Hello ! Comment allez vous ? Moi ça va, ça va, rien de bien particulier à part que je reprend le boulot demain et que tout le monde dans ma famille s'est dit "tient ! Si on naissait tous le même mois mais pas le même jour", ce qui fait que j'ai l'impression de passer mon temps à faire des gâteaux, à les manger et à prendre du poids ! Certes les cookies beurre de cacahuète m&ms et le gâteau au chocolat c'est bon, mais pour le bide c'est sacrilège. Enfin voilà, maintenant que je vous ai raconté ma vie, passons à la suite.
aussidagility: oui il l'est, mais on aime bien ça. Bisous !
Catbl2014: Charlie a une grande part d'ombre et il lutte pour ne pas remettre les pieds dedans, mais parfois c'est tentant, surtout si c'est pour aider Bella. Oui effectivement, Bella reste Bella. L'apprivoiser est peut-être possible, mais ça ne sera pas simple. J'aime bien Garrett alors je le garde tout choupinou. Merci à toi pour tous tes gentils mots. Bisous !
Noeline: Merci beaucoup. C'est sûr que Bella est en plein dilemme. Ce n'est pas facile de pardonner mais en même temps c'est dur d'être toujours en colère. Ne t'inquiète pas, Mike sera bientôt de retour, pour le meilleur ou pour le pire. Bisous !
Berenice: Si si, il a eu des problèmes pendant longtemps et une fois qu'il les avait réglé, il ne pouvait plus joindre Bella via ses grands parents parce qu'ils étaient mort. Après ça ne justifie pas l'absence. Alors oui elle va le faire ramer, mais comment ça je te laisse découvrir. Bisous !
MC: Il y a du mieux, ce n'est pas encore parfait, mais effectivement il y a du mieux. Et oui c'est vrai pour Isabella...mais je n'en dirais pas plus. Sûr que si Mike tombe sur Charlie, ça va faire mal. Bisous !
Nous y voilà. Bonne lecture à tous !
- Vous êtes épuisée, lança le médecin en rangeant son matériel. Et très stressée. Si vous ne vous reposez pas vous allez droit dans le mur. Bella il faut que vous leviez le pied.
- Je ne peux pas je suis en plein tournage, répondit-elle en se rhabillant.
- Vous êtes anémiée, à bout de force et je ne donne pas longtemps avant que vous ne tourniez vraiment de l'œil sur un plateau si vous ne freinez pas le rythme.
- Vous n'avez rien dit à Aro au moins, s'inquiéta-t-elle aussitôt.
- Je suis tenu au secret professionnel, mais je vous conseillerai d'en parler à votre manager qu'il réduise votre charge de travail...
- Sûrement pas, grogna-t-elle horrifiée à cette idée.
- Soyez raisonnable s'il vous plaît. Croyez moi sur parole, si vous ne prenez pas soin de vous, vous finirez dans un lit d'hôpital, ce qui ne sera pas beaucoup mieux pour vous. Ce que vous avez pour l'instant est tout à fait réparable avec une cure de fer et du repos. Ménagez vous.
- Je vais essayer, promit Bella à contre cœur.
- Vous êtes bien comme Charlie Stone vous, grogna le médecin dépité.
- Je vous demande pardon, paniqua la brune horrifiée.
- Je suis le médecin de monsieur Stone et il est comme vous, incapable de s'arrêter. J'aime les bons acteurs, mais je préfère quand ils sont vivants, alors soyez gentille, ne prenez pas exemple sur lui. J'adore ce que vous faites et j'ai hâte de voir ce film, néanmoins, il ne nécessite pas que vous vous tuiez à la tâche.
Elle comprenait bien où il voulait en venir. Seulement, elle était en plein tournage et elle ne risquait pas d'abandonner maintenant qu'elle avait fait le plus dur. Le médecin sorti de sa loge après lui avoir serré la main. Bella tenait son ordonnance dans ses mains en grimaçant. D'aussi loin qu'elle puisse chercher, elle n'avait pratiquement jamais été malade. Une ou deux angines, quelques rhumes mais rien de bien grave, à part l'appendicite. Si Aro apprenait qu'elle était anémiée, elle était bonne pour qu'il la séquestre. La brune mit son ordonnance dans son sac en se faisant la réflexion qu'il faudrait qu'elle aille chercher ses médicaments plus tard.
- Qu'est-ce que tu as ? Demanda Demetri inquiet en rentrant.
- Rien du tout pourquoi, mentit-elle avec conviction.
- Bella le médecin n'est pas venu pour rien et tu n'es pas du genre à voir un médecin si ce n'est pas nécessaire.
- Je n'avais plus d'ordonnance pour ma contraception c'est tout...
- Prend moi pour un imbécile, se fâcha-t-il mécontent qu'elle mente. Ça ne prend pas autant de temps de faire une simple ordonnance pour un pilule. Dis moi ce qui ne va pas. Tu sais que tu peux me parler.
- Non je ne peux pas, contredit-elle en le vexant aussitôt. Puisque tu répètes tout à Aro.
Elle ne lui laissa pas le temps de répliquer et sorti de sa loge. Bella n'avait toujours pas digérée le fait qu'il annonce à son manager que Mike avait encore fait des siennes. Il lui avait fallu plus d'une heure pour convaincre son amoureux de rester là où il était. Entre Charlie et Aro, l'actrice ne savait plus où donner de la tête. Elle passait beaucoup de temps avec Garrett. Depuis qu'il était au courant il se montrait très compréhensif.
Alors qu'elle se dirigeait vers la petite clairière qu'elle appréciait tant, Bella se stoppa. Au loin elle vit Charlie installé au même endroit, en train de lire. La brune ne faisait que ressasser ce qu'il lui avait avoué. Elle comprenait vraiment pourquoi il avait fait ce qu'il avait fait. La drogue était une chose à laquelle Bella n'avait jamais voulu toucher. Elle n'aurait jamais imaginé que Charlie soit un junkie. Il n'avait pas le physique de l'emploi. Et malgré qu'elle se soit promis de ne jamais lui pardonner, il y avait ce petit quelque chose qui s'était allumé en elle. Cette étincelle d'espoir, mélangé à de la compréhension. La brune était fatiguée d'être en colère, éreintée de toujours se battre. Surtout que son cœur ne rêvait que d'en apprendre plus. La rancœur était toujours là, mais un autre sentiment venait d'apparaître et Bella n'arrivait pas à mettre de mot dessus. Voilà pourquoi, au lieu de fuir comme à chaque fois, elle s'avança vers lui. Sans vraiment savoir si c'était une bonne idée. Charlie fut surpris de la voir arriver mais il ne dit pas un mot de peur de la faire fuir.
Bella s'installa non loin de lui, s'asseyant sur un tronc d'arbre tombé au sol. Elle le regarda de plus près. Ils se ressemblaient énormément. Les mêmes yeux, la même bouche, le même nez. C'était tellement évident lorsqu'ils étaient l'un en face de l'autre. Mais niveau caractère, Bella ne savait rien de lui. La seule chose qu'elle pouvait dire c'est qu'ils étaient aussi têtu l'un que l'autre. Charlie commença à la regarder mal à l'aise. Pourquoi le fixait-elle immobile comme ça. Qu'est-ce qu'elle préparait encore ?
- Vous lisez quoi ? demanda Bella n'y tenant plus.
Charlie fut surpris au plus haut point, préférant ne pas trop s'emballer pour une fois il lui montra son livre.
- Persuasion de Jane Austen, on m'a proposé un rôle pour le film, seulement je préfère lire les livres à la base avant d'accepter un rôle.
- J'adore Jane Austen, avoua Bella en souriant doucement. Je crois que c'est mon côté fleur bleue qui aime tant cette auteure.
- Oui en même temps, ça décrit bien la société de l'époque. Mon livre préféré de cette époque c'est Jane Eyre. Je sais, je sais. Ma sœur c'est assez foutu de ma gueule en me disant que c'était un livre de fille, mais ce côté mystère m'a toujours beaucoup plu.
Un vrai sourire apparut enfin sur les lèvres de la brune. Comme ci, juste pour cet instant, elle oubliait qui se trouvait en face d'elle.
- Je ne savais même pas que vous aviez une sœur, admit Bella en baissant les yeux.
- Elle ne fait pas beaucoup parler d'elle. Enfin, pas dans les journaux dans tous les cas. Parce que Heidi est une vraie pipelette sans filtre. Elle a quinze ans de moins que moi et je peux te dire que ce n'était pas facile. Elle a toujours été hyperactive et excentrique. J'ai dû m'y faire.
Bella se l'imaginait très bien tout à coup. Elle se découvrait une tante dont elle ne connaissait même pas l'existence.
- Je ne sais pas ce que c'est, j'ai toujours été fille unique, apprendre la solitude, c'était mon quotidien, lança Bella sans animosité pour une fois. Renée m'a toujours bien fait comprendre que j'étais l'épine dans son pied. Alors s'imaginer avec une autre épine c'était impensable...
Pendant un instant la brune avait oublié à qui elle parlait. A vrai dire, elle était morte de fatigue en ce moment et elle n'avait plus envie de crier. Un moment d'accalmie ne pouvait pas lui faire de mal. Charlie la regardait avec tendresse, se rendant bien compte qu'elle n'avait pas besoin qu'il enfonce Renée pour l'instant, ni qu'il aborde les sujets qui fâchent.
- Selon tes grands parents, la littérature était le meilleur choix d'études pour toi. Ils me disaient que tu étais brillante et passionnée.
Bella le regarda droit dans les yeux et elle n'y vit que la sincérité. Il s'était vraiment renseigné sur ses études.
- Ils ont fait beaucoup pour moi et je sais que sans eux je n'en serai pas là aujourd'hui. Maman voulait que je travaille et que je m'en aille de chez elle. Ils m'ont convaincu de continuer mes études, qu'ils m'aideraient pour ça.
Charlie laissa échapper un petit sourire avant de baisser les yeux. Aro ne lui avait rien dit à ce sujet apparemment.
- Maman leur en a toujours voulu. Prétendant qu'il était injuste qu'ils me donnent tout leur argent, alors qu'à elle ils ne lui donnaient rien.
- Parce que ce n'était pas leur argent et parce qu'il n'était pas destiné à ta mère, avoua Charlie en haussant les épaules. Je ne pouvais pas faire grand chose de là où j'étais, mais j'essayais malgré tout.
Le visage de Bella se figea aussitôt. Se demandant s'il disait ça pour se faire bien voir ou si c'était la vérité. La brune ne savait pas ce qui était le pire, qu'il mente pour obtenir sa confiance, ou qu'il dise la vérité et qu'elle se sente redevable vis à vis de lui pour ses études.
- Tu recevais des chèques de tes grands parents et je suis sûr que tu as accès à leur relevé de compte en banque, si tu ne me crois pas vérifie, proposa Charlie en haussant les épaules.
- Pourquoi ? Demanda Bella chamboulée.
- Parce que je n'étais déjà pas là pour t'aider, parce que je culpabilisais de ne pas être là. Et que je ne trouvais pas d'autre solution que de demander à tes grands parents. Ils étaient exceptionnels et j'aurais préféré que tu grandisses avec eux. Alors j'ai leur ai donné la seule chose que j'étais capable de donner sans que personne ne fasse le lien jusqu'à toi, de l'argent. Si ça a pu t'aider, je n'en demandais pas plus...
- Non pourquoi ne pas me l'avoir donner en main propre ?! L'interrompit sa fille en fronçant les sourcils. Pourquoi fallait-il que ça me reste secret. Que le reste du monde ne le sache pas, d'accord, mais pourquoi moi je devais l'ignorer ?
- Parce que j'étais en relation avec la mafia locale et que je ne voulais pas qu'ils apprennent ton existence. Tu étais ce que j'avais de plus précieux et donc le meilleur moyen de pression pour me faire payer les dettes que j'avais pu engendrer avec la drogue. J'aurais été un bagage de trop pour toi.
- Mais j'aurais eu l'impression d'exister à vos yeux, trancha-t-elle honnêtement.
Un silence de plomb tomba entre eux. Ils réfléchissaient chacun de leur côté à ce qu'ils venaient d'apprendre.
- Aujourd'hui j'ai payé toutes mes dettes, je ne touche plus à la drogue et je suis sobre depuis 3 ans. Kate m'a beaucoup aidé. Ma mère aussi. Quand elle a apprit tout ça, elle m'a botté le cul tellement fort que je sens encore son 37 dans mon derrière.
Pour la première fois depuis qu'ils s'étaient rencontré, Bella laissa échapper un rire franc à cette image. Bizarrement, à force d'entendre qu'elle lui ressemblait tellement, la brune avait bien envie de rencontrer cette Isabella.
- Je devrais m'excuser pour la gifle, mais je ne me sens pas coupable à ce point, ironisa la brune avec un petit sourire en coin.
- Bah ne t'en fais pas, ce n'est pas la première que je me prend et ça ne sera probablement pas la dernière, se marra Charlie en haussant les épaules. Je dois reconnaître que tu as le coup de poignet de ta mère.
Bella ne savait pas exactement ce qu'il se passait. Elle arrivait à avoir une discussion civilisée avec son père et bizarrement, ça la maintenait dans une paix qui lui faisait le plus grand bien. Seulement elle était bien consciente que ça ne durerait pas. Malgré ça, la brune préféra en profiter pendant qu'elle le pouvait.
- Est-ce que Renée était au courant de tout ça ? Demanda Bella en se posant vraiment la question.
Charlie soupira en se demandant comment aborder le sujet avec tact.
- Ta mère, sans vouloir en dire du mal, est une personne... complexe, tenta Charlie ne trouvant pas mieux.
- C'est une égoïste sans cœur qui pense que sa fille est un fardeau mais qui lui fait croire qu'elle l'aime pour mieux pouvoir la manipuler. C'est ça que j'ai fini par comprendre depuis que j'ai rencontré Aro. Alors allez-y, lâchez vous je ne suis plus à ça près.
- Nous ne sommes pas resté ensemble longtemps et elle m'avait certifié qu'elle prenait une contraception. Il s'est avéré que c'était faux et je suis tombé dans le panneau. De là, elle m'a fait du chantage en promettant de révéler à tout le monde que j'étais le père. Alors je lui ai fait du chantage à mon tour. Je l'ai menacé de prendre ta garde si elle faisait ça. Elle a explosé en pleurs, j'ai cru qu'elle tenait vraiment à cette grossesse au final. Puis elle m'a frappé en me disant que j'étais un monstre qui était prêt à élever cet enfant mais sans elle. Je n'ai jamais voulu de ta mère. Je me sens coupable par rapport à tout ça, je ne me suis pas bien comporté et je ne le nie pas. Bien que j'ai beaucoup regretté de ne pas avoir mis ce chantage à exécution, je ne regretterai jamais de m'être séparé de ta mère. Elle ne me voyait pas moi, Charlie, elle ne voyait que l'acteur.
- Et elle n'a jamais vu Bella, elle a toujours vu votre fille, comprit la brune en secouant la tête. Elle vous aimait trop et moi pas assez.
- Je suis désolé, tout est de ma faute, je paie cher mes erreurs...
- Oui vous êtes en faute, admit Bella en haussant les épaules. Mais pas seulement vous. Mes grands parents auraient pu me dire la vérité, j'aurais pu vivre avec cette vérité, elle m'aurait été bien plus appréciable que celle que l'on m'a laissé. Et surtout, ma mère est en faute. Elle savait. Renée sait toujours tout à votre sujet. Je ne doute pas un seul instant qu'elle était au courant de votre addiction et que c'était la raison pour laquelle vous ne vouliez pas me voir. Mais je connais tellement cette femme que je suis prête à parier qu'elle a bien fait en sorte que je vous déteste au maximum pour que jamais vous ne puissiez prendre la place qui restait vacante dans mon cœur. Vous n'avez pas voulu d'elle mais vous vouliez bien de sa fille, aux yeux de Renée c'est un blasphème. Pas de Renée, pas de Bella. Et je dois reconnaître qu'elle a très bien joué, parce que je n'arrive pas à passer au dessus de ma colère quand il est question de vous.
Charlie ne lui en voulu pas, bien au contraire. Bella semblait connaître sa mère, la preuve elle l'avait plutôt bien cernée.
- Je ne me fais pas d'illusion, avoua-t-il tendrement. Je sais bien que ce moment d'accalmie n'était que ça. Tu es une personne entière. Je ne sais pas ce qui t'a fait venir aujourd'hui vers moi. Ce que je sais par contre, c'est que j'ai adoré cette discussion. Nous avons pu échanger sans nous hurler dessus.
- Sans que je vous hurle dessus, le contredit Bella en se relevant.
- C'est exact. Alors je sais que tu détestes ton père et que c'est au dessus de tes forces de lui pardonner. Mais que dirais tu d'apprendre à connaître Charlie, ton collègue. Pas forcément devenir amis, mais avoir au moins des conversations comme celle ci.
- Je ne pense pas que ça puisse se faire.
- Pourquoi ? Demanda l'acteur déçu.
- Parce que j'ai beau répéter que je n'ai pas de père, il faudra bien un jour que je reconnaisse que vous êtes le mien, répondit honnêtement la brune en partant.
Le cœur de Charlie s'allégea aussitôt. L'idée commençait à germer dans l'esprit de sa fille.
- Isabella ! L'appela-t-il avant qu'elle disparaisse.
- Ro Bella, pitié ! Grogna-t-elle en grimaçant puis en se tournant. Quoi ?
- Repose toi, tu es pâle et tu as beaucoup trop de cernes pour quelqu'un d'aussi jeune.
- J'ai déjà une mère poule surprotectrice du nom d'Aro Volturi, je n'ai pas besoin d'en avoir une deuxième.
- Repose toi, répéta Charlie ne lâchant pas le morceau.
Elle lui fit un signe de tête avant de retourner à sa loge. Le tournage n'était qu'en fin de journée, ils étaient censé tourner sous un coucher de soleil. Voilà pourquoi l'espace était pratiquement vide. Tout le monde en profitait pour faire un tour. Bella s'enferma donc dans sa loge et profita du temps qu'il lui restait pour dormir. Ils avaient peut-être tous raison de penser qu'elle ne suivrait pas la cadence, parce qu'elle avait vraiment l'impression de ne pas la suivre. Mais c'est apaisé qu'elle s'endormit. Profitant enfin d'avoir l'impression d'être en paix en elle sur le sujet de son père. Pas qu'elle le soit vraiment, mais au moins certaines zones étaient éclaircies.
Bella fut réveillée en sursaut par des cris au dehors. Qui pouvait bien hurler autant alors même que le tournage n'était pas commencé. Vu l'heure, d'ailleurs, personne ne devait être là à part peut être Charlie et Garrett. Enfilant ses chaussures et un gilet, Bella sorti en fronçant les sourcils.
- C'est quoi ce bordel ? Demanda-t-elle à Félix qui se trouvait devant sa loge.
- Je n'en sais rien mais Charlie Stone semble être au supplice, se marra ce dernier en se délectant du spectacle.
Ne comprenant pas où il voulait en venir, l'actrice tourna son regard vers la loge de Charlie et vit une femme aux très longs cheveux bruns et blancs frapper son père avec un parapluie.
- Me cacher ça ! A moi ! Hurla-t-elle en lui en remettant un coup. Tu croyais quoi au juste, que je n'allais pas me déplacer pour te dire ma façon de penser !
- Arrête, on se donne en spectacle..., tenta Charlie en se protégeant du parapluie.
- Il n'y a personne ! Et ta petite gueule d'ange est la mienne avant d'être celle des autres ! Je vais te tuer Charlie Stone !
Bella fut choquée par cette attitude. Il y avait vraiment quelqu'un qui comme elle, voulait se débarrasser de Charlie ? Alors qu'elle avançait, attirée comme un aimant, Bella se stoppa net quand elle croisa le regard de cette femme. Elle avait l'impression de se voir avec 50 ans de plus. Les mêmes traits avec les rides en moins. Et ce regard brun si caractéristique des Stone.
- Isabella, sourit la femme en lâchant son parapluie.
- Isabella, lança à son tour la brune ne pouvant retenir son sourire.
L'actrice l'avait enfin devant elle. Cette femme dont elle avait tant entendu parlé. Effectivement elle lui ressemblait beaucoup. La grand mère de Bella s'approcha d'elle en levant une main. La brune n'osa plus faire un pas jusqu'à ce qu'elle sente la main sur sa joue.
- Qu'est-ce que tu es belle, s'exclama Isabella en se mordant la lèvre.
Sans qu'elle s'explique pourquoi, des larmes montèrent aux yeux de Bella. Cette femme dégageait quelque chose qui la touchait au plus profond d'elle même. Sa main était douce et réconfortante. Charlie regardait la scène avec émotion, se rassurant du fait qu'ils étaient réellement seuls. La femme ouvrit ses bras et proposa une étreinte à sa petite fille. Bella n'eut pas le cœur à refuser. Elle avait une grand mère, une qui n'était au courant de rien. La brune se noya dans ce câlin qui lui fit le plus grand bien. L'actrice n'avait jamais vu cette femme et pourtant elle savait déjà tous les liens qu'il y aurait pu avoir entre elles.
- Je suis désolé maman, intervint Charlie tout penaud.
- Tais toi ! Ordonna Isabella furieuse en s'extirpant de l'étreinte de sa petite fille. Mais qui m'a donné un fils pareil au nom de dieu ?! Ah mais des conneries tu m'en as faite, mais celle là, elle les dépasse toutes !
- Je ne savais pas comment te le dire sans que tu n'ailles voir Bella et...
- Bien sûr que je serais aller la voir triple imbécile ! Attend que ta sœur entende parler de ça ! Non mais j'y crois pas ! J'ai une petite fille et toi ça ne te vient à l'esprit que 26 ans après de me prévenir ! Je vais te massacrer et ta sœur se fera un plaisir de brûler les restes !
Bella se fit la réflexion que, effectivement, elles se ressemblaient énormément. Isabella prit une grande inspiration et se dirigea vers son fils. Elle posa ses mains sur ses épaules en le foudroyant du regard.
- Je t'aime Charlie, tu es mon fils, mais bon sang, tu les accumules. Regarde moi cette beauté, lâcha-t-elle en montrant Bella du doigt. Je parie qu'en plus elle est intelligente et talentueuse et toi, tu ne m'en parles que maintenant. Te rend tu comptes des années que tu nous as fait perdre ?
- Oh que oui, j'en ai perdu tout autant, répondit Charlie avant de se prendre une claque sur le bras.
- Ça semble évident crétin ! Arrête un peu de faire ton Caliméro, c'est toi qui est en tort. Une fille Charlie, bon sang, tu as une fille et tu as tout fait de travers. Je t'ai déjà prévenu qu'on ne jouait pas avec sa vie, ça vaux également pour celle des autres.
La femme fit demi-tour et se rapprocha de sa petite fille. Elle attrapa son bras et s'apprêta à l'emmener avec elle.
- Maman qu'est-ce que tu fais ? S'inquiéta Charlie connaissant bien sa mère.
- Je veux tout savoir sur ma petite fille, alors je l'emmène avec moi en ville, répondit la femme en le foudroyant du regard.
Bella et Charlie grimacèrent en même temps. L'un parce qu'il ne voulait pas que Bella s'éloigne de lui en sachant Mike toujours en liberté, l'autre parce qu'elle paniquait déjà à l'idée de rester seule avec cette femme.
- Nous avons tournage dans deux heures, contra Charlie cherchant une excuse pour les retenir.
- Il ne me faut pas deux heures pour aller en ville, de plus, Bella a beau être extrêmement belle, il s'avère qu'elle est pâle comme un linge, je pense donc qu'il est nécessaire qu'elle sorte un peu plus et qu'elle travaille un peu moins.
Charlie jeta sa tête dans ses mains et en se demandant s'il était maudit. Quand il releva la tête il vit le signe de Félix. Il ne lâcherait pas Bella des yeux une seule seconde. Ce n'était pas qu'il n'avait pas confiance en eux, mais même avec ses contacts, Charlie avait un mal de chien à obtenir des infos sur ce malade mental. Ce type était un vrai fantôme et ça n'engageait rien de bon pour la suite. Isabella fusilla son fils du regard le menaçant des pires tortures si jamais il ajoutait quelque chose. Bella quand à elle, ne savait plus ce qu'elle devait faire. D'un sens elle mourrait d'envie d'en apprendre plus, de l'autre elle ne voulait pas créer de lien avec ce côté de la famille. Beaucoup trop à perdre.
- Je le vois à ton regard, comprit sa grand mère complice. N'essaye même pas de fuir. On a perdu assez de temps comme ça et on a beaucoup de chose à rattraper.
- Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée..., commença Bella en faisant un pas en arrière.
- Ce n'est pas parce que c'est un imbécile que nous le sommes tous dans la famille, lança Isabella en montrant son fils du doigt. Laisse moi une chance, contrairement à certain, j'estime avoir le droit d'en avoir une.
La brune se frotta la nuque ne sachant plus trop sur quel pied danser. Devant le regard encourageant de Félix, elle finit pas accepter. Demetri ne tarda pas à arriver se mettant en mode soldat à peine eurent-elles franchi la ligne en voiture délimitant le tournage.
- Pourquoi ces gorilles ? Demanda Isabella surprise.
- Longue histoire, répondit Bella en haussant les épaules.
Sa grand mère ne préféra pas insister. Elle était là pour faire connaissance pas pour être indiscrète. La femme attrapa une main de Bella qui faillit la retirer brutalement, elle se retint de justesse.
- Je veux tout savoir sur toi. Ton enfance, tes études, ta carrière, ta mère et tes amours ! Lança Isabella n'y tenant plus.
- Euh..., grogna Bella en fuyant son regard. J'ai grandi avec ma mère et mes grands parents, j'ai fait des études de littérature, j'ai rencontré Aro Volturi sur l'un de mes stages et il m'a engagé, ma mère s'appelle Renée et voilà.
- Wow ! S'étonna sa grand mère en grimaçant. Droit au but, hein ! Il va falloir que tu apprennes ma chérie que je suis friande de détail, je suis vieille et pleine de curiosité. J'ai mauvais caractère et je n'aime pas qu'on me contredise. Donc j'aimerai vraiment que tu me parles de tout ça autrement qu'en une phrase.
Le choc se voyait très clairement sur le visage de l'actrice. Mais qu'est-ce qu'elle attendait de plus d'elle ? Bella pensait avoir dit l'essentiel.
- Je ne sais pas si c'était une bonne idée..., paniqua la brune en voulant dire à Demetri de faire demi-tour.
Mais sa grand mère attrapa sa main en vol et la serra contre son cœur. Ses yeux étaient implorant et Bella ne savait plus quoi faire.
- Laisse moi une chance, la supplia Isabella en serrant un peu plus sa main. Je comprend que tu sois craintive et que tout ça te semble surréaliste. Mais crois moi, ça l'est tout autant pour moi. Seulement tu es mon seul petit enfant et j'aurais vraiment aimé le savoir avant. Parce que mon rôle c'était de te protéger, de te gâter au delà de ce que tes parents auraient pu supporter et de t'aimer. Je ne te connais pas mais je t'aime déjà.
- Ça ne marche pas ainsi, tenta de lui faire comprendre la brune aimablement.
- Bien sûr que si ! Il n'y a pas de règle en amour. Je ne dis pas que ça n'a pas été un choc. Je dis juste qu'à l'instant même où j'ai apprit que j'étais grand mère, mon cœur à exploser de bonheur...ensuite j'ai apprit que tu avais 26 ans et mon cœur à lâcher.
Bella laissa échapper un petit rire, au moins sa grand mère avait de l'humour.
- Je sais que mon fils se sent coupable, mais je sais aussi que ce n'est pas la peine qu'il compte sur moi pour rattraper ses erreurs. Je suis bien trop en colère contre lui pour l'aider.
Le cœur de la brune se fit un peu plus léger qu'il ne l'avait été jusqu'ici. Isabella était une personne entière, comme elle. Elle était sincère et ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Le visage de sa grand mère se fit tout à coup sombre.
- Dis moi la vérité. Sur les mêmes sujets, mais avec un peu plus de détails. Je veux savoir à quel point Charlie a merdé.
Bella ne se sentait pas de tout déballer à une parfaite inconnue et pourtant, sa bouche s'ouvrit toute seule.
- Mon enfance a été un enfer. Ma mère passait sa vie à me dire du mal de mon père en faisant bien en sorte que je le déteste autant qu'elle. Je n'ai jamais vraiment eu d'amis parce que ma mère les faisait fuir et que j'étais trop solitaire pour essayer de m'en faire d'autre. Renée est complètement siphonnée, égoïste et manipulatrice et j'ai grandi avec elle, oh joie, oh bonheur ! Mes grands parents étaient mon seul rayon de soleil. J'ai adoré mes études, parce qu'elles me permettaient de respirer et de faire quelque chose qui me passionnait. J'adorais faire du théâtre parce que je pouvais être qui je voulais. Parce que la vraie Bella, elle n'était pas timide et agréable comme on se l'imaginait. En moi bouillonne la colère et la franchise. Je ne sais pas me taire. Et c'est ce qui m'a fait gagner mon rôle dans la série d'Aro. Mes amours...oh mon dieu ! Qu'en dire ? A part que j'ai un de mes ex qui se croit dans un remake de The Shining et l'autre qui va se marier. Je ne dois surtout pas m'afficher avec quelqu'un maintenant que je suis connu, si je ne veux pas que le monde entier entre dans ma vie. Pour combler le tout, je me pisse dessus à chaque fois que j'ouvre un magazine de peur de voir que quelqu'un a apprit de qui j'étais la fille. Ce qui mettrait grandement en péril ma carrière. Pour finir, ce fameux père ne veut rien entendre de ce que je lui dis. Donc il reste, en attendant que je lui pardonne. Problème ! Je n'ai pas envie de lui pardonner. Alors dites moi maintenant, vous avez assez de détail ou il vous en faut plus ?
Sa grand mère la regardait choquée. Ok, elle comprenait mieux les difficultés de Charlie, parce que Bella était réellement son portrait craché.
- Oh, on va bien s'entendre toutes les deux, s'amusa Isabella en se frottant les mains. Quel caractère, j'adore ça ! Bon ma chérie, je vais te dire la vérité. Pour ton enfance, malheureusement je ne peux plus rien faire, parce que j'ai un fils qui est un imbécile. Pour tes grands parents, si j'ai bien compris ce que m'a dit Charlie, ils sont décédés et donc je ne peux rien faire non plus. Pour ce qui est de ta mère, est-ce que je peux savoir son nom ? Parce qu'elle me rappelle une certaine maquilleuse que j'ai croisé il y a pas mal d'années, qui s'appelait Renée et qui n'avait de cesse de pourchassait mon fils, alors que je lui avais formellement interdit d'y toucher ne serait-ce qu'un cheveu. Je la sentais pas, alors rassure moi ce n'est pas elle ?
Bella se mit à grimacer en haussant les épaules.
- Je m'appelle Swan vous devriez vite arriver aux conclusions, lança la brune avec évidence.
Isabella posa une main sur son cœur en se rendant compte que c'était justement la Renée qu'elle pensait.
- Oh mon dieu, je suis vraiment désolé pour toi. Non pas que je ne sois pas heureuse que tu existes, bien au contraire, mais non quoi ! Pas elle ! Je n'ai pas connu plus narcissique de ma vie et en plus je ne l'aimais pas, alors autant te dire que je n'ai jamais été aimable avec ta mère.
- Elle ne m'a jamais parlé de vous, avoua Bella honnêtement.
- Vaux mieux pas, admit sa grand mère réaliste. Vu comment je l'ai fait redescendre de son piédestal, je pense qu'elle ne s'est jamais remise de cette gamelle. Et Charlie n'a rien trouvé de mieux que de céder à ces avances, ah celui là !
Sa grand mère sembla prendre quelques minutes à assimiler la chose. Comme ça Renée avait menti sur ce fait là aussi, on était plus à un près.
- Heureusement pour toi ma chérie, tu as tout hérité de moi. Non loin de dire que ta mère est moche, parce que justement ce n'est pas le cas, mais il vaux mieux avoir un mauvais caractère plutôt qu'être fanatique. Changeons de sujet !
Oui, Bella n'était pas contre. Cette discussion était bien trop étrange à ses yeux.
- Pour ce qui est des amours, je n'ai pas tout compris, mais j'essaye. Qu'est-ce que tu entends pas un remake de The Shining ?
La brune se contenta de soupirer et de montrer ses gardes du corps du doigt, de tout façon ça ne servait à rien de garder ça pour elle, à peine seraient-elles rentré qu'Isabella se ferait un plaisir de dépouiller Charlie de toutes informations.
- Je suis resté avec Mike un bon bout de temps, il n'a pas supporté quand j'ai rompu...ouais enfin il ne m'a surtout pas écouté. Il continuait à venir chez moi avec un double des clefs et en ce temps là je n'avais pas les moyens de faire changer la serrure. Après j'ai rencontré Aro et les choses sérieuses ont commencé. Parce que Mike était jaloux de lui à un point inimaginable. Il a tenté de m'étrangler, Aro l'a découvert et il n'a plus voulu que je rentre chez moi. Je n'ai pas accepté, alors il s'est chargé lui même de ma serrure. Je me suis mise avec James, qui est mon ex qui doit se marier. L'information a fuité dans les journaux et Mike a littéralement pété un câble. Il est venu chez moi et il a prit ma tête pour un punching-ball. Encore une fois, c'est Aro qui est venu à mon secourt. J'ai passé quelques temps à l'hôpital, puis j'ai eu un plâtre. Aro insistait pour que je déménage. Il voulait que j'aille vivre chez James ou chez lui. Je suis têtue, une fois encore, j'ai refusé. Jusqu'à ce que je n'ai plus le choix, parce que Mike a foutu le feu à mon immeuble le jour de mon anniversaire. N'étant plus avec James...
Bella se retint de justesse. A part les amis proche, personne ne savait où elle habitait.
- Tu es parti vivre chez Aro, comprit Isabella sans mal.
- Oui. Les premiers temps ont été difficile, parce que j'avais l'impression d'envahir leur espace. Les enfants d'Aro sont des amours, Jane est ma meilleure amie et Alec je pense qu'il ressemble en tout point à son père, ce qui donne que je lui fais une confiance aveugle. Depuis ça, Mike c'était fait plutôt calme, je pense que le fait d'avoir des gardes du corps ne lui a pas facilité la tâche. Mais je ne sais pas pourquoi, j'ai un mauvais pressentiment.
- Qui n'en aurait pas. Moi ce que je remarque, c'est que ta mère ne se trouve nul part dans ton récit. Où était-elle ?
- Elle était en train de défendre Mike et comme je n'étais pas de son avis, elle s'est barrée à Paris avec son nouveau Jules, en oubliant bien de lui dire qu'elle avait une fille.
- Oh Seigneur ! Grogna sa grand mère en se frottant le visage. Et bien heureusement tu es tombé sur ton ange gardien. Un certain Aro Volturi qui semble très impliqué dans ta protection.
- C'est mon manager, il veille sur moi, plus que personne avant lui ne l'a fait, admit Bella avec un sourire tendre.
- Ce qui en fait une bonne personne à mes yeux. Tout compte fait, tu vois, tu arrives à me donner des détails, il faut juste ouvrir la bonne porte.
- On se ressemble beaucoup trop et je trouve ça déroutant, avoua la brune mal à l'aise.
- Pour l'instant oui, ça l'est un peu, mais plus tard, tu verras, ça sera notre plus grande force et ce sera pour les autres que ce sera déroutant. Je pense que l'on a vraiment beaucoup de chose à se dire. Ne peux tu pas faire l'école buissonnière ce soir ?
- Non, se marra Bella en retrouvant le sourire. Il ne fait pas souvent beau dans l'état de Washington et ce soir il y aura un magnifique couché de soleil. Mais demain, par contre, c'est mon jour de repos, donc, on peut peut être se retrouver sur la plage.
- En voilà une idée qu'elle est bonne. Mais surtout ne dis rien à Charlie, il serait encore bien capable de me dire de me tenir éloigné de toi.
Les Isabella se sourirent de concert. Au final, l'actrice se fit la réflexion que ça ne pouvait pas lui faire de mal. Puis de toute façon elle n'avait pas à créer de lien avec ce côté de la famille, il était en train de s'imposer à elle. Bella ne pouvait pas pardonner à Charlie aussi facilement, mais elle devait se rendre à l'évidence que le reste de la famille n'y était pour rien.
Alors ? Qu'est-ce que vous en dites ? Bisous !
