Bonjour tout le monde ! Nouveau chapitre peu avant Noël, enjoy ! o/
J'essaierai de poster le plus tôt possible le prochain, qui est un de mes favoris avec notamment le bal... Pourquoi pas en cadeau de Noël ? 8D
En tout cas, vous êtes de plus en plus nombreux à suivre ma fiction, ça me fait extrêmement plaisir, merci à tous ! Et un merci tout particulier à Kis38 pour son marathon de lecture/commentaire, tu m'as vraiment fait plaisir ! -et mourir de rire, accessoirement xD-
Sur ce, bonne lecture à tous ! (:
Chapitre 13 : Doutes
Une fois de plus, Hermione s'était endormie en pleurant quelques heures après être entré dans sa chambre –cette année était indubitablement définitivement et immuablement sa pire-. Elle ne se réveilla qu'en fin de matinée le lendemain. Pourtant, elle avait l'impression d'être toujours fatiguée, tant la révélation de la veille lui torturait désormais l'esprit. Comment pourrait-elle supporter de le voir chaque jour maintenant ? Surtout qu'il devait toujours rester avec elle. D'ailleurs, c'était bien la première nuit depuis le nouvel an qu'elle dormait sans le garçon dans les parages.
Lui, il continuerait de rester avec elle, inconscient de la situation. Mais elle, comment ferait-elle pour le regarder et faire comme si de rien n'était ? Bon sang, qu'est-ce qu'il lui avait pris de s'amouracher de ce serpent ? C'était Malefoy ! Elle devait se faire des idées. Mais… Elle sentait au fond d'elle que cette fois, cette seule fois où elle aimerait se tromper, ce n'était pas le cas. C'était quand elle niait son attirance qu'elle se mentait, pas lorsqu'elle se l'avouait.
Se levant, elle se regarda dans le miroir de la pièce. Une grimace lui tordit le visage lorsqu'elle avisa l'état de ses cheveux, emmêlés comme jamais. Elle aurait pu régler ce problème facilement si elle avait eu sa baguette. Mais celle-ci était restée dans ses affaires à côté de son lit dans la salle commune des Serpentard. S'injuriant une fois de plus, elle sortit de sa chambre pour rejoindre la salle de bains. Elle avait une mine affreuse, il fallait vraiment qu'elle se passe de l'eau sur le visage. Cela eut un effet bénéfique, bien que sa mine restât maussade. La jeune fille étant bien trop tourmentée par ses sentiments pour paraitre joyeuse.
Elle attrapa une brosse qui trainait par-là et donna plusieurs coups vigoureux pour défaire les nœuds dans ses cheveux, quitte à se faire mal. Peut-être même pour se faire mal. Comme si elle pouvait se réveiller de ce mauvais rêve.
Une fois qu'elle réussît à se trouver au moins regardable, elle retourna dans la salle commune afin de sortir d'ici pour récupérer le plus vite possible sa baguette magique. Elle détestait être si longtemps toute seule.
Hermione s'arrêta net.
Deux yeux gris l'avaient figée aussi sûrement que l'auraient fait des bottes de plomb.
« Enfin réveillée ? C'est pas trop tôt Granger… »
Incapable de répondre, elle était tétanisée. Son cœur battait bien trop vite à son goût, confirmant ce qu'elle pensait ressentir pour le garçon. Bon sang… L'ancienne Gryffondor ne réussit à répondre une quelconque remarque acerbe. Ce silence étonna Drago, qui la dévisageait.
« Un problème ?
-Pourquoi ? »
Cette question lui avait échappée, elle lui brûlait beaucoup trop les lèvres. Le garçon comprit immédiatement ce dont elle parlait : le baiser de la veille. Il fronça les sourcils. L'avait-elle si mal pris que ça ?
« Ecoute Granger, ça ne m'a pas fait plus plaisir qu'à toi, mais je n'avais pas le choix.
-Tu veux vraiment tout faire pour que je ne m'approche pas de Cormac ?! »
C'était la chose la plus intelligente à dire pour ne pas que le blond ne comprenne la véritable raison de sa colère. Et ça fonctionna. En effet, Malefoy serra les dents pour s'empêcher de s'énerver. Etait-elle assez aveugle pour ne pas voir que McLaggen était hypocrite, et qu'il lui mentait ? Un sentiment le prit au ventre lorsqu'il se dit qu'elle faisait plus confiance à cet imbécile plutôt qu'à lui. Ce sentiment qui ne l'avait jusqu'alors saisit qu'à cause de la gloire de Potter. Il était jaloux. Parce qu'il essayait chaque jour de gagner la confiance d'Hermione, et qu'elle semblait lui accorder de moins en moins, alors qu'elle suivait cet ancien Gryffondor les yeux fermés.
« Je n'en ai rien à faire de cet idiot ! Accorde-lui ta confiance si tu veux, mais il a failli me tuer, et toi au passage !
-Quoi ? »
Elle le regarda sans comprendre, mettant enfin ses pensées contradictoires concernant le garçon de côté. Elle laissa le garçon s'expliquer, ce qu'il fit après un soupir excédé.
« Avant que Carrow ne se ramène dans l'infirmerie hier, j'étais en train de te dire qu'elle avait prétendu savoir qui avait lancé ce sort. Elle a affirmé que c'était toi.
-Mais…
-Je pense bien que ce n'est pas toi, ou alors tu joues drôlement bien ton jeu. Mais par contre, je sais qui était avec toi à ce moment. »
En comprenant ce que sous-entendait Malefoy, Hermione s'énerva. Qu'est-ce qu'il cherchait à la fin ? Mais, alors qu'elle allait lui demander ce qu'il voulait faire en accusant Cormac, elle trouva une meilleure idée.
« Et pourquoi ce ne serait pas moi qui t'ait lancé le sort ?
-Parce que, soupira-t-il, je n'y crois pas une seconde. Tu ne te jetterais pas sur moi juste après avoir tenté de me tuer. A moins que ta fameuse intelligence ne soit soudainement partie.
-En quoi Cormac serait-il le coupable alors ? Il n'y avait pas que lui et moi là-bas !
-Si je te le dis, ça ne va pas te plaire, et tu ne vas pas me croire.
-Dis-le-moi Malefoy !
-C'est que, soupira le garçon, la dernière fois que j'ai vu tous les mangemorts, il y en avait un nouveau. Et je n'ai pas pu voir son visage, mais il semblerait qu'un autre élève de Poudlard ait rejoint Voldemort.
-Je vois où tu veux en venir, dit-elle avec colère, mais Cormac n'est pas un mangemort !
-Qu'est-ce que tu en sais ? Je parie que tu ne te doutais même pas que Carrow en était une !
-Je te retourne la question ! Tu ne sais rien de Cormac ! »
Furieuse, la jeune fille retourna dans sa chambre comme une tornade, claquant la porte. Mauvaise idée. Elle entendit le garçon s'asseoir contre cette dernière avec un soupir. Il ne comptait pas lâcher l'affaire, mais la fille était trop butée à son goût, incapable d'ouvrir les yeux. Seulement, il ignorait une chose. C'était qu'il créait maintenant un tel trouble chez l'ancienne rouge et or, qui ne savait plus où elle en était, qu'elle refusait d'abandonner les dernières certitudes qui lui restaient. Cormac ne pouvait pas être un mangemort, elle ne pouvait pas avoir été trompée. Pas encore.
« Granger, arrête de bouder comme une enfant, et réponds-moi : est-ce que McLaggen avait sa baguette ? »
La fille se mordit la langue. Lors d'un match de Quidditch pour qu'aucune tentative de triche ne soit commise, ou du moins afin de réduire les risques, les baguettes étaient interdites. Au début, les élèves les emmenaient parfois, selon leur bon vouloir ; mais après divers incidents, notamment des tentatives d'attaque envers des nés-Moldus, une telle règle avait été mise en place. Maisvidemment, les élèves ne se faisaient pas fouiller. La seule mesure prise afin de faire appliquer cette nouvelle norme fut de prendre certains adolescents au hasard à chaque match pour vérifier le respect de cette règle.
Le cœur d'Hermione battit à tout rompre, tandis qu'un insidieux souvenir se glissait en elle. L'objet qui s'était appuyé sur sa cuisse, et que Cormac s'était empressé d'enfoncer dans sa poche, était de toute évidence une baguette magique.
Comment avait-elle fait pour ne pas s'en rendre compte ?
Qu'était-elle sensée dire à Drago ? Elle ne voulait pas donner raison au prince des serpents, et encore moins s'imaginer d'une quelconque façon qu'il pût ne pas avoir tort. Mais il s'était fait agresser après tout, et il avait le droit de savoir…
« Je… Je ne sais pas. »
Un soupir lui répondit, et elle ne sut comment le prendre. Inconsciemment, Hermione s'assit elle aussi contre la porte de sa chambre. Seul le mince panneau de bois séparait les dos des deux adolescents.
« Granger, je sais que c'est faux… Mais je vais prendre ça pour un oui. Donc tu vois, j'ai raison de me douter de lui. »
Serrant les dents, la jeune sorcière refusait de se dire qu'il fût possible que son ami ancien Gryffondor eût un quelconque rapport avec les évènements de la veille. Certes, elle lui en avait voulu pour ce qu'il avait dit lorsqu'il l'avait retenue dans les tribunes. Cependant, à ce moment elle était apeurée et paniquée. Mais soudain, elle se souvint de l'étrange indifférence dont il avait fait preuve à ce moment précis, et ses doutes lui firent plus mal encore. Son comportement était définitivement suspect, malheureusement c'était indubitable.
Devant le silence de son homologue, Malefoy se demanda ce qu'elle fichait. Il l'avait sentie s'asseoir contre la porte à travers le bois de celle-ci, mais aucun bruit ne filtrait plus. Alors qu'il supportait habituellement très bien ce calme, le préférant d'ailleurs à d'éternels jacassements, le manque de répartie de son ancienne ennemie l'inquiétait.
« Granger ?
-Tu ne m'as toujours pas expliqué pourquoi. »
Fut un temps, le jeune homme n'aurait absolument pas compris de quoi elle parlait. Seulement, il devait l'admettre, il commençait à la connaitre. Désormais, il la suivait facilement dans ses pensées et raisonnements. Après un énième soupir, il répondit :
« Parce que Carrow était prête à te faire passer pour coupable par tous les moyens –elle croyait vraiment en ce qu'elle disait-. Et je savais qu'il n'y avait qu'une solution pour qu'elle change d'avis.
-Je ne vois pas en quoi ça pouvait aider à la chose. Et puis pourquoi tu m'as encore sauvée ? Tu n'es pas encore lassé ? Ou bien tu veux encore t'amuser à m'ennuyer ? »
La remarque blessa Drago, sans doute car une fois de plus elle lui rappelait sans s'en rendre compte qu'elle ne lui faisait pas confiance, et qu'elle le pensait encore animé de mauvaises intentions. Mais il ne laissa rien paraître en répliquant :
« Je l'ai fait parce que, que tu le crois ou non, je n'ai aucune envie de te voir sur ton lit de mort. Déjà que tu me fais peur quand tu es mal réveillée le matin, alors là… »
Elle ne put s'empêcher de sourire bêtement en entendant cela. La jeune fille était la fois touchée par ce qu'il sous-entendait que sa fierté malfoyenne ne lui permettait pas de dire clairement, mais aussi devant une pique verbale contre laquelle elle lui aurait volontiers lancer un coussin à la figure.
Pourquoi aimait-elle le seul garçon qui était à la fois le plus inaccessible et le plus déconseillé de l'école –si ce n'était du pays- ? Elle prit entre ses doigts le magnifique pendentif qu'il lui avait donné. Le serpent émeraude semblait se moquer de son sort, et elle le laissa retomber sur sa poitrine.
« Et puis, ajouta Drago, je n'ai pas perdu mon temps depuis que je suis obligé de rester avec toi pour finalement te voir quand même fourrée dans de sales draps. »
Elle ferma les yeux, la tête contre la porte. Il ne lui avait toujours pas répondu à quoi cela avait servi qu'il l'embrassât, mais elle était incapable de lui demander clairement, beaucoup trop mal à l'aise. C'est pourquoi elle fut surprise quand il continua d'une voix monocorde :
« Tu sais, chez les mangemorts il y a une chose qui peut convaincre de l'innocence d'une personne. Voldemort nous a toujours dit que l'amour était une faiblesse inutile, qui ne faisait que créer des failles. Il dit que quiconque succomberaient à cette émotion futile est enchainée à quelqu'un, incapable si besoin était de se débarrasser de ladite personne, et ce même si elle nous mettait en danger. Aussi, si je t'ai embrassée devant Carrow, c'était pour qu'elle soit persuadée que tu sois amoureuse de moi. Ainsi, elle ne te chercherait pas de problème. Elle est une de celle qui boit le plus chaque mots du mage noir –avec ma tante-. S'il a dit que cela mettrait hors de cause une personne, alors elle le croit. Donc… voilà. »
Il avait tout dit d'une traite, trouvant son discours étonnamment personnel. Il fallait avouer que depuis longtemps cherchait à ressentir ce sentiment interdit par son ancien maitre. Et en plus, il commençait à comprendre quel était exactement cet instinct de protection dont avait parlé Voldemort. Il ne pouvait s'empêcher de le ressentir avec Granger, même s'il refusait de comprendre pourquoi. Après tout, ce n'était pas possible, c'était Granger. Hermione Granger. Non, il lui était juste reconnaissant, c'est tout. C'était pour ça qu'il avait cette impression de n'avoir jamais ressenti ça il n'avait jamais été reconnaissant jusqu'à présent, voilà tout.
Voldemort avait-il conscience de la puissance de l'amour ? Au moins un peu, mais il devait se le cacher à lui-même pour ne pas s'en inquiéter. Et puis, de toute façon, il avait le cœur bien trop noir pour pouvoir vraiment le comprendre.
Hermione se posait aussi cette question, bien qu'elle fût troublée d'entendre Malefoy parler d'amour. C'était pour le moins… étrange. Et déstabilisant, surtout avec ses sentiments pour le garçon.
« Tu vas arrêter de bouder maintenant ? Parce que je veux savoir si oui ou non c'est McLaggen qui m'a fait ce mauvais coup, et pour ça, tu es la mieux placée. »
Sans répondre, la jeune fille se leva vivement et ouvrit la porte à la volée quelques secondes après. Geste brusque qui faillit faire tomber le garçon aux cheveux blond qui y était tranquillement adossé.
« Ne compte pas sur moi pour le manipuler Malefoy, je ne suis pas comme toi.
-Ça, grommela-t-il trop bas pour qu'elle comprît, je l'avais bien remarqué…
-Tu as dis quoi ?
-Que tu es absolument charmante quand tu veux défendre ton petit copain. »
Il n'avait pas vu l'oreiller que la jeune fille avait apparemment pris en prévention. Il ne le remarqua que lorsqu'il lui tomba dessus. Il la regarda en faisant semblant de ne pas comprendre.
« Ah, ce n'est pas encore officiel ? Excuse-moi d'avoir percé ton secret à jour !
-Je-ne-sors-pas-avec-Cormac ! »
Irritée, la jeune fille avait bien détaché les mots à travers ses dents serrées pour bien faire passer le message. S'il savait la vérité ! Là, il s'amuserait bien moins ! Ou alors, il s'en moquerait encore plus… Oui, définitivement, il ne fallait pas qu'il connaisse la vérité. C'était hors de question.
« D'accord, d'accord, si tu veux ! dit-il en se levant tout en mettant les mains en évidence pour montrer qu'il était désarmé, laissant le coussin d'Hermione au sol. Mais il faut que tu continues à le voir pour savoir s'il joue un double jeu ou non.
-Je ne vais pas l'utiliser ! Et je refuse que toi tu m'utilises pour parvenir à tes fins !
-Je pense avoir le droit de savoir qui m'a fait tomber de mon balai de façon aussi lâche. »
Le ton neutre qu'avait prit le garçon tranchait encore plus avec la note de menace que contenait sa phrase. S'attaquer à Drago était dangereux, Hermione l'avait plusieurs fois constaté au cours de cette année. Mais l'attaquer en traitre était un acte qui frôlait le suicide…
Et puis, l'ancienne Gryffondor avait elle aussi envie de savoir la vérité. Les doutes qu'avaient soulevé son homologue ne pouvaient plus partir désormais, et ce jusqu'à ce qu'elle en ait le cœur net afin de pouvoir démontrer au garçon blond qu'il avait tort.
Celui-ci se dirigea alors vers le canapé, et le cœur d'Hermione se serra en le voyant boiter. Comment avait-il convaincu l'infirmière de le laisser sortir alors qu'il n'était pas totalement remis ?
« Granger, dit alors Drago en la voyant le regarder avec une mine soucieuse, depuis quand tu te fais du mouron pour moi ?
-Depuis que je me suis rendue compte que tu es encore plus insupportable que d'habitude quand tu es blessé. »
Elle lui avait répondu du tac-au-tac, cherchant à ce qu'il ne remarque pas une fois de plus son trouble. Décidemment, elle allait avoir beaucoup de mal maintenant. Cependant, elle tenta de se concentrer sur autre chose. Il fallait qu'elle arrive à prouver l'innocence de Cormac. Donc elle devait le retrouver.
« Tu dois toujours continuer à me suivre ?
-Oui, je n'ai pas le choix je te rappelle. »
Génial. Décidemment le destin, le hasard, la fortune, ou tous les principes de ce genre devaient la détester. Après un soupir, elle sortit de la salle commune, bien décidée à trouver Cormac. Malefoy la suivit en boitillant. Le voyant, elle expira fortement une seconde fois.
« Bon, je parlerai à Cormac, mais pas avant que tu ne puisses me suivre correctement, j'ai l'impression de te trainer de force.
-Pourtant tu le faisais sans remord quand tu passais ton temps à la bibliothèque. »
Tandis qu'elle levait les yeux au ciel, chose que Drago devina plus avec le silence qui suivit ses paroles qu'en la voyant faire, il se fit une fois de plus la réflexion qu'il la trouvait bien étrange ce matin. Même si elle avait toujours sa répartie, elle était… bizarre. Mais il ne pouvait pas en dire moins de lui-même. Qu'est-ce qu'il lui prenait d'hésiter à laisser la jeune fille approcher à nouveau de McLaggen ? Certes, il pensait sincèrement qu'il pouvait être ce nouveau mangemort dont il avait parlé. Car oui, c'était limpide pour Malefoy que Cormac n'était plus un simple élève. Tout simplement car il répétait exactement ce qu'avait fait le Serpentard au début. Il avait appris à utiliser les personnes autour de lui. Il séduisait les filles qu'il voulait. Il se sentait supérieur. Oui, c'était le comportement typique d'un adolescent se sentant soudain plus puissant.
Mais jusqu'à présent, il n'avait jamais tergiversé avant de laisser quelqu'un prendre des risques quand il savait cela nécessaire, même si cette personne était Blaise. Pourtant, il se jura de ne pas la quitter des yeux en présence de cet ancien Gryffondor…
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Comme lors de leur première retrouvaille, Hermione réussit à trouver Cormac un samedi après-midi dans la bibliothèque. Une semaine s'était écoulée depuis le match, et l'ancienne rouge et or avait bien cru qu'elle n'arriverait jamais à lui mettre la main dessus. Il semblait l'éviter soigneusement.
Au moins, durant ces sept jours, la jambe de Drago eut le temps de guérir entièrement, et c'était comme si rien ne s'était jamais passé. Enfin, cela aurait été possible si le garçon n'en parlait pas sans cesse. Il encourageait Granger à réussir à parler à son ami, il la provoquait en se plaignant que la justice ne fût pas faite –et la fille savait aussi bien que lui que « justice » dans sa bouche revenait à une bagarre, ou un duel magie-. Il ajoutait à cela des dizaines de remarques plus ou moins désagréables, déclarant que leur trêve était rompue jusqu'à ce qu'elle l'aidât vraiment, ce qui avait le don de l'exaspérer.
Aussi, lorsqu'elle aperçut la chevelure blond cuivré de son ancien camarade, elle bondit presque de joie devant le regard contrit de son homologue.
« Pourquoi tu fais cette tête alors que tu passais ton temps à me dire que je n'avais pas intérêt à le retrouver ?
-Pour rien Granger, mentit-il, pour rien. Enfin, ne put-il s'empêcher d'ajouter avec un sourire sarcastique, juste un peu parce que tu n'assumes pas ta véritable passion pour ce garçon… »
Il avait plus deviné la baffe qu'il ne la vit arriver, aussi il s'était précautionneusement écarté de la lionne qui donna un coup dans le vide, le rouge au joue. Le blond dut se faire violence pour ne pas sourire alors qu'il en mourrait d'envie, chose qu'elle aurait très mal prise. Il fit donc semblant de se plonger avec intérêt dans la lecture des titres se trouvant sur les livres de l'étagère face à lui.
La fille brune se dirigea donc vers Cormac, non sans avoir levé les yeux au ciel, et toussota pour signaler sa présence. Le Serdaigle se retourna avec une lenteur exagérée avant même de voir la jeune fille. Il savait très bien qui se trouvait dans son dos. Hermione se tenait tête légèrement baissée pour qu'il ne vît pas son visage, car elle était étrangement expressive devant ce garçon. Elle attendit donc qu'il parlât, incapable de dire quoi que ce soit. S'excuser ? Elle n'avait pas eu tort la semaine précédente. Elle pensait alors ce qu'elle lui avait craché au visage, et trouvait encore maintenant qu'il n'avait pas eu les mots appropriés à cette situation. Mais si elle voulait faire bonne figure et…
« Tiens, Hermione Granger se rabaisserait-elle à adresser la parole à un idiot ? »
Cet humour noir teinté d'ironie… Le cœur de la fille aux cheveux châtains fit un bond. Il ne manquait qu'un sourire en coin sarcastique pour qu'il soit l'exacte reproduction de celui de Drago. Ce qu'elle ignorait, c'était qu'il aurait très bien sur le faire, ce fameux sourire. Embrouillée, la jeune fille ne put s'empêcher de ravaler sa fierté. Contrairement à ce qu'elle aurait fait face au vrai Malefoy –devant qui elle aurait répondu avec un autre sarcasme-, elle bredouilla :
« Je… je suis désolée… Pour ce que j'ai dit je… J'étais préoccupée donc ce n'était pas ce que je voulais dire ! »
Elle avait à peine empêché sa voix qui vira dans les aigues à la fin de sa phrase. Quelques étagères plus loin, un certain Serpentard serra les dents. Quelle était cette Granger faible et influençable ? Elle faisait peine à voir, à délaisser ainsi sa fierté de lionne…
Mais en levant la tête pour regarder entre les étagères, le regard gris du garçon croisa celui vert de McLaggen. Mais bien évidemment ! Quelqu'un arrivait aussi bien que lui, prince des serpents, à embobiner les filles. Et la raison pour laquelle le dit prince n'avait jamais vu cette ancienne Gryffondor comme ça, c'était parce qu'il n'avait jamais eu cette influence sur elle. Elle s'était toujours méfiée de Drago, mais pourquoi se méfierait-elle de son ami ex-Gryffondor ? Le Serpentard se sentit stupide. Elle s'engouffrait dans un piège dans lequel il l'avait délibérément poussé tête baissée. Il n'avait désormais plus d'autre choix que celui d'attendre en regardant discrètement les deux anciens rouge et or.
Il voulut baisser la tête pour regarder ailleurs, mais trop tard. Il ne put échapper à la scène qui se déroula sous ses yeux. Cormac, qui avait lentement baissé sa tête vers Granger, la regarda d'un air sensuel avant de murmurer à l'oreille de la fille quelque chose que Malefoy ne put entendre. Cependant la fille devint rouge pivoine, l'air troublée, et le Serpentard du se retenir de se jeter entre eux deux alors qu'il devinait exactement ce qui allait se passer. Une boule se forma dans son ventre quand il vit le visage de l'autre garçon se rapprocher de celui de la brune, avant de le rejoindre vraiment en l'embrassant.
Des centaines de pensées défilèrent dans la tête de Drago. La plupart insultait McLaggen, d'autres ordonnaient mentalement à Hermione d'arrêter cela tandis que certaines osaient dire qu'elle embrassait vraiment tout le monde et n'importe qui. Mais surtout, il ne comprenait pas pourquoi cette scène lui faisait si mal. « Ce n'est qu'une Sang-de-Bourbe qui se fait faiblement manipulée », voilà ce qu'il aurait pensé des semaines auparavant. Mais là, ce n'était plus la fille au sang souillé qu'il voyait mais quelqu'un à qui il s'était étrangement attaché. Comment pouvait-il ressentir autre chose que de l'animosité envers cette fille ? Son éducation avait pourtant établi une règle dans sa tête, claire et nette : les sangs impurs ne sont pas des gens fréquentables. Et pourtant, il donnerait tout pour qu'il puisse continuer à asticoter la jeune sorcière encore et encore. Il gardait bien sûr ses petits secrets, et encore, mais il était… lui-même avec elle, sans façade inutile. Et il ne supportait pas qu'on la manipule sans qu'elle ne s'en rendît compte.
Il n'arriva pas à détacher son regard des deux adolescents qui s'embrassait, cherchant à savoir si la jeune fille ne s'était pas réellement amourachée de cet imbécile. Non, elle n'était pas assez stupide pour tomber amoureuse d'un garçon manipulateur.
Seulement, il n'avait qu'à moitié tort de se poser la question car la jeune fille, si elle n'était pas éprise de Cormac, l'était du garçon aux cheveux platine qui méritait lui aussi ce titre. Mais pourquoi embrassait-elle le Serdaigle, alors qu'elle était maintenant certaine de ses émotions ?
Mais elle était incapable de penser, le garçon qui avait posé ses lèvres contre les siennes l'obnubilait étrangement. Exactement comme ce fameux jour où Malefoy l'avait lui-même embrassé, dans la salle commune des Serpentard.
A ce souvenir, la fille réussit à se détacher précipitamment de l'autre garçon, baissant la tête pour ne pas qu'il voit son teint cramoisi. Qu'est-ce qu'il lui avait pris ?! Et avec Drago tout près… Elle pria silencieusement pour qu'il ne l'ait pas vu. Silencieuse, elle cherchait quoi dire. Faire semblant d'être amoureuse de lui pour se rapprocher ? Non, typiquement le comportement qu'elle détestait. S'enfuir en courant ? Oui, très bonne idée, mais cela l'avancerait pas. Lui dire la vérité ? Risqué, mais sans doute la meilleure solution qui s'offrait à elle –de son point de vue du moins-. Aussi elle se ressaisit et se fit violence pour relever la tête. Elle entendait son cœur cogner dans ses oreilles, évitant toujours le regard vert du garçon.
« Cormac je… Je voulais te dire, pour le match…
-Ce n'est pas grave Hermi', la coupa-t-il avec un sourire séduisant, tu avais eu peur, c'est moi qui m'excuse de m'être comporté ainsi. »
Malefoy aurait juré que si c'était possible, ses oreilles seraient en train de fumer tant il était frustré de ne pas pouvoir intervenir. Ces intonations, ces gestes… Tout respirait le mensonge, tout était travaillé. Pourquoi ne le voyait-elle pas ?!
« J'ai… reprit la jeune fille tout en essayant de calmer son cœur battant la chamade. J'ai pensé à quelque chose… Il parait que c'est un élève qui était dans la tribune où nous étions qui a lancé le sort… »
Si Hermione ne le remarqua pas, Malefoy, lui, vit l'infime crispation qui saisit McLaggen. Le doute n'était plus permis. Seulement, la jeune fille s'engageait sur un chemin bien dangereux.
Heureusement, elle aperçut le regard du garçon face à elle qui, l'espace d'une seconde, était devenu froid et haineux. Elle en profita pour se réciter la liste des ingrédients nécessaire à la potion du polynectar. Bien sûr, elle n'avait nullement besoin de cette potion, mais ainsi elle récupérait son calme et sa capacité à réfléchir de façon cohérente. Maintenant elle savait comment faire pour vérifier les dire de son homologue. Car si Cormac était un mangemort, il portait la marque des ténèbres.
Ce fut devant un prince des serpents peinant à se s'empêcher d'intervenir qu'elle se lova légèrement dans les bras du Serdaigle, la tête contre son torse. Une vague de dégoût s'abattit sur Drago. Hermione ne savait elle-même qu'à moitié ce qu'elle faisait.
Mais la jeune fille persista dans son plan de parler avec cette voix hésitante -ne se forçant qu'à moitié- tout en prenant les bras du garçon dans ses mains.
« Il parait que… un élève de l'école serait devenu un mangemort…
-Hermi', tu t'en rends enfin compte ! s'exclama Cormac avec cette voix compatissante qui horripilait Drago. Tu devrais vraiment faire attention avec ce Malefoy ! »
La jeune fille ne laissa pas transparaitre son désarroi. Elle ne s'attendait pas à ce que le garçon accusât son homologue avec tant de facilité. Cependant, elle continuait à relever les manches avec application du pull que portait le garçon, de façon la plus subtile possible pour qu'il ne le remarque pas.
« Oui mais… Il était sur le terrain et c'est lui-même qui a reçu le sortilège, donc…
-Et alors ? la coupa-t-il. Ce devait être un élève qui voulait se venger des mangemorts, ou un truc comme ça ! Avec tout ce qui arrive en ce moment dans le monde… Ce serait normal ! Mais qu'est-ce que… »
En parlant, Cormac avait légèrement reculé les bras, ce qui avait eu pour effet d'entrainer les mains d'Hermione. Elle avait rabattu sans le vouloir le peu de manche qu'elle avait réussi à faire glisser. Cela n'échappa évidemment pas au jeune homme.
« Tu n'es pas en train d'insinuer que je serai un mangemort n'est-ce pas ?! dit-il avec une colère qui fit froid dans le dos à la nouvelle Serpentard.
-Je… Non, je… »
Ne trouvant pas d'excuse, inquiétée par la réaction du Serdaigle –il fallait lui accorder que se faire accuser d'être un partisan de Voldemort n'était pas très amical-, elle se trahit en ne trouvant pas quoi répondre. Il remonta alors la manche droite de son pull avec colère, montrant un avant-bras vierge de tout tatouage.
Malefoy, frustré, ne pouvait plus que se contenter d'écouter le silence tendu. Le garçon aux yeux verts s'était trop reculé, il n'était plus dans son champ de vision.
« Voilà, tu es contente ?! cracha hargneusement Cormac. C'est lui qui t'as mis cette idée en tête hein, c'est Malefoy ! Mais demande-lui donc à lui de te montrer son bras, avant d'accuser tes amis ! Je comprends mieux pourquoi Weasley ne te parle plus… »
Sans demander son reste, le garçon rabattit la manche sur son bras avant de sortir de la bibliothèque. Par miracle, il n'aperçut pas le Serpentard à côté duquel il passa, sans doute trop énervé.
Ce dernier rejoignit son homologue, qui fixait la porte par laquelle Cormac était parti. Elle était encore trop sonnée par ce qu'il venait de se passer pour réagir. Mais en voyant Drago, elle sentit une pointe de culpabilité pour avoir embrassé un autre garçon alors que son cœur battait plus fort à chaque fois qu'elle croisait le regard gris de cet insupportable Serpentard. Elle faisait partie de ces personnes qui n'appréciaient pas les filles aux ex-petits copains trop nombreux, qui cherchaient ailleurs sans hésiter. L'insidieuse impression d'être comme elles lui donnait cette sensation d'être fautive.
Mais cela ne suffit pas à refouler sa colère qui se levait contre le jeune homme blond platine. Elle s'en voulait d'avoir cru à son historie de mangemort, d'avoir osé se montrer si impolie et désagréable à un garçon qui ne demandait qu'à la séduire -même si cela la mettait mal à l'aise- et qui donc ne lui voulait aucun mal.
« Tu vois Malefoy, il n'avait pas de marque, je te l'avais dit, Cormac n'est pas un mangemort, lui! »
Il accusa l'amertume suscitée par cette accusation, ne sachant de toute façon pas quoi répliquer. Il était pourtant si sûr que McLaggen cachait quelque chose… Ce n'était pas possible, il n'avait pas pu se tromper ! Cependant, il se sentait étonnement allègre. Car avec le jugement que lui avait porté Granger, Cormac ne reviendrait pas de sitôt vers elle pour la charmer. Et il en était bien content.
Mais ce n'était pas son avis, à elle. La sorcière avait encore perdu un ami à cause de ce blondinet suffisant. Et elle n'avait rien trouvé de plus intelligent que d'aimer ce garçon. Et garder ce secret seule, sans que personne ne le sache, lui pesait atrocement.
Heureusement, elle ne réussit pas à rester très longtemps en colère. Elle ne lui en voulait plus tellement maintenant que Cormac était loin et qu'elle arrivait à se rappeler que ce garçon n'était pas si important que ça pour elle. Elle tenait plus à l'espèce d'entente qu'elle avait avec Malefoy qu'à l'attention ce Don Juan. Entente qu'elle espérait récupérer maintenant qu'elle avait parlé à Cormac.
« Tu sais où est Zabini ? demanda-t-elle au bout de quelques instants, changeant délibérément de sujet.
-Tu cherche Weasgirl ? Ils doivent être à la salle commune vu l'heure… »
Hermione tiqua au surnom qu'utilisa une nouvelle fois son homologue pour appeler Ginny. Etant donné qu'il utilisait le nom de famille des Weasley pour désigner Ron, il avait trouvé un dérivé. Mais elle trouvait qu'il aurait pu inventer quelque chose de plus sympathique comme sobriquet.
« Arrête de l'appeler comme ça…
-Tu veux que je parle d'elle comment ? Dire « la petite amie de Blaise » à chaque fois est très ennuyant, et tu n'apprécies pas « la sœur de Weasmoche ». Ça sonne très bien Weasgirl. »
La jeune fille leva les yeux au ciel. Décidemment, on ne le changerait plus ! Mais elle sortit ensuite de la bibliothèque sans rien dire, le garçon bien évidemment sur ses talons. D'ailleurs, une question revint dans son esprit. Contrairement à d'habitude, elle n'était pas en train de réfléchir en pleine nuit quand elle y pensa, elle en profita donc pour demander à Drago :
« Au fait, quand se terminera ta mission ?
-Ça ne te plait pas de m'avoir rien que pour toi jour et nuit ? répondit-il en éludant la réponse avec un air ironique. »
A cette question, les réponses secrètes de la préfète se firent immédiatement en deux parties. Non, ça l'ennuyait particulièrement qu'il soit là, rappelant sans cesse à son cœur qu'elle s'était amouraché de ce fichu garçon arrogant. Mais bien sûr que oui, elle appréciait particulièrement sa présence, mais elle n'avouerait jamais ni l'un ni l'autre.
« Comme si c'était possible que ça me plaise ! répliqua-t-elle finalement
-Ma beauté est pourtant rare et très agréable à contempler…
-C'est ça Malefoy, c'est ça.
-Ne nie pas ne jamais en avoir profité ! »
Hermione rosit légèrement, sachant très bien qu'il faisait référence aux fois ou, sans s'en rendre compte, elle le détaillait de ses yeux chocolat. Seulement, elle était trop contente d'avoir à nouveau une chamaillerie avec lui pour se laisser aller à sa gêne, et répondit avec sarcasme :
« Dans tes rêves Malefoy !
-Mes rêves sont étrangement réels alors Granger. »
Il ne comptait pas lâcher l'affaire. Cela faisait trop longtemps que, pour pousser cette fille à parler à McLaggen, il s'était retenu d'apprécier leurs légendaires disputes, qui le divertissaient bien plus que de parler avec Pansy et Astoria. Elles, elle ne semblaient intéressées que par leurs garde-robes, leurs maquillages, leurs coiffures, et éventuellement les ébats de Parkinson avec son petit ami –dont elle changeait régulièrement-. Là, c'était un réel partage, et il était certain que même si elle ne l'admettrait jamais, l'ancienne Gryffondor appréciait tout autant ces joutes verbales.
« Alors, dit-elle en confirmant les pensées du garçon, il faut arrêter de rêver éveillé.
-Ce ne serait plus drôle.
-Qu'est-ce qui est drôle ? De m'imaginer passer mon temps à te regarder ?
-Par exemple… »
La dernière phrase de chacun leur avait échappée. Notamment pour Drago, qui ne comprit pas pourquoi il avait dit avec dépit ce qu'il pensait. Et puis quoi encore, il allait se mettre à genoux et la prier de devenir son amie ? Car oui, au fond c'était bien sa pensée. Le froid et pas-vraiment-blanc-comme-neige ancien mangemort souhaitait que la Sang-de-Bourbe miss Je-Sais-Tout devienne quelque chose de plus, de mieux que juste une mission, ou un homologue.
Ce fut donc juste devant le portrait du vieillard au nez crochu que l'ancienne rouge et or s'immobilisa, regardant le prince des serpents sans comprendre.
« Pardon ? »
Mais alors qu'il s'apprêtait à sortir une des excuses les plus minables de sa vie, Malefoy fut distrait par les voix qui se rapprochaient, venant de derrière le portrait –et donc de la salle commune des Serpentard-.
Hermione aussi les avait entendues, et c'est avec surprise qu'elle vit Blaise en sortir, tenant Ginny par la main. Quelques autres Serpentards suivirent, dont Goyle et Parkinson, émergeant de la maison des serpents avec des airs enjoués et conspirateurs. Même la cadette Weasley semblait relativement acceptée.
« Drayyyyy ! s'exclama la voix de Pansy rendue affreusement aiguë par l'état de surexcitation dans lequel elle était. Il ne manquait plus que toi, on t'avai attendu, mais comme tu ne venais pas on s'était dit que tant pis, on allait devoir faire sans toi cette année, mais puisque tu es là, ben on va pouvoir…
-Parkinson, la coupa le garçon blond avec irritation, par pitié, tais-toi. Blaise, c'est aujourd'hui ?
-Oui Drag', je me disais bien que tu avais l'air d'avoir oublié.
-Et comment on va faire sans Rogue pour nous couvrir ?
-Slughorn ne se rendrait pas compte qu'un crapaud serait collé sur son visage, ne t'inquiète pas ! »
Avec un sourire en coin, bien que se reprochant d'avoir osé oublier quelque chose d'aussi important, Drago se tourna vers son homoloque. Avec tous ses problèmes liés à McLaggen, la date lui était totalement sortie de la tête. Hermione lui adressa un regard interrogatif, se demandant bien ce qui se passait. Le jeune homme fut soudain tirailler. S'il décidait de se joindre à ses amis, il allait devoir laisser la sorcière seule pour une soirée. Hors, si le mangemort de l'école s'en rendait compte, d'une façon ou d'une autre, cela pouvait être dangereux pour la jeune fille.
Ce fut Ginny qui sortit involontairement Malefoy de l'embarra.
« Blaise, s'il te plait, elle pourrait venir… ? »
Hermione regarda vers son amie. Son regard en disait long sur son envie de les accompagner sa curiosité était affreusement attisée, et l'ambiance fêtarde ne lui inspirait pas confiance. Après tout, ils n'avaient pas l'air de vouloir aller faire une promenade de santé. Il faudrait qu'elle soit là pour mettre des limites devant cette troupe qui semblait bien partie pour transgresser le règlement… Voilà qui était une excuse parfaite afin de s'excuser envers sa conscience de vouloir les suivre.
« Gin', répondit Blaise avec hésitation, je suis désolé, mais je peux pas imposer une deuxième… »
Il chercha comment dire gentiment à la fille qu'il aimait que ses amis Serpentard lui en voudraient de ramener une deuxième peste ancienne Gryffondor. Mais Drago intervint à la surprise de tous.
« C'est bon, elle est avec moi. Le problème est réglé, donc allons-y ! »
Alors que les regards qui s'échangèrent ne laissèrent pas de doute sur l'appréciation qu'avaient les adolescents sur cette invitée surprise, ils se mirent en route dans un couloir des cachots qu'Hermione ne connaissait pas. Dans quel pétrin s'était-elle fourrée ? Cette question passait en boucle dans ses pensées alors que sa tête frôlait un plafond beaucoup trop bas dans une galerie qui se faisait de plus en plus serrée. Une frayeur claustrophobique s'empara d'elle.
Attrapant la manche de Malefoy, elle fit en sorte que lui seul puisse l'entendre.
« On est où là ? Et où on va ?
-Un passage secret tu connais ? souffla le garçon avec sarcasme. Et il nous mène directement au lac.
-Le lac ? Mais pourquoi ? On n'a même pas mangé ! Est-ce qu'on est autorisé à sortir au moins ? »
Bien sûr, cette dernière question était purement rhétorique, elle avait très bien compris que tout ceci n'allait pas être fait avec les professeurs les surveillant gentiment. Il se pencha vers elle, beaucoup trop proche pour qu'elle restât stoïque. Elle sentait son odeur, cette odeur qu'elle ne pouvait pas assez respirer à son gout, cette odeur emplissant ses rêves, cette odeur aux accents d'interdit et d'inaccessible. Son rythme cardiaque s'accéléra au point qu'elle se demandât si tout le monde ne pouvait pas l'entendre.
« Granger, tu me fais de la peine des fois. Arrête de poser des questions, je ne vais te dire qu'une chose : tu vas peut-être apprendre à t'amuser là-bas, à t'amuser pour de vrai, pas comme quand tu es plongée dans un de tes fichus bouquins. Détends-toi, et profite. »
Il se retourna ensuite pour regarder à nouveau devant lui, ce qui permit à la jeune fille de respirer à nouveau correctement. La jeune fille sortit sa baguette pour imiter les autres élèves se trouvant dans le tunnel.
« Lumos, souffla-t-elle. »
La faible lueur émise par sa baguette ne réussit pas à la calmer. Elle soupira.
Dans quoi s'était-elle encore embarquée à cause de sa curiosité et de ces maudits Serpentards ?
