J'ouvre mes yeux lentement. Une fine lumière éclaire la pièce. Je suis allongée dans un simple lit et… je ne reconnais pas l'endroit. Je réalise que je ne sais pas où je suis. Ce n'est pas chez moi. Prise de panique, je me relève et sens un léger picotement dans la jambe. C'est quand je la regarde que je me rappelle ce qui s'est passé : J'étais blessée, j'ai tenté de sauter et puis, plus rien. Je ne sais même pas comment je suis arrivée ici.
Manifestement on m'a amenée ici et soignée. J'ai un bandage sur la jambe et je n'ai plus très mal lorsque je la bouge. J'observe rapidement la pièce : une armoire, le lit où je suis assise et à ma droite il y a une chaise sur laquelle je vois mon long manteau, ma veste à capuche, mes mitaines, mon portable et mes bottes à terre.
Génial. Je n'ai pas la moindre idée de ce qui s'est passé. J'attrape mon téléphone et je vois plusieurs messages et appels manqués: tous de Grace. Zut. J'étais tellement dans le pétrin la nuit dernière que je n'ai même pas pensé à l'appeler, elle qui aurait pu m'aider. Elle seule est au courant de mes pouvoirs et de mes activités nocturnes. Elle doit s'inquiéter du fait que je ne sois pas venue travailler au café. Je regarde les messages de ma meilleure amie.
Evie tu sais que tu travailles aujourd'hui ?
Evie ?
Evie réponds tu commence à me faire flipper.
J'espère que tu dors juste parce que tu sors la nuit pour faire ce que tu sais.
Evie t'es pas morte au moins ?
J'suis bête si t'étais morte tu pourrais pas répondre.
EVIE REPONDS S'IL TE PLAIT
Sept messages en deux heures. Je m'en veux. Je n'aime pas impliquer Grace dans mes activités de nuit, et la voir paniquer me met vraiment mal. Après, Grace est du genre à s'inquiéter pour rien. J'arrive souvent en retard pour travailler au café, et généralement elle m'appelle pour vérifier que je ne suis pas en prison, ou morte. Au moins je sais qu'elle tient à moi.
Alors que je m'apprête à appeler mon amie, j'entends soudain des bruits de pas derrière la porte. Je me fige tout en restant le regard rivé sur la porte. Cette dernière s'ouvre, et un homme entre dans la pièce. Je m'attendais à tout sauf à ça.
Ce que je remarque en premier lieu, c'est l'étrange tenue de l'homme. Certes, je suis mal placée pour parler tenues étant donné que je me balade en long manteau avec capuche et des mitaines, mais impossible de louper l'accoutrement original de l'homme. Il porte une sorte de tunique bleue foncée et a une magnifique longue cape rouge sur ses épaules. Car oui, je dois bien l'avouer, la cape est superbe.
« Bonjour, dit l'homme en s'approchant de moi.
- Euh… Bonjour, je dis légèrement perplexe.
- Votre jambe va mieux ? Demande t-il»
Je regarde à nouveau ma jambe bandée et lui réponds que oui.
« C'est vous qui m'avez soignée ? Et amenée ici ? Je le questionne.
- Oui, il faut dire que vous étiez plutôt mal. Heureusement que je vous ai trouvé, vous auriez pu vous faire sacrément mal en tombant de si haut.
- Vous m'avez attrapée alors que je tombai ? Je demande étonnée.
- Non, j'ai usé de magie pour vous faire atterrir en douceur.
- Vous avez fait quoi ? »
Je suis totalement perdue. Est-ce qu'il a bien dis qu'il avait utilisé de la magie ? Ce qui est absurde étant donné que ça n'existe pas. Mes pouvoirs ne sont pas de la magie, disons que c'est un drôle d'accident et rien d'autres. Je ne crois plus en la magie depuis bien longtemps.
« Disons que ce serait long à expliquer, il réplique avec un fin sourire, comme si la situation l'amusait.
- Expliquez moi alors. Parce que j'aimerais bien savoir comment j'ai atterri chez un parfait inconnu alors que j'étais juste en train de… sauter, je déclare. »
Il inspire un coup avant de se lancer dans des explications tout droit sorties d'un film. Cet homme est apparemment un sorcier, et la nuit dernière il était sortie pour régler des affaires lorsqu'il m'a vue suspendue au toit, quand j'étais en train de me rater en beauté donc, et aurait utilisé une magie pour m'empêcher de me blesser plus gravement en touchant le sol. Il y avait au moins une bonne vingtaine de mètres, si ce n'est plus, je me demande si j'aurais survécu à cette chute avec ma blessure avec ma blessure.
« J'ai vu que vous étiez blessée et inconsciente, je vous ai alors ramenée au Sanctuaire pour vous soigner. Une chance que j'étais chirurgien, les blessures par balles ça me connaît.»
Je ne réponds même pas à sa réplique, je suis trop occupée à assimiler ce qu'il vient de m'expliquer. Je me demande s'il sait qui je suis. Il croit peut être que je suis une casse-cou qui saute de toit en toit ? Une minute. Je suis où ?
« Au sanctuaire ? Je répète, interloquée.
-Vous êtes… et bien, vous êtes chez moi, au Sanctuaire de New York, il m'explique.
- Je ne savais pas qu'il y avait… Un sanctuaire à New York, je réplique, légèrement déstabilisée. Un sanctuaire de quoi exactement ?
- C'est là que je veille à de possibles menaces.
- Des menaces… D'accord, j'acquiesce tout en me demandant si je ne serais à en train de rêver après être tombée de ce fichu toit. »
Si ça se trouve c'est un fou qui m'a ramenée. Un fou sachant bien soigner des blessures par balles mais tout de même un fou. Je me lèves brusquement du lit, tout en sentant ma jambe me piquer légèrement. Je peux marcher, c'est déjà ça. Je chausse mes bottes et met ma veste ainsi que mon manteau et glisse mon portable et mes mitaines dans mes poches sous le regard intrigué de l'inconnu à la cape.
« Que faites-vous ? Me demande t-il.
- Je pars, ça ne se voit pas ? Je rétorque sans lui accorder un regard.
- Vous devriez rester et vous reposer encore. Je devrais vérifier que votre jambe va parfaitement bien, lance t-il.
- Je vais bien, je pars je ne vais pas rester dans ce… cet endroit. Et n'essayez pas de me faire rester avec votre magie ou je ne sais quoi, j'ajoute avec ironie. »
Je le vois lever les yeux aux ciel, comme si j'étais trop idiote pour croire à son histoire. Je m'avance et ouvre la porte avant de sortir. L'homme continue de me suivre tout en me conseillant de rester. Il n'a pas l'air de savoir qui je suis, ce dont je suis bien contente, mais je peux pas rester ici une minute de plus. Comme si ma nuit de folie n'avait pas suffit je me retrouve ici dans… dans cet endroit étrange.
Une fois sortie de la pièce, je remarque que ce lieu est en total décalage avec le monde moderne. On aurait dit un temple, ou une sorte de musée. Mais ou est-ce que j'ai atterri ? Je suis toujours à New York d'après ce que m'a dit l'inconnu, mais où exactement, aucune idée.
« S'il vous plait laissez moi au moins regarder que la plaie ne se rouvrira pas ! Me Crie t-il.»
J'ai un kit de premier soin chez moi, j'imagine que je pourrais gérer à présent. Je me tourne vers lui pour lui affirmer que je vais bien.
« Je vais parfaitement bien, merci des soins mais je ne vais pas rester ici à…»
Lorsque je me retourne pour continuer d'avancer, la cape de l'homme me barre la route. Je me stoppe net. La cape est devant moi, seule et me barre la route. Une cape me barre la route. Cette cape est en train de voler devant mes yeux.
« Je pense qu'elle est d'accord avec moi, lance l'homme en venant remettre la cape sur ses épaules.»
Ou je suis devenue folle ou cet homme disait vrai. Cette cape doit être un objet magique ou quelque chose du genre. J'avais déjà atteins un certain niveau d'étrangeté lorsque j'ai eu mes pouvoirs, mais je ne pensais pas que la magie pouvait réellement exister. Ce n'est pas possible. Il faut que je sortes d'ici, que je rentres chez moi et que je réfléchisse calmement à tout ce qui vient de se passer. Ma tête va exploser. Je contourne l'homme et son étrange cape et continue mon chemin vers une grande salle qui semble être un hall. Parfait, la porte de sortie est juste devant moi.
« Bon sang mais même une cape douée de conscience ne vous fait pas changer d'avis ? Dit l'homme en continuant de me suivre pour m'empêcher de sortir. »
Je me retourne violemment et crée des cordes avec mes ombres pour le clouer au mur. Son visage affiche un air surpris et regarde ce qui l'attaque avec perplexité.
« Je ne sais pas qui vous êtes et je sais pas non plus ce que je viens de voir, je déclare sèchement, Je vous remercie de m'avoir soignée mais il faut que je partes. Si on me surprends comme ça je risque d'avoir des ennuis.»
Je le libère alors de mes ombres et m'avance vers la porte d'entrée du hall. Avant de partir je jettes un dernier coup d'œil à l'étrange homme. Il me regarde comme s'il avait découvert quelque chose d'énorme.
« Attendez vous…»
Je ne le laisses pas finir et je sors de cet endroit bizarre au plus vite.
