait peu à peu le rôle de son homologue lors de cette bataille. Il avait volontairement aidé à l'exécution de Dumbledore, assassiné par Rogue peu avant que ce dernier ne se fasse supprimer par Voldemort. Comme s'il avait deviné ses pensées, Drago ne put s'empêcher de rajouter :

« J'étais sensé tuer Dumbledore, mais c'est Rogue qui s'en est finalement chargé. Et ne me regarde pas comme ça, même toi... enfin, non, peut-être pas toi, mais beaucoup de monde à ma place l'aurait fait. C'est Voldemort après tout. On ne lui refuse pas un ordre pour le plaisir. »

Elle faillit lui dire qu'elle le comprenait, avant de comprendre ce que cela signifiait.

Qu'elle ne détestait pas pour cela, alors qu'elle aurait dut crier sa haine ne serait-ce que pour sa nonchalance. Oui, il était vrai qu'elle lui en voulait. Ce qu'il avait fait était extrêmement grave, et elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver de la tristesse à l'idée que ce fût Drago le responsable de tout cela.

Pendant une seconde, elle songea même que la mort de Harry était sa faute. Cependant, elle n'y arrivait pas. Elle ne réussissait pas à l'en blâmer elle se disait que ces choses seraient arrivées, d'une façon ou d'une autre, même si Malefoy n'avait rien fait pour. Mais aussi, elle était incapable de ne pas se dire qu'au final, il y avait été forcé. Après tout, depuis tout petit il avait été éduqué pour suivre et obéir au plus fort. Et elle ne pouvait pas s'énerver sachant que cela devait lui coûter énormément de lui avouer la vérité.

« Et maintenant, ajouta-t-il en voyant son manque de réaction, tu veux bien essayer de me faire confiance, ou il faut que je me mette à genoux ? Parce que ça, je ne ferai pas Granger.

-Peut-être Malefoy, peut-être. »

Sans rien ajouter, elle entra dans la salle de bains. Elle avait fortement besoin d'une douche. Non pas, qu'elle fût sale, qu'elle eût les cheveux gras ou quoi que ce soit. Mais cela lui permettrait de s'éclaircir les idées. Ainsi que de changer de pièce pour quelques minutes, la présence de son ancien ennemi la troublant de plus en plus.

Une fois déshabillée, et, après avoir posé sur le lavabo le collier que lui avait offert le prince des serpents -qu'elle portait continuellement-, elle alluma la douche. L'eau glacée la fit frissonner. D'habitude, elle prenait sa douche très chaude, même un peu trop. Mais là, le froid lui faisait un bien fou. Réfléchissant au ralenti, elle se concentrait sur l'eau dégoulinant le long de son corps. Mais pourtant, un visage refusait de quitter ses pensées celui du Serpentard.

La jeune fille sortit de l'eau en frissonnant, avant de s'envelopper d'une serviette vert et argent, douce au toucher. Elle sécha et coiffa ses cheveux grâce à la magie. Puis elle remit son collier ainsi que de nouveaux vêtements : un pull gris avec un jean des plus ordinaires. Elle glissa sa baguette dans sa poche arrière.

Lorsqu'elle ressortit, Hermione trouva Drago en train de se tenir le poignet en serrant les dents, le visage crispé. En la voyant le dévisager, il lui fit un sourire grimaçant.

« Voldemort qui aimerait admirer une fois de plus mon beau visage. Ça va vite passer. »

S'asseyant à côté de lui, chose qu'elle n'aurait jamais faite auparavant, elle fixa l'avant-bras du jeune homme. Comme toujours, il était recouvert par le bandage.

Ses pensées vagabondèrent. Drago lui avait dit tellement de choses qui avaient du coûter cher à sa légendaire fierté… Et elle, elle n'avait fait que savourer les services qu'il lui offrait. Tout au plus, cela lui avait permit de commencer à le connaitre avec moins d'inimité.

Elle se racla la gorge avant de prendre la parole d'une voix malhabile, alors que le Serpentard semblait moins souffrant.

« Malefoy… Le temps où l'on va être obligé de rester ensemble, ça te dirait d'arrêter la méfiance et… d'être amis ?

-C'est toi qui manque le plus de confiance Granger, répondit-il simplement. Et ne va pas trop loin. On fait une trêve, si tu veux. Mais rien de plus. »

Au lieu de s'en sentir offusquée, Hermione sourit à sa réponse. Elle se disait que s'il savait le trouble qui l'agitait il aurait sans doute plutôt pris ses jambes à son cou.

« Après tout, je suis Drago Malefoy, ne l'oublie pas ! »

Hermione ne put s'empêcher d'agir. Ce fut comme déclenché par un souvenir heureux, celui des soirées en la compagnie rassurante d'Harry et celle amusante de Ron. Peut-être réagit-elle car Malefoy rassemblait en quelque sorte ces deux qualités.

Elle attrapa un coussin qui traîna par là sur le canapé et l'envoya sur Drago.

Il la regarda sans comprendre. Il n'avait peut-être pas l'habitude qu'un tel geste ait une valeur amicale, et non agressive. Mais il vit le sourire joyeux d'Hermione. Il afficha finalement son éternel sourire en coin, celui même qui semblait autrefois si insupportable à l'ancienne rouge et or, et qu'elle avait fini, à cet instant, par guetter. Ainsi, concentrée sur son sourire, elle ne vit arriver le coussin qu'au dernier moment. Incapable de l'arrêter avant qu'il ne la touche au visage, l'objet lui arracha un faux cri de douleur, encore plus décrédibilisé par le fait qu'elle ne fût capable de s'empêcher de rire.

Alors qu'elle riait, Drago ne put s'empêcher de sourire devant son air heureux. Malgré cela, il ne tarda pas à se demander une fois de plus ce qui lui arrivait depuis un certain temps. C'était une Sang-de-Bourbe, alors pourquoi préférait-il être là, avec cette fille, qu'avec Astoria ? Astoria qui était une Sang-pur, en plus d'être celle qui l'aiderait indirectement à se débarrasser de sa marque.

Pourtant, alors qu'il s'éloignait de Greengrass, seulement à moitié contre sa volonté, il arrivait de plus en plus à mettre des distances avec le mage noir. Or, il le savait au fond de lui, une seule personne pouvait désormais avoir cette conséquence sur lui, mais c'était impossible, et jamais il ne l'accepterait. Il refusait de voir ce qui lui sautait aux yeux. Il en était tout simplement incapable. Aussi, il continuait insouciamment à se disputer gentiment avec l'ancienne Gryffondor tout en se demandant ce qui lui prenait.

Ce ne fut plus qu'une fois que toutes les munitions de coussins et d'oreillers, que réussissait à trouver Hermione un peu partout sur le canapé, finirent derrière Drago qu'elle comprit qu'elle n'allait pas s'en sortir comme ça. Il avait fait sa réserve personnelle en la laissant agir tout ce temps. La jeune fille se mit à courir un peu partout, évitant les projectiles qu'il lui envoyait les uns après les autres. Un sourire étirait largement ses lèvres.

Plus heureuse qu'elle ne l'avait jamais été depuis la mort d'Harry, elle s'enferma dans la salle de bain après lui avoir ri au nez pour le narguer. Plusieurs minutes passèrent, et elle remarqua qu'il n'avait pas fait un seul bruit. Donc le garçon devait toujours être depuis son poste de tir, sur le canapé. Sortant doucement, elle confirma ces pensées. Il se tenait toujours au même endroit. Cependant, il ne regardait pas dans sa direction. Il fixait la cheminée de ses yeux métallique.

Elle se surprit à le contempler, de dos, sentant son cœur battre plus vite qu'il n'aurait du. Etait-ce donc par sa beauté certaine, et qu'elle reconnaissait enfin, qu'il la mettait désormais dans cet étrange état à chaque fois qu'elle le regardait ? Parce qu'elle le considérait désormais un peu comme un ami, et qu'elle s'inquiétait encore pour l'avoir vu quelques instants plus tôt résister à un appel du mage noir ?

Pourtant, elle commençait à connaitre ses propres réactions. Dès le début de l'adolescence, en quatrième année, elle avait commencé à se demander, à chaque garçon avec qui elle se liait d'amitié, s'ils pouvaient être intéressés par elle, si elle pouvait se trouver un petit ami. Elle s'était demandé à plusieurs reprise si sa complicité avec Harry ne pouvait pas aller plus loin, si Viktor Krum n'aurait pas fait un bon petit copain... Au final, elle était tombée amoureuse de Ron, en sixième année. Enfin, elle en avait eu l'impression.

Mais elle ressentait un tel besoin d'avoir quelqu'un qu'elle aurait pu enlacer, dont elle aurait ressenti l'amour, qu'elle avait douté à plusieurs reprises si sa relation ne devait pas en fait plutôt s'en tenir à l'amitié fraternelle, telle que celle qu'elle partageait avec Harry. Après tout, elle avait la sensation que les deux garçons portaient la même place dans son cœur... Cependant, elle avait cessé de se poser des questions à la disparition du Survivant. Sûrement à cause du chagrin.

Cependant elle refusait cette idée qui venait s'immiscer dans ses pensées : elle ne pouvait pas être en train de tomber amoureuse de son ancien ennemi ! Pas Drago Malefoy, qui la haïssait plus que n'importe qui pour son sang ! C'était à peine possible qu'elle appréciât un garçon tel que lui, alors en être amoureuse... Pourtant, son cœur s'emballait pour un rien, elle le cherchait sans cesse des yeux, et sa compagnie ne lui était plus désagréable, malgré les piques qu'il lui tendait pour la taquiner. Non, elle devait sortir cette idée de sa tête, tout de suite. Parce que sinon, elle était perdue. Et puis, après tout, ça pouvait très bien être une fois de plus une simple impression. Oui, voilà Hermione, tu te fais juste des idées parce que Ron n'est plus ton petit ami.

Mais un amer souvenir lui revint alors : Drago, l'embrassant.

Ce qu'elle avait haït ce moment ! Et pourtant... Il avait été si envoutant, qu'elle n'avait pu totalement être dégoutée ; une part d'elle restait envoutée. Et un autre détail lui revint, à laquelle elle n'avait pas vraiment fait attention –ou bien n'en avait pas eu le courage- : la façon dont il l'avait regardée, pendant une demi-seconde après ce baiser. Il était incertain. Cependant, elle n'allait pas trouver la réponse du pourquoi aujourd'hui.

De toute façon, Malefoy la sortit de ses pensées, lui lançant un oreiller qu'elle intercepta au dernier moment.

« Hé Granger, tu dors debout maintenant ? »

Elle se secoua et sauta sur le divan, où il restait deux coussins. Sans attendre, elle les subtilisa pour les utiliser contre le blond qui la taquinait. S'en suivit, non plus un combat de jets de coussins, mais une véritable bataille de polochons.

A la fin, épuisés, ils se laissèrent tomber sur le canapé, en souriant comme deux enfants. Des plumes étaient éparpillées dans la salle commune, vestige d'un oreiller qui avait malheureusement subit une attaque trop puissante pour survivre. Elle se coucha sur la partie du canapé qui n'était pas utilisée par son homologue, après avoir retiré les plumes de ses cheveux. Sans vraiment s'en rendre compte, elle se laissa planer entre rêve et réalité, sur le point de s'endormir.

Une main qui passa soudain dans ses cheveux la sortit de ses pensées.

Relevant la tête, elle aperçu Drago, une petite plume blanche entre les doigts.

« Tu en avais oublié une, répondit-il simplement au regard interrogatif de la jeune fille. »

Perturbée, cette dernière détourna la tête. Elle s'aperçut alors que l'après-midi était bien avancée, et réalisa compte que son ventre criait famine. Avec ça que Drago l'avait retenu lorsqu'elle s'était réveillée, elle en avait raté le petit déjeuner, et le déjeuner lui-même devait déjà avoir été servi. Soupirant, elle se dit qu'elle n'avait plus qu'à attendre le diner. D'ici là, elle voulait aller vérifier l'hypothèse que lui avait donnée son homologue un peu plus tôt.

Elle se leva, attirant l'attention de celui-ci, qui semblait fasciné par la petite plume blanche.

« Je vais à la Salle sur Demande. Connaissant le désordre de cet endroit, il me faudra des jours pour retrouver quoi que ce soit dedans.

-Des jours ? Tu plaisantes Granger ! Il faudrait des années pour fouiller chaque recoin !

-Merci de ton optimisme, Malefoy.

-Réalisme Granger, ce n'est rien d'autre que du réalisme. »

Laissant tomber, la jeune fille quitta la pièce. L'instant d'après, elle entendit son ancien ennemi franchir le seuil du portrait à son tour. Se tournant pour lui demander ce qu'il faisait, il répondit :

« Je te rappelle que je dois pas te lâcher d'une semelle. Même si tu vas faire quelque chose qui est déjà une cause perdue, j'ai pas le choix. Et qui sait, ça pourrait être amusant...

-Amusant ?

-Mieux vaut voir le bon côté des choses !

-Peut-être mais tu trouves quoi d'amusant dans le fait de chercher partout un objet disparu ?

-De te voir ne pas savoir quoi faire, miss je-sais-tout. »

Agacée par sa remarque, elle resta fièrement droite et rejoignit les escaliers. Une fois au septième étage, elle marcha de long en large dans le couloir, devant le mur face à la tapisserie de Barnabas le Follet. Trois fois.

L'immense porte en fer se matérialisa dans le mur.

Pendant un instant, Hermione exulta. Elle avançait enfin, après tous ces mois. Mais très vite son enthousiasme retomba. Dès qu'elle eût franchit les portes. Ce qu'elle vit lui arracha un soupir de dépit. Ils se trouvaient dans une pièce immense, dont elle ne voyait pas le bout. Partout, des piles, non, des montagnes d'objets s'étendaient à perte de vue. C'était vraiment décourageant.

« On abandonne Granger ?

-Jamais, répondit-elle autant par réflexe que par fierté. »

Et jamais elle ne reconnaitrait qu'il avait eu raison, lorsqu'il avait évoqué l'ampleur de la tâche qui les attendait. Pourtant, le travail se révélerait bel et bien très ardu encore plus qu'elle ne pouvait imaginer. Si seulement Harry était là, lui qui avait l'étrange don de toujours trouver l'emplacement exact des horcruxes, comme s'ils l'appelaient. Cela lui aurait été tellement utile...

Ce fut quand elle sentit des larmes perler aux coins des ses yeux qu'elle se secoua. Il ne fallait pas qu'elle pense à lui. Alors elle se concentra sur ce qu'elle avait à faire.

Allant de-ci de-là, elle passa une bonne heure à farfouiller n'importe où, au hasard, n'ayant de toute façon aucune idée pour s'organiser dans un tel bazar. Ce fut quand elle regarda sa montre, s'apercevant qu'il était enfin l'heure du diner, un éclat doré posé attira son regard. C'était un objet posé, ou tombé, au bas d'une petite pile de livre de métamorphose datant des années 1700. Elle le reconnut immédiatement. Cet objet, en le remettant au professeur Dumbledore en fin de troisième année, Hermione pensait ne jamais le revoir.

Son retourneur de temps.

Hésitante, elle le prit en main.

Oui, c'était le sien. Une minuscule rayure se trouvait sur la droite d'un des anneaux de l'objet magique. Cette rayure, elle l'avait faite le jour où Harry l'avait accompagnée dans un retour dans le temps pour sauver Sirius et Buck.

Devant la matérialisation d'un souvenir de son défunt ami, l'ancienne rouge et or se mordit les joues pour interdire aux larmes, qui la menaçaient aux bords de ses yeux, de sortir.

« Qu'est-ce que tu fiches ? »

Elle se retourna en sursaut, faisant face à un Drago songeur. Il savait que quelque chose clochait ; seulement, il la connaissait maintenant, s'il demandait ce que c'était à la fille aux cheveux châtains, elle l'enverrait sur les roses. De plus, elle cachait quelque chose dans son dos.

« Tu as trouvé ce que tu cherchais ?

-Non, répondit-elle enfin en secouant la tête. Bon, il est temps d'aller manger. »

Sans plus de commentaires, elle passa à côté de lui pour rejoindre la sortie de la salle en priant pour qu'il ne remarquât pas l'objet doré dans sa main. Un raclement de gorge lui serra le ventre, certaine d'avoir été démasquée. Après tout, un instrument avec une telle influence sur le temps n'avait pas à être dans les mains d'une Sang-de-Bourbe.

« La sortie c'est de l'autre côté Granger. »

Elle s'immobilisa, se traita intérieurement d'idiote et ne bougea pas durant quelques secondes. Puis, elle se baissa, fit semblant de s'intéresser à un bouquin, avant de le reposer.

Cachant le retourner de temps en-dessous.

Elle se retourna de la démarche crâneuse d'une personne qui avait tout prévu sans se tromper.

« Je le sais, je regardais juste.

-Tout à fait. »

Le ton ironique de Drago ne trompa personne, mais il ne fit pas plus de commentaire, et ils sortirent en silence.

Alors qu'ils se dirigeaient vers la Grande Salle, ils passèrent dans le couloir où, des mois auparavant, le blond avait menacé la jeune fille. A ce souvenir, une question lui brûla la langue. Elle fut incapable de se retenir plus de quelques secondes.

« Pourquoi tu ne voulais pas que je devienne préfet-en-chef ?

-Ça, dit-il en haussant les épaules, c'était parce que je tiens à mon autorité. Et c'était hors de question qu'une miss je-sais-tout vienne fouiner dans mes affaires. Mais de toute façon, tu ne m'as jamais écouté.

-Je ne vois pas pourquoi j'aurais du le faire. »

L'expression du garçon devint soudain froide, ce qui ne rassura pas Hermione. Elle l'avait contrarié, chose à éviter si elle voulait encore pouvoir respirer tranquillement dans ce château. Car avoir un Malefoy rancunier sur le dos jour et nuit n'est jamais une bonne idée.

« Parce qu'une Sang-de-Bourbe aurait du l'accepter, c'est pas si dur à comprendre que ça !

Elle répondit malgré la promesse qu'elle s'était faite de ne pas riposter. Le nom par lequel Malefoy venait de l'appeler à nouveau depuis un bon moment lui avait fait étrangement et violemment mal.

-Si, il y a quelque chose de dur à comprendre ! Comment tu fais pour être aussi hautain et égoïste ?! »

Comme elle le redoutait, le garçon s'arrêta, la fixant de ses yeux métalliques haineux.

« Egoïste ou non, moi au moins je n'ai pas laissé un ami aller droit à la mort. »

Touchée de plein fouet par une accusation qu'elle s'était déjà faite elle-même à de nombreuse reprise, Hermione resta les bras ballants, incapable de répondre quoi que ce soit. Passant à côté d'elle, non sans lui donner un coup d'épaule pour dégager le passage, le garçon se rendit seul à la Grande Salle, et laissa Hermione seule avec sa culpabilité qui revenait au galop.

La jeune fille s'adossa contre les pierres froides de l'école, et se laissa glisser jusqu'à ce qu'elle se retrouva assise, genoux devant elle. Posant sa tête dessus, elle tentait en vain de retenir les larmes qui la menaçaient. Elle qui avait si peu souvent craqué, elle n'avait pas le droit de le faire maintenant. Pourtant, la voix de l'accusation de Drago s'ajouta à celle qui la hantait déjà dans sa tête, sa propre conscience. Oui, elle avait laissé Harry mourir. C'était de sa faute, elle aurait du le retenir. Pourquoi n'avait-elle pas insisté sur le fait que de nombreuses personnes avaient encore besoin de lui ?

Alors que les larmes devenaient de plus en plus insistantes, une d'elle se fraya un chemin sur la joue d'Hermione. Pourquoi ce serpent avait-il du lui rappeler ainsi la mort de son meilleur ami ? Lui qui lui manquait tant en ces moments difficiles ? Sans parler de la situation actuelle. Que dirait Harry, en la voyant si souvent avec Drago Malefoy alors que Ron n'était même plus son ami ? Le pauvre Elu, il devait se retourner dans sa tombe en sachant cela, si tant est qu'il en eût une.

« Excuse-moi. »

Coupée en plein dans sa réflexion, les yeux de la brune s'écarquillèrent. Elle releva la tête et effaça rapidement la larme ayant osé quitter ses yeux. Elle n'en croyait pas ses oreilles, mais même une fois qu'elle fut en train de regarder le Serpentard, elle doutait toujours de ce qui venait de se passer.

Pendant un instant, elle s'était dit qu'il s'était adressé à quelqu'un d'autre. Mais à la réflexion, même en bousculant quelqu'un, il ne s'excuserait pas. Drago Malefoy ne s'excusait jamais. Et pourtant, c'était bien elle qu'il fixait avec un air désolé. Ou, du moins, ce qui se rapprochait le plus d'une telle expression chez lui. Donc elle n'avait pas rêvé.

« Je n'aurai pas du te dire ça Granger.

-Non, en effet, dit-elle finalement en essuyant une nouvelle fois ses yeux pour se donner contenance, encore trop fière pour lui pardonner.

-Je l'ai dis, mais je me suis excusé. On va manger maintenant ? »

La jeune fille leva les yeux au ciel. Il avait décidemment une éducation bien à lui !

« C'est pas comme ça que sa marche Malefoy. C'est trop simple ! On peut dire tout et n'importe quoi à n'importe qui avec ta méthode !

-Oh c'est bon Granger, tu ne vas pas me faire un cours sur le tact ! Soit déjà contente que je sois revenu alors que le repas est servi. »

Elle devait avouer que c'était là un effort exceptionnel, sans parler des excuses qu'il avait présentées. Et puis son estomac lui rappela qu'elle avait déjà sauté deux repas sur trois de la journée, et qu'en rater encore un ne serait pas au goût de celui-ci. Aussi elle se leva, se frotta le visage avec les mains pour le rendre le plus neutre possible, et suivit Malefoy en silence.

La jeune fille s'assit à côté de Ginny, qui était elle-même était en face de Blaise. Drago, quant à lui, s'assit à côté de ce dernier. Hermione ne tarda pas à sentir un regard pesant sur elle. Se retournant, elle croisa quelques instants le regard de Ronald Weasley, avant qu'il ne se trouvât une passion pour le pain qui se trouvait dans son assiette.

Se sentant coupable, surtout après avoir repensé à Harry, l'ancienne Gryffondor ne put rester sans rien faire. Et ce, même s'il était encore avec cette peste de Lavande pour le repas. Surtout qu'elle avait finalement avancé dans sa chasse aux horcruxes. Ce dernier point la convainquit aussi, elle se leva afin de rejoindre les Poufsouffle. Elle se plaça face à Ron, de l'autre côté de la table.

Il démarra immédiatement les hostilités, avec rancune.

« Tiens, tu manges pas avec tes amis les serpents aujourd'hui ?

-Ron, dit-elle en levant les yeux au ciel, faut arrêter un peu tout ça. Tu imagines ce que dirait Harry en nous voyant nous faire la guerre de façon si puérile ?

-Bien sur que oui, dit-il avec le ton rendu dur à l'évocation de son ancien ami, il se demanderait aussi surtout pourquoi tu préfères Malefoy à tes anciens amis.

-Il m'a sauvée la vie !

-Et Harry, combien de fois il a sauvé la tienne, la mienne, celle de Ginny, celles des Gryffondor, celles de l'école, celles de plein d'autres gens, hein ? Combien de fois j'ai été là pour toi, à tout moment ? Et toi tout ce que tu trouves à faire c'est trainer avec ce serpent ! Tu es au courant qu'on voulait… Non, qu'on devait faire quelque chose encore ? Ou tu as laissé tomber, maintenant que tu es dans les bonnes grâces de Voldemort ?! »

Hermione vit que des regards curieux commençaient à se poser sur eux. Parmi ceux des curieux, elle apperçut immédiatement celui gris de Drago, qui lui demandait d'un regard si elle avait besoin d'aide. Elle décida de s'asseoir pour parler de façon plus discrète –du moins si Ron voulait bien calmer sa virulence-.

« Moins fort Ron ! lui ordonna-t-elle d'un murmure. Bien sur que non, je n'ai rien laissé tomber ! Avoir Malefoy sur le dos tout le temps n'est pas drôle je te signale !

-Pourtant on dirait que vous vous amusez bien tous les deux.

-Tu sais quoi, reprit-elle en accusant le choc du reproche, je crois que si quelqu'un a oublié Harry, et tout ce qu'il a fait, c'est bien toi. Tu passes ton temps à bécoter Brown. Moi, au moins, je continue à chercher.

-Dans les bras du serpent ? C'est ça Hermione, comme si je pouvais te croire.

-J'abandonne Ronald ! Sa ne sert à rien, tu n'as vraiment qu'une cervelle de troll ! »

Partant de la table, elle rejoignit la sienne avec colère, s'asseyant en tentant de se calmer. Elle se rendit seulement compte maintenant qu'elle ne lui avait pas parlé de sa découverte de la journée. Sans doute n'en aura-t-elle plus jamais l'occasion leur amitié semblait définitivement brisée aujourd'hui.

Ginny lui serra une main, soutien le plus discret qu'elle pouvait lui offrir sans s'attirer pour autant à son tour la rancune de son frère.

« Bien joué Granger, regarde un peu sa tête ! »

Drago, hilare, fixait un Ron cramoisi qui semblait hésiter sur la marche à suivre. A force de le côtoyer, l'ancienne rouge et or savait très bien ce qui le faisait tant réfléchir. Devait-il continuer à lui faire confiance ? Devait-il continuer seul la recherche des horcruxes ? Ou devait-il laisser tomber, sachant très bien que la seule chance qu'ils avaient de trouver les morceaux d'âme de Voldemort c'était, faute de pouvoir être un trio, d'être un binôme ?

Et quand il posa les yeux sur les plats devant lui, Hermione ressentit un ultime pincement au cœur en réalisant que même là, elle savait à quoi il pensait : son ventre réclamait de la nourriture, mais lui, il avait la gorge trop nouée pour manger à nouveau.

En se tournant à nouveau vers Malefoy, elle vit qu'il avait perdu son sourire, et qu'il la dévisageait, elle. Une soudaine vérité éclata soudain dans sa tête. Lui, elle n'arriverait jamais à deviner ce qu'il pensait derrière ses yeux acier. Elle n'avait pas la même complicité qu'avait le rouquin.

Elle soupira.

Oui, son ancien ami allait lui manquer.